La chronique syndicale de septembre 2007

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Pat
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La chronique syndicale de septembre 2007

Messagepar Pat » 30/09/2007 - 21:38

Syndicalisation toujours en baisse —

Quel est le taux réel de syndicalisation des salariés français ? A cette question que se posent en permanence les observateurs de notre vie syndicale, deux des meilleurs observateurs de celle-ci ont répondu. Il s'agit de Dominique Andolfatto et de Dominique Labbé, qui viennent de remettre au ministère de l'Emploi qui la leur avait commandée une étude intitulée « Les syndiqués en France 1990-2006 ».

Selon eux ce taux s'élèverait à 7%, avec des chiffres d'effectifs bien inférieurs à ceux qu'avancent les organisations syndicales. En fait, ce taux est bien inférieur dans le secteur privé et il porte sur des données arrêtées l'année dernière, alors que la désyndicalisation semble s'être accélérée cette année. Ceci alors que l'Etat a placé, depuis la guerre, les syndicats au centre du jeu social français et qu'il les subventionne largement par divers canaux.

Que serait-ce s'ils n'étaient pas ainsi portés à bout de bras par la puissance publique ? D'après le rapport Hadas-Lebel remis l'an passé au premier ministre, les cotisations apportent beaucoup moins que la moitié des recettes des syndicats. En d'autres termes, s'ils cessaient d'entretenir des permanents qui, entre autres tâches, collectent les adhésions et les cotisations, non seulement leur représentativité, déjà faible, diminuerait encore, mais ils seraient menacés de disparition pure et simple.

Il est urgent de repenser la façon dont les salariés, surtout ceux du secteur privé, doivent être représentés au sein de la société.

— Faiblesse accrue des syndicats —

Que ne nous avait-on pas promis avant les vacances, du côté syndical, y compris chez les enseignants, si à la rentrée le gouvernement persistait dans ses projets de réformes ! Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, n'avait pas hésité à menacer, dans un entretien avec un journaliste du « Parisien » : « Il est évident qu'il y aura des conflits à la rentrée, Coupe du monde ou pas. » On en frémissait d'avance dans les couloirs de certains ministères.

Le service minimum dans les transports terrestres de voyageurs a été voté, les franchises médicales sont créées, la réduction du nombre des fonctionnaires est maintenue et affecte principalement l'Education nationale, l'autonomie des universités est acquise, aucun coup de pouce au SMIC n'a été donné, la réforme des heures supplémentaires a eu lieu… Quant aux autres projets, ils restent à l'ordre du jour et devraient se concrétiser avant la fin de l'année.

Or, jamais rentrée scolaire n'a été aussi calme que celle qui vient d'avoir lieu, la Coupe du monde de rugby se déroule sans problème et Bernard Thibault se montre à présent plutôt compréhensif, comme ses homologues des autres confédérations, d'ailleurs. Les matamores et les tranche-montagne d'hier se sont faits interlocuteurs complaisants. Que s'est-il donc passé ?

D'une part, le climat chez les salariés, fonctionnaires y compris, est moins propice que jamais à des appels à la mobilisation. D'autre part, les organisations syndicales sont conscientes qu'elles continuent à s'affaiblir : les cotisations rentrent mal, les militants s'évanouissent, beaucoup de structures d'encadrement apparaissent progressivement aux yeux de tous comme des coquilles vides, voire n'existent plus que sur le papier, les ressources financières des confédérations dépendent de plus en plus d'aides contrôlées par le gouvernement. Si l'on ajoute que le conseiller social du président de la République est Raymond Soubie, un homme qui sait parler aux syndicats avec intelligence et fermeté…

En vérité, jamais la situation n'a été aussi favorable pour réformer ce qui doit l'être, à commencer par notre système de représentation des salariés, et le gouvernement serait bien coupable s'il n'en profitait pas.

— CGT : des scandales dévoilés —

Partout où la CGT est majoritaire et a pu constituer des bastions solidement tenus en mains par le Parti communiste, ses militants ont usé de pratiques délictueuses sur lesquelles, en haut lieu, on a toujours fermé les yeux. L'affaiblissement du parti et de sa confédération syndicale va-t-il conduire à la mise à jour de ces pratiques ?

Le petit livre « Spéciale dernière » qu'Emmanuel Schwartzenberg vient de consacrer aux scandales jalonnant les activités de la Fédération CGT du Livre depuis la guerre est à cet égard exemplaire.

L'auteur, journaliste de profession, commence par rappeler que, sans adhésion à un syndicat de cette fédération, nul ne peut, aujourd'hui encore, espérer travailler dans l'imprimerie d'une entreprise de presse quotidienne. Forte de ce monopole, la CGT a pu imposer des salaires plus élevés que dans d'autres branches, sur lesquels elle prélève une dîme importante sous forme de cotisation syndicale. Là réside l'un des handicaps de la presse française.

Quant aux scandales auxquels cette toute-puissance donne lieu, ils sont aussi variés que nombreux. Un jour, le patron de la Socpresse, plus vigilant que d'autres, s'aperçut que ces curieux syndicalistes détournaient chaque mois 200 tonnes de papier journal qui prenaient le bateau pour Cuba et servaient à diffuser la propagande de Fidel Castro. Il n'eut toutefois d'autre choix que de fermer les yeux, sinon les journaux de son groupe auraient souffert de difficultés d'impression…

Un autre jour, à Saint-Ouen, on découvrit dans un hangar des NMPP 5.000 fusils tout neufs provenant d'un détournement opéré en 1980 dans les stocks de Manufrance en faillite. La direction des NMPP ne put faire autrement que d'en informer la justice, mais elle se garda de porter plainte : la distribution des journaux risquait de s'en trouver perturbée…

Dans tous les autres bastions gérés par des communistes de la CGT on trouverait de tels scandales si l'on décidait d'y aller voir. L'exemple d’Emmanuel Schwartzenberg va-t-il faire des émules ? L'assainissement de la vie syndicale française passe en tout cas par là.

Chronique économique, syndicale et sociale
Morvan Duhamel http://www.polemia.com/
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Que les hommes d'arme bataillent et que Dieu donne la victoire! (Jeanne d'Arc) Patriotiquement votre.

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