Les Gaulois, nos ancêtres. Qui étaient-ils vraiment ?

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atilla
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Messagepar atilla » 04/05/2010 - 17:43

:superD: :appaudir: :appaudir:

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Re: Les Gaulois, nos ancêtres. Qui étaient-ils vraiment ?

Messagepar poupette » 26/05/2010 - 13:46

Il parait que les derniers descendants des gaulois sont... Les habiroux ! :pale:

M'aurait-on menti ? :scratch:

http://www.youtube.com/watch?v=MARMPf2t ... r_embedded

<object width="500" height="405"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/MARMPf2tA2k&hl=fr_FR&fs=1&color1=0x5d1719&color2=0xcd311b&border=1"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/MARMPf2tA2k&hl=fr_FR&fs=1&color1=0x5d1719&color2=0xcd311b&border=1" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="500" height="405"></embed></object>

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Messagepar Pat » 26/05/2010 - 14:15

OUI, certainement que l'on-t-a menti !
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Messagepar poupette » 26/05/2010 - 14:32

Pat a écrit :OUI, certainement que l'on-t-a menti !


Ah bon ?! Donc ce qui se dit sur cette vidéo est vrai ?

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Messagepar Pat » 26/05/2010 - 21:18

Non Poupette, les Juifs sont par nature nomade, ils ont traversés l'Europe et s'y sont disséminés.
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Messagepar poupette » 26/05/2010 - 21:54

C'est bien ce qu'il me semblait. Merci Pat :wink:

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Re: Les Gaulois, nos ancêtres. Qui étaient-ils vraiment ?

Messagepar Pat » 02/06/2010 - 11:01

58 à 52 avant Jésus-Christ : La guerre des Gaules

En 58 avant JC, le Sénat donne à Jules César les pouvoirs militaires (imperium) en Gaule cisalpine, en Gaule transalpine et en Illyrie, avec quatre légions à son service et la mission sous-jacente de conquérir le reste de la Gaule, autrement dit le territoire qui s'étend des Pyrénées au Rhin.
Les sénateurs, qui craignent son ambition, veulent de cette façon l'éloigner de Rome. L'ambitieux et populaire consul, qui tient Rome en respect avec le triumvirat formé avec Crassus et Pompée, n'a cure de leurs intentions cachées. Il voit dans la mission qui lui est confiée l'occasion d'obtenir la gloire militaire qui lui fait défaut. Tandis qu'il se consacre à l'enrôlement des légionnaires, il confie à des hommes de confiance (Cornelius, Balbus,...) le soin de défendre ses intérêts à Rome.


La Guerre des Gaules

Avant même d'arriver en Gaule Narbonnaise, vieille province romaine, César est sollicité par les Éduens, une tribu de la Gaule chevelue, pour intervenir contre les Helvètes, d'autres Gaulois (ou Celtes) qui ont entrepris d'émigrer vers la Saintonge.

– Première année de guerre :

Sans perdre une minute, Jules César fait creuser des fossés le long du Rhône pour empêcher les Helvètes de franchir le fleuve. Là-dessus, il porte les effectifs de son armée à 40.000 hommes. Ceux-ci traversent les Alpes à marches forcées. Les Helvètes arrivent malgré tout à franchir la Saône et César doit les poursuivre jusqu'à Bibracte, un oppidum proche de l'actuelle Nevers, avant de pouvoir les renvoyer dans leur région d'origine.
Entre temps, profitant du désordre, les farouches Germains d'Arioviste ont pénétré en Bourgogne. César les renvoie chez eux, au-delà du Rhin. L'approche de l'hiver l'amène à suspendre les opérations et se replier en Gaule cisalpine.
Dans les combats contre Germains et Gaulois, le général lui-même n'hésite pas à combattre au premier rang, ce qui contribue à son prestige parmi ses hommes comme parmi ses ennemis.

– Deuxième année de guerre :

L'année suivante, en 57 avant JC, César mène une deuxième campagne pour soumettre les peuples de Belgique, au nord de la Seine : les Suessiones (de Soissons), les Bellovaques (de Beauvais), les Ambiens (d'Amiens), les Nerviens (du Hainaut) et les Éburons (de Tongeren - en français Tongres - une ville située entre Liège et Maastricht).
À Rome, le Sénat, enthousiaste, décrète quinze jours de supplications en remerciements aux dieux. Jules César en profite pour rencontrer à Lucques ses associés, Crassus et Pompée. Le triumvirat est raffermi.

– Troisième année de guerre :

En 56 avant JC, César lance une flotte contre les Vénètes, dans le golfe du Morbihan. La même année, son lieutenant Crassus (le fils du triumvir associé de Pompée et César) soumet les peuples aquitains. La plus grande partie de la Gaule chevelue fait désormais allégeance à César.

– Quatrième année de guerre :

Pendant l'hiver, à peine César est-il retourné de l'autre côté des Alpes qu'il apprend que deux tribus de Germains ont traversé le Rhin. Il se précipite à leur rencontre, ravage leur camp et lui-même traverse le Rhin dans l'autre sens, sur un pont de bateaux construit en dix jours dans la région de Cologne.
C'est la première fois que les Romains passent de l'autre côté du fleuve. Ils en profitent pour dévaster la Germanie et dissuader ses peuples de s'en prendre à la Gaule. Le Sénat, cette fois, décrète pas moins de vingt jours de supplications !

– Cinquième année de guerre :

À l'été 54 avant JC, César débarque en Bretagne (l'actuelle Angleterre) avec deux légions et 80 bateaux puis, une nouvelle fois, avec cinq légions pour battre l'armée de Cassivellaunus. Il emmène avec lui ses alliés et vassaux gaulois. Parmi eux, un très jeune officier de cavalerie du nom de Vercingétorix...
Après quatre ans de campagne, César peut croire la Gaule soumise. Il n'en est rien. Le feu couve sous la cendre. C'est ainsi que les Carnutes (d'Orléans) tuent le roi que leur avait donné César. Une légion romaine doit les rappeler à l'ordre. Mais il y a plus grave. Un petit village gaulois résiste à l'occupant... Son chef ne s'appelle pas Abraracourcix... mais Ambiorix. Chef des Éburons de Tongres, en Belgique, il s'associe à Induciomar, chef des Trévires.
En plein hiver, Ambiorix détruit une légion romaine et assiège le camp de Quintus Cicéron (frère du célèbre orateur du même nom). César secourt son lieutenant et saccage le pays des Éburons.
La paix est sans cesse remise en cause et César, levant jusqu'à un total de dix légions, n'en finit pas d'éteindre les foyers d'insoumission. Il apprend par ailleurs que le triumvir Crassus a trouvé la mort à Carrhes, contre les Parthes. A Rome, l'autre triumvir, Pompée, a été élu seul consul, sans collègue. Un fait sans précédent !...

– Sixième année de guerre :

Dans le courant de l'année 53 avant JC, le jeune Vercingétorix (20 ans), devenu chef des Arvernes, un peuple qui n'a jamais été occupé par les légions, prend conscience de la menace que représente César pour son indépendance. Il fomente une coalition secrète de tous les peuples de la Gaule.
César, surpris en Italie, accourt à travers les Alpes et chasse l'ennemi vers le nord. Vercingétorix détruit tout sur son passage, selon la tactique de la «terre brûlée», afin d'affamer les Romains. Mais il commet l'erreur de céder aux supplications des habitants d'Avaricum (Bourges), capitale des Bituriges, et d'épargner leur ville. César s'empare de celle-ci et y trouve des approvisionnements grâce auxquels il peut reconstituer ses forces.

– Septième année de guerre :

Au printemps suivant, le général romain poursuit l'armée de Vercingétorix jusqu'en Auvergne.
Les Éduens eux-mêmes, traditionnels alliés des Romains, se rallient à Vercingétorix avec leur cavalerie. Le chef gaulois s'établit solidement à Gergovie, une place fortifiée proche de Clermont-Ferrand, d'où Jules César et ses six légions n'arrivent pas à le déloger. Le général, acculé, se réfugie avec ses légions chez les Lingons, un peuple resté fidèle à Rome, sur le plateau de Langres...
Fort de ses premiers succès, Vercingétorix est plébiscité un peu plus tard à Bibracte par tous les représentants de la Gaule chevelue et projette rien moins que d'attaquer la Province (la Gaule narbonnaise).
César, menacé d'encerclement avec douze légions de trois à six mille hommes chacune, doit à tout prix forcer le passage vers le sud. Il doit éviter les Séquanes, sur la Saône, traverser le pays des Éduens, entre Jura et Saône, restés plus ou moins fidèles, et tâcher de franchir le Rhône par le seul pont libre, en aval de Genève.
C'est alors que se produit un retournement de situation décisif.
Comme Jules César tente de devancer Vercingétorix dans sa marche vers la Narbonnaise, des cavaliers gaulois lancent une attaque contre son armée. Ils sont repoussés par des cavaliers germains alliés à César et battent en retraite. Leur fuite désordonnée oblige Vercingétorix à se réfugier avec 80.000 hommes dans Alésia, un oppidum bien fortifié dans l'est de la Gaule.
César saute sur l'occasion pour en finir. Observant que l'oppidum est entouré de plusieurs collines, il organise un siège méthodique.
Les sapeurs romains construisent une double ligne de fortifications de 17 et 22 kilomètres de circonférence qui relie entre elles les différentes collines. L'objectif de cette double fortification est d'empêcher toute sortie des assiégés et de les réduire à la famine, mais aussi de repousser l'armée gauloise qui se prépare à venir à leur secours.
Les assiégeants romains se laissent en quelque sorte assiéger eux-mêmes par l'armée gauloise de secours commandée par l'Arverne Vercassivellaunos. Cette tactique porte ses fruits : l'armée de secours, se heurte aux lignes de fortifications. Après un affrontement au pied du mont Réa avec les légions de Labienus, lieutenant de César, elle est obligée de battre en retraite et se fait battre par la cavalerie germaine au service de César.
La famine contraint Vercingétorix à se rendre. Enchaîné, le chef va suivre pendant quatre ans son vainqueur au cours de ses campagnes militaires. Il sera ensuite emprisonné à Rome pendant deux ans avant de figurer au triomphe de César et d'être étranglé dans sa cellule le soir même.

– Huitième et dernière année de guerre :

L'année suivante, en 51 avant JC, César soumet quelques ultimes révoltes, dont celle d'Uxellodunum (Cahors). Il fait couper les mains de tous les défenseurs de cette ville. La Gaule tout entière fait soumission. Les huit ans de guerre lui auront coûté plusieurs centaines de milliers de morts et la destruction de dizaines de cités.

