Communisme : le devoir de mémoire
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Re: Communisme : le devoir de mémoire
Communisme & totalitarisme (1902-1989)
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Re: Communisme : le devoir de mémoire
Les crimes de Staline (1917-1953)
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Lénine & le coup d'État bolchevique (1917-1918)
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Re: Communisme : le devoir de mémoire
Lénine & l'intelligentsia (1922) Communisme & Guerre Froide
http://www.youtube.com/watch?v=IDfBOn06 ... ure=relmfu
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Re: Communisme : le devoir de mémoire
23 octobre 1956 Budapest se soulève au nom de la Liberté
Le 23 octobre 1956, les habitants de Budapest manifestent en masse contre le gouvernement hongrois dirigé par Ernö Gerö, premier secrétaire du Parti des Travailleurs Hongrois (le parti communiste).
La manifestation tourne rapidement à l'émeute et les symboles de l'État communiste sont détruits.
Cette effervescence puise son origine dans les espoirs soulevés par la mort de Staline et l'apparente déstalinisation du régime soviétique.
Fête nationale
L'anniversaire du soulèvement du 23 octobre 1956 est devenu fête nationale dans la Hongrie post-communiste.
La tentation réformiste
Huit mois plus tôt, en février 1956, Nikita Khrouchtchev, Premier secrétaire du Parti communiste d'URSS, critique très sévèrement son prédécesseur dans un rapport secret au XXe Congrès du Parti communiste d'URSS, à Moscou, et diffusé dans le monde entier par les bons soins des médias occidentaux.
Le 28 juin 1956, à Poznan, en Pologne, des revendications ouvrières débouchent sur de violentes émeutes qui ébranlent le pouvoir communiste et sont durement réprimées, au prix de 50 morts et quelque 300 blessés. Il n'empêche que deux jours avant la manifestation de Budapest, les Polonais obtiennent le retour au pouvoir du dirigeant réformiste Wladyslaw Gomulka, un résistant communiste qui fut emprisonné quelques années plus tôt sur ordre de Staline.
À leur tour donc, les Hongrois réclament le retour à la présidence du Conseil d'Imre Nagy (prononcer Nodi), un communiste modéré de 60 ans qui avait été expulsé du pouvoir en avril 1955 pour avoir trop tôt dénoncé la stalinisation et les abus du régime.
Le 23 octobre 1956, un cortège principalement composé d'étudiants se rend de la statue du poète Petöfi à celle du général Bem, deux héros hongrois du XIXe siècle.
En soirée, la manifestation dégénère. La statue de Staline est abattue. Les dirigeants hongrois, réunis en urgence, appellent Nagy à la Présidence du Conseil (la direction du gouvernement) mais décrètent par ailleurs la loi martiale et demandent aux troupes soviétiques qui stationnent autour de la capitale de les aider à rétablir l'ordre.
L'armée d'occupation, présente dans le pays depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, tente mollement d'intervenir avant de se retirer de la capitale hongroise le 27 octobre.
L'heure semble à la conciliation et l'ambassadeur d'URSS entérine le retour d'Imre Nagy à la tête de la Hongrie. Cet ambassadeur du nom de Youri Andropov deviendra chef du puissant KGB soviétique en 1967 et accèdera au pouvoir suprême en 1982, jusqu'à sa mort, deux ans plus tard, en 1984, à 70 ans.
L'impossible déstalinisation
Les Hongrois espèrent que l'heure de la victoire a sonné. Le pays s'enflamme. L'insurrection dégénère le 30 octobre avec, à Budapest, l'occupation du siège du parti communiste et le massacre de ses occupants ainsi que de gardes qui n'ont rien à voir avec le régime détesté.
Imre Nagy est gagné par l'euphorie du mouvement populaire. Il s'engage dans la voie de la démocratie et du multipartisme. Le 1er novembre, il forme un gouvernement de coalition avec seulement trois ministres communistes (lui-même, Janos Kadar et Pal Maleter).
Alarmé par l'entrée massive dans le pays de renforts soviétiques, il craint avec raison une intervention militaire et ne voit d'autre moyen de l'empêcher que d'annoncer le retrait de la Hongrie du pacte de Varsovie.
Comme beaucoup de Hongrois, il se prend à rêver d'une neutralité à l'autrichienne, rêve hélas illusoire dans le contexte de la «guerre froide». Les pouvoirs publics commencent à démanteler les barbelés de la frontière avec l'Autriche... C'est plus que les Soviétiques n'en peuvent supporter.
Dès le dimanche 4 novembre, l'Armée Rouge investit Budapest. Au total pas moins de 8 divisions et plusieurs centaines de chars du dernier modèle (T54). Les insurgés, étudiants aussi bien que salariés, résistent avec héroïsme mais n'en sont pas moins écrasés. En province, les combats se poursuivent pendant deux semaines.
La répression à Budapest et dans le reste du pays fait environ 20.000 morts tandis que 160.000 personnes se réfugient en Europe de l'Ouest. Le cardinal Jòzsef Mindszenty, qui avait imprudemment appelé à «balayer le régime», se réfugie à l'ambassade des États-Unis.
Imre Nagy a moins de chance. Réfugié à l'ambassade de Yougoslavie, il est livré au nouveau régime. Après un procès à huis clos, il sera pendu le 16 juin 1958 de même que le chef militaire de l'insurrection, le colonel et ministre de la Guerre Pal Maleter.
Janos Kadar est installé par les Soviétiques à la tête de la Hongrie. Il pacifiera le pays et le libéralisera dans d'étroites limites en attendant la chute du rideau de fer en 1989. Kadar mourra le 6 juillet 1989. Le même jour, la Cour Suprême de Hongrie réhabilitera Nagy et ses compagnons.
Inaction occidentale
Pendant toute la durée des événements, la station de radio Radio Free Europe, inspirée par les services secrets américains (la CIA), a encouragé les Hongrois à l'insurrection, les assurant que les armées occidentales seraient à leurs côtés en cas d'intervention militaire soviétique.
Cependant, lorsque celle-ci survient, et malgré un appel pathétique d'Imre Nagy à la radio, les Occidentaux restent sagement l'arme au pied. Il est vrai que Français et Britanniques sont au même moment empêtrés dans une opération militaire sur le canal de Suez de concert avec les Israéliens.
Quoi qu'il en soit, l'insurrection de Budapest sert en définitive les intérêts du monde libre en mettant en évidence pour la première fois le caractère oppressif et brutal du communisme. Elle affaiblit la position de Nikita Khrouchtchev dans les cercles dirigeants communistes et met un terme à ses velléités de libéralisation du régime.
Elle marque le début d'un processus de désintégration du régime soviétique qui s'achèvera une génération plus tard par la chute du Mur de Berlin et la dissolution de l'URSS.
En Occident, un certain nombre de militants communistes perdent leurs illusions sur le parti qu'ils avaient rejoint à la faveur de la lutte contre les nazis. «A Budapest, les Soviétiques ont gagné une bataille, mais le communisme a perdu la guerre,»déclare l'écrivain Miklos Molnar.
André Larané. http://www.herodote.net
Le 23 octobre 1956, les habitants de Budapest manifestent en masse contre le gouvernement hongrois dirigé par Ernö Gerö, premier secrétaire du Parti des Travailleurs Hongrois (le parti communiste).
La manifestation tourne rapidement à l'émeute et les symboles de l'État communiste sont détruits.
Cette effervescence puise son origine dans les espoirs soulevés par la mort de Staline et l'apparente déstalinisation du régime soviétique.
Fête nationale
L'anniversaire du soulèvement du 23 octobre 1956 est devenu fête nationale dans la Hongrie post-communiste.
La tentation réformiste
Huit mois plus tôt, en février 1956, Nikita Khrouchtchev, Premier secrétaire du Parti communiste d'URSS, critique très sévèrement son prédécesseur dans un rapport secret au XXe Congrès du Parti communiste d'URSS, à Moscou, et diffusé dans le monde entier par les bons soins des médias occidentaux.
Le 28 juin 1956, à Poznan, en Pologne, des revendications ouvrières débouchent sur de violentes émeutes qui ébranlent le pouvoir communiste et sont durement réprimées, au prix de 50 morts et quelque 300 blessés. Il n'empêche que deux jours avant la manifestation de Budapest, les Polonais obtiennent le retour au pouvoir du dirigeant réformiste Wladyslaw Gomulka, un résistant communiste qui fut emprisonné quelques années plus tôt sur ordre de Staline.
À leur tour donc, les Hongrois réclament le retour à la présidence du Conseil d'Imre Nagy (prononcer Nodi), un communiste modéré de 60 ans qui avait été expulsé du pouvoir en avril 1955 pour avoir trop tôt dénoncé la stalinisation et les abus du régime.
Le 23 octobre 1956, un cortège principalement composé d'étudiants se rend de la statue du poète Petöfi à celle du général Bem, deux héros hongrois du XIXe siècle.
En soirée, la manifestation dégénère. La statue de Staline est abattue. Les dirigeants hongrois, réunis en urgence, appellent Nagy à la Présidence du Conseil (la direction du gouvernement) mais décrètent par ailleurs la loi martiale et demandent aux troupes soviétiques qui stationnent autour de la capitale de les aider à rétablir l'ordre.
L'armée d'occupation, présente dans le pays depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, tente mollement d'intervenir avant de se retirer de la capitale hongroise le 27 octobre.
L'heure semble à la conciliation et l'ambassadeur d'URSS entérine le retour d'Imre Nagy à la tête de la Hongrie. Cet ambassadeur du nom de Youri Andropov deviendra chef du puissant KGB soviétique en 1967 et accèdera au pouvoir suprême en 1982, jusqu'à sa mort, deux ans plus tard, en 1984, à 70 ans.
L'impossible déstalinisation
Les Hongrois espèrent que l'heure de la victoire a sonné. Le pays s'enflamme. L'insurrection dégénère le 30 octobre avec, à Budapest, l'occupation du siège du parti communiste et le massacre de ses occupants ainsi que de gardes qui n'ont rien à voir avec le régime détesté.
Imre Nagy est gagné par l'euphorie du mouvement populaire. Il s'engage dans la voie de la démocratie et du multipartisme. Le 1er novembre, il forme un gouvernement de coalition avec seulement trois ministres communistes (lui-même, Janos Kadar et Pal Maleter).
Alarmé par l'entrée massive dans le pays de renforts soviétiques, il craint avec raison une intervention militaire et ne voit d'autre moyen de l'empêcher que d'annoncer le retrait de la Hongrie du pacte de Varsovie.
Comme beaucoup de Hongrois, il se prend à rêver d'une neutralité à l'autrichienne, rêve hélas illusoire dans le contexte de la «guerre froide». Les pouvoirs publics commencent à démanteler les barbelés de la frontière avec l'Autriche... C'est plus que les Soviétiques n'en peuvent supporter.
Dès le dimanche 4 novembre, l'Armée Rouge investit Budapest. Au total pas moins de 8 divisions et plusieurs centaines de chars du dernier modèle (T54). Les insurgés, étudiants aussi bien que salariés, résistent avec héroïsme mais n'en sont pas moins écrasés. En province, les combats se poursuivent pendant deux semaines.
La répression à Budapest et dans le reste du pays fait environ 20.000 morts tandis que 160.000 personnes se réfugient en Europe de l'Ouest. Le cardinal Jòzsef Mindszenty, qui avait imprudemment appelé à «balayer le régime», se réfugie à l'ambassade des États-Unis.
Imre Nagy a moins de chance. Réfugié à l'ambassade de Yougoslavie, il est livré au nouveau régime. Après un procès à huis clos, il sera pendu le 16 juin 1958 de même que le chef militaire de l'insurrection, le colonel et ministre de la Guerre Pal Maleter.
Janos Kadar est installé par les Soviétiques à la tête de la Hongrie. Il pacifiera le pays et le libéralisera dans d'étroites limites en attendant la chute du rideau de fer en 1989. Kadar mourra le 6 juillet 1989. Le même jour, la Cour Suprême de Hongrie réhabilitera Nagy et ses compagnons.
Inaction occidentale
Pendant toute la durée des événements, la station de radio Radio Free Europe, inspirée par les services secrets américains (la CIA), a encouragé les Hongrois à l'insurrection, les assurant que les armées occidentales seraient à leurs côtés en cas d'intervention militaire soviétique.
Cependant, lorsque celle-ci survient, et malgré un appel pathétique d'Imre Nagy à la radio, les Occidentaux restent sagement l'arme au pied. Il est vrai que Français et Britanniques sont au même moment empêtrés dans une opération militaire sur le canal de Suez de concert avec les Israéliens.
Quoi qu'il en soit, l'insurrection de Budapest sert en définitive les intérêts du monde libre en mettant en évidence pour la première fois le caractère oppressif et brutal du communisme. Elle affaiblit la position de Nikita Khrouchtchev dans les cercles dirigeants communistes et met un terme à ses velléités de libéralisation du régime.
