N’en déplaise à Xavier Bertrand, pour qui cette rentrée sociale sera «comme les autres», le mois de septembre devrait être rude pour l’enseignement français, visé par un rapport et un documentaire accablants.
Le primaire visé par un rapport
Selon un rapport critique du Haut Conseil de l'éducation (HCE), l’enseignement primaire n’est pas à la hauteur, notamment dans le traitement de l'échec scolaire précoce.
Le texte, qui doit en principe être rendu public le lundi 27 août, s’appuie sur un précédent rapport, remis en 1998 à Ségolène Royal, alors ministre déléguée à l'enseignement scolaire. Intitulé «Améliorer l'efficacité de l'école primaire», il mettait également en cause le système éducatif français, estimait à «25 % d'une classe d'âge la proportion des élèves en difficulté ou en grande difficulté à l'entrée du collège» et appelait à un «recentrage» sur les apprentissages.
Dix ans plus tard, les conclusions devraient être, peu ou prou, les mêmes : l'inspecteur général Jean Ferrier, auteur du rapport de 1998, a été auditionné par le HCE et «devrait tout à fait se retrouver dans notre texte», assure un des auteurs cité par «Le Monde».
«Un grand corps malade»
Autre coup de canif dans le mammouth, le documentaire d’Emmanuel Amara et Jean-Philippe Amar, « Education nationale, un grand corps malade», diffusé sur Canal + le 3 septembre à 20h55. L’enquête, menée pendant un an, démontre étape par étape les absurdités d’un système qui fabrique de plus en plus de bacheliers (83,3% de reçus pour l'édition 2007) sans penser leur accompagnement en université. Chaque année, 160.000 d’entre eux quittent la fac sans qualification. Un fiasco.
La force du documentaire, ce sont les témoignages. «C'est une escroquerie monstrueuse de dire : “vous avez le bac, vous allez en fac”», assène un professeur de lettres qui rappelle qu'on compte 50% d'échec la première année. «Le bac présente un enjeu capital, c'est le paravent du désastre, renchérit un professeur de français. Si on enlève le paravent, on va découvrir les ruines».
Une professeur d'anglais affirme donner à ses élèves des cours de grammaire française pour leur permettre d'apprendre la grammaire anglaise. A peine un quart des collégiens maîtriseraient les enseignements de base, 15% d’entre eux auraient des difficultés en la lecture à leur entrée en sixième. De quoi tirer la sonnette d’alarme.
Ces deux documents à charge arrivent au plus mauvais moment : le ministre de l’Education nationale Xavier Darcos vient d’annoncer que plus de 11.000 postes seraient supprimés en 2008.
rapport accablant...
rapport accablant...
DEBOUT..................NOUS VAINCRONS
PARIS (Reuters) - Quatre élèves sur dix sortent de l'école primaire avec de graves lacunes et 15% sont en grande difficulté, affirme le Haut conseil à l'éducation (HCE) dans le rapport à la tonalité alarmante qu'il a remis à Nicolas Sarkozy.
"Si le collège, considéré par beaucoup comme le 'maillon faible', a suscité depuis 20 ans débats et polémiques (...), notre école primaire se porte moins bien que l'opinion publique l'a cru longtemps", peut-on lire dans le document d'une trentaine de pages présenté au chef de l'Etat par Bruno Racine, le président du HCE.
"Chaque année, quatre écoliers sur dix, soit environ 300.000 élèves sortent du CM2 avec de graves lacunes. Près de 200.000 d'entre ont des acquis fragiles et insuffisants en lecture, écriture et calcul. Plus de 100.000 n'ont pas la maîtrise des compétences de base dans ces domaines", écrivent les auteurs du rapport.
Selon leurs calculs, si 60% des élèves obtiennent des résultats "acceptables ou satisfaisants", 25% ont des "acquis fragiles" et 15% connaissent des difficultés "sévères ou très sévères".
Autre constat inquiétant des experts du HCE: l'école n'aide pas à gommer les inégalités de départ entre les enfants.
"Elle ne parvient pas, malgré la conscience professionnelle de son corps enseignant, à réduire des difficultés pourtant repérées très tôt chez certains élèves et qui s'aggraveront tout au long de leur parcours de vie", dit le rapport.
Pire, l'école primaire "semble s'être résignée à l'échec des élèves qui accumulent les insuffisances". Elle se révèle en outre "globalement incapable de mettre en place un soutien et un rattrapage efficaces".
L'école maternelle, où les enfants sont reçus de trois à six ans, n'est pas épargnée par le rapport, qui juge qu'elle "ne met pas tous les enfants dans les conditions de réussir l'école élémentaire".
LE SPORT DANS LE SOCLE DE COMPETENCES?
Et les auteurs d'enfoncer le clou: "la question de la responsabilité de l'école maternelle dans l'échec scolaire à long terme ne peut pas être éludée", écrivent-ils.
Pour expliquer ces lacunes, le rapport avance plusieurs pistes. Il constate tout d'abord un manque de coordination. Les élèves ont souvent plusieurs maîtres, notamment en raison du nombre d'enseignants travaillant à temps partiel (un professeur des écoles sur dix).
Le rapport souligne aussi que les ressources humaines, aujourd'hui "mal réparties", devraient être consacrées "à l'amélioration du soutien collectif et individualisé des élèves" - dont Nicolas Sarkozy avait fait l'une de ses promesses de campagne présidentielle.
