L'Ukraine : un enjeu géostratégique, au cœur de la Guerre tiède

Tout ce qui concerne les rivalités de pouvoirs ou d'influence sur des territoires et les populations qui y vivent.
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L'Ukraine : un enjeu géostratégique, au cœur de la Guerre tiède

Messagepar Pat » 14/02/2014 - 15:14

À travers le soutien occidental à une troublante « révolution » ukrainienne et sa volonté d'ingérence, c'est l'idée d'empêcher le retour de la Russie comme grande puissance, via son affaiblissement régional, qui revient sur le devant de la scène.
Dans le cadre d'une stratégie de reflux (roll back) de la puissance russe, menée depuis la fin de la Guerre froide, les puissances occidentales affichent une méfiance endémique à l'égard d'un Etat désespérément perçu comme l'héritier de l'axe (communiste) du mal. Cette stratégie « anti-russe » est attestée par les tentatives régulières de cooptation des anciennes républiques de l'URSS, au moyen d'innovations politiquement orientées telles que le « Partenariat oriental » (via l'UE) ou le « Partenariat pour la paix » (via l'OTAN) et, plus récemment, « l'accord d'association » de l'UE avec l'Ukraine.
De manière plus ou moins explicite, ces « innovations » politiques développent l'idée d'un « voisinage partagé » et de valeurs communes, exprimant un droit d'ingérence occidental en périphérie post-soviétique, y compris en Ukraine. A l'échelle de la CEI, ces prérogatives politiques ne relèveraient donc plus du seul monopole russe et, en ce sens, menaceraient sa zone d'intérêts historique. Ce que Moscou ne pourra jamais accepter.
L'Ukraine, au cœur d'une lutte d'influence
Dans une large mesure, cette configuration explique l'enjeu géopolitique sous-jacent à la crise ukrainienne, qui loin d’être une « révolution », se retrouve en réalité au cœur d’une lutte d’influence entre les deux grands ennemis historiques. Depuis la transition post-communiste, cette lutte se poursuit dans le cadre de la guerre « tiède »(1), forme actualisée et désidéologisée de la Guerre froide, recentrée sur le contrôle des espaces et des « noeuds » stratégiques.
Dans ce contexte, tout rapprochement de l'Ukraine avec l'UE (via l'accord d'association) peut être considéré comme l'étape préalable et « naturelle » à sa future intégration à l'OTAN, comme cela a été confirmé par Washington – véritable gifle et provocation stratégique à l'égard de la Russie. Sur un plan structurel, ces deux objectifs restent des priorités implicites de la nouvelle diplomatie américaine, verrouillée par l'administration Obama. Or, tendanciellement, la puissance russe est désireuse de sanctuariser son Etranger proche, contre les velléités expansives occidentales. Dans cette optique, l'OTAN reste, pour elle, un levier offensif et injustifié de la vieille lutte contre le communisme. Incroyable acharnement.
Tout en s'inscrivant dans la stratégie anti-russe préconisée sous la Guerre froide par l'ancien conseiller du président américain J. Carter, Z. Brzezinski (2), ce double objectif de la politique étrangère américaine justifie l'énorme investissement médiatique de l'Occident dans l'actualité ukrainienne en vue de déstabiliser le gouvernement pro-russe et obtenir la démission du président (pourtant) légitime, Viktor Ianoukovitch. Le plus inquiétant est que l'évolution ukrainienne s'inscrit dans le prolongement des « révolutions » libérales « de couleur » en Géorgie (2003), en Ukraine (2004) et au Kirghizstan (2005) encouragées et financées en partie par l'administration américaine, selon une technique éprouvée et politiquement correcte.
Une « révolution » manipulée
Cette configuration explique l’existence de manipulations occidentales via les ONG (au nom des « droits de l’homme ») et leur soutien à l'opposition ukrainienne, la désinformation et le conditionnement de l'opinion publique, ainsi que l’ingérence troublante de dirigeants étrangers, dont américains et européens – et, naturellement, l’accusation de la « main de Moscou ». Aujourd'hui, l'Europe brille par son absence en Afrique et au Moyen-Orient, mais par contre, n'hésite pas à s'ingérer dans les affaires politiques intérieures de la souveraine Ukraine, en place de Kiev, par l'intermédiaire de Catherine Ashton, soutenue par son mentor américain, John Kerry. On croit rêver...
Désormais, comme le souligne fort justement J.M. Chauvier, on assiste à une dérive extrémiste de nature néo-nazi de manifestations surfant sur un nationalisme anti-russe et échappant, de plus en plus, au contrôle des leaders de l'opposition pourtant aiguillés par l'Occident. Là est sans doute la plus grave erreur et le plus grand danger pour une Europe maladroite, dont la politique inconsciente contribue à réveiller les « vieux démons » dans l'espace post-soviétique, notamment dans les pays baltes et l'Ukraine. Or cette information est totalement occultée par la pensée unique, allégrement relayée par nos médias.
Un accord dangereux pour l'Ukraine
Pour les dirigeants occidentaux il s'agit de faire pression sur le président Ianoukovitch pour l'obliger à faire le « choix de l'Europe et de la liberté », selon le slogan redondant de l'opposition sous influence occidentale et ainsi, protéger le « bon peuple ukrainien » d'un éventuel retour de l'impérialisme russe –, au risque de heurter les susceptibilités de l'administration Poutine. Dans ce contexte, on comprend mieux le recul du président ukrainien, désireux de défendre ses intérêts nationaux et dans ce but, adoucir les contraintes drastiques (et irresponsables) imposées par l'accord d'association et de libre-échange. Contrairement à la rumeur médiatique, il ne s'agit donc pas d'un rejet de l'Europe mais d'une demande de reformulation de cet accord, politiquement non neutre et économiquement suicidaire pour l'Ukraine. Un rappel, aujourd'hui nécessaire.
Face à cette instrumentalisation politique, la Russie ne pouvait rester sans réactions. D'autant plus que l'intégration de l'Ukraine à l'espace économique européen (objectif déclaré de l'UE) transformera ce pays en plateforme de réexportation des produits occidentaux – via les firmes multinationales – vers la Russie, dont l'économie serait ainsi attaquée et déstabilisée. Très vite, V. Poutine a su trouver une réponse adéquate, correspondant aux intérêts économiques de l'Ukraine mais respectant les intérêts politiques de la Russie, encline à protéger sa zone d'influence contre les convoitises de plus en plus pressantes de l'UE. Moscou ne l'a jamais caché et montre même une certaine transparence dans ce domaine, contrairement au jeu obscur de l'Europe, guidée par la « main » de Washington et navigant dans les eaux troubles de « sa » prude démocratie – imposée au monde globalisé, comme une vérité suprême. Curieux messianisme.
Le retour russe, malgré tout...
De manière explicite, cet accord vise à imposer l'idéologie néolibérale du « libre-marché », à partir d'une dérégulation économique et financière exprimant une vision anti-étatique désastreuse et, sur le moyen terme, considérablement appauvrissante pour la société ukrainienne – avec le risque de fabriquer une « nouvelle Grèce ». Le « peuple » qui manifeste ne le sait, sans doute, pas. Et il ne sait plus vraiment pourquoi il manifeste, emporté par la vague enthousiaste et mobilisatrice d'une révolution manipulée, comme la précédente de 2004. Encouragé par la bienveillance occidentale, il n'hésite plus à investir les bâtiments officiels, par la force et à « casser du flic ». Inquiétante redondance.
Contrairement à ses homologues occidentales, la Russie est respectueuse des règles de droit internationales, dont celles sur la souveraineté des Etats. Suite à sa double initiative d'assistance financière (prêt de 15 milliards de dollars) et de réduction (d'un tiers) du prix du gaz acheminé en Ukraine, ainsi qu'à sa volonté de développer une véritable coopération économique et technologique avec cette dernière, Moscou a fait preuve, une fois de plus, d'une redoutable efficacité en matière de diplomatie – inversement à l'UE. Alors que d'autres Etats, d'une manière insidieuse, n'hésitent pas à instrumentaliser les « révolutions ». Mais, à quel prix ?
Indéniablement, la Russie post-communiste revient de loin et, peu à peu, elle rejoue dans la cours des « grands », pour y défendre une certaine éthique et, si nécessaire, s'opposer aux fausses révolutions.
La partie d'échecs américano-russe continue donc, au cœur de l'Eurasie, en Ukraine.
notes
Jean Geronimo Grenoble le 27 janvier 2014
http://www.voxnr.com/cc/etranger/EFAkky ... ZgwB.shtml
Jean Geronimo est docteur, Expert de l'économie et de la géostratégie russes à l'Université Pierre Mendès France, Grenoble 2
(1) Geronimo J. (2012) « La Pensée stratégique russe – Guerre tiède sur l’Échiquier eurasien : les révolutions arabes, et après ? », préface de J. Sapir, éd. Sigest.
(2) Z. Brzezinski est connu pour avoir provoqué l'intervention de l'armée rouge en Afghanistan, fin décembre 1979, dans l'optique de l'enliser dans un conflit périphérique, économiquement épuisant et politiquement destructeur pour l'URSS. Cette initiative stratégique a précipité la chute du régime soviétique, fin décembre 1991. Décembre maudit

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L'Ukraine à la Une du Monde

Messagepar Pat » 19/02/2014 - 16:03

Le quotidien "Le Monde", sans doute pour rappeler son existence à ses anciens abonnés, leur adresse chaque matin, un courriel résumant les principales nouvelles du jour.

Ce mercredi 19 février 2014 à 8 h 46, on mettait en évidence 6 nouveaux articles, lesquels soulignaient le caractère dramatique des événements qui se déroulent en ce moment au cœur de l'Europe médiane.

"À Kiev, titre-t-il en effet, du sang, des cendres et la crainte d'un assaut final." Un tel dernier adjectif semble quelque peu trompeur tant il se révèle difficile d'arrêter la marche tragique de l'Histoire des hommes en quête de liberté.

Celle-ci dépasse certes le cadre de notre cher et Vieux Continent. Une autre information du même journal nous rappelle ce qui se passe au Venezuela. Le raid des forces de la répression néo-communiste, l'infâme SEBIN "bolivarien" contre le siège du parti d'opposition, qui vient d'être déclenché à Caracas, mérite au moins autant de préoccupation citoyenne dans notre pays que les pacifiques compétitions de Sotchi, cette bonne vieille résidence stalinienne. (1)⇓

Désolé, en effet, mais là où Moscou ose accuser "les Occidentaux", là où certains intervenants commentateurs du site internet du "Monde" prétendent encore voir, ou s'époumonent à dénoncer la main des "fascistes", des "nazis" et autres affreux "nationalistes", – car dans la logomachie post-soviétique de tels vocables fonctionnent comme autant de synonymes — toute personne sensée constate exactement le contraire.

De richissimes, grossiers et stériles kleptocrates, Maduro comme Janoukovitch, héritiers des services spéciaux soviétiques, s'emploient toujours à opprimer les aspirations des peuples. Et ils utilisent, aujourd'hui encore, à Kiev comme à Caracas les mêmes recettes sanglantes et les mêmes réseaux de désinformation.

Ce matin donc, les forces de répression prenaient position autour du centre de la capitale ukrainienne. Elles s'employaient à encercler les opposants encore sur place. Le nombre des morts augmente d'heure en heure.

Un aspect plus grave encore était prouvé à nouveau par des vidéos amateurs. On ne peut pas parler de "civils tirant sur des civils" mais de tirs venant des "titouchkis", c'est-à-dire des voyous payés par le pouvoir. Là aussi le parallèle se révèle éclatant avec ce qui se passe à Caracas, où le régime "chaviste" se sert de l'appui des Cubains.

Un reportage du "Monde" nous mène également "de l'autre côté des barricades au sein des terribles Berkout". Cette force spéciale aux ordres du ministère de l'intérieur est responsable des pires exactions commises à l'encontre des manifestants. (2)⇓

On doit également se féliciter aussi de ce que "Le Monde" déjoue un autre aspect de la manipulation. Dressant le portrait de "Daniel, jeune père et prêt à prendre les armes" il qualifie ce militant ukrainien de "libéral de gauche". On ne doit pas douter pas d'ailleurs qu'aux côtés de cet homme on trouverait et on trouvera aussi d'excellents "patriotes de droite."

Et, à juste titre, le journal souligne qu'à sa manière "il incarne la contestation ukrainienne, débutée pacifiquement et devenue depuis une lutte en partie violente contre un pouvoir déterminé à ne rien céder."
JG Malliarakis http://www.insolent.fr/2014/02/lukraine ... monde.html

Apostilles
1 - cf. le 11 février, chronique des événements courants "Vacances staliniennes à Sotchi".⇑
2 - cf. quelques images parlantes sur le site de "Die Welt".⇑

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Pour une analyse nationale-révolutionnaire des évènements ukrainiens

