Origines des Celtes

Ici la culture et l'histoire sont à l'honneur
Avatar de l’utilisateur
Pat
Administrateur délégué
Messages : 25478
Inscription : 03/12/2006 - 23:46
Localisation : Les Alleuds dans le 49
Contact :

Origines des Celtes

Messagepar Pat » 06/09/2007 - 18:38

Rappel: Âge de pierre récent------>4000 à 2000 avant J.C (Néolithique)
----------Âge du bronze ancien----->2000 à 1200 avant J.C
----------Âge du bronze récent----->1200 à 700 avant J.C (final)
----------Âge du fer------------------>700 à 500 avant J.C (ère celtique)

-800----------> période d'Hallstatt (du nom d'un village d'Autriche, premier âge du fer)
-500 à -400--> période de la Tène (du nom d'un village de Suisse au bord du lac de Neuchâtel)

Vers 3000 avant J.C, les agriculteurs et chasseurs de l'Âge de pierre furent menacés par une série de tribus de guerriers. Connus sous le nom de proto-celtes, ces guerriers indo-européens les dominèrent puis s'assimilèrent aux indigènes les moins agressifs qu'ils rencontrèrent. Durant le millénaire qui suivit-vers 1800 avant J.C, les proto-celtes migrèrent vers l'ouest de l'Europe où ils se fondirent dans la population locale.
Angus Konstam: Atlas historique du monde celte

On peut admettre que dès le cinquième millénaire avant notre ère, une importante partie de l'Europe tempérée du sud de l'Allemagne à l'ouest de la France, ait été peuplée de communautés d'agriculteurs parlant une langue qui à la suite de processus historiques, donna naissance aux différents idiomes celtiques attestés au premier millénaire.
Patrick Galliou: Le monde celtique

Selon un point de vue extrême, les principaux groupes parlant des langues celtiques auraient occupé, dès 3000 ans avant J.C, les territoires où les placent les sources les plus tardives, alors que l'hypothèse la plus répandue veut que le celtique et l'italique se soient séparés puis développés entre 1300 et 800 avant J.C.
Barry Cunliffe: Les Celtes, traduit de l'anglais par Patrick Galliou

Contrairement à ce que beaucoup écrivent par ignorance ou facilité, les Celtes ne sont pas arrivés en Gaule aux alentours de 800 à 500 avant J.C ce qui leur laisse à peine le temps d'atteindre les Pyrénées et la Méditerranée, voire la Bretagne ou l'Irlande avant le IIIe siècle. Par contre les datations linguistiques laisseraient à penser que les Celtes étaient déjà présents en Europe à la fin du troisième millénaire avant notre ère.
Christian-J Guyovarch et Françoise Le Roux
Image
Que les hommes d'arme bataillent et que Dieu donne la victoire! (Jeanne d'Arc) Patriotiquement votre.

Avatar de l’utilisateur
Pat
Administrateur délégué
Messages : 25478
Inscription : 03/12/2006 - 23:46
Localisation : Les Alleuds dans le 49
Contact :