Elle marque le début d'un processus de désintégration du régime soviétique qui s'achèvera une génération plus tard par la chute du Mur de Berlin et la dissolution de l'URSS.
En Occident, un certain nombre de militants communistes perdent leurs illusions sur le parti qu'ils avaient rejoint à la faveur de la lutte contre les nazis. «A Budapest, les Soviétiques ont gagné une bataille, mais le communisme a perdu la guerre,»déclare l'écrivain Miklos Molnar.
André Larané. http://www.herodote.net
Re: Communisme : le devoir de mémoire
Et pendant que les insurgés s'occupaient en détruisant les statues et les symboles du communistes, les chars soviétiques prenaient position aux points stratégiques sans susciter de réaction...
Un très bel exemple de ce que donne une révolution sans chef et sans stratégie.
Un très bel exemple de ce que donne une révolution sans chef et sans stratégie.
Errare humanum est, perseverare diabolicum.
"Ce qui doit tomber, il ne faut pas le retenir. Il faut encore le pousser." Nietzsche
"Le problème de la plupart des gens n'est pas qu'ils se fixent des objectifs trop hauts,
c'est qu'ils se fixent des objectifs trop bas et qu'ils les atteignent." Léonard de Vinci
"Ce qui doit tomber, il ne faut pas le retenir. Il faut encore le pousser." Nietzsche
"Le problème de la plupart des gens n'est pas qu'ils se fixent des objectifs trop hauts,
c'est qu'ils se fixent des objectifs trop bas et qu'ils les atteignent." Léonard de Vinci
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Re: Communisme : le devoir de mémoire
Documentaire l'histoire secrète de l'Archipel du Goulag
http://www.youtube.com/watch?v=XLgZGoyn ... re=related
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Re: Communisme : le devoir de mémoire
Le Parti Communiste Français (1920-2007) Communisme & Guerre Froide
http://www.youtube.com/watch?v=L9v_oFEg ... ure=relmfu
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Re: Communisme : le devoir de mémoire
L'armée mexicaine de Léon Trotski
Depuis sa mort en 1940, Léon Trotski incarne l'image sainte d'une révolution qui se voulait à la fois virginale, mondiale et totale. Foin de « l’État ouvrier dégénéré » - l'URSS selon Trotski -, vive la révolution permanente ! À quoi Staline répliquait par l'édification du socialisme dans un seul pays. Internationalisme ou nationalisme, Trotski ou Staline ? Choisis ton camp, camarade !
« Et s'il n'en reste qu'un, je serai celui-là ! » : on connaît le vers célèbre par lequel Victor Hugo, dans Les Châtiments, refusait superbement et orgueilleusement, depuis Guernesey, l'offre d'amnistie de Napoléon III à ses adversaires républicains ou orléanistes de 1851. Il en va de même aujourd'hui pour les derniers membres de la IVe Internationale marxiste-léniniste fondée par Léon Davidovitch Bronstein, dit Trotski, à la fin des années 1930, après son exil hors d'URSS et l'échec du Front populaire en France.
Pourtant, il ne reste rien des grands rêves messianiques et révolutionnaires portés entre 1848 et 1940 par la sainte Trinité du bolchevisme « de gauche » (Marx, Lénine, Trotski), mais pour autant, les trotskistes, quoique fragmentés, groupusculaires, résiduels, désespérés, aigris ou bien enragés, sont toujours là et, même s'ils sont les derniers survivants de la galaxie léniniste, n'en démordent pas.
Bien sûr, peu croient encore sérieusement à la perspective d'assister de leur vivant à la fameuse révolution prolétarienne mondiale que prophétisait leur Maître à partir de 1903 et qui, selon lui, devait mettre définitivement à bas l'économie capitaliste ainsi que tous les États bourgeois proliférant dans le monde depuis au moins deux siècles. Mais ce n'est nullement une raison pour eux de renoncer ou de déserter la vie politique et sociale française en ce début de XXIe siècle : les trotskistes, s'ils ne restent qu'eux, sont donc toujours là, persuadés que leur activisme un jour finira par payer et que, d'une certaine manière, il paye déjà (après tout, n'ont-ils pas au moins triomphé de leur vieil adversaire historique de toujours, le stalinisme, et ainsi vengé la mort ignominieuse du « Vieux », assassiné au Mexique d'un coup de piolet dans la tête en 1940 par l'agent communiste espagnol Ramon Mercader).
La révolution sera mondiale, ou ne sera pas
Aussi, quiconque s'intéresse à l'avenir de l'extrême-gauche en Occident et dans le monde dans les décennies qui viennent se doit donc de se pencher sur eux, car depuis 1991 et la fin de l'URSS, de l'extrême-gauche, chez nous comme ailleurs, il ne reste plus, pour ainsi dire, que le trotskisme.
Pour bien comprendre ce dont il s'agit, il ne faut pas craindre de remonter à l'origine : la grande rupture initiale entre Staline et Trotski, survenue après la mort de Lénine en 1924. Seule une vision étroite et partielle peut la réduire à une pure rivalité de pouvoir décuplée par la haine intime, personnelle et viscérale que se vouaient depuis toujours les deux hommes. En réalité, par-delà deux ambitions individuelles, s'affrontent depuis les premières années du régime soviétique deux conceptions antagonistes de la révolution ouvrière suscitées par deux visions du monde elles aussi radicalement contraires.
Pour Trotski, la révolution socialiste et collectiviste annoncée et décrite par Marx dans Le Capital doit se produire selon un schéma quasi-darwiniste et scientifique : la révolution sera totale et mondiale, ou ne sera pas. Toute étape intermédiaire, toute évolution en clair obscur ne peuvent être que l'indice d'une régression « petite-bourgeoise » ou « bureaucratique » (les deux anathèmes suprêmes dont se servent les trotskistes pour dépeindre leurs adversaires politiques de gauche : communistes, mencheviks ou sociaux-démocrates). Au final, les bolcheviques, « avant-garde » (autre mot sacré de la vulgate) de la classe ouvrière, triompheront des sociétés et des régimes bourgeois aussi complètement que, dans la préhistoire et sur la planète entière, Homo sapiens est parvenu à évincer l'homme de Neandertal.
L'Internationale du genre humain ne passera pas par Moscou
Pour Staline, cette lecture est à la fois inexacte, faussement scientifique et vouée à l'échec. Le révolutionnaire géorgien, qui a été un grand lecteur de Dostoïevski et de Victor Hugo dans sa jeunesse séminariste, ne croyait pas à ce schéma en même temps scientiste et élitiste. La rivalité entre bourgeoisie et prolétariat, à ses yeux, allait durer des siècles et demeurer longtemps, très longtemps incertaine. Dès lors, il était vain d'espérer, à partir de l'héritage de la Révolution d'Octobre, un soulèvement mondial des classes exploitées en lutte contre la domination bourgeoise. Tout au plus pouvait-on accélérer la décomposition des empires coloniaux européens en soutenant les mouvements d'émancipation nationale en Asie ou en Afrique, mais, même là, ce n'était pas l'essentiel.
L'essentiel, pour le futur tsar rouge de l'Union soviétique, consistait à créer et à consolider un État communiste souverain, indépendant et de plus en plus puissant à partir des bases territoriales et géopolitiques léguées par l'ancien empire des Romanov. Il s'agit de la théorie de « l'édification du socialisme dans un seul pays », la Russie.
Non seulement le bolchevisme, pour Staline, ne gagnerait rien à s'exporter au-delà des frontières de l'URSS (qu'à l'inverse de Lénine, ce Géorgien conçut explicitement, dès 1920, comme une Russie soviétique et non pas un Etat fédéral d'essence supranationale), mais le « petit Père des peuples » veillera même scrupuleusement à ce qu'aucun pays extérieur à l'empire moscovite ne puisse concurrencer le leadership révolutionnaire de ce dernier. Raison pour laquelle il ordonnera depuis le Kremlin l'extermination du POUM de Catalogne pendant la guerre d'Espagne et fera tout pour empêcher Tito de prendre le pouvoir en Yougoslavie à la fin de la Deuxième Guerre mondiale (de même qu'il décapitera la résistance communiste grecque).
La « révolution permanente », c'est l'infiltration
On voit donc que ce qui, dès le début, sépare radicalement Staline de Trotski, c'est un rapport différent à la permanence de l’État et du fait national. Pour Trotski, les États et les nations sont liés indissolublement à la civilisation bourgeoise : une révolution ne sera donc vraiment socialiste qu'à la condition d'en finir avec eux comme avec toute forme de propriété privée. C'est pourquoi à ses yeux la révolution doit être « permanente », c'est-à-dire internationaliste et mondiale.
Dès lors, le diagnostic porté par la IVe Internationale sur l'URSS stalinienne sera clair et radical : il s'agit d'un État socialiste, certes, mais bureaucratique et non pas bolchevique - dans la mesure où la collectivisation de l'économie ne s'y est pas accompagnée du dépérissement de l'État (au profit du Parti) et de l'abrogation des frontières. Il en ira de même pour la Chine maoïste après 1949 - en pire, car il s'agira cette fois d'une nation communiste paysanne.
Naturellement, Léon Davidovitch avait à la fois raison et tort : raison lorsqu'il considérait que le stalinisme constituait une trahison de l'héritage bolchevique-léniniste, ce dont témoigneront les grandes purges des années 1932-1938 qui décimeront impitoyablement tous les rangs des anciens compagnons de Lénine ; tort lorsqu'il croyait qu'une révolution prolétarienne pouvait triompher, au sein du concert des puissances impérialistes et bourgeoises, uniquement par le jeu d'une petite avant-garde révolutionnaire, sans l'appui d'un Etat sanctuarisé au sein d'un territoire et d'un peuple.
C'est ce que ne comprendront pas, après lui et à cause de lui, ses nombreux héritiers, français pour l'essentiel : Naville, Molinier, Lambert, Frank, Krivine, Najman, Bensaïd, Besancenot (seul le grec Michel Raptis, dit Pablo, fera exception, dans une certaine mesure, avec son fameux et explosif Où allons-nous ? tiers-mondiste de 1951, mais pour cette raison finira totalement isolé au sein de la IVe Internationale, et immédiatement soupçonné de liens - peut-être réels - avec l'Union soviétique).
« Cette merde d’État-nation »
Aussi, toujours les trotskistes, au lieu de concurrencer les communistes sur leur propre terrain, celui de l'implantation en milieu ouvrier ou paysan, privilégieront-ils l'entrisme clandestin auprès des organisations syndicales ou des partis sociaux-démocrates, afin d'être en mesure de « déborder » les bases ouvrières au moment du « grand soir » final tellement attendu, mais de plus en plus improbable.
Ainsi, pendant la Seconde Guerre mondiale, bon nombre d'entre eux s'abstiendront-ils de toute forme de résistance nationale « petite-bourgeoise » contre l'occupant, au point d'exclure de leurs rangs tous ceux qui auront fait le coup de feu face à l'armée allemande. Ainsi encore l'italien Toni Negri appellera-t-il, lors du référendum de 2005 sur la Constitution européenne, à voter « oui » pour « en finir avec cette merde d'État-nation » (sic).
Avant-garde révolutionnaire à jamais sans troupes et sans espoir, les trotskistes à force d'élitisme maximaliste sont toujours passés à côté de l'Histoire réelle, au point de ne plus être désormais que les auxiliaires nihilistes plus ou moins consentants d'un capitalisme globalisé devenu infiniment plus radical qu'eux.
Philippe Marsay LE CHOC DU MOIS octobre 2009
À lire : Les Trotskistes, Christophe Nick, Fayard, 615 p., 23 euros.23
Depuis sa mort en 1940, Léon Trotski incarne l'image sainte d'une révolution qui se voulait à la fois virginale, mondiale et totale. Foin de « l’État ouvrier dégénéré » - l'URSS selon Trotski -, vive la révolution permanente ! À quoi Staline répliquait par l'édification du socialisme dans un seul pays. Internationalisme ou nationalisme, Trotski ou Staline ? Choisis ton camp, camarade !
« Et s'il n'en reste qu'un, je serai celui-là ! » : on connaît le vers célèbre par lequel Victor Hugo, dans Les Châtiments, refusait superbement et orgueilleusement, depuis Guernesey, l'offre d'amnistie de Napoléon III à ses adversaires républicains ou orléanistes de 1851. Il en va de même aujourd'hui pour les derniers membres de la IVe Internationale marxiste-léniniste fondée par Léon Davidovitch Bronstein, dit Trotski, à la fin des années 1930, après son exil hors d'URSS et l'échec du Front populaire en France.