Épilogue

Jules César, désireux de cultiver sa popularité auprès des Romains, a magnifié ses opérations militaires dans le plus bel écrit de propagande qui soit : Commentaires sur la guerre des Gaules. Ce chef-d'oeuvre de littérature et de stratégie demeure essentiel pour la connaissance des lointaines origines de la France.
À Rome, dont César s'est éloigné huit ans plus tôt, il ne reste plus rien du premier triumvirat. Crassus a trouvé la mort ainsi que toute son armée en combattant les Parthes, en 53 avant JC, tandis que Pompée, resté à Rome, a reçu du Sénat les pleins pouvoirs pour mettre fin aux désordres causés par les factions de Clodius et Milon.
La mort de Julia, fille de César et épouse de Pompée, précipite la brouille entre les deux survivants du triumvirat... Jules César, fort de son succès en Gaule, se montre plus audacieux que son rival en gagnant Rome avec ses légions. => http://www.herodote.net
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Messagepar Pat » 06/07/2010 - 23:58

LES GAULOIS SAVAIENT ECRIRE

Nous ne savons pas si les Gaulois avaient une écriture. Aucun alphabet ne nous est parvenu. Le problème a naturellement intéressé un savant dont l'autorité est reconnue internationalement. Ces pages de Paul-Marie Duval rendent sensible le travail de documentation, de comparaison et de déduction - un travail de policier de l'Histoire ? - qui conduit l'historien à une certitude vraisemblable.
Les plus anciens Gaulois connaissaient-ils ce que nous appelons « l'écriture » ? Oui, puisqu'ils gravaient des inscriptions dans leur langue sur pierre, sur bronze, sur céramique, mais ce n'est là qu'une forme particulière de l'écriture. Alors, c'est plutôt non, si le mot implique l'utilisation répandue,sinon générale, d'un alphabet par tout un peuple et notamment par des écrivains.
En effet, ce moyen de transmission graphique mis au service de la littérature ne nous est connu en Gaule préromaine ni par l'équivalent d'un manuscrit, ni par une tradition indirecte. En revanche, une enquête menée depuis deux décennies à travers toute la France sur les inscriptions gauloises, c'est-à-dire en langue celtique, dont le nombre s'accroît chaque année et dont l'inventaire devient révélateur, devrait nous permettre, avec le secours de quelques textes anciens, de cerner cette question aujourd'hui mieux qu'hier.
Les contemporains des Gaulois encore libres, les Grecs ou les Romains, n'ont pas signalé que ces «barbares» n'usaient pas de l'écriture, et cela déjà est significatif, mais de plus, à l'époque de Jules César - c'est lui qui le dit - les druides utilisaient l'alphabet grec pour ce qui n'était pas l'enseignement de leur doctrine et de leur science, les comptes publics et privés par exemple ; et l'évaluation numérique des soldats, des femmes, enfants et vieillards chez les Gaulois de l'Helvétie était notée sur des tablettes « en lettres grecques ».
César donne encore un curieux témoignage à propos d'une histoire de correspondance. Quintus Cicéron, le frère de l'orateur, était assiégé dans son camp du nord de la Gaule. Il parvient à faire passer au proconsul un message d'alerte, fixé sur le javelot du porteur. César se dirige alors vers le camp et charge un autre messager de porter une lettre secrète à Quintus, par le même procédé. D'après le texte des Commentaires comparé à celui de l'Histoire romaine de Dion Cassius, le secret aurait consisté dans l'emploi, soit de l'alphabet grec ou de la langue grecque, soit d'un code, soit des deux.
Suivant les instructions reçues, l'homme craignant de ne pouvoir entrer dans le camp, lance le javelot par-dessus la fortification, mais l'arme se fiche dans le mur d'une tour, y reste deux jours avant qu'un soldat ne l'aperçoive et n'apporte la lettre à son destinataire.
Peu après, celui-là fait porter une réponse à César, lui annonçant la levée du siège.
La deuxième de ces trois lettres, le message secret, nous apprend au moins que parmi les Nerviens, qui étaient pourtant les Celtes les plus rudes de toute la Gaule, certains pouvaient être considérés par les Romains comme capables de déchiffrer ou faire déchiffrer un texte, c'est-à-dire d'utiliser l'écriture.
Il y a mieux. Aux funérailles de Gaulois importants, il arrivait, selon Diodore de Sicile, contemporain de César, que les proches du défunt jetassent dans les flammes du bûcher des lettres à l'attention de leur parent. Cette coutume est touchante : c'est l'affection des siens, leur pensée, le souvenir des vivants que ces tablettes évanescentes allaient confirmer pour toujours au disparu en lui apportant dans sa survie un contact humain, avec un peu de lecture et même, qui sait ? quelque surprise, exprimée avec une inégalable discrétion.
On peut tout imaginer de ces messages : regrets, tendresse, fidélité éternelle, louanges, gratitude, et aussi souvenirs variés de la vie de tous les jours, douces taquineries, réponses différées à de vieilles questions laissées en suspens, révélations, ultimes mises au point ?... Là, en tout cas, nous sommes bien entre gens qui savent lire et écrire.

Un alphabet national
Les inscriptions en langue gauloise sont rares, quelques centaines seulement, mais il faut y ajouter la masse des monnaies à légendes et tout un calendrier d'une savante complexité.
Les textes les plus anciens, les épitaphes, dédicaces aux dieux, graffiti de propriété sur céramique, malédictions en charabia griffonnées sur du plomb, sont en caractères grecs diffusés par Marseille, principalement dans le Midi, à partir du IIIe siècle avant notre ère, mais adaptés pour rendre certains sons du gaulois, si bien que M. Michel Lejeune, à qui l'on doit l'étude approfondie et singulièrement nouvelle de ces documents, a pu parler à leur propos d'un alphabet national.
Ces inscriptions « gallo-grecques » (langue gauloise et lettres grecques) sont pour nous d'un grand prix, parce que notre connaissance du celtique ancien leur est due pour une part. Et voilà attesté par l'épigraphie un emprunt à la culture hellénique plus important que celui dont César a témoigné.
Egalement adaptés, quand les Romains eurent créé la « Province », furent les caractères latins des inscriptions « gallo-latines », dont M. Robert Marichal mène à bien l'édition intégrale et l'interprétation. Là aussi, il y a comme un alphabet national, qui devait rester sporadiquement en usage jusqu'à la disparition de la langue sous l'Empire. Il est, d'ailleurs, seul à nous transmettre quelques phrases du langage parlé, tel cet avertissement intéressé du malicieux convive gaulois, lu sur un vase à boire qu'on se passait à la ronde : « Je contiens la boisson des suivants » - autrement dit : « A bon buveur, salut ; vas-y tout de même doucement, s'il te plaît ». C'est aussi à cette écriture cursive latine, comme calligraphiée sur les comptes de potier de l'Aveyron, que nous devons de savoir compter jusqu'à dix en gaulois.
Les légendes monétaires forment une catégorie particulière. Inscrites en caractères grecs, latins, gallo-grecs, gallo-Iatins, étrusco-italiques, elles n'ont presque rien de commun, sauf la langue, avec les autres inscriptions. Quelques centaines de textes, reproduits à des milliers d'exemplaires, apportent de nombreux noms d'hommes, quelques noms de tribus et de magistratures. Et puis ces pièces répandaient un usage limité de l'écriture à l'intérieur du pays et jusqu'au-dehors, chez d'autres peuples celtiques.
Les savants travaux du Dr Colbert de Beaulieu, qui est bien le seul à pouvoir mener à son terme la publication de l'ensemble hétérogène que forment toutes ces légendes monétaires, nous apprennent notamment que l'alphabet gallo-grec se trouvait pour elles utilisé jusque dans le nord de la Gaulle. Plus nombreuses en lettres latines, portant les noms des chefs au pouvoir, elles étaient d'une certaine manière, des « mass média » pour l'univers des Celtes.
Et voici la plus longue des inscriptions gauloises, le calendrier trouvé à Coligny, dans l'Ain, à la fin du siècle dernier, et qu'on peut voir au musée de Lyon. D'époque romaine impériale, cette plaque de bronze mesure 1,50 m sur 0,90 m, Les 130 fragments conservés nous révèlent cinq années consécutives d'un calendrier en langue gauloise ; le texte complet comptait plus de 2 000 lignes gravées en lettres latines et disposées en colonnes comme notre calendrier des Postes.
Image
Calendrier de Coligny. Découvert dans l'Ain en 1897. On a pu recenser 70 mots celtiques. (Musée de Lyon).
Ce document étonnant, avec son décompte des jours plus simple que celui des Romains, était en usage en Bourgogne, avant comme encore après la réforme calendaire de Jules César ! Sans cet immense aide-mémoire, comment reconnaître à leur place les changements entraînés par l'intercalation d'un troisième mois tous les deux ans et demi !
Lunaire à l'origine, en effet trouvé avec les fragments d'une statue du dieu Mars, il était tenu à jour et ajusté périodiquement, tant bien que mal, à l'année solaire par ceux qui en détenait le secret avec le pouvoir d'une autorité religieuse, car ce fut là d'abord et partout le travail des prêtres. Cette inscription remarquable est ainsi le seul témoin concret que nous possédions de la science très ancienne des druides.
L'élaboration en effet, de cette mesure des siècles suppose des observations astrales inlassablement répétées pendant de longues années et précisées plus lentement encore car rien n'est plus farouchement conservateur que cc régulateur du temps vécu et à vivre, dont dépend le rythme variable. ou monotone des travaux et des jours. Les observations astronomiques remontent sans doute à l'âge du bronze, peut-être même plus loin, à l'origine de l'agriculture, qui ne peut s'en passer.
Une masse de données avait donc été recueillie par l'élite intellectuelle des Gaulois. Comment a-t-elle pu être transmise ? Notre mémoire est capable de tours de force que bientôt nous n'imaginerons même plus, trop aidés que nous sommes par nos machines, mais les calculs et les ajustements calendaires ne pouvaient être fixés et repérables d'une année à l'autre, d'un lustre à l'autre, d'un cycle à l'autre, que par un système de notations, sous peine de graves erreurs dangereusement et indéfiniment accumulées. Alors, les plus anciens autours du calendrier gaulois disposaient-ils d'un jeu de signes, d'une «écriture», dont nous ne saurions rien ? C'est la question.
Il y a bien des suites de signes incompréhensibles gravés sur des tessons trouvés en divers points de la Gaule, qui pourraient appartenir à plusieurs systèmes graphiques très anciens : essais balbutiants, tentatives locales avortées, qui auraient cédé la place aux alphabets empruntés. Un succès obtenu dans cette voie aurait pu aider à la fixation et à la transmission d'un calendrier qui, en tout cas, a dû être noté, inscrit ou écrit, de quelque façon, bien avant la romanisation, pour ne pas sombrer dans l'arbitraire d'un fonctionnement purement empirique.
A l'inverse des inscriptions, les genres littéraires que nous pourrions attribuer aux Gaulois par comparaison avec d'autres peuples étaient de ceux que se transmettaient oralement poètes, chanteurs. récitants et leurs maîtres les professeur : légendes épiques, généalogies princières, éloges et satires à l'adresse des grands, hymnes religieuses et chants de guerre, cosmogonies, prophéties...
Les disciples des druides apprenaient un nombre considérable de vers et restaient parfois une vingtaine d'années à cette école : quel bagage était le leur ! Comme les plus anciens aèdes homériques et, de nos jours, les bardes yougoslaves, le barde gaulois devait bien se passer d'écriture et garder pour lui les charmes des vieilles histoires et les sortilèges de la poésie.
Ainsi l'Irlande de l'âge du fer, qui ignorait l'écriture alphabétique, écoutait ses vieilles épopées païennes, de vers et de prose alternés, qui ne furent écrites avec quelques adoucissements qu'au VIe siècle par les moines. Pourquoi en Gaule une littérature orale aussi brillante n'aurait-elle pas existé, à un niveau de développement intellectuel allant de pair avec l'affinement de la sensibilité que nous révèle un art original, merveilleusement subtil, volontiers abstrait, techniquement avancé, qui s'est épanoui pendant la période de l'indépendance celtique ?

Par la faute des druides
Mais, d'une telle production littéraire, aucun vestige original ou traduit ne nous a été transmis ; rien non plus, dans les lettres gallo-romaines, ne rappelle une littérature nationale antérieure. Il est donc vraisemblable qu'une transmission orale s'est arrêtée brutalement lors de la conquête romaine et que la réservation des meilleurs alphabets du monde aux inscriptions et à quelques emplois pratiques fut la cause principale d'un naufrage sans retour. Rien n'interdit toutefois de penser que, comme le calendrier, des textes ont pu bénéficier de la connaissance de cette écriture, dans une mesure qu'évidemment nous ignorons encore.
La vie de l'esprit étant alors le monopole des druides, cette puissante autorité morale et politique devait garder jalousement le privilège de son savoir. Ils étaient versés, dit César, dans les opérations astronomiques, la mesure de la terre, « les choses de la nature ». Puisque deux alphabets étaient connus et utilisés en Gaule, s'ils n'ont pas été employés pour faire fructifier l'enseignement, c'est qu'il y avait prohibition de la diffusion.
Les druides ont ainsi, par leur exclusivisme traditionnel, privé d'avenir leur production intellectuelle (à l'exception du calendrier, qu'ils étaient bien obligés de noter d'abord pour eux-mêmes) et ils ont grandement contribué à la disparition de la science et de la littérature, puisque rien de ce qui était transmis oralement n'a pu survivre à la suppression du clergé druidique et que, même si quelques écrits ont échappé à cette sorte d'autocensure, les Romains se sont bien gardés de recueillir, de transcrire et de traduire ces créations du génie indigène.
Ah ! si les Gaulois avaient été admis à utiliser largement et librement leur écriture pour honorer et perpétuer leur propre langue, ou si ce qu'ils ont peut-être écrit n'avait pas dû être détruit pendant une guerre inexpiable de huit ans et ensuite par le manque d'intérêt des Romains, quels trésors ne nous auraient-ils pas transmis!
Ces guerriers étaient, de l'avis de leurs contemporains, de fort beaux et intarissables parleurs. Parler, inscrire, mais écrire ? Il est incontestable qu'ils en possédaient tous les moyens ; il paraît désormais probable qu'ils s'en soient servis plus, et depuis beaucoup plus longtemps, que nous ne pouvons l'imaginer aujourd'hui. N'est-ce pas déjà beaucoup ?
Par Paul-Marie DUVAL de l'lnstitut - Historia, février 1984
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Pussytouching
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Re: Les Gaulois, nos ancêtres. Qui étaient-ils vraiment ?