Re: Origines des Celtes

Messagepar Pat » 02/09/2008 - 12:49

L'aurore celte
L'expansion celtique s'accomplit en plusieurs vagues au cours du 1er millénaire avant notre ère. Elle correspond aux deux grandes civilisations de l'âge du fer : la civilisation de Hallstatt et la civilisation de La Tène. En fait, chacune est la métamorphose d'une même culture générée par l'indo-européanisation de l'Europe.
Ecosse, Irlande, Pays de Galles, Cornouailles, Bretagne et Galice : notre imaginaire associe les Celtes aux finistères extrême-occidentaux, terres battues par le vent et la mer. Pourtant, c'est du cœur de notre continent qu'ils surgissent au 1er millénaire avant notre ère. De Bohême, Allemagne du Sud et d'Autriche, ils vont se répandre dans la majeure partie de l'Europe et étendre leur empire jusqu'en Asie mineure où les Galates, installés sur les plateaux d'Anatolie, maintiendront longtemps leur langue et leur autonomie (1). Pourtant, ils seront passés sous silence plusieurs siècles durant, au profit du monde gréco-romain, réputé « civilisateur ». Mais lorsque ces «barbares» sortent enfin d'une longue nuit d'oubli et de mépris, ils deviennent l'objet d'une véritable passion.
En France, Napoléon III s'intéresse personnellement aux recherches entreprises pour retrouver le site d'Alésia. Arbois de Jubainville, le premier titulaire d'une chaire de langue et de littérature celtiques, leur consacre sa vie. Salomon de Reinach, Camille Jullian, Joseph Déchelette et Henri Hubert suivent son exemple. Parfois, la quête des Celtes prend les formes de la mystification géniale : ainsi, lorsque James MacPherson « redécouvre » les Poèmes d'Ossian. La « celtomanie » a précédé la celtologie, mais elle va perdurer. Les thèses savantes alimenteront les antagonismes nationaux, incitant certains à transposer dans le passé les querelles du présent. Ainsi, du côté français, les Celtes furent-ils souvent opposés aux Germains, leurs contemporains, alors même que les deux peuples partageaient, aux dires d'observateurs comme Strabon, tant de traits communs suggérant la parenté.
Depuis, l'archéologie a calmé certains fantasmes et réduit notre part d'ignorance. Bien entendu, de nombreuses questions restent sans réponse, mais la matérialité des faits accumulés permet de dégager des caractéristiques culturelles et de corriger les clichés romantiques du XIXe siècle, lesquels, par analogie avec les situations coloniales que l'Europe commençait à vivre hors de sa sphère, tendaient à faire des « barbares» les élèves plus ou moins doués d'un monde romain exclusif porteur de la civilisation. Sur ce sujet, Jean-Jacques Hatt, l'un des meilleurs spécialistes de la Gaule romaine, a observé que la romanisation de la Gaule offre « le précédent se déroulant sur plus de quatre siècles, d'une entreprise coloniale réussie, dont le colonisé et le colonisateur ont globalement tiré le plus grand profit » (2). Le terme de «colonisation» que nous recevons dans son acception actuelle, est-il vraiment approprié pour désigner la conquête romaine ? Il reste qu'au-delà d'évidentes différences, les deux mondes n'étaient pas étrangers l'un à l'autre. Leurs traditions puisaient aux mêmes sources. Pour preuve, malgré la persécution des druides, le panthéon celtique a pu survivre sous un habillage romain et même ressurgir intact au IIIe siècle de notre ère.
LES VAINCUS DE L'HISTOIRE ?
« Les Celtes, écrit Hérodote qui, au Ve siècle avant notre ère, est le premier à parler d'eux, sont après les Indiens la nation la plus nombreuse de la terre. S'ils étaient gouvernés par un seul homme ou s'ils étaient bien unis entre eux, ils seraient le plus puissant de tous les peuples. » Sur les fragilités politiques du monde celtique qui semble avoir marqué une certaine répugnance à se donner un Etat centralisé, les dissertations ne manquent pas. De fait, le désastre du cap Telamon qui coûte quarante mille morts et dix mille captifs aux Celtes, annonce la suprématie militaire romaine, bien avant la défaite d'Alésia. Des Celtes qui furent pourtant des guerriers intrépides et craints, Goulven Permaod a dit qu'ils étaient « les grands vaincus de l' histoire européenne ». L'affirmation reste discutable, car jamais on ne soulignera assez la dette de notre culture européenne à leur égard, ni l'enseignement que leur vainqueur retira d'eux.
Guerriers farouches et braves, ils ne craignaient pas la mort, allant même la chercher avec enthousiasme. Mais ils ont aussi été des innovateurs et de très habiles artisans. Forgerons et charrons de premier ordre, ils ont inventé l'éperon, le char de combat, la charrue à roues, la moissonneuse et le tonneau. Ils aimaient la guerre, mais aussi la bonne chère et Rome fut friande de leurs jambons. Ils furent également de remarquables agriculteurs dont les pratiques seront maintenues des siècles durant dans les campagnes européennes. Ils tenaient la forêt pour un lieu sacré, mais créèrent le premier tissu urbain de l'Europe (les oppida) et développèrent un vaste réseau de routes et de chemins dont les Romains surent tirer parti. Leur empreinte sur l'espace européen sera suffisamment forte pour subsister dans la toponymie de nombreux sites et de nombre de nos cités actuelles, et aussi dans le découpage des diocèses qui perpétueront longtemps leurs anciens pagi. Et c'est d'eux que la Galicie et la Valachie tiennent leurs noms.
Le drame des Celtes est, probablement, d'avoir, comme les Germains, réservé l'écriture à un usage restreint. Ils ont donc été les victimes de témoignages rendus par d'autres. Les écrits restent et la propagande n'est pas chose nouvelle sous le regard des dieux. Ainsi furent-ils faussement accusés d'avoir pillé le temple de Delphes sur la foi de Jules César, de pratiquer des sacrifices humains. D' aucuns en ont tiré parti pour justifier des jugements dépréciateurs, car la «diabolisation» est, elle aussi, technique ancienne. Mais le mythe de Tristan et qu'ils nous ont légué, montre - Denis de Rougemont l'a merveilleusement souligné - l'importance qu' ils attachaient à la «personne». Leurs tombes princières, comme celles de Vix ou de Reinheim, témoignent, à l'instar de la figure de Brigitte, de la place que sans attendre nos ardentes féministes, ils avaient su faire à la femme. Grands, les Celtes le furent aussi par la pensée accordant au héros une place exemplaire. Le roi Arthur et ses chevaliers légendaires lancés à la quête du Graal ont traversé les siècles. Leurs traditions ont longtemps été perpétuées par notre socialité et leurs mythes marquent encore notre imaginaire.
L'UNITÉ DANS LA DIVERSITÉ
Loin d'avoir été seulement brillante parenthèse, l'épopée celtique a constitué l'un des grands moments de l'expansion indo-européenne. Avant le milieu du IIIe siècle avant notre ère, ils ont atteint leur expansion maximale depuis les îles britanniques, le centre et l'ouest de la péninsule ibérique, jusqu'aux Carpates, en passant par la Belgique et la Suisse actuelles, la Hesse, la Thuringe, le nord de la Bohême et la Silésie. Ils arrivent alors jusqu'au littoral méditerranéen, occupent la majeure partie des plaines du Pô et du Danube en amont des Portes de fer. En même temps, ils établissent en Bulgarie le royaume de Tylis. Peut-être même, s'interroge Venceslas Kruta, le directeur du Centre d'études celtiques de Paris, ont-ils été encore plus au nord, le long du littoral de la mer Noire. En tout cas, ils occuperont une part non négligeable de l'actuelle Turquie.
A Venise qui n'est pas très éloignée de la Slovénie et de la Croatie en feu, les Celtes revivent dans la belle lumière du Palazzo Grassi, restauré grâce à l'intelligence du Groupe Fiat, un mécénat culturel qui pourrait inspirer utilement les constructeurs automobiles français. L'exposition qui leur est
consacrée constitue un événement d'importance, car elle souligne la communauté d'un héritage et la pleine dimension spatiale d'un monde oublié. Les Celtes y apparaissent comme les principaux initiateurs d'une unité européenne dans la diversité. Pour la première fois, en effet, plus de deux mille cinq cents objets originaux, prêtés par deux cents musées de vingt-quatre Etats européens différents, reconstituent leur monde qui fut la première Europe.
Célébration du génie celtique, cette exposition fait aussi découvrir la singulière virtuosité d'un art en totale autonomie stylistique à l'égard des modèles méditerranéens. Des représentations zoomorphes et anthropomorphes d'une grande luxuriance, à l'émouvante beauté du petit dieu de Bouray, en passant par les spirales élégantes du casque d'Amfreville, les feuilles du casque d'Agris, les entrelacs des manuscrits irlandais, les volutes des miroirs de bronze ou le dessin hardi des monnaies gauloises, les Celtes montrent un talent créateur qui, s'il échappe aux canons hérités de la Grèce, n'en traduit pas moins une audace et une pureté de ligne qui annoncent l'univers fantastique du roman, voire les flamboyances du gothique. Dans cet art celtique se lit la passion du mouvement et le sens de la métamorphose, c'est-à-dire la vitalité. Surgies de la nuit, ces reliques arrachées à la terre où dorment ces lointains ancêtres, constituent un fabuleux héritage. Elles témoignent aussi de la polymorphie européenne et, en ces temps qui voient l'Europe en mouvement, réveillent comme la nostalgie de son aurore « barbare ».
(1) Les Galates dont saint Jérôme dit, à la fin du IVe siècle, qu'ils parlent une langue proche du gaulois usité dans la région de Trêves, pourraient être les lointains ancêtres des Kurdes, lesquels appartiennent Iinguistiquement au monde indo-européen.
(2) Histoire de la Gaule romaine (Payot, 1966).

