Communisme : le devoir de mémoire
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Re: Communisme : le devoir de mémoire
Influence de l'extrême-gauche
La trotskisation de l'Etat
L'actualité récente nous a démontré une fois de plus que la mainmise socialo-communiste sur tous les rouages de notre société française n'est pas un mythe.
Occupant les postes de premier plan dans les médias, les ministères, la justice, l'enseignement et l'université, leur emprise nous est à présent révélée par la sécurité sociale étudiante.
La MNEF : pompe à fric trotskiste ?
Professeur d'université, je connais bien la Mutuelle Nationale des Etudiants de France qui, comme le savent tous ceux qui sont passés par les bancs des facs et comme l'affirme Libération « est devenue un système contrôlé par une poignée de gens, forgés par le syndicalisme étudiant, issus des rangs trotskistes (lambertistes) du parti communiste internationaliste ».
Trahissant la confiance de plus de 820 000 étudiants, la MNEF s'avère être l'un des réseaux de financement du parti socialiste. Les étudiants ainsi manipulés ont contribué à financer le train de vie et les activités politiques de plusieurs proches de Lionel Jospin.
Jean-Christophe Cambadélis, l'homme du Manifeste contre le Front national, actuel secrétaire national du PS, aurait été notamment salarié des filiales de la MNEF pendant près de huit ans. C'est ainsi toute la gauche «moralisatrice» et « donneuse de leçons » qui se trouve au centre des interrogations et des soupçons de la Cour des Comptes, et de la commission de contrôle des mutuelles.
Messieurs Cambadélis, Le Guen, Fodé Sylla, Grosz, Spithakis, des hommes soupçonnés de symboliser aujourd'hui une « corruption rouge », qui autrefois était réservée à la « gauche caviar » des réseaux mitterrandiens.
La cinquième colonne trotskiste
Luttant pour un changement radical de la société en rupture avec le capitalisme, s'appuyant sur les leviers sociaux n'hésitant pas à utiliser le mensonge et la violence. Cette cinquième colonne trotskiste sème depuis des décennies, par le biais d'une agitation permanente, les germes de la division et de la guerre civile dans notre pays.
Cette nébuleuse constituée par SOS Racisme, SUD, Ras l'Front, le SCALP, le DAL, etc... , groupuscules financés par de très nombreuses collectivités locales et manipulés par les trotskistes, s'est fixée pour objectif de susciter une situation révolutionnaire. Cherchant le point de rupture et s'appuyant sur des actions spectaculaires n'excluant pas la violence, ces organisations trotskistes partagent avec le parti communiste l'encadrement des manifestations contre le Mouvement national, interdisent l'accès à nos réunions publiques, agressent nos militants. Ce sont toujours ces mêmes organisations et les mêmes personnes qui mènent les coups de force des réquisitions de logements du DAL luttent aux côtés des clandestins et occupent nos églises. L'occupation il y a quelques semaines, d'antennes ASSEDIC, par des militants révolutionnaires professionnels (AC), a suffi pour faire trembler le pouvoir chiraco-socialiste. Ce travail de sape entrepris de longue date, fait place aujourd'hui à une provocation ouverte dans un but révolutionnaire.
Cette « extrême gauche » qui pratique le « harcèlement démocratique » (!) de nos réunions, réquisitionne les immeubles, prône la désobéissance civile et utilise la violence contre le Front national sans que cela n'émeuve ni les chantres de la liberté d'expression ni les gardiens de l'ordre républicain.
En ce sens, il ne serait pas vain que certains responsables politiques méditent l'avertissement qu'Hippolyte Taine lançait il y a un siècle dans « Les origines de la France contemporaine » : quand on libère ainsi la violence révolutionnaire, il serait vain de s'étonner que, « par un juste retour », on finisse par « subir soi-même la pression que l'on autorise contre autrui ».
L'ultra-gauche poursuit sous d'autres formulations son «œuvre» qui demeure à jamais la négation du sacré et de l'identité. Elle a si fortement imprégné les mentalités que l'on est passé sans difficultés de l'utopie de la société sans classes à celle d'un monde sans différences. Ces activistes, pour la plupart trotskistes, n'attendent qu'une vague de mécontentement social pour faire donner les troupes et tenter de mettre à feu et à sang le pays. Et n'en déplaise aux «journalistes» qui persistent à qualifier les mouvements sociaux de «spontanés», «indépendants» ou «apolitiques», ces événements feront date dans l'histoire de la manipulation de l'opinion. Il est vrai que comme chacun le sait, quantité d'anciens soixante-huitards sont aujourd'hui en activité dans les médias et à la plupart des postes clés de l'Etat, où, préférant aux pavés du quartier latin, les lambris des palais et des demeures bourgeoises, ils n'ont pas pour autant renoncé à leur rôle destructeur.
Bruno Gollnisch Français d'abord ! 1ère quinz mai 1998
La trotskisation de l'Etat
L'actualité récente nous a démontré une fois de plus que la mainmise socialo-communiste sur tous les rouages de notre société française n'est pas un mythe.
Occupant les postes de premier plan dans les médias, les ministères, la justice, l'enseignement et l'université, leur emprise nous est à présent révélée par la sécurité sociale étudiante.
La MNEF : pompe à fric trotskiste ?
Professeur d'université, je connais bien la Mutuelle Nationale des Etudiants de France qui, comme le savent tous ceux qui sont passés par les bancs des facs et comme l'affirme Libération « est devenue un système contrôlé par une poignée de gens, forgés par le syndicalisme étudiant, issus des rangs trotskistes (lambertistes) du parti communiste internationaliste ».
Trahissant la confiance de plus de 820 000 étudiants, la MNEF s'avère être l'un des réseaux de financement du parti socialiste. Les étudiants ainsi manipulés ont contribué à financer le train de vie et les activités politiques de plusieurs proches de Lionel Jospin.
Jean-Christophe Cambadélis, l'homme du Manifeste contre le Front national, actuel secrétaire national du PS, aurait été notamment salarié des filiales de la MNEF pendant près de huit ans. C'est ainsi toute la gauche «moralisatrice» et « donneuse de leçons » qui se trouve au centre des interrogations et des soupçons de la Cour des Comptes, et de la commission de contrôle des mutuelles.
Messieurs Cambadélis, Le Guen, Fodé Sylla, Grosz, Spithakis, des hommes soupçonnés de symboliser aujourd'hui une « corruption rouge », qui autrefois était réservée à la « gauche caviar » des réseaux mitterrandiens.
La cinquième colonne trotskiste
Luttant pour un changement radical de la société en rupture avec le capitalisme, s'appuyant sur les leviers sociaux n'hésitant pas à utiliser le mensonge et la violence. Cette cinquième colonne trotskiste sème depuis des décennies, par le biais d'une agitation permanente, les germes de la division et de la guerre civile dans notre pays.
Cette nébuleuse constituée par SOS Racisme, SUD, Ras l'Front, le SCALP, le DAL, etc... , groupuscules financés par de très nombreuses collectivités locales et manipulés par les trotskistes, s'est fixée pour objectif de susciter une situation révolutionnaire. Cherchant le point de rupture et s'appuyant sur des actions spectaculaires n'excluant pas la violence, ces organisations trotskistes partagent avec le parti communiste l'encadrement des manifestations contre le Mouvement national, interdisent l'accès à nos réunions publiques, agressent nos militants. Ce sont toujours ces mêmes organisations et les mêmes personnes qui mènent les coups de force des réquisitions de logements du DAL luttent aux côtés des clandestins et occupent nos églises. L'occupation il y a quelques semaines, d'antennes ASSEDIC, par des militants révolutionnaires professionnels (AC), a suffi pour faire trembler le pouvoir chiraco-socialiste. Ce travail de sape entrepris de longue date, fait place aujourd'hui à une provocation ouverte dans un but révolutionnaire.
Cette « extrême gauche » qui pratique le « harcèlement démocratique » (!) de nos réunions, réquisitionne les immeubles, prône la désobéissance civile et utilise la violence contre le Front national sans que cela n'émeuve ni les chantres de la liberté d'expression ni les gardiens de l'ordre républicain.
En ce sens, il ne serait pas vain que certains responsables politiques méditent l'avertissement qu'Hippolyte Taine lançait il y a un siècle dans « Les origines de la France contemporaine » : quand on libère ainsi la violence révolutionnaire, il serait vain de s'étonner que, « par un juste retour », on finisse par « subir soi-même la pression que l'on autorise contre autrui ».
L'ultra-gauche poursuit sous d'autres formulations son «œuvre» qui demeure à jamais la négation du sacré et de l'identité. Elle a si fortement imprégné les mentalités que l'on est passé sans difficultés de l'utopie de la société sans classes à celle d'un monde sans différences. Ces activistes, pour la plupart trotskistes, n'attendent qu'une vague de mécontentement social pour faire donner les troupes et tenter de mettre à feu et à sang le pays. Et n'en déplaise aux «journalistes» qui persistent à qualifier les mouvements sociaux de «spontanés», «indépendants» ou «apolitiques», ces événements feront date dans l'histoire de la manipulation de l'opinion. Il est vrai que comme chacun le sait, quantité d'anciens soixante-huitards sont aujourd'hui en activité dans les médias et à la plupart des postes clés de l'Etat, où, préférant aux pavés du quartier latin, les lambris des palais et des demeures bourgeoises, ils n'ont pas pour autant renoncé à leur rôle destructeur.
Bruno Gollnisch Français d'abord ! 1ère quinz mai 1998
- Pat
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Re: Communisme : le devoir de mémoire
Eté 1999

Eté 1999, attablée à la terrasse d’un kaféneion à Folégandros, petite île minuscule des Cyclades, je jette un œil sur le journal Grec, j’essaie de déchiffrer le titre. Une vieille femme, vêtue de noir me sert un café noir très serré accompagné d’un verre d’eau. Son regard a suivi ma tentative de lecture.
- « L’actualité grecque t’intéresse me demande-t-elle, dans un français sans accent » ?
Sans attendre ma réponse, elle poursuit : « Si tu veux, je vais te raconter une histoire, que tu ne trouveras pas dans les journaux actuels et encore moins dans les guides touristiques ».
Dix ans plus tard, les images des émeutes à Athènes d’il y a quelques jours et la position de l’Union européenne sur le cas Grec font remonter à la surface les propos tenus par cette dame au visage parcheminé.
« Je n’avais pas dix ans lorsqu’en 1922, des dames de l’Assistance Publique m’ont recueillie au port du Pirée, où je venais d’échouer avec de milliers d’autres réfugiés d’Asie Mineure
(Les Turcs chassèrent 1,5 millions de Grecs après en avoir massacré autant). J’ai terminé l’école primaire à l’orphelinat, puis plongée dans la vie toute seule, sans bouée de secours, sans rien demander à personne, sans me laisser dévoyer, sans me laisser avilir. Un jour je mangeais, l’autre pas. Eté comme hiver, je portais la même jupe en laine. J’allais le matin au lycée et plus tard à l’Université et le soir dans une filature à Néa Ionia (Banlieue d’Athènes où s’installèrent en grand nombre les réfugiés d’Asie Mineure). Ce furent des années difficiles, impitoyables, années d’indigence et de solitude, mais aussi d’obstination à s’en sortir, à ne pas reculer devant la misère et le désespoir, à ne pas capituler, à ne pas se rendre. Des fois ma volonté chancelée, alors je me remémorais ces jours terribles en Asie Mineure où je courrais devant la cavalerie turque pour arriver jusqu’à Smyrne, au port, comme les autres réfugiés, dans l’attente d’un bateau ; le salut.
Et puis la guerre est arrivée très vite. A nouveau, la vie est menacée et tu dois choisir. Tout de suite, je me suis retrouvée dans le maquis avec l’ELAS (La principale organisation de résistance grecque). J’ai connu le terrible hiver 1941/1942 ou 300 000 personnes sont mortes de famine. De héros de la libération, nous sommes devenus des martyrs dans notre propre pays, victimes des nouveaux occupants britanniques puis américains. Les accords de Varkiza en 44, nous ont conduits à la guerre civile. De tous les pays européens, la Grèce est le seul à avoir connu plus de morts civils que militaires et ce bien après la chute du Nazisme.
Tout montrait qu’après la guerre les Alliés s’étaient partagé le monde, Anglais, Américains, Soviétiques, chacun avait pris sa part du butin, il était libre d’agir à sa guise dans sa zone bien délimitée, sans avoir de compte à rendre à quiconque. En Grèce, les militaires et policiers qui avaient collaboré avec les Allemands et les Italiens, s’étaient mis au service des Américains, leur prêtaient main forte pour régenter le domaine qu’ils avaient hérité des Anglais en 45.La guerre civile leur a permis d’expérimenter de nouvelles armes comme le napalm dans les montagnes de l’Epire, la Thrace ou la Macédoine. Alors qu’on fermait les camps en Allemagne et ailleurs, ici on en ouvrait avec la bénédiction des Américains. Mais ces camps- là, personne ne les dénonçait. Des journalistes aux organisations humanitaires, pas une ligne, pas une photographie.
Et à mon tour, je me suis retrouvée un beau matin sur le quai du Pirée, avec les Alphamites
(auxiliaire de police), en partance pour « un centre de rééducation civique », installé sur l’îlot désertique de Makronissos. La police politique l’Asfalia avait bien fait son travail ; ils avaient les moyens, le temps et l’argent. D’un bout à l’autre de la Grèce, des milliers d’hommes travaillaient pour eux. Des centaines d’informateurs à scruter, épier, écouter, noter, à surveiller les visites, les fréquentations, à faire parler les gosses. Même les croque- morts travaillaient pour la Sûreté lors des enterrements : ils tendaient l’oreille dans la maison du défunt quand toute la famille arrivait et que les langues se déliaient, qu’on se révélait des secrets intimes, des faits, des noms. On organisait des rafles à la recherche des anciens résistants. Imagine l’ELAS comptait 2 millions de membres pour un pays de 7 millions d’habitants !
La vie dans les camps de concentration puisque c’est bien ainsi qu’il faut les appeler était monocorde, les jours succédaient aux jours. Et de temps en temps, tu avais droit à la question. On t’empoignait et te renversait sur une chaise solidement attaché. A coup de latte de bois ou de bâton en fer, on faisait pleuvoir les coups sur la plante des pieds. Le plus dur c’étaient les premiers sur les hématomes du précédent passage à tabac. Puis ensuite, tes pieds meurtris se mettaient à gonfler et tu ne ressentais plus rien. Alors les Alphamites te versaient de l’eau salée sur les plaies. La douleur était atroce, intenable. A ce moment là, on sortait du tiroir une déclaration de repentir à signer. Même lorsque le parti a fait circuler le message déclarant que nous étions libres de signer, je n’ai jamais signé. A quoi bon la liberté si tu as perdu ta dignité ?
Voyant que je résistais, j’ai eu droit à la visite d’un gradé.
- Qu’est-ce- que tu espères, que les bolcheviks vont te libérer, ce sont eux qui vous ont vendus à Yalta ?
Etaient-ils bolcheviks ceux qui pendant l’occupation avaient bâtis des écoles et des orphelinats pour les enfants, un fusil dans la main droite et dans l’autre l’Iliade ?
On ne s’est pas battus pour les bolcheviks mais pour la Grèce. Nous n’avions pas d’autres choix dans ces années là. Que nous restait-il d’autre que la lutte et l’espoir de la liberté et l’indépendance ? Si être communiste c’est défendre son pays contre l’occupant alors oui je suis communiste. On prend le fusil qu’on vous tend et on se lance dans la bataille, sans se préoccuper de savoir si ses aspirations deviendront un jour réalité, il ne te vient pas à l’esprit de demander des garanties écrites de l’Histoire.
Peu à peu, on se rend compte que l’on n’est pas comme les autres, que l’on appartient à la petite armée de la nuit et de la dignité ; c’est ainsi on n’y peut rien, on n’est pas fort pour se battre au côté de la multitude mais du petit nombre, d’une poignée d’hommes.