Messagepar Pussytouching » 17/08/2010 - 22:17

J'ai eu une discussion assez ... énervante il y a pas longtemps. C'est quelqu'un qui me disait que nos ancêtres n'étaient pas Gaulois, mais qu'au contraire la France que pure immigration, et que les Gaulois avaient disparus et que de toute manière plus personne aujourd'hui ne descendait d'eux. ( a croire qu'in n'avait jamais eu d'enfant ces gaulois.... :shock: )

Bon, évidemment j'ai défendu le fait qu'ils étaient nos ancêtres, et que de toute manière nous vivions sur leurs anciennes terres, donc l'héritage culturelle est là.

Mais ai-je vraiment du sang gaulois ou des gênes gaulois ?

En effet je sais bien que mon grand père paternelle venait d'Allemagne, et que la grand mère de ma grand mère maternelle venait du Nord de l'Italie, et de l'autre coté c'et Français depuis plusieurs générations.

Donc que dois-je en conclure ? non pas que cela remette en cause mon identité loin de là, mais qu'en est-il par rapport aux Gaulois ou aux Celtes ?

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Re: Les Gaulois, nos ancêtres. Qui étaient-ils vraiment ?

Messagepar Maximus » 17/08/2010 - 23:53

Mais ai-je vraiment du sang gaulois ou des gênes gaulois ?
A mon avis seul ton arbre généalogique pourrait te dire si
tu as des ancêtres d'origines gauloises.
Ce qui n'est pas donné à tous que de remonter si loin dans
notre passé.
8)
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Re: Les Gaulois, nos ancêtres. Qui étaient-ils vraiment ?

Messagepar atilla » 18/08/2010 - 6:55

Au delà du sang Gaulois , il y a l'esprit Gaulois , et dans ce domaine , un asiatique ou un noir peut l'avoir plus développé(l'esprit gaulois bien sûr ! :mrgreen: ) que bien des FDS !

Nous avons au Front National , Mr Durbec ou Mr Smahi qui ont un esprit Gaulois digne de nos guerriers ancestraux , là ou une royale ou un fillon se considérent déjà comme les esclaves de pseudos peuples élus ! :vomirr:

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Re: Les Gaulois, nos ancêtres. Qui étaient-ils vraiment ?

Messagepar Miroir » 18/08/2010 - 9:22

Pussytouching a écrit :En effet je sais bien que mon grand père paternelle venait d'Allemagne, et que la grand mère de ma grand mère maternelle venait du Nord de l'Italie, et de l'autre coté c'et Français depuis plusieurs générations.
Le nord de l'Italie était peuplé de Gaulois. Quant à l'Allemagne, ça dépend où.
Le seul moyen sûr de savoir si tu as des gènes provenant des Gaulois serait un test génétique mais c'est interdit par la loi.
Errare humanum est, perseverare diabolicum.

"Ce qui doit tomber, il ne faut pas le retenir. Il faut encore le pousser." Nietzsche

"Le problème de la plupart des gens n'est pas qu'ils se fixent des objectifs trop hauts,
c'est qu'ils se fixent des objectifs trop bas et qu'ils les atteignent." Léonard de Vinci

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Chris84
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Re: Les Gaulois, nos ancêtres. Qui étaient-ils vraiment ?

Messagepar Chris84 » 18/08/2010 - 12:21

Seuls sont autorisés les recours aux tests ADN pour les candidats au regroupement familial.
Par contre, interdiction pour les statistiques ethniques...
Allez savoir pourquoi ? :clown:
"Condamner l'Immigration de Remplacement ( et ses conséquences) sans jamais dénoncer les Responsables de cette Immigration c'est faire preuve d'inintelligence et de lâcheté !"

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Pat
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Re: Les Gaulois, nos ancêtres. Qui étaient-ils vraiment ?

Messagepar Pat » 22/11/2010 - 16:54

Vercingétorix ou la gloire des vaincus

Le célèbre Vercingétorix du grand maître Camille Jullian doit aller dans toutes les bibliothèques de qualité. On verra par l'article de Marcel Brion l'intérêt de la personnalité du jeune chef gaulois. Elle permet un saisissant rapprochement avec notre temps. Elle montre - quelle leçon pour aujourd'hui - la France souvent vaincue par elle-même. Comme le dit Marcel Brion, la stratégie gauloise était périmée, et périmée aussi cette passion pour la liberté qui leur faisait préférer l'anarchie et la discorde à l'établissement d'un gouvernement durable. La foi religieuse, elle non plus, n'animait plus suffisamment ce peuple.
La tentative de Vercingétorix a été le magnifique sursaut d'un jeune homme intrépide et plein d'illusions, pour essayer de détourner le cours de la destinée. L'imaginatif, le chimérique, a été vaincu par le réaliste, le calculateur ; mais ces différences de caractère n'auraient pas suffi à donner la victoire à César si la Gaule n'avait déjà porté en elle-même toutes ses causes de défaite, tous les germes de désagrégation.
On peut dire que la Gaule a été vaincue par elle-même tout autant que par César. Vaincue par son esprit de désordre et d'insubordination, par son goût pour l'indépendance anarchique et brouillonne, par son défaut d'organisation morale et matérielle.
Au printemps de l'année 53, pour parachever son œuvre et garder toute la Gaule en main, César invita les peuples à tenir leur assemblée traditionnelle dans son camp et sous sa présidence. C'était le meilleur moyen de dénombrer qui était pour lui, qui était contre lui ; les absents seraient considérés, du fait même de leur absence, comme des ennemis.
Ce coup d'audace, dans un pays où l'instinct de la révolte bouillonnait encore, réussit : les peuples, intimidés, envoyèrent leurs représentants au camp de César. Il n'y en eut que trois qui manquèrent au rendez-vous et qui payèrent de la destruction de leurs champs et de leurs cités ce geste de bravade.
Fort de ce succès, César recommença lors de l'assemblée d'automne et obligea les délégués des nations à prononcer la condamnation des chefs coupables qu'il avait faits prisonniers.
Les envoyés gaulois, qui délibéraient sous la protection des légionnaires, homologuèrent les jugements désirés par César. La Gaule n'avait pas seulement perdu sa liberté, mais aussi, semble-t-il, son honneur et son âme.
En voyant la docilité avec laquelle les délégués des peuples gaulois avaient accepté ses plus insultantes exigences. César pouvait croire le pays maté. En réalité, la révolte couvait, à la fois chez les peuples qui avaient été victimes des répressions et chez ceux qui, par prudence ou par diplomatie, ne s'étaient pas compromis d'une façon prématurée et qui n'avaient pas encore attiré, ainsi, les regards soupçonneux des Romains.
La Gaule, enfin, avait la bonne fortune de voir sortir d'entre ses jeunes princes le chef qui lui avait toujours manqué ; celui sur le nom duquel l'unanimité se fait, qui personnifie la volonté de vivre et de durer, qui joint aux qualités gauloises traditionnelles des talents militaires exceptionnels ; qui, enfin, pour avoir fréquenté les Romains, connaît leur tactique et leurs procédés de combat.

un jeune Arverne
Un jour le bruit se répandit, secrètement, car il ne fallait pas éveiller trop tôt la méfiance des Romains, que la révolte éclaterait le sixième jour de la lune du solstice d'hiver. C'étaient les Carnutes qui avaient pris l'initiative du soulèvement, sans doute sous l'influence des Druides, et qui invitaient tous les peuples de la Gaule à se joindre à eux pour chasser les Romains.
Déjà, les Parisiens, les Sénons, les Aulerques, les Armoricains, les Andes, les Cadurques, les Lemoviques, les Turons, avaient juré leur foi. Les Arvernes hésitaient, leur chef, Gobbanitio, redoutant les aventures et craignant de s'engager dans une tentative sans espoir.
Au jour convenu, les Carnutes massacrèrent tous les Romains de Genabum (Orléans). Il y avait des villes plus puissantes et mieux défendues que celle-là ; le geste avait donc une valeur symbolique, plutôt qu'une portée stratégique ; il signifiait la rupture absolue avec Rome, le défi jeté à César. L'armée gauloise, faite de tant de nations diverses, traditionnellement attachées à leurs particularismes, pour une fois renonça à ses discordes anarchiques et choisit comme unique chef de guerre le jeune Vercingétorix.
En effet, la nouvelle du massacre de Genabum bouleversa l'Auvergne. Ce jeune Arverne, Vercingétorix, réunit ses clients et les enthousiasma sans peine. Il recruta des partisans dans la campagne et expulsa de Gergovie le parti aristocratique. La royauté fut rétablie en sa faveur.
Son prestige fut bientôt immense. Il raffermit le courage des peuples hésitants ; le commandement suprême de la rébellion lui fut donné.
Le choix était intelligent. Vercingétorix avait appris son métier d'homme de guerre aux côtés de César ; il connaissait donc les manœuvres, les feintes, les ruses de l'ennemi qu'on allait combattre. Il possédait les qualités natives du Gaulois, le courage, l'audace, la promptitude de décision, l'amour de son pays, l'héroïsme aveugle. Son intelligence était grande, aiguë, pratique, objective ; il savait agir vite et à propos.
Il est difficile de juger Vercingétorix avec toutes les chances de certitude et d'impartialité, puisque nous ne le connaissons que par ce que ses ennemis ont dit de lui et la « propagande » romaine ne négligeait rien pour diminuer le prestige de l'adversaire.
Il faut donc considérer les documents l'origine romaine comme sujets à caution et ne leur accorder qu'une créance limitée. Il est possible qu'il y ait eu dans les actes de Vercingétorix quelques traits de la duplicité et de la cruauté que nous reprochons à César, sa personnalité étant certainement plus nuancée que celle que nous voyons se dégager de la rareté et de l'unilatéralité des textes. Il possédait de grands talents militaires, qu'avait développés une formation politique ; sa conduite fut en réalité dictée par beaucoup de sang-froid et de prudence.
On aurait tort de ne voir dans le jeune Arverne que le cavalier audacieux, le « beau sabreur », l'homme des coups de main désespérés. Il importe de remarquer avant tout le prestige immense qui fut celui de Vercingétorix auprès de ses compatriotes. Prestige dû, évidemment, à son parfait désintéressement et à son noble et ardent amour de la liberté. mais aussi à ce qu'il était doué par la nature de cette qualité essentielle du chef de guerre et de l'homme d'État : l'autorité.
Celle-ci était aussi l'un des traits du caractère de César. Mais alors que l'ascendant du Romain reposait non seulement sur son génie personnel, mais aussi sur l'organisation et la discipline séculaire des légions, celui de Vercingétorix, tout de prestige et d'éloquence, était instable, car il ne pouvait prendre appui sur la cohue des bandes gauloises.
Le jeune Arverne le savait, c'est pourquoi, s'il se montre parfois intrépide, voire téméraire, sa conduite sera d'affaiblir l'adversaire en faisant le vide dans le pays, en se dérobant aux attaques directes : il eût été imprudent d'affronter en rase campagne les légionnaires romains. Chaque fois que, sous la pression de ses propres troupes, Vercingétorix renoncera à cette tactique, l'événement lui sera fatal : ainsi à Avaricum, ainsi à Dijon, Vercingétorix fut véritablement l'incarnation du patriotisme gaulois.