Messagepar Pat » 27/02/2014 - 8:33

A la lecture des débats passionnés et passionnants qui ont alimenté les blogs et fils des réseaux sociaux de la mouvance ces dernières semaines au sujet de la crise ukrainienne il nous a semblé pertinent de porter à la réflexion des lecteurs du CNC certains éléments de l’analyse nationale-révolutionnaire.
En effet, on a vu et lu s’affronter avec fougue les tenants d’un voie pro-russe dite « continentale » prenant appui sur une nécessité géopolitique dépassant les visées nationales et les tenants d’une ligne « nationaliste », défendant en premier lieu la volonté des ukrainiens de fonder un Etat souverain.
Ces deux positions résultent de deux démarches fondées sur un même principe : celui de l’efficacité. Les uns pensent que le renouveau passera par un « grand frère », élément moteur d’une contestation de l’ordre établi – entendez l’ordre américain - aujourd’hui incarné selon eux par la Russie de Poutine. Les autres au contraire, trouvent l’élément d’efficacité dans la vivacité de certains peuples qui refusent l’enfermement impérialiste, les mafias oligarchiques et l’autoritarisme népotique, vivacité aujourd’hui représentée par les nationalistes ukrainiens.
Notons au passage que les deux groupes trouvent leur inspiration à l’Est, c’est-à-dire loin et en dehors du territoire national qui semble-t-il ne remplit plus les conditions minimales, les germes de révolte suffisants à enflammer les consciences. Curieux tout de même à l’examen d’une actualité hexagonale chaque jour plus chargée de contestation et de conflits (certes avec des accents moins jusqu’au-boutistes).
Nous avons donc en somme une position « géopolitico-continentale » sensiblement pro-russe et négatrice des identités dites « mineures » et une position « identitariste » fondant sa fraternité de combat sur les luttes de libération nationale.
Ces deux visions, malgré leurs prétention à l’objectivité et à la scientificité analytique, sont toutes deux partantes d’un certain romantisme impatient qui cherche désespérément une étincelle pouvant allumer rapidement l’incendie libérateur. Pour les uns c’est Poutine, mâle russe aux muscles saillants et au verbe incisif qui incarne l’avant-garde du front du refus à l’impérialisme. Pour les autres, ce sont les peuples non encore trop pollués - Hongrois, Serbes, Ukrainiens et même Russes (nous pourrions ici en citer bien d’autres) – qui personnifient la résistance anti-mondialiste et alter-nationaliste.
Or les partis pris exprimés dans ces deux positions sont fondés sur les opinions, les avis plus ou moins éclairés que se font les uns et les autres des peuples ou leaders dont ils font leur champions.
A ce stade, il est important de rappeler que l’on peut difficilement fonder une politique de long terme sur des opinions et des impressions. Il est donc fondamental de rebâtir un raisonnement reposant sur des principes intangibles, invariants et donc pérennes. Pourquoi ? Simplement pour ne pas oublier qui nous sommes, ce que nous défendons. Pour savoir toujours marquer la limite, pour ne pas devenir ceux que nous supportons, entrer dans la confusion de la puissance, voire devenir les zélés serviteurs aussi dévoués qu’aveuglés.
Pour cela, il est utile de faire ré-émerger la grille d’analyse partagée par la mouvance nationale-révolutionnaire. Fondée sur quelques grands principes, celle-ci présente le double avantage apparemment paradoxal d’une mise à distance des faits et d’un engagement profond pour les causes.
Tout d’abord, redisons-le, les nationaux-révolutionnaires évitent comme la peste le romantisme, fils des Lumières et porteur d’une musique enivrante mais trompeuse. La vie n’est pas un roman, la vie est un combat acharné, une lutte brutale qui demande la mobilisation totale du corps et de l’esprit. L’engagement doit résulter d’un processus décisionnel aussi complet que direct et donc fondé sur une formation et des connaissances profondément labourées. Car sans formation et compréhension logique, étayée du réel, l’engagement se résume vite au bougisme, à la prise de position réflexe, pavlovienne. C’est ce que l’on a pu lire ces derniers temps : « La Russie est contre l’hégémonie américaine, Poutine est pro-syrien et anti-musulman, donc je le soutiens ». Ou encore : « La Russie veut écraser le peuple ukrainien par l’intermédiaire d’oligarchies corrompues, c’est aussi un impérialisme, donc je soutiens les nationalistes ukrainiens ».
Ces deux déductions comportent chacune leur part de vérité mais pèchent par des simplifications idéales, voire idéalisées qui plus ou moins consciemment visent à faire coïncider au mieux les aspirations rêvées de leurs auteurs avec le réel. La raison en est l’impérieuse nécessité, la puissante attraction du temps. Il faut se positionner vite, choisir tout de suite, montrer le camp auquel on appartient, lever son drapeau et défendre sa position … la plupart du temps d’ailleurs contre un camarade, ce qui frise le non-sens.
Il y a dans cette cavalcade partisane comme un abandon à la modernité dans ce qu’elle a de plus viral : le temps zéro. Toute stratégie, toute philosophie politique, tout militantisme conscient et toute weltanschauung exprimée ne peut que se fonder sur une temporalité longue. Ceci ne signifie en aucune manière la tergiversation ou une prudence excessive, mais seulement la volonté de résister aux sirènes des propagandes médiatiques croisées, aux rumeurs toujours plus folles, aux engouements aussi séduisants que creux. La civilisation européenne porte en elle cette distance, cette mesure et ce détachement. C’est l’hubris des anciens Grecs, la distance intérieure d’Evola ou de Junger.
Pas de romantisme donc, pas de démesure non plus. Nécessité aussi de recourir à la longue mémoire, à la temporalité et à la recherche détachée des faits, implications et ressorts cachés d’un phénomène.
Observation, connaissance mais aussi principes.
Et les principes des nationaux-révolutionnaires sont clairs : Non-alignement, cause des peuples, méfiance et défiance vis-à-vis des impérialismes, objectifs politiques de puissance, socle européen, préservation des intérêts nationaux français, opposition de l’organique au systémique, rejet de l’occidentalisation du monde, opposition farouche et résolue aux Etats-Unis comme puissance et culture, lutte contre le marxisme - forme symétriquement consubstantielle du capitalisme, promotion d’une troisième voie organique solidariste et justicialiste.
Si l’on considère les évènements qui secouent l’Ukraine à l’aune des principes évoqués ci-dessus, on peut alors dégager une position claire est positive, une position de principe.
D’abord, reconnaitre par le prisme historique que l’Ukraine est une réalité, un ethnos qui cherche à fonder un Etat-Nation. Nation sans Etat aurait dit Jean Mabire, ardent défenseur de l’Ukraine tout comme Maurice Bardèche. De fait, par-delà les vagues de colonisation et l’occupation du territoire, une majorité d’ukrainiens (ukrainophones ou russophones) se reconnaissent « de souche » dans les sondages (2001, 2004, 2009 et 2011), à hauteur d’environ 63% de la population. L’Ukraine existe, au grand malheur de ceux qui la nient. Soutenir le droit du peuple ukrainien à se gouverner en toute indépendance ne relève pas dès lors d’une quelconque forme de romantisme mais au contraire d’un réalisme historiquement étayé.
Ensuite, si l’Ukraine souhaite son indépendance, elle ne peut le faire sans prendre en compte sa minorité russe et celle plus grande des ukrainiens russifiés. Il appartient donc au peuple ukrainien d’opérer un difficile sursaut patriotique propre à unifier les composantes de son espace.
De même, la Russie, voisin puissant aux tentations inquisitrices, doit faire la démonstration de sa nouvelle politique tant vantée par le Kremlin. Car, si l’on peut saluer les positions courageuses d’un Vladimir Poutine sur certains grands dossiers de politique internationale (on pense ici bien sûr à la Syrie) ou sur de grandes lois de politique intérieure, on ne peut miser inconsidérément sur la Russie comme champion de la multipolarité, du non-alignement. La Russie fait incontestablement contrepoids aux menées américano-sionistes, c’est un fait. Mais son positionnement géographique eurasiatique, sa géopolitique, son histoire et son passé soviétique ne la conduisent absolument pas à la multipolarité mais a un comportement dominant voir hégémonique propre à créer une bipolarisation naturelle entre elle et son opposant de l’ouest. Dans ce cadre, la Russie « gère » son étranger propre avec un paternalisme parfois pesant et menaçant. Les Baltes, les Bélarussiens et les Ukrainiens en savent quelque chose.
Préserver un non-alignement consiste dès lors à mesurer l’évolution de ces rapports et à propager une option plus contractualiste de ces relations, faite de respect mutuel et d’égalité de traitement. Faute de quoi, on sera amené à considérer la politique Russe de proximité comme une forme asymétrique d’impérialisme. La Russie a le choix dans ces dossiers, celui de pouvoir modifier les rapports avec les pays qui l’environnent et préserver des liens privilégiés, sereins et salvateurs. L’autre option, celle du rapport de force conduisant irrémédiablement les pays ex « satellites » au pire, c’est-à-dire dans les bras de l’ennemi bruxello-américain.
Lequel ennemi est toujours prompt à la destruction, en perpétuelle embuscade, fomentant contre la Russie et l’Europe des pièges, des trappes, des opérations false-flags dans le seul but de déstabiliser une région, des économies, de fragiles équilibres ethniques ou religieux. Bien sûr qu’il est à l’œuvre en Ukraine, cela nous le savons et cela les nationalistes ukrainiens le savent. C’est à eux de jouer contre cet ennemi mortel, notre principal ennemi : l’Amérique. Nous, nous ne pouvons que dénoncer l’ingérence américaine, montrer ses vecteurs d’attaque. Le sort de l’Ukraine ne nous appartient pas.
Ce qui nous appartient en revanche, c’est de poser la question fondamentale qui doit toujours être « en quoi cela sert-il les intérêts de l’Europe, de la France ? ».
Car si l’on peut dénoncer sans ambages l’hydre étatsunienne et reconnaitre le caractère naturellement plus engageant – au moins en surface – de la politique russe ; c’est un pari dangereux que de consacrer la Russie alliée et protectrice de l’Europe, voire partie de cette Europe.
D’abord parce que le régime russe ne se prévaut pas d’une lutte acharnée contre le capitalisme et le libéralisme, fondant ainsi un modèle autoritaro-libéral assez semblable à ce que produit la Chine (ce qui conduit également à la répression en Russie de mouvements NR et NA).
Ensuite parce que les Russes eux-mêmes ne se définissent pas européens mais « Russes », tenant à cette particularité réelle et observable.
Enfin, parce que la doctrine de l’Eurasisme implique l’hégémonie de l’imperium russe et l’extension de la vision continentale à sa partie asiatique. En tant qu’européens, cette vision séduisante en surface, recèle d’un péril mortel. Celui de la dépossession de l’héritage gréco-romain et chrétien au profit d’un socle plus asiato-centré et donc immanquablement concurrent en terme de vision du monde.
La Russie a son destin, un grand destin. En tant qu’européens nous devons le soutenir tout comme nous devons soutenir la recherche d’un partenariat privilégié avec Moscou. Mais il nous reste un destin à accomplir le nôtre, celui de l’Europe.
Car l’Europe est certes en bien mauvaise posture, gangrénée par l’occidentalisation rampante, par les supplétifs de Washington aux commandes à Bruxelles, par l’invasion de masse en provenance d’Afrique et d’Orient (proche ou lointain), par le rachat de son économie par les pétromonarchies …
Mais l’Europe est notre berceau, notre socle et notre espace géopolitique, culturel et ethnique naturel de combat. Nous ne pouvons déroger à notre destin en cherchant ailleurs l’homme providentiel, le pays-phare qui réalisera au loin ce que semble-t-il nous sommes incapables de générer ici. Et c’est précisément parce que nous sommes conscients des limites des modèles, que nous avons l’impérieux devoir de bâtir le nôtre. Les nationalistes ukrainiens, en particulier ceux du Pravyi Sektor (le Secteur Droit de la place Maïdan) se revendiquent européens et proposent un programme de Reconquista très semblable à celui que nous formulons. En ce sens, on peut dire que leur action a quelque chose de vivifiant, comme un coup de fouet dans le champ du possible.
Il est donc temps de dépassionner le débat sur la crise ukrainienne, de cesser de l’essentialiser, de le ramener à ses dimensions réelles qui sont celles de nos intérêts propres.
Saluons la vitalité renaissante de la Russie, saluons également le courage et la ténacité des nationalistes radicaux ukrainiens qui ont impulsé une révolte du peuple contre l’oligarchie corrompue nous montrant par-là la direction à suivre.
Et surtout ne perdons pas de temps à gloser infiniment sur les mérites de telle ou telle alliance hypothétique, tel ou tel allié/leader fantasmé. Nous y perdons beaucoup d’énergie, sans parler des facteurs éventuels de divisions, de nouvelles fractures que nous créons par nos prises de positions extrêmes. Il est pourtant vital pour notre survie et à long terme pour le développement de nos idées que nous soyons enfin capables d’exprimer une troisième voie géopolitique fondée sur nos intérêts propre, ceux de l’Europe que nous voulons, ceux de la France que nous aimons.
Revenons donc au réel, revenons à nos principes.
Arnaud de Robert pour le Cercle Non Conforme
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Secteur Droit. La Grande Reconquête Ukrainienne

Messagepar Pat » 27/02/2014 - 12:14

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Obama "très préoccupé" par les mouvements militaires russes en Ukraine

Messagepar Pat » 01/03/2014 - 11:49

L'Ukraine a dénoncé la violation de son espace aérien par la Russie. Quelque 2 000 soldats russes auraient été aérotransportés sur le sol ukrainien, selon un haut-responsable local.
Nouvelle étape dans les tensions entre l'Ukraine et la Russie. "Nous assistons aujourd'hui à une invasion armée russe. (...) L'espace aérien [en Crimée] est fermé en raison du grand nombre d'atterrissages d'avions et d'hélicoptères russes", a déclaré le représentant du président ukrainien en Crimée, Serguiï Kounitsyne, à la chaîne de télévision ART, vendredi 28 février.

Lire la suite => http://www.francetvinfo.fr/monde/europe ... 41795.html

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Re: Obama "très préoccupé" par les mouvements militaires russes en Ukraine

Messagepar Pat » 01/03/2014 - 21:09

L'UE a joué au pyromane en Ukraine
Aymeric Chauprade (1)dénonce l'ingérence de l'UE en Ukraine :
Le comportement irresponsable de l’union européenne qui n’a eu de cesse de jeter de l’huile sur le feu en Ukraine est en train de produire ses effets prévisibles. Le Front national avait mis en garde, dès le début de ces troubles, encouragés de l’extérieur, quant au risque d’envenimement de la situation ukrainienne.
Kiev n’a plus de gouvernement légal mais agit sous la pression de milices radicales qui ont annulé la démocratie, balayé les droits linguistiques des russophones, limité les programmes de télévision d’opposition, arraché les églises orthodoxes ukrainiennes du patriarcat de Moscou et menacé d’annuler l’autonomie de la Crimée garantie par des traités.
Il était logiquement prévisible que Moscou ne laisserait pas le nouveau pouvoir menacer les populations russophones de l’Est et de la Crimée. Vladimir Poutine pouvait-il rester sourd aux appels inquiets des foules massées à Kharkiv, Donetsk, Simferopol et Sébastopol? Pouvait-il prendre le risque d’une guerre civile généralisée en Ukraine qui aurait conduit à des massacres de grande ampleur?
Les pyromanes de salon qui ont joué avec le feu en poussant une partie de l’Ukraine contre une autre, sans se préoccuper des conséquences humaines, pourront bien dénoncer l’arrivée des pompiers russes. Ils porteront cependant, devant l’Histoire, une responsabilité écrasante quant à l’affaiblissement général de la souveraineté étatique ukrainienne.
Comme l’intervention armée française au Mali, l’intervention russe dans l’Est de l’Ukraine et en Crimée vise d’abord à désarmer une population qui était en train de s’armer dangereusement, à garantir les droits des russophones qui venaient d’être anéantis par Kiev, et, bien évidemment aussi, à l’instar de la France en Afrique subsaharienne, à garantir quelques intérêts stratégiques propres à toute zone d’influence historique. [...]"
Michel Janva http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog ... raine.html
1) http://www.frontnational.com/2014/03/ur ... paisement/

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Re: Obama "très préoccupé" par les mouvements militaires russes en Ukraine

Messagepar Pat » 02/03/2014 - 14:32

Ukraine: Moscou appelle à une solution politique

La Russie appelle à faire rentrer la situation en Ukraine dans le cadre politique, pour permettre à ce pays de sortir de la crise, a déclaré dimanche le représentant permanent de la Russie auprès des Nations unies Vitali Tchourkine.

