Le commerce extérieur français connaît d'importants déficits, ce qui révèle de graves faiblesses de notre économie et singulièrement de notre appareil industriel. Cette situation pose la question de la capacité de la France à tenir sa place dans un monde toujours plus difficile économiquement. Le présent propos va porter principalement sur l'aspect intellectuel de la question, à savoir l'état d'esprit qui règne en France sur ces questions et les moyens mis en œuvre pour développer la science et la formation scientifique et technique.
La langue nationale, base indispensable
La pérennité de la puissance économique d'une nation repose sur sa capacité à développer la recherche, notamment la recherche fondamentale, la recherche d'application, la recherche technique.
Le recherche relève fondamentalement du domaine culturel. On approche les concepts qui vont servir de cadre à la recherche par la langue. Un scientifique pense dans sa langue et les idées naissent dans un contexte scientifique et culturel propre au génie du peuple qui l'a engendrée et façonnée et au moyen de l'outil linguistique qu'il utilise.
Chaque langue a son génie propre et développe ses propres idées générales, sa manière de voir et d'appréhender les phénomènes, sa façon de penser la science.
Les plus grands scientifiques en conviennent. La correspondance entre le mathématicien français Hermitte et son collègue allemand Weyerstrass au cours des années 1870 montre qu' ils reconnaissaient que chacun exprimait les mêmes notions mathématiques de manière différente selon les spécificités linguistiques et nationales propres à leurs cultures respectives. Louis de Broglie a tenu des propos identiques un demi-siècle plus tard .
Or la France privilégie l'usage de l'anglais - ou plus exactement d'un sabir anglo-saxon - au détriment du français.
La trahison des élites
En France, les instances dirigeantes agissent comme si elles voulaient délibérément éradiquer l'usage du français par celui, exclusif, de l'anglais, tant dans les publications que dans l'administration de la recherche. Actuellement, les publications internationales des scientifiques français sont faites pour l'essentiel en anglais dans des revues de langue anglaise car les revues françaises n'ont pas su agir en conséquence pour affirmer l'usage du français. Certes, lorsqu'il s'agit de diffuser les résultats scientifiques, le mal est bénin ; la gravité de la situation vient de ce qu'il n'existe pratiquement plus de revues de synthèse scientifique en français de haut niveau : au-delà de bac +4, on ne trouve que des publications en anglais et plus le temps passe plus l'anglicisation des revues et ouvrages s'étend au niveau bac +2. À quand les cours de science en anglais en terminale ? Ajoutons que, si certains projets européens se concrétisent, la France aura des universités anglophones.
Cette situation tend à appauvrir la pensée scientifique et à détruire la science française qui est une composante majeure de la science universelle ou, au minimum. à affaiblir durablement son rayonnement.
Dans les laboratoires français, l'usage de l'anglais s'impose. Les étudiants francophones qui viennent en France sont instruits en anglais et, plus encore, incités à publier en anglais. Dès lors, il est facile de comprendre que lesdits étudiants aillent directement étudier dans les pays anglo-saxons. On détourne la jeunesse française et francophone de sa propre culture et on la porte à la mépriser.
Ainsi, l'ANR (Agence Nationale pour la Recherche), qui est une agence de financement de la recherche - créée pour en quelque sorte court-circuiter le CNRS -, veut placer la recherche française dans le cadre de la recherche européenne. Le traité de Lisbonne de décembre 2007 renforce les pouvoirs de l'U.E. dans le domaine de la recherche et l'on parle de créer une agence européenne chargée de chapeauter et organiser la recherche à l'échelon de l'U.E., sachant très bien qu'elle s'insérera dans les cadres scientifiques anglo-saxons. Ajoutons que cette ANR rejette les dossiers qui lui sont soumis lorsqu'ils sont rédigés en français !
La science française en danger de mort
Dans un tel contexte, la science - que l'on n'osera plus bientôt qualifier de "française" - finira par devenir une sous-traitance de la science anglo-saxonne centrée pour quelques temps encore aux États-Unis. Certes, il pourra subsister quelques pôles d'excellence scientifique français, mais ceux-ci seront marginalisés. Pour la science française, reconquérir l'autonomie intellectuelle s'avérera de plus en plus difficile au fil du temps.
En détruisant de cette manière les capacités innovatrices de la France, l'État se voit de fait interdire la possibilité de lancer des recherches spécifiques qui ont trait à sa puissance et à sa défense. L'urgence consiste donc à tout faire pour maintenir une vie intellectuelle en langue française, dans tous les domaines possibles.
