Des antiracistes manipulés par l'URSS
Patrick Gaubert, le président de la Licra, est furieux. En mai dernier, hommage à été rendu à l'Arc de Triomphe à Simon Petlioura, le « père de la nation ukrainienne ».
Or celui-ci aurait été un fieffé antisémite. Ce qui est faux. Mais comme c'est sur ce mythe que s'est fondée la Licra il y a bientôt 80 ans ...
Le jeudi 25 mai dernier, après une célébration sur la tombe de Simon Petlioura au cimetière de Montparnasse, une cinquantaine de personnes se sont retrouvées à 17 h 30 sous l'Arc de Triomphe entourées par un confortable dispositif policier alors qu'une vingtaine de militants de la Licra étaient tenus à distance. Au cours de la cérémonie, organisée par l'ambassade d'Ukraine à Paris, deux gerbes ont été déposées sur la tombe du soldat inconnu, dont une par l'ambassadeur, Yuriy Sergeyev. Etaient également présents des représentants du Comité représentatif de la communauté ukrainienne en France et de la Bibliothèque Simon Petlioura. Après la sonnerie aux morts ont retenti l'hymne ukrainien (« L'Ukraine n'est pas encore morte » ) et La Marseillaise. Le lendemain était organisé un colloque sur « La place et la personnalité de Simon Petlioura aujourd'hui » avec la participation de nombreux universitaires ukrainiens.
Le président de la Licra hurle au « scandale mémoriel »
Le 26 mai au soir, Le Monde publiait une tribune libre du président de la Licra, Patrick Gaubert, par ailleurs député UMP au Parlement européen, ancien chargé de mission auprès de Charles Pasqua au ministère de l'Intérieur et membre du comité consultatif de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde). N'ayant pu obtenir du ministre des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, qu'il consigne l'ambassadeur d'Ukraine à sa résidence plutôt que d'aller «profaner» la tombe du Soldat inconnu, Patrick Gaubert prenait les lecteurs du Monde à témoin de ce « scandale mémoriel » organisé pour le 80e anniversaire de la mort à Paris de Simon Petlioura, qui fut l'otaman - le commandant en chef de l'armée - et le président de la République ukrainienne indépendante (1919) jusqu'à ce que ses troupes soient, l'année suivante, battues par les forces bolcheviques :
« Nous sommes tout simplement en train d'assister à un viol de la mémoire, à un déni d'histoire, à un second assassinat, posthume celui-là, des victimes juives [...] Tous les Français doivent savoir qu'un assassin est honoré sur le sol même de la République, dans ses lieux de mémoire et de paix. Cela, la Licra ne le tolère pas. Au nom de son histoire et de toutes celles et tous ceux qui périrent de la folie des hommes. » On passera le couplet sur les « relents nauséabonds » que Gaubert sent exhaler de l'Est de l'Europe.
Pourquoi une telle hargne à l'égard d'un hommage rendu à un Ukrainien dont peu de Français connaissaient jusqu'alors l'existence ? Parce qu'un antisémite, fût-il obscur, n'a pas à être honoré sur la tombe du Soldat inconnu ? C'est ce que Gaubert voudrait faire croire, et c'est même ce qu'il est obligé de faire croire. Car si le mythe de l'antisémitisme de Simon Petlioura s'effondre, mythe forgé dans les années qui ont suivi la Révolution d'Octobre par la propagande soviétique, c'est la Licra elle-même qui vole en éclats et se voit obligée de reconnaître qu'elle a été créée sur une imposture.
Abattu de sept balles devant la librairie Gibert
Le 25 mai 1926, Simon Petlioura, en exil à Paris, déjeune chez Chartier puis se dirige vers le boulevard Saint-Michel. A la hauteur de la librairie Gibert, un homme l'apostrophe. Il se retourne et n'a que le temps d'apercevoir un homme pâle d'une quarantaine d'années qui braque un pistolet en sa direction. Sept balles l'atteignent dont une au cœur, mortelle.
L'assassin, aussitôt arrêté, s'appelle Samuel Schwartzbard. Il est horloger, est né à Smolensk (Biélorussie), dit avoir vécu en Ukraine où sa famille, israélite, aurait été décimée par un pogrom, ce qui justifie son acte. Il ne dit pas, mais la police va bientôt le découvrir, que son idéalisme doit être tempéré par une condamnation à quatre mois de prison pour cambriolage en Autriche. Il a aussi été expulsé de Hongrie pour « raisons administratives ». Il est arrivé en France en 1911 à l'âge de 25 ans et s'y est marié.
Son procès s'ouvre le 18 octobre 1927 devant les assises de la Seine. Me Henry Torrès le défend, militant socialiste, celui-ci a rejoint de Parti communiste français au congrès de Tours (1920) puis l'a quitté pour fonder une organisation dissidente. Quatre ans plus tôt, il a déjà obtenu l'acquittement de l'anarchiste Germaine Breton, jugée pour l'assassinat, qu'elle avait reconnu, du responsable monarchiste de l'Action française, Marius Plateau. L'année suivante, il a aussi sauvé la tête de l'anarchiste italien Ernesto Bonomini, meurtrier de Nicola Bonservizi, représentant à Paris du régime fasciste de Benito Mussolini. Me Torrès va encore faire des miracles.
L'assassin acquitté sous une salve d'applaudissements !
Il peut cette fois encore s'appuyer sur une importante campagne de presse. Elle est animée par Bernard Lecache. Celui-ci, qui avait également rallié le PCF en 1920 avant de revenir dans le giron du Parti socialiste et est réputé pour ses diatribes antimilitaristes, mobilise ses réseaux. Quelques jours avant le procès, le ton est donné par L'Humanité qui titre : « La tragédie juive d'Ukraine » et prend la défense du « meurtrier du brigand Petlioura ». Lecache crée aussi pour l'occasion une nouvelle organisation, la Ligue contre les pogroms, à laquelle adhèrent aussitôt nombre de personnalités parmi lesquelles Albert Einstein, Léon Blum, Maxime Gorki ou Victor Hasch.
Me Torrès a convoqué quatre-vingts témoins, tous plus illustres les uns que les autres. Aucun n'a assisté à un pogrom, mais la plupart savent, de source sûre, qu'ils ont eu lieu et que Petlioura les a ordonnés. Samuel Schwartzbard lui-même s'emmêle dans ses récits historiques, confondant lieux, dates et protagonistes. Le 26 octobre 1927, le verdict tombe pourtant sous une salve d'applaudissements : acquitté ! La partie civile, qui n'en croit pas ses oreilles, doit se contenter de deux francs de dommages intérêts ! Même pas de quoi payer les obsèques !
« Dans les jours qui suivent, rappelle la Licra, la Ligue contre les pogroms se transforme en Ligue internationale contre l'antisémitisme (Lica) », qui deviendra la Licra, avec un « r » pour racisme, en 1979. Les statuts de l'association seront déposés en février 1928 et Bernard Lecache en prendra la présidence jusqu'à sa mort en 1968.
Dans le comité d'honneur de la Lica nouvellement créée figurent alors, outre Blum et Einstein qui poursuivent la lutte, les écrivains Romain Rolland et André Malraux, l'ancien président du Conseil et futur président de l'Assemblée nationale, Edouard Herriot, le secrétaire général de la CGT, Léon Jouhaux, qui recevra en 1951 le prix Nobel de la paix, etc. Sigmund Freud, Tristan Bernard et beaucoup d'autres la rejoindront plus tard.
La leçon d'histoire de l'ambassadeur d'Ukraine
Or tous ont été abusés, à l'exception bien sûr de quelques-uns qui savaient mais qui n'ont rien dit en raison de la nécessité qu'il y avait alors, pour le clan pro-soviétique, d'accréditer la thèse de l'antisémitisme de Simon Petlioura. Patrick Gaubert sait-il sur quelle mystification l'organisation qu'il dirige s'est créée ?
Yuriy Sergeyev, l'ambassadeur d'Ukraine, a écrit au président de la Licra. Il ne doute pas de son honnêteté. Il pense qu'il manque d'informations comme lui-même en a été privé jusqu'aux années 1990, lorsqu'il a découvert que les « stéréotypes négatifs sur la personnalité de Simon Petlioura ont été imposés par l'URSS en France par l'entremise du Komintern », où « elles restent vivaces ». Car l'ouverture des archives du KGB, le travail mené par les organisations indépendantes de défense des droits de l'homme, les recherches historiques menées par les Ukrainiens dans le but de retrouver leur mémoire identitaire vont toutes dans le même sens : « Le procès de [Schwartzbard] a été instrumentalisé par les autorités soviétiques, par l'intermédiaire du Komintern, pour compromettre l'idée de l'indépendance ukrainienne en remettant sur l'un de ses artisans la responsabilité des persécutions des Juifs, tandis qu'elles avaient pour seule cause la politique officielle d'antisémitisme, partie intégrante de l'idéologie de l'Empire Russe. » « Dans les années 1920, ajoute-t-il, d'aucuns en ont profité pour contrecarrer la renaissance de l'Ukraine indépendante et semblent en user aujourd'hui pour empêcher le retour de l'Ukraine à la démocratie et à l'Europe. »
Il y a donc le mythe, auquel Simone Signoret n'a pas peu contribué avec son roman Adieu Volodia, et la réalité, très différente, établie désormais par de nombreux travaux dont ceux de Leon Poliakov ou de l'écrivain Issak Babel, qui, tué par le KGB, a témoigné que les pogroms, s'ils eurent effectivement lieu et furent effroyables - peut-être 100 000 morts - furent essentiellement dus aux troupes bolcheviques et, dans une mesure infiniment moindre, aux anarchistes de Nestor Makhno et aux forces monarchistes (les Russes blancs).
De plus, comme le rappelle le député ukrainien Andryï Shkil, l'éphémère gouvernement de Simon Petlioura (treize mois,) comprenait plusieurs juifs, dont Salomon Goldelman, en charge des Affaires nationales pour les minorités, ou Abraham Revoutsky, en charge des Affaires juives, poste n'ayant évidemment rien à voir avec le Commissariat aux Affaires juives de sinistre mémoire mais s'étant révélé nécessaire au bon gouvernement d'une nation aux peuples composites.
Mieux encore : lorsqu'il apparaît que certain, éléments de l'armée ukrainienne, échappait à son contrôle dans la situation pour le moins confuse qui était celle de l'Ukraine à l'époque, se livraient à des exactions à caractère antisémite, Simon Petlioura ordonna que les coupables soient retrouvés et châtiés. « Le Directoire [dirigé par Petlioura], écrit O. Kochtchouk dans Ukraine Europe, se livra à une intense propagande « anti-pogromiste » destinée à ses propres troupes et à toute la population de l'Ukraine. Le 30 juillet 1919, le Directoire offrit une forte somme à la communauté juive pour les victimes des pogroms. le 18 août 1919, l'otaman en chef confirma l'application de la peine de mort pour acte de pogrom », tous faits établis et recoupés par de nombreuses sources, dont les archives diplomatiques enfin soustraites des caves où les services soviétiques les avaient entreposée.
