Messagepar Pat » 19/12/2008 - 11:42
L'hommage de Jean-Marie Le Pen
« Les mots sont bien pauvres, bien pauvres pour traduire la peine de notre cœur et le chagrin que nous éprouvons devant la disparition de notre camarade et de notre ami. Bien pauvres aussi pour dire la compassion que nous éprouvons à l'égard des siens : de son père et de sa mère, de Marie-France sa femme, de Nathalie et de Christophe, ses enfants, de Michel, son frère et de tous ceux qui l'aimaient.
« J'avais l'âge de ses enfants, quand je perdis moi-même mon père, et je voudrais leur dire ici, que le Front national les considérera comme ses pupilles. Oh ! pourquoi déguiser la peine. Votre présence, vous qui êtes venus de si loin, de tous les coins de France et même, je le sais, mon général, d'Afrique, spécialement, pour rendre à Jean-Pierre Stirbois, oh, non pas honneurs officiels, dont iI se moquait bien et qu'il méprisait mais le témoignage d'honneur que nous lui devions, pour une vie sacrifiée, fauchée au moment où l'on peut espérer les fruits de la maturité.
Un poète mort l'année où il est né écrivait que c'est l'âge de Jésus, d'Alexandre, des grands héros qu'on n'imagine pas en législateurs ou en notables, ceux qui sont venus apporter au monde, non pas la paix mais l'épée et qui traversent le ciel de l'histoire humaine comme des comètes brillantes et brèves.
L'épée
« J'ai trouvé le secret du destin de Jean-Pierre Stirbois dans la première phrase de son livre, avec ce si beau titre plein d'optimisme et en même temps dans sa plurialité de modestie : l'avenir nous appartient. A la première page, Jean-Pierre raconte comment il aborde le monde de la politique, par la rencontre qu'il fait avec son papa un jour de pêche d'un homme, d'un jeune homme, un jeune paysan de son voisinage qui va partir pour l'Indochine, dont c'est presque déjà l'agonie. Et quand il apprendra, quelques semaines plus tard, que cet homme-là est mort, le premier des sentiments qui meut les hommes politiques qui méritent ce nom, le possédera tout entier, c'est l'amour de la justice. C'est par amour pour la justice, par amour pour la France, que Jean-Pierre Stirbois, depuis son adolescence, s'est consacré passionnément au service de son pays. Et c'est au service de son pays qu'il est tombé au champ d'honneur des militants. Comme était tombé, il y a dix ans déjà, François Duprat, assassiné à la fin de la campagne électorale législative de 78. Il est tombé au bout d'une campagne dans laquelle il avait mis toutes les forces de son esprit, tout son talent, tout son enthousiasme, la défense de la grandeur et de la puissance française et européenne à travers la défense de la Nouvelle-Calédonie.
Passionnément
« Il ne s'était pas contenté d'aller passer là-bas quinze jours, quinze jours décisifs probablement pour l'avenir de l'île et pour' nous-mêmes puisque c'est retournée par sa foi et par ses arguments que la population de Nouméa a rejeté le projet qui lui était proposé. Mais il estimait que ce n'était pas encore assez faire. A peine revenu, dans la dernière semaine, il allait encore à Pau, à Nancy, à Dreux, la ville qu'il chérissait entre toutes, symbole de son éblouissante destinée politique. Oh ! Il avait commencé, bien sûr, très modestement puisque je crois qu'il y a dix ans, c'est avec 2,2 % qu'il avait commencé, mais il savait que la persévérance, le travail, le sacrifice finissent par porter des fruits.
« J'ai vécu avec lui ces dix ans, dix années riches d'expérience où nous devions, faute de maîtres en politique, trouver nos expériences dans le grand livre de l'histoire de France dans celle de ses héros, de ses martyrs et dans celle de ceux qui, plus près de nous encore, et plus près de lui, venaient de vivre l'agonie des abandons. en Indochine et en Algérie.