Je les connais les torts de Staline, je les connais ses injustices, je sais bien qu’avec Churchill et Roosevelt il a partagé l’Europe comme si c’était une tarte, en nous disant, à nous autres communistes grecs, de cosigner le partage, d’accepter sans broncher que la Grèce devienne un protectorat anglais.
Et pourtant j’ai pleuré quand le Parlement russe, en Août 91 a abrité les derniers communistes, face aux tanks de Eltsine. Je me disais : « Réveillez-vous, ouvrez les yeux, vous allez devenir des mendiants réduits à demander l’aumône aux Américains et aux Allemands, à vous courber devant les uns et les autres comme des moujiks au temps de vos pères à vous prosterner face contre terre. ».
Les téléspectateurs ont vu des hommes ensanglantés, monter à coup de crosse dans les camions militaires. Voilà ce qui vous arrivera si vous vous révoltez contre le nouvel ordre mondial ! Ouf, a-t-on entendu, dans les cénacles du pouvoir mondial, en levant son verre, nous sommes, enfin, débarrassés des derniers exaltés de ce siècle !
Que peut-on attendre d’une époque qui ne sait que détruire, supprimer, d’une société qui méprise la pensée politique et idéologique, qui force les hommes à penser tous de la même manière ? Pour comprendre ce qui nous pend au nez, il suffit de voir avec quelle haine les « bien- pensants » se jettent sur moi aujourd’hui encore malgré mon âge, lorsque tu leur dis que tu as une patrie, une langue, une religion. Nous sommes la Nation la plus vieille d’Europe, souvent envahie au cours des siècles et si nous avons survécu, ce n’est pas uniquement parce que nous nous sommes battus farouchement pour cette terre, mais aussi parce que nous avons défendu avec acharnement notre héritage culturel, notre histoire et nos traditions, la langue que nous parlons. Même si nous avons vécu sous le joug ottoman, notre âme ne s’est jamais laissée asservir. A la différence d’autres peuples, nous ne nous sommes accommodés d’aucun conquérant, nous n’avons pas renié notre passé, pas trahi nos ancêtres.
-Tu sais pourquoi ?
Parce que nous avons compris depuis belle lurette qu’il n’y a pas de Grèce possible sans civilisation grecque, sans art grec, sans langue grecque, sans respect pour le passé, pour l’Histoire. De nos jours, ces notions sont dépassées, négligeables, mais tu verras, petite, dans l’avenir elles prendront une grande importance, ce seront nos seuls remparts contre les nouvelles barbaries. L’Hellénisme n’a jamais lutté pour la puissance, pour le pouvoir et l’argent, mais pour de l’immatériel, pour l’honneur, pour la liberté et sa dignité. Si aujourd’hui, l’Union européenne nous voit d’un mauvais œil, c’est parce que nous venons d’autres horizons, que nous ne sommes pas du même monde, c’est parce que notre présence rappelle les plus nobles conquêtes de l’esprit humain, des vertus et des valeurs qui n’ont pas cours dans la Tour de Babel de l’Union européenne et qui ne s’accordent pas avec les totalitarismes que nous réservent la « soi-disant fin des idéologies » du post- communisme.
Je ne serai sans doute plus là pour le voir, mais toi, ma fille, tu assisteras au retour des nations et en tant que grecque, tu es dépositaire de 5 000 ans d’Histoire, ne l’oublie, jamais. »
Lentement, elle s’est levée, rejoindre un couple de clients à une table voisine, silhouette fluette. Ombre d’un passé méconnu.
La prochaine fois que vous vous rendrez en Grèce, et si vous croisez une vieille femme assise sur son âne, regardez bien ses pieds et vous comprendrez.
Eléonore B
PS : Pour ceux qui veulent pousser plus loin, lire la thèse de Christophe Chiclet, les communistes grecs dans la guerre, l’harmattan, 1987.
http://www.nationspresse.info/

Eté 1999, attablée à la terrasse d’un kaféneion à Folégandros, petite île minuscule des Cyclades, je jette un œil sur le journal Grec, j’essaie de déchiffrer le titre. Une vieille femme, vêtue de noir me sert un café noir très serré accompagné d’un verre d’eau. Son regard a suivi ma tentative de lecture.
- « L’actualité grecque t’intéresse me demande-t-elle, dans un français sans accent » ?
Sans attendre ma réponse, elle poursuit : « Si tu veux, je vais te raconter une histoire, que tu ne trouveras pas dans les journaux actuels et encore moins dans les guides touristiques ».
Dix ans plus tard, les images des émeutes à Athènes d’il y a quelques jours et la position de l’Union européenne sur le cas Grec font remonter à la surface les propos tenus par cette dame au visage parcheminé.
« Je n’avais pas dix ans lorsqu’en 1922, des dames de l’Assistance Publique m’ont recueillie au port du Pirée, où je venais d’échouer avec de milliers d’autres réfugiés d’Asie Mineure
(Les Turcs chassèrent 1,5 millions de Grecs après en avoir massacré autant). J’ai terminé l’école primaire à l’orphelinat, puis plongée dans la vie toute seule, sans bouée de secours, sans rien demander à personne, sans me laisser dévoyer, sans me laisser avilir. Un jour je mangeais, l’autre pas. Eté comme hiver, je portais la même jupe en laine. J’allais le matin au lycée et plus tard à l’Université et le soir dans une filature à Néa Ionia (Banlieue d’Athènes où s’installèrent en grand nombre les réfugiés d’Asie Mineure). Ce furent des années difficiles, impitoyables, années d’indigence et de solitude, mais aussi d’obstination à s’en sortir, à ne pas reculer devant la misère et le désespoir, à ne pas capituler, à ne pas se rendre. Des fois ma volonté chancelée, alors je me remémorais ces jours terribles en Asie Mineure où je courrais devant la cavalerie turque pour arriver jusqu’à Smyrne, au port, comme les autres réfugiés, dans l’attente d’un bateau ; le salut.
Et puis la guerre est arrivée très vite. A nouveau, la vie est menacée et tu dois choisir. Tout de suite, je me suis retrouvée dans le maquis avec l’ELAS (La principale organisation de résistance grecque). J’ai connu le terrible hiver 1941/1942 ou 300 000 personnes sont mortes de famine. De héros de la libération, nous sommes devenus des martyrs dans notre propre pays, victimes des nouveaux occupants britanniques puis américains. Les accords de Varkiza en 44, nous ont conduits à la guerre civile. De tous les pays européens, la Grèce est le seul à avoir connu plus de morts civils que militaires et ce bien après la chute du Nazisme.
Tout montrait qu’après la guerre les Alliés s’étaient partagé le monde, Anglais, Américains, Soviétiques, chacun avait pris sa part du butin, il était libre d’agir à sa guise dans sa zone bien délimitée, sans avoir de compte à rendre à quiconque. En Grèce, les militaires et policiers qui avaient collaboré avec les Allemands et les Italiens, s’étaient mis au service des Américains, leur prêtaient main forte pour régenter le domaine qu’ils avaient hérité des Anglais en 45.La guerre civile leur a permis d’expérimenter de nouvelles armes comme le napalm dans les montagnes de l’Epire, la Thrace ou la Macédoine. Alors qu’on fermait les camps en Allemagne et ailleurs, ici on en ouvrait avec la bénédiction des Américains. Mais ces camps- là, personne ne les dénonçait. Des journalistes aux organisations humanitaires, pas une ligne, pas une photographie.
Et à mon tour, je me suis retrouvée un beau matin sur le quai du Pirée, avec les Alphamites
(auxiliaire de police), en partance pour « un centre de rééducation civique », installé sur l’îlot désertique de Makronissos. La police politique l’Asfalia avait bien fait son travail ; ils avaient les moyens, le temps et l’argent. D’un bout à l’autre de la Grèce, des milliers d’hommes travaillaient pour eux. Des centaines d’informateurs à scruter, épier, écouter, noter, à surveiller les visites, les fréquentations, à faire parler les gosses. Même les croque- morts travaillaient pour la Sûreté lors des enterrements : ils tendaient l’oreille dans la maison du défunt quand toute la famille arrivait et que les langues se déliaient, qu’on se révélait des secrets intimes, des faits, des noms. On organisait des rafles à la recherche des anciens résistants. Imagine l’ELAS comptait 2 millions de membres pour un pays de 7 millions d’habitants !
La vie dans les camps de concentration puisque c’est bien ainsi qu’il faut les appeler était monocorde, les jours succédaient aux jours. Et de temps en temps, tu avais droit à la question. On t’empoignait et te renversait sur une chaise solidement attaché. A coup de latte de bois ou de bâton en fer, on faisait pleuvoir les coups sur la plante des pieds. Le plus dur c’étaient les premiers sur les hématomes du précédent passage à tabac. Puis ensuite, tes pieds meurtris se mettaient à gonfler et tu ne ressentais plus rien. Alors les Alphamites te versaient de l’eau salée sur les plaies. La douleur était atroce, intenable. A ce moment là, on sortait du tiroir une déclaration de repentir à signer. Même lorsque le parti a fait circuler le message déclarant que nous étions libres de signer, je n’ai jamais signé. A quoi bon la liberté si tu as perdu ta dignité ?
Voyant que je résistais, j’ai eu droit à la visite d’un gradé.
- Qu’est-ce- que tu espères, que les bolcheviks vont te libérer, ce sont eux qui vous ont vendus à Yalta ?
Etaient-ils bolcheviks ceux qui pendant l’occupation avaient bâtis des écoles et des orphelinats pour les enfants, un fusil dans la main droite et dans l’autre l’Iliade ?
On ne s’est pas battus pour les bolcheviks mais pour la Grèce. Nous n’avions pas d’autres choix dans ces années là. Que nous restait-il d’autre que la lutte et l’espoir de la liberté et l’indépendance ? Si être communiste c’est défendre son pays contre l’occupant alors oui je suis communiste. On prend le fusil qu’on vous tend et on se lance dans la bataille, sans se préoccuper de savoir si ses aspirations deviendront un jour réalité, il ne te vient pas à l’esprit de demander des garanties écrites de l’Histoire.
Peu à peu, on se rend compte que l’on n’est pas comme les autres, que l’on appartient à la petite armée de la nuit et de la dignité ; c’est ainsi on n’y peut rien, on n’est pas fort pour se battre au côté de la multitude mais du petit nombre, d’une poignée d’hommes.
Je les connais les torts de Staline, je les connais ses injustices, je sais bien qu’avec Churchill et Roosevelt il a partagé l’Europe comme si c’était une tarte, en nous disant, à nous autres communistes grecs, de cosigner le partage, d’accepter sans broncher que la Grèce devienne un protectorat anglais.
Et pourtant j’ai pleuré quand le Parlement russe, en Août 91 a abrité les derniers communistes, face aux tanks de Eltsine. Je me disais : « Réveillez-vous, ouvrez les yeux, vous allez devenir des mendiants réduits à demander l’aumône aux Américains et aux Allemands, à vous courber devant les uns et les autres comme des moujiks au temps de vos pères à vous prosterner face contre terre. ».
Les téléspectateurs ont vu des hommes ensanglantés, monter à coup de crosse dans les camions militaires. Voilà ce qui vous arrivera si vous vous révoltez contre le nouvel ordre mondial ! Ouf, a-t-on entendu, dans les cénacles du pouvoir mondial, en levant son verre, nous sommes, enfin, débarrassés des derniers exaltés de ce siècle !
Que peut-on attendre d’une époque qui ne sait que détruire, supprimer, d’une société qui méprise la pensée politique et idéologique, qui force les hommes à penser tous de la même manière ? Pour comprendre ce qui nous pend au nez, il suffit de voir avec quelle haine les « bien- pensants » se jettent sur moi aujourd’hui encore malgré mon âge, lorsque tu leur dis que tu as une patrie, une langue, une religion. Nous sommes la Nation la plus vieille d’Europe, souvent envahie au cours des siècles et si nous avons survécu, ce n’est pas uniquement parce que nous nous sommes battus farouchement pour cette terre, mais aussi parce que nous avons défendu avec acharnement notre héritage culturel, notre histoire et nos traditions, la langue que nous parlons. Même si nous avons vécu sous le joug ottoman, notre âme ne s’est jamais laissée asservir. A la différence d’autres peuples, nous ne nous sommes accommodés d’aucun conquérant, nous n’avons pas renié notre passé, pas trahi nos ancêtres.
-Tu sais pourquoi ?
Parce que nous avons compris depuis belle lurette qu’il n’y a pas de Grèce possible sans civilisation grecque, sans art grec, sans langue grecque, sans respect pour le passé, pour l’Histoire. De nos jours, ces notions sont dépassées, négligeables, mais tu verras, petite, dans l’avenir elles prendront une grande importance, ce seront nos seuls remparts contre les nouvelles barbaries. L’Hellénisme n’a jamais lutté pour la puissance, pour le pouvoir et l’argent, mais pour de l’immatériel, pour l’honneur, pour la liberté et sa dignité. Si aujourd’hui, l’Union européenne nous voit d’un mauvais œil, c’est parce que nous venons d’autres horizons, que nous ne sommes pas du même monde, c’est parce que notre présence rappelle les plus nobles conquêtes de l’esprit humain, des vertus et des valeurs qui n’ont pas cours dans la Tour de Babel de l’Union européenne et qui ne s’accordent pas avec les totalitarismes que nous réservent la « soi-disant fin des idéologies » du post- communisme.
Je ne serai sans doute plus là pour le voir, mais toi, ma fille, tu assisteras au retour des nations et en tant que grecque, tu es dépositaire de 5 000 ans d’Histoire, ne l’oublie, jamais. »
Lentement, elle s’est levée, rejoindre un couple de clients à une table voisine, silhouette fluette. Ombre d’un passé méconnu.
La prochaine fois que vous vous rendrez en Grèce, et si vous croisez une vieille femme assise sur son âne, regardez bien ses pieds et vous comprendrez.
Eléonore B
PS : Pour ceux qui veulent pousser plus loin, lire la thèse de Christophe Chiclet, les communistes grecs dans la guerre, l’harmattan, 1987.
http://www.nationspresse.info/
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Re: Communisme : le devoir de mémoire
Communisme et Haine de soi
Parmi les courants d’idées qui contribuent à miner les fondements de la civilisation européenne, le communisme occupe une place notable.
Doctrine internationaliste, le communisme est notamment fondé sur l’idée selon laquelle la ligne de fracture véritable n’oppose pas les nations entre elles, mais bien les classes sociales : la lutte des exploités et des exploiteurs transcende les frontières nationales et doit conduire à l’internationalisme prolétarien. Le communisme dès lors ne se préoccupe pas des intérêts nationaux : la nation apparaît au contraire comme un obstacle à la réalisation de son projet messianique.
La conception communiste débouchait, au temps de la guerre froide, sur une hostilité de principe envers l’occident, dirigé par les exploiteurs, et sur un appui indéfectible apporté au camp anti occidental (l’URSS, le tiers-monde), censé lui représenter les prolétaires. Le bloc soviétique à disparu mais l’hostilité atavique à l’occident n’en subsiste pas moins et reste tout aussi virulente.
Elle a cependant changé de forme. La disparition de l’URSS a en effet conduit le communisme à se présenter sous une apparence rénovée et à adopter une nouvelle stratégie : « l’altermondialisme » constitue aujourd’hui le prolongement des positions traditionnelles du communisme et de l’extrême-gauche (le mouvement altermondialiste est d’ailleurs dirigé par des militants qui, pour la plupart, sont ou ont été communistes, trotskystes ou maoïstes).