C'est donc sur une imposture, ou à tout le moins sur un malentendu, que la Licra a été fondée, occultant jusqu'au fait que, depuis Paris où il essaya encore, jusqu'en 1924, d'organiser la Résistance, Simon Petlioura n'eut de cesse d'en appeler à l'arrêt des persécutions contre les juifs. Puisque Gaubert est un adepte de la repentance, le temps est peut-être venu pour l'organisation qu'il préside de faire son mea culpa.
Gabriel Glauque Le Choc du Mois Juillet/Août 2006
La Licra s'est bâtie sur un mythe
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Re: La Licra s'est bâtie sur un mythe
Il était une fois la LICRA
André Dufour analyse la Mrapisation de la Licra et la dérive totalitaire de l’antiracisme.
Laïcité à la carte pour «certains ou pour beaucoup» ?
Il était une fois une très respectable Ligue des Droits de l’Homme, créée dans la foulée de l’inique condamnation du capitaine Dreyfus par un tribunal militaire se comportant comme un Etat dans l’Etat et au dessus des lois ; elle avait pour vocation de défendre l’homme et le citoyen contre l’arbitraire. Pervertie par l’entrisme des nantis trotskistes, saupoudrés d’un humanisme de pacotille, elle est devenue entre leurs mains une arme au service d’une idéologie d’essence totalitaire.
Il était une fois une LICRA, née dans la foulée des pogroms perpétrés en Russie, en Ukraine et en Pologne à peine ressuscitée. Je la croyais, jusqu’à récemment, immunisée contre les idéologies puisque, ne pouvant la noyauter, le parti communiste stalinien, mobilisant ses compagnons de route et ses idiots utiles, finit par créer de toutes pièces, dans la foulée de l’émotion suscitée par la découverte des indicibles crimes nazis, un Mouvement contre le Racisme, l’Antisémitisme et pour la Paix (MRAP).
Ce prétendu Mouvement contre le Racisme dont le A ne se prononce plus «antisémitisme» mais désormais «amitié» et le P ne se lit plus «paix» mais désormais «peuples», est avec le régime Nord Coréen de Kim Jong-il et le régime cubain de Fidel Castro, l’une des dernières métastases de l’empire stalinien. N’en attendant rien d’honnête, le MRAP a au moins le mérite de ne m’avoir jamais déçu. Orphelin du totalitarisme stalinien, son actuel leader s’est vite consolé de la disparition de son géniteur en se mettant au service d’une autre idéologie totalitaire, l’islamisme. Que voulez-vous, on ne se refait pas. Au nom du droit à la différence, Mouloud Aounit a le droit d’être comme il est. Et puis un poste de leader d’un business antiraciste, de surcroît subventionné par le contribuable, offre quelques avantages dont le moindre n’est pas de favoriser son élection au Conseil Général, voire au Parlement, fonctions qui, en une seule législature, assure une retraite d’un montant qu’un simple prolétaire ne touchera pas au terme d’une vie entière de travail. La Nuit du quatre août n’est pas encore passée par là.
La LICRA succombe à son tour à la contamination Mrapiste en se faisant l’avocat de toute cause identitaire pour peu qu’elle ne soit pas française ou européenne. J’aurais déjà dû m’en douter lorsqu’elle s’est acoquinée avec le MRAP dans sa grotesque plainte contre Jean Raspail, l’un des plus grands écrivains français vivants, «coupable» de fidélité à son identité française et, plus récemment, dans son soutien à une militante «oummaïste» islamiste pro voile contre l’infortunée Fanny Truchelut, naïve citoyenne attachée à la laïcité, c'est-à-dire à la loi de la République et à ses valeurs. Il ne reste plus à la LICRA, qu’à fusionner ou, pour le moins, à se fédérer avec ses deux compères de la partie civile : LDH et MRAP, ardents pourfendeurs de l’antisémitisme pour peu qu’il émane d’un européen, si possible d’extrême droite. Le MRAP, aux basques duquel la Licra s’accroche, est au dessus de tout soupçon. Son président n’a-t-il pas naguère gagné son procès en diffamation contre son «confrère» de SOS-Racisme coupable d’avoir dénoncé les cris de «Mort aux Juifs» hurlés derrière la banderole du MRAP ? Pour une fois, je crois que Mouloud Aounit dit vrai en affirmant que ces vociférateurs antisémites venus des «banlieues défavorisées» n’étaient pas membres du MRAP. Dont acte. Mais on peut alors se demander qui était diffamé : le MRAP ou les «Jeunes» des «banlieues défavorisées», portant ainsi atteinte à leur posture de discriminés institutionnels ? Quoi qu’il en soit on peut seulement se demander pourquoi le service d’ordre musclé du MRAP n’a pas aussitôt chassé ces trublions et pourquoi le MRAP, si vigilent contre le racisme des «Souchiens», n’a pas aussitôt déposé plainte contre ces racistes d’importation. Mais comme je l’ai dit plus haut, je ne me suis jamais fait d’illusions sur ce mouvement. Je constate seulement que la LICRA n’est pas très regardante sur ses alliances au point d’en arriver à d’étranges compromissions.
Je profite de cette évocation pour relever un curieux dénominateur commun à toutes ces organisations précitées qui se disputent ou se partagent le juteux marché bien verrouillé du business antiraciste. Combien de plaintes ont-elles déposées contre les auteurs de propos, actes, écrits, blogs, sites, voire actes de violence et de vandalisme de caractère raciste visant les «souchiens» hommes, femmes ou adolescents ? Ne répondez pas tous à la fois ! A croire qu’il suffit d’être originaire d’outre Méditerranée pour échapper à toute sanction visant les actes ou propos injurieux et diffamatoires portant atteinte à l’honneur et à la dignité des hommes et des femmes pour l’unique raison qu’ils sont les «Autres», les «Différents». N’est-ce pas ça le racisme ?
Mais que peut-on attendre de mieux des idéologues formés à l’école du totalitarisme dont l’antiracisme ne serait que le cadet de leurs préoccupations si cela ne leur permettait pas de s’ériger en commissaires politiques ? Et puis voilà que l’un de mes amis, adhérent à la LICRA, m’envoie un papier de la section de Neuilly informant le public d’un cycle de conférences autour du thème : «Laïcité, Démocratie, république Française, Valeurs et Religions». Constatons dores et déjà que tous ces substantifs ont une initiale majuscule, sauf «république». Mais bon, je ne vais pas jouer au psychologue de bistrot pour une coquille. Je n’en conclurai donc pas qu’à la Licra on manifeste plus de déférence à la Religion qu’à la «république».
Bien que maîtrisant normalement la langue française, je cherche un décodeur pour m’aider à traduire en français commun ce texte sibyllin rédigé en Lingua Tertii Imperii. Tout ce qui y semble clair, c’est que la première conférence de la section de Neuilly-la Défense de la LICRA, aura lieu le 25 novembre 2008 à 20h15 à la Maison des Associations, salle A, 2 bis, rue du Château, Neuilly-sur-Seine (Entrée gratuite, se renseigner à licraneuillyladefense@noos.fr).
Je vous en livre la note d’introduction telle que je l’ai sous les yeux.
«Le multiculturalisme est désormais présent en France par les migrations intra-européennes, par les migrations extra-européennes au premier titre desquelles les migrations de la Méditerranée. Face à ce multiculturalisme, il est hautement souhaitable d’éviter deux voies :
- Celles (sic) du communautarisme
- Celles (re-sic) du laïcisme qui exclue (re-re-sic) toute religion et qui ne considère toute personne que comme citoyen et non dans son intégrité d’homme avec ses autres caractéristiques.
L’une ou l’autre de ces voies conduit soit à la non-reconnaissance de l’Etat ou de la Nation par certains, ou beaucoup, soit au fait que certains, ou beaucoup, ne se sentent reconnus ni par l’Etat, ni par la Nation».
J’aimerais bien que l’auteur de ce texte nous précise qui sont ces mystérieux «certains ou beaucoup» en faveur desquels la République doit retailler la loi de 1905 pour qu’ils nous fassent la faveur de reconnaître notre Etat et notre Nation. S’agirait-il des Vietnamiens ? Des Cambodgiens ? Des Bouddhistes, Des Guaranis ? Des Mexicains ? Des Costaricains ? Ce mutisme de la Licra nous oblige à conclure que ces «certains ou beaucoup» sont innommables ou ineffables. J’allais écrire que là n’est pas la question, or je crois que là est toute la question.
Ce qui m’interpelle c’est la remise en question implicite de notre système laïque instauré à l’aube du 20ème siècle à une époque où les catholiques et les autres religions, auxquels il convient d’ajouter les libres penseurs, se répartissaient les rôles des «beaucoup» et des «certains». Or tous ces «certains» comme ces «beaucoup», dans leur diversité de croyances et de sensibilités, se sont parfaitement adaptés à la laïcité, telle que définie par la Loi de 1905, dans le respect mutuel, en constatant de surcroît que cette séparation entre le Temporel et le Spirituel s’est finalement révélée bénéfique pour tous. «Gagnant, gagnant» en somme. L’égalité devant la loi, qui est le dogme d’un Etat de droit, jouait en faveur des «certains» comme des «beaucoup».
Or, depuis la seconde moitié du 20ème siècle, une «certaine» culture religieuse venue d’ailleurs, devenue «beaucoup», parce qu’entre autres, de nombreux «certains» qui, en toute illégalité ont quelque peu forcé notre porte avec la complicité des organisations prétendument antiracistes, se sentent mal à l’aise dans le cadre de cette loi à laquelle les autres religions se soumettent sans broncher, ce qui nous amène à conclure que la religion de ces «certains ou beaucoup» n’a rien d’une religion comme les autres et qu’à ce titre, elle exige avec une arrogance qui croît avec leur nombre, avec la pression politique de leur pays d’origine sans oublier celle des hystériques de l’antiracisme, un régime légal dérogatoire, c'est-à-dire un privilège. Ou, selon l’euphémisme de Nicolas Sarkozy, une discrimination positive. La Licra serait-elle chargée par Sarkozy de préparer l’opinion publique à la modification de la loi de 1905 ? Qu’en sera-t-il alors lorsque ce «beaucoup» deviendra la culture majoritaire ?
Pour y répondre, il n’est que de voir les pays d’où ces «certains devenant beaucoup» nous arrivent. Y existe-t-il une LICRA, un MRAP, une LDH ou autre SOS Racisme pour faire pression sur le gouvernement qui les subventionne, pour que les minorités culturelles, religieuses ou sexuelles puissent se sentir reconnues par l’Etat ou la Nation sur un pied de stricte égalité avec la culture dominante et que, par voie de conséquence, ils reconnaissent l’Etat et la Nation au sein desquels ils vivent.
Mais devons-nous pour autant discriminer ces «certains ou beaucoup» alors que nombre d’entre eux viennent chez nous justement pour échapper au totalitarisme politique, culturel et religieux qui sévit chez eux ? Il n’en est nullement question, encore que certains de ces hommes et de ces femmes qui renoncent à leur individualité au profit de leurs communautés, entendent, avec le soutien tapageur d’associations «antiracistes», reproduire dans le pays d’accueil le modèle de culture de leur pays d’origine, culture qui, n’en déplaise à ceux qui propagent le bobard selon lequel toutes les cultures sont équivalentes, est pourtant en grande partie la cause du sous développement de leurs pays. A titre de comparaison, qui imaginerait que les Allemands ou les Italiens qui fuyaient le national-socialisme ou le fascisme, prétendaient reproduire chez nous, et de surcroît nous les imposer, les caractéristiques idéologiques et culturelles du pays qu’ils fuyaient ?
