Un Livre noir sur une période rouge: la Révolution française

Ici la culture et l'histoire sont à l'honneur
Avatar de l’utilisateur
Prodeo
Décédé
Messages : 9209
Inscription : 25/03/2006 - 8:52
Localisation : La Défense - Royaume de France
Contact :

Réflexions sur la Révolution de France

Messagepar Prodeo » 06/09/2006 - 1:41

.
Ci-dessous l'analyse de l'ouvrage d'Edmond Burke, trouvée sur le forum la Cité Catholique (avec l'autorisation de son auteur) - Cette analyse me semble si lumineuse et l'ouvrage de Burke tellement prémonitoire que je m'en voudrais de vous en priver.

Fiche de lecture :
Réflexions sur la Révolution de France (Edmund Burke)


L'auteur

Edmund Burke, député whig (libéral) au Parlement britannique depuis 1765, a rédigé les Réflexions sur la Révolution de France pour répondre à une lettre écrite le 4 novembre 1789 par un de ses correspondants français, Charles-Jean-François Depont, conseiller au Parlement de Paris, lui demandant son opinion sur les évènements survenus en France. Burke mena des recherches approfondies sur le sujet avant de publier en novembre 1790 ces Réflexions qui conservèrent la forme épistolaire. Cette décision prise par Burke de publier sa réponse trouve son explication dans la volonté de l’auteur de donner la réplique à un arrêté de la Société des Amis de la Révolution appelant à propager en Angleterre les principes révolutionnaires de l’Assemblée nationale française.
Dans son ouvrage, Burke s’emploie à distinguer la « bonne » révolution, la « glorious revolution » qui a eu lieu en Angleterre en 1688, de la « mauvaise » révolution, la révolution française de 1789. Cette attaque de la révolution française s’effectue en trois temps : Burke commence tout d’abord par opposer les droits des Anglais aux faux « droits de l’homme » proclamés le 26 août 1789 (I) ; Burke entreprend ensuite de réhabiliter « l’esprit de noblesse » et de « l’esprit de religion » face au rationalisme et à l’athéisme ambiants (II) ; enfin, dans un troisième temps, Burke explique pourquoi le régime mis en place par les révolutionnaires n’a aucune chance de s’établir dans la durée (III).


I/ Faux et vrais « droits de l’homme »

Burke commence par récuser les arguments tenus par la Société des Amis de la Révolution tendant à mettre sur le même plan les révolutions anglaise de 1688 et française de 1789. La Déclaration des Droits de 1688, loin de greffer des nouveautés sur l’héritage des lois fondamentales du royaume, n’a selon Burke fait que réaffirmer des libertés antiques (déjà en vigueur en 1215, lors de la rédaction de la Magna Carta), qui avaient été violées par Jacques II. Les Français auraient pu, en suivant l’exemple de leurs voisins outre-Manche, se fonder sur l’organisation traditionnelle des états généraux pour assurer la défense de leurs libertés, mais ils ont préféré agir comme s’il fallait tout refaire à neuf. Cette subversion des institutions du pays tient selon Burke, qui estime que la représentation d’un pays doit « faire place au talent aussi bien qu’à la propriété » (qui sont le propre d’une aristocratie ouverte), à la composition de l’Assemblée nationale, principalement composée d’hommes d’extraction modeste (obscurs praticiens du droit, vicaires de village), qui n’ont pas suffisamment d’expérience des affaires publiques. Or c’est bien l’expérience qui à ses yeux constitue le critère par lequel on reconnaît les personnes aptes à gouverner.

Le gouvernement des hommes n’est en effet « pas établi en vertu de droits naturels qui peuvent exister (…) indépendamment de lui », mais « pour pourvoir aux besoins des hommes ». Le premier besoin auquel il est appelé à pourvoir est le besoin de sécurité, qui implique de contrecarrer les passions humaines (individuelles ou de masse). Burke critique ici la conception rousseauiste qui veut faire reconnaître au peuple un droit à une part de pouvoir dans la conduite des affaires de l’Etat, alors que selon Burke les seuls véritables « droits de l’homme » sont les droits sociaux ou civils (droit à la justice, droit aux fruits de son industrie, droit à la transmission de l’héritage, droit à l’instruction, etc.), qui ont été développés, non par la loi et la codification, mais par la coutume et la jurisprudence.
La Constitution d’un Etat ne peut par conséquent se fonder sur des principes métaphysiques abstraits tels que ceux dégagés par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, car la science de composer un Etat est une science expérimentale, qui « ne s’apprend pas a priori » et qui « exige une connaissance profonde de la nature et des besoins des hommes ».

En réalité, les principes proclamés en 1789, en plus d’être abstraits, sont un leurre aux yeux de Burke. En effet, les « droits de l’homme » pompeusement proclamés peuvent se retrouver violés du jour au lendemain : ainsi, en dépossédant le clergé et la noblesse de leurs droits, on subvertit la propriété sous toutes ses formes ; l’introduction du suffrage censitaire à degrés, quant à lui, « détruit l’égalité » figurant pourtant comme un des principes phares de la Déclaration ; enfin, derrière la parodie d’un pouvoir délibératif des représentants du peuple, c’est la tyrannie d’une minorité agissante qui s’exerce, celle des clubs et des cafés parisiens.


II/ « Le malheur de ce siècle est que chaque chose est mise en discussion »

Evoquant la figure jadis glorieuse et aujourd’hui outragée (en particulier lors du retour forcé de la famille royale à Paris, le 6 octobre 1789) de la reine Marie-Antoinette, Burke observe avec tristesse le déclin de « l’esprit féodal et chevaleresque de loyauté » qui était parvenu, sans recourir à la violence, « à plier l’autorité rigide aux règles de l’élégance » et à inventer des « plaisantes fictions qui allégeaient l’autorité et assouplissaient l’obéissance ». Dès lors que les voiles de la décence sont brutalement arrachés, « les lois n’auront plus d’autre gardien que la terreur qu’elles inspirent ».

Burke voit dans ce bouleversement l’œuvre d’une « cabale philosophique » (Burke incrimine en particulier les écrits de Voltaire, de Rousseau et d’Helvétius) qui aurait pour postulats un rationalisme abstrait et la volonté de détruire la religion chrétienne. Or les vieux préjugés et l’esprit de religion sont nécessaires à la société civile : le préjugé parce qu’il « fait de la vertu une habitude » (un tel éloge du préjugé avait déjà été effectué en 1774 par Herder dans Une autre philosophie de l’histoire), la religion parce qu’« une religion liée à l’Etat et qui rappelle le citoyen à ses devoirs est encore plus nécessaire là où les citoyens sont libres ». A l’appui de l’accusation lancée contre le « parti littéraire », Burke donne en exemple la mise à disposition de l’Etat des biens du clergé, qui aurait été selon lui le résultat d’une coalition entre « gens d’argent et gens de lettres ». En effet, cette nationalisation, qui n’a rien rapporté à l’Etat mais a amplement profité à la bourgeoisie d’argent qui s’est enrichie en rachetant à crédit les biens ecclésiastiques (gagés sur une monnaie-papier sans aucune valeur, les assignats), a surtout réduit à néant la marge de manœuvre de l’Eglise, comblant ainsi les vœux de la « cabale philosophique ». Comme l’écrit Burke, « le service de l’Etat n’était qu’un prétexte pour détruire l’Eglise » .


III/ « Il faudra que le sang coule »

Selon Burke, il sera impossible d’assurer la cohésion du système mis en place crée car ce système repose sur des méthodes plus que douteuses :

:arrow: La nationalisation des biens du clergé et l’introduction des assignats, loin de permettre le rétablissement des finances publiques, vont surtout favoriser l’émergence d’une « vile oligarchie » bâtie sur les ruines de l’Eglise ; le peuple, quant à lui, sera appauvri par l’inflation qui ne manquera pas de résulter de la dépréciation rapide de cette nouvelle monnaie qui ne dispose d’aucun crédit sur les places financières, ce qui risque d’entraîner de nouvelles émeutes.
:arrow: Burke observe que les grands législateurs de l’Antiquité, en organisant les citoyens en classes tenant compte des aptitudes de chacun, avaient posé une puissante barrière contre les excès du despotisme. En supprimant les hiérarchies traditionnelles et en les remplaçant par des corps politiques crées de toute pièce selon une division géométrique (départements, cantons…en réalité beaucoup moins dépourvus de cohésion que ne le pensait Burke puisqu’ils ont survécu à toutes les réformes institutionnelles des 216 dernières années !), les révolutionnaires français réduisent les hommes à être des jetons et mettent les régions du royaume hors d’état de contrebalancer la suprématie de la ville de Paris, devenue le foyer de la spéculation financière sur les assignats. Cette politique visant à détruire « tous les vestiges qui pourraient rappeler à la nation défaite sa condition d’avant la conquête, sa religion, ses lois, ses mœurs » pourrait mener tout droit vers une guerre civile ou un nouveau despotisme.
:arrow: La nouvelle organisation institutionnelle va être source de discordes, voire de crises politiques graves: l’Assemblée nationale, toute-puissante, ne considère plus Louis XVI que comme un exécutant ayant cessé d’être la source de toute justice (un « roi déchu » selon Burke) et fait défense à ses ministres d’être élus comme représentants du peuple, rendant ainsi difficiles voire conflictuelles les relations entre exécutif et législatif.
Cette Assemblée, qui ne dispose d’aucun contre-pouvoir (la création d’une seconde Chambre ayant été rejetée par les Constituants), risque d’autant plus de se laisser entraîner par les factions parisiennes que seuls des députés novices pourront y siéger (les Constituants étant exclus de la législature à venir).
La justice pourrait également se retrouver prisonnière de cet esprit de faction avec la suppression des anciens Parlements, dont les magistrats voyaient leur indépendance garantie par le système de la vénalité des charges, et leur remplacement par des juges électifs, temporaires, locaux.
:arrow: Enfin, au sein de l’armée, l’abolition des titres de noblesse et la progression de l’idée d’égalité vont entraîner un relâchement de la discipline ; gagnée par l’insubordination sans que l’Assemblée privée de toute légitimité ni le roi réduit à l’impuissance ne puissent lui imposer leur autorité, elle pourrait se rallier à un homme fort .


Conclusion

On ne peut qu’admirer Burke pour la clairvoyance avec laquelle il a annoncé ce que l’historien François Furet appelait le « dérapage » de la Révolution française : la crise de régime de 1791/1792 née du déséquilibre dans les rapports entre exécutif et législatif, la pénurie de 1792 causée par la dépréciation des assignats, la Terreur et la révolte de la province contre Paris (l’insurrection « fédéraliste ») en 1793 et l’arrivée au pouvoir d’un général populaire (avec le coup d’Etat du général Bonaparte le 18 brumaire an VIII) étaient déjà entrevues dans ces Réflexions qui datent de 1790. L’œuvre de Burke développe par ailleurs des idées (la critique du rationalisme et une tendance au mysticisme) qui annoncent en partie les grands thèmes développés par les conservateurs allemands (Hegel, Novalis) et les contre-révolutionnaires français (De Maistre, Bonald) au XIXème siècle.
_
Image
« Vae caecis ducentibus, vae caecis sequentibus !
[Malheur aux aveugles qui mènent ! Malheur aux aveugles qui suivent !] » Saint Augustin.
« On sait par quelle fatalité les grands talents sont, pour l’ordinaire, plus rivaux qu’amis ; ils croissent et brillent séparés, de peur de se faire ombrage : les moutons s’attroupent, et les lions s’isolent. » Comte A. de Rivarol.

DuG
Membre d'honneur
Messages : 6541
Inscription : 02/05/2006 - 16:09
Localisation : Pas avec le gouvernement actuel ...

Messagepar DuG » 07/09/2006 - 6:07

Merci Prodeo,
Une analyse faite il y à 200 ans et pourtant très actuelle.
Les Droits de l’Homme n'ont pas amené que du bon dans notre société, surtout chez nous, nous pouvons considérer que c’est un carcan, dont on use et abuse.
Aujourd’hui nous mangeons du « Droits de l’Homme » à toutes les sauces, même « nos amis » qui arrivent d’Afrique ne connaissent que ces deux mots « Droits de l’Homme » pour bien profiter du système.

----------------------
J'aime bien aussi cette phrase:

« l’esprit féodal et chevaleresque de loyauté »

Où en est aujourd'hui notre pauvre FRANCE de ces principes chevaleresques qui ont fait notre grandeur.

-------------------------

Les principes chevaleresques d'aujourd'hui....

Image
Je m'éloigne de ton sujet, je sais.

Avatar de l’utilisateur
thomas
Membre
Messages : 565
Inscription : 03/04/2006 - 13:29

Messagepar thomas » 07/09/2006 - 20:54

Merci pour cette lecture Prodeo .
Il est vrai que les droits de l'homme ne sont qu'un grand mensonge , car innapliqué dans la réalité concrète .
De plus , meme si volonté il y avait , ces écrits restent innaplicables .
Les masses ne pourront jamais avoir le pouvoir , à moins de former une assemblé composée de tous les français sans exeption , ce qui est pure chimère .
Il y aura donc toujours des gouvernants et des gouvernés , c'est un fait .
Donc la souveraineté "populaire" n'est qu'un mensonge et une utopie .
La seule légitimité d'un pouvoir est celui du droit divin , car réalisable et concret .
De plus , un roi assure la stabilité d'un pays , et peut donc concevoir des projets à long terme , contrairement à des députés ou présidents qui changent toutes les X années .
La grandeur d'un pays se fait dans le temps , et non pendant la durée d'un mandat .
La geuse , instable de part ses lois , ne pourra donc jamais apporter la grandeur à notre patrie , contrairement à la royauté .
Si un homme n'est pas pret à se battre pour ses idées , soit ses idées ne valent rien , soit c'est l'homme qui ne vaut rien .

