Dans "L'Impasse" (à paraître le 24 septembre chez Flammarion), Lionel Jospin, cité par Libération, affirme que la présidente de la région Poitou-Charentes était "une candidate qui était la moins capable de gagner" et, surtout, "une illusion".
Il juge par ailleurs que Ségolène Royal est "une personnalité (qui) n'a pas les qualités humaines ni les capacités politiques" pour remettre le Parti socialiste en ordre de marche et "espérer gagner la prochaine présidentielle". Selon lui, elle est "une figure seconde de la vie publique" qui n'est "pas taillée pour le rôle" de premier secrétaire du PS. "Avoir commis une erreur (en la désignant) ne justifie pas qu'on la réitère" affirme-t-il.
Dimanche, lors d'une "journée de réflexion" organisée par ses proches à Paris, M. Jospin avait estimé que le prochain congrès du PS, prévu en 2008, était "un congrès très important" et ne devait pas être un congrès "transitoire". Il avait également affirmé que le PS avait "besoin d'être au clair sur son rapport au monde, à la réalité, et à lui-même".
Après sa défaite à la présidentielle, Ségolène Royal avait dans un premier temps laissé entendre qu'elle envisageait de briguer la direction du parti, mais n'a pas concrétisé dans les faits.
Revenant sur le dernier scrutin présidentiel, M. Jospin estime que Ségolène Royal n'était pas en mesure de l'emporter "non pas parce qu'elle était une femme, mais parce que j'avais pu me faire une idée assez exacte de ses qualités, notoires, et de ses insuffisances, réelles". Il dénonce notamment la mise à l'écart du parti par la candidate, assurant que c'est "une lourde erreur pour un leader, que de laisser décrier sa propre formation politique".
Il pointe également dans les discours de Mme Royal sur la démocratie participative ou les jurys citoyens, des thèmes appartenant "d'habitude à l'extrême-droite ou aux mouvements populistes" et estime qu'elle a mené une campagne relevant souvent plus de "l'art de communiquer que de gouverner". Il lui reproche, selon Libération, d'avoir mené une campagne "enfermée dans un face-à-face narcissique avec l'opinion", en refusant la confrontation "sur le fond" avec le candidat UMP Nicolas Sarkozy.
L'ouvrage de M. Jospin, qui annonça au soir de sa défaite au premier tour de la présidentielle de 2002 son retrait de la vie politique, devait sortir le 24 septembre. Libération précise en avoir reçu un exemplaire d'un "interlocuteur (...) l'ayant tout simplement acheté dans une ville de province, où il avait été accidentellement mis en place. Et rapidement retiré". Mme Royal, qui a quitté la France dimanche pour un déplacement au Québec, n'a pas immédiatement réagi à la publication des extraits de Libération.
source: AFP