Le ton de l’annonce en question me laisse craindre que je serais poursuivi en tant que «raciste» par la LICRA si je lui rappelle que la laïcité qui repose sur la loi de 1905 constitue la singularité de notre République. En vertu de cette singularité, la République, qui garantit à chaque homme et à chaque femme la liberté de croire ou de ne pas croire en une puissance divine, de pratiquer ou de ne pas pratiquer la religion dans laquelle il est né ou qu’il s’est choisie, ne reconnaît et ne juge que des individus, jamais des communautés culturelles, religieuses ou sexuelles. De surcroît il est désobligeant pour les institutions fondamentales de la République d’appeler «laïcisme» ce qui est tout bonnement la laïcité telle qu’elle découle de la Loi.
Dès lors, les débats annoncés sont biaisés d’avance puisqu’ils reposent sur la prémisse tendancieuse selon laquelle notre système exclurait toute religion, ignorerait l’homme dans son intégrité et que seule l’abrogation de la Loi de 1905 ou son «assouplissement» sera le prix à payer à ces «certains ou beaucoup» pour qu’ils daignent reconnaître enfin notre Etat et notre Nation. A condition, bien entendu, de ne plus chanter la Marseillaise.
Mais le véritable problème est ailleurs. La Licra, comme ses homologues ès antiracisme et droits de l’hommisme, laisse entendre que nous sommes responsables et coupables de la non intégration des «certains et des beaucoup»
parce que nous les rejetons.
C’est là une monstrueuse imposture qui vise à nous inhiber par un complexe de culpabilité. Ce ne son pas nous, les «Hexagonaux» ou «Souchiens» qui rejetons certains «Certains ou Beaucoup». Ceux parmi les «Certains» qui avaient l’intention de s’intégrer à la Nation y sont parvenus. La vérité est que ce sont les «certains» que le tract de la Licra n’a pas le courage de désigner, qui nous rejettent catégoriquement.
Influencés, sous couvert de religion, par une idéologie conquérante, intolérante, machiste et exclusive, fondamentalement hostile à toutes les valeurs éthiques et culturelles de l’Occident, et disposant en outre de forts soutiens financiers et d’un réseau vaste et dense «d’éducateurs» et «formateurs» venus d’ailleurs, ils usent de tous les moyens, jusqu’à la coercition pour «préserver» leur communauté de toute «contamination» par l’Occident. Selon eux, l’intégration à la Nation exige que ce soient nous, les «Occidentaux», qui devons nous plier à leur culture, à leurs valeurs, à leurs interdits. Ou alors, on ne comprendrait pas pourquoi les autres «certains», comme par exemple l’immigration asiatique majoritairement bouddhiste ou parfois chrétienne, ne nous pose aucun problème et ne nous place devant aucun dilemme.
C’est là que le «cycle de conférences» de Neuilly, comme d’ailleurs du reste, n’est qu’une aimable parlotte de bobos, certes bourrés de bons sentiments, mais «à côté de la plaque».
Dans le principe libéral du «moins d’Etat possible», la religion, la tendance sexuelle, l’appartenance ou le refus d’appartenance à une communauté religieuse ou culturelle, le choix d’une compagne ou d’un compagnon, d’un «hobby» ou encore les préférences culinaires ou les goûts artistiques ou littéraires, ne relèvent simplement pas, et fort heureusement, de la compétence de l’Etat ni de la Loi.
Nous ne sommes pas, par exemple, en Algérie où le fait d’abjurer la religion d’Etat, ou, pour les minorités religieuses, de pratiquer un rite au dehors des lieux strictement assignés par l’Etat, est criminalisé. Nous ne sommes pas non plus l’Arabie saoudite où toute pratique d’une religion autre que celle de l’Etat, ainsi que le port de tout signe laissant supposer l’adhésion à une croyance autre que l’islam sont interdits et sévèrement réprimés.
Alors, Mesdames et Messieurs de la LICRA, avant de prétendre laisser une place officielle au «multiculturalisme», c'est-à-dire tout bonnement aux communautés venues d’ailleurs et parfois hostiles, songez plutôt aux hommes et aux femmes qui ont choisi notre pays justement pour se libérer du carcan religieux, culturel et communautaire qui, dans leur pays d’origine, entrave dans leur intégrité, l’homme «avec ses autres caractéristiques». Et surtout la femme (curieusement oubliée dans l’article de foi de la Licra).
Votre «multiculturalisme» de gogos ne sera pour eux qu’une nouvelle prison implantée sur le territoire de la République française. Un ghetto culturel et idéologique.
Non, Mesdames et Messieurs de la LICRA, dans le contexte mondial actuel, devant le «choc des cultures» (pas du tout équivalentes, ne vous déplaise) auquel le monde est exposé, c’est le communautarisme (que vous croyez rejeter en le baptisant «multiculturalisme») qui opprime l’homme et plus singulièrement la femme, et c’est la laïcité, fut-elle «laïciste», qui les libère. Mêlez-vous donc de la chasse aux racistes, des vrais et quels qu’ils soient, puisque c’est la raison d’être de votre association, et le contribuable vous subventionne uniquement à cette fin, en vous gardant de classer dans la rubrique «racisme» la simple critique ou même l’hostilité envers un système religieux ou idéologique. Ou alors il faudra ouvrir des vastes et nombreux goulags pour y interner tous ceux qui brocardent ou critiquent, impunément jusqu’à présent, la religion catholique. La remise en cause de la laïcité ne relève pas de votre compétence, mais «au mieux» de votre niaiserie, ou plus vraisemblablement, de votre totale irresponsabilité.
Je sais que d’autres pays accordent un statut officiel aux communautés. Les immigrés qui viennent chez nous le savent aussi. Ce fait apporte une solution au dilemme qui tourmente la Licra, de «la non reconnaissance de l’Etat ou de la nation par certains, ou beaucoup ; soit au fait que certains, ou beaucoup, ne se sentent reconnus ni par l’Etat ni par la Nation» comme vous l’écrivez de façon tellement nébuleuse.
Partant du principe que ce n’est pas à la Nation ou à l’Etat d’adapter sa législation à la culture des nouveaux venus, mais que c’est à ces derniers qu’il appartient de s’adapter aux valeurs, à la culture, aux normes, aux codes et aux lois du pays d’accueil, cela relève du plus élémentaire savoir vivre et tout simplement de la politesse. Au nom aussi de la liberté absolue de conscience à laquelle nous sommes attachés, tant pour nous-mêmes que pour les autres, il est toujours loisible à ceux qui ne sont pas satisfaits de notre système légal, de nos mœurs et de nos coutumes, d’aller se fixer dans les pays dont la législation, favorable au multiculturalisme, c'est-à-dire au communautarisme, répond mieux à leurs aspirations, étant entendu que toutes les autres personnes, tous les autres «certains» qui viennent légalement pour s’adapter et non pour imposer, pour vivre selon nos lois et valeurs et non pour nous soumettre aux leurs, sont les bienvenus et ont pour vocation de devenir citoyens et citoyennes de notre pays. C’est ma seule façon de comprendre et d’admettre la «discrimination positive».
© André Dufour pour LibertyVox
http://www.libertyvox.com/article.php?id=353
André Dufour analyse la Mrapisation de la Licra et la dérive totalitaire de l’antiracisme.
Laïcité à la carte pour «certains ou pour beaucoup» ?
Il était une fois une très respectable Ligue des Droits de l’Homme, créée dans la foulée de l’inique condamnation du capitaine Dreyfus par un tribunal militaire se comportant comme un Etat dans l’Etat et au dessus des lois ; elle avait pour vocation de défendre l’homme et le citoyen contre l’arbitraire. Pervertie par l’entrisme des nantis trotskistes, saupoudrés d’un humanisme de pacotille, elle est devenue entre leurs mains une arme au service d’une idéologie d’essence totalitaire.
Il était une fois une LICRA, née dans la foulée des pogroms perpétrés en Russie, en Ukraine et en Pologne à peine ressuscitée. Je la croyais, jusqu’à récemment, immunisée contre les idéologies puisque, ne pouvant la noyauter, le parti communiste stalinien, mobilisant ses compagnons de route et ses idiots utiles, finit par créer de toutes pièces, dans la foulée de l’émotion suscitée par la découverte des indicibles crimes nazis, un Mouvement contre le Racisme, l’Antisémitisme et pour la Paix (MRAP).
Ce prétendu Mouvement contre le Racisme dont le A ne se prononce plus «antisémitisme» mais désormais «amitié» et le P ne se lit plus «paix» mais désormais «peuples», est avec le régime Nord Coréen de Kim Jong-il et le régime cubain de Fidel Castro, l’une des dernières métastases de l’empire stalinien. N’en attendant rien d’honnête, le MRAP a au moins le mérite de ne m’avoir jamais déçu. Orphelin du totalitarisme stalinien, son actuel leader s’est vite consolé de la disparition de son géniteur en se mettant au service d’une autre idéologie totalitaire, l’islamisme. Que voulez-vous, on ne se refait pas. Au nom du droit à la différence, Mouloud Aounit a le droit d’être comme il est. Et puis un poste de leader d’un business antiraciste, de surcroît subventionné par le contribuable, offre quelques avantages dont le moindre n’est pas de favoriser son élection au Conseil Général, voire au Parlement, fonctions qui, en une seule législature, assure une retraite d’un montant qu’un simple prolétaire ne touchera pas au terme d’une vie entière de travail. La Nuit du quatre août n’est pas encore passée par là.
La LICRA succombe à son tour à la contamination Mrapiste en se faisant l’avocat de toute cause identitaire pour peu qu’elle ne soit pas française ou européenne. J’aurais déjà dû m’en douter lorsqu’elle s’est acoquinée avec le MRAP dans sa grotesque plainte contre Jean Raspail, l’un des plus grands écrivains français vivants, «coupable» de fidélité à son identité française et, plus récemment, dans son soutien à une militante «oummaïste» islamiste pro voile contre l’infortunée Fanny Truchelut, naïve citoyenne attachée à la laïcité, c'est-à-dire à la loi de la République et à ses valeurs. Il ne reste plus à la LICRA, qu’à fusionner ou, pour le moins, à se fédérer avec ses deux compères de la partie civile : LDH et MRAP, ardents pourfendeurs de l’antisémitisme pour peu qu’il émane d’un européen, si possible d’extrême droite. Le MRAP, aux basques duquel la Licra s’accroche, est au dessus de tout soupçon. Son président n’a-t-il pas naguère gagné son procès en diffamation contre son «confrère» de SOS-Racisme coupable d’avoir dénoncé les cris de «Mort aux Juifs» hurlés derrière la banderole du MRAP ? Pour une fois, je crois que Mouloud Aounit dit vrai en affirmant que ces vociférateurs antisémites venus des «banlieues défavorisées» n’étaient pas membres du MRAP. Dont acte. Mais on peut alors se demander qui était diffamé : le MRAP ou les «Jeunes» des «banlieues défavorisées», portant ainsi atteinte à leur posture de discriminés institutionnels ? Quoi qu’il en soit on peut seulement se demander pourquoi le service d’ordre musclé du MRAP n’a pas aussitôt chassé ces trublions et pourquoi le MRAP, si vigilent contre le racisme des «Souchiens», n’a pas aussitôt déposé plainte contre ces racistes d’importation. Mais comme je l’ai dit plus haut, je ne me suis jamais fait d’illusions sur ce mouvement. Je constate seulement que la LICRA n’est pas très regardante sur ses alliances au point d’en arriver à d’étranges compromissions.