Image ... Image

Avatar de l’utilisateur
Eniotnar
Membre d'honneur
Messages : 5039
Inscription : 25/03/2006 - 10:38
Localisation : Suresnes
Contact :

Messagepar Eniotnar » 25/09/2006 - 14:31

thomas a écrit :Merci pour cette lecture Prodeo .
Il est vrai que les droits de l'homme ne sont qu'un grand mensonge car innapliqués dans la réalité concrète .
Donc la souveraineté "populaire" n'est qu'un mensonge et une utopie.
La seule légitimité d'un pouvoir est celui du droit divin, car réalisable et concret.
De plus, un roi assure la stabilité d'un pays, et peut donc concevoir des projets à long terme, contrairement à des députés ou présidents qui changent toutes les X années.
La grandeur d'un pays se fait dans le temps, et non pendant la durée d'un mandat.
La gueuse, instable de part ses lois, ne pourra donc jamais apporter la grandeur à notre patrie, contrairement à la royauté .


Non seulement la gueuse est instable, mais elle est séparatrice et non unificatrice. Elle est l'équivalent de ce qu'est le toc par rapport aux métaux nobles.
Prodeo, merci de ta réponse. Elle répond au post de Thomas relative à l'immoralité de la démocratie.
Et pour rebondir à la tiédeur de Cristal-15 pour aller voter, nombreux sont les royalistes qui ne sont jamais allés aux urnes, et pour cause : la république régicide et totalitaire a supprimé leur régime.
Donc, ils ont le droit de râler et de s'abstenir de participer à ce qu'ils nomment une "mascarade". 15 siècles de construction du royaume de France qui partent en fumée en moins de 3 siècles : à vous de juger !

Jean-Marie est vraiment le dernier homme de parole, de constance et d'espérance dans ce brouillard.

Extrait d'un forum royaliste :
"On se rappellera le jugement du Prince Sixte-Henri de Bourbon Parme :
"Le Front National reste le parti qui incarne le mieux les idées les plus
proches des valeurs que nous défendons
"...
Alors s'en doute faudra-t-il voter Lepen pour voter utile, mais ce ne sera plus, et pour la première fois, de gaîté de coeur !..."
http://www.theatrum-belli.com/
"Quand le doigt montre la lune l'imbécile regarde le doigt"
Image. Les forçats du gosier : écouter . Le Petit Chaperon rouge : écouter

Avatar de l’utilisateur
Eniotnar
Membre d'honneur
Messages : 5039
Inscription : 25/03/2006 - 10:38
Localisation : Suresnes
Contact :

Messagepar Eniotnar » 26/09/2006 - 0:30

Ochlocratie

L' Ochlocratie (en grec : οχλοκρατια, en latin : ochlocratia) est une forme de gouvernement dans lequel la masse a tous les pouvoirs et peut imposer tous ses désirs.
C'est, dans la théorie de l'anacyclose, formulée par l'historien grec Polybe (admise par Cicéron dans le De Republica, et reprise par Machiavel), le pire de tous les régimes politiques.
C'est le stade ultime de la dégénerescence du pouvoir. Polybe décrit un cycle qui fait basculer la monarchie dans la tyrannie, à laquelle fait suite l'aristocratie qui se dégrade en oligarchie, puis de nouveau la démocratie entend remédier à l'oligarchie, mais sombre dans le pire des régimes qui est l'ochlocratie, où il ne reste plus qu'à attendre l'homme providentiel qui reconduira à la monarchie.
En 1584, l'écrivain anglais John Stockwood décrit l'ochlocratie comme un état dans lequel les personnes grossières décident de toute chose d'après leur propre intérêt.

En 1791, le philosophe écossais James Mackintosh (1765-1832) considère, dans son Vindiciæ Gallicæ, que « l'autorité d'une populace corrompue et tumultueuse doit plutôt être considérée comme une ochlocratie qu'une démocratie, comme le despotisme de la cohue, et non le gouvernement du peuple ».
http://www.theatrum-belli.com/
"Quand le doigt montre la lune l'imbécile regarde le doigt"
Image. Les forçats du gosier : écouter . Le Petit Chaperon rouge : écouter

Avatar de l’utilisateur
Prodeo
Décédé
Messages : 9209
Inscription : 25/03/2006 - 8:52
Localisation : La Défense - Royaume de France
Contact :

Messagepar Prodeo » 07/10/2006 - 5:35

.
Pour ceux qui veulent approfondir quelques aspects de l'histoire de France, de la politique et de grands textes :

http://vexilla-regis.com/textevr/0PRINCIPALE.htm


:wink:

:arrow:
_
Image

« Vae caecis ducentibus, vae caecis sequentibus !

[Malheur aux aveugles qui mènent ! Malheur aux aveugles qui suivent !] » Saint Augustin.

« On sait par quelle fatalité les grands talents sont, pour l’ordinaire, plus rivaux qu’amis ; ils croissent et brillent séparés, de peur de se faire ombrage : les moutons s’attroupent, et les lions s’isolent. » Comte A. de Rivarol.

Avatar de l’utilisateur
Prodeo
Décédé
Messages : 9209
Inscription : 25/03/2006 - 8:52
Localisation : La Défense - Royaume de France
Contact :

Messagepar Prodeo » 09/06/2007 - 0:24

.
Chère Eniotnar,

Tu as bien fait d'attirer notre attention sur ce topic que j'avais oublié.

En effet, il vient renforcer notre interrogation sur l'opposition qu'il y a entre la morale chrétienne s'opposant à l'areligiosité de la politique actuelle sans foi ni loi naturelle :
http://www.forumpatriote.com/phpBB2/vie ... 385#224385

Tout cela prouve que le problème ne date pas d'aujourd'hui. Il ne nous apparaissait pas évident car il était noyé dans un fatras d'informations inutiles.

Plus que jamais, il va nous falloir aller à l'essentiel.

:wink:
_
Image

« Vae caecis ducentibus, vae caecis sequentibus !

[Malheur aux aveugles qui mènent ! Malheur aux aveugles qui suivent !] » Saint Augustin.

« On sait par quelle fatalité les grands talents sont, pour l’ordinaire, plus rivaux qu’amis ; ils croissent et brillent séparés, de peur de se faire ombrage : les moutons s’attroupent, et les lions s’isolent. » Comte A. de Rivarol.

Avatar de l’utilisateur
Eniotnar
Membre d'honneur
Messages : 5039
Inscription : 25/03/2006 - 10:38
Localisation : Suresnes
Contact :

Messagepar Eniotnar » 09/06/2007 - 12:38

Prodeo a écrit :.
Chère Eniotnar,

Tu as bien fait d'attirer notre attention sur ce topic que j'avais oublié.
En effet, il vient renforcer notre interrogation sur l'opposition qu'il y a entre la morale chrétienne s'opposant à l'areligiosité de la politique actuelle sans foi ni loi naturelle :
http://www.forumpatriote.com/phpBB2/vie ... 385#224385
Tout cela prouve que le problème ne date pas d'aujourd'hui. Il ne nous apparaissait pas évident car il était noyé dans un fatras d'informations inutiles.
Plus que jamais, il va nous falloir aller à l'essentiel.
:wink: _


Cher Prodeo,
PDF, pour qui le parcourt avec une saine curiosité, est un monument de références de toutes natures. Nous n'y oeuvrons pas en vain depuis 2005 ! :wink: et il est toujours bon d'y rechercher des échanges constructifs plutôt que d'y passer son temps à la répétition.

Maintenant, je profite de ce topic pour informer celles et ceux que cela pourrait intéresser que se tiendra :

Le jeudi 14 juin 2007 :
3, rue Antoine Bourdelle, Paris XVème
A 19h45 précises

Une conférence de Jean Foyer (membre de l'Institut) et Pierre Cosme (Professeur à l'université Panthéon-Sorbonne)

Thèmes abordés :

- la législation royale et le droit canonique (Jean Foyer)
- les transformations de l'état romain de Marc Aurèle à Constantin (Pierre Cosme)

Cordialement,
Eniotnar
http://www.theatrum-belli.com/
"Quand le doigt montre la lune l'imbécile regarde le doigt"
Image. Les forçats du gosier : écouter . Le Petit Chaperon rouge : écouter

Avatar de l’utilisateur
Prodeo
Décédé
Messages : 9209
Inscription : 25/03/2006 - 8:52
Localisation : La Défense - Royaume de France
Contact :

Messagepar Prodeo » 09/06/2007 - 14:41

.
Merci pour ce rendez-vous, chère Eniotnar.

Je ne le manquerai sous aucun prétexte.

:reine:
_
Image

« Vae caecis ducentibus, vae caecis sequentibus !

[Malheur aux aveugles qui mènent ! Malheur aux aveugles qui suivent !] » Saint Augustin.

« On sait par quelle fatalité les grands talents sont, pour l’ordinaire, plus rivaux qu’amis ; ils croissent et brillent séparés, de peur de se faire ombrage : les moutons s’attroupent, et les lions s’isolent. » Comte A. de Rivarol.

Avatar de l’utilisateur
Pat
Administrateur délégué
Messages : 25476
Inscription : 03/12/2006 - 23:46
Localisation : Les Alleuds dans le 49
Contact :

Un Livre noir sur une période rouge: la Révolution française

Messagepar Pat » 07/10/2008 - 21:15

Il y eut un (remarquable) Livre noir du communisme rédigé sous la direction de Stéphane Courtois. Il y a maintenant un Livre noir de la Révolution française. La logique historique eût préféré que le second précédât le premier puisque l'on sait que Lénine s'inspira de la répression contre la Vendée pour ses méfaits en Russie. Mais l'idée de Livre noir étant excellente, elle a inspiré ce second ouvrage et c'est tant mieux.
NÉGATIONNISME ?
Ce livre a suscité polémique et mépris chez l'adversaire, qui n'hésite pas à crier au "négationnisme" bien que d'impeccables démocrates comme Jean Tulard, Emmanuel Le Roy Ladurie ou Mickaël Bar-Zvi y aient apporté leur contribution. Il a donc touché juste. Le mythe de la bienfaisante révolution prend sa claque. Le si consensuel René Rémond qui déclarait dans Les Droites en France : « Les réformes sociales de 1789 et le gouvernement parlementaire, bon gré mal gré, c'est là ce qu'on appelle une civilisation », avait tout faux. Nous le savions mais ce livre à plusieurs plumes mesurées, historiques et littéraires, le redit avec des arguments-massues pris dans les faits, les déclarations, les bilans des morts et des exils. Ce fut même le contraire d'une civilisation c'est-à-dire le retour à la barbarie. Paul Augustin d'Orcan cite Nietzsche : « Il est des rêveurs politiques et sociaux qui dépensent du feu et de l'éloquence à réclamer un bouleversement de tous les ordres, dans la croyance qu'aussitôt le plus superbe temple d'une telle humanité s'élèverait, pour ainsi dire, de lui-même. Malheureusement, on sait par des expériences historiques que tout bouleversement de ce genre ressuscite à nouveau les énergies les plus sauvages, les horreurs et les excès des âges reculés : que par conséquent un bouleversement peut bien être une source de force dans une humanité exténuée, mais ne peut jamais servir d'ordonnateur, d'architecte, d'artiste, de perfecteur de la nature humaine. » C'est plutôt une époque qui, « de viols d'innocentes en cannibalisme, d'ambulantes expositions de bustes sanguinolents en brandissement de gonades, exprime au nom des "droits de l'homme" les instincts les plus immondes. »
Une première partie présente les faits comme l'excellente étude sur le massacre du 10-Août par notre ami Ghislain de Diesbach. Texte particulièrement douloureux car il relate l'effroyable faiblesse de Louis XVI désarmant ses Suisses et livrant aux sauvages cette unité d'élite justement présente pour le protéger et dans laquelle on trouve bien sûr deux Diesbach, Hubert et Romain. Quand les descendants de ces victimes demandèrent en 1992 une messe à Notre-Dame de Paris, cela leur fut refusé. Elle eut lieu aux Invalides. Il ne fallait pas fâcher les thuriféraires de la révolution. Encore une lâcheté qui se paiera un jour car toutes les lâchetés se paient.
Autres études : celle de Jean de Viguerie sur la persécution antireligieuse, celle pleine d'humour de Pierre Chaunu sur la sécularisation des biens d'Eglise citant Jean de Viguerie ; « C'est à Talleyrand, sans honneur et sans vergogne, qu'appartient la honte d'avoir proposé le 10 octobre que, pour se donner les moyens de faire face à ses créanciers, l'Etat s'appropriât l'énorme richesse constituée par les biens du clergé. Ce qui implique, pour que l'opération soit rentable, que l'on vole, au profit des créanciers privilégiés, éventuellement pousse-au-crime des villes, Dieu, les enfants, les pauvres et les malades. »
DÉSHONORER L'ADVERSAIRE
Mais quel habillage juridique allait-on trouver pour justifier l'abolition du droit de propriété que les députés venaient de déclarer inviolable et sacré ? Tout rapprochement avec d'autres vols, maquillés en droits, à d'autres périodes révolutionnaires, comme en 1944-45, est permis et même conseillé. La même hypocrisie masque les mêmes appétits. Le droit révolutionnaire est abordé parfaitement par Xavier Martin. Un prêtre signe un article profond sur « Liberté, Egalité, Fraternité » ou l'impossibilité d'être fils si l'on ne se reconnaît plus de père puisqu'on l'a exécuté sur terre comme au ciel. Dû à Tancrède Josseran, un article sur la Royale, anéantie en pleine gloire et suprématie, rappelle avec justesse - et beaucoup d'humour là - aussi - que la démocratie révolutionnaire à bord des navires les mène sur les récifs ou à la défaite. « Cet esprit de corps, cet élitisme insupportable heurtaient de front les principes égalitaires de 1789. La Révolution va s'acharner à détruire, niveler, araser par tous les moyens. Les marins détonnaient par leur genre de vie, leurs habitudes, leur code de l'honneur. Ils formaient un univers bien à part en marge de la société. Les idées abstraites ne pouvaient que dérouter les gens de mer habitués à penser et agir en fonction de réalités bien concrètes. Car jusqu'à nouvel ordre les éléments déchaînés ne plient que rarement face à l'idéologie. »
Le sac des bibliothèques donne aussi un éclairage très signifiant sur l'époque. Sous la monarchie, le clergé, les aristocrates, quelques bourgeois ont des bibliothèques immenses couvrant tous les sujets. Il y a certes un enfer mais les livres existent. A la Révolution, ces bibliothèques sont volées et tout ce qui ne correspond pas à la doxa est brûlé, comme dans tout bon régime totalitaire qui se respecte.
Dans un article remarquable, Reynald Secher insiste sur le mémoricide des guerres de Vendée et cite une lettre rédigée par sept conventionnels désespérés de la tournure des événements en faveur des Blancs et qui indique le tactique à appliquer à tout prix pour gagner : « Il faut tout sacrifier pour mettre l'opinion de notre côté. Il faut supposer que les chefs insurgés ont voulu rompre le traité, se créer princes des départements qu'ils occupent ; que ces chefs ont des intelligences avec les Anglais ; qu'ils veulent leur offrir la côte, piller la ville de Nantes et s'embarquer avec le fruit de leurs rapines. » Tout cela est faux mais qu'importe, il s'agit de discréditer, de déshonorer l'adversaire. Encore un procédé qui fera école en d'autres temps.
La seconde partie offre des portraits d'écrivains peu enclins à admirer cette période, notre patron Antoine de Rivarol, Joseph de Maistre, Balzac, Maurras, Bernanos, Péguy ... D'inégale valeur, certains auteurs ayant des prudences révélatrices. Et la troisième partie, une anthologie de documents d'archives, apporte des richesses implacables.
Il faut remercier le Père Renaud Escande d'avoir fait ce livre et peut-être lui suggérer un second tome tant le sujet est vaste ... et contemporain. Il faut aussi éditer ce Livre noir en livre de poche afin que chaque jeune de France connaisse enfin la vérité.
Un autre ouvrage complète parfaitement ce Livre noir, la dernière étude du Dr Minh Dung Louis Nghiem intitulée Cannibalisme révolutionnaire. Ce médecin connaît bien les révolutions contemporaines. Etudiant à Paris, il n'avait pu rentrer chez lui au Vietnam, anéanti par les Rouges. Après une carrière médicale intense, il se consacre à l'étude du cerveau et aux dommages qu'une certaine musique fait subir au cerveau des jeunes qu'elle met en transes et réduit à l'état primitif. Elargissant ses recherches, il se rend compte que les révolutionnaires vivent les mêmes transes, abolissant tous les tabous de la civilisation. Ainsi le délicat Carrier peut-il dire lors de son procès : « Dans le département où j'ai donné la chasse aux prêtres, jamais je n'ai tant ri, éprouvé de plaisir qu'en leur voyant faire leurs grimaces en mourant. »
Et le charmant Marat de déclarer pour sa part : « Quand un homme manque de tout, il a le droit d'arracher à un autre le superflu dont il regorge. »
Le Dr Nghiem voit la révolution comme un immense défoulement qui ramène l'homme à l'état de mauvais sauvage. Et son diagnostic nous semble assez exact : « La civilisation, construite par l'homme en plusieurs dizaines de siècles, se défait inéluctablement, en passant d'abord par la destruction des lois naturelles de la politique (royauté d'un Fils du Ciel, père du peuple) en 1789 puis des lois naturelles de l'économie, par la victoire du communisme, en 1917. Enfin des lois naturelles des mœurs en mai 1968 avec l'exaltation du sexe par la victoire des doctrines psychanalytiques. Toutes ces péripéties ont permis à l'homme de se dénuder progressivement des constructions de ses ancêtres. Et bientôt déchirant le dernier "blue-jean ", il ne nous restera que des "strings" et des étuis péniens. » Et l'on pourra tranquillement revenir à l'état de nature en s'ensauvageant, mais sans devenir pour autant de Bons Sauvages.
Anne Brassié Rivarol du 13 juin 2008
Le Livre noir de la révolution française. Editions du Cerf. 882 pages, 44 €. Cannibalisme révolutionnaire par L. Nghiem. Editions de Paris. 160 pages, 15 €.
Image
Que les hommes d'arme bataillent et que Dieu donne la victoire! (Jeanne d'Arc) Patriotiquement votre.

