Communisme : le devoir de mémoire

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Pat
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Re: Communisme : le devoir de mémoire

Messagepar Pat » 22/09/2011 - 16:43

Lénine, Staline et le terrorisme d’Etat

Le terrorisme russe, sous ses diverses formes, avait contribué à affaiblir l'État russe et à faire le lit de la Révolution de 1917. Avec celle-ci, la technique de la terreur allait bientôt se confondre avec l'État soviétique. Lénine allait mettre en place un système que Staline portera aux extrêmes.

Pour le jeune Lénine, la terreur n'est qu'un des moyens de la révolution. Si, en 1899, il rejette son usage, c'est parce qu'il pense que les problèmes organisationnels sont, à ce moment-là, primordiaux. En 1901, dans un article d'Iskra, il écrit ne pas avoir rejeté le “principe de la terreur”, tout en critiquant les révolutionnaires socialistes pour leur usage du terrorisme, sans aucune considération pour les autres formes de combat.

Pour Lénine, la technique terroriste s'inscrit dans le contexte d'une stratégie politico-militaire et son usage doit être appliqué avec méthode et circonspection, ce que n'ont pas compris les révolutionnaires socialistes pour qui le terrorisme est, selon Lénine, devenu une fin en soi. Pour Lénine, la terreur n'est pas l'instrument principal de la lutte révolutionnaire. Il ne devait donc pas, selon lui, devenir une “méthode régulière” de la lutte armée.

Afin que la technique terroriste soit efficace, il fallait selon Lénine qu'elle dépasse le stade des attentats commis par des individus ou des groupuscules. C'est le terrorisme des masses populaires qui devait aboutir au renversement de la monarchie (et du capitalisme) lorsque les forces armées se joindraient au peuple. Lénine était résolument hostile au terrorisme régicide, dans lequel il ne voyait aucun avenir. Au deuxième congrès du Parti ouvrier social-démocrate de 1903, il fit une intervention virulente contre le terrorisme. C'est à cette occasion que le parti se scinda en deux, avec les bolcheviks d'un côté, les mencheviks de l'autre.

C'est parce qu'il dénonça systématiquement le terrorisme des révolutionnaires socialistes que Lénine est parfois perçu comme peu favorable au terrorisme. En fait, Lénine fut, depuis ses débuts d'activiste politique, un apôtre de la terreur mais dans une perspective complètement différente. S'il critiquait ces “duels” contre les autorités tsaristes,qui ne menaient à rien sinon à l'apathie des masses qui attendaient en spectateur le prochain “duel”, sa position va rester inchangée jusqu'à la prise de pouvoir des bolcheviks en 1917 : “La terreur, mais pas maintenant.” L'attente ne fera que multiplier la force avec laquelle la terreur sera déclenchée une fois le pouvoir entre les mains de Lénine. En fait, ce n'est pas l'excès de terreur qu'il critiquait, mais tout le contraire. La terreur, pour être appliquée efficacement, devait être une terreur de masse, contre les adversaires de la Révolution.

Dès 1905 et le troisième congrès du Parti social-démocrate qui a lieu au printemps à Londres – la Révolution de s'est produite au mois de janvier –, Lénine commence à parler de terreur de masse, faisant référence à la Révolution française. Pour éviter plusieurs “Vendée”, une fois la Révolution enclenchée, Lénine juge insuffisant d'exécuter le tsar. Pour que la Révolution réussisse, il faut faire de la “prévention” afin de tuer dans l'oeuf toute forme de résistance antirévolutionnaire. A cet effet, la technique de la terreur est la plus appropriée. Pour écraser la monarchie russe, il faut agir selon lui comme les Jacobins, à travers la “terreur de masse”.

Toujours en 1905, Lénine rédige ses instructions pour la prise de pouvoir révolutionnaire. Il prône deux activités essentielles, les actions militaires indépendantes et la direction des foules. Il encourage la multiplication d'actes terroristes mais_ une perspective stratégique, car il continue de dénoncer les attentats terroristes qui sont le fait d'individus isolés et sans rapport avec les masses populaires :

“Le terrorisme à petite échelle, désordonné et non préparé n'aboutit, s'il est poussé à l'extrême, qu'à éparpiller et gaspiller les forces. C'est vrai, et il ne faut certes pas l'oublier. Mais d'autre Part, on ne saurait non plus en aucun cas oublier que le mot d'ordre de l'insurrection est déjà lancé aujourd'hui. Que l'insurrection a déjà commencé. Commencer l'attaque, si des conditions favorables se présentent, n'est pas seulement le droit, mais l'obligation directe de tout révolutionnaire.”

L'échec de la Révolution de 1905 est selon lui dû à un manque de volonté, de fermeté et d'organisation. Il faut aller plus loin et déclencher la violence généralisée. Mais, à ce moment-là, Lénine est un homme impuissant qui doit se contenter de rédiger des critiques virulentes à l'encontre des révolutionnaires à partir de son lointain exil (en Finlande puis en Suisse). En 1907, il envoie ce message aux révolutionnaires socialistes : “Votre terrorisme n'est pas le résultat de votre conviction révolutionnaire. C'est votre conviction révolutionnaire qui se limite au terrorisme.”

L'année suivante, il approuve l'assassinat du roi Carlos du Portugal (et de son fils) mais regrette que ce genre d'attentat soit un phénomène isolé et sans but stratégique précis. Toujours ce manque de vision stratégique chez les terroristes, malgré leur courage. La Révolution de 1917 corrobore ses avertissements : c'est effectivement au moment opportun, lorsque la situation est suffisamment “mûre”, que l'action directe parvient à faire basculer les événements.

Alors qu'éclate la guerre, Lénine se démarque encore davantage des autres courants socialistes avec lesquels il refuse toute collaboration. Dans son essai classique, L'impérialisme, stade suprême du capitalisme, il expose sa position : la révolution socialiste peut se réaliser dans un pays économiquement arriéré si elle est dirigée par un parti d'avant-garde prêt à aller jusqu'au bout, c'est-à-dire prêt à recourir aux moyens d'une violence extrême et sans crainte d'une effusion de sang massive. Le moment est propice à la dictature du prolétariat (c'est-à-dire en fait du parti d'avant-garde).

Les bolcheviks, Lénine à leur tête, s'engouffrent dans l'espace gigantesque qui se libère soudainement par l'effondrement brutal de la Russie. Dans ce vide politique, les bolcheviks, avec moins de vingt-cinq mille membres, s'emparent du pouvoir après que les autres mouvements politiques révolutionnaires se sont montrés incapables de maîtriser le cours des événements consécutifs à la révolution de Février.

L'historiographie de la révolution d'Octobre a suivi d'une certaine manière celle de la Révolution de 89. La thèse de “l'accident” a alimenté l'école historique russe depuis l'effondrement de l'union soviétique en 1991, après que l'école soviétique a interprété pendant des décennies cet événement comme l'aboutissement historique d'une révolution des masses populaires entreprise par le biais du travail des bolcheviks. Entre les deux, la thèse du “dérapage” entrevoit une révolution entreprise par les masses mais récupérée par un petit groupe abusant de son pouvoir. Nous souscrivons plutôt à l'analyse de Nicolas Werth pour qui la Révolution de 1917 “apparaît comme la convergence momentanée de deux mouvements : une prise de pouvoir politique, fruit d'une minutieuse préparation insurrectionnelle, par un parti qui se distingue radicalement, par ses pratiques, son organisation et son idéologie, de tous les autres acteurs de la Révolution ; une vaste révolution sociale, multiforme et autonome.”

Quoiqu'il en soit, le minuscule Parti bolchevik se retrouvait à la tête d'un immense pays aux prises avec une crise menant à la guerre civile, au milieu de la plus grande guerre qu'ait connue l'Europe jusque-là ! Mais le Parti bolchevik était constitué de telle sorte qu'il put résister au choc combiné de toutes ces forces et qu'il put, grâce à l'habileté de ses dirigeants, se maintenir au pouvoir.

Très rapidement, Lénine dévoila son caractère et ses convictions politiques. Lorsque le congrès des soviets décida d'abolir la peine de mort (26 octobre / 8 novembre 1917), Lénine jugea “inadmissible” cette “erreur” et il s'empressa de rétablir la peine de mort. Un peu plus tard, ces quelques lignes d'Izvestia annonçaient modestement la création d'un des plus formidables outils de terreur jamais conçus :

“Par décret du 7 décembre 1917 du soviet des commissaires du peuple est créée la Tchéka panrusse de lutte contre le sabotage et la contre-révolution.

La Tchéka est domiciliée au n° 2 de la rue Gorokhovaya. Réception de 12 à 17 heures tous les jours.”

Ainsi était créée la police politique soviétique, ancêtre du KGB, qui enverra durant 35 années des millions de personnes au goulag. Quelques mois plus tard seulement, un nouveau décret annonce la création de “tchékas locales de lutte contre le sabotage et la contre-révolution”, étant entendu que ces tchékas “combattent la contre-révolution et la spéculation, les abus de pouvoir, y compris par voie de presse” et que “dorénavant, le droit de procéder aux arrestations, perquisitions, réquisitions et autres mesures susmentionnées appartient exclusivement à ces tchékas, tant à Moscou que sur place.”

La terreur fut un terme employé de plus en plus souvent par les dirigeants politiques, comme le montre cette lettre écrite par Lénine à Zinoviev, après qu'il eut appris que les ouvriers menaçaient de faire une grève générale suite à la réaction des bolcheviks, marquée par les arrestations massives (fin juin 1918) qui suivirent l'assassinat d'un de leurs dirigeants, Volodarski : “Nous venons seulement d'apprendre que les ouvriers de Petrograd souhaitaient répondre par la terreur de masse au meurtre du camarade Volodarski et que vous (pas vous personnellement mais les membres du comité de Petrograd) les avez retenus. Je proteste fermement ! Nous nous compromettons : nous prônons la terreur de masse dans les résolutions du Soviet, mais, lorsqu'il faut passer aux actes, nous ralentissons l'initiative absolument fondée des masses. C'est inadmissible ! Les terroristes vont nous considérer comme des chiffes molles. L'heure est à la militarisation. Il est indispensable d'encourager l'énergie et le caractère de masse de la terreur dirigée contre les contre-révolutionnaires, en particulier à Petrograd où l'exemple doit être décisif.”

La situation durant l'été 1918 était des plus précaires. Pour les bolcheviks, tout semblait pouvoir basculer d'un seul coup. Non seulement ils ne maîtrisaient qu'une modeste partie de territoire, mais ils devaient faire face à trois fronts antirévolutionnaires et durent subir près de cent quarante insurrections durant l'été.

Pour résorber la crise, les instructions aux tchékas locales se firent de plus en plus précises : arrestations, prises d'otages dans la bourgeoisie, établissement de camps de concentration. Lénine demanda que soit promulgué un décret établissant que “dans chaque district producteur de céréales, vingt-cinq otages désignés parmi les habitants les plus aisés répondront de leur vie pour la non-réalisation du plan de réquisition.”

Toujours durant l'été, le Parti bolchevik entame la destruction systématique des protections légales de l'individu. La guerre civile, selon certains membres, ne connaît pas de “lois écrites”, celles-ci étant réservées à la “guerre capitaliste”. La terreur est déjà en marche, alors que le pouvoir est loin d'être assuré, et va permettre aux bolcheviks de s'imposer définitivement. La logique révolutionnaire est la même que celle de la France en 1793-1794 Lénine va profiter de deux incidents pour déclencher une campagne de terreur. Le 30 août 1918, deux attentats, sans relation l'un avec l'autre, avaient ciblé le chef de la Tchéka à Petrograd ainsi que Lénine lui-même. Le premier attentat était un acte de vengeance commis par un jeune étudiant agissant de manière isolée. Le second, attribué à une militante anarchiste, Fanny Kaplan – exécutée immédiatement sans jugement –, fut peut-être un acte de provocation initialement organisé par la Tchéka. Néanmoins, dès le lendemain, la Krasnaïa Gazeta (Petrograd) donnait le ton : “A la mort d'un seul, disions-nous naguère, nous répondrons par la mort d'un millier. Nous voici contraints à l'action. Que de vies de femmes et d'enfants de la classe ouvrière chaque bourgeois n'a- t-il pas sur la conscience ? Il n'y a pas d'innocents. Chaque goutte de sang de Lénine doit coûter aux bourgeois et aux Blancs des centaines de morts.” On entend le même son de cloche chez les dirigeants du parti avec cette déclaration signée Dzerjinski : “Que la classe ouvrière écrase, par une terreur massive, l'hydre de la contre-révolution !” Le lendemain, 4 septembre, on pouvait lire dans Izvestia “qu'aucune faiblesse, aucune hésitation ne peut être tolérée dans la mise en place de la terreur de masse.”

De fait, ce qu'on appellera la “terreur rouge” prend corps à ce moment, avec le décret officiel du 5 septembre : “[…] il est de première nécessité que la sécurité de l'arrière du front soit garantie par la terreur. […] De même, afin de protéger la République soviétique contre ses ennemis de classe, nous devons les isoler dans des camps de concentration. Toutes les personnes impliquées dans des organisations de gardes blancs, dans des complots ou des rébellions, doivent être fusillées.” Le décret se terminait par la déclaration suivante : “Enfin, il est indispensable de publier les noms de tous les fusillés et les causes de l'application de la mesure qui les frappe.” Dans la réalité, seule une petite proportion du nombre de fusillés est recensée officiellement. Quant aux “causes” de leur exécution, il faudra les chercher dans l'arbitraire rationnel de la terreur institutionnalisée. Il n'existe pas de chiffres exacts de la terreur rouge, et pour cause. Selon les estimations, le nombre de victimes de la terreur, entre 1917 et 1921, se situerait dans une fourchette allant de 500 000 morts à près de 2 millions. On voit qu'il n'a pas fallu attendre l'arrivée de Staline au pouvoir pour que la terreur institutionnalisée fasse ses premiers ravages. Quant aux comparaisons avec la période tsariste, elles sont encore plus éloquentes : durant les deux premiers mois de la terreur rouge — 10 à 15 000 exécutions — on recense plus de condamnés à mort que durant la période 1825- 1917, soit près d'un siècle (6 321 condamnations à mort pour raisons politiques, dont 1310 en 1906).

Dès l'instauration du régime de terreur en septembre 1918, on trouve déjà la plupart des éléments qui vont caractériser non seulement la terreur pratiquée par Lénine — puis, avec une tout autre intensité, par Staline —, mais celle que vont pratiquer d'autres régimes politiques se revendiquant héritiers du marxisme-léninisme dont la Chine de Mao Zedong, le Cambodge de Pol Pot, ou plus récemment la Corée du Nord.
Au XXè siècle, le terrorisme d'État dirigé contre les masses populaires aura fait infiniment plus de victimes que le terrorisme dirigé contre l'État (souvent au nom de ces mêmes masses populaires). Alors que le bilan du terrorisme dirigé contre l'État s'élève à quelques milliers de victimes, celui du terrorisme d'État se chiffre en dizaines de millions. Selon les auteurs du Livre noir du communisme, la terreur d'État fait en Union soviétique quelque 20 millions de morts. La Chine voisinerait les 65 millions de victimes. L'Allemagne nazie, dans un laps de temps extrêmement court, dépasse largement les dix millions.

“Qu'est-ce que la terreur ?” demande Isaac Steinberg, qui fut aux avant-postes en tant que commissaire du peuple à la justice entre décembre 1917 et mai 1918. Réponse : “La terreur, c'est un système de violence qui vient du sommet, qui se manifeste ou qui est prêt à se manifester. La terreur, c'est un plan légal d'intimidation massive, de contrainte, de destruction, dirigé par le pouvoir. C'est l'inventaire, précis, élaboré, et soigneusement pesé des peines, châtiments et menaces par lesquels le gouvernement effraie, dont il use et abuse afin d'obliger le peuple à suivre sa volonté. […] “L'ennemi de la révolution” prend de gigantesques proportions lorsqu'il n'y a plus au pouvoir qu'une minorité craintive, soupçonneuse et isolée. Le critère s'élargit alors sans cesse, embrasse progressivement tout le pays, finit par s'appliquer à tous, sauf à ceux qui détiennent le pouvoir. La minorité qui dirige par la terreur étend tôt ou tard son action grâce au principe que tout est permis à l'égard des piliers de 'l'ennemi de la révolution'.”

Mais le terrorisme d'État, c'est-à-dire le terrorisme du fort au faible, et le terrorisme du faible au fort ont de nombreux points en commun. La campagne de terreur a pour but de répandre un sentiment d'insécurité générale qui doit pouvoir atteindre n'importe qui, n'importe quand. On verra que lors des grandes purges staliniennes, les personnages parmi les plus haut placés du régime terroriste tomberont victimes du système sans que personne, à part Staline, ne soit à l'abri.

