Éducation, la France mauvais élève
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Re: Éducation, la France mauvais élève
Allègre détruit nos têtes blondes
200 jours de repos par an, des livres peau de chagrin et des devoirs de mémoire bidons : tout est fait pour que les jeunes qui sortent de l'école ne sachent rien de ce furent leur pays et les humanités.
La rentrée, cette année, se fait "Allègre vivace". Le ministre de l'Education et de la Recherche, à défaut d'avoir pu dégraisser et secouer le mammouth (mais en avait-il réellement le désir ?), s'en prend aux manuels scolaires. Il dénonce le bourrage de crâne inutile et la confusion délibérée qui visent à priver les enfants « des moyens de penser, d'imaginer, d'inventer et aussi d'évaluer et de juger ». Claude Allègre a raison, mais les manuels fourre-tout ne sont qu'un élément de plus, un énième maillon sur la chaîne du décervelage, l'objectif étant, à terme, d'organiser le devoir d'amnésie.
La stratégie est claire et si M. Allègre feint de l'ignorer c'est soit qu'il est extraordinairement naïf, soit qu'il est malhonnête. Car "le forage du trou de mémoire", pour n'être pas un chantier récent, est une opération entreprise par ses pairs, poursuivie par ses amis et actuellement parachevée par le gouvernement auquel il appartient. Démarrée dans la France des années 60 « sous la double hégémonie du marxisme et du structuralisme » comme le dit très bien notre ministre (Nouvel Ob. du 3/9/98), elle s'est d'abord acharnée « à éliminer toute perspective historique ». Là où Allègre se trompe, c'est lorsqu'il dit que cette période est révolue et que « aujourd'hui, les choses évoluent dans le bon sens ». Il semble bien, au contraire, qu'on soit entré dans la phase terminale, car la génération qui arrive aujourd'hui pour former nos enfants est, déjà, la génération "trou de mémoire". Celle-là même qui a été formée par les gourous du marxisme et du structuralisme.
Dans les mémoires devenues vides, il ne reste plus alors qu'à charger le nouveau logiciel. Le travail comporte plusieurs phases : la mise en place de programmes de plus en plus abscons et privés de sens, un ''temps scolaire" déstructuré qui ne permet pas l'apprentissage, la suppression d'un corps enseignant d'élite et enfin, cerise sur le gâteau, des bataillons de jeunes - de préférence non-diplômés - qui, munis d'un «emploi-mémoire», seront chargés de nous rééduquer. Ce n'est pas une blague mais la dernière trouvaille de Martine Aubry. .
Au terme de l'analyse de cette stratégie en trois phases, démontée avec l'aide d'O. P, directeur du MEN (Mouvement pour un enseignement national) et élu Front national au Conseil régional d'Ile-de-France, on peut conclure : Claude Allègre, servi par des dehors bonhomme et un discours à l'apparence réac, n'est que le cheval de Troie de la vieille gauche dure.
Allègre, renouvelant l'opération lancée lorsqu'il n'était que conseiller d'un ministre de l'Education nommé Lionel Jospin, organisait l'hiver dernier le grand cirque de la consultation: questionnaires aux élèves et aux enseignants, pondus dans l'urgence et dépouillés de même, étaient censés nous dessiner l'« Ecole du XXIe siècle ». Sur le thème du Que souhaitez-vous ? et surtout du Que rejetez-vous ?, on en tirait 49 conclusions en forme de mesures. Passant pour un sage aux yeux de l'opinion, le ministre s'est contenté d'en retenir dix, portant essentiellement sur l'orientation, les sciences, les langues et la modernisation des voies technologiques et professionnelles.
Au centre du questionnaire figurait le « facteur d'ennui », élément retenu qui signifie en clair que tout cours magistral dégage un magistral ennui. Par subtil glissement de sens, on en est venu à la question des programmes, et le ministre de dénoncer avec beaucoup de justesse la frénésie (scientiste) qui, « au lieu de donner des bases et d'inciter à la réflexion, plonge les élèves dans un indescriptible fatras ». Claude Allègre vise là tout particulièrement la tendance française qui, depuis les années 60, voulant calquer les sciences humaines sur les sciences dures, a entraîné « la fuite en avant des sciences dites exactes vers la course aux calculs savants ». Perversion née de l'accouplement du marxisme et du structuralisme, dit-il, elle a provoqué la mort d'« une discipline intellectuelle qui s'appelait les humanités, distincte des sciences, et qui permettait d'inculquer les éléments culturels et qualitatifs nécessaires pour former l'art du discernement », confie Allègre au Nouvel Obs. Sur l'analyse, rien à redire. En revanche, au lieu de se borner à montrer du doigt les sciences naturelles et la biologie, le ministre ferait bien de se pencher sur les manuels d'histoire.
Il est en effet clair, en les parcourant, que l'enseignement de l'Histoire a vécu ; finie l'approche événementielle, finies la mise en perspective, la chronologie. Les manuels d'aujourd'hui font du passé table rase, et les mots clés de l'enseignement sont «rappeler», «évoquer», en privilégiant une « approche rationnelle ». Finis également les exercices formels (cartes de géographie, par exemple) auxquels on substituera «l'abstraction» (!). Plus précisément, il faut s'attacher à gommer et dissoudre les moments fondateurs de notre histoire et de notre culture dans le magma européen et mondialiste.
Si le ministre s'offusque de ce qu'un livre des « sciences de la vie » ressemble à « une encyclopédie universelle pour interne en médecine », il ne semble pas s'inquiéter de la fin de l'Histoire.
La fin d'un corps d'élite
L'autre idée fixe du ministre consiste à vouloir « dégraisser le mammouth ». Il flatte là bien évidemment l'opinion et occulte le vrai problème : celui de la formation et de la qualité du corps enseignant.
Il existe dans l'enseignement un corps d'élite. C'est celui, notamment, qui assure la formation dans les CPGE (Classes préparatoires aux grandes écoles). Par un décret en date du 7 août dernier, C. Allègre a décidé une diminution de 17 % des heures supplémentaires de ces personnels. Motif : les sommes ainsi dégagées serviront à la création d'emplois-jeunes. Contrairement à son habitude, le MEN a décidé de soutenir le mouvement de protestation organisé, à ce propos, par le SNES, le SNALC et la société des agrégés. En effet, nous explique O. P, « les heures supplémentaires représentent pour ces professeurs la juste rémunération des compétences de très haut niveau que requièrent les CPGE ». Les heures sup, entrent, selon les cas, pour 30% à 50 % dans la rémunération globale. Dans le domaine cher au ministre Mathématiques et Physique - les CPGE françaises emploient un corps de 1200 enseignants effectuant 5000 heures sup. (on peut imaginer que les chiffres sont similaires dans les autres matières). Ia nouvelle mesure entraîne, sur la rémunération de ces 5000 heures, une économie d'environ 20 millions de francs, ce qui permet théoriquement de financer 150 à 200 emplois jeunes auxquels l'Education nationale n'a rien à gagner. Or, si l'on décidait de supprimer les heures supplémentaires à ces professeurs - ce qui semblerait, après tout, plus cohérent - il faudrait nommer 500 nouveaux professeurs de classes préparatoires, ce qui représenterait un coût, en année pleine, de 100 millions.
Dès lors, souligne O. P, on est fondé à se demander ce que cache cette mesure : est-ce la fin des CPGE, donc des Grandes Ecoles elles-mêmes, jugées trop élitistes ? Certainement, et le rapport demandé au printemps dernier à Jacques Attali ne vise à rien d'autre. « Sous couvert d'harmonisation européenne, prétexte donné à cette étude, c'est bien la sélection qui est visée, dit O. P, car les CPGE sélectionnent sur un dossier avant le bac, lequel approchant des 80 % d'une classe d'âge n'est plus un critère, à l'évidence, tandis que les grandes écoles le font sur concours. Moyen le plus démocratique, quoi qu'on dise, de sélectionner les élites ».
Faire exploser le « temps scolaire »
Dernier serpent de mer : la question des rythmes scolaires. C'est, avec le bizutage, le dernier dada de Ségolène Royal. Reste à savoir de quoi l'on parle exactement, et à distinguer école primaire et secondaire, puis rythmes quotidiens, hebdomadaires et annuels.
Globalement, il est vrai que, par rapport à nos voisins européens, la journée scolaire française est plus longue et les programmes plus chargés. Néanmoins, les générations de nos pères n'en souffraient pas et maîtrisaient mieux qu'aujourd'hui les savoirs fondamentaux.
En 30 ans, la semaine d'un écolier a diminué de 5 heures en moyenne. Si l'on considère maintenant l'année civile, le calcul de l'année scolaire 1998 donne 169 jours travaillés, auxquels il faut sans doute retirer encore 2 ou 3 "journées pédagogiques". Sur ce temps de travail restant sont venues se greffer des "activités" de toutes sortes qui amputent assez considérablement le temps consacré à l'acquisition des connaissances. « On ne peut s'empêcher de penser que ce type d'activités est souvent un alibi pour se dérober aux strictes exigences cognitives et qu'elles constituent une sorte de fuite en avant des instituteurs confrontés à la concurrence redoutable de la télévision ainsi qu'à la démission parentale », dit O. P. La question du rythme hebdomadaire est plus délicate, mais elle recouvre aussi des préoccupations "consuméristes" qui se retrouvent dès lors qu'on parle de réduire la durée des congés d'été.
Dans le secondaire, la tendance serait de vouloir coller au modèle anglo-saxon ou allemand : études le matin et sport l'après-midi. A cette nuance près, énoncée par le Président Chirac : « le matin, les matières scolaires ; l'après-midi, les activités sportives et culturelles (sic) ». Hélas, dit O. P, on aimerait rappeler au Président que « la culture commence par la langue et la langue française est un instrument de culture. On ne voit donc pas comment on pourrait séparer la culture des connaissances et le matin de l'après-midi ! ».
A moins, bien sûr, que Jacques Chirac ne se soit rallié à la conception languienne de la culture, celle du «tout-culturel», qui n'a rien à voir, bien sûr, avec ce qui fait « l'homme cultivé ».
Mais quel besoin de faire des hommes cultivés ? Les emplois-mémoire de M. Aubry remédieront au manque.
Marie-Claire ROY National Hebdo du 17 au 23 septembre 1998
200 jours de repos par an, des livres peau de chagrin et des devoirs de mémoire bidons : tout est fait pour que les jeunes qui sortent de l'école ne sachent rien de ce furent leur pays et les humanités.
La rentrée, cette année, se fait "Allègre vivace". Le ministre de l'Education et de la Recherche, à défaut d'avoir pu dégraisser et secouer le mammouth (mais en avait-il réellement le désir ?), s'en prend aux manuels scolaires. Il dénonce le bourrage de crâne inutile et la confusion délibérée qui visent à priver les enfants « des moyens de penser, d'imaginer, d'inventer et aussi d'évaluer et de juger ». Claude Allègre a raison, mais les manuels fourre-tout ne sont qu'un élément de plus, un énième maillon sur la chaîne du décervelage, l'objectif étant, à terme, d'organiser le devoir d'amnésie.
La stratégie est claire et si M. Allègre feint de l'ignorer c'est soit qu'il est extraordinairement naïf, soit qu'il est malhonnête. Car "le forage du trou de mémoire", pour n'être pas un chantier récent, est une opération entreprise par ses pairs, poursuivie par ses amis et actuellement parachevée par le gouvernement auquel il appartient. Démarrée dans la France des années 60 « sous la double hégémonie du marxisme et du structuralisme » comme le dit très bien notre ministre (Nouvel Ob. du 3/9/98), elle s'est d'abord acharnée « à éliminer toute perspective historique ». Là où Allègre se trompe, c'est lorsqu'il dit que cette période est révolue et que « aujourd'hui, les choses évoluent dans le bon sens ». Il semble bien, au contraire, qu'on soit entré dans la phase terminale, car la génération qui arrive aujourd'hui pour former nos enfants est, déjà, la génération "trou de mémoire". Celle-là même qui a été formée par les gourous du marxisme et du structuralisme.
Dans les mémoires devenues vides, il ne reste plus alors qu'à charger le nouveau logiciel. Le travail comporte plusieurs phases : la mise en place de programmes de plus en plus abscons et privés de sens, un ''temps scolaire" déstructuré qui ne permet pas l'apprentissage, la suppression d'un corps enseignant d'élite et enfin, cerise sur le gâteau, des bataillons de jeunes - de préférence non-diplômés - qui, munis d'un «emploi-mémoire», seront chargés de nous rééduquer. Ce n'est pas une blague mais la dernière trouvaille de Martine Aubry. .
Au terme de l'analyse de cette stratégie en trois phases, démontée avec l'aide d'O. P, directeur du MEN (Mouvement pour un enseignement national) et élu Front national au Conseil régional d'Ile-de-France, on peut conclure : Claude Allègre, servi par des dehors bonhomme et un discours à l'apparence réac, n'est que le cheval de Troie de la vieille gauche dure.
Allègre, renouvelant l'opération lancée lorsqu'il n'était que conseiller d'un ministre de l'Education nommé Lionel Jospin, organisait l'hiver dernier le grand cirque de la consultation: questionnaires aux élèves et aux enseignants, pondus dans l'urgence et dépouillés de même, étaient censés nous dessiner l'« Ecole du XXIe siècle ». Sur le thème du Que souhaitez-vous ? et surtout du Que rejetez-vous ?, on en tirait 49 conclusions en forme de mesures. Passant pour un sage aux yeux de l'opinion, le ministre s'est contenté d'en retenir dix, portant essentiellement sur l'orientation, les sciences, les langues et la modernisation des voies technologiques et professionnelles.
Au centre du questionnaire figurait le « facteur d'ennui », élément retenu qui signifie en clair que tout cours magistral dégage un magistral ennui. Par subtil glissement de sens, on en est venu à la question des programmes, et le ministre de dénoncer avec beaucoup de justesse la frénésie (scientiste) qui, « au lieu de donner des bases et d'inciter à la réflexion, plonge les élèves dans un indescriptible fatras ». Claude Allègre vise là tout particulièrement la tendance française qui, depuis les années 60, voulant calquer les sciences humaines sur les sciences dures, a entraîné « la fuite en avant des sciences dites exactes vers la course aux calculs savants ». Perversion née de l'accouplement du marxisme et du structuralisme, dit-il, elle a provoqué la mort d'« une discipline intellectuelle qui s'appelait les humanités, distincte des sciences, et qui permettait d'inculquer les éléments culturels et qualitatifs nécessaires pour former l'art du discernement », confie Allègre au Nouvel Obs. Sur l'analyse, rien à redire. En revanche, au lieu de se borner à montrer du doigt les sciences naturelles et la biologie, le ministre ferait bien de se pencher sur les manuels d'histoire.
Il est en effet clair, en les parcourant, que l'enseignement de l'Histoire a vécu ; finie l'approche événementielle, finies la mise en perspective, la chronologie. Les manuels d'aujourd'hui font du passé table rase, et les mots clés de l'enseignement sont «rappeler», «évoquer», en privilégiant une « approche rationnelle ». Finis également les exercices formels (cartes de géographie, par exemple) auxquels on substituera «l'abstraction» (!). Plus précisément, il faut s'attacher à gommer et dissoudre les moments fondateurs de notre histoire et de notre culture dans le magma européen et mondialiste.
Si le ministre s'offusque de ce qu'un livre des « sciences de la vie » ressemble à « une encyclopédie universelle pour interne en médecine », il ne semble pas s'inquiéter de la fin de l'Histoire.
La fin d'un corps d'élite
L'autre idée fixe du ministre consiste à vouloir « dégraisser le mammouth ». Il flatte là bien évidemment l'opinion et occulte le vrai problème : celui de la formation et de la qualité du corps enseignant.
Il existe dans l'enseignement un corps d'élite. C'est celui, notamment, qui assure la formation dans les CPGE (Classes préparatoires aux grandes écoles). Par un décret en date du 7 août dernier, C. Allègre a décidé une diminution de 17 % des heures supplémentaires de ces personnels. Motif : les sommes ainsi dégagées serviront à la création d'emplois-jeunes. Contrairement à son habitude, le MEN a décidé de soutenir le mouvement de protestation organisé, à ce propos, par le SNES, le SNALC et la société des agrégés. En effet, nous explique O. P, « les heures supplémentaires représentent pour ces professeurs la juste rémunération des compétences de très haut niveau que requièrent les CPGE ». Les heures sup, entrent, selon les cas, pour 30% à 50 % dans la rémunération globale. Dans le domaine cher au ministre Mathématiques et Physique - les CPGE françaises emploient un corps de 1200 enseignants effectuant 5000 heures sup. (on peut imaginer que les chiffres sont similaires dans les autres matières). Ia nouvelle mesure entraîne, sur la rémunération de ces 5000 heures, une économie d'environ 20 millions de francs, ce qui permet théoriquement de financer 150 à 200 emplois jeunes auxquels l'Education nationale n'a rien à gagner. Or, si l'on décidait de supprimer les heures supplémentaires à ces professeurs - ce qui semblerait, après tout, plus cohérent - il faudrait nommer 500 nouveaux professeurs de classes préparatoires, ce qui représenterait un coût, en année pleine, de 100 millions.
Dès lors, souligne O. P, on est fondé à se demander ce que cache cette mesure : est-ce la fin des CPGE, donc des Grandes Ecoles elles-mêmes, jugées trop élitistes ? Certainement, et le rapport demandé au printemps dernier à Jacques Attali ne vise à rien d'autre. « Sous couvert d'harmonisation européenne, prétexte donné à cette étude, c'est bien la sélection qui est visée, dit O. P, car les CPGE sélectionnent sur un dossier avant le bac, lequel approchant des 80 % d'une classe d'âge n'est plus un critère, à l'évidence, tandis que les grandes écoles le font sur concours. Moyen le plus démocratique, quoi qu'on dise, de sélectionner les élites ».
Faire exploser le « temps scolaire »
Dernier serpent de mer : la question des rythmes scolaires. C'est, avec le bizutage, le dernier dada de Ségolène Royal. Reste à savoir de quoi l'on parle exactement, et à distinguer école primaire et secondaire, puis rythmes quotidiens, hebdomadaires et annuels.
Globalement, il est vrai que, par rapport à nos voisins européens, la journée scolaire française est plus longue et les programmes plus chargés. Néanmoins, les générations de nos pères n'en souffraient pas et maîtrisaient mieux qu'aujourd'hui les savoirs fondamentaux.
En 30 ans, la semaine d'un écolier a diminué de 5 heures en moyenne. Si l'on considère maintenant l'année civile, le calcul de l'année scolaire 1998 donne 169 jours travaillés, auxquels il faut sans doute retirer encore 2 ou 3 "journées pédagogiques". Sur ce temps de travail restant sont venues se greffer des "activités" de toutes sortes qui amputent assez considérablement le temps consacré à l'acquisition des connaissances. « On ne peut s'empêcher de penser que ce type d'activités est souvent un alibi pour se dérober aux strictes exigences cognitives et qu'elles constituent une sorte de fuite en avant des instituteurs confrontés à la concurrence redoutable de la télévision ainsi qu'à la démission parentale », dit O. P. La question du rythme hebdomadaire est plus délicate, mais elle recouvre aussi des préoccupations "consuméristes" qui se retrouvent dès lors qu'on parle de réduire la durée des congés d'été.
Dans le secondaire, la tendance serait de vouloir coller au modèle anglo-saxon ou allemand : études le matin et sport l'après-midi. A cette nuance près, énoncée par le Président Chirac : « le matin, les matières scolaires ; l'après-midi, les activités sportives et culturelles (sic) ». Hélas, dit O. P, on aimerait rappeler au Président que « la culture commence par la langue et la langue française est un instrument de culture. On ne voit donc pas comment on pourrait séparer la culture des connaissances et le matin de l'après-midi ! ».
