L'origine de la vie

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Pat
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L'origine de la vie

Messagepar Pat » 21/12/2011 - 18:45

L'origine de la vie

Le problème de l'apparition de la Vie sur la Terre est essentiel. Car si l'on démontre que le vivant a pu naître du non-vivant au hasard de réactions chimiques plus ou moins complexes, alors l'affirmation d'un plan divin (donc d'un dieu) ne s'impose plus.

La science a-t-elle démontré que la Vie a pu sortir du monde minéral ? Telle est la question primordiale. Pour y répondre, il faut tout d'abord s'interroger : qu'est-ce qui, dans le domaine physique, est à l'origine de la Vie ? Beaucoup me répondront : la cellule. Certes, mais avec sa membrane lipidique, son cytoplasme, ses ribosomes et son noyau renfermant l'A.D.N., la cellule est comparable à une immense usine. Pour y parvenir, il a fallu assembler de façon très complexe des acides gras (les « briques élémentaires » de la membrane), des acides aminés (les « briques élémentaires » des protéines) et des nucléotides (les « briques élémentaires » des acides nucléiques, les plus connus d'entre eux étant l'A.D.N. et l'A.R.N.). Toutes ces « briques élémentaires » sont appelées des « molécules prébiotiques ». Ce sont elles qui sont à l'origine de la Vie.

Ont-elles pu être synthétisées à partir du monde minéral ? Dès 1923, le biochimiste soviétique Alexandre Oparin le suggéra, affirmant que la Vie était apparue dans le vaste océan qui recouvrait la Terre il y a très longtemps, la « soupe primordiale ». À la même époque, un scientifique britannique, John Haldane, émit une théorie semblable. Il s'agissait cependant de simples hypothèses. En 1953, toutefois, un jeune étudiant américain, Stanley Miller, démontra par l'expérience que des quantités de composés biochimiques étonnamment grandes, en particulier des acides aminés, se formaient quand on soumettait à des décharges électriques une atmosphère semblable à celle proposée par Oparin et Haldane. Les matérialistes y virent la preuve que la Vie pouvait sortir du non-vivant. L'expérience de Miller est aujourd'hui encore abondamment citée sans commentaire (cf. l'ouvrage de Rémi Pin paru voilà quelques mois et intitulé : L'évolution : De Darwin, aux dernières découvertes, éd. ESI, mai 2011, p. 58). Or, il faut savoir que dans les années 1970, les géochimistes infirmèrent l'hypothèse d'Oparin concernant la composition de l'atmosphère primordiale, ce qui remettait totalement en cause les conclusions de S. Miller. En 1983, celui-ci refit son expérience dans les nouvelles conditions proposées par les géochimistes, sans succès cette fois.

Vingt-huit ans après, où en est-on ? Pour répondre, ouvrons la dernière livraison (octobre 2011) du mensuel français La Recherche, intitulée : « Origines de la vie. Les nouveaux scénarios. » On y apprend qu'en 2008, deux continuateurs de l'œuvre de S. Miller, Jeffrey Bada et Antonio Lazcano, sont finalement parvenus à synthétiser huit acides aminés là où, en 1983, les scientifiques avaient échoué. Bien plus, l'analyse d'échantillons laissés à l'époque par S. Miller qui avait réalisé d'autres expériences a révélé la présence de 23 acides aminés ! Les scientifiques pensent donc avoir démontré que ces acides pouvaient être synthétisés dans les conditions prébiotiques admises depuis les années 1970. Mieux encore : certains-acides obtenus contiennent du soufre, ce qui leur permet de se lier entre eux « pour former des peptides, l'étape intermédiaire des protéines » (cf. La Recherche, n° 456, octobre 2011, p. 43).

Il y a donc de quoi être satisfait. Cependant, est-ce la démonstration que le vivant a pu apparaître à partir du non-vivant grâce aux seules lois de la chimie ? Nullement. La journaliste scientifique qui a réalisé l'article pour La Recherche concède que « pour l'instant, les scientifiques piétinent » (id.). Elle explique (je souligne) : « Certes, ils parviennent à obtenir, dans des conditions prébiotiques, la plupart des acides aminés à l'origine des protéines du vivant. Ils parviennent même à obtenir des peptides, constitués de quelques acides aminés. Mais la façon dont sont apparues les premières protéines, constituées de longues chaînes d'acides aminés, et bien structurées, reste à élucider » (id). Autant dire que rien, et de loin, n'est démontré.

Cela dit, intéressons-nous à l' A.D.N. et à l'A.R.N. Tout le monde sait aujourd'hui, au moins confusément, que sans l'A.D.N., aucun être vivant ne pourrait exister sur Terre. Macromolécule très complexe faite de deux brins qui s'enroulent l'un autour de l'autre dans une double spirale, quatre nucléotides (des bases comprenant l'élément Azote) participent à sa constitution : l'adénine, la cytosine, la guanine et la thymine. L'A.D.N. est présent dans le noyau de chacune de nos cellules, lui permettant de remplir sa fonction. L'A.R.N., quant à lui, est un précurseur de l'A.D.N. ; on les différencie car dans l'A.R.N., la thymine est remplacée par l'uracile. En 1961, un scientifique espagnol, Juan Orô, détecta de l'adénine au terme d'expériences similaires à celles de S. Miller. Depuis, d'autres expériences ont permis de détecter de la cytosine, de la guanine et de la thymine. Là encore, donc, les scientifiques peuvent être satisfaits. Cependant « personne n'est encore parvenu à obtenir un premier brin d'ADN. » (cf. La Recherche, déjà cité, p. 43).