L'arbitraire caractérise presque toutes les formes de terrorisme, à l'exception du tyrannicide, dès lors que certaines victimes sont prises pour cibles plutôt que d'autres. Dès l'instauration de la terreur rouge est institué un système de prise d'otages arbitraire. À Novossibirsk, par exemple, les autorités avaient institué un jour de prison de manière périodique pour assigner la population à résidence et effectuer des rafles plus facilement. A Moscou, une rafle avait été effectuée un jour dans un grand magasin. Pour la victime de la terreur soviétique, le premier réflexe est l'incompréhension : innocent(e), il ou elle devrait être relâché(e), une fois l'erreur prouvée. Même chose pour la victime du terrorisme d'Al Qaida : lors d'une attaque à Ryad (9 octobre 2003), une victime interrogée par les journalistes montrait son incompréhension devant le fait qu'une bombe pouvait viser des musulmans plutôt que des Occidentaux (le but de l'opération étant logique- ment de déstabiliser le régime saoudien). C'est là toute l'essence du terrorisme, d'en haut ou d'en bas, dont la force repose sur l'arbitraire du choix des victimes. C'est cette psychose généralisée que recherche le terroriste, qu'il soit au pouvoir ou qu'il le combatte. Seule différence : le terrorisme contre l'État cherche à déstabiliser le pouvoir, alors que le terrorisme d'État cherche au contraire à le stabiliser (tout en déstabilisant les populations). Souvent l'État terroriste s'est approprié le pouvoir au terme d'une lutte où le terrorisme a joué un rôle. Il maîtrise donc les paramètres de cette arme stratégique et psychologique. Entre les deux formes de terrorisme, les moyens ne sont pas les mêmes. L'État terroriste dispose de toutes les ressources de l'appareil d'État. Le terroriste “privé” tente au contraire d'exploiter les faiblesses de l'État, ou celles de la société qu'il est censé représenter et protéger. D'une certaine manière, l'Etat terroriste agit de façon préventive, de façon à tuer dans l'oeuf toute tentative de contester son pouvoir (y compris par des terroristes).

Pour l'État terroriste, une fois le pouvoir acquis, il s'agit d'éliminer l'ancien pouvoir jusqu'aux racines – ce qu'accomplissent les bolcheviks, action symbolisée par l'assassinat du tsar et de sa famille. Second objectif : éliminer tous les postulants potentiels au pouvoir et tous les opposants. C'est cette situation qui avait déjà caractérisé la Révolution française en 1793-1794. Lénine saura tirer les leçons de l'échec de Robespierre en maîtrisant l'instrument terroriste. Mais il s'attelle rapidement à la tâche d'éliminer ses adversaires politiques ou idéologiques, à commencer par les anarchistes, qui sont les premiers à dénoncer le dérapage de la révolution et la dictature bolchevique. Ceux-là figurent parmi les premières victimes ciblées de la terreur rouge. Le terrorisme ante- anarchiste commence même avant septembre 1918 et se poursuit lorsque l'appareil d'État, notamment l'armée, est suffisamment fort pour appliquer la terreur généralisée. En avril, Trotski organise la première campagne de terreur contre les “anarcho-bandits”. Après la Russie, les persécutions contre les anarchistes s'étendent à l'Ukraine. La campagne anti-anarchiste n'est pas uniquement une campagne destinée à éliminer un adversaire politique. Bientôt, la pensée anarchiste est elle-même interdite. Les autorités utilisent cette campagne de répression pour écraser toute volonté de résistance que pourraient entretenir d'autres groupes.

La terreur touche aussi les individus vaguement associés à un anarchiste,par exemple un parent éloigné. Logiquement, la terreur est dirigée contre tous les rivaux politiques, à commencer par les mencheviks et les socialistes révolutionnaires de droite, leurs rivaux les plus dangereux, et de gauche (ces derniers quittèrent le gouvernement après le traité de Brest-Litovsk au printemps 1918, les autres furent expulsés du Comité exécutif central des soviets). La dirigeante des socialistes-révolutionnaires de gauche, Maria Spiridonova, condamna la terreur et fut promptement éliminée par les bolcheviks en 1919. Condamnée par le tribunal révolutionnaire, elle fut la première personne à être internée dans un asile psychiatrique pour raisons politiques (elle s'évada et reprit dans la clandestinité la tête de son parti, alors interdit). Les mencheviks et les socialistes révolutionnaires de droite, parfois associés, furent pris pour cible par la Tchéka à partir de 1919.

Quant aux ouvriers, pour qui la révolution avait théoriquement été accomplie, ils ne sont pas épargnés. Qu'une grève survienne et c'est toute l'usine qui est soupçonnée de trahison. Les meneurs, évidemment, sont arrêtés puis exécutés, avec d'autres ouvriers. En novembre, l'usine d'armement de Motovilikha subit cette répression de la part de la Tchéka locale, encouragée par l'autorité centrale. Une centaine de grévistes sont exécutés. On observe le même scénario au printemps suivant à l'usine Poutilov. Ailleurs, les (nombreuses) grèves sont réprimées sévèrement, comme à Astakhan et Toula. La terreur anti-ouvrière atteint son apogée en 1921 lors de l'épisode de Cronstadt, où, sur ordre de Trotski, l'Armée rouge envahit la ville et massacre les marins révoltés du Petropavlovsk.

Les paysans qui se révoltèrent eux aussi, à Tambov ou ailleurs, subirent la même loi. Dans les unités de l'Armée rouge, qui était composée essentiellement de soldats issus de couches paysannes, les mutineries éclatèrent et furent également réprimées avec brutalité. La répression à l'encontre des Cosaques montra que la terreur ne se limitait pas aux catégories sociales et économiques mais qu'elle pouvait toucher aussi des groupes particuliers.

Très vite, il fallut trouver une base juridique à l'internement des prisonniers, ce qui fut accompli en organisant de manière systématique les camps de concentration. Par le décret de 1919, on distingua alors deux types de camps, les camps de redressement par le travail et les camps de concentration à proprement parler, distinction en réalité toute théorique. L'univers concentrationnaire, le Goulag, avec ses millions de zeks, deviendra l'un des fondements du régime politique et le symbole, légué à la postérité par les Soviétiques, de la terreur d'État.

Entre 1923 et 1927, le pays connaît une “trêve” qui dure jusqu'à ce que la succession de Lénine soit assurée (malade depuis mars 1923, il décéda le 24 janvier 1924). Au sein du gouvernement, des voix se font entendre pour que le système s'assouplisse. Mais, dans le contexte de la lutte pour la succession, la police politique va servir les intérêts de Staline qui cherche à éliminer ses rivaux, Trotski au premier chef. Une fois le pouvoir assuré et les rivaux éliminés, Staline et son entourage purent reprendre la politique de terreur qui s'était momentanément, et relativement, relâchée. Nous sommes à la fin des années 1920. Le système terroriste est déjà bien ancré dans la politique soviétique. Staline va profiter du formidable tremplin offert par Lénine pour étendre encore beaucoup plus loin les limites établies par son aîné. Seules les horreurs de la terreur nazie parviendront à occulter pendant un moment au reste du monde celles qui ont lieu en URSS. Comme le dira avec justesse Hannah Arendt, “par une ruse de la raison idéologique, c'est l'image des horreurs des camps nazis qui est chargée de masquer la réalité des camps soviétiques”.

Staline ou la terreur d'Etat

Au début des années trente, Staline expérimenta la technique de la terreur contre la paysannerie, par la fameuse campagne de “dékoulakisation”. La collectivisation forcée qui l'accompagna provoqua une famine qui fit près de six millions de victimes. Le début des années trente marqua aussi une reprise de la terreur généralisée contre certains secteurs de la population, en attendant la Grande Terreur des années 1936-1937. Staline exploita l'appareil d'État imposé par Lénine, c'est-à-dire la dictature du parti, et le transforma en un instrument du pouvoir d'un homme. Pour imposer à son tour ce système, solution à ses yeux aux problèmes de la modernisation et de l'industrialisation du pays, Staline recourut au seul moyen de cette politique : la terreur. Sous Lénine, l'appareil de répression servait le parti. Avec Staline, c'est le parti qui va servir l'appareil répressif.

La terreur des années trente est organisée en plusieurs étapes. Les purges de 1933 sont suivies par la trêve de 1934. Fin 1934, les purges reprennent jusqu'à la fin de 1935. Début 1936, une courte pause précède la Grande Terreur de 1936-1938 qui culmine avec l'année 1937. La terreur stalinienne affecte la base et l'élite, et s'attaque aux paysans et aux ouvriers d'une part, de l'autre aux personnalités à la tête de l'appareil politique (et militaire), ainsi qu'à tous les membres du Parti en général. L'objectif de Staline est de créer un appareil politique entièrement renouvelé et entièrement dévoué à sa cause. Jusqu'en 1936, la vieille garde a survécu avant d'être frappée de plein fouet lors des procès de Moscou.

Ce sont ces grands procès, où les anciens compagnons de Staline avouent leurs “crimes” devant un tribunal, qui vont frapper l'opinion publique internationale. En fait, les procès occultent en partie la campagne de terreur généralisée sévissant dans tout le pays, et qui frappe les populations de toutes les provinces de l'URSS sans distinction de classe ou de nationalité.

Pour les populations, c'est la peur quotidienne. La peur que quelqu'un frappe à votre porte au milieu de la nuit et la peur de disparaître à tout jamais. Collectivement, les effets psychologiques sont terribles et impossibles à mesurer. L'insécurité, la peur, le règne de l'arbitraire font partie de la vie quotidienne. Au travail, et même à la maison, la suspicion est omniprésente. N'importe quel faux pas, aussi infime soit-il, n'importe quel propos peut vous envoyer à la mort ou au goulag. À l'horizon, aucun espoir que cela cesse un jour. Aucune garantie non plus qu'un comportement irréprochable vous épargne. En termes de victimes réelles, le terrorisme stalinien peut s'enorgueillir d'avoir éliminé plusieurs millions de personnes sans qu'on connaisse jamais le chiffre exact ou même approximatif. À partir du choc psychologique que peut provoquer sur une nation un attentat terroriste faisant quelques dizaines de morts, imaginons les effets sur un peuple où tout le monde connaît de près au moins une victime de la terreur stalinienne, un parent, un proche, un voisin, un collègue, sinon tous ceux-là à la fois.

Le système instauré par Staline est d'une perversité sans équivalent : non seulement il est le grand architecte de la terreur généralisée, mais c'est de lui que les populations attendent d'être protégées de la terreur dont elles ont du mal à comprendre les mécanismes. Contre l'arbitraire de la terreur, Staline est perçu par beaucoup comme le dernier rempart. Comme dans tous les régimes totalitaires, la perversion tient aussi à la volonté des dirigeants de recouvrir d'une apparence de légalité un système fondé sur le règne de la peur, de l'arbitraire et de l'illégalité.

De tous les régimes totalitaires, l'Union soviétique fut, entre 1929 et 1953, l'incarnation la plus parfaite du terrorisme d'État. Aucun autre pays n'avait auparavant subi de manière aussi systématique la terreur imposée par un appareil d'État policier. Mais l'URSS fera de nombreux émules en Europe et en Asie qui parfois rivaliseront de perversité dans l'application de la terreur institutionnalisée. Le comble est atteint avec le Cambodge des années 1970, qui mêle le terrorisme d'État d'inspiration soviétique avec la soif exterminatrice des nazis. C'est à cette époque aussi qu'un autre genre de terrorisme apparaît sur les devants de la scène, lui aussi se réclamant du marxisme. Mais il tire aussi sa source d'une longue maturation qui trouve ses origines dans l'expérience de la Seconde Guerre mondiale et des guerres de libération nationales qui lui emboîtèrent le pas.

Gérard CHALIAND et Arnaud BLIN
In Histoire du terrorisme de l'Antiquité à Al Qaida (collectif)

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Re: Communisme : le devoir de mémoire

Messagepar Pat » 28/10/2011 - 18:16

Le Communisme occulte, un entretien avec Oleg Chichkine

Oleg Chichkine, est un historien moscovite dont les travaux portent principalement sur les années 1920/1930 et sur les liens entre l’occultisme et les services secrets soviétiques. Il est collaborateur des revues Soverchenno secretno, Oracul, Ogonek, Segodnya et prépare un ouvrage qui portera comme titre Le Communisme occulte.

Christian Bouchet : Vous affirmez que dans les années 1920/1930 le GPU s’est servi des sociétés secrètes …

Oleg Chichkine : Gleb Bokiy, le chef du service le plus secret du GPU, le Spetzotdiel, était un des dirigeants de la société secrète la Fraternité unie du travail. Il était communiste depuis 1901. Avant la révolution, il était franc-maçon dans une loge de Saint Petersburg.

L’histoire de son initiation est la suivante. En 1906, il a organisé dans l’Institut de géologie où il était étudiant, un groupe bolchevique clandestin sous la couverture d’une cantine gratuite pour les étudiants. La police a découvert l’existence du groupe bolchevique et Gleb Bokiy a été arrêté. Il avait un ami Paviel Mokievsky qui était un médecin et un hypnotiseur connu, ainsi que le responsable de la chronique philosophique dans la revue La Richesse russe qui était un journal d’orientation libérale. Paviel Mokievsky a donné trois mille roubles - une somme importante pour l’époque - comme caution pour libérer Gleb Bokiy. Or c’est ce même homme qui avait initié Gleb Bokiy en maçonnerie dans les premiers grades.

Les membres des degrés supérieurs connaissaient tous les initiés des degrés inférieurs mais pas le contraire. Un certain Bartchenko, dont on parlera par la suite, était maçon, au grade de Rose-Croix, dans la même loge, donc logiquement il devait être au courant de l’initiation de Gleb Bokyi par Paviel Mokievsky.

Cette organisation maçonnique était indépendante de celle de Papus mais coexistait avec celle-ci que dirigeait Moebens. La loge où avait été initié Gleb Boki avait son origine au XVIIIème siècle. Parmi ses hauts dignitaires du degrés de Rose-Croix, on trouvait Roerich, des orientalistes comme Oldenburg et le prince Tcherbatskoï.

Bartchenko que nous avons précédemment cité, quitta la loge en 1914. Il s’intéressait à l’idée de Shambhala. Après la révolution, Bartchenko devint un propagandiste bolchevique auprès des marins de la flotte de la Baltique. Il leur parlait de l’histoire de Shambhala de manière si enthousiaste qu’un comité de marins écrivit une lettre ouverte au Comité international des affaires étrangères des soviets pour organiser une expédition à Shambhala. Les membres de ce comité se portaient même volontaires pour libérer Shambhala du capitalisme ! Les documents sur cette affaire peuvent être consultés aux archives du Ministère des affaires étrangères.

En 1921, Bartchenko a organisé une expédition en Laponie soviétique. L’objet de ses recherches devait être l’étude de « l’hystérie arctique » (nom scientifique que l’on donnait alors à certaines manifestations du shamanisme comme la transe et l’hypnose). Il découvrit à cette occasion une vallée avec de nombreux menhirs où l’on sacrifiait encore des cerfs. Bartchenko pensa qu’il avait trouvé des restes d’une civilisation plus ancienne que l’égyptienne. Cela rentrait dans les idées sur les cycles de Papus.

Quand il est revenu à la civilisation, il a publié un compte rendu de ses découvertes dans La Gazette rouge vespérale sous le pseudonyme de X. Il a alors été contacté par Blumkine, un agent des services secrets qui s’était illustré précédemment en tuant l’ambassadeur allemand le baron Mirbach le 6 juillet 1918. Blumkine est venu chez Bartchenko et lui a proposé de collaborer avec les services secrets soviétiques et pour ce faire d’aller à Moscou. Avec Lounatcharski, Blumkine a organisé un laboratoire de biophysique dans l’enceinte du musée polytechnique de Moscou. Un personnage central de ce labo était Oldenburg. Malgré le fait qu’il ait été membre du gouvernement provisoire socialiste-révolutionnaire/menchevik, il était tenu en haute estime par les bolcheviques.

Quand Bartchenko est venu à Moscou, il y a eu une querelle entre lui et Oldenburg qui étaient pourtant issus de la même loge maçonnique. Bartchenko est donc retourné à Saint Petersburg et a choisi comme logement le temple bouddhiste tibétain de cette ville. Il a été initié au vajrayana par de hauts représentants de l’ambassade de Mongolie, Lama Naga Naven - qui était favorable à l’indépendance du Tibet occidental - et Hayan Hirva - celui-ci avait été initié au martinisme et était membre de la loge La Grand fraternité de l’Asie; après la seconde guerre mondiale il sera le chef des services secrets de Mongolie -. Ces gens là ont dit à Bartchenko qu’ils souhaitaient l’intégration du Tibet au sein de l’URSS, dans une grande fédération eurasiatique. A la même époque, Bartchenko a été en contact avec Chandorovski, un martiniste disciple de Gurdjieff, (celui-ci le cite dans Rencontre avec des hommes remarquable) qui était juriste par profession, violoniste par passion et secrétaire du Soviet des ouvriers et paysans de Iessentuki. Il a proposé à Bartchenko d’être le chef d’une structure similaire à une loge maçonnique qui serait la réplique de l’organisation de Gurdjieff fondée au Caucase et dont le nom serait la Fraternité unie du travail. Les responsables de cette fraternité furent Bartchenko, Chandorovski et Alexandre Kondihein - un astrophysicien -.

Deux semaines après la fondation de la loge, Bartchenko a eu la visite de Blumkine et celui-ci lui a proposé pour la seconde fois d’entrer dans les services secrets soviétiques du fait de ses recherches sur l’hypnose et la télépathie.