Avatar de l’utilisateur
MD12
Membre d'honneur
Messages : 5672
Inscription : 13/08/2007 - 6:39
Contact :

Re: Un Livre noir sur une période rouge

Messagepar MD12 » 08/10/2008 - 13:59

Pat a écrit :« Les réformes sociales de 1789 et le gouvernement parlementaire, bon gré mal gré, c'est là ce qu'on appelle une civilisation »


Si 1789 est une "civilisation", je suis contre cette "civilisation". Aussi, je suis contre un gouvernement parlementaire et "des droits de l'homme". Je préfère le Moyen-Age, l'Inquisition et la Féodalité.

Kevin
"Les racines de l'apostasie moderne réside dans l'athéisme scientifique, le matérialisme dialectique, rationalisme, illuminisme, la laïcité et la franc-maçonnerie, qui est la mère de tous." - Pape Pie XII -

Avatar de l’utilisateur
Pat
Administrateur délégué
Messages : 25476
Inscription : 03/12/2006 - 23:46
Localisation : Les Alleuds dans le 49
Contact :

Re: Un Livre noir sur une période rouge

Messagepar Pat » 11/10/2008 - 17:47

Image
Septembre 1792 : Une République née dans le sang
Le 10 août 1792 a été un moment décisif dans le déroulement de la Révolution, qui a « fait brusquement basculer la Révolution du monde des robins dans celui des sans-culottes » (Jean Tulard). Le début de la Terreur a été marqué par le massacre des Suisses et des gentilshommes, chevaliers de Saint-Louis, gardant les Tuileries. La Commune insurrectionnelle, sous la pression des sections de quartiers regroupant agitateurs et démagogues, impose la déchéance du roi et l'enfermement au Temple de la famille royale.
Un vent de folie souffle sur Paris : le bruit court que les armées autrichiennes et prussiennes envahissant le pays ont des complices dans la capitale. Et tout spécialement là où se trouvent concentrés des ennemis de la Révolution : dans les prisons (Abbaye, Conciergerie, Châtelet, Grande Force et Petite Force, Bicêtre) où s'entassent trois mille détenus dont le tiers, arrêté après le 10 août, est constitué d'aristocrates, prêtres réfractaires, soldats suisses des Tuileries ayant survécu au massacre (plus quelques prisonniers de droit commun). Des comploteurs royalistes vont, dit-on, libérer et armer ces prisonniers ... Danton le proclame le 25 août : « Vous avez des traîtres dans votre sein. » Fréron, futur organisateur de massacres à Marseille et Toulon, écrit dans L'orateur du peuple : « Les prisons regorgent de scélérats, il est urgent d'en délivrer la société sur-le-champ.» Quant à Marat, ses appels au meurtre sont clairs : « Le parti le plus sûr et le plus sage est de se porter en armes à l'Abbaye, d'en arracher les traîtres, particulièrement les officiers suisses et de les passer au fil de l'épée. »
De si judicieux conseils ne tombent pas dans l'oreille de sourds. Le 2 septembre, tandis que sonne le tocsin, « plusieurs centaines d'égorgeurs envahissent les prisons et se mettent à massacrer les prisonniers de manière le plus souvent sadique et atroce » (Histoire et dictionnaire de la Révolution française, Robert Laffont, 1987). Les tueurs touchent 6 francs par jour, avec le vin à discrétion pour entretenir leur zèle révolutionnaire.
La boucherie dure jusqu'au 9 septembre. Il semble y avoir eu 1 392 prisonniers assassinés (les chiffres varient, à quelques dizaines près). Parmi eux, Marie-Thérèse de Savoie-Carignan, princesse de Lamballe, surintendante de la Maison de Marie-Antoinette et confidente de la reine, qu'elle voulut accompagner jusqu'au bout. Incarcérée avec la famille royale au Temple, elle en est tirée pour être enfermée à la prison de la Force. Restif de la Bretonne a décrit son martyre : « Je vis paraître une femme, pâle comme un linge, soutenue par un guichetier. On lui dit d'une voix rude : "Crie vive la nation !" - "Non, non" disait-elle. On la fit monter sur un monceau de cadavres. On lui répéta de crier : "Vive la nation !" Elle refusa dédaigneusement. Alors un tueur la saisit, arracha sa robe et lui ouvrit le ventre. Elle tomba et fut achevée comme les autres. Je voulus fuir, mes jambes faiblirent. Je m'évanouis. Quand je revins à moi, je vis la tête sanglante. On m'a dit qu'on fut la laver, la friser, la mettre au bout d'une pique et la porter sous les croisées du Temple » (pour qu'elle soit vue par Marie-Antoinette ... )
Ces massacres ne furent désavoués par aucun des chefs révolutionnaires. Robespierre ne dit mot, Danton affirma : « Je me fous bien des prisonniers, qu'ils deviennent ce qu'ils pourront ! ». Se souvint-il de ces mots quand vint son tour de monter à la guillotine ? Quant aux administrateurs de la Commune de Paris, parmi lesquels siège Marat, ils envoient dès le 3 septembre une missive à toutes les communes de France pour les inciter à imiter Paris : « La Commune de Paris se hâte d'informer ses frères de tous les départements qu'une partie des conspirateurs féroces détenus dans ses prisons ont été mis à mort par le peuple : actes de justice qui lui ont paru indispensables pour retenir par la terreur les légions de traîtres cachés dans ses murs, au moment où il allait marcher à l'ennemi ; et sans doute la nation entière, après la longue suite de trahisons qui l'ont conduite sur les bords de l'abîme, s'empressera d'adopter ce moyen si nécessaire de salut public ».
Appel entendu à Meaux, Caen, Versailles, Reims, Lyon. Dans cette dernière ville, le 9 septembre, une foule d'hommes, femmes et enfants (!), entraînés par les disciples du chef des agitateurs Chalier (qui fut novice chez les Dominicains), envahissent les prisons de Pierre-Seize, Roanne et St-Joseph et massacrent les officiers du Royal-Pologne et les prêtres réfractaires qui s'y trouvent avant d'aller exhiber dans les rues les têtes coupées plantées au bout des piques.
Le 22 septembre la Convention nouvellement élue put décréter « l'an I de la République ». Une naissance célébrée dans l'odeur du sang des "Septembrisades" .
Pierre VIAL. Rivarol du 26 septembre 2008
Image
Que les hommes d'arme bataillent et que Dieu donne la victoire! (Jeanne d'Arc) Patriotiquement votre.

Avatar de l’utilisateur
Pat
Administrateur délégué
Messages : 25476
Inscription : 03/12/2006 - 23:46
Localisation : Les Alleuds dans le 49
Contact :

Re: Un Livre noir sur une période rouge

Messagepar Pat » 18/10/2008 - 18:31

Lorsque chantait la chouette à l'ombre de nos halliers
Image
Echec du débarquement à Quiberon : 748 émigrés fusillés prés d'Auray
Notre époque a besoin de tam-tam médiatique. Après la célébration du bicentenaire de la Révolution devait obligatoirement venir la réhabilitation de la Vendée, dans un souci de manichéisme « Blancs contre Bleus », qui a polarisé les exploits de ceux que La Varende appelait «les manants du roi» dans le seul cadre de l'armée catholique et royale du sud de la Loire. Il devenait grandement nécessaire d'inscrire la réaction contre-révolutionnaire dans un ensemble plus vaste, et de l'étendre à ce que l'on nomme parfois le Grand Ouest (et qui se confond, hélas, avec la diffusion du quotidien démocrate-chrétien Ouest-France ... ).
Le livre qu'Anne Bernet vient de consacrer aux Grandes heures de la Chouannerie a le double mérite d'être fort bien écrit, avec sensibilité, piquant et parfois humour, et de faire appel à une documentation historique rigoureuse. Ce sont deux qualités qu'il est rare de voir réunies, surtout que l'auteur est encore très jeune et connue par ses critiques littéraires, par ses engagements sans défaillance « pour Dieu et pour le roi » et pour avoir diffusé des cassettes de chansons où elle célèbre à sa manière - texte et musique des chouans que l'on imagine être pour elle des personnages familiers et presque contemporains.
L'idée était bonne de faire tourner ces épisodes de la chouannerie autour d'un département trop mal connu, la Mayenne.
Ne chouanne pas toujours qui l'on croit... Un premier chapitre, au titre prémonitoire: « Ils finiront sur l'échafaud ... », met en scène un certain nombre de personnages appelés à un grand et cruel avenir. Quelques années avant la Révolution, ces hommes se révèlent pittoresques, originaux, non-conformistes, parfois même aux confins de la légalité. Ceux que les Bleus tenteront de déshonorer en les qualifiant de «brigands» n'étaient certes pas des individus de tout repos! Les seigneurs s'étaient parfois singularisés par quelques fredaines et beaucoup de leurs futurs partisans étaient connus comme faux sauniers ou contrebandiers.
Il ne faudrait d'ailleurs pas croire que tous ces insurgés étaient conduits par les nobles de leurs paroisses.
Jambe d'argent
Aussi vit-on s'imposer des chefs surgis du peuple, qui possédaient dans leurs veines, à défaut de sang bleu, l'instinct de la guerre et du commandement. Le plus célèbre est, bien sûr, Jean Cottereau, dit Jean Chouan. Mais le plus méconnu, avant le livre d'Anne Bernet, risquait d'être ce curieux infirme Jean-Louis Tréton, surnommé « Jambe d'argent », extraordinaire chef de guerre, malgré une enfance misérable et un handicap physique qu'il surmontait à force de volonté.
Peu portée à l'indulgence envers certains grands chefs royalistes très décevants, Anne Bernet n'en évoque qu'avec plus de chaleur ceux qui furent, jusqu'à leur mort tragique, dignes du dévouement sans faille de leurs hommes : un Antoine-Philippe de La Trémoille, prince de Talmont, par exemple, prototype du héros surgi de terroirs décidément imperméables à la centralisation jacobine et parisienne.
Infortuné, c'est le qualificatif qui convient à presque tous ces chefs improvisés, mal jugés par les princes en exil, qui leur envoyaient souvent des incapables comme l'équivoque Percheron Puisaye, et montaient des opérations aussi bâclées que le débarquement de Quiberon, en 1795.
Il faut se rendre compte aussi de l'extrême dispersion géographique de ces bandes, aux liaisons incertaines. Ne restons qu'au nord de la Loire. Quoi de plus différents, par la mentalité ou la végétation, que des pays comme le Finistère et la Mayenne, le Morbihan et le pays gallo ? En Normandie, la chouannerie ne toucha vraiment qu'un triangle très limité Avranches-Vire-Alençon, c'est-à-dire fort peu de terrain au-delà du département de l'Orne et du sud de la Manche. Mais à sa tête, on trouvait un chef hors de pair : le brave et lucide Louis de Frotté. Il arriva sans doute trop tard et subit le contrecoup des tentatives de pacification des Républicains, sans doute plus préjudiciables à la chouannerie que les représailles. A ce propos, il faut noter l'objectivité d'Anne Bernet, qui n'hésite pas à montrer à quel point certains chefs des armées révolutionnaires furent généreux et humains. Il faut lire sur ce sujet les belles pages qu'elle consacre à la rencontre de Boishardy et de Humbert, tentant une réconciliation nécessaire et peut-être impossible. Le Blanc et le Bleu se retrouvent pour des pourparlers et jettent au loin leurs armes :
« Une minute, ils restèrent face à face, se demandant peut-être ce qu'ils faisaient là et devinant que la grande simplesse des étripages de la veille était moins terrible que cette rencontre. Il y avait, debout l'un près de l'autre, deux garçons presque du même âge, plus émus qu'ils ne l'auraient avoué et qui savaient, abominable certitude, que, désormais, ils ne pourraient plus jamais se haïr. »
Promenade dans un bocage
Tout le reste participe de cette veine dans ce livre, qu'il n'est guère possible de lire d'un trait, mais qu'il faut prendre le temps de savourer lentement, comme une promenade dans un bocage tout bruissant de fureur, d'orgueil et de foi.
A un texte d'une telle élégance littéraire et d'une telle sûreté historique, il faut déplorer que l'éditeur n'ait pas cru utile d'ajouter, en sus de l'index des noms de lieux, un index des noms de personnes, dont I'absence rend parfois la compréhension difficile, car chacun de ces guerriers possède souvent un nom patronymique, un titre de noblesse, un nom de guerre et plusieurs surnoms ... On déplorera l'absence, tout aussi préjudiciable, de cartes et on regrettera de ne pas retrouver dans un cahier iconographique les traits de personnages auxquels on s'est attaché tout au long de ces récits, qui s'étendent sur près de quatre cents pages et constituent un superbe monument commémoratif en l'honneur d'une fidélité religieuse et dynastique jamais démentie.
Jean MABIRE National Hebdo du 1er au 7 avril 1993
Anne Bernet; Les Grandes heures de la chouannerie, préface de Jean-François Chiappe, 386 pages , Perrin.
Image
Que les hommes d'arme bataillent et que Dieu donne la victoire! (Jeanne d'Arc) Patriotiquement votre.