A-t-on eu plus de chances avec l'A.R.N. ? La Recherche répond négativement : « l'ARN. aurait précédé l'ADN., selon l'hypothèse formulée en 1986 par Walter Gilbert, de l'Université Havard. En 2009, l'équipe de John Sutherland, de l'université de Manchester, a démontré que 2 des 4 nucléotides constituant l'ARN, pouvaient se former à partir de molécules simples supposées se trouver sur la Terre primitive. En 2010, la même équipe a obtenu un précurseur des deux nucléotides manquants. Mais personne n'a encore trouvé comment ces molécules pouvaient s'assembler en un brin d'ARN. » (id.). Toujours à propos de ces nucléotides, on lit plus loin : « Leur synthèse dans des conditions prébiotiques est très difficile à obtenir en laboratoire. Et l'on ignore comment ils ont ensuite pu s'assembler et former de l'ARN. » (ibid., p. 45). Bref, la science est aujourd'hui encore incapable d'expliquer l'apparition de la Vie, même la plus primitive.

LA SCIENCE EST INCAPABLE D'EXPLIQUER L'ORIGINE DE LA VIE

Ceux qui, aujourd'hui, prétendent le contraire me font penser à une personne qui, ayant à expliquer l'existence d'une cathédrale, mettrait des pierres dans une boîte qu'elle agiterait. Une fois la boîte ouverte, elle verrait quelques pierres les unes sur les autres et s'écrierait : « Voyez ces petits tas, c'est bien la preuve que le simple hasard permet à des pierres de s'assembler. Si j'agitais assez longtemps, j'obtiendrais cette cathédrale ». Cette conclusion est totalement illégitime, car il n'y a aucun rapport entre quelques petits tas informes et une cathédrale parfaitement agencée, c'est-à-dire issue de la pensée d'un architecte.

La formation de molécules simples par les seules lois de la chimie est comme l'apparition de petits tas de pierres dans la boîte que l'on agite. Mais entre l'acide aminé et les longues protéines nécessaires à la vie, il y a un abîme infranchissable pour la science. Il en va de même entre les nucléotides et l'A.D.N. ou l'A.R.N. Ne parlons pas des organismes vivants, même les plus simples. Dans son livre Les origines de la vie, le Britannique Leslie Orgel, qui fut professeur à l'université de San Diego et chercheur à l'institut Salk d'études biologiques, écrit : « Les organismes vivants représentent le nec plus ultra de la miniaturisation ; la machinerie de la vie est construite à l'échelle atomique. Les choses de la vie les plus simples sont incroyablement compliquées ; elles sont tellement plus compliquées que tout ce qui existe dans le monde non vivant, que même les complexes industriels modernes les plus importants paraissent relativement simples comparés aux plus petites cellules vivantes. Si notre interprétation du témoignage des fossiles est correcte, des organismes aussi minuscules et, comparativement, aussi complexes se sont développés sur la terre il y a trois milliards d'années. Tel est l'abîme qui doit être franchi entre les plus complexes des objets inorganiques et ces organismes vivants les plus simples ; c'est là l'essentiel du défi intellectuel lancé par le problème des origines de la vie » (cf. L. Orgel, Les origines de la vie, éd. Elsevier, 1976, pp. 35-36). Trente-cinq ans plus tard, la science n'a pas pu relever ce défi.

Ajoutons à cela un autre problème très grave : on sait depuis longtemps que les protéines nécessaires à la vie sont synthétisées grâce aux acides nucléiques dont font partie l'AD.N. et l'AR.N. Mais pour se répliquer dans le cadre des processus vitaux, les acides nucléiques ont besoin... de protéines ! La microbiologiste Purificación López-Garciá a donc raison de dire qu'« on est confronté au problème de l'œuf et de la poule » (ibid., p. 46). Qui est apparu en premier et comment ? En 1986, le scientifique W. Gilbert a voulu résoudre ce problème en prétendant que l'A.R.N. serait apparu le premier et aurait été capable au départ de se répliquer lui-même en prenant l'énergie nécessaire chez des enzymes particuliers : les ribozymes. Cette hypothèse se heurte cependant à deux obstacles. Dans La Recherche, P. López-Garciá rappelle que les ribozymes ne fournissent aucune énergie : « aucune des réactions chimiques qu'ils catalysent n'a quoi que ce soit à voir avec la production d'énergie » (ibid., p. 47). Le deuxième obstacle est encore plus grand : « jusqu'à présent, on n'a jamais réussi à synthétiser le moindre ARN. in vitro dans les conditions prébiotiques » (ibid., p. 48).