En décembre 1924, Bartchenko est venu à Moscou et a fait un discours à l’école du GPU où il a proposé d’organiser des recherches scientifiques sur la télépathie et sur le magnétisme, ainsi qu’une expédition à Shambhala.

Bartchenko a proposé à Gleb Bokiy d’entrer dans sa Fraternité, en plus de Gleb Bokiy qui a rejoint le conseil des dirigeants de la Fraternité, a aussi adhéré à celle-ci Moskvine, un membre du Comité central du Parti communiste de l’Union soviétique, et l’adjoint du dirigeant du Comité populaire des affaires étrangères Stomoniakov. Les rituels utilisés provenaient de Gurdjieff, mais la symbolique était empruntée aux ouvrages d’Anastasius Kircher. Le nom ésotérique de Gleb Bokiy était Vostokov (Parole d’Orient) et son signe était Saturne.

Le GPU utilisait ce groupe pour ses liens internationaux et en particulier avec l’Orient pour sa politique étrangère.

CB.: Y a-t-il eu des liens entre ce groupe et les Constructeurs de Dieu ?

OC.: Lounatcharski habitait dans la même maison, au même étage que Blumkine. Lounatcharski aurait été maçon comme Tchitchérine. Il a joué un rôle dans le transfert de Bartchenko à Moscou.

Certains auteurs l’ont accusé d’avoir organisé des messes noires sur la tombe de sa fille décédée, mais il ne s’agissait sans doute que de séance de spiritisme …

Il n’est pas inutile de faire référence aussi ici à Alexandre Bogdanov, de son vrai nom Malinovski, un des idéologues du Parti communiste bolchevique, considéré un temps comme l’égal de Lénine (qui le critique dans son livre Matérialisme et empiriocriticisme). Membre du groupe ultra-gauchiste En avant !, il est une des têtes des Constructeurs de Dieu avec Lounatcharski.

Ecrivain de romans de science fiction, il est l’auteur de L’Etoile rouge, Ingénieur Menni, etc. où il décrit le socialisme réalisé sur la planète Mars, un socialisme représenté comme le gouvernement occulte d’une société secrète d’initiés nommés les Frères inconnus; une banque du sang qui répartit de manière permanente le sang des membres entre eux et permet la régénération permanente de ceux-ci; une théurgie des ingénieurs comme classe de nouveaux initiés.

Ses romans en fait relataient ses croyances profondes, dont celle que le plus grand ennemi du socialisme c’est la mort du corps. Après la prise du pouvoir par les bolchevique, il se fit nommer directeur de l’Institut de transfusion du sang et décéda le 13 avril 1928 - il était né le 10 août 1873 - lors d’une transfusion sanguine collective !…

CB.: Et avec les Cosmiques, y eut-il aussi des liens ?

OC.: Ils se réclamaient de la même autorité, le savant Tchigevski, un disciple de Federov le fondateur des Cosmiques, qui vouait un culte scientifique au soleil et qui a fondé l’Institut du soleil d’URSS, et leurs travaux scientifiques étaient parallèles.

Un cousin de Gurdjieff, nommé Mercurov, était sculpteur. C’est lui qui réalisa le masque mortuaire de Lénine. Il était aussi à la fois membre de la Fraternité de Bartchenko et un admirateur de Tchigevski. Tout se tient …

CB.: Et avec la Synarchie ?

OC.: Saint Yves d’Alveydre a rencontré Dordzhiyev, un conseiller du Dalaï Lama. Dordzhiyev est connu pour avoir introduit en Europe l’idée de Shambhala.

Guénon a fait remarquer dans Le Roi du monde qu’Ossendovski ne pouvait pas connaître Saint Yves d’Alveydre car aucun de ses livres n’avaient été traduits en Russe. Or l’oeuvre de Saint Yves d’Alveydre fut traduite dès 1912. De surcroît il n’est pas exclu qu’Ossendovski, homme cultivé, maîtrisa fort bien les langues étrangères.

En Russie, avant la révolution, les idées de Saint Yves d’Alveydre étaient connues d’un large public occultiste, cela d’autant plus que la femme de Saint Yves d’Alveydre, la comtesse Keller, était russe.

Bartchenko qui avait lu Saint Yves d’Alveydre, fait un parallèle entre le communisme et la société rêvée par ce dernier. On peut en conclure à l’existence d’une manipulation des partisans de Saint Yves d’Alveydre par le GPU, d’ou la création d’une loge nommée Aggartha au sein du Grand Orient de France considérée comme manipulée par le GPU.

CB.: N’a-t-on pas aussi parlé de contacts entre Roerich et le GPU ?

OC.: Les rapports entre Nicolas Roerich et le GPU sont maintenant avérés. Il est acquis que Roerich, qui est devenu une gloire nationale russe, était un agent d’influence soviétique en Inde.

CB.: Que sont devenus tous ces personnages dont nous venons de parler ?

OC.: Blumkine a été accusé de trotskisme et fusillé en 1929, Bokiy a été fusillé en 1937, Bartchenko a été accusé d’avoir organisé une loge « maçonnico-fasciste » et a été fusillé le 30 avril 1938, Mercurov lui est mort de mort naturelle en 1952 après être devenu le plus célèbre sculpteurs de monument à Lénine et à Staline.

Christian Bouchet http://www.voxnr.com/
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Re: Communisme : le devoir de mémoire

Messagepar Pat » 20/12/2011 - 16:37

Le procès des crimes communistes khmers rouges en phase terminale

Nous avons fait état, ici, à plusieurs reprises des interminables dysfonctionnements du procès des Khmers rouges. Il traînait depuis 1979, à la fois pour des raisons juridiques et par la volonté évidente de l'actuel maître du pays.

Premier ministre depuis 1985, Hun Sen, en effet, homme lige des Vietnamiens, s'est constamment employé à saboter toute exploration de cette abominable expérience à laquelle il avait participé avant de se rallier lui-même aux communistes rivaux de Hanoï.

Les familles des victimes du régime marxiste cambodgien sont supposées participer au procès, en qualité de , parties civiles. L'une d'entre elles constatait le 20 novembre : "Ieng Sary dit qu’il ne va pas parler. Seul Khieu Samphan dit qu’il va parler. Moi je dis que ceux qui savent ne parlent pas et ceux qui parlent vont dire qu’ils ne savent pas. Donc je n’attends pas grand-chose de ce procès."

Cet automne, la procédure est entrée cependant, 32 ans après la chute du régime, en phase décisive.
En effet, les audiences du procès dit numéro 2, celui des dirigeants du régime, a commencé le 22 novembre. Vous n'en avez guère entendu parler par les gros médias. Par conséquent, la plupart des gens qui croient savoir utiliser l'internet, comme ils ne font en général que relayer ou commenter les mensonges officiels, ne l'ont pas répercuté sur leurs blogues, réseaux sociaux et autres courriels de transferts.

On doit donc rendre hommage à Mme Anne-Claude Porée, journaliste française basée au Cambodge, qui relate jour après jour les audiences. (1)⇓

Le personnage le plus important se révèle depuis plusieurs jours en l'ancien "frère numéro 2" Nun Chea, principal survivant de ce parti et de ce gouvernement, en qualité de secrétaire général adjoint, le secrétaire général Pol Pot rôtissant en enfer depuis 1996.

Le procès précédent, celui du tortionnaire Douch avait d'ailleurs laissé une impression de malaise. Les crimes et le rôle de ce personnage ne sauraient être minimisés. Kaing Guek Eav, dit "Douch" se trouvait à la tête d'un centre particulièrement abominable de la répression communiste à Phomh Penh. Ancien lycée, Tuol Sleng avait été transformé sous sa direction en prison S-21. Y furent torturées et assassinées 15 000 personnes. Il a été érigé depuis en mémorial du génocide. Au moment où nous écrivons le verdict d'appel n'est pas encore connu. L'accusé encourt depuis 2010 une condamnation à 35 ans de prison, tombée plus de 30 ans après les faits. Il pourrait presque faire figure, sinon de "lampiste", du moins d'exécutant. De plus "converti au christianisme dans les années 1990, il a plusieurs fois demandé pardon aux rares survivants et aux familles des victimes, demandant même à être condamné 'à la peine la plus stricte'." De la sorte "il a donné l'image d'un homme prisonnier d'une doctrine, incapable de dire non. Et, surtout, [il] a refusé d'endosser un rôle politique au sein du régime de Pol Pot (1975-1979), se réfugiant derrière la peur d'être abattu pour justifier son zèle." (2)⇓

Au contraire Nuon Chea ne peut se prévaloir, quant à lui, ni d'aucune obéissance aux ordres ni d'aucune larme de crocodile. À peine prétendra-t-il ignorer certaines décisions bureaucratiques. Il s'emploie en bon militant à réécrire l'Histoire au bénéfice de son Utopie meurtrière, utilisant les faiblesses de la procédure et du tribunal.

Nuon Chea apparaît certes aujourd'hui comme un vieillard. Il sait d'ailleurs parfaitement jouer sur sa faiblesse lors de certains échanges de questions. Ses "je suis fatigué", "j'ai mal à la tête" sont perçus comme des signes d'épuisement.

Mais, alors que d'autres accusés, comme Ieng Sary, sont manifestement hors circuit, si l'ancienne "première dame du régime" Ieng Thirith est devenue officiellement folle, l'ancien secrétaire général adjoint se révèle à la fois un redoutable manœuvrier et un propagandiste. Il se montre en réalité infatigable.

Sa dialectique démoniaque vaut le détour. Il se présente aujourd'hui comme une manière de souverainiste cambodgien. Tout le mal vient et n'a cessé de venir, à l'entendre, des Vietnamiens. Et quand il repère des bonzes dans l'auditoire il feint de souligner la parenté entre marxisme et bouddhisme, sur fond de compassion bien sûr.

Oublié le traitement des moines adeptes du Bouddha pendant la période de références ! On pense ici à la tentative incroyable de "récupération" de l'orthodoxie par les anciens du KGB en Russie, courant de "nostalgie stalinienne" contre lequel Patriarcat de Moscou se voit obligé de mettre en garde, ce qui prouve à tout le moins que cette manipulation existe (3)⇓.

Quels méfaits Nun Chea impute-t-il aux Vietnamiens ?

Le Vietnamien Ho Chi Minh avait en effet instauré en 1930 un parti communiste indochinois sur le modèle du parti communiste chinois. Or ce PCI envisageait, à terme, une fédération avec le Laos et le Cambodge, alors protectorats français. Or, jusque dans les années 1950, affirme Nuon Chea, le parti ne comptait aucun Khmer dans ses rangs. Son explication ne manque pas de radicalité : "La principale raison en était que les Khmers n’aimaient pas les Vietnamiens." Bonjour l'Internationalisme et l'amitié entre les peuples.

Nuon Chea poursuit son écriture de l'Histoire :
"Pendant la période de 1960 à 1979, le Vietnam a employé tous les moyens possibles pour détruire la révolution cambodgienne et entraver le développement du Cambodge et de sa démocratie, y compris pour ce qui est de l’organisation du parti, et ce secrètement, depuis l’échelon supérieur jusqu’au plus bas échelon il a donc mené une opposition au parti communiste kampuchéen et a mis en place un réseau secret au sein du PCK en vue de l’avenir.
"Le Vietnam est un pays expansionniste qui a pour doctrine de vouloir dominer des pays plus faibles et plus petits. Le Vietnam applique une doctrine d’invasion, d’expansion, d’accaparement de territoire et d’extermination, le Vietnam était avide de pouvoir dans ses propres intérêts notamment économiques."

Conclusion de l’ex-bras droit de Pol Pot : le Vietnam est le principal facteur qui a semé la confusion au Cambodge entre 1975 et 1979.

À la fin des années 1950, le parti communiste khmer (appelé alors parti révolutionnaire du peuple khmer) s'employa donc à définir sa ligne stratégique et politique pour pouvoir être indépendant.

"Moi, Nuon Chea, et Pol Pot avons accepté les recommandations [du fondateur] Tou Samouth." L’assassinat de celui-ci en 1962 avait cependant porté un coup dur au Parti des travailleurs du Kampuchea (le PRPK a changé de nom en 1960) et c’est alors que Pol Pot en devient le numéro 1. Nuon Chea continuant comme le numéro 2 du PCK, le nom de parti communiste du Kampuchea ayant été adopté en 1966. En 1967 est alors fondée l’armée révolutionnaire du Kampuchea et celle-ci passe à l'offensive par l'attaque du poste de Bay Ram le 17 janvier 1968.

Or, cette lutte armée est conçue comme moyen de survie, de se protéger. Car Pol Pot, Nun Chea et leurs hommes sont convaincus que sinon ils seront eux-mêmes éliminés.

Ils vivent dans la paranoïa sectaire classique des révolutionnaires. Nul n'a mieux décrit ce phénomène que Dostoïevski dans "les Possédés". Le titre russe est "Les Démons". Ce roman fondamental est basé sur deux événements bien réels : l'affaire de l'assassinat de l'étudiant Ivanov par le groupe de Netchaïev en 1869 et le spectacle des crimes commis au nom de la Commune de Paris de 1871. Le génie maléfique de Lénine et Staline en Union soviétique n'a fait que continuer et amplifier une forme de dictature démentielle inaugurée en Europe au XVIe siècle par les anabaptistes de Münzer (4)⇓.

On doit aussi remarquer d'abord que l'entrée en clandestinité des Khmers rouges en 1967-1968 précède le coup d'État des maréchaux Lon Nol et Sirik Matak de 1970 souvent présenté comme cause de cette tactique de guerilla. D'autre part cette stratégie contrevenait clairement au mot d'ordre de lutte parlementaire inauguré par Khrouchtchev en 1956.

Quand Nuon Chea prend la parole, il affirme encore une ligne politique. Son procès est transformé en une tribune perverse que l'attitude de certains magistrats encourage. Il plante le drapeau d'une incroyable opération de blanchiment et d'impunité morale, une fois de plus au profit de l'entreprise de Lénine. (5)⇓

Anne-Claude Porée s'inquiétait dans sa recension du 6 décembre de ce qu'elle appelle “effet Nuon Chea”: car l'ancien Frère Numéro 2 "s’exprime comme un chef. Il impressionne le public parce qu’il n’a pas peur de répondre." Marque du fanatisme, cette attitude est rendue possible et efficace en très grande partie grâce à l'attitude de la juge anglaise Silvia Cartwright qui, pour d'obscures raisons, lui a laissé développer toute sa rhétorique sans lui poser les questions qui fâchent.

Cette complaisance lamentable ne peut pas, ici, être passée sous silence.

JG Malliarakis http://www.insolent.fr/

Apostilles :

1) Sa chronique est consultable en ligne. On peut en recevoir gracieusement les mises à jour.⇑
2) cf. à ce sujet "L'inaudible repentance de Douch" publié par Nord Eclair le 29 mars 2011..⇑
3) cf. Dépêche Interfax du 29 octobre 2011 : "Peut-on rester admirateur de Staline ?": "Le métropolite Hilarion de Volokholamsk, président du département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou, a vigoureusement condamné les orthodoxes qui se livrent à l’apologie du stalinisme, la qualifiant de blasphème..."⇑
4) cf. "C'est chez les anabaptistes du XVIe siècle, et non ailleurs, que le communisme et le socialisme trouvent leurs véritables antécédents pratiques. Le moment est arrivé de dérouler le tableau de la tragique histoire de ces fanatiques." Alfred Sudre "L'Histoire du communisme avant Marx" ed. Trident 2010 page 99.⇑
5) cf. à propos de la permanence de celle-ci les travaux de Jules Monnerot.⇑
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Re: Communisme : le devoir de mémoire

Messagepar Pat » 23/12/2011 - 18:38

La redoutable efficacité de l’espionnage à 360° de la STASI

stasiLa STASI jouissait déjà d’une réputation élogieuse pour ses capacités à pénétrer l’appareil d’Etat de l’Allemagne de l’Ouest mais de nouvelles recherches montrent que le service d’espionnage est-allemand était encore mieux informé qu’on ne le craignait. Selon un ouvrage récemment publié, la STASI disposait d’un réseau impressionnant d’agents implantés à l’Ouest : 149 « informateurs actifs » à Bonn l’ancienne capitale ouest-allemande et 542 dans l’ex Berlin Ouest. Au total, les chercheurs estiment que l’Allemagne de l’Est aurait introduit 12 000 collaborateurs sur le territoire de l’Allemagne de l’Ouest.

Le Spiegel précise que le HVA (Hauptverwaltung Aufklärung ou Administration centrale de reconnaissance), la section de contre-espionnage et d’espionnage dirigée par Markus Wolf, « recrutait des espions dans le secteur industriel afin d’otenir des informations technologiques occidentales et était particulièrement bien informée sur les milieux syndicaux, religieux et universitaires« . Le pasteur Josef Frindt, aujourd’hui décédé, était l’un des informateurs de la STASI à laquelle il livrait des informations sur les personnalités chrétiennes susceptibles de devenir influentes. Parmi ses cibles figurait un certain Joseph Ratzinger qui deviendra plus tard le Pape Benoit XVI.