Je profite de cette évocation pour relever un curieux dénominateur commun à toutes ces organisations précitées qui se disputent ou se partagent le juteux marché bien verrouillé du business antiraciste. Combien de plaintes ont-elles déposées contre les auteurs de propos, actes, écrits, blogs, sites, voire actes de violence et de vandalisme de caractère raciste visant les «souchiens» hommes, femmes ou adolescents ? Ne répondez pas tous à la fois ! A croire qu’il suffit d’être originaire d’outre Méditerranée pour échapper à toute sanction visant les actes ou propos injurieux et diffamatoires portant atteinte à l’honneur et à la dignité des hommes et des femmes pour l’unique raison qu’ils sont les «Autres», les «Différents». N’est-ce pas ça le racisme ?
Mais que peut-on attendre de mieux des idéologues formés à l’école du totalitarisme dont l’antiracisme ne serait que le cadet de leurs préoccupations si cela ne leur permettait pas de s’ériger en commissaires politiques ? Et puis voilà que l’un de mes amis, adhérent à la LICRA, m’envoie un papier de la section de Neuilly informant le public d’un cycle de conférences autour du thème : «Laïcité, Démocratie, république Française, Valeurs et Religions». Constatons dores et déjà que tous ces substantifs ont une initiale majuscule, sauf «république». Mais bon, je ne vais pas jouer au psychologue de bistrot pour une coquille. Je n’en conclurai donc pas qu’à la Licra on manifeste plus de déférence à la Religion qu’à la «république».
Bien que maîtrisant normalement la langue française, je cherche un décodeur pour m’aider à traduire en français commun ce texte sibyllin rédigé en Lingua Tertii Imperii. Tout ce qui y semble clair, c’est que la première conférence de la section de Neuilly-la Défense de la LICRA, aura lieu le 25 novembre 2008 à 20h15 à la Maison des Associations, salle A, 2 bis, rue du Château, Neuilly-sur-Seine (Entrée gratuite, se renseigner à licraneuillyladefense@noos.fr).
Je vous en livre la note d’introduction telle que je l’ai sous les yeux.
«Le multiculturalisme est désormais présent en France par les migrations intra-européennes, par les migrations extra-européennes au premier titre desquelles les migrations de la Méditerranée. Face à ce multiculturalisme, il est hautement souhaitable d’éviter deux voies :
- Celles (sic) du communautarisme
- Celles (re-sic) du laïcisme qui exclue (re-re-sic) toute religion et qui ne considère toute personne que comme citoyen et non dans son intégrité d’homme avec ses autres caractéristiques.
L’une ou l’autre de ces voies conduit soit à la non-reconnaissance de l’Etat ou de la Nation par certains, ou beaucoup, soit au fait que certains, ou beaucoup, ne se sentent reconnus ni par l’Etat, ni par la Nation».
J’aimerais bien que l’auteur de ce texte nous précise qui sont ces mystérieux «certains ou beaucoup» en faveur desquels la République doit retailler la loi de 1905 pour qu’ils nous fassent la faveur de reconnaître notre Etat et notre Nation. S’agirait-il des Vietnamiens ? Des Cambodgiens ? Des Bouddhistes, Des Guaranis ? Des Mexicains ? Des Costaricains ? Ce mutisme de la Licra nous oblige à conclure que ces «certains ou beaucoup» sont innommables ou ineffables. J’allais écrire que là n’est pas la question, or je crois que là est toute la question.
Ce qui m’interpelle c’est la remise en question implicite de notre système laïque instauré à l’aube du 20ème siècle à une époque où les catholiques et les autres religions, auxquels il convient d’ajouter les libres penseurs, se répartissaient les rôles des «beaucoup» et des «certains». Or tous ces «certains» comme ces «beaucoup», dans leur diversité de croyances et de sensibilités, se sont parfaitement adaptés à la laïcité, telle que définie par la Loi de 1905, dans le respect mutuel, en constatant de surcroît que cette séparation entre le Temporel et le Spirituel s’est finalement révélée bénéfique pour tous. «Gagnant, gagnant» en somme. L’égalité devant la loi, qui est le dogme d’un Etat de droit, jouait en faveur des «certains» comme des «beaucoup».
Or, depuis la seconde moitié du 20ème siècle, une «certaine» culture religieuse venue d’ailleurs, devenue «beaucoup», parce qu’entre autres, de nombreux «certains» qui, en toute illégalité ont quelque peu forcé notre porte avec la complicité des organisations prétendument antiracistes, se sentent mal à l’aise dans le cadre de cette loi à laquelle les autres religions se soumettent sans broncher, ce qui nous amène à conclure que la religion de ces «certains ou beaucoup» n’a rien d’une religion comme les autres et qu’à ce titre, elle exige avec une arrogance qui croît avec leur nombre, avec la pression politique de leur pays d’origine sans oublier celle des hystériques de l’antiracisme, un régime légal dérogatoire, c'est-à-dire un privilège. Ou, selon l’euphémisme de Nicolas Sarkozy, une discrimination positive. La Licra serait-elle chargée par Sarkozy de préparer l’opinion publique à la modification de la loi de 1905 ? Qu’en sera-t-il alors lorsque ce «beaucoup» deviendra la culture majoritaire ?
Pour y répondre, il n’est que de voir les pays d’où ces «certains devenant beaucoup» nous arrivent. Y existe-t-il une LICRA, un MRAP, une LDH ou autre SOS Racisme pour faire pression sur le gouvernement qui les subventionne, pour que les minorités culturelles, religieuses ou sexuelles puissent se sentir reconnues par l’Etat ou la Nation sur un pied de stricte égalité avec la culture dominante et que, par voie de conséquence, ils reconnaissent l’Etat et la Nation au sein desquels ils vivent.
Mais devons-nous pour autant discriminer ces «certains ou beaucoup» alors que nombre d’entre eux viennent chez nous justement pour échapper au totalitarisme politique, culturel et religieux qui sévit chez eux ? Il n’en est nullement question, encore que certains de ces hommes et de ces femmes qui renoncent à leur individualité au profit de leurs communautés, entendent, avec le soutien tapageur d’associations «antiracistes», reproduire dans le pays d’accueil le modèle de culture de leur pays d’origine, culture qui, n’en déplaise à ceux qui propagent le bobard selon lequel toutes les cultures sont équivalentes, est pourtant en grande partie la cause du sous développement de leurs pays. A titre de comparaison, qui imaginerait que les Allemands ou les Italiens qui fuyaient le national-socialisme ou le fascisme, prétendaient reproduire chez nous, et de surcroît nous les imposer, les caractéristiques idéologiques et culturelles du pays qu’ils fuyaient ?
Le ton de l’annonce en question me laisse craindre que je serais poursuivi en tant que «raciste» par la LICRA si je lui rappelle que la laïcité qui repose sur la loi de 1905 constitue la singularité de notre République. En vertu de cette singularité, la République, qui garantit à chaque homme et à chaque femme la liberté de croire ou de ne pas croire en une puissance divine, de pratiquer ou de ne pas pratiquer la religion dans laquelle il est né ou qu’il s’est choisie, ne reconnaît et ne juge que des individus, jamais des communautés culturelles, religieuses ou sexuelles. De surcroît il est désobligeant pour les institutions fondamentales de la République d’appeler «laïcisme» ce qui est tout bonnement la laïcité telle qu’elle découle de la Loi.
Dès lors, les débats annoncés sont biaisés d’avance puisqu’ils reposent sur la prémisse tendancieuse selon laquelle notre système exclurait toute religion, ignorerait l’homme dans son intégrité et que seule l’abrogation de la Loi de 1905 ou son «assouplissement» sera le prix à payer à ces «certains ou beaucoup» pour qu’ils daignent reconnaître enfin notre Etat et notre Nation. A condition, bien entendu, de ne plus chanter la Marseillaise.
Mais le véritable problème est ailleurs. La Licra, comme ses homologues ès antiracisme et droits de l’hommisme, laisse entendre que nous sommes responsables et coupables de la non intégration des «certains et des beaucoup»
parce que nous les rejetons.
C’est là une monstrueuse imposture qui vise à nous inhiber par un complexe de culpabilité. Ce ne son pas nous, les «Hexagonaux» ou «Souchiens» qui rejetons certains «Certains ou Beaucoup». Ceux parmi les «Certains» qui avaient l’intention de s’intégrer à la Nation y sont parvenus. La vérité est que ce sont les «certains» que le tract de la Licra n’a pas le courage de désigner, qui nous rejettent catégoriquement.
Influencés, sous couvert de religion, par une idéologie conquérante, intolérante, machiste et exclusive, fondamentalement hostile à toutes les valeurs éthiques et culturelles de l’Occident, et disposant en outre de forts soutiens financiers et d’un réseau vaste et dense «d’éducateurs» et «formateurs» venus d’ailleurs, ils usent de tous les moyens, jusqu’à la coercition pour «préserver» leur communauté de toute «contamination» par l’Occident. Selon eux, l’intégration à la Nation exige que ce soient nous, les «Occidentaux», qui devons nous plier à leur culture, à leurs valeurs, à leurs interdits. Ou alors, on ne comprendrait pas pourquoi les autres «certains», comme par exemple l’immigration asiatique majoritairement bouddhiste ou parfois chrétienne, ne nous pose aucun problème et ne nous place devant aucun dilemme.
C’est là que le «cycle de conférences» de Neuilly, comme d’ailleurs du reste, n’est qu’une aimable parlotte de bobos, certes bourrés de bons sentiments, mais «à côté de la plaque».
Dans le principe libéral du «moins d’Etat possible», la religion, la tendance sexuelle, l’appartenance ou le refus d’appartenance à une communauté religieuse ou culturelle, le choix d’une compagne ou d’un compagnon, d’un «hobby» ou encore les préférences culinaires ou les goûts artistiques ou littéraires, ne relèvent simplement pas, et fort heureusement, de la compétence de l’Etat ni de la Loi.
Nous ne sommes pas, par exemple, en Algérie où le fait d’abjurer la religion d’Etat, ou, pour les minorités religieuses, de pratiquer un rite au dehors des lieux strictement assignés par l’Etat, est criminalisé. Nous ne sommes pas non plus l’Arabie saoudite où toute pratique d’une religion autre que celle de l’Etat, ainsi que le port de tout signe laissant supposer l’adhésion à une croyance autre que l’islam sont interdits et sévèrement réprimés.
Alors, Mesdames et Messieurs de la LICRA, avant de prétendre laisser une place officielle au «multiculturalisme», c'est-à-dire tout bonnement aux communautés venues d’ailleurs et parfois hostiles, songez plutôt aux hommes et aux femmes qui ont choisi notre pays justement pour se libérer du carcan religieux, culturel et communautaire qui, dans leur pays d’origine, entrave dans leur intégrité, l’homme «avec ses autres caractéristiques». Et surtout la femme (curieusement oubliée dans l’article de foi de la Licra).