Pourtant, il ne reste rien des grands rêves messianiques et révolutionnaires portés entre 1848 et 1940 par la sainte Trinité du bolchevisme « de gauche » (Marx, Lénine, Trotski), mais pour autant, les trotskistes, quoique fragmentés, groupusculaires, résiduels, désespérés, aigris ou bien enragés, sont toujours là et, même s'ils sont les derniers survivants de la galaxie léniniste, n'en démordent pas.
Bien sûr, peu croient encore sérieusement à la perspective d'assister de leur vivant à la fameuse révolution prolétarienne mondiale que prophétisait leur Maître à partir de 1903 et qui, selon lui, devait mettre définitivement à bas l'économie capitaliste ainsi que tous les États bourgeois proliférant dans le monde depuis au moins deux siècles. Mais ce n'est nullement une raison pour eux de renoncer ou de déserter la vie politique et sociale française en ce début de XXIe siècle : les trotskistes, s'ils ne restent qu'eux, sont donc toujours là, persuadés que leur activisme un jour finira par payer et que, d'une certaine manière, il paye déjà (après tout, n'ont-ils pas au moins triomphé de leur vieil adversaire historique de toujours, le stalinisme, et ainsi vengé la mort ignominieuse du « Vieux », assassiné au Mexique d'un coup de piolet dans la tête en 1940 par l'agent communiste espagnol Ramon Mercader).
La révolution sera mondiale, ou ne sera pas
Aussi, quiconque s'intéresse à l'avenir de l'extrême-gauche en Occident et dans le monde dans les décennies qui viennent se doit donc de se pencher sur eux, car depuis 1991 et la fin de l'URSS, de l'extrême-gauche, chez nous comme ailleurs, il ne reste plus, pour ainsi dire, que le trotskisme.
Pour bien comprendre ce dont il s'agit, il ne faut pas craindre de remonter à l'origine : la grande rupture initiale entre Staline et Trotski, survenue après la mort de Lénine en 1924. Seule une vision étroite et partielle peut la réduire à une pure rivalité de pouvoir décuplée par la haine intime, personnelle et viscérale que se vouaient depuis toujours les deux hommes. En réalité, par-delà deux ambitions individuelles, s'affrontent depuis les premières années du régime soviétique deux conceptions antagonistes de la révolution ouvrière suscitées par deux visions du monde elles aussi radicalement contraires.
Pour Trotski, la révolution socialiste et collectiviste annoncée et décrite par Marx dans Le Capital doit se produire selon un schéma quasi-darwiniste et scientifique : la révolution sera totale et mondiale, ou ne sera pas. Toute étape intermédiaire, toute évolution en clair obscur ne peuvent être que l'indice d'une régression « petite-bourgeoise » ou « bureaucratique » (les deux anathèmes suprêmes dont se servent les trotskistes pour dépeindre leurs adversaires politiques de gauche : communistes, mencheviks ou sociaux-démocrates). Au final, les bolcheviques, « avant-garde » (autre mot sacré de la vulgate) de la classe ouvrière, triompheront des sociétés et des régimes bourgeois aussi complètement que, dans la préhistoire et sur la planète entière, Homo sapiens est parvenu à évincer l'homme de Neandertal.
L'Internationale du genre humain ne passera pas par Moscou
Pour Staline, cette lecture est à la fois inexacte, faussement scientifique et vouée à l'échec. Le révolutionnaire géorgien, qui a été un grand lecteur de Dostoïevski et de Victor Hugo dans sa jeunesse séminariste, ne croyait pas à ce schéma en même temps scientiste et élitiste. La rivalité entre bourgeoisie et prolétariat, à ses yeux, allait durer des siècles et demeurer longtemps, très longtemps incertaine. Dès lors, il était vain d'espérer, à partir de l'héritage de la Révolution d'Octobre, un soulèvement mondial des classes exploitées en lutte contre la domination bourgeoise. Tout au plus pouvait-on accélérer la décomposition des empires coloniaux européens en soutenant les mouvements d'émancipation nationale en Asie ou en Afrique, mais, même là, ce n'était pas l'essentiel.
L'essentiel, pour le futur tsar rouge de l'Union soviétique, consistait à créer et à consolider un État communiste souverain, indépendant et de plus en plus puissant à partir des bases territoriales et géopolitiques léguées par l'ancien empire des Romanov. Il s'agit de la théorie de « l'édification du socialisme dans un seul pays », la Russie.
Non seulement le bolchevisme, pour Staline, ne gagnerait rien à s'exporter au-delà des frontières de l'URSS (qu'à l'inverse de Lénine, ce Géorgien conçut explicitement, dès 1920, comme une Russie soviétique et non pas un Etat fédéral d'essence supranationale), mais le « petit Père des peuples » veillera même scrupuleusement à ce qu'aucun pays extérieur à l'empire moscovite ne puisse concurrencer le leadership révolutionnaire de ce dernier. Raison pour laquelle il ordonnera depuis le Kremlin l'extermination du POUM de Catalogne pendant la guerre d'Espagne et fera tout pour empêcher Tito de prendre le pouvoir en Yougoslavie à la fin de la Deuxième Guerre mondiale (de même qu'il décapitera la résistance communiste grecque).
La « révolution permanente », c'est l'infiltration
On voit donc que ce qui, dès le début, sépare radicalement Staline de Trotski, c'est un rapport différent à la permanence de l’État et du fait national. Pour Trotski, les États et les nations sont liés indissolublement à la civilisation bourgeoise : une révolution ne sera donc vraiment socialiste qu'à la condition d'en finir avec eux comme avec toute forme de propriété privée. C'est pourquoi à ses yeux la révolution doit être « permanente », c'est-à-dire internationaliste et mondiale.
Dès lors, le diagnostic porté par la IVe Internationale sur l'URSS stalinienne sera clair et radical : il s'agit d'un État socialiste, certes, mais bureaucratique et non pas bolchevique - dans la mesure où la collectivisation de l'économie ne s'y est pas accompagnée du dépérissement de l'État (au profit du Parti) et de l'abrogation des frontières. Il en ira de même pour la Chine maoïste après 1949 - en pire, car il s'agira cette fois d'une nation communiste paysanne.
Naturellement, Léon Davidovitch avait à la fois raison et tort : raison lorsqu'il considérait que le stalinisme constituait une trahison de l'héritage bolchevique-léniniste, ce dont témoigneront les grandes purges des années 1932-1938 qui décimeront impitoyablement tous les rangs des anciens compagnons de Lénine ; tort lorsqu'il croyait qu'une révolution prolétarienne pouvait triompher, au sein du concert des puissances impérialistes et bourgeoises, uniquement par le jeu d'une petite avant-garde révolutionnaire, sans l'appui d'un Etat sanctuarisé au sein d'un territoire et d'un peuple.
C'est ce que ne comprendront pas, après lui et à cause de lui, ses nombreux héritiers, français pour l'essentiel : Naville, Molinier, Lambert, Frank, Krivine, Najman, Bensaïd, Besancenot (seul le grec Michel Raptis, dit Pablo, fera exception, dans une certaine mesure, avec son fameux et explosif Où allons-nous ? tiers-mondiste de 1951, mais pour cette raison finira totalement isolé au sein de la IVe Internationale, et immédiatement soupçonné de liens - peut-être réels - avec l'Union soviétique).
« Cette merde d’État-nation »
Aussi, toujours les trotskistes, au lieu de concurrencer les communistes sur leur propre terrain, celui de l'implantation en milieu ouvrier ou paysan, privilégieront-ils l'entrisme clandestin auprès des organisations syndicales ou des partis sociaux-démocrates, afin d'être en mesure de « déborder » les bases ouvrières au moment du « grand soir » final tellement attendu, mais de plus en plus improbable.
Ainsi, pendant la Seconde Guerre mondiale, bon nombre d'entre eux s'abstiendront-ils de toute forme de résistance nationale « petite-bourgeoise » contre l'occupant, au point d'exclure de leurs rangs tous ceux qui auront fait le coup de feu face à l'armée allemande. Ainsi encore l'italien Toni Negri appellera-t-il, lors du référendum de 2005 sur la Constitution européenne, à voter « oui » pour « en finir avec cette merde d'État-nation » (sic).
Avant-garde révolutionnaire à jamais sans troupes et sans espoir, les trotskistes à force d'élitisme maximaliste sont toujours passés à côté de l'Histoire réelle, au point de ne plus être désormais que les auxiliaires nihilistes plus ou moins consentants d'un capitalisme globalisé devenu infiniment plus radical qu'eux.
Philippe Marsay LE CHOC DU MOIS octobre 2009
À lire : Les Trotskistes, Christophe Nick, Fayard, 615 p., 23 euros.23
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Re: Communisme : le devoir de mémoire
Communisme & nazisme (1917-1945) Communisme & Guerre Froide
http://www.youtube.com/watch?v=dtg_tj4Y ... ure=relmfu
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Re: Communisme : le devoir de mémoire
Les trotskystes : de l'internationale communiste au mondialisme libéral
http://www.youtube.com/watch?v=MabdBqCa ... re=related
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Re: Communisme : le devoir de mémoire
Mémoires pour tous sur les victimes du communisme
1) Le texte suivant est extrait du livre Les fils du goulag, publié en 1976 par l’écrivain français d’origine arménienne, Armand Maloumian.
« Oui, évidemment, c’est atroce, me dit-on souvent, mais enfin, en URSS, il n’y avait pas de chambres à gaz, de fours crématoires, de camps de la mort. » Si les milliers de camps d’extermination par le travail, les camps de mort lente qui existaient et existent encore aujourd’hui, si les prisons disciplinaires et les camps de concentration ne sont pas des camps de la mort, que sont-ils ?
Des fours crématoires et des chambres à gaz, effectivement, je n’en ai jamais entendu parler. En revanche, des camps du silence, oui. Des camps où les prisonniers sont enchaînés, oui. Du cannibalisme dans les camps ou pendant le transport de prisonniers, oui. Des massacres dans les camps où les gardiens ont ouvert le feu sur des prisonniers sans défense, oui. D’exterminations de prisonniers politiques irréductibles par des droits communs armés par les soins des gardiens de haches et de barres, oui. De cellules où on laisse le prisonnier en linge de corps par -30° pendant des semaines, oui. De bateaux transportant des prisonniers où ceux-ci sont jetés vivants à la mer, oui. De prisonniers enchaînés dans leurs baraques, brûlés vifs à coup de lance-flammes, oui. De prisonniers tués par des gardiens d’une balle dans la tête, oui. De prisonniers déchiquetés par des chiens sur l’ordre des gardiens, oui. De mines de plomb où le prisonnier, atteint de saturnisme au bout de quelques mois de travail, meurt dans d’atroces douleurs, oui. De la pose de voies ferrées par -50°, oui.
Tout cela a bel et bien existé, existe et existera sous des formes plus ou moins différentes tant que l’URSS sera l’URSS. Si tous ces moyens d’extermination, de mort lente, ne sont pas l’équivalent dans l’horreur des fours crématoires et chambres à gaz nazis, que sont-ils alors ? »
2) Quelques réflexions éparses sur le marxisme, extraites de Holocauste de gauche de Anne Yélen
Si le marxisme, comme il a été dit, est un délire de l’intellect, cela ne l’a nullement empêché d’être aussi un moyen d’anéantissement des corps. Par son racisme de classe, qui n’admet pas les différenciations sociales « verticales », il a fait « plus » sur ce plan que le racisme biologique de type hitlérien. On ne cesse d’entendre rappeler la mort des juifs victimes des camps nazis et les pharisiens de s’indigner : « Plus jamais ça ! » alors que la plupart d’entre eux ont fort bien supporté, de Lénine à Mao Tsé Toung, les camps aussi terrifiants du goulag socialiste.
Si l’on appelle « génocide » l’extermination programmée de populations sans défense coupables d’être nées dans une ethnie, une classe ou une religion condamnées, le marxisme, variante extrémiste du socialisme au même titre que le nazisme [le mouvement d’Hitler se présentait comme « national-socialiste » et Mussolini fut d’abord un militant socialiste avant de créer le « Fascio »], s’est rendu coupable de génocides multiples.
Contrairement à ce que l’on cherche à nous faire croire, il n’y a pas un marxisme qui serait bon en lui-même mais dénaturé par des exécutants maladroits : c’est dans la théorie même que le ver est vrillé, dans son mécanisme de pensée que gît la perversité.
Comment s’immuniser contre cette dialectique délétère ? Peut-être en affinant son esprit de synthèse et de justesse, en examinant les grands problèmes éternels sous leurs différents aspects sans oublier de les resituer dans le courant des influences dominantes qui ont présidé à leur coloration. Sans oublier non plus de les poser au cœur même de ce que nous sommes, observateurs réagissants.