César revient
Profitant de l'absence de César, il inaugure sa campagne en déclenchant les hostilités en plein hiver, ce qui est contraire à la tradition, et en partageant en trois armées les troupes que lui a fournies la coalition des peuples gaulois. Il va frapper César à trois points vitaux de la puissance romaine en Gaule, dans la Narbonnaise, que les Cadurques ont envahie, sous la direction de Luctère, à Sens où six légions attendent, sur pied de guerre, l'ordre de marcher, et chez les Bituriges, qui ont répondu avec tiédeur à l'appel des Arvernes.
César n'étant pas en Gaule, il faut agir vite, avant qu'il n'ait pu être prévenu de ce qui s'y passe. Malheureusement, le chef senon Drappès, qui avait pour mission d'encercler Sens, n'a pas su empêcher Labienus, le meilleur lieutenant de César, d'envoyer un message à son chef qui se trouve, à ce moment-là, au bord de l'Adriatique, à Ravenne.
Il aurait fallu profiter de son absence pour achever le rassemblement de toutes les forces gauloises - il y a encore des tièdes et des hésitants - et pour écraser les garnisons qui occupent les points principaux du pays. C'est ce qu'a voulu faire Vercingétorix. Il sait que l'absence de César est, pour lui, un grand facteur de succès. Il est prêt à agir promptement mais, si vite qu'il se déplace, il ne connaît pas la rapidité prodigieuse de César, cette endurance quasi surhumaine qui lui permet de couvrir, au galop, presque sans repos, des distances considérables.
Pour tous les deux, la victoire est une question de vitesse. César a confiance dans ses lieutenants, mais il sait bien qu'il est nécessaire en Gaule ; pour Vercingétorix, il faut l'empêcher d'arriver avant que la concentration des troupes ne soit achevée et l'alliance des peuples gaulois totale.
Vercingétorix n'a pas hésité à frapper durement les tièdes et les suspects. Il a usé de l'intimidation et de la terreur, là où la persuasion était inefficace. Il est prêt à conduire cette guerre avec la plus grande cruauté contre ses ennemis, et envers ses soldats aussi dont les défaillances seront punies par des supplices terribles.
Ce qui compte, c'est le résultat. Il n'est pas mauvais que les châtiments soient assez spectaculaires pour frapper l'imagination et Vercingétorix qui, à bien des égards, demeure un barbare, impose à son armée une discipline de fer, qui réussira, dans une certaine mesure, à briser enfin l'anarchie gauloise. Il faut que la peur renforce le zèle et le patriotisme. Et surtout, agir vite, frapper fort et vaincre, avant que César ne soit revenu.
Malheureusement, César, avec une rapidité qui tient du miracle, est déjà là. Il franchit les Alpes à la fin de janvier 52 et la Narbonnaise, à sa vue, revient à l'obédience romaine. Luctère et ses Cadurques battent en retraite. César dédaigne de les poursuivre. Traversant les montagnes du Vivarais, par six pieds de neige, il lance ses légions sur le pays des Arvernes.
C'est frapper en plein cœur Vercingétorix, qui est obligé, alors, de quitter le pays des Hédues qu'il tentait de rallier à sa cause, pour venir défendre sa terre. Tout son plan de campagne se trouve désorganisé.
César, enfin, amène d'Italie des troupes aguerries, des vétérans des guerres d'Asie. Les légions, douées d'une mobilité formidable, suivent sa marche en zigzag qui déconcerte l'adversaire, lequel ne sait plus où le joindre.
Ce serait une imprudence de le poursuivre et une perte de temps. Vercingétorix perdit quelques semaines à assiéger une ville des Boiens, clients des Hédues, Gortona (Sancerre), qui présentait une certaine importance stratégique et que César, pensait-il, convoiterait.
Mais César ne se souciait pas de Gortona ; il laissa les Arvernes guerroyer quelque temps contre les Boiens, jusqu'au jour où, Vercingétorix, appelé par des tâches plus urgentes, finit par abandonner Gortona. De mauvaises nouvelles arrivaient, en effet, du pays des Carnutes où des événements graves se déroulaient.
Les Carnutes avaient été le premier peuple gaulois à donner le signal de la révolte. C'était de chez eux que la guerre sainte était partie ; c'était eux qui avaient accompli le massacre général des Romains de Genabum, César avait donc un compte à régler avec eux. Il quitta Agedincum (Sens) et se dirigea sur Genabum. En route il se heurta à Vellaudunum (près de Montargis), qui ne fit qu'une courte résistance. Il s'empara de Genabum, la pilla et l'incendia, força le passage de la Loire, que personne ne défendait plus dans cette confusion. Il s'enfonça alors en Sologne en direction du pays des Bituriges.

une lutte de vitesse
La situation est critique, car Vercingétorix a eu, peu de semaines auparavant, assez de peine à convaincre les Bituriges de s'allier à lui. Ils l'ont fait sans enthousiasme, pressés par la nécessité et sous la poussée de l'intimidation. Si les Romains les soumettent, maintenant, à une intimidation plus forte, les Bituriges vont lâcher pied.
Vercingétorix n'a plus l'initiative des événements ; c'est César qui le conduit où il veut. Il est contraint à une lutte de vitesse qui, en principe, ne lui est pas défavorable, car la cavalerie gauloise est égale, sinon supérieure, à la cavalerie germanique qui sert d'auxiliaire aux légions romaines. Mais les mouvements imprévus de César le condamnent à des itinéraires déconcertants, en apparence. incohérents, dont le développement est imprévisible, et qui l'empêchent d'organiser lui-même une campagne offensive.
Avant de pouvoir obliger César à accepter la bataille sur un terrain choisi par lui, il est donc contraint à des manœuvres qui lui font perdre du temps, qui désorganisent ses plans. César savait ce qu'il faisait en soumettant ainsi à cette pénible subordination un adversaire jeune, bouillant, plus riche de courage que d'expérience, mais cette jeunesse même sauve Vercingétorix.
Avec une admirable souplesse, Vercingétorix entre dans le jeu de son adversaire ; il accourt chez les Bituriges, mais arrive trop tard pour sauver Noviodunum (Neung-sur-Beuvron), dont l'oppidum vient juste d'être emporté. La lutte en rase campagne avec les armées romaines était donc par trop inégale. Vercingétorix venait de perdre successivement Vellaudunum, Genabum et Noviodunum. Il décida de se dérober à l'ennemi et de brûler le pays, afin de réduire l'adversaire par la famine.
De nombreuses localités du Berry furent ainsi sacrifiées et Vercingétorix réservait un sort semblable à la capitale du pays. Avaricum (Bourges), la plus belle ville des Gaules. Mais les Bituriges implorèrent avec tant d'insistance pour que l'on épargnât leur capitale que, malgré lui, Vercingétorix fut contraint de céder et d'ordonner qu'on défendît la place.
Le siège dura plus d'un mois et fut atroce. Les Gaulois déployèrent des prodiges d'héroïsme qui firent l'admiration de César. mais ils ne purent empêcher la prise de la ville dont la population fut massacrée. L'armée romaine trouva là de riches approvisionnements et ce succès releva le prestige de César.

échec à Gergovie
Cette patience, cette prudence, surprenantes de la part d'un jeune Gaulois, sont très caractéristiques du tempérament de Vercingétorix ; elles ont abusé César, qui a cru son adversaire découragé et réduit à l'impuissance. Il s'est vu le maître de la situation, il a pensé qu'il pouvait écraser sans peine une révolte dont les débuts avaient été aussi peu concluants.
Il a divisé ses troupes, afin d'en finir plus vite avec ces rebelles dont il sous-estimait la puissance ; il a confié à Labienus une partie de son armée en le chargeant d'occuper Lutèce, de tenir en respect les Parisiens, d'intimider les Belges et de surveiller le carrefour des routes terrestres et des voies navigables par lesquelles pourrait se faire la concentration des insurgés.
Lui-même, gardant ses meilleures légions, pensa que le meilleur moyen de rétablir l'ordre était de frapper à la tête. Les opérations d'hiver dans le Velay avaient eu pour objet dans son esprit d'intimider les Arvernes. Puisque l'opération n'avait pas réussi, il fallait recommencer mais, cette fois, il portera ses coups au cœur même de la nation rebelle, il s'en prendra à sa capitale : Gergovie, puisque Vercingétorix avait dû battre en retraite jusque-là.
À sept kilomètres environ au sud-ouest de Clermont-Ferrand, se dresse le plateau de Gergovie, d'une superficie d'environ soixante-dix hectares, qui domine de quelque trois cents mètres le pays environnant, position stratégique de première valeur. C'était l'oppidum des Arvernes, leur capitale, lieu de refuge habité surtout pendant la belle saison.
Vercingétorix vint occuper Gergovie. César vint bientôt investir la place ; il remporta d'abord un léger avantage en s'emparant d'une petite hauteur au sud-ouest du plateau. Il y installa un petit camp. qu'il relia à son grand camp par une tranchée. Mais de mauvaises nouvelle lui arrivèrent alors du pays des Hédues : les 10 000 fantassins que ces fidèles alliés lui envoyaient s'étaient débandés à l'instigation d'un de leurs chefs, Litaviccos, partisan de Vercingétorix.
César reprit en main une partie des troupes hédues et fit travailler ses légionnaires aux ouvrages de siège. Les opérations traînaient. Les Romains se fatiguaient de creuser sans cesse des circonvallations. En outre, l'attitude douteuse des Hédues préoccupait César très sérieusement : il songeait à lever le siège, mais résolut auparavant de tenter sa chance.
Il s'aperçut un jour qu'une colline, garnie de troupes les jours précédents, semblait déserte. S'il parvenait à s'en emparer, la forteresse serait bloquée. Vers midi, César ordonna l'assaut, la colline fut emportée. Les Gaulois semblaient se débander, quand Vercingétorix attaqua les Romains de flanc. Après une lutte sans merci, les Romains plièrent et furent rejetés en désordre dans la plaine.
Prudent, Vercingétorix se garda de se lancer follement à la poursuite de César, et rentra dans Gergovie. L'échec de César était indéniable.