A moins, bien sûr, que Jacques Chirac ne se soit rallié à la conception languienne de la culture, celle du «tout-culturel», qui n'a rien à voir, bien sûr, avec ce qui fait « l'homme cultivé ».
Mais quel besoin de faire des hommes cultivés ? Les emplois-mémoire de M. Aubry remédieront au manque.
Marie-Claire ROY National Hebdo du 17 au 23 septembre 1998
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Re: Éducation, la France mauvais élève
Génération décervelée
Le ministère de l'Education nationale est content. Les évaluations nationales des élèves de CM2 ont «révélé» que « quatre écoliers sur 10 ont un très bon niveau, mais un sur dix devra bénéficier de soutien scolaire », comme l'annonçait la grosse presse. De quoi clouer définitivement le bec : aux oiseaux de mauvais augure qui depuis l'Antiquité se plaignent que « le niveau baisse » ? N'allons pas si vite. Lorsque le ministère se félicite de ce que « 75 % des élèves sont au niveau attendu ou au-delà », il faut comprendre que la satisfaction officielle s'affiche dès lors qu'un élève atteint la moitié des points possibles : la sacro-sainte «moyenne». Soit une réponse fausse sur deux, l'orthographe n'étant d'ailleurs pas du tout systématiquement prise en compte pour l'attribution des points. Se rappeler aussi que ces élèves, évalués en janvier, sont ceux qui entreront massivement au collège en septembre prochain. Avec quels véritables acquis ? Là est la question ...
Une évaluation en trompe l'œil
Le site lire-ecrire.erg, au lendemain de la publication des résultats par le ministère, les qualifia d' «inespérés». Son équipe, travaillant d'après les résultats connus des élèves entrant en 6e, en les confrontant avec les épreuves imposées aux enfants de CM2 en janvier dernier, avait pronostiqué « qu'un grand nombre d'élèves, peut-être 50 %, auraient des résultats inférieurs à 20 sur 60 en français et 14 sur 40 en mathématiques ». Le communiqué ministériel, reconnaît «lire-ecrire»,« inflige un démenti cinglant ».
Mais de nombreuses questions se posent, la première étant celle de la sincérité des résultats. On se souviendra en effet que les syndicats enseignants dénoncèrent vigoureusement à la fois le principe de l'évaluation nationale, son mode opératoire et le moment choisi pour y soumettre les enfants, en cours d'année mais prétendant déjà apprécier leur réussite par rapport au programme de CM2.
Opération d'agit-prop ou manifestation sincère d'indignation, un communiqué du syndicat SNPI-FSU daté du 12 mars dénonçait violemment les pressions hiérarchiques sur les inspecteurs de l'Education nationale pour «gonfler» les statistiques de remontées de résultat et aussi pour augmenter les notes des élèves. Le syndicat s'appuie sur des témoignages de pressions orales mais dit disposer de certaines « instructions écrites ». Les inspecteurs, assure le syndicat, craignent d'être renvoyés si les résultats de leur académie s'avèrent trop éloignés du « niveau national », l'un d'entre eux ayant déjà été «limogé».
A cette accusation précise, qui reste à vérifier, s'ajoute un climat général et une volonté de sabotage manifeste dès la mise en place de l'épreuve. On se plaignait de la difficulté trop grande des épreuves ; sous-entendu, les évaluations allaient révéler un peu plus le désastre de l'Education nationale. Les professeurs ayant pu disposer des épreuves avant de les proposer, leurs attitudes furent à géométrie variable. On peut supposer que les tests furent loyalement passés dans nombre de classes. Mais partout ?
Le sabotage le plus flagrant aura été celui des professeurs des écoles qui refusèrent de faire passer l'évaluation ou qui omirent d'en faire «remonter» les résultats. Cela représente tout de même quelque 21 % des élèves, puisque les statistiques ministérielles se basent sur 553 263 copies sur un total possible d'environ 700 000. Doit-on imaginer que le boycott est venu des écoles les plus faibles, où les professeurs craignaient de voir le mauvais niveau de leurs classes mis au jour ? Et que donc un élève sur cinq, non pris en compte dans les statistiques nationales, a quelques chances de se situer en réalité en bas du tableau ? Une chose est sûre : dans les écoles où les professeurs s'enorgueillissent de transmettre des connaissances, il n'y a pas eu de «grogne» anti-évaluation. Dans l'école de Marc Le Bris (Et vos enfants ne sauront pas lire, ni compter), où ce courageux partisan des pédagogies traditionnelles enseigne à un double niveau CM1-CM2 de 30 élèves, la totalité des «évalués» se situait dans le quart supérieur du tableau.
Il faut rappeler aussi que lire-ecrire.org s'était montré prudent en pronostiquant des résultats plus inquiétants qu'ils ne l'ont finalement semblé : « Certains enseignants et certains syndicats annonçaient qu'ils n'appliqueraient pas les consignes de notation, qu'ils "prépareraient" les épreuves avec leurs élèves, ou qu'ils ne communiqueraient pas les résultats. C'est pourquoi nous avions assorti nos pronostics de la réserve suivante : "Ce ne sera peut-être pas le cas, du fait des conditions dans lesquelles se sont déroulées les nouvelles évaluations." »
Tout se passe comme si le ministère de l'Education nationale, ayant imposé des programmes dont il faut bien dire qu'ils marquent quelque progrès par rapport à l'état précédent, veut maintenant «prouver» qu'il est capable de faire remonter le niveau et d'endormir la vigilance de parents trop sensibles au décervelage de leurs enfants. La présentation optimiste des résultats joue sur ce registre. J'appelle « optimiste» une analyse qui se contente des résultats bruts d'une épreuve où l'exercice plus difficile et l'exercice plus facile pèsent exactement le même poids : un point. J'appelle optimiste un constat comme celui-ci : « On voit que notre école fait réussir beaucoup d'élèves », tel que le fit, le 30 mars, Jean-Louis Nembrini, directeur général de l'Enseignement scolaire, lorsque plus de la moitié des élèves de CM2, confrontés à une majorité de questions portant sur les programmes du CM1 ou du CE2, n'atteignent pas deux réponses justes sur trois. Une « moyenne» de 13,3 sur 20, ce serait donc satisfaisant dans le primaire ?
Il est vrai que ledit Nembrini, nous l'avons déjà écrit mais cela va mieux en le disant deux fois, expliquait à qui voulait l'entendre que si les résultats avaient été un peu moins bons en mathématiques qu'en français, c'était parce que les nombres décimaux, relativement nouveaux au programme de CM2, n'avaient pas été vus par nombre d'élèves alors que plusieurs questions portaient sur cette «compétence». Seulement M. Nembrini, directeur de l'Enseignement scolaire, ne parle pas de nombres décimaux, mais de «chiffres» décimaux. Et si on lui proposait des cours de rattrapage ?
Pour ma part, j'ai tenté l'expérience de soumettre l'ensemble de l'évaluation à une petite fille que je connais bien, et qui est encore en CM1. Elle s'amusa beaucoup, un samedi matin, à remplir le gros « cahier de l'élève » (téléchargeable sur internet). Sans compléter tous les exercices (après tout, c'était samedi !) elle arriva facilement à 43 points. Elle s'essaya à quelques-uns des exercices de mathématiques. Il n 'y eut pas de temps d'arrêt devant les exercices comportant des nombres décimaux. Dans la petite école - certes hors contrat - où elle est scolarisée, les CM1 ont «vu» cela depuis bien assez longtemps... Et lesdits CM1 sont de niveaux très divers, puisque l'école en question s'enorgueillit précisément d'accueillir aussi bien des forts en thème que des enfants laissés en échec par le système officiel.
JEANNE SMITS : PRÉSENT _ Vendredi 10 avril 2009
Le ministère de l'Education nationale est content. Les évaluations nationales des élèves de CM2 ont «révélé» que « quatre écoliers sur 10 ont un très bon niveau, mais un sur dix devra bénéficier de soutien scolaire », comme l'annonçait la grosse presse. De quoi clouer définitivement le bec : aux oiseaux de mauvais augure qui depuis l'Antiquité se plaignent que « le niveau baisse » ? N'allons pas si vite. Lorsque le ministère se félicite de ce que « 75 % des élèves sont au niveau attendu ou au-delà », il faut comprendre que la satisfaction officielle s'affiche dès lors qu'un élève atteint la moitié des points possibles : la sacro-sainte «moyenne». Soit une réponse fausse sur deux, l'orthographe n'étant d'ailleurs pas du tout systématiquement prise en compte pour l'attribution des points. Se rappeler aussi que ces élèves, évalués en janvier, sont ceux qui entreront massivement au collège en septembre prochain. Avec quels véritables acquis ? Là est la question ...
Une évaluation en trompe l'œil
Le site lire-ecrire.erg, au lendemain de la publication des résultats par le ministère, les qualifia d' «inespérés». Son équipe, travaillant d'après les résultats connus des élèves entrant en 6e, en les confrontant avec les épreuves imposées aux enfants de CM2 en janvier dernier, avait pronostiqué « qu'un grand nombre d'élèves, peut-être 50 %, auraient des résultats inférieurs à 20 sur 60 en français et 14 sur 40 en mathématiques ». Le communiqué ministériel, reconnaît «lire-ecrire»,« inflige un démenti cinglant ».
Mais de nombreuses questions se posent, la première étant celle de la sincérité des résultats. On se souviendra en effet que les syndicats enseignants dénoncèrent vigoureusement à la fois le principe de l'évaluation nationale, son mode opératoire et le moment choisi pour y soumettre les enfants, en cours d'année mais prétendant déjà apprécier leur réussite par rapport au programme de CM2.
Opération d'agit-prop ou manifestation sincère d'indignation, un communiqué du syndicat SNPI-FSU daté du 12 mars dénonçait violemment les pressions hiérarchiques sur les inspecteurs de l'Education nationale pour «gonfler» les statistiques de remontées de résultat et aussi pour augmenter les notes des élèves. Le syndicat s'appuie sur des témoignages de pressions orales mais dit disposer de certaines « instructions écrites ». Les inspecteurs, assure le syndicat, craignent d'être renvoyés si les résultats de leur académie s'avèrent trop éloignés du « niveau national », l'un d'entre eux ayant déjà été «limogé».
A cette accusation précise, qui reste à vérifier, s'ajoute un climat général et une volonté de sabotage manifeste dès la mise en place de l'épreuve. On se plaignait de la difficulté trop grande des épreuves ; sous-entendu, les évaluations allaient révéler un peu plus le désastre de l'Education nationale. Les professeurs ayant pu disposer des épreuves avant de les proposer, leurs attitudes furent à géométrie variable. On peut supposer que les tests furent loyalement passés dans nombre de classes. Mais partout ?
Le sabotage le plus flagrant aura été celui des professeurs des écoles qui refusèrent de faire passer l'évaluation ou qui omirent d'en faire «remonter» les résultats. Cela représente tout de même quelque 21 % des élèves, puisque les statistiques ministérielles se basent sur 553 263 copies sur un total possible d'environ 700 000. Doit-on imaginer que le boycott est venu des écoles les plus faibles, où les professeurs craignaient de voir le mauvais niveau de leurs classes mis au jour ? Et que donc un élève sur cinq, non pris en compte dans les statistiques nationales, a quelques chances de se situer en réalité en bas du tableau ? Une chose est sûre : dans les écoles où les professeurs s'enorgueillissent de transmettre des connaissances, il n'y a pas eu de «grogne» anti-évaluation. Dans l'école de Marc Le Bris (Et vos enfants ne sauront pas lire, ni compter), où ce courageux partisan des pédagogies traditionnelles enseigne à un double niveau CM1-CM2 de 30 élèves, la totalité des «évalués» se situait dans le quart supérieur du tableau.
Il faut rappeler aussi que lire-ecrire.org s'était montré prudent en pronostiquant des résultats plus inquiétants qu'ils ne l'ont finalement semblé : « Certains enseignants et certains syndicats annonçaient qu'ils n'appliqueraient pas les consignes de notation, qu'ils "prépareraient" les épreuves avec leurs élèves, ou qu'ils ne communiqueraient pas les résultats. C'est pourquoi nous avions assorti nos pronostics de la réserve suivante : "Ce ne sera peut-être pas le cas, du fait des conditions dans lesquelles se sont déroulées les nouvelles évaluations." »
Tout se passe comme si le ministère de l'Education nationale, ayant imposé des programmes dont il faut bien dire qu'ils marquent quelque progrès par rapport à l'état précédent, veut maintenant «prouver» qu'il est capable de faire remonter le niveau et d'endormir la vigilance de parents trop sensibles au décervelage de leurs enfants. La présentation optimiste des résultats joue sur ce registre. J'appelle « optimiste» une analyse qui se contente des résultats bruts d'une épreuve où l'exercice plus difficile et l'exercice plus facile pèsent exactement le même poids : un point. J'appelle optimiste un constat comme celui-ci : « On voit que notre école fait réussir beaucoup d'élèves », tel que le fit, le 30 mars, Jean-Louis Nembrini, directeur général de l'Enseignement scolaire, lorsque plus de la moitié des élèves de CM2, confrontés à une majorité de questions portant sur les programmes du CM1 ou du CE2, n'atteignent pas deux réponses justes sur trois. Une « moyenne» de 13,3 sur 20, ce serait donc satisfaisant dans le primaire ?
Il est vrai que ledit Nembrini, nous l'avons déjà écrit mais cela va mieux en le disant deux fois, expliquait à qui voulait l'entendre que si les résultats avaient été un peu moins bons en mathématiques qu'en français, c'était parce que les nombres décimaux, relativement nouveaux au programme de CM2, n'avaient pas été vus par nombre d'élèves alors que plusieurs questions portaient sur cette «compétence». Seulement M. Nembrini, directeur de l'Enseignement scolaire, ne parle pas de nombres décimaux, mais de «chiffres» décimaux. Et si on lui proposait des cours de rattrapage ?
Pour ma part, j'ai tenté l'expérience de soumettre l'ensemble de l'évaluation à une petite fille que je connais bien, et qui est encore en CM1. Elle s'amusa beaucoup, un samedi matin, à remplir le gros « cahier de l'élève » (téléchargeable sur internet). Sans compléter tous les exercices (après tout, c'était samedi !) elle arriva facilement à 43 points. Elle s'essaya à quelques-uns des exercices de mathématiques. Il n 'y eut pas de temps d'arrêt devant les exercices comportant des nombres décimaux. Dans la petite école - certes hors contrat - où elle est scolarisée, les CM1 ont «vu» cela depuis bien assez longtemps... Et lesdits CM1 sont de niveaux très divers, puisque l'école en question s'enorgueillit précisément d'accueillir aussi bien des forts en thème que des enfants laissés en échec par le système officiel.
JEANNE SMITS : PRÉSENT _ Vendredi 10 avril 2009
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Re: Éducation, la France mauvais élève
Bac, mon doux bac, dis-moi qui est le plus...
À l’évidence, nombre de Français doivent être fiers, sinon comme Artaban, du moins comme tout parent qui se respecte. Leur progéniture chérie a décroché le baccalauréat.
Beaucoup, craignant un échec toujours possible, sont simplement soulagés, même s’ils pensent qu’in extremis, par l’action de quelques Dieux bienveillants ou étourdis, ce qu’ils ne peuvent honnêtement appeler qu’un « miracle » s’est produit. S’il n’y en avait pas de temps en temps, ça se saurait et les religions y perdraient beaucoup.
Soulagés, oui, mais pour certains tout de même assez étonnés, sachant quels efforts avait déployé leur boutonneuse merveille pour ne pas s’épuiser dans le travail plus qu’il n’aurait été raisonnable.
Le père, bien sûr, pense que son enfant ayant hérité de son intelligence et de la beauté de sa mère, ceci explique cela… et son épouse affirme que c’est le contraire, mais c’est évidemment pour le taquiner, restons sérieux…
Les plus suspicieux ne peuvent s’empêcher d’en chercher plutôt l’explication dans les 80 % de réussite désormais obligatoire à cet examen : très exactement 78,4 % au premier coup, soit 2,9 de plus qu’en 2008 pour le Bac général… et en attendant sans doute un jour, pourquoi pas ! 110 % de bacheliers.
Quant aux esprits chagrins, ils font évidemment remarquer que le terme « épreuves » n’est plus guère approprié au baccalauréat actuel. Un échec est d’ailleurs désormais communément présenté comme un « accident scolaire » – comme il y a des « accidents industriels » – et il est invariablement accompagné de la phrase : « Ce sera pour l’année prochaine » ; sous-entendu : tout le monde ne peut pas gagner à tous les coups, mais l’égalité citoyenne est là pour bouter l’insupportable discrimination des résultats scolaires hors du pays des droits-de-l’élève, celui-ci fût-il de plus en plus ignorant.
D’ailleurs, pour contredire les mal aimables – de plus en plus nombreux – qui émettent des doutes quant à la valeur réelle du sacro-saint baccalauréat qui ne fascine plus guère que les plus de soixante-quinze ans, on l’a rendu désormais obligatoire pour obtenir la plupart des emplois, fussent-il des plus modestes.
En France, on n’oblige pas à aller voter, mais on oblige à envoyer jusqu’à leur seize ans les enfants à l’école… où beaucoup de parents les laissent, faute de trop bien savoir quoi en faire ensuite !
Si ce n’était pas le cas, il est à craindre sans doute qu’avec cette institution de plus en plus à l’image de la République, voire souvent même en avance sur elle, l’absentéisme atteigne, voire dépasse, les mêmes taux que lors d’une consultation électorale.
Philippe Randa
notes
PS : (message personnel) « Mon chéri, je te le redis, bravo, je suis très fier de toi. Surtout que maintenant que c’est gagné, tu vas enfin pouvoir utiliser toutes ces réserves d’efforts dans le travail que tu as si habilement sû mettre de côté. Tu as des réserves inépuisables, c’est certain. J’ai donc toute confiance dans ton avenir. Je t’embrasse. Papa. »
http://www.voxnr.com/
À l’évidence, nombre de Français doivent être fiers, sinon comme Artaban, du moins comme tout parent qui se respecte. Leur progéniture chérie a décroché le baccalauréat.
Beaucoup, craignant un échec toujours possible, sont simplement soulagés, même s’ils pensent qu’in extremis, par l’action de quelques Dieux bienveillants ou étourdis, ce qu’ils ne peuvent honnêtement appeler qu’un « miracle » s’est produit. S’il n’y en avait pas de temps en temps, ça se saurait et les religions y perdraient beaucoup.
Soulagés, oui, mais pour certains tout de même assez étonnés, sachant quels efforts avait déployé leur boutonneuse merveille pour ne pas s’épuiser dans le travail plus qu’il n’aurait été raisonnable.
Le père, bien sûr, pense que son enfant ayant hérité de son intelligence et de la beauté de sa mère, ceci explique cela… et son épouse affirme que c’est le contraire, mais c’est évidemment pour le taquiner, restons sérieux…
Les plus suspicieux ne peuvent s’empêcher d’en chercher plutôt l’explication dans les 80 % de réussite désormais obligatoire à cet examen : très exactement 78,4 % au premier coup, soit 2,9 de plus qu’en 2008 pour le Bac général… et en attendant sans doute un jour, pourquoi pas ! 110 % de bacheliers.
Quant aux esprits chagrins, ils font évidemment remarquer que le terme « épreuves » n’est plus guère approprié au baccalauréat actuel. Un échec est d’ailleurs désormais communément présenté comme un « accident scolaire » – comme il y a des « accidents industriels » – et il est invariablement accompagné de la phrase : « Ce sera pour l’année prochaine » ; sous-entendu : tout le monde ne peut pas gagner à tous les coups, mais l’égalité citoyenne est là pour bouter l’insupportable discrimination des résultats scolaires hors du pays des droits-de-l’élève, celui-ci fût-il de plus en plus ignorant.
