1/Le retour de De Gaulle
En 1958, le Parlement rechigne ... il s'accroche. De Gaulle, lui, multiplie les déclarations, faisant appel (sans rire) à la « discipline de l'armée », assurant qu'il a « entamé le processus » pour revenir aux affaires.
Ne voyant rien venir il déclare à l'envoyé spécial du général Salan, le général Dulac, venu l'informer d'une . possible opération aéroportée sur Paris: « Vous direz au général Salan que ce qu'il fait et ce qu'il fera c'est pour le bien de la France. »
Grâce à Alger, grâce à l'armée, grâce aux pieds-noirs, grâce au peuple de France le général De Gaulle revient au pouvoir et déclare aux Français d'Algérie, toutes religions confondues, qui l'acclament : « Je vous ai compris ... Il n'y a plus, ici, en Algérie que dix millions de Français à part entière ... » .
Dès cette minute, le drame commence, alors que tout peut être gagné en peu de temps. Aux frontières les «armées» rebelles se replient en catastrophe, croyant déjà voir l'armée française exercer le droit de suite ...
Dans toute l'Algérie les deux communautés, enfin, croient à la paix, à la réconciliation nationale. Il suffirait de quelques mots ... « L'homme de Londres » ne les prononcera jamais !
Le général Salan est renvoyé en France, De Gaulle crée pour lui le poste d'inspecteur général de la Défense nationale. Wybot, le fondateur de la D.S.T., l'homme qui connaît le mieux le « dossier Algérie » est renvoyé comme un domestique. Dans les officines de propagande gaullienne et dans les organes d'information aux ordres, la fraternisation des journées de mai est niée ... et présentée comme une manipulation des services de guerre psychologiques français. On la donne comme sans lendemain. Ce qui est totalement faux. Les témoins ont su que c'était la plus grande victoire pacifique de toute la guerre d'Algérie. Si De Gaulle avait dit: « C'est fini, tout est fini, la guerre est terminée ! Femmes d'Algérie allez dans les derniers maquis chercher vos maris, vos fiancés, vos frères, et ramenez-les parmi nous, je leur offre le pardon ... », eh bien, oui! la guerre se terminait, faute de combattants chez les rebelles.
Car les états-majors extérieurs étaient seuls. Les meurtres les plus sordides, l'épuration la plus folle et la plus sanguinaire décimaient les wilaya. Plusieurs milliers de combattants avaient été victimes de purges sanglantes dues en partie à l'incompétence totale des états-majors extérieurs de la rébellion et surtout aux services secrets français qui avaient entièrement infiltrés les réseaux FLN, manipulaient des agents au plus haut niveau de la rébellion, semaient ainsi le doute et la suspicion !
«Tous des cons»
Mais De Gaulle sait ce qu'il veut. Il s'entoure ou «on» le fait entourer uniquement d'hommes qui ne croient pas à l'Algérie française.
Au nom d'erreurs commises hier et imputables autant aux gouvernements de la République qu'aux pieds-noirs, il refuse de voir la réalité d'aujourd'hui. Il trompe tout le monde, et Alain Peyrefitte a pu écrire : « Il y avait autant de De Gaulle que de catégories d'interlocuteurs. Les personnalités dont les idées étaient les plus opposées aux siennes sortaient de son bureau convaincues qu'il était d'accord avec elles. »
Le vrai personnage pourtant apparaît à ceux qui sont peu ou prou dans la confidence. C'est le cas de Pierre Viansson-Ponté qui rapporte cette déclaration que lui fait De Gaulle après son arrivée au pouvoir, dans l'avion qui va de Constantine en Corse :
« Les généraux, au fond, me détestent. Je le leur rends bien. Tous des cons ! Vous les avez vus en rang d'oignons sur l'aéroport de Telergma ? Des crétins, uniquement préoccupés de leur avancement, de leurs décorations, de leur confort, qui n'ont rien compris et ne comprendront jamais rien. Ce Salan, un drogué ; je le balancerai aussitôt après les élections. Ce Jouhaud, un gros ahuri. Et Massu ? un brave type, Massu, qui n'a pas inventé l'eau chaude. »
Alors commence la valse des officiers favorables à l'Algérie française et qui se donnent corps et âme à leur mission. Mieux encore, et crime inexcusable (ce qui en d'autres temps aurait pu envoyer son instigateur devant la Haute Cour pour s'en expliquer... ), toutes les divisions permutent sur le terrain : celle de Kabylie va dans le Constantinois, celle du Constantinois vers Alger, etc. Pourquoi ? Dans une telle guerre, la connaissance du terrain est un atout primordial, un avantage stratégique énorme, face à une rébellion qui se cache, qui se terre et qui mène une guerre subversive. Des mois et des années d'expérience, de sorties de jour et de nuit sont perdus par les unités. Comment qualifier cette action ?
L'explication de ce chamboulement n'a jamais été officiellement donnée, pour la bonne raison qu'il ne correspondait à rien militairement ; mais il avait un but politique évident. On peut ainsi prouver que, dès cette époque, Charles De Gaulle voulait, sinon abandonner l'Algérie, tout au i moins en changer le statut de département français. Les déménagements, de plusieurs centaines de kilomètres, d'unités aguerries n'avaient qu'un but politique : briser les liens qui s'étaient noués entre les populations musulmanes et l'armée. Ne plus laisser dans toutes ces régions des officiers qui pouvaient témoigner que la fraternisation n'était pas truquée et que la presse de gauche mentait quand elle disait que les musulmans avaient été mis de force dans les camions pour aller crier « Vive l'Algérie française » ; qu'elle mentait encore, quand plus tard, elle accusera aussi l'armée d'avoir truqué les élections !
Malgré tous ces déménagements, ces déplacements, la population musulmane restera fidèle dans sa majorité, jusqu'à la trahison finale ...
Défaite militaire du FLN
L'année 1959 voit s'accentuer, malgré tout, et à la grande surprise de De Gaulle, la défaite militaire du FLN. Seuls ses appuis diplomatiques extérieurs sont solides. Mais notre personnel diplomatique se gardera bien de faire son devoir vis-à-vis de nos vrais amis traditionnels à travers le monde. Ceux-ci souvent n'oseront pas, surtout dans les instances internationales, se montrer dans l'affaire algérienne plus royalistes que le roi ...
C'est à Monrovia, au Liberia, pays sous l'emprise totale des Etats-Unis, que le drapeau du FLN flottera pour la première fois en Afrique, lors d'une réunion internationale le 4 août 1959. C'est au cours de cette réunion que fut dénoncée la « guerre d'extermination menée par l'armée française en Algérie ».
Toute la propagande écrite de cette conférence puisait sa source dans la presse parisienne ...
L'année 1959 vit naître l'OCRS. (l'Organisation commune des régions sahariennes) car là, au moins, nous sommes encore chez nous.
Dès 1936, le géologue français Konrad Killian (véritable «fou du désert» qu'il parcourait sur une chamelle blanche accompagné d'un écuyer targui portant son fanion personnel) fait part de ses certitudes au gouvernement français: « Le Sahara est un immense réservoir à pétrole.» En 1942-1943, alors que le général Leclerc vient, avec ses troupes du Tchad, d'occuper le Fezzan pour le compte de la France, Killian lui dit: « Vous êtes ici, mon général, sur un réservoir d'hydrocarbures aussi vaste que celui d'Irak et d'Iran réunis. »
Mais Killian, comme par hasard, mourut de façon bizarre en 1950. Ses intimes pensent qu'il fut assassiné. Il est certain que beaucoup de ses travaux furent volés par des agents de puissances étrangères et Killian lui-même, de son vivant, était certain que des hommes politiques français avaient à plusieurs reprises remis les résultats de ses missions sahariennes à des agents des puissances étrangères ... et «amies».
