Les Gaulois, nos ancêtres. Qui étaient-ils vraiment ?
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Les Gaulois, nos ancêtres. Qui étaient-ils vraiment ?
IIIe millénaire : apparition des indo-européens, considérés comme les ancêtres des Celtes.
Vers 800 avant J.C venant de l'est de l'Europe par vagues successives, les Celtes s'installent dans l'ouest européen.
Dont les Gaulois, peuple ancien et nouveau, ancien car faisant partie des Celtes, nouveau par la jeunesse de leur dénomination.
Lorsque les Celtes de ce qui deviendra la Gaule se déplaçaient, ils emmenaient des cages de volailles vivantes pour avoir toujours de la nourriture et quand ils déferlèrent sur Rome à la suite de Brennus (saccage de Delphes), les Romains les surnommèrent «poulets» : «Galli», ce nom leur restera, «Gaulois».
Leur pays pris le nom de «Gaule» «Gallia». La Gaule mosaïque de peuples ou de nations gauloises qui occupait ce qui est la France d'aujourd'hui et la Belgique alors que les territoires celtes s'étendaient de l'Irlande jusqu'à deux milles kilomètres vers l'est. Pour certains historiens, ce serait César qui aurait inventé la Gaule afin d'unifier ses conquêtes, les Grecs quant à eux les appelaient Galataï.
« L'ensemble de la Gaule est divisé en trois partie : l'une est habitée par les Belges, l'autre par les Aquitains, la troisième par ceux qui dans leur propre langue, se nomment Celtes et, dans la nôtre, Gaulois. Tous ces peuples diffèrent entre eux par le langage, les coutumes, les lois. Les Gaulois sont séparés des Aquitains par le cours de la Garonne, des Belges par la Marne et la Seine » César au début de la Guerre des Gaules ( de Bello Gallico, I,1 ), les Latins quand ils parlaient de ce pays y ajoutaient toute l'Italie padane ainsi qu'une partie de la côte adriatique jusqu'à Ancone, région conquise par les Celtes au début du IVe siècle av. J.C.
Lorsque les Romains s'installent dans ce qui deviendra la Narbonnaise, ils lui donneront le nom de Gallia togata, la gaule en toge, la Gaule indépendante prenant le nom de Gallia comata, la Gaule chevelue.
La Gaule était principalement agricole, forêts remplacées par des champs et des prés. La campagne gauloise est riche, prospère, bien cultivée et la taille des fermes est variable. Seule la polyculture est employée, on y cultivait le blé, l'orge qu'ils utilisaient pour fabriquer la cervoise (une sorte de bière ) et le millet. Les Gaulois pratiquaient l'élevage de bovins, d'ovins de chevaux et de porcs. ( les animaux à l'époque étaient plus petits que ceux de maintenant )
« Ils sont si riches en ovins et en porcins ( Strabon 1er siècle avant J.C ) qu'ils fournissent à profusion de leurs sayons ( manteau à capuche ) et de leurs salaisons non seulement les marchés de Rome mais aussi la plupart de ceux d'Italie. » (IV,4)
Les Gaulois sont réputés pour leur artisanat, principalement la métallurgie (par exemple, les populations celtiques sont les seules dans l'antiquité à réaliser les fourreaux de leurs épées en métal) dont les oppidas comme Bribracte (sur les pentes du Mont Beuvray au sud de la Bourgogne) capitale des Eduens, conservent encore les traces des ateliers.
Ils étaient aussi réputés et appréciés comme mercenaires.
Les oppidas, centre politique pouvaient servir aussi de centre de marché et de foire mais aussi de refuge en cas d'agression. Cependant, au vu de la faiblesse défensive de certains remparts, ils auraient eu une fonction de « tape à l'œil ». Les gaulois habitaient généralement des villages.
Sur le plan religieux, les Gaulois ont de multiples divinités ( qu'ils refusèrent longtemps de représenter ).
Taranis : dieu du tonnerre, Cernunnos : le dieu aux bois de cerf qui symbolise le renouveau des forces de la nature, Teutatès : symbolise le serment donné, Lug : dispensateur de richesses, Sucellus « le dieu frappeur » : il passe pour aider les mourants à gagner sans crainte l'au-delà, Epona ( déesse) : la protectrice des chevaux, Esus : dieu bûcheron.
Les Gaulois portaient un culte particulier aux éléments de la nature, astres, sources, eaux dormantes, sommets, fleuves.
Au moins dans les derniers siècles de notre ère, différents types de sanctuaires sont élevés . Ce sont des autels non couverts à l'origine puis couverts au centre d'un enclos doublé d'un fossé où se trouvent des fosses et un bosquet.
La Gaule était très peuplée, divisée en peuples tantôt alliés, tantôt rivaux dont on retrouve les noms, Arvernes ⇒ Auvergne, Bituriges ⇒ Bourges, Vénètes ⇒ Vannes, Parisii ⇒ Paris, Andégaves ⇒ Anjou....
Beaucoup de ces peuples s'enrichissaient grâce aux péages installés aux passages obligés sur les fleuves ou dans les vallées, la Gaule étant un pays où le commerce était très développé, notamment avec les Grecs et les Romains ( le vin ).
Comme les Romains ou les Grecs, les Gaulois se divisent en deux catégories, les hommes libres et les esclaves qui tant qu'ils ne sont pas affranchis, n'ont aucune action dans la vie sociale et donc dans les affaires politiques.
Les Gaulois se divisent en trois classes,
- religieux ⇒ les druides, ils suivent un enseignement purement orale qui peut durer vingt ans, ils se cooptent les uns les autres, n'importe qui peut le devenir. Grâce à la pratique cultuelle, ils ont pu développer des connaissances en astronomie, calcul et anatomie. Ils se verront confier l'éducation des jeunes nobles. Ils enseignent entre autre l'immortalité de l'âme.
( les bardes personnages importants, ils faisaient perdurer l'histoire des tribus ( poèmes et légendes ), ils connaissent les chants et étaient adroits dans les rîmes. Ils allaient aussi au combat (il était interdit de tuer un barde car avec sa mort l'histoire de la tribu mourrait avec lui. )
- les guerriers ⇒ les chevaliers,
- la plèbe ⇒ les agriculteurs, artisans... etc
( s'y ajoutaient les esclaves provenant souvent des peuples vaincus )
- Les druides ne paient pas l'impôt et sont dispensés du service militaire.
- Les chevaliers paient l'impôt et sont soumis au service militaire.
- Les plébéiens paient l'impôt et sont soumis au service militaire.
« Partout en Gaule il y a deux classes d'hommes qui comptent et sont considérés. Quant aux gens du peuple, ils ne sont guère traités autrement que des esclaves, ne pouvant se permettre aucune initiative, n'étant consultés sur rien. La plupart, quand ils se voient accablés de dettes, ou écrasés par l'impôt, ou en butte aux vexations de plus puissants qu'eux, se donnent à des nobles ; ceux-ci ont sur eux tous les droits qu'ont les maîtres sur leurs esclaves.
« Pour en revenir aux deux classes dont nous parlions, l'une est celle des druides, l'autre des chevaliers. [...] Ceux-ci, quand il le faut, quand quelque guerre éclate ( et avant l'arrivée de César cela arrivait à peu près chaque année, soit qu'ils prissent l'offensive, soit qu'ils eussent à se défendre ), selon sa naissance et sa fortune, a autour de soit un plus ou moins grand nombre d'ambacts ( guerrier qui dépend d'un personnage important et qui le suit au combat. ) et de clients. Ils ne connaissent pas d'autre signe du crédit et de la puissance » César (BG VI, 13 et 165).
La Gaule comme les autres Celtes, pratique le système de clientèle, en échange de services ou de biens, les hommes libres apportent leur service pour les combats ou les péripéties de la vie politique.
Vers 390 av JC des Gaulois de la tribu des Sénons, dans le centre-est de la Gaule traversent l'Italie, battent les Romains à Allia et parviennent jusqu'à Rome qui à part le Capitole est incendiée. Ils massacrent les patriciens et infligent une terrible humiliation aux Romains.
Tite-Live en parle dans son Histoire de Rome .
« Alors le Sénat se réunit et chargea les tribuns militaires de traiter avec l'ennemi. Il y eut une entrevue du Tribun militaire Quintus Sulpicius et du chef des Gaulois Brennus. Un accord fut conclu et on estima à mille livres d'or la rançon d'un peuple appelé à devenir le maître du monde. A cette honte vint s'ajouter un outrage : les Gaulois avaient apporté des poids et comme le tribun refusait, l'insolent ennemi y ajouta une épée et fit entendre ces paroles intolérables pour les Romains : "Vae victis" : Malheur aux vaincus. »
Vers 279 av JC, une troupe de Gaulois ayant participé au raid sur Delphes et après le suicide de Brennus ( un autre Brennus ) s'installent en Asie Mineure et fonde le royaume éphémère des Galates d'où elle menaçait la puissance de Bysance.
Après des années de guerres provoquées par César pour des raisons politiques intérieurs romaines, la Gaule indépendante disparaît pour laisser la place à une nouvelles province romaine et à un nouveau peuple, les Gallo-Romains.
Sources : Nos ancêtres les Gaulois , Renée Grimaud
Les Gaulois Jean-Louis Brunaux
Les Celtes Barry Cluniffe
L'Histoire décembre 2003, décembre 2007
Dossier pour la science octobre-décembre 2008
Pat
Vers 800 avant J.C venant de l'est de l'Europe par vagues successives, les Celtes s'installent dans l'ouest européen.
Dont les Gaulois, peuple ancien et nouveau, ancien car faisant partie des Celtes, nouveau par la jeunesse de leur dénomination.
Lorsque les Celtes de ce qui deviendra la Gaule se déplaçaient, ils emmenaient des cages de volailles vivantes pour avoir toujours de la nourriture et quand ils déferlèrent sur Rome à la suite de Brennus (saccage de Delphes), les Romains les surnommèrent «poulets» : «Galli», ce nom leur restera, «Gaulois».
Leur pays pris le nom de «Gaule» «Gallia». La Gaule mosaïque de peuples ou de nations gauloises qui occupait ce qui est la France d'aujourd'hui et la Belgique alors que les territoires celtes s'étendaient de l'Irlande jusqu'à deux milles kilomètres vers l'est. Pour certains historiens, ce serait César qui aurait inventé la Gaule afin d'unifier ses conquêtes, les Grecs quant à eux les appelaient Galataï.
« L'ensemble de la Gaule est divisé en trois partie : l'une est habitée par les Belges, l'autre par les Aquitains, la troisième par ceux qui dans leur propre langue, se nomment Celtes et, dans la nôtre, Gaulois. Tous ces peuples diffèrent entre eux par le langage, les coutumes, les lois. Les Gaulois sont séparés des Aquitains par le cours de la Garonne, des Belges par la Marne et la Seine » César au début de la Guerre des Gaules ( de Bello Gallico, I,1 ), les Latins quand ils parlaient de ce pays y ajoutaient toute l'Italie padane ainsi qu'une partie de la côte adriatique jusqu'à Ancone, région conquise par les Celtes au début du IVe siècle av. J.C.
Lorsque les Romains s'installent dans ce qui deviendra la Narbonnaise, ils lui donneront le nom de Gallia togata, la gaule en toge, la Gaule indépendante prenant le nom de Gallia comata, la Gaule chevelue.
La Gaule était principalement agricole, forêts remplacées par des champs et des prés. La campagne gauloise est riche, prospère, bien cultivée et la taille des fermes est variable. Seule la polyculture est employée, on y cultivait le blé, l'orge qu'ils utilisaient pour fabriquer la cervoise (une sorte de bière ) et le millet. Les Gaulois pratiquaient l'élevage de bovins, d'ovins de chevaux et de porcs. ( les animaux à l'époque étaient plus petits que ceux de maintenant )
« Ils sont si riches en ovins et en porcins ( Strabon 1er siècle avant J.C ) qu'ils fournissent à profusion de leurs sayons ( manteau à capuche ) et de leurs salaisons non seulement les marchés de Rome mais aussi la plupart de ceux d'Italie. » (IV,4)
Les Gaulois sont réputés pour leur artisanat, principalement la métallurgie (par exemple, les populations celtiques sont les seules dans l'antiquité à réaliser les fourreaux de leurs épées en métal) dont les oppidas comme Bribracte (sur les pentes du Mont Beuvray au sud de la Bourgogne) capitale des Eduens, conservent encore les traces des ateliers.
Ils étaient aussi réputés et appréciés comme mercenaires.
Les oppidas, centre politique pouvaient servir aussi de centre de marché et de foire mais aussi de refuge en cas d'agression. Cependant, au vu de la faiblesse défensive de certains remparts, ils auraient eu une fonction de « tape à l'œil ». Les gaulois habitaient généralement des villages.
Sur le plan religieux, les Gaulois ont de multiples divinités ( qu'ils refusèrent longtemps de représenter ).
Taranis : dieu du tonnerre, Cernunnos : le dieu aux bois de cerf qui symbolise le renouveau des forces de la nature, Teutatès : symbolise le serment donné, Lug : dispensateur de richesses, Sucellus « le dieu frappeur » : il passe pour aider les mourants à gagner sans crainte l'au-delà, Epona ( déesse) : la protectrice des chevaux, Esus : dieu bûcheron.
Les Gaulois portaient un culte particulier aux éléments de la nature, astres, sources, eaux dormantes, sommets, fleuves.
Au moins dans les derniers siècles de notre ère, différents types de sanctuaires sont élevés . Ce sont des autels non couverts à l'origine puis couverts au centre d'un enclos doublé d'un fossé où se trouvent des fosses et un bosquet.
La Gaule était très peuplée, divisée en peuples tantôt alliés, tantôt rivaux dont on retrouve les noms, Arvernes ⇒ Auvergne, Bituriges ⇒ Bourges, Vénètes ⇒ Vannes, Parisii ⇒ Paris, Andégaves ⇒ Anjou....
Beaucoup de ces peuples s'enrichissaient grâce aux péages installés aux passages obligés sur les fleuves ou dans les vallées, la Gaule étant un pays où le commerce était très développé, notamment avec les Grecs et les Romains ( le vin ).
Comme les Romains ou les Grecs, les Gaulois se divisent en deux catégories, les hommes libres et les esclaves qui tant qu'ils ne sont pas affranchis, n'ont aucune action dans la vie sociale et donc dans les affaires politiques.
Les Gaulois se divisent en trois classes,
- religieux ⇒ les druides, ils suivent un enseignement purement orale qui peut durer vingt ans, ils se cooptent les uns les autres, n'importe qui peut le devenir. Grâce à la pratique cultuelle, ils ont pu développer des connaissances en astronomie, calcul et anatomie. Ils se verront confier l'éducation des jeunes nobles. Ils enseignent entre autre l'immortalité de l'âme.
( les bardes personnages importants, ils faisaient perdurer l'histoire des tribus ( poèmes et légendes ), ils connaissent les chants et étaient adroits dans les rîmes. Ils allaient aussi au combat (il était interdit de tuer un barde car avec sa mort l'histoire de la tribu mourrait avec lui. )
- les guerriers ⇒ les chevaliers,
- la plèbe ⇒ les agriculteurs, artisans... etc
( s'y ajoutaient les esclaves provenant souvent des peuples vaincus )
- Les druides ne paient pas l'impôt et sont dispensés du service militaire.
- Les chevaliers paient l'impôt et sont soumis au service militaire.
- Les plébéiens paient l'impôt et sont soumis au service militaire.
« Partout en Gaule il y a deux classes d'hommes qui comptent et sont considérés. Quant aux gens du peuple, ils ne sont guère traités autrement que des esclaves, ne pouvant se permettre aucune initiative, n'étant consultés sur rien. La plupart, quand ils se voient accablés de dettes, ou écrasés par l'impôt, ou en butte aux vexations de plus puissants qu'eux, se donnent à des nobles ; ceux-ci ont sur eux tous les droits qu'ont les maîtres sur leurs esclaves.
« Pour en revenir aux deux classes dont nous parlions, l'une est celle des druides, l'autre des chevaliers. [...] Ceux-ci, quand il le faut, quand quelque guerre éclate ( et avant l'arrivée de César cela arrivait à peu près chaque année, soit qu'ils prissent l'offensive, soit qu'ils eussent à se défendre ), selon sa naissance et sa fortune, a autour de soit un plus ou moins grand nombre d'ambacts ( guerrier qui dépend d'un personnage important et qui le suit au combat. ) et de clients. Ils ne connaissent pas d'autre signe du crédit et de la puissance » César (BG VI, 13 et 165).
La Gaule comme les autres Celtes, pratique le système de clientèle, en échange de services ou de biens, les hommes libres apportent leur service pour les combats ou les péripéties de la vie politique.
Vers 390 av JC des Gaulois de la tribu des Sénons, dans le centre-est de la Gaule traversent l'Italie, battent les Romains à Allia et parviennent jusqu'à Rome qui à part le Capitole est incendiée. Ils massacrent les patriciens et infligent une terrible humiliation aux Romains.
Tite-Live en parle dans son Histoire de Rome .
« Alors le Sénat se réunit et chargea les tribuns militaires de traiter avec l'ennemi. Il y eut une entrevue du Tribun militaire Quintus Sulpicius et du chef des Gaulois Brennus. Un accord fut conclu et on estima à mille livres d'or la rançon d'un peuple appelé à devenir le maître du monde. A cette honte vint s'ajouter un outrage : les Gaulois avaient apporté des poids et comme le tribun refusait, l'insolent ennemi y ajouta une épée et fit entendre ces paroles intolérables pour les Romains : "Vae victis" : Malheur aux vaincus. »
Vers 279 av JC, une troupe de Gaulois ayant participé au raid sur Delphes et après le suicide de Brennus ( un autre Brennus ) s'installent en Asie Mineure et fonde le royaume éphémère des Galates d'où elle menaçait la puissance de Bysance.
Après des années de guerres provoquées par César pour des raisons politiques intérieurs romaines, la Gaule indépendante disparaît pour laisser la place à une nouvelles province romaine et à un nouveau peuple, les Gallo-Romains.
Sources : Nos ancêtres les Gaulois , Renée Grimaud
Les Gaulois Jean-Louis Brunaux
Les Celtes Barry Cluniffe
L'Histoire décembre 2003, décembre 2007
Dossier pour la science octobre-décembre 2008
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Re: Les Gaulois, nos ancêtres.
Peuples de la Gaule transalpine cités par César dans son livre la Guerre des Gaules
Nom français ⇒ appellation latine ➞ localisation
Allobroges ⇒ AIlobroges ➞ entre le haut Rhône et l'Isère
Ambarres ⇒ Ambarri ➞ basse vallée de la Saône
Ambiens ⇒ Ambiani ➞ vallée de la Somme
- ⇒ Ambibarri ➞ Armoricains (loc. problématique) graphie unique (confusion possible avec Ambiani qui figure sur d'autres manuscrits)
Ambiliates ⇒ Ambiliati ➞ graphie unique (confusion possible avec Ambiani qui figure sur d'autres manuscrits)
Ambivarètes ⇒ Ambivareti ➞ non localisés, p.-ê. Nord-Est
Ambivarites ⇒ Ambivariti ➞ les mêmes, nord de la Meuse
Andes ⇒ Andes ➞ région d'Angers
Arvernes ⇒ Arverni ➞ Auvergne
Atrebates ⇒ Atrebati ➞ région d'Arras
Atuatuques ⇒ Aduatuci ➞ Belgique (région de Namur)
Aulerques ⇒ Aulerci ➞ branche des Aulerques non localisée
Brannoyices ⇒ Brannovices ➞ non localisée
Aulerques ⇒ Aulerci ➞ région du Mans
Cénomans ⇒ Cenomani
Aulerques ⇒ Aulerci ➞ région d'Évreux
Éburovices ⇒ eburovices
Ausques ⇒ Ausci ➞ région d'Auch
Bellovaques ⇒ Bellovaci ➞ région de Beauvais
Bigerrions ⇒ Bigerriones ➞ région de Bigorre
Bituriges ⇒ Bituriges ➞ Berry
Blanovii ⇒ Blanovii ➞ confusion possible avec Brannovices
Boïens ⇒ Boii ➞ étrangers installés chez les Éduens
Cadurques ⇒ Cadurci ➞ Quercy
Calètes ⇒ Caleti ➞ Haute-Normandie
Carnutes ⇒ Carnutes ➞ Beauce
Caturiges ⇒ Caturiges ➞ haute vallée de la Durance
Ceutrons ⇒ Ceutrones ➞ haute vallée de l'Isère
Cocosates ⇒ Cocosates ➞ Aquitains mal localisés
Coriosolites ⇒ Coriosolites ➞ Côtes-d'Armo
Diablintes ⇒ Diablintes ➞ Mayenne
Éleutètes ⇒ Éleuteti ➞ non localisés
Élusates ⇒ Éleusates ➞ Aquitains, région d'Eauze
Ésuviens ⇒ Esuvii ➞ Calvados
Gabales ⇒ Gabali ➞ Causses
Gates ⇒ Gates ➞ Aquitains, non localisés
Graiocèles ⇒ Graioceli ➞ région du Mont-Cenis
Grudii ⇒ Grudii ➞ pagus ou client des Nerviens
Éduens ⇒ Haedui ➞ Nivernais, Morvan
Helvètes ⇒ Helveti ➞ plateau suisse
Helviens ⇒ Helvii ➞ Cévennes
Latobices ⇒ Latobici ➞ pagus ou client des Helvètes
Lémovices ⇒ Lemovices ➞ Limousin
Leuques ⇒ Leuci ➞ Haute-Marne
Lévaques ⇒ Levaci ➞ pagus ou client des Nerviens
Lexoviens ⇒ Lexovii ➞ Lieuvin, pays d'Auge
Lingons ⇒ Lingones ➞ plateau de Langres
Mandubiens ⇒ Mandubii ➞ Puisaye
Médiomatriques ⇒ ediomatrici ➞ Lorraine
Meldes ⇒ Meldi ➞ Brie
Ménapes ⇒ Menapii ➞ Belgique (Flandres)
Morins ⇒ Morini ➞ Boulonnais, Flandres occidentales
Namnètes ⇒ Namnètes ➞ pays nantais
Nantuates ⇒ Nantuates ➞ égion de Nantua
Nerviens ⇒ Nervii ➞ Belgique (Hainaut, Brabant)
Nitiobroges ⇒ Nitiobroges ➞ région d'Agen
Osismes ⇒ Osismi ➞ Finistère
Parisii ⇒ Parisii ➞ région de Paris
Pétrocores ⇒ Petrocorii ➞ Périgord
Pictons ⇒ Pictones ➞ Poitou
Pleumoxii ⇒ Pleumoxii ➞ pagus ou client des Nerviens
Ptianii ⇒ Ptianii ➞ Aquitains, non localisés
Rauraques ⇒ Rauraci ➞ région de Bâle
Redons ⇒ Redones ➞ région de Redon
Rèmes ⇒ Remi ➞ Champagne
Rutènes ⇒ Ruteni ➞ région de Rodez
Santons ⇒ Santoni ➞ Saintonge
Sédunes ⇒ Seduni ➞ Suisse (région de Sion)
Ségusiaves ⇒ Segusiavi ➞ Forez
Sénons ⇒ Senones ➞ Beauce, Gâtinais
Séquanes ⇒ Sequani ➞ Haute-Saône
Sotiates ⇒ Sotiates ➞ Aquitains, région de Sos
Suessions ⇒ Suessiones ➞ Soissonnais
Tarbelles ⇒ Tarbelli ➞ région de Tarbes
Tarusates ⇒ Tarusates ➞ région de Tarbes Aquitains, pays d'Albret ?
Tigurins ⇒ Tigurini ➞ alliés des Helvètes, non localisés
Trévires ⇒ Treveri ➞ Allemagne (Trêves)
Tulinges ⇒ Tulingi ➞ alliés des Helvètes, non localisés
Turons ⇒ Turoni ➞ Touraine
Unelles ⇒ Unelli ➞ Cotentin
Véliocasses ⇒ Veliocassi ➞ Vexin
Vellaves ⇒ Velavii ➞ Velay
Vénètes ⇒ Veneti ➞ Morbihan
Véragres ⇒ Veragri ➞ Suisse (région de Martigny)
Viromanduens ⇒ Veromandui ➞ Vermandois, Thiérache
Vocates ⇒ Vocates ➞ Aquitains, pays de Buch
Voconces ⇒ Vocantii ➞ Comtat, Préalpes de Provence
Volques ⇒ Volcae ➞ Languedoc
Arécomiques ⇒ Arecomici ➞
Volques ⇒ Volcae ➞ haute vallée de la Garonne
Tectosages ⇒ Tectosages ➞
Peuple non cité par César parce qu'il était déjà intégré à la Provincia
Saluviens Saluvii région d'Aix-en-Provence
Nom français ⇒ appellation latine ➞ localisation
Allobroges ⇒ AIlobroges ➞ entre le haut Rhône et l'Isère
Ambarres ⇒ Ambarri ➞ basse vallée de la Saône
Ambiens ⇒ Ambiani ➞ vallée de la Somme
- ⇒ Ambibarri ➞ Armoricains (loc. problématique) graphie unique (confusion possible avec Ambiani qui figure sur d'autres manuscrits)
Ambiliates ⇒ Ambiliati ➞ graphie unique (confusion possible avec Ambiani qui figure sur d'autres manuscrits)
Ambivarètes ⇒ Ambivareti ➞ non localisés, p.-ê. Nord-Est
Ambivarites ⇒ Ambivariti ➞ les mêmes, nord de la Meuse
Andes ⇒ Andes ➞ région d'Angers
Arvernes ⇒ Arverni ➞ Auvergne
Atrebates ⇒ Atrebati ➞ région d'Arras
Atuatuques ⇒ Aduatuci ➞ Belgique (région de Namur)
Aulerques ⇒ Aulerci ➞ branche des Aulerques non localisée
Brannoyices ⇒ Brannovices ➞ non localisée
Aulerques ⇒ Aulerci ➞ région du Mans
Cénomans ⇒ Cenomani
Aulerques ⇒ Aulerci ➞ région d'Évreux
Éburovices ⇒ eburovices
Ausques ⇒ Ausci ➞ région d'Auch
Bellovaques ⇒ Bellovaci ➞ région de Beauvais
Bigerrions ⇒ Bigerriones ➞ région de Bigorre
Bituriges ⇒ Bituriges ➞ Berry
Blanovii ⇒ Blanovii ➞ confusion possible avec Brannovices
Boïens ⇒ Boii ➞ étrangers installés chez les Éduens
Cadurques ⇒ Cadurci ➞ Quercy
Calètes ⇒ Caleti ➞ Haute-Normandie
Carnutes ⇒ Carnutes ➞ Beauce
Caturiges ⇒ Caturiges ➞ haute vallée de la Durance
Ceutrons ⇒ Ceutrones ➞ haute vallée de l'Isère
Cocosates ⇒ Cocosates ➞ Aquitains mal localisés
Coriosolites ⇒ Coriosolites ➞ Côtes-d'Armo
Diablintes ⇒ Diablintes ➞ Mayenne
Éleutètes ⇒ Éleuteti ➞ non localisés
Élusates ⇒ Éleusates ➞ Aquitains, région d'Eauze
Ésuviens ⇒ Esuvii ➞ Calvados
Gabales ⇒ Gabali ➞ Causses
Gates ⇒ Gates ➞ Aquitains, non localisés
Graiocèles ⇒ Graioceli ➞ région du Mont-Cenis
Grudii ⇒ Grudii ➞ pagus ou client des Nerviens
Éduens ⇒ Haedui ➞ Nivernais, Morvan
Helvètes ⇒ Helveti ➞ plateau suisse
Helviens ⇒ Helvii ➞ Cévennes
Latobices ⇒ Latobici ➞ pagus ou client des Helvètes
Lémovices ⇒ Lemovices ➞ Limousin
Leuques ⇒ Leuci ➞ Haute-Marne
Lévaques ⇒ Levaci ➞ pagus ou client des Nerviens
Lexoviens ⇒ Lexovii ➞ Lieuvin, pays d'Auge
Lingons ⇒ Lingones ➞ plateau de Langres
Mandubiens ⇒ Mandubii ➞ Puisaye
Médiomatriques ⇒ ediomatrici ➞ Lorraine
Meldes ⇒ Meldi ➞ Brie
Ménapes ⇒ Menapii ➞ Belgique (Flandres)
Morins ⇒ Morini ➞ Boulonnais, Flandres occidentales
Namnètes ⇒ Namnètes ➞ pays nantais
Nantuates ⇒ Nantuates ➞ égion de Nantua
Nerviens ⇒ Nervii ➞ Belgique (Hainaut, Brabant)
Nitiobroges ⇒ Nitiobroges ➞ région d'Agen
Osismes ⇒ Osismi ➞ Finistère
Parisii ⇒ Parisii ➞ région de Paris
Pétrocores ⇒ Petrocorii ➞ Périgord
Pictons ⇒ Pictones ➞ Poitou
Pleumoxii ⇒ Pleumoxii ➞ pagus ou client des Nerviens
Ptianii ⇒ Ptianii ➞ Aquitains, non localisés
Rauraques ⇒ Rauraci ➞ région de Bâle
Redons ⇒ Redones ➞ région de Redon
Rèmes ⇒ Remi ➞ Champagne
Rutènes ⇒ Ruteni ➞ région de Rodez
Santons ⇒ Santoni ➞ Saintonge
Sédunes ⇒ Seduni ➞ Suisse (région de Sion)
Ségusiaves ⇒ Segusiavi ➞ Forez
Sénons ⇒ Senones ➞ Beauce, Gâtinais
Séquanes ⇒ Sequani ➞ Haute-Saône
Sotiates ⇒ Sotiates ➞ Aquitains, région de Sos
Suessions ⇒ Suessiones ➞ Soissonnais
Tarbelles ⇒ Tarbelli ➞ région de Tarbes
Tarusates ⇒ Tarusates ➞ région de Tarbes Aquitains, pays d'Albret ?
Tigurins ⇒ Tigurini ➞ alliés des Helvètes, non localisés
Trévires ⇒ Treveri ➞ Allemagne (Trêves)
Tulinges ⇒ Tulingi ➞ alliés des Helvètes, non localisés
Turons ⇒ Turoni ➞ Touraine
Unelles ⇒ Unelli ➞ Cotentin
Véliocasses ⇒ Veliocassi ➞ Vexin
Vellaves ⇒ Velavii ➞ Velay
Vénètes ⇒ Veneti ➞ Morbihan
Véragres ⇒ Veragri ➞ Suisse (région de Martigny)
Viromanduens ⇒ Veromandui ➞ Vermandois, Thiérache
Vocates ⇒ Vocates ➞ Aquitains, pays de Buch
Voconces ⇒ Vocantii ➞ Comtat, Préalpes de Provence
Volques ⇒ Volcae ➞ Languedoc
Arécomiques ⇒ Arecomici ➞
Volques ⇒ Volcae ➞ haute vallée de la Garonne
Tectosages ⇒ Tectosages ➞
Peuple non cité par César parce qu'il était déjà intégré à la Provincia
Saluviens Saluvii région d'Aix-en-Provence
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Re: Les Gaulois, nos ancêtres.
Les principaux peuples gaulois à l'époque de la Tène
Dans la Provincia
les Allobrogaes ⇒(broga = pays), capitale Vienna (Vienne)
les Ségovellauni ⇒ (sego = force), capitale Valencia (Valence)
lesTricastini ⇒ (trois châteaux), capitale Senomagus (seno= vieux ; magus = marché)
les Vacontii ⇒ les Hautes-Alpes
les Cavares ⇒ le Vaucluse
les Salluvii ⇒ embouchure du Rhône
les Helvii ⇒Ardèche actuelle, capitale Alba (Aps)
les Volcae Arecomici ⇒ peuple jadis puissant, client des Arvernes, chef lieu Nemausus (Nîmes) de nem = nemeton
les Attacini ⇒ sur l'Aude (Atax)
les Volcae Tectosages ⇒ capitale Tolosa (Toulouse)
les Sardones ⇒ chef lieu Ruscino (près de Perpignan) qui donnera Roussillon
Dans l'Aquitaine
les Bituriges Vivisci ⇒ capitale Burdigala (Bordeaux), un petit peuple les Medulli à laissé le Médoc
les Convenae ⇒ les compagnons, capitale Comminges
les Consoranni ⇒ St Lizier
les Nitiobriges ⇒ (nitio = combat ; briges = forts), capitale Aginum (Agen)
les Vasates ⇒ chef lieu Cossium (Bazas)
les Tarbelli ⇒ ibérique : laissent Tarbes
les Cocosates ⇒ les Landes, capitale Corosa
les Sibusates ⇒ Saubusse
les Tarusates ⇒ tartas
les Sotiates ⇒ Sos, clients des Elusates
les Elusates ⇒ Gers actuel, capitale Elusa (Eauze)
les Auscii ⇒ leur nom pour Auch
les Bigerriones ⇒ le Bigorre, clients des Convenae
les Lactorates ⇒ capitale Lactora (Lectoure)
Les peuples des Alpes
les Nantuates, les Veragri, les Sedunes (Sion), les Viberi pour le Valais
les Ceatrones ⇒ Darantasia (Tarentaise)
les Medulli ⇒ en Maurienne
les Caturiges ⇒ (catu = combat ; riges = rois) haute vallée de la Durance, les Quariates (Queyras)
les Bodiontici ⇒ (bodio = victoire), capitale Dinia (Digne)
les Oxybii ⇒ dans la vallée du Var, capitale Glannativa
les Suetri ⇒ capitale Salinae
les Nerusi ⇒ capitale Vintia (Vence)
les Deciates ⇒ arrière Antipolis
les Vediantii ⇒ à coté de Nice
Dans la Gaule chevelue
les Bituriges ⇒ (bitu = monde ; riges = rois), chef lieu : Avaricum (Bourges)
les Arvernes ⇒ (Gergovie). Arvernos à donné Auvergne
les Vellaves ⇒ (le Velay), clients des Arvernes
les Gaballi ⇒ chef lieu Anderitum (Javols) clients des des Arvernes
les Cadurques ⇒ (Quercy), capitale Divona (Cahors)
les Ruteni ⇒ capitale Segodunum (montagne de la force) qui deviendra Rodez (Rutenos)
les Petrocorii ⇒ (petro = quatre ; corii = armées), capitale Vesuna (Vésone) deviendra Périgueux (Petrocorios)
les Lemovices ⇒ capitale Limoges
les Santones ⇒ Saintes et Saintonge, chef lieux Mediolanum (medio = milieu ; lanum = plaines)
les Pictavi ⇒ le Poitou, Linmnum est devenu Poitiers
les Turonnes ⇒ à cheval sur la Loire, ont laissé leur nom à Tours
les Aedui ⇒ peuple puissant des Eduens, capitale Bibracte (lieu des castors) pour le Mont Beuvray, dont le peuple des Mandubii, clients des Eduens dont la capitale Alesia va devenir tristement célèbre (Alice Ste Reine).
les Brannovices ⇒ (branno = corbeau), clients des Eduens
les Segusiavi ⇒ chef lieu Forum (Feurs), clients des Eduens
les Ambarri ⇒ (ambi = autour de ; Arrar nom du fleuve Saône), ont laissé Ambérieu, dans l'Ain, clients des Eduens
les Lingons ⇒ capitale Andematunum est devenu Langres
les Sequanes ⇒ la Saône dans son cours supérieur s'appelait Sagona, capitale Vesontio (Besançon)
les Helvetes ⇒ les tigurins ont laissé leur nom à Zurich. Le Valais et Genève étaient aux Allobroges.
les Rauraques, les Tulingi, les Latobici... dépendaient des Helvètes
les Senones ⇒ Brennus (qui saccagea Delphes en 260) était un Sénon. Capitale Agedincum devint Sens au coeur du Sénonais
les Parisii ⇒ petit peuple dépendant des Senones, capitale Lutecia (ile de la Seine), ils ont laissé Paris
les Tricasses ⇒ sujets des Senones (tri = trois ; casses = bataillons) ont laissé Troyes
les Catuvellauni ⇒ sujets des Senones (catu = bataille ; velloni = bons ?) ont laissé Châlons
les Carnutes ⇒ capitale Autricum (qui devint Chartres) et et port Cenabum (Orléans)
les Aulerques ⇒ composés des Cenomani, des Diabintes et des eburovices
les Cenomans ⇒ capitale Vindunum (vindo = blanc ; dunum = forteresse) a laissé Celmans puis Le Mans, région du Maine
les Diablintes ⇒ capitale Jublains
les Eburovices ⇒ (eburo = if ; vices ?) laissent leur nom à Evreux
les Veliocasses ⇒ pays de Vexin, chef lieu Rotomagus (roto = ; magus = champ) qui devint Rouen
les Caletes ⇒ pays de Caux, capitale Caracotinum deviendra Harfleur (origine danoise)
les Lexovii ⇒ ont laissé Lisieux
les Baiocasses ⇒ ont laissé Bayeux
les Viducasses ⇒ (vidu = bois ; casses = gens), pays du Calvados
les Unelles ⇒ chef lieu Cosedia (Coutances)
les Abrincates ⇒ ont laissé Avranches
les Turons ⇒ région d'Angers (Touraine)
les Andes ⇒ Angers et les Andegaves ou Andecaves ⇒ Anjou
les Namnetes ⇒ Nantes
les Redons ⇒ Rennes
les Coriosolites ⇒ (corio = armée) capitale Corseul (Cotes d'Armor)
les Veneti ⇒ chef lieu Darioritum (ritum = gué), Vennes puis Vannes
les Osismes ⇒ les plus hauts, le Finistère actuel
les Ambiliati ⇒ en Armorique ?
les Ambivareti ⇒ clients des Eduens ?
les Blannovii ⇒ clients des Eduens ?
les Remi ⇒ capitale Reims
les Suessions ⇒ capitale Soissons. Les Suessions et les Remes se disaient « frères consanguins »
les Meldi ⇒ Meldos (Meaux)
les Silvanectes ⇒ Senlis
les Bellovaques ⇒ Oise actuelle, Bellovacos : Beauvais, ils avaient un oppidum : Bratuspantium
les Ambiens ⇒ Somme actuelle, capitale Samarobriva (briva = pont ; Samara = la Somme) Amiens
les Viromanduens ⇒ Vermand
les Atrebates ⇒ chef lieu Nemetacus (nemeton) devint Arras
les Morin ⇒ (mor = mer), chef lieu Tarvanna, port Bonomia (Boulogne)
les Ménapes ⇒ en Belgique actuelle (Flandre)
les Nerviens ⇒ les plus vaillants des Belges, capitale Bagacum (Bavai)
les Ambivarètes ⇒ clients des Nerves, ont laissé Anvers ?
les Eburones ⇒ (eburo = if arbre sacré), leur vaillance leurs valurent l'animosité de César, qui voulut les exterminer. Ils appartenaient aux Germani = voisins
les Trevires ⇒ peuple belge le plus puissant, (de la moselle au Rhin), capitale Treveros (Trêves)
les Mediomatriques ⇒ (medio = milieu ; matrices = mères), capitale Medtis (Metz)
les Leuques ⇒ capitale tullum (Toul)
Les Vadicasses ⇒ Seine et Marne ?
Pat
Dans la Provincia
les Allobrogaes ⇒(broga = pays), capitale Vienna (Vienne)
les Ségovellauni ⇒ (sego = force), capitale Valencia (Valence)
lesTricastini ⇒ (trois châteaux), capitale Senomagus (seno= vieux ; magus = marché)
les Vacontii ⇒ les Hautes-Alpes
les Cavares ⇒ le Vaucluse
les Salluvii ⇒ embouchure du Rhône
les Helvii ⇒Ardèche actuelle, capitale Alba (Aps)
les Volcae Arecomici ⇒ peuple jadis puissant, client des Arvernes, chef lieu Nemausus (Nîmes) de nem = nemeton
les Attacini ⇒ sur l'Aude (Atax)
les Volcae Tectosages ⇒ capitale Tolosa (Toulouse)
les Sardones ⇒ chef lieu Ruscino (près de Perpignan) qui donnera Roussillon
Dans l'Aquitaine
les Bituriges Vivisci ⇒ capitale Burdigala (Bordeaux), un petit peuple les Medulli à laissé le Médoc
les Convenae ⇒ les compagnons, capitale Comminges
les Consoranni ⇒ St Lizier
les Nitiobriges ⇒ (nitio = combat ; briges = forts), capitale Aginum (Agen)
les Vasates ⇒ chef lieu Cossium (Bazas)
les Tarbelli ⇒ ibérique : laissent Tarbes
les Cocosates ⇒ les Landes, capitale Corosa
les Sibusates ⇒ Saubusse
les Tarusates ⇒ tartas
les Sotiates ⇒ Sos, clients des Elusates
les Elusates ⇒ Gers actuel, capitale Elusa (Eauze)
les Auscii ⇒ leur nom pour Auch
les Bigerriones ⇒ le Bigorre, clients des Convenae
les Lactorates ⇒ capitale Lactora (Lectoure)
Les peuples des Alpes
les Nantuates, les Veragri, les Sedunes (Sion), les Viberi pour le Valais
les Ceatrones ⇒ Darantasia (Tarentaise)
les Medulli ⇒ en Maurienne
les Caturiges ⇒ (catu = combat ; riges = rois) haute vallée de la Durance, les Quariates (Queyras)
les Bodiontici ⇒ (bodio = victoire), capitale Dinia (Digne)
les Oxybii ⇒ dans la vallée du Var, capitale Glannativa
les Suetri ⇒ capitale Salinae
les Nerusi ⇒ capitale Vintia (Vence)
les Deciates ⇒ arrière Antipolis
les Vediantii ⇒ à coté de Nice
Dans la Gaule chevelue
les Bituriges ⇒ (bitu = monde ; riges = rois), chef lieu : Avaricum (Bourges)
les Arvernes ⇒ (Gergovie). Arvernos à donné Auvergne
les Vellaves ⇒ (le Velay), clients des Arvernes
les Gaballi ⇒ chef lieu Anderitum (Javols) clients des des Arvernes
les Cadurques ⇒ (Quercy), capitale Divona (Cahors)
les Ruteni ⇒ capitale Segodunum (montagne de la force) qui deviendra Rodez (Rutenos)
les Petrocorii ⇒ (petro = quatre ; corii = armées), capitale Vesuna (Vésone) deviendra Périgueux (Petrocorios)
les Lemovices ⇒ capitale Limoges
les Santones ⇒ Saintes et Saintonge, chef lieux Mediolanum (medio = milieu ; lanum = plaines)
les Pictavi ⇒ le Poitou, Linmnum est devenu Poitiers
les Turonnes ⇒ à cheval sur la Loire, ont laissé leur nom à Tours
les Aedui ⇒ peuple puissant des Eduens, capitale Bibracte (lieu des castors) pour le Mont Beuvray, dont le peuple des Mandubii, clients des Eduens dont la capitale Alesia va devenir tristement célèbre (Alice Ste Reine).
les Brannovices ⇒ (branno = corbeau), clients des Eduens
les Segusiavi ⇒ chef lieu Forum (Feurs), clients des Eduens
les Ambarri ⇒ (ambi = autour de ; Arrar nom du fleuve Saône), ont laissé Ambérieu, dans l'Ain, clients des Eduens
les Lingons ⇒ capitale Andematunum est devenu Langres
les Sequanes ⇒ la Saône dans son cours supérieur s'appelait Sagona, capitale Vesontio (Besançon)
les Helvetes ⇒ les tigurins ont laissé leur nom à Zurich. Le Valais et Genève étaient aux Allobroges.
les Rauraques, les Tulingi, les Latobici... dépendaient des Helvètes
les Senones ⇒ Brennus (qui saccagea Delphes en 260) était un Sénon. Capitale Agedincum devint Sens au coeur du Sénonais
les Parisii ⇒ petit peuple dépendant des Senones, capitale Lutecia (ile de la Seine), ils ont laissé Paris
les Tricasses ⇒ sujets des Senones (tri = trois ; casses = bataillons) ont laissé Troyes
les Catuvellauni ⇒ sujets des Senones (catu = bataille ; velloni = bons ?) ont laissé Châlons
les Carnutes ⇒ capitale Autricum (qui devint Chartres) et et port Cenabum (Orléans)
les Aulerques ⇒ composés des Cenomani, des Diabintes et des eburovices
les Cenomans ⇒ capitale Vindunum (vindo = blanc ; dunum = forteresse) a laissé Celmans puis Le Mans, région du Maine
les Diablintes ⇒ capitale Jublains
les Eburovices ⇒ (eburo = if ; vices ?) laissent leur nom à Evreux
les Veliocasses ⇒ pays de Vexin, chef lieu Rotomagus (roto = ; magus = champ) qui devint Rouen
les Caletes ⇒ pays de Caux, capitale Caracotinum deviendra Harfleur (origine danoise)
les Lexovii ⇒ ont laissé Lisieux
les Baiocasses ⇒ ont laissé Bayeux
les Viducasses ⇒ (vidu = bois ; casses = gens), pays du Calvados
les Unelles ⇒ chef lieu Cosedia (Coutances)
les Abrincates ⇒ ont laissé Avranches
les Turons ⇒ région d'Angers (Touraine)
les Andes ⇒ Angers et les Andegaves ou Andecaves ⇒ Anjou
les Namnetes ⇒ Nantes
les Redons ⇒ Rennes
les Coriosolites ⇒ (corio = armée) capitale Corseul (Cotes d'Armor)
les Veneti ⇒ chef lieu Darioritum (ritum = gué), Vennes puis Vannes
les Osismes ⇒ les plus hauts, le Finistère actuel
les Ambiliati ⇒ en Armorique ?
les Ambivareti ⇒ clients des Eduens ?
les Blannovii ⇒ clients des Eduens ?
les Remi ⇒ capitale Reims
les Suessions ⇒ capitale Soissons. Les Suessions et les Remes se disaient « frères consanguins »
les Meldi ⇒ Meldos (Meaux)
les Silvanectes ⇒ Senlis
les Bellovaques ⇒ Oise actuelle, Bellovacos : Beauvais, ils avaient un oppidum : Bratuspantium
les Ambiens ⇒ Somme actuelle, capitale Samarobriva (briva = pont ; Samara = la Somme) Amiens
les Viromanduens ⇒ Vermand
les Atrebates ⇒ chef lieu Nemetacus (nemeton) devint Arras
les Morin ⇒ (mor = mer), chef lieu Tarvanna, port Bonomia (Boulogne)
les Ménapes ⇒ en Belgique actuelle (Flandre)
les Nerviens ⇒ les plus vaillants des Belges, capitale Bagacum (Bavai)
les Ambivarètes ⇒ clients des Nerves, ont laissé Anvers ?
les Eburones ⇒ (eburo = if arbre sacré), leur vaillance leurs valurent l'animosité de César, qui voulut les exterminer. Ils appartenaient aux Germani = voisins
les Trevires ⇒ peuple belge le plus puissant, (de la moselle au Rhin), capitale Treveros (Trêves)
les Mediomatriques ⇒ (medio = milieu ; matrices = mères), capitale Medtis (Metz)
les Leuques ⇒ capitale tullum (Toul)
Les Vadicasses ⇒ Seine et Marne ?
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Re: Les Gaulois, nos ancêtres. Qui étaient-ils vraiment ?
L’éloquence chez les Gaulois
La vulgate historique nous dit que de nos ancêtres gaulois, il ne reste rien. La langue, les coutumes, tout aurait été balayé en deux ou trois siècles par Rome, et remplacé par une culture purement gréco-latine.
Si je prends une carte de France et que je la compare aux frontières de la Gaule antique telle que décrite par César, je vois pourtant, non une ressemblance, mais plutôt une gémellité quasi-parfaite.
Objection, me diront certains, la Gaule de Vercingétorix comprenait la Belgique et la Suisse. Certes ; mais tout le monde sait bien que Suisses et Belges francophones ne sont rien d’autre que des Français que des événements historiques, qu’il ne nous appartient pas de relater ici, ont un jour séparé de la mère-patrie. La langue française est en même temps le marqueur d’une appartenance culturelle séculaire et une part essentielle de cette culture. Nous pouvons en conclure que les Gaulois actuels sont tout simplement les Européens de langue maternelle française. La Belgique wallonne risque fort, d’ailleurs, de retourner à la France d’ici peu.
Quant à la Suisse germanophone et à la Belgique néerlandophone, qui faisaient aussi partie de la Gaule antique, il nous suffira de préciser qu’elle n’ont été germanisées que pendant les invasions barbares. On nous dit que les Francs et autres peuplades d’outre-Rhin ont toujours été extrêmement minoritaires en Gaule, ce qui est vrai, mais on devrait préciser que, dans les régions frontalières du monde germanique, ce n’est pas simplement à la prise du pouvoir politique par quelques bandes d’aventuriers que nous avons assisté, mais à l’arrivée brutale de peuples entiers, qui ont soit chassé, soit submergé les autochtones dont l’identité celtique s’est effacée par dissolution ethnique.
La partie de la Suisse et de la Belgique actuellement francophones sont celles qui, à l’époque du déferlement venu d’outre-Rhin, étaient restées majoritairement gauloises.
Cette objection étant éclaircie, et sans oublier d’autres exceptions comme la Corse, conquise ultérieurement, cette analogie ethno-géographico-linguistique évidente nous oblige à considérer la Gaule comme source du peuple ayant donné à la France son identité, et à constater qu’il n’y a aucune rupture profonde entre le peuple gaulois et le peuple français, du moins jusqu’à des événements migratoires récents qui tendent à remplacer définitivement la conception ethnique du mot « Français » par une définition juridique et contractuelle.
Depuis très longtemps, nous vivons sur un mensonge : la croyance qu’une nation peut abandonner tout socle ethnique historique pour n’être plus qu’un club politique, l’adhésion de peuples venant de tous les coins du monde à deux ou trois grands principes abstraits devant suffire à assurer leur insertion dans la société humaine d’origine.
Le mot « France » symbolise à lui seul ce mensonge.
En 1792, pendant une de ces périodes incertaines ou il suffit d’un rien pour que l’histoire bascule dans un sens ou dans un autre, plusieurs pétitions furent adressées à la Convention pour que la France reprenne le nom de Gaule. Voilà par exemple celle du citoyen Ducalle :
« CITOYENS ADMINISTRATEURS,
Jusques à quand souffrirez-vous que nous portions encore l’infâme nom de Français ? Tout ce que la démence a de faiblesse, tout ce que l’absurdité a de contraire à la raison, tout ce que la turpitude a de bassesse, ne sont pas comparables à notre manie de nous couvrir de ce nom.
Quoi ! Une troupe de brigands (les Francs conquérants) vient nous ravir tous nos biens, nous soumet à ses lois, nous réduit à la servitude, et pendant quatorze siècles ne s’attache qu’à nous priver de toutes les choses nécessaires à la vie, à nous accabler d’outrage, et lorsque nous brisons nos fers, nous avons encore l’extravagance bassesse de continuer à nous appeler comme eux !
Sommes-nous donc descendants de leur sang impur ? À Dieu ne plaise, citoyens, nous sommes du sang pur des Gaulois !
Chose plus qu’étonnante, Paris est une pépinière de savants, Paris a fait la révolution, et pas un de ces savants n’a encore daigné nous instruire de notre origine, quelque intérêt que nous ayons à la connaître. »
« Il est deux qualités, disait César, plus importantes que tout pour les Gaulois : bien se battre et bien parler. » Cette dernière assertion, au vu de notre histoire, semble se vérifier. L’éloquence fut, jusqu’à nos jours, un élément tout à fait central dans la façon dont de grands hommes surent s’imposer.
Comment de Gaulle parvint-il à faire cesser les grèves de 1968 ? Ni à coups de matraque, ni en achetant les syndicats, mais par la puissance du verbe, en un seul discours radiophonique.
Remontons beaucoup plus loin dans le temps, au IIe siècle de notre ère. Un Grec, Lucien de Samosate, se trouve, en terre gauloise, face à une représentation d’Ogmios, équivalent selon lui d’Hercule. Ogmios a bien les attribut d’Hercule : couvert d’une peau de lion, il porte à la main droite une massue, dans la gauche un arc, à ses épaules un carquois. Mais, alors qu’Hercule est chez les Grecs un personnage jeune et musclé, Ogmios a l’apparence d’un vieillard décrépit.
Plus étrange encore : le bout de la langue d’Ogmios est percé par de petites chaînettes, qui relient le dieu gaulois à une multitude d’hommes aux oreilles attachées par ces liens. Le dieu marche en entraînant ces hommes derrière lui, tout en se retournant vers eux pour exhiber un large sourire, alors que ceux-ci, loin de paraître contraints, le suivent avec un bonheur visible.
À ce stade, Lucien de Samosate se trouve dans le brouillard le plus complet quant à la signification de cette scène. Voyant son désarroi, un Gaulois, parlant le grec, lui donne la clef de cette allégorie :
« Je vais vous donner le mot de l’énigme, car je vois bien que cette figure vous jette dans un grand trouble. Nous autres, Celtes, nous représentons l’éloquence, non comme vous, Hellènes, par Hermès ! Mais par Hercule, car Hercule est beaucoup plus fort. Si on lui a donné l’apparence d’un vieillard, n’en soyez pas surpris, car seule l’éloquence arrive dans sa vieillesse à maturité, si toutefois les poètes disent vrai : “ L’esprit des jeunes gens est flottant mais la vieillesse s’exprime plus sagement que la jeunesse. ” C’est pour cela que le miel coule de la bouche de Nestor et que les orateurs troyens font entendre une voix fleurie de lis, car il y a des fleurs du nom de lis si j’ai bonne mémoire. Ne vous étonnez pas de voir l’éloquence représentée sous forme humaine par un Hercule âgé, conduire de sa langue les hommes enchaînés par les oreilles ; ce n’est pas pour insulter le dieu qu’elle est percée. Je me rappelle d’ailleurs que j’ai appris chez vous certains ïambes comiques : “ Les bavards ont tous le bout de la langue percé. ” Enfin, c’est part son éloquence achevée, pensons-nous, qu’Hercule a accompli tous ses exploits et par la persuasion, qu’il est venu à bout de tous les obstacles. Les discours sont pour lui des traits acérés qui portent droit au but et blessent les âmes. Vous-mêmes dites que les paroles sont ailées. »
Cette conception gauloise de l’autorité est le contraire exact de la conception romaine ou islamique, où seul la trique et la promesse d’avantages matériels peuvent entraîner des millions d’hommes à la suite d’un seul.
Relisons Camille Jullian : « L’action de Vercingétorix était à la fois plus limitée et plus vaste que celle d’un dictateur militaire. Elle était d’abord tempérée par les rapports permanents avec les chefs supérieurs des cités confédérées ; il n’était pas dans la nature des Gaulois d’obéir sans condition et sans discussion au général qu’ils avaient élu même à l’unanimité [...] Il fallait, avant les questions importantes, que Vercingétorix les réunit en conseil ; il fallait, après l’événement, qu’il rendit compte de ce qu’il avait fait [...] »
Vercingétorix, en charge non pas d’un « État », mais de tribus totalement indépendantes qui avaient décidé de se coaliser autour de lui contre l’envahisseur, devait sans cesse prouver qu’il était le plus apte à les mener à la victoire. Les Gaulois le suivirent parce qu’ils reconnurent aussi en lui un idéaliste qui ne cherchait aucun intérêt personnel, qui avait décidé de lier irrévocablement son destin à celui de son peuple. C’est d’ailleurs en toute logique qu’il finit, cinq ans après la reddition d’Alésia, étranglé comme une bête dans une prison romaine.
Vercingétorix employa, pour fédérer autour de son nom la majorité des tribus gauloises, deux armes, le courage et l’éloquence, qui confirment parfaitement le propos de César.
par André Waroch http://www.europemaxima.com
La vulgate historique nous dit que de nos ancêtres gaulois, il ne reste rien. La langue, les coutumes, tout aurait été balayé en deux ou trois siècles par Rome, et remplacé par une culture purement gréco-latine.
Si je prends une carte de France et que je la compare aux frontières de la Gaule antique telle que décrite par César, je vois pourtant, non une ressemblance, mais plutôt une gémellité quasi-parfaite.
Objection, me diront certains, la Gaule de Vercingétorix comprenait la Belgique et la Suisse. Certes ; mais tout le monde sait bien que Suisses et Belges francophones ne sont rien d’autre que des Français que des événements historiques, qu’il ne nous appartient pas de relater ici, ont un jour séparé de la mère-patrie. La langue française est en même temps le marqueur d’une appartenance culturelle séculaire et une part essentielle de cette culture. Nous pouvons en conclure que les Gaulois actuels sont tout simplement les Européens de langue maternelle française. La Belgique wallonne risque fort, d’ailleurs, de retourner à la France d’ici peu.
Quant à la Suisse germanophone et à la Belgique néerlandophone, qui faisaient aussi partie de la Gaule antique, il nous suffira de préciser qu’elle n’ont été germanisées que pendant les invasions barbares. On nous dit que les Francs et autres peuplades d’outre-Rhin ont toujours été extrêmement minoritaires en Gaule, ce qui est vrai, mais on devrait préciser que, dans les régions frontalières du monde germanique, ce n’est pas simplement à la prise du pouvoir politique par quelques bandes d’aventuriers que nous avons assisté, mais à l’arrivée brutale de peuples entiers, qui ont soit chassé, soit submergé les autochtones dont l’identité celtique s’est effacée par dissolution ethnique.
La partie de la Suisse et de la Belgique actuellement francophones sont celles qui, à l’époque du déferlement venu d’outre-Rhin, étaient restées majoritairement gauloises.
Cette objection étant éclaircie, et sans oublier d’autres exceptions comme la Corse, conquise ultérieurement, cette analogie ethno-géographico-linguistique évidente nous oblige à considérer la Gaule comme source du peuple ayant donné à la France son identité, et à constater qu’il n’y a aucune rupture profonde entre le peuple gaulois et le peuple français, du moins jusqu’à des événements migratoires récents qui tendent à remplacer définitivement la conception ethnique du mot « Français » par une définition juridique et contractuelle.
Depuis très longtemps, nous vivons sur un mensonge : la croyance qu’une nation peut abandonner tout socle ethnique historique pour n’être plus qu’un club politique, l’adhésion de peuples venant de tous les coins du monde à deux ou trois grands principes abstraits devant suffire à assurer leur insertion dans la société humaine d’origine.
Le mot « France » symbolise à lui seul ce mensonge.
En 1792, pendant une de ces périodes incertaines ou il suffit d’un rien pour que l’histoire bascule dans un sens ou dans un autre, plusieurs pétitions furent adressées à la Convention pour que la France reprenne le nom de Gaule. Voilà par exemple celle du citoyen Ducalle :
« CITOYENS ADMINISTRATEURS,
Jusques à quand souffrirez-vous que nous portions encore l’infâme nom de Français ? Tout ce que la démence a de faiblesse, tout ce que l’absurdité a de contraire à la raison, tout ce que la turpitude a de bassesse, ne sont pas comparables à notre manie de nous couvrir de ce nom.
Quoi ! Une troupe de brigands (les Francs conquérants) vient nous ravir tous nos biens, nous soumet à ses lois, nous réduit à la servitude, et pendant quatorze siècles ne s’attache qu’à nous priver de toutes les choses nécessaires à la vie, à nous accabler d’outrage, et lorsque nous brisons nos fers, nous avons encore l’extravagance bassesse de continuer à nous appeler comme eux !
Sommes-nous donc descendants de leur sang impur ? À Dieu ne plaise, citoyens, nous sommes du sang pur des Gaulois !
Chose plus qu’étonnante, Paris est une pépinière de savants, Paris a fait la révolution, et pas un de ces savants n’a encore daigné nous instruire de notre origine, quelque intérêt que nous ayons à la connaître. »
« Il est deux qualités, disait César, plus importantes que tout pour les Gaulois : bien se battre et bien parler. » Cette dernière assertion, au vu de notre histoire, semble se vérifier. L’éloquence fut, jusqu’à nos jours, un élément tout à fait central dans la façon dont de grands hommes surent s’imposer.
Comment de Gaulle parvint-il à faire cesser les grèves de 1968 ? Ni à coups de matraque, ni en achetant les syndicats, mais par la puissance du verbe, en un seul discours radiophonique.
Remontons beaucoup plus loin dans le temps, au IIe siècle de notre ère. Un Grec, Lucien de Samosate, se trouve, en terre gauloise, face à une représentation d’Ogmios, équivalent selon lui d’Hercule. Ogmios a bien les attribut d’Hercule : couvert d’une peau de lion, il porte à la main droite une massue, dans la gauche un arc, à ses épaules un carquois. Mais, alors qu’Hercule est chez les Grecs un personnage jeune et musclé, Ogmios a l’apparence d’un vieillard décrépit.
Plus étrange encore : le bout de la langue d’Ogmios est percé par de petites chaînettes, qui relient le dieu gaulois à une multitude d’hommes aux oreilles attachées par ces liens. Le dieu marche en entraînant ces hommes derrière lui, tout en se retournant vers eux pour exhiber un large sourire, alors que ceux-ci, loin de paraître contraints, le suivent avec un bonheur visible.
À ce stade, Lucien de Samosate se trouve dans le brouillard le plus complet quant à la signification de cette scène. Voyant son désarroi, un Gaulois, parlant le grec, lui donne la clef de cette allégorie :
« Je vais vous donner le mot de l’énigme, car je vois bien que cette figure vous jette dans un grand trouble. Nous autres, Celtes, nous représentons l’éloquence, non comme vous, Hellènes, par Hermès ! Mais par Hercule, car Hercule est beaucoup plus fort. Si on lui a donné l’apparence d’un vieillard, n’en soyez pas surpris, car seule l’éloquence arrive dans sa vieillesse à maturité, si toutefois les poètes disent vrai : “ L’esprit des jeunes gens est flottant mais la vieillesse s’exprime plus sagement que la jeunesse. ” C’est pour cela que le miel coule de la bouche de Nestor et que les orateurs troyens font entendre une voix fleurie de lis, car il y a des fleurs du nom de lis si j’ai bonne mémoire. Ne vous étonnez pas de voir l’éloquence représentée sous forme humaine par un Hercule âgé, conduire de sa langue les hommes enchaînés par les oreilles ; ce n’est pas pour insulter le dieu qu’elle est percée. Je me rappelle d’ailleurs que j’ai appris chez vous certains ïambes comiques : “ Les bavards ont tous le bout de la langue percé. ” Enfin, c’est part son éloquence achevée, pensons-nous, qu’Hercule a accompli tous ses exploits et par la persuasion, qu’il est venu à bout de tous les obstacles. Les discours sont pour lui des traits acérés qui portent droit au but et blessent les âmes. Vous-mêmes dites que les paroles sont ailées. »
Cette conception gauloise de l’autorité est le contraire exact de la conception romaine ou islamique, où seul la trique et la promesse d’avantages matériels peuvent entraîner des millions d’hommes à la suite d’un seul.
Relisons Camille Jullian : « L’action de Vercingétorix était à la fois plus limitée et plus vaste que celle d’un dictateur militaire. Elle était d’abord tempérée par les rapports permanents avec les chefs supérieurs des cités confédérées ; il n’était pas dans la nature des Gaulois d’obéir sans condition et sans discussion au général qu’ils avaient élu même à l’unanimité [...] Il fallait, avant les questions importantes, que Vercingétorix les réunit en conseil ; il fallait, après l’événement, qu’il rendit compte de ce qu’il avait fait [...] »
Vercingétorix, en charge non pas d’un « État », mais de tribus totalement indépendantes qui avaient décidé de se coaliser autour de lui contre l’envahisseur, devait sans cesse prouver qu’il était le plus apte à les mener à la victoire. Les Gaulois le suivirent parce qu’ils reconnurent aussi en lui un idéaliste qui ne cherchait aucun intérêt personnel, qui avait décidé de lier irrévocablement son destin à celui de son peuple. C’est d’ailleurs en toute logique qu’il finit, cinq ans après la reddition d’Alésia, étranglé comme une bête dans une prison romaine.
Vercingétorix employa, pour fédérer autour de son nom la majorité des tribus gauloises, deux armes, le courage et l’éloquence, qui confirment parfaitement le propos de César.
par André Waroch http://www.europemaxima.com
Re: Les Gaulois, nos ancêtres. Qui étaient-ils vraiment ?
C'est bien le sentiment que j'avais, j'ai personnellement toujours eu le sentiment que toute une culture, Celte donc Gauloise pour nous ne pouvait avoir disparu subitement...D'ailleurs, il suffit de côtoyer les habitants de la France, pardon Gaule profonde (auprès de gaulois A.O.C j'entends)pour s'apercevoir que des notions païennes(ce qui n'empêche pas d'être chrétien en plus)remontant a jadis sont encore présentes, je citerais certains secrets de nos chers guérisseurs ou rebouteux...
Ceci dit, Messieurs, Mesdames les Bretons et Bretonnes, vous n'avez plus le monopole du celtisme...Bonsoir(ou bonjour).
Ceci dit, Messieurs, Mesdames les Bretons et Bretonnes, vous n'avez plus le monopole du celtisme...Bonsoir(ou bonjour).
"Il y en a marre d'être menés par le bout du nez par toute cette population qui nous détruit, détruit notre pays en imposant ses actes".BB
Article 35 (De la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen)
Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.
RESISTANCE
Article 35 (De la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen)
Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.
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Re: Les Gaulois, nos ancêtres. Qui étaient-ils vraiment ?
en tout cas le peuple gaulois est en grave danger 
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Re: Les Gaulois, nos ancêtres. Qui étaient-ils vraiment ?
supergaulois a écrit :en tout cas le peuple gaulois est en grave danger
Et sa langue, quand on te lit.