Avatar de l’utilisateur
Pat
Administrateur délégué
Messages : 25476
Inscription : 03/12/2006 - 23:46
Localisation : Les Alleuds dans le 49
Contact :

Re: Un Livre noir sur une période rouge

Messagepar Pat » 19/11/2008 - 22:04

10 mars : la Vendée en armes
Dans l'après-midi du dimanche 10 mars 1793, le tocsin sonne dans les villages de Vendée. Tout un pays - plus de 7 000 paroisses, réparties sur 10 000 km² - se soulève contre la Convention. Armés de fourches, de bâtons, de vieilles canardières, de croix maniées comme des massues, les insurgés bousculent les représentants honnis du pouvoir parisien : prêtres « jureurs », municipalités aux ordres, receveurs des impôts. Les Vendéens réclament la liberté de conscience et le droit de rester chez eux, ce qui revient à rejeter deux mesures clés du gouvernement révolutionnaire, la constitution civile du clergé et la réquisition de 300 000 hommes pour étoffer les armées de la Révolution. Ainsi commence une guerre atroce.
Pourtant, en 1789, les Vendéens avaient fait bon accueil aux promesses de changement. Les cahiers de doléances avaient été rédigés dans l'allégresse et on y dénonçait - comme partout - les méfaits et les incohérences d'une administration centralisatrice qui, sans détruire d'anciens privilèges, en avait créé de nouveaux, et menait une politique systématique de répression et de pénalisation de toute forme d'initiative locale. Avec les Etat généraux, tout allait certainement changer... En Vendée, comme ailleurs, on voulait s'en persuader.
Mais viennent vite les désillusions et l'amertume. A l'évidence, les nouvelles autorités, murées dans leur dogmatisme doctrinal, se refusent à écouter les populations. Celles-ci sont d'autant plus exaspérées que les impôts passent du simple au double entre 1789 et 1792, sauf bien entendu pour certains malins... dont nombre d'élus municipaux, accusés par les habitants de se prostituer aux pouvoirs publics. Le feu couve et, dès le 21 octobre 1789, un décret a prévu l'application de la loi martiale contre les attroupements.
Le pouvoir central, avec la dernière maladresse, accumule les fautes. La constitution civile du clergé, en 1790, est perçue comme une atteinte aux libertés religieuses. Certaines municipalités, en butte à l'hostilité de la population, adoptent une attitude inquisitoriale pour repérer les perturbateurs et, contre ceux-ci, la délation est érigée en principe universel par la loi du 3 juin 1790, qui exige que les mal-pensants soient dénoncés aux autorités. Le pouvoir a peur : des fouilles domiciliaires, occasion de nombreuses exactions, cherchent à repérer les suspects. L'exaspération monte. Et lorsque, le 10 mars 1793, à Thouaré, le commissaire du district vient réquisitionner des hommes pour les armées de la République, il s'entend répondre : « Puisque nous sommes libres, nous ne voulons nous occuper que de labourer nos champs ». Les Vendéens ne font que prendre au pied de la lettre le texte de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen : « Tout régime restreignant les droits de l'homme est abusif, il faut lui résister ».
Cette résistance va coûter à la Vendée le prix fort, le prix du sang et des larmes : ce qu'un historien, bravant les tabous, a osé, à juste titre, appeler « le génocide français ».
Car la Vendée a subi de plein fouet les conséquences de la profession de foi terroriste de Saint-Just : « il faut gouverner par le fer ceux qui ne peuvent l'être par la justice ». En vouant, par les sabrades, les camps d'extermination, les fours crématoires tout un peuple à l'anéantissement - femmes (en tant que « sillons reproducteurs ») et enfants (comme « futurs brigands ») compris - les colonnes infernales de Turreau ont bien mérité de l'idéologie des droits de l'homme.
✍ Pierre VIAL National Hebdo du 10 16 mars 1994
Pour approfondir : Reynald Secher, Le génocide franco-français. La Vendée- Vengé, PUF, 1986.
Image
Que les hommes d'arme bataillent et que Dieu donne la victoire! (Jeanne d'Arc) Patriotiquement votre.

Avatar de l’utilisateur
Pat
Administrateur délégué
Messages : 25476
Inscription : 03/12/2006 - 23:46
Localisation : Les Alleuds dans le 49
Contact :

Re: Un Livre noir sur une période rouge

Messagepar Pat » 05/12/2008 - 21:41

CHOUAN, EN AVANT ! LE CRI DE LA CHOUETTE
Souvent confondus avec les Vendéens, les Chouans hantent l'œuvre des plus grands romanciers, de Balzac à La Varende. Mais leur histoire dépasse, en grandeur, les meilleures œuvres d'imagination.
C'est ce que démontre, avec un beau talent, Anne Bernet.
Une historienne nous est née. Voilà la bonne nouvelle apportée aux lecteurs des Grandes Heures de la chouannerie. Des lecteurs dont certains, jusqu'alors, appréciaient - et j'en suis - la finesse des analyses littéraires d'Anne Bernet. Sans se douter que le démon de l'Histoire allait, pour notre plus grand bonheur, la saisir. Car c'est bien d'Histoire qu'il s'agit, et de la meilleure : celle qui sait faire revivre avec force les émotions, les enthousiasmes, les passions, les drames d'hommes engagés à la vie à la mort dans un grand combat, tout en peignant avec une claire érudition la toile de fond sur laquelle se déroulent ces tragiques destins.
Terrible paysage : pendant quinze ans, de 1789 à 1804, la France est plongée dans la fureur, les larmes - et le sang, le sang partout, le sang toujours ! Tandis qu'à Paris vont s'échelonner les scènes les plus atroces de notre histoire, les provinces subissent, par contrecoup, les soubresauts de la folie parisienne.
Les terres de l'Ouest vont payer un très lourd tribut. La Vendée bien sûr. Mais aussi l'Anjou, le Maine, la Normandie, la Bretagne. Terres d'élection de la chouannerie, née comme une réaction de survie face à la folie meurtrière des sectateurs de la sainte Égalité, nouvelle religion au culte sanglant desservie par des prêtres fous. À vrai dire, l'Ouest a connu, dans les premiers temps de 1789, la tentation des idées à la mode. Des insensés ont joué avec le feu : certains nobles, amusés par les nouveautés dont se gargarisaient des bavards, ont contribué à saper l'édifice sous les ruines duquel ils devaient se retrouver ensevelis... Et, surtout, il y a ce sacré tempérament breton qu'Anne Bernet croque à merveille en quelques mots : « Les vingt-cinq mille gentilshommes bretons étaient souvent plus gueux que leurs manants et plus à l'aise en sabots qu'en escarpins. Leur orgueil était donc chatouilleux, leur épée prompte à sortir du fourreau et ils regardaient volontiers les initiatives du pouvoir central comme des affronts faits à l'antiquité de leur sang bleu. » Il était donc tentant, en 1789, d'affirmer l'identité bretonne face à Versailles. Mais, très vite, l'aristocratie bretonne a compris que la terrible mécanique enclenchée par les émeutes parisiennes conduisait tout droit au précipice.
Armand de la Rouërie a été de ceux qui n'entendaient pas subir. Ayant gardé de sa participation aux guerres des Amériques le sens de la guérilla, il entreprit d'organiser à travers toute la Bretagne de vastes réseaux destinés à se mobiliser pour défendre la Croix et les Lis. Car la menace se précisait, au fil de 1790, 1791, 1792... D'abord la constitution civile du clergé, peu appréciée dans les provinces de l'Ouest ; puis les humiliations successives infligées au roi et à sa famille ; puis les exigences de plus en plus insupportables de ce pouvoir fou qui siégeait à Paris... Quand on apprit l'assassinat du roi, stupeur et consternation semblèrent assommer l'Ouest, le plonger dans une léthargie comateuse. Il en sortit, rouge de colère, en mars 1793.
Lorsque la République avait fait appel à des volontaires pour meubler les rangs de ses armées, elle n'avait pas eu beaucoup de succès... En décidant la levée en masse, par conscription obligatoire, la Convention mit le feu aux poudres. Rennes, Vannes, Pontivy, La Roche-Bernard : de jeunes citadins trouvent quelques pétoires, les paysans ont des faux emmanchées à rebours, ou tout simplement le bon vieux couteau à tout faire, qui vous saigne proprement un goret. Ou un gabelou, comme le savait bien Jean Cottereau, grand faux-saunier devant l'Éternel et connaissant comme sa poche, grâce à cet art, les confins de Bretagne et du Maine. Et qui avait hérité d'un aïeul le surnom de Chouan (le hululement du chat-huant étant le cri de ralliement, le signal convenu des bandes faisant le trafic, les nuits sans lune, du sel de contrebande).
Au printemps 1793, les foyers d'insurrection se multiplièrent. La République était défiée, ridiculisée le chevalier de Boishardy s'emparait de la berline de poste chargée d'assignats destinés à Paris. L'argent républicain finançait la Contre-Révolution ! À Saint-Paul de Léon, les Bleus entendaient monter des rangs de leurs adversaires de rauques chants issus de la longue mémoire celtique : « Si c'est querelle et bataille qu'ils cherchent, avant qu'il soit jour ils seront satisfaits ! Avant le jour, ils auront querelle et bataille ! Nous le jurons par la mer et la foudre. Nous le jurons par la lune et les astres. Nous le jurons par le ciel et la terre. »
L'habileté diplomatique du général républicain Canclaux désamorça la révolte dans le nord du Finistère. Mais, au printemps 1793, toute la Mayenne vibrait au bruit des coups de main de Jean Chouan et de ses compagnons. Grand rêve : que les gens du Maine puissent tendre la main au Bretons et aux Vendéens, et les jours de la République honnie seraient comptés...
On pouvait y croire : les hommes du prince de Talmont et de Jean Chouan n'ont-ils pas infligé une sévère frottée aux Bleus de Westermann en octobre 1793, à la Croix-Bataille ? Là se sont déployées les qualités manœuvrières de ces chouans dont les longs cheveux se confondaient au poil de chèvre de leur veste, marquée du sacré-cœur et sur laquelle brinquebalait le rosaire aux grains de plomb. Anne Bernet décrit superbement la tactique de ces partisans : « Les Mainiaux avançaient dans les ténèbres comme des chats : vieille habitude des expéditions nocturnes aux buts pas toujours avouables. Aucun caillou ne roulait sous leur pas. Ils marchaient à l'oreille, se guidant sur les commandements braillés par les Bleus, trop sûrs de surprendre les royaux endormis. Pas de chance, citoyens, à cette heure-ci, les chouettes ne dorment pas. » Familiarité avec le terrain, frappe forte et rapide, embuscades à répétition... Lorsque les chouans peuvent mettre en pratique ces principes, ils sont intouchables. Mais, sortis de leurs bois, exposés à une campagne plus classique, ils souffraient durement. L'épuisante longue marche que fut la virée de Galerne, pendant sept semaines du terrible automne 1793, marqua l'échec d'une coalition où Bretons, Angevins, Vendéens étaient censés unir leurs forces, en une grande armée catholique et royale. L'héroïsme de beaucoup ne suffit pas à donner de véritable homogénéité à une troupe aussi farouche que disparate, souffrant des tiraillements et dissensions de l'état-major. Après la terrible épreuve - la fin atroce de l'armée catholique et royale, massacrée dans les marais de Savenay -, Jean Chouan et ses hommes replongèrent dans la clandestinité des sous-bois, où étaient creusées de véritables tanières, abris souterrains surmontés de trappes recouvertes de mousse. Là était leur domaine.
La fin de Jean Chouan fut, comme celle de beaucoup des siens, héroïque. Cerné par les Bleus, il s'exposa sciemment à leurs balles pour détourner leur attention et permettre, ainsi, à sa belle-sœur enceinte de se sauver, Il rendit l'âme en pensant à ses deux jeunes sœurs, Perrine et Renée, guillotinées à l'âge de dix-huit et quinze ans, mortes en criant : « Vive le Roi. Vive mon frère Jean Chouan ! » Jean Chouan fut placé par ses hommes en un refuge secret, creusé dans cette terre pour laquelle il s'était bien et longtemps battu. « Heureux ceux qui sont morts pour quatre coins de terre... » Mais la mort de Jean Chouan ne fut pas celle de la chouannerie. Il laissait un exemple, un modèle. Ils furent suivis. Tandis que sur la guillotine installée à Laval se succédaient, jour après jour, nobles et gueux, hommes et femmes, jeunes et vieux, religieux et laïques, les campagnes de la Mayenne, au printemps 1794, bruissaient aux cris de mille chouettes. Kléber était conscient de l'enracinement de la révolte car il était plutôt moins obtus que la moyenne des généraux républicains : « Ces bandes, disséminées sur un grand espace, mendient ou travaillent le jour, la nuit se livrent au brigandage. Elles forment, pour ainsi dire, toute la population du territoire. Les hommes qui semblent travailler le jour au labourage se réunissent la nuit aux Brigands. »
Les bandes chouannes se groupent autour de chefs improvisés. Certains sont peu expérimentés et du coup l'affaire finit assez mal et assez vite. Mais d'autres sont des solides. Tel ce Jean-Louis Tréton, dit Jambe d'argent à cause d'une terrible claudication, héritée d'une enfance particulièrement misérable. Entouré de gaillards aux noms sonores (« Va-de-bon-cœur », « Brise-Bleus »... ) Jambe d'argent entreprend de se fédérer les groupes de chouans qui s'agitent aux quatre coins de la Mayenne. Rude tâche. Il y parvient de son mieux et crée mille soucis aux Bleus jusqu'en février 1795.
Dans le Morbihan, Georges Cadoudal s'activait. Il fut de ceux qui ne crurent pas aux folles promesses d'une paix «menteuse» - paix envisagée, souhaitée par deux chefs de bonne volonté, le général républicain Humbert et le chef chouan Jérôme de Boishardy. Certes, elle était belle, l'espérance d'une paix enfin revenue, pour panser les blessures et fermer les cruelles cicatrices de la guerre civile. Mais à quel prix ? Reconnaître la République honnie et s'incliner devant elle ? Renoncer à la fidélité jurée aux lis ? Mieux valait mille fois la mort ! Cette mort, le trop crédule Boishardy la trouva, au coin d'un champ, le 17 juin 1795. Lui qu'on avait surnommé le Sorcier, tant il avait de tours et de ruses de guerre dans son sac, ne trouva ce jour-là d'autre issue que de bien mourir.
Cependant le débarquement d'une armée blanche à Quiberon avait fait lever les plus folles espérances. Las ! Hoche, profitant des hésitations des chefs blancs, sut les enfermer dans la presqu'île « comme des rats dans une ratière ». Et puis il vida la ratière et extermina les rats jusqu'au dernier... Des garçons de seize ans aux vieillards octogénaires, tous y passèrent. Jambe d'argent eut, lui, la bonne fortune de mourir les armes à la main, en combattant une fois de plus un parti des Bleus, le 27 octobre 1795. Le boiteux courait plus vite que tout le monde, ce jour-là, pour aller sus à l'ennemi. En tête, tout seul loin devant ses hommes. Belle cible...
Avec de tels exemples, la chouannerie ne pouvait pas mourir. Au point d'enflammer à son tour la sage Normandie, fin 1795. Derrière Louis de Frotté, qui avait pris pour nom de guerre Blondel. Ce Blondel a la qualité des vrais chouans et applique leurs recettes : « Se battre tous les jours ; se dérober plus souvent encore ; surprendre pour ne pas être surpris, et renoncer à la gloire, du moins à celle que peignent les manuels d'Histoire ».
Mais la fatigue finit par gagner les terres chouannes : au printemps 1796, l'Anjou, le Bas-Maine, la Bretagne, la Normandie acceptèrent de cesser le combat. Pour la plus grande gloire du «pacificateur», Lazare Hoche...
Pourtant des insoumis, des indomptables restaient tapis au creux des bois. Les événements leur donnèrent raison : malgré les apaisantes promesses de la République, celle-ci s'évertua à pourchasser et à éliminer, en 1797 et 1798, tout ce qui pouvait ressembler à un chouan. Le 12 juillet 1799, la Loi des Otages autorisait à emprisonner les parents, grands-parents, frères et sœurs des chouans à la place des rebelles en fuite. Et à tirer dans le tas, en cas de « tentative d'évasion » (éternel et commode prétexte des policiers assassins)...
Contre le Directoire agonisant, une nouvelle levée de chouannerie se produisit à l'automne 1799. Cette fois-ci, les Lis allaient revenir ! C'était compter sans un certain général Bonaparte. Celui-ci, en apportant l'apaisement religieux, désarmait moralement bien des combattants de la Croix et des Lis. Jusqu'au bout, cependant, un dernier chouan résista, lutta, courut au-devant de la mort. Il s'appelait Georges Cadoudal. Il reste un symbole pour ceux qui savent que vivre dans la fidélité implique de mourir, quand il le faut, pour la fidélité.
✍ PIERRE VIAL Le Choc du Mois Avril 1993
Anne Bernet, Les grandes heures de la chouannerie, Perrin 375 pages,
Image
Que les hommes d'arme bataillent et que Dieu donne la victoire! (Jeanne d'Arc) Patriotiquement votre.