En 1951, sans que Paris n'élève la moindre protestation, nos « amis anglo-américains » nous expulsent du Fezzan, mettant ainsi à exécution un plan établi contre nous dès 1949, alors que les populations nous sont favorables, les Fezzanais n'ayant aucune envie d'être rattachés à la Cyrénaïque.
Grâce à l'entêtement de Français, eux aussi «fous du désert», le gaz jaillit en 1954, à Berga, le pétrole en 1956, à Hassi-Messaoud et à Edjeleh ! Le 4 mars 1957; Pierre Guillaumat déclare : « D'ici quatre ans (soit en 1961) la production saharienne doit rattraper la consommation française. »
Mais, alors que les «chalutiers» soviétiques bourrés d'antennes aident et renseignent les rebelles, les Etats-Unis non seulement soutiennent le FLN mais, jouant le double jeu avec les énormes pressions de ses pétroliers, réussissent à ce que ces derniers s'infiltrent au Sahara sous couvert de sociétés nouvelles à capitaux «indéterminés et flottants» ; et ce, grâce aux «magouilles» de certains dirigeants français.
Roger Holeindre National Hebdo du 3 au 9 février 2000
ALGÉRIE : UNE GUERRE GAGNÉE POUR RIEN !
Re: ALGÉRIE : UNE GUERRE GAGNÉE POUR RIEN !
les Etats-Unis non seulement soutiennent le FLN mais, jouant le double jeu avec les énormes pressions de ses pétroliers, réussissent à ce que ces derniers s'infiltrent au Sahara sous couvert de sociétés nouvelles à capitaux «indéterminés et flottants» ; et ce, grâce aux «magouilles» de certains dirigeants français
Ce sont les mêmes "amis" qui vont nous mettre dans les bourbiers Afgan et Iranien.
Re: ALGÉRIE : UNE GUERRE GAGNÉE POUR RIEN !
tout est dit, l imposteur , le criminel charlot a du sang français sur les mains !!!!
la ripoublique l enscence, on a les heros qu on merite parait il!

honneur a: bastien thiry, degueldre, piegts , dovecar
la ripoublique l enscence, on a les heros qu on merite parait il!
honneur a: bastien thiry, degueldre, piegts , dovecar

- Pat
- Administrateur délégué
- Messages : 25476
- Inscription : 03/12/2006 - 23:46
- Localisation : Les Alleuds dans le 49
- Contact :
Re: ALGÉRIE : UNE GUERRE GAGNÉE POUR RIEN !
II/ALGÉRIE : UNE GUERRE GAGNÉE POUR RIEN !
2/Mao livre 25 milliards de francs de nourriture et d'armes aux rebelles
En mars 1960, De Gaulle fait en Algérie la «tournée des popotes». Partout il s'adresse aux officiers: « La victoire complète de nos armes est indispensable, elle sera longue à obtenir »...« L'indépendance est inadmissible et impensable. La présence de la France sera maintenue à travers une formule que les Algériens devront trouver eux-mêmes...» « On peut accepter beaucoup de choses, on ne peut pas abandonner le Sahara purement et simplement au FLN »...
Le 28 mars 1960 il se passe un évènement incroyable. Grâce aux officiers français des services spéciaux, une entrevue est possible entre des envoyés de Charles de Gaulle et des émissaires de la wilaya 4. Ils viennent proposer de mettre fin au combat. Ils racontent... Ils en ont assez ... L'armée française les harcèle par trop ... Leurs chefs, à l'extérieur, sont des bons à rien! La population est plus que lasse de la guerre ; le GPRA ne représente plus rien à l'intérieur même de l'Algérie. Les pourparlers continuent ; si Salah en personne, le chef de la wilaya 4, y participe. Il est certain d'entraîner avec lui au moins deux autres wilayas (la 3 et la 6). Le 9 juin 1960, Si Salah rencontre De Gaulle à Paris. Mais pour le «général» la reddition des troupes de l'intérieur (ce qu'il en reste) ne lui amène pas la paix qu'il veut et va à l'encontre de ses espoirs. Pour lui cette victoire incontestable, due uniquement au courage et à la persévérance sur le terrain de nos troupes, il ne veut s'en servir que pour tenter de forcer la main aux dirigeants extérieurs de la rébellion. Avant qu'il ne reçoive Si Salah à Paris, Charles de Gaulle avait fait prévenir les dirigeants algériens, et M. Michelet en personne avait averti Krim Belkacem, « ministre des Affaires étrangères » du GPRA.
Dans les wilayas tentées par la paix, la répression, après la dénonciation gaullienne, s'abat de nouveau, d'autant plus terrible qu'elle est maintenant le fait de gens qui, un moment, ont «faibli»... ont donné leur accord pour les pourparlers, et essaient de faire disparaître le maximum de témoins gênants ... Si Salah sera exécuté!
Le général Challe me dira personnellement que, lors de son procès, le procureur Besson et le président du jury, le général Catroux, proposeront à ses avocats, comme seul moyen de sauver sa tête, de ne pas parler de cette affaire et de ne citer aucun témoin dans ce sens. C'est beau ... C'est grand ... C'est généreux ...
Moral au plus bas
Mais les purges entre combattants algériens ne remontent pas le moral des troupes rebelles de l'intérieur, il est au plus bas ; jamais la mésentente entre les chefs n'a été aussi violente. La rébellion ne représente plus un danger, elle est liquidée, abattue, morte ... La rébellion intérieure a cessé d'exister, les dernières grandes opérations menées par le général Challe ont toutes eu le résultat escompté!
Bien sûr, selon la presse de l'époque nos troupes sont censées ... « Ne rien trouver ... ou en être réduites à poursuivre des embryons de bandes ... Qui veut trop prouver...» C'est justement cette description défaitiste qui, en l'occurrence, est la bonne, car l'ennemi n'avait plus rien d'autre à nous opposer!
Les soutiens extérieurs, en revanche, prennent la relève.
La Chine de Mao livre 25 milliards de fournitures, armes, nourriture, vêtements. Ce «détail» est révélé en 1980 par Ferhat Abbas, qui se croit obligé de rappeler les conseils donnés par le grand frère expert en révolution: « Ne tuez pas, éduquez ... Celui qui trahit aujourd'hui peut être un excellent militant demain. » Lorsque l'on connaît la vérité sur les massacres en Chine du «Grand timonier» et la triste réalité dans les rangs de la rébellion algérienne, à l'époque, on peut rester songeur ...
A l'ONU, c'est Nikita Khrouchtchev lui-même qui fait du «forcing», La délégation, non reconnue du FLN à New York est, au vu et au su de tout le monde diplomatique, invitée officiellement à l'ambassade d'URSS.
Alors, en Algérie même, commence la période folle ... Les pieds-noirs attachés à leur terre, une partie de l'armée trahie, bafouée, insultée alors qu'elle ne fait que respecter sa parole, et les musulmans fidèles (que l'on a jamais cessé d'enrôler dans notre armée, qui se battent partout, qui jamais ne trahiront, qui représentent en nombre le triple de ceux qui servent le FLN), tous ces gens arriveront à désespérer de la France ...