D’ailleurs, pour contredire les mal aimables – de plus en plus nombreux – qui émettent des doutes quant à la valeur réelle du sacro-saint baccalauréat qui ne fascine plus guère que les plus de soixante-quinze ans, on l’a rendu désormais obligatoire pour obtenir la plupart des emplois, fussent-il des plus modestes.
En France, on n’oblige pas à aller voter, mais on oblige à envoyer jusqu’à leur seize ans les enfants à l’école… où beaucoup de parents les laissent, faute de trop bien savoir quoi en faire ensuite !
Si ce n’était pas le cas, il est à craindre sans doute qu’avec cette institution de plus en plus à l’image de la République, voire souvent même en avance sur elle, l’absentéisme atteigne, voire dépasse, les mêmes taux que lors d’une consultation électorale.
Philippe Randa
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PS : (message personnel) « Mon chéri, je te le redis, bravo, je suis très fier de toi. Surtout que maintenant que c’est gagné, tu vas enfin pouvoir utiliser toutes ces réserves d’efforts dans le travail que tu as si habilement sû mettre de côté. Tu as des réserves inépuisables, c’est certain. J’ai donc toute confiance dans ton avenir. Je t’embrasse. Papa. »
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Re: Éducation, la France mauvais élève
LES UNIVERSITES
Ce n'est pas une nouveauté mais les universités françaises sont généralement très mal classées sur le plan international.
La banque mondiale semble s'occuper de tout sauf de banque. En tout cas elle vient d'étudier les systèmes universitaires à travers le monde. Parmi eux la France affiche une très médiocre performance dans les classements internationaux.
Les universités américaines se classent parmi les meilleurs du monde parce que, en particulier, l'enseignement supérieur représente 3,3 % du produit intérieur brut contre seulement 1,3 % dans les 25 pays de l'union européenne.
Le Royaume-Uni et la Suisse atteignent des niveaux élevés. Les meilleures universités françaises ne sont placées qu'au 42e et 55e rang car selon la banque « il n’y a presque pas de sélection des étudiants qui entrent dans l'enseignement supérieur » et en plus elles manquent d'autonomie.
Tout cela n'est pas nouveau bien entendu mais c'est une confirmation du désastre de l'université française tel qu'on le connaît.
http://www.libeco.net/magazine.htm
Ce n'est pas une nouveauté mais les universités françaises sont généralement très mal classées sur le plan international.
La banque mondiale semble s'occuper de tout sauf de banque. En tout cas elle vient d'étudier les systèmes universitaires à travers le monde. Parmi eux la France affiche une très médiocre performance dans les classements internationaux.
Les universités américaines se classent parmi les meilleurs du monde parce que, en particulier, l'enseignement supérieur représente 3,3 % du produit intérieur brut contre seulement 1,3 % dans les 25 pays de l'union européenne.
Le Royaume-Uni et la Suisse atteignent des niveaux élevés. Les meilleures universités françaises ne sont placées qu'au 42e et 55e rang car selon la banque « il n’y a presque pas de sélection des étudiants qui entrent dans l'enseignement supérieur » et en plus elles manquent d'autonomie.
Tout cela n'est pas nouveau bien entendu mais c'est une confirmation du désastre de l'université française tel qu'on le connaît.
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Re: Éducation, la France mauvais élève
Les ELCO : 40 ans de propagande islamique au sein des écoles françaises
Tribune libre de Paysan Savoyard
Depuis près de quarante ans sont organisés sur le territoire français au sein de l’éducation nationale des enseignements de « langue et de culture d’origine » (ELCO). La presse et les pouvoirs publics en parlent peu. Ils constituent pourtant une réalité importante dans de nombreuses écoles françaises.
Le ministère de l’intérieur a signalé à plusieurs reprises qu’une partie des enseignants ELCO exerçaient en dehors dans des associations islamistes et des écoles coraniques.
Les ELCO sont destinés aux élèves issus de l’immigration. Ils résultent de traités passés par la France au milieu des années 70 avec les pays sources d’immigration (d’autres pays européens ont également signé ce type d’accords ; il s’agissait à l’époque de permettre aux enfants concernés de conserver un lien étroit avec la culture d’origine dans la perspective d’un retour au pays des familles immigrées).
Il existe des enseignements ELCO à l’intention des élèves originaires des pays suivants : Algérie, Maroc, Tunisie, Turquie, Serbie (des ELCO sont également prévus à destination des élèves d’origine portugaise, italienne et espagnole, mais ils sont tombés en désuétude, les langues concernées étant enseignées en tant que langues vivantes dans de nombreux établissements). Ces enseignements sont organisés par pays d’origine : par exemple les ELCO algériens ne concernent que les élèves d’origine algérienne.
Les ELCO se déroulent au sein des établissements scolaires, à raison de 3 heures par semaine. Ils ont lieu la plupart du temps après la classe ordinaire (dans certains établissements, toutefois, ils prennent place dans le temps scolaire et les élèves concernés quittent alors leur classe pour rejoindre le cours ELCO). Les deux-tiers des ELCO concernent les élèves des écoles primaires ; les ELCO sont également proposés au collège et, plus rarement, au lycée.
Les ELCO sont dispensés par des enseignants étrangers, choisis et rémunérés par le pays organisateur (par exemple c’est un enseignant algérien venu d’Algérie et choisi par son pays qui assurera, en France, un ELCO algérien). Chaque année, une délégation de chaque pays organisateur d’ELCO rencontre le ministère français de l’éducation nationale pour ajuster la carte des ELCO en fonction des besoins.
Les programmes d’enseignement sont établis par les pays organisateurs. Le ministère français de l’éducation se fait communiquer une traduction française de ces programmes (sans pouvoir au demeurant vérifier que les enseignements effectivement dispensés dans les classes leur sont conformes). Ainsi que le montrent ces programmes traduits en français transmis par les autorités des pays d’origine, les ELCO turcs et maghrébins, qu’il s’agisse de la partie linguistique du programme ou de ses volets culturels et religieux, consistent pour une part en un enseignement fondé sur le Coran. Le programme turc se caractérise en outre par l’omniprésence des proclamations nationalistes.
Les ELCO se déroulent dans la langue d’origine. Le ministère français de l’éducation ne disposant que de quelques inspecteurs parlant l’arabe ou le turc, il ne peut exercer, en pratique, de contrôle sur ces enseignements.
Les ELCO ne sont pas obligatoires mais les familles volontaires sont nombreuses : les ELCO maghrébins et turcs concernent chaque année environ 60 000 élèves (ces dix dernières années les effectifs ont baissé pour les ELCO marocains et tunisiens ; ils restent inchangés pour les enseignements algériens et sont en augmentation pour les enseignements turcs). Les ELCO sont dispensés par 700 enseignants algériens, marocains, tunisiens et turcs.
Les services du ministère de l’intérieur ont appelé à plusieurs reprises l’attention des pouvoirs publics sur les risques liés aux ELCO : non respect du principe de laïcité ; encouragement du communautarisme ; diffusion du fondamentalisme. Il est probable que les ELCO ont par exemple joué un rôle non négligeable dans l’extension de la pratique du port du voile dans la population immigrée. De même, le ministère de l’intérieur a signalé à plusieurs reprises qu’une partie des enseignants ELCO exerçaient par ailleurs, en dehors des cours ELCO eux-mêmes, dans des associations islamistes et des écoles coraniques.
En dépit de ces informations et mises en garde, les différents gouvernements français n’ont jamais voulu remettre en question ces ELCO, auxquels tiennent les populations immigrées aussi bien que leurs pays d’origine.
Parmi les sources : www.ac-nancy-metz.fr/casnav/elco ; www.consulatalgerie-lyon.org/imprimer/elco.pdf ; www.ciep.fr/fiches/docs/fiche3_3.pdf ; www.assemblee-nationale.fr/12/dossiers/041414.asp
http://www.fdesouche.com
Tribune libre de Paysan Savoyard
Depuis près de quarante ans sont organisés sur le territoire français au sein de l’éducation nationale des enseignements de « langue et de culture d’origine » (ELCO). La presse et les pouvoirs publics en parlent peu. Ils constituent pourtant une réalité importante dans de nombreuses écoles françaises.
Le ministère de l’intérieur a signalé à plusieurs reprises qu’une partie des enseignants ELCO exerçaient en dehors dans des associations islamistes et des écoles coraniques.
Les ELCO sont destinés aux élèves issus de l’immigration. Ils résultent de traités passés par la France au milieu des années 70 avec les pays sources d’immigration (d’autres pays européens ont également signé ce type d’accords ; il s’agissait à l’époque de permettre aux enfants concernés de conserver un lien étroit avec la culture d’origine dans la perspective d’un retour au pays des familles immigrées).
Il existe des enseignements ELCO à l’intention des élèves originaires des pays suivants : Algérie, Maroc, Tunisie, Turquie, Serbie (des ELCO sont également prévus à destination des élèves d’origine portugaise, italienne et espagnole, mais ils sont tombés en désuétude, les langues concernées étant enseignées en tant que langues vivantes dans de nombreux établissements). Ces enseignements sont organisés par pays d’origine : par exemple les ELCO algériens ne concernent que les élèves d’origine algérienne.
Les ELCO se déroulent au sein des établissements scolaires, à raison de 3 heures par semaine. Ils ont lieu la plupart du temps après la classe ordinaire (dans certains établissements, toutefois, ils prennent place dans le temps scolaire et les élèves concernés quittent alors leur classe pour rejoindre le cours ELCO). Les deux-tiers des ELCO concernent les élèves des écoles primaires ; les ELCO sont également proposés au collège et, plus rarement, au lycée.
Les ELCO sont dispensés par des enseignants étrangers, choisis et rémunérés par le pays organisateur (par exemple c’est un enseignant algérien venu d’Algérie et choisi par son pays qui assurera, en France, un ELCO algérien). Chaque année, une délégation de chaque pays organisateur d’ELCO rencontre le ministère français de l’éducation nationale pour ajuster la carte des ELCO en fonction des besoins.
Les programmes d’enseignement sont établis par les pays organisateurs. Le ministère français de l’éducation se fait communiquer une traduction française de ces programmes (sans pouvoir au demeurant vérifier que les enseignements effectivement dispensés dans les classes leur sont conformes). Ainsi que le montrent ces programmes traduits en français transmis par les autorités des pays d’origine, les ELCO turcs et maghrébins, qu’il s’agisse de la partie linguistique du programme ou de ses volets culturels et religieux, consistent pour une part en un enseignement fondé sur le Coran. Le programme turc se caractérise en outre par l’omniprésence des proclamations nationalistes.
Les ELCO se déroulent dans la langue d’origine. Le ministère français de l’éducation ne disposant que de quelques inspecteurs parlant l’arabe ou le turc, il ne peut exercer, en pratique, de contrôle sur ces enseignements.
Les ELCO ne sont pas obligatoires mais les familles volontaires sont nombreuses : les ELCO maghrébins et turcs concernent chaque année environ 60 000 élèves (ces dix dernières années les effectifs ont baissé pour les ELCO marocains et tunisiens ; ils restent inchangés pour les enseignements algériens et sont en augmentation pour les enseignements turcs). Les ELCO sont dispensés par 700 enseignants algériens, marocains, tunisiens et turcs.
Les services du ministère de l’intérieur ont appelé à plusieurs reprises l’attention des pouvoirs publics sur les risques liés aux ELCO : non respect du principe de laïcité ; encouragement du communautarisme ; diffusion du fondamentalisme. Il est probable que les ELCO ont par exemple joué un rôle non négligeable dans l’extension de la pratique du port du voile dans la population immigrée. De même, le ministère de l’intérieur a signalé à plusieurs reprises qu’une partie des enseignants ELCO exerçaient par ailleurs, en dehors des cours ELCO eux-mêmes, dans des associations islamistes et des écoles coraniques.
En dépit de ces informations et mises en garde, les différents gouvernements français n’ont jamais voulu remettre en question ces ELCO, auxquels tiennent les populations immigrées aussi bien que leurs pays d’origine.
Parmi les sources : www.ac-nancy-metz.fr/casnav/elco ; www.consulatalgerie-lyon.org/imprimer/elco.pdf ; www.ciep.fr/fiches/docs/fiche3_3.pdf ; www.assemblee-nationale.fr/12/dossiers/041414.asp
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Re: Éducation, la France mauvais élève
La sélection à l'université : une nécessaire mise au point
Le terme « sélection » est un véritable mot-tabou non seulement à l’université mais dans l’univers de l’éducation nationale. Sa simple évocation déchaîne les passions et les polémiques. Comment souvent, les polémiques surgissent à propos de termes dont la définition est si vague qu'ils finissent par devenir des étiquettes fâcheuses dont la fonction n’est plus de signifier mais de mobiliser et de marquer (1).
Si l'on veut que les masters professionnels délivrés dans nos universités soient reconnus par le monde professionnel, il ne faut pas craindre la sélection, au risque d’encourir le reproche de « voir le crime » d'être jugé « élitiste ».
Encore faut-il définir l’élitisme dont il est question ici. Je suis élitiste dans le sens où je m‚intéresse aux étudiants qui veulent s’en sortir et qui s’en donnent les moyens en s’investissant dans leurs études. Pour eux, je ferai tout mon possible. Les études sont une chance, les études sont un droit mais elles sont aussi un devoir, surtout quand le coût global de ces études est pour une grande partie pris en charge par la collectivité. L’étudiant est donc redevable envers cette collectivité (et ce n’est pas l’inverse comme le croient trop souvent certains étudiants farfelus). Il peut honorer sa dette en réussissant ces études, concrétisant ainsi les espoirs que la collectivité, ses parents et ses professeurs auront mis en lui.
Mais je ne suis pas élitiste dans le sens où je considère que ce type d’étudiant peut provenir de tous les horizons et de tous les milieux. Il est donc stupide d’avoir des apriorités en la matière. On peut être issu de bonne famille mais être fainéant, stupide ou profiteur. On peut être d’origine modeste et être travailleur, motivé et doué. Mais on peut être aussi de milieux modestes et être néanmoins fainéant, stupide ou profiteur. La condition sociale n’explique pas tout et n’excuse pas tous les comportements. En parfait économiste, je considère que chacun est responsable de ses actes. Il ne faut donc pas réserver l’université à un milieu particulier. En ce sens, la démocratisation des études est une excellente évolution. Mais ouvrir le panel de sélection ne veut pas dire supprimer la sélection.
Autrement dit, la sélection a priori est condamnable. Aucune discrimination fondée sur la religion, la couleur de la peau, l’aspect physique, la couleur politique ne saurait être légitime ni efficace. Encore une fois, les talents et les compétences peuvent provenir et surgir de partout. C’est pourquoi la Silicon Valley est aussi un véritable melting-pot. Je ne peux pas savoir par avance qui va travailler, qui sera un bon étudiant.
Par contre, il y aura toujours des bons et des mauvais étudiants, des étudiants qui auront travaillé et d’autres pas, ceux qui auront des compétences réelles et d’autres des compétences plus limitées ou inexistantes. C’est pourquoi la sélection s’impose a posteriori, mais uniquement sur la base d’une réelle évaluation des compétences et des motivations. C'est la condition essentielle pour que les diplômes aient un sens et une valeur effective sur le marché du travail. Et c’est un service à ne rendre à personne que de distribuer à tout le monde des diplômes qui auraient perdu toute valeur.
Jean-Louis Caccomo,
Docteur en sciences économiques, actuellement maître de conférences à l'université de Perpignan
http://caccomo.blogspot.com/
(1) C'est le cas du terme « libéral ». Je me suis entendu dire un jour que j'étais un libéral dans le mauvais sens du terme tandis que mon interlocuteur était un libéral dans le bon sens du terme. On oublie que, quand les mots ont plusieurs sens, alors ils n‚ont plus de sens.
http://www.polemia.com/
Le terme « sélection » est un véritable mot-tabou non seulement à l’université mais dans l’univers de l’éducation nationale. Sa simple évocation déchaîne les passions et les polémiques. Comment souvent, les polémiques surgissent à propos de termes dont la définition est si vague qu'ils finissent par devenir des étiquettes fâcheuses dont la fonction n’est plus de signifier mais de mobiliser et de marquer (1).
Si l'on veut que les masters professionnels délivrés dans nos universités soient reconnus par le monde professionnel, il ne faut pas craindre la sélection, au risque d’encourir le reproche de « voir le crime » d'être jugé « élitiste ».
Encore faut-il définir l’élitisme dont il est question ici. Je suis élitiste dans le sens où je m‚intéresse aux étudiants qui veulent s’en sortir et qui s’en donnent les moyens en s’investissant dans leurs études. Pour eux, je ferai tout mon possible. Les études sont une chance, les études sont un droit mais elles sont aussi un devoir, surtout quand le coût global de ces études est pour une grande partie pris en charge par la collectivité. L’étudiant est donc redevable envers cette collectivité (et ce n’est pas l’inverse comme le croient trop souvent certains étudiants farfelus). Il peut honorer sa dette en réussissant ces études, concrétisant ainsi les espoirs que la collectivité, ses parents et ses professeurs auront mis en lui.
Mais je ne suis pas élitiste dans le sens où je considère que ce type d’étudiant peut provenir de tous les horizons et de tous les milieux. Il est donc stupide d’avoir des apriorités en la matière. On peut être issu de bonne famille mais être fainéant, stupide ou profiteur. On peut être d’origine modeste et être travailleur, motivé et doué. Mais on peut être aussi de milieux modestes et être néanmoins fainéant, stupide ou profiteur. La condition sociale n’explique pas tout et n’excuse pas tous les comportements. En parfait économiste, je considère que chacun est responsable de ses actes. Il ne faut donc pas réserver l’université à un milieu particulier. En ce sens, la démocratisation des études est une excellente évolution. Mais ouvrir le panel de sélection ne veut pas dire supprimer la sélection.
Autrement dit, la sélection a priori est condamnable. Aucune discrimination fondée sur la religion, la couleur de la peau, l’aspect physique, la couleur politique ne saurait être légitime ni efficace. Encore une fois, les talents et les compétences peuvent provenir et surgir de partout. C’est pourquoi la Silicon Valley est aussi un véritable melting-pot. Je ne peux pas savoir par avance qui va travailler, qui sera un bon étudiant.
Par contre, il y aura toujours des bons et des mauvais étudiants, des étudiants qui auront travaillé et d’autres pas, ceux qui auront des compétences réelles et d’autres des compétences plus limitées ou inexistantes. C’est pourquoi la sélection s’impose a posteriori, mais uniquement sur la base d’une réelle évaluation des compétences et des motivations. C'est la condition essentielle pour que les diplômes aient un sens et une valeur effective sur le marché du travail. Et c’est un service à ne rendre à personne que de distribuer à tout le monde des diplômes qui auraient perdu toute valeur.
Jean-Louis Caccomo,
Docteur en sciences économiques, actuellement maître de conférences à l'université de Perpignan
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(1) C'est le cas du terme « libéral ». Je me suis entendu dire un jour que j'étais un libéral dans le mauvais sens du terme tandis que mon interlocuteur était un libéral dans le bon sens du terme. On oublie que, quand les mots ont plusieurs sens, alors ils n‚ont plus de sens.
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Re: Éducation, la France mauvais élève
L'Université malade de la massification
La tentative de réforme de l'Université concoctée par Valérie Pécresse provoque une levée de boucliers de la part des universitaires. Au-delà des critiques de surface, la question fondamentale qui se pose à l'Université française est celle de la sélection.
