Gouvernement : le grand retour du politiquement correct

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Pat
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Gouvernement : le grand retour du politiquement correct

Messagepar Pat » 20/08/2007 - 19:00

La campagne présidentielle de 2007 a été marquée par une certaine libération de la parole : critique des trente-cinq heures et « ordre juste » pour Ségolène Royal, mise en cause de l’excès de pouvoir des médias par François Bayrou, proposition de créer un « ministère de l’immigration et de l’identité nationale » pour Nicolas Sarkozy. Mais l’élection passée, la récréation est finie. Le politiquement correct a repris ses droits et l’idéologiquement conforme s’impose à nouveau.
Explications :

1/Le « vocabulairement correct » s’impose
En qualifiant de « salope ! », dans une conversation privée, une adversaire politique, Mme Comparini, Patrick Devedjian, secrétaire général délégué de l’UMP, a déclenché un tohu-bohu médiatique disproportionné lui valant la condamnation de ses pairs et du président de la République lui-même.

2/L’ « ouverture » confirme spectaculairement que la gauche est meilleure que la droite
Alors que Nicolas Sarkozy s’est fait élire sur le thème d’une droite décomplexée, l’ « ouverture » telle qu’elle est faite revient à reconnaître à nouveau la supériorité de la gauche :
– en termes de compétence, puisqu’il a été reconnu à droite que seul Dominique Strauss-Kahn avait l’image internationale suffisante pour prétendre devenir directeur général du Fonds monétaire international (FMI) ;
– en termes moraux, puisque c’est Martin Hirsh qui est chargé de lutter contre les pauvretés, et qu’il se réserve le droit d’avoir une conception étroite de la solidarité gouvernementale ; quant à Bernard Kouchner, il est chargé de donner une image humanitaire de la politique étrangère ;
– en termes d’équilibre politique, puisqu’il n’y a jamais eu à gauche une ouverture d’une telle ampleur, la frontière de la diabolisation commençant pour elle à la droite du… centre gauche.

3/ L’ « ouverture » est aussi la conséquence de l’idéologie unique

Enfin, les maîtres mots retenus pour établir la composition du gouvernement n’ont pas été ceux d’efficacité, d’expérience et de compétence renvoyant aux qualités individuelles des postulants mais ceux de « parité » et de « diversité » renvoyant aux exigences d’images médiatiques au regard de l’idéologie dominante.
La campagne présidentielle a été construite sur un affrontement bloc contre bloc et la sociologie économique et culturelle de l’électorat de Nicolas Sarkozy a été profondément différente de celle de Ségolène Royal. En revanche, l’ouverture confirme que, s’il est possible (et même souhaitable, en termes d’efficacité politique) de s’opposer durant les campagnes électorales, le gouvernement ne peut agir que sur la base de l’idéologie dominante, idéologie dominante qui sert de socle de référence commun aux formations de gouvernement.
Ainsi la proposition de Dominique Strauss-Kahn comme futur patron du FMI confirme, s’il en était besoin, la soumission commune des principales forces politiques à la conception mondialiste de l’organisation du Monde ; les orphelins de DSK au PS envisagent d’ailleurs d’appeler leur courant : « mondial-démocrate ».
De même, loin d’être anecdotique, la nomination comme secrétaire d’Etat de Fadela Amara, présidente de « Ni putes ni soumises », représente la promotion au sein de l’appareil gouvernemental d’un cadre de SOS-Racisme confirmant le rôle dominant de l’idéologie « antiraciste ».
L’une des premières mesures gouvernementales adoptées a d’ailleurs été prise par Rachida Dati qui a activé dans les tribunaux la création de « pôles de lutte contre la discrimination », la lutte contre les discriminations conduisant les particuliers, et surtout les entreprises, à pratiquer préventivement la « discrimination positive » en faveur de « minorités visibles ».
Cette attitude vient d’être spectaculairement illustrée par L’Oréal : sa filiale Garnier venant d’être condamnée pour discrimination pour des faits très anciens et peu établis, le PDG de L’Oréal, le Neuilléen Jean-Paul Agon, a déclaré au « Monde » du 13 juillet 2007 : « Lorsque nous rencontrons un candidat qui a un prénom d’origine étrangère, il a plus de chance d’être recruté que celui qui porte un prénom français de souche. » Prudemment occultée le temps de la campagne électorale, la « discrimination positive », c'est-à-dire la discrimination contre les Français de souche, revient en force sous la menace du bâton judiciaire et médiatique.

4/ La liberté de parole et de pensée remise au magasin des accessoires


La campagne électorale a été une parenthèse dans le « politiquement correct », une parenthèse de liberté de parole et d’affranchissement par rapport au politiquement correct pour tenir compte de la pression des électeurs. La parenthèse est refermée. La récréation est finie. La banquise s’est refermée. La glaciation idéologique a repris ses droits. Jusqu’à quand ?

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16/07/07
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Que les hommes d'arme bataillent et que Dieu donne la victoire! (Jeanne d'Arc) Patriotiquement votre.

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