Le putsch, l'O.A.S., rien ne pourra enrayer le processus engagé par Charles De Gaulle, aidé par des hommes qui, quelques années avant, étaient les ténors de l'Algérie française qui, tel un Debré, les appelait à l'insurrection et justifiait leur geste ! La machine infernale de la désinformation était en marche. Elle fera le travail que le gouvernement attendait d'elle, les «médias», aux mains des progressistes, s'en donneront à coeur joie ...
« Boy-Scouts ».
Dans son livre Carnets de la guerre d'Algérie, Robert Buron, le seul ministre apparemment à tenir des notes journellement, écrit, lors du putsch des généraux, alors qu'avec d'autres représentants des autorités civiles et militaires il est enfermé dans le Palais d'Eté, à Alger, le 23 avril 1961 et gardé par des paras légionnaires du 1er R.E.P. : « J'aperçois trois paras qui utilisent leur transistor et captent une traduction en allemand d'un Appel de Challe à l'armée. » Qu'un ministre français puisse écrire de telles inepties démontre bien à quel point ces gens se jouent de la crédulité des lecteurs. Et prêter aux hommes qui se levaient contre l'abandon et jouaient leur vie, leur carrière et leur liberté, uniquement des mobiles sans grandeur et mesquins, était bien digne d'un séide gaullien.
De même quand ce M. Buron feint de croire (il le dit dans son récit) que ses compagnons de détention et lui risquaient d'être fusillés ... Par bonheur pour ces messieurs, les gens qui se révoltèrent pour l'honneur n'avaient pas fait leurs classes au KGB ni dans une école de révolution marxiste ... On est tout de même loin de la mansuétude des défenseurs de l'Algérie française avec les réalités qui n'ont rien de littéraires. Celles, des révolutions qui endeuillent notre planète.
Les hommes de l'Algérie française étaient des «boy-scouts». Auraient-ils appliqué les méthodes de terreur marxistes qu'ils auraient sans doute gagné. Le sang de la petite Delphine Renard, blessée par erreur (mais qui n'est, Dieu merci, ni devenue aveugle, comme on l'a dit et écrit, ni défigurée, comme le pense la majorité des Français aujourd'hui encore) a pesé plus dans la balance que celui des milliers de Français d'Algérie, chrétiens ou musulmans, fauchés par les bombes placées pour tuer, assassiner, mutiler ...
L'année 1961 verra même l'armée française tirer dans une foule française seulement armée de drapeaux tricolores. Des avions de chasse mitrailleront des quartiers populaires européens, des officiers, de hauts fonctionnaires envoyés spécialement de Paris pousseront les musulmans à manifester à leur tour contre les Européens. Aux cris de : « Vive l'Algérie française », dans un camp, répondront en face les cris de : « Vive De Gaulle ! Vive l'Algérie algérienne », Slogans significatifs et qui situent sans équivoque la réalité politique.
Roger Holeindre : National Hebdo du 10 au 17 février 2000
2/Mao livre 25 milliards de francs de nourriture et d'armes aux rebelles
En mars 1960, De Gaulle fait en Algérie la «tournée des popotes». Partout il s'adresse aux officiers: « La victoire complète de nos armes est indispensable, elle sera longue à obtenir »...« L'indépendance est inadmissible et impensable. La présence de la France sera maintenue à travers une formule que les Algériens devront trouver eux-mêmes...» « On peut accepter beaucoup de choses, on ne peut pas abandonner le Sahara purement et simplement au FLN »...
Le 28 mars 1960 il se passe un évènement incroyable. Grâce aux officiers français des services spéciaux, une entrevue est possible entre des envoyés de Charles de Gaulle et des émissaires de la wilaya 4. Ils viennent proposer de mettre fin au combat. Ils racontent... Ils en ont assez ... L'armée française les harcèle par trop ... Leurs chefs, à l'extérieur, sont des bons à rien! La population est plus que lasse de la guerre ; le GPRA ne représente plus rien à l'intérieur même de l'Algérie. Les pourparlers continuent ; si Salah en personne, le chef de la wilaya 4, y participe. Il est certain d'entraîner avec lui au moins deux autres wilayas (la 3 et la 6). Le 9 juin 1960, Si Salah rencontre De Gaulle à Paris. Mais pour le «général» la reddition des troupes de l'intérieur (ce qu'il en reste) ne lui amène pas la paix qu'il veut et va à l'encontre de ses espoirs. Pour lui cette victoire incontestable, due uniquement au courage et à la persévérance sur le terrain de nos troupes, il ne veut s'en servir que pour tenter de forcer la main aux dirigeants extérieurs de la rébellion. Avant qu'il ne reçoive Si Salah à Paris, Charles de Gaulle avait fait prévenir les dirigeants algériens, et M. Michelet en personne avait averti Krim Belkacem, « ministre des Affaires étrangères » du GPRA.
Dans les wilayas tentées par la paix, la répression, après la dénonciation gaullienne, s'abat de nouveau, d'autant plus terrible qu'elle est maintenant le fait de gens qui, un moment, ont «faibli»... ont donné leur accord pour les pourparlers, et essaient de faire disparaître le maximum de témoins gênants ... Si Salah sera exécuté!
Le général Challe me dira personnellement que, lors de son procès, le procureur Besson et le président du jury, le général Catroux, proposeront à ses avocats, comme seul moyen de sauver sa tête, de ne pas parler de cette affaire et de ne citer aucun témoin dans ce sens. C'est beau ... C'est grand ... C'est généreux ...
Moral au plus bas
Mais les purges entre combattants algériens ne remontent pas le moral des troupes rebelles de l'intérieur, il est au plus bas ; jamais la mésentente entre les chefs n'a été aussi violente. La rébellion ne représente plus un danger, elle est liquidée, abattue, morte ... La rébellion intérieure a cessé d'exister, les dernières grandes opérations menées par le général Challe ont toutes eu le résultat escompté!
Bien sûr, selon la presse de l'époque nos troupes sont censées ... « Ne rien trouver ... ou en être réduites à poursuivre des embryons de bandes ... Qui veut trop prouver...» C'est justement cette description défaitiste qui, en l'occurrence, est la bonne, car l'ennemi n'avait plus rien d'autre à nous opposer!
Les soutiens extérieurs, en revanche, prennent la relève.
La Chine de Mao livre 25 milliards de fournitures, armes, nourriture, vêtements. Ce «détail» est révélé en 1980 par Ferhat Abbas, qui se croit obligé de rappeler les conseils donnés par le grand frère expert en révolution: « Ne tuez pas, éduquez ... Celui qui trahit aujourd'hui peut être un excellent militant demain. » Lorsque l'on connaît la vérité sur les massacres en Chine du «Grand timonier» et la triste réalité dans les rangs de la rébellion algérienne, à l'époque, on peut rester songeur ...
A l'ONU, c'est Nikita Khrouchtchev lui-même qui fait du «forcing», La délégation, non reconnue du FLN à New York est, au vu et au su de tout le monde diplomatique, invitée officiellement à l'ambassade d'URSS.
Alors, en Algérie même, commence la période folle ... Les pieds-noirs attachés à leur terre, une partie de l'armée trahie, bafouée, insultée alors qu'elle ne fait que respecter sa parole, et les musulmans fidèles (que l'on a jamais cessé d'enrôler dans notre armée, qui se battent partout, qui jamais ne trahiront, qui représentent en nombre le triple de ceux qui servent le FLN), tous ces gens arriveront à désespérer de la France ...
