Polémistes et pamphlétaires français : Georges Clemenceau

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Pat
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Polémistes et pamphlétaires français : Georges Clemenceau

Messagepar Pat » 20/02/2012 - 15:19

Clemenceau est né le 28 septembre 1841 en Vendée. Il est le fils d'un médecin de Nantes, républicain, façonné par les idées nouvelles, libéral, radical, agnostique et même anticlérical. Georges a dix ans quand se produit, le 2 décembre 1851, le coup d'Etat de celui qui sera Napoléon lII. Les gendarmes viennent arrêter le docteur Clemenceau. Le petit serre les poings : « Je te vengerai ». Son père lui répond : « Travaille pour devenir un homme. » Il sera maire du 18e arrondissement, président du conseil municipal de Paris, député, et président du Conseil, et même académicien, bien qu'il ne siégeât jamais. Celui qui fut surnommé le Tigre, pour sa bravoure et sa férocité à combattre ses multiples adversaires, s'imposa par sa verve, davantage que par sa plume, comme le chef incontesté des républicains radicaux et de l'opposition d'extrême gauche aux Opportunistes, emmenés par Gambetta. L'écrivain Julien Gracq évoquera son « agressivité pure, gratuite, incongrue », et une « personnalité aux arêtes tranchantes comme un rasoir. » Quand éclate la Commune, il est maire de Montmartre, et traînera toute sa vie l'accusation (injuste) d'avoir laissé fusiller les généraux Lecomte et Clément Thomas. Il se battra avec fougue pour l'amnistie des communards. Le gouvernement Waddington veut-il exclure de l'amnistie ceux qui « se déclarent ennemis de la société » ? Clemenceau suscite les rires de la Chambre en déclarant : « A quel signe, à quel critérium reconnaît-on un ennemi de la société ?
 M. le duc de Broglie est un ennemi de la société aux yeux de M. Baudry d'Asson, et moi je tiens M. Baudry d'Asson pour un ennemi de la société. Nous sommes ainsi 36 millions d'ennemis de la société qui sommes condamnés à vivre dans la même société. » Le Tigre sait se montrer féroce... Il prétendait ne pas aimer son surnom : « Le tigre ? Tout en mâchoire et peu de cervelle. Cela ne me ressemble pas. » Farouchement opposé au colonialisme et au « parti colonial » qui est affairiste en diable, il défend la nécessité de préparer en priorité l'armée française face à l'Allemagne. Il s'attaque au libéralisme économique, déclarant ; « Qu'est-ce que votre laissez-faire, votre loi de l'offre et de la demande, sinon l'expression pure et simple de la force ? Le droit prime la force : voilà le principe de la civilisation. » Il défend Dreyfus et "invente" le titre du fameux pamphlet de Zola, publié dans l'Aurore : J'accuse... « Premier flic de France » (les fameuses Brigades du Tigre doivent leur surnom à Clemenceau), s'illustre par sa détermination à faire face aux importantes grèves, parfois insurrectionnelles qui secouent le pays. Il écrase de son mépris les médiocres politiciens. Il retire ainsi son portefeuille des Finances à Ribot, déclarant : « Il est voûté, mais ce n'est pas un abri sûr. » Il trouve moyen de se brouiller durablement avec Jaurès. Voici un échange amusant au Parlement : « Jaurès, vous n'êtes tout de même pas le Bon Dieu ? — Et vous, vous n'êtes pas le Diable ? » Et Clemenceau de répliquer : « Qu'en savez-vous ? » Clemenceau s'oppose à la peine de mort et décrit dans des pages impressionnantes l'exécution de l'anarchiste Emile Henry, évoquant « un bruit de craquements prolongés comme d'os lentement écrasés, broyés », concluant son article par : « Que des barbares aient des mœurs barbares, c'est affreux, mais cela s'explique. Mais que des civilisés irréprochables[...] s'acharnent vertueusement à couper un homme en deux, voilà ce qu'on ne peut expliquer que par une régression atavique vers la barbarie primitive ».
Vient la Grande Guerre. Clemenceau est résolu de se battre à outrance. Chez lui, pas de romantisme et de fleurs au fusil. « La parole est au canon. Et maintenant, aux armes ! Tous. Mourir n'est rien. Il faut vaincre. » Lorsqu'il présente, le 8 mars 1918, son programme de gouvernement à la tribune, il déclare : « Vous voulez la paix ? Moi aussi. Il serait criminel d'avoir une autre pensée. Mais ce n'est pas en bêlant la paix qu'on fait taire le militarisme prussien. Politique intérieure ? Je fais la guerre. Politique étrangère ? Je fais la guerre. Je fais toujours la guerre. » Il continua, hélas, de faire la guerre après la guerre, portant une lourde responsabilité dans la catastrophe prévisible que préparait le traité de Versailles.
Il meurt le 24 novembre 1929 à Paris. Sur son lit de mort, voyant arriver un prêtre, il avait dit « Enlevez-moi ça ! » Il refusait des obsèques officielles. Ses dernières volontés furent : « Pour mes obsèques, je ne veux que le strict minimum, c'est-à-dire moi. » Il fut enterré debout, tourné vers l'est. Seuls quelques paysans réussirent à forcer les barrages de gendarmes pour lui rendre un dernier hommage...
R.S. RIVAROL 9 SEPTEMBRE 2011
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Que les hommes d'arme bataillent et que Dieu donne la victoire! (Jeanne d'Arc) Patriotiquement votre.