Jean Hohbarr le Choc du Mois. Octobre 1991
SUR LES CELTES
- Paul-Marie Duval: Les Celtes (« Univers des formes », Gallimard, 1977)
- Venceslas Kruta : Les Celtes (« Que sais-je ? » n°1649, PUF, 1990)
- Venceslas Kruta et Miklos Szabo : Les Celtes (Hatier, 1978)
- Venceslas Kruta : Les Celtes en Occident (Atlas, 1985)
- Jean-Jacques Hall : Celtes et Gallo-Romains (« Archeologia Mundi », Nagel, 1970)
- Jan de Vries : La religion des Celtes (Payot, 1963)
- Marie-Louise Sjoestedt : Dieux et héros des Celtes (PUF,1940)
- Paul-Marie Duval : Les dieux de la Gaule (payot, 1976).
Image
Que les hommes d'arme bataillent et que Dieu donne la victoire! (Jeanne d'Arc) Patriotiquement votre.

Avatar de l’utilisateur
Pat
Administrateur délégué
Messages : 25478
Inscription : 03/12/2006 - 23:46
Localisation : Les Alleuds dans le 49
Contact :

Re: Origines des Celtes

Messagepar Pat » 03/04/2011 - 16:25

LES ORIGINES DES CELTES

Rappel historique : Les ères
Avant 7 000 av J.C. => Âge de pierre ancien (Paléolithique)
7 000 - 4 000 av J.C. => Âge de pierre moyen ( Mésolithique)
4 000 - 2000 av J.C. => Âge de pierre récent (Néolithique)
2000 - 1 200 av J.C. => Âge du bronze ancien
1200 - 700 av J.C. => Âge du bronze récent (final)
700 av J.C - 500 ap J.C => Âge du fer (ère celtique)
depuis 500 ap J.C => Début de l'ère historique

À l'ère glaciaire, l'émergence du Gulfstream en apportant une source de chaleur et l'apparition de végétation recouvrant les zones évacuées par la mer, face à la côte française actuelle et autour des îles britanniques, en direction du Nord-Est vit l'arrivée de la faune et ses chasseurs, les premiers hommes d'Europe.
Cette population de chasseurs migre dans les régions polaires arctiques. Le Gulfstream qui n'atteint plus ces régions, oblige la population à émigrer vers l'Europe centrale et le bassin méditerranéen ou, autre branche, vers l'espace indien, au-delà des massifs montagneux de Sibérie.
L'expansion des Celtes dans la plus grande partie de l'Europe non méditerranéenne a été longtemps expliquée selon un schéma simple.
À partir d'un noyau de populations qui vivaient en Europe centrale, de la France de l'Est à la Bohème, identifiables à leurs parlers celtiques, des vagues d'émigrants s'étaient élancées vers l'ouest jusqu'en Espagne et en Bretagne insulaire à partir des VIIIe et VIIe siècles avant J.C. D'autres, gagnèrent ultérieurement l'Europe danubienne et balkanique. On pensait suivre à la trace les pionniers de cette conquête par l'extension de champs d'urnes, c'est-à-dire des nécropoles où les cendres des défunts incinérés étaient déposées dans des urnes avant d'être ensevelies.
Les spécialistes envisagent aujourd'hui que les mouvements de populations celtiques sont à repenser dans le mouvement plus général des populations indo-européennes, à des époques vertigineusement reculées. On ne parle plus en siècles mais en millénaires : le VIe millénaire peut-être, le IIe au plus tard, quand des immigrants sont arrivés des bords de la Mer Noire, apportant avec eux les techniques de la domestication du cheval. Ainsi se seraient installés des groupes dits protoceltiques, stabilisés entre 1500 et 1000 av J.C, qui préparaient l'émergence de régions définitivement celtophones, celles que les historiens ont identifiées à partir des VIIIe et VIIe siècles av J.C : de l'Allemagne du Sud à la France de l'Est, la région la plus densément occupée, repérable par sa pratique des inhumations sous tumulus.

Les origines des Celtes
Les peuples de la culture des Champs d'urnes étaient les ancêtres directs des Celtes, au cour de la période qui s'étend entre le Xe et le VIIe siècle av J.C. Les bases de la culture celte s'établirent en Europe centrale.
Un site funéraire à Hallstat, en Autriche donna son nom à des populations de la culture des Champs d'urnes de l'Âge du Bronze.
La culture de Hallstat appartient à la première société celte authentique, pendant deux siècles, ces Celtes primitifs étendirent leur influence à travers la plus grande partie de l'Europe.
Lors de la période celte de la Tène qui s'en suivit (La Tène : c'est la période qui caractérise le deuxième âge du Fer. Il s'agit du nom d'un site qui se trouve sur les bords du lac de Neuchâtel en Suisse. L'occupation est caractérisée par des habitations sur pilotis), ces peuples formèrent une société de guerriers où l'esprit de conquête et les prouesses militaires étaient exaltés.

L'Europe néolithique
L'agriculture fut introduite en Europe du Sud-Est vers 6000 ans av J.C, sans doute par des peuples fuyant le Moyen-Orient à la suite d'un changement climatique ou de l'épuisement des sols qu'ils cultivaient. Durant le millénaire qui suivit, l'agriculture se répandit vers l'Ouest, en Europe Centrale et au-delà. Les voies de migration les plus fréquentées étaient le Danube et le Rhin, des fleuves qui traversaient certaines des plus riches régions agricoles d'Europe.
Au début du Néolithique, vers 4000 ans avant J.C, ces peuples du Paléolithique se mélangèrent à des mouvements de populations venant de l'Est.
Vers 2500 av J.C. des groupes culturels distincts, dont on a retrouvé les racines dans la péninsule ibérique, firent leur apparition. Ces groupes sont dits à « vases campaniformes », en raison de cloches retrouvées dans leurs péninsule.
Un deuxième groupe, apparu à la même époque, est connu sous le nom de groupe à « haches de combats ». Ces hommes enterraient leurs morts dans des tombes individuelles, sous des tumulus de terre, coutume originaire des steppes ukrainiennes.
Ces deux groupes auraient finalement fusionné, puis donné naissance à une nouvelle société européenne qui travaillait les métaux, ce peuple aurait ainsi inauguré un nouvel âge culturel sur le continent.

