(2007) DISPARITION DE ROLAND GAUCHER

En souvenir de nos amis disparus.
Avatar de l’utilisateur
Pat
Administrateur délégué
Messages : 25496
Inscription : 03/12/2006 - 23:46
Localisation : Les Alleuds dans le 49
Contact :

(2007) DISPARITION DE ROLAND GAUCHER

Messagepar Pat » 16/06/2008 - 17:26

National Hebdo en deuil
DISPARITION DE ROLAND GAUCHER
L'écrivain et journaliste Roland Gaucher, directeur de National Hebdo de 1984 à 1993, s'est éteint le 26 juillet à Sartrouville (Yvelines). Il n'a survécu que peu de temps à son épouse, décédée il y a quelques semaines.
Ce fils de journaliste, né le 13 avril 1919 à Paris, avait deux passions: la politique et le journalisme. Toute sa vie il a mené de front l'une et l'autre avec bonheur.
* Après avoir été en khâgne à Henri IV, il est mobilisé au 27' régiment d'infanterie en 1939.
* Fait prisonnier à Rennes en 1940, il s'évade du convoi qui l'emmenait en Allemagne. Il retrouve la vie civile et s'inscrit aux Jeunesses nationales populaires de Marcel Déat dont il deviendra l'un des dirigeants.
* Cet engagement lui vaudra d'être arrêté à la Libération. En octobre 1945, il est jugé et condamné.
* Jamais il ne reniera son passé, ce qui lui vaudra de nombreuses attaques de la presse de gauche.
* Sa peine purgée, il va travailler pendant dix ans à la revue Est Ouest et à l'Institut d'histoire sociale de Georges Albertini, principale centrale anticommuniste française de l'après-guerre, avant de rejoindre en 1960 L'Auto-Journal. Cinq ans plus tard, il est engagé à Minute en qualité de grand reporter. Ancien des Comités Tixier- Vignancour, il milite au Parti des forces nouvelles (PFN) où il est membre du bureau politique.
* Il est présent à la fondation du Front national en 1972 avec Jean-Marie Le Pen qu'il rejoint définitivement en 1979.
* En juin 1981, puis en 1986, il est candidat du FN dans la Somme. En 1983,et 1989, aux municipales, il est tête de liste Front national dans le XIX' arrondissement de Paris.
* Conseiller régional de Picardie puis de FrancheComté, il siège au Parlement européen, de 1986 à 1989.
* En 1984,à l'âge où d'autres prennent leur retraite il crée et lance avec Michel Collinot National Hebdo qui succède à RLP hebdo, dont le directeur politique est Jean-Marie Le Pen.
* Tiré à 100000 exemplaires dès le premier numéro, National Hebdo qui se veut le journal de tous les Français, touche un vaste public. La Droite nationale populaire et sociale disposera désormais d'un véritable organe de presse.
* Roland Gaucher en assumera la direction jusqu'en 1993.
* A 74 ans, il passe le relais à Jean-Claude Varanne, mais il ne conçoit pas une seconde de cesser ses activités politiques et littéraires.
* Il se consacre au Crapouillot qu'il a racheté en 1991, avec Jean-François Galvaire, tout en continuant d'écrire de nouveaux livres qui viennent enrichir une œuvre déjà conséquente.
* Parmi ceux-ci: L'Histoire secrète du Parti communiste français (1974), Les terroristes (traduit en cinq langues), Le Réseau Curiel ou la subversion humanitaire (1981), Les Finances de l'Eglise de France, (1982), Les manipulateurs de la culture (éditions Détema); Les Antisémites de gauche (Dualpha) , Des rescapés de l'Epuration: Marcel Déat et Georges Albertini (Dualpha) co-écrits avec Philippe Randa, etc.
Jean ROBERTO National Hebdo du 2 au 8 août 2007
Image
Image
Que les hommes d'arme bataillent et que Dieu donne la victoire! (Jeanne d'Arc) Patriotiquement votre.

Avatar de l’utilisateur
Pat
Administrateur délégué
Messages : 25496
Inscription : 03/12/2006 - 23:46
Localisation : Les Alleuds dans le 49
Contact :

Re: (2007) DISPARITION DE ROLAND GAUCHER

Messagepar Pat » 16/06/2008 - 17:31

Pour les gamins que nous étions alors, marcher à l'ombre d'un Roland Gaucher était un privilège que nous n'aurions cédé pour rien au monde. Quand il nous parlait, on avait un peu l'impression de tutoyer l'histoire, la grande histoire : il avait vu tant de choses, connu tant de personnalités, vécu tant d'événements. On buvait ses paroles. On se disait : « C'est quand même dingue d'être les amis de cet homme qui aurait pu être notre grand-père! » La vérité, je crois, c'est que Roland aimait la compagnie de la jeunesse, fut-elle insouciante, et Dieu sait si insouciants, nous l'étions ; d'ailleurs, aujourd'hui encore... La vérité, toujours, c'est que la compagnie des gens de son âge l'emmerdait, généralement, je crois.