Il faut faire rentrer cette situation (en Ukraine) dans la voie politique, dans le cadre constitutionnel, retourner à l'accord du 21 février et créer un gouvernement d'unité nationale. Il faut également arrêter d'essayer de recourir au langage de la force avec les opposants politiques ou ethniques ", a déclaré le diplomate russe.

Selon M.Tchourkine, il faut également "serrer la bride" aux radicaux et conseiller à l'opposition politique ukrainienne de prendre ses distances avec les radicaux.

Des négociations sur le règlement du conflit en Ukraine se sont déroulées le 21 février à Kiev. Elles ont abouti à la conclusion d'un accord signé par le président Ianoukovitch et par les dirigeants de l'opposition. Ce document prévoit notamment une élection anticipée du chef de l'Etat, la formation d'un gouvernement d'unité nationale et une réforme constitutionnelle élargissant les pouvoirs du premier ministre au détriment de ceux du président. Or, au mépris des ententes intervenues et sans attendre que la loi modifiant la Constitution soit signée par Viktor Ianoukovitch, les députés ont voté un décret transférant les pouvoirs de chef de l'Etat au président de la Rada suprême, Alexandre Tourtchinov.

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Messagepar Pat » 03/03/2014 - 15:33

Ukraine : un scénario à la yougoslave?

On surveillait les djihadistes caucasiens, or c’est par les bobos ukrainiens que le coup est venu. Occident-Russie: 1-1.
L’écrivain serbo-croate Slobodan Despot relève de nombreuses similitudes entre la crise ukrainienne et le conflit qui a déchiré la Yougoslavie. Il dénonce le jeu trouble de l’Occident qui place ses pions à l’Est sans souci des réalités locales.
Loin d’instaurer la trêve qui a motivé jadis leur création, les Jeux olympiques sont des périodes à haut risque pour Vladimir Poutine. Il dut abandonner dare-dare l’ouverture des JO de Pékin en août 2008 pour diriger personnellement la contre-offensive en Ossétie du Sud, attaquée subitement par la Géorgie avec le soutien de l’OTAN. A Sotchi, où il était l’hôte, il n’eut pas le loisir d’enfiler son treillis. Les Russes sont orgueilleux jusqu’à l’enflure de leur grandeur sportive, et donc vulnérables lorsqu’ils ont l’occasion de la manifester. Résultat: l’effondrement de leur misérable allié Ianoukovitch a éclipsé la magnifique cérémonie de clôture. On surveillait les djihadistes caucasiens, or c’est par les bobos ukrainiens que le coup est venu. Occident-Russie: 1-1.
Seuls des journalistes-anesthésistes payés pour ne surtout pas réfléchir auront omis de relever ces drôleries du calendrier. Les mêmes continueront de prétendre sans ciller que le renversement de régime à Kiev ne fut rien d’autre qu’une révolte populaire spontanée que l’UE et les Etats-Unis auront suivie avec une légitime compassion, mais nullement suscitée et encore moins dirigée. Il s’agit là d’un axiome idéologique qu’aucun fait ne peut ébranler, pas même l’enregistrement des conversations entre l’ambassadeur américain en Ukraine et la secrétaire d’Etat adjointe Victoria Nuland – Madame « Fuck-the-EU! » –, d’où l’on peut conclure que nos libérateurs de 1945 considèrent l’ensemble du Vieux Continent comme un vulgaire échiquier dont ils manipulent à la fois les pions et les règles du jeu. Quel Etat européen, déjà, a rappelé ses diplomates suite à cette insulte ? Aucun ? C’est que la poltronnerie va de pair avec le déni de réalité et que les dirigeants européens eux-mêmes sont prêts à « baiser l’Europe » si leurs patrons américains leur suggèrent de le faire.
Dans une autre vie, j’eusse pris cette comédie cum grano salis en observant le ratorium universel prophétisé par Alexandre Zinoviev, le premier à avoir compris que le totalitarisme n’était pas un accident de notre civilisation mais sa finalité. Mais dans la vie qui est présentement la mienne, j’ai vu la même comédie, la même bêtise, la même sentimentale partialité incendier le grand pays où je suis né, la Yougoslavie, et l’émietter en une poussière de baronnies ethno-ridicules rappelant l’Allemagne du temps des frères Grimm ou l’Italie du Décaméron.
Le « fuck » de Mme Nuland, cela ne vous rappelle rien ? Moi si. Suite aux accords péniblement mis sur pied par les Européens et leur ambassadeur Cutilheiro à Lisbonne au printemps 1992 en vue d’une partition pacifique de la Bosnie, il aura suffi d’un coup de fil et d’une promesse gratuite de l’ambassadeur US à Belgrade à Alija Izetbegović, le président fondamentaliste de la partie musulmane, pour lui faire retirer sa signature encore humide et déclencher du même coup la guerre civile. « Fuck Europe, Alija! Nous, on te donne toute la Bosnie ». C’est revendiqué tel quel, ou presque, dans les Mémoires du susnommé, Warren Zimmermann. Des Mémoires qu’aucun journalo-moraliste européen n’a lus ni cités, bien entendu.
La révolution « spontanée » de Maïdan ? Encadrée et formée par les spécialistes serbes d’Otpor, qui destituèrent élégamment (avec mon approbation naïve) le président Milošević en 2000 – celui-là même dont Jacques Chirac avait loué la responsabilité et l’esprit de coopération (gare au baiser de Judas !). Des spécialistes eux-mêmes formés par la National Endowment for Democracy et ses théoriciens anglo-saxons de la manipulation aux yeux desquels la révolution non-violente n’est qu’un des moyens – et des moins coûteux – de prise du pouvoir chez autrui. Autrui, c’est bien entendu tout régime moralement compromis sur la scène internationale qui hésitera du coup dans son recours à la force. Car on s’imagine bien ce qu’une démocratie occidentale sûre d’elle eût fait d’une révolte armée dans sa capitale ! Il n’est qu’à voir comment le régime de Paris a traité la Manif pour tous, non violente et bien plus massive que l’insurrection de Kiev où le néonazi s’illustra.
Les yougo-analogies sont frappantes. Comme en Croatie, au Kosovo et en Bosnie, les héritiers des perdants des deux guerres mondiales sont en train de déboulonner les monuments dressés par les vainqueurs. La résistance au nazisme est déjà assimilée en Ukraine occidentale à l’impérialisme grand-russe. Il est bien évident que les zones russophones du sud-est ukrainien n’accepteront pas le nouveau pouvoir de Kiev. Ils vont donc rompre avec le nouveau pouvoir central comme le firent jadis les Serbes de Krajina rejetant la sécession croate appuyée par l’Allemagne. Avec la prévisible hypocrisie qui les caractérise, les atlantistes dénonceront comme illégale cette sécession, oubliant bien vite qu’eux les premiers ont bafoué le processus démocratique ukrainien et sanctionné le pouvoir de la rue. Comme lors de l’éclatement yougoslave en 1991. Comme lors du renversement de Milošević en 2000.
Mais la « pédagogie de la mémoire », où la Russie soviétique excella un certain temps, est un art déjà ancien sous nos latitudes. Si les papes putschistes de Rome ont pu évincer de l’histoire ceux, légitimes, d’Avignon, Washington et Bruxelles n’auront aucune peine à convaincre leur opinion que le douteux pouvoir de Kiev est l’avant-poste de la démocratie aux portes des steppes eurasiennes. N’оnt-ils pas réussi à faire passer le général révisionniste croate Tudjman, dont les écrits eussent été interdits en France, pour un phare de civilisation face aux hordes serbes ? L’impudent BHL n’est-il pas allé à Sarajevo glorifier son ami Izetbegović, islamiste vénéré et auteur de la belliqueuse Déclaration islamique ?
Et c’est ici que mon amusement face au « grand jeu » géopolitique dérobé par un voile humanitaire aux yeux des badauds cède la place à la mélancolie. Je songe aux déconvenues et à l’amertume qui attendent ces Ukrainiens qui dansent aujourd’hui aux portes de l’Europe comme les Belgradois de l’an 2000. La Serbie, depuis sa « révolution colorée », n’a pas vu ses conditions d’existence s’améliorer. En revanche, elle a vu défiler une invraisemblable galerie de potentats, chacun plus obséquieux envers l’Ouest que le précédent, chacun plus incompétent et chacun plus inepte. C’est que les Occidentaux ont pour système de soutenir et de porter aux nues à l’Est des gens qu’ils s’empresseraient de jeter en prison chez eux. Mais, comme Churchill le disait à MacLean lorsque celui-ci s’étonnait de l’abandon de la Yougoslavie aux communistes après la conférence de Téhéran: « Ni vous ni moi n’irons vivre là-bas. Alors ?»
Slobodan Despot, Le Figaro, 25/02/2014
Slobodan Despot est écrivain et éditeur. Son dernier roman, Le Miel a été publié chez Gallimard en janvier 2014.
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Re: Obama "très préoccupé" par les mouvements militaires russes en Ukraine

Messagepar Pat » 04/03/2014 - 7:54

Avis de tempête ?

Dès les premières informations en provenance d’Ukraine orientale, les chancelleries occidentales ont manifesté les unes leur stupeur, les autres leur réprobation face au refus, par Moscou, du fait accompli. Mais qui pouvait raisonnablement penser que la Russie resterait insensible à la situation ? Comment s’étonner des événements de Crimée, cette république autonome, majoritairement « russe », artificiellement séparée de la Russie au profit de l’Ukraine en 1954 ? Sait-on au moins au Quai d’Orsay que la pointe extrême de la Crimée abrite Sébastopol, le grand port militaire russe fondé par Catherine II en 1783 ? La détestation de M. Poutine ne saurait aveugler au point de tenir lieu de politique étrangère.

Pourtant, les médias français pensaient que l’Union européenne, bien incapable d’agir par elle-même, avait remporté une grande victoire en dépêchant à Kiev les ministres des Affaires étrangères d’Allemagne, de France et de Pologne – avec le résultat que l’on sait. Analyse contestable car ce sont bien les représentants de trois Etats qui se sont manifestés, avec des fortunes diverses - l’Allemagne, pragmatique, confortant sa place d’interlocuteur européen privilégié de la Russie ; la Pologne, « irrédentiste », réaffirmant ses liens et affinités avec l’Ukraine occidentale ; la France indécrottablement idéologique, devant se contenter d’avoir donné satisfaction aux bons apôtres des prétendus droits de l’homme.

Déjà, en 2004, l’« Occident » avait salué la « Révolution orange » de Kiev - dont on sut vite qu’elle avait été suscitée et financée par la ploutocratie locale et des organisations étatsuniennes dirigées par M. Soros. Nul doute que, dans leur stratégie anti-russe, l’Ukraine ne représente pour les Etats-Unis d’Amérique un pion essentiel. Il ne faut pas oublier que naguère encore la Maison Blanche envisageait sérieusement l’installation de missiles sur le territoire polonais. Mais que jadis elle avait exigé et obtenu le démantèlement des missiles soviétiques à Cuba…

Force est de constater que personne, en Europe, n’a de vision stratégique de la situation. On nous répète qu’il n'a jamais été sérieusement question d’intégrer l’Ukraine dans l’U.E. – que l’« Europe » ne le peut ni ne le veut. L’objectif serait donc simplement de lui permettre de devenir un pays européen « comme les autres ». Cela n’a aucun sens mais aura forcément un prix. Sans parler de la possibilité d’un conflit militaire, ni même d’une partition annoncée, l’Ukraine risque en effet de sombrer dans le chaos géopolitique et dans un naufrage économique – avec, pour le reste du continent, des conséquences gravissimes.

Avis de tempête, et donc prudence et circonspection de rigueur. Tout le contraire de l’emballement médiatique et idéologique de ces dernières semaines.

Louis-Joseph Delanglade

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Crise ukrainienne : Etat de guerre en Russie