Les universités sont une fois de plus dans la rue. Comme d'habitude ? Pas tout à fait : pour la première fois, en effet, ce sont les enseignants eux-mêmes, et non pas les étudiants, qui sont à l'origine du mouvement. En outre, les syndicats de droite ne sont pas les derniers à manifester leur colère. Des universités qui ne sont traditionnellement pas classées à gauche, comme la très emblématique faculté d'Assas, se mobilisent, de même que les facs d'économie ou de droit, qui ne bougent pourtant pas souvent. Si elles prennent aujourd'hui la tête du mouvement, c'est que les réformes concoctées par Valérie Pécresse, ministre de la Recherche et de l'Enseignement supérieur, et Xavier Darcos, ministre de l'Education nationale, représentent, à plusieurs points de vue, une véritable arnaque.
L'un des reproches essentiels que l'on puisse leur adresser est, une fois de plus, d'écarter toute espèce de sélection. Ce constat concerne, en premier lieu, l'admission des nouveaux bacheliers à l'université : on sait que l'Education nationale s'est assigné la mission de conduire 80 % d'une classe d'âge au bac. Conséquence de l'absence de sélection à l'entrée de l'université : tous les possesseurs d'un baccalauréat, y compris les titulaires d'un bac professionnel ou technique, peuvent s'inscrire en fac dans la matière qui leur plaît. Par ailleurs, lorsqu'elle a présenté la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU) , en août 2007, Valérie Pécresse a promis à l'UNEF, syndicat étudiant de gauche, de proscrire la sélection : pour combattre l'échec à l'université (un étudiant sur deux échoue en première année), le ministre a même prévu de mettre en place un plan « réussite » en licence, organisant un suivi individuel des étudiants qui ne parviennent pas à suivre. En somme, on utilise les mêmes cataplasmes pour jambes de bois que dans le secondaire, avec les mêmes résultats : la massification se traduit par une chute de la valeur des diplômes.
La sélection est également bannie du recrutement des futurs professeurs du secondaire, par le biais de la « masterisation » : sous prétexte de revaloriser les carrières, Valérie Pécresse annonce que les futurs profs seront recrutés à bac + 5, par le biais de Masters, et non pas à bac + 3. Le mensonge est flagrant, puisqu'ils sont déjà tenus d'obtenir le Capes (autrement dit la licence plus un an, soit quatre ans au minimum pour les meilleurs élèves, ceux qui parviendront à l'obtenir à la première tentative) ou l'agrégation, concours élitiste qui suppose, pour s'y inscrire, d'avoir décroché une maîtrise (4 ans minimum). Une fois nanti du Capes ou de l'« agrég », l'étudiant suit encore un stage d'un an en lUFM. Si l'on compte bien, ça fait... cinq ans. Le pire est ailleurs : les programmes de l'écrit et de l'oral du nouveau Capes se traduiront par une baisse du niveau du concours. L'épreuve orale, notamment, sera organisée sur la base d'entretiens destinés à vérifier la bonne connaissance que le candidat aura du système éducatif. Il portera sur les valeurs et les exigences du service public (laïcité, égalité des chances, tolérance... ), l'ouverture au monde, les établissements scolaires, les élèves, le tout accommodé à la sauce idéologique. Rien, en revanche, concernant les savoirs qu'il sera appelé à transmettre. Est-ce tout ? Un professeur de langue évoque le manque de « diversité » parmi les lauréats des concours : abaisser le niveau pourrait y remédier...
La recherche française est-elle condamnée ?
Reste la question des enseignants-chercheurs, qui amène à en poser une autre : la recherche française est-elle condamnée à brève échéance ? Les universitaires doivent accomplir trois types de tâches : l'enseignement, la recherche et des travaux administratifs qui leur prennent de plus en plus de temps, notamment du fait de la massification de l'université. Cette inflation des tâches administratives réduit d'autant le temps consacré à la recherche. Concernant l'évaluation des enseignants-chercheurs, qui aura lieu tous les quatre ans, les universitaires redoutent de ne plus être évalués par leurs pairs, comme c'était le cas lorsque la responsabilité en revenait au Conseil national des universités (CNU), dont l'avis désormais ne sera plus que consultatif, la décision finale revenant au conseil d'administration de l'Université elle-même, qui pourrait statuer en fonction de critères matériels - autrement dit, des moyens dont elles disposent.
Jean-Pierre Nomen monde & vie. 21 février 2009.
La tentative de réforme de l'Université concoctée par Valérie Pécresse provoque une levée de boucliers de la part des universitaires. Au-delà des critiques de surface, la question fondamentale qui se pose à l'Université française est celle de la sélection.
Les universités sont une fois de plus dans la rue. Comme d'habitude ? Pas tout à fait : pour la première fois, en effet, ce sont les enseignants eux-mêmes, et non pas les étudiants, qui sont à l'origine du mouvement. En outre, les syndicats de droite ne sont pas les derniers à manifester leur colère. Des universités qui ne sont traditionnellement pas classées à gauche, comme la très emblématique faculté d'Assas, se mobilisent, de même que les facs d'économie ou de droit, qui ne bougent pourtant pas souvent. Si elles prennent aujourd'hui la tête du mouvement, c'est que les réformes concoctées par Valérie Pécresse, ministre de la Recherche et de l'Enseignement supérieur, et Xavier Darcos, ministre de l'Education nationale, représentent, à plusieurs points de vue, une véritable arnaque.
L'un des reproches essentiels que l'on puisse leur adresser est, une fois de plus, d'écarter toute espèce de sélection. Ce constat concerne, en premier lieu, l'admission des nouveaux bacheliers à l'université : on sait que l'Education nationale s'est assigné la mission de conduire 80 % d'une classe d'âge au bac. Conséquence de l'absence de sélection à l'entrée de l'université : tous les possesseurs d'un baccalauréat, y compris les titulaires d'un bac professionnel ou technique, peuvent s'inscrire en fac dans la matière qui leur plaît. Par ailleurs, lorsqu'elle a présenté la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU) , en août 2007, Valérie Pécresse a promis à l'UNEF, syndicat étudiant de gauche, de proscrire la sélection : pour combattre l'échec à l'université (un étudiant sur deux échoue en première année), le ministre a même prévu de mettre en place un plan « réussite » en licence, organisant un suivi individuel des étudiants qui ne parviennent pas à suivre. En somme, on utilise les mêmes cataplasmes pour jambes de bois que dans le secondaire, avec les mêmes résultats : la massification se traduit par une chute de la valeur des diplômes.
La sélection est également bannie du recrutement des futurs professeurs du secondaire, par le biais de la « masterisation » : sous prétexte de revaloriser les carrières, Valérie Pécresse annonce que les futurs profs seront recrutés à bac + 5, par le biais de Masters, et non pas à bac + 3. Le mensonge est flagrant, puisqu'ils sont déjà tenus d'obtenir le Capes (autrement dit la licence plus un an, soit quatre ans au minimum pour les meilleurs élèves, ceux qui parviendront à l'obtenir à la première tentative) ou l'agrégation, concours élitiste qui suppose, pour s'y inscrire, d'avoir décroché une maîtrise (4 ans minimum). Une fois nanti du Capes ou de l'« agrég », l'étudiant suit encore un stage d'un an en lUFM. Si l'on compte bien, ça fait... cinq ans. Le pire est ailleurs : les programmes de l'écrit et de l'oral du nouveau Capes se traduiront par une baisse du niveau du concours. L'épreuve orale, notamment, sera organisée sur la base d'entretiens destinés à vérifier la bonne connaissance que le candidat aura du système éducatif. Il portera sur les valeurs et les exigences du service public (laïcité, égalité des chances, tolérance... ), l'ouverture au monde, les établissements scolaires, les élèves, le tout accommodé à la sauce idéologique. Rien, en revanche, concernant les savoirs qu'il sera appelé à transmettre. Est-ce tout ? Un professeur de langue évoque le manque de « diversité » parmi les lauréats des concours : abaisser le niveau pourrait y remédier...
La recherche française est-elle condamnée ?
Reste la question des enseignants-chercheurs, qui amène à en poser une autre : la recherche française est-elle condamnée à brève échéance ? Les universitaires doivent accomplir trois types de tâches : l'enseignement, la recherche et des travaux administratifs qui leur prennent de plus en plus de temps, notamment du fait de la massification de l'université. Cette inflation des tâches administratives réduit d'autant le temps consacré à la recherche. Concernant l'évaluation des enseignants-chercheurs, qui aura lieu tous les quatre ans, les universitaires redoutent de ne plus être évalués par leurs pairs, comme c'était le cas lorsque la responsabilité en revenait au Conseil national des universités (CNU), dont l'avis désormais ne sera plus que consultatif, la décision finale revenant au conseil d'administration de l'Université elle-même, qui pourrait statuer en fonction de critères matériels - autrement dit, des moyens dont elles disposent.
Jean-Pierre Nomen monde & vie. 21 février 2009.
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Re: Éducation, la France mauvais élève
Entretien avec Vincent Laarman : « Jamais l'école républicaine n'a été aussi inégalitaire qu'aujourd'hui »
Depuis 2002, forte de ses 64 000 membres revendiqués, l'association SOS Education multiplie les actions de lobbying auprès du personnel politique afin d'obtenir une réforme de fond du système scolaire. Vincent Laarman, son délégué général, explique les raisons de cette agit-prop.
Le Choc du mois : Presque quarante ans après Mai 68, l'esprit soixante-huitard continuerait-il de dominer l'Education nationale ?
Vincent Laarman : Oui. Et plus son échec est patent, plus ses représentants s'accrochent aux manettes du pouvoir. Ce qui est assez logique : ils jouent leur survie. Contrairement à ce qu'ils prétendent, ils ne défendent pas les intérêts de nos enfants, mais uniquement leurs privilèges.
Que les élèves réapprennent enfin à lire, écrire et compter, telle serait un peu la devise de votre association...
Pas seulement, et votre question est d'ailleurs mal formulée : les tenants de l'école «pédagogiste» vous assureront qu'ils poursuivent exactement le même but, mais avec d'autres méthodes. C'est pour cela que notre objectif principal consiste avant tout à en revenir à ce bon sens, à ces vieilles méthode, qui, elles, ont fait leurs preuves. Soit la transmission d'un savoir structuré, fondé sur l'apprentissage systématique des règles et de leur constante répétition. Les tables de multiplication, les grandes dates de l'histoire de France, les notions élémentaires de la géographie, voilà qui doit se rabâcher inlassablement, jusqu'à ce qu'elles deviennent des réflexes, parce que ce n'est pas en allant surfer sur Internet qu'on apprend à maîtriser l'usage de la langue française...
C'est-à-dire ?
C'est-à-dire qu'au lieu de monter un « projet pédagogique » sur les pharaons, juste parce que les livres de Christian Jacq se vendent bien, tendant à persuader les élèves qu'ils découvriront et dénoueront, grâce à Internet, les mystères de l'Egypte antique, encore faudrait-il au moins qu'ils soient capables de situer cette dernière, chronologiquement, ailleurs que quelque part entre le Moyen Age et la Renaissance...
Un âne chargé de livres restera donc toujours un âne...
Tout à fait. Internet est une gigantesque bibliothèque, la plus grande que l'humanité ait probablement connue. Mais elle ne transformera pas pour autant des analphabètes en de fins lettrés. C'est à l'école que revient la mission première de fournir à tous les outils susceptibles de leur permettre de tirer profit de cette somme de connaissances. Sans codes : sans repères fondamentaux et sans dates majeures leur permettant de s'y retrouver, apprises à coups de pieds dans le derrière si besoin est, tout cela demeurera vain.
A vous entendre, cet apprentissage devrait alors commencer dès le plus jeune âge...
Bien sûr. Les élèves de maternelle sont à l'école pour commencer à apprendre avant même de comprendre. Cette fonction première de l'Education nationale consiste ainsi à ce que nos enfants apprennent et non point qu'ils s'épanouissent, tel qu'on voudrait nous le faire croire depuis tant d'années : pour s'épanouir, il y a la famille et les amis. Sans être forcément passéiste, rappelons-nous qu'autrefois les élèves de sixième avaient déjà revu trois fois leur Histoire de France. Ils avaient donc le substrat nécessaire à la compréhension du monde qui les entourait et pouvaient ensuite, selon la sensibilité de chacun, développer leurs propres opinions.
Vous êtes très en pointe dans le combat visant à en finir avec la méthode de lecture globale. Est-ce pour des raisons politiques ou de simple efficacité ?
Les deux à la fois. La méthode de lecture globale ou semi-globale a créé des générations d'analphabètes et d'illettrés. Quoi que prétende le ministère, c'est près de 20 % des élèves qui arrivent en sixième totalement analphabètes ou seulement capables de vaguement décrypter un texte. Voilà pour l'efficacité. Pour ce qui est du domaine politique, je remarque que cette méthode, vendue sous couvert d'égalitarisme, a abouti à un enseignement parfaitement inégalitaire. Pourquoi ? Tout simplement parce que la méthode de lecture globale permet de vaguement identifier un mot que l'on connaît déjà ou dont on a vaguement entendu parler grâce à un environnement familial que l'on peut, sans prendre grand risque de se tromper, qualifier de «favorisé».
En revanche, les enfants qui n'ont plus la chance de grandir dans des familles motivées seront, eux, incapables de déchiffrer ces mots qui sont autant de concepts. Ces gamins, ne nous voilons pas la face, arrivent au CP avec tout juste cent mots de vocabulaire ! La méthode syllabique est la seule qui puisse leur permettre de s'élever. Car même un mot dont ils ne peuvent pas forcément comprendre le sens, au moins pourront-il, en apprendre la juste définition dans le dictionnaire, à condition qu'ils sachent lire. Pour résumer, la méthode de lecture globale est, en France, l'équivalent des idéogrammes chinois, réservés à une élite et inaccessibles au peuple, si ce n'est dans sa version abâtardie tel le verlan ...
Avec tout ce qui en découle...
Parfaitement. Une langue noble pour les lettrés et les fortunés, et une vulgate rudimentaire pour le commun. Si c'est cela, l'égalitarisme républicain dont on nous rebat les oreilles à longueur de journée...
D'où la distorsion de la notion même d'élitisme...
Oui. Sous couvert d'égalitarisme, les syndicats marxistes ou assimilés font la promotion d'un élitisme sournois tout en perpétuant des intérêts de castes. Alors que la véritable égalité, fondée sur la méritocratie et, justement, l'élitisme, consiste à donner les mêmes chances à tous nos enfants, riches ou pauvres. En ce sens, la méthode de lecture syllabique est, je le répète une fois encore, l'un des meilleurs garants de l'école jadis fondée par Jules Ferry. D'ailleurs, la bonne orthographe n'est ni de gauche, ni de droite ! Jean Jaurès écrivait en un aussi bon français que Charles Maurras !
On vous sent passéiste, pour le coup...
Pas du tout ! L'école d'autrefois avait peut-être ses défauts ; mais au moins a-telle fait ses preuves. Je constate seulement que ceux qui se prennent aujourd'hui pour des hussards républicains persistent à perpétuer ce système inégalitaire que nous dénonçons en permanence, système qui est à l'exact opposé de leurs objectifs publiquement affichés. Quand on sait que les deux premières professions à contourner la carte scolaire sont les professeurs et les journalistes - deux castes majoritairement de gauche et financièrement assez privilégiées -, on a tout compris.
Nicolas Sarkozy est désormais à l'Élysée. Que vous inspirent l'éviction de Gilles de Robien, ministre sortant de l'Education nationale, et son remplacement par Xavier Darcos ?
Gilles de Robien présentait au moins ce mérite consistant à avoir insufflé à l'Éducation nationale un souffle nouveau qui allait dans le bon sens, même si dans les faits, il n'a pas fait grand-chose, si ce n'est brasser du vent et susciter la polémique sur des effets d'annonce médiatique pour ensuite capituler devant des syndicats d'obédience marxiste tels que l'Unsa ou le Snuipp. Mais au moins convient-il de lui reconnaître ce mérite d'avoir mis fin à la terreur des «pédagogistes», ces fous furieux ayant la haute main sur les IUFM, ces Instituts universitaires de formation des maîtres, où l'on évoque ces « référentiels bondissants » alors que l'homme de la rue persiste bêtement à parler de « ballons ».
Et Xavier Darcos...
A peine arrivé, il s'est déjà couché. Avant même d'entrer dans son nouveau costume, il revenait sur le décret Robien consistant à payer aux professeurs des heures supplémentaires n'ayant jamais été effectuées...
A savoir...
À savoir qu'autrefois, les professeurs de sciences naturelles nettoyaient leurs laboratoires. Mais il y a belle lurette que des femmes de ménages sont payées pour cette tâche. Tout comme ces professeurs étaient payés pour les heures passées à polycopier leurs cours alors que maintenant, l'informatique permet d'accomplir ce travail d'un simple clic. C'est un peu comme les conducteurs de TGV qui perçoivent encore une prime de charbon...
Revenons-en à Xavier Darcos. Il semble qu'il soit revenu sur les décisions de son prédécesseur concernant la méthode de lecture globale...
D'une manière plus ou moins fourbe, oui. En effet, tout cela est désormais laissé à la discrétion des enseignants. Ce qui signifie que ces derniers sont désormais abandonné, au bon vouloir des inspecteurs. Or il faut savoir que dans l'Education nationale, plus on monte dans la hiérarchie, plus on est syndiqué... A titre d'exemple, seuls 30 % des professeurs le sont, contre 80 % chez les inspecteurs chargés de les surveiller. Pour monter dans cette hiérarchie, le syndicalisme est donc plus que jamais devenu un passage obligé et les divers ministres s'étant succédé à ce poste n'ont jamais voulu ou pu remettre en cause cette tyrannie...
De même, Xavier Darcos est immédiatement revenu sur les mesures de Gilles de Robien qui souhaitait remettre à l'honneur l'apprentissage dès quatorze ans. Tout comme il a refusé qu'on réinstaure cette simple règle de bon sens voulant que les élèves se lèvent dès que le professeur entre en classe. Mais il est vrai que pour que ces derniers se lèvent, encore faudrait-il qu'ils soient préalablement assis...
On parle beaucoup de la carte scolaire, de sa suppression ou de son assouplissement. Qu'en pense SOS Education ?
Il s'agit, là encore, d'une double hypocrisie. Plutôt que d'avoir la discipline et l'excellence pour tous, ce sera une école à deux vitesses, avec d'un côté les riches enfants des « classes dominantes » qui font ces lois, et, de l'autre, les délinquants et les gamins issus de l'immigration. Et, cerise sur le gâteau, Xavier Darcos vient de promettre que les écoles qui auront moins d'élèves bénéficieront de plus de moyens. Soit une sorte de prime aux cancres et à la nullité ; et l'élitisme pour les uns et le nivellement par le bas pour les autres.
Propos recueillis par Nicolas Gauthier Le Choc du Mois Juin 2007
SOS Education, 8, rue Jean-Marie Jego, 75013 Paris. Tél. : 01 45 81 22 67.
Site : http://www.soseducation.com
Depuis 2002, forte de ses 64 000 membres revendiqués, l'association SOS Education multiplie les actions de lobbying auprès du personnel politique afin d'obtenir une réforme de fond du système scolaire. Vincent Laarman, son délégué général, explique les raisons de cette agit-prop.
Le Choc du mois : Presque quarante ans après Mai 68, l'esprit soixante-huitard continuerait-il de dominer l'Education nationale ?
Vincent Laarman : Oui. Et plus son échec est patent, plus ses représentants s'accrochent aux manettes du pouvoir. Ce qui est assez logique : ils jouent leur survie. Contrairement à ce qu'ils prétendent, ils ne défendent pas les intérêts de nos enfants, mais uniquement leurs privilèges.
