Les quatre vérités de l'Ecologie (texte de 1977)

Comment sauver la planète.
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Pat
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Les quatre vérités de l'Ecologie (texte de 1977)

Messagepar Pat » 08/03/2008 - 23:03

Les quatre vérités de l'Ecologie

L'« électro-fascisme », vous connaissez ? Ultime avatar du phénomène fasciste - décidément protéiforme - il consiste à multiplier frénétiquement les installations nucléaires civiles et militaires sur notre planète, afin de l'entrainer irréversiblement vers l'apocalypse atomique. Ce monstrueux projet a, par chance, été découvert et dénoncé à l'avance par l'intrépide équipe journalistique de «La Gueule ouverte», A cette occasion le périodique écologiste titrait : « Hitler est vivant: il est patron de l'EDF ! » (1)

Voir Malvilte et mourir

Boutade ? Que non pas. Aux yeux de la houvelle gauche écologiste, l'atome c'est comme le fascisme: une peste ravageuse; c'est l'ennemi public n° 1, le mal absolu ...
Le nucléaire, c'est la mort. .
De fait, le 31 juillet dernier à Malville, le programme nucléaire français faisait sa première victime: Vital Michalon, 31 ans, décédé au cours des échauffourées entre policiers et manifestants écologistes.
Ah, l'écologie ... Plus on en parle, moins on sait ce que c'est. - Mais c'est une science, tout simplement, diront les plus doctes de mes lecteurs : l'étude des rapports entre les êtres vivants et le milieu naturel. - Tiens donc, répondront les ironistes; c'est bien la première fois que la science présente des listes aux élections municipales, et descend dans la rue casquée et masquée ...

Une utopie régressive

A vrai dire, vous avez tous raison, amis lecteurs: il convient seulement de distinguer l'écologie, spécialité scientifique, de l'écologisme tel que le pratiquent aujourd'hui les groupements spécialisés. Ce dernier n'a rien d'une science - et serait même plutôt le contraire: une peur de l'avenir, du progrès et donc de la science elle-même, censée conduire notre belle Terre à sa perte. Une utopie régressive fondée sur le refus de la civilisation, de l'empreinte humaine sur le monde, au nom d'une mythique « nature» originelle.
Le message écologiste est simple : c'est l'annonce de la ruine prochaine du monde, en châtiment de la rupture par l'homme industriel des « équilibres naturels »; pour échapper à cette fin tragique, l'homme a un recours, un seul: faire pénitence, c'est-à-dire stopper immédiatement la croissance économique avec son cortège de pollutions et d'agressions de l'environnement.
Cette grande peur écologiste s'est fait jour dans les mentalités européennes à la fin des années 60, brusquement, comme un éclair dans un ciel serein: on a alors assisté, pour la première fois dans une gauche jusque là progressiste et « quantitativiste » à une remise en cause globale de la croissance économique, de la pollution industrielle, de la démographie, de l'urbanisme, de l'automobile - bref de tout ce qui caractérise les sociétés développées.

Des bolides lancés à 15 km/heure ...

On n'en finirait pas de relever les incohérences véhiculées par le discours écologiste pour parler comme un intellectuel de gauche. Par exemple, l'annonce de l'épuisement prochain des ressources terrestres et l'appel à une « croissance zéro » comme seule planche de salut pour l'humanité: fondés sur une mauvaise évaluation des réserves minérales et sur une conception mécaniste de la croissance, ces pronostics alarmistes du Club de Rome ont été totalement démentis par les récents travaux d'Herman Kahn. Quant à la dénonciation d'une prétendue surpopulation de la planète et à l'appel conséquent à une restriction de la natalité, ils ne sont guère plus sérieux : ils reposent sur une grossière confusion des problèmes du Tiers-Monde (explosion démographique) avec ceux, exactement inverses, de l'Occident (baisse constante du taux de natalité, menace de non-renouvellement des générations).
Donc, l'écologisme n'est pas une science, ni même une opinion : ce n'est qu'une manifestation parmi d'autres de la peur de l'avenir; Cette angoisse est bien connue : elle ressurgit à chaque grande découverte scientifique et technique. L'électricité, la machine à vapeur, l'automobile, l'avion ont également suscité la peur avant d'être adoptés, enfin de compte, par les plus pusillanimes.
« Non à l'automobile qui tue! » titrait ainsi, à la fin du siècle dernier, un journal français. Et l'article expliquait le plus sérieusement du monde: « Avec ce réalisme que nous avons souvent salué chez nos amis d'Outre-Manche, les Anglais viennent de prendre une sage décision dont notre gouvernement a le devoir de s'inspirer : désormais, les voitures automobiles qui foncent à 15 ou 20 km/heure sur les routes et les chemins du Royaume-Uni - semant comme chez nous la terreur sur leur passage - devront être précédées « d'un homme au pas de course agitant un drapeau rouge ». Heureuse précaution, mais sera-t-elle suffisante? Le danger, en effet, se verra de loin. Mais ne faut-il pas supprimer, purement et simplement, le danger? Ne faut-il pas plutôt arrêter le massacre des paisibles citoyens en interdisant l'automobile elle-même ? A quoi sert une pareille vitesse ? Pour le plaisir de quelques fous emmitouflés dans leurs peaux de bête, aux yeux carapaçonnés de grosses lunettes et aux oreilles couvertes d'un passe-montagne destiné à leur rendre supportable le vacarme infernal du moteur à piston, allons-nous sacrifier la population tout entière de notre pays ? Où va la France ? Qu'attendre d'un pays capable de supporter ce carrousel de mort qui, dans un nuage de poussière, met en péril la paix de nos campagnes? La parole est aux autorités. Si aucune décision ne met fin à une situation intolérable pour tous » etc. etc.