Les communistes et altermondialistes européens (qui sont surtout présents en France) se donnent pour objectif de construire « une autre mondialisation », en s’appuyant sur les mouvements sociaux qui se produisent dans les différents pays. Dans cette même perspective, les altermondialistes souhaitent apporter leur appui aux gouvernements qui représentent « le camp des pauvres » : les dirigeants sud-américains sont ainsi érigés en modèles altermondialistes. Or les leaders sud-américains, à commencer par Lula, l’icône du mouvement Attac, ne sont aucunement altermondialistes : ils sont nationalistes, et se comportent comme tels. Cela ne les empêche aucunement de recevoir le soutien des altermondialistes européens.
Tandis que les altermondialistes militent contre les OGM produits par les firmes américaines, Lula, lui, est favorable au développement dans son pays des cultures transgéniques. Les altermondialistes militent contre les exportations alimentaires américaines et européennes, qui, selon eux (ils ont raison d’ailleurs sur ce point), pénalisent le développement de cultures vivrières dans les pays pauvres : Lula, lui, est favorable au libre commerce mondial, qui lui permet d’exporter massivement la viande brésilienne nourrie aux tourteaux de soja OGM. Les altermondialistes sont pacifistes et vilipendent le commerce des armes : Lula, quant à lui, achète des armes, en produit, les exporte. Le soutien que les altermondialistes apportent aux Lula et autres Morales ou Uribe pourrait apparaître dès lors comme quelque peu contradictoire et incohérent. Il n’en est rien pourtant.
Si les altermondialistes, en effet, soutiennent les dirigeants latino-américains, ce n’est pas parce que ceux-ci sont altermondialistes – ils ne le sont pas – : c’est parce qu’ils sont hostiles aux Etats-Unis. On voit par là que l’altermondialisme n’est rien d’autre qu’un nouvel avatar de l’anti-occidentalisme traditionnel des communistes.
C’est dans le même esprit que les communistes et l’extrême-gauche, rebaptisés altermondialistes, sont également hostiles à la construction européenne. Le motif officiel de leur opposition à l’Europe est l’antilibéralisme : l’Europe se construit depuis cinquante ans sur le mode libéral, affirment-ils (à juste titre sur ce point) ; renforcer la construction européenne sur les bases actuelles conforterait donc par là-même le système du libre marché. C’est pourquoi les communistes se déclarent favorables à une « autre Europe ».
Leurs proclamations antilibérales sont pourtant des prétextes : en effet les communistes et l’extrême-gauche sont en réalité hostiles au principe même de l’Europe comme puissance politique. Ils sont opposés par exemple à la construction d’une Europe fédérale dotée d’une défense et d’une politique étrangère communes : une telle Europe, en effet, deviendrait en quelque sorte une nouvelle nation, une super-nation, riche et puissante, ce que les communistes veulent précisément éviter. C’est ainsi que les responsables du mouvement communiste et altermondialiste combattent en sous-main (avec beaucoup d’autres) toutes les initiatives susceptibles de favoriser l’érection d’une « Europe puissance », qu’ils perçoivent comme une tentative de structurer et de renforcer l’aile européenne de l’alliance occidentale.
Leur internationalisme et leur anti-occidentalisme conduisent également les communistes et les altermondialistes à apporter un appui déterminé aux immigrés et au processus d’immigration lui-même. Lorsque les effets de l’immigration massive ont commencé à se faire sentir, dans le courant des années soixante-dix, le PCF a d’abord hésité : c’est ainsi que Georges Marchais, faisant écho aux préoccupations de son électorat d’alors, avait dénoncé le fait que l’immigration de travail permettait au patronat d’exercer une pression sur les salaires. On se souvient également d’un maire du Val-de-Marne faisant raser au bulldozer un centre d’hébergement d’immigrés en construction, estimant que le nombre d’étrangers résidant dans sa commune était déjà trop important.
Ces positions initiales de crispation et de défiance ont depuis longtemps laissé place à des choix exactement inverses : les communistes et l’extrême-gauche (politique et syndicale) sont devenus des militants actifs de la promotion de la « diversité » et du soutien aux immigrés.
L’effondrement électoral du PC l’a encouragé à adopter cette posture : son électorat populaire traditionnel l’ayant quitté (souvent pour le Front national, comme le montre l’analyse des résultats par bureaux de vote), les dirigeants communistes ont estimé que les immigrés pouvaient le cas échéant constituer une base électorale de substitution (et fournir également de nouvelles troupes syndicales à la CGT). Ce calcul électoral, pour l’heure sans grand effet positif pour eux, n’est cependant que l’un des facteurs ayant poussé les communistes à adopter des analyses immigrationnistes : celles-ci en effet sont avant tout une conséquence logique de leurs positions de principe internationalistes et anti occidentales.
L’extrême-gauche, cela va sans dire, n’est pas en reste dans le soutien à l’immigration : c’est ainsi que le parti trotskyste, sous son nouveau nom de NPA, vient de rendre public son programme, où figurent en bonne place la régularisation de tous les « sans-papiers » et un éloge sans retenue de la société diversifiée et multiculturelle.
Il est chaque jour plus évident que l’immigration – qui se poursuit sur un rythme effréné – constitue un risque vital pour la société française et, au-delà, pour la civilisation européenne elle-même : c’est là pain-béni pour les communistes, trotskystes et autres altermondialistes, la haine secrète qu’ils vouent à l’occident constituant le plus souvent leur motivation première.
Auteur : Paysan Savoyard http://www.fdesouche.com/
Parmi les courants d’idées qui contribuent à miner les fondements de la civilisation européenne, le communisme occupe une place notable.
Doctrine internationaliste, le communisme est notamment fondé sur l’idée selon laquelle la ligne de fracture véritable n’oppose pas les nations entre elles, mais bien les classes sociales : la lutte des exploités et des exploiteurs transcende les frontières nationales et doit conduire à l’internationalisme prolétarien. Le communisme dès lors ne se préoccupe pas des intérêts nationaux : la nation apparaît au contraire comme un obstacle à la réalisation de son projet messianique.
La conception communiste débouchait, au temps de la guerre froide, sur une hostilité de principe envers l’occident, dirigé par les exploiteurs, et sur un appui indéfectible apporté au camp anti occidental (l’URSS, le tiers-monde), censé lui représenter les prolétaires. Le bloc soviétique à disparu mais l’hostilité atavique à l’occident n’en subsiste pas moins et reste tout aussi virulente.
Elle a cependant changé de forme. La disparition de l’URSS a en effet conduit le communisme à se présenter sous une apparence rénovée et à adopter une nouvelle stratégie : « l’altermondialisme » constitue aujourd’hui le prolongement des positions traditionnelles du communisme et de l’extrême-gauche (le mouvement altermondialiste est d’ailleurs dirigé par des militants qui, pour la plupart, sont ou ont été communistes, trotskystes ou maoïstes).
Les communistes et altermondialistes européens (qui sont surtout présents en France) se donnent pour objectif de construire « une autre mondialisation », en s’appuyant sur les mouvements sociaux qui se produisent dans les différents pays. Dans cette même perspective, les altermondialistes souhaitent apporter leur appui aux gouvernements qui représentent « le camp des pauvres » : les dirigeants sud-américains sont ainsi érigés en modèles altermondialistes. Or les leaders sud-américains, à commencer par Lula, l’icône du mouvement Attac, ne sont aucunement altermondialistes : ils sont nationalistes, et se comportent comme tels. Cela ne les empêche aucunement de recevoir le soutien des altermondialistes européens.
Tandis que les altermondialistes militent contre les OGM produits par les firmes américaines, Lula, lui, est favorable au développement dans son pays des cultures transgéniques. Les altermondialistes militent contre les exportations alimentaires américaines et européennes, qui, selon eux (ils ont raison d’ailleurs sur ce point), pénalisent le développement de cultures vivrières dans les pays pauvres : Lula, lui, est favorable au libre commerce mondial, qui lui permet d’exporter massivement la viande brésilienne nourrie aux tourteaux de soja OGM. Les altermondialistes sont pacifistes et vilipendent le commerce des armes : Lula, quant à lui, achète des armes, en produit, les exporte. Le soutien que les altermondialistes apportent aux Lula et autres Morales ou Uribe pourrait apparaître dès lors comme quelque peu contradictoire et incohérent. Il n’en est rien pourtant.
Si les altermondialistes, en effet, soutiennent les dirigeants latino-américains, ce n’est pas parce que ceux-ci sont altermondialistes – ils ne le sont pas – : c’est parce qu’ils sont hostiles aux Etats-Unis. On voit par là que l’altermondialisme n’est rien d’autre qu’un nouvel avatar de l’anti-occidentalisme traditionnel des communistes.
C’est dans le même esprit que les communistes et l’extrême-gauche, rebaptisés altermondialistes, sont également hostiles à la construction européenne. Le motif officiel de leur opposition à l’Europe est l’antilibéralisme : l’Europe se construit depuis cinquante ans sur le mode libéral, affirment-ils (à juste titre sur ce point) ; renforcer la construction européenne sur les bases actuelles conforterait donc par là-même le système du libre marché. C’est pourquoi les communistes se déclarent favorables à une « autre Europe ».
Leurs proclamations antilibérales sont pourtant des prétextes : en effet les communistes et l’extrême-gauche sont en réalité hostiles au principe même de l’Europe comme puissance politique. Ils sont opposés par exemple à la construction d’une Europe fédérale dotée d’une défense et d’une politique étrangère communes : une telle Europe, en effet, deviendrait en quelque sorte une nouvelle nation, une super-nation, riche et puissante, ce que les communistes veulent précisément éviter. C’est ainsi que les responsables du mouvement communiste et altermondialiste combattent en sous-main (avec beaucoup d’autres) toutes les initiatives susceptibles de favoriser l’érection d’une « Europe puissance », qu’ils perçoivent comme une tentative de structurer et de renforcer l’aile européenne de l’alliance occidentale.
Leur internationalisme et leur anti-occidentalisme conduisent également les communistes et les altermondialistes à apporter un appui déterminé aux immigrés et au processus d’immigration lui-même. Lorsque les effets de l’immigration massive ont commencé à se faire sentir, dans le courant des années soixante-dix, le PCF a d’abord hésité : c’est ainsi que Georges Marchais, faisant écho aux préoccupations de son électorat d’alors, avait dénoncé le fait que l’immigration de travail permettait au patronat d’exercer une pression sur les salaires. On se souvient également d’un maire du Val-de-Marne faisant raser au bulldozer un centre d’hébergement d’immigrés en construction, estimant que le nombre d’étrangers résidant dans sa commune était déjà trop important.
Ces positions initiales de crispation et de défiance ont depuis longtemps laissé place à des choix exactement inverses : les communistes et l’extrême-gauche (politique et syndicale) sont devenus des militants actifs de la promotion de la « diversité » et du soutien aux immigrés.
L’effondrement électoral du PC l’a encouragé à adopter cette posture : son électorat populaire traditionnel l’ayant quitté (souvent pour le Front national, comme le montre l’analyse des résultats par bureaux de vote), les dirigeants communistes ont estimé que les immigrés pouvaient le cas échéant constituer une base électorale de substitution (et fournir également de nouvelles troupes syndicales à la CGT). Ce calcul électoral, pour l’heure sans grand effet positif pour eux, n’est cependant que l’un des facteurs ayant poussé les communistes à adopter des analyses immigrationnistes : celles-ci en effet sont avant tout une conséquence logique de leurs positions de principe internationalistes et anti occidentales.
L’extrême-gauche, cela va sans dire, n’est pas en reste dans le soutien à l’immigration : c’est ainsi que le parti trotskyste, sous son nouveau nom de NPA, vient de rendre public son programme, où figurent en bonne place la régularisation de tous les « sans-papiers » et un éloge sans retenue de la société diversifiée et multiculturelle.
Il est chaque jour plus évident que l’immigration – qui se poursuit sur un rythme effréné – constitue un risque vital pour la société française et, au-delà, pour la civilisation européenne elle-même : c’est là pain-béni pour les communistes, trotskystes et autres altermondialistes, la haine secrète qu’ils vouent à l’occident constituant le plus souvent leur motivation première.
Auteur : Paysan Savoyard http://www.fdesouche.com/
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Re: Communisme : le devoir de mémoire
Tiens Pat j'espère garnir ton disque dur de ce N° spécial
Les crimes cachés du communisme - Dossier spécial de la revue L'Histoire
Je n'ai pas lu, pas le temps, et pas envi.
Dis moi quand même si ce numéro spécial est bien où bidon.

Les crimes cachés du communisme - Dossier spécial de la revue L'Histoire
Je n'ai pas lu, pas le temps, et pas envi.
Dis moi quand même si ce numéro spécial est bien où bidon.
Le vice inhérent au capitalisme consiste en une répartition inégale des richesses.
La vertu inhérente au socialisme consiste en une égale répartition de la misère
Argumentum ad nauseam

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Re: Communisme : le devoir de mémoire
JCL31 a écrit :Tiens Pat j'espère garnir ton disque dur de ce N° spécial
Les crimes cachés du communisme - Dossier spécial de la revue L'Histoire
Je n'ai pas lu, pas le temps, et pas envi.
Dis moi quand même si ce numéro spécial est bien où bidon.
J'ai commencé à le parcourir. Il ne manque pas d'intérêt.
Merci pour le document !
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« Vae caecis ducentibus, vae caecis sequentibus !
[Malheur aux aveugles qui mènent ! Malheur aux aveugles qui suivent !] » Saint Augustin.
« On sait par quelle fatalité les grands talents sont, pour l’ordinaire, plus rivaux qu’amis ; ils croissent et brillent séparés, de peur de se faire ombrage : les moutons s’attroupent, et les lions s’isolent. » Comte A. de Rivarol.
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Re: Communisme : le devoir de mémoire
Cleo a écrit :leaderone a écrit :je ne suis pas communiste
Qui a dit que tu étais communiste?
c'est surement moi
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Re: Communisme : le devoir de mémoire
Le communisme à l’étalage
Ca y est : on reparle du communisme. Ce grand système que l’on croyait mort depuis la chute du Mur de Berlin continue à passionner les intellectuels. Il ne faut pas oublier que c’est Platon qui, le premier, a développé l’idée communiste, en s’appuyant d’ailleurs sur les réalisation sociales étonnantes de la grande rivale d’Athènes : Sparte. Education collective des enfants, discipline de fer, communisme des femmes, égalité stricte des hommes et des femmes (« ce que fait un cheval, une jument ne le fait-elle pas aussi ? » demande le Socrate platonicien avec sa légendaire sagesse). Oui, tout cela est dans Platon. Et ce n’est pas le passage de témoin manqué entre Brejnev et Gorbatchev qui va interdire aux intellectuels de cultiver le fantasme du communisme.
Cette semaine, Le Monde distribue à prix cassé le Manifeste communiste de Karl Marx. Et les intellectuels occidentaux intéressés par le sujet se sont groupés pour essayer de définir la figure du communisme, tel qu’il peut encore exister, ce que Alain Badiou, l’actuel Mentor de cette génération orpheline d’idéologie et qui ne se résigne pas à l’être, appelle prudemment « l’hypothèse communiste » ou encore (c’est le titre du recueil des conférences qui vient de paraître) « l’idée du communisme ». Il n’en faut pas davantage pour que Le Monde des Livres, sur quatre grandes pages, invoque « le spectre du communisme ». Un spectre qui trouble encore les bourgeois libéraux, il faut croire !
Au même moment, au Centre Saint Paul, Kostas Mavrakis est venu parler non pas de l’idée communiste, mais de la méthode d’analyse et d’observation proposée par Karl Marx dans Le Capital.
Dans les années Soixante, souvent, les curés, « dans leur volonté farouche de vivre et de mourir à l’avant-garde de leur siècle » (Bernanos), faisaient profession de marxisme. Mais ils isolaient la pensée idéaliste du jeune Marx (celui de l’Idéologie allemande) et ils snobaient le Capital et le Marx matérialiste, celui de la maturité. Le calcul du Père Jean-Yves Calvez, jésuite, mort le 11 janvier 2010, était simple : le matérialisme c’est mal. L’idéalisme c’est bien. Idéalisons Marx, il ne pourra que se bonifier et on en fera une référence acceptable pour les Bulletins paroissiaux en tous genres. On pourra, à travers lui glorifier l’homme et sa capacité non pas seulement à contempler le monde mais à le changer.