Messagepar Pat » 05/03/2014 - 15:31

Les déclarations d’Obama ont amené la situation en Ukraine à une escalade drastique : la Russie est maintenant prête à entrer en guerre – s’il le faut.
Quelque chose d’absolument énorme vient de se produire en Russie : le Conseil de la Fédération de Russie, l’équivalent du Sénat américain, vient d’adopter à l’unanimité une résolution autorisant Poutine à utiliser les forces armées russes en Ukraine, quelque chose que la Douma avait demandé plus tôt. Avant que le vote ait lieu, les sénateurs russes ont déclaré que Barack Obama avait menacé la Russie, insulté le peuple russe et ils ont demandé à Poutine de rappeler l’ambassadeur de Russie aux Etats-Unis. Je n’ai jamais vu un tel niveau d’indignation et même de rage en Russie.
J’espère et je prie Dieu pour qu’Obama et ses conseillers cessent leurs actes irréfléchis et pondèrent soigneusement leur prochaine démarche car il ne faut pas s’y tromper : LA RUSSIE EST PRETE A ENTRER EN GUERRE.
Maintenant, je précise que la résolution du Conseil de la Fédération n’implique pas, je le répète, elle n’implique PAS que les forces russes vont nécessairement intervenir en Ukraine. Les principaux hommes politiques russes se sont déjà exprimés et ont clarifié la situation, expliquant que cette mesure n’a fait que donner à Poutine le pouvoir d’utiliser les forces armées, mais qu’il était libre de décider si cela était nécessaire ou non.
Pourtant, c’est un avertissement qui ne devrait pas être pris à la légère. D’après moi, cela signifie non seulement que la Russie agira pour protéger la Crimée, mais qu’il existe une possibilité réelle que la Russie utilise ses forces armées dans le reste de l’Ukraine, et c’est là un développement considérable.
Durant les derniers jours, j’ai écouté de nombreux experts russes, beaucoup de talk-shows, des déclarations politiques, etc., et j’ai été surpris par le fait que personne n’avait ne serait-ce que suggéré que la Russie devrait intervenir militairement. Tout le monde convenait que la Russie devait soutenir les russophones en Ukraine politiquement, financièrement et moralement. Mais personne ne mentionnait l’usage de la force.
Qu’est-ce qui s’est donc passé depuis, entraînant un tel bouleversement de la situation ?
1) une sorte d’attaque nocturne sur la Crimée(1)
et
2) des menaces absolument stupides et irresponsables d’Obama contre la Russie (2)
Et cette combinaison d’événements a vraiment fait escalader la situation. Maintenant, absolument tous les partis politiques au sein du Conseil de la Fédération et chacun des représentants ont accordé leur voix afin de permettre l’utilisation de la force armée russe. Ce serait l’équivalent d’une obtention par le Président américain d’un vote par chacun des membres de la Chambre des représentants et du Sénat lui permettant de mener une guerre.
Il faut encore clarifier un autre point : dorénavant, aucune menace ne pourra arrêter le Kremlin, et tout ce que de telles menaces entraîneraient est un plus grand soutien populaire pour Poutine. Et si quelque aspirant Napoléon ou Hitler décidait d’essayer d’utiliser des forces armées contre la Russie, celle-ci entrerait en guerre contre quiconque se dressera contre elle.
Les Etats-Unis et l’Union européenne doivent se rendre compte qu’ils ont joué à un jeu très dangereux en Ukraine et dépassé toutes les bornes :
- - ils ont utilisé des néo-nazis pour renverser un président totalement corrompu et incompétent, mais légitime ;
- - dans ce processus, ils ont détruit l’appareil d’État ukrainien ;
- - en permettant le déchaînement de tant de violence aveugle et de slogans si ouvertement racistes, ils ont totalement épouvanté l’Ukraine orientale et méridionale ;
- - et en en ayant mené ou permis une attaque contre la Crimée, ils ont menacé la population russe et la flotte de la mer noire.
C’est encore un nouveau désastre absolu et total pour la présidence Obama. Cet homme est aussi malhonnête que médiocre, arrogant et aventureux, et j’espère et je prie Dieu pour que le Comité des chefs d’États-majors interarmées américain (JCS – Joint Chiefs of Staff) ait un « échange de vues franc » avec lui dès que possible. Dans un monde idéal, le Congrès aurait dû destituer ce méprisable tocard, mais comme ils sont encore pires que lui, c’est au JCS d’agir.
Les Russes sont unis, ils sont vraiment en colère et ils savent qu’ils ont la force militaire pour défendre leur pays et leur peuple contre toute menace frontalière. Je ne recommande à personne de douter de leur détermination, parce que si la Russie est attaquée, sa réponse sera dévastatrice : pensez à la guerre de Géorgie du 08.08.08, mais sur une vaste échelle (3).
Je pense qu’une catastrophe peut être – et sera – évitée. J’espère même que l’armée russe n’aura pas à intervenir en Ukraine, mais pour ce faire, les États-Unis doivent contenir à la fois le gouvernement insurrectionnel et les fascistes dans les rues, et les amener à se calmer. La prochaine étape nécessaire sera d’empêcher les nationalistes d’essayer de s’emparer d’autres bâtiments en Ukraine orientale et méridionale. Dernier point, mais non le moindre, les Etats-Unis et la Russie devraient se réunir pour trouver une sorte d’accord qui permettrait à l’Ukraine de survivre officiellement comme un État unitaire, mais en ferait de facto une confédération avec une présidence purement symbolique.
Les dirigeants des Etats-Unis et de l’UE doivent maintenant comprendre qu’ils jouent avec le feu et que ce n’est pas seulement un problème « ukrainien » : maintenant, ils risquent de se retrouver eux-mêmes dans une guerre contre la Russie, peut-être même une guerre nucléaire. Et même s’ils ne le reconnaissent jamais publiquement, ils doivent avoir au moins le courage de s’avouer qu’ils ont créé eux-mêmes cette situation et que la responsabilité leur en revient complètement.
Réactions d’Obama & Kerry, de l’armée ukrainienne et de Yulia et Klichko
Il est intéressant d’observer les réactions à la décision russe d’utiliser la force militaire en Ukraine si nécessaire. Considérons-les une par une :
Obama et Kerry : franchement, je ne m’attendais à rien de transcendant de leur part, mais j’ai quand même été sidéré de voir à quel point la Maison Blanche est déconnectée du monde réel. Pour dissuader Poutine d’utiliser la force armée, la Maison Blanche a décidé de le menacer de boycotter le prochain sommet du G8 en Russie. Boo hoo !! Je suis sûr que Poutine est absolument terrorisé à cette idée !... En écoutant l’Idiot en chef et son secrétaire d’État, j’ai vraiment été abasourdi de voir qu’ils persistaient à faire peser tout le poids et la crédibilité politique des Etats-Unis en soutenant complètement un gouvernement que même Iatseniuk a appelé un « gouvernement kamikaze ». Quiconque ayant un QI égal ou supérieur à la température ambiante comprend que ce soi-disant « gouvernement ukrainien » est voué à l’échec, ne serait-ce que parce qu’il n’a littéralement aucun sou pour faire *quoi que ce soit*. Et pourtant, les crétins de Washington soutiennent totalement ce régime mort-né.
L’armée ukrainienne : Je suis sûr que vous avez entendu dire que l’armée ukrainienne est maintenant en état d’alerte maximale et qu’elle est prête à repousser toute agression russe. Les gars, c’est risible. IL N’Y A PAS D’ARMEE UKRAINIENNE. Il y a beaucoup de vieux matériel qui traîne ici et là, il y a un certain nombre d’unités qui n’ont absolument aucun entraînement et il y a quelques unités qui sont un peu plus aptes au combat. Savez-vous comment on désigne tout cela en termes militaires ? Ce sont des *CIBLES*, et rien d’autre. Je soupçonne également que si les hommes politiques occidentaux et quelques cinglés Ukies parlent ainsi des forces armées ukrainiennes, les officiers de l’armée, quant à eux, et même les soldats, se rendent parfaitement compte qu’ils ne sont que des cibles. D’où la sage décision du fleuron de la Marine ukrainienne, la frégate Hetman Sahaidachny, de passer rapidement dans l’autre camp avant même de rentrer au port (elle se trouve dans l’est de la Méditerranée, selon les derniers rapports). Je présume que vous savez tous que l’idée que les Ukies pourraient développer leurs propres armes nucléaires est risible, donc je ne vais pas m’y arrêter maintenant.
Yulia et Klichko : Comme je le craignais en voyant son apparition sur le Square Maïdan, Yulia a clairement perdu la tête et sa dernière déclaration au sujet de la crise ne fait que démontrer qu’elle est hors-piste. En revanche, et c’est une grande surprise, c’est de Klichko qu’est venue la proposition la plus saine : il veut créer une commission spéciale à Kiev chargée de négocier une résolution pacifique de la crise actuelle entre Kiev et Moscou. Contrairement aux non-sens hystériques de Yulia, la déclaration de Klichko ne contenait nulle démagogie ni le moindre appel lyrique. Elle était toute commerciale et pragmatique. Eh bien, qui sait, peut-être cet homme peut-il arriver à quelque chose puisque que je suis tout à fait sûr que tant que les Ukies n’utiliseront pas la force à l’est ou au sud, les Russes resteront en état d’alerte élevée, mais de leur côté de la frontière.

Le Saqr http://www.voxnr.com/cc/etranger/EFAFAV ... gIKg.shtml

Notes :
(1) http://vineyardsaker.blogspot.fr/2014/0 ... rimea.html
(2) http://fr.ria.ru/world/20140301/200619467.html
(3) http://vineyardsaker.blogspot.fr/2008/0 ... y-war.html

Source : Crise ukrainienne : Etat de guerre en Russie : http://www.sayed7asan.blogspot.fr/

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Re: Crise ukrainienne : Etat de guerre en Russie

Messagepar Pat » 06/03/2014 - 16:06

Crimée/Ukraine : Russie 1 Europe Zéro

« La journée de lundi a été marquée par une intense agitation diplomatique sur le dossier ukrainien, alors que Kiev dénonce les ultimatums posés par Moscou. De concert, les dirigeants internationaux ont appelé à la “désescalade militaire”, brandissant dans le cas contraire les menaces de sanctions contre la Russie. (metronews.fr 3/03/2014) » – Toujours les sanctions : le mot clé de nos négociateurs !!! (NDLR.)
L’évolution des événements en Ukraine confirme une chose : la nullité de l’Union européenne, la nullité des « Zéropéens ».
Patatras
Les Zéropéens dans leur naïveté pensaient que quelques bonnes manifs, appuyées de quelques commandos bien formés, suffiraient à faire basculer définitivement l’Ukraine dans le (bon) camp occidental, en annulant l’effet de l’Union douanière eurasienne initiée par la Russie.
Une Révolution orange de plus y pourvoirait, avec le soutien de « l’opinion internationale » dûment bobardée avec force bons sentiments et belles images gore montrant le « peuple » ukrainien amoureux de l’Europe, victime de la sanglante répression manigancée par le nouveau Staline : le sinistre Poutine et ses sbires : un scénario bien huilé qui ne demandait qu’à se dérouler sur nos écrans et dans les chancelleries sous l’œil approbateur du grand frère américain.
Las ! Voilà que les événements, comme en Syrie d’ailleurs, et pour les mêmes raisons, ne se déroulent pas du tout comme l’avaient souhaité les brillants stratèges zéropéens, nos « chefs de guerre ».
En effet, à peine sortie des Jeux de Sotchi la Russie ne se laisse pas manipuler comme prévu. Les russophones ukrainiens non plus.
Le choc de l’histoire
Les Zéropéens découvrent brusquement l’existence de ce qu’ils ont cherché à oublier : le poids de l’histoire et le choc des réalités géopolitiques de l’eurasisme. Les Zéropéens amnésiques ne savaient pas manifestement que l’Ukraine restait une nation divisée dont les regards se tournent à la fois vers l’est et l’ouest. Ils découvrent aussi avec stupeur que le reste de notre continent n’est pas aussi décadent qu’eux. Ils découvrent qu’on peut aimer ses origines, son peuple et son histoire et préférer rester slave plutôt que devenir un triste sujet de l’empire « atlantique ».
Les Zéropéens découvrent aussi avec effroi la grande politique, celle des grands espaces de civilisation, eux qui ont pris l’habitude de patauger dans la petite.
Les tartarins zéropéens
D’ailleurs l’évolution du ton des tartarins zéropéens fait plaisir à voir.
Finies les rodomontades et les menaces de « sanctions » que l’on brandissait allégrement il y a quelques jours encore contre un président ukrainien déjà à terre. Face aux Russes on change de musique. « Nous condamnons l’escalade militaire russe », déclare le ministre des Affaires étrangères français (Le Monde du 4 mars 2014). On sait ce que veut dire « condamner » dans le langage zéropéen : cela veut dire que l’on est hors-jeu.
Les Zéropéens jouent volontiers les donneurs de leçons, au nom de leurs fameuses « valeurs ». Ils roulent les mécaniques quand ils disposent de la puissance militaire américaine ou quand ils s’en prennent à plus faibles qu’eux. Ils adorent tirer sur les ambulances et traîner devant leurs tribunaux les vaincus. Mais face aux Russes, qui ont au surplus le soutien de la Chine – ce qui commence déjà à faire une bonne partie de l’humanité, soit dit en passant – leur belle détermination fond comme neige au réchauffement climatique.
Europe de Bruxelles : le néant
Les Zéropéens n’ont pas d’armée, les Russes si. Les Russes savent lutter et mourir pour leur mère patrie, leur « rodina ». Les Zéropéens, eux, considèrent le patriotisme comme une discrimination et, quand des soldats français meurent en embuscade en Afghanistan, leurs familles poursuivent l’état-major devant la justice. Les Zéropéens n’ont que des mercenaires, les Russes ont encore des soldats : nuance.
Les Russes sont fiers de leur passé, y compris communiste ; les Zéropéens traînent leur mémoire repentante comme un boulet.
Les Zéropéens n’ont pas de diplomatie non plus : ils ne savent que faire et ils ignorent même où s’arrête l’Europe. Les Russes, eux, le savent.
L’Oncle Sam pense pour nous
Les Américains pensent donc à la place des Zéropéens, ce qui doit nous rassurer.
Comme ce Timothy Snyder, par exemple, « historien américain » qui signe dans le journal Le Monde une tribune où il nous explique ce que nous devons penser : « L’Union eurasiatique est l’ennemie de l’Union européenne » (Le Monde du 24 février 2014). Les Zéropéens ont perdu l’usage de ce qui constitue l’essence de la politique : la capacité à désigner un ennemi. C’est l’Oncle Sam qui s’en charge à leur place. Et quand cela ne se passe pas comme prévu il les laisse tomber sans remords : « Fuck EU ! » disent à juste titre les Yankees ! Et les Zéropéens de remercier leur « allié ».
Les va-t-en-guerre à la niche
Il paraît maintenant qu’il ne faudrait pas accepter le séparatisme russophone en Ukraine. Les mêmes qui ont encouragé le séparatisme kossovar en Serbie, voudraient-il nous mener dans une nouvelle Guerre de sécession ? Et qu’en est-il du fameux droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ? On attend avec intérêt la réponse de Mme Ashton à cette question.
Dieu merci, les va-t-en-guerre zéropéens ne font plus l’histoire. Ils ne jouent que le rôle de mouche du coche ou d’idiots utiles. Ils ne décident de rien, pas même de leur avenir.
Voilà d’ailleurs qu’ils remettent cela avec la menace de sanctions économiques contre la Russie.
Cette nouvelle gesticulation des nains se retournera une nouvelle fois contre eux.
Mais elle nous permet de voir que les Zéropéens, qui restent les seuls à vivre dans une zone de chômage et de non-croissance, n’ont pas peur au moins d’une chose : du ridicule !
Michel Geoffroy, 4/03/2014
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Re: Crise ukrainienne : Etat de guerre en Russie

Messagepar Pat » 07/03/2014 - 8:36

Ukraine : la France serait-elle contaminée par le va-t-en-guerre américain ?