Le putsch, l'O.A.S., rien ne pourra enrayer le processus engagé par Charles De Gaulle, aidé par des hommes qui, quelques années avant, étaient les ténors de l'Algérie française qui, tel un Debré, les appelait à l'insurrection et justifiait leur geste ! La machine infernale de la désinformation était en marche. Elle fera le travail que le gouvernement attendait d'elle, les «médias», aux mains des progressistes, s'en donneront à coeur joie ...
« Boy-Scouts ».
Dans son livre Carnets de la guerre d'Algérie, Robert Buron, le seul ministre apparemment à tenir des notes journellement, écrit, lors du putsch des généraux, alors qu'avec d'autres représentants des autorités civiles et militaires il est enfermé dans le Palais d'Eté, à Alger, le 23 avril 1961 et gardé par des paras légionnaires du 1er R.E.P. : « J'aperçois trois paras qui utilisent leur transistor et captent une traduction en allemand d'un Appel de Challe à l'armée. » Qu'un ministre français puisse écrire de telles inepties démontre bien à quel point ces gens se jouent de la crédulité des lecteurs. Et prêter aux hommes qui se levaient contre l'abandon et jouaient leur vie, leur carrière et leur liberté, uniquement des mobiles sans grandeur et mesquins, était bien digne d'un séide gaullien.
De même quand ce M. Buron feint de croire (il le dit dans son récit) que ses compagnons de détention et lui risquaient d'être fusillés ... Par bonheur pour ces messieurs, les gens qui se révoltèrent pour l'honneur n'avaient pas fait leurs classes au KGB ni dans une école de révolution marxiste ... On est tout de même loin de la mansuétude des défenseurs de l'Algérie française avec les réalités qui n'ont rien de littéraires. Celles, des révolutions qui endeuillent notre planète.
Les hommes de l'Algérie française étaient des «boy-scouts». Auraient-ils appliqué les méthodes de terreur marxistes qu'ils auraient sans doute gagné. Le sang de la petite Delphine Renard, blessée par erreur (mais qui n'est, Dieu merci, ni devenue aveugle, comme on l'a dit et écrit, ni défigurée, comme le pense la majorité des Français aujourd'hui encore) a pesé plus dans la balance que celui des milliers de Français d'Algérie, chrétiens ou musulmans, fauchés par les bombes placées pour tuer, assassiner, mutiler ...
L'année 1961 verra même l'armée française tirer dans une foule française seulement armée de drapeaux tricolores. Des avions de chasse mitrailleront des quartiers populaires européens, des officiers, de hauts fonctionnaires envoyés spécialement de Paris pousseront les musulmans à manifester à leur tour contre les Européens. Aux cris de : « Vive l'Algérie française », dans un camp, répondront en face les cris de : « Vive De Gaulle ! Vive l'Algérie algérienne », Slogans significatifs et qui situent sans équivoque la réalité politique.
Roger Holeindre : National Hebdo du 10 au 17 février 2000
- Pat
- Administrateur délégué
- Messages : 25476
- Inscription : 03/12/2006 - 23:46
- Localisation : Les Alleuds dans le 49
- Contact :
Re: ALGÉRIE : UNE GUERRE GAGNÉE POUR RIEN !
II/ALGÉRIE : une guerre gagnée pour rien
3/Le FLN dicte sa loi
Au milieu des tueries, de la peur, de la honte, De Gaulle dira au Conseil des ministres du 31 août 1961: « Notre politique, et je m'étonne qu'on s'obstine à ne pas la comprendre ... c'est le dégagement ! » Ce qui ne l'empêchait pas d'investir des sommes énormes en Algérie et de faire inaugurer, quelque temps après, la nouvelle aérogare d'Oran.
Quant à Michel Debré, Premier ministre, ne l'oublions pas, il rejetait toute idée de partition du territoire algérien ou de regroupement des populations française et musulmane fidèle car « cela bénéficierait avant tout à nos pires ennemis d'Alger ou d'Oran ». Précisons que ces «ennemis» dont il est question sont des Français ... Et les pourparlers de paix commencent. Chartes De Gaulle choisit bien son monde : Jean de Broglie (dont on connaîtra, par la suite, l'édifiante carrière) est chargé du Sahara ; maître des requêtes au Conseil d'Etat, il est l'ami de longue date de Michel Debré, ce qui est tout dire et puis MM. Joxe et Buron.
Le vendredi 9 février 1962, le «général» donne ses directives à ses employés: « L'essentiel, pour nous, sera d'obtenir des garanties sérieuses pour les Français qui accepteront de devenir Algériens. » « Quant au Sahara, ne compliquez pas les choses; il n'est pas possible d'aboutir autrement qu'en laissant l'Algérie décider de son sort politiquement. »
Ces gens qui devraient être les défenseurs des intérêts de la France partent donc déjà batItus. Pour De Gaulle, ce qui semble primer c'est l'obtention, pour les pieds-noirs, de Ia nationalité algérienne. Alors que ceux-ci sont au bord du désespoir et qu'en face il n'y a personne qui possède la stature politique et le pouvoir pour garantir quoi que ce soit de valable et de définitif.
Non seulement le Sahara est prévu comme prime à l'ennemi pour obtenir une nationalité étrangère à des Français, mais M. Joxe reçoit personnellement de son maître, le 17 février 1961, des consignes pour utiliser au mieux le dossier militaire, les bases, les dépôts, les ports ... en contrepartie, aussi, dans la discussion sur les nationalités. Nos bases atomiques seront bradées et nous dépenserons des milliards pour les réinstaller au bout du monde.
Le lâchage du Sahara
Mais le FLN, lui, sait ce qu'il veut. Il est bien conseillé, et personne, parmi nos représentants, n'a l'audace de lui rappeler qu'il a perdu la guerre. En deux temps, trois mouvements, l'affaire est faite.
Le FLN dicte sa loi : « La souveraineté de l'Algérie s'étendant sur le Sahara, il n'y aura plus de populations spécifiquement sahariennes; les engagements pris par la France vis-à-vis de celles-ci perdront immédiatement toute valeur. »
Peu de temps avant, à Paris, des hauts fonctionnaires furent recrutés pour régler les problèmes sahariens. Certains, comme Claude Cheysson, diplomate de carrière, avaient signé en 1956 un rapport demandant l'indépendance de l'Algérie. On ne pouvait vraiment mieux choisir pour défendre nos intérêts!
Le Sahara était la chance de la France, ce pouvait être aussi celle de l'Europe. C'était, avec nous, le trait d'union entre les deux Afriques ; c'était l'embryon de l'Eurafrique, c'était la paix assurée, cette paix que nous avons maintenue durant des décennies, pour la défense des plus faibles (n'est-ce pas, ô belles âmes humanistes, notre présence qui avait fait cesser le trafic des esclaves noirs ?). Oui, c'était la paix, alors qu'aujourd'hui c'est le centre de la guerre : le Maroc, la Mauritanie, le Niger, le Mali, tous les pays riverains sont menacés par les pitreries délirantes de M. Khadafi. Les Maures, les Regueibat, les Toubous, les Touareg, les Chambaa, que nous avions su préserver, à qui nous avions laissé leur mode de vie et leurs coutumes, ont été abandonnés. Eux aussi jusqu'à la fin, ils ont cru que la France resterait et les protégerait des Arabes avec qui ils n'ont rien de commun.
