L'état dans lequel se trouve l'énorme administration qui s'est arrogé le monopole de l'éducation de nos enfants est si déplorable que ceux qui tâchent de la gouverner en sont réduits à faire une chose dont ils se gardent bien d'ordinaire : faire appel au bon sens. Ainsi a-t-on de nouveau le droit de dire tout haut qu'on est favorable à l'uniforme à l'école ou qu'on s'oppose à la mixité.
Il est toujours fascinant de voir des gens devenir ministres sans avoir apparemment d'idée bien précise de ce qu'il conviendrait de faire. Ainsi, M. Darcos, ministre des écoles, lorsqu'on lui parle de l'uniforme, considère-t-il que "la question mérite d'être posée". Même chose à propos de la mixité des écoles. Or, il suffit d'interroger n'importe qui autour de soi pour se rendre compte que tout le monde a une opinion déjà faite, et en général bien arrêtée, sur ces deux questions.
Chut! le ministre réfléchit!
Il s'agit en effet d'une question qui concerne tout le monde. Bien plus importante dans la vie des parents et des écoliers que celle de la fameuse parité dont on nous rebat les oreilles depuis des années, qui n'intéresse que quelques agités et qui a donné l'occasion de construire quelques usines à gaz comme nos gouvernements et notre administration (on ne discerne plus toujours la différence entre les deux) ont le secret.
Et, même à propos de la parité, il est sûrement possible de trouver des solutions très simples. Par exemple, de mon point de vue, pourquoi ne pas convenir que, pour les élections législatives, au lieu d'élire les candidats un par un, on en élise deux d'un coup par circonscription ? Ainsi, chaque homme qui désirerait se présenter devrait susciter la vocation chez une femme, et inversement. Voilà un excellent moyen de charger le personnel politique de susciter les vocations.
Cependant, les commissions et les comités que les ministres réunissent n'aiment guère les solutions simples, et plus leurs membres se prononcent contre le bon sens, mieux ils croient remplir leur mission et plus ils se croient intelligents.
Quant à l'abandon de la mixité comme à la question de l'uniforme à l'école, la question n'est pas du tout de savoir si ces mesures sont utiles toujours et partout. Finissons-en avec cette rage égalitariste qui voudrait mettre tout le monde à la même enseigne. À vrai dire, qui mieux que le chef d'établissement peut juger de leur utilité? Qui mieux que les parents peut savoir ce qui convient le mieux à leurs propres enfants ?
Aussi, soyons sûrs que l'instauration de la seule véritable liberté scolaire, c'est-à-dire le libre choix de l'école au moyen du chèque scolaire, entraînerait le règlement rapide de ces deux questions. Et de quelques autres, comme celle du choix entre la fameuse "méthode globale", pour apprendre à (mal) lire, ou de la méthode syllabique qui avait fait ses preuves à peu près depuis l'invention de l'alphabet.
Les gars en chocolat ...
Reste que l'idée de donner exactement la même éducation aux filles qu'aux garçons, et de la leur donner ensemble, est aussi absurde que celle d'ignorer délibérément que les êtres humains sont inégalement doués. Mais toute idéologie qui tend à mettre le signe "égal" entre les choses et les personnes, même et surtout si elles sont visiblement inégales, recueille sur-le-champ l'approbation des pédagogues et des psychologues officiels de l'Éducation nationale.
On a beaucoup prétendu que les différences entre garçons et filles ne devaient rien à la nature, et qu'on "fabriquait" des garçons et des filles par un conditionnement qui commençait dès la naissance. Et même dès le ventre de la mère !
Mais comment faire autrement que de prétendre que ce conditionnement commence si tôt, pour tenter de masquer ce que tout le monde voit : que les hommes et les femmes ne font à peu près rien de semblable? Tous ceux qui ont organisé un goûter d'anniversaire savent qu'on a peu de chance de voir les petites filles arriver déguisées en Zorro, ou les petits garçons en fées.
... et les filles à la vanille
Lâchons des enfants dans une cour de récréation. On verra les petites filles organiser des marelles et des jeux de l'élastique dans un coin de la cour; les garçons, eux, se mettront aussitôt à courir dans tous les sens et à occuper toute la place dont ils disposent. Ce sont des observations que chacun fait tous les jours. Aussi est-il curieux de voir que ceux qui observent ces différences et les recensent dans des livres passent facilement pour des penseurs profonds; on songe au psychologue Tony Anatrella ou au pédiatre Aldo Naouri, sans parler du fameux livre américain intitulé "Les Hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus". Mais ce n'est là que justice : la vraie science n'est-elle pas de s'incliner devant les faits?
Il est vrai que la génération qui nous gouverne et nous informe a tendance à penser qu'il Y a eu un certain type d'humanité des origines à 1968, mais que, depuis les proclamations faites du haut des barricades par quelques chevelus, la marche du monde obéirait à de nouvelles règles, édictées par les psychologues freudiens et les philosophes existentialistes. Devant leurs échecs, cependant, ils finissent par "s'interroger" et cherchent si vraiment il n'y aurait pas, après tout, une différence entre les garçons et les filles, les génies et les crétins, le bien et le mal !
Laissez-nous vivre!
On laisserait volontiers les ministres et leurs conseillers "s'interroger" ainsi dans leur coin, sans s'occuper d'eux. Mais si les gouvernements semblent bien être dans la Lune, les contribuables et autres assujettis, eux, sont sur Terre. Et le malheur est que l'État a tellement pris en charge tous les détails de la vie de tous les jours que cet immobilisme quasi fanatique est devenu une maladie mortelle pour la France.
Ce qui pourrait faire sourire devient donc, pour tous ceux qui aiment leur pays, un motif de combattre les incapables et les timorés qui le gouvernent. Fille ou garçon ... voilà une chose que tout le monde peut comprendre.
P.L. FDA novembre 2003