Que les élèves réapprennent enfin à lire, écrire et compter, telle serait un peu la devise de votre association...
Pas seulement, et votre question est d'ailleurs mal formulée : les tenants de l'école «pédagogiste» vous assureront qu'ils poursuivent exactement le même but, mais avec d'autres méthodes. C'est pour cela que notre objectif principal consiste avant tout à en revenir à ce bon sens, à ces vieilles méthode, qui, elles, ont fait leurs preuves. Soit la transmission d'un savoir structuré, fondé sur l'apprentissage systématique des règles et de leur constante répétition. Les tables de multiplication, les grandes dates de l'histoire de France, les notions élémentaires de la géographie, voilà qui doit se rabâcher inlassablement, jusqu'à ce qu'elles deviennent des réflexes, parce que ce n'est pas en allant surfer sur Internet qu'on apprend à maîtriser l'usage de la langue française...
C'est-à-dire ?
C'est-à-dire qu'au lieu de monter un « projet pédagogique » sur les pharaons, juste parce que les livres de Christian Jacq se vendent bien, tendant à persuader les élèves qu'ils découvriront et dénoueront, grâce à Internet, les mystères de l'Egypte antique, encore faudrait-il au moins qu'ils soient capables de situer cette dernière, chronologiquement, ailleurs que quelque part entre le Moyen Age et la Renaissance...
Un âne chargé de livres restera donc toujours un âne...
Tout à fait. Internet est une gigantesque bibliothèque, la plus grande que l'humanité ait probablement connue. Mais elle ne transformera pas pour autant des analphabètes en de fins lettrés. C'est à l'école que revient la mission première de fournir à tous les outils susceptibles de leur permettre de tirer profit de cette somme de connaissances. Sans codes : sans repères fondamentaux et sans dates majeures leur permettant de s'y retrouver, apprises à coups de pieds dans le derrière si besoin est, tout cela demeurera vain.
A vous entendre, cet apprentissage devrait alors commencer dès le plus jeune âge...
Bien sûr. Les élèves de maternelle sont à l'école pour commencer à apprendre avant même de comprendre. Cette fonction première de l'Education nationale consiste ainsi à ce que nos enfants apprennent et non point qu'ils s'épanouissent, tel qu'on voudrait nous le faire croire depuis tant d'années : pour s'épanouir, il y a la famille et les amis. Sans être forcément passéiste, rappelons-nous qu'autrefois les élèves de sixième avaient déjà revu trois fois leur Histoire de France. Ils avaient donc le substrat nécessaire à la compréhension du monde qui les entourait et pouvaient ensuite, selon la sensibilité de chacun, développer leurs propres opinions.
Vous êtes très en pointe dans le combat visant à en finir avec la méthode de lecture globale. Est-ce pour des raisons politiques ou de simple efficacité ?
Les deux à la fois. La méthode de lecture globale ou semi-globale a créé des générations d'analphabètes et d'illettrés. Quoi que prétende le ministère, c'est près de 20 % des élèves qui arrivent en sixième totalement analphabètes ou seulement capables de vaguement décrypter un texte. Voilà pour l'efficacité. Pour ce qui est du domaine politique, je remarque que cette méthode, vendue sous couvert d'égalitarisme, a abouti à un enseignement parfaitement inégalitaire. Pourquoi ? Tout simplement parce que la méthode de lecture globale permet de vaguement identifier un mot que l'on connaît déjà ou dont on a vaguement entendu parler grâce à un environnement familial que l'on peut, sans prendre grand risque de se tromper, qualifier de «favorisé».
En revanche, les enfants qui n'ont plus la chance de grandir dans des familles motivées seront, eux, incapables de déchiffrer ces mots qui sont autant de concepts. Ces gamins, ne nous voilons pas la face, arrivent au CP avec tout juste cent mots de vocabulaire ! La méthode syllabique est la seule qui puisse leur permettre de s'élever. Car même un mot dont ils ne peuvent pas forcément comprendre le sens, au moins pourront-il, en apprendre la juste définition dans le dictionnaire, à condition qu'ils sachent lire. Pour résumer, la méthode de lecture globale est, en France, l'équivalent des idéogrammes chinois, réservés à une élite et inaccessibles au peuple, si ce n'est dans sa version abâtardie tel le verlan ...
Avec tout ce qui en découle...
Parfaitement. Une langue noble pour les lettrés et les fortunés, et une vulgate rudimentaire pour le commun. Si c'est cela, l'égalitarisme républicain dont on nous rebat les oreilles à longueur de journée...
D'où la distorsion de la notion même d'élitisme...
Oui. Sous couvert d'égalitarisme, les syndicats marxistes ou assimilés font la promotion d'un élitisme sournois tout en perpétuant des intérêts de castes. Alors que la véritable égalité, fondée sur la méritocratie et, justement, l'élitisme, consiste à donner les mêmes chances à tous nos enfants, riches ou pauvres. En ce sens, la méthode de lecture syllabique est, je le répète une fois encore, l'un des meilleurs garants de l'école jadis fondée par Jules Ferry. D'ailleurs, la bonne orthographe n'est ni de gauche, ni de droite ! Jean Jaurès écrivait en un aussi bon français que Charles Maurras !
On vous sent passéiste, pour le coup...
Pas du tout ! L'école d'autrefois avait peut-être ses défauts ; mais au moins a-telle fait ses preuves. Je constate seulement que ceux qui se prennent aujourd'hui pour des hussards républicains persistent à perpétuer ce système inégalitaire que nous dénonçons en permanence, système qui est à l'exact opposé de leurs objectifs publiquement affichés. Quand on sait que les deux premières professions à contourner la carte scolaire sont les professeurs et les journalistes - deux castes majoritairement de gauche et financièrement assez privilégiées -, on a tout compris.
Nicolas Sarkozy est désormais à l'Élysée. Que vous inspirent l'éviction de Gilles de Robien, ministre sortant de l'Education nationale, et son remplacement par Xavier Darcos ?
Gilles de Robien présentait au moins ce mérite consistant à avoir insufflé à l'Éducation nationale un souffle nouveau qui allait dans le bon sens, même si dans les faits, il n'a pas fait grand-chose, si ce n'est brasser du vent et susciter la polémique sur des effets d'annonce médiatique pour ensuite capituler devant des syndicats d'obédience marxiste tels que l'Unsa ou le Snuipp. Mais au moins convient-il de lui reconnaître ce mérite d'avoir mis fin à la terreur des «pédagogistes», ces fous furieux ayant la haute main sur les IUFM, ces Instituts universitaires de formation des maîtres, où l'on évoque ces « référentiels bondissants » alors que l'homme de la rue persiste bêtement à parler de « ballons ».
Et Xavier Darcos...
A peine arrivé, il s'est déjà couché. Avant même d'entrer dans son nouveau costume, il revenait sur le décret Robien consistant à payer aux professeurs des heures supplémentaires n'ayant jamais été effectuées...
A savoir...
À savoir qu'autrefois, les professeurs de sciences naturelles nettoyaient leurs laboratoires. Mais il y a belle lurette que des femmes de ménages sont payées pour cette tâche. Tout comme ces professeurs étaient payés pour les heures passées à polycopier leurs cours alors que maintenant, l'informatique permet d'accomplir ce travail d'un simple clic. C'est un peu comme les conducteurs de TGV qui perçoivent encore une prime de charbon...
Revenons-en à Xavier Darcos. Il semble qu'il soit revenu sur les décisions de son prédécesseur concernant la méthode de lecture globale...
D'une manière plus ou moins fourbe, oui. En effet, tout cela est désormais laissé à la discrétion des enseignants. Ce qui signifie que ces derniers sont désormais abandonné, au bon vouloir des inspecteurs. Or il faut savoir que dans l'Education nationale, plus on monte dans la hiérarchie, plus on est syndiqué... A titre d'exemple, seuls 30 % des professeurs le sont, contre 80 % chez les inspecteurs chargés de les surveiller. Pour monter dans cette hiérarchie, le syndicalisme est donc plus que jamais devenu un passage obligé et les divers ministres s'étant succédé à ce poste n'ont jamais voulu ou pu remettre en cause cette tyrannie...
De même, Xavier Darcos est immédiatement revenu sur les mesures de Gilles de Robien qui souhaitait remettre à l'honneur l'apprentissage dès quatorze ans. Tout comme il a refusé qu'on réinstaure cette simple règle de bon sens voulant que les élèves se lèvent dès que le professeur entre en classe. Mais il est vrai que pour que ces derniers se lèvent, encore faudrait-il qu'ils soient préalablement assis...
On parle beaucoup de la carte scolaire, de sa suppression ou de son assouplissement. Qu'en pense SOS Education ?
Il s'agit, là encore, d'une double hypocrisie. Plutôt que d'avoir la discipline et l'excellence pour tous, ce sera une école à deux vitesses, avec d'un côté les riches enfants des « classes dominantes » qui font ces lois, et, de l'autre, les délinquants et les gamins issus de l'immigration. Et, cerise sur le gâteau, Xavier Darcos vient de promettre que les écoles qui auront moins d'élèves bénéficieront de plus de moyens. Soit une sorte de prime aux cancres et à la nullité ; et l'élitisme pour les uns et le nivellement par le bas pour les autres.
Propos recueillis par Nicolas Gauthier Le Choc du Mois Juin 2007
SOS Education, 8, rue Jean-Marie Jego, 75013 Paris. Tél. : 01 45 81 22 67.
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Re: Éducation, la France mauvais élève
Tout-puissants et infiniment nuisibles : La dictature des syndicats
Un État dans l'État. Une Bastille imprenable. Une pieuvre aux multiples ramifications. La terreur de tous les gouvernements. Le tombeur de plusieurs ministres. Le pire des conservatismes. L'archaïsme le plus obtus. Ainsi apparaissent les deux principaux syndicats d'enseignants qui font la loi au sein de l'Education nationale. Pour le plus grand malheur des élèves, et, probablement, des enseignants eux-mêmes.
Une anecdote résume à elle seule la situation, d'autant plus qu'elle émane d'un professeur de gauche qui fut ministre de l'Éducation nationale durant trois ans (1997-2000). Il s'était fixé un but : « dégraisser le mammouth », à savoir, non pas l'Éducation nationale dans son ensemble comme on le croit aujourd'hui, mais l'omnipotente administration centrale du ministère. Se heurtant aux forteresses syndicales dont il avait sous-estimé le poids, il a été contraint à la démission.
Claude Allègre raconte ainsi que « quelque temps après notre arrivée, Ségolène Royal [alors ministre déléguée à l'Enseignement scolaire] demande à Monique Vuaillat, une secrétaire générale du SNES, comment la joindre en cas de besoin. Elle donne un numéro d'urgence. Ségolène l'interrompt et lui dit : « Mais c'est un numéro du ministère ! » Réponse : « Oh, pardon ! » » Tout est dit : en France, ce n'est pas le ministre, quelle que soit sa couleur politique, qui dirige l'Éducation nationale, ce sont les syndicats.
Certains ministres sont plus serviles que d'autres. Comme exemple de soumission, Claude Allègre n'hésite pas à citer le rebelle... François Bayrou : « L'administration vivait en symbiose avec les syndicats. François Bayrou avait abdiqué devant le SNES et avait décidé de cogérer l'Éducation nationale avec lui. » En 1998, les responsables syndicaux demandent à Claude Allègre : « Quand prépare-t-on le budget ? » Réponse du ministre : « ce n'est pas votre responsabilité, mais celle du gouvernement. » Réplique des syndicats : « Avec Bayrou, on le faisait toujours » ...
Depuis, des décennies, les syndicats d'enseignants se sont emparés de l'Éducation nationale et bloquent toutes les réformes nécessaires à son adaptation. Ils contraignent tous les ministres à recruter toujours plus d'enseignants, alors que le nombre d'élèves diminue ; ils ont obtenu la création des IUFM ; la transformation des instituteurs en professeurs ; l'organisation de concours réservés pour titulariser les maîtres auxiliaires ; la reconnaissance des certifiés comme des agrégés ; le nivellement par le bas ; la mise en pratique des expériences pédagogiques les plus folles ; la reconnaissance de leur jargon technocratique. Exemple : « Fâché de ne pouvoir exprimer ses potentialités de manière interne, Nicolas s'investit dans l'espace extérieur » Traduction : Nicolas s'embête en classe, il regarde par la fenêtre ...
De l'argent public pour faire sauter le ministre
Tout-puissants, ils sont partout. Des plus hautes instances de l'administration centrale jusqu'à l'école communale la plus reculée de la France rurale. ils siègent dans tous les comités, commissions ou conseils imaginables. Ils ont leur mot à dire sur tout. Des notes pédagogiques des enseignants à leur titularisation en passant par leur avancement. Si, malgré leur pression permanente, un gouvernement tente de leur résister, ils sortent leurs armes favorites : la grève, les manifestations de rues et le blocage du pays. Ils auront toujours gain de cause. Le ministre finira par sauter. Claude Allègre en sait quelque chose : « Dans sa campagne contre moi, le SNES a dépensé plus de 30 millions avec agence de pub, spot au cinéma, etc. Est-ce que c'est normal que l'argent de subventions publiques soit utilisé à insulter le ministre et à le faire tomber ? »
Le nouveau gouvernement n'échappera pas plus que ses prédécesseurs aux caprices des syndicats. Le 21 mai dernier, une intersyndicale prétendant parler au nom de « la quasi-totalité des syndicats enseignants du second degré » et disant représenter plus « de 99 % des personnels », a d'ores et déjà adressé une lettre ouverte à Xavier Darcos, le ministre de l'Education nationale, faisant planer la menace d'une mobilisation. Pensez donc ! Le gouvernement n'avait pas fait sa priorité absolue de l'abrogation d'un décret Robien du 14 février 2007 dont les syndicats ne veulent pas (et auquel Darcos avant d'être nommé était lui aussi opposé), prévoyant l'allongement du temps de travail des enseignants du secondaire (suppression des décharges horaires) et encourageant la bivalence disciplinaire (l'enseignement d'une deuxième matière). Crime de lèse-syndicats !
Le sort de ce décret est aujourd'hui entre les mains de Nicolas Sarkozy en personne ! C'est à l'Elysée, et non plus rue de Grenelle, que la fine fleur du syndicalisme enseignant a obtenu d'être reçue le 11 juin. Les représentants de parents d'élèves (PEEP, FCPE, Unapel) l'ont été aussi. Mais après. Histoire que les « chantiers prioritaires » soient bien définis ?
Un enseignant sur trois a la carte du syndicat
Les revendications des syndicats sont comme la révolution qui a bercé leurs rêves de jeunesse : permanentes. Des nouveaux statuts pour les enseignants aux concours bidons. Sans oublier les requalifications arbitraires. Ils ont un avis sur tout. Les « sans-papiers ». L'âge de la retraite des cheminots, Ia guerre du Golfe. Le droit au logement. Le pacs. L'Europe. Le droit d'asile. Moins un sujet les concerne, plus ils en parlent. Leurs sujets de fierté sont infinis. 40 % d'illettrés à la fin du siècle dernier selon un rapport de l'OCDE. Des milliers de jeunes sur la voie de garage du chômage. Un budget qui s'apparente au tonneau des danaïdes. Des classes poubelles. Des écoles livrées à la violence et à la loi des bandes. Des enseignants qui se suicident. Des établissements où l'on parle toutes les langues, sauf le français. Qu'importe l'ampleur de la catastrophe. Les syndicats veillent pour que rien ne change.
Le 3 janvier 2006, le ministre de l'Éducation nationale, Gilles de Robien, publie un arrêté par lequel il demande que soit mis définitivement un terme à l'utilisation, pour l'apprentissage de la lecture, de la méthode globale ou de ses succédanées. Deux jours plus tard, au cours d'une conférence de presse, il enfonce le clou et n'hésite pas à faire le procès de cette méthode globale : « Les travaux des chercheurs démontrent que les méthodes à départ global sont beaucoup moins efficaces que les méthodes à départ phono-synthétique ou syllabique, et qu'elles sont même néfastes pour les enfants les plus fragiles. Ce n'est pas moi qui vous le dis, mais, des scientifiques spécialisés dans l'étude de la lecture, qu'il s'agisse de neurologues, de psycholinguistes ou de linguistes. »
Le constat, pour cruel qu'il soit, n'en est pas moins exact. Les ravages de cette méthode globale, ou semi-globale, ne sont plus à démontrer. Qu'importe pour les syndicats si, comme l'a écrit Marc Le Bris, nos enfants ne sauront ni lire, ni compter. En entendant un ministre vanter les mérites de la méthode syllabique, ils s'étranglent. Ils hurlent au complot réactionnaire. Un comble ! Eux qui sont les plus conservateurs que la société actuelle puisse connaître. Naturellement, leur horizon politique est plus que limité. Communiste ou socialiste. Il n'existe pas d'autre alternative.
Alors que moins de 8 % des salariés appartiennent à un syndicat, ceux de l'Education nationale regroupent 33 % des enseignants français. Pourquoi les professeurs, qui sont loin d'être tous de gauche, se croient-ils obligés de prendre leur carte ? Tout simplement parce que les syndicats faisant la pluie et le beau temps, le moindre avantage, comme la mutation vers un établissement scolaire plus calme et moins dangereux, passe nécessairement par eux.
Le plus puissant des ces syndicats a été, à partir de 1948, la Fédération de l'Éducation nationale (FEN), qui regroupa jusqu'en 1992, sous une direction socialiste, le Syndicat national des instituteurs (SNI), d'obédience socialiste, et le Syndicat national des enseignants du second degré (SNES), de tendance communiste. En 1992, la faction communiste prenant le pas sur la branche socialiste a été purement et simplement exclue de la FEN lors du congrès de Créteil. Les exclus fondent alors la Fédération syndicale unitaire (FSU) tandis que la FEN devient, en 2000, l'Unsa Education, chacun des deux syndicats revendiquant aujourd'hui environ 170 000 adhérents.
Affaiblie par cette scission, la FEN, même sous sa nouvelle dénomination, reste toute puissante, en raison notamment du Comité de coordination des œuvres mutualistes et coopérative, de l'Éducation nationale (CCOMCEN) qui dépend directement d'elle. De quoi s'agit-il ? D'une véritable pieuvre tentaculaire, d'un empire tout-puissant n'ayant strictement rien à voir avec l'enseignement.
La pieuvre tentaculaire des « œuvres mutualistes »
Ce comité, qui a pour valeurs la laïcité, la citoyenneté, l'éducation, le militantisme et la solidarité, intervient dans tous les domaines. La jeunesse. La prévention. Les vacances. Le tourisme. La consommation. Le handicap. Les loisirs. La santé. L'assurance. L'éducation. La Banque. L'imprimerie. Elle regroupe en effet, entre autres, une banque, la Casden-BP, une compagnie d'assurance, la Maif, le troisième groupe français de vente par correspondance, la Camif, une mutuelle complémentaire de la Sécurité sociale, la MGEN, une caisse de retraite complémentaire, la Mrifen, des associations au service des handicapés, huit hôtels confortables pour cures, tourisme et déplacements professionnel, une société coopérative d'impression et d'édition, de multiples associations de jeunesse... Une ramification extraordinaire couvrant tous les secteurs de l'économie et de la vie sociale. La MGEN compte ainsi un million et demi d'adhérents, la Maif 1.2 million et la Camif 750 000.
Cet empire tentaculaire regroupe donc des effectifs sans aucune commune mesure avec ceux de l'ex-FEN. La conséquence de cette toute-puissance n'est pas difficile à deviner. A travers toutes ces structures, l'UNSA Éducation fait dépendre d'elle la quasi-totalité des enseignants et leur famille. Hors du syndicat, point de salut ! A cause des syndicats d'enseignants, l'Éducation nationale est le plus grand échec de la Ve République. Un Titanic complètement ivre qui ne tardera pas à sombrer, le capitaine ayant les reins suffisamment solides pour redresser la barre n'étant probablement pas encore né.