VOIR le TOUT et en faire le TOUR, recommandait Lanza del Vasto lorsqu’il écrivait : « Quand le marxiste est minoritaire…c’est toujours lui qui tient le beau rôle… C’est lui qui dénonce les scandales financiers, politiques, policiers, militaires, coloniaux, judiciaires, qui réclame l’abolition des abus, la cessation des guerres,…la paix pour le sauvage et pour le nègre…
Mais dès que débarrassé de ses ennemis, il a enfin les mains libres…dès qu’il dicte sa loi, il devient inique, brutal, cruel, froid, perfide, menteur, implacable, impitoyable, inhumain… D’où vient cet étrange retournement ? Il n’y a pas de retournement. Il y a ceci : qu’on voit enfin le tout et qu’on en fait le tour » (extrait de : Les Quatre Fléaux, Denoël, 1959)
Eh oui, dès que le marxisme a les mains libres…s’installe le goulag. Il n’y aura pas longtemps à attendre. Le système concentrationnaire bolchevique naît officiellement le 15 avril 1919, date du décret n° 45 du gouvernement soviétique portant le titre : « Au sujet des camps de travaux forcés ». Un système qui sera vite perfectionné. Un camp de la mort, destiné à la suppression physique des détenus, commencera à fonctionner dès 1921. Il s’appelait Holmogor et était situé près de la ville d’Arkhangelsk.
A. Kling http://france-licratisee.hautetfort.com
1) Le texte suivant est extrait du livre Les fils du goulag, publié en 1976 par l’écrivain français d’origine arménienne, Armand Maloumian.
« Oui, évidemment, c’est atroce, me dit-on souvent, mais enfin, en URSS, il n’y avait pas de chambres à gaz, de fours crématoires, de camps de la mort. » Si les milliers de camps d’extermination par le travail, les camps de mort lente qui existaient et existent encore aujourd’hui, si les prisons disciplinaires et les camps de concentration ne sont pas des camps de la mort, que sont-ils ?
Des fours crématoires et des chambres à gaz, effectivement, je n’en ai jamais entendu parler. En revanche, des camps du silence, oui. Des camps où les prisonniers sont enchaînés, oui. Du cannibalisme dans les camps ou pendant le transport de prisonniers, oui. Des massacres dans les camps où les gardiens ont ouvert le feu sur des prisonniers sans défense, oui. D’exterminations de prisonniers politiques irréductibles par des droits communs armés par les soins des gardiens de haches et de barres, oui. De cellules où on laisse le prisonnier en linge de corps par -30° pendant des semaines, oui. De bateaux transportant des prisonniers où ceux-ci sont jetés vivants à la mer, oui. De prisonniers enchaînés dans leurs baraques, brûlés vifs à coup de lance-flammes, oui. De prisonniers tués par des gardiens d’une balle dans la tête, oui. De prisonniers déchiquetés par des chiens sur l’ordre des gardiens, oui. De mines de plomb où le prisonnier, atteint de saturnisme au bout de quelques mois de travail, meurt dans d’atroces douleurs, oui. De la pose de voies ferrées par -50°, oui.
Tout cela a bel et bien existé, existe et existera sous des formes plus ou moins différentes tant que l’URSS sera l’URSS. Si tous ces moyens d’extermination, de mort lente, ne sont pas l’équivalent dans l’horreur des fours crématoires et chambres à gaz nazis, que sont-ils alors ? »
2) Quelques réflexions éparses sur le marxisme, extraites de Holocauste de gauche de Anne Yélen
Si le marxisme, comme il a été dit, est un délire de l’intellect, cela ne l’a nullement empêché d’être aussi un moyen d’anéantissement des corps. Par son racisme de classe, qui n’admet pas les différenciations sociales « verticales », il a fait « plus » sur ce plan que le racisme biologique de type hitlérien. On ne cesse d’entendre rappeler la mort des juifs victimes des camps nazis et les pharisiens de s’indigner : « Plus jamais ça ! » alors que la plupart d’entre eux ont fort bien supporté, de Lénine à Mao Tsé Toung, les camps aussi terrifiants du goulag socialiste.
Si l’on appelle « génocide » l’extermination programmée de populations sans défense coupables d’être nées dans une ethnie, une classe ou une religion condamnées, le marxisme, variante extrémiste du socialisme au même titre que le nazisme [le mouvement d’Hitler se présentait comme « national-socialiste » et Mussolini fut d’abord un militant socialiste avant de créer le « Fascio »], s’est rendu coupable de génocides multiples.
Contrairement à ce que l’on cherche à nous faire croire, il n’y a pas un marxisme qui serait bon en lui-même mais dénaturé par des exécutants maladroits : c’est dans la théorie même que le ver est vrillé, dans son mécanisme de pensée que gît la perversité.
Comment s’immuniser contre cette dialectique délétère ? Peut-être en affinant son esprit de synthèse et de justesse, en examinant les grands problèmes éternels sous leurs différents aspects sans oublier de les resituer dans le courant des influences dominantes qui ont présidé à leur coloration. Sans oublier non plus de les poser au cœur même de ce que nous sommes, observateurs réagissants.
VOIR le TOUT et en faire le TOUR, recommandait Lanza del Vasto lorsqu’il écrivait : « Quand le marxiste est minoritaire…c’est toujours lui qui tient le beau rôle… C’est lui qui dénonce les scandales financiers, politiques, policiers, militaires, coloniaux, judiciaires, qui réclame l’abolition des abus, la cessation des guerres,…la paix pour le sauvage et pour le nègre…
Mais dès que débarrassé de ses ennemis, il a enfin les mains libres…dès qu’il dicte sa loi, il devient inique, brutal, cruel, froid, perfide, menteur, implacable, impitoyable, inhumain… D’où vient cet étrange retournement ? Il n’y a pas de retournement. Il y a ceci : qu’on voit enfin le tout et qu’on en fait le tour » (extrait de : Les Quatre Fléaux, Denoël, 1959)
Eh oui, dès que le marxisme a les mains libres…s’installe le goulag. Il n’y aura pas longtemps à attendre. Le système concentrationnaire bolchevique naît officiellement le 15 avril 1919, date du décret n° 45 du gouvernement soviétique portant le titre : « Au sujet des camps de travaux forcés ». Un système qui sera vite perfectionné. Un camp de la mort, destiné à la suppression physique des détenus, commencera à fonctionner dès 1921. Il s’appelait Holmogor et était situé près de la ville d’Arkhangelsk.
A. Kling http://france-licratisee.hautetfort.com
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Re: Communisme : le devoir de mémoire
Le communisme en Tchécoslovaquie (1945-1989)
Première partie :
http://rutube.ru/video/0526f033b302f349 ... 44d2d851/#
Seconde partie :
http://rutube.ru/video/eccf6751bd90d865 ... 235643a22/
Première partie :
http://rutube.ru/video/0526f033b302f349 ... 44d2d851/#
Seconde partie :
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Re: Communisme : le devoir de mémoire
Corée du Nord : les goulags maintenant visibles sur Google Maps

Capture d’écran de la carte de Corée du Nord sur Google Maps indiquant un goulag. Crédit : DR
PYONGYANG (NOVOPress) – Le géant américain Google a actualisé une carte de la Corée du Nord identifiant les sinistres camps dans lesquels le régime communiste interne ses opposants, ainsi qu’un centre de recherche nucléaire.
La carte du pays sur Google Maps est composée à partir du service Google Map Maker grâce à des contributions d’internautes, un peu sur le modèle de l’encyclopédie en ligne Wikipedia. Elle propose un aperçu plus détaillé de Pyongyang avec des écoles, des hôtels, des hôpitaux, une cathédrale, un marché et des parcs ci et là de part et d’autre du fleuve Taedong qui coupe la capitale en deux.
Jayanth Mysore, un responsable de Google Map Maker, a présenté mardi nouvelle carte du pays le plus fermé au monde : « Pendant longtemps, la dictature communiste est demeurée l’une des plus vastes zones dotées de données cartographiques limitées. Aujourd’hui nous y remédions ».
La carte est malgré tout encore clairsemée : quelques villes, des aéroports, une usine chimique, un site de recherche nucléaire et surtout des tâches grisâtres représentant des camps d’internement.
Ainsi, à une centaine de kilomètres au nord-est de Pyongyang, le camp (kwan-li-so) N°18, identifié comme un goulag, est clairement indiqué. Sur Google, le site en question est identifié sous le terme de « Bukchang Gulag ».
Rappelons que, dans un rapport de mai 2011, Amnesty International affirmait que les camps d’enfermement nord-coréens ont augmenté en taille et en nombre ces dix dernières années et enferment actuellement quelque 200.000 personnes dans des conditions atroces.
Julien Lemaire http://fr.novopress.info

Capture d’écran de la carte de Corée du Nord sur Google Maps indiquant un goulag. Crédit : DR
PYONGYANG (NOVOPress) – Le géant américain Google a actualisé une carte de la Corée du Nord identifiant les sinistres camps dans lesquels le régime communiste interne ses opposants, ainsi qu’un centre de recherche nucléaire.
La carte du pays sur Google Maps est composée à partir du service Google Map Maker grâce à des contributions d’internautes, un peu sur le modèle de l’encyclopédie en ligne Wikipedia. Elle propose un aperçu plus détaillé de Pyongyang avec des écoles, des hôtels, des hôpitaux, une cathédrale, un marché et des parcs ci et là de part et d’autre du fleuve Taedong qui coupe la capitale en deux.
Jayanth Mysore, un responsable de Google Map Maker, a présenté mardi nouvelle carte du pays le plus fermé au monde : « Pendant longtemps, la dictature communiste est demeurée l’une des plus vastes zones dotées de données cartographiques limitées. Aujourd’hui nous y remédions ».
La carte est malgré tout encore clairsemée : quelques villes, des aéroports, une usine chimique, un site de recherche nucléaire et surtout des tâches grisâtres représentant des camps d’internement.
Ainsi, à une centaine de kilomètres au nord-est de Pyongyang, le camp (kwan-li-so) N°18, identifié comme un goulag, est clairement indiqué. Sur Google, le site en question est identifié sous le terme de « Bukchang Gulag ».
Rappelons que, dans un rapport de mai 2011, Amnesty International affirmait que les camps d’enfermement nord-coréens ont augmenté en taille et en nombre ces dix dernières années et enferment actuellement quelque 200.000 personnes dans des conditions atroces.
Julien Lemaire http://fr.novopress.info
Re: Communisme : le devoir de mémoire
Merci pour les vidéos, Pat. 
"Condamner l'Immigration de Remplacement ( et ses conséquences) sans jamais dénoncer les Responsables de cette Immigration c'est faire preuve d'inintelligence et de lâcheté !"
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Re: Communisme : le devoir de mémoire
La fin du PCF
SURPRISE pour les délégués au XXXVIe congrès du Parti dit communiste dit français, le 7 février 2013 à Aubervilliers (93) : des drapeaux arc-en-ciel (homosexuels – si Jeannette Vermeersch voyait ça…), mais plus de faucille ! Plus de marteau ! Ces beaux outils ont été mis à la casse par la direction, une nuit sans lune, sans consulter personne. Et ça, c’est encore du stalinisme bien sanglant, bien abject…
N’en demandez pas plus. « La fin du PCF » est annoncée dix ans plus tôt (2002-2003) par la revue “Communisme” n° 72/73. Et par quels experts ! Stéphane Courtois, directeur du “Livre noir du communisme” (100 millions de morts), note « l’effondrement communiste » sous l’étiage électoral de 1932. Puis Anicet Le Pors, ancien ministre PCF de la Fonction publique (1981-84), remarque que « le PC ne produit plus aucune idée ». Et se fait hegelien – « Tout ce qui naît est digne de périr » – pour philosopher : « C’est dramatique. Tout ça n’existe plus. Non seulement ça n’existe plus mais il faut que des choses meurent pour que d’autres vivent. »
C’est l’époque où j’ai croisé Le Pors : il arrivait à une réunion souverainiste dans une crypte (!) de Paris XIIIe (où il est né en 1931), et me voyant crier “Le Libre Journal” de Serge de Beketch à la porte, il a tenu à me serrer la main ; à ma vive surprise. C’est aussi l’époque (25 février 2003) où “Le Parisien” affirme que la revue du PCF “Économie et politique” aurait « bénéficié de rentrées douteuses en 1990 et 1991 » (240 000 € versés par de grandes entreprises publiques) en règlement de « factures fictives ».
Ben quoi ? L’or de Moscou s’est tari. Le PCF n’est plus communiste, mais demeure un parti de larbins. Les pourboires de grandes entreprises, publiques et privées, lui sont indispensables. Les petits cadeaux de Lagardère, marchand de canons, ne sont pas dédaignés. Dès 2001, 20 % du capital de “l’Humanité” sont aux mains du Capital. C’est l’année où je me vois expulsé violemment de la fête de “l’Huma”, dans la compagnie honorifique de Louis Dalmas et “Balkans-infos”, pour faire place au patronat (Medef) et à… Coca-Cola !