Les milieux policiers et militaires ouest-allemands n’échappèrent pas aux redoutables manoeuvres d’espionnage de la STASI. Selon le Spiegel, « les collaborateurs de la STASI enregistraient les conversations téléphoniques de la police alors que d’autres, intégrés au coeurs de l’armée ouest-allemande, espionnaient les systèmes d’armement de la Bundeswehr« .

http://meridien.canalblog.com/

Source : Stasi Had Thousands of Spies in West Germany (Der Spiegel)

via http://infonatio.unblog.fr/
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Re: Communisme : le devoir de mémoire

Messagepar Pat » 07/02/2012 - 18:00

Quand un système s’effondre

Adieu camarades. Sous ce titre, la chaîne Arte, où le pire du pire voisine, certes, avec le meilleur diffuse une série absolument remarquable sur la chute du communisme. (1)⇓

Le 28 novembre 1989, à Prague, des milliers de manifestants occupaient les rues. Sur l’immeuble de l’ancienne télévision d’État une banderole est hissée : « Pologne 10 ans ; Hongrie 10 mois ; Allemagne de l’Est 10 semaines ; Tchécoslovaquie 10 jours ». Bientôt, à Bucarest, on ajoutera : « Roumanie 10 heures ». La fin du communisme se traduira en effet par une plus formidable accélération de l’histoire.

Le réalisateur Andrei Nekrasov et les scénaristes Jean-François Colosimo et György Dalos font dès lors remarquer : « Le communisme n’est pas mort de l’extérieur, mais de l’intérieur. Il a implosé. Il n’a pas été vaincu par les armes mais par la volonté et la conviction de celles et ceux que le communisme devait rendre heureux » Ce dernier membre de phrase va peut-être un peu loin dans la mesure où le courage extraordinaire des dissidents n’a donné que le coup de grâce au système moribond.

Plus de 20 ans après l’effondrement du bloc soviétique, les aspects essentiels de cette mutation du monde semblent de moins en moins inscrits dans la mémoire de nos dirigeants, de nos communicateurs et de nos commentateurs agréés. Pis encore, et très logiquement, les leçons que l’on peut en tirer s’effacent de plus en plus des stratégies occidentales.

La première évidence à rappeler porte donc sur les raisons qui ont conduit à ce bouleversement, inattendu de la plupart des spécialistes. (2)⇓

La voix dominante des stratèges affirmait que le point faible de cette construction remontait, au fond, à l’empire des Tsars. On dénonçait ainsi, à la fois son caractère multinational et sa tendance à la russification. D’intéressantes statistiques intervenaient pour prouver qu’au sein de chaque république, la nationalité russe prenait une part grandissante. Par là même, la révolte des peuples satellisés était présentée comme inéluctable.

Ma génération a été largement convaincue que le meilleur antidote à la menace communiste, mais aussi, pour les plus audacieux la voie la plus recommandable de la victoire du camp de la Liberté passerait par le nationalisme. À partir des années 1950, on a beaucoup admiré, pour ces motifs, la Yougoslavie de Tito, expulsé du Kominform par Staline. Et on la présenta longtemps pour un modèle de réussite.

À partir de 1974, charnière marquée par la publication en occident de « l’Archipel du Goulag », la voix des dissidents est devenue porteuse d’espérance. Elle a cessé de n’être répercutée que par quelques cercles confidentiels. Rappelons à cet égard que, jusque-là, les amis de Boris Pasternak étaient eux-mêmes profondément marginalisés, voire expulsés des intelligentsias de Paris, Londres ou New York. On a donc conçu la cause des droits de l’Homme comme susceptible de terrasser le dragon rouge.

Or l’Empire n’a ni éclaté ni évolué : il s’est écroulé sur lui-même, ruiné et rongé par sa propre perversité juridique et économique. Roulée dans sa crasse et ses crimes la bureaucratie soviétique a renoncé à gérer ses dépendances et proclamé la souveraineté des territoires dont elle avait imposé, au cours des 70 années de l’Histoire soviétique, de la façon la plus brutale, les artificielles frontières.

C’est de son désastre économique, et pas d’autre chose, que ce système est mort.

La faillite de toutes ses usines à gaz comptables, de toutes ses directives inapplicables, de toutes ses utopies planificatrices a détruit la principale puissance militaire du monde, disposant du territoire le plus étendu et de la plus grande réserve de matières premières de la planète.

On devrait par conséquent considérer en parallèle l’Histoire de la France.

En 1789, la fausse gloire Mirabeau dominait l’assemblée constituante. Ce personnage, profondément corrompu, faisait encore figure de référence. Dans un discours tonitruant, il avait prétendu prohiber « le mot hideux de banqueroute ». Il eût sans doute été plus avisé de faire adopter les dispositions de nature à empêcher la chose. Car les dispositions qu’il fit adopter personnellement allaient conduire exactement à ce qu’il prétendait redouter. Appuyant habilement la proposition de Talleyrand, il sut convaincre les députés de voter la nationalisation des biens de l’Église et la transformation les membres du clergé en fonctionnaires de l’État. Cette décision funeste, mais en apparence rationnelle, conduisit à une série d’expédients financiers catastrophiques. (3)⇓ La dérive des assignats se produisit en effet très rapidement. Elle ne fut cependant sanctionnée qu’à l’époque du Directoire, soit après plusieurs années dramatiques où les acquisitions spoliatrices de biens nationaux avaient ajouté de l’Or et de la boue, au sang de la guerre civile et de la guerre européenne déclenchées l’une comme l’autre par la fureur et les pillages du jacobinisme.

Eh bien très précisément : ce à quoi nous assistons particulièrement en France aujourd’hui, mais également dans bon nombre de pays de l’Union européenne reflète en profondeur, plus encore que la crise, l’effondrement inéluctable de ce qu’on appelle l’État Providence, héritier bâtard et hybride du jacobinisme et du soviétisme. (4)⇓

Aujourd’hui les comptes publics français sont ainsi dramatiquement rongés, notamment par les conséquences du plan Juppé de 1995-1997, ou par les quelque 500 niches fiscales et sociales imaginées pour corriger les tares de cet immense système spoliateur, où le régime s’épuise, de pseudo-réforme en pseudo-réforme, à colmater des brèches.

Cet équilibre instable a encore moins de raison de se maintenir que n’en avait l’ordre totalitaire soviétique. On peut toujours préférer qu’il se réforme plutôt que de subir une destruction aussi coûteuse que celle à laquelle on assiste d’ores et déjà dans les pays les plus atteints. On doit toujours espérer chrétiennement le repentir sincère du pécheur, plutôt que sa condamnation définitive.

Hélas la sanction de la vie se révèle souvent moins charitable.
JG Malliarakis http://www.insolent.fr/

Apostilles

1 On peut retrouver les 6 épisodes en vidéo à la demande ou en coffret DVD.⇑
2 Seul Jules Monnerot en avait annoncé les prémisses. ⇑
3 On ne saurait trop recommander à ce sujet le remarquable ouvrage de Florin Aftalion « l’Économie de la révolution française ». Publié en dans la collection Pluriel, alors dirigée par Georges Liébert, il a été réédité aux Belles Lettres.⇑
4 Ce caractère se retrouve dans le Rapport Beveridge de 1942 en Grande Bretagne, dans la création ruineuse du Social security trust par Roosevelt en 1935 ou de Medicare par Johnson en 1965, ou des ordonnances de 1945 en France : toujours la même inspiration, celle de la « convergence avec l’expérience soviétique » sous des apparences à peine différentes.⇑
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Re: Communisme : le devoir de mémoire

Messagepar Hussards » 07/02/2012 - 22:29

La nocivité du communisme, c'est une utopie de rêveurs qui se trouvent dans tout les cas de figures (dans le monde bien réel!) être "le parti du diable".
Ce parti, sous n'importe quel mouvance qu'il soit, dans n'importe quel pays du monde, est de loin le plus totalitaire, dangereux et conduit inéluctablement à l’asservissement physique et mental des masses ; toute nation ayant flirté avec lui condamne son peuple à en payer la note sur des décennies.

La France tire sa politique d'aujourd'hui de son erreur de ne pas avoir exécuté, désarmé et/ou écarté du pouvoir les communiste d'après guerre (contrairement à nos voisins.....) ; le bilan est "que les rouges" ont contaminés, pollués l'esprit de nombreuses générations depuis.

Cela me rappel que lors d'une soirée, un jeune bobo, bien d'ici, très arrogant et "moralisateur" nous ventait "la grandeur" du système communiste. Conversation stérile ou, à un moment, un type de la cinquantaine qui en avait assez d’être prit "de haut"..., c'est jeté sur lui.... ce type était Hongrois, victime du communisme. :biggrin:
> La France est le seul pays du monde où, si vous ajoutez dix citoyens à dix autres, vous ne faites pas une addition, mais vingt divisions
> L'élite de ce pays permet de faire et défaire les modes, suivant la maxime qui proclame : "Je pense, donc tu suis."
> La France est un pays qui adore changer de gouvernement à condition que ce soit toujours le même.

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Re: Communisme : le devoir de mémoire

Messagepar Pat » 13/02/2012 - 15:06

IL Y A 90 ANS, ON PROMETTAIT (DEJA) DES LENDEMAINS RADIEUX …(1)

Puisque nous ne pouvons pas compter sur le système pour commémorer avec la gravité qui s’imposerait une période qui changea, hélas, la face du monde, nous allons nous-mêmes rappeler certains faits afin de semer quelques petites graines qui finiront sans doute par germer un jour.

Je n’ai certes pas la prétention de décrire la genèse de la révolution de 1917. C’est une histoire longue et complexe que chacun peut trouver très facilement. Rappelons simplement que la révolution d’octobre proprement dite démarre à Pétrograd, alors capitale de la Russie, par une insurrection armée dirigée par Trotsky, dans la nuit du 24 au 25 octobre (de l’ancien calendrier julien, qui correspond en fait à la nuit du 6 au 7 novembre). A partir de ce moment-là, les bases de la révolution bolchevique vont être rapidement lancées.

Dans les mois qui suivent, une vague de révolutions éclateront un peu partout en Europe : Allemagne, Hongrie, Finlande, Italie. Révolutions qui seront écrasées, laissant les bolcheviques – qui espéraient mettre le feu au monde entier – plutôt isolés et en proie à la guerre civile.

Ce que je me propose simplement de faire, dans une petite série, c’est de donner quelques coups de projecteurs sur un certain nombre d’acteurs de la première heure de cette révolution particulièrement sanglante et inhumaine. Histoire de les rappeler aux bons souvenirs de certains qui auraient peut-être tendance à les oublier, les ingrats.

Pour planter le décor, dans La France LICRAtisée, je rappelle ce qu’écrivait à Washington, en janvier 1918, l’ambassadeur des Etats-Unis en Russie, David R. Francis: « Les dirigeants bolcheviques ici, dont la plupart sont des juifs et dont 90% sont des exilés de retour, font peu de cas de la Russie ou de tout autre pays, mais sont des internationalistes et ils essayent de déclencher une révolution sociale à l’échelle mondiale ».

Et le Times du 29 mars 1919 renchérissait : « Une des caractéristiques les plus intéressantes du mouvement bolchevique est le haut pourcentage d’éléments non russes de l’équipe dirigeante. Sur environ trente commissaires ou dirigeants qui forment l’appareil central bolchevique, 75% pour le moins sont des juifs ».

D’ailleurs, dès le lendemain de la révolution bolchevique, le Dr Angelo Solomon Rappoport, juif lui-même, consacrait un livre, Pioneers of the russian revolution, paru à Londres en 1918, à ses coreligionnaires qui avaient participé au combat révolutionnaire. Il y écrivait notamment : « Il n’y avait pas une seule organisation politique de ce vaste empire qui ne fût influencée par des juifs ou dirigée par eux. Le parti social-démocratique, le parti socialiste révolutionnaire, le parti socialiste polonais comptaient tous des juifs parmi leurs chefs. (…) Le nombre des Bundistes arrêtés, emprisonnés et déportés, s’éleva à 1 000 entre les années 1897 et 1900 et à 2 180 entre 1901 et 1903. En tout, de mars 1903 à novembre 1904, 384 prisonniers politiques passèrent par la prison d’Alexandrovskane.

Voici le pourcentage de ces prisonniers suivant leur nationalité : 53,9% de juifs, 26,4% de Russes, 10,4% de Polonais, 5,9% de Géorgiens, 1,5% d’Estoniens, Lettons et Lituaniens. Quant aux femmes, 64,3% étaient juives. Plehve maintenait que 80% des révolutionnaires en Russie étaient juifs. Plus que les Polonais, les Lettons, les Finlandais ou même que n’importe quel groupe ethnique du vaste empire des Romanoff, ils [les juifs] ont été les artisans de la révolution de 1917 ».

Le cadre général étant fixé, nous nous livrerons ces prochains jours à un petit tour d’horizon (succinct) des responsabilités qui furent celles de ces « artisans de la révolution de 1917 ». A tout seigneur, tout honneur, nous commencerons par Leiba Bronstein, dit Léon Trotsky.

Pas mal l’affiche, non ? Ah, ils ne manquent pas de culot, les communistes ! Notez qu’ils auraient tort de se priver. Maintenant qu’on donne même l’un des leurs, Guy Môquet, en exemple dans les lycées…

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Messagepar Pat » 18/02/2012 - 15:06

Les communistes dans le drame grec

Situation terrible que celle de la Grèce depuis 2009. Cette année-là fut marquée par le retour au pouvoir des socialistes. Certains imaginaient qu'ils allaient tout arranger. Ils ont tout bousillé. La nomination comme chef du gouvernement de Papandréou III, troisième représentant de cette déplorable lignée ne pouvait conduire qu'à la catastrophe.

Au début, je l'avoue moi-même, on aurait voulu imaginer une metanoïa. Celui que les Turcs appellent gentiment "Yorgo", surnommé aussi "Geoffrey", paraissait moins démagogue que son père Andreas, avec lequel il avait rompu. On revenait à une bonne vieille social-démocratie. Le parti du grand père ne s'appelait-il pas "union du centre". Bref pas de quoi fouetter un chat.

Très vite cependant il apparut que cet optimisme ne valait pas grand-chose. Georges Andreas Papandréou, "GAP", présidait, et il préside encore effectivement l'Internationale socialiste. Son grand ami s'appelait, et s'appelle probablement encore Dominique Strauss-Kahn, notre cher "DSK" national. On pourrait en France se souvenir du lamentable Herriot, qui demeura l'ambassadeur permanent du radicalisme. Après son cuisant échec ministériel, il présidera le parti et la chambre, voguant entre États-Unis et URSS. Ainsi depuis son éviction en novembre 2011, Papandréou parcourt le monde entre Costa Rica et Israël, on le voit rencontrer le ministre des Affaires étrangères britanniques pour promouvoir l'adhésion à l'union européenne de ce qu'on appelle les Balkans occidentaux, etc. Et il négocie, bien sûr, comme chef de parti, les conditions du programme de rigueur voté dans la nuit du 12 au 13 février par le parlement athénien. Quel homme indispensable.

Dans la même soirée, 93 immeubles dont 9 bâtiments historiques du centre de la capitale ont été détruits ou gravement endommagés, incendiés par des jets de cocktails Molotov.

Les gros moyens de communication hexagonaux ont largement couvert ces événements. Mais ils les ont étrangement arrangés. Les incendiaires, une poignée d'extrémistes criminels – oui, criminels car en France l'incendie volontaire est passible des Assises - n'étaient pas présentés comme tels. On ne semblait pas se douter qu'il s'agissait de commandos d'extrême gauche : ils figuraient le peuple dans un psychodrame à balles réelles.

Sans doute les députés ne représentaient-ils plus l'état exact de l'opinion, sinon le vote populaire qui les a désignés en 2009. Certains d'entre eux ont quitté les rangs de leur propre formation, environ 40 sur 300, le vote étant acquis tout de même par une très large majorité : 199 pour, 74 contre. Le chef de l'opposition de droite a lui-même expliqué une nouvelle fois les raisons du vote positif de son groupe, rappelant que le dilemme était "un sauvetage douteux ou une faillite extrême". Le pays ira vers des élections à la fin du mois d'avril, après la mise en place des accords européens.

Sans doute le parti communiste grec dispose-t-il, lui aussi, en démocratie du droit de s'exprimer. Mais que penser de la conférence de presse donnée le 13 février par sa secrétaire générale, la camarade Aleka Papariga se félicitant de troubles qui "ont créé une nouvelle scène politique, résultat de la pression exercée par le mouvement populaire des travailleurs, et c'est une petite victoire qui, cependant, peut devenir importante. (...) refusant que soit endiguée la radicalisation du mouvement, la lutte en termes de rupture et de renversement du système."

Autrement dit, elle approuve l'idée que 80 000 manifestants représentraient la volonté d'un peuple, et que quelques centaines d'émeutiers en constituent l'avant-garde légitime. Les crimes du jacobinisme et du bolchevisme se trouvent aujourd'hui encore, en germe dans cette dialectique, racine du terrorisme.

Naturellement aucun chroniqueur parisien, malgré la grande proximité des deux pays, en dépit des intérêts très puissants de la France en Grèce, n'a osé jusqu'ici souligner cet aspect de la situation.