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JCL31
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Re: Polémistes et pamphlétaires français : Georges Clemenceau

Messagepar JCL31 » 20/02/2012 - 15:48


Il continua, hélas, de faire la guerre après la guerre, portant une lourde responsabilité dans la catastrophe prévisible que préparait le traité de Versailles.


Je suis partagé sur la responsabilité que peut porter Clémenceau dans son rôle de défenseur de la paix à Versailles car je pense qu 'il faisait preuve d'un immense nationalisme et que son grand patriotisme lui a peut être empêcher d'appréhender la réalité du sens de cet accord.
En 1919, à la Conférence pour la Paix de Versailles est apparue toute l’élite des sociétés occultes chapeautées par la puissante dynastie des Rothschild !
Il y avait Alfred Milner, la Maison d’Edward Mandel et Bernard Baruch, les patrons de la Table Ronde d’Angleterre et des Etats-Unis.
Ce ne sont pas les politiciens qui décidèrent de la « paix », mais bien ces personnages !
Au travers de ce traité ils choisirent d’imposer des paiements de réparation impossibles à l’Allemagne, pour s'assurer ainsi de l’inévitable effondrement de la République de Weimar d’après-guerre, d’un effondrement économique capable de créer les circonstances pouvant amener un personnage comme Hitler au pouvoir.

Un peu comme il se passe aujourd’hui avec les politiciens européens agissant comme s’ils avaient ORDRE de couler la Grèce ?

Ce fut donc à Paris, précisément à l’Hôtel Majestic, que les membres de cess sociétés secrètes les plus puissantes se réunirent pour lancer le processus destinées à la création future de l'état d’Israël en Palestine dans la foulée du premier accord de Bâle de 1897(1) (2)

Le Président américain Woodrow Wilson fut « conseillé » à Versailles par le Colonel House et Bernard Baruch, deux des clones et chefs de la Table Ronde aux Etats-Unis ;
le Premier ministre britannique Lloyd George fut « conseillé » par Alfred Milner, employé de Rothschild et chef de la Table Ronde ; Georges Clémenceau, représentant l’autorité française, fut « conseillé » par son ministre de l’Intérieur, Georges Mandel, dont le vrai nom est… Jéroboam Rothschild.


Qui donc prenait les décisions ?

Dans la délégation américaine on trouve les frères Dulles :
- John Foster Dulles devint Secrétaire d’Etat des Etats-Unis, et
- Allen Dulles, sera le premier directeur de la CIA après la Seconde Guerre mondiale.
Quelques années plus tard, alors qu’ils seront les employés de la banque Khun, Loe & Co, ils financeront le parti nazi sans le moindre scrupule.
Plus tard, ils seront impliqués dans l’assassinat de John F. Kennedy : Allen Dulles appartiendra à la Commission Warren, chargée de l’enquête sur ce crime d’état.