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Re: Les Gaulois, nos ancêtres. Qui étaient-ils vraiment ?
- Homère, Hérodote et Hésiode sont les premiers auteurs à reconnaître une identité propre aux Celtes.
- C'est dans Homère que l'on trouve la première mention historique des Celtes, qu'il appelle Cimmeriens.
- Hérodote est le premier dans ses Histoires, 435 av J.C à faire mention des Celtes en tant que peuple distinct.
- ...... César n'a donc pas inventé cette tota Gallia- ou grande Gaule - mais il n'est pas non plus le créateur du mot Germanus appliqué aux habitants d'outre-Rhin. Ce mot transcrit en Grec se rencontre aussi dans l'oeuvre de Poseidonios, au Livre XXX des Histoires, qui devait être en partie consacré à l'ethnographie.
- Poseidonios a reproduit une part des théories des druides.
- C'est dans Homère que l'on trouve la première mention historique des Celtes, qu'il appelle Cimmeriens.
- Hérodote est le premier dans ses Histoires, 435 av J.C à faire mention des Celtes en tant que peuple distinct.
- ...... César n'a donc pas inventé cette tota Gallia- ou grande Gaule - mais il n'est pas non plus le créateur du mot Germanus appliqué aux habitants d'outre-Rhin. Ce mot transcrit en Grec se rencontre aussi dans l'oeuvre de Poseidonios, au Livre XXX des Histoires, qui devait être en partie consacré à l'ethnographie.
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Re: Les Gaulois, nos ancêtres. Qui étaient-ils vraiment ?
Hypothèse sur les origines de notre Histoire
Sous le règne de Tarquin l’Ancien (vers l’an 600 avant J.C.) les Celtes qui occupaient le tiers de la Gaule avaient à leur tête les Bituriges. Ambigatos, l’un des leurs, était le chef tout-puissant de la Celtique. Son courage, sa fortune personnelle, la richesse de son État l’avaient porté au sommet de la puissance. Sous son autorité, la Gaule était devenue riche en blé et en hommes à tel point qu’il rencontrait de plus en plus de difficultés pour gouverner une population aussi abondante. Comme il se faisait vieux, il décida d’envoyer les excédents de ses peuples s’établir en des lieux que les augures lui indiqueraient (Tite Live).