Celle-ci ne relève pas de la tragédie, au sens antique. Elle n'a pas été marquée par une fatalité scellée par les dieux. Elle appartient à la sphère du drame, c'est-à-dire à la volonté, à l'intelligence et au courage des hommes, ou au contraire à leur lâcheté ou à leur sottise.

On veut dénoncer aujourd'hui à tout prix comme une crise du "capitalisme" ce qui correspond en fait à la crise des États-Providence ouest européens. On appelle crime de la finance la volonté de ne plus investir dans des prêts à des administrations surendettées.

Mais, enfin, si vous ne voulez pas dépendre des vautours ne leur livrez pas la chair de votre peuple !

Malheureusement pour la Grèce comme pour la France, il existe une rhétorique constante et lancinante des dirigeants de la gauche et de trop de perroquets qui leur font écho à droite.

Elle s'exprimait de la manière parfaitement claire et nue dans les propos du représentant communiste à la commission des finances de l'Assemblée nationale française, le camarade Jean-Claude Sandrier : "La dette de l’État n’est pas due à la dépense publique". Ce titre résumait l'entretien publié par L’Huma le 20 octobre 2011

"L’argent aurait-il disparu ?…" lui demandait alors le journal du parti ? et de répondre : "L’argent existe. Il faut en finir avec l’ensemble des cadeaux fiscaux aux plus riches etc".

On retrouve ce discours non seulement dans tous les médiats parisiens quand ils parlent de la crise grecque, quand ils la présentent comme un simple résultat de la "fraude fiscale". Mais elle s'exprime plus gravement encore dans l'Hexagone lorsque la CGT prend la parole.

Et cela se reflète, malheureusement aussi, de manière voilée, dans le programme de François Hollande grâce auquel, veut-on nous faire croire, "l'argent existera", le jour où, bien entendu, il rasera gratis.

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Messagepar Pat » 03/03/2012 - 9:09

IL Y A 90 ANS, ON PROMETTAIT (DEJA) DES LENDEMAINS RADIEUX… (2) TROTSKY

LEV BRONSTEIN, dit TROTSKY
Il n’y a guère qu’en France - faut-il s'en étonner? - que Trotsky continue encore à jouir d’un prestige et d’un notoriété intacts. Son fan club, qui s’est enrichi dans les années 60-70 de nombreux juifs et intellectuels, a même réussi le tour de force – avec l’aide complaisante des médias – à imposer une vision positive du personnage, occultant soigneusement quelques légères « ombres » de sa biographie. Celles-là même que nous allons relever, dans un souci d’exactitude.

Lev Davidovitch Bronstein naît en 1879 en Ukraine dans une famille de commerçants juifs. Il entre en révolution comme d’autres entrent dans les ordres, très tôt. Il participe à la révolution de 1905 et dès cette époque invente avec un coreligionnaire, Alexander Helphand, dit Parvus, le concept de « révolution permanente ».

Après bien des péripéties au cours desquelles il adopte son nom « de guerre », Trotsky, on le retrouve à New York en 1916, où il nouera de très fructueux contacts. Autre bacille de la peste, il rentre en Russie en 1917 et participe activement avec Lénine au coup de force des bolcheviques qui les portera au pouvoir.

Dès lors, il aura l’occasion de déployer tous ses talents en tant que commissaire de la guerre de 1918 à 1925, lui qui déclarait en décembre 1917 : « Dans moins d’un mois, la terreur va prendre des formes très violentes, à l’instar de ce qui s’est passé lors de la grande révolution française. Ce ne sera plus seulement la prison, mais la guillotine, cette remarquable invention de la grande révolution française, qui a pour avantage reconnu celui de raccourcir un homme d’une tête, qui sera prête pour nos ennemis ».

Il ne se vantait pas car les bolcheviques ne vont lésiner sur aucun moyen criminel pour faire triompher la société « plus juste et plus humaine » qu’ils envisageaient pour la planète entière. On ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs, n’est-ce pas ? Comme le disait justement Trotsky, au temps de la terreur rouge dont il fut un acteur efficace : « On peut et on doit faire comprendre qu’en temps de guerre civile nous exterminerons les gardes blancs afin qu’ils n’exterminent pas les travailleurs. Dès lors, notre but n’est pas de supprimer des vies humaines, mais bien de les préserver. (…) L’ennemi doit être mis dans l’impossibilité de nuire, ce qui, en temps de guerre, ne peut se traduire que par sa suppression ».

De proche en proche, et d’ennemis en contre-révolutionnaires, ce sont des pans entiers de la société qui vont y passer. Toujours pour la bonne cause, évidemment.

C’est dans ce louable but d’assainissement que Trotsky présidera, avec Lénine, à l’ouverture des camps de concentration, un peu partout dans le pays, dès août 1918. Tous les « éléments douteux » y seront internés à tour de bras, sans le moindre jugement, est-il besoin de le préciser.

Il créera l’Armée rouge, dont il sera le chef incontesté durant toutes ces années. Cet instrument essentiel de la dictature bolchevique fera régner la terreur, surtout parmi les masses paysannes qui seront matées par le « balai de fer » employé par Trotsky notamment pour le nettoyage de l’Ukraine.

C’est lui également qui noiera la révolte de Cronstadt, en 1921, dans le sang. Les marins de cette base navale, autrefois qualifiés par le même personnage de «valeur et gloire de la Russie révolutionnaire » furent à l’origine d’une révolte de la population due à l’insupportable misère qui régnait. Tous demandaient que le carcan de fer qui enserrait le pays se desserre quelque peu. La seule réponse de Trotsky, et des bolcheviques, fut une répression sanglante qui fit des morts par milliers.

Voilà déjà quelques années – de 1918 à 1925 – bien employées. Celui qui avait écrit, en 1920, Terrorisme et communisme, s’opposera ensuite à Staline et sera exclu du parti en 1927, puis expulsé d’URSS en 1929. Commencera alors une longue errance qui s’achèvera en 1940, au Mexique, sous un coup de piolet administré par un agent de Staline.

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Re: Communisme : le devoir de mémoire

Messagepar Barrès 57 » 08/03/2012 - 2:41

Merci Pat pour tous ces articles sur l'abomination communiste. Je n'ai pas encore tout lu, le topic est bien fourni. Mais en tant que fana d'Histoire, avec néanmoins beaucoup de lacunes sur cette horreur idéologique, j'ai déjà beaucoup appris, et je me régale. Encore! :wink:
Vous aurez beau mondialiser la plaine, mais notre coeur, vous ne l'aurez jamais

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Messagepar Pat » 08/03/2012 - 14:25

IL Y A 90 ANS, ON PROMETTAIT (DEJA) DES LENDEMAINS RADIEUX…
LAZAR MOÏSSEÏEVITCH KAGANOVITCH

Ce très proche collaborateur et adorateur servile de Staline est né en 1893 et, tenez-vous bien, est mort de sa belle mort le 25 juillet….1991. A l’âge canonique de 98 ans ! Après la chute du rideau de fer ! En voilà un de plus en tout cas à avoir échappé à la « fureur antisémite » du maître du Kremlin. Un personnage particulièrement sympathique, comme nous allons le voir. Mais n’anticipons pas cette épopée et commençons par le début.

Kaganovitch naît dans une famille juive d’Ukraine et débute dans la vie comme apprenti cordonnier. Il adhère au bolchevisme en 1911 et se bat dans l’Armée Rouge durant la guerre civile. En 1920, il est envoyé en Asie centrale, dans le Turkestan.

Contrairement à ses collègues qui l’ont précédé dans cette série, Kaganovitch commence donc sa carrière plutôt petitement. Mais une fois parti, il ne s’arrêtera plus.

Stalinolâtre dès le tout début, il en sera bien récompensé puisqu’il intègre le Comité central du Parti en 1924 et est promu 1er secrétaire du Parti d’Ukraine de 1925 à 1928. Il va s’illustrer une première fois durant cette triste période en soutenant à fond la collectivisation forcée des campagnes, véritable guerre déclarée par le pouvoir aux paysans, et en éliminant sans états d’âme tous les opposants et autres « éléments parasitaires et antisociaux ». Et ils sont nombreux.

Son zèle sera reconnu à sa juste valeur : il est élu en 1930 au Politburo, où il restera jusqu’en 1957, date du début de la déstalinisation. Une longévité absolument remarquable.

De 1930 à 1935, le voilà 1er secrétaire à Moscou. Comme l’indique pudiquement Wikipédia, « Durant les années 1930, Kaganovitch participe avec zèle et sans état d'âme à la mise en œuvre des réformes économiques et sociales de Staline, notamment la collectivisation de l'agriculture et l'industrialisation aussi rapide que violente de l'URSS, ainsi qu'aux purges politiques. »

Derrière cette phraséologie lisse, se cache un épisode particulièrement abject d’une carrière pourtant bien remplie à cet égard. Kaganovitch jouera en effet un rôle de premier plan lors de l’Holodomor, la famine orchestrée par le pouvoir, qui fit au bas mot six millions de victimes, dont deux millions d’enfants. Le plan de collecte totalement irréaliste prévu par le gouvernement des soviets n’ayant pas été rempli, et pour cause, Kaganovitch et Molotov sont envoyés en octobre 1932 dans le Caucase du nord et en Ukraine afin d’ « accélérer les collectes » et d’ empêcher à tout prix les paysans de fuir vers les villes.
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Le 2 novembre 1932 – il y a tout juste 75 ans – la commission présidée par Kaganovitch, envoyée dans le Caucase du nord, adoptera la résolution suivante : « A la suite de l’échec particulièrement honteux du plan de collecte des céréales, obliger les organisations locales du Parti à casser le sabotage organisé par les éléments koulaks contre-révolutionnaires, anéantir la résistance des communistes ruraux et des présidents de kolkhoze qui ont pris la tête de ce sabotage ». A partir de ce moment-là, les opérations « anti-sabotage » vont aller bon train et les victimes se compteront par dizaines de milliers. Sans compter les déportations de villages entiers. Un certain Nikita Khrouchtchev s’illustrera d’ailleurs également par sa férocité durant cette sombre période, en Ukraine. Il a été calculé qu’au plus fort de la famine, jusqu’à 33 000 personnes mourraient de faim chaque jour dans cette région.

Durant la Grande Terreur et ses purges, dans les années 1936-39, Kaganovitch continuera à seconder efficacement son maître. Sa signature apparaît au bas de 191 listes de condamnés, en général à mort. Il se rendra d’ailleurs personnellement en 1937 purger le Donbass, Tchéliabinsk, Iaroslav, Ivanovo, Smolensk. Résultat : il monte encore en grade et devient en 1938 vice-président du Conseil des commissaires du peuple - soit n°2 du pays -, poste qu’il réussira à conserver jusqu’en 1957.

Pendant la guerre, il est membre du Comité d’Etat à la Défense et obtient même en 1943 la distinction rare de Héros du travail socialiste. Il est, le 5 mars 1940, l'un des responsables soviétiques qui contresignent l'ordre d'exécution par le NKVD de 25 700 officiers polonais faits prisonniers par l'Armée Rouge. Ils seront abattus à Katyn et cette tuerie sera, lors du procès de Nuremberg, portée sur la facture payée par les nazis.

Après la guerre, il continue à faire partie du 1er cercle du pouvoir et cumule nouveaux postes et nouveaux honneurs, puisqu’il intègre le Présidium en 1952. Jamais il ne s’opposera aux campagnes « antisémites » de Staline, qu’il soutiendra, bien au contraire.

Il réussira même le tour de force de conserver son influence après la mort inopinée de Staline en 1953, puisqu’il devient ministre du Travail et des Salaires en 1955-56. Il contribue à la montée en puissance d’une vieille connaissance du temps de l’Ukraine, Nikita Khrouchtchev, mais n’en sera pas vraiment récompensé. Ce dernier, qui cherche à se débarrasser de souvenirs gênants, et de témoins embarrassants de la période stalinienne – à laquelle il a pourtant largement contribué – le démet de ses fonctions gouvernementales en 1957.

Mais, heureusement pour lui, les temps ont (un peu) changé. Il n’est donc pas liquidé et ne sera finalement exclu du Parti qu’en 1964.

Il lui reste près de trente ans à vivre, avec ses souvenirs et sans jamais avoir été inquiété pour ses activités criminelles qui en font pourtant l’équivalent d’un Adolf Eichman. L’un comme l’autre zélés, dévoués à la cause et sans états d’âme superflus.

Mais voyez comme c’est étrange : l’un a été justement puni, l’autre est mort dans son lit, médaillé de l’Ordre de l’Union soviétique.
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Messagepar Pat » 09/03/2012 - 15:57

La fin des mensonges

En 1992 parut en Allemagne un livre qui fit l’effet d’une petite bombe : Das Ende der Lügen [La fin des mensonges], signé par l’historienne juive russe Sonia Margolina. L’auteur, qui ne cache pas qu’elle est la fille d’un bolchevik russe, faisait une description honnête et réaliste de la participation juive massive dans les atrocités bolcheviques, un sujet habituellement tabou.

Extraits choisis :

« Si l’officier, l’officiel aristocrate ou le bureaucrate en uniforme étaient typiques du régime tsariste, ensuite sous le nouveau pouvoir révolutionnaire bolcheviste, le commissaire juif avec sa veste de cuir et son pistolet automatique, qui parlait souvent mal le russe, devint un spectacle courant dans la rue. »

« Mais en tous cas, des débordements de potentiels destructeurs, criminels et pathologiques, qui s’étaient accumulés à l’intérieur de la communauté juive, se mirent en mouvement dans les premières années de la Révolution Soviétique… Le problème était que les Juifs avaient pris le pouvoir pour la première fois dans l’histoire russe. Et pour la première fois ils apparaissaient non comme des victimes, mais comme des agresseurs… Quoi qu’il en soit, les horreurs de la révolution, de la guerre civile et des répressions qui s’ensuivirent ne peuvent pas être séparées du règne de la terreur instauré par les commissaires juifs.

Tout à fait typiques étaient les révolutionnaires juifs comme Jakov Bljumkin, un socialiste de gauche, qui tua l’ambassadeur allemand von Mirbach en 1918. Cet aventurier névrosé avait été accepté par la Tcheka en récompense de ses services rendus aux bolcheviks. Nadesha Mandelstam raconta dans ses mémoires que dans un café de Kiev Bljumkin montrait à une foule horrifiée des formulaires en blanc de condamnation à mort. Il se vantait qu’il pouvait inscrire tout nom qu’il voulait sur les formulaires de mort imprimés à l’avance. Mandelstam le décrivit comme un mélange de meurtrier et d’intellectuel – pas un personnage typique de cette époque. »

« Pour une personne impartiale comme l’historien Boris Paramanov, qui vit à New York, la présence juive dans le pouvoir était si frappante qu’il se demandait si la promotion des Juifs à des postes de direction n’avait pas été une ‘gigantesque provocation’ envers le peuple russe. »

« Les Juifs du monde entier soutenaient le pouvoir soviétique, et restaient silencieux face à toute critique venant de l’opposition. »

« La participation enthousiaste des Juifs bolcheviks à la subjugation et à la destruction de la Russie fut disproportionnée. Ce fut un péché historique qui était porteur de sa propre punition. Le pouvoir soviétique serait confondu avec le pouvoir juif, et la haine furieuse contre les bolcheviks deviendrait de la haine contre les Juifs… Il y avait maintenant des Juifs partout et à tous les niveaux du pouvoir. Le peuple russe voyait les Juifs à la tête de la Ville du Tsar, Moscou, où le nouveau pouvoir soviétique était concentré, et aussi comme commandants de l’Armée Rouge… »

« Le citoyen russe ordinaire avait une bonne chance d’avoir affaire à un interrogateur et à un exécuteur juif. Partout où le Russe allait, il rencontrait un Juif dans un poste supérieur. Ce n’est pas une surprise, quand les Russes d’aujourd’hui comparent leur situation avec celle du passé, s’ils arrivent à la conclusion que le pouvoir actuel [de Eltsine] est à nouveau juif et donc si horrible. »

« Le peuple était révolté par le fait que des communistes juifs participent à la destruction des églises russes. »

« A la fin des années 20, on vit pour la première fois un nombre appréciable de communistes juifs investis d’un pouvoir de vie ou de mort dans les campagnes. C’est pendant la collectivisation que se fixa définitivement l’image du Juif comme ennemi implacable du paysan – jusque dans les endroits les plus reculés où personne n’avait jamais vu un Juif en chair et en os. »

« Les Juifs constituèrent l’élite de la révolution, ils étaient dans le camp des vainqueurs. »

« Il y a, dans cette histoire, des pages que l’on ne peut ouvrir sans frémir. Et ce sont précisément ces pages qui ont été sciemment et systématiquement occultées dans la conscience des Juifs. »

Sonia Margolina ose même remarquer :

« Le solide capital moral amassé par les Juifs après Auschwitz semble aujourd’hui épuisé. »

Nous laisserons la conclusion finale à Soljenitsyne, dans le second volume de son livre Deux siècles ensemble (édition française, Fayard 2002) : à l’argument habituel des Juifs d’aujourd’hui qui éludent (assez lâchement) la question en disant que les Juifs bolcheviks étaient des Juifs non-religieux, donc « renégats », Soljenitsyne répond : « les nations peuvent-elles renier leurs renégats ? ». Comme chacun sait, c’est une chose interdite aux Allemands.
VOXNR.com le 06/09/08 via Gaëlle Mann
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Re: Communisme : le devoir de mémoire

Messagepar Pat » 13/03/2012 - 11:01

(PRESQUE) UNE CHASSE GARDEE : LES SERVICES SECRETS BOLCHEVIQUES

SERGEY SPIGELGLAS

Il ne fera qu’un passage éclair à la tête de l’INO, de février à novembre 1938, mais sa carrière n’est pas inintéressante, loin de là. Il naît en 1897 dans une famille juive de Bélarus et fera son droit à l’Université de Moscou. Mais sa vocation est ailleurs.