Âge du bronze en Europe
Les débuts du développement du travail des métaux sur le continent européen modifièrent la situation. Les régions qui fournissaient le matériel brut nécessaire à la fabrication des armes, des objets domestiques et outils en bronze étaient prospères. Des liens commerciaux s'établirent entre ces régions qui s'étendaient jusqu'au Moyen-Orient. À mesure que ces cultures se développaient, la société de l'Âge du bronze s'organisait : des objets funéraires prouvent l'émergence d'une aristocratie de guerriers et de chefs.
C'était une société suffisamment développée pour entreprendre des projets de construction aussi complexes que Skarabrae dans les Orcades (un village du Néolithique, bien conservé) et Stonehenge. Le langage indo-européen, d'après les chercheurs, durant l'Âge de bronze, se répandit à travers le continent et est à l'origine des langues celtiques, ainsi que du latin et du grec.
L'Âge de bronze en Europe fut inauguré par ce peuple qui fabriqua des objets en alliage de cuivre.
La rapidité de l'extension de cette nouvelle technique empêcha de savoir où et comment le travail du bronze fit son apparition.
Son introduction apporta de grands changements dans la vie sociale et culturelle au Moyen-orient, mais pas au Levant.
Durant le IIe millénaire avant J.C., des régions comme l'Europe centrale et le sud de l'Angleterre profitèrent des réserves de minerais, grâce à l'abondance du cuivre et de l'étain en Europe, et des liens commerciaux se développèrent à travers le continent.

Les Celtes de l'Âge du fer
Les termes « Âge de bronze » et « Âge du fer » furent inventés par des universitaires danois au XIXe siècle pour identifier les périodes des collections de leurs musées, ils servent encore de référence.
Plus l'ère est moderne, plus les périodes sont précisément définies.
L'Âge du fer est estimé de 700 avant J.C jusqu'à environ le milieu du 1er siècle av J.C. en France le milieu du 1er siècle avant J.C, le milieu du 1er siècle en Angleterre, et le Ve siècle après J.C dans les régions sous l'influence celte (Irlande et Écosse principalement.
L'Âge du fer est étroitement lié à l'ère des Celtes...
Pour les Protoceltes ou les Celtes d'Europe, la transition d'une époque à une autre est passée inaperçue.

Il y a deux théories sur l'arrivée des Celtes en Occident :
La première théorie dite classique est celle des migrations.
Une culture homogène apparaît dans les steppes d'Asie centrale au VIIième millénaire avant J.C, le peuple de Kourgan de langue indo-européenne (pratique funéraire du tumulus). Ce peuple atteint l'Europe Orientale vers 4000 av J.C puis migre vers l'Europe de l'Ouest à partir de 2500 av J.C et remplace les populations autochtones, non indo-européenne (culture des vases campaniformes)
Les Celtes auraient pénétré en Gaule vers 1200 av J.C (à la fin de l'Âge de bronze).
Au début du Ier millénaire, vers 900 av J.C, une nouvelle civilisation s'implante dans notre pays, celle du fer. Mais, il faut attendre le Vième siècle av J.C pour qu'on puisse affirmer avec certitude que les peuples établis en Gaule sont bien des Celtes.

Cinq grandes périodes
I) Entre 1800et 1200 av J.C. : une civilisation protoceltique (Âge de bronze ancien et moyen ).
Zone de peuplement, partant de l'Allemagne du sud, gagne une partie de l'Europe Centrale et occidentale. La pratique funéraire de ces protoceltes est le tumulus avec inhumation. Les tombes abritent les dépouilles des chefs parés de leurs armes en bronze, bijoux en ambre et en or, vaisselle en argent et en or. L'économie est à prépondérance pastorale.
II) Entre 1200 et 900 av J.C. : la civilisation des champs d'urnes (Âge de bronze final)
vers 1200 av J.C, de nouvelles migrations ont lieu en France et en Espagne, de grands changements se produisent. L'utilisation intensives de bronze va entraîner des mutations, et des progrès décisifs sont accomplis dans la technique du bronze, de la céramique, agricoles, urbanisme de défense, et les échanges commerciaux ainsi que dans les rites funéraux.
III) Entre 900 et 400 av J.C., la période de Halstatt ; le premier Âge de fer. À la suite d'influences venues de l'Est (invasions cimmériennes) et de la Méditerranée (commerce avec les Grecs et les Étrusques), la civilisation celtique s'implante en Europe occidentale : Allemagne du Sud, Tchécoslovaquie, Autriche, France de l'Est, Espagne et Grande-Bretagne.
Du VIIIe au VI siècle les sites fortifiés multiplient, ils sont commandés par une aristocratie qui s'enrichit en contrôlant les voies de passages de marchandises.
IV) Entre le Ve et le IIe siècle av J.C., la période de la Tène (deuxième Âge du fer).
Au début du Ve siècle av J.C., les forteresses princières de la période précédente sont abandonnées sans que l'on sache vraiment les raisons.
La population se concentre désormais dans les régions où se situent les relais commerciaux (Rhin, Champagne).
V) Cette période a déjà été traitée dans les articles précédents.
Patrice Plard

Sources :
Dossier d'archéologie n°338
Keltia n°10
La NRH n°21
Les Celtes de Burry Cunliffe
Atlas historique du monde celte d'Anges Konstam
Les Celtes en Europe de Maurice Meuleau
La civilisation celtique de Françoise Le Roux et Christian Guyonvarch
Image
Que les hommes d'arme bataillent et que Dieu donne la victoire! (Jeanne d'Arc) Patriotiquement votre.