Calcul faux, qui a emmené l’Eglise sur les pentes glissantes de la théologie de la Libération. Ce calcul me fait irrésistiblement penser à une question posée par Charles Maurras au jeune Henri Massis qui venait le voir : « Jeune homme, qu’est-ce qui est le plus faux, le matérialisme ou l’idéalisme ? » Et Maurras de conclure sans laisser à son interlocuteur le temps de répondre : « C’est l’idéalisme, parce qu’il ment plus ». Dieu sait que l’idée du culte de l’homme a fait des ravages dans la liturgie, dans la théologie, dans les méthodes catéchétiques ! Dieu sait que cet idéalisme de gauche a fait des petits parmi les clercs, qui votent souvent pour des candidats d’ultra-gauche.
Au Centre Saint Paul, Kostas Mavrakis nous expliquait que l’idée du communisme était un leurre politique, que Marx lui-même ne l’avait jamais développé comme tel et que seul compte la méthode d’analyse et d’observation mise au point, ce matérialisme historique qui distingue partout les forces productrices (les travailleurs) et les rapports de production (le système qui fait tenir ensemble l’esclave et son maître, le seigneur et son paysan, le patron et son ouvrier).
Certes les prophéties marxistes sont toutes fausses (il n’y a pas eu de paupérisation universelle attendue par l’auteur du Capital). Mais la description qu’il donne de la vie sociale en Occident à la fin du XIXème siècle n’est pas forcément sans intérêt, empruntant d’ailleurs beaucoup aux historiens louis-philippards que sont Guizot et Augustin Thierry.
Que faut-il garder du communisme ? Surtout pas son idée, cette idée au nom de laquelle on a fait des millions de morts au cours du XXème siècle. Surtout pas cette idée qui a vidé les églises plus efficacement encore que le consumérisme sans entrailles qui s’impose aujourd’hui. Mais la méthode d’analyse et d’observation mise au point par Karl Marx reste une manière séduisante d’organiser l’empirie. Oui, c’est une sorte d’empirisme organisateur, qui fonctionne encore pourvu qu’on veuille bien observer les faits sociaux tels qu’ils sont.
Il y a trente ans encore, Jean-Paul Sartre expliquait doctement que « le marxisme est l’horizon indépassable de l’esprit humain ». Le pire ? C’est qu’il était sincère. Aujourd’hui nous en sommes réduits à un laborieux exercice d’inventaire sur l’idée et sur la méthode du marxisme, qui, il ne faut pas se le cacher, recèle quelque chose de macabre. Nous intervenons sur un système, mais c’est une intervention qui ne sauvera rien ou presque rien, une intervention post mortem, juste capable de prélever un organe ici ou là, en vue d’une greffe éventuelle.
Alain Hasso http://www.mondeetvie.com
Ca y est : on reparle du communisme. Ce grand système que l’on croyait mort depuis la chute du Mur de Berlin continue à passionner les intellectuels. Il ne faut pas oublier que c’est Platon qui, le premier, a développé l’idée communiste, en s’appuyant d’ailleurs sur les réalisation sociales étonnantes de la grande rivale d’Athènes : Sparte. Education collective des enfants, discipline de fer, communisme des femmes, égalité stricte des hommes et des femmes (« ce que fait un cheval, une jument ne le fait-elle pas aussi ? » demande le Socrate platonicien avec sa légendaire sagesse). Oui, tout cela est dans Platon. Et ce n’est pas le passage de témoin manqué entre Brejnev et Gorbatchev qui va interdire aux intellectuels de cultiver le fantasme du communisme.
Cette semaine, Le Monde distribue à prix cassé le Manifeste communiste de Karl Marx. Et les intellectuels occidentaux intéressés par le sujet se sont groupés pour essayer de définir la figure du communisme, tel qu’il peut encore exister, ce que Alain Badiou, l’actuel Mentor de cette génération orpheline d’idéologie et qui ne se résigne pas à l’être, appelle prudemment « l’hypothèse communiste » ou encore (c’est le titre du recueil des conférences qui vient de paraître) « l’idée du communisme ». Il n’en faut pas davantage pour que Le Monde des Livres, sur quatre grandes pages, invoque « le spectre du communisme ». Un spectre qui trouble encore les bourgeois libéraux, il faut croire !
Au même moment, au Centre Saint Paul, Kostas Mavrakis est venu parler non pas de l’idée communiste, mais de la méthode d’analyse et d’observation proposée par Karl Marx dans Le Capital.
Dans les années Soixante, souvent, les curés, « dans leur volonté farouche de vivre et de mourir à l’avant-garde de leur siècle » (Bernanos), faisaient profession de marxisme. Mais ils isolaient la pensée idéaliste du jeune Marx (celui de l’Idéologie allemande) et ils snobaient le Capital et le Marx matérialiste, celui de la maturité. Le calcul du Père Jean-Yves Calvez, jésuite, mort le 11 janvier 2010, était simple : le matérialisme c’est mal. L’idéalisme c’est bien. Idéalisons Marx, il ne pourra que se bonifier et on en fera une référence acceptable pour les Bulletins paroissiaux en tous genres. On pourra, à travers lui glorifier l’homme et sa capacité non pas seulement à contempler le monde mais à le changer.
Calcul faux, qui a emmené l’Eglise sur les pentes glissantes de la théologie de la Libération. Ce calcul me fait irrésistiblement penser à une question posée par Charles Maurras au jeune Henri Massis qui venait le voir : « Jeune homme, qu’est-ce qui est le plus faux, le matérialisme ou l’idéalisme ? » Et Maurras de conclure sans laisser à son interlocuteur le temps de répondre : « C’est l’idéalisme, parce qu’il ment plus ». Dieu sait que l’idée du culte de l’homme a fait des ravages dans la liturgie, dans la théologie, dans les méthodes catéchétiques ! Dieu sait que cet idéalisme de gauche a fait des petits parmi les clercs, qui votent souvent pour des candidats d’ultra-gauche.
Au Centre Saint Paul, Kostas Mavrakis nous expliquait que l’idée du communisme était un leurre politique, que Marx lui-même ne l’avait jamais développé comme tel et que seul compte la méthode d’analyse et d’observation mise au point, ce matérialisme historique qui distingue partout les forces productrices (les travailleurs) et les rapports de production (le système qui fait tenir ensemble l’esclave et son maître, le seigneur et son paysan, le patron et son ouvrier).
Certes les prophéties marxistes sont toutes fausses (il n’y a pas eu de paupérisation universelle attendue par l’auteur du Capital). Mais la description qu’il donne de la vie sociale en Occident à la fin du XIXème siècle n’est pas forcément sans intérêt, empruntant d’ailleurs beaucoup aux historiens louis-philippards que sont Guizot et Augustin Thierry.
Que faut-il garder du communisme ? Surtout pas son idée, cette idée au nom de laquelle on a fait des millions de morts au cours du XXème siècle. Surtout pas cette idée qui a vidé les églises plus efficacement encore que le consumérisme sans entrailles qui s’impose aujourd’hui. Mais la méthode d’analyse et d’observation mise au point par Karl Marx reste une manière séduisante d’organiser l’empirie. Oui, c’est une sorte d’empirisme organisateur, qui fonctionne encore pourvu qu’on veuille bien observer les faits sociaux tels qu’ils sont.
Il y a trente ans encore, Jean-Paul Sartre expliquait doctement que « le marxisme est l’horizon indépassable de l’esprit humain ». Le pire ? C’est qu’il était sincère. Aujourd’hui nous en sommes réduits à un laborieux exercice d’inventaire sur l’idée et sur la méthode du marxisme, qui, il ne faut pas se le cacher, recèle quelque chose de macabre. Nous intervenons sur un système, mais c’est une intervention qui ne sauvera rien ou presque rien, une intervention post mortem, juste capable de prélever un organe ici ou là, en vue d’une greffe éventuelle.
Alain Hasso http://www.mondeetvie.com
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Re: Communisme : le devoir de mémoire
Les communistes contre la Serbie

Staline et Tito
Pour le Croato-communiste Tito, l’ennemi principal était la Serbie. Durant le premier conflit mondial, il avait combattu sur la Drina sous le drapeau austro-hongrois. Tito n’était encore que le volontaire croate Josip Broz, fidèle sujet de l’empereur.
Chef de la résistance communiste aux Allemands et à leurs alliés oustachis croates et musulmans, Tito consacra l’essentiel de ses forces à lutter, non contre ces derniers, mais contre le grand mouvement serbe de résistance du général Michailovic. Tchetniks serbes fidèles à la monarchie et partisans communistes obéissant à Tito se livrèrent alors une terrible guerre civile qui aboutit à la victoire des seconds quand, après la Conférence de Téhéran en 1943, les Alliés décidèrent de soutenir Tito contre Michailovic.
Victorieux, Tito n’eut plus qu’une obsession : conforter son pouvoir. Or, le bloc Serbe représentait un danger potentiel évident. Le parti communiste yougoslave entreprit alors de changer les rapports de force internes en redécoupant le pays et en créant six républiques, ce qui permit de dépecer la Serbie et de séparer de cette dernière des centaines de milliers de Serbes qui devinrent des minorités à l’intérieur des républiques créées pour la circonstance.
Pour affaiblir encore davantage la Serbie, les communistes fédéralisèrent cette dernière afin d’y garantir les droits des minorités alors que les minorités serbes vivant dans les cinq autres républiques n’avalent pas droit à ces garanties.
Le découpage se fit au profit de la Croatie et de la Slovénie qui reçurent d’importantes zones littorales auxquelles elles n’avaient historiquement que des droits bien artificiels. Dans le nord-est, avant la seconde guerre mondiale, les Serbes étaient largement majoritaires ; or, la situation démographique avait été bouleversée en raison du génocide subi par ces derniers lors des massacres commis par les oustachis croates et leurs alliés musulmans devenus majoritaires, les Croates se virent ainsi rattacher des réglons historiquement serbes.
Dans la réalité, la Serbie était ramenée à ses frontières de 1878, c’est-à-dire à celles qui étaient les siennes avant les guerres de libération menées contre les Turcs ! Tito alla jusqu’à tout mettre en oeuvre pour que le Kossovo, la Voïvodine et la Macédoine ne soient plus jamais des terres serbes.
C’est ainsi qu’au Kossovo où, durant la guerre, les Albanais avaient génocidé les Serbes, le pouvoir communiste de Tito interdit aux réfugiés serbes de regagner leur province.
Tito fit également annuler le plébiscite de 1918 qui avait officialisé l’union inconditionnelle de la Serbie, du Montenegro et de la Voïvodine. Il créa également une artificielle république musulmane de Bosnie-Herzégovine en ne tenant aucun compte d’une réalité politique d’importance qui était qu’en 1918 la région était majoritairement serbe.
Les zones serbes de Bosnie-Herzégovine avaient d’ailleurs proclamé leur union avec la Serbie, soit 96 communes (42 en Bosnie et 54 en Herzégovine).
Je reviendrai sur ces questions toujours occultées dans les médias. Il n’est, en effet, plus possible, au moment où nos gouvernants risquent d’entraîner nos soldats dans une guerre qui ne nous concerne pas, de continuer de raisonner par automatismes.
par Bernard Lugan (12 juillet 1995) Texte publié dans Le Libre Journal n°73.

Staline et Tito
Pour le Croato-communiste Tito, l’ennemi principal était la Serbie. Durant le premier conflit mondial, il avait combattu sur la Drina sous le drapeau austro-hongrois. Tito n’était encore que le volontaire croate Josip Broz, fidèle sujet de l’empereur.
Chef de la résistance communiste aux Allemands et à leurs alliés oustachis croates et musulmans, Tito consacra l’essentiel de ses forces à lutter, non contre ces derniers, mais contre le grand mouvement serbe de résistance du général Michailovic. Tchetniks serbes fidèles à la monarchie et partisans communistes obéissant à Tito se livrèrent alors une terrible guerre civile qui aboutit à la victoire des seconds quand, après la Conférence de Téhéran en 1943, les Alliés décidèrent de soutenir Tito contre Michailovic.
Victorieux, Tito n’eut plus qu’une obsession : conforter son pouvoir. Or, le bloc Serbe représentait un danger potentiel évident. Le parti communiste yougoslave entreprit alors de changer les rapports de force internes en redécoupant le pays et en créant six républiques, ce qui permit de dépecer la Serbie et de séparer de cette dernière des centaines de milliers de Serbes qui devinrent des minorités à l’intérieur des républiques créées pour la circonstance.
Pour affaiblir encore davantage la Serbie, les communistes fédéralisèrent cette dernière afin d’y garantir les droits des minorités alors que les minorités serbes vivant dans les cinq autres républiques n’avalent pas droit à ces garanties.
Le découpage se fit au profit de la Croatie et de la Slovénie qui reçurent d’importantes zones littorales auxquelles elles n’avaient historiquement que des droits bien artificiels. Dans le nord-est, avant la seconde guerre mondiale, les Serbes étaient largement majoritaires ; or, la situation démographique avait été bouleversée en raison du génocide subi par ces derniers lors des massacres commis par les oustachis croates et leurs alliés musulmans devenus majoritaires, les Croates se virent ainsi rattacher des réglons historiquement serbes.
Dans la réalité, la Serbie était ramenée à ses frontières de 1878, c’est-à-dire à celles qui étaient les siennes avant les guerres de libération menées contre les Turcs ! Tito alla jusqu’à tout mettre en oeuvre pour que le Kossovo, la Voïvodine et la Macédoine ne soient plus jamais des terres serbes.
C’est ainsi qu’au Kossovo où, durant la guerre, les Albanais avaient génocidé les Serbes, le pouvoir communiste de Tito interdit aux réfugiés serbes de regagner leur province.
Tito fit également annuler le plébiscite de 1918 qui avait officialisé l’union inconditionnelle de la Serbie, du Montenegro et de la Voïvodine. Il créa également une artificielle république musulmane de Bosnie-Herzégovine en ne tenant aucun compte d’une réalité politique d’importance qui était qu’en 1918 la région était majoritairement serbe.
Les zones serbes de Bosnie-Herzégovine avaient d’ailleurs proclamé leur union avec la Serbie, soit 96 communes (42 en Bosnie et 54 en Herzégovine).
Je reviendrai sur ces questions toujours occultées dans les médias. Il n’est, en effet, plus possible, au moment où nos gouvernants risquent d’entraîner nos soldats dans une guerre qui ne nous concerne pas, de continuer de raisonner par automatismes.
par Bernard Lugan (12 juillet 1995) Texte publié dans Le Libre Journal n°73.
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Re: Communisme : le devoir de mémoire
Nazisme et communisme : la parenté des totalitarismes
Qu'ils divinisent la race ou la classe, les deux grands totalitarismes du XXe siècle présentent de nombreuses similitudes.
Une lectrice nous écrit qu'elle ne comprend pas notre « obstination à confondre dans l'horreur Hitler et le couple Lénine-Staline. » Du point de vue religieux, écrit-elle, « le communisme a été condamné de la façon la plus sévère (intrinsèquement pervers) par l'encyclique Divini Redemptoris, alors que l'encyclique Mit Brennender Sorge fait seulement état d'une grande inquiétude. Enfin l'on sait qu'en Allemagne durant cette époque furent construites 250 églises ; en URSS beaucoup plus furent détruites. »
Il n'y a cependant pas lieu de considérer que l'un ou l'autre des ces deux totalitarismes se soit montré plus favorable au christianisme que l'autre. Condamnés par Pie XI à deux jours d'intervalle, les 19 et 21 mars 1937, communisme et nazisme se ressemblent en effet comme des frères ennemis. Il suffit de relire l'encyclique Mit Brennender Sorge pour se rendre compte que la différence de ton évoquée par notre lectrice est dictée par la nécessité de ménager les catholiques allemands - le problème ne se posant évidemment pas dans les mêmes termes en Russie.