La tour des Bituriges. Alors que se développe toute une campagne de médiatisation pour promouvoir une vision de la Gaule que je ne partage pas - la Gaule, ça n’existe pas, c’est une invention de César - je dis merci à Agoravox, seul média qui continue à donner la parole au contestataire que je suis des thèses officielles : Emile Mourey, un latiniste comme il n’en existe plus guère dans la société militaire française contemporaine (Revue Le Casoar, avril 1994.)
L’Histoire a une logique. Il s’agit de la retrouver. Imaginons, quelques siècles avant l’an 600, une petite flottille sortant du port de Tyr. Les petites voiles carrées se gonflent sous l’action du vent. Une vingtaine d’hommes par embarcation frappent en cadence de leurs rames les flots bleus de la Méditerranée. Les rivages du pays de Canaan s’estompent puis disparaissent bientôt à leur vue. Ces hommes sont partis pour ne plus revenir.
Cette expédition, ils l’ont soigneusement préparée. Ils se sont engagés sur la voie maritime que les fondateurs de Carthage ont suivie ou vont suivre vers l’an 800 avant J.C. date de la fondation de cette ville d’après les annales de Tyr. Mais bientôt, ils la quittent pour se rapprocher des côtes ligures jusqu’à l’embouchure du Rhône qu’ils remontent à force de rames. A cette date, Marseille n’a pas encore été fondée par les Grecs de Phocée.
Les intrépides navigateurs ont remonté le cours tranquille de l’Arar que l’on appelle aujourd’hui la Saône. A l’endroit où la rivière bifurque, un peu avant sa confluence avec la Dheune et le Doubs, ils ont repéré une région présentant les conditions favorables pour y établir une colonie : des terres propices à l’agriculture, de l’eau un peu partout, des ressources abondantes en gibier et en poissons ; un grand carrefour de voies naturelles. Au centre de cette région, un point dominant, relativement peu élevé certes, mais ayant vue sur tout le pagus qu’ils ont décidé de mettre en valeur : la colline de Taisey, proche de l’actuelle ville de Chalon-sur-Saône.
Nous sommes aux environs du tournant de l’âge du bronze et de l’âge du fer, et peut-être même avant. Avec leur armement de bien meilleure qualité, les colons s’imposent sans grande difficulté, et cela d’autant plus facilement qu’ils apportent aux locaux d’importants progrès dans le domaine de l’agriculture.

Sécurité et prudence obligent, ils élèvent sur la hauteur de Taisey leur première forteresse. Très judicieusement, ils la placent au début de la pente de façon à pouvoir amener dans les très modestes douves l’eau du plan d’eau qui se trouve sur le plateau. La tour principale, toujours existante, est construite sur le modèle des tours du Moyen-Orient mais avec, en plus, un pont-levis prolongé par un pont dormant.
En outre - c’est un modèle astrologique qui nous vient de ces pays lointains - cette tour s’élève sur une base représentant le chariot de la Petite Ourse tandis que la haute cour qui se trouve quelque trente mètres en arrière suit le contour du quadrilatère du grand chariot.

La tour regarde en direction du pays de Canaan. Plus tard, dans les fresques de Gourdon, les descendants des fondateurs représenteront sa fenêtre à meneau et, dans l’encadrement de cette fenêtre, les deux collines de Jérusalem.
Ces premiers colons qui se sont installés en Gaule, sur la colline de Taisey, je leur donne le nom de Bituriges. Quand leurs excédents de population partiront pour suivre les expéditions de Bellovèse et de Ségovèse sous le règne d’Ambigatos, comme je l’ai dit dans mon introduction, ils seront accompagnés (cf. Tite Live) de leurs proches voisins : Eduens de Bibracte au Mont-Saint-Vincent, Ambarres du Bugey, Aulerques Brannovices de Brancion, Aulerques Blannovices de Blanot, accompagnés également de peuplades un peu plus lointaines : Arvernes du Crest, Carnutes d’Orléans, Senons de Château-Landon.
Avant que César n’arrive en Gaule, les Eduens de Bibracte/Mont-Saint-Vincent avaient pris possession de la forteresse biturige. Seigneur de Cabillo/Chalon, c’est de là que l’Eduen Litavicos partit pour Gergovie, entraînant avec lui une troupe à pied de 10 000 hommes. Appartenant à la génération précédente, l’Eduen Dumnorix avait marié sa mère chez les Bituriges, à un homme de très haute réputation et très puissant (DBG I, 18). Je suppose que les Bituriges occupaient encore, à cette époque, la région d’Autun et qu’en mariant ainsi sa mère, Dumnorix a étendu son influence, comme l’écrit César, sur les cités les plus limitrophes.
Expansion normale d’une peuplade puissante, les excédents de la population biturige de Chalon/Taisey s’expatrieront pour fonder de nouvelles colonies : Bituriges Cubes à Bourges - la plus belle ville de la Gaule selon César - Bituriges Vivisques à Bordeaux, tandis que l’antique forteresse deviendra castrum des empereurs gaulois, palais du roi franco-burgonde Gontran, puis forteresse du comte de Chalon (cf. les trois sceaux de Guillaume des Barres dont celui de 1246 représenté ci-dessus. Sur les deux autres sceaux, les fenêtres ne sont pas cintrées, seule l’est l’entrée).
Eléments de preuves :
1. Dans son Histoire naturelle, livre XXXIV, Pline l’Ancien (23-79 après J.C.) écrit : « ... Deinde et argentum incoquere simili modo coepere equorum maxime ornamentis iumentorumque ac iugorum in Alesia oppido ; reliqua gloria Biturigum fuit. » La première phrase ne pose pas de difficultés de traduction : par la suite, sur l’oppidum d’Alésia, on se mit à appliquer de l’argent de la même façon aux attelages mais surtout aux ornements des chevaux (il s’agit de l’invention de l’étamage à l’argent). En revanche, pour éviter tout faux sens dans la deuxième phrase, il faudrait la traduire ainsi : gloire aux Bituriges à qui nous devons cet héritage ! Le texte est très clair : l’invention a eu lieu à Alésia et les inventeurs sont les Bituriges qui habitaient cette Alésia.
Quelle Alésia ? Il est bien évident qu’il ne s’agit pas de la petite Alésia des Mandubiens mais de l’Alésia qui passait pour imprenable en raison de la hauteur de ses murailles (Plutarque), celle que Diodore de Sicile qualifie de foyer et métropole de la Celtique, autrement dit : Nuerax/Bibracte/Mont-Saint-Vincent.
Conclusion : les Bituriges étaient à Bibracte/Mont-Saint-Vincent avant les Eduens, et donc également à Taisey/Chalon, les deux localités étant militairement indissociables de même que le sont la poignée et la pointe d’une épée.
2. La Notitia Dignitatum situe une fabrique éduenne d’armement à un Argentomagus que je ne peux identifier qu’à la forteresse de Taisey (Tasiacum/thesorus = trésor = argentomagus/marché de l’argent). En faisant le rapprochement avec le très riche site gaulois d’Argentomagus près d’Argenton-sur-Creuse, j’en déduis qu’il s’agit d’une colonie qui a pris le même nom que la cité-mère de Taisey, et comme les habitants de cette colonie sont des Bituriges, j’en déduis que les habitants de la cité-mère de Taisey étaient bien des Bituriges.
Cette tour mérite-t-elle d’être classée au titre des monuments historiques ?
Alors que son environnement est menacé par une urbanisation sauvage, c’est ce que j’ai demandé à M. Donnedieu de Vabres, alors ministre de la Culture, soulignant en outre le fait qu’elle était un magnifique symbole de tolérance puisque c’est là que fut signée, en 1595, la trève de Taisey qui mit fin aux guerres de religion. Cette demande de classement a été rejetée.

Extraits en partie de mes ouvrages. Les croquis et photos sont de l’auteur. Les reproductions ont été autorisées.
E. Mourey
http://www.agoravox.fr
Sous le règne de Tarquin l’Ancien (vers l’an 600 avant J.C.) les Celtes qui occupaient le tiers de la Gaule avaient à leur tête les Bituriges. Ambigatos, l’un des leurs, était le chef tout-puissant de la Celtique. Son courage, sa fortune personnelle, la richesse de son État l’avaient porté au sommet de la puissance. Sous son autorité, la Gaule était devenue riche en blé et en hommes à tel point qu’il rencontrait de plus en plus de difficultés pour gouverner une population aussi abondante. Comme il se faisait vieux, il décida d’envoyer les excédents de ses peuples s’établir en des lieux que les augures lui indiqueraient (Tite Live).


La tour des Bituriges. Alors que se développe toute une campagne de médiatisation pour promouvoir une vision de la Gaule que je ne partage pas - la Gaule, ça n’existe pas, c’est une invention de César - je dis merci à Agoravox, seul média qui continue à donner la parole au contestataire que je suis des thèses officielles : Emile Mourey, un latiniste comme il n’en existe plus guère dans la société militaire française contemporaine (Revue Le Casoar, avril 1994.)
L’Histoire a une logique. Il s’agit de la retrouver. Imaginons, quelques siècles avant l’an 600, une petite flottille sortant du port de Tyr. Les petites voiles carrées se gonflent sous l’action du vent. Une vingtaine d’hommes par embarcation frappent en cadence de leurs rames les flots bleus de la Méditerranée. Les rivages du pays de Canaan s’estompent puis disparaissent bientôt à leur vue. Ces hommes sont partis pour ne plus revenir.
Cette expédition, ils l’ont soigneusement préparée. Ils se sont engagés sur la voie maritime que les fondateurs de Carthage ont suivie ou vont suivre vers l’an 800 avant J.C. date de la fondation de cette ville d’après les annales de Tyr. Mais bientôt, ils la quittent pour se rapprocher des côtes ligures jusqu’à l’embouchure du Rhône qu’ils remontent à force de rames. A cette date, Marseille n’a pas encore été fondée par les Grecs de Phocée.
Les intrépides navigateurs ont remonté le cours tranquille de l’Arar que l’on appelle aujourd’hui la Saône. A l’endroit où la rivière bifurque, un peu avant sa confluence avec la Dheune et le Doubs, ils ont repéré une région présentant les conditions favorables pour y établir une colonie : des terres propices à l’agriculture, de l’eau un peu partout, des ressources abondantes en gibier et en poissons ; un grand carrefour de voies naturelles. Au centre de cette région, un point dominant, relativement peu élevé certes, mais ayant vue sur tout le pagus qu’ils ont décidé de mettre en valeur : la colline de Taisey, proche de l’actuelle ville de Chalon-sur-Saône.
Nous sommes aux environs du tournant de l’âge du bronze et de l’âge du fer, et peut-être même avant. Avec leur armement de bien meilleure qualité, les colons s’imposent sans grande difficulté, et cela d’autant plus facilement qu’ils apportent aux locaux d’importants progrès dans le domaine de l’agriculture.

Sécurité et prudence obligent, ils élèvent sur la hauteur de Taisey leur première forteresse. Très judicieusement, ils la placent au début de la pente de façon à pouvoir amener dans les très modestes douves l’eau du plan d’eau qui se trouve sur le plateau. La tour principale, toujours existante, est construite sur le modèle des tours du Moyen-Orient mais avec, en plus, un pont-levis prolongé par un pont dormant.
En outre - c’est un modèle astrologique qui nous vient de ces pays lointains - cette tour s’élève sur une base représentant le chariot de la Petite Ourse tandis que la haute cour qui se trouve quelque trente mètres en arrière suit le contour du quadrilatère du grand chariot.

La tour regarde en direction du pays de Canaan. Plus tard, dans les fresques de Gourdon, les descendants des fondateurs représenteront sa fenêtre à meneau et, dans l’encadrement de cette fenêtre, les deux collines de Jérusalem.
Ces premiers colons qui se sont installés en Gaule, sur la colline de Taisey, je leur donne le nom de Bituriges. Quand leurs excédents de population partiront pour suivre les expéditions de Bellovèse et de Ségovèse sous le règne d’Ambigatos, comme je l’ai dit dans mon introduction, ils seront accompagnés (cf. Tite Live) de leurs proches voisins : Eduens de Bibracte au Mont-Saint-Vincent, Ambarres du Bugey, Aulerques Brannovices de Brancion, Aulerques Blannovices de Blanot, accompagnés également de peuplades un peu plus lointaines : Arvernes du Crest, Carnutes d’Orléans, Senons de Château-Landon.
Avant que César n’arrive en Gaule, les Eduens de Bibracte/Mont-Saint-Vincent avaient pris possession de la forteresse biturige. Seigneur de Cabillo/Chalon, c’est de là que l’Eduen Litavicos partit pour Gergovie, entraînant avec lui une troupe à pied de 10 000 hommes. Appartenant à la génération précédente, l’Eduen Dumnorix avait marié sa mère chez les Bituriges, à un homme de très haute réputation et très puissant (DBG I, 18). Je suppose que les Bituriges occupaient encore, à cette époque, la région d’Autun et qu’en mariant ainsi sa mère, Dumnorix a étendu son influence, comme l’écrit César, sur les cités les plus limitrophes.
Expansion normale d’une peuplade puissante, les excédents de la population biturige de Chalon/Taisey s’expatrieront pour fonder de nouvelles colonies : Bituriges Cubes à Bourges - la plus belle ville de la Gaule selon César - Bituriges Vivisques à Bordeaux, tandis que l’antique forteresse deviendra castrum des empereurs gaulois, palais du roi franco-burgonde Gontran, puis forteresse du comte de Chalon (cf. les trois sceaux de Guillaume des Barres dont celui de 1246 représenté ci-dessus. Sur les deux autres sceaux, les fenêtres ne sont pas cintrées, seule l’est l’entrée).
Eléments de preuves :
1. Dans son Histoire naturelle, livre XXXIV, Pline l’Ancien (23-79 après J.C.) écrit : « ... Deinde et argentum incoquere simili modo coepere equorum maxime ornamentis iumentorumque ac iugorum in Alesia oppido ; reliqua gloria Biturigum fuit. » La première phrase ne pose pas de difficultés de traduction : par la suite, sur l’oppidum d’Alésia, on se mit à appliquer de l’argent de la même façon aux attelages mais surtout aux ornements des chevaux (il s’agit de l’invention de l’étamage à l’argent). En revanche, pour éviter tout faux sens dans la deuxième phrase, il faudrait la traduire ainsi : gloire aux Bituriges à qui nous devons cet héritage ! Le texte est très clair : l’invention a eu lieu à Alésia et les inventeurs sont les Bituriges qui habitaient cette Alésia.
Quelle Alésia ? Il est bien évident qu’il ne s’agit pas de la petite Alésia des Mandubiens mais de l’Alésia qui passait pour imprenable en raison de la hauteur de ses murailles (Plutarque), celle que Diodore de Sicile qualifie de foyer et métropole de la Celtique, autrement dit : Nuerax/Bibracte/Mont-Saint-Vincent.
Conclusion : les Bituriges étaient à Bibracte/Mont-Saint-Vincent avant les Eduens, et donc également à Taisey/Chalon, les deux localités étant militairement indissociables de même que le sont la poignée et la pointe d’une épée.
2. La Notitia Dignitatum situe une fabrique éduenne d’armement à un Argentomagus que je ne peux identifier qu’à la forteresse de Taisey (Tasiacum/thesorus = trésor = argentomagus/marché de l’argent). En faisant le rapprochement avec le très riche site gaulois d’Argentomagus près d’Argenton-sur-Creuse, j’en déduis qu’il s’agit d’une colonie qui a pris le même nom que la cité-mère de Taisey, et comme les habitants de cette colonie sont des Bituriges, j’en déduis que les habitants de la cité-mère de Taisey étaient bien des Bituriges.
Cette tour mérite-t-elle d’être classée au titre des monuments historiques ?
Alors que son environnement est menacé par une urbanisation sauvage, c’est ce que j’ai demandé à M. Donnedieu de Vabres, alors ministre de la Culture, soulignant en outre le fait qu’elle était un magnifique symbole de tolérance puisque c’est là que fut signée, en 1595, la trève de Taisey qui mit fin aux guerres de religion. Cette demande de classement a été rejetée.

Extraits en partie de mes ouvrages. Les croquis et photos sont de l’auteur. Les reproductions ont été autorisées.
E. Mourey
http://www.agoravox.fr
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Re: Les Gaulois, nos ancêtres. Qui étaient-ils vraiment ?
On a retrouvé la trace des Celtes
Pendant plus de cinq siècles, les Celtes ont dominé toute une partie de l’Europe, du Danube à l’Atlantique, de la mer du Nord à l’Espagne et au nord de l’Italie. Mais qui étaient vraiment les Gaulois ? C’est la question que s’est posée Arte dans son documentaire du 10 mars. Très instructif documentaire « qui permet d’enterrer les poncifs et de mettre en lumière un peuple hors du commun » (rediffusion le 17 mars à 14 heures).
Il faut dire qu’on revient de loin... depuis la théorie d’une civilisation celtique qui aurait été portée par de grands mouvements migratoires venues des steppes d’Asie centrale jusqu’à, récemment, la théorie d’une culture du type "génération spontanée" qui serait apparue au pied des Alpes suisses et autrichiennes et qui se serait répandue ensuite dans toute l’Europe. Mais voilà que les fouilles effectuées sur le tracé du futur TGV Paris-Strasbourg amènent un certain nombre d’archéologues à penser qu’on ne peut plus exclure la Gaule des lieux de naissance même si d’autres préfèrent rester encore dans une sorte de consensus en parlant d’un brassage de populations au sein de notre Europe tempérée.
Ce n’est que depuis quinze à dix ans que les historiens ont commencé à se rendre compte de l’impasse dans laquelle ils s’étaient fourvoyés en minimisant l’importance de la Gaule depuis les temps antiques jusqu’à l’époque de César. Ces quinze ans correspondent au nombre d’années qui se sont écoulées depuis la publication de mes ouvrages. En m’appuyant sur une meilleure traduction des textes et sur la logique notamment militaire, j’ai proposé d’autres localisations, non pas pour Alésia, mais pour les deux grandes capitales de la Gaule, Bibracte et Gergovie.
Dans mon article "Le temple de Gergovie" du 20 février, j’ai présenté le dessin du chapiteau que voici. C’est un extraordinaire document que l’on peut admirer dans le temple/église du Crest... Gergovie !