l'erreur de Vercingétorix
La victoire de Gergovie eut un énorme retentissement : elle montra que César n'était pas invincible, et décida les peuples qui hésitaient encore à entrer dans la confédération. Les Hédues, eux-mêmes, sous l'instigation de Conviclolitavis, se rallièrent à la cause de l'indépendance.
Cette défection mit César dans une situation fort embarrassante. C'était dans leur pays en effet qu'il avait une grande partie de ses approvisionnements. Sans tarder, les Hédues brûlèrent et ravagèrent leur propre pays sur la rive gauche de la Loire, afin de réduire les Romains par la famine.
César ne se laissa pas troubler par cela. Loin de songer à battre en retraite, il décida au contraire de rejoindre Labienus à Sens ; il réussit à passer la Loire et trouva sur la rive droite des régions plantureuses où son armée put se refaire avant de rencontrer Labienus qui revenait victorieux de Lutèce.
Labienus avait eu en effet pour mission de s'emparer de cette localité. Il se mit en marche avec quatre légions. Le commandement des troupes gauloises dans cette région fut confié à Camulogenos, grand chef de guerre, qui s'établit au confluent de l'Essonne et de la Seine, contrée marécageuse dont on ne pouvait songer à le déloger. Labienus décida alors de passer sur la rive gauche de la Seine ; il franchit le fleuve. Les Gaulois engagèrent la bataille après avoir brûlé Lutèce et rompu les ponts.
Ce fut une terrible mêlée. Les Gaulois semblaient prendre l'avantage, quand ils furent attaqués sur leurs arrières et enveloppés ; tous se firent tuer jusqu'au dernier, y compris Camulogenos. Comme les Bellovaques s'agitaient, Labienus jugea prudent, sur ce succès, de regagner Sens, où César vint peu après le rejoindre.
Après avoir abandonné la cause de César, les Hédues tinrent dans leur capitale Bibracte (Mont Beuvray) une assemblée des Gaules, où Vercingétorix fut, une fois encore, acclamé comme chef suprême.
Vercingétorix organisa aussitôt les opérations. Tous les peuples gaulois durent lui laisser des otages et lever rapidement 15000 cavaliers : les Hédues et leurs chefs fournissaient 10 000 hommes de pied. Avec cette puissante cavalerie, on intercepterait les communications de l'ennemi. Par ailleurs, récoltes, demeures, granges, tout devrait être détruit.
Il fut aussi décidé que Ruthènes et Cadurques iraient ravager les terres des Volques Arécomiques, Cette menace sur la Provincia s'ajoutant à celle de la famine, César se décida à gagner le Sud.
Il partit par le pays de ses alliés Lingons. À quelques lieues de lui, Vercingétorix surveillait et harcelait sa marche. Le chef gaulois commit alors la lourde erreur d'engager le combat contre les dix légions de César. Vercingétorix avait trop confiance dans la puissance de sa cavalerie et il ignorait que César avait reçu des renforts importants de cavaliers germains ; il fit trois corps de sa cavalerie, l'un devant barrer la route à César et les deux autres l'attaquer de flanc.
L'engagement eut lieu près de Dijon. César, averti à temps, avait réparti ses troupes en trois puissants carrés, contre lesquels se brisa l'attaque de la cavalerie gauloise ; prise de flanc alors par une charge des cavaliers germains, celle-ci se débanda.
Privée ainsi de ses meilleurs éléments, l'armée de Vercingétorix battit en retraite vers Alésia (l'actuelle Alise-Sainte-Reine, sur le mont Auxois, en Côte-d'Or), César se mit à sa poursuite. Les Gaulois se réfugièrent dans Alésia.
Alésia était une vieille cité gauloise, possédant un sanctuaire renommé ; c'était à la fois une capitale, un lieu de pèlerinage et, par surcroît, une place forte facile à défendre. Au mois d'août 52 avant Jésus-Christ, Vercingétorix s'y enferma.
Il avait amené dans la ville toute sa cavalerie, en même temps que son infanterie, avec des réserves de fourrage insuffisantes; et, pour ses hommes, très nombreux, trop nombreux, il n'avait qu'un mois de vivres ; c'était, pensait-il, plus qu'il ne lui en fallait pour attendre le grand rassemblement de la levée en masse qu'il avait ordonnée.

enfermés dans Alésia
La place était trop forte pour être enlevée d'assaut. César ne renouvela donc point son erreur de Gergovie. Après avoir établi plusieurs camps autour d'Alésia, il en commença le blocus. Le soldat romain était un infatigable terrassier. Utilisant les inégalités du terrain, profitant du moindre accident qui peut nuire aux Gaulois, César fait construire par ses soldats une formidable ceinture de remparts, qui, enferme Alésia dans un cercle de terre, de palissades, de fossés et de tours littéralement infranchissables.
Vercingétorix essaya de briser l'investissement avant qu'il fût complet ; il tenta une sortie qui tournait à son avantage, quand César fit donner la cavalerie germaine qui, une fois encore, dispersa la gauloise. Vercingétorix décida alors de se séparer de sa cavalerie devenue inutile, et de l'envoyer rejoindre et renforcer l'armée de secours qui se formait. Il la fit partir nuitamment, mais commit l'erreur de ne pas l'accompagner et de s'enfermer dans Alésia avec les défenseurs.
Informé qu'une armée de secours allait le prendre de dos, César, pour se prémunir contre l'attaque qui viendrait de l'extérieur, doubla ses fortifications d'un second système de défenses, long de vingt et un kilomètres, alors que l'autre, concentrique à celui-ci, n'en avait que quinze. Des fossés larges de six mètres et profonds de trois, alternent avec des levées de terre, hérissées de palissades, le terrain intermédiaire étant semé de pièges, de pieux dissimulés sous les branchages, de puits et de pointes de fer, qui rendent toute attaque très périlleuse.
La troupe la plus courageuse et la mieux armée ne peut que se briser sur de pareils remparts sans parvenir même à les entamer. Cela fait, il suffisait d'attendre que le temps fît son œuvre qui compléterait celle des terrassiers.
C'est au mois d'août que les Gaulois s'étaient enfermés dans Alésia. Au début du mois de septembre, ils n'avaient presque plus rien à manger. La chaleur, l'entassement des troupes dans une petite ville, déjà remplie par ses habitants, le manque de vivres et d'eau, développèrent des épidémies.
Un jour, il fallut expulser les bouches inutiles, et l'on repoussa, hors des murs, la foule des femmes, des vieillards, des enfants, qui moururent de faim sous les yeux de leurs compatriotes, car César avait refusé de les laisser passer.
Les conditions matérielles et morales du siège usaient la force des soldats, auxquels on avait réservé tous les aliments encore disponibles, et qui, pourtant, souffraient de la faim.
L'armée de secours parut enfin. Elle se heurta aux circonvallations romaines et tenta vainement, pendant deux jours, de les forcer. Les assiégés, de leur côté, harcelaient l'ennemi.
Apprenant qu'une partie des défenses romaines du côté Nord étaient plus vulnérables, les Gaulois de l'armée de secours décidèrent de porter là leur effort principal. Ils comblèrent le fossé et commencèrent l'escalade des remparts.
Accablés par cette attaque massive, les légionnaires romains étaient à bout de forces. César leur expédia plusieurs cohortes de renfort aux ordres de Labienus.
De leur côté, les assiégés combattent avec rage, ils délogent les Romains de certaines défenses, ouvrent une brèche dans les palissades.

des illusions généreuses
En ces moments décisifs, le génie de César sauva la situation des Romains, qui devenait tragique. Après avoir, en personne, refoulé les assiégés, il vola au secours de Labienus qui, ayant appelé des troupes fraîches des postes non attaqués, se préparait à la contre-offensive.
L'armée de secours de Vercingétorix fut battue; ce que voyant, les assiégés regagnèrent Alésia, tandis que se débandaient les restes des troupes de secours : de cette belle armée sur laquelle Vercingétorix comptait tant, il ne restait plus que quelques escadrons qui s'enfuyaient en désordre.
Vercingétorix pensa qu'on pouvait encore sauver la situation. Il fit taire sa fierté et, le lendemain, offrit à César de capituler et lui demanda à quel prix.
Le Romain répondit qu'il laisserait la vie sauve aux soldats à condition que les chefs lui soient remis. Les Gaulois devaient, en outre, abandonner toutes leurs armes.
Livrer les chefs, c'était sacrifier tous les espoirs d'une résistance future ; rendre les armes, c'était se condamner à l'impuissance. Plutôt que d'accepter ces conditions désastreuses pour le pays, Vercingétorix choisit une solution qui, dans son âme généreuse, lui paraissait la plus noble et la plus politique, il se livrerait lui-même, et, lui mort, la guerre continuerait.
Dans son esprit, le geste qu'il va faire a une portée profondément religieuse et nationale. La défaite qu'il a subie prouve que les dieux sont mécontents; en leur offrant une victime, il apaisera leur colère et attirera leur bienveillance sur la Gaule. En même temps, il désarmera César dont il croit l'âme aussi noble que la sienne ; comment le général romain ne se contenterait-il pas d'une victime, alors que les dieux n'en demandent pas davantage ?
Ces calculs montrent combien Vercingétorix connaissait mal les Romains, et les illusions qu'il avait aussi sur ses compatriotes. Il ne savait pas qu'il était le seul ciment de la résistance gauloise et que, lui disparu, la Gaule s'effondrerait. Il s'imaginait que son sacrifice galvaniserait son peuple, alors qu'en réalité, une fois la tête abattue, la révolte gauloise s'éteindrait passivement.

l'attente de la mort
Avant de se décider à se rendre aux Romains, il réunit les défenseurs d'Alésia et leur expliqua le sens et la portée de l'acte qu'il allait accomplir, puis il prit congé d'eux et, au matin, couvert de sa plus belle armure, monté sur son cheval, il quitta Alésia et galopa jusqu'aux fortifications romaines. Là, il demanda à être conduit auprès de César.
Le général romain était assis sur son siège quand Vercingétorix parut, à cheval, devant lui. Il le considéra d'un œil froid, tandis que le jeune Arverne jetait aux pieds du vainqueur ses armes et son bouclier et, descendu de cheval venait s'agenouiller devant lui (septembre 52).
Sans doute, Vercingétorix espérait-il qu'on allait immoler immédiatement la victime expiatoire. César lui fit attendre la mort qu'il réclamait. Pendant six années il vécut en prison, avant d'être traîné derrière le char du vainqueur, exposé aux injures de la foule, et finalement étranglé dans le temple de Jupiter Capitolin (fin juin 46).
Tous les espoirs d'indépendance gauloise étaient tombés en même temps que Vercingétorix. César ne massacra pas les défenseurs d'Alésia, mais il les réduisit en esclavage et les distribua à ses soldats. Il acheva de soumettre les divers foyers d'insurrection qui brûlaient encore au fond des provinces.
La Gaule ne devait plus se relever. La campagne des années 53-52, où César avait écrasé lé soulèvement général des peuples, avait eu raison de tous les désirs d'indépendance.
Marcel Brion, de l'Académie française Historia janvier 1978
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Re: Les Gaulois, nos ancêtres. Qui étaient-ils vraiment ?

Messagepar Angelo » 22/11/2010 - 22:28

poupette a écrit :Il parait que les derniers descendants des gaulois sont... Les habiroux ! :pale:

M'aurait-on menti ? :scratch:

http://www.youtube.com/watch?v=MARMPf2t ... r_embedded


Euh...oui, on t'a menti :lol:
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"Pour survivre à la guerre, il faut devenir la guerre"
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Re: Les Gaulois, nos ancêtres. Qui étaient-ils vraiment ?

Messagepar Pat » 26/01/2011 - 15:51

Nos ancêtres les Gaulois par Pierre Gaxotte de l'Académie française

L'immense succès du huitième volume des aventures d'Astérix - la première édition de 600 000 exemplaires s'est enlevée en quelques jours - prouverait-il que les Français s'intéressent à leurs ancêtres les Gaulois ? En tout cas, le guerrier malin et rouspéteur Astérix, aidé par Obélix, livreur de menhirs, par Abraracourcix, le valeureux chef de tribu, par Assurancetourix, le barde, a trouvé des amis. Demandons à Pierre Gaxotte, à qui l'on doit l'Histoire des Français, l'Histoire d'Allemagne (Flammarion), le Siècle de Louis XIV, etc., de nous dire ce qu'étaient les Gaulois.
Le mot Gallia, Gaule, supposant le mot Gallus, Gaulois (pluriel : Galli), se montre pour la première fois dans les Origines de Caton, vers 168 avant J.-C. Pour les écrivains latins, les Galli sont des Celtes septentrionaux.
Ils distinguaient entre la Gaule cisalpine et la Gaule transalpine, la première sur le versant oriental des Alpes (de ce côté-ci, par rapport à Rome), la seconde sur le versant occidental (de l'autre côté, pour les Romains).
Puis, quand l'Italie politique et administrative se fut étendue jusqu'au bassin du Pô inclusivement, il n'y eut plus d'autre Gaule que celle qui s'étendait des Pyrénées aux Alpes et au Rhin. César la définit ainsi à la première ligne de ses Commentaires.
Ce qui frappait tout d'abord, c'était l'immensité des forêts. Elles occupaient la majeure partie du sol, les deux tiers au moins. Ce qui en subsiste n'en peut même donner l'idée. Elles s'étalaient alors dans toutes les directions, mais c'est surtout au nord de la Loire qu'elles présentaient une masse profonde et quasi continue.

un pays de forêts
Presque étouffées par elles, les terres cultivées apparaissaient comme d'étroites clairières prenant jour le long des fleuves, autour des ruisseaux, sur les terrasses et dans les vallons de collines étagées. Les plus considérables se trouvaient en Beauce, en Limagne, dans la plaine toulousaine et le Soissonnais.
Sous le dôme de feuillage vivaient, avec les sangliers et les loups, les animaux monstrueux qui épouvantaient les Méditerranéens : rennes, élans, aurochs, difformes héritiers du chaos primitif. Les troupeaux de chevaux, le gros et le petit bétail trouvaient pâture dans les clairières.
Les porcs vaguaient par milliers dans les chênaies. Ils étaient de taille énorme, à moitié sauvages. Leur viande, fraîche ou salée, faisait, avec le laitage, le fond de l'alimentation.
Mais les forêts n'étaient pas abandonnées aux tanières des bêtes ou aux courses rapides des chasseurs. Des populations nombreuses de «boisilleurs» y ont toujours élu domicile : bûcherons, charbonniers, sabotiers, fagoteurs, charrons, potiers, résiniers, tourneurs, briquetiers, chercheurs de miel sauvage, arracheurs d'écorces, faiseurs de cendres... Comme le minerai de fer se trouvait un peu partout, en petits gisements épars, les fondeurs et les forgerons s'établissaient, eux aussi, à proximité du combustible.
Que de Gaulois se sont appelés SiIvanus ou Silvinius ! Que de Français, Dubois ou Dubosc !

