L’information est passée relativement inaperçue. Selon l’INSEE, Le taux de marge des entreprises françaises est tombé à 27,7% au troisième trimestre, à son plus bas niveau depuis 1985.
Ces chiffres semblent contredire le sentiment général en France sur le creusement des inégalités et les milliards de profits réalisés par les plus grandes entreprises. Les sociétés du CAC 40, l’indice vedette de la Bourse de Paris, auront réalisé environ 80 milliards d’euros de bénéfices cette année, une progression de 15% par rapport à 2012.
Mais c’est l’arbre qui cache la forêt. Si les multinationales vont bien, c’est parce qu’elles réalisent, comme leur nom l’indique, l’essentiel de leur chiffre d’affaires et plus encore de leurs bénéfices à l’étranger. Elles ne reflètent pas du tout la santé réelle des entreprises et de l’économie française.
L’état de santé, en moyenne, des entreprises françaises est très préoccupant. Leur taux de marge est bien plus faible que celui des entreprises allemandes (plus de 40%), mais aussi italiennes, britanniques et même espagnoles (entre 34% et 40%). Les entreprises françaises sont tout simplement les moins rentables de la zone euro. Les profits des entreprises françaises font à peine plus de 6% du PIB, les allemandes et les italiennes un tiers de plus, les espagnoles et les américaines deux fois plus.
Alors on sait bien en France que le profit s’est mal. Mais c’est le moteur de l’économie de marché et la baisse de rentabilité des entreprises française, qui n’est pas un phénomène nouveau, s’aggrave. Le taux d’autofinancement des investissements des entreprises est très faible et va encore diminuer cette année (à moins de 66%). Pour investir, elles sont obligées de s’endetter. C’est-à-dire de prendre des risques et de trouver des banques qui aient envie de prêter.
C’est évidemment une bonne explication à la frilosité des investissements et donc des créations d’emplois privés et marchands, de vrais emplois qui ne sont pas financés par de la dépense publique, c’est-à-dire par des impôts et de la dette.
Le Crédit d’impôt compétitivité emploi (Cice) n’est pas encore intégré dans la mesure du taux de marge effectuée par l’INSEE, mais il représente à peine un point de marge. Le mal est plus profond.
Il tient aux charges pesant sur le travail et notamment au financement de la protection sociale par les salaires, mais pas seulement. Si les marges sont aussi faibles, c’est que les entreprises françaises ont perdu tout contrôle sur le prix de vente de leurs produits. Cela signifie qu’elles sont trop exposées à la concurrence avec des offres à trop faible valeur ajoutée, dans des gammes trop basses ou trop peu innovantes. Un cercle vicieux dont il n’est pas possible de sortir sans investir…
«Vu leur situation très dégradée, les entreprises vont utiliser le Cice avant tout pour restaurer leurs marges et non pas pour embaucher ou investir, prévient Patrick Artus, directeur des études de Natixis. Or sans l’investissement, la reprise ne s’enclenchera pas.» Elle sera «poussive», a prévenu l’Insee. L’Institut prévoit en conséquence que le taux de chômage, après une stabilisation, devrait repartir légèrement à la hausse mi-2014.
Les organisations internationales (OCDE, FMI, Commission européenne) ne croient pas non plus à un recul prochain du chômage en France. Elles pensent même que la hausse va se poursuivre en 2014.
Slate => http://www.slate.fr/economie/81679/entr ... des-marges
http://fortune.fdesouche.com/324362-les ... ore-324362
http://aucoeurdunationalisme.blogspot.fr/
Les entreprises françaises sont les moins rentables de toute la zone euro
- EhJoe
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Re: Les entreprises françaises sont les moins rentables de toute la zone euro
Bonsoir Pat,
Tu as raison en ce que tu dis sauf que les mesures à prendre pour redonner de la compétitivité aux entreprises seraient des mesures qui peuvent se prendre mais pas se mettre dans un programme politique avant d'être élu.
-1-
La formation d'abord : jumeler les classes de 5, 4 et 3 eme avec les CAP 1, 2 et 3, ainsi toute personne ayant son BEPC (brevet des collèges) aurait aussi son CAP dans une matière où on estime qu'il y a et aura du travail à très long terme, voire un BP en faisant une année de plus. Avec l'apprentissage, le diplôme professionnel est l'unique porte qui garanti l'emploi (je connais d'autant mieux que j'ai commencé par un CEG-CET en internat)...