Thierry Normand ; le Choc du Mois Juin 2007
A lire : Le Scandale de l'Éducation nationale, par Thierry Desjardins, Robert Laffont, 1999 ; Toute vérité est bonne à dire, par Claude Allègre, Robert Laffont, 2000.
Les ministres à leur botte
Quand un ministre de l'Éducation prend « ses fonctions, quel qu'il soit, de gauche comme de droite, dès lors qu'il veut réformer, sa première rencontre avec les syndicats est toujours la même. Il arrive avec sa réforme. II la présente aux syndicats et le dialogue est toujours le même. Une fois qu'il a terminé son exposé, enthousiaste, poliment les responsables syndicaux le regardent : « Monsieur le ministre, c'était vraiment très intéressant mais, au fait, combien vous nous donnez de postes supplémentaires pour la rentrée de septembre ? » Et si par malheur, le ministre en question tente d'expliquer, alors généralement le syndicaliste prend le téléphone et appelle le premier ministre :
« Dites donc, faudrait que vous nous le changiez le ministre parce qu'il ne sait pas bien dialoguer. » Jean-François Copé, alors porte-parole du gouvernement, in Nice-Matin, avril 2006).
Un État dans l'État. Une Bastille imprenable. Une pieuvre aux multiples ramifications. La terreur de tous les gouvernements. Le tombeur de plusieurs ministres. Le pire des conservatismes. L'archaïsme le plus obtus. Ainsi apparaissent les deux principaux syndicats d'enseignants qui font la loi au sein de l'Education nationale. Pour le plus grand malheur des élèves, et, probablement, des enseignants eux-mêmes.
Une anecdote résume à elle seule la situation, d'autant plus qu'elle émane d'un professeur de gauche qui fut ministre de l'Éducation nationale durant trois ans (1997-2000). Il s'était fixé un but : « dégraisser le mammouth », à savoir, non pas l'Éducation nationale dans son ensemble comme on le croit aujourd'hui, mais l'omnipotente administration centrale du ministère. Se heurtant aux forteresses syndicales dont il avait sous-estimé le poids, il a été contraint à la démission.
Claude Allègre raconte ainsi que « quelque temps après notre arrivée, Ségolène Royal [alors ministre déléguée à l'Enseignement scolaire] demande à Monique Vuaillat, une secrétaire générale du SNES, comment la joindre en cas de besoin. Elle donne un numéro d'urgence. Ségolène l'interrompt et lui dit : « Mais c'est un numéro du ministère ! » Réponse : « Oh, pardon ! » » Tout est dit : en France, ce n'est pas le ministre, quelle que soit sa couleur politique, qui dirige l'Éducation nationale, ce sont les syndicats.
Certains ministres sont plus serviles que d'autres. Comme exemple de soumission, Claude Allègre n'hésite pas à citer le rebelle... François Bayrou : « L'administration vivait en symbiose avec les syndicats. François Bayrou avait abdiqué devant le SNES et avait décidé de cogérer l'Éducation nationale avec lui. » En 1998, les responsables syndicaux demandent à Claude Allègre : « Quand prépare-t-on le budget ? » Réponse du ministre : « ce n'est pas votre responsabilité, mais celle du gouvernement. » Réplique des syndicats : « Avec Bayrou, on le faisait toujours » ...
Depuis, des décennies, les syndicats d'enseignants se sont emparés de l'Éducation nationale et bloquent toutes les réformes nécessaires à son adaptation. Ils contraignent tous les ministres à recruter toujours plus d'enseignants, alors que le nombre d'élèves diminue ; ils ont obtenu la création des IUFM ; la transformation des instituteurs en professeurs ; l'organisation de concours réservés pour titulariser les maîtres auxiliaires ; la reconnaissance des certifiés comme des agrégés ; le nivellement par le bas ; la mise en pratique des expériences pédagogiques les plus folles ; la reconnaissance de leur jargon technocratique. Exemple : « Fâché de ne pouvoir exprimer ses potentialités de manière interne, Nicolas s'investit dans l'espace extérieur » Traduction : Nicolas s'embête en classe, il regarde par la fenêtre ...
De l'argent public pour faire sauter le ministre
Tout-puissants, ils sont partout. Des plus hautes instances de l'administration centrale jusqu'à l'école communale la plus reculée de la France rurale. ils siègent dans tous les comités, commissions ou conseils imaginables. Ils ont leur mot à dire sur tout. Des notes pédagogiques des enseignants à leur titularisation en passant par leur avancement. Si, malgré leur pression permanente, un gouvernement tente de leur résister, ils sortent leurs armes favorites : la grève, les manifestations de rues et le blocage du pays. Ils auront toujours gain de cause. Le ministre finira par sauter. Claude Allègre en sait quelque chose : « Dans sa campagne contre moi, le SNES a dépensé plus de 30 millions avec agence de pub, spot au cinéma, etc. Est-ce que c'est normal que l'argent de subventions publiques soit utilisé à insulter le ministre et à le faire tomber ? »
Le nouveau gouvernement n'échappera pas plus que ses prédécesseurs aux caprices des syndicats. Le 21 mai dernier, une intersyndicale prétendant parler au nom de « la quasi-totalité des syndicats enseignants du second degré » et disant représenter plus « de 99 % des personnels », a d'ores et déjà adressé une lettre ouverte à Xavier Darcos, le ministre de l'Education nationale, faisant planer la menace d'une mobilisation. Pensez donc ! Le gouvernement n'avait pas fait sa priorité absolue de l'abrogation d'un décret Robien du 14 février 2007 dont les syndicats ne veulent pas (et auquel Darcos avant d'être nommé était lui aussi opposé), prévoyant l'allongement du temps de travail des enseignants du secondaire (suppression des décharges horaires) et encourageant la bivalence disciplinaire (l'enseignement d'une deuxième matière). Crime de lèse-syndicats !
Le sort de ce décret est aujourd'hui entre les mains de Nicolas Sarkozy en personne ! C'est à l'Elysée, et non plus rue de Grenelle, que la fine fleur du syndicalisme enseignant a obtenu d'être reçue le 11 juin. Les représentants de parents d'élèves (PEEP, FCPE, Unapel) l'ont été aussi. Mais après. Histoire que les « chantiers prioritaires » soient bien définis ?
Un enseignant sur trois a la carte du syndicat
Les revendications des syndicats sont comme la révolution qui a bercé leurs rêves de jeunesse : permanentes. Des nouveaux statuts pour les enseignants aux concours bidons. Sans oublier les requalifications arbitraires. Ils ont un avis sur tout. Les « sans-papiers ». L'âge de la retraite des cheminots, Ia guerre du Golfe. Le droit au logement. Le pacs. L'Europe. Le droit d'asile. Moins un sujet les concerne, plus ils en parlent. Leurs sujets de fierté sont infinis. 40 % d'illettrés à la fin du siècle dernier selon un rapport de l'OCDE. Des milliers de jeunes sur la voie de garage du chômage. Un budget qui s'apparente au tonneau des danaïdes. Des classes poubelles. Des écoles livrées à la violence et à la loi des bandes. Des enseignants qui se suicident. Des établissements où l'on parle toutes les langues, sauf le français. Qu'importe l'ampleur de la catastrophe. Les syndicats veillent pour que rien ne change.
Le 3 janvier 2006, le ministre de l'Éducation nationale, Gilles de Robien, publie un arrêté par lequel il demande que soit mis définitivement un terme à l'utilisation, pour l'apprentissage de la lecture, de la méthode globale ou de ses succédanées. Deux jours plus tard, au cours d'une conférence de presse, il enfonce le clou et n'hésite pas à faire le procès de cette méthode globale : « Les travaux des chercheurs démontrent que les méthodes à départ global sont beaucoup moins efficaces que les méthodes à départ phono-synthétique ou syllabique, et qu'elles sont même néfastes pour les enfants les plus fragiles. Ce n'est pas moi qui vous le dis, mais, des scientifiques spécialisés dans l'étude de la lecture, qu'il s'agisse de neurologues, de psycholinguistes ou de linguistes. »
Le constat, pour cruel qu'il soit, n'en est pas moins exact. Les ravages de cette méthode globale, ou semi-globale, ne sont plus à démontrer. Qu'importe pour les syndicats si, comme l'a écrit Marc Le Bris, nos enfants ne sauront ni lire, ni compter. En entendant un ministre vanter les mérites de la méthode syllabique, ils s'étranglent. Ils hurlent au complot réactionnaire. Un comble ! Eux qui sont les plus conservateurs que la société actuelle puisse connaître. Naturellement, leur horizon politique est plus que limité. Communiste ou socialiste. Il n'existe pas d'autre alternative.
Alors que moins de 8 % des salariés appartiennent à un syndicat, ceux de l'Education nationale regroupent 33 % des enseignants français. Pourquoi les professeurs, qui sont loin d'être tous de gauche, se croient-ils obligés de prendre leur carte ? Tout simplement parce que les syndicats faisant la pluie et le beau temps, le moindre avantage, comme la mutation vers un établissement scolaire plus calme et moins dangereux, passe nécessairement par eux.
Le plus puissant des ces syndicats a été, à partir de 1948, la Fédération de l'Éducation nationale (FEN), qui regroupa jusqu'en 1992, sous une direction socialiste, le Syndicat national des instituteurs (SNI), d'obédience socialiste, et le Syndicat national des enseignants du second degré (SNES), de tendance communiste. En 1992, la faction communiste prenant le pas sur la branche socialiste a été purement et simplement exclue de la FEN lors du congrès de Créteil. Les exclus fondent alors la Fédération syndicale unitaire (FSU) tandis que la FEN devient, en 2000, l'Unsa Education, chacun des deux syndicats revendiquant aujourd'hui environ 170 000 adhérents.
Affaiblie par cette scission, la FEN, même sous sa nouvelle dénomination, reste toute puissante, en raison notamment du Comité de coordination des œuvres mutualistes et coopérative, de l'Éducation nationale (CCOMCEN) qui dépend directement d'elle. De quoi s'agit-il ? D'une véritable pieuvre tentaculaire, d'un empire tout-puissant n'ayant strictement rien à voir avec l'enseignement.
La pieuvre tentaculaire des « œuvres mutualistes »
Ce comité, qui a pour valeurs la laïcité, la citoyenneté, l'éducation, le militantisme et la solidarité, intervient dans tous les domaines. La jeunesse. La prévention. Les vacances. Le tourisme. La consommation. Le handicap. Les loisirs. La santé. L'assurance. L'éducation. La Banque. L'imprimerie. Elle regroupe en effet, entre autres, une banque, la Casden-BP, une compagnie d'assurance, la Maif, le troisième groupe français de vente par correspondance, la Camif, une mutuelle complémentaire de la Sécurité sociale, la MGEN, une caisse de retraite complémentaire, la Mrifen, des associations au service des handicapés, huit hôtels confortables pour cures, tourisme et déplacements professionnel, une société coopérative d'impression et d'édition, de multiples associations de jeunesse... Une ramification extraordinaire couvrant tous les secteurs de l'économie et de la vie sociale. La MGEN compte ainsi un million et demi d'adhérents, la Maif 1.2 million et la Camif 750 000.
Cet empire tentaculaire regroupe donc des effectifs sans aucune commune mesure avec ceux de l'ex-FEN. La conséquence de cette toute-puissance n'est pas difficile à deviner. A travers toutes ces structures, l'UNSA Éducation fait dépendre d'elle la quasi-totalité des enseignants et leur famille. Hors du syndicat, point de salut ! A cause des syndicats d'enseignants, l'Éducation nationale est le plus grand échec de la Ve République. Un Titanic complètement ivre qui ne tardera pas à sombrer, le capitaine ayant les reins suffisamment solides pour redresser la barre n'étant probablement pas encore né.
Thierry Normand ; le Choc du Mois Juin 2007
A lire : Le Scandale de l'Éducation nationale, par Thierry Desjardins, Robert Laffont, 1999 ; Toute vérité est bonne à dire, par Claude Allègre, Robert Laffont, 2000.
Les ministres à leur botte
Quand un ministre de l'Éducation prend « ses fonctions, quel qu'il soit, de gauche comme de droite, dès lors qu'il veut réformer, sa première rencontre avec les syndicats est toujours la même. Il arrive avec sa réforme. II la présente aux syndicats et le dialogue est toujours le même. Une fois qu'il a terminé son exposé, enthousiaste, poliment les responsables syndicaux le regardent : « Monsieur le ministre, c'était vraiment très intéressant mais, au fait, combien vous nous donnez de postes supplémentaires pour la rentrée de septembre ? » Et si par malheur, le ministre en question tente d'expliquer, alors généralement le syndicaliste prend le téléphone et appelle le premier ministre :
« Dites donc, faudrait que vous nous le changiez le ministre parce qu'il ne sait pas bien dialoguer. » Jean-François Copé, alors porte-parole du gouvernement, in Nice-Matin, avril 2006).
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Re: Éducation, la France mauvais élève
« la sélection à l'Université reste l'une des vraies solutions »
Dans l'édition du 6 décembre 2009, il a été publié sous le titre « Université : il faut savoir de quoi on parle » une contribution de M. Jean-Luc Godet mettant nommément en cause M. Jean-Pierre Boureau. Ce dernier répond à son tour. Voici des extraits de son courrier.
« La responsabilité d'un président d'Université est celle de tout haut fonctionnaire. Quand j'appelle au devoir de réserve, je ne fais pas allusion au joujou-décret du 23 avril dernier signé par Mme Pécresse pour calmer les syndicalistes idéologues, mais à la responsabilité morale qu'exerce un président d'Université. Inciter les,étudiants à descendre dans la rue pour manifester, fouler au pied la démocratie en permettant à quelques centaines et quelquefois quelques dizaines d'étudiants de bloquer des milliers d'autres, sacrifier des mois d'enseignement universitaire, tolérer les dégradations continues des bâtiments... est-ce faire preuve d'autorité morale et de comportement responsable ? Vous parlez d'indépendance et de liberté de pensée, indispensables à l'efficacité de la recherche fondamentale. Parlons-en de cette efficacité : selon la MSTP de l'Éducation nationale (Mission scientifique technique et pédagogique) 25 % des 14 000 universitaires travaillant dans les unités de recherche n'ont pas publié dans les quatre années précédant 2007. D'ailleurs seulement 76 % des enseignants-chercheurs seraient rattachés à une unité de recherche... L'ancien président de l'université Paris IV, Robert Pitte, estime lui à 40 % le nombre d'enseignants du supérieur qui ne publient pas.
Examinons la publication annuelle du palmarès mondial des Universités établi par l'Université de Shanghai : une quasi-absence des françaises parmi les cent premières mondiales et une médiocrité de classement de la plupart des universités françaises inversement proportionnelle à l'arrogance de bon nombre d'universitaires. [ ... ]
Contrairement à ce que vous dites - par distraction sans doute - je n'ai pas écrit que la sélection à l'Université était la vraie solution mais « une des vraies solutions ». Ce n'est pas la même chose ! Quand 30 à 40 % des étudiants, dans certaines disciplines quittent l'université dans les deux premières années sans diplôme, n'est-ce pas la preuve qu'une grande partie au moins de ces étudiants n'avait rien à y faire et qu'une sélection à l'entrée de l'Université aurait permis de mieux les diriger sans leur faire perdre une ou deux années ? [ ... ]
Quand vous évoquez le manque de postes « qui laisse tant de jeunes sur le carreau », vous prenez le problème à l'envers. La fonction de l'Université n'est pas de former des étudiants pour des postes qui n'existent pas dans la société mais au contraire de favoriser les disciplines et les formations d'avenir. Nous avons actuellement en formation, dans les disciplines de Sciences humaines plus de 50 000 étudiants (plus que la totalité de toutes les autres universités européennes !) alors que tout le monde sait que notre société ne peut proposer que 2 500 postes annuels maximum dans ces disciplines. Qui est irresponsable ? L'étudiant qui s'engage dans cette voie ou les universitaires qui l'y incitent ? »
Courrier des lecteurs du Courrier de l'Ouest
Dans l'édition du 6 décembre 2009, il a été publié sous le titre « Université : il faut savoir de quoi on parle » une contribution de M. Jean-Luc Godet mettant nommément en cause M. Jean-Pierre Boureau. Ce dernier répond à son tour. Voici des extraits de son courrier.
« La responsabilité d'un président d'Université est celle de tout haut fonctionnaire. Quand j'appelle au devoir de réserve, je ne fais pas allusion au joujou-décret du 23 avril dernier signé par Mme Pécresse pour calmer les syndicalistes idéologues, mais à la responsabilité morale qu'exerce un président d'Université. Inciter les,étudiants à descendre dans la rue pour manifester, fouler au pied la démocratie en permettant à quelques centaines et quelquefois quelques dizaines d'étudiants de bloquer des milliers d'autres, sacrifier des mois d'enseignement universitaire, tolérer les dégradations continues des bâtiments... est-ce faire preuve d'autorité morale et de comportement responsable ? Vous parlez d'indépendance et de liberté de pensée, indispensables à l'efficacité de la recherche fondamentale. Parlons-en de cette efficacité : selon la MSTP de l'Éducation nationale (Mission scientifique technique et pédagogique) 25 % des 14 000 universitaires travaillant dans les unités de recherche n'ont pas publié dans les quatre années précédant 2007. D'ailleurs seulement 76 % des enseignants-chercheurs seraient rattachés à une unité de recherche... L'ancien président de l'université Paris IV, Robert Pitte, estime lui à 40 % le nombre d'enseignants du supérieur qui ne publient pas.
Examinons la publication annuelle du palmarès mondial des Universités établi par l'Université de Shanghai : une quasi-absence des françaises parmi les cent premières mondiales et une médiocrité de classement de la plupart des universités françaises inversement proportionnelle à l'arrogance de bon nombre d'universitaires. [ ... ]
Contrairement à ce que vous dites - par distraction sans doute - je n'ai pas écrit que la sélection à l'Université était la vraie solution mais « une des vraies solutions ». Ce n'est pas la même chose ! Quand 30 à 40 % des étudiants, dans certaines disciplines quittent l'université dans les deux premières années sans diplôme, n'est-ce pas la preuve qu'une grande partie au moins de ces étudiants n'avait rien à y faire et qu'une sélection à l'entrée de l'Université aurait permis de mieux les diriger sans leur faire perdre une ou deux années ? [ ... ]
Quand vous évoquez le manque de postes « qui laisse tant de jeunes sur le carreau », vous prenez le problème à l'envers. La fonction de l'Université n'est pas de former des étudiants pour des postes qui n'existent pas dans la société mais au contraire de favoriser les disciplines et les formations d'avenir. Nous avons actuellement en formation, dans les disciplines de Sciences humaines plus de 50 000 étudiants (plus que la totalité de toutes les autres universités européennes !) alors que tout le monde sait que notre société ne peut proposer que 2 500 postes annuels maximum dans ces disciplines. Qui est irresponsable ? L'étudiant qui s'engage dans cette voie ou les universitaires qui l'y incitent ? »
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Re: Éducation, la France mauvais élève
Ouverture sociale des grandes écoles : le grand retour de Pierre Bourdieu
Un conflit oppose Nicolas Sarkozy aux grandes écoles, qu'il voudrait contraindre au nom de l'égalité à pratiquer la discrimination prétendument positive en ouvrant leur porte à 30 % de «boursiers». Le nivellement par le bas reste d'actualité.