Avatar de l’utilisateur
Pat
Administrateur délégué
Messages : 25478
Inscription : 03/12/2006 - 23:46
Localisation : Les Alleuds dans le 49
Contact :

Re: Origines des Celtes

Messagepar Pat » 28/11/2011 - 12:04

Les Celtes dans l’Antiquité : Repères pour débuter

La civilisation celtique antique est traditionnellement divisée en deux phases principales par les historiens ; les noms de ces deux phases viennent des deux sites archéologiques qui ont servi à les définir, à partir de la culture matérielle : une première période, dite de Hallstatt, de 850 à 450 environ, qui correspond au premier âge du Fer ; une seconde, dite de La Tène, de 450 à 50 environ, qui correspond au second âge du Fer.

Les traces les plus anciennes de la civilisation celte sont localisées en Europe centrale, en Bohême et en Hongrie, et semblent remonter au IXème siècle avant J.-C. ; cette culture se forme dans le contexte des modifications sociales et culturelles profondes des débuts l’âge du Fer. L’élaboration de la culture celtique fut bien sûr progressive et intégra des éléments techniques ou esthétiques de l’âge du Bronze.

Cette périodisation générale est déjà ancienne puisqu’elle remonte à la fin du XIXème siècle ; elle masque certaines évolutions différenciées selon les régions du monde celte : les changements n’intervinrent pas partout au même rythme, parfois subsistent des archaïsmes en pleine époque laténienne (comme par exemple l'usage du char en Bretagne insulaire). Cependant, Hallstatt et La Tène restent des repères unanimement employés par les historiens et archéologues.

1) Période de Hallstatt ou Ier âge du Fer

Une première période s’étend jusqu’au milieu du Vème siècle, donc de 850 à 450 environ elle est qualifiée de Hallstatt, du nom du célèbre site archéologique autrichien qui a permis de l’identifier. A partir du foyer initial, les populations voisines auraient adopté les principaux éléments de cette culture, en Autriche, Suisse, Italie du Nord-ouest (Lugano), Allemagne du sud et France de l’Est (en marron foncé sur la carte ci-dessus). c’est le moment de la diffusion de la métallurgie du fer en Europe et de l’invention d’un outillage agricole plus performant, dont les formes sont parfois restées inchangées jusqu’à aujourd’hui.

C’est aussi probablement dès cette période que se diffuse une langue commune à cette civilisation, langue dite celtique du nom donné par les Grecs à ces populations (Keltoi), qui pourrait dériver du nom qu’elles se donnaient elles-mêmes, comme l’affirme César [1]. La culture celtique se diffuse lentement vers l’Ouest, à la fin de la période toute la France actuelle est celtisée, mais aussi une grande partie de la péninsule Ibérique et des îles britanniques.

La période de Hallstatt se caractérise d’un point de vue social par l’émergence de petites communautés (beaucoup plus restreintes que les grands peuples gaulois à venir, comme les Arvernes, les Parisii, les Allobroges, les Eduens, etc., qui n’existent pas encore) ; ces communautés sont structurées autour d’une puissante aristocratie, qui rapidement se livre au commerce, et s’enrichit notamment en assurant le transit de biens depuis les îles britanniques (étain, ambre) jusqu’au monde méditerranéen, d’où l’on fait venir du vin et du mobilier de prestige. L’archéologie en témoigne par les fameuses « tombes de princes celtes », entre 550 et 450 environ, comme celle de la célèbre « Dame de Vix », près de Châtillon-sur-Seine (Côte-d’Or), avec son cratère de bronze d’origine grecque (photo ci-dessous), le plus grand attesté dans tout le monde antique !

Puis, dans la première moitié du Vème siècle av. J.-C., alors que les aristocraties semblent avoir atteint un très haut niveau de richesse et de prestige, ces sociétés disparaissent assez brutalement ; les raisons en sont encore débattues, mais on évoque parfois un bouleversement social lors duquel les populations auraient mis fin à la domination de l’élite guerrière.

2) Période de La Tène ou second âge du Fer

Une société plus égalitaire se met alors en place, c’est le début de la période dite de La Tène (ou Second âge du fer), qui doit son nom au site suisse des bords du lac de Neuchâtel. Cette période est marquée par l’extension maximale de la civilisation celte dans l’espace. Les Celtes font leur apparition dans l’histoire, notamment dans l’œuvre du grec Hérodote, au milieu du Vème siècle av. J.-C.

Presque toute la France actuelle est concernée, mais aussi tout le nord et le centre de l’Italie, envahie massivement au début du IVème siècle av. J.-C. (prise de Rome en 390) ; les Celtes entreprennent aussi des expéditions vers l’Est, le long de la vallée du Danube, où ils s’installent et où leur culture se diffuse (carte ci-dessus). C’est à partir de ces bases danubiennes que part le raid qui se solde par le pillage du sanctuaire grec de Delphes (vers 280), puis peu après l’expédition et l’installation de quelques peuples en Asie Mineure, où ils sont appelés Galates par les Grecs (Galatoi).
Le IIème siècle av. J.-C. correspond à l’extension maximale de la civilisation celtique, de l’Irlande à la Turquie actuelles et de l’Espagne à la Roumanie.

Les Celtes ne furent jamais politiquement unifiés, mais restent divisés en peuples nombreux. Ces peuples se constituent peu à peu, entre les Vème et IIIème siècles : les petites communautés locales s’organisent en regroupements beaucoup plus larges qu’avant ; en Gaule, ils apparaissent de manière certaine au IIIème siècle av. J.-C., moment capital de notre histoire.
Les liens de ce monde celtique agrandi avec le monde méditerranéen s’intensifient, aussi bien pour le monde grec que pour le monde italique, où les peuples celtes jouent souvent le rôle de mercenaires au service des cités et royaumes ; entre autres conséquences, ces contacts se traduisent par l’introduction de la monnaie dans le monde celte, au IVème siècle avant notre ère (imitation des statères de Philippe de Macédoine par les Arvernes).

3) Les caractères archéologiques de la civilisation celtique laténienne

C’est donc une véritable civilisation qui s’est diffusée à une grande partie de l’Europe non méditerranéenne. Elle se distingue, au plan matériel, par une multitude de traits communs à la plupart des peuples celtes, mais deux éléments permettent d'identifier avec certitude les populations celtes, car ils ne se retrouvent pas chez les autres [2] :

..