Ce chapiteau est, à mon sens, à l’origine de cet art celtique tout en arabesques et entrelacs que tout le monde connaît. Elément fondateur de la pensée druidique, il nous révèle un Dieu de la Nature bien présent mais caché. Rien d’étonnant à ce qu’il ait inspiré les artistes celtes de Gergovie. Rien d’étonnant à ce que les guerriers arvernes aient voulu inscrire sur leurs armes leur foi dans cette pensée née sur la hauteur du Crest. Dissimulé dans les entrelacs du fourreau d’épée présenté dans l’émission d’Arte, le visage de la divinité cachée se laisse entrevoir au téléspectateur comme dans le chapiteau de notre temple. Et puis, l’esprit s’évade dans la perfection harmonieuse des arabesques et dans l’infinie complexité des représentations symboliques, mathématiques et géométriques des figures. Une divinité de la nature mais également "sur nature" que les Gaulois ont évoquée par des figures idéalisées et parfaites de forme. Il s’agit bien là d’une recherche fantasmagorique, ésotérique et mystique de la divinité et des forces divines, telluriques et célestes, au travers de l’Art.
Compilateur et héritier du pythagorisme, Jamblique présente comme vérité absolue l’acousmate suivant : Qu’y a-t-il de plus beau ? Réponse : l’harmonie. Bien qu’antérieure à l’époque de Jamblique, le vase de Vix dont j’ai dit qu’il était une œuvre de Gergovie en est l’illustration la plus exemplaire. Le corps du vase est une recomposition pythagoricienne du bassin de la femme (la terre-mère) et les anses, une recomposition des cornes du bélier jusqu’à une forme harmonieuse parfaite. Dès lors que la preuve a été donnée dans cette émission d’Arte que les Celtes étaient arrivés à un niveau de technicité incomparable dans l’art de la métallurgie du fer et du bronze, rien ne s’oppose plus à l’hypothèse que le vase ait été fabriqué à Gergovie/Le Crest, probablement dans ses forges de Tallende.
Présenté également à l’émission, le chaudron de Gundestrup est la plus belle illustration qu’on puisse trouver des croyances de Gergovie, avec son évocation des symboles solaire et lunaire, mais aussi l’image de l’homme coiffé de la ramure du cerf en forme de branche d’épine noire, symbole d’intelligence. En posture du sage/Bouddha, l’homme se trouve devant un choix : celui du serpent/péché ou celui du torque/signe d’alliance avec Dieu. Il s’agit d’une iconographie qu’on retrouve spécifiquement en Auvergne (près du Crest) et en Bourgogne (près de Mont-Saint-Vincent).

C’est par une phrase très inquiétante que se conclut l’émission : la recherche archéologique avance mais le mystère demeure.
Non ! Je ne puis être d’accord. Le mystère n’existe que parce qu’on ne cherche pas vraiment à l’expliquer. Mais je garde espoir ! Dans encore quinze ans, il se peut que la communauté scientifique se rende enfin compte que tout sort de Bibracte au Mont-Saint-Vincent et de Gergovie au Crest ; que ces lions ciselés dans l’or viennent de Sumer après avoir transité dans le temple du Mont-Saint-Vincent ; que ces griffons et ces dragons, qui s’apprêtent à cracher le feu, viennent de Delphes après être "ressuscités" dans la montagne de La Serre.
E. Mourey htttp ://www.bibracte.com
Cet article est à la fois un extrait de mes ouvrages et une réécriture.
http://www.agoravox.fr
Pendant plus de cinq siècles, les Celtes ont dominé toute une partie de l’Europe, du Danube à l’Atlantique, de la mer du Nord à l’Espagne et au nord de l’Italie. Mais qui étaient vraiment les Gaulois ? C’est la question que s’est posée Arte dans son documentaire du 10 mars. Très instructif documentaire « qui permet d’enterrer les poncifs et de mettre en lumière un peuple hors du commun » (rediffusion le 17 mars à 14 heures).
Il faut dire qu’on revient de loin... depuis la théorie d’une civilisation celtique qui aurait été portée par de grands mouvements migratoires venues des steppes d’Asie centrale jusqu’à, récemment, la théorie d’une culture du type "génération spontanée" qui serait apparue au pied des Alpes suisses et autrichiennes et qui se serait répandue ensuite dans toute l’Europe. Mais voilà que les fouilles effectuées sur le tracé du futur TGV Paris-Strasbourg amènent un certain nombre d’archéologues à penser qu’on ne peut plus exclure la Gaule des lieux de naissance même si d’autres préfèrent rester encore dans une sorte de consensus en parlant d’un brassage de populations au sein de notre Europe tempérée.
Ce n’est que depuis quinze à dix ans que les historiens ont commencé à se rendre compte de l’impasse dans laquelle ils s’étaient fourvoyés en minimisant l’importance de la Gaule depuis les temps antiques jusqu’à l’époque de César. Ces quinze ans correspondent au nombre d’années qui se sont écoulées depuis la publication de mes ouvrages. En m’appuyant sur une meilleure traduction des textes et sur la logique notamment militaire, j’ai proposé d’autres localisations, non pas pour Alésia, mais pour les deux grandes capitales de la Gaule, Bibracte et Gergovie.
Dans mon article "Le temple de Gergovie" du 20 février, j’ai présenté le dessin du chapiteau que voici. C’est un extraordinaire document que l’on peut admirer dans le temple/église du Crest... Gergovie !

Ce chapiteau est, à mon sens, à l’origine de cet art celtique tout en arabesques et entrelacs que tout le monde connaît. Elément fondateur de la pensée druidique, il nous révèle un Dieu de la Nature bien présent mais caché. Rien d’étonnant à ce qu’il ait inspiré les artistes celtes de Gergovie. Rien d’étonnant à ce que les guerriers arvernes aient voulu inscrire sur leurs armes leur foi dans cette pensée née sur la hauteur du Crest. Dissimulé dans les entrelacs du fourreau d’épée présenté dans l’émission d’Arte, le visage de la divinité cachée se laisse entrevoir au téléspectateur comme dans le chapiteau de notre temple. Et puis, l’esprit s’évade dans la perfection harmonieuse des arabesques et dans l’infinie complexité des représentations symboliques, mathématiques et géométriques des figures. Une divinité de la nature mais également "sur nature" que les Gaulois ont évoquée par des figures idéalisées et parfaites de forme. Il s’agit bien là d’une recherche fantasmagorique, ésotérique et mystique de la divinité et des forces divines, telluriques et célestes, au travers de l’Art.
Compilateur et héritier du pythagorisme, Jamblique présente comme vérité absolue l’acousmate suivant : Qu’y a-t-il de plus beau ? Réponse : l’harmonie. Bien qu’antérieure à l’époque de Jamblique, le vase de Vix dont j’ai dit qu’il était une œuvre de Gergovie en est l’illustration la plus exemplaire. Le corps du vase est une recomposition pythagoricienne du bassin de la femme (la terre-mère) et les anses, une recomposition des cornes du bélier jusqu’à une forme harmonieuse parfaite. Dès lors que la preuve a été donnée dans cette émission d’Arte que les Celtes étaient arrivés à un niveau de technicité incomparable dans l’art de la métallurgie du fer et du bronze, rien ne s’oppose plus à l’hypothèse que le vase ait été fabriqué à Gergovie/Le Crest, probablement dans ses forges de Tallende.
Présenté également à l’émission, le chaudron de Gundestrup est la plus belle illustration qu’on puisse trouver des croyances de Gergovie, avec son évocation des symboles solaire et lunaire, mais aussi l’image de l’homme coiffé de la ramure du cerf en forme de branche d’épine noire, symbole d’intelligence. En posture du sage/Bouddha, l’homme se trouve devant un choix : celui du serpent/péché ou celui du torque/signe d’alliance avec Dieu. Il s’agit d’une iconographie qu’on retrouve spécifiquement en Auvergne (près du Crest) et en Bourgogne (près de Mont-Saint-Vincent).