Ce qui impliquerait de remettre le baccalauréat à son niveau (50% d'admis) et de supprimer les bacs professionnels qui ne valent généralement rien, pour après un bac général, diriger les gens vers un BTS, un DUT ou une licence.
C'est ce que font les Allemand avec l'apprentissage, c'est ce que nous faisions jadis. Avoir des salariés professionnels de différents niveaux dans des branches porteuses, c'est permettre aux entreprises de posséder une main d'œuvre qualifiée, utilisable immédiatement.
Oui mais... actuellement, faire aller 60% des français jusqu'en licence 1, c'est ne pas les mettre sur le marché du travail, et c'est moins les faire cotiser pour leur donner une plus petite retraite !
Or si à 16 ans au lieu de 19 ans on lâche 60% des écoliers sur le marché du travail, en France ça fera monter le chômage car, comme tu le soulignes, les sociétés ne sont pas dans les meilleures conditions pour embaucher.
-2-
En effet, comme tu le dis ce n'est pas aux entreprises de payer les cotisations sociales, enfin, pas de façon générale.
Encore une fois il conviendrait de faire comme aux USA ou en Allemagne, c'est-à-dire des accords par branches. Où selon la branche une mutuelle (assurance maladie), serait prise (plus ou moins) par les sociétés de la branche. Ainsi il resterait au minimum d'obligatoire pour une société : (accident du travail, congés payés, retraite et premier Mai).
- Ça impliquerait de supprimer notamment les allocation familiales, car, comme chacun les paye, après tout, chacun n'a qu'a économiser pour avoir l'argent au bon moment, et les multiples autres charges des entreprises (CE, logement, formation)...
- Ça impliquerait aussi de supprimer le SMIC, ou de le mettre à un niveau plus bas (7 € brut de l'heure), ce qui permettrait de supprimer en passant le RSA, ceux y étant travailleraient désormais pour avoir de l'argent (comme en Allemagne).
- On devrait identiquement baisser l'indemnisation du chômage et la plafonner.
- De supprimer dans le même jet la notion d'heure supplémentaires ou de majoration (cas des USA).
- Ça impliquerait aussi de mettre sur les revenus du salariés tout ou partie de l'assurance maladie et chômage, voire un retraite complémentaire privée (ce qui est déjà le cas).
Ces mesures peuvent être mises en œuvre, mais lentement et de façon paritaire, car si l'entreprise gagnait 15% de charges en moins, une grande partie des salariés perdrait 10% sur son salaire ; ce qui amènerait à une moindre consommation, d'où une moindre vente pour les entreprises.
Il ne faut pas oublier la partie fiscale, où l'IS devrait être plafonné à 15% des bénéfices.
En faisant ainsi, en effet, en une dizaine d'année on devrait pouvoir retrouver une compétitivité des entreprises et baisser largement le chômage.
Toutefois, l'une des clefs c'est aussi la baisse des effectifs inutiles des fonctionnaires qui dans certains domaines peuvent être diminués de 50% (fisc destiné aux contrôles fiscaux-politiques, police de la route destinée à faire entrer de l'argent par les amendes)... De supprimer le statut de la fonction publique, de pouvoir les licencier, d'utiliser des contrats à temps renouvelables...
Mais ce genre de programme peut avoir du mal à passer, même dans les milieux de droite populaire, car souvent les individus ne font aucun effort. Au lieu de retourner aux cours du soir pour avoir un diplôme professionnel, ils comptent sur le SMIC pour les augmenter. D'autres se servent des allocations familiales pour s'octroyer un salaire confortable sans travailler (faire un enfant est devenu un métier parfois). Que dire de ceux qui curieusement au chômage trouvent plus rapidement du travail en fin d'indemnisation qu'en début. Que dire de ceux qui se laissent vivre sans travailler avec le RSA et ses avantages, qui sur Paris par exemple, peut atteindre le millier d'Euros par mois...
Au plaisir, cordialement, Joe.
Tu as raison en ce que tu dis sauf que les mesures à prendre pour redonner de la compétitivité aux entreprises seraient des mesures qui peuvent se prendre mais pas se mettre dans un programme politique avant d'être élu.
