Régionales. Anne-Marie Lacalmette « royaliste, nationaliste et réactionnaire » 
Du bleu, blanc, rouge au bleu, blanc, brun, il n'y a qu'un pas qu'Anne-Marie Lacalmette franchit allègrement. Professeur de lettres à Saumur aujourd'hui à la retraite, la candidate du Front National aux élections régionales assume parfaitement ses convictions « réactionnaires ».
«
M. Durafour-crématoire, merci de cet aveu ! ». Personne n'a sans doute oublié cette attaque verbale de Jean-Marie Le Pen commise en 1988 à l'encontre du ministre Michel Durafour. Ironie du sort, Durafour est également le nom de jeune fille de Mme Lacalmette
(1). Fallait-il y voir un signe prémonitoire ? En tout cas, depuis 1982, la flamme du Front brille dans ses yeux. «
Une véritable révélation » dit-elle.
Anne-Marie Lacalmette fait partie de ce que l'on peut appeler la frange décomplexée du FN. Droite dans ses bottes, elle ne fait pas mystère des valeurs qui animent sa pensée politique. «
J'ai toujours été nationaliste, royaliste, catholique, antirépublicaine. En somme, réactionnaire », résume-t-elle. En quelques mots, la messe est dite.
« Turc-ville » Domiciliée à Longué, Anne-Marie Lacalmette a grandi dans l'Ain. Ses parents tenaient une quincaillerie à Nantua, une commune de 5 000 habitants qu'elle a rebaptisée «
Turc-ville ». «
À l'époque les immigrés italiens allaient à la messe et jouaient avec nous. Mais désormais, mon village meurt à cause de l'immigration turque. Ils ont déserté nos commerces et ont créé les leurs. Ils sont tellement nombreux que les enfants français n'arrivent même plus à apprendre leur langue à l'école », dénonce-t-elle.
Malgré ces propos douteux, Mme Lacalmette se défend d'être raciste. «
Le problème ne réside pas dans la couleur de la peau (même si elle considère les mélanges raciaux comme une pratique sortant du cadre naturel, NDLR)
mais on ne peut pas accepter qu'ils viennent ici pour refuser notre culture et nous imposer la leur », analyse-t-elle.
Brasillach, Maurras et Drumont Bouquiniste à Angers dans sa jeunesse, elle dévore les œuvres de Brasillach (admirateur du IIIe Reich), Maurras (théoricien du nationalisme intégral et soutien du régime de Vichy) et Drumont journaliste et écrivain catholique, antisémite et nationaliste français). «
Des auteurs maudits », qu'elle aurait aimé voir figurer dans les programmes scolaires, elle qui fut professeur de lettres à Saint-André puis à Saint-Louis jusqu'en juillet dernier.
Pour sa deuxième candidature aux régionales, Anne-Marie lacalmette est optimisme. «
Le MNR a disparu, Béchu prône l'ouverture à gauche, De Villiers nous a trahi et les chasseurs se sont ralliés à l'UMP, assène-t-elle. Nous sommes désormais les seuls à droite ». Sera-ce suffisant pour atteindre les 10 % et disposer ainsi d'un groupe à l'assemblée régionale ? Rien n'est moins sûr.
Jean-Philippe COLOMBET Le Courrier de l'Ouest(1) Anne-Marie Lacalmette est la cousine de Michel Durafour.
Anne-Marie, conteste cet article qui à ses yeux ne reflète pas l'entretien qu'elle a eu avec le journaliste qui comme le font tous les pseudo-journalistes, enlève ce qui peut valoriser la personne interrogée et insiste au contraire sur ce qui pourrait la rendre moins sympathique. Patrice Plard