Avatar de l’utilisateur
Pat
Administrateur délégué
Messages : 25476
Inscription : 03/12/2006 - 23:46
Localisation : Les Alleuds dans le 49
Contact :

Re: Un Livre noir sur une période rouge

Messagepar Pat » 26/12/2008 - 20:18

LE GENOCIDE VENDEEN
La guerre de Vendée et le système de dépopulation
En 1795, s’appuyant sur le procès de Jean-Baptiste Carrier (1), inventeur des « chapelets républicains » de Nantes (des milliers de personnes noyées dans la Loire), Gracchus Babeuf, père du communisme, s’interrogeait benoîtement sur la répression – un véritable génocide, en fait – menée en Vendée. Son livre, Du système de dépopulation, étudie la « politique » menée par les Conventionnels en 1793 et 1794. Une « politique » qui avait pour finalité avouée l’extermination totale de tous les Vendéens. Bleus et Blancs confondus,
En s’attaquant par priorité aux femmes et aux enfants.
Dans la nouvelle édition de ce texte, Reynald Secher, auteur notamment de La Vendée-Vengée : le génocide franco-français (Perrin, 2006), et Stéphane Courtois, à qui l’on doit le monumental Livre noir du communisme (Robert Laffont, 1997), établissent, documents à l’appui, la filiation directe entre l’idéologie de Robespierre et celle de Lénine et de ses héritiers.
C’est à Gracchus Babeuf que l’on doit les termes populicide, plébéicide, nationicide, pour désigner la politique d’extermination des Vendéens votée par la Convention en 1793. Sous sa plume, on relève nombre d’expressions qui soulignent l’ampleur du génocide : « Un si grand amoncelage de crimes », « Immolations féroces de milliers de vos frères », « Des peuplades entières effacées du nombre des vivants », « L‘égorgerie de nos frères », « Le grand hachis », « Tuerie générale », « Exécrations nationicides », « Massacrerie », « Boucherie horrible », « Système pratique d‘égorgement », « Extrême barbarie », « Système de destruction », etc.
Gracchus Babeuf écrit à propos du génocide vendéen : « On n’y croirait pas si nous ne les confirmions par des faits précis et authentiques. » Et aussi : « Il est d’autres faits si étrangement atroces que nous avons glissé rapidement à leur égard parce que l’imagination se refuse presque à les croire, malgré que, par l’analogie, rien ne doive plus paraître incroyable, d’après la certitude des actes forcenés que nous avons été dans la position de décrire. »
« Contemporain des événements, informé de première main grâce aux révélations suscitées par les crimes de Vendée après la chute de Robespierre, Babeuf aurait pu taire ce qui apparaît comme une tache indélébile dans le cours de sa chère révolution », écrit Stéphane Courtois. Il ne l’a pas fait, nous donnant du même coup une analyse implacable de cette préfiguration des génocides modernes. Le génocide vendéen est gros des génocides communistes et nazis. Avec des euphémismes du même ordre. Le représentant révolutionnaire Lequinio évoque « des mesures de rigueur (…) employées sans discernement ». Les nazis parleront de « solution finale ». Les communistes de « mesure punitive la plus élevée ».
Ce livre est un réquisitoire qui dit – et prouve – tout. Nous y reviendrons.
(1) Que d’aucuns, authentiques révisionnistes continuateurs des « buveurs de sang » de 1793, s’appliquent aujourd’hui à réhabiliter !
— Les Editions du Cerf.
ARTICLE D’ALAIN SANDERS DANS LE QUOTIDIEN PRESENT
http://www.libeco.net/magazine.htm
Image
Que les hommes d'arme bataillent et que Dieu donne la victoire! (Jeanne d'Arc) Patriotiquement votre.

Avatar de l’utilisateur
Pat
Administrateur délégué
Messages : 25476
Inscription : 03/12/2006 - 23:46
Localisation : Les Alleuds dans le 49
Contact :

Re: Un Livre noir sur une période rouge: la Révolution française

Messagepar Pat » 30/03/2009 - 23:24

Guerres de Vendée : charniers découverts
Deux fosses renfermant les restes de victimes d’une tuerie survenue pendant les guerres de Vendée en 1793 ont été découvertes par les archéologues dans la ville du Mans, indique aujourd’hui un communiqué de l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives).

La première des deux fosses dégagées dans le secteur appelé Quinconce des Jacobins dans la ville du Mans contenait neuf ou dix individus, certains cadavres portant encore boutons de chemise et de culottes, boucle de bottes ou de guêtres, canif ou chapelet. La seconde fosse, condamnée par une épaisse couche de chaux vive, contenait une vingtaine de corps.

Hormis un enfant et deux adolescents, les sujets inhumés étaient tous des adultes, dont de nombreuses femmes. Les restes portaient les “stigmates osseux d’un véritable acharnement”, à l’arme blanche, fractures de fémurs et de radius, mandibule tranchée, maxillaire coupé, omoplate percée. Un seul impact d’arme à feu a été décelé.

Les restes sont ceux de victimes d’une tuerie survenue les 12 et 13 décembre 1793, pendant la première guerre de Vendée.
http://fr.altermedia.info/
Image
Que les hommes d'arme bataillent et que Dieu donne la victoire! (Jeanne d'Arc) Patriotiquement votre.

Avatar de l’utilisateur
Pat
Administrateur délégué
Messages : 25476
Inscription : 03/12/2006 - 23:46
Localisation : Les Alleuds dans le 49
Contact :

Re: Un Livre noir sur une période rouge: la Révolution française

Messagepar Pat » 14/08/2009 - 23:01

La révolte chouanne en Normandie
Image
De 1793 à 1800, une guerre civile oppose des paysans d’une douzaine de départements de l’Ouest à la République. Ces populations rurales refusent les exigences croissantes de la Révolution de 1789 qui nuisent à leurs intérêts de façons illégitimes. C’est le cas avec la constitution civile du clergé, élaborée sans l’avis du Pape le 12 juillet 1790, dont l’objectif est de réformer l’Eglise en France. Des prêtres réfractaires adhèrent à la contre-révolution et pratiquent un culte clandestin. Les paysans s’interrogent aussi sur les changements sociaux et politiques. Ils ressentent un sentiment d’injustice et dénoncent la Révolution conduite par des bourgeois à leurs avantages. Dès 1791, la Vendée et la Bretagne forment une zone de résistance. Les protestations s’intensifient en 1793 lorsque la Convention décide de lever 300 000 hommes pour les besoins de l’armée. Les notables en sont dispensés pour éviter la désorganisation des administrations. Ce privilège accordé à ceux qui tirent profits du nouveau régime provoque la colère des paysans. L’insurrection éclate et laisse place à une guérilla dans laquelle les chouans (nom venant du cri de la chouette) combattent les partisans de la République et ses soldats : les Bleus. Les Chouans seront victimes d’une terrible répression.
Image
La Chouannerie se met en place en Normandie en 1794. Ce sont d’abords des réactions ponctuelles de jeunes gens qui refusent de répondre aux levées d’hommes. Contraints de vivre cachés, ils agissent en brigands. A la fin de l’année, des bandes dirigées par un chef sont constituées et leurs actions s’amplifient. En 1795, avec le retour du comte Louis de Frotté qui avait émigré après la fuite du roi, ces troupes de Chouans sont véritablement structurées.
Image
Cet audacieux Ornais de 29 ans forme l’Armée Catholique et Royale de Normandie. Le territoire insurgé est réparti en divisions avec des légions. Sur la rive droite de la Seine, il existe une autre armée composée surtout de cadres nobles, confiée par l’Agence Royale de Paris à Malet de Crécy. La révolte se développe grâce à la complicité d’une partie de la population rurale qui protègent, ravitaillent et renseignent les Chouans. Ils se cachent dans des lieux favorables aux embuscades tels les bocages et les bois. Leurs actions armées vont des expéditions punitives contre des adeptes de la république aux attaques de communes et combats contre les Bleus. Après une année de guerre, il reste impossible aux Chouans de contrôler la région. Un accord de pacification est signé le 6 juillet 1796. La première Chouannerie est terminée mais c’est le retour du brigandage comme en 1794.