Votre «multiculturalisme» de gogos ne sera pour eux qu’une nouvelle prison implantée sur le territoire de la République française. Un ghetto culturel et idéologique.
Non, Mesdames et Messieurs de la LICRA, dans le contexte mondial actuel, devant le «choc des cultures» (pas du tout équivalentes, ne vous déplaise) auquel le monde est exposé, c’est le communautarisme (que vous croyez rejeter en le baptisant «multiculturalisme») qui opprime l’homme et plus singulièrement la femme, et c’est la laïcité, fut-elle «laïciste», qui les libère. Mêlez-vous donc de la chasse aux racistes, des vrais et quels qu’ils soient, puisque c’est la raison d’être de votre association, et le contribuable vous subventionne uniquement à cette fin, en vous gardant de classer dans la rubrique «racisme» la simple critique ou même l’hostilité envers un système religieux ou idéologique. Ou alors il faudra ouvrir des vastes et nombreux goulags pour y interner tous ceux qui brocardent ou critiquent, impunément jusqu’à présent, la religion catholique. La remise en cause de la laïcité ne relève pas de votre compétence, mais «au mieux» de votre niaiserie, ou plus vraisemblablement, de votre totale irresponsabilité.
Je sais que d’autres pays accordent un statut officiel aux communautés. Les immigrés qui viennent chez nous le savent aussi. Ce fait apporte une solution au dilemme qui tourmente la Licra, de «la non reconnaissance de l’Etat ou de la nation par certains, ou beaucoup ; soit au fait que certains, ou beaucoup, ne se sentent reconnus ni par l’Etat ni par la Nation» comme vous l’écrivez de façon tellement nébuleuse.
Partant du principe que ce n’est pas à la Nation ou à l’Etat d’adapter sa législation à la culture des nouveaux venus, mais que c’est à ces derniers qu’il appartient de s’adapter aux valeurs, à la culture, aux normes, aux codes et aux lois du pays d’accueil, cela relève du plus élémentaire savoir vivre et tout simplement de la politesse. Au nom aussi de la liberté absolue de conscience à laquelle nous sommes attachés, tant pour nous-mêmes que pour les autres, il est toujours loisible à ceux qui ne sont pas satisfaits de notre système légal, de nos mœurs et de nos coutumes, d’aller se fixer dans les pays dont la législation, favorable au multiculturalisme, c'est-à-dire au communautarisme, répond mieux à leurs aspirations, étant entendu que toutes les autres personnes, tous les autres «certains» qui viennent légalement pour s’adapter et non pour imposer, pour vivre selon nos lois et valeurs et non pour nous soumettre aux leurs, sont les bienvenus et ont pour vocation de devenir citoyens et citoyennes de notre pays. C’est ma seule façon de comprendre et d’admettre la «discrimination positive».
© André Dufour pour LibertyVox
http://www.libertyvox.com/article.php?id=353
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Re: La Licra s'est bâtie sur un mythe
Anne Kling : « Dès les années 70, la Licra va systématiquement soutenir l'immigration de peuplement arabo-musulmane »
RIVAROL : Anne Kling, vous intervenez à la journée de Terre et Peuple, sur le thème des lobbys qui prétendent diriger la France, et vous êtes l'auteur de trois livres remarqués, consacrés à la Liera, au Crif et aux révolutionnaires juifs. Dites-nous quel est votre cheminement intellectuel et politique ?
Anne KLING : Je ne suis absolument pas issue de ce que d'aucuns appellent « l'extrême-droite ». J'avais été suppléante au titre du RPR du député UDF strasbourgeois Harry Lapp. Je fus ensuite responsable de La Droite de Charles Millon, à Strasbourg. C'est dans le cadre de la préparation d'élections municipales à Strasbourg que mes ennuis commencèrent, et par là, ma prise de conscience. J'avais décidé de faire équipe avec Robert Spieler, alors président d'Alsace d'Abord et j'avais rédigé un tract, au titre d'une association que j'avais créée, où je liais immigration et insécurité. La Licra me traina devant les tribunaux, mais je fus relaxée. C'était ma première rencontre avec l'officine... Par la suite, un autre tract me valut de sérieux ennuis professionnels. J'étais fonctionnaire au Conseil de l'Europe, dont la Turquie fait partie, et j'avais eu l'outrecuidance de lancer une pétition contre l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne. Je considérai que c'était là mon droit le plus strict, en tant que citoyenne. Le secrétaire général du Conseil de l'Europe ne l'entendit pas ainsi et enclencha une procédure disciplinaire en vue de mon licenciement. J'avais décidé de me battre. Les tribunaux français n'étant pas compétents, j'ai obligé le Conseil de l'Europe à réunir un tribunal administratif international pour juger mon cas. C'était, à ma connaissance, la première fois que cela se produisait. Je finis, après quelques péripéties, par obtenir en grande partie gain de cause. J'ai certes terminé ma vie professionnelle dans un placard, mais je ne m'en suis pas plainte. Cela m'a donné du temps pour réfléchir à l'écriture de mes livres !
R. : Pourquoi avez-vous décidé de consacrer un livre à la Licra, et un autre au Crif ?
A. K. : Le Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) et la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme) sont peu connus du grand public. Il suffit de demander autour de soi ce que ces sigles signifient pour s'en rendre compte facilement.
Et même dans nos rangs, si l'on sait en général un peu mieux ce dont il est question, beaucoup ignorent l'étendue réelle du rayon d'action de ces officines. Leur puissance et leur capacité d'influence dans un grand nombre de domaines importants de la vie politique française, comme la justice, l'éducation nationale, la promotion de l'immigration arabo-musulmane.
Et donc on méconnaît généralement leur forte responsabilité dans la situation très dégradée de la France d'aujourd'hui. Jusqu'il y a une dizaine d'années, le CRIF qui se qualifie lui-même de porte-parole politique de la communauté juive de France auprès des pouvoirs publics, était occulté, dans les média surtout, par la puissante Liera. C'est la Licra qui jouait en matière de lutte « contre le racisme et l'antisémitisme » le rôle de bras armé et veillait jalousement à l'orthodoxie de la vie politique française. C'est qu'un renvoi en correctionnelle, une excommunication sur la place publique, un tabou jeté sur tel ou tel, étaient vite arrivés.
Et leur seule perspective suffisait à tenir en laisse une classe politique particulièrement docile. Mais les circonstances ont évolué depuis le début des années 2000 et la Licra, qui est toujours là et bien là, apparaît aujourd'hui en retrait derrière le CRIF qui tient à présent le haut du pavé et de l'affiche. Bien sûr, pour s'en apercevoir, il faut s'intéresser de près au fonctionnement de la vie politique du pays. Encore une fois, le grand public n'a pas conscience de la réalité et de la puissance de ces courants souterrains.
Car les média du système se gardent bien d'attirer son attention sur une situation qui pourrait finir par paraître bizarre. Tout est fait au contraire pour éluder le sujet et ceux qui persistent à se poser trop de questions sont généralement réduits au silence par l'accusation absolument terrifiante d'antisémitisme.
Celle qui vous rejette illico en dehors de l'humanité et vous précipite aux enfers. Car il faut savoir que l'"antisémitisme" est actuellement le seul péché mortel encore existant.
R. : Parlez-nous des origines de la Licra ?
A. K. : La Licra est l'officine la plus ancienne et a longtemps été la plus puissante. C'est elle qui a le plus fortement contribué à façonner le visage de la France d'aujourd'hui..Car elle a très fortement ; contribué à imposer au pays une immigration musulmane massive. Devant la tournure prise par les événements, elle est maintenant un peu moins flamboyante. C'est l'une des raisons pour lesquelles le Crif a pris le relais.
Mais le pouvoir de la Liera a été très important globalement entre les années 1970 et 2000. Une période charnière qui a vu une véritable mutation du pays.
Pour comprendre d'où elle a pu tirer son pouvoir exorbitant, il faut remonter à la source : au confluent de deux événements majeurs du XXe siècle : la révolution bolchevique et la Seconde Guerre mondiale. Deux événements puissamment liés l'un à l'autre. Deux événements dont nous subissons encore fortement les retombées.
La Licra a été créée en 1926 sous le nom de Ligue internationale contre les pogroms par un journaliste communiste, Bernard Lecache. Qui, comme son nom ne l'indique pas, était né dans une famille juive d'origine ukrainienne réfugiée en France. Lecache a été parmi les premiers à adhérer au tout nouveau Parti communiste français qui se crée en 1921.
C'est donc un communiste de la première heure qui crée la Liera. Le pouvoir bolchevique règne alors d'une main de fer sur l'URSS depuis 8 ans et voudrait bien s'étendre à l'Ouest. C'est à cela que travaillent ses agents d'influence, tels que Lecache.
Ce dernier crée la Ligue pour assurer le battage médiatique voulu autour du procès de l'assassin de Simon Petlura, abattu à Paris par Samuel Schwartzbard. C'est le meurtre d'un nationaliste ukrainien par un communiste juif qui est à proprement parler à l'origine de la Liera, le battage fait autour de ce procès sera immense et efficace : toute la gauche ainsi que la diaspora juive sont mobilisées, jusqu'aux États-Unis. Tant et si bien que par une inversion classique» à ce procès on ne jugera pas le meurtrier, mais sa victime, présumée coupable de pogroms en Ukraine. En réalité, le procès ne permettra même pas d'établir sa part réelle de responsabilité dans les exactions commises par son armée.
Bien évidemment, Schwartzbard est triomphalement acquitté à Paris en 1927 et dans la foulée Lecache transforme sa Ligue contre les pogroms, qui a parfaitement rempli sa fonction, en Ligue contre l'antisémitisme, pour disposer d'un rayon d'action plus vaste.
Nous sommes en 1928, il va présider la Liera pendant 40 ans, jusqu'en 1968. À ce moment-là prendra le relais Jean Pierre-Bloch, le second président de la Liera qui restera à son tour à sa tête jusqu'en 1993. Ce qui signifie que de 1927 à 1993, la Liera a connu en tout et pour tout deux présidents. Tous deux juifs bien évidemment, tous deux journalistes, tous deux de gauche, tous deux indéboulonnables. Une étonnante continuité.
R. : Jean-Pierre Bloch va poursuivre d'une haine vigilante tout ce qui est national ?
A. K. : Ses haines vont, en effet, fortement ; marquer l'action de la Ligue. Elles plongent leurs racines dans les années de guerre et même d'avant-guerre. A la Libération, il est député socialiste, l'un des 27 jurés au procès du maréchal Pétain dont il votera la condamnation. Dès ce moment la Liera poursuivra les responsables du régime de Vichy d'une haine implacable qui culminera des décennies plus tard en un certain nombre de procès tardifs, mais retentissants. La Licra a donc été créée par des personnes et en des circonstances fortement politisées — à gauche — ce qui ne l'a jamais empêché de tranquillement se déclarer apolitique, ou plus exactement, selon ses propres termes, « au-dessus des partis ». Elle s'est déclarée de la même façon non confessionnelle. Cette apparente neutralité, totalement mensongère, lui a permis d'étendre son réseau dans toutes les directions et d'afficher une vitrine universaliste et morale derrière laquelle elle a pu exercer une influence politique importante et bien ciblée, quoique méconnue ou sous-estimée du public.
