Messagepar Danisiam » 10/07/2007 - 6:19
et aussi des bacheliers analphabetes
La religion du baccalauréat a fait plus de tort à la France que toutes les décisions erronées des gouvernements successifs, qu’elle explique d’ailleurs pour une large part, puisqu’elle est à la racine de la diplômanie qui a engendré nos élites factices. On a peu à peu persuadé les Français qu’un jeune homme ou une jeune fille dépourvu de baccalauréat était une sorte d’infirme, un sous-citoyen voué aux tâches subalternes, aux emplois précaires et sous menace constante d’un chômage pratiquement mérité.
De sorte que s’est répandue dans notre jeunesse une anxiété diffuse, voire même une culpabilisation stressante et le sentiment dévalorisant que, sans le baccalauréat, on ne comptait plus, on n’était quasiment rien, et qu’on n’avait plus le droit d’espérer s’élever dans la société.
Bien entendu, la vérité est tout autre. Et il convient de rappeler que 60 % des chefs d’entreprise, qui constituent les vraies « forces vives » de la nation, n’ont pas le baccalauréat et s’en passent fort bien. Quant à ceux qui le possèdent, avec un + 2, + 3 ou davantage, les preuves n’abondent pas de leur efficacité supérieure, et l’on a même vu de brillants parcheminés, tout droit sortis de la cuisse de Jupiter et parachutés au sommet de grandes entreprises, se planter royalement et les conduire au bord de la faillite.
Cependant, le baccalauréat continue de fasciner les foules, surtout les parents, toujours inquiets pour leur progéniture, et qui ont adopté massivement le célèbre leitmotiv : « Tu feras ce que tu veux, mais passe ton bac d’abord ! ». Du coup, la démagogie s’est emparée de cet examen, conçu comme un baume pour adolescents désorientés et parents angoissés, et la classe politique unanime a proclamé que nous devions obtenir 80 % de bacheliers sur le total des candidats, ce qui était un objectif absurde.
Nous l’avons pourtant pratiquement atteint, mais au prix d’une baisse continuelle de la qualité des épreuves. À ce sujet, un de nos lecteurs m’écrit :
« Correcteur au bac cette année encore, je suis comme la plupart de mes collègues de toutes les matières, lassé d’avaler des couleuvres de plus en plus indigestes. Quand j’ai passé l’épreuve d’anglais, il y a 20 ans, les questions n’avaient pas grand-chose à voir avec celles que l’on me demande de corriger aujourd’hui… Jugez plutôt : après avoir proposé aux candidats un texte littéraire (qui est de nos jours souvent adapté et abrégé, et le plus politiquement correct du monde), on leur demande de répondre à une douzaine de questions ». Pendant des années « d’immobilisme » (selon les pédagogues marxistes) les questions commençaient ainsi : résumez le texte en 150 mots. Puis on est passé du résumé, exercice faisant appel à la compréhension et à la synthèse, à un exercice du style « remettre dans l’ordre ces différents événements du texte » : une sorte d’analyse dépourvue de synthèse (puisque les éléments étaient déjà fournis). Ensuite, une autre étape a été franchie avec l’abandon pur et simple de la compréhension de fond pour s’attacher à des éléments isolés pris au gré de la lecture ».
Comme il n’y a aucune raison de penser que l’anglais ait été le seul « bénéficiaire » d’une méthode de travail aussi ahurissante, et que tout donne à croire que le français a été pareillement « désintégré », on ne peut plus s’étonner que beaucoup de bacheliers soient incapables de rédiger un texte clair, porteur de sens et correctement articulé. Quant à la philosophie, n’en parlons même pas. Il suffit de voir la question radicalement stupide posée cette année aux candidats dans cette matière pour constater que nous approchons du degré zéro de la culture. Savourez-la de nouveau : C’était « Que gagnons-nous à travailler ? » À la place d’un candidat, j’aurais rendu ma copie avec cette simple ligne : « Je ne sais pas répondre aux questions idiotes ».
Le beau résultat de ce « désenseignement », c’est que nous nous heurtons partout à des gens de moins de 35 ans qui ne savent pas s’exprimer, ne savent pas rédiger, et multiplient les fautes de français, de grammaire et d’orthographe. Or, une personne qui ne possède pas la maîtrise de sa langue maternelle ne peut que collectionner les échecs en tous domaines. Et une nation qui compte un peu trop de ces personnes-là va elle-même droit dans le mur.
DEBOUT..................NOUS VAINCRONS