Parti en Angleterre, Frotté prépare la lutte qu’il veut reprendre. Il confie sur place le commandement au vicomte d’Oilliamson. Les actions des Chouans recommencent en 1798. Dans l’Eure, elles se durcissent en mai 1799 à tel point que l’on nomme le département « le tombeau des républicains ». Frotté revient le 22 septembre 1799 et reprend la direction des opérations sous le nom de « Blondel ». La seconde Chouannerie commence. Le 3 novembre, les Chouans ne pouvant pas repousser les Bleus lors de la bataille de la Fosse, Frotté échoue dans son projet de grande offensive. Une trêve est signée le 17 décembre 1799. Elle est rompue par la légion des Chouans de Picot « le boucher des Bleus », qui attaque les habitants du Sap, le 5 janvier 1800. La Chouannerie est relancée mais la résistance républicaine s’intensifie avec l’arrivée de renforts. Frotté et six compagnons décident de se rendent à Alençon pour négocier une paix. Ils y sont arrêtés le 16 février 1800. Sans défenseurs ni témoins, la commission militaire les condamne à mort. Ils sont fusillés le 18 février pour demeurer fidèle à Dieu et au Roi. Les successeurs de Frotté se soumettent et la seconde Chouannerie se termine même si des brigandages ont encore lieux. Une amnistie est appliquée par le décret 13 août 1800.

Les Chouans se sont méfiés des « grands mots libérateurs » de la Révolution. Ils ont défendu, avec plus de courage et d’honneur que de moyens, leur mode de vie et leur foi. Leur sacrifice est mémorable, tout comme le sens du devoir de leur illustre général : Louis de Frotté.

Vague Normande http://fr.novopress.info
Image
Que les hommes d'arme bataillent et que Dieu donne la victoire! (Jeanne d'Arc) Patriotiquement votre.

Avatar de l’utilisateur
Pat
Administrateur délégué
Messages : 25476
Inscription : 03/12/2006 - 23:46
Localisation : Les Alleuds dans le 49
Contact :

Re: Un Livre noir sur une période rouge: la Révolution française

Messagepar Pat » 14/08/2009 - 23:06

1793, l’année terrible : le 14 août
Image

14 août , tentative des Conventionnels pour amener les Lyonnais à se soulever contre leurs Girondins et leurs chefs royalistes, afin d’éviter les désastres d’une guerre fratricide, la ruine de Lyon, le pillage des propriétés. La philippique contre les royalistes était particulièrement menaçante, car « ils étaient tenus responsables de la rébellion lyonnaise contre la Convention» . Ils conjuraient les Lyonnais de se « débarrasser de leur état d’asservissement à des volontés particulières.» , de rejoindre leurs frères d’armes de la Garde Nationale campés devant leurs murs. « Le temps coule rapidement, ajoutaient-ils, et il n’est plus possible de vous accorder de nouveaux délais» . Les Lyonnais répondirent à Dubois-Crancé et à Gauthier, signataires de l’offre de reddition qui venait de leur être signifiée « qu’ils étaient prêts à s’ensevelir sous les ruines de leur ville pour obtenir justice plutôt que de porter des fers» . Ils accusèrent les Conventionnels de Paris d’arracher des hommes à leurs foyers, à leurs travaux, pour venir égorger leurs frères, accusés de « fauteurs de royalisme» , et détruire une ville « dont le ministère anglais paierait bien chèrement la ruine» . Cette réponse qui ne laissait place à aucune ouverture pour des négociations, si lourde de menaces pour les jours à venir, était signée par Lafont, président d’âge du Comité Général de Salut Public de Lyon, et par Bourrelier, secrétaire. Les dés étaient jetés. Dès que Dubois-Crancé et ses acolytes eurent pris connaissance du refus des Lyonnais à se rendre, le bombardement de Lyon recommença. Les premiers boulets furent tirés du monticule de Montessuy, du plateau de la Croix-Rousse et de la Part-Dieu. L’engrenage était en marche…
Image
Cinq boulets en fonte (deux de 8 kilos et trois de 4) « tombés sur l’Hôtel-Dieu lors du siège de Lyon en 1793
http://fr.novopress.info/
Image
Que les hommes d'arme bataillent et que Dieu donne la victoire! (Jeanne d'Arc) Patriotiquement votre.

Avatar de l’utilisateur
Pat
Administrateur délégué
Messages : 25476
Inscription : 03/12/2006 - 23:46
Localisation : Les Alleuds dans le 49
Contact :

Re: Un Livre noir sur une période rouge: la Révolution française

Messagepar Pat » 08/09/2009 - 11:08

Le dernier livre de Reynald Secher : La désinformation autour des guerres de Vendée et du Génocide vendéen

Image
Reynald Secher lance de nouveau un pavé dans la marre. A l’heure où des députés ont déposé un projet de loi sur la reconnaissance du génocide vendéen, à l’heure où des charniers issus de la bataille du Mans de 1793 ont été mis à jour, Reynald Secher se raconte.

Dans ce dernier livre, il nous conte l’histoire du Mémoricide. Il fait un parallèle entre les origines et ce qu’il a vécu dans sa chaire pour qu’il se taise. Les temps n’ont pas changé. Ce qu’on a voulu cacher fin 1793 avec Robespierre qui inventa la légende de Joseph Bara, petit tambour soit disant massacré par les Vendéens, ou en 1830 avec Louis Philippe et son histoire révisée par Michelet, continuent. En 1985, Reynald Secher avait mis au jour la Vérité et à la façon d’un juriste, donc avec des preuves scientifiques et on a voulu le faire taire : Cambriolage de son appartement, menaces physiques et incendies de ses biens, accusations mensongères, exclusions, perte d’emploi, tout y est passé. Mais Reynald persévèrent, et il a eu raison envers et contre tous.

Aujourd’hui, pour la première fois un historien parle ! Un homme témoigne ce qu’il a vécu pour imposer la Vérité en dépit des Jean Clément Martin qui, lui, a toujours nié l’existence de documents prouvant le génocide vendéen. Ce livre est un brûlot et tant mieux, s’il peut faire reconnaître les crimes commis en Vendée pendant la Révolution Française. « Pour lutter contre la désinformation, faire éclater la vérité, une démarche globale doit être entreprise : livres, bandes dessinées, DVD documentaire, films, internet » explique Reynald qui ajoute « En 10 ans, nous sommes passés de la reconnaissance à l’élaboration d’une loi ».

Certes, une loi sur le Génocide Vendéen pourrait mettre en péril l’image d’une République apportant le bonheur aux Français. Les députés de la République d’aujourd’hui l’auraient-ils compris puisque sous la nouvelle législature, le dossier est enterré.

La désinformation autour des guerres de Vendée et du Génocide vendéen, édition Etoile du Berger, 100 pages 16€.
En vente sur le site de Reynald Secher http://www.reynald-secher-editions.com/ ... -p-65.html

http://nationpresse.info/
Image
Que les hommes d'arme bataillent et que Dieu donne la victoire! (Jeanne d'Arc) Patriotiquement votre.

Avatar de l’utilisateur
Eniotnar
Membre d'honneur
Messages : 5039
Inscription : 25/03/2006 - 10:38
Localisation : Suresnes
Contact :

Re: Un Livre noir sur une période rouge: la Révolution franç

Messagepar Eniotnar » 29/09/2010 - 11:22

Pat a écrit :Il y eut un (remarquable) Livre noir du communisme rédigé sous la direction de Stéphane Courtois. Il y a maintenant un Livre noir de la Révolution française. La logique historique eût préféré que le second précédât le premier puisque l'on sait que Lénine s'inspira de la répression contre la Vendée pour ses méfaits en Russie. Mais l'idée de Livre noir étant excellente, elle a inspiré ce second ouvrage et c'est tant mieux.
Le Livre noir de la révolution française. Editions du Cerf. 882 pages, 44 €.

Je suis plongée dedans : FASCINANT ! :etude:
On comprend mieux pourquoi nous vivons dans un tel marasme aujourd'hui ! :evil:
http://www.theatrum-belli.com/
"Quand le doigt montre la lune l'imbécile regarde le doigt"
Image. Les forçats du gosier : écouter . Le Petit Chaperon rouge : écouter

Avatar de l’utilisateur
Prodeo
Décédé
Messages : 9209
Inscription : 25/03/2006 - 8:52
Localisation : La Défense - Royaume de France
Contact :

Re: Un Livre noir sur une période rouge: la Révolution franç

Messagepar Prodeo » 29/09/2010 - 16:19

.
Oui, un ouvrage remarquable qui balaie bien des idées reçues propagées par de diaboliques idéologues républicains révolutionnaires.

:boundissant:

La vérité qui se fait jour peu à peu est terrifiante. Notamment pour l'histoire de la Vendée.

:( :roi: :reine:
Image

« Vae caecis ducentibus, vae caecis sequentibus !

[Malheur aux aveugles qui mènent ! Malheur aux aveugles qui suivent !] » Saint Augustin.

« On sait par quelle fatalité les grands talents sont, pour l’ordinaire, plus rivaux qu’amis ; ils croissent et brillent séparés, de peur de se faire ombrage : les moutons s’attroupent, et les lions s’isolent. » Comte A. de Rivarol.

Avatar de l’utilisateur
Pat
Administrateur délégué
Messages : 25476
Inscription : 03/12/2006 - 23:46
Localisation : Les Alleuds dans le 49
Contact :

Re: Un Livre noir sur une période rouge: la Révolution française

Messagepar Pat » 30/04/2012 - 19:13

Un prêtre victime de la Révolution en Normandie.

La mémoire française de la Révolution est souvent l'objet de controverses (pas seulement historiques, loin de là...) et les débats autour du génocide vendéen, relancés par la publication du dernier ouvrage de Reynald Sécher, nous le rappellent quotidiennement ! Pourtant, la Révolution n'a pas été un long fleuve tranquille et a charrié dans son lit de nombreux cadavres, de la Corse à la Bretagne, en passant évidemment par Lyon, Avignon ou encore Savenay : si les manuels d'histoire accordent plus d'importance aux grands principes valorisés par la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 qu'à leur effective application (pourtant fort... nuancée !), les populations enracinées restent sensibles aux figures locales qui ont traversé la période, en y laissant parfois leur vie et quelques archives pas toujours accessibles, ou les redécouvrent, dans ce grand mouvement informel de recherche de « la mémoire des siens ».

Ainsi, dimanche 29 avril, la béatification de Pierre-Adrien Toulorge sera-t-elle suivie par 2.000 à 2.500 personnes à Coutances, dans la Manche... Le journal La Croix, dans son édition du 27 avril, raconte son histoire, si révélatrice et exemplaire au regard de la période agitée de la Terreur et des enjeux de sa mémoire souvent contrariée : « Pierre-Adrien Toulorge ou l'histoire d'un paradoxe : il y a quelques mois encore, dans la Manche, bien peu connaissaient la figure de ce prêtre guillotiné en 1793, en pleine Terreur. (...) Comme ses contemporains, il est profondément déstabilisé par la Révolution. Il cherchera d'ailleurs d'abord à fuir son destin sur l'île de Jersey. Pris de remords, il rentre sur le continent, où il prend le maquis et célèbre les sacrements clandestinement avant d'être arrêté. Lors de son procès, il cherche à tromper ses juges, avant de revenir sur sa déposition, réalisant qu'on ne peut sauver sa vie sur un mensonge.

« (...) Marc Beuve, président de l'association des Amis du P. Toulorge, se dit frappé par « la vérité et l'authenticité » du personnage. « Je ne sais pas si j'aurai eu son courage, confesse-t-il. L'accusation n'avait aucune preuve de son exil. Il faut être gonflé pour se laisser conduire à l'échafaud alors qu'un mensonge suffirait à vous sauver la peau. »

Bien sûr, la béatification est d'abord religieuse, mais cela n'empêche pas de réfléchir au contexte du martyre de ce prémontré guillotiné pour le simple fait d'avoir émigré à Jersey : la Terreur, qui est la période la plus triste et violente de cette Première République qui se voulait « libératrice » et, bien sûr, éternelle, a usé et abusé de la guillotine pour s'imposer et imposer sa conception du bien et celle de « l'homme nouveau » qu'elle entendait promouvoir, envers et contre tout, parfois contre (presque) tous !

Certains me rétorqueront que toutes les grandes mutations se font dans une certaine tension qui peut s'avérer homicide, que cela soit la conquête des terres d'Amérique par les conquistadores ou les révolutions industrielles qui entraînèrent la mort de millions d'ouvriers et de mineurs (d'ailleurs au double sens du terme !) pour permettre l'industrialisation des sociétés contemporaines : une tension nécessaire pour accéder à un autre stade de développement humain, dit-on... Mais tension n'est pas toujours intention, me semble-t-il ! Or, dans le cas de la Terreur, l'intention de détruire des hommes mais aussi des communautés entières est, non seulement avérée, mais revendiquée, assumée, expliquée : « la fin justifie les moyens »... Il est une notion de « pureté » dans la logique de la Terreur (qui n'est qu'un moment de la Première République, et qui ne peut être confondue avec l'intégralité de ce régime auquel Napoléon donne un autre sens et un autre aboutissement que ceux avancés par ses premiers promoteurs...), une logique que l'on retrouve, sans doute, dans les paroles de La Marseillaise pourtant écrites avant même l'établissement de la République : « Qu'un sang impur abreuve nos sillons... ». Mais, contrairement à certains contre-révolutionnaires, je ne pense pas que Rouget de Lisle avouait par là-même une intention d'extermination ni même d'épuration humaine... Son chant est d'abord, on l'oublie un peu, un chant destiné à rassurer, à motiver les troupes françaises mais aussi à apeurer les soldats ennemis : les mots utilisés le sont plus de façon théâtrale qu'avec l'intention de mener une extermination froide d'ennemis vaincus ou prisonniers...

Or, la Terreur, elle, n'a pas cette excuse : ce sont bien des hommes vaincus, qu'elle sort de ses geôles pour les juger avec le couperet possible (c'est le cas de le dire !) en jugement dernier. Ce sont des hommes qui, dans le cas de ce prêtre, ne sont pas des combattants mais des opposants ou, pire (car l'intention prêtée à ceux que jugent les tribunaux révolutionnaires est parfois plus importante que les faits eux-mêmes...), des « suspects ».

Durant la Grande Terreur, la simple suspicion suffisait à envoyer à la guillotine ceux que la République accusait d'être des ennemis « par principe »... Pierre-Adrien Toulorge, accusé d'avoir simplement émigré, était coupable, selon le tribunal révolutionnaire, de beaucoup plus que cela : d'être « naturellement » un mauvais citoyen, un ennemi de la République, un « impur » qui devait être retranché de la nouvelle humanité révolutionnaire en étant définitivement tranché...