Guy Lux est-il radioactif?

Telle est donc la filiation intellectuelle du mouvement écologiste. Pour lui, le nucléaire constitue évidemment une cible de choix : dans l'esprit du grand public, l'atome c'est la bombe, et la bombe c'est Hiroshima - c'est à dire 100 000 victimes innocentes. Habilement, les adversaires du nucléaire entretiennent cet amalgame, Bien entendu, la bombe et le réacteur sont en fait deux choses très différentes: alors que le combustible de la bombe comprend 95 % de matière radioactive pure, celui du réacteur civil n'en contient que 4 %, mélangés à 96 % de matière inerte. Mais la peur de l'atome ne s'embarrasse pas de ces détails : comme toutes les paniques, elle est irrationnelle.
En réalité, les sources traditionnelles d'énergie sont bien plus meurtrières que le nucléaire : en 20 ans, la radioactivité nucléaire n'a pas fait une seule victime en France, tandis que les accidents dans les mines de charbon (Liévin) et autres ruptures de barrages hydrauliques (Fréjus) ont fait plusieurs milliers de morts.
La prétendue contamination quotidienne des populations voisines d'un site nucléaire est négligeable: pour une personne installée à proximité immédiate d'une centrale, la dose annuelle d'irradiation est de 0,001 rem (2) - soit dix fois moins que celle que s'inflige une téléspectateur moyen à force de regarder Guy Lux. Et il faut savoir que ce n'est qu'à partir de 100 rems - soit cent mille fois plus - que peuvent apparaitre les premiers troubles physiques.

Football nucléaire

Quant au risque d'accident, le rapport Rasmussen (USA) l'évalue, pour cent réacteurs en fonctionnement, à un tous les 170 ans. Encore, parmi ces accidents éventuels, un sur dix seulement serait-il dangereux pour la santé publique ... Dans un dossier consacré par la revue « Éléments» à l'écologie (3), Christian Lahalle définit ce risque en quelques lignes savoureuses : « Peut-être, dans des conditions exceptionnelles, si quelques dizaines de milliers de personnes se trouvaient par hasard rassemblées devant une centrale pour assister à un match de football, que ce soit le moment choisi par les Russes pour attaquer et que, justement, un fort tremblement de terre suivi, bien entendu, d'un raz-de-marée, soient de la fête, il s'ensuivrait quelque chose de catastrophique susceptible de rivaliser avec une crue du Fleuve Jaune ou une rupture de digue en Hollande ».
Ce niveau de risque est évidemment très inférieur à celui qu'accepte l'homme dans !a plupart de ses activités. Par exemple, at-on songé à interdire l'automobile sous prétexte que la route tue chaque année 15 000 personnes en France?
En matière de sécurité, la comparaison avec l'automobile est d'ailleurs parlante: on a calculé que si le système de sécurité en vigueur dans le domaine nucléaire était transposé à l'industrie automobile, chaque voiture aurait tous ses accessoires en double, et aucune n'aurait le droit de dépasser le 15 à l'heure ...