C’est par une phrase très inquiétante que se conclut l’émission : la recherche archéologique avance mais le mystère demeure.
Non ! Je ne puis être d’accord. Le mystère n’existe que parce qu’on ne cherche pas vraiment à l’expliquer. Mais je garde espoir ! Dans encore quinze ans, il se peut que la communauté scientifique se rende enfin compte que tout sort de Bibracte au Mont-Saint-Vincent et de Gergovie au Crest ; que ces lions ciselés dans l’or viennent de Sumer après avoir transité dans le temple du Mont-Saint-Vincent ; que ces griffons et ces dragons, qui s’apprêtent à cracher le feu, viennent de Delphes après être "ressuscités" dans la montagne de La Serre.
E. Mourey htttp ://www.bibracte.com
Cet article est à la fois un extrait de mes ouvrages et une réécriture.
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Re: Les Gaulois, nos ancêtres. Qui étaient-ils vraiment ?
Immigration choisie et immigration sauvage dans la Gaule d’avant et d’après J.-C.
Première partie : une immigration fondatrice. Bien que les migrations de l’homme de Néandhertal et de l’homme de Cro-magnon aient laissé de nombreuses traces dans notre pays, autant et sinon plus qu’ailleurs, il faut attendre le VIe siècle avant J.-C. pour que le monde devenu soi-disant civilisé - je veux parler du monde grec - nous livre enfin un texte écrit intéressant sur notre région « barbare ». Dans le court passage qui nous concerne, Hécatée de Millet (vers 546-480 avant J.-C.) ne cite que trois villes : Narbonne, Marseille qu’il situe en Ligurie et, au-delà de Marseille, Nuerax, habitée par les Celtes.
Évoquée par plusieurs auteurs antiques, la fondation de Marseille par des Grecs natifs de Phocée - vers l’an 600 - est en outre explicitée dans un récit aux allures de légende, au Ier siècle avant J.-C., par l’historien gaulois Trogue-Pompée. Le chef de la flotte grecque s’étant rendu auprès du roi des Ségobriges pour y nouer une alliance, celui-ci lui donna sa fille en mariage ainsi qu’un emplacement pour y construire une ville. Il s’agit là de la première immigration "choisie" attestée par les textes. Il faut en effet comprendre qu’en choisissant de s’allier à une population étrangère qui lui devait tout, la cité ségobrige s’est affranchie de la tutelle d’une puissante cité ligure qui rayonnait sur la région depuis le Golfe de Gênes. Mais, en même temps, elle dressait contre elle les cités voisines qui n’auront de cesse de s’opposer à l’expansion coloniale de la cité phocéenne.
L’histoire et la géographie ont une logique. En s’établissant ainsi au débouché du couloir rhodanien, la colonie grecque de Marseille avait évidemment en projet une pénétration jusqu’au centre de la Gaule dans l’intention de s’y approvisionner dans la ressource énergétique vitale de l’époque et dont la Grèce manquait cruellement : le blé. En plaçant Nuerax au-delà de Marseille, Hécatée de Millet nous incite à rechercher la cité mythique des Celtes à l’extrémité de ce couloir Rhône/Saône, c’est-à-dire dans le pays des Eduens de la région de Chalon-sur-Saône, la Cabillo dont parlent César et Strabon. Or, étymologiquement, le mot Nuerax se décompose en Nue et arx, ce qui signifie, comme je l’ai expliqué par ailleurs, la nouvelle forteresse. Sachant qu’en Tunisie, Carthage a une étymologie semblable - Kart-hadshat, nouvelle ville - et que c’est une fondation phénicienne, on est amené à faire, pour Nuerax, l’hypothèse logique d’une autre fondation phénicienne. (Selon les Annales de Tyr, Carthage fut fondée vers l’an 814 avant J.-C.). Strabon, au début de notre ère, en nous relatant une situation d’avant la conquête de César tout en essayant de l’actualiser, nous confirme l’importance de l’immigration phénicienne en Espagne. Pourquoi les Phéniciens auraient-ils ignoré nos terres ? Leurs navigateurs qui ont sillonné de long en large la Méditerranée ne pouvaient qu’être tentés par l’aventure qui consistait alors à remonter le cours du Rhône et celui de la Saône, et cela bien avant les Grecs, bien avant le Marseillais Pythéas qui, au IVe siècle avant J.-C., fit le tour de l’Europe par l’Atlantique.
En écrivant pour la première fois de l’histoire le mot Celtes, Hécatée de Millet semble vouloir l’appliquer aux seuls habitants de la ville de Nuerax. Dans ce cas, il faudrait comprendre que le monde celte évoqué par les auteurs qui ont suivi ne désigne pas une population de race indo-européenne mais la partie du monde sur laquelle la ville de Nuerax a étendu son influence, une influence d’origine phénicienne. Pour ces auteurs, cette image d’un autre monde considéré, selon eux, comme barbare, correspond, tout en s’opposant, à l’image d’un monde grec, dit civilisé, où Athènes fait figure de métropole.
Or, Diodore de Sicile, contemporain de César, nous parle deux fois d’une Alésia qui, de toute évidence, ne peut être la modeste Alésia où Vercingétorix fut vaincu. Dans un premier texte (V, 24,1-3) il nous dit que dans les temps antiques régnait sur la Celtique un roi dont la fille refusait tous les prétendants. Héraclès, passant par là au cours de sa course errante, s’y arrêta et fonda Alésia. Admirant sa valeur et sa haute taille, la fille du roi s’abandonna à lui. De leur union naquit un fils qui prit le nom de Galatès. Ce dernier donna le nom de Galates à tous les peuples qui se placèrent sous son autorité... puis dans un autre texte (IV, 19, 1-2) il nous précise qu’Héraclès avait donné à cette très grande ville le nom d’Alésia à cause de ses courses errantes. Mais ayant mêlé à la population de la ville beaucoup de gens du pays, il arriva, comme ceux-ci l’emportaient en nombre, qu’ils redevinrent tous barbares (d’après trad. R. Weil).
Dans la logique de l’histoire, on ne peut qu’identifier la Nuerax d’Hécatée de Millet à l’Alésia de Diodore, même si ce dernier fait une confusion avec l’Alésia de César. Cette confusion s’explique par le fait qu’à l’origine, alésia est un terme générique. En outre, il faut comprendre qu’Héraclès est en réalité le nom éponyme de la colonisation phénicienne, de même qu’Ulysse est devenu, dans L’Odyssée, le nom éponyme de la colonisation grecque. Dans cette hypothèse, le texte de Diodore nous laisse entendre que les "indigènes barbares" ont repris le pouvoir sur le site et comme il ajoute que ceux-ci ont continué à honorer la ville comme le foyer et la métropole de toute la Celtique, il faut en déduire qu’ils ont poursuivi l’œuvre commencée, tout en restant dans la culture de leurs anciens maîtres. Ces deux périodes d’avant et d’après ce qu’il faut bien appeler une "révolution" trouve sa confirmation archéologique dans l’épopée fastueuse des grands princes celtes, suivie d’une période moins brillante en orfèvrerie mais plus importante en effectifs combattants. A noter que le prince celte retrouvé dans une tombe à char, à Hochdorf, était non seulement un homme puissant, mais aussi un homme très grand pour son époque, puisqu’il mesurait 1m87. Je pose la question : ce guerrier, qui est probablement mort au combat en marchant à la tête de ses troupes, aurait-il été, mieux qu’un drapeau, le symbole vivant d’un Héraclès mythique ?
Ensuite, notre pays, la Galatie, s’étendit jusqu’au Rhin et s’appela "Gallia", la Gaule. Sous l’influence des Phocéens, les Gaulois adoucirent et quittèrent leur barbarie. Ils apprirent à mener une vie plus douce, à cultiver la terre et à entourer les villes de remparts. Ils s’habituèrent à vivre sous l’empire des lois plutôt que sous celui des armes, à tailler la vigne et à planter l’olivier, et le progrès des hommes et des choses fut si brillant qu’il semblait, non pas que la Grèce eût émigré en Gaule, mais que la Gaule eût passé dans la Grèce. Justin (chap. IV,1-2, extrait du site internet du lycée de Marseilleveyre).
Voilà, à mon avis, ce qu’il serait souhaitable d’enseigner aux enfants de nos écoles concernant les débuts de notre histoire. La trop célèbre expression "nos ancêtres les Gaulois" a fait long feu. Comme toute formule lapidaire, elle a conduit aux interprétations les plus diverses comme aux plus erronées. La réalité est beaucoup plus riche. Aujourd’hui, quel est le citoyen de notre pays qui refuserait cette double culture, celle qui, par le canal de Tyr, nous est venue du Moyen-Orient et celle qui, par le canal de Marseille, nous est venue de Grèce ? D’une part la force, notamment militaire, symbolisée par Héraclès/Hercule, d’autre part l’intelligence, symbolisée par Ulysse.
par Emile Mourey
http://www.agoravox.fr
Première partie : une immigration fondatrice. Bien que les migrations de l’homme de Néandhertal et de l’homme de Cro-magnon aient laissé de nombreuses traces dans notre pays, autant et sinon plus qu’ailleurs, il faut attendre le VIe siècle avant J.-C. pour que le monde devenu soi-disant civilisé - je veux parler du monde grec - nous livre enfin un texte écrit intéressant sur notre région « barbare ». Dans le court passage qui nous concerne, Hécatée de Millet (vers 546-480 avant J.-C.) ne cite que trois villes : Narbonne, Marseille qu’il situe en Ligurie et, au-delà de Marseille, Nuerax, habitée par les Celtes.
Évoquée par plusieurs auteurs antiques, la fondation de Marseille par des Grecs natifs de Phocée - vers l’an 600 - est en outre explicitée dans un récit aux allures de légende, au Ier siècle avant J.-C., par l’historien gaulois Trogue-Pompée. Le chef de la flotte grecque s’étant rendu auprès du roi des Ségobriges pour y nouer une alliance, celui-ci lui donna sa fille en mariage ainsi qu’un emplacement pour y construire une ville. Il s’agit là de la première immigration "choisie" attestée par les textes. Il faut en effet comprendre qu’en choisissant de s’allier à une population étrangère qui lui devait tout, la cité ségobrige s’est affranchie de la tutelle d’une puissante cité ligure qui rayonnait sur la région depuis le Golfe de Gênes. Mais, en même temps, elle dressait contre elle les cités voisines qui n’auront de cesse de s’opposer à l’expansion coloniale de la cité phocéenne.
L’histoire et la géographie ont une logique. En s’établissant ainsi au débouché du couloir rhodanien, la colonie grecque de Marseille avait évidemment en projet une pénétration jusqu’au centre de la Gaule dans l’intention de s’y approvisionner dans la ressource énergétique vitale de l’époque et dont la Grèce manquait cruellement : le blé. En plaçant Nuerax au-delà de Marseille, Hécatée de Millet nous incite à rechercher la cité mythique des Celtes à l’extrémité de ce couloir Rhône/Saône, c’est-à-dire dans le pays des Eduens de la région de Chalon-sur-Saône, la Cabillo dont parlent César et Strabon. Or, étymologiquement, le mot Nuerax se décompose en Nue et arx, ce qui signifie, comme je l’ai expliqué par ailleurs, la nouvelle forteresse. Sachant qu’en Tunisie, Carthage a une étymologie semblable - Kart-hadshat, nouvelle ville - et que c’est une fondation phénicienne, on est amené à faire, pour Nuerax, l’hypothèse logique d’une autre fondation phénicienne. (Selon les Annales de Tyr, Carthage fut fondée vers l’an 814 avant J.-C.). Strabon, au début de notre ère, en nous relatant une situation d’avant la conquête de César tout en essayant de l’actualiser, nous confirme l’importance de l’immigration phénicienne en Espagne. Pourquoi les Phéniciens auraient-ils ignoré nos terres ? Leurs navigateurs qui ont sillonné de long en large la Méditerranée ne pouvaient qu’être tentés par l’aventure qui consistait alors à remonter le cours du Rhône et celui de la Saône, et cela bien avant les Grecs, bien avant le Marseillais Pythéas qui, au IVe siècle avant J.-C., fit le tour de l’Europe par l’Atlantique.
En écrivant pour la première fois de l’histoire le mot Celtes, Hécatée de Millet semble vouloir l’appliquer aux seuls habitants de la ville de Nuerax. Dans ce cas, il faudrait comprendre que le monde celte évoqué par les auteurs qui ont suivi ne désigne pas une population de race indo-européenne mais la partie du monde sur laquelle la ville de Nuerax a étendu son influence, une influence d’origine phénicienne. Pour ces auteurs, cette image d’un autre monde considéré, selon eux, comme barbare, correspond, tout en s’opposant, à l’image d’un monde grec, dit civilisé, où Athènes fait figure de métropole.
Or, Diodore de Sicile, contemporain de César, nous parle deux fois d’une Alésia qui, de toute évidence, ne peut être la modeste Alésia où Vercingétorix fut vaincu. Dans un premier texte (V, 24,1-3) il nous dit que dans les temps antiques régnait sur la Celtique un roi dont la fille refusait tous les prétendants. Héraclès, passant par là au cours de sa course errante, s’y arrêta et fonda Alésia. Admirant sa valeur et sa haute taille, la fille du roi s’abandonna à lui. De leur union naquit un fils qui prit le nom de Galatès. Ce dernier donna le nom de Galates à tous les peuples qui se placèrent sous son autorité... puis dans un autre texte (IV, 19, 1-2) il nous précise qu’Héraclès avait donné à cette très grande ville le nom d’Alésia à cause de ses courses errantes. Mais ayant mêlé à la population de la ville beaucoup de gens du pays, il arriva, comme ceux-ci l’emportaient en nombre, qu’ils redevinrent tous barbares (d’après trad. R. Weil).
Dans la logique de l’histoire, on ne peut qu’identifier la Nuerax d’Hécatée de Millet à l’Alésia de Diodore, même si ce dernier fait une confusion avec l’Alésia de César. Cette confusion s’explique par le fait qu’à l’origine, alésia est un terme générique. En outre, il faut comprendre qu’Héraclès est en réalité le nom éponyme de la colonisation phénicienne, de même qu’Ulysse est devenu, dans L’Odyssée, le nom éponyme de la colonisation grecque. Dans cette hypothèse, le texte de Diodore nous laisse entendre que les "indigènes barbares" ont repris le pouvoir sur le site et comme il ajoute que ceux-ci ont continué à honorer la ville comme le foyer et la métropole de toute la Celtique, il faut en déduire qu’ils ont poursuivi l’œuvre commencée, tout en restant dans la culture de leurs anciens maîtres. Ces deux périodes d’avant et d’après ce qu’il faut bien appeler une "révolution" trouve sa confirmation archéologique dans l’épopée fastueuse des grands princes celtes, suivie d’une période moins brillante en orfèvrerie mais plus importante en effectifs combattants. A noter que le prince celte retrouvé dans une tombe à char, à Hochdorf, était non seulement un homme puissant, mais aussi un homme très grand pour son époque, puisqu’il mesurait 1m87. Je pose la question : ce guerrier, qui est probablement mort au combat en marchant à la tête de ses troupes, aurait-il été, mieux qu’un drapeau, le symbole vivant d’un Héraclès mythique ?
Ensuite, notre pays, la Galatie, s’étendit jusqu’au Rhin et s’appela "Gallia", la Gaule. Sous l’influence des Phocéens, les Gaulois adoucirent et quittèrent leur barbarie. Ils apprirent à mener une vie plus douce, à cultiver la terre et à entourer les villes de remparts. Ils s’habituèrent à vivre sous l’empire des lois plutôt que sous celui des armes, à tailler la vigne et à planter l’olivier, et le progrès des hommes et des choses fut si brillant qu’il semblait, non pas que la Grèce eût émigré en Gaule, mais que la Gaule eût passé dans la Grèce. Justin (chap. IV,1-2, extrait du site internet du lycée de Marseilleveyre).
Voilà, à mon avis, ce qu’il serait souhaitable d’enseigner aux enfants de nos écoles concernant les débuts de notre histoire. La trop célèbre expression "nos ancêtres les Gaulois" a fait long feu. Comme toute formule lapidaire, elle a conduit aux interprétations les plus diverses comme aux plus erronées. La réalité est beaucoup plus riche. Aujourd’hui, quel est le citoyen de notre pays qui refuserait cette double culture, celle qui, par le canal de Tyr, nous est venue du Moyen-Orient et celle qui, par le canal de Marseille, nous est venue de Grèce ? D’une part la force, notamment militaire, symbolisée par Héraclès/Hercule, d’autre part l’intelligence, symbolisée par Ulysse.
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Re: Les Gaulois, nos ancêtres. Qui étaient-ils vraiment ?
Immigration choisie et immigration sauvage dans la Gaule d’avant et d’après J.-C. (suite)
Tel est le témoignage qui nous prouve que, un à trois siècles après l’arrivée des Grecs à Marseille, les dirigeants de la Celtique avaient beaucoup plus le souci d’envoyer leurs excédents de population à l’extérieur de leur territoire plutôt que d’en recevoir. Ainsi démarrent les deux plus grandes expéditions "coloniales" de l’histoire européenne, l’une par la vallée du Danube, l’autre vers l’Italie. Alliées aux Gaulois ou s’opposant à eux, les cités de notre vieux continent se structurent et connaissent à leur tour un fort essor démographique. En Italie, une Gaule cisalpine sera pour César un réservoir humain dans lequel il puisera pour y mobiliser ses légions. En Germanie, les Suèves vont imposer leur puissance militaire.
Les excédents de population dont parle Tite-Live n’étant pas revenus au pays, la Gaule se replie sur son hexagone tandis que la pression migratoire des anciens pays vaincus ou soumis s’exerce sur ses frontières, les Romains au Sud, les Suèves sur le Rhin.
En 121 avant J.-C., dans la basse vallée du Rhône, Bituit, roi des Arvernes, tente d’arrêter l’expansion coloniale d’une Marseille tombée dans l’orbite romaine. La défaite gauloise face aux légions de Fabius est suivie d’un traité qui livre pratiquement aux Romains toute une région du Sud de la Gaule : la Narbonnaise. Des colonies romaines s’installent dans des villes autrefois sous l’influence de Gergovie. Et l’Arverne Critognatos s’écrie dans les Commentaires de César : « Regardez la Gaule toute proche que les Romains ont réduite à l’état de province. Ils lui ont imposé d’autres lois, d’autres institutions et ils l’ont enfoncée dans une servitude dont on ne verra jamais la fin (DBG VII, 77). »
Dans les années 70 avant J.-C., ou peut-être avant, les Arvernes, qui se sont alliés aux Séquanes contre les Eduens, passent un contrat avec le chef germain Arioviste. 15 000 mercenaires suèves entrent en Gaule (DBG I, 31). Vaincue sur ses deux fronts, l’armée éduenne, décimée, ne peut plus s’opposer aux ambitions d’Arioviste. 120 000 Germains franchissent le Rhin et occupent la plaine d’Alsace. Ces hommes rustres et barbares furent séduits par la fertilité des champs, par la culture et les richesses des Gaulois, et il en vint de plus en plus nombreux (DBG I, 31). Les Séquanes, qui les avaient pourtant appelés, sont chassés de leurs oppidum. Les Suèves, les Harudes, les Marcomans s’y installent.
Dans les années 60 avant J.-C., l’éduen Divitiac, druide suprême de la Gaule, est à Rome, en exil. Il plaide sa cause devant le Sénat romain (Panégyriques, Lat.8, par.3). On l’écoute, sans plus. N’ayant pu obtenir le soutien militaire qu’il pouvait espérer, Divitiac ne peut, logiquement, que se tourner vers un autre peuple disposant d’une armée, les Helvètes. Pour sceller la nouvelle alliance, son frère Dumnorix épouse la fille du chef helvète, Orgétorix.
En 58 avant J.-C., le peuple helvète quitte son territoire et émigre en direction du pays éduen. Suivant la thèse que j’ai développée dans mes ouvrages ainsi que sur mon site Internet, j’ai proposé d’interpréter cette gigantesque migration autrement que César ne le dit. Il s’agit là, selon moi, de la plus grande immigration "choisie" relatée en détail dans un texte qu’il faut toutefois lire entre les lignes. Il s’agit d’une immigration choisie, "sollicitée" par les hauts responsables du pays éduen, dans le but évident, d’une part, de retrouver la suprématie qu’ils avaient perdue, d’autre part de rassembler les forces éduennes, séquanes et helvètes dans une même coalition pour battre Arioviste et rejeter les Germains derrière le Rhin.
Ironie de l’Histoire, alors que ce n’était pas prévu, César intervient en Gaule. Après avoir battu les Helvètes qui entraient pacifiquement dans le pays éduen, il se retourne contre Arioviste et lui fait refranchir le Rhin.
De tous ces candidats à l’immigration en Gaule, seuls les Boïens seront autorisés à rester en raison de leur grande valeur militaire. César les installera sur l’oppidum mythique de Gorgobina (DBG VII, 9) et en fera sa sentinelle pour surveiller le pays éduen, au centre de la Gaule.
Première interrogation : César est un écrivain précis. En s’appuyant sur des tablettes qui recensaient les effectifs prévus pour émigrer, il nous donne le chiffre total de 368 000 âmes (263 000 Helvètes Tulinges Latobices Rauraques Boïens) dont 92 000 combattants (DBG I, 29). Après le départ des Helvètes de la Suisse actuelle, le territoire se serait-il vidé de tous ses habitants ? Evidemment non. Si on veut comprendre, dans la logique, le texte de César, on est donc amené à distinguer deux types de populations : une population de citoyens et une population de non-citoyens. La première est socialement organisée, structurée, armée. La deuxième, ne l’étant pas, essaie de survivre à l’image des laboureurs et des artisans du Moyen-Age. La première est dominante, susceptible de se déplacer d’un territoire à un autre, la deuxième reste attachée à sa terre, dominée certes mais aussi protégée ; mais comme elle n’a aucune influence sur le déroulement de l’histoire, l’historien l’ignore. Lorsque les Séquanes doivent laisser la place à une tribu harude (DBG I, 31), il s’agit de ce premier type de population. De même, lorsque Divitiac dit que l’arrivée en Gaule des Germains d’Arioviste risque de chasser tous les Gaulois du pays (DBG I, 31).
Deuxième interrogation : mise à part cette immigration choisie ou imposée par une volonté de conquête, peut-on imaginer, par ailleurs, une immigration d’infiltration à la barbe des habitants, avant la guerre des Gaules ? Par clans peut-être, mais individuellement, j’en doute. Dans l’ancienne Celtique, les marchands romains veillent à rester sous la protection des chefs-lieux de cités. Survienne un changement de politique, ils sont massacrés. Dans la partie Nord de la Gaule où les Nerviens maintiennent les anciennes traditions, les marchands romains sont très mal vus, voire interdits de séjour (DBG II, 15) et quelques siècles plus tôt, c’était l’habitude dans le pays de pratiquer le meurtre rituel de l’étranger (Diodore de Sicile, IV, 19, 1-2). Une colonisation, notamment des terres, sans couverture militaire est une vue de l’esprit.
Troisième interrogation : dans le conflit qui opposa les Arvernes aux Eduens, n’y aurait-il pas eu deux conceptions de la religion, un druidisme ancien, hellénique, arverne, essayant de résister face à un druidisme en évolution, judaïsé, éduen ? A Gergovie, une religion traditionnelle de druides "groupés en associations comme Pythagore l’avait prescrit" (Ammien Marcellin, XV, IX), à Bibracte un nouveau druidisme "qui avait beaucoup de rapport et de conformité avec la religion des juifs" (témoignage de Celsius rapporté par Origène, Contre Celsius, P, I, c 16) ?
Dans cette hypothèse, on pourrait raisonnablement penser que l’intervention d’Arioviste en Gaule avait aussi un motif religieux : porter secours au druidisme ancien de Gergovie face à la révolution éduenne d’un druidisme judaïque.
(Extraits en partie de mon huitième ouvrage La Gaule en héritage non publié).
par Emile Mourey
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Tel est le témoignage qui nous prouve que, un à trois siècles après l’arrivée des Grecs à Marseille, les dirigeants de la Celtique avaient beaucoup plus le souci d’envoyer leurs excédents de population à l’extérieur de leur territoire plutôt que d’en recevoir. Ainsi démarrent les deux plus grandes expéditions "coloniales" de l’histoire européenne, l’une par la vallée du Danube, l’autre vers l’Italie. Alliées aux Gaulois ou s’opposant à eux, les cités de notre vieux continent se structurent et connaissent à leur tour un fort essor démographique. En Italie, une Gaule cisalpine sera pour César un réservoir humain dans lequel il puisera pour y mobiliser ses légions. En Germanie, les Suèves vont imposer leur puissance militaire.
Les excédents de population dont parle Tite-Live n’étant pas revenus au pays, la Gaule se replie sur son hexagone tandis que la pression migratoire des anciens pays vaincus ou soumis s’exerce sur ses frontières, les Romains au Sud, les Suèves sur le Rhin.
En 121 avant J.-C., dans la basse vallée du Rhône, Bituit, roi des Arvernes, tente d’arrêter l’expansion coloniale d’une Marseille tombée dans l’orbite romaine. La défaite gauloise face aux légions de Fabius est suivie d’un traité qui livre pratiquement aux Romains toute une région du Sud de la Gaule : la Narbonnaise. Des colonies romaines s’installent dans des villes autrefois sous l’influence de Gergovie. Et l’Arverne Critognatos s’écrie dans les Commentaires de César : « Regardez la Gaule toute proche que les Romains ont réduite à l’état de province. Ils lui ont imposé d’autres lois, d’autres institutions et ils l’ont enfoncée dans une servitude dont on ne verra jamais la fin (DBG VII, 77). »
Dans les années 70 avant J.-C., ou peut-être avant, les Arvernes, qui se sont alliés aux Séquanes contre les Eduens, passent un contrat avec le chef germain Arioviste. 15 000 mercenaires suèves entrent en Gaule (DBG I, 31). Vaincue sur ses deux fronts, l’armée éduenne, décimée, ne peut plus s’opposer aux ambitions d’Arioviste. 120 000 Germains franchissent le Rhin et occupent la plaine d’Alsace. Ces hommes rustres et barbares furent séduits par la fertilité des champs, par la culture et les richesses des Gaulois, et il en vint de plus en plus nombreux (DBG I, 31). Les Séquanes, qui les avaient pourtant appelés, sont chassés de leurs oppidum. Les Suèves, les Harudes, les Marcomans s’y installent.
Dans les années 60 avant J.-C., l’éduen Divitiac, druide suprême de la Gaule, est à Rome, en exil. Il plaide sa cause devant le Sénat romain (Panégyriques, Lat.8, par.3). On l’écoute, sans plus. N’ayant pu obtenir le soutien militaire qu’il pouvait espérer, Divitiac ne peut, logiquement, que se tourner vers un autre peuple disposant d’une armée, les Helvètes. Pour sceller la nouvelle alliance, son frère Dumnorix épouse la fille du chef helvète, Orgétorix.
En 58 avant J.-C., le peuple helvète quitte son territoire et émigre en direction du pays éduen. Suivant la thèse que j’ai développée dans mes ouvrages ainsi que sur mon site Internet, j’ai proposé d’interpréter cette gigantesque migration autrement que César ne le dit. Il s’agit là, selon moi, de la plus grande immigration "choisie" relatée en détail dans un texte qu’il faut toutefois lire entre les lignes. Il s’agit d’une immigration choisie, "sollicitée" par les hauts responsables du pays éduen, dans le but évident, d’une part, de retrouver la suprématie qu’ils avaient perdue, d’autre part de rassembler les forces éduennes, séquanes et helvètes dans une même coalition pour battre Arioviste et rejeter les Germains derrière le Rhin.
Ironie de l’Histoire, alors que ce n’était pas prévu, César intervient en Gaule. Après avoir battu les Helvètes qui entraient pacifiquement dans le pays éduen, il se retourne contre Arioviste et lui fait refranchir le Rhin.
De tous ces candidats à l’immigration en Gaule, seuls les Boïens seront autorisés à rester en raison de leur grande valeur militaire. César les installera sur l’oppidum mythique de Gorgobina (DBG VII, 9) et en fera sa sentinelle pour surveiller le pays éduen, au centre de la Gaule.
Première interrogation : César est un écrivain précis. En s’appuyant sur des tablettes qui recensaient les effectifs prévus pour émigrer, il nous donne le chiffre total de 368 000 âmes (263 000 Helvètes Tulinges Latobices Rauraques Boïens) dont 92 000 combattants (DBG I, 29). Après le départ des Helvètes de la Suisse actuelle, le territoire se serait-il vidé de tous ses habitants ? Evidemment non. Si on veut comprendre, dans la logique, le texte de César, on est donc amené à distinguer deux types de populations : une population de citoyens et une population de non-citoyens. La première est socialement organisée, structurée, armée. La deuxième, ne l’étant pas, essaie de survivre à l’image des laboureurs et des artisans du Moyen-Age. La première est dominante, susceptible de se déplacer d’un territoire à un autre, la deuxième reste attachée à sa terre, dominée certes mais aussi protégée ; mais comme elle n’a aucune influence sur le déroulement de l’histoire, l’historien l’ignore. Lorsque les Séquanes doivent laisser la place à une tribu harude (DBG I, 31), il s’agit de ce premier type de population. De même, lorsque Divitiac dit que l’arrivée en Gaule des Germains d’Arioviste risque de chasser tous les Gaulois du pays (DBG I, 31).
Deuxième interrogation : mise à part cette immigration choisie ou imposée par une volonté de conquête, peut-on imaginer, par ailleurs, une immigration d’infiltration à la barbe des habitants, avant la guerre des Gaules ? Par clans peut-être, mais individuellement, j’en doute. Dans l’ancienne Celtique, les marchands romains veillent à rester sous la protection des chefs-lieux de cités. Survienne un changement de politique, ils sont massacrés. Dans la partie Nord de la Gaule où les Nerviens maintiennent les anciennes traditions, les marchands romains sont très mal vus, voire interdits de séjour (DBG II, 15) et quelques siècles plus tôt, c’était l’habitude dans le pays de pratiquer le meurtre rituel de l’étranger (Diodore de Sicile, IV, 19, 1-2). Une colonisation, notamment des terres, sans couverture militaire est une vue de l’esprit.
Troisième interrogation : dans le conflit qui opposa les Arvernes aux Eduens, n’y aurait-il pas eu deux conceptions de la religion, un druidisme ancien, hellénique, arverne, essayant de résister face à un druidisme en évolution, judaïsé, éduen ? A Gergovie, une religion traditionnelle de druides "groupés en associations comme Pythagore l’avait prescrit" (Ammien Marcellin, XV, IX), à Bibracte un nouveau druidisme "qui avait beaucoup de rapport et de conformité avec la religion des juifs" (témoignage de Celsius rapporté par Origène, Contre Celsius, P, I, c 16) ?
Dans cette hypothèse, on pourrait raisonnablement penser que l’intervention d’Arioviste en Gaule avait aussi un motif religieux : porter secours au druidisme ancien de Gergovie face à la révolution éduenne d’un druidisme judaïque.
(Extraits en partie de mon huitième ouvrage La Gaule en héritage non publié).
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Re: Les Gaulois, nos ancêtres. Qui étaient-ils vraiment ?
Pro Vercingétorix !
Notre pays s’appelait autrefois la Gaule. C’était un ensemble de cités prospères mais parfois turbulentes. Chaque cité avait son sénat et chaque ville, son conseil de notables. On y délibérait beaucoup (1).
Mais, de l’autre côté du Rhin, de l’autre côté des Alpes, des peuplades s’armaient, avides de conquêtes. En l’an 58 av. J.C., une armée romaine envahissait le pays sous le commandement d’un homme qui voulait changer le monde : Jules César.
Face au futur dictateur - César fut assassiné par la suite, en plein Sénat, par les partisans de la République - un jeune homme se dresse : VERCINGETORIX, un nom qui est fait pour inspirer la terreur (Florus)(2). Son programme politique : « Faire diligence pour rassembler les cités gauloises, et faire ainsi de toute la Gaule un seul conseil où se décideront des accords auxquels tout le monde devra se soumettre (DBG VII, 29) ». Sa motivation : « Si j’ai mené cette guerre (contre l’envahisseur), ce n’est pas pour mes intérêts mais pour la liberté de tous (DBG VII, 89) » (c’est-à-dire pour un idéal de société où tous les hommes, quels qu’ils soient, seront libres). Son père naturel : Celtil, grand chef des Arvernes, druide suprême de la Gaule. Son père spirituel : Dumnorix, chef de la cavalerie éduenne, qui s’écria avant de mourir, assassiné sur ordre de César : « Je suis un homme libre ! J’appartiens à une cité libre ! (DBG V, 7) ».
Que l’on soit Gaulois de souche, immigré de longue ou de fraîche date, tout le monde s’est posé ou se posera un jour des questions sur l’histoire antique du pays dans lequel il a choisi de vivre. Interrogeant la mémoire de la société dont on a accepté l’éducation, il est bien rare que les citoyens et citoyennes de bon sens n’y trouvent pas, à la racine, des valeurs pour notre temps.
Ignorant les technocrates qui planifient dans leurs bureaux obscurs, ces citoyens et citoyennes de bon sens savent bien que ce n’est pas en reniant le passé ni dans de perpétuelles repentances qu’on construit l’avenir et que des grands projets, tels que l’Europe, ne pourront se réaliser que par le rapprochement des patries historiques.
Quelle mauvaise mouche a donc piqué cette vénérable institution qu’est le Collège de France pour que son porte-parole à la chaire des Antiquités nationales proclame à tous vents ce slogan qui ne veut rien dire : « La patrie gauloise est un mythe ! » ? Recueil de nombreuses contre-vérités, de faux sens et de contre-sens, et pourtant Bible pour les archéologues de demain, Le "dossier Vercingétorix" de M. Christian Goudineau, s’efforce de démolir le personnage historique des textes antiques auquel, depuis Camille Jullian, nous avons cru. Vercingétorix fait piètre figure. Il n’a pas de personnalité, il ne joue qu’un tout petit rôle (page 230). La reddition de Vercingétorix devant César ? Une invention des auteurs anciens ; la fin est nulle, plate (page 328). Après avoir déboulonné la statue de Vercingétorix, le « grand patron » en histoire gauloise s’en prend ensuite à la Gaule. Véritable paradoxe, alors que les discours de César se font au nom de Rome, alors que ceux des Gaulois se font au nom de la Gaule, il nie tout sentiment gaulois ; il n’y aurait eu que des patriotismes de cités. Les frontières de la Gaule ? Une invention de César (page 238). Corrigeant superbement les témoignages antiques, il affirme : « Dans l’antiquité, la Gaule, ça n’est rien, ça n’existe pas (page 238) ». La maison de Vercingétorix ? Une maison en matériaux périssables (terre et bois) (page 243). Le physique impressionnant du chef arverne ? Une invention de Dion Cassius et de Florus (page 282). Comment fut-il exécuté ? Nous l’ignorons et, à vrai dire, cela importe-t-il ? (page 328). Faisant l’apologie de l’ouvrage, la revue "L’archéologue" (n°53) résume l’idée que se fait l’auteur du héros arverne : un guerrier coupeur de têtes, un paysan élevant des cochons.
Solidaires et complices du cartel qui soutient M. Goudineau (la revue L’archéologue, les éditions Errance, la librairie Epona, le musée archéologique européen, France culture etc…), les médias n’hésitent pas à en rajouter dans le dénigrement de notre protohistoire, se félicitant de la victoire romaine qui nous aurait amené la civilisation (cf. Le Monde des livres du 20/5/94)……
Triste civilisation, en vérité, qui brûla Bourges, la plus belle ville, ou peu s’en faut, de toute la Gaule, et qui massacra ses 40 000 habitants, hommes, femmes et enfants ! (DBG VII, 15 et 28)…… Triste civilisation que Vercingétorix, heureusement, conjura en s’offrant, de lui-même, en holocauste : « Puisqu’il faut céder à la fortune, je m’offre à vous ; tuez-moi, ou livrez-moi vivant aux Romains. Puissent-ils se satisfaire de mon sacrifice ! » (DBG VII, 89).
Français, prenez garde ! Les 45 millions d’euros que vous allez donner au futur Muséoparc d’Alésia serviront à donner à nos enfants un enseignement tiré du "Dossier Vercingétorix" de M. Christian Goudineau, un enseignement partisan "anti-Vercingétorix", un enseignement à la mode de notre époque où tout devrait être déconstruit. Je cite : le parcours se termine par la présentation détaillée - et par conséquent la déconstruction - du mythe des origines gauloises, de l’héroïsation de Vercingétorix...(3)
Il faut réagir. Il faut que nos responsables politiques sortent de leur torpeur. Vercingétorix n’est pas seulement un de nos plus grands personnages historiques, il est un symbole de la Liberté.
Renvoi 1. L’Histoire de France enseignée aux enfants de E. Lavisse, en 1884, commence ainsi : il y a deux mille ans, notre pays s’appelait la Gaule...mais il s’égare en donnant l’image d’un pays inculte alors que Strabon dit tout le contraire. Et encore aujourd’hui, on se refuse à reconnaître aux Gaulois l’usage de la chaux et l’existence de villes et de forteresses comme dans tout le reste du monde antique.
Renvoi 2. Le nom de Vercingétorix - VER CIN GETO RIX - rassemble les fonctions principales de la société gauloise : le VERgobret, magistrat suprême placé à la tête de l’administration (magistratus), CIN qui évoque la chevelure flamboyante de l’aurige des monnaies gauloises (cf. Cincinnatus, l’homme aux cheveux bouclés), GETO qu’il faut transcrire en TOGE, l’homme à la toge, c’est-à-dire le sénat, et enfin le RIX, le commandant en chef des armées.
Renvoi 3. Autre ignominie : stigmatiser une France occupée qui aurait choisi la collaboration en reconnaissant la supériorité de l’occupant, comme les Gaulois, et en présentant l’image d’un jeune des chantiers de Jeunesse, est une véritable insulte à l’esprit de résistance qui animait cette organisation, véritable insulte à tous ces jeunes qui se sont engagés dans les armées françaises de la libération, parfois en unités constituées, et qui sont morts au combat.
Emile Mourey http://www.agoravox.fr
Notre pays s’appelait autrefois la Gaule. C’était un ensemble de cités prospères mais parfois turbulentes. Chaque cité avait son sénat et chaque ville, son conseil de notables. On y délibérait beaucoup (1).
Mais, de l’autre côté du Rhin, de l’autre côté des Alpes, des peuplades s’armaient, avides de conquêtes. En l’an 58 av. J.C., une armée romaine envahissait le pays sous le commandement d’un homme qui voulait changer le monde : Jules César.
Face au futur dictateur - César fut assassiné par la suite, en plein Sénat, par les partisans de la République - un jeune homme se dresse : VERCINGETORIX, un nom qui est fait pour inspirer la terreur (Florus)(2). Son programme politique : « Faire diligence pour rassembler les cités gauloises, et faire ainsi de toute la Gaule un seul conseil où se décideront des accords auxquels tout le monde devra se soumettre (DBG VII, 29) ». Sa motivation : « Si j’ai mené cette guerre (contre l’envahisseur), ce n’est pas pour mes intérêts mais pour la liberté de tous (DBG VII, 89) » (c’est-à-dire pour un idéal de société où tous les hommes, quels qu’ils soient, seront libres). Son père naturel : Celtil, grand chef des Arvernes, druide suprême de la Gaule. Son père spirituel : Dumnorix, chef de la cavalerie éduenne, qui s’écria avant de mourir, assassiné sur ordre de César : « Je suis un homme libre ! J’appartiens à une cité libre ! (DBG V, 7) ».
Que l’on soit Gaulois de souche, immigré de longue ou de fraîche date, tout le monde s’est posé ou se posera un jour des questions sur l’histoire antique du pays dans lequel il a choisi de vivre. Interrogeant la mémoire de la société dont on a accepté l’éducation, il est bien rare que les citoyens et citoyennes de bon sens n’y trouvent pas, à la racine, des valeurs pour notre temps.
Ignorant les technocrates qui planifient dans leurs bureaux obscurs, ces citoyens et citoyennes de bon sens savent bien que ce n’est pas en reniant le passé ni dans de perpétuelles repentances qu’on construit l’avenir et que des grands projets, tels que l’Europe, ne pourront se réaliser que par le rapprochement des patries historiques.
Quelle mauvaise mouche a donc piqué cette vénérable institution qu’est le Collège de France pour que son porte-parole à la chaire des Antiquités nationales proclame à tous vents ce slogan qui ne veut rien dire : « La patrie gauloise est un mythe ! » ? Recueil de nombreuses contre-vérités, de faux sens et de contre-sens, et pourtant Bible pour les archéologues de demain, Le "dossier Vercingétorix" de M. Christian Goudineau, s’efforce de démolir le personnage historique des textes antiques auquel, depuis Camille Jullian, nous avons cru. Vercingétorix fait piètre figure. Il n’a pas de personnalité, il ne joue qu’un tout petit rôle (page 230). La reddition de Vercingétorix devant César ? Une invention des auteurs anciens ; la fin est nulle, plate (page 328). Après avoir déboulonné la statue de Vercingétorix, le « grand patron » en histoire gauloise s’en prend ensuite à la Gaule. Véritable paradoxe, alors que les discours de César se font au nom de Rome, alors que ceux des Gaulois se font au nom de la Gaule, il nie tout sentiment gaulois ; il n’y aurait eu que des patriotismes de cités. Les frontières de la Gaule ? Une invention de César (page 238). Corrigeant superbement les témoignages antiques, il affirme : « Dans l’antiquité, la Gaule, ça n’est rien, ça n’existe pas (page 238) ». La maison de Vercingétorix ? Une maison en matériaux périssables (terre et bois) (page 243). Le physique impressionnant du chef arverne ? Une invention de Dion Cassius et de Florus (page 282). Comment fut-il exécuté ? Nous l’ignorons et, à vrai dire, cela importe-t-il ? (page 328). Faisant l’apologie de l’ouvrage, la revue "L’archéologue" (n°53) résume l’idée que se fait l’auteur du héros arverne : un guerrier coupeur de têtes, un paysan élevant des cochons.
Solidaires et complices du cartel qui soutient M. Goudineau (la revue L’archéologue, les éditions Errance, la librairie Epona, le musée archéologique européen, France culture etc…), les médias n’hésitent pas à en rajouter dans le dénigrement de notre protohistoire, se félicitant de la victoire romaine qui nous aurait amené la civilisation (cf. Le Monde des livres du 20/5/94)……
Triste civilisation, en vérité, qui brûla Bourges, la plus belle ville, ou peu s’en faut, de toute la Gaule, et qui massacra ses 40 000 habitants, hommes, femmes et enfants ! (DBG VII, 15 et 28)…… Triste civilisation que Vercingétorix, heureusement, conjura en s’offrant, de lui-même, en holocauste : « Puisqu’il faut céder à la fortune, je m’offre à vous ; tuez-moi, ou livrez-moi vivant aux Romains. Puissent-ils se satisfaire de mon sacrifice ! » (DBG VII, 89).
Français, prenez garde ! Les 45 millions d’euros que vous allez donner au futur Muséoparc d’Alésia serviront à donner à nos enfants un enseignement tiré du "Dossier Vercingétorix" de M. Christian Goudineau, un enseignement partisan "anti-Vercingétorix", un enseignement à la mode de notre époque où tout devrait être déconstruit. Je cite : le parcours se termine par la présentation détaillée - et par conséquent la déconstruction - du mythe des origines gauloises, de l’héroïsation de Vercingétorix...(3)
Il faut réagir. Il faut que nos responsables politiques sortent de leur torpeur. Vercingétorix n’est pas seulement un de nos plus grands personnages historiques, il est un symbole de la Liberté.
Renvoi 1. L’Histoire de France enseignée aux enfants de E. Lavisse, en 1884, commence ainsi : il y a deux mille ans, notre pays s’appelait la Gaule...mais il s’égare en donnant l’image d’un pays inculte alors que Strabon dit tout le contraire. Et encore aujourd’hui, on se refuse à reconnaître aux Gaulois l’usage de la chaux et l’existence de villes et de forteresses comme dans tout le reste du monde antique.
Renvoi 2. Le nom de Vercingétorix - VER CIN GETO RIX - rassemble les fonctions principales de la société gauloise : le VERgobret, magistrat suprême placé à la tête de l’administration (magistratus), CIN qui évoque la chevelure flamboyante de l’aurige des monnaies gauloises (cf. Cincinnatus, l’homme aux cheveux bouclés), GETO qu’il faut transcrire en TOGE, l’homme à la toge, c’est-à-dire le sénat, et enfin le RIX, le commandant en chef des armées.
Renvoi 3. Autre ignominie : stigmatiser une France occupée qui aurait choisi la collaboration en reconnaissant la supériorité de l’occupant, comme les Gaulois, et en présentant l’image d’un jeune des chantiers de Jeunesse, est une véritable insulte à l’esprit de résistance qui animait cette organisation, véritable insulte à tous ces jeunes qui se sont engagés dans les armées françaises de la libération, parfois en unités constituées, et qui sont morts au combat.
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Re: Les Gaulois, nos ancêtres. Qui étaient-ils vraiment ?
La religion des Gaulois
La religion celte et donc gauloise était fondée sur un grand respect des forces naturelles. Les Gaulois portaient un culte tout particulier aux éléments de la nature, sommets, astres, sources, fleuves, eaux dormantes à l'image des anciens cultes naturistes pratiqués par les populations préhistoriques, cependant sans que cela ne montre aucune trace d'idolâtrie ni (1) d'anthropomorphisme.
Il y a dans la philosophie sous-jacente à leur religion, la conscience que l'univers est un passage continu d'une forme de vie à une autre (2). Pour cette raison, leurs divinités peuvent prendre plusieurs formes. Dans la société gauloise, la religion a un rôle classificatoire, elle donne une cohésion à des groupes humains répartis selon une stricte hiérarchie.
Elle fait partie intégrante de l'existence quotidienne et touche à tous les domaines. Il n'y a pas à proprement parler de distinction entre le profane et le sacré. La religion est indissociable de la vie. Elle était enseignée et maintenue par les druides et était le plus grand, sinon, le seul facteur d'unité chez les peuples gaulois.
C'était un système de croyances très élaboré. Citons entre autres, la croyance en la fin du monde, en la vie éternelle et en la réincarnation des âmes ( une croyance qui expliquait, selon César, le courage des Gaulois au combat.)
L'univers est quant à lui conçu comme une sorte de construction pyramidale divisée en trois parties, abysses infernales, terre et ciel, ce dernier apparaissant comme une voûte fragile et inquiétante sur laquelle s'appuie l'univers.
Des lieux géographiques précis, appelés sidh sont établis sur le territoire de la tribu, en périphérie à l'ouest du territoire et en relation avec l'eau.
L'Ouest est en rapport avec le soir, le coucher du soleil, avec l'automne, la fin de la vie. Le sidh permet de faire communiquer le monde des vivants et celui des morts.
Les Gaulois qui donc croyaient en la survie de l'âme, croyaient aussi à la nécessité d'accomplir certains rites pour le repos du défunt et la purification des vivants. D'autre part, on redoutait la vengeance des défunts si on négligeait les rites funéraires. Deux modes de sépultures ont été pratiqués, l'incinération domine du premier siècle au troisième siècle, ensuite l'inhumation s'impose.
Le culte
Le culte se pratiquait dans un sanctuaire entourant d'une enceinte (le néméton) soigneusement close, un ou des bosquets par lequel on pénétrait par un monumental propylée (3), un fossé les cernaient (certains des fossés retrouvés contenaient des ossements humains). Seules quelques dizaines de participants assistaient au culte.
Au centre de ce sanctuaire se trouvait un autel sous la forme d'une grande fosse creusée dans le sol, pour le protéger des intempéries, il était couvert par un dais supporté par des poteaux.
Dans ces lieux, se déroulaient deux rites principaux :
1) Le sacrifice de boeufs, de moutons et de porcs, appelé « de commensalité », on supposait que ceux qui offraient ces sacrifices partageaient ensuite le repas avec les dieux aux quels ils l'ont offert.
Dans l'autre sacrifice qui était plus exceptionnel les bovidés, vaches, boeufs et taureaux étaient offerts dans leur totalité aux dieux ; égorgés, abattus d'un coup de hache ou de merlin (suivant les fêtes ou le but du sacrifice), ceux-ci étaient déposés entiers dans la fosse de l'autel où ils se pétrifiaient pendant des mois, comme pour alimenter le dieu qui vivait dessous.
Le sol du sanctuaire de Gourmay a été creusé de plusieurs fosses dont la plus grande, surmontée d'un toit, recevait les carcasses de boeufs sacrifiés, des restes humains et des milliers d'armes «tuées», c'est à dire rituellement déformées.
2) L'autre rite est de nature votive, c'est l'offrande d'armes qui sont arrivées dans leur grande majorité sous la forme de panoplies prestigieuses (épée dans son fourreau, chaîne de ceinture, lance, bouclier). Les armes parfois avaient déjà servi (dépouilles prises à l'ennemi). On les fixait, à l'aide de clous et de liens de cuir, en hauteur sur les parois du sanctuaire et y restaient pendant des années, jusqu'à ce que les liens se rompent et qu'elles tombent sur le sol.
Cette chute annonçait la fin de l'acte d'offrande qui était alors désacralisé. Alors on la brisait et jetait dans le fossé bordant le mur d'enceinte du sanctuaire. Quelques fois dans les sanctuaires, étaient déposées les victimes de batailles qui avaient lieux à proximité de celui-ci. (4)
Le personnel religieux
Le personnel religieux gaulois n'est pas composé des seuls druides : les bardes, chargés de perpétuer la tradition orale, occupant une place tout aussi importante. Ces gardiens de la mémoire gauloise, considérés comme de véritables chantres sacrés, louent les exploits des hommes et des dieux, accompagnés d'un instrument proche de la lyre. Egalement oubliés, les «vates» sont les maîtres du sacrifice et de la divination, au cœur du culte gaulois.
Fêtes religieuses
Quatre grandes fêtes celtiques introduisent les saisons : l'Imbolc le 1er février, le Belteine le 1er mai, le Lugnasad le 1er août, le Samain le 1er novembre.
Le banquet
Le banquet est l'un des lieux les plus importants dans la vie religieuse et sociale des Gaulois. Celui-ci était donné dans un sanctuaire, entouré de hauts murs, situé au milieu de l'oppidum. Dans ce sanctuaire se trouvait une grande cour entourée de portiques, où sont construits des bâtiments dont le nombre variait suivant les sites.
Les sanctuaires pouvaient varier suivant les différents peuples gaulois.
Le gui
Les Gaulois vénéraient le gui pour ses grandes vertus curatives. Mais surtout le gui provient du chêne, arbre sacré, choisi par la divinité. Dans l'art celtique, la feuille de gui qui est omniprésente, est une des formes que prend Lug « le Lumineux » : divinité solaire. Le gui se comporte vis à vis de l'arbre, comme l'âme immortelle vis à vis du corps humain.
On sait d'après les témoignages anciens que les Celtes croyaient à une forme d'immortalité de l'âme. Derrière tout cela, il existe une tradition millénaire qui repose sur le culte des astres et le retour cyclique de la vie. Le soleil renaît chaque jour et, dans sa course annuelle, il parcourt un cycle complet. Il y a, dans le couple du gui et du chêne, le signe d'une alliance qui reflète cette éternité de la vie.
Les divinités gauloises
Parmi les divinités gauloises principales, l'une des plus honorées a été Lug qui a laissé son nom à la ville de Lyon (Lugdunum). Dans la légende, il est le bon ouvrier, capable d'exécuter n'importe quel ouvrage. C'est qu'il est à la fois charpentier, forgeron et poète. Protecteur du commerce, il est l'inventeur des arts et des techniques. C'était l'une des divinités les plus populaires du monde celtique, au point que l'on choisit le jour de sa fête le 1er août, pour instaurer le culte de l'empereur en son lieu et place, suivant le procédé de romanisation familière aux vainqueurs.
Cernunos, autre célèbre divinité est le dieu cornu au cou orné d'un torque. La plupart du temps, il est entouré d'animaux sauvages dont presque toujours un serpent.
Cernunos est à la fois maître de la nature et dieu du monde en dessous. Il est l'époux de la déesse de la fécondité, il est aussi un génie primordial et un maître de la magie.
Toutatès quant à lui, est le dieu suprême, le maître du cosmos : il protège le chef et le roi ainsi que le père de famille et les petits-enfants.
L'historien J. Vendryes écrivit : « À mesure qu'on avance dans l'étude de la religion Celtes, on a l'impression de poursuivre un objet qui recule sans cesse et se dérobe à toute prise. » La religion des Celtes
La responsabilité en incombe d'ailleurs aux gaulois eux-mêmes car ils ne nous ont laissé aucun écrit. Leur religion comme leur philosophie, leurs traditions et leurs poèmes.... etc., n'ont été transmises que par voie orale.
Notes :
(1) - Les Grecs reconnurent chez les Celtes, que par ailleurs ils méprisaient, une haute philosophie pythagoricienne.
(2) - On a quelques fois parlé de métempsycose à leur sujet. Ca signifie tout simplement que, pour les Celtes, la mort n'est que le début d'une autre vie.
(3) - Le propylée est un vestibule à colonnes d'un temple ou d'un palais gréco-romain.
(4) - Il y a un fait particulier et incroyable chez les Celtes d'en haut (du nord) concernant les enceintes consacrées aux dieux. Dans les sanctuaires et dans les enceintes sacrés, érigés dans ces régions, on a jeté beaucoup d'or en offrande aux dieux, et aucun habitant ne s'en empare par crainte des dieux, bien que les Celtes aiment l'argent à outrance. (Poseidonios d'Apamée, résumé par Diodore de Sicile.
Pat
Sources :
Renée Grimaud, Nos ancêtres les Gaulois
Maurice Meuleau, Les Celtes en Europe
Barry Cunliff, Les Celtes
Régine Pernoud, Les Gaulois
L'Archéologue, février-mars 2008
Religions et Histoire, septembre-octobre 2006
Jean Markale, Druides et chamanes
Jean-Louis Brunaux, Nos ancêtres les Gaulois
La religion celte et donc gauloise était fondée sur un grand respect des forces naturelles. Les Gaulois portaient un culte tout particulier aux éléments de la nature, sommets, astres, sources, fleuves, eaux dormantes à l'image des anciens cultes naturistes pratiqués par les populations préhistoriques, cependant sans que cela ne montre aucune trace d'idolâtrie ni (1) d'anthropomorphisme.
Il y a dans la philosophie sous-jacente à leur religion, la conscience que l'univers est un passage continu d'une forme de vie à une autre (2). Pour cette raison, leurs divinités peuvent prendre plusieurs formes. Dans la société gauloise, la religion a un rôle classificatoire, elle donne une cohésion à des groupes humains répartis selon une stricte hiérarchie.
Elle fait partie intégrante de l'existence quotidienne et touche à tous les domaines. Il n'y a pas à proprement parler de distinction entre le profane et le sacré. La religion est indissociable de la vie. Elle était enseignée et maintenue par les druides et était le plus grand, sinon, le seul facteur d'unité chez les peuples gaulois.
C'était un système de croyances très élaboré. Citons entre autres, la croyance en la fin du monde, en la vie éternelle et en la réincarnation des âmes ( une croyance qui expliquait, selon César, le courage des Gaulois au combat.)
L'univers est quant à lui conçu comme une sorte de construction pyramidale divisée en trois parties, abysses infernales, terre et ciel, ce dernier apparaissant comme une voûte fragile et inquiétante sur laquelle s'appuie l'univers.
Des lieux géographiques précis, appelés sidh sont établis sur le territoire de la tribu, en périphérie à l'ouest du territoire et en relation avec l'eau.
L'Ouest est en rapport avec le soir, le coucher du soleil, avec l'automne, la fin de la vie. Le sidh permet de faire communiquer le monde des vivants et celui des morts.
Les Gaulois qui donc croyaient en la survie de l'âme, croyaient aussi à la nécessité d'accomplir certains rites pour le repos du défunt et la purification des vivants. D'autre part, on redoutait la vengeance des défunts si on négligeait les rites funéraires. Deux modes de sépultures ont été pratiqués, l'incinération domine du premier siècle au troisième siècle, ensuite l'inhumation s'impose.
Le culte
Le culte se pratiquait dans un sanctuaire entourant d'une enceinte (le néméton) soigneusement close, un ou des bosquets par lequel on pénétrait par un monumental propylée (3), un fossé les cernaient (certains des fossés retrouvés contenaient des ossements humains). Seules quelques dizaines de participants assistaient au culte.
Au centre de ce sanctuaire se trouvait un autel sous la forme d'une grande fosse creusée dans le sol, pour le protéger des intempéries, il était couvert par un dais supporté par des poteaux.
Dans ces lieux, se déroulaient deux rites principaux :
1) Le sacrifice de boeufs, de moutons et de porcs, appelé « de commensalité », on supposait que ceux qui offraient ces sacrifices partageaient ensuite le repas avec les dieux aux quels ils l'ont offert.
Dans l'autre sacrifice qui était plus exceptionnel les bovidés, vaches, boeufs et taureaux étaient offerts dans leur totalité aux dieux ; égorgés, abattus d'un coup de hache ou de merlin (suivant les fêtes ou le but du sacrifice), ceux-ci étaient déposés entiers dans la fosse de l'autel où ils se pétrifiaient pendant des mois, comme pour alimenter le dieu qui vivait dessous.
Le sol du sanctuaire de Gourmay a été creusé de plusieurs fosses dont la plus grande, surmontée d'un toit, recevait les carcasses de boeufs sacrifiés, des restes humains et des milliers d'armes «tuées», c'est à dire rituellement déformées.
2) L'autre rite est de nature votive, c'est l'offrande d'armes qui sont arrivées dans leur grande majorité sous la forme de panoplies prestigieuses (épée dans son fourreau, chaîne de ceinture, lance, bouclier). Les armes parfois avaient déjà servi (dépouilles prises à l'ennemi). On les fixait, à l'aide de clous et de liens de cuir, en hauteur sur les parois du sanctuaire et y restaient pendant des années, jusqu'à ce que les liens se rompent et qu'elles tombent sur le sol.
Cette chute annonçait la fin de l'acte d'offrande qui était alors désacralisé. Alors on la brisait et jetait dans le fossé bordant le mur d'enceinte du sanctuaire. Quelques fois dans les sanctuaires, étaient déposées les victimes de batailles qui avaient lieux à proximité de celui-ci. (4)
Le personnel religieux
Le personnel religieux gaulois n'est pas composé des seuls druides : les bardes, chargés de perpétuer la tradition orale, occupant une place tout aussi importante. Ces gardiens de la mémoire gauloise, considérés comme de véritables chantres sacrés, louent les exploits des hommes et des dieux, accompagnés d'un instrument proche de la lyre. Egalement oubliés, les «vates» sont les maîtres du sacrifice et de la divination, au cœur du culte gaulois.
Fêtes religieuses
Quatre grandes fêtes celtiques introduisent les saisons : l'Imbolc le 1er février, le Belteine le 1er mai, le Lugnasad le 1er août, le Samain le 1er novembre.
Le banquet
Le banquet est l'un des lieux les plus importants dans la vie religieuse et sociale des Gaulois. Celui-ci était donné dans un sanctuaire, entouré de hauts murs, situé au milieu de l'oppidum. Dans ce sanctuaire se trouvait une grande cour entourée de portiques, où sont construits des bâtiments dont le nombre variait suivant les sites.
Les sanctuaires pouvaient varier suivant les différents peuples gaulois.
Le gui
Les Gaulois vénéraient le gui pour ses grandes vertus curatives. Mais surtout le gui provient du chêne, arbre sacré, choisi par la divinité. Dans l'art celtique, la feuille de gui qui est omniprésente, est une des formes que prend Lug « le Lumineux » : divinité solaire. Le gui se comporte vis à vis de l'arbre, comme l'âme immortelle vis à vis du corps humain.
On sait d'après les témoignages anciens que les Celtes croyaient à une forme d'immortalité de l'âme. Derrière tout cela, il existe une tradition millénaire qui repose sur le culte des astres et le retour cyclique de la vie. Le soleil renaît chaque jour et, dans sa course annuelle, il parcourt un cycle complet. Il y a, dans le couple du gui et du chêne, le signe d'une alliance qui reflète cette éternité de la vie.
Les divinités gauloises
Parmi les divinités gauloises principales, l'une des plus honorées a été Lug qui a laissé son nom à la ville de Lyon (Lugdunum). Dans la légende, il est le bon ouvrier, capable d'exécuter n'importe quel ouvrage. C'est qu'il est à la fois charpentier, forgeron et poète. Protecteur du commerce, il est l'inventeur des arts et des techniques. C'était l'une des divinités les plus populaires du monde celtique, au point que l'on choisit le jour de sa fête le 1er août, pour instaurer le culte de l'empereur en son lieu et place, suivant le procédé de romanisation familière aux vainqueurs.
Cernunos, autre célèbre divinité est le dieu cornu au cou orné d'un torque. La plupart du temps, il est entouré d'animaux sauvages dont presque toujours un serpent.
Cernunos est à la fois maître de la nature et dieu du monde en dessous. Il est l'époux de la déesse de la fécondité, il est aussi un génie primordial et un maître de la magie.
Toutatès quant à lui, est le dieu suprême, le maître du cosmos : il protège le chef et le roi ainsi que le père de famille et les petits-enfants.
L'historien J. Vendryes écrivit : « À mesure qu'on avance dans l'étude de la religion Celtes, on a l'impression de poursuivre un objet qui recule sans cesse et se dérobe à toute prise. » La religion des Celtes
La responsabilité en incombe d'ailleurs aux gaulois eux-mêmes car ils ne nous ont laissé aucun écrit. Leur religion comme leur philosophie, leurs traditions et leurs poèmes.... etc., n'ont été transmises que par voie orale.
Notes :
(1) - Les Grecs reconnurent chez les Celtes, que par ailleurs ils méprisaient, une haute philosophie pythagoricienne.
(2) - On a quelques fois parlé de métempsycose à leur sujet. Ca signifie tout simplement que, pour les Celtes, la mort n'est que le début d'une autre vie.
(3) - Le propylée est un vestibule à colonnes d'un temple ou d'un palais gréco-romain.
(4) - Il y a un fait particulier et incroyable chez les Celtes d'en haut (du nord) concernant les enceintes consacrées aux dieux. Dans les sanctuaires et dans les enceintes sacrés, érigés dans ces régions, on a jeté beaucoup d'or en offrande aux dieux, et aucun habitant ne s'en empare par crainte des dieux, bien que les Celtes aiment l'argent à outrance. (Poseidonios d'Apamée, résumé par Diodore de Sicile.
Pat
Sources :
Renée Grimaud, Nos ancêtres les Gaulois
Maurice Meuleau, Les Celtes en Europe
Barry Cunliff, Les Celtes
Régine Pernoud, Les Gaulois
L'Archéologue, février-mars 2008
Religions et Histoire, septembre-octobre 2006
Jean Markale, Druides et chamanes
Jean-Louis Brunaux, Nos ancêtres les Gaulois
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Re: Les Gaulois, nos ancêtres. Qui étaient-ils vraiment ?
Les druides
La religion celtique a ceci de particulier, qu'elle ne possède pas seulement des prêtres, comme les religions grecque, romaine et germanique. Mais est formée d'une classe sacerdotale hiérarchisée et organisée, profondément structurée. Fondé sur le savoir, la hiérarchie sacerdotale comportait de nombreux grades et des spécialisations qui excluaient toute ambiguïté.
Savants, philosophes.....
Guides religieux des peuples celtiques, ils sont chargés du culte-des-cultes, de l'éducation, de la réflexion commune, de l'établissement d'une philosophie.
Leurs compétences sont multiples :
- druides au sens religieux, théologiens,
- ovates (mages adeptes de la civilisation naturelle),
- bardes (chroniqueurs, poètes, passeurs de mémoire collective et de la culture).
[ - Strabon (IV-4) fut l'un des rares à tenter d'opérer une distinction au sein de cette classe sacerdotale :
« On rend de très grands honneurs à trois sorte d'hommes : les bardes, les vates et les druides ; les bardes sont chanteurs et poètes, les vates sacrificateurs et physiologues, les druides outre les sciences de la nature, étudient la philosophie morale. »
- Cicéron dans De Divinatione (I-40) fait ce portrait :
« La divination n'est même pas négligée en Gaule. Parmi les druides, j'ai connu cet Eduen Diviciacos, ton hôte et admirateur qui prétendait connaître les lois de la nature, ce que les Grecques appellent physiologie ; il prédisait ce qui devait arriver, soit par des augures, soit par conjoncture. »
- Diodore de Sicile (V-28) assure que :
« La doctrine pythagoricienne prévaut parmi eux, enseignant que les âmes des hommes sont immortelles et revivent dans un autre corps. »
- Lucain est l'un des rares auteurs classiques à avoir saisi cette perception de l'illimité qui caractérise les Celtes :
« D'après les druides, les âmes ne descendent ni dans les demeures silencieuses de l'Erèbe(1), ni dans les profondeurs des pâles royaumes de Pluton. Le même souffle les anime dans un autre monde, et la mort n'est que le milieu d'une longue existence. » ]
(1) Erèbe représente la partie la plus ténébreuse des enfers. Il est le fils du Chaos et le frère (et l'époux) de la Nuit. (Nyx) ...
La première et peut-être la plus importante doctrine des druides est inscrite dans l'étymologie(2) de leur nom : dru-ui-des « les très savants », la science étant à prendre ici dans l'acceptation triple de sagesse, de science sacrée et de connaissance.
Le nom de druide conjugue la sagesse, la connaissance et le savoir, par l'étymologie réelle et la force (c'est-à-dire essentiellement la capacité de traduire leur savoir en pratique) par l'étymologie symbolique.
(2) Science qui étudie l’origine et l’histoire des mots et des locutions.
C'est en application ou en conséquence de ce symbolisme que l'on rencontre parfois des druides qui font la guerre ou qui portent des armes.
La caste des druides est au sommet de la hiérarchie.
En raison de son statut et du prestige attaché à sa fonction, parce qu'il juriste, il est le détenteur « des relations diplomatiques pour prévenir la guerre ou régler les compensations après l'agression ». Il est aussi le gardien de la mémoire de la « tribu ».
Pour certains auteurs les druides seraient les successeurs des hommes-médecine du Chamanisme archaïque et devinrent peu à peu les hommes du savoir.
« Progressivement, les hommes de savoir, groupés en confrérie comme l'étaient déjà les chamanes, devinrent hommes de réflexion, autrement dit des philosophes. À ce point donné, la mutation était achevée : les druides avaient remplacé les chamanes. » (Marc Questin, La tradition magique des druides)
Les druides dictaient le dogme et la morale, réglaient la liturgie des cérémonies religieuses, observaient les mouvements des astres afin d'établir le calendrier nécessaire à la tenue des grandes fêtes annuelles, pansaient les blessures, réduisaient les fractures, pratiquaient la magie et transmettaient au coeur des forêts leur enseignement aux jeunes aristocrates de moins de vingt ans.
Les futurs druides recevaient une éducation scientifique et théorique, qui durait vingt ans. Comme les pythagoriciens, les druides formaient une sorte de secte qui cherchait à reproduire son savoir et à le prolonger dans le temps.
N'utilisant pas l'écriture, ils transmettaient toutes leurs connaissances de manière orale. Certains se cantonnaient à un domaine précis tandis que les plus compétents acquièrent une vue encyclopédique sur les sciences de leur temps, on pressentaient ainsi une sorte de « hiérarchie savante » chez les druides. Les aristocrates faisaient parfois venir à domicile un maître, druide ou intellectuel.
« Les druides dissertent abondamment sur les astres et leurs mouvements, sur la grandeur du monde et de la Terre, et sur la nature des choses, sur la puissance des dieux immortels. » (J. César)
Un exemple frappant de la connaissance des astres par les druides est la célèbre cruche de Brno Haloměrěce, retrouvée en 1941 sur la nécropole celtique du même nom. Celle-ci en effet possède sur son pourtour la représentation du ciel de Brno en 280 av J.C dont la constellation du Cygne, un ciel d'été et la constellation du Taureau un ciel d'hiver. On trouve aussi les Gémeaux, et le soleil à ses deux solstices.
Depuis la Haute Antiquité, la plupart des peuples gaulois élisaient chaque année, un chef pour la gestion des affaires intérieures ( le vergobret) et désignaient un stratège pour la guerre. D'après Strabon, ce système existaient depuis au moins le Ve-IVe siècle av J.C. Cette élection d'un magistrat civil et la désignation d'un magistrat militaire était une réponse particulièrement efficace à toute tentative de tyrannie ou de restauration des anciennes monarchies.
Dans l'établissement de ces magistratures et de constitutions qui les accompagnaient, les druides ont joué un rôle prépondérant dont témoigne une autre règle, également mentionnée par César à propos des Éduens : le verbroguet est élu sous la présidence des/et avec les prêtres.
Les druides choisissaient ou faisaient choisir les hommes qui avaient leur confiance. Il est probable que souvent, c'était un des leurs qui devenait magistrat, c'est le cas de Diviciac (Diviciacos), chez les Éduens.
Les constitutions des civitates gauloises montraient une réelle originalité. Les chefs avaient des pouvoirs définis et limités, les assemblées populaires, guerrière et sénatoriale leurs opposaient un contre-pouvoir efficace, mais en sous-main les druides exerçaient une influence majeure.
Contrairement à l'opinion de César, qui affirma que le point essentiel de la doctrine des druides serait la morale, les historiens des religions celtiques comme Vendryes ou N.L. Scoested considère que les notions d'ordre moral ou philosophique - au sens humaniste du mot - en sont absentes à peu de chose près ; on a conservé qu'un seul précepte en usage, sous forme d'une triade, ce qui devait être un mode d'expression courant : honorer les dieux, fuir le mal, pratiquer la bravoure. C'est l'unique vestige d'un enseignement qui devait développer la croyance en l'immortalité de l'âme et exalter le courage et le mépris de la mort, si l'on croît ce qu'en ont pu connaître ses contemporains.
Enfin, l'enseignement devait transmettre toutes les formules et les rites des cérémonies religieuses. Or, il paraît certain que plus encore chez les Gaulois que chez les autres peuples que l'on appelle «primitifs», la religion embrasse tout le cycle des connaissances, comme elle paraît avoir déterminé chez eux tout le cycle de la vie quotidienne, marquant les grands événements comme les besognes familières.
Ce caractère commun à différents peuples, est plus fortement marqué en civilisation celtique que partout ailleurs, puisque les druides sont à la fois prêtres et enseignants, seuls prêtres et seuls enseignants.
Le druidisme n'est pas mentionné par les Galli en Italie, non plus dans les Alpes. La thèse qu'il serait venu des Îles britanniques, n'a pas été réfutée jusqu'ici et d'autant moins, que pour le centre continental de la région des Carnutes - correspondant aux citées ultérieures de Chartres et d'Orléans - des contacts avec des «experts» druidiques d'outre-Manche sont mentionnés.
Certaine pour la Gaule, l'immolation des victimes humaines, cette pratique, l'est moins pour les Galli d'Italie : les Romains qui les ont connu le mieux et le plus longtemps, n'en parlent pas... ce qui suggère une relation de cause à effet entre la présence des druides et le sacrifice humain.
- Diodore de Sicile ajoute que les philosophes sont aussi des devins : « Ces devins à qui on accorde une grande autorité, prédisent l'avenir en observant les oiseaux... C'est surtout quand ils consultent les présages pour quelques grands intérêts qu'ils pratiquent un rituel incroyable et bizarre. Après avoir consacré un homme, ils le frappent avec une épée et quand la victime est tombée, ils prédisent l'avenir d'après la chute, l'agitation des membres et écoulement du sang... »
Même si les druides choisissaient de préférence des criminels comme victimes, les sacrifices ritualisés d'êtres humains, horrifiaient les Romains. Tibère puis Claude les interdirent définitivement. Ce n'est donc pas seulement pour des raisons politiques que le pouvoir des druides et le pouvoir romain s'excluaient réciproquement. Les druides avaient compris tout de suite le danger des influences romaines pour l'emprise qu'ils avaient sur l'âme des populations celtiques... Leur succès limité dans l'appel à la lutte contre César indique ainsi les limites de cette emprise avant même la victoire des Romains.
Royauté
[ La « royauté », fonction de chef spirituel propre aux peuples indo-européens remonte à des temps forts anciens et n'avait qu'une réalité très affaiblie dans la Gaule des cinq siècles précédent la conquête romaine. C'est d'ailleurs ce qu'indiquent tous les témoignages historiques disponibles... Cette « royauté » avait tout l'air d'une magistrature suprême, accordée pour une durée déterminée, par le sénat ou aux aspirations de la jeunesse.
Les quelques « rois » gaulois qui ont laissé des traces dans l'histoire ont en effet deux particularités concomitantes, celle de ne pas avoir obtenu leur titre de façon héréditaire, et celle d'avoir été nommé par le sénat. ]
Il y avait une impossibilité théologique, doctrinale et pratique du druide de devenir roi ou du roi de devenir druide.
Le druide et le roi étaient les deux parties, indissociables et solidaires, d'un tout qui se nomme souveraineté. Le druide et le roi étaient souverains dans la mesure où le druide conseillait le roi, c'est-à-dire l'autorité spirituelle, et où le roi mettait en pratique le conseil du druide, c'est-à-dire exerçait le pouvoir temporel.
Jamais le druide ne contrariait le roi quand ce dernier n'avait commis aucune faute mettant en péril l'essence de la royauté. Il ne le contraignait non plus à faire quelque chose contre son gré.
L'autorité spirituelle du druide n'était pas transposable ou transformable en pouvoir temporel.
Avec la suppression de la royauté, la montée d'oligarchies et d'ambitions nobiliaires, il restait aux druides les choses de la religion et l'enseignement traditionnel. Mais dans ces deux domaines, ils ont été concurrencés, immédiatement, d'une part, par l'instauration du culte impérial et la diffusion de la religion romaine officielle et d'autre part par la fondation d'écoles latines ou l'enseignement qui n'était plus oral mais écrit, ne pouvait inclure la littérature orale gauloise.
Quand la Gaule fut sous domination romaine, la religion ne fut pas oubliée des administrateurs, si le clergé et le culte lui-même furent respectés, ils subirent des transformations, moins volontaires qu'indirectes. Les druides gaulois étaient des nobles.
... Comme l'ensemble de la noblesse, ils se retrouvèrent parmi les cadres locaux de l'administration des cités. Auguste (27 av J.C.) se contente d'interdire la fonction de druide et le culte druidique, (les sacrifices) à tous les citoyens romains et à tous ceux qui prétendaient le devenir. Rapidement le clergé gaulois vit son recrutement se tarir. Avec lui, c'est le culte et toute la mémoire religieuse des Gaulois qui s'appauvrit pour disparaître presque entièrement.
Sources :
Religions et histoires N°10
Dossier pour la science N°61
http://jfbradu.free.fr/lesceltes./savoi ... ruides-htm.
Archéologia octobre 2007
Actualité de l'histoire janvier 2008
La civilisation celtique : Christian.J.Guyonvarch, Françoise Le Roux
La société celtique : Christian.J.Guyonvarch, Françoise Le Roux
Les Gaulois : Jean-Louis Brunaux
Les Gaulois : Régine Pernou
Histoire de France / Les origines : karl Ferdinand Werner
Pat
La religion celtique a ceci de particulier, qu'elle ne possède pas seulement des prêtres, comme les religions grecque, romaine et germanique. Mais est formée d'une classe sacerdotale hiérarchisée et organisée, profondément structurée. Fondé sur le savoir, la hiérarchie sacerdotale comportait de nombreux grades et des spécialisations qui excluaient toute ambiguïté.
Savants, philosophes.....
Guides religieux des peuples celtiques, ils sont chargés du culte-des-cultes, de l'éducation, de la réflexion commune, de l'établissement d'une philosophie.
Leurs compétences sont multiples :
- druides au sens religieux, théologiens,
- ovates (mages adeptes de la civilisation naturelle),
- bardes (chroniqueurs, poètes, passeurs de mémoire collective et de la culture).
[ - Strabon (IV-4) fut l'un des rares à tenter d'opérer une distinction au sein de cette classe sacerdotale :
« On rend de très grands honneurs à trois sorte d'hommes : les bardes, les vates et les druides ; les bardes sont chanteurs et poètes, les vates sacrificateurs et physiologues, les druides outre les sciences de la nature, étudient la philosophie morale. »
- Cicéron dans De Divinatione (I-40) fait ce portrait :
« La divination n'est même pas négligée en Gaule. Parmi les druides, j'ai connu cet Eduen Diviciacos, ton hôte et admirateur qui prétendait connaître les lois de la nature, ce que les Grecques appellent physiologie ; il prédisait ce qui devait arriver, soit par des augures, soit par conjoncture. »
- Diodore de Sicile (V-28) assure que :
« La doctrine pythagoricienne prévaut parmi eux, enseignant que les âmes des hommes sont immortelles et revivent dans un autre corps. »
- Lucain est l'un des rares auteurs classiques à avoir saisi cette perception de l'illimité qui caractérise les Celtes :
« D'après les druides, les âmes ne descendent ni dans les demeures silencieuses de l'Erèbe(1), ni dans les profondeurs des pâles royaumes de Pluton. Le même souffle les anime dans un autre monde, et la mort n'est que le milieu d'une longue existence. » ]
(1) Erèbe représente la partie la plus ténébreuse des enfers. Il est le fils du Chaos et le frère (et l'époux) de la Nuit. (Nyx) ...
La première et peut-être la plus importante doctrine des druides est inscrite dans l'étymologie(2) de leur nom : dru-ui-des « les très savants », la science étant à prendre ici dans l'acceptation triple de sagesse, de science sacrée et de connaissance.
Le nom de druide conjugue la sagesse, la connaissance et le savoir, par l'étymologie réelle et la force (c'est-à-dire essentiellement la capacité de traduire leur savoir en pratique) par l'étymologie symbolique.
(2) Science qui étudie l’origine et l’histoire des mots et des locutions.
C'est en application ou en conséquence de ce symbolisme que l'on rencontre parfois des druides qui font la guerre ou qui portent des armes.
La caste des druides est au sommet de la hiérarchie.
En raison de son statut et du prestige attaché à sa fonction, parce qu'il juriste, il est le détenteur « des relations diplomatiques pour prévenir la guerre ou régler les compensations après l'agression ». Il est aussi le gardien de la mémoire de la « tribu ».
Pour certains auteurs les druides seraient les successeurs des hommes-médecine du Chamanisme archaïque et devinrent peu à peu les hommes du savoir.
« Progressivement, les hommes de savoir, groupés en confrérie comme l'étaient déjà les chamanes, devinrent hommes de réflexion, autrement dit des philosophes. À ce point donné, la mutation était achevée : les druides avaient remplacé les chamanes. » (Marc Questin, La tradition magique des druides)
Les druides dictaient le dogme et la morale, réglaient la liturgie des cérémonies religieuses, observaient les mouvements des astres afin d'établir le calendrier nécessaire à la tenue des grandes fêtes annuelles, pansaient les blessures, réduisaient les fractures, pratiquaient la magie et transmettaient au coeur des forêts leur enseignement aux jeunes aristocrates de moins de vingt ans.
Les futurs druides recevaient une éducation scientifique et théorique, qui durait vingt ans. Comme les pythagoriciens, les druides formaient une sorte de secte qui cherchait à reproduire son savoir et à le prolonger dans le temps.
N'utilisant pas l'écriture, ils transmettaient toutes leurs connaissances de manière orale. Certains se cantonnaient à un domaine précis tandis que les plus compétents acquièrent une vue encyclopédique sur les sciences de leur temps, on pressentaient ainsi une sorte de « hiérarchie savante » chez les druides. Les aristocrates faisaient parfois venir à domicile un maître, druide ou intellectuel.
« Les druides dissertent abondamment sur les astres et leurs mouvements, sur la grandeur du monde et de la Terre, et sur la nature des choses, sur la puissance des dieux immortels. » (J. César)
Un exemple frappant de la connaissance des astres par les druides est la célèbre cruche de Brno Haloměrěce, retrouvée en 1941 sur la nécropole celtique du même nom. Celle-ci en effet possède sur son pourtour la représentation du ciel de Brno en 280 av J.C dont la constellation du Cygne, un ciel d'été et la constellation du Taureau un ciel d'hiver. On trouve aussi les Gémeaux, et le soleil à ses deux solstices.
Depuis la Haute Antiquité, la plupart des peuples gaulois élisaient chaque année, un chef pour la gestion des affaires intérieures ( le vergobret) et désignaient un stratège pour la guerre. D'après Strabon, ce système existaient depuis au moins le Ve-IVe siècle av J.C. Cette élection d'un magistrat civil et la désignation d'un magistrat militaire était une réponse particulièrement efficace à toute tentative de tyrannie ou de restauration des anciennes monarchies.
Dans l'établissement de ces magistratures et de constitutions qui les accompagnaient, les druides ont joué un rôle prépondérant dont témoigne une autre règle, également mentionnée par César à propos des Éduens : le verbroguet est élu sous la présidence des/et avec les prêtres.
Les druides choisissaient ou faisaient choisir les hommes qui avaient leur confiance. Il est probable que souvent, c'était un des leurs qui devenait magistrat, c'est le cas de Diviciac (Diviciacos), chez les Éduens.
Les constitutions des civitates gauloises montraient une réelle originalité. Les chefs avaient des pouvoirs définis et limités, les assemblées populaires, guerrière et sénatoriale leurs opposaient un contre-pouvoir efficace, mais en sous-main les druides exerçaient une influence majeure.
Contrairement à l'opinion de César, qui affirma que le point essentiel de la doctrine des druides serait la morale, les historiens des religions celtiques comme Vendryes ou N.L. Scoested considère que les notions d'ordre moral ou philosophique - au sens humaniste du mot - en sont absentes à peu de chose près ; on a conservé qu'un seul précepte en usage, sous forme d'une triade, ce qui devait être un mode d'expression courant : honorer les dieux, fuir le mal, pratiquer la bravoure. C'est l'unique vestige d'un enseignement qui devait développer la croyance en l'immortalité de l'âme et exalter le courage et le mépris de la mort, si l'on croît ce qu'en ont pu connaître ses contemporains.
Enfin, l'enseignement devait transmettre toutes les formules et les rites des cérémonies religieuses. Or, il paraît certain que plus encore chez les Gaulois que chez les autres peuples que l'on appelle «primitifs», la religion embrasse tout le cycle des connaissances, comme elle paraît avoir déterminé chez eux tout le cycle de la vie quotidienne, marquant les grands événements comme les besognes familières.
Ce caractère commun à différents peuples, est plus fortement marqué en civilisation celtique que partout ailleurs, puisque les druides sont à la fois prêtres et enseignants, seuls prêtres et seuls enseignants.
Le druidisme n'est pas mentionné par les Galli en Italie, non plus dans les Alpes. La thèse qu'il serait venu des Îles britanniques, n'a pas été réfutée jusqu'ici et d'autant moins, que pour le centre continental de la région des Carnutes - correspondant aux citées ultérieures de Chartres et d'Orléans - des contacts avec des «experts» druidiques d'outre-Manche sont mentionnés.
Certaine pour la Gaule, l'immolation des victimes humaines, cette pratique, l'est moins pour les Galli d'Italie : les Romains qui les ont connu le mieux et le plus longtemps, n'en parlent pas... ce qui suggère une relation de cause à effet entre la présence des druides et le sacrifice humain.
- Diodore de Sicile ajoute que les philosophes sont aussi des devins : « Ces devins à qui on accorde une grande autorité, prédisent l'avenir en observant les oiseaux... C'est surtout quand ils consultent les présages pour quelques grands intérêts qu'ils pratiquent un rituel incroyable et bizarre. Après avoir consacré un homme, ils le frappent avec une épée et quand la victime est tombée, ils prédisent l'avenir d'après la chute, l'agitation des membres et écoulement du sang... »
Même si les druides choisissaient de préférence des criminels comme victimes, les sacrifices ritualisés d'êtres humains, horrifiaient les Romains. Tibère puis Claude les interdirent définitivement. Ce n'est donc pas seulement pour des raisons politiques que le pouvoir des druides et le pouvoir romain s'excluaient réciproquement. Les druides avaient compris tout de suite le danger des influences romaines pour l'emprise qu'ils avaient sur l'âme des populations celtiques... Leur succès limité dans l'appel à la lutte contre César indique ainsi les limites de cette emprise avant même la victoire des Romains.
Royauté
[ La « royauté », fonction de chef spirituel propre aux peuples indo-européens remonte à des temps forts anciens et n'avait qu'une réalité très affaiblie dans la Gaule des cinq siècles précédent la conquête romaine. C'est d'ailleurs ce qu'indiquent tous les témoignages historiques disponibles... Cette « royauté » avait tout l'air d'une magistrature suprême, accordée pour une durée déterminée, par le sénat ou aux aspirations de la jeunesse.
Les quelques « rois » gaulois qui ont laissé des traces dans l'histoire ont en effet deux particularités concomitantes, celle de ne pas avoir obtenu leur titre de façon héréditaire, et celle d'avoir été nommé par le sénat. ]
Il y avait une impossibilité théologique, doctrinale et pratique du druide de devenir roi ou du roi de devenir druide.
Le druide et le roi étaient les deux parties, indissociables et solidaires, d'un tout qui se nomme souveraineté. Le druide et le roi étaient souverains dans la mesure où le druide conseillait le roi, c'est-à-dire l'autorité spirituelle, et où le roi mettait en pratique le conseil du druide, c'est-à-dire exerçait le pouvoir temporel.
Jamais le druide ne contrariait le roi quand ce dernier n'avait commis aucune faute mettant en péril l'essence de la royauté. Il ne le contraignait non plus à faire quelque chose contre son gré.
L'autorité spirituelle du druide n'était pas transposable ou transformable en pouvoir temporel.
Avec la suppression de la royauté, la montée d'oligarchies et d'ambitions nobiliaires, il restait aux druides les choses de la religion et l'enseignement traditionnel. Mais dans ces deux domaines, ils ont été concurrencés, immédiatement, d'une part, par l'instauration du culte impérial et la diffusion de la religion romaine officielle et d'autre part par la fondation d'écoles latines ou l'enseignement qui n'était plus oral mais écrit, ne pouvait inclure la littérature orale gauloise.
Quand la Gaule fut sous domination romaine, la religion ne fut pas oubliée des administrateurs, si le clergé et le culte lui-même furent respectés, ils subirent des transformations, moins volontaires qu'indirectes. Les druides gaulois étaient des nobles.
... Comme l'ensemble de la noblesse, ils se retrouvèrent parmi les cadres locaux de l'administration des cités. Auguste (27 av J.C.) se contente d'interdire la fonction de druide et le culte druidique, (les sacrifices) à tous les citoyens romains et à tous ceux qui prétendaient le devenir. Rapidement le clergé gaulois vit son recrutement se tarir. Avec lui, c'est le culte et toute la mémoire religieuse des Gaulois qui s'appauvrit pour disparaître presque entièrement.
Sources :
Religions et histoires N°10
Dossier pour la science N°61
http://jfbradu.free.fr/lesceltes./savoi ... ruides-htm.
Archéologia octobre 2007
Actualité de l'histoire janvier 2008
La civilisation celtique : Christian.J.Guyonvarch, Françoise Le Roux
La société celtique : Christian.J.Guyonvarch, Françoise Le Roux
Les Gaulois : Jean-Louis Brunaux
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Re: Les Gaulois, nos ancêtres. Qui étaient-ils vraiment ?
Bibracte : ma réponse aux professeurs Samosatensis et Luscianus
Je voudrais bien qu’on en finisse une bonne fois pour toutes avec cette histoire de Bibracte au mont Beuvray. Pour le commentateur mal informé, je veux bien croire que le débat que j’ai ouvert a pris l’allure d’un dialogue de sourds. D’un côté, j’essaie d’expliquer que si l’on traduit correctement les Commentaires de César, il faut localiser Bibracte sur le horst fortifié de Mont-Saint-Vincent, au centre de la Bourgogne du Sud, de l’autre côté les partisans du mont Beuvray soutiennent que ce sont les vestiges archéologiques mis au jour sur ce site qui leur apportent la preuve nécessaire et suffisante et que le texte de César n’est à prendre en considération qu’après une sévère critique. Et tout cela dans le cadre d’une méthodologie rigoureuse qu’évidemment, on me reproche d’ignorer. Eh bien ! Voyons donc d’un peu plus près cette argumentation méthodologique.
I - Les deux enceintes fortifiées.
Premier argument des archéologues du mont Beuvray : l’étendue de l’oppidum est un des plus grands, selon eux, du monde celtique. Ma réponse : César n’a jamais écrit que Bibracte était l’oppidum le plus étendu mais de beaucoup le plus important (longe maximo). Par ailleurs, aucun texte antique ne permet de dire qu’on puisse classer les oppidum en fonction de leur étendue.
Deuxième argument : l’importance des fortifications de la position. Ma réponse : les murailles de Bourges contre lesquelles César dressa ses grands ouvrages de siège sont d’une autre nature que les remparts du mont Beuvray. Je ne puis admettre que Bibracte ait été moins bien fortifiée.
Troisième argument : les deux enceintes de grande étendue confirmeraient l’importance de la population et donc de la capitale.
Mon explication : César écrit que les Germains d’Arioviste avaient remporté une grande victoire sur les Gaulois à Admagetobriga, ce que confirme Cicéron. Personne n’a localisé, jusqu’à ce jour, le lieu de cette bataille. Je le situe à Mesvres, au pied du mont Beuvray. Il s’agit d’un lieu antique avec un pont auquel les chartes donnent le nom de Magobrium (Magobrium, c’est Magetobriga, le grand pont ; il suffit de supprimer le préfixe Ad, car les Anciens disaient qu’ils allaient à (ad)...).