De plus, donnant aux Algériens un territoire qui ne leur appartenait pas, nous «volions» -pourquoi pas ?- aussi les Marocains et les Tunisiens, car, partir pour partir, nous devions rendre aux premiers Tindouf et même peut-être Colomb-Béchar ? Et aux autres une partie des gisements frontaliers, les bornes ayant été...un peu déplacées, jadis, par nos soldats, peu habitués, eux, à brader quoi que ce soit !
Un jour l'histoire plus objective, écrite avec les documents d'archives auxquels personne n'a accès aujourd'hui, apportera certainement la preuve que pour abandonner tout ce qui le fut afin d'obtenir des «accords» d'un ennemi qui savait très bien qu'il ne les respecterait jamais, des hommes d'Etat ont trahi i'intérêt moral de leur pays, et ses intérêts économiques.
S'il fallait une fois encore prouver que De Gaulle et son entourage n'étaient, à cette époque, que des partisans et des sectaires, c'est à M. Buron que nous demanderions cette preuve. Robert Buron écrit en effet, en date du 30 janvier 1962, alors qu'il dîne au Rocher Noir, avec le délégué général en Algérie, Jean Morin, et quelques hauts fonctionnaires : « On passe à table; curieux dîner, les résistants y sont en grande majorité; je fais la remarque que notre réunion a l'aspect d'une seconde manche du match De Gaulle contre Vichy. »
Une insanité de plus, destinée à réveiller par la calomnie des souvenirs douloureux. Les gaullistes sont bien des hommes de guerre civile. Pour eux les partisans de l'Algérie française c'était Vichy ... Les pieds-noirs qui fuyaient avec de maigres bagages un pays que leurs pères avaient tiré du néant ne devaient sûrement pas se douter de cela !
Abandonnés au massacre
Les musulmans qui, par milliers, seront coupés en morceaux, éventrés, bouillis, décapités ne devaient pas savoir, non plus, qu'ils se ballaient pour Pétain (il est vrai que la gauche à Paris les traitait de «Collabos»).
- Quant à tous les soldats et les officiers qui avaient autant, sinon plus, de titres de résistance que beaucoup de « gaullistes de la 11e heure », cette insulte supplémentaire ne pouvait que les confirmer dans l'idée que ces hommes menaient non la politique de la France mais celle d'une camarilla qui se parait des dépouilles du pays.
Le cessez-le-feu du 19 mars 1962, le référendum du 8 avril suivant ne seront que des mises en scène destinées, une fois de plus, à tromper l'opinion métropolitaine. Les chefs rebelles, en effet, font maintenant la loi à Alger.
Alger où, comme dans le maquis, ils ont toujours été battus. Mais la France gaullienne leur a donné des conseillers, et les hommes de l'OAS, derniers desperados de l'honneur, seront traqués par les hommes de Si Azzedine, renseigné par les services du préfet Vitali-Cros, envoyé de Charles De Gaulle.
L'armée française n'a pas à rougir
La guerre est finie. Les derniers résistants français ont réussi à s'échapper : l'Algérie n'est plus française.
De 1954 à 1962 les troupes françaises ont eu 17 456 tués, dont 5 966 par accident de la route ... sur le total, il y a 6 059 appelés. Pour la seule année 1962, les services compétents de la gendarmerie donnent, pour la France métropolitaine, le chiffre de 10 125 tués sur les routes.
Il faudra attendre 1980, pour lire dans l'Express (tout arrive) la réponse suivante de Si Azzedine à la question « L'armée française savait-elle s'adapter à votre combat? » :
« Le contingent qui se trouvait en Algérie, malgré lui, n'était pas motivé (sic). Restaient les professionnels : les parachutistes et la Légion. Que l'on ne s'y trompe pas. Celui qui prétend que l'armée française se battait mal est un con ! Franchement. »
Rappelons quand même que la plus grande partie des hommes des régiments paras, sauf Légion, étaient des hommes du contingent !
Roger Holeindre National Hebdo du 17 au 23 février 2000
3/Le FLN dicte sa loi
Au milieu des tueries, de la peur, de la honte, De Gaulle dira au Conseil des ministres du 31 août 1961: « Notre politique, et je m'étonne qu'on s'obstine à ne pas la comprendre ... c'est le dégagement ! » Ce qui ne l'empêchait pas d'investir des sommes énormes en Algérie et de faire inaugurer, quelque temps après, la nouvelle aérogare d'Oran.
Quant à Michel Debré, Premier ministre, ne l'oublions pas, il rejetait toute idée de partition du territoire algérien ou de regroupement des populations française et musulmane fidèle car « cela bénéficierait avant tout à nos pires ennemis d'Alger ou d'Oran ». Précisons que ces «ennemis» dont il est question sont des Français ... Et les pourparlers de paix commencent. Chartes De Gaulle choisit bien son monde : Jean de Broglie (dont on connaîtra, par la suite, l'édifiante carrière) est chargé du Sahara ; maître des requêtes au Conseil d'Etat, il est l'ami de longue date de Michel Debré, ce qui est tout dire et puis MM. Joxe et Buron.
Le vendredi 9 février 1962, le «général» donne ses directives à ses employés: « L'essentiel, pour nous, sera d'obtenir des garanties sérieuses pour les Français qui accepteront de devenir Algériens. » « Quant au Sahara, ne compliquez pas les choses; il n'est pas possible d'aboutir autrement qu'en laissant l'Algérie décider de son sort politiquement. »
Ces gens qui devraient être les défenseurs des intérêts de la France partent donc déjà batItus. Pour De Gaulle, ce qui semble primer c'est l'obtention, pour les pieds-noirs, de Ia nationalité algérienne. Alors que ceux-ci sont au bord du désespoir et qu'en face il n'y a personne qui possède la stature politique et le pouvoir pour garantir quoi que ce soit de valable et de définitif.
Non seulement le Sahara est prévu comme prime à l'ennemi pour obtenir une nationalité étrangère à des Français, mais M. Joxe reçoit personnellement de son maître, le 17 février 1961, des consignes pour utiliser au mieux le dossier militaire, les bases, les dépôts, les ports ... en contrepartie, aussi, dans la discussion sur les nationalités. Nos bases atomiques seront bradées et nous dépenserons des milliards pour les réinstaller au bout du monde.
Le lâchage du Sahara
Mais le FLN, lui, sait ce qu'il veut. Il est bien conseillé, et personne, parmi nos représentants, n'a l'audace de lui rappeler qu'il a perdu la guerre. En deux temps, trois mouvements, l'affaire est faite.
Le FLN dicte sa loi : « La souveraineté de l'Algérie s'étendant sur le Sahara, il n'y aura plus de populations spécifiquement sahariennes; les engagements pris par la France vis-à-vis de celles-ci perdront immédiatement toute valeur. »
Peu de temps avant, à Paris, des hauts fonctionnaires furent recrutés pour régler les problèmes sahariens. Certains, comme Claude Cheysson, diplomate de carrière, avaient signé en 1956 un rapport demandant l'indépendance de l'Algérie. On ne pouvait vraiment mieux choisir pour défendre nos intérêts!