Le 23 mai 2001, j’explique dans “Minute” « Pourquoi et comment, sans le savoir, vous renflouez “l’Huma” ». Oui, vous : vous la financez en tant que contribuable, quand l’État lui remet une dette de 13 millions de francs (MF). Si vous avez un livret de Caisse d’épargne (5 MF), si vous êtes actionnaire de TF1 (8 MF) ou Hachette (8 MF), vous serez heureux de savoir que ces entreprises, sans vous consulter, confient vos picaillons aux… pourfendeurs du capitalisme ?
Aux nouveaux laquais du capitalisme, bien sûr ! Leur employeur soviétique les a licenciés de fait en décédant, et ils ont couru à la botte du Capital. À sa table de bridge, ils sont le mort.
PATRICK GOFMAN http://fr.altermedia.info/
SURPRISE pour les délégués au XXXVIe congrès du Parti dit communiste dit français, le 7 février 2013 à Aubervilliers (93) : des drapeaux arc-en-ciel (homosexuels – si Jeannette Vermeersch voyait ça…), mais plus de faucille ! Plus de marteau ! Ces beaux outils ont été mis à la casse par la direction, une nuit sans lune, sans consulter personne. Et ça, c’est encore du stalinisme bien sanglant, bien abject…
N’en demandez pas plus. « La fin du PCF » est annoncée dix ans plus tôt (2002-2003) par la revue “Communisme” n° 72/73. Et par quels experts ! Stéphane Courtois, directeur du “Livre noir du communisme” (100 millions de morts), note « l’effondrement communiste » sous l’étiage électoral de 1932. Puis Anicet Le Pors, ancien ministre PCF de la Fonction publique (1981-84), remarque que « le PC ne produit plus aucune idée ». Et se fait hegelien – « Tout ce qui naît est digne de périr » – pour philosopher : « C’est dramatique. Tout ça n’existe plus. Non seulement ça n’existe plus mais il faut que des choses meurent pour que d’autres vivent. »
C’est l’époque où j’ai croisé Le Pors : il arrivait à une réunion souverainiste dans une crypte (!) de Paris XIIIe (où il est né en 1931), et me voyant crier “Le Libre Journal” de Serge de Beketch à la porte, il a tenu à me serrer la main ; à ma vive surprise. C’est aussi l’époque (25 février 2003) où “Le Parisien” affirme que la revue du PCF “Économie et politique” aurait « bénéficié de rentrées douteuses en 1990 et 1991 » (240 000 € versés par de grandes entreprises publiques) en règlement de « factures fictives ».
Ben quoi ? L’or de Moscou s’est tari. Le PCF n’est plus communiste, mais demeure un parti de larbins. Les pourboires de grandes entreprises, publiques et privées, lui sont indispensables. Les petits cadeaux de Lagardère, marchand de canons, ne sont pas dédaignés. Dès 2001, 20 % du capital de “l’Humanité” sont aux mains du Capital. C’est l’année où je me vois expulsé violemment de la fête de “l’Huma”, dans la compagnie honorifique de Louis Dalmas et “Balkans-infos”, pour faire place au patronat (Medef) et à… Coca-Cola !
Le 23 mai 2001, j’explique dans “Minute” « Pourquoi et comment, sans le savoir, vous renflouez “l’Huma” ». Oui, vous : vous la financez en tant que contribuable, quand l’État lui remet une dette de 13 millions de francs (MF). Si vous avez un livret de Caisse d’épargne (5 MF), si vous êtes actionnaire de TF1 (8 MF) ou Hachette (8 MF), vous serez heureux de savoir que ces entreprises, sans vous consulter, confient vos picaillons aux… pourfendeurs du capitalisme ?
Aux nouveaux laquais du capitalisme, bien sûr ! Leur employeur soviétique les a licenciés de fait en décédant, et ils ont couru à la botte du Capital. À sa table de bridge, ils sont le mort.
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Re: Communisme : le devoir de mémoire
1936, quand le peuple souhaite être orphelin
Cette année-là, on vit apparaître à l'étalage des marchands de chaussures un nouveau modèle de souliers, le bolchevik (extra-fort, pour enfants) : le Front populaire approchait, les firmes capitalistes prenaient le ton. Puis ce fut la grande aventure : le triomphe communiste, les grèves, les occupations, le ministère Blum, ouvriers et employés s'engouffrant en troupeau docile dans les organisations du syndicalisme moscoutaire, le drapeau rouge flottant sur les chantiers de l'Exposition, l'Internationale beuglée au milieu des palais de plâtras, la crise financière toujours conjurée et jamais finie, cent milliards de billets et pas une vraie richesse, l'aviation ruinée, les lois bafouées, la magistrature évanouie, les chantiers navals transformés en centres de loisirs, les cabotins et les magnats de la presse se ruant au rouge, ceux-là pour avoir des rôles et ceux-ci pour avoir des lecteurs, les grands riches découvrant avec des sanglots la misère des pauvres et les poules de luxe cultivant l'art pour les masses, enfin du haut de son perchoir alpestre, Hitler contemplant cette mascarade, comptant les dégâts, annexant l'Autriche, un jour de crise ministérielle, tandis que Camille Chautemps embrassait Léon Blum à la fenêtre d'un hôtel cossu, sur un quai de l'île Saint Louis.
Il fallait que quelqu'un se fît le chroniqueur et le peintre de ces vingt-quatre mois véhéments et piteux. D'autres éplucheront les statistiques, dresseront les courbes de production, compteront les votes à la Chambre, Alain Laubreaux apporte autre chose : les hommes et la vie. Ce livre est le carnet d'un journaliste qui, par devoir, s'est trouvé partout où il se passait quelque chose. Il n'y a pas de métier plus difficile que de saisir l'actualité au vol et de la fixer sur le papier, le stylo en travers du corps. Alain Laubreaux est un maître journaliste. Il est rond, bonhomme, sincère, bien portant, français. Il a l'œil. Il a la bonne humeur. Et puis il possède le don de raconter. Il fuit le couplet, le morceau, la vignette, le développement artistement frisotté ; il déterre la vérité comme un objet : il arrive à l'angoisse ou la bouffonnerie par les moyens les plus simples qui sont aussi les plus rares, par le mot juste, l'anecdote exacte, le trait rapide, dix lignes brèves, serrées, qui illuminent.
L'extraordinaire galerie ! Elle fera la stupéfaction de nos enfants. Quoi ? Au moment où les nazis construisaient la grande Allemagne, la France s'était donnée à ce ramassis de médiocres, de faux prophètes, d'avocats sans cause, à cette petite bande d'ignorants, d'incapables, de ratés ? Et pour incarner leurs désirs de justice sociale, les rudes travailleurs de la vigne et de l'usine n'avaient trouvé que Léon Blum, esthète démodé pour salons modem' style, et Maurice Thorez que la nature a avantageusement pétri pour jouer les spadassins à maillot au grand théâtre de Belleville ?
On n'écrit plus de mémoires intimes. Ceux qu'on publie ne sont que des plaidoyers. A quoi auraient recours les historiens de l'avenir, s'ils ne possédaient des livres comme celui-ci ? Aux discours officiels ? Aux séances des assemblées parlementaires ? Quelle collection de mensonges, de duperies, de dérobades ! Quel bric-à-brac de topos conventionnels, de métaphores, de phrases toutes faites ! Les romanciers ne seront pas non plus d'un grand secours. Le plus souvent ils décrivent un monde chimérique, où la passion parle toute pure, mais où les embêtements de la vie réelle n'entrent guère. Les anciennes cours étaient commodes ; elles ramassaient en quelques salons l'élite entière du pays, l'observateur avait sous la main et sous les yeux tout ce qui comptait et tout ce qui gouvernait. Hélas ! de nos jours, les palais nationaux sont bien mornes et c'est ailleurs qu'il faut chercher la lumière.
Courteline a montré le chemin. Il est l'homme du petit café ; le petit café est le Versailles de la IIP République. Là se font les programmes, les orateurs et les élections. La démocratie sociale s'accoude au zinc, les pieds dans la sciure, porte des pantalons de velours à côtes, parle haut, crache à terre, s'affirme en termes cambronnesques quand sonne l'heure de l'apéritif. La république bourgeoise se tient dans la salle du fond, sur les banquettes de moleskine, éparse autour des tables de marbre où les soucoupes s'élèvent en pyramides. Elle cultive le calembour, la manille, la belote et la fraude fiscale, elle parle retraites et péréquation, elle croit au progrès, à la rente et à l'instruction universelle, elle gagne des batailles en Espagne et se retrouve le soir à la loge pour entendre, portes closes, le pharmacien de la grande place river son clou à Mussolini.
Cher Courteline ! En lisant Laubreaux, j'ai eu l'impression que vos immortels héros s'étaient emparés de la France. L'illustre Piégelé, M. Pommade, M. Garrigou, Barbemolle, Land'houille, Saumâtre, Grenouillot, Racuit, Labouture et Marmouillard, tous ils font de la politique, tous ils sont devenus conseillers généraux, députés, sénateurs-maires, ministres... Je le savais, c'est Croque-bol, Hurluret et l'adjudant Flick qui ont gagné la guerre. C'est La Brige qui a perdu la paix. Pour piper la voix de M. Boulingrin, Ciboulot devenu communiste avait, en mai 36, escamoté son programme de révolution sociale. Il promettait de respecter le commerce, le profit, l'héritage, la famille et la propriété ; il couvrait les murs d'une imagerie pleurnicharde à la Greuze et jurait, la main haute, qu'il n'en voulait qu'aux méchants gros. Or, personne ne se sentait gros ni méchant.
L'électeur français est semblable au fromage de Hollande : rouge au dehors et blanc en dedans ; révolutionnaire pour être pensionné et conservateur pour garder ses pensions. Entre le socialisme et le parti radical, il n'y a qu'une faible nuance. Leur but commun est de faire vivre aux dépens de l'épargne et des capitaux accumulés une clientèle étatiste de plus en plus nombreuse. Au fur et à mesure qu'ils ont pris de l'importance, les socialistes sont, comme les autres, devenus des profiteurs et des cumulards. L'administration haute et basse a été bourrée de leurs hommes. Pendant leur temps de pouvoir, ils en ont mis partout, à la radio, dans les musées, aux postes, dans les préfectures, à l'hygiène, à l'aviation, au Français, aux conseils des compagnies subventionnées. Les forçats de la faim ont mangé l'assiette au beurre. Mais ils sont encore tenus par les syndicats et, aux yeux du citoyen timoré, le syndicat c'est la grève, le tumulte, le désordre.
De là, l'extraordinaire fortune du parti radical. Servi par un personnel de basochiens roublards et de normaliens dessalés, il offre sur le même plateau le vocabulaire démagogique qui endort la masse et la routine gouvernementale qui rassure les intérêts. Le chef radical doit être à la fois excité et raisonnable. Il lui faut discourir sans conclure, promettre sans tenir, menacer les capitaux et protéger les capitalistes, brandir le drapeau rouge et célébrer Jeanne d'Arc, crier « En avant ! » sans bouger et couler au passage les réformes sociales qu'il a lui-même préconisées.
Aussi a-t-il du goût pour les gestes symboliques qui font scandale mais qui n'engagent à rien, les promenades au Panthéon, les inaugurations de statues, les procès politiques, les pompes funèbres et civiques. Si, aiguillonné par les envies et par les appétits, il est contraint d'agir, il se présente comme le moindre mal. Il apaise les petits sans faire de mal aux gros et dénonce le mur d'argent sans cesser de dîner chez les banquiers.
Le radicalisme se dit constructeur, créateur, positif. Il est essentiellement négatif et c'est en cela qu'il plaît à une vaste coalition de petites gens, que la force des choses contraint à la défensive. Entre le curé dont il repousse l'ingérence, le communiste dont il a peur, le gros bourgeois et le châtelain qu'il envie et qu'il déteste, l'électeur radical dessine son empire. Cela suffit pour faire un grand parti hybride, incohérent, décevant, mais durable.