Dans un tel contexte, c'est aussi l'école de mathématiques française qui est menacée. Or celle-ci est l'une des toutes premières au monde. Pour s'en convaincre. il suffit de constater que la France compte sept médaillés Field vivants, la Médaille Field étant l'équivalent du prix Nobel pour les mathématiques et n'étant décernée que tous les quatre ans.
Cette menace d'origine linguistique est doublée par une autre, à savoir un désintérêt pour les questions mathématiques et scientifiques de la part des pouvoirs publics. L'un de nos médaillés Field, Laurent Lafforgue, a lancé un cri d'alarme afin d'enrayer l'affaiblissement de l'effort de recherche en France. Dans son ouvrage « L'échec de l'école » (FX. de Guibert) il écrit notamment : « nos recherches mathématiques seraient susceptibles de produire des effets bénéfiques pour la France et son industrie mais nos dirigeants et nos industriels paraissent s'y intéresser fort peu, peut-être parce qu'on les a convaincus qu'il n'y a pas lieu de le faire. Voici quelques années, un mathématicien a qui l'on avait demandé d'étudier la situation de la recherche mathématique française eut la surprise de constater que de nombreuses équipes spécialisées en mathématiques appliquées de nos universités travaillaient directement pour des entreprises américaines ou pour le ministère de la Défense américaine, souvent pour une bouchée de pain. Très peu d'entreprises françaises étaient en état de proposer des partenariats analogues et le ministère de la Défense ne disposait d'aucun service capable d'évaluer le progrès de la recherche mathématique et d'en tirer parti. »
Les dangers du profit à court terme
L'industrie française, trop préoccupée de rentabilité immédiate, n'investit plus assez dans ce qui est la condition première de tout développement industriel d'envergure dans le futur, à savoir la recherche, activité peu rentable à court terme, surtout en ce qui concerne la recherche fondamentale. Les pouvoirs publics ne jouent en aucun cas leur rôle d'incitation, de catalyse des énergies et des savoir-faire potentiels. Cette carence produit un affaiblissement de la qualité moyenne des diplômés de nos écoles d'ingénieurs et de scientifiques. C'est en fait la totalité de notre système d'enseignement des sciences qui est à repenser et auquel il faut redonner une impulsion qu'il n'a plus.
L'industrie recherche actuellement moins des scientifiques que des techniciens, même si ceux-ci sont d'un très haut niveau : les écoles d'ingénieur tendent à former des techniciens de luxe spécialisés dans telle ou telle partie et immédiatement utilisables et rentables ; mais ils ne sont pas formés à être des ingénieurs, au sens traditionnel du terme, à savoir des gens dotés d'une vaste culture générale, les rendant capable ainsi de dominer leur domaine scientifique au point d'être en mesure d'inventer, d'innover. La gravité de la situation est réelle dans la mesure où, si une théorie scientifique a une durée de vie de cent ans, une technique est souvent dépassée au bout de dix ans : celui qui ne dispose pas d'un bagage suffisamment vaste se retrouve confronté à d'inévitables difficultés d'adaptation lorsque les techniques auxquelles il a été formé deviennent obsolètes.
Cette dangereuse spirale a commencé dans les années 1980 lorsqu'on s'est aperçu que les ingénieurs étaient moins touchés par le chômage que d'autres catégories de techniciens. L'État a alors incité à former toujours plus d'ingénieurs et l'on a vu les effectifs des grandes écoles doubler, voire tripler. Comme le nombre d'ingénieurs diplômés augmenta, mécaniquement leur abondance sur le marché du travail fit que les salaires proposés diminuèrent en l'absence d'un développement correspondant de l'activité industrielle française. Les patrons d'industrie ont compris qu'ils pouvaient disposer d'ingénieurs pour le prix de techniciens. Par suite, la rémunération des techniciens est apparue trop élevée et l'on a embauché des ingénieurs à la place des techniciens : par voie de conséquence, le technicien est descendu de catégorie, se retrouvant ravalé au statut d'ouvrier, tandis que l'ouvrier, dévalorisé, voyait son travail transféré dans les pays à faibles coûts salariaux.
Un enseignement carencé
En voulant former avant tout un facteur de production humain « prêt à l'emploi » immédiatement, le contenu de l'enseignement a été modifié. L'Éducation nationale a cessé de former les élèves et les étudiants au raisonnement. On a supprimé des programmes ce qui conduit à former le raisonnement et la réflexion et on a privilégié une intelligence formée - ou déformée - à réagir en fonction de réflexes intellectuels.
