Lu dans le Midi Libre, via les Pères Fondateurs. Vous remarquerez que le nom de l'agresseur n' est pas mentionné. Je vous laisse deviner pourquoi ... Par ailleurs, je reste sceptique quant à l'accusation de "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner". Notre société où explosent les violences contre les personnes devrait s'interroger sur ce dernier point. A partir de quand un coup de tête ou un coup de pied à la tête devient "intentionnellement criminel". Lorsqu'un coup est potentiellement mortel, l'intention de donner la mort ne réside pas forcément dans un processus mental, mais dans le simple fait de délivrer ce coup. Oserait-on dire qu'un coup de couteau au torse ou un coup de feu n'est pas délivré "sans intention de donner la mort" ? Combien de victimes faudra-t-il encore avant que l'on ose ouvrir le débat de la répression de la violence physique "désarmée" ?
Plongé dans un coma dépassé depuis vendredi soir, un jeune habitant de Castries est décédé, hier, à l'hôpital, des suites de ses blessures. Ce drame de la violence gratuite est consécutif à une simple affaire de ballon de foot. .. « Le bilan, c'est que l'un est décédé et que l'autre, en garde à vue, a gâché sa vie à cause d'un coup de pied. Mais un seul coup peut tuer », résume un gendarme.
Avant-hier soir, vers 20 h, Julien Rault, climaticien de 24 ans, rentrait de Montpellier en voiture, avec sa compagne, avec laquelle il s'est récemment installé à Castries. En entrant dans le village, il longe l'avenue du Moulin-à-Vent lorsqu'à hauteur du Marché U, sa voiture percute un ballon que cinq jeunes jouant sur le parking voisin avaient laissé échapper.
Il s'arrête et descend du véhicule. Que s'est-il alors passé ? Les gendarmes de la compagnie de Lunel tentent de le déterminer avec précision. Il semblerait que l'un des individus s'est avancé et qu'une bagarre a aussitôt éclaté avec la victime. Julien Roult a reçu un violent coup de pied au visage avant de chuter lourdement sur le trottoir, sur la tête. L'intervention rapide des pompiers de la commune n'a pas suffi : il a sombré dans le coma sous les yeux de son amie.
L'autopsie à venir devrait permettre de dire quel coup a provoqué cette issue fatale. Toujours est-il que le climaticien n'aurait pas eu un comportement belliqueux. « Il est descendu de sa voiture les bras ballants, comme une personne qui vient juste dire à une autre : "Fais attention avec ton ballon", rapporte un proche de l'enquête. Aucun élément n'indique que la victime a eu une attitude agressive, physiquement ou verbalement. »
Si, juste après l'altercation, les cinq protagonistes se sont enfuis, ils ont été rapidement retrouvés. En fait, l'un des témoins s'est rendu vers minuit à la brigade, permettant l'interpellation des autres, et notamment du suspect principal, un Castriote de 20 ans, arrêté hier, à 6 h, chez lui.Apparemment, il ne connaissait pas son rival. Il devrait être présenté aujourd'hui au parquet en vue d'une mise en examen pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner".
Hier après-midi,
Claudine Vassas-Mejri, première adjointe à Castries, a déploré « cette violence gratuite. Malgré nos efforts, il y a toujours une frange de personnes que l'on n'arrive pas à intégrer. Il va falloir encore accentuer le travail de collaboration entre la police municipale, les gendarmes, les travailleurs sociaux pour être au plus près des jeunes. »
A côté d'elle, comme ils en ont l'habitude, de nombreux jeunes jouent à la balle. Certains évoquent des bagarres plus fréquentes à Castries ces derniers temps, où la violence serait plus prégnante. Un autre arrive, ballon de basket à la main, pas encore au courant. « C'est fou d'en arriver là pour un ballon !
Il faut discuter mais, parfois, il faut aussi que ça saigne », lance-t-il sans rire, avant de partir s'entraîner.
il y a toujours une frange de personnes que l'on arrive pas à intégrer"
ça laisse peu de doutes sur l'origine de ces "jeunes" .