R. : Quel rôle la Licra joue-t-elle dans l'arrivée de la gauche au pouvoir ? Et dans l'immigration de peuplement arabo-musulmane ?
A. K. : Avant 1981, son objectif premier a été d'aider la gauche à parvenir au pouvoir. Elle l'y a aidée de toutes ses forces et n'a pas eu affaire à des ingrats. Du reste, Mitterrand était membre d'honneur de la Liera, comme le sera son successeur, Chirac, qui n'avait rien à lui refuser.
Pour la gauche, le meilleur moyen de parvenir au pouvoir et d'y rester, était de transformer le pays et surtout sa population. De faire de la France un territoire multiculturel et multiethnique. Dès les années 1970, la Licra va systématiquement soutenir l'immigration de peuplement arabo-musulmane. À ce moment-là, pour elle, juifs et arabes sont fondamentalement considérés comme frères. Ceci apparaît clairement dans tous ses écrits.
Elle favorise donc l'arrivée d'une population considérée comme une alliée. Il s'agit, de concert avec la gauche politique, de transformer la France en profondeur, de modifier sa population, et donc son électorat, dans un sens favorable à la gauche.
Pour la Licra, il s'agissait en outre de briser une cohésion nationale jugée menaçante à bien des égards. Et de faire payer , ce qu'elle estimait être une dette imprescriptible de la France à l'égard de sa population juive.
Encore fallait-il désarmer toute opposition à l'immigration. Ce sera le rôle assigné à l'arsenal des législations dites antiracistes que la Liera inspirera et parviendra à imposer dès 1972.
Car la loi antiraciste de 1972, la première de la série, a été arrachée de haute lutte par des socialistes membres de l'officine. Le président Pierre-Bloch s'en félicitera tout à fait clairement et revendiquera pour la Liera la totale paternité de cette loi. Qui est décisive car elle va offrir à l'officine un levier extrêmement puissant dont elle va se servir sans relâche. Grâce à cette loi et aux suivantes qui perfectionneront le système et muscleront toute liberté d'expression et même toute interrogation historique sur certains sujets, la Licra pourra poursuivre tous ceux qu'elle désigne comme racistes. C'est elle qui décidera qui est raciste et qui ne l'est pas. Qui est antisémite et qui ne l'est pas. Elle distribuera à sa guise les bons et les mauvais points.
Elle va pouvoir grâce à cette loi créer le climat favorable à l'arrivée de la gauche au pouvoir et criminaliser les résistances à l'immigration massive qui va s'intensifier à partir de ces années.
R. : Son rôle se modifie-t-iI, une fois la gauche au pouvoir ?
A. K. : Son rôle, déjà déterminant, ne va pas s'arrêter lorsque la gauche atteindra enfin l'Olympe, en 1981. Bien au contraire. Car va s'ouvrir à ce moment-là un second volet de son action qui va se révéler extrêmement utile au camp socialiste. Car ce n'est pas le tout d'arriver au pouvoir, encore faut-il s'y cramponner.
Nous entrons là dans un domaine subtil, où la morale et les droits de l'homme vont servir de paravents à des appétits de pouvoir classiques. Et au cynisme le plus éhonté.
Je me bornerai à n'indiquer que les grandes lignes de ce qui fut mené avec intelligence et persévérance, à la fois par l'Elysée et par les responsables dits antiracistes.
Le fait est qu'à peine arrivée au pouvoir, la gauche s'est vite aperçue qu'il était plus facile de changer la vie dans les discours que dans la réalité. Les lendemains qui devaient chanter n'ont pas tardé à se transformer en petits matins grincheux.
La droite risquait donc de reprendre des couleurs. Et le pouvoir. C'est à partir de cette constatation que Mitterrand a décidé de favoriser l'émergence médiatique, donc électorale, du président du Front national, petit parti existant depuis 1972 mais qui ne connaissait jusque-là que des scores confidentiels. Cette stratégie va être développée à partir de 1982. Mitterrand va personnellement favoriser l'accès du président frontiste, qu'il connaissait pour l'avoir fréquenté dans les couloirs de la IVe République, aux chaînes de télévision.
Comme prévu, le résultat ne se fera pas attendre : le FN va décoller électoralement à partir de ce moment. Il aura des élus aux européennes de 1984 puis à l'assemblée nationale en 1986. Car 35 députés Front national vont être élus grâce au changement de mode de scrutin décidé par le chef de l'Etat, pourtant membre distingué de la Licra. Qui ne pipera pas un mot, car c'était pour le bon motif : handicaper la droite classique. De toute façon, deux ans plus tard, le mode de scrutin sera changé à nouveau et le groupe balayé.
Mais évidemment, il fallait compléter le piège et c'est là que vont intervenir à nouveau la Liera et toutes les associations dites antiracistes qui vont se mettre à pulluler. Car c'était une chose de détourner des suffrages de la droite classique vers le Front national. Mais si ces deux-là parvenaient à s'entendre — comme les socialistes se sont entendus avec les communistes par exemple — c'était la catastrophe totale. L'assurance pour la gauche d'être éjectée du pouvoir.
Il fallait à tout prix empêcher cette éventualité : l'entente entre droite nationale et droite républicaine.
R. : Comment la Licra a-t-elle procédé pour empêcher l'éventualité d'une entente entre droite nationale et droite républicaine ?
A. K. : Grâce à la diabolisation que les associations dites antiracistes, Liera en tête, orchestrèrent autour du FN qui devint le parti maudit entre tous, infréquentable, antisémite, raciste, etc., etc.
Ces associations réussirent, avec la complicité des média, à imposer l'amalgame Front national égale Vichy égale collaboration, et parvinrent à faire peser sur toute la droite, et même sur tout le pays, l'opprobre et la culpabilité liés à cette période.
La diabolisation permit de stériliser tous les suffrages qui se portaient sur ce mouvement, qui ne servirent jamais à rien ni à personne. Et de mettre au ban de la société toute une partie de la population.
Tous les partenaires ont joué cette partition avec constance et virtuosité. La France a été soumise à un vrai lavage de cerveau et à un chantage permanent à la démocratie et aux droits de l'homme. Alors que jamais ces notions n'ont été dans le même temps autant bafouées. La Licra a été au premier rang de la manœuvre. Le pouvoir de la gauche en dépendait.
R. : Et puis, dans les années 2000, ce scénario va connaître quelques couacs ?
A. K. : Ce sont les conséquences de la seconde intifada. Des manifestations d'antisémitisme commencent à se multiplier fâcheusement dans les banlieues "sensibles". Il ne s'agit plus cette fois d'un "climat" que les associations dites antiracistes ont l'habitude de dénoncer. Mais bien de faits réels et tangibles qui surviennent de plus en plus fréquemment, et particulièrement dans les établissements de l'Education nationale. Comble de malheur, ces manifestations ne sont pas le fait de l'extrême droite, ce qui serait bien commode, mais proviennent en droite ligne des quartiers peuplés d'immigrés. De ceux-là même qui ont été encouragés pendant des décennies à venir s'installer en France par toutes les organisations communautaires et assimilées.
Ce fait va provoquer des révisions déchirantes dans la communauté et entraînera un certain retrait de la Licra, qui est largement responsable de cette situation.
R. : Et le CRIF prend-le relais de la Licra ?
Le CRIF était tout prêt à prendre le relais et à apparaître en première ligne. De toute façon lui aussi avait, comme la Liera, accompagné la longue marche de la gauche vers le pouvoir. Il partageait la même volonté de promouvoir en France une société multiethnique et d'imposer au pays une inextinguible repentance. Il était exactement sur la même longueur d'onde.
Ce que l'on nomme « le Crif » est en réalité un rassemblement de plus de soixante associations extrêmement diverses à tous points de vue, y compris politique. Elles ont cependant un certain nombre de points communs absolument impératifs et incontournables : elles sont juives bien sûr, mais surtout elles soutiennent à fond l'Etat d'Israël dans tout ce qu'il dit et fait. Ce soutien inconditionnel est le fil conducteur de toute l'action du CRIF. Qui non seulement défend en toutes circonstances l'État et les intérêts d'Israël mais combat avec virulence toutes les menaces, réelles ou virtuelles, pesant sur l'État hébreu ou ses intérêts.
Le soutien à l'État d'Israël passe aux yeux du CRIF par l'entretien quasi obsessionnel du souvenir de la Shoah. Ce souvenir est en effet intimement lié à la création de l'État hébreu. Et son évocation continuelle a pour but de graver dans les esprits qu'Israël, peuplé en grande partie de rescapés, n'est pas un État comme un autre, qu'il se situe quelque part dans l'exception et par conséquent qu'il a droit à un comportement qui ne serait admis d'aucun autre.
La Shoah ne doit en aucun cas être oubliée ou rangée au magasin bien fourni des horreurs en tous genres produites par l'humanité. Car elle a un rôle bien précis à remplir : elle doit culpabiliser à tout jamais le genre humain en général — et les Occidentaux en particulier — et rappeler la dette inexpiable contractée à l'égard des juifs. La Shoah est devenue au fil des ans .la pièce maîtresse de la stratégie de soutien de la diaspora à l'Etat d'Israël. Aujourd'hui plus que jamais. Et les exigences du Crif s'agissant de cet enseignement de la Shoah dans l'éducation nationale sont très lourdes. Elles sont cependant scrupuleusement prises en compte par les ministres concernés. Quel que soit leur bord.
Dernière priorité de l'officine : la lutte contre l'antisémitisme. Ce terme est des plus vagues et englobe toute critique ou réprobation touchant au peuple juif et à l'État hébreu.
R. : Le mode d'action du Crif est-il identique à celui de la Licra ?
A. K. : Son mode d'action est sensiblement différent de celui de la Licra. Alors que la Licra se faisait craindre par les procès qu'elle intentait pour un oui ou pour un non, le Crif, lui, fréquente assidûment les responsables politiques et fait entendre ses exigences au plus haut sommet de l'État.
Son dîner annuel voit se bousculer toute la classe politique — habituellement 800 invités — Premier ministre et quasiment tout le gouvernement en tête, venus humblement entendre les reproches, récriminations et requêtes de son président Richard Prasquier.
Ce dîner de gala annuel est relayé par autant de dîners régionaux où se bouscule cette fois le gratin politique local pour entendre les mêmes antiennes.
Pourtant, de son propre aveu, le Crif ne représente guère que 100 000 personnes, et encore, en comptant très large : 1/6e à peine de l'ensemble de la communauté et 0,2 % de la population totale du pays. Ce qui ne l'empêche pas de prétendre parler au nom de tous les juifs de France.
Devant l'empressement servile de la classe politique face à cette officine communautaire, les Français ont le droit — et le devoir — de s'interroger. Et de se demander s'il est normal de la voir exercer un ascendant aussi déterminant sur la vie publique. Que faut-il en conclure ? À l'évidence, que ce 0,2 % possède un pouvoir, une puissance, qui vont bien au-delà de son importance numérique. Pourquoi ? Comment ? Dans un pays qui ne reconnaît officiellement, de par ses textes fondateurs, que des citoyens tous pareillement égaux, voilà un sujet inépuisable de stupéfaction et de réflexion.