Le Sahara était la chance de la France, ce pouvait être aussi celle de l'Europe. C'était, avec nous, le trait d'union entre les deux Afriques ; c'était l'embryon de l'Eurafrique, c'était la paix assurée, cette paix que nous avons maintenue durant des décennies, pour la défense des plus faibles (n'est-ce pas, ô belles âmes humanistes, notre présence qui avait fait cesser le trafic des esclaves noirs ?). Oui, c'était la paix, alors qu'aujourd'hui c'est le centre de la guerre : le Maroc, la Mauritanie, le Niger, le Mali, tous les pays riverains sont menacés par les pitreries délirantes de M. Khadafi. Les Maures, les Regueibat, les Toubous, les Touareg, les Chambaa, que nous avions su préserver, à qui nous avions laissé leur mode de vie et leurs coutumes, ont été abandonnés. Eux aussi jusqu'à la fin, ils ont cru que la France resterait et les protégerait des Arabes avec qui ils n'ont rien de commun.
De plus, donnant aux Algériens un territoire qui ne leur appartenait pas, nous «volions» -pourquoi pas ?- aussi les Marocains et les Tunisiens, car, partir pour partir, nous devions rendre aux premiers Tindouf et même peut-être Colomb-Béchar ? Et aux autres une partie des gisements frontaliers, les bornes ayant été...un peu déplacées, jadis, par nos soldats, peu habitués, eux, à brader quoi que ce soit !
Un jour l'histoire plus objective, écrite avec les documents d'archives auxquels personne n'a accès aujourd'hui, apportera certainement la preuve que pour abandonner tout ce qui le fut afin d'obtenir des «accords» d'un ennemi qui savait très bien qu'il ne les respecterait jamais, des hommes d'Etat ont trahi i'intérêt moral de leur pays, et ses intérêts économiques.
S'il fallait une fois encore prouver que De Gaulle et son entourage n'étaient, à cette époque, que des partisans et des sectaires, c'est à M. Buron que nous demanderions cette preuve. Robert Buron écrit en effet, en date du 30 janvier 1962, alors qu'il dîne au Rocher Noir, avec le délégué général en Algérie, Jean Morin, et quelques hauts fonctionnaires : « On passe à table; curieux dîner, les résistants y sont en grande majorité; je fais la remarque que notre réunion a l'aspect d'une seconde manche du match De Gaulle contre Vichy. »
Une insanité de plus, destinée à réveiller par la calomnie des souvenirs douloureux. Les gaullistes sont bien des hommes de guerre civile. Pour eux les partisans de l'Algérie française c'était Vichy ... Les pieds-noirs qui fuyaient avec de maigres bagages un pays que leurs pères avaient tiré du néant ne devaient sûrement pas se douter de cela !
Abandonnés au massacre
Les musulmans qui, par milliers, seront coupés en morceaux, éventrés, bouillis, décapités ne devaient pas savoir, non plus, qu'ils se ballaient pour Pétain (il est vrai que la gauche à Paris les traitait de «Collabos»).
- Quant à tous les soldats et les officiers qui avaient autant, sinon plus, de titres de résistance que beaucoup de « gaullistes de la 11e heure », cette insulte supplémentaire ne pouvait que les confirmer dans l'idée que ces hommes menaient non la politique de la France mais celle d'une camarilla qui se parait des dépouilles du pays.
Le cessez-le-feu du 19 mars 1962, le référendum du 8 avril suivant ne seront que des mises en scène destinées, une fois de plus, à tromper l'opinion métropolitaine. Les chefs rebelles, en effet, font maintenant la loi à Alger.
Alger où, comme dans le maquis, ils ont toujours été battus. Mais la France gaullienne leur a donné des conseillers, et les hommes de l'OAS, derniers desperados de l'honneur, seront traqués par les hommes de Si Azzedine, renseigné par les services du préfet Vitali-Cros, envoyé de Charles De Gaulle.
L'armée française n'a pas à rougir
La guerre est finie. Les derniers résistants français ont réussi à s'échapper : l'Algérie n'est plus française.
De 1954 à 1962 les troupes françaises ont eu 17 456 tués, dont 5 966 par accident de la route ... sur le total, il y a 6 059 appelés. Pour la seule année 1962, les services compétents de la gendarmerie donnent, pour la France métropolitaine, le chiffre de 10 125 tués sur les routes.
Il faudra attendre 1980, pour lire dans l'Express (tout arrive) la réponse suivante de Si Azzedine à la question « L'armée française savait-elle s'adapter à votre combat? » :
« Le contingent qui se trouvait en Algérie, malgré lui, n'était pas motivé (sic). Restaient les professionnels : les parachutistes et la Légion. Que l'on ne s'y trompe pas. Celui qui prétend que l'armée française se battait mal est un con ! Franchement. »
Rappelons quand même que la plus grande partie des hommes des régiments paras, sauf Légion, étaient des hommes du contingent !
Roger Holeindre National Hebdo du 17 au 23 février 2000
- Pat
- Administrateur délégué
- Messages : 25476
- Inscription : 03/12/2006 - 23:46
- Localisation : Les Alleuds dans le 49
- Contact :
Re: ALGÉRIE : UNE GUERRE GAGNÉE POUR RIEN !
II/ALGÉRIE : une guerre gagnée pour rien !
4/Comment les Américains et les Russes ont blousé De Gaulle
Pourquoi De Gaulle a-t-il bradé l'Algérie et a-t-il fait cadeau du Sahara aux nouveaux dirigeants algériens qui ne sont en place que grâce à lui et lui seul ? Même aujourd'hui personne n'est capable de répondre avec précision à cette question, hormis quelques très rares individus mêlés de très près à cette triste histoire et dont plusieurs sont déjà morts, l'un d'eux de mort violente!
Nous avons quelques éléments qui permettent de jeter une relative lumière sur les menées gaulliennes.
Dès 1959 le «Général» prenait régulièrement des nouvelles de Ben Bella emprisonné avec ses «collègues» piégés dans l'avion, et dont la détention ne cessait de s'améliorer à tel point que certains hommes des services de garde auraient beaucoup de choses à écrire, anecdotes croustillantes.
Bref le seul qui intéresse le général est donc le sieur Ben Bella.
Il est vrai que Ben Bella a fait une belle guerre en Italie; et il s'est trouvé que c'est De Gaulle lui-même qui, décorant des soldats méritants, a remis la médaille militaire à l'adjudant Ben Bella, médaille militaire «au feu», ce qui représente une décoration exemplaire. Mais on connaît le cheminement par la suite du chef rebelle. Pourtant il est certain qu'à l'insu des autres détenus et des dirigeants du FLN en liberté à l'étranger, des envoyés de De Gaulle ont tout fait pour avoir avec Ben Bella des contacts plus «serrés» qu'avec tout autre représentant du GPRA.
Ben Bella au pouvoir respectera à peu près les accords d'Evian et, sur le plan politique: dès 1964, il prépare la tenue, à Alger d'un grand sommet afro-asiatique, sous l'égide des «non alignés».
Les services élyséens, sur ordre de De Gaulle, et par des canaux détournés, avec des fonds secrets, financent la remise en état ou la construclton de villas d'apparat aptes à recevoir les « damnés de la terre ».