Aujourd'hui, la mémoire normande comme celle de l'Eglise lui rendent toute sa place dans la communauté, religieuse comme française, et sans chercher à juger ceux qui l'ont condamné : c'est mieux ainsi ! L'histoire ne doit pas être un « champ des vengeurs » après l'avoir été « des martyrs » : mais elle doit permettre de comprendre ce qui a entraîné tant d'horreurs et d'éviter, autant que faire se peut, qu'elles se reproduisent. http://jpchauvin.typepad.fr/
Image
Que les hommes d'arme bataillent et que Dieu donne la victoire! (Jeanne d'Arc) Patriotiquement votre.

Avatar de l’utilisateur
Pat
Administrateur délégué
Messages : 25476
Inscription : 03/12/2006 - 23:46
Localisation : Les Alleuds dans le 49
Contact :

Re: Un Livre noir sur une période rouge: la Révolution française

Messagepar Pat » 14/05/2012 - 16:40

Le professeur Jean Tulard (la Révolution) « Ce fut la revanche des humiliés, pas celle des opprimés »

Jean Tulard est le grand spécialiste de Napoléon. Membre de l’Institut (Académie des Sciences morales et politiques) après avoir été directeur d’études à l’École pratique des hautes études, professeur à l’université de Paris-Sorbonne et à l’Institut d’études politiques de Paris, il est l’auteur d’une cinquantaine d’ouvrages.
Il a collaboré au
Livre noir de la Révolution française à paraître ce lundi aux éditions du Cerf. Ouvrage collectif regroupant les noms des plus grands spécialistes, ce pavé jeté dans la mare de la mémoire nationale fait le bilan des destructions révolutionnaires qui ont pesé et à bien des égards pèsent encore sur les destinées de la France. Il a bien voulu répondre à nos questions.


L’ACTION FRANÇAIS 2000 - Ce Livre noir de la Révolution française paraît presque vingt ans après les célébrations du bicentenaire qui avaient donné lieu à de nombreuses publications. Certains se souviendront du livre de René Sédillot, Le coût de la révolution française, ou encore des ouvrages de Reynald Sécher sur le génocide vendéen. Depuis lors, nous avons vu émerger une querelle autour des travaux de François Furet, puis comme une suite à cela un débat autour du Livre noir du communisme. Que s’est-il passé depuis lors ?
JEAN TULARD - Il faut d’abord remarquer que, paradoxalement, le bicentenaire a donné lieu à un réquisitoire contre la Révolution, y compris pour des gens venus de la gauche comme Furet : la révolution était décrite comme un dérapage, une perte de contrôle qui, si elle n’était pas entièrement condamnable, ne méritait pas une telle commémoration. Après le bicentenaire on a pu constater un tarissement des publications qui abondaient précédemment.

De Robespierre à Lénine

A.F. 2000 - Vous avez évoqué le nom de François Furet. Sur ses traces d’autres historiens ont entamé un véritable examen critique du communisme et partant de sa paléontologie, la Terreur jacobine : le directeur du Livre noir du communisme, Stéphane Courtois a également collaboré à ce Livre noir de la révolution française. Comment envisagez-vous cette collaboration ?
J.T. - Je ne suis pas surpris de voir des personnalités abusées par l’idéologie communiste, qui ont commencé leurs recherches sur le communisme les poursuivre par des travaux sur la période révolutionnaire. C’est le même réflexe qui est à l’oeuvre dans les deux révolutions. Des liens très étroits unissent le communisme à la Révolution française. Lénine admirait Mathiez, le grand robespierriste de la Sorbonne. Des noms de révolutionnaires ont été donnés à des navires soviétiques. Il était nécessaire que le rapport Krouchtchev, critiquant le modèle stalinien de la révolution communiste conduise à une révision de la révolution française, tant la révolution russe s’était constituée en héritière de la Révolution française.
A.F. 2000. - Pourquoi la Révolution a-t-elle été si sanglante ?
J.T. - Tout d’abord il y a les excès de la foule révolutionnaire avec ses débordements sanglants. Enfin et surtout la Terreur. En effet la Terreur est irréductible à des “débordements”. La Terreur est voulue pour terroriser les adversaires : dès le 14 juillet, lorsque la foule promène la tête de Launay cela n’a pas d’autre but. Il s’agit dès lors d’annihiler les résistances. La guillotine est dissuasive, mais lorsque l’on promène les condamnés dans une charrette au pas sur des kilomètres avant d’arriver à l’échafaud nous avons déjà à faire à un système terroriste. Les noyades de Nantes aussi sont dissuasives, lorsque les pêcheurs à la ligne sur les bords de Loire ont vu passer les cadavres au fil de l’eau ça a dû tempérer leurs sentiments contrerévolutionnaires.

La haine et l’envie

A.F. 2000 - Vous avez écrit il y a plus de dix ans Le Temps des passions : espérances, tragédies et mythes sous la Révolution et l’Empire. À quelles passions la Révolution a-t-elle donné libre cours ?
J.T. - La haine et l’envie. Je vous répondrai en citant un mot de Napoléon : « Qu’est-ce qui a fait la Révolution ? La vanité. La liberté n’a été qu’un prétexte. » Il s’agissait de détruire une société bloquée, dont la mobilité sociale s’était réduite. Il y eut la haine de Marie-Antoinette entretenue par les gazettes et les chansons évoquant sa toilette et sa brioche. La Révolution trouve sa source dans la lutte de la vanité des uns contre l’arrogance des autres. Ce fut la revanche des humiliés, pas celle des opprimés. Avec la nationalisation des biens du clergé émerge une nouvelle classe dominante, celle des bourgeois acquéreurs de biens nationaux : l’aristocratie laisse sa place à la ploutocratie. En effet, les révolutions sont toujours une bonne occasion de faire fortune.
A.F. 2000 - N’est-ce pas d’abord la passion de l’égalité comme l’a dit si justement Tocqueville ?
J.T. - Il faut appeler les choses par leur nom. Ce à quoi se refusent le libéral fumeux Tocqueville et ses disciples. Préférez lui l’ultra Fiévée, ce contre-révolutionnaire qui rejoindra Bonaparte d’ailleurs, qui dans son merveilleux roman La dot de Suzette rend si bien compte de ce que j’évoquais à l’instant : l’envie, la vanité, l’ambition et la cupidité. J’ai jadis écrit un petit livre sur Fiévé, mais je vous renvoie surtout à la conclusion de mon livre Les révolutions paru chez Fayard.
A.F. 2000 - Croyez-vous ces passions toujours à l’oeuvre dans la société française ?
J.T. - C’est évident. Elles sont partout à l’oeuvre. On ne change pas l’homme, et s’il n’y avait pas l’envie il n’y aurait pas d’histoire. C’est l’éternelle histoire d’Iznogoud.

Corruption

A.F. 2000 - Comment expliquer le contraste entre la réalité de la Révolution française et sa perception à l’école, dans les médias et dans la vie politique ?
J.T. - On ne peut pas dire que la déclaration des droits de l’Homme procède des iniquités révolutionnaires, l’on retient plutôt Valmy que la Terreur. C’est le fruit d’une politique. Voyez Mitterrand. Cet homme cultivé qui devait d’ailleurs connaître Fiévée, (il lui succéda sur le fauteuil de préfet de la Nièvre) a choisi de célébrer le bicentenaire de la fausse bataille de Valmy en 1989 alors qu’elle eut lieu en 1792 ! Il savait ce qu’il faisait. ! En célébrant Valmy il gommait les massacres de septembre, que pourtant cette fausse victoire, achetée par Danton à Brunswick avec les joyaux de la couronne, rendit plus odieux encore, leur ôtant toute justification. Avec Valmy tout le monde est content, cette bataille, qui n’a pas versé de sang, est une victoire française remportée avec les canons de la monarchie ; Louis-Philippe y était, ce qui contente les orléanistes, ainsi que Kellermann que Bonaparte fit duc de Valmy, ce qui satisfait les bonapartistes.
A.F. 2000 - Quel est selon vous l’aspect le plus noir de la révolution française ?
J.T. - Il y en a tant… Je serai tenté de dire la Terreur, qui ajoute au sang la corruption. L’aspect le plus noir est peut-être d’avoir inventé le régime parlementaire et son corollaire, la corruption. Prenez l’exemple du décret de la compagnie des Indes.
Se dessine dès les débuts de ce nouveau type de tyrannie qu’est la dictature des Chambres le désir effréné de se maintenir. Le décret des deux-tiers est là pour l’attester. On assiste à la destruction de la démocratie que l’on croyait instaurer. La brigue, la corruption et la banqueroute (l’assignat…) en plus de la Terreur.

Un nouveau regard

A.F. 2000 - Quel changement positif peut-on directement attribuer à la Révolution française ?
J.T. - La vente des biens nationaux… Cela a permis l’avènement des notables (notaires, magistrats, médecins…) qui ont assuré une certaine stabilité. Ils se sont substitués à des nobles à bout de souffle.
A.F. 2000 - Le livre noir de la Révolution française contribuera largement à l’inversion de tendance depuis le départ des Mathiez et des Soboul… Quels progrès historiographiques sur la période révolutionnaire discernez-vous ?
J.T. - Quelques progrès notables, en réalité. Pour l’essentiel un regard moins complaisant sur l’événement. Vovelle, personnage très sympathique au demeurant, héritier de Soboul et Mathiez a été très largement marginalisé et ses ouvrages n’ont plus le succès qu’ils connaissaient avant le bicentenaire et la chute du communisme.
A.F. 2000 - Comment faire changer le regard du plus grand nombre à qui l’on enseigne encore la Révolution française comme un temps fondateur et même enchanté de l’histoire de France, en particulier dans les écoles ?
J.T. - C’est très difficile. Pour arriver à un tel résultat il faudrait une terreur blanche. La déférence à l’égard de la Révolution est tellement ancrée dans les moeurs, c’est la formation même des enseignants qui est en jeu, beaucoup ont été formés à l’école de Soboul. Je note tout de même un progrès, Furet commence à faire son effet, ils n’en sont pas encore à Tulard ! (rires).
A.F. 2000 - Vous qui êtes un passionné de cinéma, ne croyez vous pas que cela puisse être un moyen d’articuler l’histoire savante avec la culture populaire ?
J.T. - Je constate que le traitement de Bonaparte au cinéma est très contrasté, de même pour Marie-Antoinette. La Marie-Antoinette du Front populaire, de Renoir, produite avec l’argent de la CGT et dont Mathiez fut le conseiller historique et technique n’est pas celle de Delannoy incarnée par Michèle Morgan, ni celle de Sofia Coppola. Le cinéma est dans ces matières plus un reflet de l’époque et de ses préoccupations. Les films témoignent de la manière dont le regard sur la Révolution a changé plus qu’ils n’y contribuent.
A.F. - 2000 - Quel regard l’historien que vous êtes jette-t-il sur l’enseignement de l’histoire à l’école, au lycée voire à l’université ?
J.T. - Désabusé. J’en suis en partie responsable. Je n’ai que très peu enseigné au lycée. Et j’ai consacré tous mes efforts à dégager l’histoire napoléonienne de l’anecdote d’une part et à le prémunir de la nouvelle histoire de l’autre. Entre Castelot et Braudel ça n’a pas été simple. Voilà quelle fut ma contribution à la discipline.
A.F. 2000 - Vous avez dit « L’historien est au service de la vérité et non de la morale », l’histoire révolutionnaire n’est-elle pas une annexe de la morale « républicaine » ?
J.T. - C’est tout à fait cela…
L’Action Française 2000 du 17 janvier au 6 février 2008
Image
Que les hommes d'arme bataillent et que Dieu donne la victoire! (Jeanne d'Arc) Patriotiquement votre.

Avatar de l’utilisateur
Pat
Administrateur délégué
Messages : 25476
Inscription : 03/12/2006 - 23:46
Localisation : Les Alleuds dans le 49
Contact :

Re: Un Livre noir sur une période rouge: la Révolution française

Messagepar Pat » 03/06/2012 - 9:43

La révolution française, la dictature de Ropespierre

Du sang, encore du sang - Fête de l’Etre Suprême

Le sang dans aucun pays, aucune époque, n'a jamais cessé d'appeler le sang. La semence est trop chaude pour n'être pas féconde. Sang du Champ-de-Mars, sang des massacrés de Septembre, sang du roi, sang de Marat, sang de Charlotte Corday, de la reine, de tant d'autres, célèbres ou inconnus, ce n'est point assez, il en faut davantage, il en faut toujours. Sitôt les Dantonistes disparus, le Comité de Salut public se basant sur les dénonciations du misérable Laflotte, invente, une conspiration des prisons et y enfourne pêle-mêle Chaumette, l'évêque Gobel, la veuve d'Hébert, Lucile Desmoulins, les généraux Beysder et Dillon, le député Simon et dix-neuf autres comparses, dont la plupart se voient pour la première fois.

Le 1er floréal (20 avril 1794) vingt-quatre présidents ou conseillers des anciens parlements de Paris et de Toulouse, parmi lesquels Rosambo, Molé de Champlâtreux, Lefèvre d'Ormesson (très malade, couché sur une civière), passent devant le tribunal et sont condamnés. Malesherbes, d'Esprémesnil, Le Chapelier et Thouret sont compris dans une autre fournée de parlementaires et d'aristocrates qu'expédie le Tribunal révolutionnaire le 3 floréal (12 avril).

Le 19 floréal (8 mai) vient le tour des anciens fermiers-généraux, qu'on croit très riches et dont on veut confisquer les biens. L'illustre Lavoisier, représenté comme une «sangsue du peuple», a beau demander au Tribunal un sursis de quinze jours pour terminer une utile expérience, le vice-président Coffinhal, pourtant médecin d'origine, lui répond: «La République n'a pas besoin de savants, le cours de la justice ne peut être suspendu. »

Mme Elisabeth a été tirée du Temple le soir du 20 floréal (9 mai). Transférée à la Conciergerie, elle paraît le lendemain au Tribunal; Robespierre, qui a déjà imposé silence aux Hébertistes en novembre 1793 et fait ajourner son procès, semble avoir au Comité de Salut public essayé cette fois encore de la préserver. Fouquier-Tinville demande la mort pour elle et pour vingt - quatre personnes de conditions diverses comme coupables de conspiration contre la République. Des aristocrates : la vieille Mme de Senozan, sœur de Malesherbes, Mmes de Crussol, de Laigle, de Montmorin, un Loménie de Brienne, deux abbés, des commerçants et artisans, des domestiques; aucun, certes, n'a jamais conspiré.