C'est ainsi que l'enseignement ne met plus l'accent sur la démonstration des théorèmes, de ce qui sous-tend les formules, mais sur leur usage pratique.
Dès le primaire (ou plus exactement maintenant au collège !) on n'apprend plus aux élèves à raisonner comme c'était le cas auparavant. Déjà, en français, l'analyse logique des phrases a quasiment disparu ; il en est de même avec la règle de trois : on la remplace par des rapports. Il est aussi possible de parler des problèmes d'arithmétique que l'on résout par l'algèbre au lieu d'appliquer le raisonnement arithmétique qui était celui en vigueur jadis dans les classes de certificat d'études. Cette carence de raisonnement se retrouve très vite dans le milieu artisan où la règle de trois, souvent indispensable à la réalisation d'un ouvrage, fait défaut aux apprentis. Au bac S, la démonstration des théorèmes n'est plus exigible. Le contenu des programmes est édulcoré et des professeurs se plaignent de ce que leurs étudiants-ingénieurs ont fait un millier d'heures de mathématiques en moins par rapport à leurs prédécesseurs des années 1970.
Ce manque de formation au raisonnement ne peut que ruiner le vivier scientifique français. Le recours à des pratiques par lesquelles l'accent sur la démonstration peut être supprimé concerne la formation d' exécutants dont on n'exigera pas autre chose que d'appliquer des recettes.
Repenser l'enseignement des mathématiques
Mais l'enseignement français des mathématiques souffre aussi de ne pas s'engager dans la voie de sa simplification, laquelle n'est pas à confondre avec le raisonnement : il s'agit de présenter de manière claire et facilement assimilable les nouveaux résultats de la recherche mathématique. Il s'agit de simplifier des concepts compliqués. Ainsi, entre 1990 et 2000, deux cents mille nouveaux théorèmes ont été découverts : sans un tel effort de simplification qui, rappelons-le, ne signifie pas édulcoration, il devient difficile d'ouvrir de nouvelles perspectives de recherches et d'application. Les mêmes remarques peuvent être faites pour la physique, notamment la physique des particules dont la maîtrise n'est pas vraiment possible, si l'on en croit les spécialistes, avant d'avoir quarante ans, ce qui est bien tard.
Aux États-Unis, cette exigence a été comprise et les enseignants publient des livres d'accès aisé aux étudiants de tous niveaux pour présenter des découvertes mathématiques qui n'ont pas plus de dix ans, notamment en topologie et en géométrie. Les universitaires d'outre-Atlantique ont pris à bras-le-corps cet indispensable effort. En France, ce type d'ouvrages se fait attendre, alors qu'ils devraient connaître une diffusion importante, au besoin après traduction de l'anglais si le temps presse.
C'est à ce prix que la science française pourra retrouver une vigueur qui s'émousse et attirer à nouveau les jeunes générations qui s'écartent des filières scientifiques.
Ce n'est pas tout. Cet effort ne portera tous ses fruits que si l'on retrouve ce qui a fait la force de la civilisation européenne dans le domaine scientifique et technique : la symbiose constituée et maintenue jusqu'à ces dernières décennies entre l'ingénieur et l'ouvrier, autrement dit entre l'intellectuel et le manuel, suivant en cela les préceptes de la Règle monastique de saint Benoît qui a tant fait pour lier réflexion, travail manuel et intellectuel.
La mondialisation a conduit à séparer géographiquement les centres de conceptions et les centres d'application. Il arrive déjà que les premiers soient situés en Europe et les seconds en Chine pour des questions de coût de main-d'œuvre. Cette évolution est grave dans la mesure où ingénieur et ouvrier ne sont plus en contact personnel direct, le second ne pouvant plus exécuter, de manière informelle, en "perruque" un schéma proposé par l'ingénieur, ce dernier pouvant vérifier rapidement la validité de son idée. Si les ateliers se trouvent installés à des centaines ou des milliers de kilomètres de bureaux d'études, cette synergie n'existe plus dans la mesure où le contact visuel, concret, direct n'existera pas. En outre, l'usage de l'anglais par des personnes qui le maîtrisent mal se soldera par des pertes d'informations.