La conférence doit être un succès; Ben Bella y tient énormément ; c'est l'entrée officielle de l'Algérie nouvelle dans le monde. L'éclat de cette réunion doit être celui d'un second Bandoung ! Deux mille personnes sont attendues.Tout se passera au Club des Pins, à vingt kilomètres d'Alger; le palais des Congrès est presque achevé, Mais, le 19 juin 1965, quelques jours à peine avant l'arrivée des premières délégations, Ben Bella, premier président de la République algérienne, est arrêté.
Ce sont les hommes de la Sécurité militaire algérienne, véritable Gestapo aux ordres de Boumedienne qui, sans effusion de sang, viennent de réussir un coup d'Etat. Embarqué dans une voiture comme un paquet de linge sale, le président est jeté dans un cul-de-basse-fosse, Pendant des années, il ne verra plus personne, hormis ses geôliers, jamais les mêmes, car tous les deux ou trois mois, en grand secret, il sera changé de cachot.
Il est prisonnier personnel de son ex-chef d'état-major qui, sans coup férir, a pris sa place; sans qu'aucune nation au monde ne pose de question ! Comment cela a-t-il pu se passer ? Et pourquoi ? La réponse est, elle aussi, difficile à trouver, et lorsque l'on cherche longtemps et sérieusement il n'est pas facile de croire ce qui pourrait bien être la vérité !
Dans la foulée de la fin de la guerre d'Algérie, De Gaulle, qui semblait désireux de former avec nos anciennes colonies d'Afrique un ensemble qu'il baptisa d'ailleurs Communauté, changea soudain d'avis ... Des drapeaux avaient bien été remis solennellement lors du 14 juillet, une assemblée de la Communauté était installée à Versailles mais, tout se liquéfia ...
C'est que Charles De Gaulle avait entrevu un grand projet et que, pour le réaliser, il comptait se servir de Ben Bella, Le projet était que l'homme qui avait accordé rindépendance à l'Algérie, qui avait « décolonisé » l'Empire français, donné le Sahara à des gens à qui il ne devait pas revenir et l'indépendance à des pays d'Afrique noire qui ne la demandaient pas, devait pouvoir prendre, avec l'appui de l'opinion progressiste mondiale, une «dimension» nouvelle et à l'échelon de la gloire à laquelle il pensait avoir droit.
Le «Général» ne voulait pas avoir travaillé pour rien, Il rêvait de coiffer la couronne d'imperator qui lui aurait permis, croyait-il, de se hausser au niveau des deux «Grands».
Tout était prêt, minuté. De la tribune de la conférence, Ben Bella, l'invitant, l'hôte chez qui tout le monde était reçu aux frais du contribuable français, devait lancer un appel à Charles De Gaulle, le «décolonisateur», pour venir présider la fin de la conférence ... Appel auquel, bien sûr, le Général se serait empressé de répondre.
Mais ce beau et véridique scénario n'arrangeait pas tout le monde, et surtout pas les deux superpuissances, C'est alors que les services secrets américains et soviétiques se mirent d'accord pour faire évincer Ben Bella par Boumedienne, Ce qui fut fait !
On pourrait croire que run des deux «grands» fut lésé dans celle histoire ?
Absolument pas, Les Soviétiques mettaient en place un homme beaucoup plus engagé, à leur côté que Ben Bella et les Etats-unis faisaient plaisir à leurs pétroliers dont le seul désir était que les Français retombent sous la dépendance des sociétés pétrolières multinationales ... dont ils sont les patrons.
De Gaulle, qui avait déjà reçu Ben Bella, clandestinement, au château de Champs, devait le revoir en juillet 1965, pour que soient rediscutés les accords du pétrole saharien entre la France et l'Algérie. Ben Bella, en fait, était pour De Gaulle la caution algérienne des accords d'Evian.
Dans les années qui suivirent l'emprisonnement de Ben Bella, Boumedienne, comme prévu, «muscla» son régime et sabota sciemment les accords. Les biens français, abandonnés lors de l'exode tragique des piedsnoirs, de «biens vacants» sous Ben Bella, devinrent des «biens d'Etat» sous son régime.
Sans préavis, dès 1968, quatorze des sociétés françaises de distribution de pétrole saharien, notre pétrole, sont nationalisées ... puis, de mois en mois, les meilleures entreprises françaises, les plus modernes, les plus rentables, toutes garanties par les accords d'Evian sont à leur tour, nationalisées, sans que Paris ne dise rien, sans que la moindre mesure de rétorsion ne soit prise contre les biens algériens en France qui sont, dans le domaine hôtelier entre autres, dix fois supérieurs au moins à ce qui nous restait en Algérie.
Le 24 février 1971 le pétrole saharien est nationalisé, Nous n'intervenons pas plus, Boumedienne pourtant, cela est prouvé, pense que la France, cette fois-ci, va prendre le mors, aux dents. Il pense que le gouvernement de Paris va expulser le trop-plein de travailleurs algériens, Des mesures sont même prises par toutes les wilayas pour accueillir les refoulés. Rien! De grands rires sonores s'élèvent dans le ciel algérien ...
Boumedienne a osé ! Il a réussi ! Il a en main l'outil avec lequel il pourra jouer sur la scène internationale. C'est à lui que l'on devra la «guerre» du pétrole, c'est lui qui, le premier, en tant que chef d'Etat proposera que celle arme nouvelle soit employée contre l'Occident pour lui faire abandonner Israêl.
A ceux qui pouvaient l'approcher, lui, l'homme triste, montrait un visage souriant quand il parlait de cette aventure et du bon tour joué aux «impérialistes», français et autres, A deux journalistes qui écrivaient un livre sur lui (Un Algérien nommé Boumedienne, chez Stock), il dira: « De Gaulle ne nous aimait pas ; mais il avait une vision ample de l'avenir. Il a essayé de jouer la carte de la coopération car il savait qu'une coopération exemplaire avec l'Algérie serait sa carte de visite dans le tiers monde» ... « Pour De Gaulle ... Ben Bella était un gaulliste. »
Voilà; le «Général» est mort, il n'a pas été le leader du tiers monde. La France a perdu son pétrole, Le Sahara et les pays limitrophes sont à feu et à sang ... mais, bonne nouvelle, M. Ben Bella, sorti de prison où l'avaient mis ses «frères» pendant quinze ans, déclara à la presse française qu'il « n'en voulait pas à la France ».
Nous avons vraiment de la chance !
Roger Holeindre : National Hebdo du 24 au 1er mars 2000
4/Comment les Américains et les Russes ont blousé De Gaulle
Pourquoi De Gaulle a-t-il bradé l'Algérie et a-t-il fait cadeau du Sahara aux nouveaux dirigeants algériens qui ne sont en place que grâce à lui et lui seul ? Même aujourd'hui personne n'est capable de répondre avec précision à cette question, hormis quelques très rares individus mêlés de très près à cette triste histoire et dont plusieurs sont déjà morts, l'un d'eux de mort violente!
Nous avons quelques éléments qui permettent de jeter une relative lumière sur les menées gaulliennes.
Dès 1959 le «Général» prenait régulièrement des nouvelles de Ben Bella emprisonné avec ses «collègues» piégés dans l'avion, et dont la détention ne cessait de s'améliorer à tel point que certains hommes des services de garde auraient beaucoup de choses à écrire, anecdotes croustillantes.
Bref le seul qui intéresse le général est donc le sieur Ben Bella.