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La formation d'abord : jumeler les classes de 5, 4 et 3 eme avec les CAP 1, 2 et 3, ainsi toute personne ayant son BEPC (brevet des collèges) aurait aussi son CAP dans une matière où on estime qu'il y a et aura du travail à très long terme, voire un BP en faisant une année de plus. Avec l'apprentissage, le diplôme professionnel est l'unique porte qui garanti l'emploi (je connais d'autant mieux que j'ai commencé par un CEG-CET en internat)...
Ce qui impliquerait de remettre le baccalauréat à son niveau (50% d'admis) et de supprimer les bacs professionnels qui ne valent généralement rien, pour après un bac général, diriger les gens vers un BTS, un DUT ou une licence.
C'est ce que font les Allemand avec l'apprentissage, c'est ce que nous faisions jadis. Avoir des salariés professionnels de différents niveaux dans des branches porteuses, c'est permettre aux entreprises de posséder une main d'œuvre qualifiée, utilisable immédiatement.
Oui mais... actuellement, faire aller 60% des français jusqu'en licence 1, c'est ne pas les mettre sur le marché du travail, et c'est moins les faire cotiser pour leur donner une plus petite retraite !
Or si à 16 ans au lieu de 19 ans on lâche 60% des écoliers sur le marché du travail, en France ça fera monter le chômage car, comme tu le soulignes, les sociétés ne sont pas dans les meilleures conditions pour embaucher.
-2-
En effet, comme tu le dis ce n'est pas aux entreprises de payer les cotisations sociales, enfin, pas de façon générale.
Encore une fois il conviendrait de faire comme aux USA ou en Allemagne, c'est-à-dire des accords par branches. Où selon la branche une mutuelle (assurance maladie), serait prise (plus ou moins) par les sociétés de la branche. Ainsi il resterait au minimum d'obligatoire pour une société : (accident du travail, congés payés, retraite et premier Mai).
- Ça impliquerait de supprimer notamment les allocation familiales, car, comme chacun les paye, après tout, chacun n'a qu'a économiser pour avoir l'argent au bon moment, et les multiples autres charges des entreprises (CE, logement, formation)...
- Ça impliquerait aussi de supprimer le SMIC, ou de le mettre à un niveau plus bas (7 € brut de l'heure), ce qui permettrait de supprimer en passant le RSA, ceux y étant travailleraient désormais pour avoir de l'argent (comme en Allemagne).
- On devrait identiquement baisser l'indemnisation du chômage et la plafonner.
- De supprimer dans le même jet la notion d'heure supplémentaires ou de majoration (cas des USA).
- Ça impliquerait aussi de mettre sur les revenus du salariés tout ou partie de l'assurance maladie et chômage, voire un retraite complémentaire privée (ce qui est déjà le cas).
Ces mesures peuvent être mises en œuvre, mais lentement et de façon paritaire, car si l'entreprise gagnait 15% de charges en moins, une grande partie des salariés perdrait 10% sur son salaire ; ce qui amènerait à une moindre consommation, d'où une moindre vente pour les entreprises.
Il ne faut pas oublier la partie fiscale, où l'IS devrait être plafonné à 15% des bénéfices.
En faisant ainsi, en effet, en une dizaine d'année on devrait pouvoir retrouver une compétitivité des entreprises et baisser largement le chômage.
Toutefois, l'une des clefs c'est aussi la baisse des effectifs inutiles des fonctionnaires qui dans certains domaines peuvent être diminués de 50% (fisc destiné aux contrôles fiscaux-politiques, police de la route destinée à faire entrer de l'argent par les amendes)... De supprimer le statut de la fonction publique, de pouvoir les licencier, d'utiliser des contrats à temps renouvelables...
Mais ce genre de programme peut avoir du mal à passer, même dans les milieux de droite populaire, car souvent les individus ne font aucun effort. Au lieu de retourner aux cours du soir pour avoir un diplôme professionnel, ils comptent sur le SMIC pour les augmenter. D'autres se servent des allocations familiales pour s'octroyer un salaire confortable sans travailler (faire un enfant est devenu un métier parfois). Que dire de ceux qui curieusement au chômage trouvent plus rapidement du travail en fin d'indemnisation qu'en début. Que dire de ceux qui se laissent vivre sans travailler avec le RSA et ses avantages, qui sur Paris par exemple, peut atteindre le millier d'Euros par mois...
Au plaisir, cordialement, Joe.
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