Persévérance
« Pour faire de la politique, il faut aimer les autres, il faut se sacrifier pour les autres et sacrifier les siens aux autres, parce que, oh ! aucune avanie n'aura été épargnée non plus à Jean-Pierre Stirbois, aucune infamie, même après sa mort, et sans doute ses camarades en connaîtront-ils aussi d'autres. Mais sa famille, sa vie personnelle menacée, la vie des siens perturbée, celle des enfants. Et pourtant vous devez tous être fiers d'avoir eu un tel père et un tel modèle.
« Je sais que Jean-Pierre qui, je l'ai dit, se moquait des honneurs, sera puissamment réconforté dans l'au-delà, où est partie son âme immortelle avant que nous le rejoignions, par votre présence chaleureuse et affectueuse, son Panthéon à lui, il est dans le cœur du peuple français, et c'est pour cela qu'il est immortel. C'est le peuple français qu'il aimait, c'est le peuple français surtout le plus humble, le plus pauvre et c'est pour cela qu'il avait voulu, pendant la campagne présidentielle, se consacrer aux villes à majorité communiste et, parce qu'il avait compris qu'il ne saurait y avoir de redressement et de renaissance nationale qu'avec l'appui et la participation du peuple, qu'il ne suffisait pas d'obtenir de celui-ci des blancs-seings formalistes à travers des abstentions de plus en plus grandes et, avec les moyens qui étaient les nôtres mais qui étaient ceux du regard, de la main, de la chaleur du cœur, petit à petit, il convertissait. C'était un militant dans tous les sens du terme, et c'est pour ça que les militants l'aimaient, capable d'assumer toutes les fonctions, des plus modestes aux plus apparemment honorifiques.
« Elu très jeune maire-adjoint de Dreux, il fut élu député européen, puis député à l'Assemblée nationale et conseiller régional. Ces élections-victoires ne l'affectèrent pas plus que les défaites apparentes qui suivirent. Il savait qu'en politique il faut de la patience, de l'opiniâtreté et du travail.
Un modèle
« Jean-Pierre Stirbois aura eu des obsèques de ministre, du ministre qu'il n'a pas été par l'aveuglement et la bêtise des hommes politiques. Mais les siens, tous les siens qui l'ont aimé, tous ceux de son mouvement, tous ceux du Front national peuvent être fiers de lui, parce que si nous déplorons cette perte immense, nous savons aussi qu'il faut que le grain meure et que c'est le meilleur qui souvent donne les plus belles récoltes.
« Jean-Pierre, pour les quelques minutes qui nous restent encore et qui s'écoulent comme le sable des plages aux doigts des enfants, laisse-moi te dire qu'il y a longtemps que j'avais percé la rigueur de ton personnage et l'apparente sévérité de ton visage. Je savais, comme l'a dit tout à l'heure le prêtre perspicace entre tous, que sous cette cuirasse tu cachais une sensibilité trop forte, une timidité, et que c'est en t'appuyant sur elle, que tu trouvais le courage de te dépasser toi-même.
Le courage
« Où tu es, vont t'accueillir, ou t'ont déjà accueilli, tous ceux qui t'ont précédé : les soldats, les héros, les martyrs, tous ceux qui, plus près de nous, furent tes collègues, Michel de Camaret et ces trois mousquetaires italiens qui partirent presque en l'espace d'une semaine. Ils t'attendent là-bas, avec François Duprat, les militants tombés dans les combats modestes des campagnes électorales et dont Yvan Darfeuil, jeune militant, tué accidentellement à 20 ans lors de la campagne de Toulouse. Demeure l'exemple. Tu aurais pu, tu aurais dû être non seulement un homme politique mais un homme d'Etat. Le destin et Dieu dans ses volontés insondables, en ont décidé autrement. Sache que nous ne t'oublierons pas et que notre fidélité au combat commun t'est acquise du haut jusqu'en bas, au sein de ce peuple pour lequel tu t'es tant battu, que tu as tant aimé.
« Adieu, Monsieur le Secrétaire général du Front national. « Au revoir, Jean-Pierre. »
(Texte intégral)
National Hebdo du 17 au 23 novembre 1988

Que les hommes d'arme bataillent et que Dieu donne la victoire! (Jeanne d'Arc) Patriotiquement votre.