Après la révolution d’octobre, il rejoint la tchéka où, en raison de ses compétences linguistiques étendues, on l’affecte au département « étranger ». En 1926, il se trouve en Mongolie, engagé dans des opérations secrètes contre la Chine et le Japon.

En 1930 : changement de décor. Il est à Paris, en tant que chef clandestin de la Guépéou. [Tiens, la LICRA venait tout juste d’être créée, à Paris aussi, par des admirateurs de la « grande annonciation ». Tout ce petit monde ne devait pas manquer de sujets de conversation …] Comme couverture, il ouvre une poissonnerie de luxe près du boulevard Montmartre. Spécialité : les langoustes. Mais c’est dans d’autres eaux qu’il va pêcher, du côté des émigrés russes blancs et des trotskystes, une obsession de Staline. Il infiltrera ces milieux en y plaçant des agents à lui.

Puis il rentre à Moscou pour y former les cadres de l’espionnage et devient l’adjoint d’Abram Slutsky. Il est particulièrement en charge de la liternoye, ou opérations de liquidation. Il organisera l’assassinat du nationaliste ukrainien Yevhen Konovalets à Rotterdam en mai 1938, ainsi que les opérations Ignace Reiss et Evgenii Miller, dont nous avons parlé hier.

Il est également fortement suspecté d’avoir fait assassiner en France en 1937 Georges Agabekov, ex-agent du NKVD ayant fait défection par amour pour une Anglaise et en 1938, toujours en France, le trotskyste Rudolf Klement.

Lorsque son chef direct, Abram Slutsky, meurt empoisonné en février 1938, c’est lui qui le remplace à la tête de l’INO. Mais il ne restera pas longtemps à ce poste qui était un vrai siège éjectable. Le nouveau chef du NKVD, Lavrenti Beria, le fait arrêter en novembre 1938. Il devenait un témoin gênant de trop de crimes.

Il est emprisonné, torturé pour lui arracher une fausse confession. Il déclarera notamment dans cette confession que Lev Sedov, le fils de Trotsky, était mort de mort naturelle et non assassiné par des agents de Staline. Après un simulacre de procès, il est exécuté en janvier 1941.

Franchement, je me demande comment il pouvait encore y avoir des candidats à ce poste …. Et pourtant, il y en eut. Encore et encore.
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Re: Communisme : le devoir de mémoire

Messagepar Pat » 15/03/2012 - 17:15

Il y a cent ans, Rothschild fondait "l’Huma"...

On a frisé le scandale l’autre midi sur Franc Sphincter, la radio de la propagande trotskiste.

Le journaliste qui recevait le directeur de l’Huma à l’occasion du centenaire du quotidien communiste a mangé le morceau en révélant que les articles prétendument repris dans la collection avaient été réécrits pour les mettre au goût du jour.

Ainsi, alors que Marchais avait soutenu l’invasion de la Tchécoslovaquie par l’Armée Rouge, le papier publié dans le numéro souvenir était une protestation contre la présence des chars soviétiques à Prague.

Un trucage tout naturel qui rappelle que ce sont les méthodes du totalitarisme stalinien retoucheur de photos et truqueur d’Histoire qui inspirèrent à Orwell son pamphlet "1984".

Le mensonge se poursuivit lors du grand dîner réunissant dans la grande halle de La Villette cinq mille adorateurs de la charogne communiste sous la présidence d’Edmonde Charles-Roux (née elle aussi un 18 avril mais pas en 1904) et en présence de Delanoë, d’Ormesson, Régis Debray, Gisèle Halimi, Jean-François Kahn, etc.

Pas une de ces belles figures n’a parlé des grands capitaines d’industrie et des hauts fonctionnaires barons de sociétés d’économie mixte qui, jour après jour, financent le quotidien en faillite virtuelle par l’achat au prix fort de pages publicitaires qui conseillent au chômeur coco d’acheter un avion Rafale, de prendre son train à la SNCF et nulle part ailleurs, d’acheter son gaz et son électricité exclusivement à EDF GDF ou encore de penser à toucher ses Allocations familiales.

De même, on s’est gardé de rappeler la liste des gros capitalistes qui, en vieux habitués de l’entôlage, sont, comme feu Lagardère ou Bouygues entrés depuis 2001 dans le capital du journal pour le soutenir à coups de versements en compte courant.

Sur le plan politique aussi, on est resté assez vague. Budapest, Berlin, Prague semblent appartenir à la préhistoire et Staline n’a même pas été cité.

En revanche, on s’en est mis jusque-là avec les vieilles fables du "Parti de la révolution", du "Parti des cent mille fusillés" et avec les Aragon, Picasso et autres compagnons de route milliardaires ou visiteurs de pissotières.

Mais le silence le plus étonnant a été constaté quand Madeleine Rebérioux a feint de résumer, dans une petite causerie, l’histoire de la fondation du journal.

Le 18 avril 1904, Jaurès, a-t-elle rappelé, visait trois buts dont le principal était de "porter l’héritage dreyfusard". Cela étant dit, la vieille historienne coco n’a pas cru nécessaire de développer l’aspect financier de la chose et notamment l’origine des fonds collectés : l’Huma fut fondée grâce à l’argent de la haute banque et de la haute finance et à des donateurs parmi lesquels la famille du capitaine Dreyfus, le sorbonagre Levy-Bruhl, Salomon Reinach, etc.

Mais déjà, six mois après sa fondation, le journal, en faillite, devait être sauvé par des amis généreux.

On vit donc se mobiliser des socialistes tchèques et allemands. Coston rappelle à ce propos le féroce dessin de Forain campant Jaurès, plié en deux, tendant son chapeau au Kaiser qui le remplit d’or en disant « Ce n’est pas un secours, Monsieur Jaurès, c’est une dette ! »

Outre ces donateurs, les actionnaires du premier tour casquèrent de nouveau. Reinach et Levy-Bruhl en reprennent chacun pour 25 % du capital avec un enthousiasme et une générosité qui surprirent de la part d’un prof et d’un directeur de musée. Leur exemple fut suivi par deux inconnus, les "consorts Rosnoblet", qui versèrent à eux seuls 20 % du nouveau capital.

Quelques années plus tard, Delaisi, l’auteur de "La Guerre sociale", révéla que Levy-Bruhl, Reinach et les consorts Rosnoblet étaient en réalité les porteurs des Rothschild.

En somme, en cent ans, rien n’a changé à l’Huma : de Rothschild à Bouygues-Lagardère, l’Huma est restée une feuille de propagande financée par des milliardaires et lue par des idiots.

Bel exemple de longévité dans la crapulerie.
Le Libre Journal du 24 avril 2004 http://www.france-courtoise.info
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Re: Communisme : le devoir de mémoire

Messagepar Santangelo » 26/03/2012 - 23:44

J'ai souvent vu ce fil, parfois, je l'ai vaguement parcouru...
Ce soir c'est décidé, j'me l'fait !!
A demain. :geek:
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Messagepar Pat » 27/03/2012 - 8:58

Santangelo a écrit :J'ai souvent vu ce fil, parfois, je l'ai vaguement parcouru...
Ce soir c'est décidé, j'me l'fait !!
A demain. :geek:


Un soir ne sera pas suffisant prévoit ta semaine..... :biggrin:
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Re: Communisme : le devoir de mémoire

Messagepar Pat » 27/03/2012 - 9:02

(PRESQUE) UNE CHASSE GARDEE : LES SERVICES SECRETS BOLCHEVIQUES

ABRAM ARONOVICH SLUTSKY

febdba84d908dafab82a5a759e3cc95b.jpgCe (futur) chef des services secrets naît en 1898 dans une famille juive d’Ukraine. Il rejoint les bolcheviques dès 1917, à l’âge de dix-neuf ans. Durant la guerre civile, il combat dans l’Armée Rouge puis il intègre la Guépéou, où, nous dit Wikipédia, il grimpe rapidement les échelons en raison de son affable personality. Vu la suite des événements, je reste quand même sceptique quant à cette « aimable personnalité ».

En fait, il débute à la GPU dans l’espionnage industriel. Il sera notamment décoré pour avoir réussi à voler aux Suédois un procédé de fabrication de roulements à bille. Après ces amusettes, les choses sérieuses vont commencer. Dans un premier temps, à partir de 1929, il deviendra l’adjoint d’Artur Artuzov qui dirige à ce moment-là l’INO (voir article d’hier).

Puis il le remplace à la tête des services secrets en mai 1935. Il va enfin pouvoir donner la pleine mesure de sa personnalité affable.

Sa tâche principale va être de traquer et d’éliminer – poliment – tous les opposants, ou présumés tels, de Staline. Essentiellement des émigrés russes blancs et les trotskystes. Parmi les principales opérations à son actif, on peut citer : - le kidnapping du général blanc Evgenii Miller, à Paris en 1937. Le général sera exécuté à Moscou en mai 1938. - l’assassinat d’Ignace Reiss en Suisse, également en 1937. Reiss était un ex-agent du NKVD décidé à rompre avec Moscou - la liquidation de bon nombre d’opposants en Espagne durant la guerre civile.

En 1936, il aura la charge d’extorquer les fausses confessions destinées à charger les accusés du 1er procès de Moscou (Zinoviev, Kamenev et cie). Loquace de nature, il racontera à ses subordonnés, Leiba Lazarevich Felbing, dit Alexander Orlov, et Samuel Ginsberg, dit Walter Krivitsky, qui le relatent dans leurs Mémoires – des veinards qui ont apparemment eu le temps de les écrire – ses méthodes pour briser ces vieux bolcheviques.

Son chef direct était le patron du NKVD, Iagoda. Or, comme on l’a vu, Iagoda tombe en 1937 et se voit remplacé par « le nain sanguinaire », Nikolai Yezhov. Ce dernier va immédiatement se livrer à une chasse aux sorcières à l’intérieur de ses services pour éliminer tous les proches de son prédécesseur. Dans un premier temps, Slutsky sera cependant épargné afin d’éviter la défection d’agents à l’étranger.

Mais ce répit est de courte durée. Il mourra le 17 février 1938. Comment ? Rien n’est simple avec les agents secrets. On a donc le choix entre deux versions :

- Il est mort empoisonné à l’acide cyanhydrique dans le bureau de Mikhail Frinovsky – l’un des chefs du NKVD - à la Loubianka après avoir dégusté du thé et des gâteaux (il n’était pourtant pas invité par Agatha Christie)

- Il a été assassiné par injection de poison dans le bras toujours dans les mêmes locaux, toujours par Frinovsky ou ses sbires, et toujours sur ordre de Yezhov.

Quelle que soit la version choisie, le résultat sera de toute façon le même et aucun des témoins de ce regrettable incident ne survivra longtemps, ni n’aura le temps d’écrire ses Mémoires. Tous disparurent durant les grandes purges, y compris Frinovsky. Et Yezhov aussi, d’ailleurs.
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Re: Communisme : le devoir de mémoire

Messagepar Santangelo » 27/03/2012 - 18:59

Pat a écrit :Un soir ne sera pas suffisant prévoit ta semaine..... :biggrin:


En effet, j'ai tenu 4 pages avant que mes yeux disent stop... :oops:
Lorsqu'on hait les tyrans, il faut aimer les rois. (Victor Hugo)
Le prosélytisme et le viol systématique et permanent des consciences, comme l'Inquisition sont des pratiques d'un autre âge. (Odysseus)
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Re: Communisme : le devoir de mémoire

Messagepar Pat » 06/04/2012 - 19:04

Jean-Luc Mélenchon, voiture-balai de Nicolas Sarkozy
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Marine Le Pen déclarait il y a quelques mois que «Jean-Luc Mélenchon est la voiture balai de François Hollande », mais n’est-il pas devenu tout aussi surement aujourd’hui celle de Nicolas Sarkozy ? Mélenchon est bien l’homme providentiel dans la stratégie élaborée par l’Elysée et ses relais médiatiques constate Bruno Gollnisch. Pour peu que Marine n’accède pas au second tour, le scénario rêvé par les sarkozystes repose sur l’éventualité d’un bon score –annoncé et suscité- du candidat du Front de gauche, susceptible de briser les reins de M. Hollande, ou à tout le moins d’enrayer toute dynamique en sa faveur. D’abord au premier tour en condamnant le candidat du PS à faire un score bien inférieur à celui du président sortant espère l’UMP. Et dans la perspective du second tour, Mélenchon serait un parfait repoussoir en forçant M. Hollande à gauchir son discours, à promettre des ministres communistes. Une situation qui permettrait au président sortant de rafler non seulement une large majorité des suffrages des électeurs centristes de M. Bayrou mais aussi ceux de la droite nationale réunis par le même sursaut anti extrémiste et anti-communiste…

Certains analystes n’ont pas manqué de démontrer également que l’intérêt de Jean-Luc Mélenchon n’est en aucun cas l’élection de François Hollande mais bien celle de Nicolas Sarkozy; ce qui aura pour effet probable d’entrainer l’implosion du PS et une recomposition à gauche dont il espère tirer avantage…

Alors les médias font actuellement la courte échelle à M. Mélenchon. D’autant qu’en se fixant comme principal objectif de faire reculer le FN, but poursuivi avant lui par tous le partis du système et les cénacles mondialistes depuis trente ans, cet ex militant trotskyste sait pouvoir bénéficier d’oreilles totalement complaisantes et attendries.

Médias qui reprennent notamment sans ciller les affirmations sur son irrésistible ascension et les chiffres exagérément gonflés des auditeurs de ses discours. Vrai tribun, il serait stupide de le nier, le candidat de l’internationale communiste et dignitaire du Grand Orient attire effectivement beaucoup de monde. Mais il ne rassemble pas pour autant les foules dans les proportions indiquées par son entourage. .Ainsi il n’y avait pas 120 000 personnes place de la Bastille à Paris mais plus vraisemblablement 50 0000 et environ 30 000 hier soir place du Capitole à Toulouse et non 70 000 !

Médias qui ont aussi fait leur choux gras des fulminations de l’ex sénateur et ministre socialiste contre le secrétaire départemental du FN dans la Haute-Vienne qui comparaîtra le 19 juillet devant le tribunal correctionnel de Limoges à la suite d’une bagarre. M. Mélenchon a éructé à cette occasion lors d’une réunion à Limogescontre « les vieilles brutes », « les bons à rien », « les grands guignols », « les poivrots » du FN !

Interrogée sur les faits reprochés à ce responsable du FN, Marine Le Pen a déclaré mercredi, en déplacement au Tréport (Seine-Maritime), qu’« évidemment, (elle) condamne ce qui s’est passé. » « S’il est condamné, je pense qu’il ne devra plus rester (cadre du FN) » . Mais « J’aimerais bien a-t-elle indiqué aux journalistes que vous interrogiez M. Hollande sur les pourris qui dirigent le Pas-de-Calais, les pourris qui dirigent les Bouches-du-Rhône, et qui ont volé l’argent des contribuables », « l’affaire Bettencourt, la mise en examen de M. Woerth et d’un certain nombre de procureurs me paraît beaucoup plus grave qu’une bagarre dans un bar!»

Et Marine de répondre encore à un journaliste du quotidien de M. Rotschild: « Je vais vous adresser la liste de l’ensemble des militants du Front National qui ont été grièvement blessés dans cette campagne et dont Libération n’a jamais cru bon de faire une ligne! » D’ailleurs, Mélenchon a été tout aussi gêné lorsque les médias ont rapporté hier que trois militants du Front de gauche, dont un coresponsable des jeunes mélénchonistes (avinés?), ont été placés en garde à vue à Lyon après avoir agressé un militant nationaliste dans un bar à proximité de l’Université Lyon III.

Ajoutons encore que les accusations de Mélenchon contre « les bons à rien » ou « les violents » du FN ne manquent pas de sel quand elles émanent d’un ex apparatchik socialiste, parti emblématique de la corruption. Un Mélenchon aujourd’hui candidat d’un parti communiste qui a du sang français sur les mains, qui fut financé par les gardiens du goulag en poste à Moscou, mais aussi par des détournements de fonds colossaux via ses diverses pompes à fric, pour ne rien dire de la fraude électorale…. Quant à la composition des « militants » que le FG recrute pour le « harcèlement démocratique » du FN et de sa candidate il y a aussi beaucoup à dire.

