CHARETTE, le plus grand de tous

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Pat
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CHARETTE, le plus grand de tous

Messagepar Pat » 24/09/2007 - 16:25

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Né en avril 1763 en Loire-Atlantique, descendant d'une famille de petite mais vieille noblesse, Monsieur de Charette, comme devaient le nommer ses hommes, la légende et une célèbre chanson de Paul Féval, devint à seize ans aspirant de la Marine royale. Il devait quitter celle-ci à ; 27 ans, en 1790, avec le grade de lieutenant de vaisseau et quelques combats sur mer à son actif.
Il prenait cette retraite très anticipée non pour des raisons pulmonaires, comme on l'a affirmé, mais tout simplement pour se marier - et pour se mal marier. En effet, le chevalier Charette, très attentif aux dames et, d'ailleurs, fort prisé d'elles, avait remarqué une ravissante jeune cousine de 16 ans et avait souhaité en faire sa femme. Mais la mère de celle-ci, Marie-Angélique, une veuve à la quarantaine encore coquette, fit savoir qu'elle n'avait pas renoncé à plaire et qu'elle ne donnerait sa fille qu'après s'être elle-même casée.
Charette, pris au piège, se dévoue, épousa la mère au lieu de la fille, mais l'« incompatibilité d'humeur», comme on dit aujourd'hui, ne tarda pas à s'installer dans le couple.

UN DANDY DE LA GUERRE

Royaliste convaincu, Charette émigre en 1791, mais il ne reste que quelques mois à Coblence où l'« armée des princes» le déçut quelque peu. Revenu en France, il fut - avec le très jeune Henri de La Rochejaquelein - l'un de ces gentilshommes volontaires qui défendirent jusqu'au bout le roi lors de la prise des Tuileries, le 10 août 1792. Il n'échappa au massacre final qu'en se mettant sur l'épaule la jambe coupée d'un Garde Suisse et sortant ainsi du palais au nez des égorgeurs révolutionnaires, qui le prirent pour l'un des leurs. Son génie de l'improvisation était déjà là.
Lorsqu'après la mort du roi et devant les menaces de conscription forcée et de persécution des prêtres, la Vendée se souleva, lés paysans allèrent chercher les nobles en leur demandant de se mettre à leur tête. Ce fut le cas pour Charette, qui commença par refuser énergiquement, jugeant l'entreprise folle.
Ses paysans lui firent si bien honte qu'il finit par accepter de prendre leur commandement. Et, le jour même, on étrilla les « Bleus », comme on appelait déjà les Républicains. La guerre de Vendée, qui devait faire 550000 morts, venait de commencer. Et l'ancien officier de marine, Charette, était devenu général sur la terre ferme.
Il se révéla aussi difficile à vaincre qu'il l'avait été à convaincre. Imaginatif, improvisateur de génie, affichant un parfait mépris de la mort, prompt à percevoir, sur le terrain, le moment propice ou la faille d'un dispositif, il fut, sans conteste, le brillant « inventeur» de la guerre en surface moderne.
Ce chef peu orthodoxe, ne se fiant qu'à son talent et à son instinct, était/en outre, un entraîneur d'hommes comme on en vit peu. Il était idôlatré par ses soldats-paysans, qui répétaient à l'envi: « Ce que Charette voudra, on voudra! »
Il tenait à partager toutes les misères de ses hommes, mais conservait, autant qu'il le pouvait, une élégance raffinée: les paysans l'aimaient aussi pour cela.
Il y a en lui du dandy - au sens le plus noble du terme, au sens où l'entendait Barbey d'Aurevilly. Aimant toujours la fête, les dames et la danse, il met un malin plaisir à organiser des bals entre deux combats, entre deux poursuites. C'est ce qu'on appelle « la danse devant les Bleus ». Il a, autour de lui, ses amazones, jolies filles qui se battent comme des hommes.
Tout cela ne plaît pas à tout le monde.
Lorsque s'organise le soulèvement, l'armée de Charette ~ non pas «orgueilleuse», comme certains ont cru devoir le dire, mais jalousée pour ses succès et tenue en illégitime suspicion par quelques professionnels de la vertu - reste distincte de la Grande armée catholique et royale regroupant notamment Cathelineau, Stofflet, d'Elbée, Lescure, Bonchamps et La Rochejaquelein.
Cette division, qui priva, entre autres choses, Charette d'un pouvoir de décision tactique et stratégique qu'il eût assumé mieux que personne, coûtera cher à la Vendée militaire. Mais l'ancien lieutenant de vaisseau n'y est pour rien. On le lui impose sur des préjugés absurdes.