Le drame est de gouverner. La doctrine radicale représente l'Encyclopédie dans son dernier état de dégradation et de sénilité, conservée dans la médiocrité comme des batraciens dans un bocal d'alcool. Le radical est prisonnier de sa logomachie et cette logomachie a perverti la notion même de gouvernement. La République n'est pas une simple forme de l'État. Il ne suffit pas d'y adhérer pour en faire partie. Si Rousseau nous a appris que le régime démocratique est le règne de la volonté générale, il nous a dit aussi que la volonté générale n'est point la volonté du plus grand nombre, mais la voix profonde de la conscience humaine, telle qu'elle devrait évidemment parler en chacun de nous, mais telle qu'en attendant, elle s'exprime par la bouche des citoyens les plus éclairés. La volonté générale n'est point l'opinion de la majorité, c'est la conformité à un système philosophique. Avant d'être un régime, la République est une église. Aussi a-t-elle son orthodoxie, ses élus, ses réprouvés et ses docteurs. Derrière les agitations électorales, il y a les clubs, le petit troupeau des fidèles, des convaincus, des illuminés, des comitards. Quant à leurs adversaires, quel que soit leur nombre, leur respect du suffrage universel, leur dévotion à la forme républicaine, ils ne seront jamais que des réactionnaires, des cléricaux, des hérétiques, des aristocrates, à l'occasion des usurpateurs, car de même qu'il y a un roi légitime, il y a un peuple légitime.
La force des gauches, ce sont les victoires obscures de la démocratie villageoise et cantonale, la connaissance exacte du milieu, la trame serrée des intérêts locaux et personnels, la solidarité du clan, la pratique administrative que donne une longue possession. Leur faiblesse, c'est de ne pouvoir rompre avec l'internationale, l'antipatriotisme, la révolution, l'anarchie. Ce sont là les réserves indispensables et cachées, celles qu'on a mobilisées le 12 février 1934 et le 14 juillet 1935, celles qui, en cas de péril réactionnaire, cessent le travail, élèvent les barricades et fournissent les combattants. Aucun chef radical n'échappe durablement à leur joug nécessaire. Même sous les ministères de concentration et d'union, il reste toujours au sein du groupe un noyau d'irréductibles qui maintiennent farouchement le contact avec le communisme et qui s'en vont défiler de la Bastille à la République, parmi les poings fermés, les pancartes séditieuses, les drapeaux rouges et les cris de mort. Procession symbolique ! Pèlerinage expiatoire ! A l'effarement des bourgeois, tandis que la rente monte et que les possédants se rassurent, le régime en tremblant se retrempe dans ces pieux cortèges. Il n'y manque que les têtes coupées au bout d'une pique. Mais les temps se sont affadis et la Troisième République n'est qu'un rabougrissement de la Première.
Pas d'ennemi à gauche ! C'est la loi, c'est le souverain mot. Il explique pourquoi les ministères d'union sont si passagers, si fragiles. « Les observateurs superficiels, a écrit Abel Bonnard, s'étonnent de l'accord qui s'établit entre les hommes de gauche et ceux de l'extrême-gauche, quand ils mesurent l'intervalle qu'il y a entre eux : ils ne prennent pas garde que cette distance est une descente et qu'un radical n'a qu'à se laisser aller pour arriver parmi les révolutionnaires ; celle qui le sépare des modérés, au contraire, peut paraître petite si on la mesure en l'air, mais elle est marquée en fait par un abîme, car les modérés, si déchus qu'ils soient, représentent pour les radicaux les restes de tout ce qu'ils veulent abolir. » Ce sont les débris d'une société haïe ; on se venge encore sur eux d'un temps qu'ils ont eux-mêmes oublié, sans doute parce qu'ils étaient indignes d'en conserver le souvenir.
Ainsi le radicalisme se trouve tour à tour tiraillé par une opportunité de plus en plus impérieuse, qui sous l'aiguillon du péril le contraint à l'alliance avec les droites, et la logique profonde du régime qui, le danger écarté, le ramène à la révolution. Chaque retour du balancier fait naître d'un côté ou de l'autre des espoirs immenses ; chaque infidélité fait naître les mêmes déceptions et les mêmes colères. S'il est vrai que la démocratie vit de la division, on peut dire que les oscillations du radicalisme ont pour effet d'amortir les heurts. Avec quelque complaisance, les radicaux se flattent d'avoir épargné à la France la guerre civile. Sans nous, disent-ils, le pays se serait coupé en deux partis irréconciliables. L'un aurait dû écraser l'autre. En nous portant tantôt d'un côté et tantôt de l'autre, nous avons empêché le pire.
Les radicaux n'ont pas tort. Mais pendant ce jeu, qu'est devenu le pays ? A-t-il grandi ? A-t-il prospéré ? A-t-il vu ses rivaux s'incliner devant sa sagesse ? Hélas ! Le pays sent confusément qu'il use contre lui-même le meilleur de ses forces. Sans trop savoir ce qu'il désire, il appelle autre chose, quelque chose d'humain et de possible, un régime solide et modéré qui gouvernerait sans opprimer, qui imposerait la conciliation sans étouffer les esprits, qui contraindrait les citoyens à servir sans les transformer en automates ou en perroquets...
Ce qui rend cette inquiétude si pathétique, c'est qu'on a tout fait pour faire perdre au Français le sens de son histoire. Il n'est plus soutenu par la voix puissante des générations qui ont fait sa patrie. Entre elles et lui s'élève une muraille épaisse de préjugés, d'ignorances, de colères. Le Français ne sait encore que dire non. Quand il entend les marxistes proclamer que tous les hommes sont frères, il voudrait être fils unique. Quand il entend les dictateurs se nommer les pères du peuple, il souhaite être orphelin.
Pierre GAXOTTE ✞
La terreur rose décrite par Alain Laubreaux
Ce texte étonnant et toujours actuel (« Pas d'ennemi à gauche » n'est-il pas le credo de nos gouvernements « de droite » ?) que tout journaliste ou même tout historien souhaiterait avoir écrit est la préface que le futur Immortel Gaxotte, alors directeur de Je Suis Partout, donna à La Terreur rose, long reportage d'Alain Laubreaux publié juste avant la « drôle de guerre » et dont La Reconquête, courageuse et dynamique maison créée au Paraguay par Alain Régniez, nous propose une « édition conforme à l'édition originale de 1939 ». On y retrouve toute la vivacité du journaliste formé à bonne école puisqu'il avait été le secrétaire d'Henri Béraud, sa puissance de description (de la terreur que la CGT faisait régner aux usines Renault par exemple), son don de débusquer la cocasserie sous les ignominies, son insolence envers les puissants - ah, « La dernière halte du juif errant », chapitre où est décrite la campagne électorale menée en avril 1937 dans le Miner-vois par le socialiste Jules Moch, « plus noir et plus lugubre encore qu'à l'ordinaire » avec « sa voix huileuse » au « timbre sordidement victorieux, comme d'un canard qui vient d'échapper au coutelas du cuisinier » - et sa compréhension pour le petit peuple, fût-il égaré et complice de la "dictamolle" que fut le Front Populaire.
Les contemporains qui ne jurent que par le « journalisme d'investigation » (sur des sujets sans risques de préférence) écraseront de leur mépris ce « journalisme à l'ancienne », pratiqué sur le terrain, où le narrateur ne dédaigne pas de faire revivre la « France d'en bas », de s'encanailler dans les mastroquets pour y recueillir la vox populi. Mais de ce kaléidoscope naît un féroce tableau des années qui précédèrent la Seconde Guerre mondiale, des personnages qui provoquèrent la terrible défaite de mai-juin 1940 après avoir fait régner leur « terreur rose » en France même.
Comme la plupart des livres des rédacteurs de Je Suis Partout, celui d'Alain Laubreaux - qui, également collaborateur du Cri du peuple et du Petit Parisien, réussit après la Libération à s'exiler à Madrid où il mourut en 1968, après avoir été condamné à mort par contumace en 1947 par la Cour de Justice de la Seine pour sa participation à la collaboration et ses « articles antisémites » - était devenu introuvable. On se réjouira de pouvoir à nouveau le lire.
J. L. Écrits de Paris avril 2009
La Terreur Rose, 308 pages, avec neuf illustrations, 28 €. La Reconquête www.editionsdelareconquete.com . Diffusion Primatice, 10 rue Primatice 75013. Tél. 01-42-17-00-48. Peut être également commandé (32 € franco) à Editions des Tuileries, 1 rue d'Hauteville, 75010 Paris.
Cette année-là, on vit apparaître à l'étalage des marchands de chaussures un nouveau modèle de souliers, le bolchevik (extra-fort, pour enfants) : le Front populaire approchait, les firmes capitalistes prenaient le ton. Puis ce fut la grande aventure : le triomphe communiste, les grèves, les occupations, le ministère Blum, ouvriers et employés s'engouffrant en troupeau docile dans les organisations du syndicalisme moscoutaire, le drapeau rouge flottant sur les chantiers de l'Exposition, l'Internationale beuglée au milieu des palais de plâtras, la crise financière toujours conjurée et jamais finie, cent milliards de billets et pas une vraie richesse, l'aviation ruinée, les lois bafouées, la magistrature évanouie, les chantiers navals transformés en centres de loisirs, les cabotins et les magnats de la presse se ruant au rouge, ceux-là pour avoir des rôles et ceux-ci pour avoir des lecteurs, les grands riches découvrant avec des sanglots la misère des pauvres et les poules de luxe cultivant l'art pour les masses, enfin du haut de son perchoir alpestre, Hitler contemplant cette mascarade, comptant les dégâts, annexant l'Autriche, un jour de crise ministérielle, tandis que Camille Chautemps embrassait Léon Blum à la fenêtre d'un hôtel cossu, sur un quai de l'île Saint Louis.
Il fallait que quelqu'un se fît le chroniqueur et le peintre de ces vingt-quatre mois véhéments et piteux. D'autres éplucheront les statistiques, dresseront les courbes de production, compteront les votes à la Chambre, Alain Laubreaux apporte autre chose : les hommes et la vie. Ce livre est le carnet d'un journaliste qui, par devoir, s'est trouvé partout où il se passait quelque chose. Il n'y a pas de métier plus difficile que de saisir l'actualité au vol et de la fixer sur le papier, le stylo en travers du corps. Alain Laubreaux est un maître journaliste. Il est rond, bonhomme, sincère, bien portant, français. Il a l'œil. Il a la bonne humeur. Et puis il possède le don de raconter. Il fuit le couplet, le morceau, la vignette, le développement artistement frisotté ; il déterre la vérité comme un objet : il arrive à l'angoisse ou la bouffonnerie par les moyens les plus simples qui sont aussi les plus rares, par le mot juste, l'anecdote exacte, le trait rapide, dix lignes brèves, serrées, qui illuminent.
L'extraordinaire galerie ! Elle fera la stupéfaction de nos enfants. Quoi ? Au moment où les nazis construisaient la grande Allemagne, la France s'était donnée à ce ramassis de médiocres, de faux prophètes, d'avocats sans cause, à cette petite bande d'ignorants, d'incapables, de ratés ? Et pour incarner leurs désirs de justice sociale, les rudes travailleurs de la vigne et de l'usine n'avaient trouvé que Léon Blum, esthète démodé pour salons modem' style, et Maurice Thorez que la nature a avantageusement pétri pour jouer les spadassins à maillot au grand théâtre de Belleville ?
On n'écrit plus de mémoires intimes. Ceux qu'on publie ne sont que des plaidoyers. A quoi auraient recours les historiens de l'avenir, s'ils ne possédaient des livres comme celui-ci ? Aux discours officiels ? Aux séances des assemblées parlementaires ? Quelle collection de mensonges, de duperies, de dérobades ! Quel bric-à-brac de topos conventionnels, de métaphores, de phrases toutes faites ! Les romanciers ne seront pas non plus d'un grand secours. Le plus souvent ils décrivent un monde chimérique, où la passion parle toute pure, mais où les embêtements de la vie réelle n'entrent guère. Les anciennes cours étaient commodes ; elles ramassaient en quelques salons l'élite entière du pays, l'observateur avait sous la main et sous les yeux tout ce qui comptait et tout ce qui gouvernait. Hélas ! de nos jours, les palais nationaux sont bien mornes et c'est ailleurs qu'il faut chercher la lumière.
Courteline a montré le chemin. Il est l'homme du petit café ; le petit café est le Versailles de la IIP République. Là se font les programmes, les orateurs et les élections. La démocratie sociale s'accoude au zinc, les pieds dans la sciure, porte des pantalons de velours à côtes, parle haut, crache à terre, s'affirme en termes cambronnesques quand sonne l'heure de l'apéritif. La république bourgeoise se tient dans la salle du fond, sur les banquettes de moleskine, éparse autour des tables de marbre où les soucoupes s'élèvent en pyramides. Elle cultive le calembour, la manille, la belote et la fraude fiscale, elle parle retraites et péréquation, elle croit au progrès, à la rente et à l'instruction universelle, elle gagne des batailles en Espagne et se retrouve le soir à la loge pour entendre, portes closes, le pharmacien de la grande place river son clou à Mussolini.