« Nous avons pesé chacun des mots de cette lettre à la balance de la vérité, et de l'amour aussi. Nous ne voulions, ni par un silence inopportun devenir complice de l'équivoque, ni par trop de sévérité exposer à l'endurcissement le cœur d'aucun de ceux qui vivent sous Notre responsabilité de Pasteur et auxquels Notre amour de Pasteur ne s'applique pas moins du fait que, pour l'heure, ils se fourvoient dans les chemins de l'erreur et de l'infidélité », écrit le pape. Cette erreur et cette infidélité sont clairement désignées : « Quiconque prend la race, ou le peuple, ou l'État, ou la forme de l'État, ou les dépositaires du pouvoir, ou toute autre valeur fondamentale de la communauté humaine - toutes choses qui tiennent dans l'ordre terrestre une place nécessaire et honorable,- quiconque prend ces notions pour les retirer de cette échelle de valeurs, même religieuses, et les divinise par un culte idolâtrique, celui-là renverse et fausse l'ordre des choses créé et ordonné par Dieu : celui-là est loin de la vraie foi en Dieu et d'une conception de la vie répondant à cette foi. »
Il faudrait être aveugle pour ne pas voir que la race est bien divinisée dans Mein Kampf « La conception raciste, écrit Hitler, répond à la volonté la plus profonde de la nature, quand elle rétablit ce libre jeu des forces qui doit amener le progrès par la sélection. Un jour ainsi une humanité meilleure, ayant conquis ce monde, verra s'ouvrir librement à elle tous les domaines de l'activité. » Pour lui, l'Aryen est « le prométhée de l'humanité ».
S'il parait ménager l'Eglise, c'est pour mieux la ruiner, convaincu qu'elle s'écroulera d'elle-même. Au demeurant, les précautions qui prévalent en Allemagne ne concernent pas la slave Pologne, par exemple, où les églises sont fermées et le culte catholique interdit dans une large partie du pays. Les persécutions contre l'Eglise polonaise coïncident avec la destruction des élites nationales (les Soviétiques s'employant à la même tâche, à Katyn notamment). 4 évêques, 1996 prêtres, 113 clercs, 238 religieuses sont assassinés, et 3 642 prêtres, 389 clercs, 341 religieux, 1117 religieuses déportés.
Face à ces exactions, Pie XII observe la même prudence que devant la persécution des Juifs, pour la même raison : éviter d'aggraver la persécution. Le pape garde présent à l'esprit l'exemple de la Hollande, où la dénonciation par les églises catholique et protestantes des mesures prises contre les Juifs a eu pour immédiate conséquence la déportation des Israélites convertis au christianisme - parmi lesquels Edith Stein - et de nombreux Juifs, jusqu'alors cachés par les ordres religieux.
Si l'on compare les deux totalitarismes, rouge et brun, plusieurs similitudes sautent aux yeux. L'un et l'autre, comme l'a souligné Alain Besançon, ont projeté de fonder « un régime nouveau et un homme nouveau, par n'importe quels moyens ». Côté brun, cet homme nouveau est l' Aryen, et l'adversaire se présente sous les traits de l'ennemi de race ; côté rouge, l'homme nouveau est le Prolétaire et son adversaire un ennemi de classe. Dans l'un et l'autre cas, la régénération du monde passe par leur élimination.
Les deux systèmes se rendent coupables de génocide. A cet égard, cependant, la persécution du peuple juif par les nazis est unique en ce qu'elle frappe le peuple de l'ancienne Alliance, celui qui fut élu par Dieu pour accueillir l'Incarnation de Son Fils. A terme, il n'était d'ailleurs pas possible pour le nazisme de tolérer le christianisme, religion fondée par un Juif. C'est ce que disait déjà, dans le Mythe du XXe siècle, Alfred Rosenberg, théoricien du nazisme et ce que devaient confirmer des dignitaires du régime comme Himmler : « Nous n'aurons pas de repos avant d'avoir détruit le christianisme », ou Bormann : « Le national-socialisme et le christianisme sont incompatibles » .
C'est aussi ce que constatait le cardinal Ratzinger en 1996 : « II est important que l'Holocauste n'ait pas été commis par des chrétiens et au nom du Christ, mais par des anti-chrétiens et aussi comme phase préalable à l'extermination du christianisme. »
Une autre ressemblance entre le nazisme et le communisme tient au rapport au Mal de Hitler et de Staline. On sait que ce dernier, ancien séminariste, s'adonnait à l'occultisme. Quant à Hitler, Benoît XVI observe dans Voici quel est notre Dieu : « On ne peut certainement pas dire que Hitler était le diable : il était un homme. Mais il existe des rapports crédibles de témoins oculaires affirmant qu'il avait des sortes de rencontres démoniaques et qu'il disait en tremblant : "Il était de nouveau là" ou d'autres expressions semblables. Nous ne pouvons pas en savoir plus. Il était toutefois, d'une manière ou d'une autre, profondément ancré dans le démoniaque. Je crois qu'on le voit à la façon dont il exerçait le pouvoir et à la mesure de la terreur et du malheur qu'il a provoqués. »
Reste que le mal n'est pas mort avec le nazisme - moins encore avec le communisme, toujours vivant. Et notre monde moderne, confortable et aseptisé, en favorisant l'avortement, la recherche sur les embryons et l'eugénisme, participe lui aussi de la culture de mort.
Eric Letty monde et vie 13 mars 2010
Qu'ils divinisent la race ou la classe, les deux grands totalitarismes du XXe siècle présentent de nombreuses similitudes.
Une lectrice nous écrit qu'elle ne comprend pas notre « obstination à confondre dans l'horreur Hitler et le couple Lénine-Staline. » Du point de vue religieux, écrit-elle, « le communisme a été condamné de la façon la plus sévère (intrinsèquement pervers) par l'encyclique Divini Redemptoris, alors que l'encyclique Mit Brennender Sorge fait seulement état d'une grande inquiétude. Enfin l'on sait qu'en Allemagne durant cette époque furent construites 250 églises ; en URSS beaucoup plus furent détruites. »
Il n'y a cependant pas lieu de considérer que l'un ou l'autre des ces deux totalitarismes se soit montré plus favorable au christianisme que l'autre. Condamnés par Pie XI à deux jours d'intervalle, les 19 et 21 mars 1937, communisme et nazisme se ressemblent en effet comme des frères ennemis. Il suffit de relire l'encyclique Mit Brennender Sorge pour se rendre compte que la différence de ton évoquée par notre lectrice est dictée par la nécessité de ménager les catholiques allemands - le problème ne se posant évidemment pas dans les mêmes termes en Russie.
« Nous avons pesé chacun des mots de cette lettre à la balance de la vérité, et de l'amour aussi. Nous ne voulions, ni par un silence inopportun devenir complice de l'équivoque, ni par trop de sévérité exposer à l'endurcissement le cœur d'aucun de ceux qui vivent sous Notre responsabilité de Pasteur et auxquels Notre amour de Pasteur ne s'applique pas moins du fait que, pour l'heure, ils se fourvoient dans les chemins de l'erreur et de l'infidélité », écrit le pape. Cette erreur et cette infidélité sont clairement désignées : « Quiconque prend la race, ou le peuple, ou l'État, ou la forme de l'État, ou les dépositaires du pouvoir, ou toute autre valeur fondamentale de la communauté humaine - toutes choses qui tiennent dans l'ordre terrestre une place nécessaire et honorable,- quiconque prend ces notions pour les retirer de cette échelle de valeurs, même religieuses, et les divinise par un culte idolâtrique, celui-là renverse et fausse l'ordre des choses créé et ordonné par Dieu : celui-là est loin de la vraie foi en Dieu et d'une conception de la vie répondant à cette foi. »
Il faudrait être aveugle pour ne pas voir que la race est bien divinisée dans Mein Kampf « La conception raciste, écrit Hitler, répond à la volonté la plus profonde de la nature, quand elle rétablit ce libre jeu des forces qui doit amener le progrès par la sélection. Un jour ainsi une humanité meilleure, ayant conquis ce monde, verra s'ouvrir librement à elle tous les domaines de l'activité. » Pour lui, l'Aryen est « le prométhée de l'humanité ».
S'il parait ménager l'Eglise, c'est pour mieux la ruiner, convaincu qu'elle s'écroulera d'elle-même. Au demeurant, les précautions qui prévalent en Allemagne ne concernent pas la slave Pologne, par exemple, où les églises sont fermées et le culte catholique interdit dans une large partie du pays. Les persécutions contre l'Eglise polonaise coïncident avec la destruction des élites nationales (les Soviétiques s'employant à la même tâche, à Katyn notamment). 4 évêques, 1996 prêtres, 113 clercs, 238 religieuses sont assassinés, et 3 642 prêtres, 389 clercs, 341 religieux, 1117 religieuses déportés.
Face à ces exactions, Pie XII observe la même prudence que devant la persécution des Juifs, pour la même raison : éviter d'aggraver la persécution. Le pape garde présent à l'esprit l'exemple de la Hollande, où la dénonciation par les églises catholique et protestantes des mesures prises contre les Juifs a eu pour immédiate conséquence la déportation des Israélites convertis au christianisme - parmi lesquels Edith Stein - et de nombreux Juifs, jusqu'alors cachés par les ordres religieux.
Si l'on compare les deux totalitarismes, rouge et brun, plusieurs similitudes sautent aux yeux. L'un et l'autre, comme l'a souligné Alain Besançon, ont projeté de fonder « un régime nouveau et un homme nouveau, par n'importe quels moyens ». Côté brun, cet homme nouveau est l' Aryen, et l'adversaire se présente sous les traits de l'ennemi de race ; côté rouge, l'homme nouveau est le Prolétaire et son adversaire un ennemi de classe. Dans l'un et l'autre cas, la régénération du monde passe par leur élimination.
Les deux systèmes se rendent coupables de génocide. A cet égard, cependant, la persécution du peuple juif par les nazis est unique en ce qu'elle frappe le peuple de l'ancienne Alliance, celui qui fut élu par Dieu pour accueillir l'Incarnation de Son Fils. A terme, il n'était d'ailleurs pas possible pour le nazisme de tolérer le christianisme, religion fondée par un Juif. C'est ce que disait déjà, dans le Mythe du XXe siècle, Alfred Rosenberg, théoricien du nazisme et ce que devaient confirmer des dignitaires du régime comme Himmler : « Nous n'aurons pas de repos avant d'avoir détruit le christianisme », ou Bormann : « Le national-socialisme et le christianisme sont incompatibles » .
C'est aussi ce que constatait le cardinal Ratzinger en 1996 : « II est important que l'Holocauste n'ait pas été commis par des chrétiens et au nom du Christ, mais par des anti-chrétiens et aussi comme phase préalable à l'extermination du christianisme. »
Une autre ressemblance entre le nazisme et le communisme tient au rapport au Mal de Hitler et de Staline. On sait que ce dernier, ancien séminariste, s'adonnait à l'occultisme. Quant à Hitler, Benoît XVI observe dans Voici quel est notre Dieu : « On ne peut certainement pas dire que Hitler était le diable : il était un homme. Mais il existe des rapports crédibles de témoins oculaires affirmant qu'il avait des sortes de rencontres démoniaques et qu'il disait en tremblant : "Il était de nouveau là" ou d'autres expressions semblables. Nous ne pouvons pas en savoir plus. Il était toutefois, d'une manière ou d'une autre, profondément ancré dans le démoniaque. Je crois qu'on le voit à la façon dont il exerçait le pouvoir et à la mesure de la terreur et du malheur qu'il a provoqués. »
Reste que le mal n'est pas mort avec le nazisme - moins encore avec le communisme, toujours vivant. Et notre monde moderne, confortable et aseptisé, en favorisant l'avortement, la recherche sur les embryons et l'eugénisme, participe lui aussi de la culture de mort.
Eric Letty monde et vie 13 mars 2010
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« Vae caecis ducentibus, vae caecis sequentibus !
[Malheur aux aveugles qui mènent ! Malheur aux aveugles qui suivent !] » Saint Augustin.
« On sait par quelle fatalité les grands talents sont, pour l’ordinaire, plus rivaux qu’amis ; ils croissent et brillent séparés, de peur de se faire ombrage : les moutons s’attroupent, et les lions s’isolent. » Comte A. de Rivarol.
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Re: Communisme : le devoir de mémoire
Quand les Tchétchènes combattaient les partisans blancs aux côtés des bolcheviks
En 1917, dans l’Europe ravagée depuis trois ans par la Grande Tuerie, éclate la révolution bolchevique financée entre autres par la "Deutsche Connexion Bank" d’Israël Lazarevitch Helphand, dit "Parvus", et Jacob Fürstenberg, dit Yakov Ganetsky.
Ces deux personnages sont les intermédiaires entre l’Allemagne et les islamistes du Comité Union et Progrès qui ont pris le pouvoir à Constantinople le 23 juillet 1908 qui finira, au nom du "Djihad", par entraîner l’Empire osmanli aux côtés de l’Allemagne dans la guerre contre les pays de l’Entente.
L’objectif des forces que représentent Parvus et Ganetsky est à l’évidence de détruire les empires coloniaux français, anglais, italien et russe.
De fait, le premier acte des Bolcheviks sera, le 3 mars 1918, la signature du Traité de Brest-Litovsk dont l’article IV impose aux Russes d’évacuer la Transcaucasie et l’Asie Centrale.
Aussitôt, les armées du sultan de Constantinople envahissent l’Arménie sous juridiction russe depuis 1828.
Car, non contents d’avoir, avec la complicité des Tchétchènes, assassiné trois millions d’Arméniens et de Grecs de Turquie et d’Anatolie, les islamistes de Constantinople projettent d’en faire autant en Transcaucasie.
A peine signé le traité de Batoum, l’Armée islamiste, qui, depuis le Traité de Brest-Litovsk, contrôle la partie nord de l’Iran, attaque les Russes blancs de Koltchak en Asie Centrale et ceux de Denikine dans le Nord-Caucase. Deux cent trente mille Arméniens de Transcaucasie et soixante-dix mille d’Iran sont trucidés par les Turcs, Azéris, Adjares, Tchétchènes et autres composantes de la Division Sauvage.
Israël Helphand, artisan du traité de Brest-Litovsk, Adolf Joffe, chef du département "Asie Centrale" du Comité centrai du PCUS et ambassadeur en Allemagne, Karl Sobelsohn, dit Radek, chef du département "Europe" du Commissariat aux Affaires étrangères de l’URSS, Léon Karakhan, chef du département "Orient" du même commissariat, Léon Davidovitch Bronstein, dit Trotski, et Grigori Brilliant, dit Sokolnikov, commissaire politique de l’Armée rouge, sont les responsables avérés de ce génocide conforme à la stratégie bolchevique de "l’écharpe verte" consistant à soulever les peuplades islamistes contre l’Angleterre et la France. Israël Helphand est le financier de ces bouchers ainsi qu’en témoigne un télégramme daté du 14 juillet 1917 :
« Nous avons transféré à votre nom par l’entremise de M. I. Ruchver, magistrat-instructeur, cent quatre vingt mille Marks pour vos dépenses en Finlande. La différence est à votre disposition pour l’agitation contre l’Angleterre et la France. Les lettres de Malyanik et Stelkov ... seront considérées. »
Signé : Parvus.