Il faut donc admettre que certains ont trouvé le moyen imparable de devenir nettement plus égaux que tous les autres. Et qu'il leur est extrêmement difficile de se résoudre à devenir, simplement, des Français comme les autres et à se fondre dans la masse.
Nous sommes arrivés au stade où la situation du pays est considérablement dégradée. Car l'objectif visé avec opiniâtreté par la gauche morale entre guillemets et la gauche politique est atteint : la France a bel et bien été transformée et son identité détruite. Elle est devenue plurielle conformément aux souhaits de ceux qui y avaient intérêt.
R. : Quel avenir voyez-vous à ces lobbys ?
Â. K. : Les lobbys triomphent, certes, mais sur un socle très fragilisé et qui risque de les entraîner dans sa chute. Le gros capital de sympathie dont ils bénéficiaient spontanément, quoi qu'ils en disent, et dont bénéficiait Israël, ne semble plus aujourd'hui qu'un lointain souvenir. Des lendemains plutôt difficiles se profilent pour eux. Et ils en ont conscience. D'où des tentatives actuelles de rapprochements plus qu'étonnants. Pour ne pas dire contre-nature.
Propos recueillis par Jérôme BOURBON. Rivarol du 2 décembre 2011
Pour commander les livres d'Anne Kling : La France Licratisée (264 pages) ; Le CRIF : un lobby au cœur de la République (294 pages) ; Révolutionnaires juifs (224 pages) : Chaque livre : 18 euros plus 3 euros de frais de port. Envoyer chèques à l'ordre d'Anne Kling ; Anne Kling, éditions Mithra, BP 60291,67008 Strasbourg Cedex.
RIVAROL : Anne Kling, vous intervenez à la journée de Terre et Peuple, sur le thème des lobbys qui prétendent diriger la France, et vous êtes l'auteur de trois livres remarqués, consacrés à la Liera, au Crif et aux révolutionnaires juifs. Dites-nous quel est votre cheminement intellectuel et politique ?
Anne KLING : Je ne suis absolument pas issue de ce que d'aucuns appellent « l'extrême-droite ». J'avais été suppléante au titre du RPR du député UDF strasbourgeois Harry Lapp. Je fus ensuite responsable de La Droite de Charles Millon, à Strasbourg. C'est dans le cadre de la préparation d'élections municipales à Strasbourg que mes ennuis commencèrent, et par là, ma prise de conscience. J'avais décidé de faire équipe avec Robert Spieler, alors président d'Alsace d'Abord et j'avais rédigé un tract, au titre d'une association que j'avais créée, où je liais immigration et insécurité. La Licra me traina devant les tribunaux, mais je fus relaxée. C'était ma première rencontre avec l'officine... Par la suite, un autre tract me valut de sérieux ennuis professionnels. J'étais fonctionnaire au Conseil de l'Europe, dont la Turquie fait partie, et j'avais eu l'outrecuidance de lancer une pétition contre l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne. Je considérai que c'était là mon droit le plus strict, en tant que citoyenne. Le secrétaire général du Conseil de l'Europe ne l'entendit pas ainsi et enclencha une procédure disciplinaire en vue de mon licenciement. J'avais décidé de me battre. Les tribunaux français n'étant pas compétents, j'ai obligé le Conseil de l'Europe à réunir un tribunal administratif international pour juger mon cas. C'était, à ma connaissance, la première fois que cela se produisait. Je finis, après quelques péripéties, par obtenir en grande partie gain de cause. J'ai certes terminé ma vie professionnelle dans un placard, mais je ne m'en suis pas plainte. Cela m'a donné du temps pour réfléchir à l'écriture de mes livres !
R. : Pourquoi avez-vous décidé de consacrer un livre à la Licra, et un autre au Crif ?
A. K. : Le Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) et la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme) sont peu connus du grand public. Il suffit de demander autour de soi ce que ces sigles signifient pour s'en rendre compte facilement.
Et même dans nos rangs, si l'on sait en général un peu mieux ce dont il est question, beaucoup ignorent l'étendue réelle du rayon d'action de ces officines. Leur puissance et leur capacité d'influence dans un grand nombre de domaines importants de la vie politique française, comme la justice, l'éducation nationale, la promotion de l'immigration arabo-musulmane.
Et donc on méconnaît généralement leur forte responsabilité dans la situation très dégradée de la France d'aujourd'hui. Jusqu'il y a une dizaine d'années, le CRIF qui se qualifie lui-même de porte-parole politique de la communauté juive de France auprès des pouvoirs publics, était occulté, dans les média surtout, par la puissante Liera. C'est la Licra qui jouait en matière de lutte « contre le racisme et l'antisémitisme » le rôle de bras armé et veillait jalousement à l'orthodoxie de la vie politique française. C'est qu'un renvoi en correctionnelle, une excommunication sur la place publique, un tabou jeté sur tel ou tel, étaient vite arrivés.
Et leur seule perspective suffisait à tenir en laisse une classe politique particulièrement docile. Mais les circonstances ont évolué depuis le début des années 2000 et la Licra, qui est toujours là et bien là, apparaît aujourd'hui en retrait derrière le CRIF qui tient à présent le haut du pavé et de l'affiche. Bien sûr, pour s'en apercevoir, il faut s'intéresser de près au fonctionnement de la vie politique du pays. Encore une fois, le grand public n'a pas conscience de la réalité et de la puissance de ces courants souterrains.
Car les média du système se gardent bien d'attirer son attention sur une situation qui pourrait finir par paraître bizarre. Tout est fait au contraire pour éluder le sujet et ceux qui persistent à se poser trop de questions sont généralement réduits au silence par l'accusation absolument terrifiante d'antisémitisme.
Celle qui vous rejette illico en dehors de l'humanité et vous précipite aux enfers. Car il faut savoir que l'"antisémitisme" est actuellement le seul péché mortel encore existant.
R. : Parlez-nous des origines de la Licra ?
A. K. : La Licra est l'officine la plus ancienne et a longtemps été la plus puissante. C'est elle qui a le plus fortement contribué à façonner le visage de la France d'aujourd'hui..Car elle a très fortement ; contribué à imposer au pays une immigration musulmane massive. Devant la tournure prise par les événements, elle est maintenant un peu moins flamboyante. C'est l'une des raisons pour lesquelles le Crif a pris le relais.
Mais le pouvoir de la Liera a été très important globalement entre les années 1970 et 2000. Une période charnière qui a vu une véritable mutation du pays.
Pour comprendre d'où elle a pu tirer son pouvoir exorbitant, il faut remonter à la source : au confluent de deux événements majeurs du XXe siècle : la révolution bolchevique et la Seconde Guerre mondiale. Deux événements puissamment liés l'un à l'autre. Deux événements dont nous subissons encore fortement les retombées.
La Licra a été créée en 1926 sous le nom de Ligue internationale contre les pogroms par un journaliste communiste, Bernard Lecache. Qui, comme son nom ne l'indique pas, était né dans une famille juive d'origine ukrainienne réfugiée en France. Lecache a été parmi les premiers à adhérer au tout nouveau Parti communiste français qui se crée en 1921.
C'est donc un communiste de la première heure qui crée la Liera. Le pouvoir bolchevique règne alors d'une main de fer sur l'URSS depuis 8 ans et voudrait bien s'étendre à l'Ouest. C'est à cela que travaillent ses agents d'influence, tels que Lecache.
Ce dernier crée la Ligue pour assurer le battage médiatique voulu autour du procès de l'assassin de Simon Petlura, abattu à Paris par Samuel Schwartzbard. C'est le meurtre d'un nationaliste ukrainien par un communiste juif qui est à proprement parler à l'origine de la Liera, le battage fait autour de ce procès sera immense et efficace : toute la gauche ainsi que la diaspora juive sont mobilisées, jusqu'aux États-Unis. Tant et si bien que par une inversion classique» à ce procès on ne jugera pas le meurtrier, mais sa victime, présumée coupable de pogroms en Ukraine. En réalité, le procès ne permettra même pas d'établir sa part réelle de responsabilité dans les exactions commises par son armée.
Bien évidemment, Schwartzbard est triomphalement acquitté à Paris en 1927 et dans la foulée Lecache transforme sa Ligue contre les pogroms, qui a parfaitement rempli sa fonction, en Ligue contre l'antisémitisme, pour disposer d'un rayon d'action plus vaste.
Nous sommes en 1928, il va présider la Liera pendant 40 ans, jusqu'en 1968. À ce moment-là prendra le relais Jean Pierre-Bloch, le second président de la Liera qui restera à son tour à sa tête jusqu'en 1993. Ce qui signifie que de 1927 à 1993, la Liera a connu en tout et pour tout deux présidents. Tous deux juifs bien évidemment, tous deux journalistes, tous deux de gauche, tous deux indéboulonnables. Une étonnante continuité.
R. : Jean-Pierre Bloch va poursuivre d'une haine vigilante tout ce qui est national ?
A. K. : Ses haines vont, en effet, fortement ; marquer l'action de la Ligue. Elles plongent leurs racines dans les années de guerre et même d'avant-guerre. A la Libération, il est député socialiste, l'un des 27 jurés au procès du maréchal Pétain dont il votera la condamnation. Dès ce moment la Liera poursuivra les responsables du régime de Vichy d'une haine implacable qui culminera des décennies plus tard en un certain nombre de procès tardifs, mais retentissants. La Licra a donc été créée par des personnes et en des circonstances fortement politisées — à gauche — ce qui ne l'a jamais empêché de tranquillement se déclarer apolitique, ou plus exactement, selon ses propres termes, « au-dessus des partis ». Elle s'est déclarée de la même façon non confessionnelle. Cette apparente neutralité, totalement mensongère, lui a permis d'étendre son réseau dans toutes les directions et d'afficher une vitrine universaliste et morale derrière laquelle elle a pu exercer une influence politique importante et bien ciblée, quoique méconnue ou sous-estimée du public.
R. : Quel rôle la Licra joue-t-elle dans l'arrivée de la gauche au pouvoir ? Et dans l'immigration de peuplement arabo-musulmane ?
A. K. : Avant 1981, son objectif premier a été d'aider la gauche à parvenir au pouvoir. Elle l'y a aidée de toutes ses forces et n'a pas eu affaire à des ingrats. Du reste, Mitterrand était membre d'honneur de la Liera, comme le sera son successeur, Chirac, qui n'avait rien à lui refuser.
Pour la gauche, le meilleur moyen de parvenir au pouvoir et d'y rester, était de transformer le pays et surtout sa population. De faire de la France un territoire multiculturel et multiethnique. Dès les années 1970, la Licra va systématiquement soutenir l'immigration de peuplement arabo-musulmane. À ce moment-là, pour elle, juifs et arabes sont fondamentalement considérés comme frères. Ceci apparaît clairement dans tous ses écrits.
Elle favorise donc l'arrivée d'une population considérée comme une alliée. Il s'agit, de concert avec la gauche politique, de transformer la France en profondeur, de modifier sa population, et donc son électorat, dans un sens favorable à la gauche.
