un Français dans la croisade anticommuniste

Ici la culture et l'histoire sont à l'honneur
Avatar de l’utilisateur
Pat
Administrateur délégué
Messages : 25496
Inscription : 03/12/2006 - 23:46
Localisation : Les Alleuds dans le 49
Contact :

un Français dans la croisade anticommuniste

Messagepar Pat » 27/09/2007 - 15:29

HENRI BONNEVILLE DE MARSANGY est né le 31 juillet 1895 à Paris. Bernard Delmas, qui lui consacra en 1971 une petite plaquette, note: « Lorsque la Première Guerre mondiale éclata en 1914, il s'engagea volontairement à 19 ans dans l'armée française, dans la cavalerie. Il fit cette guerre avec courage et bravoure, deux fois blessé, croix de guerre avec cinq citations, chevalier de la Légion d'honneur à titre militaire. »

En 1920, Henri Bonneville fait partie de la mission française en Pologne. Il y côtoiera Weygand, La Rocque, un certain capitaine De Gaulle. En 1926, il part, comme beaucoup de ses camarades officiers, servir au Maroc. Il fait la campagne de 1926 et 1927 au 4e régiment de Spahis algériens. Sa belle conduite au feu lui vaut la croix de guerre T.O.E.

Croix de feu et Action Française

L'armée lui semblant être un cadre trop étroit à l'expression de ses convictions nationalistes, il en démissionne. Il fréquente alors les Croix de Feu du colonel de La Rocque et milite à l'Action Française.

Le 18 juillet 1936, l'Espagne secoue le joug marxiste et terroriste qu'on veut lui imposer. C'est le soulèvement national et le début d'une guerre civile qui va durer trois ans. Henri Bonneville n'hésite pas une seule seconde à choisir son camp. Ecœuré par le gouvernement de Front populaire qui livre des armes et du matériel aux Rouges tout en laissant le libre passage aux membres des Brigades internationales en partance pour le front, il part pour l'Espagne. Comme correspondant de guerre. Sous les pseudonymes de guillaume de Brassy et François de Roussemeau, il envoie ses articles à l'Action Française et au Matin.

Il va très vite, cependant, troquer la plume du journaliste contre le fusil du combattant. S'étant engagé dans le Tercio, la fameuse Légion étrangère espagnole, il va s'efforcer de former une unité de volontaires français. Il explique :

- Lorsque les nationalistes entreront à Madrid, il ne faut pas qu'il y ait seulement aux côtés du drapeau espagnol, les drapeaux italien et allemand, mais aussi le drapeau français.

Il s'agira de la Bandera Juana de Arco (" Bandera Jeanne d'Arc") dont l'historique reste à faire. Dans son livre Leyenda y tragedia de los Brigadas internacionales (Prensa Espanola, 1971), le professeur Ricardo de la Cierva y de Hoces consacre un court passage aux « brigades internationales » de Franco.

Il indique que la Bandera Jeanne d'Arc fut la seule véritable unité francophone incorporée dans le Tercio. Organisée par le général Lavigne-Delville et comprenant trois mille volontaires, elle a d'abord été commandée par le commandant Victor Monnier puis par le capitaine Bonneville de Marsangy.

Mort pour Dieu et l'Espagne


Le 16 mai 1937, cette unité avait été concentrée à Talavera de Reina. A la même époque, le député et ancien ministre français Piétri s'était engagé à recruter dans l'Ile de Beauté un millier de volontaires corses.

Sous les ordres du iieutenant-colonel Heli Rolando de Tella-Cantos. Henri Bonneville participe aux combats de Merida, Badajoz, Madellin, Talavera, ainsi qu'à la libération de l'Alcazar de Tolède où un autre Français, Isidore Clamagiraud s'était illustré. De père français et de mère espagnole, pâtissier de son état, ce jeune homme appartenait à Renovacion espanola, groupe de royalistes alphonsistes qui portaient la boina verde (béret vert) et qui, pour cette raison, avaient été surnommés « les piments verts » (par opposition aux «piments rouges », les requetes carlistes qui portaient, eux, la boina raja). Chaque nuit, Clamagiraud quittait l'Alcazar et allait ," voler " de la farine dans les entrepôts des assiégeants. Le vingt-et-unième jour, il fut capturé par les Rouges et condamné à mort. Mais une intervention vigoureuse du consul de France à Tolède - à l'époque, nous avions encore des diplomates qui étaient aussi des hommes ... - sauva le jeune héros de la mort.

Dans la plaquette citée plus avant, Bernard Delmas - et beaucoup d'historiens pensent comme lui - indique que la Bandera Jeanne d'Arc n'eut jamais l'importance numérique que le professeur Ricardo de la Cierva veut bien lui accorder :

- Il semble bien que jamais il ne put être. constitué une grande unité entièrement française. La Bandera Juana de Arca semble être restée toujours une petite unité, cela pour plusieurs raisons. D'abord, insuffisance de propagande et de recrutement en France : les milieux modérés étant partisans de la non-intervention. Difficultés créées par le gouvernement français de Front populaire.

Enfin, dispersion des Français volontaires dans les unités de leur choix. Les Français, grands individualistes, ne tenaient pas particulièrement à se retrouver entre eux. D'autre part, les volontaires français avaient des idéologies et des motifs différents.

C'est ainsi, par exemple, que le lieutenant de Decker, six fois blessé au combat, servit dans le Tercio. On le retrouvera par la suite, lors de la campagne d'Italie, dans l'état-major du général Juin.

L'ancien député européen du Front national, Michel de Camaret, récemment disparu, capitaine des FFL, décoré de la Légion d'honneur, de la croix de guerre, de la médaille de la résistance, Compagnon de la Libération, servit pour sa part comme volontaire dans une unité de requetes carlistes.

Seigneur de la guerre - et grand seigneur, tout simplement -, Henri portait sur sa voiture son fanion personnel : le fanion tricolore avec une fleur de lys sur le blanc du drapeau. Présent dans tous les combats - et toujours au premier rang - il devient très vite une figure légendaire de la Croisade anticommuniste.

Le 10 février 1937, il monte à l'assaut à la tête de la 2e compagnie du bataillon. San Fernando de la 6e brigade de Navarre. Pour y rencontrer son destin. A LIanes, dans les Asturies.

Dès que cela fut possible, ses enfants relevèrent le corps et emportèrent la pierre tombale sur laquelle on pouvait lire : « Henri Bonneville de Marsangy, muerto por Dios y por Espana, D.E.P. »( " Mort pour Dieu et pour l'Espagne, Descanse en Paz, repose en paix. ")

Henri Bonneville repose dans la chapelle familiale de Marsangy dans l'Yonne.

Est venu l'y rejoindre, en 1954, son fils Roland, né en 1929. Licencié en droit, diplômé de l'Ecole des sciences politiques, engagé volontaire comme officier parachutiste, chevalier de la Légion d'honneur, croix de guerre T.O.E., Roland est mort à 25 ans. A Dien Bien Phu. Tué, comme son père, par les mêmes ennemis. . .

Alain Sanders National Hebdo décembre 1988
Image
Que les hommes d'arme bataillent et que Dieu donne la victoire! (Jeanne d'Arc) Patriotiquement votre.

Revenir vers « culture et histoire »

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 3 invités