La politique étrangère tend à valider systématiquement les positions des Américains, au détriment de l'Europe souveraine, Russie incluse.
En droit international, on ne peut pas faire un référendum pour modifier des frontières. Imaginez un département de France qui demande son indépendance ! Et si cela se généralisait à d’autres États… Après, tout dépend de la question qui va être posée. S’il s’agit d’aller vers davantage de décentralisation, d’accord. Mais si, en revanche, c’est une manière de changer les frontières, cela pose problème.
Ces propos émanent du ministre des Affaires étrangères de la France, Laurent Fabius. Ce dernier s’est exprimé ainsi afin de condamner la demande du Parlement local de Crimée d’obtenir leur rattachement à la Russie. Un référendum devrait par ailleurs être proposé aux habitants, le 16 mars prochain, pour leur permettre de choisir entre un rattachement à la Fédération de Russie ou une autonomie nettement renforcée.
Les propos du ministre français ne sont pas faits pour arranger les relations, déjà très tendues depuis l’arrivée du Parti socialiste au pouvoir, entre la Russie et la France.
De surcroît, ils étonnent venant d’un pays (la France) qui a reconnu l’indépendance du Kosovo en 2008 (indépendance à laquelle Laurent Fabius était favorable), un Kosovo pourtant berceau historique de la Serbie

Lire la suite....=> http://www.bvoltaire.fr/yannvallerie/uk ... cain,52685

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Comprendre Maïdan, par Jonathan Goddard

Messagepar Pat » 11/03/2014 - 18:10

Les évènements ukrainiens des dernières semaines (photo de la place Maïdan à Kiev pendant les émeutes) font l’objet de nombreuses analyses contradictoires et/ou tronquées. Il convient de rappeler quelques éléments historiques et géopolitiques afin de saisir la complexité de la crise en cours.

1) L’Ukraine, terre déchirée

L’Ukraine est une terre déchirée entre Orient et Occident. Longtemps capitale de la Russie kiévienne, aux portes du puissant empire byzantin, l’Etat ukrainien se morcèle dès le XIIème siècle en grandes principautés. Ces dernières noueront des alliances avec les différentes puissances frontalières : diète lituano-polonaise, Russie, empire Austro-Hongrois.

Ses alliances ne furent pas toutes heureuses, loin de là, chaque puissance cherchant à faire basculer définitivement l’Ukraine dans son camp. Le traité de Pereïslav, de 1653, qui rattachait les puissants cosaques ukrainiens à l’empire russe eut ainsi pour conséquence une russification intense de la société ukrainienne (interdiction de la langue ukrainienne, etc.)

L’Etat ukrainien moderne n’eut qu’une existence fort brève, entre 1917 et 1920 profitant de la révolution bolchévique et de la dislocation de l’Empire Austro-Hongrois. L’Ukraine retomba vite entièrement sous la botte soviétique qui sut calmer ses espoirs d’indépendance avec l’habituelle magnanimité communiste : en 1933, une gigantesque famine organisée depuis Moscou entraîna la mort de plus de 6 millions d’Ukrainiens. Cet épisode, connu sous le nom d’Holodomaur, laissa un lourd traumatisme dans la mémoire ukrainienne.

L’arrivée de l’armée allemande en 1941 fut ressentie comme une libération par la population ukrainienne. Elle déchanta vite, les nazis agissant davantage en colon qu’en libérateurs. Ainsi, Stepan Bandera, indépendantiste ukrainien, fut arrêté par la Gestapo et déporté en camp de concentration dès le début de la guerre. Cela n’empêcha pas les nationalistes ukrainiens de fournir un fort contingent de volontaires aux Allemands, qui formèrent la SS-Division Galicie, forte de 26 000 hommes essentiellement composée de Ruthènes et de Galiciens (partie ouest de l’Ukraine).

La défaite allemande signifie le retour du joug soviétique, qui se montre implacable. Une organisation de Résistance, l’UPA, dont les effectifs maximum atteignirent 80 000 hommes, lutte farouchement jusqu’en 1955.

2) Ukraine moderne et évènements de Maidan

Ce rappel historique est nécessaire pour comprendre le déroulement actuel des évènements. Tiraillé entre l’ouest et l’est, constitué d’une population hétéroclite, qui fit des choix très différents face aux évènements de l’histoire, l’Ukraine est un pays compliqué, qui nourrit des espoirs, des rancœurs, des haines et des fidélités très différentes.

L’effondrement de l’Union soviétique annonce le retour de l’indépendance ukrainienne. Cette indépendance va retrouver ses sempiternels tiraillements avec le retour de la puissance russe qui correspond à l’arrivée de Vladimir Poutine à la présidence, en 2000. Trois courants politiques ukrainiens se démarquent alors, dont Maidan nous donne un éclairage saisissant :

- Un courant atlantiste qui cherche à se rapprocher de l’Otan et de la diplomatie américaine. Ce courant est illustré par la « révolution orange » de 2004 qui voit propulsé le candidat Ioutchenko à la tête de la présidence ukrainienne. Cette révolution a été en grande partie financée et soutenue par des fonds américains, qu’ils s’agissent d’organisations étatiques (en particulier la NED New Endowment for Democracy, crée par Reagan en 1982) ou non étatiques (Open Society Institute de Goerges Soros). Elle s’inscrit dans une série de « révolutions colorées » qui sont apparues dans les pays satellites de la Russie (Géorgie, Ukraine, Kirghistan, ainsi qu’une tentative en Biélorussie) depuis 2004. Les médias occidentaux ont souvent présenté ces leaders « pro-Europe » (atlantistes en réalité) comme des héros, luttant contre la corruption des élites en place. Cette vision est mensongère, ces nouveaux dirigeants sont aussi corrompus que les anciens, si ce n’est qu’ils n’ont pas les même maîtres. Le scandale de la famille Ioutchenko en Ukraine, qui s’est arrogé une fortune de plus de 100 millions d’euros en se réservant les droits d’auteurs de la « révolution orange » est un exemple assez parlant du problème.

- Un courant russophile qui mise sur un rapprochement de l’Ukraine avec la Russie. C’est la position de Ianoukovitch, le président ukrainien forcé à l’exil par les évènements récents. Il a retiré la demande de l’Ukraine de rentrer dans l’Otan tout en revenant à un « non alignement » sur le plan international. Non alignement un peu biaisé puisqu’il a renouvelé jusqu’en 2030 les accords avec la Russie concernant la très importante base navale de Sébastopol, en Crimée.

- Un courant nationaliste, hostile à la Russie comme à l’Union Européenne et qui cherche avant tout à créer une nation ukrainienne forte et indépendante. Ce sont les partis Svoboda (ancien Parti National-Socialiste d’Ukraine) et Pravii Sektor, dont on a beaucoup entendu parler ces dernières semaines. Il ne s’agit que d’un courant minoritaire (10% à 12% des voix) mais les évènements de Maidan pourraient bien leur faire jouer un rôle prépondérant dans un avenir proche. Leur engagement très fort et violent dans les manifestations, leur activisme social, l’occupation des bâtiments officiels par leurs militants montrent leur rôle de premier plan. Le nouveau gouvernement formé à la chute du président Ianoukovitch a offert des ministères clés à ces mouvements : l’agriculture (50% du PIB d’exportation ukrainien), la défense, l’intérieur, le poste de procureur général de l’Ukraine et le poste de vice premier ministre.

3) Qu’en est-il à l’heure actuelle ?

La chute de Ianoukovitch a vu l’accès à la présidence par interim de OleksandrTourtchinov, pasteur d’une Eglise baptiste américaine et soutien de Ioulia Timochenko, dont le parti « Patrie » ne cache pas ses aspirations atlantistes. Le pays reste très fracturé et des tentatives de manifestations « pro-Europe » dans l’est du pays ont tourné à l’émeute avec la population locale.

La population russophone, majoritaire à l’est, voit d’un très mauvais œil l’alignement atlantiste prit par le pouvoir à Kiev. Ils craignent que le pouvoir cède aux revendications territoriales des Tatars de Crimée, minorité musulmane indépendantiste soutenue par la CIA pour nuire à la Russie.

La Russie, quant à elle, se sent dans l’obligation d’agir si elle entend conserver son statut de puissance mondiale. La base militaire de Sébastopol est vitale pour lui assurer un accès à la méditerranée. C’est un emplacement-clé et l’abandonner réduirait grandement les capacités de la marine russe sans parler du prestige de la Russie à l’international. L’hypothèse d’une adhésion à l’Otan de l’Ukraine n’est pas envisageable pour les Russes qui ont déjà du mal à empêcher l’installation de missiles balistiques en Pologne et de radars militaires en République Tchèque.

En conclusion, comprenons que la situation en Ukraine est bien plus compliquée que « gentils européens libéraux » contre « méchants russes staliniens ». Ce qui se joue là-bas doit être regardé avec une analyse géopolitique avant d’être morale. Pour ma part, l’embrasement actuel de l’Ukraine pose deux questions :

- L’Ukraine a-t-elle pour destin d’être une nation indépendante ? Depuis le XIIème siècle, cela n’a été le cas qu’une seule fois, entre 1917 et 1920. Le séparatisme poserait alors un nouveau problème : si les populations de l’est de l’Ukraine se rattacheraient volontiers à la Russie, que deviendrait la partie ouest ?

- Quel rôle devons-nous jouer en tant que Français ? Depuis le retour de la France dans l’OTAN en 2009, la diplomatie française semble n’être qu’une base avancée de la politique américaine. Nous avons pu le constater avec la Lybie, la Syrie et maintenant l’Ukraine. Je ne pense pas qu’il soit idéaliste d’imaginer une diplomatie réellement indépendante, qui serve avant tout les intérêts de notre peuple avant celui de nos alliés. Nous ne sommes pas, comme l’a dit récemment Barack Obama, « une fille des Etats-Unis », nous sommes des Français par notre héritage et des Européens par notre civilisation.

Jonathan Goddard pour Novopress

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L’Union Européenne et l’Ukraine : une diplomatie à la BHL !

Messagepar Pat » 17/03/2014 - 17:31

Dans la crise ukrainienne, il est désolant de constater l’inefficacité crasse de la diplomatie de l’Union européenne, qui préfère mettre la pression sur la Russie plutôt que d’apaiser les tensions. Tout ça parce que l’UE, à l’instar des États-Unis, a développé une vision manichéenne des relations internationales : en Ukraine, ce sont les « gentils » Ukrainiens défenseurs de la démocratie contre les « méchants » Russes qui veulent récupérer la Crimée. Cette diplomatie qui caricature la réalité est une diplomatie à la BHL (1)!
Samedi 1er Mars 2014 : la Chambre haute du parlement russe, le Conseil de la Fédération, à la demande du Président Vladimir Poutine, vote à une très large majorité la décision de recourir aux "forces armées de la Fédération de Russie sur le territoire de l'Ukraine jusqu'à la normalisation de la situation sociopolitique dans ce pays".
Face à cette situation, que font les occidentaux ? Plutôt que de se mettre autour d’une table avec la Russie, ils la menacent de sanctions ! Nous allons suspendre le G8 de Sotchi ! Nous allons limiter les importations de gaz russe ! Nous allons bloquer les avoirs des oligarques ! Le 11 mars sur France Inter, Laurent Fabius déclarait que « les Russes n’ont pas encore répondu à notre proposition de désescalade ». Mais quelle proposition ? Les décisions prises par les occidentaux, en mettant la pression sur la Russie, ne sont pas des propositions de désescalade, plutôt que d’apaiser les tensions, elles contribuent à les favoriser !
Et maintenant, dans la perspective du référendum de dimanche sur le rattachement de la Crimée à la Russie, tous crient que ce référendum est illégal ! Que la Russie ne peut pas bafouer la « légalité internationale » en menaçant l’intégrité du territoire ukrainien ! Oui, tout cela est vrai, mais à quoi ces cris d’orfraie vont-ils servir ? En quoi cela va-t-il changer quelque chose à la situation ? Que peuvent les Nations Unies, quand la Russie fait partie du Conseil de Sécurité ?
Non, tout cela est totalement inefficace et nous mène droit à la guerre ! La méthode la plus efficace serait la négociation gagnant-gagnant : dans le business comme en diplomatie, l’objectif de cette méthode est que toutes les parties aient l’impression d’avoir gagné quelque chose. Pour cela, il convient d’étudier à tête reposée les intérêts de chacun, et les « lignes rouges » à ne pas franchir. Or, cela n’a pas été fait dans la crise ukrainienne. Pour revenir à des bases de négociation saines, il faudrait accorder deux choses à la Russie : le retour en arrière du Parlement ukrainien de transition sur sa décision de supprimer l’enseignement obligatoire du russe, et un moratoire sur l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN. Voici les deux « lignes rouges » pour la Russie.
Il y a 3 éléments essentiels constitutifs d’une nation : des frontières communes bien sûr, mais aussi une culture commune, et une langue commune (ou plusieurs langues reconnues à égalité sur l’ensemble du territoire). Les occidentaux accusent les Russes de vouloir remettre en cause les frontières de la nation ukrainienne, mais le Parlement ukrainien de transition, lui, s’en est pris à la langue ! En remettant en cause l’enseignement obligatoire du russe, il a remis en cause la langue russe elle-même comme langue officielle, à parité avec l’ukrainien. Inacceptable pour les ukrainiens russophones qui se sentent ainsi exclus de la nation ukrainienne, et donc pour la Russie qui est naturellement solidaire de cette population qui partage avec elle une langue, une histoire et donc une culture commune. Imaginons qu’un jour les Flamands se révoltent et prennent le pouvoir au Parlement belge. Que dirait la France si le Parlement belge remettait en cause l’enseignement obligatoire du français pour les Wallons ?
La perspective de voir renaître les velléités d’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN est également inacceptable pour la Russie, qui se retrouverait ainsi complètement entourée par une coalition militaire largement au service des intérêts US, jusqu’au cœur-même de sa sphère d’influence naturelle. A mon sens, l’occupation de la Crimée par l’armée russe est une réaction de la Russie pour signifier tout simplement qu’elle ne se laissera pas faire. Comment en effet envisager que la Crimée, où la Russie possède une base navale d’intérêt stratégique crucial, se retrouve un jour dans l’OTAN !
Certes, Vladimir Poutine est un président autoritaire, qui utilise des méthodes dignes du KGB (à ce propos, voir le livre d’Alexandre Litvinenko, Le Temps des Assassins (2), mais il faut tenir compte des réalités géostratégiques. Et plutôt que de se positionner par rapport à la réalité, les occidentaux campent sur des positions de morale ! Des positions binaires, manichéennes, réductrices, alors que la réalité est plus complexe… Soulignons au passage que parmi les « défenseurs de la Russie », certains tiennent également des positions binaires : la crise ukrainienne, si on les écoute, serait une lutte entre les « gentils » Russes et les « méchants Ukrainiens fascistes », ce qui est tout aussi ridicule ! Bien sûr, il y a avait des fascistes dans le mouvement de révolte, mais les fascistes étaient une minorité, une minorité bien visible certes, mais une minorité quand même. Le mouvement de la place Maïdan était hétéroclite, comme le soulignait la rédaction du Monde diplomatique dans l’émission Là-bas si j’y suis du 6 Mars 2014 (3). Il n’y a pas eu de Coup d’État en Ukraine, juste une révolution comme toutes les autres, qui ne peut pas aboutir du jour au lendemain au régime idéal.
Mais revenons à des considérations diplomatiques. Dans la situation actuelle, nous voyons les États-Unis « négocier » avec la Russie, alors que les 2 parties ont des intérêts totalement contradictoires : les États-Unis veulent étendre leur sphère d’influence à l’Ukraine par l’intermédiaire de l’OTAN et la Russie ne le veut pas. On ne doit pas s’étonner, dans ces conditions, que ces « négociations » s’apparentent à un dialogue de sourds. L’Allemagne ou la France auraient pu se positionner comme arbitre, pour favoriser la recherche d’un compromis acceptable, mais non, comme pendant la Guerre froide, l’UE se soumet à la diplomatie US, alors que s’il y a une guerre en Ukraine, c’est l’UE qui sera en première ligne et subira les dégâts. Les États-Unis, géographiquement isolés, ne craignent rien. Rappelons que pendant la Guerre froide, l’OTAN était un système permettant aux États-Unis de créer un tampon avec l’URSS : en installant des missiles en Europe, les États-Unis avaient l’assurance qu’en cas de déflagration nucléaire, ce sont leurs alliés européens qui prendraient en premier ! Aujourd’hui, on dirait que rien n’a changé !
Et après le « référendum » de dimanche en Crimée, c’est la guerre qui se profile ! Si la Crimée se détache de l’Ukraine, qui empêchera les autres russophones ukrainiens de demander la même chose ? Le rattachement de la Crimée à la Russie, ou la reconnaissance de son indépendance, risque d’avoir les mêmes effets qu’en ex-Yougoslavie, où la reconnaissance de l’indépendance de la Croatie par l’Allemagne en 1992 a déclenché la guerre. Alors que la crise ukrainienne aurait pu être l’occasion de rapprocher diplomatiquement l’UE et la Russie, toute cette histoire vire au gâchis ! Pour moi, la meilleure option pour l’Ukraine serait d’en faire une confédération à la suisse, un état tampon neutre, comme un pont entre l’UE et la Russie. Car c’est la neutralité de la Suisse qui a garanti sa stabilité pendant les deux guerres mondiales. Si la Suisse n’avait pas été neutre, imaginez ce que cela aurait donné entre les parties francophone, germanophone et italophone !
Si la guerre éclate la semaine prochaine, nous constaterons une fois de plus qu’on ne fait pas de diplomatie avec de la morale, mais avec des principes. Le premier d’entre eux étant le principe de réalité !
Frédéric Dalmas http://www.voxnr.com/cc/etranger/EFAuAk ... dgHk.shtml
notes
1 Et oui, je veux bien sûr parler de Bernard-Henry Lévy, le grand « philosophe » germanopratin qui a courageusement lutté les armes à la main contre l’infâme Kadhafi en Lybie, et le cruel Milosevic en Yougoslavie.
2 Alexandre Litvinenko. Le Temps des Assassins, Éditions Calmann-Lévy.
3 http://www.monde-diplomatique.fr/carnet ... -06-La-bas