Dans son discours de politique générale début juillet, François Fillon a annoncé la mise en place "sans délai" des études dirigées. La mesure sera appliquée dans tous les collèges à la rentrée 2008 et dans toute la chaîne scolaire en 2011.
Le HCE suggère que les professeurs soient mieux formés dans des domaines comme la prévention des difficultés d'apprentissage, l'évaluation des élèves et les relations entre les enseignants et les parents.
Nicolas Sarkozy souhaite qu'un débat s'engage sur les conclusions du rapport, notamment la question des inégalités et du rôle de la maternelle, a fait savoir son porte-parole, David Martinon, après le rendez-vous.
La remise du rapport, qui s'est tenue en présence du ministre de l'Education Xavier Darcos, a été l'occasion pour le président de renouveler "sa très grande confiance dans le monde enseignant", a-t-il ajouté.
Le rapport a été accueilli avec prudence par les syndicats d'enseignants. Selon le SNUipp, principale organisation dans le primaire, il "noircit le tableau de l'école primaire". "Pour autant, la situation des élèves en difficulté scolaire est insupportable", souligne un communiqué.
Composé de neuf membres, le Haut conseil à l'Education a été mis en place par la loi d'avril 2005, dite loi Fillon, sur l'éducation.
C'est cette même loi qui avait instauré un socle de connaissances et de compétences que doivent acquérir les élèves à la fin de la scolarité obligatoire, à 16 ans.
Un socle auquel Nicolas Sarkozy souhaite introduire le sport comme matière de référence, selon son porte-parole.
"Si le collège, considéré par beaucoup comme le 'maillon faible', a suscité depuis 20 ans débats et polémiques (...), notre école primaire se porte moins bien que l'opinion publique l'a cru longtemps", peut-on lire dans le document d'une trentaine de pages présenté au chef de l'Etat par Bruno Racine, le président du HCE.
"Chaque année, quatre écoliers sur dix, soit environ 300.000 élèves sortent du CM2 avec de graves lacunes. Près de 200.000 d'entre ont des acquis fragiles et insuffisants en lecture, écriture et calcul. Plus de 100.000 n'ont pas la maîtrise des compétences de base dans ces domaines", écrivent les auteurs du rapport.
Selon leurs calculs, si 60% des élèves obtiennent des résultats "acceptables ou satisfaisants", 25% ont des "acquis fragiles" et 15% connaissent des difficultés "sévères ou très sévères".
Autre constat inquiétant des experts du HCE: l'école n'aide pas à gommer les inégalités de départ entre les enfants.
"Elle ne parvient pas, malgré la conscience professionnelle de son corps enseignant, à réduire des difficultés pourtant repérées très tôt chez certains élèves et qui s'aggraveront tout au long de leur parcours de vie", dit le rapport.
Pire, l'école primaire "semble s'être résignée à l'échec des élèves qui accumulent les insuffisances". Elle se révèle en outre "globalement incapable de mettre en place un soutien et un rattrapage efficaces".
L'école maternelle, où les enfants sont reçus de trois à six ans, n'est pas épargnée par le rapport, qui juge qu'elle "ne met pas tous les enfants dans les conditions de réussir l'école élémentaire".
LE SPORT DANS LE SOCLE DE COMPETENCES?
Et les auteurs d'enfoncer le clou: "la question de la responsabilité de l'école maternelle dans l'échec scolaire à long terme ne peut pas être éludée", écrivent-ils.
Pour expliquer ces lacunes, le rapport avance plusieurs pistes. Il constate tout d'abord un manque de coordination. Les élèves ont souvent plusieurs maîtres, notamment en raison du nombre d'enseignants travaillant à temps partiel (un professeur des écoles sur dix).
Le rapport souligne aussi que les ressources humaines, aujourd'hui "mal réparties", devraient être consacrées "à l'amélioration du soutien collectif et individualisé des élèves" - dont Nicolas Sarkozy avait fait l'une de ses promesses de campagne présidentielle.
Dans son discours de politique générale début juillet, François Fillon a annoncé la mise en place "sans délai" des études dirigées. La mesure sera appliquée dans tous les collèges à la rentrée 2008 et dans toute la chaîne scolaire en 2011.
Le HCE suggère que les professeurs soient mieux formés dans des domaines comme la prévention des difficultés d'apprentissage, l'évaluation des élèves et les relations entre les enseignants et les parents.
Nicolas Sarkozy souhaite qu'un débat s'engage sur les conclusions du rapport, notamment la question des inégalités et du rôle de la maternelle, a fait savoir son porte-parole, David Martinon, après le rendez-vous.
La remise du rapport, qui s'est tenue en présence du ministre de l'Education Xavier Darcos, a été l'occasion pour le président de renouveler "sa très grande confiance dans le monde enseignant", a-t-il ajouté.
Le rapport a été accueilli avec prudence par les syndicats d'enseignants. Selon le SNUipp, principale organisation dans le primaire, il "noircit le tableau de l'école primaire". "Pour autant, la situation des élèves en difficulté scolaire est insupportable", souligne un communiqué.
Composé de neuf membres, le Haut conseil à l'Education a été mis en place par la loi d'avril 2005, dite loi Fillon, sur l'éducation.
C'est cette même loi qui avait instauré un socle de connaissances et de compétences que doivent acquérir les élèves à la fin de la scolarité obligatoire, à 16 ans.
Un socle auquel Nicolas Sarkozy souhaite introduire le sport comme matière de référence, selon son porte-parole.
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