Pour la Licra, il s'agissait en outre de briser une cohésion nationale jugée menaçante à bien des égards. Et de faire payer , ce qu'elle estimait être une dette imprescriptible de la France à l'égard de sa population juive.
Encore fallait-il désarmer toute opposition à l'immigration. Ce sera le rôle assigné à l'arsenal des législations dites antiracistes que la Liera inspirera et parviendra à imposer dès 1972.
Car la loi antiraciste de 1972, la première de la série, a été arrachée de haute lutte par des socialistes membres de l'officine. Le président Pierre-Bloch s'en félicitera tout à fait clairement et revendiquera pour la Liera la totale paternité de cette loi. Qui est décisive car elle va offrir à l'officine un levier extrêmement puissant dont elle va se servir sans relâche. Grâce à cette loi et aux suivantes qui perfectionneront le système et muscleront toute liberté d'expression et même toute interrogation historique sur certains sujets, la Licra pourra poursuivre tous ceux qu'elle désigne comme racistes. C'est elle qui décidera qui est raciste et qui ne l'est pas. Qui est antisémite et qui ne l'est pas. Elle distribuera à sa guise les bons et les mauvais points.
Elle va pouvoir grâce à cette loi créer le climat favorable à l'arrivée de la gauche au pouvoir et criminaliser les résistances à l'immigration massive qui va s'intensifier à partir de ces années.
R. : Son rôle se modifie-t-iI, une fois la gauche au pouvoir ?
A. K. : Son rôle, déjà déterminant, ne va pas s'arrêter lorsque la gauche atteindra enfin l'Olympe, en 1981. Bien au contraire. Car va s'ouvrir à ce moment-là un second volet de son action qui va se révéler extrêmement utile au camp socialiste. Car ce n'est pas le tout d'arriver au pouvoir, encore faut-il s'y cramponner.
Nous entrons là dans un domaine subtil, où la morale et les droits de l'homme vont servir de paravents à des appétits de pouvoir classiques. Et au cynisme le plus éhonté.
Je me bornerai à n'indiquer que les grandes lignes de ce qui fut mené avec intelligence et persévérance, à la fois par l'Elysée et par les responsables dits antiracistes.
Le fait est qu'à peine arrivée au pouvoir, la gauche s'est vite aperçue qu'il était plus facile de changer la vie dans les discours que dans la réalité. Les lendemains qui devaient chanter n'ont pas tardé à se transformer en petits matins grincheux.
La droite risquait donc de reprendre des couleurs. Et le pouvoir. C'est à partir de cette constatation que Mitterrand a décidé de favoriser l'émergence médiatique, donc électorale, du président du Front national, petit parti existant depuis 1972 mais qui ne connaissait jusque-là que des scores confidentiels. Cette stratégie va être développée à partir de 1982. Mitterrand va personnellement favoriser l'accès du président frontiste, qu'il connaissait pour l'avoir fréquenté dans les couloirs de la IVe République, aux chaînes de télévision.
Comme prévu, le résultat ne se fera pas attendre : le FN va décoller électoralement à partir de ce moment. Il aura des élus aux européennes de 1984 puis à l'assemblée nationale en 1986. Car 35 députés Front national vont être élus grâce au changement de mode de scrutin décidé par le chef de l'Etat, pourtant membre distingué de la Licra. Qui ne pipera pas un mot, car c'était pour le bon motif : handicaper la droite classique. De toute façon, deux ans plus tard, le mode de scrutin sera changé à nouveau et le groupe balayé.
Mais évidemment, il fallait compléter le piège et c'est là que vont intervenir à nouveau la Liera et toutes les associations dites antiracistes qui vont se mettre à pulluler. Car c'était une chose de détourner des suffrages de la droite classique vers le Front national. Mais si ces deux-là parvenaient à s'entendre — comme les socialistes se sont entendus avec les communistes par exemple — c'était la catastrophe totale. L'assurance pour la gauche d'être éjectée du pouvoir.
Il fallait à tout prix empêcher cette éventualité : l'entente entre droite nationale et droite républicaine.
R. : Comment la Licra a-t-elle procédé pour empêcher l'éventualité d'une entente entre droite nationale et droite républicaine ?
A. K. : Grâce à la diabolisation que les associations dites antiracistes, Liera en tête, orchestrèrent autour du FN qui devint le parti maudit entre tous, infréquentable, antisémite, raciste, etc., etc.
Ces associations réussirent, avec la complicité des média, à imposer l'amalgame Front national égale Vichy égale collaboration, et parvinrent à faire peser sur toute la droite, et même sur tout le pays, l'opprobre et la culpabilité liés à cette période.
La diabolisation permit de stériliser tous les suffrages qui se portaient sur ce mouvement, qui ne servirent jamais à rien ni à personne. Et de mettre au ban de la société toute une partie de la population.
Tous les partenaires ont joué cette partition avec constance et virtuosité. La France a été soumise à un vrai lavage de cerveau et à un chantage permanent à la démocratie et aux droits de l'homme. Alors que jamais ces notions n'ont été dans le même temps autant bafouées. La Licra a été au premier rang de la manœuvre. Le pouvoir de la gauche en dépendait.
R. : Et puis, dans les années 2000, ce scénario va connaître quelques couacs ?
A. K. : Ce sont les conséquences de la seconde intifada. Des manifestations d'antisémitisme commencent à se multiplier fâcheusement dans les banlieues "sensibles". Il ne s'agit plus cette fois d'un "climat" que les associations dites antiracistes ont l'habitude de dénoncer. Mais bien de faits réels et tangibles qui surviennent de plus en plus fréquemment, et particulièrement dans les établissements de l'Education nationale. Comble de malheur, ces manifestations ne sont pas le fait de l'extrême droite, ce qui serait bien commode, mais proviennent en droite ligne des quartiers peuplés d'immigrés. De ceux-là même qui ont été encouragés pendant des décennies à venir s'installer en France par toutes les organisations communautaires et assimilées.
Ce fait va provoquer des révisions déchirantes dans la communauté et entraînera un certain retrait de la Licra, qui est largement responsable de cette situation.
R. : Et le CRIF prend-le relais de la Licra ?
Le CRIF était tout prêt à prendre le relais et à apparaître en première ligne. De toute façon lui aussi avait, comme la Liera, accompagné la longue marche de la gauche vers le pouvoir. Il partageait la même volonté de promouvoir en France une société multiethnique et d'imposer au pays une inextinguible repentance. Il était exactement sur la même longueur d'onde.
Ce que l'on nomme « le Crif » est en réalité un rassemblement de plus de soixante associations extrêmement diverses à tous points de vue, y compris politique. Elles ont cependant un certain nombre de points communs absolument impératifs et incontournables : elles sont juives bien sûr, mais surtout elles soutiennent à fond l'Etat d'Israël dans tout ce qu'il dit et fait. Ce soutien inconditionnel est le fil conducteur de toute l'action du CRIF. Qui non seulement défend en toutes circonstances l'État et les intérêts d'Israël mais combat avec virulence toutes les menaces, réelles ou virtuelles, pesant sur l'État hébreu ou ses intérêts.
Le soutien à l'État d'Israël passe aux yeux du CRIF par l'entretien quasi obsessionnel du souvenir de la Shoah. Ce souvenir est en effet intimement lié à la création de l'État hébreu. Et son évocation continuelle a pour but de graver dans les esprits qu'Israël, peuplé en grande partie de rescapés, n'est pas un État comme un autre, qu'il se situe quelque part dans l'exception et par conséquent qu'il a droit à un comportement qui ne serait admis d'aucun autre.
La Shoah ne doit en aucun cas être oubliée ou rangée au magasin bien fourni des horreurs en tous genres produites par l'humanité. Car elle a un rôle bien précis à remplir : elle doit culpabiliser à tout jamais le genre humain en général — et les Occidentaux en particulier — et rappeler la dette inexpiable contractée à l'égard des juifs. La Shoah est devenue au fil des ans .la pièce maîtresse de la stratégie de soutien de la diaspora à l'Etat d'Israël. Aujourd'hui plus que jamais. Et les exigences du Crif s'agissant de cet enseignement de la Shoah dans l'éducation nationale sont très lourdes. Elles sont cependant scrupuleusement prises en compte par les ministres concernés. Quel que soit leur bord.
Dernière priorité de l'officine : la lutte contre l'antisémitisme. Ce terme est des plus vagues et englobe toute critique ou réprobation touchant au peuple juif et à l'État hébreu.
R. : Le mode d'action du Crif est-il identique à celui de la Licra ?
A. K. : Son mode d'action est sensiblement différent de celui de la Licra. Alors que la Licra se faisait craindre par les procès qu'elle intentait pour un oui ou pour un non, le Crif, lui, fréquente assidûment les responsables politiques et fait entendre ses exigences au plus haut sommet de l'État.
Son dîner annuel voit se bousculer toute la classe politique — habituellement 800 invités — Premier ministre et quasiment tout le gouvernement en tête, venus humblement entendre les reproches, récriminations et requêtes de son président Richard Prasquier.
Ce dîner de gala annuel est relayé par autant de dîners régionaux où se bouscule cette fois le gratin politique local pour entendre les mêmes antiennes.
Pourtant, de son propre aveu, le Crif ne représente guère que 100 000 personnes, et encore, en comptant très large : 1/6e à peine de l'ensemble de la communauté et 0,2 % de la population totale du pays. Ce qui ne l'empêche pas de prétendre parler au nom de tous les juifs de France.
Devant l'empressement servile de la classe politique face à cette officine communautaire, les Français ont le droit — et le devoir — de s'interroger. Et de se demander s'il est normal de la voir exercer un ascendant aussi déterminant sur la vie publique. Que faut-il en conclure ? À l'évidence, que ce 0,2 % possède un pouvoir, une puissance, qui vont bien au-delà de son importance numérique. Pourquoi ? Comment ? Dans un pays qui ne reconnaît officiellement, de par ses textes fondateurs, que des citoyens tous pareillement égaux, voilà un sujet inépuisable de stupéfaction et de réflexion.
Il faut donc admettre que certains ont trouvé le moyen imparable de devenir nettement plus égaux que tous les autres. Et qu'il leur est extrêmement difficile de se résoudre à devenir, simplement, des Français comme les autres et à se fondre dans la masse.
Nous sommes arrivés au stade où la situation du pays est considérablement dégradée. Car l'objectif visé avec opiniâtreté par la gauche morale entre guillemets et la gauche politique est atteint : la France a bel et bien été transformée et son identité détruite. Elle est devenue plurielle conformément aux souhaits de ceux qui y avaient intérêt.
R. : Quel avenir voyez-vous à ces lobbys ?
Â. K. : Les lobbys triomphent, certes, mais sur un socle très fragilisé et qui risque de les entraîner dans sa chute. Le gros capital de sympathie dont ils bénéficiaient spontanément, quoi qu'ils en disent, et dont bénéficiait Israël, ne semble plus aujourd'hui qu'un lointain souvenir. Des lendemains plutôt difficiles se profilent pour eux. Et ils en ont conscience. D'où des tentatives actuelles de rapprochements plus qu'étonnants. Pour ne pas dire contre-nature.
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Re: La Licra s'est bâtie sur un mythe
Bravo pour ce que tu écris Pat ; continue à nous informer.
Eniotnar (fidèle)
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