Harcèlement consistant à beugler des slogans de haine afin d’apeurer les électeurs et les dissuader de prendre nos tracts ou de dialoguer avec notre candidate. La composition des équipes mélenchonistes est peu ou prou toujours la même : permanents politiques, syndicaux ou municipaux et un certain nombre de marginaux qui ont à l’évidence un entrainement plus conséquent pour les apéros à rallonge que pour le travail, même 35 ou 32 heures par semaine…

Marine l’a constaté de nouveau au Tréport, la France frappée par la crise ne s’y trompe pas et le quotidien Libération rapportait hier cette confidence d’un marin pêcheur : « Ici, tous les gars ont voté Sarko parce qu’ils croyaient à ses promesses. Mais cette fois, on va tous voter Marine, la seule qui s’intéresse à nous». Dans cette ville communiste lors de la présidentielle de 2007 est-il encore souligné, Jean-Marie Le Pen totalisa 15,75% des voix, loin devant Marie-George Buffet (environ 9,5%.)…

Un pêcheur, issu d’une famille de tradition communiste mais dont le tout premier vote alla au FN en 1995, nous confiait d’ailleurs n’avoir « aucune confiance en Mélenchon qui passe son temps à taper sur Marine au lieu de parler du pouvoir d’achat », qui « a déjà dit qu’il voterait Hollande alors que les socialos sont aussi responsables que l’UMP de la m… dans laquelle on se trouve… »

Puissent les Français les plus lucides ne pas oublier qu’ils sont encore en situation de déjouer les martingales perverses des politiciens aux manettes et plus largement encore de sortir la France de l’ornière euromondialiste. Il n’y a pas de fatalité au déclin si les abstentionnistes et les indécis d’aujourd’hui se mobilisent pour qualifier la seule candidate anti Système pour le second tour ! http://www.gollnisch.com/
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Re: Communisme : le devoir de mémoire

Messagepar Pat » 07/04/2012 - 19:04

Les leçons de Katyn

En date du 26 novembre 2010, la Douma (le parlement de Russie) a officiellement reconnu que le massacre de 4400 prisonniers de guerre polonais à Katyn (Biélorussie), perpétré entre avril et mai 1940, avait été ordonné par Staline lui-même et que l’Union soviétique était seule coupable de ce crime de guerre.

Il est notoire que le jugement du Tribunal militaire international (TMI) siégeant à Nuremberg de 1945 à 1946, tribunal constitué par les anciennes puissances alliées (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Union soviétique) pour juger l’Allemagne vaincue, fonde en droit les lois de censure et de répression qui ont érigé la Shoah en dogme historique indiscutable. L’article 19 du statut du Tribunal Militaire International (TMI) issu des Accords de Londres signés par les Alliés le 8 août 1945, statut qui constitue la base juridique du Tribunal de Nuremberg, stipule que : « Le Tribunal ne sera pas lié par les règles techniques relatives à l’administration des preuves (…). » Ce tribunal d’exception pouvait ainsi accepter des pièces à conviction sans s’assurer de leur authenticité et rejeter sans justification des preuves à décharge des accusés. Autrement dit, les Alliés pouvaient, selon leurs intérêts, forger des accusations sans avoir besoin de les prouver et ignorer les pièces favorables aux accusés. En outre, l’article 21 du même statut stipulait que « Le Tribunal n’exigera pas que soit rapportée la preuve de faits de notoriété publique, mais les tiendra pour acquis (…). » Et comme c’est le tribunal lui-même qui décidait ce qu’était un fait de notoriété publique, la culpabilité des accusés était établie d’entrée de cause.

Cette particularité juridique explique pourquoi les juges soviétiques ont pu « interpréter » le crime de Katyn aux dépens des Allemands.

Certes, la décision de la Douma n’apporte rien de nouveau à la connaissance de l’Histoire. En 1943 déjà, la commission neutre enquêtant sur la scène du crime et dirigée par le professeur Naville, expert médecin légiste de Genève, avait conclu à la culpabilité des Soviétiques. En 1946, au cours des débats du Procès de Nuremberg, le juge américain Francis Biddle déclara que l’intervention du procureur soviétique Rudenko chargeant les Allemands du crime de Katyn [document URSS-54] était si arrogante et si calomnieuse qu’aux Etats-Unis « l’auteur d’un tel document serait poursuivi pour outrage à magistrat » et qu’il fallait peut-être envoyer Rudenko « en prison séance tenante ». En réalité, cette déclaration hypocrite relevait du simple effet de manche, puisque l’acte d’accusation avait été approuvé par les quatre puissances alliées.

En 1990, Mikhaïl Gorbatchev, alors président de l’URSS, avait admis la culpabilité des soviétiques dans le massacre de Katyn. Entre 1992 et 2005, les autorités judiciaires de Russie menèrent une enquête et conclurent au non-lieu, sous prétexte que les faits étaient prescrits, en vertu d’une interprétation qualifiant les massacres de Katyn de « crime militaire ». Enfin, en novembre 2010, la Douma confirma officiellement la culpabilité de l’Union soviétique et la responsabilité de la Russie postsoviétique quant aux conséquences du massacre de Katyn, ce qui constitue un fait nouveau de nature juridique ouvrant, à priori, le droit à des réparations en faveur de la Pologne et des descendants des victimes. Le « fait nouveau » est à prendre dans le sens juridique du terme, afin d’éviter toute confusion entre « fait historique » et « fait juridique ». Ce « fait nouveau » repose sur la reconnaissance officielle du fait que des juges soviétiques ont siégé au Tribunal de Nuremberg pour juger le crime de Katyn, alors que d’autres soviétiques, exécutant les ordres de dirigeants soviétiques comme Staline et Béria (chef du NKVD), ont perpétré le crime de Katyn. Par conséquent, la décision de la Douma établit officiellement le « fait nouveau » que les soviétiques étaient juges et parties dans le crime de Katyn. Or, nul ne peut être à la fois juge et partie dans la même cause. Ce « fait nouveau » reconnu comme tel pose la question de la validité même du Tribunal de Nuremberg. Quant à sa légitimité, de nombreux auteurs, dont les pionniers furent Maurice Bardèche et Gaston-Armand Amaudruz, avaient mis en évidence, il y a une soixantaine d’années déjà, le caractère exceptionnel des Statuts et des débats de ce Tribunal militaire, en complète rupture avec l’idée que l’on se fait du Droit et de la Justice depuis Portalis. Rappelons que ces Statuts furent élaborés avant la fin de la Deuxième guerre mondiale à l’initiative du Congrès Mondial Juif (CMJ) par deux éminents juristes juifs lituaniens, Jacob et Nehemiah Robinson. En 1946, l’Assemblée générale des Nations Unies a déclaré dans sa résolution 95 que les Statuts et le jugement du Tribunal militaire de Nuremberg sont reconnus en tant que normes impératives de droit international. Ce jugement a donc force de loi sur la planète entière. Il s’agit bien là d’un redoutable instrument de coercition contre la souveraineté des Nations et contre la liberté d’expression. Mettre en question le bien-fondé du jugement de Nuremberg en affirmant sa nullité, c’est mettre en cause le principe même des lois de censure et de répression qui en découlent, sans oublier une possible révision des jugements prononcés contre les révisionnistes. Or, la critique des lois n’enfreint aucune loi. Et comme le jugement de Nuremberg a été promu au rang de norme impérative de droit international, il paraît licite, à preuve du contraire, de débattre de cette question. La loi Fabius-Gayssot qui nous interdit de contester le jugement de Nuremberg nous autorise encore à discuter du bien-fondé de ce même tribunal. Or, le jugement du Tribunal de Nuremberg, sans pour autant disculper l’Allemagne accusée à tort de ce crime par le procureur soviétique, le général Rudenko (document URSS-54), avait occulté l’identité du véritable coupable, à savoir l’Union soviétique elle-même. A l’évidence, le Tribunal de Nuremberg ne pouvait se permettre de juger l’un de ses membres sans se contredire et se disqualifier. Triomphe de l’iniquité, sept prisonniers de guerre allemands furent même pendus à Leningrad par les Soviétiques en 1946 pour avoir, soi-disant, participé aux exécutions de Katyn. L’historien allemand Friedrich Karl Pohl a donné dans l’hebdomadaire Rivarol du 7 mai 2010 les précisions suivantes : « A l’hiver 1945/46, dix prisonniers de guerre allemands furent accusés dans un procès à Leningrad d’être responsables du massacre de Katyn où le NKVD soviétique avait assassiné 4 400 officiers polonais. Tous les accusés ont avoué leur culpabilité. Naturellement, on connaît les méthodes avec lesquelles les aveux ont été obtenus dans ce procès bidon. Trois soldats furent condamnés aux travaux forcés, mais sept à la peine de mort. Ils furent pendus sur une grande place à Leningrad, devant une foule énorme. Le gouvernement allemand n’a jamais rien fait pour réhabiliter ces compatriotes. Dans le Procès de Nuremberg, le juge colonel soviétique Pokrowsky, avec des documents falsifiés, a accusé les Allemands pour ce massacre. »

Des soviétiques, membres d’un tribunal constitué pour juger, entre autres, le crime de Katyn, ont siégé en qualité de juges au Procès de Nuremberg. D’autres soviétiques, aux ordres de dirigeants soviétiques comme Staline et Béria, ont perpétré un crime d’Etat à Katyn. On ne peut être juge et partie. La seule présence de juges soviétiques dans cette même cause implique à posteriori leur récusation, voire même leur inculpation pour forfaiture et, par conséquent la nullité, dans un Etat de droit, d’un jugement tel que celui rendu au terme du Procès de Nuremberg.

La Douma de Russie a prononcé le 26 novembre 2010 la nullité du jugement de Nuremberg.

Il est inconcevable qu’une juridiction, en l’occurrence le TMI, puisse ignorer et même couvrir, en toute connaissance de cause, un crime perpétré par l’un de ses membres et qu’ensuite un tel jugement soit reconnu par un Etat de droit, comme c’est le cas de la France, et ceci quand l’auteur du crime, juge et partie, en fait officiellement l’aveu.

La chaîne de causalité, qui va du tribunal de Nuremberg aux tribunaux actuels jugeant et condamnant des révisionnistes contestant le jugement de Nuremberg, a donc été brisée par ceux-là même qui l’avaient forgée et ouvre le droit à la révision de tous ceux qui furent condamnés par le jugement, ou par les effets pervers induits par ce même jugement, prononcé en 1946 par le Tribunal militaire international de Nuremberg.
par René-Louis Berclaz http://www.propagandes.info
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Re: Communisme : le devoir de mémoire

Messagepar Pat » 09/04/2012 - 9:16

IL Y A 90 ANS, ON PROMETTAIT (DEJA) DES LENDEMAINS RADIEUX… YENOCH GERSHONOVITCH IEGUDA, dit GENRIKH IAGODA
Voilà un personnage particulièrement sympathique, qui mériterait que l’on se penche avec beaucoup d’attention et de précision sur ses activités. Mais force est de reconnaître qu’à l’heure actuelle, la littérature à son sujet est infiniment plus mince que celle qui fleurit sur ses homologues nationaux-socialistes. Et pourtant ….

Iagoda naît en 1891 dans une famille juive de Lodz, en Pologne, qui fait alors partie de l’empire tsariste. Il rejoint les bolcheviques en 1907 et après la révolution d’octobre, intègre la tchéka.

Cette police secrète chargée des basses œuvres du régime – et il y aura amplement de quoi s’occuper – est créée le 20 décembre 1917 par un décret signé de Lénine. A partir de cette date, elle va agir en dehors de toute légalité, ne répondant de ses actes que devant le gouvernement. Elle sera dirigée dans un premier temps par Félix Dzerzhinsky, qui mourra en 1926 d’une attaque cardiaque.

Iagoda grimpe vite les échelons à l’intérieur de la tchéka et il seconde avec zèle Dzerzhinsky dès septembre 1923. Il a alors 32 ans. A la mort de celui-ci, en 1926, il secondera avec autant d’efficacité le nouveau patron, Vyacheslav Menzhinsky.

Ce dernier ne tarde pas à tomber gravement malade, circonstance qui permet à Iagoda de contrôler en fait la police secrète dès la fin des années 20. La tchéka sera « remplacée » en 1922 par la GPU – Guépéou – qui sera à son tout remplacée par le NKVD en 1934. Mais si les appellations changent, les méthodes ne s’adoucissent pas pour autant. Elles vont même se sophistiquer et atteindre des raffinements dans la torture assez hallucinants. Les activités de ces polices secrètes, encore un sujet d’étude à creuser. A condition d’avoir le coeur bien accroché.

Il y avait même au sein de la tchéka bon nombre de volontaires chinois venus pour apprendre certaines « méthodes révolutionnaires » et qui, en retour, enseigneront à leurs distingués collègues quelques subtilités inconnues jusque là sous leurs cieux.

Chef de la police secrète, Iagoda participera à toutes les campagnes de terreur menées par le pouvoir et en particulier à la collectivisation forcée des campagnes et à la « dékoulakisation », déportation en masse de tous les paysans prétendument aisés, les koulaks. En février 1930, il remarque ainsi au bas d’un rapport : « Les régions nord-est et Léningrad n’ont pas compris nos consignes ou bien ne veulent pas les comprendre ; il faut les obliger à comprendre. Nous ne sommes pas en train de nettoyer les territoires de popes, commerçants et autres. S’ils disent « autres », cela veut dire qu’ils ne savent pas qui ils arrêtent. On aura tout notre temps pour se débarrasser des popes et des commerçants, il faut aujourd’hui frapper précisément la cible : les koulaks et les koulaks contre-révolutionnaires ».

A partir de 1930, il aura également la responsabilité de l’organisme chargé de gérer les « camps de travail forcé » d’URSS, le fameux Goulag. Et il sévira également durant l’horrible famine organisée par le pouvoir en 1932-33.

Iagoda est un proche de Staline qui le nomme en 1934 – c’est le sommet de sa carrière – commissaire du peuple aux affaires intérieures (NKVD), où il dirige police secrète et police officielle. Staline compte sur lui pour mettre en scène les grandes purges et les procès qui se préparent. Cela fonctionnera bien jusqu’en 1936 car Iagoda donne tout d’abord satisfaction à son maître lors du 1er procès de Moscou, qui verra l’exécution de Zinoviev et Kamenev.

Mais les choses ne tardent pas à se gâter pour lui. En septembre 1936, Staline adresse un télégramme comminatoire au Bureau politique, ainsi rédigé: « Il est absolument nécessaire et urgent que le camarade Iejov soit désigné au poste de commissaire du peuple à l’Intérieur. Iagoda ne s’est manifestement pas montré à la hauteur de sa tâche pour démasquer le bloc trotskiste-zinoviéviste. La Guépéou a quatre ans de retard dans cette affaire ».

Le voilà donc remplacé par son ex-adjoint, Nikolai Yezhov, autre sinistre personnage, qui supervisera à sa place les grandes purges de 1937-38. En mars 1937, Iagoda est arrêté sous l’accusation de trahison et de complot contre l’Etat. Il sera exécuté le 15 mars 1938 à Moscou.

Je vous suggère de relire l’article du journaliste israélien Sever Plocker, Les juifs de Staline, dont j’avais donné la traduction sur ce blog le 3 mars. A propos de Iagoda, il écrivait ceci :

« (…) Un étudiant israélien termine le lycée sans avoir jamais entendu prononcer le nom de Genrikh Yagoda, le plus grand meurtrier juif du XXe siècle, chef adjoint de la GPU et fondateur-dirigeant du NKVD. Yagoda a consciencieusement exécuté les ordres de Staline pendant la collectivisation, et est responsable de la mort d’environ 10 millions de personnes. Ses employés juifs ont mis en place et géré le système des goulags. Après être tombé en disgrâce auprès de Staline, Yagoda fut dégradé et exécuté, puis remplacé en tant que chef des bourreaux, en 1936, par Yezhov, le « nain sanguinaire ».

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Re: Communisme : le devoir de mémoire

Messagepar Pat » 14/04/2012 - 16:44

Déportations au Goulag et trains de la mort
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Messagepar Pat » 14/04/2012 - 16:50

Staline le Tyran Rouge

Documentaire TV remarquable sortie en 2007 (et passé sur M6 en 2011) avec images d’archives colorisées. Réalisé par Serge de Sampigny, Mathieu Schwartz, Yvan Demeulandre. Durée : 1h 23 min
http://www.gloria.tv/?media=236162
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Re: Communisme : le devoir de mémoire

Messagepar Pat » 17/04/2012 - 15:11

Mensonges staliniens sur la tombe d'Aubrac

Le quinquennat s'était ouvert en 2007 par la célébration de Guy Môquet. Il se referme sur la tombe de Raymond Aubrac. Le premier épisode avait semblé singulier, la dernière séquence dérange par son unanimité. Celle-ci relève de l'ignorance généralisée.

Personne n'ose, en effet, tenir compte du diagnostic rappelé par le plus indiscutable spécialiste du sujet, Stéphane Courtois. Maître d'œuvre du Livre noir du communisme, celui-ci répond à la question :"Qui était vraiment Raymond Aubrac ?
— Un agent soviétique, mais pas au sens où il aurait travaillé pour les services d'espionnage de l'Union soviétique. Il était plutôt un membre important du réseau communiste international, un sous-marin communiste si l'on veut ; en tout cas, beaucoup plus qu'un agent d'influence. Un homme comme lui avait évidemment un correspondant à Moscou." (1)⇓

Ceux qui le présentent comme un héros de la résistance devraient à leur tour nous révéler enfin à partir de quelle date Lucie et Raymond Aubrac agissent réellement en tant que "résistants" à l'occupant lui-même.

