1995: La mort d'Edmond Jouhaud.

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Pat
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1995: La mort d'Edmond Jouhaud.

Messagepar Pat » 08/10/2007 - 17:22

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L'HONNEUR D'UN GENERAL

Edmond Jouhaud, décédé le 4 septembre à Royan, âgé de 90 ans, échappa, plusieurs fois, de justesse, à la mort. Ce général d'aviation n'est présenté dans les médias que comme l'un des derniers survivants des généraux qui, en avril 1961, se dressèrent dans Alger contre la livraison de l'Algérie aux tueurs du FLN, dont les enfants se manifestent ces temps-ci en France métropolitaine. Certes, ce piednoir né à Bou Sfer, près d'Oran, ne pouvait supporter qu'on livrât au nom du progrès, à des assassins, non seulement les petits Français qui ont fait de l'Algérie ce qu'elle devint en un siècle, mais aussi une majorité de musulmans dont les familles avaient sacrifié les leurs sur tous les champs de bataille. Particulièrement dans l'armée d'Afrique, présente dans la campagne d'Italie et dans la libération de la France, jusqu'à l'occupation de l'Allemagne.
Edmond Jouhaud était de ces officiers qui font passer leur honneur avant leur carrière, et l'attachement à la patrie avant l'inféodation à un homme ou à un parti politique. Car il n'était pas qu'un général putschiste. Il avait durant l'occupation de la France appartenu à l'Organisation de Résistance de l'Armée (O.R.A), et, par exemple, participé en février 1944 à la tentative de transport jusqu'en Angleterre de Pierre Brossolette et de plusieurs authentiques résistants, depuis un petit port de Bretagne.
Aux yeux du général de Gaulle et de ses barbouzes et inconditionnels, appartenir à l'0.R.A et non aux réseaux gaullistes était une sorte de tare. Aggravé par le courage de refuser de trahir la parole donnée aux Français d'Algérie. " est bien connu dans la mythologie partagée par les gaullistes et les communistes, c'est-à-dire ceux qui font passer «la République» avant l'intérêt national, qu'on n'a pas été «résistant» si l'on n'a pas porté l'étiquette de l'une ou l'autre de ces factions.
Aussi Charles de Gaulle se réjouit-il lorsqu'une fois Jouhaud arrêté et jugé en 1962, en tant que responsable de l'O.A.S. en Oranie, il fut condamné à mort. D'autant qu'avec le général Salan, Jouhaud plus que d'autres avait largement participé à l'écrasement du FLN, de l'été 1957 à l'automne 1959, Maurice Challe et quelques autres officiers supérieurs dans leur sillage. A cette dernière date le FLN expirait. Les musulmans d'Algérie se sentaient protégés. Ils croyaient au «Je vous ai compris" de celui qui en 1958 était revenu au pouvoir, faute, en face de lui, d'hommes de caractère. Edmond Jouhaud souffrait profondément de cette distorsion de langage, de la part d'un homme qui s'imaginait qu'en larguant l'Algérie aux décolonisateurs américains et soviétiques, ces derniers le laisseraient devenir le Charlemagne de l'Europe.
Il me l'avait dit! Dès 1957 et 1958, comme les généraux Zeller (André, et Joseph qui m'avait connu dans le Vercors) Jouhaud soutenait le combat que nous étions une poignée à mener en métropole.
C'est entre 1960 et 1962 que Georges Pompidou prit conscience que de tels généraux n'étaient pas des hommes en mal de pouvoir, ni leurs amis d'affreux «fascistes », mais des hommes d'honneur et donc de parole, sans aucune ambition personnelle. Aussi, lorsque Jean Foyer semble soutenir, dans Le Monde (8/9) qu'il fut le seul «à arracher Jouhaud à la mort ", la couverture est un peu trop tirée de son côté. Certes, le Garde des Sceaux d'alors eut le souci de contester juridiquement, avec le premier Président de la Cour de Cassation, le châtiment prononcé contre Jouhaud. Mais Georges Pompidou pesa de tout son poids aussi, ce qu'a rapporté Merry Bromberger, journaliste alors très connu, et qui à la différence de ceux qui lui ont survécu, quelques années plus tard, ne s'aplatissait pas devant les politiciens. Edmond Jouhaud, authentique résistant, chef d'état-major de l'armée de l'Air en 1959 est l'image et le symbole d'une France qui survit à toutes les infamies déguisées en «grande politique».
Pierre de Villemarest monde et vie - 14 septembre 1995
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Que les hommes d'arme bataillent et que Dieu donne la victoire! (Jeanne d'Arc) Patriotiquement votre.

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Messagepar 7.62 » 13/10/2007 - 18:42

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