Dans le cadre de la même stratégie, après l’armistice de novembre 1918, la "ligue pour la révolution islamique" fut installée à Berlin et confiée à Talaat, ministre de l’intérieur de l’Empire osmanli. Responsable du génocide des Arméniens et des Grecs d’Anatolie en 1915, Talaat, réfugié dans la capitale allemande, était devenu créature de Joffe, Radek et Karakhan. Sous leur influence, la "Ligue" allait inspirer et financer toutes les révoltes musulmanes anti-occidentales de l’Entre-deux-guerres :
- la guerre menée par Atatürk en Anatolie, de 1919 à 1923, contre les Alliés afin d’empêcher l’application du Traité de Sèvres qui consacrait la reconquista de l’Anatolie par les Arméniens et les Grecs ;
- la guerre du Rif (1919-1934) menée par Abd-El-Krim contre la France et l’Espagne ;
- la guerre afghano-britannique de 1919-1923 ;
- la révolte irakienne contre les Anglais (1919-1932) ;
- la rébellion senousiste en Libye contre les Italiens (1919-1934) ;
- la révolte syrienne contre les Français (1919-1927).
C’est dans ce contexte géostratégique qu’il faut situer la guerre civile russe de 1918-1921. Exaspérés par les persécutions religieuses, le génocide entrepris par les Bolcheviks dès novembre 1917, le massacre de la famille Impériale à Iekaterinbourg et le traité scélérat de Brest-Litovsk, les Russes se révoltent sous la direction de Koltchak, Semionov, Alexeiev, Kornilov, Denikin et Ioudenitch.
En janvier 1919, les partisans blancs de Denikin sont sur le point de l’emporter. Ayant repris Vladikavkaz enlevé par les Tchétchéno-Bolcheviks aux Cosaques du Terez, libéré les bassins du Don et du Dniepr moyens, puis Voronej, Koursk, Orël, ils campent aux portes de Toula, à 250 km de Moscou.
C’est là que les partisans blancs seront poignardés dans le dos par une coalition musulmane formée en un "comité de défense" au sein duquel on trouve, alliés aux Bolcheviks, les Tchétchènes constitués en régiments de la Ch’aria et en Armée Islamique.
Le coup de poignard tchétchène dans le dos de Denikin est tragique dans ses conséquences : les Bolcheviks reprennent Orël et Voronej, Kharkov et Kiev, puis Tsaritsyne et Rostov.
Ce qui reste de l’armée blanche sera littéralement exterminé par les Tchétchènes sur la route de la Mer Noire.
Les troupes de Koltchak, quant à elles, sont repoussées par les Bolcheviks. Harcelées par les Tatars, Kirghizes et autres musulmans d’Asie Centrale, elles seront écrasées par l’Armée rouge et leur chef, trahi par la légion tchécoslovaque, sera fusillé le 7 février 1920.
Après la bolchevisation de la Transcaucasie, les Arméniens de Transcaucasie et d’Iran sont massacrés par les Turcs, les Azéris, les Tchétchènes, les Adjares, les Ingouches et les Iraniens en application du Traité de Kars (13 octobre) signé entre la Turquie et l’URSS.
C’est Jacob Fürstenberg, financier, avec Israël Helphand, de la révolution bolchevique, qui, au nom de l’Union soviétique, signa ce traité porteur de mort.
***
Aujourd’hui, les mêmes forces sont à l’oeuvre derrière les récents événements.
Les Azéris, qui ont tué au moins quarante mille Arméniens depuis 1988, agissent de concert avec les Tchétchènes en rébellion contre les Russes, les Abkhazes dressés contre la Géorgie, les Ingouches affrontés aux Ossètes et les groupes islamistes du Tadjikistan.
Cette véritable offensive musulmane généralisée contre la Russie, comparable à celle qui suivit le Traité de Brest-Litovsk, s’éclaire d’une lumière inquiétante à la lecture d’une étrange vaticination du patriarche orthodoxe de Constantlnople, Basile III, datée de septembre 1929 :
« Seul le Tsar pouvait empêcher que les prédictions ne s’accomplissent.
La bataille d’Armagueddon, le combat de l’Apocalypse, les chevaux blancs, l’Hydre à sept têtes et aux sept couronnes. L’Hydre verte !
Du sang sur la tunique blanche !
Les deux fous de Sarajevo.
Nul n’a compris que l’hydre verte avait armé le bras du Serbe.
Le cerveau est aux terres glaciales.
Si les tentacules s’étendent et se ramifient sur le monde, Sainte Russie, barrière de l’Europe, soutien de l’Eglise, si tu cèdes, les cavales de Tamerlan se baigneront aux rives de Bretagne. »
"L’Hydre verte" qui a "armé le bras du Serbe" semble faire allusion, d’une part, au fait que le revolver de Gavrilo Prinzip, qui tua l’archiduc d’Autriche-Hongrie à Sarajevo le 28 juin 1914, avait été fourni par des musulmans bosniaques ; d’autre part, à la "Société du Dragon vert", organisation occulte orientale qui disposait de deux succursales européennes : l’une à Constantinople, où se tint, en juin 1914, le congrès sionisto-islamique dont nous avons parlé dans notre article sur l’attentat de Sarajevo (Helphand-Parvus se trouvait à Constantinople à cette date), l’autre à Stockholm, siège de la banque d’Helphand et Fürstenberg, financiers de la révolution bolchevique.
Le siège central du "Dragon vert" se trouvait en Chine, où se succèderont comme ambassadeurs soviétiques, entre 1922 et 1927,... Joffe et Karakhan, signataires du Traité de Brest-Litovsk et promoteurs de la stratégie de l’"écharpe verte".
Ces deux "diplomates" appuyèrent l’action de l’agent bolchevique Michel Grüsenberg, dit Borodine, fondateur des partis communistes chinois et vietnamien et dont le secrétaire s’appelait Nguyen Tat Than, plus connu aujourd’hui sous le nom d’Ho Chi Minh.
par Xomin http://www.francecourtoise.info
En 1917, dans l’Europe ravagée depuis trois ans par la Grande Tuerie, éclate la révolution bolchevique financée entre autres par la "Deutsche Connexion Bank" d’Israël Lazarevitch Helphand, dit "Parvus", et Jacob Fürstenberg, dit Yakov Ganetsky.
Ces deux personnages sont les intermédiaires entre l’Allemagne et les islamistes du Comité Union et Progrès qui ont pris le pouvoir à Constantinople le 23 juillet 1908 qui finira, au nom du "Djihad", par entraîner l’Empire osmanli aux côtés de l’Allemagne dans la guerre contre les pays de l’Entente.
L’objectif des forces que représentent Parvus et Ganetsky est à l’évidence de détruire les empires coloniaux français, anglais, italien et russe.
De fait, le premier acte des Bolcheviks sera, le 3 mars 1918, la signature du Traité de Brest-Litovsk dont l’article IV impose aux Russes d’évacuer la Transcaucasie et l’Asie Centrale.
Aussitôt, les armées du sultan de Constantinople envahissent l’Arménie sous juridiction russe depuis 1828.
Car, non contents d’avoir, avec la complicité des Tchétchènes, assassiné trois millions d’Arméniens et de Grecs de Turquie et d’Anatolie, les islamistes de Constantinople projettent d’en faire autant en Transcaucasie.
A peine signé le traité de Batoum, l’Armée islamiste, qui, depuis le Traité de Brest-Litovsk, contrôle la partie nord de l’Iran, attaque les Russes blancs de Koltchak en Asie Centrale et ceux de Denikine dans le Nord-Caucase. Deux cent trente mille Arméniens de Transcaucasie et soixante-dix mille d’Iran sont trucidés par les Turcs, Azéris, Adjares, Tchétchènes et autres composantes de la Division Sauvage.
Israël Helphand, artisan du traité de Brest-Litovsk, Adolf Joffe, chef du département "Asie Centrale" du Comité centrai du PCUS et ambassadeur en Allemagne, Karl Sobelsohn, dit Radek, chef du département "Europe" du Commissariat aux Affaires étrangères de l’URSS, Léon Karakhan, chef du département "Orient" du même commissariat, Léon Davidovitch Bronstein, dit Trotski, et Grigori Brilliant, dit Sokolnikov, commissaire politique de l’Armée rouge, sont les responsables avérés de ce génocide conforme à la stratégie bolchevique de "l’écharpe verte" consistant à soulever les peuplades islamistes contre l’Angleterre et la France. Israël Helphand est le financier de ces bouchers ainsi qu’en témoigne un télégramme daté du 14 juillet 1917 :
« Nous avons transféré à votre nom par l’entremise de M. I. Ruchver, magistrat-instructeur, cent quatre vingt mille Marks pour vos dépenses en Finlande. La différence est à votre disposition pour l’agitation contre l’Angleterre et la France. Les lettres de Malyanik et Stelkov ... seront considérées. »
Signé : Parvus.
Dans le cadre de la même stratégie, après l’armistice de novembre 1918, la "ligue pour la révolution islamique" fut installée à Berlin et confiée à Talaat, ministre de l’intérieur de l’Empire osmanli. Responsable du génocide des Arméniens et des Grecs d’Anatolie en 1915, Talaat, réfugié dans la capitale allemande, était devenu créature de Joffe, Radek et Karakhan. Sous leur influence, la "Ligue" allait inspirer et financer toutes les révoltes musulmanes anti-occidentales de l’Entre-deux-guerres :
- la guerre menée par Atatürk en Anatolie, de 1919 à 1923, contre les Alliés afin d’empêcher l’application du Traité de Sèvres qui consacrait la reconquista de l’Anatolie par les Arméniens et les Grecs ;
- la guerre du Rif (1919-1934) menée par Abd-El-Krim contre la France et l’Espagne ;
- la guerre afghano-britannique de 1919-1923 ;
- la révolte irakienne contre les Anglais (1919-1932) ;
- la rébellion senousiste en Libye contre les Italiens (1919-1934) ;
- la révolte syrienne contre les Français (1919-1927).
C’est dans ce contexte géostratégique qu’il faut situer la guerre civile russe de 1918-1921. Exaspérés par les persécutions religieuses, le génocide entrepris par les Bolcheviks dès novembre 1917, le massacre de la famille Impériale à Iekaterinbourg et le traité scélérat de Brest-Litovsk, les Russes se révoltent sous la direction de Koltchak, Semionov, Alexeiev, Kornilov, Denikin et Ioudenitch.
En janvier 1919, les partisans blancs de Denikin sont sur le point de l’emporter. Ayant repris Vladikavkaz enlevé par les Tchétchéno-Bolcheviks aux Cosaques du Terez, libéré les bassins du Don et du Dniepr moyens, puis Voronej, Koursk, Orël, ils campent aux portes de Toula, à 250 km de Moscou.
C’est là que les partisans blancs seront poignardés dans le dos par une coalition musulmane formée en un "comité de défense" au sein duquel on trouve, alliés aux Bolcheviks, les Tchétchènes constitués en régiments de la Ch’aria et en Armée Islamique.
Le coup de poignard tchétchène dans le dos de Denikin est tragique dans ses conséquences : les Bolcheviks reprennent Orël et Voronej, Kharkov et Kiev, puis Tsaritsyne et Rostov.
Ce qui reste de l’armée blanche sera littéralement exterminé par les Tchétchènes sur la route de la Mer Noire.
Les troupes de Koltchak, quant à elles, sont repoussées par les Bolcheviks. Harcelées par les Tatars, Kirghizes et autres musulmans d’Asie Centrale, elles seront écrasées par l’Armée rouge et leur chef, trahi par la légion tchécoslovaque, sera fusillé le 7 février 1920.
Après la bolchevisation de la Transcaucasie, les Arméniens de Transcaucasie et d’Iran sont massacrés par les Turcs, les Azéris, les Tchétchènes, les Adjares, les Ingouches et les Iraniens en application du Traité de Kars (13 octobre) signé entre la Turquie et l’URSS.
C’est Jacob Fürstenberg, financier, avec Israël Helphand, de la révolution bolchevique, qui, au nom de l’Union soviétique, signa ce traité porteur de mort.
***
Aujourd’hui, les mêmes forces sont à l’oeuvre derrière les récents événements.
Les Azéris, qui ont tué au moins quarante mille Arméniens depuis 1988, agissent de concert avec les Tchétchènes en rébellion contre les Russes, les Abkhazes dressés contre la Géorgie, les Ingouches affrontés aux Ossètes et les groupes islamistes du Tadjikistan.
Cette véritable offensive musulmane généralisée contre la Russie, comparable à celle qui suivit le Traité de Brest-Litovsk, s’éclaire d’une lumière inquiétante à la lecture d’une étrange vaticination du patriarche orthodoxe de Constantlnople, Basile III, datée de septembre 1929 :
« Seul le Tsar pouvait empêcher que les prédictions ne s’accomplissent.
La bataille d’Armagueddon, le combat de l’Apocalypse, les chevaux blancs, l’Hydre à sept têtes et aux sept couronnes. L’Hydre verte !
Du sang sur la tunique blanche !
Les deux fous de Sarajevo.
Nul n’a compris que l’hydre verte avait armé le bras du Serbe.
Le cerveau est aux terres glaciales.
Si les tentacules s’étendent et se ramifient sur le monde, Sainte Russie, barrière de l’Europe, soutien de l’Eglise, si tu cèdes, les cavales de Tamerlan se baigneront aux rives de Bretagne. »
"L’Hydre verte" qui a "armé le bras du Serbe" semble faire allusion, d’une part, au fait que le revolver de Gavrilo Prinzip, qui tua l’archiduc d’Autriche-Hongrie à Sarajevo le 28 juin 1914, avait été fourni par des musulmans bosniaques ; d’autre part, à la "Société du Dragon vert", organisation occulte orientale qui disposait de deux succursales européennes : l’une à Constantinople, où se tint, en juin 1914, le congrès sionisto-islamique dont nous avons parlé dans notre article sur l’attentat de Sarajevo (Helphand-Parvus se trouvait à Constantinople à cette date), l’autre à Stockholm, siège de la banque d’Helphand et Fürstenberg, financiers de la révolution bolchevique.
Le siège central du "Dragon vert" se trouvait en Chine, où se succèderont comme ambassadeurs soviétiques, entre 1922 et 1927,... Joffe et Karakhan, signataires du Traité de Brest-Litovsk et promoteurs de la stratégie de l’"écharpe verte".
Ces deux "diplomates" appuyèrent l’action de l’agent bolchevique Michel Grüsenberg, dit Borodine, fondateur des partis communistes chinois et vietnamien et dont le secrétaire s’appelait Nguyen Tat Than, plus connu aujourd’hui sous le nom d’Ho Chi Minh.
par Xomin http://www.francecourtoise.info
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Re: Communisme : le devoir de mémoire
Guérilla dans les forêts de Lituanie
En été 1944, l’URSS occupa une seconde fois la Lituanie. Comme en 1941, commencèrent en 1945 des déportations massives de Lituaniens en Sibérie et dans d’autres régions de l’est de l’URSS, qui ont duré 7 ans. Dès 1944, une collectivisation forcée massive de la propriété privée commença. Une résistance organisée s’opposa à l’occupation, à la terreur et à la collectivisation. Durant toute la période de résistance, environ 100.000 combattants ont participé à la lutte armée. L’ampleur de la lutte a été influencée aussi par les espoirs qu’un conflit entre l’URSS et les pays occidentaux se déclencherait très vite, et ces derniers, en particulier les États-Unis, viendraient en aide à la Lituanie. Mais ces espoirs n’étaient pas réels. Les partisans ont dû lutter contre l’armée soviétique régulière. De plus, le NKVD organisait des provocations et infiltrait en masse ses agents dans les troupes des combattants. Après 1949, la résistance armée commença à s’affaiblir, cependant, elle se poursuivra jusqu’en 1953 dans ces conditions particulièrement difficiles. La résistance armée ayant eu lieu en Lituanie durant toute la décennie qui a suivi la Seconde Guerre mondiale a été probablement la plus longue en Europe, et elle a été nommée à juste titre "la guerre après la guerre". Bien que cette résistance ait été et reste inconnue en Europe occidentale, l’idée "qu’elle était justement la plus grande contribution à la civilisation du XXe siècle de l’Europe" a retenti dans les publications. Jonas Žemaitis-Vytautas, Adolfas Ramanauskas-Vanagas et Juozas Lukša-Daumantas, leaders et héros de la résistance, occupent aujourd’hui une des places les plus importantes dans le panthéon de la mémoire historique de la Lituanie.