10 à 15 millions d'habitants
Au second siècle avant notre ère, la Gaule passait pour une des régions les plus peuplées du monde. Cette opinion ne venait pas de l'exacte connaissance du pays ; elle traduisait la façon dont les Celtes et les Galates s'étaient présentés au monde gréco-romain. À l'époque des invasions, la surprise et la crainte troublèrent les calculs des Méditerranéens ; leur imagination fit le reste.
À ces vagues hyperboles, les érudits modernes ont substitué des tableaux et des statistiques. S'aidant des chiffres d'effectifs militaires, ils ont évalué la masse totale des Gaulois, Belges et Rhénans compris, tantôt à cinq millions d'âmes - ce qui est sans doute trop peu - tantôt à trente millions - ce qui est excessif, eu égard à l'étendue des friches, des forêts et des marécages. Mais un chiffre compris entre 10 et 15 n'est pas invraisemblable.
Tous ces hommes étaient répartis en tribus, sociétés permanentes que les Latins appelèrent pagi. Leurs territoires étaient parfaitement délimités à la fois par les règlements entre voisins et par les conditions du sol.
Dans les montagnes, c'était un vallon ; dans les pays de forêts, une vaste clairière fertile. Quelquefois un étang ou un bassin maritime donnait à la tribu son caractère propre.
Certaines tribus s'adonnaient surtout à la pêche, d'autres à la culture ou à l'élevage. « Ce lien entre le sol et les hommes était si naturel et si puissant qu'après deux mille ans de vie nationale, la plupart des pays de France observent encore une manière à eux de parler, de penser et de travailler. » (Jullian.)
Mais précisément ces pays d'une seule tenue, ces petites unités si nettes et si monotones, ne pouvaient servir de base à de véritables Etats, c'est-à-dire à des unités économiques et militaires, capables de se suffire à peu près en tout.
Le vrai groupe politique de la Gaule, César l'appelle Civitas, la Cité. Ce n'est pas une ville, c'est un être moral, un peuple organisé, une concorde, une société de protection et de solidarité, disposant de territoires complémentaires, plaines et montagnes, guérets et bois, bons et mauvais pays, unis les uns aux autres pour échanger à la fois leurs produits et leurs moyens de défense.
Au-dessus des trois ou quatre cents tribus, apparaissent cinquante à soixante cités. Les plus considérables s'étendent sur trois ou quatre de nos départements, les plus petites arrivent au tiers ou au quart.
Sous le nom d'Arvernes se groupent les hommes de la Limagne, du plateau granitique, des monts d'Auvergne et du Livradois. Aux Lingons appartiennent le plateau de Langres et le Dijonnais. Les Séquanes descendent des monts du Jura jusqu'au Doubs et à la Saône.
Les Carnutes réunissent la plaine de la Beauce et les collines du Perche ; les Eduens le noir et glacial Morvan, les coteaux élevés du Beaujolais et du Charolais, la plaine de Bourgogne, les pâturages du Nivernais, les landes de la Sologne bourbonnaise. L'unité et la force de leur État viennent de ce qu'il est à cheval sur la Loire, l'Allier et la Saône.
L'usage des voies d'eau et la perception de péages sont pour les Eduens une source incomparable de puissance et de fortune. Leurs voisins s'en rendent compte et s'efforcent de leur arracher ces avantages.

les noms gaulois ont subsisté
Il importe, au début de notre histoire, de prêter une attention particulière à cette répartition du sol. Les limites des nations gauloises ont survécu à l'indépendance. Elles se retrouvent, non sans vicissitudes, dans le tracé des circonscriptions romaines, des évêchés, des bailliages.
Leurs noms ont traversé les âges pour parvenir jusqu'à nous. Arras est la ville des Atrebates, Amiens celle des Ambiani, Trêves celle des Trevires, Reims celle des Rèmes, Soissons celle des Suessiones, Metz celle des Mediomatrici, Senlis celle des Silvanectes, Paris celle des Parisii, Troyes celle des Tricasses, Langres celle des Lingons, Chartres celle des Carnutes, Bourges celle des Bituriges.
Les terres exploitées sont si bien cadastrées que les arpenteurs du fisc romain n'auront qu'à embrigader les arpenteurs gaulois, auxquels ils prendront même quelques termes de leur vocabulaire, en tout cas leurs mesures : l'arpent, la lieue, sont celtiques.
Cet attachement au sol a un revers. Les Gaulois que rencontra César n'étaient plus les terribles Gaulois de la bataille de l'Allia, les Celtes qui se conduisaient quelques siècles plus tôt comme les maîtres méprisants de l'Europe. Tel chef éduen s'appelle bien encore Dumnorix, roi du monde, tel peuple arbore fièrement le nom de Bituriges, rois de l'univers : ce ne sont que des souvenirs.
Tout a changé. Les Gaulois n'ont pas seulement renoncé au char de guerre qui avait jadis disloqué les légions, ils ont perdu le moral qui soutenait leurs ambitions. La guerre civile s'est installée dans toutes les cités.
La monarchie a peu à peu disparu. Une grande partie de la population est opprimée. Le gouvernement est aristocratique.
Les nobles, les puissants dominent les assemblées et accaparent les magistratures. Ils commandent personnellement à de grandes masses d'hommes. D'abord, à leurs esclaves : l'Helvète Orgetorix, le plus riche propriétaire de son pays, en a dix mille. Puis aux ambacts que les Romains appelèrent des clients : ce sont des hommes libres qui se sont donnés à un maître par serment. Ils vivent de ses dons, ont droit à sa protection, l'assistent dans ses querelles et le suivent à la guerre comme écuyers et gardes du corps.
L'État perçoit des impôts : un impôt direct qui pèse surtout sur les pauvres, des péages, des douanes et des loyers. Chez les Eduens, Dumnorix s'offrit un jour à prendre à ferme les péages. Personne n'osa surenchérir ; il fut déclaré fermier à un prix dérisoire.

les villes
À en juger par les textes de César qui sont la principale source de nos connaissances, toutes les régions de la Gaule auraient possédé à peu près également des villages et des fermes isolées où vivaient les nobles, entourés de leurs hommes d'armes et de leurs serviteurs.
Or, ce sont là des formes très distinctes de l'habitat rural et nous constatons, à l'époque moderne, qu'elles se trouvent très rarement associées. Il y a des provinces de groupement comme l'Alsace, la Lorraine et la Franche-Comté, et des provinces de dispersion, comme le Bocage normand et la Bretagne.
Cette répartition différente de la population rurale s'explique non seulement par la nature du sol, la distribution des points d'eau, les conditions du travail, mais aussi par la façon dont la terre est possédée et par les traditions propres à chaque région. On est donc amené à croire qu'au temps des Gaulois les contrastes étaient moins poussés, moins établis qu'aujourd'hui.
Nous sommes mieux renseignés sur les places fortes. À vingt-cinq kilomètres d'Autun, à l'extrémité méridionale du Morvan, se détache une sorte de promontoire qui domine tout le pays environnant. C'est le mont Beuvray, dans l'antiquité Bibracte.
Sur le plateau qui le couronne s'élevait, à huit cents mètres d'altitude, la capitale des Eduens, retrouvée et exhumée à partir de 1865. Cet enclos de 5 kilomètres de tour et de 135 hectares de superficie n'était pas habité dans toute son étendue : c'était un refuge pour le temps de guerre.
Gergovie, capitale des Arvernes, de moindre superficie, put recueillir quatre vingt mille soldats. En temps ordinaire, Bibracte devait ressembler aux grandes cités du Turkestan, où, derrière les levées et les palissades de l'enceinte, on trouve, alternant, des amas de cabanes, des terrains vagues, des cimetières, des champs de foire, des dépôts d'armes, des granges et des greniers. La population permanente était composée d'artisans qui, à l'abri du rempart, étaient venus chercher la sécurité nécessaire à qui emploie le capital.

Lyon n'existe pas encore
À droite et à gauche du chemin central qui traverse l'oppidum du nord au sud s'étagent en gradins des lignes irrégulières de masures à demi souterraines, baraques de vente, habitations et ateliers, les uns minuscules, les autres assez vastes et bien organisés.
Une sorte de gradation semble régler la succession de ces ateliers à mesure que l'on s'avance vers le centre : d'abord les fonderies, puis les forges, puis la quincaillerie, enfin l'orfèvrerie et l'émaillage.
Ailleurs, en Normandie, en Anjou, dans le Berry, en Lorraine, les archéologues ont souvent constaté les rapports étroits qui paraissent unir la métallurgie du fer et certains ensembles de fortifications très anciennes ; Les murs contenaient des scories en abondance ; le sol, par endroits, en était parsemé.
En somme, l'oppidum gaulois est un atelier et, par occasions, une foire ou un marché. À la différence de bien des villes de l'Italie, primitive et antique, il n'est en aucune façon un centre agricole.
Assurément, toutes les villes fortes de la Gaule n'étaient pas situées sur des hauteurs aussi farouches, de climat aussi rude et aussi venteux. Lutèce, la ville des Parisii, était dans une île ; À varicum, la ville des Bituriges, dans la plaine, protégée par des marais. Aussi les habitants en étaient-ils plus nombreux, les demeures moins incommodes, l'aspect plus riant.
Un trait imprévu de la géographie gauloise mérite encore d'être signalé : Lyon n'existe pas. Combien de fois cependant a-t-on décrit les avantages impérieux du site où s'est fixée la ville, au confluent de deux grandes rivières, à la jonction de plusieurs routes importantes ! Or, les Eduens trafiquent à Mâcon et à Chalon, les Allobroges à Genève et à Vienne. Ni les uns, ni les autres ne paraissent avoir songé à Lyon.
De tous les lieux souverains de la France future, c'est donc vers le mieux doué que les hommes ne convergent pas encore. Est-ce parce que Lyon est trop proche d'une frontière âprement disputée ? Peut-être. Mais cet épisode démontre qu'il n'est pas, en géographie humaine, de nécessité absolue. La nature offre des possibilités, et même des tentations. En dernière analyse, l'homme choisit.