Et j’explique que dans la logique de son entreprise de conquête de la Gaule, Arioviste a installé une tête de pont au mont Beuvray pour prendre à revers la cité éduenne dont l’oppidum/capitale se trouvait à Mont-Saint-Vincent. Et j’explique dans mes ouvrages qu’après avoir vaincu les Germains dans la plaine d’Alsace, César a installé les Boïens au mont Beuvray, à leur place ; un mont Beuvray auquel il donne le nom de Gorgobina, et dans certaines traductions et copies des Commentaires, de Gergobina, Gergoviam, Gergovia Boïorum, Gortona...
Dans le n° 55 de la revue Gallia, Jean-Paul Guillaumet et Vincent Guichard écrivent ceci : Dans l’état actuel de nos connaissances, l’occupation maximale du site apparait donc bien se situer au Ier siècle avant J.C.. Mon explication est la suivante : cette occupation maximale est celle des Germains d’Arioviste de - 78 à -58 , celle des Boïens à partir de - 58.
Ma conclusion : Les deux enceintes fortifiées peuvent avoir été dressées ou consolidées, l’une par les Germains, l’autre par les Boïens où seulement par l’un des deux. Idem pour l’urbanisation du site, manifestement faite dans une urgence relative et sans mortier de chaux d’assemblage.
II - Les amphores.
Dans ce même numéro, Fabienne Olmer écrit : le nombre des amphores décuple dans les premières décennies du i er siècle... On passe de quelques centaines d’individus à plusieurs milliers, ce qui démontre que les modalités de l’organisation du commerce entre Bibracte et l’Italie républicaine changent bien avant la conquête césarienne.
Mon explication : prenant à témoin le texte de Strabon qui s’inspire de Poséidonios, j’ai montré que le pays éduen ne s’étendait alors qu’entre la Saône et la Dheune (Dubis) et qu’il n’a atteint la Loire qu’après l’arrivée de César en Gaule (Dubos > Dubina > Düenne > la Dheune : cf. Norbert Guinot, linguiste, "La bataille de Bibracte", page 93). Avant l’arrivée de César, ce sont les Arvernes qui tenaient le mont Beuvray avec une garnison relativement conséquente et de plus en plus importante au fur et à mesure que grandissaient la puissance et les ambitions éduennes. Cette implantation arverne de soldats de métier assez loin de Gergovie explique qu’il a fallu les ravitailler en huile certes, mais aussi en vin. L’arrivée massive de guerriers germains particulièrement aguerris, venus en renfort à partir de - 78, explique le "décuplement" du ravitaillement. Leur remplacement sur le site par les guerriers boïens explique la diversité remarquée par les spécialistes mais aussi la continuité de ce qu’ils considèrent comme des importations alors qu’il ne s’agit que de ravitaillement. Diversité remarquée également pour les autres objets, céramiques et autres.
D’où venait cette importation - je corrige - ce ravitaillement ? D’Italie, de la Province en transitant par l’Auvergne... ou tout simplement de Gergovie ?
Conclusion : les textes évoquent plus d’une fois l’attirance que les guerriers celtes portaient aux boissons alcoolisées. Cette abondance d’amphores vinaires ne s’explique pas si le site était Bibracte et la population, des civils, druides et notables, davantage portés à la tempérance et surtout, à la conservation des contenants.
III - Les monnaies.