Jusque dans les années 50, les Soviétiques ont dû mener une longue guerre anti-partisans dans les régions « libérées » de l’Ouest
Parmi les premiers mouvements de résistance antisoviétiques dans les régions d’Europe orientale occupées par l’Armée rouge, on compte surtout l’UPA ukrainienne, de loin la plus forte sur les plan du nombre et de l’armement. Mais le mouvement de résistance armée le plus solidement organisée fut sans conteste le Mouvement de résistance unitaire et démocratique de Lituanie.
L’organisation de ce mouvement ne fut certes pas une évidence. Pour l’observateur extérieur, tout mouvement de résistance apparaît comme un organe de combat cohérent, mené par une direction unique. En vérité, unité et cohérence sont des vertus bien difficiles à incarner dans les conditions d’illégalité et de persécution permanente. Les Lituaniens, eux, ont réussi le miracle de donner cohérence et unité à leur mouvement de résistance antisoviétique en 1947, après trois ans de travail préparatoire.
La direction de leur mouvement de résistance était entre les mains d’un Comité Supérieur pour la Libération de la Lituanie, dont la délégation extérieure avait son siège aux États-Unis et représentait simultanément les émigrés lituaniens. À l’intérieur du mouvement, les « combattants de la liberté », sous le commandement des forces armées de guérilleros, constituaient la troupe active, dont les effectifs comprenaient au départ 50.000 combattants ; à la fin de l’année 1948, on les estimaient encore à 20.000. Ces forces étaient subdivisées en unités d’arrondissement et en groupes, et disposaient de juridictions militaires et de cours martiales propres. C’était comme si l’armée lituanienne du Général Vincas Vitkauskas, trahie et livrée à l’Armée rouge le 15 juin 1940, était ressuscitée dans les forêts du pays, avec ses uniformes traditionnels, bien armée et disciplinée.
Les troupes soviétiques perdront 80.000 combattants
Après les Lituaniens, les Allemands constituaient le groupe national le plus important dans la composition de cette armée lituanienne de libération : leur nombre est estimé à quelque 5.000 hommes dont, apparemment, plus de 1.000 officiers, selon l’étude d’Ingo Petersen intitulée Die Waldwölfe. Unter baltischen Freiheitkämpfern 1947-1950 (Les loups de la forêt – parmi les combattants baltes de la liberté 1947-1950) et publié chez K. W. Schütz à Preussich Oldendorf en 1973. Outre des volontaires allemands, on trouvait dans les rangs lituaniens des Russes et des Biélorusses. Avec les Polonais de l’Armija Krajowa, les rapports étaient mauvais car ils avaient délibérément tué des Lituaniens affirmant leur appartenance ethnique.
Au cours des deux premières années de la seconde occupation soviétique, commencée à l’automne 1944, les partisans nationaux lituaniens ont déployé une activité très intense. Dans cette période, des combats de grande ampleur ont eu lieu, ainsi que des attaques armées, menées par des forces nombreuses, parfois de la taille d’un régiment complet doté d’artillerie légère. Lors de ces opérations, les Soviétiques avouent eux-mêmes avoir perdu 80.000 hommes ; les chiffres avancés par les Lituaniens sont plus impressionnants : on parle de plus de 180.000 soldats de l’Armée rouge perdus. Presque l’entièreté des premiers effectifs d’occupation a été détruite. Résultat de cet hécatombe : les fonctionnaires soviétiques ont été saisis d’angoisse, ce qui a entrainé de nombreuses mutations et démobilisations.
Dans un premier temps, les Soviétiques ont tenté de maîtriser la situation en optant pour un combat ouvert et frontal : ils ont dès lors renforcé leurs garnisons en les dotant d’unités mobiles, des commandos d’extermination relevant du NKVD. Les pertes lituaniennes, dues à l’action de ces unités spéciales soviétiques fortes de 80.000 hommes, se seraient élevées à 12.000 hommes, selon les chiffres avancés par l’Armée rouge. Les Lituaniens, eux, estiment avoir perdu 25.000 combattants. En dépit de ces pertes énormes, et bien que l’Armée rouge n’hésita pas à détruire d’énormes zones forestières, les Soviétiques ne parvinrent pas à briser la pugnacité des partisans lituaniens.
Vu la situation, les Soviétiques décident de changer de stratégie en 1947 et d’appliquer des méthodes indirectes, plus efficaces. C’est de cette époque que date le fameux ordre que donna le Politburo au commandant en chef des troupes de sécurité soviétiques, le Général Victor Abakoumov : le Département IX de l’Armée de la Baltique devait, si les troupes d’occupation étaient mises en danger mortel, procéder à la déportation de la population civile voire à sa liquidation physique. Si, jusqu’alors, les Soviétiques ne procédaient qu’à des arrestations individuelles au sein de certaines catégories de personnes, à partir de 1947, ils commencèrent à déporter des Lituaniens en masse, surtout dans les régions où la résistance était bien ancrée comme celles autour des villes de Vilnius et Siauliai.
Dans la région de Vilnius, 70.000 personnes furent déportées vers l’intérieur des terres russes, rien que pendant l’été 1948 ; le nombre total de Lituaniens déportés s’élève à 500.000 personnes, ce qui équivaut à environ 20% de la population de 1945. Simultanément, des groupes de colons russes tentèrent de s’installer dans les régions évacuées ; ils étaient bien armés et se montraient assez agressifs. Jusqu’en 1952, la résistance armée a réussi à les chasser des villages et des fermes isolées et abandonnées qu’ils occupaient. Il a fallu attendre l’ère Brejnev pour qu’un nombre appréciable de Russes puisse s’installer en Lituanie.
Ces attaques violentes eurent de l’effet. Les Lituaniens ont été contraints, dès 1949, à modifier les buts de leurs manœuvres et à changer de tactique. Si, jusqu’alors, le principal objectif du mouvement de résistance avait été de lutter activement contre l’occupant, il devint après 1949 de protéger la population lituanienne, de maintenir intacte sa substance, gravement menacée par les mesures prises par les Soviétiques. L’organisation s’est ainsi transformée : de formation de combat qu’elle était, elle se transforma en réseau de renseignement. L’époque des grands combats était passée mais le mouvement de résistance, en prenant à son compte de nouvelles formes de combat, réussit à infiltrer jusqu’aux plus hautes instances du pouvoir soviétique et de l’Armée rouge. Le mouvement disposait d’informations de premier plan qui lui permettait d’avertir à temps des personnes menacées et d’exercer une action dissolvante qui a contribué, en fin de compte, à mettre un terme, d’abord politique, à l’occupation soviétique.
Le combat armé entre 1949 et 1953 avait pour principale caractéristique que l’occupant, qui disposait d’un potentiel quasi inépuisable d’hommes, de matériel et d’armements, devait toujours engager des troupes fraiches dans la région pour combler les pertes dues à la lutte contre la résistance lituanienne. Il n’était pas rare de voir des combats s’engager avec, d’un côté, une trentaine de partisans lituaniens, et 800 agents du NKVD, de l’autre. Dans ce type de combat, les pertes étaient souvent d’un Lituanien contre 15 voire 30 agents du NKVD, comme en l’apprend en lisant les mémoires d’un Lituanien exilé, N. E. Suduvis (pseudonyme), publiées sous le titre de Seul, tout seul – Résistance sur le littoral baltique (New Rochelle, États-Unis, 1964).
Moscou a dû recourir à un autre moyen : détruire les forêts de Lituanie, où se cachaient les partisans nationalistes. À plusieurs reprises, les régions forestières furent soumises à des bombardements intensifs, utilisant des bombes incendiaires réduisant en cendres d’énormes territoires boisés. Vers 1953, il restait environ 2.000 partisans nationalistes lituaniens en mesure de combattre ; pour leur ôter toute base logistique, les Soviétiques déportèrent 200.000 ruraux hors du pays ; dix divisions de l’Armée rouge durent protéger le transport de cette masse en wagons à bestiaux, pour éviter que les combattants ne les libèrent en cours de route. À la fin de cette période de combat, vers l’automne 1954, 120.000 hommes du NKVD, accompagnés de chiens pisteurs, firent littéralement la chasse aux 700 à 800 partisans qui subsistaient vaille que vaille. De plus, des agents spéciaux furent infiltrés dans les unités de partisans, avec pour mission de révéler les cachettes, afin que le NKVD puissent faire usage de gaz anesthésiants et d’autres substances toxiques contre les derniers combattants, qui résistèrent véritablement jusqu’au dernier homme.
Mais le combat n’était pas encore fini….
Jusque dans les années 60, les combats se poursuivirent de manière sporadique au niveau local, principalement avec la participation de petites troupes d’assaut qui frappaient des objectifs limités et précis, perpétrant des attaques ciblées et des actions de sabotage avant de disparaître sans laisser de traces. Par vengeance, le NKVD rasa des villages entiers, incendiant des maisons abritant femmes, enfants et vieillards. Souvent, les agents spéciaux du NKVD revêtaient des uniformes lituaniens et abattaient de la manière la plus bestiale des Lituaniens innocents pour mettre ces massacres sur le compte des résistants.
Le 17 mars 1965, l’un des derniers combattants armés de la résistance lituanienne, Antanas Kraujelis, fut trahi et encerclé dans son abri souterrain. Sa situation était désespérée : il se tua afin d’échapper à la captivité. Le responsable de cette action, le Major du KGB Nakhman Douchanski s’est réfugié en Israël en 1989 ; il fut jugé par contumace mais l’État hébreu ne l’extrada pas et il mourut en exil. Le 6 juillet 1965, Pranas Koncius tombe les armes à la main. Le dernier combattant à être demeuré armé dans les forêts jusqu’en 1971 fut Benediktas Mikulis. En 1980, il fut condamné à de nombreuses années de prison. Le Commissaire du peuple à la justice de l’époque, Pranas Kuris, est devenu juge lituanien à la Cour Européenne des Droits de l’Homme en 1994, par la grâce de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. Durant l’hiver 1986, le dernier combattant lituanien de la liberté, Stasys Guiga, meurt d’une grave maladie dans une cachette secrète, poursuivi par toute une armée de sicaires, jamais découvert et invaincu.
► Christian NEKVEDAVICIUS (article paru dans Junge Freiheit, Berlin, n°4/2010 ; tr. fr. : RS).
◙ Lecture complémentaire sur notre blog : billet sur la figure du partisan.
• Bibliographie en français :
• L'opposition en URSS 1917-1967 : Les armées blanches - Trotski - Boukharine - Vlassov - Les partisans nationalistes - Les croyants - L'intelligentsia, Roland Gaucher, Albin Michel, 1967, 430 p., 1967.
• Les Français dans l'histoire de la Lituanie, Gilles Dutertre, L'Harmattan, 2009.
• Galerie-photos de Frères de la forêt.
• Films : Vent d'Est de Robert Enrico (1991, sorti en 1993, sorti en DVD) évoque la question de partisans après-guerre à travers une histoire méconnue. Vienui vieni (Utterly Alone, 2004) de Jonas Vaitkus.
http://vouloir.hautetfort.com
En été 1944, l’URSS occupa une seconde fois la Lituanie. Comme en 1941, commencèrent en 1945 des déportations massives de Lituaniens en Sibérie et dans d’autres régions de l’est de l’URSS, qui ont duré 7 ans. Dès 1944, une collectivisation forcée massive de la propriété privée commença. Une résistance organisée s’opposa à l’occupation, à la terreur et à la collectivisation. Durant toute la période de résistance, environ 100.000 combattants ont participé à la lutte armée. L’ampleur de la lutte a été influencée aussi par les espoirs qu’un conflit entre l’URSS et les pays occidentaux se déclencherait très vite, et ces derniers, en particulier les États-Unis, viendraient en aide à la Lituanie. Mais ces espoirs n’étaient pas réels. Les partisans ont dû lutter contre l’armée soviétique régulière. De plus, le NKVD organisait des provocations et infiltrait en masse ses agents dans les troupes des combattants. Après 1949, la résistance armée commença à s’affaiblir, cependant, elle se poursuivra jusqu’en 1953 dans ces conditions particulièrement difficiles. La résistance armée ayant eu lieu en Lituanie durant toute la décennie qui a suivi la Seconde Guerre mondiale a été probablement la plus longue en Europe, et elle a été nommée à juste titre "la guerre après la guerre". Bien que cette résistance ait été et reste inconnue en Europe occidentale, l’idée "qu’elle était justement la plus grande contribution à la civilisation du XXe siècle de l’Europe" a retenti dans les publications. Jonas Žemaitis-Vytautas, Adolfas Ramanauskas-Vanagas et Juozas Lukša-Daumantas, leaders et héros de la résistance, occupent aujourd’hui une des places les plus importantes dans le panthéon de la mémoire historique de la Lituanie.
Jusque dans les années 50, les Soviétiques ont dû mener une longue guerre anti-partisans dans les régions « libérées » de l’Ouest
Parmi les premiers mouvements de résistance antisoviétiques dans les régions d’Europe orientale occupées par l’Armée rouge, on compte surtout l’UPA ukrainienne, de loin la plus forte sur les plan du nombre et de l’armement. Mais le mouvement de résistance armée le plus solidement organisée fut sans conteste le Mouvement de résistance unitaire et démocratique de Lituanie.
L’organisation de ce mouvement ne fut certes pas une évidence. Pour l’observateur extérieur, tout mouvement de résistance apparaît comme un organe de combat cohérent, mené par une direction unique. En vérité, unité et cohérence sont des vertus bien difficiles à incarner dans les conditions d’illégalité et de persécution permanente. Les Lituaniens, eux, ont réussi le miracle de donner cohérence et unité à leur mouvement de résistance antisoviétique en 1947, après trois ans de travail préparatoire.
La direction de leur mouvement de résistance était entre les mains d’un Comité Supérieur pour la Libération de la Lituanie, dont la délégation extérieure avait son siège aux États-Unis et représentait simultanément les émigrés lituaniens. À l’intérieur du mouvement, les « combattants de la liberté », sous le commandement des forces armées de guérilleros, constituaient la troupe active, dont les effectifs comprenaient au départ 50.000 combattants ; à la fin de l’année 1948, on les estimaient encore à 20.000. Ces forces étaient subdivisées en unités d’arrondissement et en groupes, et disposaient de juridictions militaires et de cours martiales propres. C’était comme si l’armée lituanienne du Général Vincas Vitkauskas, trahie et livrée à l’Armée rouge le 15 juin 1940, était ressuscitée dans les forêts du pays, avec ses uniformes traditionnels, bien armée et disciplinée.
Les troupes soviétiques perdront 80.000 combattants
Après les Lituaniens, les Allemands constituaient le groupe national le plus important dans la composition de cette armée lituanienne de libération : leur nombre est estimé à quelque 5.000 hommes dont, apparemment, plus de 1.000 officiers, selon l’étude d’Ingo Petersen intitulée Die Waldwölfe. Unter baltischen Freiheitkämpfern 1947-1950 (Les loups de la forêt – parmi les combattants baltes de la liberté 1947-1950) et publié chez K. W. Schütz à Preussich Oldendorf en 1973. Outre des volontaires allemands, on trouvait dans les rangs lituaniens des Russes et des Biélorusses. Avec les Polonais de l’Armija Krajowa, les rapports étaient mauvais car ils avaient délibérément tué des Lituaniens affirmant leur appartenance ethnique.