sur les routes
Commercialement, la Gaule n'était point isolée. Elle faisait partie d'un milieu économique plus vaste. Les métaux, or, argent, cuivre, fer, dont elle tenait marché et qu'elle trouvait épars sur son sol ou dans les sables de ses rivières, lui avaient donné une réputation de richesse, d'ailleurs surfaite, car beaucoup de ces petits gisements s'épuisèrent vite.
Elle expédiait à Rome des lainages, des salaisons et des esclaves. Toujours en guerre entre eux, ou contre leurs voisins, les Gaulois regorgeaient de cette denrée, dont ils se servaient volontiers comme d'un instrument d'échange. On donnait un esclave pour une amphore de vin, prix courant.
De Grèce et d'Italie, ils faisaient venir des objets de luxe, dont les archéologues ont trouvé de nombreux exemplaires dans les tombes, couronnes, miroirs, coupes de céramique peinte. Au surplus, depuis le second siècle (avant .J.-C.) au moins, les Gaulois se servaient de l'alphabet grec.
Les voies de communication étaient nombreuses et variées. La vitesse avec laquelle se sont déplacées les légions romaines fait penser que les pistes étaient suffisamment entretenues, que les ponts et les bacs ne manquaient pas. Nous savons du moins qu'il existait trois grands ponts sur la Loire, près de Saumur, à Orléans et à Nevers, un sur l'Allier à Moulins, un sur la Seine à Paris, deux sur le Rhône, à Genève et à Pont-Saint-Esprit.
Les voies d'eau étaient plus fréquentées encore. Il y avait un grand rassemblement de barques, de pirogues et de radeaux, en amont de Paris, vers Melun et Meaux, un autre sur le Rhône vers Avignon. La liaison entre la Loire et le Rhône se faisait par la montagne de Tarare qui appartenait aux Eduens et, plus au sud, par le col du Pal qui appartenait aux Arvernes.
La marine était nombreuse et exercée. Les rivages de l'Armorique et de la Normandie formaient une même route océanique, longue et sinueuse, qui allait sans lacune d'île en île et de port en port, depuis les sables de Vendée jusqu'aux falaises du pays de Caux : et le long de cette route se sont confédérées toutes les cités qui en étaient riveraines.
Au premier siècle avant J.-C., la prépondérance appartenait aux Vénètes (Morbihan) qui avaient presque monopolisé le trafic avec la Grande-Bretagne, productrice d'étain. Ce commerce déterminait des relations continues, des services à peu près réguliers. Le port de débarquement était Corbilon (peut-être Saint-Nazaire), au débouché du chemin de la Loire ; un autre se formait déjà à Boulogne, à quelques heures seulement de la rive opposée. De la Manche à Marseille, par bateaux et par chariots, le transport du métal demandait un mois.

les Gaulois chez eux
Bien que le sol français recèle toutes sortes de roches, les Gaulois n'ont pas bâti de murailles maçonnées. Les remparts de leurs citadelles étaient composés d'une charpente en bois et d'un appareillage en pierres. S'ils pouvaient résister aux attaques, ils cédaient assez vite à l'action du temps : le bois pourrissait et les blocs, privés de soutien, s'effondraient.
Les maisons sont faites de bois, de claies de roseau, de chaume et de torchis. Elles ont la forme ronde des habitations primitives en tous pays. Une toiture en pente leur tient lieu de couronne. Au milieu, un trou pour laisser passer la fumée.
Les pauvres n'ont que cette simple cabane ; les riches un vrai bâtiment avec un vestibule, des chambres de repos (ils donnent sur des tapis ou des fourrures), une salle d'apparat qui est à la fois salon et cuisine. Au mur sont clouées les têtes des vaincus illustres ; d'autres, soigneusement embaumées à l'huile de cèdre, sont conservées dans des coffres, principaux meubles de la maison.
Voici un banquet. Le chef ou l'invitant est assis au milieu, à égale distance de tous les égaux, car les Gaulois sont gens à protocole, à hiérarchie et à formalités. S'il s'agit de nobles, les hôtes sont accompagnés de serviteurs et d'écuyers qui se tiennent derrière eux portant les boucliers et les épées. Les femmes sont à part, mais elles paraissent à leur heure.
L'assistance est propre et bien vêtue, car les Celtes ont grand soin de leur personne et ils n'ont pas peur de se baigner. Ils portent les cheveux demi-longs, relevés sur le front, quelquefois teints ou décolorés à l'eau de chaux.
L'imagerie populaire leur prête de gigantesques moustaches tombantes à la façon des gendarmes de vaudeville. Le Gaulois mourant du Capitole n'a qu'une moustache très courte et les monnaies portent l'effigie d'un Vercingétorix glabre.
Les hommes sont vêtus d'une chemise de lin, d'un pantalon long en laine (les braies), non pas flottant comme chez les Scythes, mais très ajusté, d'une blouse serrée à la taille par une ceinture et d'un manteau agrafé (la saie ou le sayon). Les chaussures, en très bon cuir, sont des chausses et non des sandales. Tout le costume est de couleurs vives et variées, car on sait cultiver un grand nombre de plantes tinctoriales, entre autres le pastel qui donne le bleu et la jacinthe qui donne le rouge.
Le bijou le plus caractéristique est une sorte de collier serré que les Latins ont appelé torques parce que le modèle le plus simple est fait d'une tige de métal tordue. Les plus beaux sont en or, chargés d'ornements en relief.
Les convives s'assoient sur des bottes de roseaux autour d'une table basse. Les viandes rôties à la broche, bouillies ou cuites à l'étuvée, sont apportées sur de grands plats en métal. Les convives saisissent les morceaux à pleines mains et y mordent à belles dents. De temps en temps, ils se servent d'un petit couteau pour couper un tendon ou trancher une articulation. Au menu figurent aussi des poissons, du pain avec des oignons et de l'ail, un brouet d'avoine et d'orge, des pommes et des noisettes.
Le vin est, rare car il vient d'Italie ou de Grèce. On boit surtout du miel délayé dans l'eau, de la bière d'orge ou de blé, dans laquelle on a fait macérer des herbes aromatiques, notamment du cumin. C'est dans ces festins, semble-t-il, que survivaient avec leurs excès traditionnels le souci, le culte, la culture maladive de l'honneur. Les Romains s'étonnaient que presque toutes les beuveries gauloises s'achevassent en rixe. Mais c'est pour cela qu'on se réunissait.

le père, maître absolu de sa famille
On voudrait savoir comment les Gaulois vivaient en famille. Chacun d'eux se présente simplement comme le fils de son père Vercingétorix, fils de Celtic. Il n'existe pas de vocable familial et héréditaire.
Selon César, le père est maître absolu de sa maison, de sa femme et de ses enfants mineurs, avec droit de vie et de mort. Pourtant, il n'achète pas sa femme. C'est elle, au contraire, qui lui apporte une dot, le mari la double d'un bien égal et ce patrimoine inaliénable, grossi chaque année du revenu, reste la propriété du survivant.
Le mariage est une institution aussi régulière et rituelle que dans l'ancienne Rome. On peut supposer que la dignité de l'épouse, le respect de la mère, ont été sinon des faits constants, du moins des formules de vertus et de devoirs.
Les Gaulois n'ont pas eu d'art plastique, mais un art industriel très estimable. Leurs armes sont belles. Leurs boucles de ceintures, agrafes, broches (ou fibules), vases de métal et vases de terre, témoignent d'un goût réfléchi pour l'ornementation géométrique. Surtout, ils ont inventé beaucoup, d'objets de première importance, qui sont restés en usage dans la vie domestique.
Pour conserver le vin, ils remplacèrent les amphores de terre cuite, seules en usage chez les Grecs et chez les Romains, par les futailles en bois, douvées et cerclées. Gardé quelques mois en fût, le vin vieillit mieux, en prenant tout son bouquet. En outre, les tonneaux sont faciles à équilibrer et se prêtent à la manipulation.
L'outillage agricole et artisanal doit encore aux Gaulois le char à bancs, la herse pour briser les mottes, le tamis en crin ne cheval ; la tarière à mèche en spirale, la grande faux pour les foins, enfin la véritable charrue.
Le labour se faisait encore chez les Méditerranéens à l'aide de l'araire primitif, la charrue sans roue des peuples arriérés. Les hommes du nord imaginèrent autre chose : ils attachaient le timon à un avant-train muni de roues et par-devant le soc, ils suspendaient un coutre ou couteau, dont la partie acérée était dirigée vers le bas, pour trancher la terre compacte et amorcer le sillon.

les dieux
Les Gaulois avaient un grand nombre de dieux qui se mêlaient à tous les phénomènes de la nature. Certains étaient attachés à un lieu, à une fontaine, à une source, à un fleuve, à une forêt. D'autres se manifestaient partout. C'est ainsi qu'un dieu des eaux, Borvo, a donné son nom à la fois à La Bourboule, à Bourbonne-les-Bains, à Bourbon-Lancy et à Bourbon l'Archambault. On lui jetait des offrandes dans les étangs.
Les petites gens avaient un culte particulier pour des déesses familières que les Gallo-Romains ont appelé les déesses mères. Elles dispensent et entretiennent la vie. Vêtues de longues robes, dans une attitude paisible et grave, elles tiennent sur leurs genoux ou dans leurs mains des corbeilles de fleurs, des cornes d'abondance ou des enfants nouveau-nés.
Bien entendu, ces représentations sont postérieures el la conquête. Auparavant, les dieux avaient sûrement des aventures, un type, une physionomie, mais ils ne vivaient que dans les imaginations. Si les plus grands avaient déjà des statues, ce n'étaient que d'informes piliers de bois ou de pierre qui rappelaient le dieu, mais qui ne prétendaient pas le montrer.
Les Anciens nous citent avec des signalements incertains quelques noms, mais nous ne savons même pas s'il s'agit des divinités d'un canton ou de divinités généralement reconnues. Teutatès signifie certainement le dieu du peuple. Esus signifie peut-être le seigneur. Taranis est le nom commun du tonnerre. On nous dit qu'ils formaient une triade. Comment s'articulait-elle ? Mystère.
C'est à peine si, grâce à des figurations des temps gallo-romains nous entrevoyons quelques mythes. Esus, par exemple, est-ce le dieu bûcheron qui, sur l'autel trouvé dans la Cité et conservé au musée de Cluny, abat un arbre près d'un monstre, un taureau surmonté de trois grues, larvos trigaranos, vieille figure assurément puisqu'un comique athénien du IIIe siècle avant notre ère, au lendemain de l'invasion celtique qui avait failli submerger l'Orient, parle du trygéranon comme d'un animal redoutable qui ne se trouve pas en Grèce...
Les dieux participaient à tous les moments de l'existence terrestre. La naissance, les fiançailles, le mariage, les procès, la maladie, un voyage, la réception d'un hôte, la chasse, la guerre, le travail, exigeaient que l'un d'eux fût pris à témoin. Le calendrier trouve à Coligny nous montre que les mois et les jours avaient une valeur religieuse propre. L'espace lui-même était imprégné de divinité.

les druides
Aussi n'est-il pas surprenant que les prêtres, les druides, aient une telle place dans la société. Leur intervention dans le culte est souveraine et continue. Point d'acte important dans la famille ou dans la cité qui se passe de leur concours.
II ne leur manque même pas l'arme terrible de l'excommunication, qui retranche le coupable de la vie régulière pour le vouer à l'exil et aux frayeurs. Aucune loi ne protège plus l'excommunié, aucune justice ne lui est due. Nul ne peut s'approcher de lui. Il est maudit à jamais chez tous les peuples.
Les dieux gaulois sont avides d'or et de sang. D'énormes holocaustes d'êtres humains, prisonniers innocents, condamnés à mort, leur sont présentés à dates fixes et en cas de péril public. Esus demande que ses victimes soient pendues aux arbres, Taran aime les bûchers, Teutatès les noyades, d'autres les crucifixions.
Et toujours les druides servent d'intermédiaires dans ce trafic sanglant. Ils sont en relation immédiate avec les puissances invisibles ; ils parlent en leur nom ; ils connaissent les paroles magiques, les incantations et les interdictions rituelles qui servent à les désarmer et à les séduire.
En outre, les druides sont les éducateurs de la jeunesse ; ils n'instruisent pas seulement ceux qui se destinent à leur succession, mais tous les jeunes nobles qui viennent à eux. C'est une des singularités les plus remarquables de la société gauloise ; les fils des principaux de chaque nation sont soumis à un noviciat intellectuel qui est dirigé par des prêtres et qui a le caractère solennel d'une initiation. L'usage de l'écriture est interdit. Il faut écouter, retenir, apprendre par cœur, ne rien perdre des vérités révélées.
Quel était le contenu de cet enseignement ? Il englobait sans doute le droit, les traditions épiques, la liturgie, l'histoire des dieux, l'art d'interpréter les présages. Mais les connaissances scientifiques des druides étaient fort courtes, tout juste suffisantes pour dresser un calendrier lunaire.
Ce qui nous est parvenu directement d'eux est une sentence à trois membres, une triade comme les Celtes les affectionnaient : « Aimer les dieux, ne rien faire de bas, exercer son courage. » On peut en déduire que les préceptes moraux sur le sens de la vie tenaient une grande place dans les directions.