Il faut savoir que, sans expériences, les équations ne peuvent être que difficilement corrigées. améliorées. Or le progrès dans la connaissance ne peut exister qu'en tant que fruit de cette interaction permanente entre réflexion théorique et pratique, qui permet de comprendre pourquoi telle idée, tel montage marche et pourquoi tel autre ne marche pas. Il est donc indispensable de ne pas éparpiller les différents services et organes d'une entreprise. La disparition de ce qu'on appelle « l'esprit maison », et qui créait une solidarité active entre tous les personnels d'une entreprise, est préjudiciable au dynamisme de l'activité économique. Les déboires d'EADS en sont pour partie un exemple.
Par ailleurs, pour mener à bien une telle politique, il est nécessaire que l'État intervienne : nombre de projets scientifiques n'étant pas rentables à court sinon à moyen terme, ils ne peuvent être entrepris que si la puissance publique accepte de supporter les risques qui leurs sont inhérents. À cet égard, le rôle des industries de défense est primordial, comme on le voit aux États-Unis avec Boeing dont les contrats militaires lui assurent de substantiels bénéfices.
La politique scientifique française est ainsi à reprendre. En outre, l'U.E., sous les emprises anglo-saxonne et mondialiste, aggrave le mal. Une nouvelle fois, il est manifeste que seule la restauration d'une France souveraine, fidèle à ses traditions, à ses racines culturelles et intellectuelles, fondées sur la pensée helléno-chrétienne, nous permettra de sortir de la spirale mortelle dans laquelle nous sommes engagés.
André GANDILLON Rivarol du 2 juillet 2010
Problèmes de formation
Re: Problèmes de formation
Excellent article, rien à redire.
- Tireur_isolé
- Modérateur principal
- Messages : 9036
- Inscription : 25/05/2006 - 15:48
- Localisation : Paris
- Contact :
Re: Problèmes de formation
*
_ Reçu ce matin de la part d'un ami :
Au début je croyais que c'était "Groland Magazine" mais en fait ç'est sérieux
> > > De plus les arabes ne parlent pas le Français ou très mal et après leurs religion, le viande halal, maintenant c'est leur langue qu'ils nous imposent, le début de la fin race française > > > > > > >
> > > > > > > > > >
> > > > > > > > > > TROP C'EST TROP !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! ... à faire circuler
> > > > > > > > > > Inacceptable ! N’oubliez pas de regarder la vidéo…> > > Dans le sud, à Montpellier, on a demandé aux enseignants d'apprendre l'arabe pour se faire comprendre des élèves en retard de vitesse !!
> > > > > > > > > >Pour développer les langues et les cultures régionales en Langudoc-Roussillon la commission permanente a réparti une enveloppe de.... > > > 97 200 EUROS C'est sur le journal gratuit "Vivre en Languedoc Roussillon" à la page 20 le titre de la page "C'est voté !" > > > donc on ne peut plus rien dire et voilà où passe l'argent au lieu d'aider les jeunes et les gens de l'Aude où il n'y a plus d'entreprise > > > > Qui s'est soucié de savoir si les bretons, les auvergnats, les provençaux, etc... > > > se sont remis de l'interdiction, à une certaine époque de parler leur patois !!! > > > et dans ces conditions là, il faudrait prévoir aussi l'apprentissage de l'italien, de l'espagnol, du chinois, etc..
> > > > > > > > >
> > > > > > > > >
> > > > > > > > > > > > Le PS souhaite l'enseignement de l'arabe dès le collège
> > > > > > > > > > > > > > Le Parti Socialiste du Nord (à Lille, la capitale française de l'islam) a organisé un point presse pour rappeler que la langue arabe est devenue incontournable et qu’il faut pouvoir la proposer comme première langue vivante dès le collège. > > >
> > > > > > > > > > > > > > > > > Voir la vidéo cliquez sur ce lien : > > > http://www.youtube.com/watch?v=FCQwAQovitQ > > >
> > > > > > > > > > > > Maintenant nous savons par qui, les socialistes, comptent être élus. > > > > > >
> > > > > > > > > > > > On pourra aussi apprendre à lire le Coran au Catéchisme !> > > et bientôt les flics auront un turban sur la tête à la place de la casquette
ENFANTS, PROFITEZ DE LA GUERRE !
LA PAIX SERA TERRIBLE !!!
_____________________________
encore un carreau d'cassé, v'là le vitrier qui passe,
encore un carreau d'cassé, v'là le vitrier passé ...
LA PAIX SERA TERRIBLE !!!
_____________________________
encore un carreau d'cassé, v'là le vitrier qui passe,
encore un carreau d'cassé, v'là le vitrier passé ...
Qui est en ligne ?
Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 0 invité