La délégation américaine à Versailles fut représentée par Paul Warburg, de chez Kuhn & Loeb, tandis que la délégation allemande incluait son frère, Max Warburg, le futur banquier d’Hitler !

L’hôte de tous ces personnages, éminences très influentes durant la conférence de « Paix », n’était autre que le Baron Edmond de Rothschild, la force principale insistant sur la création d’un Etat en Israël… dans un futur négocié (3)

Cette version de l'histoire peut paraitre invraisemblable et complètement folle, pourtant, il en existe une description précise faite par Benjamin H. Freedman's dans un discours de 1961 à l'Hôtel Willard.

Clémenceau n'a donc pas eu le choix. Soit il savait mais ne pouvait rien faire, soit il s'est fait manipuler par des gens qui se sont servi de son patriotisme pour rendre ces accords crédibles et honnêtes sur la forme présentée vis à vis de la population Française.

(1)Le Premier congrès sioniste se réunit à Bâle en Suisse, du 29 au 31 août 1897, et marque le tournant décisif dans l'histoire du mouvement des Amants de Sion, qui devient officiellement mouvement « sioniste-politique ». Herzl y propose son programme, qu'il qualifie de « plan de réunification nationale juive ». Un grand conseil, composé de 15 membres, y est élu, ainsi qu'un conseil restreint de 5 membres. Dans son journal, Herzl écrit : « Si je devais résumer le Congrès de Bâle en un mot, ce serait celui-ci: à Bâle j'ai fondé l'Etat Juif(...). Peut-être dans cinq ans et certainement dans cinquante ans, chacun le saura. »
Source: A. GRESH, Israël, Palestine: vérités sur le conflit, Fayard, 2007. p72.
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Premier_congr%C3%A8s_sioniste#Le_congr.C3.A8s
(3) 12e congrès de Bâle
Se réunit à Carlsbad (Karlovy Vary) en Tchécoslovaquie, du 1er au 14 septembre 1921. C'est le premier congrès organisé après la fin de la Première Guerre mondiale, après la Déclaration Balfour, après le renvoi des Turcs et après les pogromes d'Europe orientale visant les Juifs. Il y prévoit l'établissement des infrastructures nationales du futur État ainsi que de l'élargissement de l'implantation en Terre d'Israël. Le congrès confirme la création du Keren Hayesod, ainsi que l'achat de nouveaux terrains dans la vallée de Jezreel.
Dernière édition par JCL31 le 20/02/2012 - 16:03, édité 3 fois.
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Re: Polémistes et pamphlétaires français : Georges Clemenceau

Messagepar JCL31 » 20/02/2012 - 16:03

Le Franc a écrit :JCL31: très intéressant! :superD:


Pendant que tu me répondais j'ai apporté quelques compléments importants.
le (1) (2) et (3) pour appuyer ce fait historique.
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Re: Polémistes et pamphlétaires français : Georges Clemenceau

Messagepar Tireur_isolé » 20/02/2012 - 18:52

Que des barbares aient des mœurs barbares, c'est affreux, mais cela s'explique. Mais que des civilisés irréprochables[...] s'acharnent vertueusement à couper un homme en deux, voilà ce qu'on ne peut expliquer que par une régression atavique vers la barbarie primitive ».



*
_ Etrange pour un homme qui cautionné totalement les massacres de Vendée...
:scratch:
ENFANTS, PROFITEZ DE LA GUERRE !
LA PAIX SERA TERRIBLE !!!
_____________________________
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Barrès 57
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Re: Polémistes et pamphlétaires français : Georges Clemenceau

Messagepar Barrès 57 » 20/02/2012 - 20:00

J'ai toujours été assez mitigé sur le personnage, sans jamais réussir à le détester totalement. Ses bons mots étaient légion et excellents.

Pas un mot sur Panama, ses relations étaient pourtant troubles avec des gens liés à cette affaire. L'occasion d'un bel accrochage, et d'un duel, avec le grand Déroulède.
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