LE PROBLÈME DE L'ŒUF ET DE LA POULE

Pour l'heure, les scientifiques imaginent « un monde où auraient évolué, coexisté ou coévolué des ARN. et des peptides » (id.) Dans ce monde, les premières cellules vivantes auraient pu apparaître grâce à la présence simultanée de ces peptides et de ces A.R.N. qui auraient coévolué et aussi de membraner issues de l'agglomération de lipides. C'est ce que nous dit P. López-Garciá lorsqu'elle déclare que pour fabriquer des "protocellules", « il faut impérativement que ces trois éléments soient présents en même temps » (id.). Naturellement, les rationalistes invoqueront les longues périodes qui auraient permis à un « heureux hasard » de survenir. Pourquoi pas ? Mais je souligne que cette hypothèse n'a rien de scientifique. C'est une simple opinion nullement démontrée par l'expérience.

Personnellement, je pense qu'il n'est pas plus ridicule d'attribuer cette coévolution et cette présence simultanée de trois éléments très différents à un plan divin. Si Dieu existe, Il a pu tirer de la Terre des éléments formés par elle pour les assembler à faire apparaître la Vie (les protéines, l'A.D.N., les cellules, etc.). Contrairement, d'ailleurs, à ce que trop d'esprits ignorants ou étroits s'imaginent, la Genèse ne plaide pas en faveur d'une création universelle ex nihilo. L'expression « Dieu créa » n'est utilisée qu'en trois occurrences : pour le « ciel et la terre » (Gen., 1,1), pour les animaux marins et les oiseaux (Gen., I, 21) et pour l'Homme (Gen.,1,27). Ailleurs, il est écrit « Dieu fit », ce qui implique une fabrication à partir d'éléments préexistants. Voici comment la Genèse décrit l'apparition de la Vie sur Terre (je souligne) : « Dieu dit : "Que la terre se couvre de verdure, d'herbe qui rende féconde sa semence, d'arbres fruitiers qui, selon leur espèce, portent sur terre des fruits en ayant en eux-mêmes leur semence ! " Il en fut ainsi. La terre produisit de la verdure, de l'herbe [...] des arbres [...]. » (Gen.,1, 11-12). On ne saurait être plus clair : Dieu commande mais c'est la Terre qui produit. Il n'y a donc pas de création ex nihilo mais une production purement matérielle conformément à un plan divin qui fait coévoluer les éléments et les rapproche au bon moment.

LA FOI NE S'OPPOSE PAS À LA SCIENCE

Naturellement, je ne confère pas à la Genèse une autorité scientifique qu'elle n'a pas. Je ne puis croire, par exemple, que l'herbe soit apparue le « deuxième jour » alors que le Soleil ne serait apparu que le quatrième (Gen., I,16). Les chrétiens fondamentalistes qui lisent la Bible au pied de la lettre me consternent. Je rappelle qu'à la question : « Faut-il régulièrement et toujours chercher dans le premier chapitre de la [i]Genèse la propriété du langage scientifique ?[/i] », la Commission biblique de l'Église a clairement répondu : "Non" (cf. abbé Th. Moreux, Les Confins de la Science et de la Foi, éd. Gaston Doin & Cie, Paris, 1925, t. H, p. 14). Je me contente juste de souligner que, contrairement à l'opinion trop répandue non seulement chez les rationalistes, mais aussi chez certains chrétiens frileux, les dernières hypothèses de la science sur l'apparition de la Vie ne sont pas en désaccord avec le récit de la Genèse.

Voila pourquoi j'estime qu'il n'existe aucune contradiction entre mon respect pour la science (respect largement visible dans mon engagement révisionniste) et mon catholicisme. La science élucidera peut-être un jour le problème des origines de la Vie, permettant d'évacuer Dieu. Pour l'heure, et malgré tous les moyens développés, elle en reste totalement incapable. Tant qu'il en sera ainsi, croire en l'existence d'un Dieu créateur restera parfaitement légitime.
Vincent REYNOUARD, RIVAROL 21 OCTOBRE 2011
< vincentreynouard@yahoo.fr >.
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Re: L'origine de la vie

Messagepar Miroir » 22/12/2011 - 15:05

Même lorsque la science aura évolué au point d'expliquer l'apparition de la vie, on pourra toujours se demander si ce n'est pas un dieu qui a fait que les conditions indispensables soient réunies.
Et la science ne peut expliquer que le comment, pas le pourquoi, ce qui reste du domaine de la spiritualité.
Ce sont deux domaines différents et séparés, ne les faisons pas interférer.
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Re: L'origine de la vie

Messagepar Sylphe » 22/12/2011 - 16:15

Et je dirais même plus : un langage intelligible étant bien plus complexe que les cris d'un singe, il faut tenir pour assuré que les langues n'évoluent pas et que le français a été créé contemporainement au latin et au autres langues lors de la confusion de Babel.

C'est bien cela ?

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Re: L'origine de la vie

Messagepar Sylphe » 23/12/2011 - 2:03

Et l'origine de Dieu, dans tout ça ?


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