On a tendance à l’oubli mais le dernier empereur romain ne fut pas Romulus Augustule, déposé par le roi germain Odoacre après la chute finale de Rome le 4 septembre 476, mais Constantin XI Dragasès.
Vers l’an 300, Constantinople est devenu la deuxième capitale à l'Empire romain.
Après 476 et la chute définitive de Rome, c’est Constantinople qui devint le dernier centre politique et culturel où se perpétuaient les traditions romaines.
En 1453, l’empereur Constantin XI Dragasès règne sur ce qui subsiste de l’empire romain d’Orient, pour l’essentiel, la ville de Constantinople.
Devenus les maîtres de l'Asie Mineure et d'une partie des Balkans, les Turcs avaient à plusieurs reprises essayé de s'emparer de Constantinople. Dès son avènement en 1451, le jeune sultan Mahomet II décida de prendre la ville.
Le siège commença le 5 avril 1453, à la fois par mer et par terre. La ville était puissamment fortifiée mais Constantin XI disposait de moins de 10 000 combattants face aux quelque 200 000 hommes du sultan, dont les terribles janissaires.
Comme à chaque fois que le monde chrétien affronte l’islam, ce ne fut pas un siége ordinaire, de part et d’autre la lutte fut sans merci et les défenseurs de Constantinople se battirent avec une ténacité et un courage qui, à cinq siècles de distance, force encore le respect.
Les Chrétiens firent payer chèrement leur victoire aux Turcs, ils repoussèrent, jour après jour, des dizaines d’assauts. Lorsque les Turcs tentèrent de prendre la ville grâce à des sapes, ils creusèrent des contre sapes. Ils résistèrent à de terribles machines de guerre appelées « château », réussissant à les brûler les unes après les autres. Chaque nuit, hommes, femmes, enfants, vieillards, réparaient les dommages infligés dans la journée aux fortifications.
A un moment du siége, le Sultan découragé offrit même à l’Empereur des conditions de paix avantageuses. Si la ville se rend la ville, aucun mal ne sera fait à la population, elle conservera ses biens. Quant à Constantin, il pourra devenir roi de Morée sous la suzeraineté turque.
Mahomet s’attira cette réponse de Constantin : « Il n'est ni en mon pouvoir, ni en le pouvoir de personne ici, dit-il, de rendre cette cité. Nous sommes prêts à mourir, et nous quitterons la vie sans regret. »
Après de semaines de combat, c'est le 27 mai 1453 que commence le dernier acte du drame, les turcs se préparent à livrer l’assaut final. Mahomet a promis à ses soldats trois jours de pillage, trois jours durant lesquelles, ils pourront massacrer, torturer, violer.
Le 28 mai 1453 au soir, quelques heures seulement, avant l'assaut général, a lieu de dernier office en la cathédrale sainte Sophie.
« Il faut essayer de ressusciter par la pensée cet office nocturne, cet office, le dernier, où une messe sera dite à Sainte-Sophie, cette cérémonie, l'ultime, où le Christ sera présent dans la Grande Eglise ! Ils sont tous là, agenouillés : Grecs, Génois et Vénitiens, orthodoxes et catholiques, prêtres et guerriers, nobles et ouvriers, basileus et mendiants. Une ferveur commune rapproche leurs lèvres, réunit leurs fronts. L'ombre de la mort plane égale pour tous, et égale aussi cette incertitude tragique sur le sort de la cité»
Lorsque la grande attaque commence, tous les chrétiens remontent aux créneaux.
Constantin XI, à cheval, longe la muraille, exhortant à la résistance.
Cette ultime attaque est d’une violence inouïe, vague après vague, les Turcs sont repoussés mais ils reviennent encore et encore, en dépit des pertes.
Au plus fort de la bataille, alors que tout est encore possible, se produit un incident aux conséquences tragiques. Une petite poterne dérobée était restée ouverte, en raison de l'écroulement du mur extérieur un groupe de janissaires la découvre et se rue à l’intérieur de la cité, ils sont peu nombreux et peuvent être rejeté, cependant, un instant ils se rendent maître d’une partie des remparts et hisse la bannière du sultan.
Voyant cela les défenseurs aux alentours se croient tournés, quittent les remparts et refluent en désordre vers le centre de la cité. Dès lors, la situation est désespérée.
Le théâtre de l’ultime résistance chrétienne est le périmètre de la cathédrale sainte Sophie défendu jusqu’au bout, c’est là que le dernier empereur romain tombe en brave, les armes à la main.
Cinq siècles plus tard, le message de Constantin XI est plus que jamais d’actualité, mieux vaut mourir que de vivre en dhimmi.
La chute de Constantinople
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Re: La chute de Constantinople
7.62 a écrit :
Cinq siècles plus tard, le message de Constantin XI est plus que jamais d’actualité, mieux vaut mourir que de vivre en dhimmi.
Constantin XI
Merci 7.62, superbe récit...
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