- l’usage d’un armement spécifique, notamment des fourreaux d’épées métalliques, que les Celtes sont les seuls à utiliser (photo ci-dessous : fourreau de Cernon-sur-Coole). Il y a de nombreuses autres inventions des Celtes laténiens dans le domaine militaire, mais elles sont rapidement reprises par les Germains ou les Romains et sont donc moins pertinentes pour distinguer les Celtes : le scutum ou bouclier long, la cotte de maille, l’épée longue.

- un art symbolique non figuratif, mêlant entrelacs complexes, motifs végétaux et répertoire animalier et humain, comme sur le torque ci-dessous, qui provient de Filottrano (Italie centrale).

En définitive, on peut affirmer sans ambiguïté que les Celtes devinrent les grands maîtres de la forge (travail du fer) et de la fonte (travail du bronze) en Europe.

Les historiens considèrent conventionnellement que la période de La Tène se termine avec la conquête romaine de la Gaule, dernier bastion celte continental, en 125-118 pour le Midi, 58-51 pour le reste. Cependant, sa civilisation se perpétue dans la Bretagne insulaire (Angleterre actuelle) jusqu’au milieu du Ier siècle (conquise par l’empereur Claude à partir de 43 ap. J.-C.) et, partiellement, dans l’ancienne Gaule, devenue quatre provinces romaines.

Les Celtes ne furent jamais une race unique et jamais ne bâtirent un empire, mais des peuples investis d’une civilisation ; celle-ci fut véhiculée à diverses époques, entre le VIIIème et le IIIème siècle av. J.-C., à une grande partie de l’Europe, par des groupes mobiles dont le nombre est difficile à quantifier, et dont la culture se diffuse auprès des populations antérieures, de façon plus ou moins profonde, par exemple plus profondément dans le Nord-Est de la Gaule, un des espaces les plus anciennement celtisés, que dans le Sud-Ouest, où les vestiges celtiques sont bien présents, mais moins denses.

Amaury Piedfer. http://www.cgauloise.com

..

[1] César, Guerre des Gaules, I, 1 : qui ipsorum lingua Celtae, nostra Galli appelantur, c’est-à-dire « ceux qui portent le nom de Celtes dans leur langue et, dans la nôtre, celui de Gaulois ».
[2] Sur le sujet, voir V. Kruta, La cruche celte de Brno, Editions Faton, Dijon, 2008.
Image
Que les hommes d'arme bataillent et que Dieu donne la victoire! (Jeanne d'Arc) Patriotiquement votre.

Avatar de l’utilisateur
Pat
Administrateur délégué
Messages : 25478
Inscription : 03/12/2006 - 23:46
Localisation : Les Alleuds dans le 49
Contact :

Re: Origines des Celtes

Messagepar Pat » 04/11/2012 - 22:20

Les Barbares – Les Celtes primitifs

Les Romains, en tant qu’Empire dominant et dominateur, ont écrit leur propre histoire. Toutefois, de récentes découvertes archéologiques ont mis à jour une histoire bien différente de la propagande impériale. Terry Jones déterre la vérité. Ce premier épisode, dédié aux Celtes, nous fait découvrir une société complexe et élaborée dotée d’un réseau routier et commercial ; il avaient une grande maîtrise de la métallurgie et s’ornaient de bijoux et vêtements somptueux. Quant à leur technologie militaire, elle n’avait rien à envier à l’Empire Romain. Les Romains étaient-ils les véritables Barbares ?
Pour plus de documentaire : http://video-documentaire.com

http://www.youtube.com/watch?v=7fw3g3Ex ... re=related
Image
Que les hommes d'arme bataillent et que Dieu donne la victoire! (Jeanne d'Arc) Patriotiquement votre.

Avatar de l’utilisateur
Pat
Administrateur délégué
Messages : 25478
Inscription : 03/12/2006 - 23:46
Localisation : Les Alleuds dans le 49
Contact :