Place de la Révolution, Mme Elisabeth va s'asseoir avec les autres condamnés sur un banc devant l'échafaud pour attendre son tour. Elle doit mourir la dernière, étant «la plus coupable ». Cette princesse, de nature déplaisante et d'esprit limité, revêt tout à coup un relief inattendu. A l'appel de leur nom, chacun des condamnés vient s'incliner devant elle, les femmes, dans une grande révérence de cour, les hommes, le genou ployé. Elle incline la tête, sereine, les embrasse tous. Autour d'elle, drôles et drôlesses hurlent et glapissent. Cette scène dure longtemps. A la fin la sœur de Louis XVI monte à la guillotine. Quand le bourreau veut l'attacher à la planche, il défait le petit fichu de mousseline qui lui voile la gorge. Elle rougit violemment et dit: Au nom de votre mère, monsieur, couvrez-moi... Il obéit. Et la princesse va rejoindre ses courtisans funèbres.

Cependant le gouvernement se heurte à des difficultés économiques croissantes. Les indigents se multiplient, surtout dans les villes, par suite de la montée continue des prix. Le Comité de Salut public relâche les mesures excessives prises contre l'accaparement. Il essaie de ranimer par des primes, des avances, des faveurs diverses, les industriels découragés. Mais il se trouve devant une crise de la main-d’œuvre qualifiée. La réquisition a prélevé 1.200.000 hommes, tant militaires que travailleurs des fabrications de guerre ou employés aux charrois, devenus immenses. Si les paysans, à qui l'on prend leurs garçons et leurs chevaux, maugréent, les ouvriers mal nourris, astreints à des consignes strictes, réclament à tout moment des hausses de salaires et refusent parfois même le travail. Le Comité cède ou résiste selon les circonstances. Sa raison dernière est dans l'envoi des meneurs au Tribunal révolutionnaire.

Le régime du maximum, pour les denrées comme pour les salaires, est à la base de ce grand malaise, accru par un agiotage sans frein. Mais on n'ose y toucher, de peur d'effondrer le fragile édifice économique et de voir se déprécier davantage encore l'assignat. Chaque mois s'enfle la circulation déjà énorme. En floréal les dépenses sont de deux cent quatre-vingt-trois millions de francs contre quarante-quatre millions de recettes, en messidor de deux cent soixante-cinq millions contre trente-neuf millions. On a beau fermer la Bourse, saisir les devises, fixer de façon arbitraire le taux des changes, le papier-monnaie ne cesse de se déprécier. Cambon s'efforce d'ordonner le croissant désordre. Non content d'avoir unifié les anciens emprunts de la monarchie, par la création du Grand livre de la Dette publique, il réduit et liquide la dette viagère sans se soucier des cris des rentiers, désormais hostiles à la Révolution qui les a ruinés.

Le Comité de Salut public a bien conscience de la pesanteur de sa tâche. Mais il est soutenu par une foi si vive que, côtoyant à toute heure l'abîme, il légifère et gouverne comme si l'avenir lui appartenait. Il essaie de normaliser les cultures, il tente de nationaliser l'industrie et le commerce, il favorise l'apprentissage, il s'efforce de répandre l'instruction primaire malgré le manque d'instituteurs, il crée l'Ecole de Mars où trois mille jeunes gens, venus de tous les districts de France et vivant sous la tente dans la plaine des Sablons, se formeront au métier militaire et donneront plus tard des officiers.

De jour ni de nuit le Comité ne relâche son activité. Hérault de Séchelles n'a pas été remplacé, Jean Bon Saint-André et Prieur de la Marne sont souvent en mission. Les neuf membres restants se sont partagés en trois groupes les « gens d'examen », c'est-à-dire les techniciens, Carnot, Lindet et Prieur de la Côte d'Or travaillent dans leurs bureaux sans se mêler d'autres affaires. Les «gens de la haute main», le Triumvirat comme on les appelle aussi, Robespierre, Couthon et, lorsqu'il est à Paris, Saint-Just dirigent le nouveau bureau de police générale et manœuvrent l'esprit public. Les « gens révolutionnaires », Billaud-Varenne et Collot d'Herbois, continuent de régir l'intérieur. Ils sont restés au fond Hébertistes. Le souriant Barère, toujours prêt à dresser des rapports, proposer des décrets, parler devant la Convention, est le Maître Jacques du Comité.

Les arrêtés ne sont valables qu'après la signature de six membres. Mais ils sont signés souvent sans examen, car la paperasse est immense et il est admis que chaque membre du Comité a droit à la confiance de ses collègues. Mesures économiques, lois civiles, actes extérieurs, nécessités militaires, contrôle des représentants en mission, c'est toute la pâte française, mêlée d'étranges levains, qu'il faut pétrir, malaxer, jeter aux moules nouveaux où elle prendra forme. Dans cet amas qui grossit avec les semaines et les mois, on devrait, pour garder quelque clarté, classer, sérier par origine et par dates, mais dès lors les idées se décomposent, les faits isolés perdent vie et couleur...

Ce qui va demeurer pour l'esprit, c'est dans le vieux pavillon royal l'élaboration sans répit, par des géants, d'une besogne gigantesque, dont l'ampleur nous essouffle, la refonte dans le détail d'une société entière dont la masse reste indifférente ou ennemie. « Il y avait, dira plus tard Prieur de la Côte d'Or au fils de Carnot, des journées tellement difficiles que, ne voyant aucun moyen de dominer les circonstances, ceux qu'elles menaçaient le plus personnellement abandonnaient leur sort aux chances de l'imprévu; et tout à coup un incident, que nul n'aurait pu préparer, venait débrouiller le chaos; on profitait rapidement de l'éclaircie. Nous avions fini par nous accoutumer tellement à ces situations inextricables, que nous poursuivions notre tâche journalière, pour ne pas laisser la machine en souffrance, comme si nous avions eu toute une vie devant nous, lorsqu'il était vraisemblable que nous ne verrions pas se lever le soleil du lendemain.»

La Convention médusée n'est plus qu'une chambre d'enregistrement qui, sauf aux grands jours, réunit à peine une centaine de députés. Sans opposition, sans critique, sur la demande impérieuse des Comités elle accepte tout, vote tout. On y travaille de moins en moins. Pourtant certaines commissions subsistent encore: celles notamment de législation, de l'instruction publique, des finances, qui poursuivent leur besogne dans l'obscurité et gardent leur utilité.

Le lendemain de l'exécution de Chaumette, le z 5 germinal (i 4 avril), la Convention a décidé que les restes de Jean-Jacques Rousseau seraient portés au Panthéon. Robespierre, disciple fidèle du Genevois, s'est chargé de présenter à la Convention le décret qui doit asseoir la Révolution sur une base spirituelle et offrir au pays, pour remplacer les fêtes chrétiennes interdites, des cérémonies civiques où seront célébrés les dogmes de la morale nouvelle. Le 18 floréal, Maximilien monte à la tribune et, élargissant la question, moins en politique qu'en pontife expose les principes du déisme d'Etat. Applaudi avec transports, il fait proclamer le spiritualisme officiel : «Le peuple français reconnaît l'existence de l’Etre Suprême et l'immortalité de l'âme. Il sera institué des fêtes pour rappeler l'homme à la poésie de la Divinité et à la dignité de son être.»

Une première fête dédiée à l'Etre Suprême se déroulera à Paris le 20 prairial (8 juin 1794).

Elu président de la Convention le 16 prairial, Robespierre doit à ce titre « officier en chef »à la fête qui sera célébrée quatre jours plus tard. Ses amis - et peut-être ses adversaires - ont été unanimes à lui ménager ce triomphe. La cérémonie, ordonnée par David, grand maître des cérémonies de la République, occupe Paris tout un mois. Depuis la Fête de la Fédération, on n'a point fait de tels apprêts. Aux Tuileries un amphithéâtre a été charpenté devant le pavillon de l'Horloge pour recevoir la Convention. D'une haute tribune le président doit parler à l'Assemblée et au peuple. En face, sur l'emplacement du grand bassin s'élève un énorme bûcher, « monument où sont réunis, dit le programme rédigé par David, tous les ennemis de la félicité publique»; le «monstre désolant » de l'Athéisme les domine. Il est soutenu par l'Ambition, l'Egoïsme, la Discorde et la Fausse Simplicité... Sur le front de ces figures, on lit ces mots : « Seul espoir de l’Etranger. »

Le 20 prairial, le réveil sonne dans les sections à cinq heures. Le ciel est splendide, transpercé de rayons. Les maisons sont ornées de feuillages et de guirlandes, les rues jonchées de fleurs. A toutes les fenêtres des drapeaux, des banderoles; les bateaux qui sillonnent la Seine sont pavoisés.

A huit heures le canon du Pont-Neuf appelle les sections au jardin des Tuileries. Porteurs de branches de chêne, les hommes se placent sur la terrasse des Feuillants, les femmes et les jeunes filles, vêtues de blanc et chargées de roses, occupent la terrasse du bord de l'eau, les adolescents sont massés dans l'allée centrale. Les députés peu à peu garnissent les gradins de l'amphithéâtre. En costume de représentants, la plupart tiennent à la main un bouquet d'épis et de fleurs.

Le défroqué Vilate, juré au Tribunal révolutionnaire et fervent ami de l'Incorruptible, rencontre celui-ci dans la salle de la Liberté. Robespierre lui a fait donner un logement au pavillon de Flore. Vilate l'invite à déjeuner chez lui. De ses fenêtres il jouira du coup d’œil. Maximilien accepte. Il est vêtu d'un habit d'un bleu tirant sur le violet et d'une culotte de basin. Il porte jabot et manchettes et, comme d'habitude, a les cheveux soigneusement poudrés. Il mange peu. Son appétit a toujours été médiocre. Par instants, il va regarder à la croisée la foule qui ondoie joyeuse sous le soleil. Son visage est adouci, chauffé par une émotion sincère: « L'univers est ici rassemblé, s'écrie-t-il. O Nature, que ta puissance est sublime et délicieuse ! Comme les tyrans doivent pâlir à l'idée de cette fête ! »

Il est temps pour lui de rejoindre ses collègues, mais les membres du Tribunal révolutionnaire doivent venir chez Vilate pour voir la fête. Robespierre s'attarde une demi-heure, désireux de retrouver parmi eux plusieurs amis. Quand il gagne l'amphithéâtre de la Convention, aux hourras répétés de la multitude, d'assez nombreux députés murmurent, mécontents d'avoir attendu. « Il fait le roi », disent certains. Lui cependant quitte son fauteuil et monte à la tribune. Il prononce un discours où il invoque l’Etre Suprême et invite l'assistance à lui rendre hommage. A la fin, loin d'annoncer, comme certains l'espéraient, qu'une ère d'apaisement va commencer, Robespierre laisse tomber une phrase menaçante : « Demain, reprenant nos travaux, nous combattrons encore les vices et les tyrans. »

Les chanteurs des sections, qui ont reçu la veille une leçon de plusieurs artistes de l'Opéra dirigés par Méhul, entonnent l'hymne de Gossec

Ces chœurs, soutenus par les musiciens de Sarrette, sont d'un effet majestueux. Le président de la Convention cependant, muni par l'artificier d'une lance à feu, s'approche du bûcher et l'Athéisme, la Discorde, l'Ambition s'effondrent dans les flammes pour laisser apparaître la statue de la Sagesse. O disgrâce ! ladite Sagesse, mal protégée de la fumée, ne présente qu'une face noircie qui fait rire la foule et ne la dispose pas assez à renoncer aux faux dieux. Encadrée par les sections, la Convention alors se forme en cortège autour d'un char traîné par huit taureaux aux cornes dorées et portant les «instruments des arts et des métiers de la France». En tête marche Robespierre. Sur son passage les applaudissements ne cessent pas, au grand dépit de ses collègues qui, le suivant, laissent peu à peu augmenter la distance qui les en sépare, afin de lui prêter un aspect souverain bien propre, dans ce temps d'égalité jalouse, à choquer les esprits.

Dans son bel habit bleu, un gros bouquet de fleurs et d'épis à la main, la tête levée avec orgueil, Robespierre se sent au sommet de sa vie. Pourtant derrière lui il peut entendre' par intervalles, quand les acclamations cessent, des quolibets, des injures, des menaces, jaillis des rangs des députés. Lecointre, très violent, lui crache son mépris. Bourdon de l'Oise crie : «La roche Tarpéienne n'est pas loin ! » Un autre, Thirion ou Merlin de Thionville : «Il y a encore des Brutus !»

Au son des trompettes et des tambours, le cortège s'allonge ainsi vers la place de la Révolution puis, par les Invalides, jusqu'au Champ-de-Mars. Là a été dressée une symbolique Montagne surmontée d'un arbre de la Liberté où viennent se presser Conventionnels, 'musiciens, délégués des sections. On y exécute un nouvel hymne à l’Etre Suprême devant la foule accumulée. Les jeunes filles lancent des fleurs vers le ciel, les hommes tirent leurs sabres et jurent de ne les remettre au fourreau qu'après avoir sauvé la Patrie. Les pères les bénissent avec majesté. Spectacle bien réglé, beau dans une emphase qu'on veut croire imitée de l'antique, et qu'ennoblissent la pureté et l'éclat de l'air. Cinquante coups de canons annoncent la fin de la cérémonie.

Le soir, rentré chez les Duplay, Robespierre, que les sarcasmes de ses collègues ont blessé au milieu de son triomphe, demeure assombri :

- Vous ne me verrez plus longtemps, dit-il à ses amis.

http://www.diagnopsy.com/
Image
Que les hommes d'arme bataillent et que Dieu donne la victoire! (Jeanne d'Arc) Patriotiquement votre.


Revenir vers « culture et histoire »

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 2 invités