Accueilli en grande pompe lors de son arrivée au Portugal, le pape a rassemblé 500 000 personnes, sous la pluie, au sanctuaire de Fatima, brouillant l'image d'une Église en fin de course.
Honte aux médias ! Ils ne cessaient depuis quelques semaines d'en rajouter au sujet des prêtres pédophiles ; prenant leurs désirs pour des réalités ils présentaient l'Église comme "décrédibilisée" et le pape Benoît XVI comme "déstabilisé"...
Il aura suffi du voyage pontifical au Portugal du 11 au 14 mai pour que le monde voie la réalité d'un peuple chrétien. Plus de 500 000 personnes sous la pluie le 13 mai au sanctuaire de Fatima, alors que le pays ne compte que 10 millions d'habitants, cela ne donne point l'image d'une Église en fin de course...
L'identité chrétienne du Portugal
Sur la pédophilie d'une poignée de prêtres dans le monde, ce malheur dont on nous rebat les oreilles pour accabler la hiérarchie bien plus que pour plaindre ou aider les victimes, le Saint-Père a dit dès l'avion avant son arrivée le drame qu'elle représente pour lui : « La plus grande persécution contre l'Église ne vient pas d'ennemis extérieurs mais de l'intérieur, du péché qui existe dans l'Église. » Cette parole déchirante ne saurait être assimilée à de la "repentance".
Des membres de l'Église peuvent errer comme tous les autres hommes, mais l'Église, institution divine, elle, reste sans tache. Plus tard il devait rappeler sur l'esplanade du Terreiro do Paço qu'en dépit d'enfants « récalcitrants ou rebelles », « c'est dans les saints que l'Église reconnaît ses propres traits caractéristiques, et c'est vraiment en eux qu'elle savoure sa joie la plus profonde ».
C'est bien pour cela que les foules s'étaient pressées témoignant leur affection au successeur de saint Pierre lapidé de tout côté. Gérard Leclerc, sur France Catholique.fr du 13 mai relève que toutes les autorités politiques ont accueilli Benoît XVI à son arrivée à Lisbonne : « Président de la République, catholique convaincu, Premier ministre socialiste, maire de la capitale lui aussi socialiste, qui confie symboliquement les clés de la ville à l'illustre visiteur. »
Devant eux, celui-ci a placé son voyage sous le signe de l'espérance accompagnée d'une proposition de sagesse et de mission. Il a exalté « la place glorieuse que le Portugal s'est acquise parmi les nations pour le service offert à la diffusion de la foi ». Notons ce clin d'oeil aux hommes politiques : « Placée dans l'histoire, l'Église est disposée à collaborer avec celui qui ne marginalise pas ou ne réduit pas au domaine privé la considération essentielle du sens humain de la vie. » Bonne leçon aux laïcistes...
Plusieurs fois, il a exalté l'identité culturelle et religieuse que le Portugal a su garder, car « dans le fleuve vivant de la Tradition ecclésiale, le Christ ne se trouve pas à deux mille ans de distance, mais il est réellement présent parmi nous et il nous offre la Vérité, il nous donne la lumière qui nous fait vivre et trouver le chemin vers l'avenir ». S'adressant aux plus jeunes, il les a exhortés à témoigner la joie de la présence de Jésus en eux : « Par votre enthousiasme montrez que, parmi tant de modes de vie que le monde aujourd'hui semble vous offrir – tous apparemment du même niveau -, l'unique dans lequel se trouve le vrai sens de la vie et donc la joie véritable est de suivre Jésus. »
Fatima toujours actuel
À Fatima, le 13 mai, jour anniversaire de la première apparition en 1917 aux petits Lucia de Jesus dos Santos, dix ans, Francisco Marto, neuf ans, et la soeur de celui-ci Jacinta, sept ans, le pape a proclamé : « Celui qui penserait que la mission prophétique de Fatima est achevée se tromperait [...] L'homme a pu déclencher un cycle de mort et de terreur, mais il ne réussit pas à l'interrompre [...] À la famille humaine prête à sacrifier ses liens les plus saints sur l'autel de l'égoïsme mesquin de la nation [ce n'est bien sûr pas le sain nationalisme ouvert à l'universel que le pape vise ici], de la race, de l'idéologie, du groupe, de l'individu, notre Mère bénie est venue du Ciel pour mettre dans le coeur de ceux qui se recommandent à Elle l'amour qui brûle dans le sien.
À cette époque ils n'étaient que trois ; leur exemple de vie s'est diffusé et multiplié. Puissent les sept années qui nous séparent du centenaire des apparitions hâter le triomphe annoncé du Coeur immaculé de Marie à la gloire de la Très Sainte Trinité. » Il a ensuite prononcé l'acte de consécration à Marie : « Mère de miséricorde, c'est ton fils Jésus qui nous a appelés à devenir comme Lui lumière du monde et sel de la terre. Aide-nous [...] à ne jamais trahir cette sublime vocation, à ne pas céder à nos égoïsmes, aux séductions du monde et aux suggestions du Malin. »
Toucher les coeurs
À Porto, le dernier jour du voyage, il a encore appelé les Portugais à être des témoins : « Nous devons vaincre la tentation de nous limiter à ce que nous avons encore, ou que nous estimons avoir, de nôtre et d'assuré : ce serait à terme une mort, quant à la présence de l'Église dans le monde, laquelle, d'ailleurs, ne peut seulement être missionnaire que dans le mouvement d'effusion de l'esprit [...] Nous sommes attendus non seulement par les peuples non chrétiens et les terres lointaines, mais aussi par les milieux socio-culturels et surtout par les coeurs qui sont les véritables destinataires de l'action missionnaire. » La lecture de ces paroles nous aide à mesurer la grâce que furent les apparitions de Fatima au moment même où l'Europe courait vers d'horribles dangers. Les hommes d'aujourd'hui comprendront un jour qu'ils ne peuvent plus longtemps ignorer ces avertissements. Souhaitons que ce ne soit pas trop tard.
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