Cher Courteline ! En lisant Laubreaux, j'ai eu l'impression que vos immortels héros s'étaient emparés de la France. L'illustre Piégelé, M. Pommade, M. Garrigou, Barbemolle, Land'houille, Saumâtre, Grenouillot, Racuit, Labouture et Marmouillard, tous ils font de la politique, tous ils sont devenus conseillers généraux, députés, sénateurs-maires, ministres... Je le savais, c'est Croque-bol, Hurluret et l'adjudant Flick qui ont gagné la guerre. C'est La Brige qui a perdu la paix. Pour piper la voix de M. Boulingrin, Ciboulot devenu communiste avait, en mai 36, escamoté son programme de révolution sociale. Il promettait de respecter le commerce, le profit, l'héritage, la famille et la propriété ; il couvrait les murs d'une imagerie pleurnicharde à la Greuze et jurait, la main haute, qu'il n'en voulait qu'aux méchants gros. Or, personne ne se sentait gros ni méchant.
L'électeur français est semblable au fromage de Hollande : rouge au dehors et blanc en dedans ; révolutionnaire pour être pensionné et conservateur pour garder ses pensions. Entre le socialisme et le parti radical, il n'y a qu'une faible nuance. Leur but commun est de faire vivre aux dépens de l'épargne et des capitaux accumulés une clientèle étatiste de plus en plus nombreuse. Au fur et à mesure qu'ils ont pris de l'importance, les socialistes sont, comme les autres, devenus des profiteurs et des cumulards. L'administration haute et basse a été bourrée de leurs hommes. Pendant leur temps de pouvoir, ils en ont mis partout, à la radio, dans les musées, aux postes, dans les préfectures, à l'hygiène, à l'aviation, au Français, aux conseils des compagnies subventionnées. Les forçats de la faim ont mangé l'assiette au beurre. Mais ils sont encore tenus par les syndicats et, aux yeux du citoyen timoré, le syndicat c'est la grève, le tumulte, le désordre.
De là, l'extraordinaire fortune du parti radical. Servi par un personnel de basochiens roublards et de normaliens dessalés, il offre sur le même plateau le vocabulaire démagogique qui endort la masse et la routine gouvernementale qui rassure les intérêts. Le chef radical doit être à la fois excité et raisonnable. Il lui faut discourir sans conclure, promettre sans tenir, menacer les capitaux et protéger les capitalistes, brandir le drapeau rouge et célébrer Jeanne d'Arc, crier « En avant ! » sans bouger et couler au passage les réformes sociales qu'il a lui-même préconisées.
Aussi a-t-il du goût pour les gestes symboliques qui font scandale mais qui n'engagent à rien, les promenades au Panthéon, les inaugurations de statues, les procès politiques, les pompes funèbres et civiques. Si, aiguillonné par les envies et par les appétits, il est contraint d'agir, il se présente comme le moindre mal. Il apaise les petits sans faire de mal aux gros et dénonce le mur d'argent sans cesser de dîner chez les banquiers.
Le radicalisme se dit constructeur, créateur, positif. Il est essentiellement négatif et c'est en cela qu'il plaît à une vaste coalition de petites gens, que la force des choses contraint à la défensive. Entre le curé dont il repousse l'ingérence, le communiste dont il a peur, le gros bourgeois et le châtelain qu'il envie et qu'il déteste, l'électeur radical dessine son empire. Cela suffit pour faire un grand parti hybride, incohérent, décevant, mais durable.
Le drame est de gouverner. La doctrine radicale représente l'Encyclopédie dans son dernier état de dégradation et de sénilité, conservée dans la médiocrité comme des batraciens dans un bocal d'alcool. Le radical est prisonnier de sa logomachie et cette logomachie a perverti la notion même de gouvernement. La République n'est pas une simple forme de l'État. Il ne suffit pas d'y adhérer pour en faire partie. Si Rousseau nous a appris que le régime démocratique est le règne de la volonté générale, il nous a dit aussi que la volonté générale n'est point la volonté du plus grand nombre, mais la voix profonde de la conscience humaine, telle qu'elle devrait évidemment parler en chacun de nous, mais telle qu'en attendant, elle s'exprime par la bouche des citoyens les plus éclairés. La volonté générale n'est point l'opinion de la majorité, c'est la conformité à un système philosophique. Avant d'être un régime, la République est une église. Aussi a-t-elle son orthodoxie, ses élus, ses réprouvés et ses docteurs. Derrière les agitations électorales, il y a les clubs, le petit troupeau des fidèles, des convaincus, des illuminés, des comitards. Quant à leurs adversaires, quel que soit leur nombre, leur respect du suffrage universel, leur dévotion à la forme républicaine, ils ne seront jamais que des réactionnaires, des cléricaux, des hérétiques, des aristocrates, à l'occasion des usurpateurs, car de même qu'il y a un roi légitime, il y a un peuple légitime.
La force des gauches, ce sont les victoires obscures de la démocratie villageoise et cantonale, la connaissance exacte du milieu, la trame serrée des intérêts locaux et personnels, la solidarité du clan, la pratique administrative que donne une longue possession. Leur faiblesse, c'est de ne pouvoir rompre avec l'internationale, l'antipatriotisme, la révolution, l'anarchie. Ce sont là les réserves indispensables et cachées, celles qu'on a mobilisées le 12 février 1934 et le 14 juillet 1935, celles qui, en cas de péril réactionnaire, cessent le travail, élèvent les barricades et fournissent les combattants. Aucun chef radical n'échappe durablement à leur joug nécessaire. Même sous les ministères de concentration et d'union, il reste toujours au sein du groupe un noyau d'irréductibles qui maintiennent farouchement le contact avec le communisme et qui s'en vont défiler de la Bastille à la République, parmi les poings fermés, les pancartes séditieuses, les drapeaux rouges et les cris de mort. Procession symbolique ! Pèlerinage expiatoire ! A l'effarement des bourgeois, tandis que la rente monte et que les possédants se rassurent, le régime en tremblant se retrempe dans ces pieux cortèges. Il n'y manque que les têtes coupées au bout d'une pique. Mais les temps se sont affadis et la Troisième République n'est qu'un rabougrissement de la Première.
Pas d'ennemi à gauche ! C'est la loi, c'est le souverain mot. Il explique pourquoi les ministères d'union sont si passagers, si fragiles. « Les observateurs superficiels, a écrit Abel Bonnard, s'étonnent de l'accord qui s'établit entre les hommes de gauche et ceux de l'extrême-gauche, quand ils mesurent l'intervalle qu'il y a entre eux : ils ne prennent pas garde que cette distance est une descente et qu'un radical n'a qu'à se laisser aller pour arriver parmi les révolutionnaires ; celle qui le sépare des modérés, au contraire, peut paraître petite si on la mesure en l'air, mais elle est marquée en fait par un abîme, car les modérés, si déchus qu'ils soient, représentent pour les radicaux les restes de tout ce qu'ils veulent abolir. » Ce sont les débris d'une société haïe ; on se venge encore sur eux d'un temps qu'ils ont eux-mêmes oublié, sans doute parce qu'ils étaient indignes d'en conserver le souvenir.
Ainsi le radicalisme se trouve tour à tour tiraillé par une opportunité de plus en plus impérieuse, qui sous l'aiguillon du péril le contraint à l'alliance avec les droites, et la logique profonde du régime qui, le danger écarté, le ramène à la révolution. Chaque retour du balancier fait naître d'un côté ou de l'autre des espoirs immenses ; chaque infidélité fait naître les mêmes déceptions et les mêmes colères. S'il est vrai que la démocratie vit de la division, on peut dire que les oscillations du radicalisme ont pour effet d'amortir les heurts. Avec quelque complaisance, les radicaux se flattent d'avoir épargné à la France la guerre civile. Sans nous, disent-ils, le pays se serait coupé en deux partis irréconciliables. L'un aurait dû écraser l'autre. En nous portant tantôt d'un côté et tantôt de l'autre, nous avons empêché le pire.
Les radicaux n'ont pas tort. Mais pendant ce jeu, qu'est devenu le pays ? A-t-il grandi ? A-t-il prospéré ? A-t-il vu ses rivaux s'incliner devant sa sagesse ? Hélas ! Le pays sent confusément qu'il use contre lui-même le meilleur de ses forces. Sans trop savoir ce qu'il désire, il appelle autre chose, quelque chose d'humain et de possible, un régime solide et modéré qui gouvernerait sans opprimer, qui imposerait la conciliation sans étouffer les esprits, qui contraindrait les citoyens à servir sans les transformer en automates ou en perroquets...
Ce qui rend cette inquiétude si pathétique, c'est qu'on a tout fait pour faire perdre au Français le sens de son histoire. Il n'est plus soutenu par la voix puissante des générations qui ont fait sa patrie. Entre elles et lui s'élève une muraille épaisse de préjugés, d'ignorances, de colères. Le Français ne sait encore que dire non. Quand il entend les marxistes proclamer que tous les hommes sont frères, il voudrait être fils unique. Quand il entend les dictateurs se nommer les pères du peuple, il souhaite être orphelin.
Pierre GAXOTTE ✞
La terreur rose décrite par Alain Laubreaux
Ce texte étonnant et toujours actuel (« Pas d'ennemi à gauche » n'est-il pas le credo de nos gouvernements « de droite » ?) que tout journaliste ou même tout historien souhaiterait avoir écrit est la préface que le futur Immortel Gaxotte, alors directeur de Je Suis Partout, donna à La Terreur rose, long reportage d'Alain Laubreaux publié juste avant la « drôle de guerre » et dont La Reconquête, courageuse et dynamique maison créée au Paraguay par Alain Régniez, nous propose une « édition conforme à l'édition originale de 1939 ». On y retrouve toute la vivacité du journaliste formé à bonne école puisqu'il avait été le secrétaire d'Henri Béraud, sa puissance de description (de la terreur que la CGT faisait régner aux usines Renault par exemple), son don de débusquer la cocasserie sous les ignominies, son insolence envers les puissants - ah, « La dernière halte du juif errant », chapitre où est décrite la campagne électorale menée en avril 1937 dans le Miner-vois par le socialiste Jules Moch, « plus noir et plus lugubre encore qu'à l'ordinaire » avec « sa voix huileuse » au « timbre sordidement victorieux, comme d'un canard qui vient d'échapper au coutelas du cuisinier » - et sa compréhension pour le petit peuple, fût-il égaré et complice de la "dictamolle" que fut le Front Populaire.
Les contemporains qui ne jurent que par le « journalisme d'investigation » (sur des sujets sans risques de préférence) écraseront de leur mépris ce « journalisme à l'ancienne », pratiqué sur le terrain, où le narrateur ne dédaigne pas de faire revivre la « France d'en bas », de s'encanailler dans les mastroquets pour y recueillir la vox populi. Mais de ce kaléidoscope naît un féroce tableau des années qui précédèrent la Seconde Guerre mondiale, des personnages qui provoquèrent la terrible défaite de mai-juin 1940 après avoir fait régner leur « terreur rose » en France même.
Comme la plupart des livres des rédacteurs de Je Suis Partout, celui d'Alain Laubreaux - qui, également collaborateur du Cri du peuple et du Petit Parisien, réussit après la Libération à s'exiler à Madrid où il mourut en 1968, après avoir été condamné à mort par contumace en 1947 par la Cour de Justice de la Seine pour sa participation à la collaboration et ses « articles antisémites » - était devenu introuvable. On se réjouira de pouvoir à nouveau le lire.
J. L. Écrits de Paris avril 2009
La Terreur Rose, 308 pages, avec neuf illustrations, 28 €. La Reconquête www.editionsdelareconquete.com . Diffusion Primatice, 10 rue Primatice 75013. Tél. 01-42-17-00-48. Peut être également commandé (32 € franco) à Editions des Tuileries, 1 rue d'Hauteville, 75010 Paris.
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Re: Communisme : le devoir de mémoire
Le monstre communiste toujours impuni
Le vote ce 27 février de la proposition de loi du Front de gauche, au Sénat, tendant à amnistier les exactions révolutionnaires commises au nom du syndicalisme et des "associations" est intervenu à une très courte majorité. Et, il a quand même engendré quelques réactions.
Or, plus grave encore qu'une indulgence présidentielle envers quelques syndicalistes, en l'occurrence des activistes patentés, il faut bien comprendre le contexte dans lequel s'inscrivent les manœuvres du parti de Mélenchon.
L'Humanité du 23 février titrait ainsi : "Le Front de gauche au Sénat mercredi pour l'amnistie sociale". Et l'ex "organe central" du parti communiste, dont le rôle se veut aujourd'hui plus subtil, plus unitaire, de poursuivre : "Toutes les organisations du Front de gauche manifesteront mercredi devant le Sénat où doit passer la proposition de loi du groupe CRC sur 'l'amnistie des syndicalistes et des militants associatifs condamnés' en justice."
On remarquera que, dans cette affaire une telle manifestation tend à renouveler l'esprit de ces assemblées de l'époque révolutionnaire où les troupes des Sans-culotte venaient faire pression sur les conventionnels terrorisés. Certes Mélenchon et Billard ne sont apparentés à l'horrible et démentiel marquis de Saint-Huruge, au bourreau Sanson ou à Jourdan Coupe-Tête que de manière symbolique. Mais c'est à leur singerie que l'on donne raison.
