Le corbeau et Dame Marine.
Maitre corbeau de son chômage accepté
Comptait son montant avec tapage.
Dame Marine, par le bruit alerté,
Voulu en savoir davantage.
« Eh, bonjour Monsieur du Corbeau !
Vous qui hier, venant d’un autre hameau,
N’aviez en poche que trois Douros.
Aujourd’hui, que de richesses, que d’Euros »
« Hé, répondit le Corbeau, c’est ici champ de cocagne.
J’encaisse pour moi, mes enfants, mes compagnes.
Je m’engraisse de tout et de tout fait bombance
Et si l’on refuse une de mes exigences
J’agite et je montre mon noir plumage
J’invoque le racisme, et la loi du partage
J’obtiens ce que je veux par mon agitation
Et après tranquillement je compte mon pognon.
Pourtant, je hais ce champ, c’est drôle je le confesse
Il n’est pour moi qu’un immense tiroir-caisse»
Dame Marine rétorqua : « Sachez que ceux qui vivent dans ce pré,
Sur vos tristes combines veulent tirer un trait.
Ils souhaitent de ce champ me confier le fermage
Vous pourrez dire bientôt adieu à ce joli fromage
Quand on vit au dépend de celui qui vous reçoit
Très vite on lasse et toujours on déçoit. »
A ces mots le corbeau exprime sa déconvenue
Et décide de partir comme il était venu.
« Si je ne peux plus avoir mon portefeuille garni
Autant aller ailleurs pour planter mon nid.
Au revoir Dame Marine. Je quitte votre région
Avec mes fringues, mes coutumes, ma religion »
Dame Marine, fière de ce succès et de la joie qu’il procure
Aussitôt du champ fit refaire la clôture.