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Les Etats-Unis sont-ils en train de planifier des attaques terroristes en Ukraine ?

Messagepar Pat » 23/03/2014 - 8:16

Dans une série de courriels piratés reçus de « Anonymous Ukraine » il est clair que les responsables du Pentagone travaillant de concert avec des éléments extrémistes en Ukraine ont réalisé et envisagent d’autres attaques en Ukraine.

Ce qui est également clair, c’est que ces attaques, y compris le fait de faire sauter des avions dans un aéroport, seront imputée à la Russie. D’autres attaques pourraient également inclure des pertes civiles.

La longue série de courriels en comprend plusieurs qui sont terriblement compromettantes. Voici trois des « pires » documents montrant de façon flagrante la planification des attentats sous « faux drapeau » :

Ihor, Les événements évoluent rapidement en Crimée. Nos amis à Washington s’attendent à des actions plus décisives de votre réseau.

Je pense qu’il est temps de mettre en œuvre le plan dont nous avons discuté ces derniers temps. Votre travail consiste à créer des problèmes aux centres de transport dans le sud-est afin de mouiller-le voisin.

Cela permettra de créer des conditions favorables pour le Pentagone et la Compagnie (NDT : Academi ?) pour agir.

Ne perdez pas de temps, mon ami. Respectueusement, JP

Jason P. Gresh, Lieutenant Colonel, U.S. Army, Assistant Army Attaché, U.S. Embassy, Kyiv, Tankova 4, Kyiv, Ukraine 04112

(380-44) 521 – 5444 | Fax (380-44) 521 – 5636

« Mouiller le voisin » comme ledit de manière si inélégante le lieutenant-colonel Gresh signifie terrorisme sous fausse bannière. D’autres documents, dont un livre blanc réalisé par le Centre international d’études politiques à Kiev, en date du 4 Mars, 2014 met en garde contre les « théories du complot » russes. [...]

La suite sur http://reseauinternational.net/les-etat ... n-ukraine/
http://www.actionfrancaise.net/craf/?Le ... s-en-train

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Du Kosovo à la Crimée : le nouveau désordre international

Messagepar Pat » 31/03/2014 - 16:53

Le 24 mars 1999, il y a quinze ans, commençaient les bombardements de l’OTAN sur Belgrade. 4.000 morts et 10.000 blessés, dont deux tiers de civils. Avec la participation de la France. Cette guerre ouvrait le chapitre d’un nouvel ordre international (un ordre qui ressemble de plus en plus à un désordre), dans lequel – hasard du calendrier – s’inscrit l’affaire de Crimée.
Le parallèle entre le Kosovo et la Crimée a beaucoup été fait, y compris par le Kremlin. Au nom d’une identité ethnique albanaise forte (80 % de la population), le Kosovo a réclamé son indépendance. Refus et répression serbes : le Kosovo est le berceau historique et spirituel de la Serbie. Le patriarcat de Peć est le centre spirituel de l’Église orthodoxe serbe, et c’est le Kosovo qui a vu se dérouler la bataille des Merles en 1339, constitutive de l’identité nationale serbe (un peu comme notre dimanche de Bouvines).
Lire la suite => http://www.bvoltaire.fr/romainlasserre/ ... onal,54592

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Yulia Tymoshenko: il est temps de prendre les armes et de tuer ces maudits russes

Messagepar Pat » 06/04/2014 - 20:32

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L'Europe a lancé une véritable propagande américaine

Messagepar Pat » 20/04/2014 - 9:53

Interview avec Johann Gudenus (Parti de la liberté d’Autriche) Johann Gudenus, chef de file des élus nationalistes du Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ) au Parlement du Land de Vienne, décrit pour le quotidien russe Izvestia comment les médias occidentaux présentent les événements en Ukraine aux Européens.

- Pour l'UE, le mouvement du Maïdan était une manifestation de "démocratie" et exprimait la "volonté populaire des Ukrainiens".

- En effet pour l’UE, les manifestants prêts à recourir à la force sur le Maïdan étaient considérés comme des activistes qui exigeaient le renversement du président élu Viktor Ianoukovitch car ils étaient préoccupés par la situation dans le pays. La position actuelle de l'Occident, qui traite de "terroristes" les manifestants du sud-est de l'Ukraine, n'est rien d'autre qu'une politique de doubles-standards - bien que les politiciens européens ne reconnaissent pas ces accusations de la part de Moscou. On remarque que la volonté populaire n’est discutée en Europe que quand la population se prononce pour l'UE à l'unanimité.
- Moscou affirme que la presse occidentale diabolise injustement la Russie et fait de la propagande antirusse. Est-ce le cas ?

- Malheureusement, la couverture des événements en Ukraine par les médias occidentaux est très unilatérale. Je reconnais que les Russes sont diabolisés. Des éléments historiques, comme le fait que depuis des décennies un grand nombre de Russes vivent en Ukraine ou encore la proximité de Moscou et de Kiev, ne sont même pas mentionnés. Les discours des politiciens occidentaux rappellent une rhétorique d’avant-guerre. Les médias européens ont lancé une propagande purement américaine. Ce n'est pas ce qu'on pourrait appeler une position impartiale.
- En particulier, La Russie est accusée d'avoir annexé la Crimée et de revenir à la politique agressive de l'Union soviétique…

- L'Europe cherche à faire passer la Russie et la politique de Vladimir Poutine pour le mal absolu qui, tout en misant sur la paix dans le monde entier, cherche à satisfaire ses propres ambitions d'expansion et à occuper les territoires ukrainiens par la force armée. On cite toujours en exemple le référendum de Crimée, qui se serait déroulé sous la pression des militaires russes. Mais j'étais observateur à ce référendum et peux affirmer que c'est faux. Les Criméens sont allés voter avec bonne humeur, de leur propre gré, sans être forcés. Une ambiance de fête régnait dans les rues le soir du scrutin. Les policiers étaient les seuls représentants des forces de l’ordre que nous avons pu rencontrer.
- L'Union européenne promet d'adopter de sévères sanctions contre Moscou. Vous ne pensez pas qu'au final, cela puisse nuire à l’UE elle-même ?

- Je m'oppose aux sanctions et estime que l'UE cherche seulement à offenser Moscou par de telles menaces. La Russie a acquis depuis des années la réputation de partenaire commercial et économique fiable de l'Occident, qui a toujours respecté les accords à la lettre. L'UE droit également comprendre que le renforcement des sanctions contre la Russie, appuyé par des menaces de guerre, serait immédiatement suivi d'une réaction de Moscou. L'UE doit trouver une issue à cette situation par un dialogue avec la Russie et sans les USA qui lui dictent le comportement à adopter. En fin de compte, il ne faut pas oublier que la Russie se situe historiquement et géographiquement bien plus près de l'Europe que l'Amérique.
-
Il vous semble que dans le contexte des événements en Ukraine, l'Europe a complètement perdu son autonomie en politique étrangère et agit sous la dictée des USA ?
- C'est effectivement le cas, à en juger par le caractère très unilatéral de la politique européenne. Alors que les négociations sur un accord de libre échange entre les USA et l'UE battent leur plein, la politique de Bruxelles est dominée par Washington. Or l'autonomie sur l'arène internationale est un facteur primordial pour l'Europe. Il est nécessaire de créer un axe géopolitique Paris-Berlin-Moscou comme véritable contrepoids politique à l'Otan. L'Autriche, en tant que membre de l'UE mais pas de l'Otan, pourrait ainsi conserver sa neutralité en se réservant le droit de critiquer les actions de l'Alliance.
- En dépit des récents événements, l'UE reste disposée à un rapprochement avec l'Ukraine et à la signature d'un accord d'association. Ne pensez-vous pas qu'il serait néfaste pour l'UE de se rapprocher d'un pays au seuil de la guerre civile et de la faillite ?

- Les intérêts de l'UE en Ukraine ne sont pas clairs aujourd'hui. L'Ukraine, un Etat en faillite, n'étant pas membre de l'UE, demande déjà des investissements conséquents. Un citoyen européen ne peut pas le comprendre et ne doit pas le comprendre. On a l'impression que l'Occident cherche à retenir l'Ukraine par tous les moyens, uniquement pour conserver la possibilité d'y déployer à terme de nouvelles bases de l'Otan à proximité des frontières russes. Personne ne doit s'étonner à Bruxelles que la Russie se sente au pied du mur. Le renforcement de l'Otan dans les Etats à l'est de l'Alliance est un flagrant outrage à la Russie.
Source : http://fr.ria.ru/discussion/20140417/200996780.html
http://www.voxnr.com/cc/etranger/EFAZAZ ... xnsR.shtml

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Re: Comprendre Maïdan, par Jonathan Goddard

Messagepar Pat » 24/04/2014 - 14:36

Le «gouvernement» de Kiev rejette le fédéralisme et les droits linguistiques. Il préfère flirter avec l’OTAN