« L'objectif que j'avais fixé de 30 % de "boursiers" dans chaque lycée à classe préparatoire est d'ores et déjà en passe d'être atteint, avec un an d'avance sur le calendrier. L'étape suivante est de parvenir à ce même taux, 30 %, dans chaque grande école : je dis bien dans chaque grande école. Mais également, car ce sont des secteurs où la reproduction sociale est tout aussi importante, dans les études de droit ou de médecine », a déclaré Nicolas Sarkozy, le 11 janvier 2010, lors de ses voeux au monde de l'éducation et de la recherche, prononcés sur le campus de Supélec, à Saclay. « Tout doit être mis en œuvre (...) pour faire comprendre à tous les jeunes que les grandes écoles, ce n'est pas réservé à quelques initiés, à quelques enfants de la grande bourgeoisie. Les grandes écoles, c'est pour tout le monde, pourvu que l'on travaille, pourvu que l'on ait du talent ! », a-t-il poursuivi.
Si le président de la République n'avait pas précisé in extremis : « pourvu que l'on travaille, pourvu que l'on ait du talent », on aurait pu croire ce discours écrit par le célèbre sociologue marxiste Pierre Bourdieu.
Ce dernier avait présenté l'école comme l'instrument de la reproduction des classes dominantes dans deux ouvrages : Les Héritiers et La Reproduction. A l'en croire, ces classes sociales auraient orienté le contenu éducatif de façon à permettre la réussite de leurs enfants et à consolider leur statut au sein de la société. Sur cette affirmation, le constat de l'inégalité de la réussite scolaire en fonction de l'origine sociale a conduit à l'omniprésente revendication de « l'égalité des chances », thème issu de la gauche et repris aujourd'hui par la « droite la plus bête du monde ».
Parmi le flot de réactions à l'annonce éventuelle de quotas de «boursiers» dans les grandes écoles, aucune, à notre connaissance, n'a rappelé cette évidence apparemment dérangeante : la réussite scolaire est fonction du travail fourni compte tenu des capacités intellectuelles possédées. Pas une fois - hormis par Jean-Paul Brighelli (1) de manière incidente - le facteur capacités n'a été évoqué sérieusement. Parler de «talent» est évidemment beaucoup plus flou. On trouve pourtant une démonstration de l'importance de ces capacités intellectuelles dans le cursus scolaire, dans un livre très pertinent de Pierre Dupuis, Le Choc des idéologies, publié en 2007 chez Godefroy de Bouillon.
Dans le chapitre consacré à l'éducation, l'auteur rappelle d'abord que « pour être pleinement convaincante la démonstration de Bourdieu nécessiterait de montrer qu'à capacités égales, évaluées par des tests, la réussite des enfants d'ouvriers est X fois moindre que celle des cadres supérieurs. Le constat serait alors probant, indiquant clairement quelle est au minimum la part revenant au milieu dans la réussite scolaire et permettant - puisque la société ne peut être tenue pour responsable de l'inégalité des capacités - de mesurer de façon objective la contribution de cette dernière à l'inégalité des chances. Présenter les faits comme s'ils ne dépendaient que du milieu et qu'ils étaient exemplaires de l'injustice sociale relève du mensonge. »
La négation des capacités intellectuelles
Cette expérience n'a, bien entendu, jamais été tentée. Certaines études ont cependant montré que, statistiquement, l'intelligence des enfants est plus ou moins élevée selon la catégorie professionnelle à laquelle appartiennent les parents. Pour résumer, et même si ce constat paraît choquant, on trouve en proportion davantage d'enfants dotés d'un quotient intellectuel élevé parmi les enfants de cadres supérieurs que parmi les enfants d'ouvriers.
Pierre Dupuis précise : « Que cela soit clair ! Il ne peut être question d'assigner à un individu une place donnée dans la société en fonction de la CSP ou de l'intelligence de ses parents ! En effet nous jugeons en termes de probabilités. Mais ces probabilités déterminent elles-mêmes des moyennes. Et ces moyennes expliquent pour une bonne part que - du fait de leurs capacités - on retrouve par exemple dans l'enseignement supérieur un pourcentage d'enfants d'OS ou d'employés moindre qu'il n'est représenté dans la population globale. La nature se moque donc de l'éthique. Mais dans l'action celle-ci reprend ses droits. »
Ce constat posé, que faire ? Tout d'abord, considérer que si l'ascenseur social est en panne c'est qu'il est trop chargé ! L'inflation des diplômes a provoqué leur dévalorisation. « Or, les postes offerts par la société restant ce qu'ils sont, poursuit Pierre Dupuis, on ne peut réduire la sélection scolaire sans renforcer les autres modes de sélection. Modes nécessairement plus injustes du hasard, de l'arbitraire, et tout particulièrement du réseau de relations. Et donc de cette puissance financière conspuée par la gauche ! »
On ne peut nier non plus l'existence d'obstacles matériels et psychologiques au travail, auxquels se trouvent plus fréquemment confrontés les élèves issus des CSP les moins élevées.
Pour l'éviter, Pierre Dupuis propose trois mesures : l'adoption de l'uniforme, qui gomme l'appartenance à une classe sociale ; l'augmentation en nombre et en volume des bourses, pour permettre à ceux qui le méritent de mener leurs études à leur terme ; et la création d'internats d'excellence, pour permettre aux élèves qui le souhaitent d'étudier dans de bonnes conditions. Le vice fondamental, dans cette affaire, reste cependant d'avoir substitué la volonté idéologique de la promotion collective d'une classe sociale à celle de promotion individuelle du mérite, avec les conséquences que soulignait en 2007 un rapport du sénateur socialiste Yannick Bodin : alors que 29 % des élèves des grandes écoles étaient issus des milieux populaires dans les années 1950, on n'en trouve plus que 9 % quarante ans plus tard. Un beau résultat de la « démocratisation de l'enseignement » à la Bourdieu, dans la suite logique de laquelle continue pourtant de s'inscrire l'action de Nicolas Sarkozy.
Michel Bonnefoux monde & vie 30 janvier 2010
1) Enseignant, auteur de La Fabrique du crétin, la mort programmée de l'école
Un conflit oppose Nicolas Sarkozy aux grandes écoles, qu'il voudrait contraindre au nom de l'égalité à pratiquer la discrimination prétendument positive en ouvrant leur porte à 30 % de «boursiers». Le nivellement par le bas reste d'actualité.
« L'objectif que j'avais fixé de 30 % de "boursiers" dans chaque lycée à classe préparatoire est d'ores et déjà en passe d'être atteint, avec un an d'avance sur le calendrier. L'étape suivante est de parvenir à ce même taux, 30 %, dans chaque grande école : je dis bien dans chaque grande école. Mais également, car ce sont des secteurs où la reproduction sociale est tout aussi importante, dans les études de droit ou de médecine », a déclaré Nicolas Sarkozy, le 11 janvier 2010, lors de ses voeux au monde de l'éducation et de la recherche, prononcés sur le campus de Supélec, à Saclay. « Tout doit être mis en œuvre (...) pour faire comprendre à tous les jeunes que les grandes écoles, ce n'est pas réservé à quelques initiés, à quelques enfants de la grande bourgeoisie. Les grandes écoles, c'est pour tout le monde, pourvu que l'on travaille, pourvu que l'on ait du talent ! », a-t-il poursuivi.
Si le président de la République n'avait pas précisé in extremis : « pourvu que l'on travaille, pourvu que l'on ait du talent », on aurait pu croire ce discours écrit par le célèbre sociologue marxiste Pierre Bourdieu.
Ce dernier avait présenté l'école comme l'instrument de la reproduction des classes dominantes dans deux ouvrages : Les Héritiers et La Reproduction. A l'en croire, ces classes sociales auraient orienté le contenu éducatif de façon à permettre la réussite de leurs enfants et à consolider leur statut au sein de la société. Sur cette affirmation, le constat de l'inégalité de la réussite scolaire en fonction de l'origine sociale a conduit à l'omniprésente revendication de « l'égalité des chances », thème issu de la gauche et repris aujourd'hui par la « droite la plus bête du monde ».
Parmi le flot de réactions à l'annonce éventuelle de quotas de «boursiers» dans les grandes écoles, aucune, à notre connaissance, n'a rappelé cette évidence apparemment dérangeante : la réussite scolaire est fonction du travail fourni compte tenu des capacités intellectuelles possédées. Pas une fois - hormis par Jean-Paul Brighelli (1) de manière incidente - le facteur capacités n'a été évoqué sérieusement. Parler de «talent» est évidemment beaucoup plus flou. On trouve pourtant une démonstration de l'importance de ces capacités intellectuelles dans le cursus scolaire, dans un livre très pertinent de Pierre Dupuis, Le Choc des idéologies, publié en 2007 chez Godefroy de Bouillon.
Dans le chapitre consacré à l'éducation, l'auteur rappelle d'abord que « pour être pleinement convaincante la démonstration de Bourdieu nécessiterait de montrer qu'à capacités égales, évaluées par des tests, la réussite des enfants d'ouvriers est X fois moindre que celle des cadres supérieurs. Le constat serait alors probant, indiquant clairement quelle est au minimum la part revenant au milieu dans la réussite scolaire et permettant - puisque la société ne peut être tenue pour responsable de l'inégalité des capacités - de mesurer de façon objective la contribution de cette dernière à l'inégalité des chances. Présenter les faits comme s'ils ne dépendaient que du milieu et qu'ils étaient exemplaires de l'injustice sociale relève du mensonge. »
La négation des capacités intellectuelles
Cette expérience n'a, bien entendu, jamais été tentée. Certaines études ont cependant montré que, statistiquement, l'intelligence des enfants est plus ou moins élevée selon la catégorie professionnelle à laquelle appartiennent les parents. Pour résumer, et même si ce constat paraît choquant, on trouve en proportion davantage d'enfants dotés d'un quotient intellectuel élevé parmi les enfants de cadres supérieurs que parmi les enfants d'ouvriers.
Pierre Dupuis précise : « Que cela soit clair ! Il ne peut être question d'assigner à un individu une place donnée dans la société en fonction de la CSP ou de l'intelligence de ses parents ! En effet nous jugeons en termes de probabilités. Mais ces probabilités déterminent elles-mêmes des moyennes. Et ces moyennes expliquent pour une bonne part que - du fait de leurs capacités - on retrouve par exemple dans l'enseignement supérieur un pourcentage d'enfants d'OS ou d'employés moindre qu'il n'est représenté dans la population globale. La nature se moque donc de l'éthique. Mais dans l'action celle-ci reprend ses droits. »
Ce constat posé, que faire ? Tout d'abord, considérer que si l'ascenseur social est en panne c'est qu'il est trop chargé ! L'inflation des diplômes a provoqué leur dévalorisation. « Or, les postes offerts par la société restant ce qu'ils sont, poursuit Pierre Dupuis, on ne peut réduire la sélection scolaire sans renforcer les autres modes de sélection. Modes nécessairement plus injustes du hasard, de l'arbitraire, et tout particulièrement du réseau de relations. Et donc de cette puissance financière conspuée par la gauche ! »
On ne peut nier non plus l'existence d'obstacles matériels et psychologiques au travail, auxquels se trouvent plus fréquemment confrontés les élèves issus des CSP les moins élevées.
Pour l'éviter, Pierre Dupuis propose trois mesures : l'adoption de l'uniforme, qui gomme l'appartenance à une classe sociale ; l'augmentation en nombre et en volume des bourses, pour permettre à ceux qui le méritent de mener leurs études à leur terme ; et la création d'internats d'excellence, pour permettre aux élèves qui le souhaitent d'étudier dans de bonnes conditions. Le vice fondamental, dans cette affaire, reste cependant d'avoir substitué la volonté idéologique de la promotion collective d'une classe sociale à celle de promotion individuelle du mérite, avec les conséquences que soulignait en 2007 un rapport du sénateur socialiste Yannick Bodin : alors que 29 % des élèves des grandes écoles étaient issus des milieux populaires dans les années 1950, on n'en trouve plus que 9 % quarante ans plus tard. Un beau résultat de la « démocratisation de l'enseignement » à la Bourdieu, dans la suite logique de laquelle continue pourtant de s'inscrire l'action de Nicolas Sarkozy.
Michel Bonnefoux monde & vie 30 janvier 2010
1) Enseignant, auteur de La Fabrique du crétin, la mort programmée de l'école
Re: Éducation, la France mauvais élève
Toute cette vision scolaire et universitaire me semble
proche d'un film d'horreur, une réalité dépassant la fiction,
une mort programmée (comme le souligne certains),
voir même une catastrophe inévitable....
C'est alarmant!!!!!!!!
Ou sont passées les vraies valeurs?
Qui jadis faisait de la France un exemple en Europe et dans le monde.
Qu'est devenu l'instruction civique ?
Et toutes ces lectures diverses qui nous faisaient voyager
tout en nous informant, nous éduquant et nous éveillaient
vers "un respect de l'autre" et du monde qui nous entoure...?!!!
Désormais, 5 à 25% d'ignares jonche notre beau pays,,,,,,
J'espère que le vent tournera, car un zest' d'optimisme
est nécessaire pour notre avenir et celui de nos enfants....
proche d'un film d'horreur, une réalité dépassant la fiction,
une mort programmée (comme le souligne certains),
voir même une catastrophe inévitable....
C'est alarmant!!!!!!!!
Ou sont passées les vraies valeurs?
Qui jadis faisait de la France un exemple en Europe et dans le monde.
Qu'est devenu l'instruction civique ?
Et toutes ces lectures diverses qui nous faisaient voyager
tout en nous informant, nous éduquant et nous éveillaient
vers "un respect de l'autre" et du monde qui nous entoure...?!!!
Désormais, 5 à 25% d'ignares jonche notre beau pays,,,,,,
J'espère que le vent tournera, car un zest' d'optimisme
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Re: Éducation, la France mauvais élève
Allons-nous vers un corps professoral de plus en plus matriarcal ?
Dans l’enseignement public, les professeurs des écoles et les instituteurs sont à 78% des institutrices ou des professeures des écoles ; le pourcentage est plus faible (71% de directrices d’écoles) .En revanche, les IEN qui les inspectent sont majoritairement des hommes (62%).La part des femmes approche 90% dans l’enseignement privé.
De plus en plus d’hommes désertent ce métier, il ne devient plus le métier référant pour le chef de famille, le métier d’enseignant devient un métier secondaire, terme non péjoratif.
Ce que je veux dire c’est qu’il perd de la valeur aux yeux des hommes, de plus tout est mis en place pour favoriser l’enseignement par les femmes, aménagement d’horaires, temps partielle, ce qui permet aux femmes de trouver un équilibre entre profession et maison !
http://www.afsp.msh-paris.fr/observatoi ... reobs2.pdf
Pour ce qui est de l’alphabétisation de nos têtes blondes il faut reprendre les bases scolaire, faire un retour sur les bases de l’éducation, réécrire tous les programmes scolaires !
Il est vrai qu’avec l’immobilisme des puissants syndicats sur ce point, ce ne sera pas une sinécure, dés que l’on susurre le mot « changement » grève assuré, ils se complaisent dans la médiocrité.
Dans l’enseignement public, les professeurs des écoles et les instituteurs sont à 78% des institutrices ou des professeures des écoles ; le pourcentage est plus faible (71% de directrices d’écoles) .En revanche, les IEN qui les inspectent sont majoritairement des hommes (62%).La part des femmes approche 90% dans l’enseignement privé.
De plus en plus d’hommes désertent ce métier, il ne devient plus le métier référant pour le chef de famille, le métier d’enseignant devient un métier secondaire, terme non péjoratif.
Ce que je veux dire c’est qu’il perd de la valeur aux yeux des hommes, de plus tout est mis en place pour favoriser l’enseignement par les femmes, aménagement d’horaires, temps partielle, ce qui permet aux femmes de trouver un équilibre entre profession et maison !
http://www.afsp.msh-paris.fr/observatoi ... reobs2.pdf
Pour ce qui est de l’alphabétisation de nos têtes blondes il faut reprendre les bases scolaire, faire un retour sur les bases de l’éducation, réécrire tous les programmes scolaires !
Il est vrai qu’avec l’immobilisme des puissants syndicats sur ce point, ce ne sera pas une sinécure, dés que l’on susurre le mot « changement » grève assuré, ils se complaisent dans la médiocrité.
« Les hommes qui ont changé l’univers n’y sont jamais parvenus en gagnant des chefs; mais toujours en remuant des masses. »« La mort n’est rien, mais vivre vaincu et sans gloire, c’est mourir tous les jours. »
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Re: Éducation, la France mauvais élève
L'école malade de l'immigration
Affirmer le lien entre violence scolaire et immigration est devenu au fil des années un tabou de l'Éducation nationale. A l'utopie d'une société multiculturelle facteur de paix, il est temps d'opposer le principe de réalité.
On considère généralement que l'école est en crise depuis plus de trente ans. En revanche, il est beaucoup plus rare d'entendre dire que les problèmes ont été aggravés par l'arrivée constante d'une population allogène dans certains établissements, dont les classes comptent parfois jusqu'à 90 % d'enfants immigrés ou issus de l'immigration. Comme le remarque notre confrère Claude Lorne dans Rivarol : « De l'aveu même du ministre de l'Éducation nationale Luc Chatel, "10 % des établissements concentrent 50 % des problèmes". Où se situent ces établissements ? Pourquoi et du fait de qui connaissent-ils tant de problèmes (...) Les récriminations des profs seraient plus crédibles si, au lieu de réclamer "plus de moyens", ils désignaient précisément la cause des "problèmes", de plus en plus aigus et insolubles à mesure que devient majoritaire (...) une population inassimilable et apparemment peu soucieuse de s'assimiler. » Comment les responsables du ministère peuvent-ils faire semblant d'ignorer, en effet, que les établissements les plus touchés par la violence scolaire se situent dans des quartiers, des communes, un département (la Seine-Saint-Denis) où vit une très forte population immigrée, majoritaire en de nombreux endroits ?
Comme l'écrit Paul Lambert dans « La France Aliénée » (Ed. Godefroy de Bouillon) « Chacun peut constater que ce phénomène n'existe que dans les zones à forte population immigrée : dans les petites villes de province non encore atteintes par l'immigration maghrébine et africaine, de tels événements sont impensables. C'est ce qui permet à nos ministres de minimiser le phénomène en disant qu'il n'atteint qu'une faible proportion d'établissements : ils se gardent de relever le lien entre la violence scolaire et l'immigration car, s'ils le reconnaissaient, s'ils ne cachaient pas la haine que ces violences expriment envers la société française, ils seraient obligés d'admettre l'inanité de leur politique d'intégration. »
On ferme donc les yeux sur le refus, de la part de nombreux adolescents issus de l'immigration, de s'assimiler à notre culture et nos racines et sur leur volonté de créer leur propre culture, leur propre langage, et leur propre modèle de société. Et l'on fait droit, pour tenter de désamorcer les tensions, à un certain nombre de revendications communautaires, quitte à fermer les yeux, encore une fois, sur des discriminations sexuelles, à mettre les dogmes laïques sous le boisseau pour composer avec les musulmans, ou à aménager les programmes de français, de philosophie, d'histoire-géographie ou de Sciences et vie de la terre...