Ce que j'adorais le plus, chez Roland, c'était ses contradictions. Membre éminent de la Ligue des lycéens antifascistes, il était parti de la gauche de la gauche de l'échiquier politique pour siéger au Front national, donné, à tort ou à raison, pour être à la droite de la droite de celui-là. Bref, Roland était de droite, mais persistait à penser à gauche. Indécrottable républicain, il aimait la compagnie des royalistes, mais aimait encore plus à les bousculer en raillant Charles Maurras, le vieux maître de l'Action française. Anticommuniste devant l'éternel, il nous assénait aussi que celui qui était incapable d'analyser la situation politique en « termes de rapports de forces marxistes » n'avait, justement, rien compris à la politique. Ami de feu monseigneur Ducaud-Bourget, le clerc rebelle de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, il fut un porte-parole de premier plan de la mouvance catholique traditionaliste, mais n'était pas réputé pour hanter les églises ; d'ailleurs, je n'ai même jamais su s'il croyait ou non en Dieu. Il ne détestait pas se moquer des curés, mais ne supportait pas - non plus - les autres qui s'en moquaient. Drôle de paroissien, comme aurait dit Jean-Pierre Mocky, autre homme de gauche de droite ... Roland, homme de la droite catholique ? Oui. A condition toutefois d'admettre qu'il pouvait aussi être celui de la gauche anticléricale. Anticommuniste était-il, disions-nous, mais reprochait, dans le même temps, au PCF d'avoir trahi la classe ouvrière et au FN de ne pas plus se préoccuper de la question sociale. On avait parfois du mal à le suivre, mais c'est également pour cela qu'on se serait fait tuer pour lui.

Remarquez que lui, nous défendait toujours. On faisait une bêtise, on se faisait remonter les bretelles ; un autre que lui se permettait une remontrance à notre endroit, il lui volait illico dans les plumes. A ce titre, en aura-t-il couvert, des frasques ; mais s'il s'agissait de celles de son équipe : Roland a toujours joué collectif. Un soir de bouclage où l'on s'était un peu attardés au restaurant, qu'on avait un peu perdu les clefs du journal, qu'on avait un peu dû fracasser les fenêtres du premier étage pour pénétrer un peu en effraction dans les locaux, il ne nous avait pas qu'un peu engueulés. Mais ce fut juste pour nous inviter ensuite à prendre un verre, tout ça parce que, malgré tout, le numéro avait été remis à temps chez l'imprimeur. En fait, la vérité oblige à dire qu'il nous passait tout ou presque, tant que le boulot était fait. Un peu comme à l'armée, un paradoxe de plus pour lui qui, volontiers, ne boudait jamais une bonne blague antimilitariste.

Il y a tant de traits de caractère que je chérissais chez Roland, mais celui qui nous touchait le plus était son infinie gentillesse. Gentillesse et bonté d'âme qu'il réservait évidemment à ses proches, mais également à ceux qui l'étaient moins ; voire, pas du tout. C'est lui qui, lorsqu'il officiait à Minute, avait en quelque sorte signé l'arrêt de mort de Georges Marchais, alors secrétaire général du Parti communiste, parvenant à démontrer que ce dernier avait travaillé chez l'avionneur allemand Messerschmidt, non point au titre du Service du travail obligatoire, mais en tant qu'engagé volontaire, qui plus est, sur ordre de Moscou. Au début du procès, Georges Marchais est défendu par les instances dirigeantes du Parti. Quand il devient indéfendable, ces dernières finissent par le lâcher. Et Marchais pleure en plein tribunal. Roland aurait pu jubiler ; tout au contraire, il a compati : « Ce qu'ils lui ont fait était proprement dégueulasse... » Ce que, finalement, je préférais chez Roland, c'est que quelles que soient les circonstances, il agissait toujours en seigneur. A propos de "seigneur", justement, c'est maintenant à celui d'en haut que nous passons le relais : le fera-t-il asseoir à sa gauche ou à sa droite ? Bien à vous, cher Roland, vous à qui nous devons tant, vous qui nous avez tant donné, et qui êtes parti sans que nous ne puissions vous en rendre, ne serait-ce que le millième.

Nicolas GAUTHIER National hebdo 2 au 8 août 2007
Image
Que les hommes d'arme bataillent et que Dieu donne la victoire! (Jeanne d'Arc) Patriotiquement votre.

Avatar de l’utilisateur
Prodeo
Décédé
Messages : 9209
Inscription : 25/03/2006 - 8:52
Localisation : La Défense - Royaume de France
Contact :

Re: (2007) DISPARITION DE ROLAND GAUCHER

Messagepar Prodeo » 20/06/2008 - 20:07

.
Bien bel hommage !

Merci Pat !

Image

_
Image
« Vae caecis ducentibus, vae caecis sequentibus !
[Malheur aux aveugles qui mènent ! Malheur aux aveugles qui suivent !] » Saint Augustin.
« On sait par quelle fatalité les grands talents sont, pour l’ordinaire, plus rivaux qu’amis ; ils croissent et brillent séparés, de peur de se faire ombrage : les moutons s’attroupent, et les lions s’isolent. » Comte A. de Rivarol.

Avatar de l’utilisateur
MD12
Membre d'honneur
Messages : 5672
Inscription : 13/08/2007 - 6:39
Contact :

Re: (2007) DISPARITION DE ROLAND GAUCHER

Messagepar MD12 » 12/08/2008 - 12:58

Paix a son ame M. Gaucher :salut1:
"Les racines de l'apostasie moderne réside dans l'athéisme scientifique, le matérialisme dialectique, rationalisme, illuminisme, la laïcité et la franc-maçonnerie, qui est la mère de tous." - Pape Pie XII -


Revenir vers « In Memoriam »

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 0 invité