En fait pendant toute la période de l'alliance entre Staline et Hitler (2)⇓, entre août 1939 et juin 1941, on ne trouve, dans leur biographie, aucune trace de "résistance" au sens habituel de mot : lutte effective contre l'occupation étrangère. Certes, de nos jours, une certaine littérature déforme ce mot et récupère les luttes patriotiques du passé.

Le 14 février 2012, par exemple le vieux "stal" Aubrac s'exprimait encore aux côtés de Stéphane Hessel, qu'on retrouve dans tous les bons coups lui aussi, au nom d'une association intitulée "Citoyens résistants d'hier et d'aujourd'hui". Mais à quel envahisseur ces gens résistent-ils aujourd'hui ?

À propos de Lucie, on lira dans les lieux communs de la bien pensance, des indications vagues et ambiguës, par exemple que l'intéressée aurait sympathisé avec le parti entre 1934 et 1940, qu'elle aurait été "en contact avec Georges Marrane son représentant en zone sud en 1940", rien de bien marquant d'ailleurs avant l'été 1941, où le PC se déguise en force patriotique.

Dans un autre article le même Stéphane Courtois précise au contraire que "Lucie a été dès le début des années 1930 une fervente communiste, fréquentant le restaurant de la Famille nouvelle – quartier général de Maurice Tréand, le responsable aux cadres du PCF – et a même été pressentie pour suivre à Moscou l’École léniniste internationale, école de formation de l’Internationale communiste." (3)⇓

Et l'historien rappelle quelques jalons sur la suite de la route suivie imperturbablement par Raymond au sein de l'appareil : "en 1946, il a, sur ordre de Jean Jérôme et de Jacques Duclos – hommes de confiance du PC d’Union soviétique – logé, lors de son séjour en France, le chef du PC indochinois, Ho Chi Minh, cadre important du communisme international."

Puis "en 1948 l’un des cofondateurs des Combattants de la liberté, à l’origine du Mouvement de la Paix, vaste opération destinée par Moscou à désigner le camp communiste comme celui de la paix et les États-Unis comme les fauteurs de guerre."

Par la suite, "de 1948 à 1958, il a été le fondateur et le dirigeant du BERIM, société contrôlée par Jean Jérôme et Charles Hilsum – le directeur de la BCEN, la banque représentant les intérêts soviétiques en France – et faisant du commerce avec les régimes communistes d’Europe de l’Est puis de Chine, et, au passage, de pompe à finance pour le PCF."

Moins prisonnier des cache-sexe et de la langue de bois que ne se montrent nos politiciens, le comédien Daniel Auteuil, avait joué son rôle à l'écran. Tout en demeurant admiratif, soulignant aussi le côté indissociable de ce couple, il rompait le 12 avril avec l'unanimité factice et conformiste. À la question d'Yves Calvi : "était-ce un ange Raymond Aubrac ?" il reconnaît en effet "qu'au moment de l'épuration à Marseille il n'y va pas avec dos de la cuiller". (4)⇓

En 1997, une polémique et un procès furent déclenchés autour du livre pourtant fort intéressant publié par Gérard Chauvy (5)⇓. Malheureusement l'auteur y répugne à se démarquer d'une accusation de trahison reposant sur un écrit posthume de Klaus Barbie et sur les manœuvres provocatrices de son avocat Me Jacques Vergès. Tout en flétrissant cette thèse, une sorte de jury d'honneur fut réuni en mai 1997 dans les locaux de Libération. Composé d'amis et de compagnons des deux héros, cet aréopage en arrive à souligner le malaise qui résulte d'autres documents établissant les contradictions des récits successifs du couple Aubrac. Dès lors, le débat tourne court.

Nous référant toujours à Stéphane Courtois, nous retiendrons, de son très important article de Causeur, le passage suivant : "dans sa biographie de 2011, Raymond reconnaît qu’il a été libéré parce que son arrestation avait mis la police de Vichy sur la piste de généraux membres de l’ORA Organisation de résistance de l’armée, ce qui aurait beaucoup gêné le gouvernement de Vichy si les Allemands l’avaient appris. Du coup, la version de Lucie et de ses messages envoyés par Radio Londres – radicalement contestée au procès Chauvy par le vice-président des médaillés de la Résistance – tombe à l’eau. Néanmoins, un aussi gros mensonge, répété aussi longtemps et avec autant d’assurance – jusque devant le tribunal – par les Aubrac jette un doute sérieux sur le reste de leur récit"...

On confond aujourd'hui "résistant" et "opposant au gouvernement du maréchal Pétain". Source de contresens et de mensonges éhontés.

Quant à moi, je ne pense pas en effet que le couple Aubrac ait jamais "trahi" la cause qu'ils ont, en vérité, toujours servie : pas celle de la France, mais celle du communisme international, dont les braises couvent aujourd'hui encore sous la cendre, mais celle de Staline jusqu'à la mort de celui-ci en 1953, mais celle de l'URSS, jusqu'à son effondrement en 1991.

En 2011, âgé de 96 ans le camarade Aubrac pouvait encore répondre à la question :"Le marxisme vous aide-t-il encore à penser le monde ?

— Le marxisme en général, non. Mais certains points du marxisme, oui. Je pense au partage de la plus-value résultant de la production des biens et des services. La question de la répartition des profits entre les salaires des travailleurs, les investissements des entreprises et les dividendes des actionnaires n'a rien perdu de son actualité et, sur ce point, les analyses marxistes me semblent toujours pertinentes." (6)⇓

Cet homme était donc resté jusqu'au bout un disciple du noyau dur de la pensée de Marx mise aux normes par Engels. Certes, ceci fait partie de sa liberté d'opinions, même fausses.

Mais quant à l'exercice de celle-ci on aimerait en savoir plus sur le regard qu'il porte sur le stalinisme. Manifestement cet incident de parcours de la doctrine ne semble pas avoir sollicité l'attention du couple. Les mots goulag, KGB, piolets, etc. ne sont pas entrés négativement dans leurs vocabulaires. Et contrairement à Mélenchon ils n'ont jamais pu ni cherché à se prévaloir de l'alibi d'avoir, il y aurait plus de 30 ans, flirté avec le trotskisme. Cette dernière tare a toujours été très mal vue à la Loubianka. Elle a failli empêcher le Frère Numéro Un de l'actuel "front de gauche" de porter au scrutin présidentiel les couleurs du PCF.

Au contraire, avec Raymond Aubrac aucune hésitation de cette nature de la part du chef du parti communiste. Le camarade Pierre Laurent déclare sans ambages, rompant le secret désormais éventé, dès le 11 avril : "Nous pleurons l’un des nôtres." (7)⇓

Une telle persévérance mérite sans doute une sorte d'hommage, à leur manière, de la part des tenants du drapeau rouge.

Il paraît difficile d'admettre, en revanche, qu'on puisse la célébrer avec tant de faste, et d'unanimité républicaine, dans la cour des Invalides, sous les plis du drapeau d'Austerlitz et de Verdun.

JG Malliarakis http://www.insolent.fr/

Apostilles
1 cf. chronique "Secret Défense" de Jean-Dominique Merchet le 11 avril.⇑
2 cf. "L'Alliance Staline Hitler".⇑
3 cf. son texte "Aubrac, côté ombre…" sur le site Causeur, le 14 avril.⇑
4 cf. entretien sur RTL le 12 avril à 8h15. ⇑
5 cf. son texte "Aubrac, côté ombre…" sur le site Causeur le 14 avril.⇑
6 cf. Le Monde du 5 mars 2011⇑
7 cf. L'Humanité du 12 avril 2012. ⇑
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Messagepar Pat » 18/04/2012 - 13:25

Le couple Aubrac et l'énigme de la mort de Jean Moulin

Un lecteur de l'Insolent pose à propos du couple Aubrac la question qui fâche : "est-ce qu’Aubrac a un lien avec l'assassinat de Moulin ? Au sens où il l'aurait vendu ?"

Plutôt que de me contenter d'une "petite réponse" comme je le fais de temps en temps, je préfère lui consacrer une chronique entière. La dimension "policière" de cette énigme ne sera sans doute jamais entièrement résolue. Elle mérite un vrai développement à elle seule.

On sait que Jean Moulin, chef de la Résistance intérieure fut arrêté en juin 1943 lors du "rendez-vous de Caluire", dans la banlieue Lyonnaise. Torturé puis mis à mort, a-t-il été trahi ? La tentation est grande de s'interroger sur le rôle des dissensions internes des mouvements de résistance. On a ainsi chargé et sur-chargé René Hardy, pourtant "blanchi" par deux procès, mais ré-accusé, plus de 30 ans après la guerre, par Roger Wybot ancien patron de la DST etc. Le brouillard autour de cette affaire ne disconvient sans doute pas aux amateurs de légendes. (1)⇓

Au bout du compte on peut penser en effet que le PC suivait alors une ligne internationale qui s'est employée dès 1938 en Espagne jusqu'aux procès de Prague de l'après-guerre, à liquider ses compagnons de route de l'ancienne ligne "antifasciste". Dont Jean Moulin en France. C'est ce que j'essaye d'expliquer dans le chapitre X de mon livre sur "L'Alliance Staline Hitler", à propos de Münzenberg, chef d'orchestre. (2)⇓

L'année 1943 correspond à la date précise où le Kremlin mise sur une autre forme de géostratégie, après deux années de défaites face à la Wehrmacht. Les staliniens donneront désormais à cela le nom de Grande Guerre Patriotique, cherchant à y associer d'autres forces.

Mais de là à prouver que Raymond Aubrac lui-même aurait livré directement "Max" à la Gestapo, il y a un pas que Vergès, ne reculant jamais devant aucune provocation, a voulu tenter de franchir.

J'avoue ne pas lui donner raison et regretter aussi que Chauvy dans son livre si bien documenté par ailleurs ait hésité à écarter ces insinuations.

D'abord parce qu'elles s'appuient sur un prétendu "testament" de Barbie pratiquement, et moralement, sans valeur.

Ensuite parce qu'il existe, hélas, de nombreuses autres explications. Tous ceux qui ont eu une expérience, même limitée, de la lutte clandestine comprendront aisément l'une d'entre elles. Le "rendez-vous de Calluire" de juin 1943 dans la villa du Dr Dugoujon était connu de beaucoup trop de gens pour ne pas finir en guet-apens.

Enfin, beaucoup plus grave : tout au long des 67 dernières années, et dès 1945 dans la Marseillaise les Aubrac ont donné des événements des récits à géométrie variable. Ceci donne hélas une fâcheuse impression. Le mensonge ne suffit pas à démontrer la culpabilité, mais si on a affaire à un juge d'instruction comme Mme Eva Joly, il laisse peu de place au doute chez une personne comme elle.

Une correspondante et amie de L'Insolent m'écrit en particulier à ce sujet : "Vous rappelez la constitution, en 1997, d'une sorte de jury d'honneur demandé par Aubrac pour répondre aux accusations plus ou moins voilées de Chauvy et vous précisez, fort justement, que ce "jury" était "composé d'amis et de compagnons des deux héros".

Pourtant, s'il a rejeté les accusations portées par Barbie (dont on peut en effet estimer qu'il s'agit d'un témoin peu digne de foi), ce jury d'honneur, contrairement à ce qu'ont toujours affirmé les époux Aubrac, n'a pas été pour eux le triomphe qu'ils espéraient.

En effet, les historiens qui le composaient, si favorables qu'ils aient pu être en principe aux époux Aubrac, ont fait l'œuvre d'historiens que l'on attendait d'eux."

Donnons donc quelques précisions.

L'entretien s'est déroulé le samedi 17 mai 1997, au siège de Libération.

Les interlocuteurs des Aubrac s'appelaient François Bédarida, Jean-Pierre Azéma, Laurent Douzou, Henry Rousso et Dominique Veillon, et surtout Daniel Cordier, compagnon de la Libération et secrétaire de Jean Moulin. Également "Raymond Aubrac a souhaité la présence de son ami Jean-Pierre Vernant: non pas tant comme historien – philosophe de formation, il se qualifie lui-même d'anthropologue de l'histoire de l'Antiquité classique – que comme résistant de la première heure. Maurice Agulhon, historien incontesté du XIXe siècle, a répondu lui aussi à l'invitation de ses amis Aubrac." (3)⇓

La confrontation dura cinq heures. Publiant le dossier de cet entretien en juillet, donc après deux mois de réflexion, Serge July n'hésitera pas à y voir "la leçon d'Histoire". Façon de parler. En fait dans une très belle lettre à Lucie Aubrac, Daniel Cordier écrira le 11 juillet : "Chère Lucie, ce fut atroce, j'en conviens. Mais Raymond et vous ne furent pas les seuls à souffrir. Ce qui m'a frappé au cours de cette cruelle expérience, c'est votre réaction. Même si elle n'était pas distinctement exprimée, je pressentais que vous éprouviez une injustice, et même un outrage à être traitée de la sorte. C'était sensible en additionnant vos impatiences, votre courroux rentré. Oui, il y avait dans cette humeur le pathétique d'une reine déchue."

François Bédarida, issu de Témoignage chrétien, a ainsi interpellé Raymond Aubrac : "Les historiens sont par définition des gens curieux. Comment un homme comme vous qui contrôle son langage, peut-il avoir oscillé sans cesse entre le fait de dire tantôt : ‘non, je n’ai pas été reconnu comme Aubrac’ et ‘oui, j’ai été identifié’?" (4)⇓.

Et son appréciation tombe, terrible : "Votre stratégie, destinée en principe à perpétuer l’image de la Résistance, me paraît à terme désastreuse ... Pourquoi ? parce que si, sous couleur de rendre le passé plus vivant, on se met à l’enjoliver, à broder, voire à inventer des récits, au lieu de s’en tenir fidèlement et rigoureusement aux données de fait, alors on s’expose à un très grave choc en retour."

C'est que, souligne ma correspondante, "s'ils n'ont sans doute pas trahi (ou s'ils l'ont fait, il n'y en actuellement pas de preuve), les époux Aubrac, Lucie surtout, étaient de fieffés menteurs."

Il suffit, conclut-elle, de comparer les témoignages apportés en diverses occasions par Lucie Aubrac, les premiers en 1945, entre eux et avec ceux de son mari, et aussi avec les pièces officielles extraites des archives pour constater que Mme Aubrac était, pour le moins, brouillée avec la vérité.

Un exemple : Lucie Aubrac a affirmé à plusieurs reprises (5)⇓ qu’elle avait fait évader son mari de l’hôpital de l’Antiquaille le 24 mai 1943. Or, s’il y a bien eu une évasion à cette date de cet hôpital, Raymond Aubrac n’en a pas bénéficié : en effet, arrêté, sous le nom de François Vallet, le 15 mars 1943, lors d’une réunion de résistants, il avait été libéré le 10 mai 1943. Raymond Aubrac lui-même l’a reconnu à plusieurs reprises, y compris lors d’une audience où sa femme devait répéter sa version inexacte des faits. Henry Frenay, dès le 13 juin 1943, le dit aussi ; en atteste surtout l’avis de mise en liberté, sur ordre de M. Cohendy, juge d’instruction, signé le 10 mai 1943 par le gardien-chef de la prison de Saint-Paul.

Il existe également des contradictions dans les différentes versions que Mme Aubrac donne du second de ses exploits : l’évasion de son mari, arrêté à nouveau à Caluire, d’un fourgon cellulaire attaqué par la Résistance, en octobre 1943. Là aussi, d’autres témoignages et des documents d’archives la contredisent.

Or, bien que, dès cet entretien de 1997, Lucie Aubrac met ses mensonges sur le compte de sa "mémoire défaillante", elle continua jusqu'à sa mort, à sillonner la France de collèges en lycées et autres lieux d'enseignement, pour y faire des conférences. On la présentait, et on la présente encore comme "la mémoire vivante" de la Résistance !

De mon point de vue, pour donner une conclusion personnelle, cette identification correspond exactement à la récupération du patriotisme par le parti communiste.

Cette imposture mémorielle a été rendue possible, penseront certains, par l'alliance permanente du mythe gaulliste, sur lequel ont misé les Soviétiques à partir de 1943. Mais ceci, aurait dit Kipling, est une autre histoire. Est-ce vraiment une autre histoire ? La disparition de Jean Moulin ne la facilitait-elle pas grandement ?

JG Malliarakis http://www.insolent.fr/

Apostilles
1) cf. Philippe Bernert, "Roger Wybot et la bataille pour la DST", Presses de la Cité 1975.⇑
2) cf. "L'Alliance Staline Hitler".⇑
3) cf. Libération 9 juillet 1997.⇑
4) Sur point, il existe malgré tout une ambiguïté. Sans doute très vite le pseudo "François Vallet" a été identifié comme Raymond "Aubrac", dirigeant de l'Armée secrète, mais non comme Samuel, sa véritable identité à l'état civil.⇑
5) Et notamment en septembre 1945 dans le journal communiste La Marseillaise article reproduit en annexe dans le livre de Chauvy. ⇑
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