GUERRE 14-18 EN AFRIQUE et PARTAGE DE L'AFRIQUE ALLEMANDE

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Pat
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GUERRE 14-18 EN AFRIQUE et PARTAGE DE L'AFRIQUE ALLEMANDE

Messagepar Pat » 13/11/2007 - 20:52

LA GUERRE DE 14-18 EN AFRIQUE

Durant la Première Guerre mondiale, on s'est battu en Europe, en Asie, mais aussi en Afrique. L'Allemagne, tard venue dans le concert des nations coloniales, y possédait des colonies disparates. Certaines étaient immenses comme l'Est africain, le Sud-Ouest africain et le Cameroun, une autre, le Togo, était minuscule. Séparées les unes des autres, elles étaient difficilement défendables. Livrées à leurs seules ressources par le blocus, allié, elles résistèrent d'une manière inégale; en Afrique orientale, une véritable épopée fut sculptée par la Schutztruppe du général von Lettow-Vorbeck.

En Afrique de l'Ouest, les colonies allemandes furent rapidement conquises par les alliés franco-britanniques. Au Togo, la campagne dura 21 jours, du 5 au 25 août 1914. Au Cameroun, où l'Allemagne avait la possibilité de mobiliser un millier de colons, la lutte fut plus âpre. Le 26 septembre 1914, après un débarquement, Douala fut conquise. La résistance allemande fut opiniâtre face à un ennemi largement supérieur en hommes et en moyens. Le 1 er janvier 1916, Yaoundé fut prise mais les contingents allemands refusèrent de capituler et se replièrent en bon ordre en Guinée espagnole où ils déposèrent les armes.


Au Sud-Ouest africain, la guerre qui se déroula fut une guerre de Blancs, six mille réservistes mobilisés venant renforcer mille six cents soldats d'active. Ici, la guerre contre l'Allemagne fut menée par l'Afrique du Sud. Ce fut le prix que l'ex-ennemi de l'Angleterre paya pour rétablir avec Londres de bonnes relations. Mais la décision d'entrer en guerre aux côtés de l'ennemi anglais contre l'ancien allié allemand provoqua une sédition chez les Afrikaners. Les anciens généraux Botha et Smuts prirent le parti des Alliés tandis que Maritz et De Wet, suivis par douze mille hommes, entrèrent en rébellion, affirmant que le soutien à l'Allemagne devrait permettre de se libérer des Britanniques.
Ainsi, les Boers combattirent-ils d'autres Boers mais la rébellion fut vite écrasée, les derniers irréductibles se rendant en février 1915. Quarante-huit mille Sud-Africains pénétrèrent ensuite en territoire allemand. Le 9 juillet 1915, toute résistance y cessa.
En Afrique orientale allemande, les hostilités débutent le 8 août 1914 quand une escadre britannique bombarde Dar es-Salam. Pour défendre l'immense territoire allemand qui englobe l'actuelle Tanzanie (moins Zanzibar), le Rwanda et le Burundi, von Lettow dispose de 463 soldats d'active renforcés par deux mille cinq cents colons immédiatement mobilisés et de quatre mille six cents askaris ou soldats noirs.
L'armement de cette troupe est largement déclassé ; les askaris ne disposent que du fusil modèle 71 tirant des munitions à poudre noire. Les Allemands ne possèdent que six véhicules automobiles alors que les Alliés en utiliseront des milliers.
Ils n'ont pas d'aviation et leur artillerie est quasiment inexistante.
Privés de tout ravitaillement, ils ne pourront équiper leurs compagnies que grâce aux armes de prise.

HEIA SAFARI!

Dès 1915, les femmes des colons produisent des tissus de fortune en réinventant le rouet. Le cuir de buffle est utilisé pour fabriquer des chaussures rustiques, et un carburant tiré de la noix de coco permet de faire rouler les quelques véhicules pris aux Alliés. Von Lettow remporte victoire sur victoire, mais les pertes qu'il subit sont irréparables en raison du blocus maritime. Chaque combat affaiblit donc le potentiel allemand et von Lettow comprend qu'il doit changer de tactique s'il veut continuer la lutte. Désormais, c'est une vaste guérilla qu'il va mener, retraitant en bon ordre face à un adversaire de plus en plus nombreux, l'attaquant par surprise afin de prendre ses dépôts et ainsi ravitailler ses hommes.
A la fin de l'année 1915, von Lettow peut aligner 60 compagnies équipées de 2 mitrailleuses chacune, mais, face aux 15 000 Sud-Africains venus renforcer les Britanniques, il ne peut que retarder l'inéluctable.
En 1916, venus du Mozambique, 3 000 soldats portugais tentent une offensive au sud de la colonie allemande. La réplique est immédiate et les forces de von Lettow les repoussent en territoire portugais.
Fin novembre 1917, von Lettow, qui ne peut faire face au rouleau compresseur allié, décide d'abandonner le territoire allemand et de porter la guerre au Mozambique où, durant une année, il échappera à ses poursuivants. Mais, de combat en escarmouche, d'assaut en embuscade, la Schutztruppe a fondu comme neige au soleil. Le 7 septembre 1918, il ne reste plus que 160 Européens et 1 416 askaris en état de combattre .
Le 25 novembre 1918, 14 jours après l'armistice européen, les survivants de l'armée coloniale allemande déposent les armes en Rhodésie.
Au son des fifres et des tambourins, conduits par le général von Lettow-Vorbeck, véritable seigneur de la guerre, hommes de la Schutztruppe, volontaires européens, askaris et porteurs avaient combattu à onze mille contre cent trente mille Britanniques, Sud-Africains, Belges et Portugais.