pas de temple chez les Gaulois (1)
Cependant, les druides possédaient une doctrine métaphysique. Ils croyaient à l'immortalité de l'âme et pensaient qu'au-delà de la tombe la vie continue sur des terres fabuleuses, vaguement entrevues dans les mers du couchant, d'où l'âme revient un jour pour être incarnée à nouveau. En somme, un capital constant et roulant d'âmes est distribué entre les deux mondes géminés et les échanges entre les deux se font vie par vie et âme par âme (H. Hubert).
Pour le guerrier, la mort n'est qu'une introduction à d'autres exploits héroïques. Aussi emporte-t-il avec lui ses plus belles armes et ses plus riches parures. Bien entendu, les mystères sont le privilège du patriciat ; les leçons s'adaptent à la vie même de l'aristocratie, dont elles contribuent à conserver les vertus militaires et les privilèges sociaux.
Cette religion sans livres et sans idoles fut aussi une religion sans temple bâti. Les lieux de réunion étaient des enceintes à ciel ouvert situées au sommet des montagnes dans les clairières des forêts.
Une fois par an, les druides de toutes les cités s'assemblaient au pays des Carnutes, autour du grand prêtre et, après les sacrifices, ils se constituaient en tribunal d'arbitrage. C'est à eux qu'étaient portées les affaires de meurtre et d'héritage. Ils fixaient les sommes dont les meurtriers pouvaient racheter leur crime. Leur prestige et la crainte des dieux garantissaient l'exécution des sentences.
Les druides ne forment pas une caste héréditaire. Ils sont un ordre de la société, mais aussi une confrérie, un collège que l'on a rapproché des confréries analogues qui ont existé chez d'autres peuples indo-européens, flamines et pontifes de Rome, mages iraniens, brahmanes de l'Inde.
Enfin, ils représentent une institution internationale, commune aux Celtes de l'Occident, ceux de Gaule, et ceux de Grande-Bretagne sinon ceux d'Irlande que des savants disent avoir mené une vie indépendante. Par eux se maintiennent dans le monde celtique, continental et insulaire, les mêmes idées morales, les mêmes traditions mythologiques, les mêmes pratiques rituelles, les mêmes solutions juridiques, c'est-à-dire tout ce qui assure le fonctionnement de la société.
La psychologie collective est un genre assez arbitraire. Cependant, on peut dire qu'avec tous ses défauts : crédulité, turbulence, bavardage, instabilité d'humeur, et de résolution, le Gaulois portait en lui le stimulant le plus énergique du progrès, le sentiment et l'orgueil de sa personnalité.

pourquoi la Gaule a perdu son indépendance
La grande faiblesse de la Gaule a été de ne pas former un corps de nation. Nous voyons, à la vérité, dans quelques circonstances les députés de plusieurs peuples se réunir en une sorte de congrès et se concerter pour préparer une entreprise commune, mais nous ne voyons jamais une assemblée régulière qui se tînt à époques fixes, qui eût les attributions déterminées et constantes, qui fût réputée supérieure aux différents peuples et qui exerçât sur eux quelque autorité.
Les nations gauloises se faisaient la guerre ou concluaient des alliances, entre elles et avec l'étranger, comme font les États souverains. Il existait assurément un patriotisme supérieur fait d'éléments dissemblables, communauté de nom, de langue et de mœurs, relations commerciales et religieuses, mêmes façons de penser et de sentir, même code de l'honneur et de l'hospitalité. Mais ces liens assez lâches ne remplaçaient pas une entente politique.
Dans l'intérieur même de chaque peuple, les esprits étaient divisés. « Les Gaulois, a écrit César, changent aisément de volonté ; ils sont légers et mobiles, ils aiment les révolutions. »
Les désordres tenaient une grande place dans toutes les existences ; le pouvoir se déplaçait incessamment ; les intérêts, les convoitises, les dévouements, s'attachaient au parti plus qu'à la patrie ; l'amitié ou la haine d'une cité dépendait de celui que la dernière crise intérieure avait porté au pouvoir. Il n'est pas douteux que chaque homme n'envisageât l'intervention de l'étranger selon le bien ou le mal qu'elle devait faire à sa faction.
Les divisions des Gaulois rendirent très facile la conquête romaine.
Pierre Gaxotte de l'Académie française Historia janvier 1967
(1) Contrairement à se que dit l'auteur, les celtes et donc les Gaulois avaient des temples.
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Que les hommes d'arme bataillent et que Dieu donne la victoire! (Jeanne d'Arc) Patriotiquement votre.

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Re: Les Gaulois, nos ancêtres. Qui étaient-ils vraiment ?

Messagepar Maxou » 26/01/2011 - 17:24

Le débat sur "est-ce que l'on a du sang gaulois ou pas" n'a pas de sens de toute manière. Il est evident que les mouvements de populations ont largement "cassé" les liens de sang. Et puis remonter sa généalogie sur une période de 2000 ans est impossible. Ce qui compte quand l'on est Français est de se sentir l'héritier de tout ceux qui ont contribué à créer et développer la Nation française. Les Gaulois, les Gallo-romain, les Francs, l'oeuvre des Capétiens et même des immigrés plus récents qui ont travaillé pour notre pays. Je vise là l'immigration européenne de la première moitié du XXème siècle qui s'est largement assimilée à notre Nation.

NB: Merci Pat pour ces larges extraits d'ouvrages sur les différents forums :superg:

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Re: Les Gaulois, nos ancêtres. Qui étaient-ils vraiment ?

Messagepar Pat » 26/01/2011 - 20:12

Maxou a écrit :Le débat sur "est-ce que l'on a du sang gaulois ou pas" n'a pas de sens de toute manière. Il est evident que les mouvements de populations ont largement "cassé" les liens de sang. Et puis remonter sa généalogie sur une période de 2000 ans est impossible. Ce qui compte quand l'on est Français est de se sentir l'héritier de tout ceux qui ont contribué à créer et développer la Nation française. Les Gaulois, les Gallo-romain, les Francs, l'oeuvre des Capétiens et même des immigrés plus récents qui ont travaillé pour notre pays. Je vise là l'immigration européenne de la première moitié du XXème siècle qui s'est largement assimilée à notre Nation.

NB: Merci Pat pour ces larges extraits d'ouvrages sur les différents forums :superg:


merci beaucoup !
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Re: Les Gaulois, nos ancêtres. Qui étaient-ils vraiment ?

Messagepar Pat » 21/08/2015 - 13:05

Le torque celtique.

Le torque est un collier rigide en métal (bronze, fer ou or), ouvert ou fermé, dont le type remonte à la fin de l'âge du Bronze européen, au début du Ier millénaire av. J.-C. Son nom vient du latin torquis, qui évoquait un motif torsadé.
C'est pendant la période de Hallstatt (850 - 450 av. J.-C.), première grande période de la civilisation celtique, que le torque se diffuse comme parure et devient un objet accompagnant courament les défunts dans leur sépulture. Il est alors porté aussi bien par les hommes que par les femmes ; il était destiné à des usages divers, puisqu'au-delà de la parure, il servait de cadeau de prestige dans le cadre des échanges aristocratiques, mais aussi d'objet votif destiné à remercier une divinité pour son aide, ainsi qu'un élément très souvent associé à la tombe. Pour accompagner les morts, on fabrique alors des modèles en or spécialement destiné à cet usage.
Par ailleurs, dès cette époque, les héros et les dieux sont souvent représentés portant le torque, signe de la grande valeur symbolique de l'objet. Sur le "Pilier des Nautes découvert à Paris", le dieu Cernunnos porte un torque autour du cou et un autre torque sur chacun de ses bois, ce qui montre le caractère sacré de cet élément de parure.
Pendant l'époque laténienne (450 - 50 av. J.-C.), l'usage du torque se modifie quelque peu : il devient beaucoup plus rare dans les sépultures masculines, mais reste un objet indissociable de la parure funéraire féminine, dans les couches aristocratiques de la population. Pourtant, il reste un objet de parure très courant, en particulier dans les milieux guerrier, comme l'attestent les très nombreuses représentations figurées de Celtes des IVème - IIème siècles av. J.-C., comme par exemple ceux du relief de Civitalbà, en Italie centrale, il en devient même, parmi les populations italiques et grecques, le signe d'identification par excellence du guerrier celte.
Le décor du torque, à l'époque laténienne, devient d'une grande richesse, intégrant entrelacs, motifs végétaux issus du monde italique et traditionnelles représentations de têtes celtiques. Il semble que chaque peuple ait développé un décor qui lui était propre, le torque devenant ainsi également un moyen de reconnaissance ethnique. Les dépôts votifs de torques ont toujours cours, souvent associés à des monnaies, qui ont fait leur apparition dans le monde celtique au IVème siècle av. J.-C., avec l'imitation des statères de Philippe de Macédoine. En Grande-Bretagne, mais aussi dans la Péninsule ibérique, ces dépôts sont parfois d'une richesse extraordinaire et la découverte de la région de Newark, si elle offre un exemplaire d'une valeur artistique exceptionnelle, vient confirmer l'importance de la pratique votive et du caractère hautement symbolique du torque de l'autre côté de la Manche.
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Re: Les Gaulois, nos ancêtres. Qui étaient-ils vraiment ?

Messagepar Pat » 01/10/2015 - 20:42

Les Celtes, concept flou

Le Figaro Magazine - 10/10/2014

Le mot "celte" fint par désigner tout et n'importe quoi. Les historiens essaient d'y voir clair.

Entre 800 et 450 avant J.-C., ces peuples venus d'Asie centrale ont fait vivre, de la Bohême à la Bavière, une civilisation dont on a retrouvé les vestiges autour de Halstatt, en Autriche. C'est à partir de ces régions que ces hommes, qui exploitaient le sel, maniaient le feu et travaillaient le fer, se sont répandus vers l'Asie mineure, l'espace danubien, les îles Britanniques, la Gaule et la péninsule Ibérique. On les appelle les Celtes. Que sait-on d'eux ?

Graham Robb est un historien britannique. Francophile invétéré, il a déjà publié Une histoire de Paris et Une histoire buissonnière de la France, livres qui, nourris d'anecdotes et de portraits, ont été conçus comme des récits de voyage à travers leur objet d'étude. Ayant découvert au fond de son jardin, près d'Oxford, une broche ciselée de l'âge du fer, Graham Robb a eu envie de partir sur les traces des Celtes. Il en a tiré un ouvrage écrit selon le modèle des précédents. De la Grande-Bretagne à l'Italie du Nord et du Rhin aux Pyrénées, l'auteur explore les secrets du monde celte dans une quête destinée aux passionnés, tant elle foisonne de détails (1).

Le Français Jean-Louis Brunaux, lui, est un spécialiste des Gaulois. Ce terme a été inventé par les Romains, alors que les Grecs désignaient les habitants de l'Europe occidentale sous le terme de Celtes. Celtes, Galates, Gaulois, la proximité du vocabulaire traduit l'analogie des cultures, mais trahit également les fausses assimilations opérées au fil du temps entre des populations différentes. A propos des Celtes, observe Brunaux, « il n'est plus possible de distinguer aisément la réalité du rêve, l'histoire de la fiction, les faits de la pure idéologie ». Mariant l'histoire, l'archéologie et la linguistique, c'est à ce discernement que le chercheur s'emploie dans un livre lumineux, dont la conclusion est paradoxale : au terme de 300 pages consacrées aux « Celtes », Jean-Louis Brunaux appelle en effet à se défier d'un concept « obsolète », tout en jugeant « probablement impossible de se séparer d'une idée reçue qui a eu la vie aussi longue » (2). Humilité de l'historien...

Jean Sévillia

(1) Sur les sentiers ignorés du monde celte, de Graham Robb, Flammarion, 464 p., 26 €. Traduit de l'anglais par Lucile Débrosse et Isabelle Taudière.
(2) Les Celtes. Histoire d'un mythe, de Jean-Louis Brunaux, Belin, 350 p., 23 €.

http://www.jeansevillia.com/index.php?p ... cle&id=368

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