La méthode qui consiste à tracer des cercles de répartition des types de monnaie centré sur la capitale de la cité ne manque pas d’intérêt. Encore faut-il ne pas se tromper de capitale. Encore aurait-il fallu, dans le cas du pays éduen, commencer par tracer le cercle autour de la ville commerciale qu’était Chalon-Sur-Saône. S’il avait agi ainsi, M. Colbert-de-Beaulieu aurait attribué les monnaies de Togirix et de Caledetu aux Eduens et non aux Séquanes et il aurait peut-être compris que les monnaies mises au jour au mont Beuvray demandaient une autre explication.
L’exemple d’Alésia nous enseigne, en effet, que les pertes de monnaies sont beaucoup plus importantes dans une bataille de siège que dans la vie de tous les jours, surtout quand la ville est prise et les habitants massacrés. Gorgobina ayant été assiégée deux fois et prise au moins une fois d’après les Commentaires, il faut en tenir compte. En revanche, aucun texte ne dit que Bibracte ait été prise d’assaut et on ne voit pas pour quelles raisons les habitants auraient enterré leurs monnaies. Et il y a aussi les offrandes de monnaies faites au mont Beuvray en tant que site mystique qui faussent les statistiques (dépôt de la fontaine Saint-Pierre).
Enfin, on est bien obligé de constater que les zones de répartition de la monnaie courante, les potins, ne s’inscrivent pas dans les cercles de M. Colbert-de-Beaulieu, mais s’étirent le long des grands couloirs de pénétration que sont, en particulier, les fleuves (revue Gallia n°52). N’aurions-nous pas là une intéressante illustration d’un effort de colonisation/civilisation à faciès monétaire qui aurait succédé, tout en s’étalant dans le temps, à un effort de conquête ? les potins à la grosse tête succédant à un effort de conquête depuis Bibracte (Mont-Saint-Vincent) en direction des sources du Danube, en passant par la trouée des lacs suisses, et non depuis un mont Beuvray beaucoup trop excentré ?
IV - Le murus gallicus

Trabes derectae perpetuae in longitudinem paribus intervallis distantes inter se binos pedes in solo conlocatur doit se traduire ainsi : on place sur le sol de grandes poutres droites mises bout à bout dans la longueur. Entre (deux lignes de) poutres, il y a des intervalles égaux de deux pieds, ce qui correspond à une épaisseur de mur de 60 cm augmentée de la largeur de deux poutres, soit environ 1m20. Ensuite, après avoir relié, l’une à l’autre, les deux lignes de poutres à l’intérieur du mur, on bourre (entre elles) du tout venant. Les intervalles dont nous venons de parler sont remplis en façade de grosses pierres (voir renvoi). Ces grosses pierres ayant été bien disposées et cimentées, on ajoute au-dessus un autre rang. On fait attention de garder cet intervalle et de pas faire se rapprocher les poutres. C’est ainsi que ces poutres disposées à égale distance l’une de l’autre sont solidement maintenues par les ( rangées de) pierres. On continue ainsi l’ouvrage jusqu’à la hauteur du mur qui convient. Par son aspect et sa variété, cet ouvrage n’est pas laid du fait de l’alternance des poutres et des (rangées de) pierres dont les rangs offrent à la vue des lignes droites. En outre, il est très utile et très approprié pour la défense des villes car la pierre le défend contre le feu et le bâti du bélier. En effet, grâce à ses longues poutres (mises bout à bout) qui se continuent, cet assemblage lié de l’intérieur sur des longueurs de plus de quarante pieds (11m,84), ne peut être ni rompu, ni disjoint. (DBG XXIII).
Renvoi. Constans qui, en 1926, a (très mal) traduit ce passage n’a pas compris que pour César, un "intervallum" n’était pas qu’une distance en ligne droite mais une portion d’espace dont il nous donne la largeur (l’écartement au sol entre deux poutres auquel il faut ajouter la largeur de celles-ci) mais malheureusement pas la hauteur bien qu’il précise pour éviter tout malentendu : "in fronte". Les 11m,84 correspondent, à mon sens, à la longueur maximum et optimum d’un beau chêne dont on peut tirer une poutre de 30 cm sur 30 sans aubier. Au XVII ème siècle, on montait encore les murs de château ainsi à l’exception du chainage en bois. Ces murs faisaient facilement un mètre de large. Ils comportaient deux parois de pierres consolidées au mortier de chaux entre lesquelles on bourrait un tout-venant de pierres et de terre plus ou moins chaulé.

Je me doute que cela va m’attirer encore quelques sarcasmes, mais quand je regarde aujourd’hui les grandes murailles de Bourges, du Mans, ou d’autres anciennes capitales gauloises, je ne peux m’empêcher d’imaginer à la place des longs bandeaux de briques rouge les longues poutres disparues des anciens murs gaulois. Mais je ne sais pas si ce sont des remplacements de poutres pourries ou la continuation d’un style.http://www.athle.com/upload/ssites/0010 ... rasins.jpg
Le mont Beuvray est un site stratégique dont le sol ne peut que nous révéler les tribulations d’un site stratégique de cette époque et, en aucun cas, l’évolution normale d’une grande cité gauloise. En effet, écrit Vincent Guichard, l’actuel directeur du Centre archéologique européen de Bibracte, le développement d’une ville à cet endroit... défie apparemment toute logique (revue Gallia n° 55). http://bibracte.com/mon_histoire_de... . Quant à moi, je préfère, et de beaucoup, le modèle de Besançon http://www.agoravox.fr/tribune-libr....
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/
Je voudrais bien qu’on en finisse une bonne fois pour toutes avec cette histoire de Bibracte au mont Beuvray. Pour le commentateur mal informé, je veux bien croire que le débat que j’ai ouvert a pris l’allure d’un dialogue de sourds. D’un côté, j’essaie d’expliquer que si l’on traduit correctement les Commentaires de César, il faut localiser Bibracte sur le horst fortifié de Mont-Saint-Vincent, au centre de la Bourgogne du Sud, de l’autre côté les partisans du mont Beuvray soutiennent que ce sont les vestiges archéologiques mis au jour sur ce site qui leur apportent la preuve nécessaire et suffisante et que le texte de César n’est à prendre en considération qu’après une sévère critique. Et tout cela dans le cadre d’une méthodologie rigoureuse qu’évidemment, on me reproche d’ignorer. Eh bien ! Voyons donc d’un peu plus près cette argumentation méthodologique.
I - Les deux enceintes fortifiées.
Premier argument des archéologues du mont Beuvray : l’étendue de l’oppidum est un des plus grands, selon eux, du monde celtique. Ma réponse : César n’a jamais écrit que Bibracte était l’oppidum le plus étendu mais de beaucoup le plus important (longe maximo). Par ailleurs, aucun texte antique ne permet de dire qu’on puisse classer les oppidum en fonction de leur étendue.
Deuxième argument : l’importance des fortifications de la position. Ma réponse : les murailles de Bourges contre lesquelles César dressa ses grands ouvrages de siège sont d’une autre nature que les remparts du mont Beuvray. Je ne puis admettre que Bibracte ait été moins bien fortifiée.
Troisième argument : les deux enceintes de grande étendue confirmeraient l’importance de la population et donc de la capitale.
Mon explication : César écrit que les Germains d’Arioviste avaient remporté une grande victoire sur les Gaulois à Admagetobriga, ce que confirme Cicéron. Personne n’a localisé, jusqu’à ce jour, le lieu de cette bataille. Je le situe à Mesvres, au pied du mont Beuvray. Il s’agit d’un lieu antique avec un pont auquel les chartes donnent le nom de Magobrium (Magobrium, c’est Magetobriga, le grand pont ; il suffit de supprimer le préfixe Ad, car les Anciens disaient qu’ils allaient à (ad)...).

Et j’explique que dans la logique de son entreprise de conquête de la Gaule, Arioviste a installé une tête de pont au mont Beuvray pour prendre à revers la cité éduenne dont l’oppidum/capitale se trouvait à Mont-Saint-Vincent. Et j’explique dans mes ouvrages qu’après avoir vaincu les Germains dans la plaine d’Alsace, César a installé les Boïens au mont Beuvray, à leur place ; un mont Beuvray auquel il donne le nom de Gorgobina, et dans certaines traductions et copies des Commentaires, de Gergobina, Gergoviam, Gergovia Boïorum, Gortona...
Dans le n° 55 de la revue Gallia, Jean-Paul Guillaumet et Vincent Guichard écrivent ceci : Dans l’état actuel de nos connaissances, l’occupation maximale du site apparait donc bien se situer au Ier siècle avant J.C.. Mon explication est la suivante : cette occupation maximale est celle des Germains d’Arioviste de - 78 à -58 , celle des Boïens à partir de - 58.
Ma conclusion : Les deux enceintes fortifiées peuvent avoir été dressées ou consolidées, l’une par les Germains, l’autre par les Boïens où seulement par l’un des deux. Idem pour l’urbanisation du site, manifestement faite dans une urgence relative et sans mortier de chaux d’assemblage.
II - Les amphores.
Dans ce même numéro, Fabienne Olmer écrit : le nombre des amphores décuple dans les premières décennies du i er siècle... On passe de quelques centaines d’individus à plusieurs milliers, ce qui démontre que les modalités de l’organisation du commerce entre Bibracte et l’Italie républicaine changent bien avant la conquête césarienne.
Mon explication : prenant à témoin le texte de Strabon qui s’inspire de Poséidonios, j’ai montré que le pays éduen ne s’étendait alors qu’entre la Saône et la Dheune (Dubis) et qu’il n’a atteint la Loire qu’après l’arrivée de César en Gaule (Dubos > Dubina > Düenne > la Dheune : cf. Norbert Guinot, linguiste, "La bataille de Bibracte", page 93). Avant l’arrivée de César, ce sont les Arvernes qui tenaient le mont Beuvray avec une garnison relativement conséquente et de plus en plus importante au fur et à mesure que grandissaient la puissance et les ambitions éduennes. Cette implantation arverne de soldats de métier assez loin de Gergovie explique qu’il a fallu les ravitailler en huile certes, mais aussi en vin. L’arrivée massive de guerriers germains particulièrement aguerris, venus en renfort à partir de - 78, explique le "décuplement" du ravitaillement. Leur remplacement sur le site par les guerriers boïens explique la diversité remarquée par les spécialistes mais aussi la continuité de ce qu’ils considèrent comme des importations alors qu’il ne s’agit que de ravitaillement. Diversité remarquée également pour les autres objets, céramiques et autres.
D’où venait cette importation - je corrige - ce ravitaillement ? D’Italie, de la Province en transitant par l’Auvergne... ou tout simplement de Gergovie ?
Conclusion : les textes évoquent plus d’une fois l’attirance que les guerriers celtes portaient aux boissons alcoolisées. Cette abondance d’amphores vinaires ne s’explique pas si le site était Bibracte et la population, des civils, druides et notables, davantage portés à la tempérance et surtout, à la conservation des contenants.
III - Les monnaies.

La méthode qui consiste à tracer des cercles de répartition des types de monnaie centré sur la capitale de la cité ne manque pas d’intérêt. Encore faut-il ne pas se tromper de capitale. Encore aurait-il fallu, dans le cas du pays éduen, commencer par tracer le cercle autour de la ville commerciale qu’était Chalon-Sur-Saône. S’il avait agi ainsi, M. Colbert-de-Beaulieu aurait attribué les monnaies de Togirix et de Caledetu aux Eduens et non aux Séquanes et il aurait peut-être compris que les monnaies mises au jour au mont Beuvray demandaient une autre explication.
L’exemple d’Alésia nous enseigne, en effet, que les pertes de monnaies sont beaucoup plus importantes dans une bataille de siège que dans la vie de tous les jours, surtout quand la ville est prise et les habitants massacrés. Gorgobina ayant été assiégée deux fois et prise au moins une fois d’après les Commentaires, il faut en tenir compte. En revanche, aucun texte ne dit que Bibracte ait été prise d’assaut et on ne voit pas pour quelles raisons les habitants auraient enterré leurs monnaies. Et il y a aussi les offrandes de monnaies faites au mont Beuvray en tant que site mystique qui faussent les statistiques (dépôt de la fontaine Saint-Pierre).
Enfin, on est bien obligé de constater que les zones de répartition de la monnaie courante, les potins, ne s’inscrivent pas dans les cercles de M. Colbert-de-Beaulieu, mais s’étirent le long des grands couloirs de pénétration que sont, en particulier, les fleuves (revue Gallia n°52). N’aurions-nous pas là une intéressante illustration d’un effort de colonisation/civilisation à faciès monétaire qui aurait succédé, tout en s’étalant dans le temps, à un effort de conquête ? les potins à la grosse tête succédant à un effort de conquête depuis Bibracte (Mont-Saint-Vincent) en direction des sources du Danube, en passant par la trouée des lacs suisses, et non depuis un mont Beuvray beaucoup trop excentré ?
IV - Le murus gallicus

Trabes derectae perpetuae in longitudinem paribus intervallis distantes inter se binos pedes in solo conlocatur doit se traduire ainsi : on place sur le sol de grandes poutres droites mises bout à bout dans la longueur. Entre (deux lignes de) poutres, il y a des intervalles égaux de deux pieds, ce qui correspond à une épaisseur de mur de 60 cm augmentée de la largeur de deux poutres, soit environ 1m20. Ensuite, après avoir relié, l’une à l’autre, les deux lignes de poutres à l’intérieur du mur, on bourre (entre elles) du tout venant. Les intervalles dont nous venons de parler sont remplis en façade de grosses pierres (voir renvoi). Ces grosses pierres ayant été bien disposées et cimentées, on ajoute au-dessus un autre rang. On fait attention de garder cet intervalle et de pas faire se rapprocher les poutres. C’est ainsi que ces poutres disposées à égale distance l’une de l’autre sont solidement maintenues par les ( rangées de) pierres. On continue ainsi l’ouvrage jusqu’à la hauteur du mur qui convient. Par son aspect et sa variété, cet ouvrage n’est pas laid du fait de l’alternance des poutres et des (rangées de) pierres dont les rangs offrent à la vue des lignes droites. En outre, il est très utile et très approprié pour la défense des villes car la pierre le défend contre le feu et le bâti du bélier. En effet, grâce à ses longues poutres (mises bout à bout) qui se continuent, cet assemblage lié de l’intérieur sur des longueurs de plus de quarante pieds (11m,84), ne peut être ni rompu, ni disjoint. (DBG XXIII).
Renvoi. Constans qui, en 1926, a (très mal) traduit ce passage n’a pas compris que pour César, un "intervallum" n’était pas qu’une distance en ligne droite mais une portion d’espace dont il nous donne la largeur (l’écartement au sol entre deux poutres auquel il faut ajouter la largeur de celles-ci) mais malheureusement pas la hauteur bien qu’il précise pour éviter tout malentendu : "in fronte". Les 11m,84 correspondent, à mon sens, à la longueur maximum et optimum d’un beau chêne dont on peut tirer une poutre de 30 cm sur 30 sans aubier. Au XVII ème siècle, on montait encore les murs de château ainsi à l’exception du chainage en bois. Ces murs faisaient facilement un mètre de large. Ils comportaient deux parois de pierres consolidées au mortier de chaux entre lesquelles on bourrait un tout-venant de pierres et de terre plus ou moins chaulé.

