PRESENTATION DE LA PSYCHANALYSE
La force (et la faiblesse) de la psychanalyse est de n'avoir pas de modèle concurrent. Personne n'a encore construit une théorie complète autre de la sexualité qui sorte des religions.
Ceci ne signifie aucunement qu'elle puisse avoir une prétention scientifique. C'est « au mieux » une grille de lecture. Tous ces thèmes ont été vulgarisés et son vocabulaire est passé dans le langage courant.
La psychanalyse est avant tout une analyse de la psyché humaine c'est-à-dire de notre monde intérieur.
Freud distingue les pulsions de vie et de mort qu'il faut distinguer de l'instinct. La recherche du plaisir au sens large est un moteur de l'activité psychique. Les pulsions sexuelles sont survalorisées dans la psychanalyse. Certains ont critiqué l'omniprésence de la sexualité ce qu'on a appelé le pansexualisme.
Une idée qui a choqué fut la reconnaissance de la sexualité infantile ce qui s'opposait au monde de l'innocence de l'enfance posée jusqu'alors.
La libido est le potentiel d'énergie qui existe pour le désir.
Les pulsions de vie et de mort font référence à Eros et Thanatos. La pulsion de vie est créative comme le désir ce que soulignait déjà Spinoza. La pulsion de mort (qui n'est pas forcément l'agressivité) est l'aspiration au néant (refus du combat qu'est la vie)
Dans l'appareil psychique on distingue le conscient, le préconscient et l'inconscient.
Le conscient est l'ensemble de nos pensées contrôlées ; on peut le définir au sens large comme la conscience.
Le préconscient se définit comme la mémoire. On peut y accéder.
L'inconscient : le premier philosophe à l'aborder fut Leibniz. L'inconscient contient des représentations refoulées par tous les interdits existants. La connaissance de l'inconscient se fait par les rêves qui sont des exutoires ; d'où l'importance de l'interprétation des rêves.
Une autre façon de classer la psyché fut par Freud la distinction entre le Ça, le Moi et le Surmoi.
Le Ça est le lieu des pulsions sexuelles. Le Moi est la conscience claire. Le Surmoi est l'intériorisation de tous les interdits extrêmement nombreux dans une société civilisée qui peuvent générer un sentiment de culpabilité et aussi le refoulement. L'idéal du Moi est l'image parentale idéalisée.
Le refoulement lié à un Surmoi tyrannique peut créer une névrose. Il peut y avoir aussi un défaut de Surmoi d'où un état psychotique.
Nous allons aborder maintenant le pont aux âmes de la psychanalyse : les trois stades du développement sexuel de l'enfant. Il y a la phase orale, sadico-anale et phallique.
Toute théorisation est bien sur une réduction, un appauvrissement du monde de la vie.
⁃ La phase orale ou les début de l'individualisation.
Le plaisir sexuel est éprouvé par la bouche, zone érogène. Sucer sont pouce est une manifestation du plaisir éprouvée par la bouche. Le plaisir au cours de la vie peut donc aussi être de bien manger, sucer, fumer...
On comprend mieux l'importance des lèvres sur le visage de quelqu'un et l'attirance sexuelle que cela peut procurer.
Le nourrisson se nourrit du lait maternel par sa bouche. Le bébé porte tout à sa bouche. Il s'approprie sa mère par le lait maternel d'une façon anthropophagique. On comprend donc le sens de la transsubstantiation chez les catholiques, passage de l'hostie et du vin en corps et sang du Christ : s'approprier ses vertus.
⁃ La phase anale ou sadico-anale qui correspond à celle de la socialisation, de l'apprentissage
de la propreté. La matière fécale de l'enfant est une offrande pour la mère.
Cette phase peut aussi être celle de l'apprentissage de la soumission et de la domination, en laissant libre cours parfois à ses pulsions sadomasochistes. L'enfant apprend aussi à intérioriser les interdits.
La phase phallique : troisième moment du développement de l'enfant. Le centre est le pénis ou
le corollaire féminin : le clitoris. On assiste à l'éveil de la curiosité sexuelle. Il peut en résulter
une angoisse de castration chez le garçon et un désir du pénis chez la fille.
Nous passerons sur le conflit œdipien bien connu de tous entre la mère-fils ou le père-fils.
Dans la psychanalyse il y a l'importance donnée à l'inconscient et à la sexualité.
L'homme n'est plus complètement maître de lui-même. Ceci a représenté un danger éthique pour des
penseurs comme Alain et Sartre puisqu'il y aurait une déresponsabilisation de l'individu. L'accusation du pansexualisme doit être nuancée car la psychanalyse s'intéresse aux autres pulsions et inhibitions les plus diverses. De plus, la sexualité ne se limite pas au génital.
En psychanalyse pour certains il y a une part de croyance en un modèle réducteur. Mais en toute théorie même scientifique il y toujours une part de foi aux hypothèses. La croyance en la cure psychanalytique est même plus forte. L'étude de la psychanalyse n'est jamais sans conséquence sur celui qui se donne la peine de l'étudier.
PATRICE GROS-SUAUDEAU
PRESENTATION DE LA PSYCHANALYSE
Re: PRESENTATION DE LA PSYCHANALYSE
Je n'avais pas vu le sujet, et même si je l'avais vu avant, je n'aurais peut-être pas répondu...mais je dois avouer que maintenant, ça me rapelle mes études, et un cas concret qui me saute au nez depuis peu...


Doucement mais sûrement.... Dr Jekyll est devenu Mr Hyde
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