Un éclairage américain sur le fédéralisme et l’usage du multilinguisme
Il n’y a pas si longtemps, «fédéralisme» n’était pas un gros mot en politique ukrainienne, et cela même d’un point de vue nationaliste orienté vers l’Occident. Par exemple l’année passée, le professeur Alexander J. Motyl de l’Université de Rutgers, qui commente fréquemment les événements en Ukraine, a fourni une explication éclairée de la raison pour laquelle la décentralisation serait judicieuse : en particulier pour lutter contre la corruption (voir le commentaire de l’AIU de l’époque dans l’article «Decentralizing Ukraine: an Issue that Deserves Serious Discussion» [La décentralisation de l’Ukraine: un sujet qui mérite d’être discuté], août 2013).
Cependant, à présent, les gouvernements occidentaux ne voient dans la perspective de la décentralisation qu’un stratagème visant à désintégrer l’Ukraine. John Kerry, le secrétaire d’Etat américain a délaissé la question du fédéralisme au «gouvernement» de Kiev qui n’a pas été élu, et qui a toutefois été accepté sans réserve par les Etats-Unis comme par l’Union européenne en tant que gouvernement légitime et voix autoritaire de tous les Ukrainiens. Il n’est donc pas surprenant que les habitants fulminent :
«Pourquoi la Russie n’adopte-t-elle-pas le fédéralisme? Pourquoi ne confère-t-elle pas davantage de pouvoir aux régions nationales de la Fédération? Pourquoi n’introduit-elle pas d’autres langues officielles des Etats, à côté du russe, dont l’ukrainien qui est parlé par des millions de Russes?» […]
«Au lieu de sermonner les autres, il vaut mieux d’abord mettre les choses en ordre chez soi.» (Reuters, «Ukraine hits back at proposals by Russia’s Lavrov» [L’Ukraine riposte aux propositions de Lavrov], 31 mars).
Bien sûr qu’en effet, la Fédération de Russie possède une structure fonctionnelle fédérale. Selon l’article 68 de sa Constitution, les Etats membres de la Fédération ont le droit d’adopter des langues officielles. Cela dépasse les droits des oblasts ukrainiennes. D’ailleurs, il existe des dizaines de langues officielles des différentes Républiques, dont l’ukrainien, le tatare de Crimée et d’autres langues. Inversement, comme aucune autre langue que le russe n’est parlée à l’échelle nationale, il est la seule langue officielle dans l’ensemble du territoire de la Fédération.
C’est tout le contraire de la situation en Ukraine, où le bilinguisme ukrainien-russe est un fait quotidien dans une grande, sinon la majeure, partie, du pays. Pourtant, l’article 10 de la Constitution de l’Ukraine déclare absurdement que le russe n’est qu’une langue minoritaire.
Quand l’Ukraine décide de considérer le fédéralisme, si elle s’y décide réellement, le pays sera obligé de fournir un cadre juridique plus réaliste à son bilinguisme fonctionnel : un cadre qui promeuve l’unité, plutôt que de provoquer le désaccord, en prenant pour exemple l’expérience d’autres pays bilingues ou multilingues.
Une manière de faire précisément cela serait d’adopter un accord national qui permettrait de définir les rôles de l’ukrainien et du russe en tant que langues nationales en leur donnant un cadre constitutionnel fédéralisé.
En plus, la prestation de Kiev, selon la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, reste insatisfaisante du point de vue de langues véritablement minoritaires, comme le roumain, le bulgare, le gagaouze ou le rusyn, que Kiev refuse de reconnaître à tout prix, bien que cette langue soit protégée en tant que langue minoritaire officielle en Slovaquie, Serbie, Roumanie et ailleurs.
Si le «gouvernement» de Kiev rejette strictement et mal à propos toute discussion sur le fédéralisme et les droits linguistiques, cela ne peut aboutir qu’à un affaiblissement ultérieur de l’intégrité de l’Ukraine, plutôt que de la renforcer. Malheureusement, la priorité du «gouvernement» de Kiev est évidente : c’est son programme géopolitique, militaire et stratégique. Le 2 avril, la Commission OTAN–Ukraine a fait une déclaration dans laquelle elle soutenait ce qui suit (et ce n’était probablement pas un poisson d’avril): «Nous saluons le fait que, le 21 mars, l’Ukraine a signé les chapitres politiques de l’Accord d’association avec l’Union européenne.»
On aurait pu penser que les «chapitres politiques» d’un accord signé avec une organisation complètement différente – l’Union européenne – ne concernent pas l’OTAN. Mais bien sûr que l’OTAN est concernée, car cet accord oblige Kiev à harmoniser ses politiques étrangères et de sécurité avec Bruxelles, qui, quant à elle, est subordonnée à l’OTAN selon les arrangements «Berlin Plus» datant de 2002.
Si les gouvernements occidentaux continuent à se tromper de priorités et à soutenir avec détermination le «gouvernement» ni représentatif ni élu de Kiev, ils ne font que menacer l’unité fragile de l’Ukraine. •
James George Jatras
Directeur adjoint de l’Institut américain en Ukraine (AIU)
Source: AIU, 3/04/2014
(Traduction Horizons et débats, N° 8, 14 avril 2014.)
James George Jatras est juriste et spécialiste en relations internationales, affaires gouvernementales et sciences politiques des législations. De 1985 à 2002, il a travaillé en tant que conseiller et analyste politique de plusieurs membres républicains du Sénat américain. De 1979 à 1985, il a été fonctionnaire au sein du Secrétariat d’Etat américain. Il est membre de la chambre des avocats de la Cour suprême des Etats-Unis et des chambres d’avocats de Pennsylvanie et du district de Columbia. Il fait des conférences et publie des articles sur divers sujets dans les médias papier et en ligne.
Il s’exprime régulièrement au sujet de la loi FATCA, notamment concernant les aspects législatifs et politiques, et il dirige le site Internet www.repealfatca.com.
http://www.polemia.com/le-gouvernement- ... vec-lotan/

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Re: L'Ukraine : un enjeu géostratégique, au cœur de la Guerre tiède

Messagepar Pat » 24/04/2014 - 16:11

Poutine et Louis XIV

Le président russe est-il un autocrate expansionniste obsédé par l'annexion des territoires limitrophes ou un nationaliste prudent désireux de protéger son pays ?
La Russie géopolitique de 2014 est évidemment l'héritière de l'URSS. Frontières, alliances, place dans les institutions internationales, elle ne tient son rang actuel qu'en raison du rôle que l'Occident a bien voulu assigner au « bloc de l'Est ». Il faut en effet poser trois remarques : d'une part, l'Occident (c'est-à-dire les Etats-Unis) feint de découvrir aujourd'hui que Russie et URSS n'étaient qu'une même réalité, comme si brusquement se révélaient les intérêts nationalistes de la Russie à travers son instrumentalisation du communisme international; d'autre part, l'Occident a une volonté clairement impérialiste dans l'imposition d'une mondialisation libérale (la Russie n'étant pas vierge de toute influence, à cet égard) ; enfin, l'Occident tient à ce que la Russie continue de jouer le rôle de la menace immédiate : Zbigniew Brzezinski et son Grand échiquier est le promoteur de cette thèse américaine paranoïaque.
Une caricature aux contours mal définis
Aujourd'hui, il est donc coutumier et nécessaire que les commentateurs grossissent à plaisir les forces et les faiblesses de la Russie, mettent en avant autant la gabegie, la misère, la corruption que les richesses naturelles, la puissance militaire, etc., saluent l'intelligence de Poutine comme ils en déplorent la rouerie, bref dressent constamment un épouvantail, une caricature, un simulacre excitant à la fois la crainte tout en suggérant une victoire facile.
Bizarrement, Poutine se sent menacé ; il réagit. Et depuis quelques semaines, les thèses s'affrontent: de quoi Poutine n'est-il pas le nom? On lui prête les plus noirs desseins et les pratiques les plus infâmes. Avec lui, jamais le droit des peuples, le droit des nations, le droit international et les consciences douloureuses n'ont été si violentés.
À bien considérer les cartes, l'impérialisme russe a en effet quelques restes : présence militaire en dehors des frontières, communautés russo-phones, accords économiques déséquilibrés. Autrement dit, tout ce qui fait la politique étrangère des Etats-Unis ou de la France, ces deux pays ayant en plus la prétention messianique d'apporter la vérité démocratique au monde entier, si nécessaire par la force, qu'ils ne rechignent jamais à employer, le « fais-ce-que-je dis-pas-ce-que-je-fais » étant devenu la règle.
Seul contre un libéralisme envahissant
C'est précisément ce messianisme qui est en cause - et c'est le moment où le parallèle avec Louis XIV peut être fécond. Quand Louis lance sa grande série d'annexions diplomatiques ou guerrières, il a moins en tête un impérialisme français que la volonté de restaurer son pays continuellement grignoté sur ses marges et fragilisé par les guerres de religion. Il veut restaurer son pré carré et contrer l'appétit des Habsbourg.
Exactement comme Poutine qui voit se dresser contre sa Russie toutes les démocraties libérales mondialistes : en 2004, en 2007, les élargissements européens poussent l'Europe vers l'Est ; la signature du Partenariat oriental de 2009 poursuit l'encerclement en gagnant l'Ukraine, mais aussi l'Arménie, la Géorgie, etc. ; les « nouveaux » Européens rejoignent l'OTAN. Bref, Poutine se sent étranglé : il multiplie les accords diplomatiques et économiques.
Face à Louis XIV et à sa diplomatie tout à la fois tatillonne et musclée (Jean-Christian Petit-fils y consacre des pages très intéressantes), les Européens ont pris peur : que la France veulent regagner ses places fortes et mettre au pas la poussière de communautés, principautés, archevêchés, plus ou moins indépendants et vaguement inféodés à celui qui paye le plus, très bien ; mais jusqu'où irait le jeune roi ? Là où Louis se pose en garant de la paix de sa nation, les autres ne veulent voir qu'un belliqueux, la propagande française officielle renforçant le malaise. A l'arrivée, en soixante ans, la France aura poussé au Nord, absorbé la Franche-Comté et annexé l'Alsace : ça reste modeste.
Protection ou expansion ?
Il est fascinant que dans l'histoire de la Crimée (et bientôt de la Transnistrie, de l'Ossétie...) on prête à Poutine des volontés expansionnistes guerrières quand il ne fait que vouloir préserver les populations russes et son indépendance territoriale face à un plan avoué des États-Unis et de l'Europe de faire basculer des régions entières dans leur sphère d'influence politique et économique. C'est le camp du bien qui hurle à la guerre, parle de nécessaire et juste coalition - exactement ce que les princes protestants firent pour ne pas conclure de paix avec Louis XIV. La défense de la nation russe passe aussi par la promotion de la chrétienté : ce n'est pas sans arrière-pensées, certes, comme la visite d'Obama au pape François, comme la prétention des rois catholiques à maîtriser le spirituel. C'est aussi une autre façon de résister à un bonheur libéral qui se révèle comme une nouvelle religion et qui est brandi comme une arme d'influence, exactement comme les protestants luttaient politiquement contre le roi.
Il faut considérer que Poutine est un nationaliste, pas un expansionniste, et qu'il a décidé de refuser la fatalité d'un encerclement économique, diplomatique, militaire et idéologique, de protéger les populations russophones et de lutter contre l'Islam. Un programme qui, malgré ses déficiences, fait rêver dans une France où une soumission économique aux États-Unis et une soumission fataliste à l'Islam tiennent désormais lieu de toute réflexion politique étrangère.
Hubert Champrun monde & vie 9 avril 2014

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Re: L'Ukraine : un enjeu géostratégique, au cœur de la Guerre tiède

Messagepar Pat » 25/04/2014 - 11:14

Vraie cause de la crise ukrainienne : la guerre économique

par Guillaume Faye
Ex: http://www.gfaye.com
Les sanctions économiques stupides contre la Russie prises par les USA et l’Union européenne sont une énorme erreur qui va d’abord nuire à l’Europe et surtout… à la France. Elles sont un moyen pour Washington de casser le lien économique euro-russe en construction. Voilà les vraies raisons, économiques, de la crise ukrainienne, provoquée par l’Occident (USA et EU soumise) à son bénéfice.
Les sanctions anti-russes (complètement contraires au droit international, par ailleurs) nuisent d’abord à l’économie russe, qui souffre de son manque de diversification et de sa trop grande dépendance du secteur énergétique pétrogazier, en favorisant une fuite des capitaux russes. La Banque centrale russe a déjà enregistré 50 milliards de dollars d’actifs désertant Moscou. (1)
Les États-Unis poussent à l’accord de libre-échange avec l’UE, accord inégal qui les favorisera grandement, et que la Commission européenne n’ose pas contrecarrer. Leur but est d’éviter à tout prix une zone de libre échange euro-russe incluant l’Ukraine, et la naissance d’un espace économique continental euro-russe qui pourrait marginaliser et affaiblir la position économique dominante américaine.
L’accord d’association entre l’Union européenne et l’Ukraine, concocté par la Commission européenne sans mandat clair, fut la provocation qui déclencha la crise actuelle (voir autres articles de ce blog). Cet accord était économiquement irréalisable, invivable, l’Ukraine n’étant même pas au niveau économique d’un pays émergent. Il violait des conventions passées entre la Russie et l’Ukraine. La crise fut déclenchée lorsque, sous pression du Kremlin, l’ancien pouvoir de Kiev revint en arrière et renonça à l’accord proposé par Bruxelles. Le nouveau pouvoir ukrainien russophobe par idéologie (illégitime au regard du droit international puisque issu d’un coup d’État) entend reprendre cet accord absurde avec l’UE. Les mesures russes de rétorsion contre l’Ukraine (fin du tarif gazier préférentiel et facturations rétroactives) semblent peut-être dures mais elles sont conformes à toutes les pratiques commerciales internationales, par exemple celles qui ont toujours été pratiquées par l’Opep – Organisation des pays exportateurs de pétrole.
Petit rappel historique : début 2012, une zone de libre échange euro-russe avait été programmée par Paris et Moscou, avec l’accord du gouvernement Sarkozy et du Kremlin, incluant l’Ukraine et la Communauté des États indépendants (CEI). Berlin était d’accord, vu que l’Allemagne est dépendante du gaz russe et investit énormément en Russie. Mais Washington et Londres étaient très inquiets, vieux réflexe géopolitique anglo-saxon. D’autant plus que la France avait passé des accords d’exportation de navires militaires de type BPC Mistral avec la marine russe, ce qui constitue pour l’Otan une entorse aux règles implicites, une ligne rouge à ne pas franchir.
La Russie était d’accord pour entrer dans l’Organisation mondiale du commerce en échange d’un partenariat privilégié avec l’UE. Cet objectif est inacceptable pour Washington : en effet, les Américains exigent la signature de l’accord (inégal) de libre échange avec l’UE qui favorise tous leurs intérêts.
En décembre 2012, Manuel Barroso, président de la Commission européenne, a rejeté la proposition de M. Poutine d’une zone de libre-échange euro-russe incluant l’Ukraine ; puis, il a proposé à l’Ukraine de s’associer à l’UE pour une future adhésion, solution qu’il savait impossible. Mais Manuel Barroso, outrepassant ses fonctions et violant juridiquement son mandat, est-il un simple agent de Washington ? N’aurait-t-il pas volontairement provoqué la crise, afin de briser dans l’œuf une union économique euro-russe ?
Les intérêts économiques européens en Russie dépassent de très loin ceux des USA, ce qui dérange ces derniers. La moitié des investissements en Russie sont européens. Même proportion pour les exportations russes.
Les sanctions contre Moscou, décidées en fait à Washington et à Bruxelles – l’UE jouant le rôle peu reluisant de filiale des USA – vont d’abord nuire aux investissements européens et français en Russie et à leurs exportations industrielles et de services. Les sanctions anti-russes risquent de mettre en péril non seulement les importations vitales de gaz russe mais de nombreuses participations françaises dans l’économie russe : industries ferroviaire, automobile, pharmaceutique, travaux publics, luxe, viticulture, aéronautique, agro-alimentaire, grande distribution, défense. Au moment même où la France a un besoin vital d’exporter pour rééquilibrer sa balance des paiements déficitaire et créer des emplois.
Le gouvernement socialiste français, dont la diplomatie est dirigée par l’atlantiste Laurent Fabius (qui n’a pas de doctrine précise à part la vacuité des ”Droits de l’homme”) a enterré la position gaullienne et indépendante de la France. Il s’est aligné, contre les intérêts de la France et de l’Europe (la vraie, pas celle de l’UE) sur la position de Washington. En réalité, Washington et l’UE ont instrumentalisé l’Ukraine au seul bénéfice des intérêts économiques américains.
Il existe un autre aspect fondamental : tout se passe, par ces sanctions économiques anti russes, comme si Washington voulait créer une crise des approvisionnements gaziers russe en Europe, afin d’y substituer les exportations américaines de gaz de schiste liquéfié, nouvelle source d’énergie extrêmement juteuse pour l’économie américaine.
D’un point de vue géostratégique, l’axe Paris-Berlin-Moscou est le cauchemar des milieux atlantistes, ainsi que son corollaire, un espace économique de complémentarité mutuelle ”eurosibérien”, ainsi qu’une coopération militaro-industrielle franco-russe. Le président russe a eu le tort pour Washington de vouloir esquisser cette politique.
C’est pourquoi la crise ukrainienne – latente depuis longtemps – a été instrumentalisée, entretenue, amplifiée par les réseaux washingtoniens (2) pour tuer dans l’œuf un grand partenariat économique et stratégique euro-russe. Pour découpler l’Europe de la Fédération de Russie.
N’en voulons pas aux USA et ne sombrons pas dans l’anti-américanisme dogmatique. Ils jouent leur carte dans le poker mondial. Seuls responsables : les Européens, qui sont trop mous, faibles, pusillanimes pour défendre leurs intérêts, qui laissent la Commission européenne décider – illégalement – à leur place. De Gaulle doit se retourner dans sa tombe.
Mais il n’est pas évident que cette stratégie de la tension avec la Russie et que cette réactivation de la guerre froide soient dans l’intérêt des USA eux-mêmes. Car cette russophobie – qui prend prétexte du prétendu ”impérialisme” de M. Poutine (3), cette désignation implicite de la Russie comme ennemi principal ne sont pas intelligentes à long terme pour les Etats-Unis. Pour eux, le principal défi au XXIe siècle est la Chine, sur les plans économique, géopolitique et stratégique globaux. Pékin se frotte les mains de cette crise, en spectateur amusé.
Dans l’idéal, il reviendrait à la France et à l’Allemagne (négligeant le Royaume–Uni aligné sur les USA et la Pologne aveuglée par une russophobie émotionnelle et contre-productive) de négocier, seules, avec Moscou, un compromis sur la crise ukrainienne. En passant par dessus la technocratie bruxelloise qui usurpe la diplomatie européenne et qui, comme toujours, marque des buts contre le camp européen. On peut toujours rêver.
Notes:
1. AFP, 15/04/2014
2. Barack Obama, qui est un président faible de caractère et indécis, ne voulait plus impliquer son pays dans les affaires européennes et russes, préférant se tourner vers l’Asie. Ce qui était réaliste. Mais il a dû s’incliner devant les lobbies qui ont toujours dirigé la politique étrangère américaine, souvent plus pour le pire que pour le meilleur.
3. ”Impérialisme” minuscule face aux interventions armées des USA et de l’Otan (mais toujours pour la bonne cause) depuis la fin de l’URSS.
http://euro-synergies.hautetfort.com/ar ... 53650.html