L'atome ou rien

Mais surtout, il faut bien voir qu'il n'y a aucune alternative au nucléaire. Tous les économistes, tous les scientifiques s'accordent aujourd'hui à le reconnaitre : pour 50 ans au moins, l'atome est la seule solution aux problèmes énergétiques du monde développé ..
La démonstration est d'une limpidité exemplaire: il n'y a pas de croissance économique sans énergie. Mais l'énergie, où aller la chercher ? Dans le pétrole? Depuis 1973, son prix a plus que quadruplé. Si, en 1985, la France voulait encore satisfaire l'essentiel de ses besoins par le pétrole, il lui faudrait importer quelque 200 millions de tonnes par an - ce qui est économiquement et financièrement impossible. D'ailleurs, les pays producteurs eux-mêmes ne pourraient faire face à une telle demande : selon l'OCDE, ils ne pourront fournir à l'exportation, à cette date, que 40 millions de barils par jour. Or, compte tenu de leur actuel programme nucléaire, les pays industrialisés non-communistes auront encore besoin, à eux seuls, de 35 millions de barils par jour. Il n'est donc pas question d'envisager une augmentation de la part du pétrole dans nos sources d'énergie. Et puis, il y a le problème de la dépendance : est-il tolérable que notre approvisionnement en énergie, et donc la vie économique de notre pays, dépende entièrement du bon vouloir des membres de l'OPEP?
Alors les sources traditionnelles d'énergie?
Mais elles ne parviennent déjà à satisfaire qu'une petite partie de nos besoins, et elles sont soit en voie d'épuisement (charbon, gaz). soit à leur utilisation maximum (hydro-électricité). Quant aux énergies dites « nouvelles » (soleil, eau, géothermie), elles n'offrent pas de possibilités de concentration suffisante pour une utilisation massive, Dans l'état actuel des choses, donc, le nucléaire reste la seule source d'énergie capable de satisfaire nos besoins.

Carter et Brejnev écologistes

Le nucléaire militaire est tout aussi indispensable en matière de défense que le nucléaire civil en matière économique: garante de notre indépendance nationale, la force de frappe française pourrait devenir, demain, un élément essentiel de la défense de l'Europe contre une éventuelle agression soviétique. On conçoit que Brejnev aspire à son démantèlement - au nom, bien sûr, « du désarmement, de la paix et de la liberté ».
Enfin, et plus généralement, sur le plan politique mondial, la lutte pour la maitrise des technologies nucléaires apparait comme un nouvel et important épisode de la lutte pour la maitrise du monde, De son issue pourrait bien dépendre une redistribution de la puissance politique et économique. Or dans cette course, jusqu'à présent menée par les USA, l'Europe (l'Allemagne, et surtout la France) est désormais bien engagée.
Aussi incroyable que cela puisse paraitre, notre pays est en train de dépasser les États-Unis dans ce domaine: dès aujourd'hui, nous maitrisons la totalité du cycle du combustible nucléaire, depuis l'enrichissemenl de l'uranium (usine Eurodif de Pierrelatte) jusqu'au retraitement des combustibles (usine de la Hague) en passant par le traitement du plutonium (surrégénérateur Super-Phénix de Creys-Malville). Ce qui signifie que la technologie nucléaire française a dix ans d'avance sur les États-Unis.
On comprend que les Américains s'en inquiètent, et s'efforcent par tous les moyens de freiner le développement du programme français: s'il aboutit, les États-Unis perdront la maitrise du marché nucléaire et ne pourront plus imposer au monde entier leurs prix et leurs conditions comme par le passé.
Les angoisses de Carter devant la prolifération nucléaire n'ont pas d'autre secret: sous le discours moralisateur du Président américain, perce la crainte de voir son pays dépouillé du monopole nucléaire par l'irruption de la France sur le marché mondial.
« Le voilà, le débat essentiel sur le nucléaire, écrit Le Point (4) : qui va contrôler quoi? Qui va vendre quoi? Qui, le premier, deviendra maitre de l'atome? - Mais l'autre débat ? Celui qui passionne les Français, qui jette les enfants contre les gendarmes à Creys-Malville? Terminé. On a peur de l'écrire en toutes lettres: freiner l'effort en France et en Allemagne, c'est simplement aider l'Amérique ».
Telle est la substance du débat nucléaire français : ceux qui luttent contre le programme nucléaire militaire font le jeu de l'impérialisme soviétique - et ceux qui s'opposent au programme nucléaire civil font le jeu de l'impérialisme américain.
Bruno Touvenel
(1) " La gueule ouverte ", 9 avril 1975
(2) Unité de mesure de la radioactivité
(3) « Éléments », n.21-22, été 1977
(4) « Le Point», n.261, 19 septembre 1977

initiative nationale octobre 1977
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Que les hommes d'arme bataillent et que Dieu donne la victoire! (Jeanne d'Arc) Patriotiquement votre.

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