CAUCHEMAR DES BLEUS

Il ne saurait malheureusement être question, faute de place, de retracer ici toutes les péripéties de l'impitoyable guerre de Vendée, où l'héroïque obstination de toute une province fit échec à l'une des plus affreuses entreprises de génocide de toute l'histoire humaine. Soulignons seulement que, si Charette finit par s'imposer à tous, c'est par son seul mérite, par son génie, par son audace - et par ses victoires répétées. Au moment où survint, en juin 1795, la fausse paix de La Jaunaye , l'insaisissable « roi de la Vendée» était devenu le cauchemar permanent des Républicains, attaquant, disparaissant, réapparaissant là où on l'attendait le moins, « usant» littéralement les Bleus.
Le futur Louis XVIII, auquel il reste toujours fidèle malgré les sanglants cafouillages des émigrés à Quiberon et ailleurs, l'avait nommé officiellement lieutenant-général des Armées du Roi et chevalier de Saint-Louis.
Entre temps, Charette avait rejeté vigoureusement une proposition de Dumouriez en vue de son ralliement au duc de Chartres, futur Louis-Philippe.
« Mon cher Dumouriez avait-il écrit simplement, dites au fils du citoyen égalité qu'il s'aille faire foutre ».
La « paix» de La Jaunaye rompue, Charette reprend les armes. Mais ses effectifs ont fondu, et les Bleus, plus que jamais décidés à abattre celui qu'ils appellent le «Grand Brigand », concentrent sur lui leurs efforts.
Au début de 1796, il a rendu leur liberté morale à ses soldats en leur disant:
« Nous sommes trahis, vendus, il ne vous reste d'espoir que de vous confondre dans la foule. Qu'aucune considération ne vous arrête. Pour moi, lié par serment à mon Roi, je ne puis quitter mon poste sans son ordre, et ma religion me prescrit d'attendre ma destinée. Résigné aux décrets de la Providence, je me défendrai en soldat et mourrai en chrétien. »
Le 23 mars 1796, il est surpris par les Républicains à la Chabotterie. Se défendant jusqu'au bout, il est blessé à la tête et a deux doigts sectionnés par un coup de sabre. Capturé, il est emmené à Nantes, très sommairement jugé et condamné à mort.
Le 29 mars, il est fusillé. Les Bleus, qui tremblent encore devant lui, ont massé 5 000 hommes de troupe autour du lieu de l'exécution. Très calme, Charette a un mot, aimable ou féroce, pour chacun des généraux républicains présents, puis fait signe qu'il est temps ...
Lorsque, lors d'une visite à Nantes, des années plus tard, on présenta à Napoléon la veuve de Charette remariée à un fonctionnaire local, l'Empereur lui dit, avant de lui tourner le dos:
- Madame, quand on a la chance de porter le nom d'un héros, on le garde ...
Jean Bourdier National Hebdo
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Que les hommes d'arme bataillent et que Dieu donne la victoire! (Jeanne d'Arc) Patriotiquement votre.

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Harou
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Messagepar Harou » 24/09/2007 - 17:30

intéressant l'article...

et blague à part : né en 1763... la vache, Charette est super vieux dites donc !
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"Les peuples ne devraient pas avoir peur de leurs gouvernements. Les gouvernements devraient avoir peur du peuple"


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