Re: Origines des Celtes

Messagepar Pat » 13/07/2014 - 8:58

Quand les Celtes mesuraient le temps

Le calendrier celtique remonte à des époques extrêmement éloignées. Il était transmis de bouche à oreille.
Les Druides furent les gardiens jaloux du calcul traditionnel des jours, des mois, des années et de l'évolution des saisons.
De la façon dont les Celtes subdivisaient l'année et les saisons, il ne nous reste plus que de rares indications, souvent peu objectives, qui nous viennent d'auteurs latins comme César ou Pline. Mais nous disposons aussi de quelques témoignages directs, très intéressants. Beaucoup d'encre a coulé après la découverte de fragments de calendriers gallo-romains en 1807 près du lac d'Antre, dans le Jura français et, en 1897, à Coligny, dans l'Ain. L'étude approfondie de ces restes nous révèle que le calendrier celtique remonte, pour ce qui est de son élaboration, à des époques extrêmement éloignées et, pendant des siècles, il a été transmis de génération en génération, exclusivement sous forme orale. C'est ainsi que le calcul des jours, des mois et des années, la cadence des fêtes au cours de l'année et le cycle des saisons, constituent une partie importante du vaste patrimoine des traditions celtiques, jalousement gardé par les Druides, ces prêtres qui étaient en quelque sorte les dépositaires de la sagesse dans le monde celtique. Les Druides étaient les seuls à connaître les vertus des plantes, à utiliser l'alphabet, à maîtriser les forces de la nature et à prévoir le cours d'événements et phénomènes naturels.
La doctrine numérique de Pythagore
D'après d'anciennes sources, les Druides étaient aussi des philosophes et ils connaissaient la doctrine numérique de Pythagore: c'est la preuve qu'ils possédaient un niveau de culture raffiné et qu'ils savaient accepter les apports culturels d'autres civilisations sans dénaturer la leur. Il semblerait que ce soient bien les Druides qui aient inventé le calendrier des Celtes et gardé ses secrets pendant des siècles. Selon les chercheurs, il est possible de distinguer deux phases d'élaboration du calendrier celtique: une très ancienne phase, puis une autre, plus récente et plus complexe, laissant transparaître l'influence d'autres civilisations, surtout latine et grecque. La phase la plus ancienne de l'élaboration de ce calendrier est aussi la moins connue.
Grâce à des études très poussées en archéo-astronomie, il a été possible de faire remonter ses origines à l'Age du Bronze. Ce genre de calendrier était établi d'après le lever du soleil, sur cette base, les dates les plus importantes de l'année étaient les solstices et les équinoxes. Ce fait a amené certains chercheurs à en conclure que déjà à l'Age du Bronze l'année était divisée d'après le nombre de jours pendant lesquels le soleil se trouvait en déclinaison +16° ou -16°. Puisque cela se vérifie aux alentours du 2 février (-16°), du 5 mai (+16°), du 6 août (+16°) et du 2 novembre (-16°) ces quatre jours devinrent les points de repère de l'année et on leur associait les fêtes principales qui marquaient ainsi les changements des saisons. Les fêtes, liées à des cultes et à des rites ancestraux avec la Terre et les éléments naturels, furent plus tard christianisées par l'Eglise Catholique qui entendait ainsi déraciner à tout prix le paganisme et l'héritage du monde celtique. Elles furent modifiées dans leur nom et leur signification, mais malgré ces changements, elles sont encore aujourd'hui bien vivantes, témoignage d'un lien plus étroit que jamais, et tout à redécouvrir, entre notre culture et celle de nos ancêtres celtiques.
Imbolc et Beltaine, Lughnasad et Samain
La fête de Imbolc était célébrée le 2 février ; celle dédiée au dieu de la lumière se tenait le 5 mai. Le 2 février on célébrait la fête de Imbolc, fête qui a survécu jusqu'à nos jours et qui est plus connue sous le nom de "Chandeleur". Quant à la fête de Beltaine, elle était célébrée le 5 mai et était dédiée à Bel, le dieu celtique de la lumière. Parfois elle était aussi appelée Cetsamain, qui signifie "début de la chasse". Comme cette date désignait l'apogée du printemps, c'était la fête de la liesse et de la musique : les jeunes dansaient et chantaient autour de l'arbre sacré en tapissant le sol de fleurs pendant que dans les champs on allumait des feux. Plus tard la date du 5 mai fut déplacée au 1 mai ; en Italie, elle est toujours célébrée sous le nom de Calendimaggio (Calendes de mai).
Le 6 août c'était la fête de Lammas, appelée aussi Lughmasa ou Lugnasad dans la tradition britannique; en Italie, cette fête correspond au 15 août et est connue sous le nom de Ferragosto. Enfin, Samain, qui inaugurait le long hiver celtique. Elle tombait le 2 novembre, était dédiée au culte du feu et entretenait des liens très étroits avec le culte des morts. Peut-être l'Eglise catholique choisit-elle le 2 novembre pour la commémoration des morts justement à cause de cette tradition ancestrale, dans le but évident d'éteindre tout souvenir du paganisme, en lui procurant une nouvelle signification, toute chrétienne.
Le Calendrier de Coligny
Les meilleures informations directes sur le calendrier celtique sont connues grâce à une table en bronze découverte à Coligny et qui date de la fin du IIième siècle après Jésus-Christ. La table, dont ne subsistent aujourd'hui que des fragments, fut gravée par les Druides pour préserver leurs connaissances astronomiques et leurs traditions du danger que la conquête romaine de la Gaule représentait, en quelque sorte pour que ces connaissances ne soient pas perdues à jamais. Ce calendrier témoigne d'une connaissance avancée des normes qui régissent les mouvements des astres et prouve que les Celtes, contrairement à ce qu'affirment péremptoirement les panégyristes de la culture latine, maîtrisaient des notions astronomiques et mathématiques fort avancées.
Le calendrier de Coligny est un calendrier lunaire qui s'étale sur une période de 5 ans, totalisant 62 mois; 5 mois comptaient 29 jours et 7 mois en comptaient 30, pour un total de 355 jours. La non correspondance avec l'année normale de 365 jours était corrigée en insérant, au long du cycle de 5 ans, deux fois un mois supplémentaire de 30 jours: une fois au début de la première année et une deuxième fois au milieu de la troisième année. Dans le calendrier de Coligny les 62 mois du cycle sont disposés en 16 colonnes comprenant chacune trois ou quatre mois. Les mois sont numérotés de 1 à 12, pendant que les jours de chaque mois sont subdivisés en quinzaines et précédés par des abrégés qui en indiquent la nature: D (jour), MB (bonne journée), AMB (mauvaise journée). Devant chaque jour il y avait un trou dans lequel on plantait un petit bout de bois pour signaler le jour en cours. Au début du mois apparaissait le nom du mois suivi par le terme MAT(U), complet, pour les mois de 30 jours, ou le terme ANM(ATU), incomplet, pour les autres mois.
Les prêtres connaissaient la doctrine numérique de Pythagore. Une journée était calculée, comme le font encore aujourd'hui les Juifs et les Musulmans, de coucher de soleil à coucher de soleil. Le mois débutait à la pleine lune. Les noms des mois et leur position reflètent le lien profond des Celtes avec la Terre et les saisons agricoles. L'année commençait au mois de Samonios (chute des semis qui correspondait à octobre/novembre), c'est-à-dire quand, à l'arrivée de l'automne, les noix et leurs coquilles tombent des arbres.
Le cycle celtique des mois
Suivaient, dans l'ordre: Dumannios (les plus sombres profondeurs, novembre/décembre), Riuros (temps froid, décembre/janvier), Anagantinos (temps de rester à la maison, littéralement: incapable de sortir, janvier/février), Ogronios (temps de la glace, février/mars), Cutios (temps des vents, mars/avril). A la fin du premier semestre, tous les 5 semestres, on intercalait un mois supplémentaire appelé Mid Samonios. Avec Giamonios (exposition des bourgeons, avril/ mai) commençait le deuxième semestre suivi par Simivisonios (temps de la lumière, mai/juin, quand le soleil est à son zénith), Equos (temps des chevaux, juin/juillet, idéal pour les voyages), Elembivos (temps des réclamations, juillet/août quand, à l'occasion des foires, on fêtait les mariages et on présentait les cas à débattre devant les juges), Edrinios (temps d'arbitrages, août/septembre, quand on tranchait les litiges) et Cantlos (temps des chants, septembre/octobre, quand les poètes s'installaient dans les villages pour y passer l'hiver).
Outre les tables de Coligny et du Lac d'Antre, il y a plus de trente ans, en 1967, ont été retrouvés d'autres fragments d'un calendrier celtique dans le sanctuaire de Villards d'Héria. Tout ce matériel constitue la preuve irréfutable de l'importance que les Celtes attachaient à la subdivision de l'année et à leur rapport, franc et direct, avec les saisons et les éléments de la nature dont dépendait la vie de leur civilisation. Les fêtes que nous célébrons aujourd'hui, les noms de nos territoires et de nos villes et la langue que nous parlons révèlent des matrices celtiques certaines. Et malgré les millénaires d'histoire et les différentes dominations, chacune apportant sa propre culture, notre lien avec la civilisation celtique reste extrêmement vivant et irréfutable. Aujourd'hui plus que jamais.
Elena PERCIVALDI.
(article issu de La Padania, Milan; trad. Franç.: LD)
Archives de SYNERGIES EUROPEENNES - 1998
http://vouloir.hautetfort.com/archive/2 ... temps.html