Je me doute que cela va m’attirer encore quelques sarcasmes, mais quand je regarde aujourd’hui les grandes murailles de Bourges, du Mans, ou d’autres anciennes capitales gauloises, je ne peux m’empêcher d’imaginer à la place des longs bandeaux de briques rouge les longues poutres disparues des anciens murs gaulois. Mais je ne sais pas si ce sont des remplacements de poutres pourries ou la continuation d’un style.http://www.athle.com/upload/ssites/0010 ... rasins.jpg
Le mont Beuvray est un site stratégique dont le sol ne peut que nous révéler les tribulations d’un site stratégique de cette époque et, en aucun cas, l’évolution normale d’une grande cité gauloise. En effet, écrit Vincent Guichard, l’actuel directeur du Centre archéologique européen de Bibracte, le développement d’une ville à cet endroit... défie apparemment toute logique (revue Gallia n° 55). http://bibracte.com/mon_histoire_de... . Quant à moi, je préfère, et de beaucoup, le modèle de Besançon http://www.agoravox.fr/tribune-libr....
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Re: Les Gaulois, nos ancêtres. Qui étaient-ils vraiment ?
Lattara, comptoir gaulois méditerranéen entre Etrusques, Grecs et Romains

Ce livre est d’abord l’histoire d’une ville portuaire antique, établie au bord d’une lagune et d’un fleuve méditerranéens qui lui donnèrent son nom : Lattara, à Lattes, près de Montpellier.
Au moment de sa fondation, cinq siècles avant notre ère, elle accueille des négociants étrusques, venus pour développer le commerce du vin avec la Gaule méridionale. Cette présence est de courte durée car, quelques années après, ce sont les Grecs de Massalia (Marseille) qui contrôlent le comptoir, dont la population reste néanmoins majoritairement indigène. Ces relations privilégiées durent jusqu’à la conquête romaine et marquent profondément la vie et l’économie des Lattarenses, dont la civilisation traditionnelle est métissée d’influences helléniques dans de nombreux domaines.
La chute de Marseille devant les armées de César, en 49 av. J.-C., change la donne et provoque une incontestable accélération du processus de romanisation. Cependant, à partir du règne d’Auguste (27 av. J.-C.-14 apr. J.-.C.), Lattara, incluse dans la cité de la colonie de Nîmes, perd son autonomie politique tout en conservant un rôle économique notable à travers l’activité de son port. Cette histoire parcourue, on aurait pu s’arrêter là.
Mais l’on aurait négligé ce que l’archéologie actuelle apporte de plus nouveau à la connaissance de l’habitat et de la vie des gens de la Protohistoire et du début de la période gallo-romaine, grâce à des techniques plus précises, à l’ouverture de la recherche à de nombreuses disciplines connexes, à la diversification des questionnements tant sur le terrain qu’au laboratoire. Faute de textes et de contacts directs avec ces populations, une ethnologie des Lattarenses restait évidemment impossible.
Mais une ethnographie peut être esquissée dans les domaines où une documentation matérielle était peu ou prou conservée, modifiant sensiblement la vision quelque peu mythique des Gaulois que nous ont inculquée la tradition, l’école et certaines bandes dessinées. Car ces Gaulois-là, surtout dans le Midi, encore plus sur les rivages de la Méditerranée, ne ressemblent ni à ce l’on en pensait naguère, ni vraiment aux autres habitants de la Gaule : leur parcours, leurs contacts avec les grandes civilisations méditerranéennes, leur milieu de vie aussi leur ont conféré très tôt une certaine originalité dont l’étude vient enrichir et diversifier notre vision de cette époque-clé de notre histoire, celle-là même où s’apprirent les principes de la vie moderne.
http://blog.passion-histoire.net/

Ce livre est d’abord l’histoire d’une ville portuaire antique, établie au bord d’une lagune et d’un fleuve méditerranéens qui lui donnèrent son nom : Lattara, à Lattes, près de Montpellier.
Au moment de sa fondation, cinq siècles avant notre ère, elle accueille des négociants étrusques, venus pour développer le commerce du vin avec la Gaule méridionale. Cette présence est de courte durée car, quelques années après, ce sont les Grecs de Massalia (Marseille) qui contrôlent le comptoir, dont la population reste néanmoins majoritairement indigène. Ces relations privilégiées durent jusqu’à la conquête romaine et marquent profondément la vie et l’économie des Lattarenses, dont la civilisation traditionnelle est métissée d’influences helléniques dans de nombreux domaines.
La chute de Marseille devant les armées de César, en 49 av. J.-C., change la donne et provoque une incontestable accélération du processus de romanisation. Cependant, à partir du règne d’Auguste (27 av. J.-C.-14 apr. J.-.C.), Lattara, incluse dans la cité de la colonie de Nîmes, perd son autonomie politique tout en conservant un rôle économique notable à travers l’activité de son port. Cette histoire parcourue, on aurait pu s’arrêter là.
Mais l’on aurait négligé ce que l’archéologie actuelle apporte de plus nouveau à la connaissance de l’habitat et de la vie des gens de la Protohistoire et du début de la période gallo-romaine, grâce à des techniques plus précises, à l’ouverture de la recherche à de nombreuses disciplines connexes, à la diversification des questionnements tant sur le terrain qu’au laboratoire. Faute de textes et de contacts directs avec ces populations, une ethnologie des Lattarenses restait évidemment impossible.
Mais une ethnographie peut être esquissée dans les domaines où une documentation matérielle était peu ou prou conservée, modifiant sensiblement la vision quelque peu mythique des Gaulois que nous ont inculquée la tradition, l’école et certaines bandes dessinées. Car ces Gaulois-là, surtout dans le Midi, encore plus sur les rivages de la Méditerranée, ne ressemblent ni à ce l’on en pensait naguère, ni vraiment aux autres habitants de la Gaule : leur parcours, leurs contacts avec les grandes civilisations méditerranéennes, leur milieu de vie aussi leur ont conféré très tôt une certaine originalité dont l’étude vient enrichir et diversifier notre vision de cette époque-clé de notre histoire, celle-là même où s’apprirent les principes de la vie moderne.
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Re: Les Gaulois, nos ancêtres. Qui étaient-ils vraiment ?
A mon avis les gaulois sont les ancêtres de moins de 10% d'entre vous.
Re: Les Gaulois, nos ancêtres. Qui étaient-ils vraiment ?
leaderone a écrit :A mon avis les gaulois sont les ancêtres de moins de 10% d'entre vous.
Ce n'est que ton avis, et si tu savais à quel point il nous intéresse!
Errare humanum est, perseverare diabolicum.
"Ce qui doit tomber, il ne faut pas le retenir. Il faut encore le pousser." Nietzsche
"Le problème de la plupart des gens n'est pas qu'ils se fixent des objectifs trop hauts,
c'est qu'ils se fixent des objectifs trop bas et qu'ils les atteignent." Léonard de Vinci
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Re: Les Gaulois, nos ancêtres. Qui étaient-ils vraiment ?
c'est ton problème aussi t'es toujours dans la moquerie et jamais dans l'argumentation.
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Re: Les Gaulois, nos ancêtres. Qui étaient-ils vraiment ?
leaderone a écrit :c'est ton problème aussi t'es toujours dans la moquerie et jamais dans l'argumentation.
et toi tu descends des gaulois ? ou sinon de qui d'autre ? des berbères ?
Re: Les Gaulois, nos ancêtres. Qui étaient-ils vraiment ?
d'un soldat de guillaume II, d'un macédonien et d'un italien, et c'est une force.
Re: Les Gaulois, nos ancêtres. Qui étaient-ils vraiment ?
leaderone a écrit :c'est ton problème aussi t'es toujours dans la moquerie et jamais dans l'argumentation.
Comment pourrais-je argumenter avec un type qui ne fait que répéter ce qu'on lui a dit sans jamais se demander si ce n'est pas faux?
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Re: Les Gaulois, nos ancêtres. Qui étaient-ils vraiment ?
leaderone a écrit :A mon avis les gaulois sont les ancêtres de moins de 10% d'entre vous.
Il est bien ce commentaire, mais il ne concerne que l'intitulé. Vu la quantité de matière à commenter, j'en attendais un peu plus, laideron !
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Re: Les Gaulois, nos ancêtres. Qui étaient-ils vraiment ?
LA FEMME GAULOISE (CELTE)
La femme celte n'était ni effacée ni passive, elle ne jouait pas un rôle secondaire, comme à Rome ou en Grèce. Cet aspect des choses est inhérent à la nature de la culture celtique, dans la spiritualité qui servait jadis de ciment à celle-ci, le principe divin supérieur n'était pas masculin mais bien féminin. Les Celtes avaient un grand respect de la femme qu'ils ont toujours considérée comme un être moralement supérieur, tandis que les Germains et les Romains en ont fait un être hypocrite et mensonger.
La femme gauloise jouit d'un statut particulier, exceptionnel même si on le compare à celui de la femme romaine dont la dépendance à l'égard du mari est non seulement morale mais aussi économique. La Gauloise, au contraire, dispose d'une certaine indépendance financière et assume une part de son destin à la mort de son mari. Ce privilège, qu'il faut malgré tout relativiser, a un prix : cette place dans la société et dans l'économie de la maison a été acquise par des générations de femmes qui, d'une manière générale, ont travaillé plus que les hommes. Strabon présente cette évidence comme un topos, un lieu commun qui caractérise les civilisations barbares : « Le fait qu'entre les hommes et les femmes les travaux sont distribués à l'inverse de ce qu'ils sont chez nous (c'est-à-dire en Grèce et à Rome) est commun à beaucoup d'autres peuples parmi les barbares. » Mais Poseidonios qui, le premier, donne cette information, l'accompagne d'exemples qui confirment cependant sa profonde réalité. Lui-même, lorsqu'il était hébergé chez un riche propriétaire terrien, a vu des femmes travailler aux champs (d. Naissance, ch. 5). Mais surtout sa description générale de la société gauloise met particulièrement en évidence la répartition générale des activités. Aux hommes sont réservés la guerre, son entraînement, l'équitation, la chasse, les pratiques cultuelles, l'exercice de la politique, du droit et de l'éducation, certains métiers artisanaux (les métiers du feu et des métaux entre autres). Aux femmes reviennent la plupart des tâches domestiques, c'est-à-dire une bonne part des travaux des champs, la gestion des troupeaux, la réalisation de certains types d'objets, tels que la céramique, les vêtements, peut-être la cordonnerie, la bourrellerie, la tabletterie. Le travail à la maison et à la cuisine était considérable du point de vue du temps passé et de l'énergie déployée.
C'était vrai avant tout pour moudre les céréales, tâche qui pouvait occuper plusieurs heures. Cela exigeait un soin particulier, car la présence de résidus d'abrasion de la pierre dans la farine provoquait une usure accrue des dents.
Des moulins comme on en connait dans de nombreuses cités celtes facilitaient le travail en comparaison de l'antique pilon.
La place de l'homme et de la femme dans la société gauloise des cinq derniers siècles précédant notre ère est le résultat tardif d'une situation plus ancienne, au cours de laquelle une grande partie de la population mâle était occupée à la guerre, obligeant les femmes à subvenir à tous les autres besoins.
Par opposition aux Romains qui voyaient dans la femme une reproductrice et un objet de plaisir, les druides associaient les femmes à la vie politique et religieuse de leurs peuples.
La femme gauloise jouissait d'une situation qui la mettait au même rang que son marri.
On comprend mieux dès lors l'étonnant contrat de mariage dont César, toujours d'après Poseidonios, expose les modalités : « Les hommes, quand ils se marient, mettent en communauté une part de leurs biens, équivalant, après qu'en a été faite l'estimation, à la somme d'argent apportée en dot par les femmes. On fait de ce capital un compte unique, et les intérêts en sont mis de côté ; le conjoint survivant reçoit l'une et l'autre part, avec les revenus accumulés. » Le juriste du IIIè siècle Ulpien, précise qu'en plus de sa dot, la femme possède « ce que les Gaulois appellent pécule ». Cette gestion de leurs biens illustre mieux que tout autre exemple l'égalité de l'homme et de la femme qui existe dans le domaine de l'économie (au sens grec du terme, c'est-à-dire celui de la bonne marche de la maison), César a beau ajouter, à la suite, que l'homme a droit de vie et de mort sur sa femme et ses enfants, on voit bien qu'il s'agit d'une formule rhétorique qui renvoie, par comparaison, au droit romain : le Gaulois comme le Romain est le pater familias, il a l'autorité sur tous les membres de la famille. César ajoute que, lorsqu'un chef de famille meurt de façon anormale, on soumet sa femme à la question jusqu'à ce qu'elle avoue son crime. Celle qui est reconnue coupable est jetée au feu. Cette pratique parait fort archaïque et n'a probablement plus aucune réalité dans les décennies qui précèdent la conquête. A contrario, elle témoigne qu'en des temps anciens les femmes avaient déjà suffisamment de pouvoir pour tenter d'empoisonner leur mari et de prendre leur place.
Le rôle de l'épouse gauloise est encore renforcé par celui que joue le mariage lui-même dans les relations entre les grandes familles patriciennes ou riches, dans les accords politiques voire diplomatiques entre les États, Le cas de Dumnorix est à cet égard révélateur (cf. Mariage, ch, 5). Les femmes comme les enfants sont les meilleurs instruments des unions à longue distance entre les peuples, ils sont également leur meilleure garantie de pérennité.
Le divorce était très facile chez les Celtes, d'abord parce que le mariage n'avait pas un caractère sacré et obligatoire. C'était un contrat, soumis à des clauses, les clauses n'étant plus respectées, le contrat devenait caduque. Acte essentiellement contractuel, social, mais non pas religieux, acte reposant sur la liberté des époux, le mariage celtique apparaît donc comme une sorte d'union libre protégé par les lois, et qu'il est toujours possible de rompre. Dans le divorce celtique, l'homme et la femme sont placés sur un plan de strict égalité.
Enfin, les Celtes ont toujours hésité entre la monogamie et la polygamie, voire même la polyandrie(1).
(1) polyandre,se dit d'une femme ayant plusieurs maris.
Un concubinage ou mariage annuel existait qui ne préjugeait en rien des droits de la femme légitime qui était la seule épouse en titre et qui pouvait se faire aider dans son travail domestique par la ou les concubines de son mari, de toute façon, si le mari passait outre elle pouvait toujours divorcer et de ce fait reprendre son pécule.
D'après Diodore de Sicile (V.32) « chez les Gaulois, les femmes sont presque de la même taille que les hommes, avec lesquels elles rivalisent de courage ».
« l'humeur des Gaulois est querelleuse et arrogante à l'excès. Le premier venu d'entre eux, dans une rixe, va tenir tête à plusieurs étrangers à la fois, sans autre auxiliaire que son épouse, champion bien redoutable encore. Il faut voir ces viragos, les veines du cou gonflées par la rage, balancer leurs bras robustes d'une blancheur de neige et jouer des pieds et des poings, assurant des coups qui semblent partir de la détente d'une catapulte ». Ammien Marcellin (XV.12)
Les épouses d'origine étrangère, représentant dans la cité de leur mari les intérêts du peuple dont elles sont issues, ont nécessairement une position sociale et, pour une certaine part, politique qui les situe presque au niveau des hommes. Elles ne perdent pas toute individualité en se mariant, mais gardent d'étroits contacts avec leur famille qu'elles retrouvent naturellement à la mort de leur mari. Les remariages sont possibles, et dans ce cas la femme peut une nouvelle fois représenter les intérêts de sa famille, comme on le voit faire à la mère de Dumnorix. De telles femmes, réellement puissantes, souvent riches, sont honorées à l'égal de certains hommes. On comprend dès lors l'étonnement de Clément d'Alexandrie qui écrit : « Il y a beaucoup de Celtes pour élever en l'air les litières des femmes et les porter sur leurs épaules. »
D'après Plutarque, les femmes peuvent jouer un rôle imminent dans les assemblées confédérales, celles communes à plusieurs peuples et qui traitent des alliances ou des conflits. La qualité de leur bon jugement et de leur impartialité y est reconnue. C'est pourquoi on leur confie la tâche d'arbitrer entre les deux parties.
Plutarque, dans son traité Des vertus des femmes, donne l'exemple d'une convention passée entre Hannibal et les peuples riverains des Pyrénées qui précise que, si les Gaulois ont des plaintes au sujet des Carthaginois, ils doivent les adresser à leurs généraux qui demeurent en Espagne, mais que les Carthaginois qui ont à se plaindre des Gaulois doivent faire valoir leurs droits auprès de certaines femmes gauloises qui jouent le rôle d'arbitres.
Les auteurs notent chez les Celtes une certaine tendance à la promiscuité : « Elles accordent généralement leur virginité à d'autres et ne considèrent pas ceci comme une disgrâce, mais se sentent plutôt méprisées lorsque quelqu'un refuse leurs faveurs librement offertes. » (Diodore de Sicile Hist 5-32)
Certaines reines avaient des époux qui n'étaient pas rois eux-mêmes.
Au vu des objets et trésors découverts dans la tombe de la princesse de Vix, on mesure le pouvoir qui était le sien dans la société.
Cartimandua, reine des Brigandes de Grande-Bretagne, n'hésite pas à se séparer de son mari pour épouser son écuyer.
Toujours en Grande-Bretagne, la célèbre Boudica conduira un soulèvement contre les Romains.
Patrice Plard
sources :
Keltia n°5
L'Archéologue n°84
La femme celte J.Markale
Les gaulois J.L Brunaux
Les Celtes O Buchsenenschutz
Nos ancêtres les Gaulois J.L Brunaux
Les Celtes Barry Cunliffe
La N.R.H (Vincent Kuta)
La femme celte n'était ni effacée ni passive, elle ne jouait pas un rôle secondaire, comme à Rome ou en Grèce. Cet aspect des choses est inhérent à la nature de la culture celtique, dans la spiritualité qui servait jadis de ciment à celle-ci, le principe divin supérieur n'était pas masculin mais bien féminin. Les Celtes avaient un grand respect de la femme qu'ils ont toujours considérée comme un être moralement supérieur, tandis que les Germains et les Romains en ont fait un être hypocrite et mensonger.
La femme gauloise jouit d'un statut particulier, exceptionnel même si on le compare à celui de la femme romaine dont la dépendance à l'égard du mari est non seulement morale mais aussi économique. La Gauloise, au contraire, dispose d'une certaine indépendance financière et assume une part de son destin à la mort de son mari. Ce privilège, qu'il faut malgré tout relativiser, a un prix : cette place dans la société et dans l'économie de la maison a été acquise par des générations de femmes qui, d'une manière générale, ont travaillé plus que les hommes. Strabon présente cette évidence comme un topos, un lieu commun qui caractérise les civilisations barbares : « Le fait qu'entre les hommes et les femmes les travaux sont distribués à l'inverse de ce qu'ils sont chez nous (c'est-à-dire en Grèce et à Rome) est commun à beaucoup d'autres peuples parmi les barbares. » Mais Poseidonios qui, le premier, donne cette information, l'accompagne d'exemples qui confirment cependant sa profonde réalité. Lui-même, lorsqu'il était hébergé chez un riche propriétaire terrien, a vu des femmes travailler aux champs (d. Naissance, ch. 5). Mais surtout sa description générale de la société gauloise met particulièrement en évidence la répartition générale des activités. Aux hommes sont réservés la guerre, son entraînement, l'équitation, la chasse, les pratiques cultuelles, l'exercice de la politique, du droit et de l'éducation, certains métiers artisanaux (les métiers du feu et des métaux entre autres). Aux femmes reviennent la plupart des tâches domestiques, c'est-à-dire une bonne part des travaux des champs, la gestion des troupeaux, la réalisation de certains types d'objets, tels que la céramique, les vêtements, peut-être la cordonnerie, la bourrellerie, la tabletterie. Le travail à la maison et à la cuisine était considérable du point de vue du temps passé et de l'énergie déployée.
C'était vrai avant tout pour moudre les céréales, tâche qui pouvait occuper plusieurs heures. Cela exigeait un soin particulier, car la présence de résidus d'abrasion de la pierre dans la farine provoquait une usure accrue des dents.
Des moulins comme on en connait dans de nombreuses cités celtes facilitaient le travail en comparaison de l'antique pilon.
La place de l'homme et de la femme dans la société gauloise des cinq derniers siècles précédant notre ère est le résultat tardif d'une situation plus ancienne, au cours de laquelle une grande partie de la population mâle était occupée à la guerre, obligeant les femmes à subvenir à tous les autres besoins.
Par opposition aux Romains qui voyaient dans la femme une reproductrice et un objet de plaisir, les druides associaient les femmes à la vie politique et religieuse de leurs peuples.
La femme gauloise jouissait d'une situation qui la mettait au même rang que son marri.
On comprend mieux dès lors l'étonnant contrat de mariage dont César, toujours d'après Poseidonios, expose les modalités : « Les hommes, quand ils se marient, mettent en communauté une part de leurs biens, équivalant, après qu'en a été faite l'estimation, à la somme d'argent apportée en dot par les femmes. On fait de ce capital un compte unique, et les intérêts en sont mis de côté ; le conjoint survivant reçoit l'une et l'autre part, avec les revenus accumulés. » Le juriste du IIIè siècle Ulpien, précise qu'en plus de sa dot, la femme possède « ce que les Gaulois appellent pécule ». Cette gestion de leurs biens illustre mieux que tout autre exemple l'égalité de l'homme et de la femme qui existe dans le domaine de l'économie (au sens grec du terme, c'est-à-dire celui de la bonne marche de la maison), César a beau ajouter, à la suite, que l'homme a droit de vie et de mort sur sa femme et ses enfants, on voit bien qu'il s'agit d'une formule rhétorique qui renvoie, par comparaison, au droit romain : le Gaulois comme le Romain est le pater familias, il a l'autorité sur tous les membres de la famille. César ajoute que, lorsqu'un chef de famille meurt de façon anormale, on soumet sa femme à la question jusqu'à ce qu'elle avoue son crime. Celle qui est reconnue coupable est jetée au feu. Cette pratique parait fort archaïque et n'a probablement plus aucune réalité dans les décennies qui précèdent la conquête. A contrario, elle témoigne qu'en des temps anciens les femmes avaient déjà suffisamment de pouvoir pour tenter d'empoisonner leur mari et de prendre leur place.
Le rôle de l'épouse gauloise est encore renforcé par celui que joue le mariage lui-même dans les relations entre les grandes familles patriciennes ou riches, dans les accords politiques voire diplomatiques entre les États, Le cas de Dumnorix est à cet égard révélateur (cf. Mariage, ch, 5). Les femmes comme les enfants sont les meilleurs instruments des unions à longue distance entre les peuples, ils sont également leur meilleure garantie de pérennité.
Le divorce était très facile chez les Celtes, d'abord parce que le mariage n'avait pas un caractère sacré et obligatoire. C'était un contrat, soumis à des clauses, les clauses n'étant plus respectées, le contrat devenait caduque. Acte essentiellement contractuel, social, mais non pas religieux, acte reposant sur la liberté des époux, le mariage celtique apparaît donc comme une sorte d'union libre protégé par les lois, et qu'il est toujours possible de rompre. Dans le divorce celtique, l'homme et la femme sont placés sur un plan de strict égalité.
Enfin, les Celtes ont toujours hésité entre la monogamie et la polygamie, voire même la polyandrie(1).
(1) polyandre,se dit d'une femme ayant plusieurs maris.
Un concubinage ou mariage annuel existait qui ne préjugeait en rien des droits de la femme légitime qui était la seule épouse en titre et qui pouvait se faire aider dans son travail domestique par la ou les concubines de son mari, de toute façon, si le mari passait outre elle pouvait toujours divorcer et de ce fait reprendre son pécule.
D'après Diodore de Sicile (V.32) « chez les Gaulois, les femmes sont presque de la même taille que les hommes, avec lesquels elles rivalisent de courage ».
« l'humeur des Gaulois est querelleuse et arrogante à l'excès. Le premier venu d'entre eux, dans une rixe, va tenir tête à plusieurs étrangers à la fois, sans autre auxiliaire que son épouse, champion bien redoutable encore. Il faut voir ces viragos, les veines du cou gonflées par la rage, balancer leurs bras robustes d'une blancheur de neige et jouer des pieds et des poings, assurant des coups qui semblent partir de la détente d'une catapulte ». Ammien Marcellin (XV.12)
Les épouses d'origine étrangère, représentant dans la cité de leur mari les intérêts du peuple dont elles sont issues, ont nécessairement une position sociale et, pour une certaine part, politique qui les situe presque au niveau des hommes. Elles ne perdent pas toute individualité en se mariant, mais gardent d'étroits contacts avec leur famille qu'elles retrouvent naturellement à la mort de leur mari. Les remariages sont possibles, et dans ce cas la femme peut une nouvelle fois représenter les intérêts de sa famille, comme on le voit faire à la mère de Dumnorix. De telles femmes, réellement puissantes, souvent riches, sont honorées à l'égal de certains hommes. On comprend dès lors l'étonnement de Clément d'Alexandrie qui écrit : « Il y a beaucoup de Celtes pour élever en l'air les litières des femmes et les porter sur leurs épaules. »
D'après Plutarque, les femmes peuvent jouer un rôle imminent dans les assemblées confédérales, celles communes à plusieurs peuples et qui traitent des alliances ou des conflits. La qualité de leur bon jugement et de leur impartialité y est reconnue. C'est pourquoi on leur confie la tâche d'arbitrer entre les deux parties.
Plutarque, dans son traité Des vertus des femmes, donne l'exemple d'une convention passée entre Hannibal et les peuples riverains des Pyrénées qui précise que, si les Gaulois ont des plaintes au sujet des Carthaginois, ils doivent les adresser à leurs généraux qui demeurent en Espagne, mais que les Carthaginois qui ont à se plaindre des Gaulois doivent faire valoir leurs droits auprès de certaines femmes gauloises qui jouent le rôle d'arbitres.
Les auteurs notent chez les Celtes une certaine tendance à la promiscuité : « Elles accordent généralement leur virginité à d'autres et ne considèrent pas ceci comme une disgrâce, mais se sentent plutôt méprisées lorsque quelqu'un refuse leurs faveurs librement offertes. » (Diodore de Sicile Hist 5-32)
Certaines reines avaient des époux qui n'étaient pas rois eux-mêmes.
Au vu des objets et trésors découverts dans la tombe de la princesse de Vix, on mesure le pouvoir qui était le sien dans la société.
Cartimandua, reine des Brigandes de Grande-Bretagne, n'hésite pas à se séparer de son mari pour épouser son écuyer.
Toujours en Grande-Bretagne, la célèbre Boudica conduira un soulèvement contre les Romains.
Patrice Plard
sources :
Keltia n°5
L'Archéologue n°84
La femme celte J.Markale
Les gaulois J.L Brunaux
Les Celtes O Buchsenenschutz
Nos ancêtres les Gaulois J.L Brunaux
Les Celtes Barry Cunliffe
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