LE PARTAGE DE L'AFRIQUE ALLEMANDE


Le 19 janvier 1919, l'Assemblée de Weimar est élue et le gouvernement qui en est issu déclare inacceptables les conditions de paix alliées qui visaient à faire de l'Allemagne une puissance placée sous la tutelle de ses vainqueurs.
Le 28 juin 1919, considérant qu'elle ne pouvait plus reprendre la guerre, l'Allemagne signe le traité de Versailles, reconnaissant, la rage au cœur, sa responsabilité exclusive dans le déclenchement des hostilités et entérinant sa déchéance coloniale pour « manquement à sa mission civilisatrice ».

CULPABILITÉ COLONIALE

Pour les vainqueurs, l'occasion était trop belle de laisser ainsi échapper la chance de se partager les dépouilles tant convoitées de l'ancienne Afrique allemande. Aussi, un argument moral fut-il inventé pour justifier cette politique. On prétendit que l'Allemagne avait maintenu ses territoires coloniaux avec une poigne de fer bien éloignée de la mission civilisatrice de l'homme blanc. En un mot, l'Allemagne n'était pas jugée digne de posséder des colonies.
Le mensonge de la culpabilité coloniale que les Allemands désignent par Die koloniale Schuldluge, donnait aux Alliés le droit de s'emparer des colonies du Reich. Quarante articles du traité de Versailles furent précisément consacrés à cette question.
Les principaux de ces articles portent les numéros 118, 119 et 120. Comme ils avaient le souci des formes, les Alliés ne désiraient pas que la prise de possession des dépouilles allemandes puisse apparaître comme une simple opération de rapt colonial, comme un nouveau partage de l'Afrique. C'est pourquoi le système des « mandats » fut inventé pour la circonstance. Habile artifice diplomatique: en théorie, les Alliés n'occupaient les anciennes colonies allemandes qu'au nom de la Société des nations qui leur confiait mandat afin qu'ils exercent à sa place les droits de souveraineté sur les territoires en question. Trois types de mandats furent prévus. Le mandat A concernait les anciens territoires de l'Empire ottoman partagés entre la France et la Grande-Bretagne. Le mandat B concernait le Rwanda, le Burundi, le Cameroun, le Tanganyika et le Togo, administrés par la Belgique, la France et la Grande-Bretagne. Le mandat C s'appliquait au sud-ouest africain et aux anciennes possessions allemandes du Pacifique.
Il prévoyait l'intégration au territoire de la puissance mandataire.
Ces précautions juridiques prises, il apparut bien vite que les Alliés considéraient naturellement leurs nouvelles acquisitions coloniales comme des parties intégrantes de leurs empires respectifs.
Le partage du Togo et du Cameroun fut réalisé à l'avantage de la France.
Entre la Belgique et la Grande-Bretagne, les marchandages furent laborieux. La Belgique occupait en effet la zone de Kigoma, important port créé par l'Allemagne sur le lac Tanganyka et terminus du chemin de fer qui reliait l'océan Indien au centre de l'Afrique.

MARCHANDAGES

Lord Milner, le négociateur britannique, désirait voir la Belgique renoncer à cette conquête afin que les communications entre les diverses possessions britanniques d'Afrique orientale ne soient pas coupées. En échange d'un abandon belge, il proposait des compensations aux dépens du domaine colonial portugais.
Le 13 avril 1919, la délégation belge à la conférence de la paix découvrit avec stupéfaction que le démembrement colonial allemand se faisait au profit des « grandes puissances alliées et associées », mais non à celui de la Belgique. Après une ferme intervention, le ministre belge des Affaires étrangères obtint que le terme «grandes puissances» soit remplacé par celui de « principales puissances» afin que Bruxelles puisse obtenir sa part des dépouilles du Reich. Le 30 mai 1919, une convention anglo-belge était signée, la Belgique conservait le Rwanda amputé du Gisaka, et le Burundi moins la région du Bugufi. Elle abandonnait Kigoma à la Grande-Bretagne en échange d'avantages économiques. En réalité, Londres accordait à Bruxelles la liberté de transit à travers l'Est africain britannique ainsi que des tarifs préférentiels sur ses voies ferrées et dans ses ports.
Le chant du « Heia Safari » ne retentirait plus sur les petites pistes : le temps des marchands était venu.

Bernard LUGAN : minute LA FRANCE 1992
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Que les hommes d'arme bataillent et que Dieu donne la victoire! (Jeanne d'Arc) Patriotiquement votre.

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Messagepar Nationaliste » 09/01/2008 - 17:45

Les allemands ont en effet bien résisté en Afrique pendant la grande guerre ,et ce alors qu'ils n'avaient rien et que ces terres étaient loin des leurs ...
Histoire qui tend à rappeler l'épopée Québecoise de la France en Amérique au cours de laquelle avec 10000 hommes en tout (dont la majoritée d'Amérindien) ont résisté aux armées britannques de plus de 50000 hommes !
"Du combat, seul les lâches s'écartent" (Homère)


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