http://aucoeurdunationalisme.blogspot.fr/
Image
Que les hommes d'arme bataillent et que Dieu donne la victoire! (Jeanne d'Arc) Patriotiquement votre.

Avatar de l’utilisateur
Pat
Administrateur délégué
Messages : 25478
Inscription : 03/12/2006 - 23:46
Localisation : Les Alleuds dans le 49
Contact :

Re: Origines des Celtes

Messagepar Pat » 27/05/2015 - 17:52

Sur la trace des Celtes

Les Celtes étaient-ils vraiment ces Gaulois chevelus et barbus, chasseurs de sangliers, que nous imaginons volontiers ? Enquête sur un peuple hors du commun, qui pratiquait l’agriculture et méprisait la mort.

Pendant plus de cinq siècles, les Celtes ont dominé toute une partie de l’Europe, du Danube à l’Atlantique, de la mer du Nord à l’Espagne et au nord de l’Italie. Qui étaient vraiment “nos ancêtres les Gaulois” ? Les récentes découvertes archéologiques révèlent une culture beaucoup plus vaste et sophistiquée qu’on ne l’imaginait et démentent les clichés accumulés depuis le XIXe siècle. Interrogeant les plus éminents spécialistes, Marc Jampolsky reconstitue les us et coutumes de ce peuple guerrier formé de plusieurs communautés.

http://vk.com/video_ext.php?oid=2685008 ... 7ca0c&hd=2"

Du chantier du TGV Paris-Strasbourg, où ont été mises au jour des nécropoles celtiques datant du IVe siècle avant J.-C., jusqu’en Hongrie et en Italie, son documentaire révèle un peuple puissant, vivant une existence confortable fondée sur l’agriculture et l’élevage. Les découvertes mettent aussi en évidence des capacités techniques ignorées jusqu’ici. Les Celtes avaient des armes très élaborées. Leurs objets, d’une grande précision mathématique, étaient porteurs de messages.

Les codes stylistiques des différentes communautés permettent de dessiner des liens entre elles. Mais, au bout du compte, le mystère celte demeure entier… Un documentaire instructif, qui permet d’enterrer les poncifs et de mettre en lumière un peuple hors du commun.

Réalisé par Marc Jampolsky – France (2010)

http://fortune.fdesouche.com/383567-sur ... ore-383567
Image
Que les hommes d'arme bataillent et que Dieu donne la victoire! (Jeanne d'Arc) Patriotiquement votre.

Avatar de l’utilisateur
Pat
Administrateur délégué
Messages : 25478
Inscription : 03/12/2006 - 23:46
Localisation : Les Alleuds dans le 49
Contact :

Re: Origines des Celtes

Messagepar Pat » 22/08/2015 - 8:19

Civilisation celtique, période de l'Hallstatt

La civilisation celtique antique est traditionnellement divisée en deux phases principales par les historiens, les noms de ces deux phases viennent des deux sites archéologiques qui ont servi à les définir, à partir de la culture matérielle.
Une première période, dite de Hallstatt, de 850 à 450 avant J.-C. environ, qui correspond au premier âge du Fer, une seconde, dite de La Tène, de 450 à 50 environ, qui correspond au second âge du Fer.
Les traces les plus anciennes de la civilisation celte sont localisées en Europe centrale, en Bohême et en Hongrie, et semblent remonter au IXème siècle avant J.-C. ; cette culture se forme dans le contexte des modifications sociales et culturelles profondes des débuts l’âge du Fer. L’élaboration de la culture celtique fut bien sûr progressive et intégra des éléments techniques ou esthétiques de l'âge du bronze.
Une première période s’étend jusqu’au milieu du Vème siècle, donc de 850 à 450 environ elle est qualifiée de Hallstatt, du nom du célèbre site archéologique autrichien qui a permis de l’identifier. A partir du foyer initial, les populations voisines auraient adopté les principaux éléments de cette culture, en Autriche, Suisse, Italie du Nord-ouest (Lugano), Allemagne du sud et France de l’Est.c’est le moment de la diffusion de la métallurgie du fer en Europe et de l’invention d’un outillage agricole plus performant, dont les formes sont parfois restées inchangées jusqu’à aujourd’hui.
Image
C’est aussi probablement dès cette période que se diffuse une langue commune à cette civilisation, langue dite celtique du nom donné par les Grecs à ces populations (Keltoi), qui pourrait dériver du nom qu’elles se donnaient elles-mêmes, comme l’affirme César. La culture celtique se diffuse lentement vers l’Ouest, à la fin de la période toute la France actuelle est celtisée, mais aussi une grande partie de la péninsule Ibérique et des îles britanniques.
http://racinescharnelles.blogspot.fr/20 ... de-de.html

http://aucoeurdunationalisme.blogspot.fr/
Image
Que les hommes d'arme bataillent et que Dieu donne la victoire! (Jeanne d'Arc) Patriotiquement votre.


Revenir vers « culture et histoire »

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 4 invités