Il est vrai que Ben Bella a fait une belle guerre en Italie; et il s'est trouvé que c'est De Gaulle lui-même qui, décorant des soldats méritants, a remis la médaille militaire à l'adjudant Ben Bella, médaille militaire «au feu», ce qui représente une décoration exemplaire. Mais on connaît le cheminement par la suite du chef rebelle. Pourtant il est certain qu'à l'insu des autres détenus et des dirigeants du FLN en liberté à l'étranger, des envoyés de De Gaulle ont tout fait pour avoir avec Ben Bella des contacts plus «serrés» qu'avec tout autre représentant du GPRA.
Ben Bella au pouvoir respectera à peu près les accords d'Evian et, sur le plan politique: dès 1964, il prépare la tenue, à Alger d'un grand sommet afro-asiatique, sous l'égide des «non alignés».
Les services élyséens, sur ordre de De Gaulle, et par des canaux détournés, avec des fonds secrets, financent la remise en état ou la construclton de villas d'apparat aptes à recevoir les « damnés de la terre ».
La conférence doit être un succès; Ben Bella y tient énormément ; c'est l'entrée officielle de l'Algérie nouvelle dans le monde. L'éclat de cette réunion doit être celui d'un second Bandoung ! Deux mille personnes sont attendues.Tout se passera au Club des Pins, à vingt kilomètres d'Alger; le palais des Congrès est presque achevé, Mais, le 19 juin 1965, quelques jours à peine avant l'arrivée des premières délégations, Ben Bella, premier président de la République algérienne, est arrêté.
Ce sont les hommes de la Sécurité militaire algérienne, véritable Gestapo aux ordres de Boumedienne qui, sans effusion de sang, viennent de réussir un coup d'Etat. Embarqué dans une voiture comme un paquet de linge sale, le président est jeté dans un cul-de-basse-fosse, Pendant des années, il ne verra plus personne, hormis ses geôliers, jamais les mêmes, car tous les deux ou trois mois, en grand secret, il sera changé de cachot.
Il est prisonnier personnel de son ex-chef d'état-major qui, sans coup férir, a pris sa place; sans qu'aucune nation au monde ne pose de question ! Comment cela a-t-il pu se passer ? Et pourquoi ? La réponse est, elle aussi, difficile à trouver, et lorsque l'on cherche longtemps et sérieusement il n'est pas facile de croire ce qui pourrait bien être la vérité !
Dans la foulée de la fin de la guerre d'Algérie, De Gaulle, qui semblait désireux de former avec nos anciennes colonies d'Afrique un ensemble qu'il baptisa d'ailleurs Communauté, changea soudain d'avis ... Des drapeaux avaient bien été remis solennellement lors du 14 juillet, une assemblée de la Communauté était installée à Versailles mais, tout se liquéfia ...
C'est que Charles De Gaulle avait entrevu un grand projet et que, pour le réaliser, il comptait se servir de Ben Bella, Le projet était que l'homme qui avait accordé rindépendance à l'Algérie, qui avait « décolonisé » l'Empire français, donné le Sahara à des gens à qui il ne devait pas revenir et l'indépendance à des pays d'Afrique noire qui ne la demandaient pas, devait pouvoir prendre, avec l'appui de l'opinion progressiste mondiale, une «dimension» nouvelle et à l'échelon de la gloire à laquelle il pensait avoir droit.
Le «Général» ne voulait pas avoir travaillé pour rien, Il rêvait de coiffer la couronne d'imperator qui lui aurait permis, croyait-il, de se hausser au niveau des deux «Grands».
Tout était prêt, minuté. De la tribune de la conférence, Ben Bella, l'invitant, l'hôte chez qui tout le monde était reçu aux frais du contribuable français, devait lancer un appel à Charles De Gaulle, le «décolonisateur», pour venir présider la fin de la conférence ... Appel auquel, bien sûr, le Général se serait empressé de répondre.
Mais ce beau et véridique scénario n'arrangeait pas tout le monde, et surtout pas les deux superpuissances, C'est alors que les services secrets américains et soviétiques se mirent d'accord pour faire évincer Ben Bella par Boumedienne, Ce qui fut fait !
On pourrait croire que run des deux «grands» fut lésé dans celle histoire ?
Absolument pas, Les Soviétiques mettaient en place un homme beaucoup plus engagé, à leur côté que Ben Bella et les Etats-unis faisaient plaisir à leurs pétroliers dont le seul désir était que les Français retombent sous la dépendance des sociétés pétrolières multinationales ... dont ils sont les patrons.
De Gaulle, qui avait déjà reçu Ben Bella, clandestinement, au château de Champs, devait le revoir en juillet 1965, pour que soient rediscutés les accords du pétrole saharien entre la France et l'Algérie. Ben Bella, en fait, était pour De Gaulle la caution algérienne des accords d'Evian.
Dans les années qui suivirent l'emprisonnement de Ben Bella, Boumedienne, comme prévu, «muscla» son régime et sabota sciemment les accords. Les biens français, abandonnés lors de l'exode tragique des piedsnoirs, de «biens vacants» sous Ben Bella, devinrent des «biens d'Etat» sous son régime.
Sans préavis, dès 1968, quatorze des sociétés françaises de distribution de pétrole saharien, notre pétrole, sont nationalisées ... puis, de mois en mois, les meilleures entreprises françaises, les plus modernes, les plus rentables, toutes garanties par les accords d'Evian sont à leur tour, nationalisées, sans que Paris ne dise rien, sans que la moindre mesure de rétorsion ne soit prise contre les biens algériens en France qui sont, dans le domaine hôtelier entre autres, dix fois supérieurs au moins à ce qui nous restait en Algérie.
Le 24 février 1971 le pétrole saharien est nationalisé, Nous n'intervenons pas plus, Boumedienne pourtant, cela est prouvé, pense que la France, cette fois-ci, va prendre le mors, aux dents. Il pense que le gouvernement de Paris va expulser le trop-plein de travailleurs algériens, Des mesures sont même prises par toutes les wilayas pour accueillir les refoulés. Rien! De grands rires sonores s'élèvent dans le ciel algérien ...
Boumedienne a osé ! Il a réussi ! Il a en main l'outil avec lequel il pourra jouer sur la scène internationale. C'est à lui que l'on devra la «guerre» du pétrole, c'est lui qui, le premier, en tant que chef d'Etat proposera que celle arme nouvelle soit employée contre l'Occident pour lui faire abandonner Israêl.
A ceux qui pouvaient l'approcher, lui, l'homme triste, montrait un visage souriant quand il parlait de cette aventure et du bon tour joué aux «impérialistes», français et autres, A deux journalistes qui écrivaient un livre sur lui (Un Algérien nommé Boumedienne, chez Stock), il dira: « De Gaulle ne nous aimait pas ; mais il avait une vision ample de l'avenir. Il a essayé de jouer la carte de la coopération car il savait qu'une coopération exemplaire avec l'Algérie serait sa carte de visite dans le tiers monde» ... « Pour De Gaulle ... Ben Bella était un gaulliste. »
Voilà; le «Général» est mort, il n'a pas été le leader du tiers monde. La France a perdu son pétrole, Le Sahara et les pays limitrophes sont à feu et à sang ... mais, bonne nouvelle, M. Ben Bella, sorti de prison où l'avaient mis ses «frères» pendant quinze ans, déclara à la presse française qu'il « n'en voulait pas à la France ».
Nous avons vraiment de la chance !
Roger Holeindre : National Hebdo du 24 au 1er mars 2000
Revenir vers « culture et histoire »
Qui est en ligne ?
Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 2 invités