On pourrait évoquer, par exemple, la manière dont les militants syndicaux de l'artisanat et du travail indépendant en lutte contre les monopoles sociaux avaient été dans le passé exclus par le parti chiraquien de l'amnistie présidentielle, etc...
On se bornera à souligner, d'abord, le contexte actuel dans lequel nous nous situons. Depuis l'arrivée de Hollande à la présidence, d'Ayrault au gouvernement, les violences de la CGT s'exercent à l'encontre de l'intérêt du pays et particulièrement des perspectives d'investissement et d'emploi. De la sorte, le groupe sénatorial socialiste, a envoyé un message fort explicite : celui d'une alliance maintenue avec les communistes qui, pourtant, sabotent l'action du pouvoir et ne perdent jamais une occasion de la dénigrer.
Ce signal se trouvera gravement confirmé si le texte passe à l'Assemblée Nationale. Il correspond hélas à toutes les postures provocatrices et démagogiques adoptées par le ministre Montebourg. Successeur lointain du stalinien Marcel Paul, ministre de la Production industrielle en 1945, quand Thorez disposait pour sa part du portefeuille de la Fonction publique, l'ex compagnon d'Audrey Pulvar cherche à "tomber à gauche" afin de ménager son avenir au sein du parti, en tant que chouchou des gens qui naguère soutenaient Martine Aubry. Le "redressement productif", – qui en douterait ? – il s'en moque éperdument.
Il me semble cependant que l'on doit inscrire aussi cette démarche dans un cadre plus général. Les soutiens du pouvoir se permettent sans rire de dire, d'écrire et d’imprimer, dans le même article du quotidien Le Monde (1)⇓, à la fois : que "Bernard Thibault, s'est efforcé, en 2001, de couper définitivement le cordon ombilical entre le PCF et la CGT" ; et, en même temps, on y note que le camarade Thibault appartient, comme ses prédécesseurs à la direction de ce parti, et qu'il en ira de même pour son successeur Thierry Le Paon. Celui-ci a été désigné en novembre par une commission exécutive interne, pour être "élu" dans le courant du mois de mars, à la tête de la centrale.
Il se révèle donc indispensable de souligner, les mêmes causes engendrant à l'ordinaire des effets comparables, que l'entreprise communiste, expression par laquelle Jules Monnerot (2)⇓. désigne l'appareillage mis en place par Lénine, n'a changé que d'aspect extérieur. Il demeure droit dans ses bottes, sur le fond.
Il convient dès lors de saluer le 20e anniversaire de la revue "Histoire et Liberté", irremplaçable observatoire des actes concrets commis par le communisme comme des errements intellectuels du marxisme, pratiquement impunis à ce jour. (3)⇓.
Car il importe aussi de rappeler un autre caractère de l'Utopie meurtrière : sa récurrence. Nul ne l'a mieux démontré, on osera dire : par avance, qu'un Raymond Sudre publiant, l'année même où Marx écrivait son "Manifeste" son "Histoire du communisme" avec pour sous-tire, à l'époque, de "réfutation des erreurs socialistes." (4)⇓. Il nous montre en effet que, de l'Antiquité jusqu'à nos jours, en passant par les sectes millénaristes du Moyen Âge ou de la Réforme, le programme et les méthodes varient très peu. Après chacun de ses affreux échecs baignant dans le sang toujours renouvelé de ses victimes, le Monstre renaît de ses cendres.
Ainsi, depuis des mois, après des années de procédure stérile, le procès des communistes cambodgiens que l'on appelle "Khmers rouges" se noie-t-il à Phnom-Penh dans les méandres d'un procès bien pensant, bien ligoté, bien trafiqué, dans le silence assourdissant des grandes consciences mondiales.
Ainsi à Berlin le dernier représentant des apparatchiks staliniens de l'Allemagne de l'Est, et malgré ses liens d'hier avec Staatsicherheit, la Stasi d'affreuse mémoire, le camarade Gregor Gysi pose-t-il en chef de Die Linke, la gauche allemande.
Ainsi prétend-on encenser officiellement la mémoire du non moins compagnon de route Hessel.
Ainsi Pierre Laurent, fils pomponné de l'apparatchik Paul Laurent, en toute démocratie a été choisi avec 100 % des voix... difficile de faire plus stalinien... même en Corée du nord ou à Cuba ; cette brillante réélection se passe le 10 février : elle est saluée le jour même par Harlem Désir, au nom du parti socialiste ; et donc ce personnage si bien élevé avance tranquillement à la tête d'un parti communiste, au nom inchangé, fédérateur des syndicats ultra-violents, et des associations gestionnaires du conformisme "politiquement correct", subventionnées par le contribuable, manipulant la marionnette Mélenchon... puisque, depuis la chute du mur de Berlin nous avons gagné à la réconciliation des trotskistes avec ceux qui, autrefois, allaient jusqu'au Mexique pour les assassiner.
Grande avancée de l'Histoire, les piolets sont au vestiaire : décidément, on n'arrête jamais le Progrès.
JG Malliarakis http://www.insolent.fr/
Apostilles :
1 du 11 février 2013.⇑
2 cf. sa "Sociologie du communisme"⇑
3 La revue trimestrielle "Histoire et Liberté" fait suite aux "Cahiers d'Histoire sociale" (1993-2006). Publiée par L'Institut d'Histoire sociale 4, avenue Benoit-Frachon 92023 Nanterre, elle est dirigée par Pierre Pierre Rigoulot et sa rédactrice en chef est Florence Grandsenne cedex Tél.: +(33) 1 46 14 09 29.⇑
4 sur Europe 1.⇑
5 il a été réédité sous le titre "Histoire du communisme avant Marx".⇑
Le vote ce 27 février de la proposition de loi du Front de gauche, au Sénat, tendant à amnistier les exactions révolutionnaires commises au nom du syndicalisme et des "associations" est intervenu à une très courte majorité. Et, il a quand même engendré quelques réactions.
Or, plus grave encore qu'une indulgence présidentielle envers quelques syndicalistes, en l'occurrence des activistes patentés, il faut bien comprendre le contexte dans lequel s'inscrivent les manœuvres du parti de Mélenchon.
L'Humanité du 23 février titrait ainsi : "Le Front de gauche au Sénat mercredi pour l'amnistie sociale". Et l'ex "organe central" du parti communiste, dont le rôle se veut aujourd'hui plus subtil, plus unitaire, de poursuivre : "Toutes les organisations du Front de gauche manifesteront mercredi devant le Sénat où doit passer la proposition de loi du groupe CRC sur 'l'amnistie des syndicalistes et des militants associatifs condamnés' en justice."
On remarquera que, dans cette affaire une telle manifestation tend à renouveler l'esprit de ces assemblées de l'époque révolutionnaire où les troupes des Sans-culotte venaient faire pression sur les conventionnels terrorisés. Certes Mélenchon et Billard ne sont apparentés à l'horrible et démentiel marquis de Saint-Huruge, au bourreau Sanson ou à Jourdan Coupe-Tête que de manière symbolique. Mais c'est à leur singerie que l'on donne raison.
On pourrait évoquer, par exemple, la manière dont les militants syndicaux de l'artisanat et du travail indépendant en lutte contre les monopoles sociaux avaient été dans le passé exclus par le parti chiraquien de l'amnistie présidentielle, etc...
On se bornera à souligner, d'abord, le contexte actuel dans lequel nous nous situons. Depuis l'arrivée de Hollande à la présidence, d'Ayrault au gouvernement, les violences de la CGT s'exercent à l'encontre de l'intérêt du pays et particulièrement des perspectives d'investissement et d'emploi. De la sorte, le groupe sénatorial socialiste, a envoyé un message fort explicite : celui d'une alliance maintenue avec les communistes qui, pourtant, sabotent l'action du pouvoir et ne perdent jamais une occasion de la dénigrer.
Ce signal se trouvera gravement confirmé si le texte passe à l'Assemblée Nationale. Il correspond hélas à toutes les postures provocatrices et démagogiques adoptées par le ministre Montebourg. Successeur lointain du stalinien Marcel Paul, ministre de la Production industrielle en 1945, quand Thorez disposait pour sa part du portefeuille de la Fonction publique, l'ex compagnon d'Audrey Pulvar cherche à "tomber à gauche" afin de ménager son avenir au sein du parti, en tant que chouchou des gens qui naguère soutenaient Martine Aubry. Le "redressement productif", – qui en douterait ? – il s'en moque éperdument.
Il me semble cependant que l'on doit inscrire aussi cette démarche dans un cadre plus général. Les soutiens du pouvoir se permettent sans rire de dire, d'écrire et d’imprimer, dans le même article du quotidien Le Monde (1)⇓, à la fois : que "Bernard Thibault, s'est efforcé, en 2001, de couper définitivement le cordon ombilical entre le PCF et la CGT" ; et, en même temps, on y note que le camarade Thibault appartient, comme ses prédécesseurs à la direction de ce parti, et qu'il en ira de même pour son successeur Thierry Le Paon. Celui-ci a été désigné en novembre par une commission exécutive interne, pour être "élu" dans le courant du mois de mars, à la tête de la centrale.
Il se révèle donc indispensable de souligner, les mêmes causes engendrant à l'ordinaire des effets comparables, que l'entreprise communiste, expression par laquelle Jules Monnerot (2)⇓. désigne l'appareillage mis en place par Lénine, n'a changé que d'aspect extérieur. Il demeure droit dans ses bottes, sur le fond.
Il convient dès lors de saluer le 20e anniversaire de la revue "Histoire et Liberté", irremplaçable observatoire des actes concrets commis par le communisme comme des errements intellectuels du marxisme, pratiquement impunis à ce jour. (3)⇓.
Car il importe aussi de rappeler un autre caractère de l'Utopie meurtrière : sa récurrence. Nul ne l'a mieux démontré, on osera dire : par avance, qu'un Raymond Sudre publiant, l'année même où Marx écrivait son "Manifeste" son "Histoire du communisme" avec pour sous-tire, à l'époque, de "réfutation des erreurs socialistes." (4)⇓. Il nous montre en effet que, de l'Antiquité jusqu'à nos jours, en passant par les sectes millénaristes du Moyen Âge ou de la Réforme, le programme et les méthodes varient très peu. Après chacun de ses affreux échecs baignant dans le sang toujours renouvelé de ses victimes, le Monstre renaît de ses cendres.
Ainsi, depuis des mois, après des années de procédure stérile, le procès des communistes cambodgiens que l'on appelle "Khmers rouges" se noie-t-il à Phnom-Penh dans les méandres d'un procès bien pensant, bien ligoté, bien trafiqué, dans le silence assourdissant des grandes consciences mondiales.
Ainsi à Berlin le dernier représentant des apparatchiks staliniens de l'Allemagne de l'Est, et malgré ses liens d'hier avec Staatsicherheit, la Stasi d'affreuse mémoire, le camarade Gregor Gysi pose-t-il en chef de Die Linke, la gauche allemande.
Ainsi prétend-on encenser officiellement la mémoire du non moins compagnon de route Hessel.
Ainsi Pierre Laurent, fils pomponné de l'apparatchik Paul Laurent, en toute démocratie a été choisi avec 100 % des voix... difficile de faire plus stalinien... même en Corée du nord ou à Cuba ; cette brillante réélection se passe le 10 février : elle est saluée le jour même par Harlem Désir, au nom du parti socialiste ; et donc ce personnage si bien élevé avance tranquillement à la tête d'un parti communiste, au nom inchangé, fédérateur des syndicats ultra-violents, et des associations gestionnaires du conformisme "politiquement correct", subventionnées par le contribuable, manipulant la marionnette Mélenchon... puisque, depuis la chute du mur de Berlin nous avons gagné à la réconciliation des trotskistes avec ceux qui, autrefois, allaient jusqu'au Mexique pour les assassiner.
Grande avancée de l'Histoire, les piolets sont au vestiaire : décidément, on n'arrête jamais le Progrès.
JG Malliarakis http://www.insolent.fr/
Apostilles :
1 du 11 février 2013.⇑
2 cf. sa "Sociologie du communisme"⇑
3 La revue trimestrielle "Histoire et Liberté" fait suite aux "Cahiers d'Histoire sociale" (1993-2006). Publiée par L'Institut d'Histoire sociale 4, avenue Benoit-Frachon 92023 Nanterre, elle est dirigée par Pierre Pierre Rigoulot et sa rédactrice en chef est Florence Grandsenne cedex Tél.: +(33) 1 46 14 09 29.⇑
4 sur Europe 1.⇑
5 il a été réédité sous le titre "Histoire du communisme avant Marx".⇑
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