Quant aux élèves qui souhaiteraient travailler, ils se heurtent en pratique à des difficultés considérables. « La grande différence entre un collège de centre-ville et un collège de zone d'éducation prioritaire, écrivait déjà en 1999 Jean-Marie Petitclerc, dans La violence et les jeunes, c'est que dans le premier, il est encore valorisant d'être premier de classe, alors que dans le deuxième, en particulier pour le garçon, c'est fort dangereux. Il est en effet alors automatiquement étiqueté "intello", "bouffon", et il doit affronter la violence de ses congénères. Combien connais-je personnellement d'adolescents qui auraient tous les moyens d'être premiers de classe, mais qui se l'interdisent de peur d'être complètement isolés ? C'est le phénomène qu'Alain Bentolila, ce grand linguiste, qualifie de "tribalisation de l'échec scolaire" : l'adolescent revendique l'échec scolaire comme signe d'appartenance à sa tribu. Lorsqu'un tel climat se développe dans une classe, même avec les meilleurs enseignants, disposant d'un maximum de moyens, l'échec massif est au rendez-vous. Car l'enseignant ne saura aider à progresser que l'enfant qui veut réussir. Que peut-il faire face à celui qui revendique l'échec pour sauver ses alliances ? »
Une haine de la société française
Nos ministres auront beau jeu, pour tenter de réparer les dégâts, d'instaurer la prétendue « discrimination positive » à l'entrée des grandes écoles et de supprimer des concours les épreuves de culture générale, réputées discriminatoires. En réalité, l'Education nationale paie au prix fort l'impéritie des gouvernements qui ont laissé s'envenimer la situation en pratiquant une politique d'accueil massif des populations étrangères et qui n'en contrôlent plus les conséquences. Dans Comment protéger l'enfant ? (Editions Karthala, 2004), le pédo-psychiatre Gilbert Delagrange remarque pour sa part qu'« une question fondamentale n'a jamais été posée aux candidats au regroupement familial : "Avez-vous conscience que vos enfants seront français ?" Question terrible dans ce qu'elle comporte d'étrangeté, d'éloignement, de rupture. » Et à laquelle on ne répondra pas par des mesures gadget comme la pose de portique de détection à l'entrée des établissements. La violence au sein des écoles, collèges et lycées n'est que la réplique de celle qui s'est installée dans les cités. L'Education nationale, rappelle Bernard Kuntz dans Faut-il en finir avec le collège unique ?, « n'est directement responsable ni de la misère, ni du marasme économique, ni de la politique d'urbanisme, ni de la gestion de l'immigration, ni de la drogue... Il existe donc une violence importée au collège, dont le caractère exogène exigerait que des mesures préventives soient prises dans l'immédiat (...) On notera avec intérêt que de telles dispositions sont régulièrement annoncées par les gouvernements successifs à chaque drame médiatisé. » Le président du SNALC se souvient ainsi de Claude Allègre, alors ministre de l'Education, « déclarant à des syndicalistes médusés (...) qu'il était prêt à "envoyer les chars" dans les banlieues... Immédiatement condamnées par les tenants du discours politiquement correct, ces déclarations d'intention restent lettre morte jusqu'au drame suivant. »
Il faudra bien qu'un jour, nos gouvernants finissent par ouvrir les yeux et les oreilles et cessent d'affirmer que la violence scolaire n'est liée qu'à l'exclusion et au chômage.
Michel Bonnefoux monde & vie, 13 mars 2010
Affirmer le lien entre violence scolaire et immigration est devenu au fil des années un tabou de l'Éducation nationale. A l'utopie d'une société multiculturelle facteur de paix, il est temps d'opposer le principe de réalité.
On considère généralement que l'école est en crise depuis plus de trente ans. En revanche, il est beaucoup plus rare d'entendre dire que les problèmes ont été aggravés par l'arrivée constante d'une population allogène dans certains établissements, dont les classes comptent parfois jusqu'à 90 % d'enfants immigrés ou issus de l'immigration. Comme le remarque notre confrère Claude Lorne dans Rivarol : « De l'aveu même du ministre de l'Éducation nationale Luc Chatel, "10 % des établissements concentrent 50 % des problèmes". Où se situent ces établissements ? Pourquoi et du fait de qui connaissent-ils tant de problèmes (...) Les récriminations des profs seraient plus crédibles si, au lieu de réclamer "plus de moyens", ils désignaient précisément la cause des "problèmes", de plus en plus aigus et insolubles à mesure que devient majoritaire (...) une population inassimilable et apparemment peu soucieuse de s'assimiler. » Comment les responsables du ministère peuvent-ils faire semblant d'ignorer, en effet, que les établissements les plus touchés par la violence scolaire se situent dans des quartiers, des communes, un département (la Seine-Saint-Denis) où vit une très forte population immigrée, majoritaire en de nombreux endroits ?
Comme l'écrit Paul Lambert dans « La France Aliénée » (Ed. Godefroy de Bouillon) « Chacun peut constater que ce phénomène n'existe que dans les zones à forte population immigrée : dans les petites villes de province non encore atteintes par l'immigration maghrébine et africaine, de tels événements sont impensables. C'est ce qui permet à nos ministres de minimiser le phénomène en disant qu'il n'atteint qu'une faible proportion d'établissements : ils se gardent de relever le lien entre la violence scolaire et l'immigration car, s'ils le reconnaissaient, s'ils ne cachaient pas la haine que ces violences expriment envers la société française, ils seraient obligés d'admettre l'inanité de leur politique d'intégration. »
On ferme donc les yeux sur le refus, de la part de nombreux adolescents issus de l'immigration, de s'assimiler à notre culture et nos racines et sur leur volonté de créer leur propre culture, leur propre langage, et leur propre modèle de société. Et l'on fait droit, pour tenter de désamorcer les tensions, à un certain nombre de revendications communautaires, quitte à fermer les yeux, encore une fois, sur des discriminations sexuelles, à mettre les dogmes laïques sous le boisseau pour composer avec les musulmans, ou à aménager les programmes de français, de philosophie, d'histoire-géographie ou de Sciences et vie de la terre...
Quant aux élèves qui souhaiteraient travailler, ils se heurtent en pratique à des difficultés considérables. « La grande différence entre un collège de centre-ville et un collège de zone d'éducation prioritaire, écrivait déjà en 1999 Jean-Marie Petitclerc, dans La violence et les jeunes, c'est que dans le premier, il est encore valorisant d'être premier de classe, alors que dans le deuxième, en particulier pour le garçon, c'est fort dangereux. Il est en effet alors automatiquement étiqueté "intello", "bouffon", et il doit affronter la violence de ses congénères. Combien connais-je personnellement d'adolescents qui auraient tous les moyens d'être premiers de classe, mais qui se l'interdisent de peur d'être complètement isolés ? C'est le phénomène qu'Alain Bentolila, ce grand linguiste, qualifie de "tribalisation de l'échec scolaire" : l'adolescent revendique l'échec scolaire comme signe d'appartenance à sa tribu. Lorsqu'un tel climat se développe dans une classe, même avec les meilleurs enseignants, disposant d'un maximum de moyens, l'échec massif est au rendez-vous. Car l'enseignant ne saura aider à progresser que l'enfant qui veut réussir. Que peut-il faire face à celui qui revendique l'échec pour sauver ses alliances ? »
Une haine de la société française
Nos ministres auront beau jeu, pour tenter de réparer les dégâts, d'instaurer la prétendue « discrimination positive » à l'entrée des grandes écoles et de supprimer des concours les épreuves de culture générale, réputées discriminatoires. En réalité, l'Education nationale paie au prix fort l'impéritie des gouvernements qui ont laissé s'envenimer la situation en pratiquant une politique d'accueil massif des populations étrangères et qui n'en contrôlent plus les conséquences. Dans Comment protéger l'enfant ? (Editions Karthala, 2004), le pédo-psychiatre Gilbert Delagrange remarque pour sa part qu'« une question fondamentale n'a jamais été posée aux candidats au regroupement familial : "Avez-vous conscience que vos enfants seront français ?" Question terrible dans ce qu'elle comporte d'étrangeté, d'éloignement, de rupture. » Et à laquelle on ne répondra pas par des mesures gadget comme la pose de portique de détection à l'entrée des établissements. La violence au sein des écoles, collèges et lycées n'est que la réplique de celle qui s'est installée dans les cités. L'Education nationale, rappelle Bernard Kuntz dans Faut-il en finir avec le collège unique ?, « n'est directement responsable ni de la misère, ni du marasme économique, ni de la politique d'urbanisme, ni de la gestion de l'immigration, ni de la drogue... Il existe donc une violence importée au collège, dont le caractère exogène exigerait que des mesures préventives soient prises dans l'immédiat (...) On notera avec intérêt que de telles dispositions sont régulièrement annoncées par les gouvernements successifs à chaque drame médiatisé. » Le président du SNALC se souvient ainsi de Claude Allègre, alors ministre de l'Education, « déclarant à des syndicalistes médusés (...) qu'il était prêt à "envoyer les chars" dans les banlieues... Immédiatement condamnées par les tenants du discours politiquement correct, ces déclarations d'intention restent lettre morte jusqu'au drame suivant. »
Il faudra bien qu'un jour, nos gouvernants finissent par ouvrir les yeux et les oreilles et cessent d'affirmer que la violence scolaire n'est liée qu'à l'exclusion et au chômage.
Michel Bonnefoux monde & vie, 13 mars 2010
Re: Éducation, la France mauvais élève
Pat a écrit :Les français ont le quotient intellectuel moyen le plus bas de l'Occident
On peut toujours se consoler en constatant que la Bulgarie, pays en partie musulman et à une économie de tiers-monde se trouve derrière nous, et nous dire que l'étude a été réalisée par des Anglais qui ne chercheraient qu'à nous rabaisser.
Pourtant Outre-Manche on n'aime guère les Allemands et ceux-ci se trouvent en tête du classement. Cela fera grincer des dents à certains qui pourraient y voir la revanche d'Hitler. En tout cas, cette attitude pour ce qui concerne la France correspond bien à ce que l'on y observe dans ce qui fut le pays de Descartes, Evariste Galois et Henri Poincaré.
Peu de politiques ont souligné la gravité des résultats de cette étude. Dans un contexte de compétitivité exacerbée, l'intelligence d'une population est pourtant un atout qui peut s'exploiter économiquement. Comme l'a écrit justement Nicolas Baverez, entrent en France les Bac-moins-cinq, sortent les Bac-plus-cinq.
Voilà donc ce qu'est devenue la France après vingt cinq ans de socialo-chiraquisme, c'est-à-dire de matraquage sempiternel sur les vertus de l'immigration, du multiculturalisme, du métissage, et de la diversité. Le multiculturalisme tant vanté consiste d'ailleurs essentiellement à voir des jeunes en survêtement et en casquette tabasser des «blancs». Ce n'est pas les quelques buts marqués (rares) par l'équipe de France de foot qui feront monter le Q.I. des Français.
Dans beaucoup de banlieues, on n'enseigne plus rien et de nombreux jeunes sortent de l'école analphabètes¹ . Les jeunes des banlieues s'expriment en tout avec trois cents mots : («bâtards», «nique ta race» ... ).
Comme chacun sait, la population française a changé physiquement et la différence est grande entre deux générations. La baisse du Q.I. est un dommage collatéral de l'immigration mais il ne faut pas le dire. Les Français baignent dans la connerie médiatique. Comment se manifeste-t-elle ?
Ce sont les émissions soporifiques de Michel DRUCKER où tout le monde, il est beau, tout le monde il est gentil et généreux. En tout cas, ceux que désigne et invite Michel DRUCKER, le grand inquisiteur. Chaque dimanche, on assiste au spectacle de la connerie ronronnante, repue, satisfaite d'elle-même.
La connerie c'est aussi le fait de croire qu'il suffit de répéter ce que dit le politiquement correct pour ainsi se trouver dans le camp de l'intelligence.
La connerie c'est le diktat d'une chansonnette de Pierre PERRET, vieillard avant l'âge au visage bouffi par la baisse de son taux de testostérone. C'est l'apologie de l'antiracisme obsessionnel. Les non-métis devraient porter plainte pour racisme à juste titre puisqu'ils se font traiter d'inférieurs à longueur de temps par les soi-disant antiracistes.
Le bêlement antiraciste depuis vingt cinq ans n'a pas fait monter le Q.I. des Français. Maintenant, on le sait. La France doit-elle être dirigée par les évêques, c'est à dire des vieillards femellisés qui interviennent à tout propos sur les questions qui engagent l'être et l'avenir de la France ?
La connerie en France, c'est aussi Bernard PIVOT qui a officié pendant trente ans sur la littérature, qui a autorisé ou non autorisé certains à venir s'exprimer. Dans une de ses émissions, un jour quelqu'un avait émis un propos contraire au politiquement correct. « Ah, si j'avais su que vous aillez dire cela, je ne vous aurais pas invité ». Tout le misérable bonhomme Bernard Pivot était contenu dans cette phrase². Cela lui avait échappé, mais on voit là comment les maîtres des médias conçoivent la liberté d'expression.
La connerie, c'est la déprogrammation de la pièce de Peter Handke³ par un imbécile qui, en plus, se croit courageux. Des imbéciles décident pour plus intelligents qu'eux. La France s'est toujours enorgueillie d'avoir le meilleur système éducatif du monde⁴. Pour quels résultats actuels ?
La bien-pensance terrorise intellectuellement les Français. Sa grande arme est le sentiment de culpabilité. Vous êtes contre l'Europe, l'immigration : « vous êtes xénophobe et raciste ! » La culpabilité est abêtissante et crée le repli sur soi. La connerie, ce sont tous les discours insipides de Jacques CHIRAC, qui n'ont absolument aucun intérêt. A chaque fois que quelqu'un émet une idée dérangeante ou iconoclaste, il y a toujours un imbécile pour dire qu'il faudrait voter une nouvelle loi qui interdira de dire cela. Et le pire est que cela marche. On a donc une accumulation de lois liberticides qui briment l'épanouissement intellectuel des Français.
La cour européenne des droits de l'homme dit pourtant ceci : « c'est à propos d'opinions qui heurtent, choquent ou inquiètent » que la liberté d'expression trouve tout son sens. Justement donnons du sens. Il y a en France soixante millions d'habitants dont vingt millions d'allogènes. Sur quarante millions de Français de souche on peut compter trente millions de traîtres (ou de pleutres) et dix millions de Français dignes de l'être. Ce ne sont pas certes les chiffres officiels de l'INSEE, mais on a là les données incontournables de la réalité politique et sociale française.
Dans les années soixante-dix une pétition circulait : « je me suis fait enc ... er par un arabe et j'en suis fier ». De nombreux «intellectuels» l'ont signée. Le premier lobby Immigrationniste est le lobby des «enc ... és». L'Humanisme a bon dos⁵. Faut-il toujours le cacher. Les Français ont droit à la vérité. Pour redresser le niveau intellectuel du pays, il faut donc cesser de faire venir systématiquement toute la misère économique, culturelle et intellectuelle de la planète. Dans les années cinquante, on faisait boire du lait aux Français pour les régénérer. Il faut retrouver cet état d'esprit et non pas compter pour la démographie sur une population allogène.
Il faut aussi faire voter la liberté totale d'expression, abroger les lois Iiberticides et même la garantir par la constitution comme dans les pays nordiques. Refaire des Français le peuple le plus intelligent de l'Occident. Voilà la vraie rupture avec le socialo-chiraquisme.
Bel et immense projet !
P. G-S 2006
1 Merci, les pédagogues !
2 Cf Vendée-Fidélité, novembre 2005, page 6.
3 Parce qu'il s'est rendu an funérailles de Milosevic
4 Ce temps n'est plus hélas !
5 C'est le cas de le dire !
Bonjour ,
j'aimerai savoir qui est " P.G-S" ?
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Re: Éducation, la France mauvais élève
Bonjour ,
j'aimerai savoir qui est " P.G-S" ?
Oui!!! Et nous on aimerait bien te connaitre aussi >>> Une petite présentation ici S T P <<<<
Re: Éducation, la France mauvais élève
Re: Éducation, la France mauvais élève
Je voulais simplement savoir si P.S-G est un pseudo du site ,
auquel cas ma question est sans intérêt ,
ou si c'est un auteur public ?
auquel cas ma question est sans intérêt ,
ou si c'est un auteur public ?
- G-B
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Re: Éducation, la France mauvais élève
Cleo a écrit ::D Incroyable! On arrive comme un cheveu sur la soupe et juste pour titiller.
Ok!! voilà il s'agit d'un ancien membre réinscrit avec un nouveau pseudo >>>>>
C'est déjà fait , mon ancien pseudo était Gandalf ,
mais j'ai l'impression que ce compte ne fonctionne plus ,
-
supergaulois
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Re: Éducation, la France mauvais élève
cimérien a écrit :Je voulais simplement savoir si P.S-G est un pseudo du site ,
auquel cas ma question est sans intérêt ,
ou si c'est un auteur public ?
la présentation c'est en option ?
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Re: Éducation, la France mauvais élève
supergaulois a écrit :cimérien a écrit :Je voulais simplement savoir si P.S-G est un pseudo du site ,
auquel cas ma question est sans intérêt ,
ou si c'est un auteur public ?
la présentation c'est en option ?
Tu le fais exprès ou quoi?? Lis plus haut bougre d'olibrius...
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supergaulois
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Re: Éducation, la France mauvais élève
ok il a un nouveau pseudo mais bon c'est bien de refaire sa présentation pour les autres membres 
Re: Éducation, la France mauvais élève
Pas de financement étatique et les études sont très chères : c’est normal, car un service de qualité ne peut être que cher. Les étudiants qui le peuvent paient leurs études. Ceux qui ne peuvent pas font des emprunts. D’autres sont serveurs dans des restaurants ou remplissent des jobs d’appoint dans la vallée où cela ne manque pas. Dans les restaurants et sociétés diverses, ils sont bien accueillis par les autres membres du personnel, tout le monde trouvant cette pratique normale.
l'Université de Shanghai : une quasi-absence des françaises parmi les cent premières mondiales et une médiocrité de classement
Euh c'est quoi ici ? De la propagande eurocratique et anglo-saxonne ?
Il me semblait pourtant avoir entendu Marine Le Pen défendre les droits des étudiants spoliés par le nabot.
Je défends une instruction française publique, laïque, avec du cochon à la cantine, pour des études supérieures réellement gratuites et un recrutement national en conservant de vrais concours (CAPES agrégation) non frelatés. Concours typiquement français à préserver face à cette mode débile de l'Europe qui voudrait faire recruter les enseignants par le chef d'établissement transformé en "manager" à la noix. L'agrégation date de Louis XV, ce n'est pas le minable Sarkozy l'Américain qui va nous la saboter avec son guignol de Châtel nanti d'un DESS en marketing (= inculte crasse).
J'ai l'impression ici d'être tombé chez Madelin ou le Vicomte d'Empire dégénéré...
On ne redressera pas la France en s'inspirant des lubies mondialistes et du système anglais ! Ce qui pourra faire consensus, c'est de relancer nos valeurs bien gauloises, bien compatibles avec l'âme de la nation et les aspirations de la population ! En gros faire exactement l'inverse des horreurs que je lis dans ces fils copiés-collés de je ne sais où (un gros truc bien immonde genre SOS-éducation, secte ultralibérale rejetée par les organisations d'enseignants attachés au retour des bonnes vieilles méthodes, dont je fais partie).
Si on a eu Jeanne d'Arc, c'est pour bouter la raclure anglaise hors de chez nous !
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Re: Éducation, la France mauvais élève
J'ai l'impression ici d'être tombé chez Madelin ou le Vicomte d'Empire dégénéré...
Au bout de ton deuxième message tu n'attends même pas de nous connaître que déjà tu nous craches ton venin, c'est sympa!
Afin d'éviter de relire tous les posts "copiés-collés" comme tu le dis si sympathiquement, peux tu nous indiquer plus précisément où tu as relevé ta citation?
« Les hommes qui ont changé l’univers n’y sont jamais parvenus en gagnant des chefs; mais toujours en remuant des masses. »« La mort n’est rien, mais vivre vaincu et sans gloire, c’est mourir tous les jours. »
NAPOLEON BONAPARTE
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