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Messagepar Pat » 26/04/2014 - 20:09

Russie-Ukraine : Le "complexe de l'encerclement"

Moscou, depuis le temps des tsars et même lors de la grandeur de l'URSS, a toujours entretenu un "complexe de l'encerclement". Aussi étonnant que cela puisse paraître, l'offensive qui devait conduire l'Armée rouge aux côtes atlantiques de l'Europe était une manœuvre destinée à briser l'étau que faisaient peser les forces de l'OTAN sur l'URSS et ses alliés.
Washington, depuis l'effondrement de l'URSS, un jeu qui consiste à grignoter les marches de la Russie via l'OTAN. Dans ce cadre, l'initiative d'installer un bouclier antimissile, théoriquement destiné à contrer une menace balistique iranienne, a été très mal ressentie par Moscou.
Les initiatives de l'Occident, emmené par les États-Unis, qui ont conduit aux révolutions arabes (ou, selon les analyses, ont suivi les révolutions arabes) sont considérées par la Russie comme "hégémoniques". De plus, le camouflet imposé par l'interprétation des décisions de l'ONU vis-à-vis de la Libye(censées défendre la population, mais qui, dans les faits, visaient à renverser Kadhafi) est restée en travers de la gorge de Vladimir Poutine (et aussi de la Chine). Son idée, depuis : "plus jamais ça !"
La révolution ukrainienne, appuyée par l'Occident en général et l'Europe en particulier, est ressentie comme une véritable agression des intérêts de la Russie, qui considère l'Ukraine comme faisant partie de son pré carré.
Les installations navales russes en Crimée sont vitales pour Moscou, car c'est le seul accès aux mers chaudes, même s'il faut traverser le détroit du Bosphore. Il ne s'agit plus du "pré carré", mais du cœur de la puissance maritime russe.
Au cas où certains l'auraient oublié, la Russie reste la deuxième puissance nucléaire de la planète. L'éventualité d'une "première frappe" n'est pas exclue si le Kremlin juge que ses intérêts sont en jeu. Dans ce domaine, heureusement que l'Ukraine a renoncé à son arsenal nucléaire. Si ce n'était pas le cas, la situation serait beaucoup plus "explosive".
Les liens économiques Europe-Russie sont extrêmement imbriqués aujourd'hui. Les deux parties n'ont aucun intérêt à ce que la crise perdure. Tout retournement d'alliance (l'Europe vers les États-Unis et la Russie vers la Chine, avec toutes les difficultés politico-économiques que cela implique) ne peut se faire que sur le long terme. Les deux entités sont obligées de composer, du moins après une certaine période de brouille. A ce titre, l'Allemagne et la Pologne sont très dépendantes du gaz russe.
La Russie n'est pas si isolée que veulent bien le dire les États-Unis. Les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) restent sur une réserve prudente.
L'Occident va devoir accepter que la Crimée, via un référendum "démocratique", soit rattachée d'une manière ou d'une autre, à la Russie. De son côté, la Russie va être obligée de laisser les provinces orientales ukrainiennes au nouveau régime en place à Kiev. Par contre, beaucoup de passeports russes vont être accordés aux Ukrainiens qui en feront la demande (les futurs "pieds-noirs" de la Russie).
Alain Rodier pour RAIDS n°335
http://www.oragesdacier.info/2014/04/ru ... xe-de.html
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Messagepar Pat » 03/05/2014 - 13:38

Videos. Ukraine : l'Est du pays échappe de plus en plus à Kiev

Le bras de fer se poursuit jeudi en Ukraine, où l'insurrection pro-russe continue de s'étendre dans l'est du pays. Des régions que Kiev ne semble plus contrôler. Les séparatistes se sont emparés du parquet régional à Donetsk, faisant plusieurs blessés parmi les policiers pendant l'assaut. Les militants pro-russes retiennent depuis près d'une semaine une équipe de onze membres missionnés par l'OSCE (1)(l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe).
De son côté, Kiev avait annoncé mercredi avoir mis ses forces armées en «état d'alerte total» (2) pour «empêcher le terrorisme de s'étendre», avait déclaré le président ukrainien par intérim Olexandre Tourtchinov. Ce jeudi, il a décidé ce jeudi de réintroduire la conscription, «compte tenu de la dégradation de la situation dans l'Est (...), de la montée en puissance des unités armées pro-russes, de la prise de contrôle ou blocus d'administrations publiques, d'unités militaires, de communications, de transport».
Les signes avant-coureurs d'une scission ?
Le chef d'Etat par intérim souhaite coûte que coûte que des élections aient lieu le 25 mai. A l'origine, il s'agissait uniquement de la présidentielle. Mais le gouvernement envisage désormais la tenue en parallèle d'un référendum sur l'unité de la nation ukrainienne et sur la décentralisation. Les séparatistes organiseront, de leur côté, un référendum dès le 11 mai.
L'Ukraine a reçu jeudi une nouvelle marque de soutien des Occidentaux sous la forme d'un prêt de 17 milliards de dollars (12,2 Mds€) du FMI. Mais, preuve sans doute de la fragilité de la situation, le Fonds indique que «si le gouvernement central perd le contrôle effectif de l'Est (du pays, Ndlr), le programme devra être remanié».
Observateurs : Merkel demande l'appui de Poutine. Après plusieurs jours de négociations infructueuses, la chancelière allemande Angela Merkel -qui s'entretiendra vendredi à Washington avec Barack Obama- a demandé au président russe Vladimir Poutine d'user de son «influence» pour obtenir la libération des observateurs dont quatre sont de nationalité allemande . Son ministre des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, rencontrera vendredi son homologue suisse Didier Burkhalter, président de l'OSCE, à Berne (Suisse) pour discuter de cette crise. Les négociations avec des représentants de l'OSCE «se déroulent très bien», a déclaré jeudi soir le maire autoproclamé de la ville, Viatcheslav Ponomarev. Lorsqu'on on lui a demandé quand pourraient être libérés les onze inspecteurs de l'OSCE, ils a répondu : «Pas de commentaires».
Les séparatistes contrôlent le parquet de Donetsk. Quelque 300 manifestants pro-russes ont donné l'assaut jeudi contre le siège du parquet régional à Donetsk. La foule a lancé des pierres et des cocktails Molotov en direction du bâtiment et d'une centaine de policiers en tenue anti-émeute qui défendaient le site et ont répliqué avec des grenades assourdissantes et du gaz lacrymogène.(Vidéo dans le tweet ci-dessous) Des policiers, débordés, ont été frappés et désarmés par la foule, qui criait «Fascistes! Fascistes!» et attaquait de plusieurs côtés du bâtiment à la fois. Dépouillés de leurs casques, gilets, matraques et boucliers, les policiers quittaient les lieux entre deux rangées de civils qui les huaient et les frappaient. Selon les autorités de Kiev, 15 personnes ont été blessées au cours de l'assaut, dont certaines par armes à feu.
Même scénario à Gorlivka. Selon les médias locaux, des hommes armés et encagoulés ont pris dans la soirée le siège du Parquet de la ville de Gorlivka. Ils ont emporté les ordinateurs et brûlé des dossiers dans la cour de l'immeuble. Les séparatistes contrôlent désormais des sites stratégiques (mairie, siège de la police et des services de sécurité) dans plus d'une douzaine de villes.
A Slaviansk, le 1er-Mai mobilise peu de séparatistes. à l'occasion du 1er mai à Slaviansk. Une rare illustration grandeur nature de la très faible mobilisation de la population dans leur fief. «Beaucoup de gens sont partis à la campagne pour jardiner, pour se reposer, parce qu'ils sont fatigués de ce qui se passe ici», depuis le 12 avril, date de la prise de contrôle par la rébellion de cette ville de 110.000 habitants, explique Lioubov Vassilievna. Elle est l'une des quelque 200 personnes à s'être déplacées pour participer à une «marche de soutien à la République populaire de Donetsk» unilatéralement proclamée par les séparatistes.
Kiev reçoit une aide du FMI. L'Ukraine a reçu une nouvelle marque de soutien des Occidentaux sous la forme d'un prêt de 17 milliards de dollars (12,2 Mds€) du FMI. Le Fonds monétaire international va débloquer dans un premier temps un premier prêt de 3,2 milliards de dollars à Kiev, que la Russie presse de régler une facture de gaz de plusieurs milliards de dollars. «Une action urgente était nécessaire», a expliqué la directrice du Fonds, Christine Lagarde.
Ces subsides pourraient être revus. Si l'Ukraine perd l'Est, le Fonds estime qu'une «augmentation» de l'aide financière apportée à l'Ukraine s'avérera «nécessaire». Des mesures «correctives» au programme de réformes exigées par le Fonds pourraient également être envisagées, selon le rapport. Les provinces de l'Est du pays (Donestk, Lougansk, Kharkiv) qui représentent plus de 21% du PIB ukrainien et 30% de sa production industrielle. «Les tensions avec la Russie, si elles ne s'apaisent pas rapidement (...) pourraient conduire à un choc économique plus faible mais comparable par nature à celui qui a suivi la transition» du pays hors de l'orbite soviétique dans les années 1990, explique le rapport du FMI, craignant même que le pays soit «dévasté». Parmi les conditions imposées par le FMI figure une augmentation de 50% du prix du gaz pour les particuliers, entrée en vigueur ce jeudi. Une nouvelle hausse de 40% devrait suivre dans les deux ans.
NDLR : Plus de documents (videos) sur le lien .
(1) http://www.leparisien.fr/international/ ... 798513.php
(2) http://www.leparisien.fr/international/ ... 807769.php
Lien : http://www.leparisien.fr/international/ ... aine-les...

http://www.voxnr.com/cc/etranger/EFAAEp ... DJTX.shtml

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Re: L'Ukraine : un enjeu géostratégique, au cœur de la Guerre tiède

Messagepar Pat » 05/05/2014 - 9:20

Des dizaines de fonctionnaires du FBI et de la CIA à Kiev
Le journal allemand Bild, citant des sources au sein des services de sécurité allemand, affirme que des dizaines de fonctionnaires de la CIA et du FBI sont actuellement à Kiev au nom du gouvernement américain.

Officiellement, ils ne sont pas impliqués dans les combats à l'est du pays. Néanmoins le journal écrit que "Au nom du gouvernement américain, les fonctionnaires doivent aider à ce que la rébellion cesse à l'est du pays et à établir une structure de sécurité qui fonctionne".

Les autres attributions, déjà connues, couvrent la lutte contre la criminalité organisée et une unité spéciale en charge de pister les actifs des anciens dirigeants du pays. Alors que le département d'état américain et la Maison Blanche ont soutenu le droit de Kiev à "rétablir" l'ordre, il était impensable que les services américains ne jouent pas un rôle en ce sens. Les médias russes et le ministère des affaires étrangères s'étaient fait écho du déclenchement de l'opération anti-terroriste le lendemain de la visite de John Brennan à Kiev.

Si cela ne confirme pas les dires de certains médias russes ou de députés de la Rada selon lesquels un étage entier du SBU (service de sécurité) serait inaccessible en raison de la présence des agents américains, on peut néanmoins affirmer avec une quasi-certitude que les services américains sont impliqués directement, ou indirectement (mais pas trop) dans les opérations à l'est et dans les choix de sécurité du gouvernement central.

Espérons néanmoins que ces agents américains conseillent le gouvernement de Kiev avec une vision moins naïve que leurs journalistes (Désolé je n'ai plus la source, mais un envoyé spécial de Fox, ou de CNN, se déclarait très surpris de l'hostilité que manifestaient les gens de l'est ukrainien envers les États-Unis)
http://www.points-de-vue-alternatifs.co ... -bild.html
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Messagepar Pat » 05/05/2014 - 13:48

RT. Poutine : Odessa, régime et occident ont du sang sur les mains S/T


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