Au cours des deux premières années de la seconde occupation soviétique, commencée à l’automne 1944, les partisans nationaux lituaniens ont déployé une activité très intense. Dans cette période, des combats de grande ampleur ont eu lieu, ainsi que des attaques armées, menées par des forces nombreuses, parfois de la taille d’un régiment complet doté d’artillerie légère. Lors de ces opérations, les Soviétiques avouent eux-mêmes avoir perdu 80.000 hommes ; les chiffres avancés par les Lituaniens sont plus impressionnants : on parle de plus de 180.000 soldats de l’Armée rouge perdus. Presque l’entièreté des premiers effectifs d’occupation a été détruite. Résultat de cet hécatombe : les fonctionnaires soviétiques ont été saisis d’angoisse, ce qui a entrainé de nombreuses mutations et démobilisations.
Dans un premier temps, les Soviétiques ont tenté de maîtriser la situation en optant pour un combat ouvert et frontal : ils ont dès lors renforcé leurs garnisons en les dotant d’unités mobiles, des commandos d’extermination relevant du NKVD. Les pertes lituaniennes, dues à l’action de ces unités spéciales soviétiques fortes de 80.000 hommes, se seraient élevées à 12.000 hommes, selon les chiffres avancés par l’Armée rouge. Les Lituaniens, eux, estiment avoir perdu 25.000 combattants. En dépit de ces pertes énormes, et bien que l’Armée rouge n’hésita pas à détruire d’énormes zones forestières, les Soviétiques ne parvinrent pas à briser la pugnacité des partisans lituaniens.
Vu la situation, les Soviétiques décident de changer de stratégie en 1947 et d’appliquer des méthodes indirectes, plus efficaces. C’est de cette époque que date le fameux ordre que donna le Politburo au commandant en chef des troupes de sécurité soviétiques, le Général Victor Abakoumov : le Département IX de l’Armée de la Baltique devait, si les troupes d’occupation étaient mises en danger mortel, procéder à la déportation de la population civile voire à sa liquidation physique. Si, jusqu’alors, les Soviétiques ne procédaient qu’à des arrestations individuelles au sein de certaines catégories de personnes, à partir de 1947, ils commencèrent à déporter des Lituaniens en masse, surtout dans les régions où la résistance était bien ancrée comme celles autour des villes de Vilnius et Siauliai.
Dans la région de Vilnius, 70.000 personnes furent déportées vers l’intérieur des terres russes, rien que pendant l’été 1948 ; le nombre total de Lituaniens déportés s’élève à 500.000 personnes, ce qui équivaut à environ 20% de la population de 1945. Simultanément, des groupes de colons russes tentèrent de s’installer dans les régions évacuées ; ils étaient bien armés et se montraient assez agressifs. Jusqu’en 1952, la résistance armée a réussi à les chasser des villages et des fermes isolées et abandonnées qu’ils occupaient. Il a fallu attendre l’ère Brejnev pour qu’un nombre appréciable de Russes puisse s’installer en Lituanie.
Ces attaques violentes eurent de l’effet. Les Lituaniens ont été contraints, dès 1949, à modifier les buts de leurs manœuvres et à changer de tactique. Si, jusqu’alors, le principal objectif du mouvement de résistance avait été de lutter activement contre l’occupant, il devint après 1949 de protéger la population lituanienne, de maintenir intacte sa substance, gravement menacée par les mesures prises par les Soviétiques. L’organisation s’est ainsi transformée : de formation de combat qu’elle était, elle se transforma en réseau de renseignement. L’époque des grands combats était passée mais le mouvement de résistance, en prenant à son compte de nouvelles formes de combat, réussit à infiltrer jusqu’aux plus hautes instances du pouvoir soviétique et de l’Armée rouge. Le mouvement disposait d’informations de premier plan qui lui permettait d’avertir à temps des personnes menacées et d’exercer une action dissolvante qui a contribué, en fin de compte, à mettre un terme, d’abord politique, à l’occupation soviétique.
Le combat armé entre 1949 et 1953 avait pour principale caractéristique que l’occupant, qui disposait d’un potentiel quasi inépuisable d’hommes, de matériel et d’armements, devait toujours engager des troupes fraiches dans la région pour combler les pertes dues à la lutte contre la résistance lituanienne. Il n’était pas rare de voir des combats s’engager avec, d’un côté, une trentaine de partisans lituaniens, et 800 agents du NKVD, de l’autre. Dans ce type de combat, les pertes étaient souvent d’un Lituanien contre 15 voire 30 agents du NKVD, comme en l’apprend en lisant les mémoires d’un Lituanien exilé, N. E. Suduvis (pseudonyme), publiées sous le titre de Seul, tout seul – Résistance sur le littoral baltique (New Rochelle, États-Unis, 1964).
Moscou a dû recourir à un autre moyen : détruire les forêts de Lituanie, où se cachaient les partisans nationalistes. À plusieurs reprises, les régions forestières furent soumises à des bombardements intensifs, utilisant des bombes incendiaires réduisant en cendres d’énormes territoires boisés. Vers 1953, il restait environ 2.000 partisans nationalistes lituaniens en mesure de combattre ; pour leur ôter toute base logistique, les Soviétiques déportèrent 200.000 ruraux hors du pays ; dix divisions de l’Armée rouge durent protéger le transport de cette masse en wagons à bestiaux, pour éviter que les combattants ne les libèrent en cours de route. À la fin de cette période de combat, vers l’automne 1954, 120.000 hommes du NKVD, accompagnés de chiens pisteurs, firent littéralement la chasse aux 700 à 800 partisans qui subsistaient vaille que vaille. De plus, des agents spéciaux furent infiltrés dans les unités de partisans, avec pour mission de révéler les cachettes, afin que le NKVD puissent faire usage de gaz anesthésiants et d’autres substances toxiques contre les derniers combattants, qui résistèrent véritablement jusqu’au dernier homme.
Mais le combat n’était pas encore fini….
Jusque dans les années 60, les combats se poursuivirent de manière sporadique au niveau local, principalement avec la participation de petites troupes d’assaut qui frappaient des objectifs limités et précis, perpétrant des attaques ciblées et des actions de sabotage avant de disparaître sans laisser de traces. Par vengeance, le NKVD rasa des villages entiers, incendiant des maisons abritant femmes, enfants et vieillards. Souvent, les agents spéciaux du NKVD revêtaient des uniformes lituaniens et abattaient de la manière la plus bestiale des Lituaniens innocents pour mettre ces massacres sur le compte des résistants.
Le 17 mars 1965, l’un des derniers combattants armés de la résistance lituanienne, Antanas Kraujelis, fut trahi et encerclé dans son abri souterrain. Sa situation était désespérée : il se tua afin d’échapper à la captivité. Le responsable de cette action, le Major du KGB Nakhman Douchanski s’est réfugié en Israël en 1989 ; il fut jugé par contumace mais l’État hébreu ne l’extrada pas et il mourut en exil. Le 6 juillet 1965, Pranas Koncius tombe les armes à la main. Le dernier combattant à être demeuré armé dans les forêts jusqu’en 1971 fut Benediktas Mikulis. En 1980, il fut condamné à de nombreuses années de prison. Le Commissaire du peuple à la justice de l’époque, Pranas Kuris, est devenu juge lituanien à la Cour Européenne des Droits de l’Homme en 1994, par la grâce de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. Durant l’hiver 1986, le dernier combattant lituanien de la liberté, Stasys Guiga, meurt d’une grave maladie dans une cachette secrète, poursuivi par toute une armée de sicaires, jamais découvert et invaincu.
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◙ Lecture complémentaire sur notre blog : billet sur la figure du partisan.
• Bibliographie en français :
• L'opposition en URSS 1917-1967 : Les armées blanches - Trotski - Boukharine - Vlassov - Les partisans nationalistes - Les croyants - L'intelligentsia, Roland Gaucher, Albin Michel, 1967, 430 p., 1967.
• Les Français dans l'histoire de la Lituanie, Gilles Dutertre, L'Harmattan, 2009.
• Galerie-photos de Frères de la forêt.
• Films : Vent d'Est de Robert Enrico (1991, sorti en 1993, sorti en DVD) évoque la question de partisans après-guerre à travers une histoire méconnue. Vienui vieni (Utterly Alone, 2004) de Jonas Vaitkus.
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Re: Communisme : le devoir de mémoire
Amnésie
Il est une catégorie de victimes dont finalement on ne parle guère, qui n'a pas ses lieux commémoratifs ni ses cérémonies de repentance officielle, ou si peu : ce sont les victimes éparses du communisme. Et c'est probablement dans cet éparpillement qu'il faut trouver une des causes de notre relative amnésie.
Pourtant les régimes communistes n'ont pas chômé en URSS, en Pologne, en Tchécoslovaquie, en Hongrie, en Bulgarie, en Roumanie, dans les pays Baltes, en Chine, au Vietnam, au Laos, au Cambodge, à Cuba, au Nicaragua, en Ethiopie, en Corée du Nord, en Angola, au Mozambique et dans bien d'autres lieux ; partout, ils ont appliqué la même recette qui consistait à refuser le droit d'existence sociale à des classes entières considérées comme des virus. Et à s'en débarrasser.
Qui étaient ces indésirables ? des aristocrates, des entrepreneurs, des professions libérales, des paysans, des chrétiens ou des juifs orthodoxes, des financiers, artistes, savants et parfois tout simplement la classe moyenne d'un pays. Plus ils étaient nombreux, moins le communisme avait de chances de s'implanter, mais en dépit de leur nombre, ils avaient une faiblesse : ils incarnaient la cible libérale sans en avoir clairement conscience, ils étaient trop disséminés et ne constituaient pas un parti, et encore moins un parti fondé sur une vision totalisante du monde. Le monde réel est toujours moins parfait que l'utopie en marche, c'est un duel inégal.
L'hypermnésie des crimes du national-socialisme est liée au caractère très singulier de ses victimes, une communauté juive aux traditions plurimillénaires qui a su intégrer cet "holocauste" à ses rites commémoratifs ; rien de comparable pour les victimes du communisme malgré leur poids démographique, il leur manque des liens charnels et spirituels similaires qui leur permettraient d'édifier les mémoriaux adéquats pour que l'on se souvienne d'elles autrement qu'avec un haussement d'épaules.
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Il est une catégorie de victimes dont finalement on ne parle guère, qui n'a pas ses lieux commémoratifs ni ses cérémonies de repentance officielle, ou si peu : ce sont les victimes éparses du communisme. Et c'est probablement dans cet éparpillement qu'il faut trouver une des causes de notre relative amnésie.
Pourtant les régimes communistes n'ont pas chômé en URSS, en Pologne, en Tchécoslovaquie, en Hongrie, en Bulgarie, en Roumanie, dans les pays Baltes, en Chine, au Vietnam, au Laos, au Cambodge, à Cuba, au Nicaragua, en Ethiopie, en Corée du Nord, en Angola, au Mozambique et dans bien d'autres lieux ; partout, ils ont appliqué la même recette qui consistait à refuser le droit d'existence sociale à des classes entières considérées comme des virus. Et à s'en débarrasser.
Qui étaient ces indésirables ? des aristocrates, des entrepreneurs, des professions libérales, des paysans, des chrétiens ou des juifs orthodoxes, des financiers, artistes, savants et parfois tout simplement la classe moyenne d'un pays. Plus ils étaient nombreux, moins le communisme avait de chances de s'implanter, mais en dépit de leur nombre, ils avaient une faiblesse : ils incarnaient la cible libérale sans en avoir clairement conscience, ils étaient trop disséminés et ne constituaient pas un parti, et encore moins un parti fondé sur une vision totalisante du monde. Le monde réel est toujours moins parfait que l'utopie en marche, c'est un duel inégal.
L'hypermnésie des crimes du national-socialisme est liée au caractère très singulier de ses victimes, une communauté juive aux traditions plurimillénaires qui a su intégrer cet "holocauste" à ses rites commémoratifs ; rien de comparable pour les victimes du communisme malgré leur poids démographique, il leur manque des liens charnels et spirituels similaires qui leur permettraient d'édifier les mémoriaux adéquats pour que l'on se souvienne d'elles autrement qu'avec un haussement d'épaules.
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Re: Communisme : le devoir de mémoire
Pat a écrit :Guérilla dans les forêts de Lituanie
[...]
S'ils ont pu le faire, pourquoi ne le pourrions-nous pas, nous aussi?
Ils étaient bien préparés et organisés, nous devons l'être.
Errare humanum est, perseverare diabolicum.
"Ce qui doit tomber, il ne faut pas le retenir. Il faut encore le pousser." Nietzsche
"Le problème de la plupart des gens n'est pas qu'ils se fixent des objectifs trop hauts,
c'est qu'ils se fixent des objectifs trop bas et qu'ils les atteignent." Léonard de Vinci
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Re: Communisme : le devoir de mémoire
Bienheureux Jerzy Popieluszko : « Mon cri était celui de ma patrie ! »
Jerzy Popieluszko n'est pas seulement un martyr. C'est le symbole du combat de l'Eglise catholique contre le totalitarisme. Il y avait près de 300 000 personnes à Varsovie le 8 juin dernier pour sa béatification par le cardinal Amato. Il y avait aussi sa maman, Marianna, et son ami Lech Walesa, le fondateur du syndicat Solidarnosc.
Quand on entre dans une église en Pologne, on trouve en général, accueillant le visiteur à la porte, un portrait du père Jerzy Popieluszko et une photo du père Maximilien Kolbe. Ce dernier a été assassiné par les nazis en 1941. Popieluszko, lui, ce sont les communistes qui l'ont torturé et tué en 1984. Tous deux expriment l'âme de la Pologne catholique et antitotalitaire.
Jerzy Popieluszko (1947-1984) est né à Okopy, petit village du nord-est de la Pologne dans une famille modeste de paysans. Parcours classique : enfant de chœur dans son village, il fait ses classes au lycée de Suchowola ; dès ses 18 ans, il entre au séminaire de Varsovie. Il sera ordonné prêtre en 1972. Détail prémonitoire : les images distribuées lors de sa première messe comportent la devise suivante : « Dieu m'envoie, pour prêcher l'Évangile et panser les plaies des cœurs blessés ».
C'est en août 1980 que le Cardinal Wyszynski, lui a demandé d'être l'aumônier des aciéries de la capitale. Pas d'autre solution pour ce jeune abbé plein de zèle que de se poser en ardent défenseur de l'idéal du nouveau Syndicat Solidarnosc. Lequel est issu des célèbres accords de Gdansk qui, le 31 août 1980, l'ont imposé aux caciques du communisme polonais, Jaruzelski et les autres, comme un syndicat chrétien, libre. Conformément à ses nouvelles fonctions, à 10h00, chaque dimanche, le Père célèbre la sainte messe pour les ouvriers de Gdansk. Il s'entretient régulièrement avec les animateurs du Syndicats qui deviennent ses amis. Il essaie de les former, en leur offrant des cours sur l'histoire de la Pologne, la littérature et la doctrine sociale de l'Eglise. Il n'hésite pas à leur proposer un apprentissage de la dynamique de groupe et de l'art de la négociation. Las ... Le 13 décembre 1981, poussé dans ses retranchements, le général Jaruzelski décrète l'état de siège. Le syndicat Solidarité est mis brutalement hors-la-loi. Qu'importe ! Le Père Popieluszko entend bien continuer son ministère auprès de ses animateurs. Alors, tous les mois, depuis cette date fatidique, il célèbre une « messe pour la patrie » dans la paroisse où il a été affecté, Saint-Stanislas-Kotska, en banlieue de Varsovie. Des milliers de personnes viennent entendre sa voix chaude. On se souvient encore de ses vibrantes homélies pour la justice sociale et le respect de la liberté et de la dignité de l'homme. Le texte de ses allocutions courageuses était enregistré par de nombreux militants sociaux-chrétiens de Solidarnosc. et diffusé par cassettes à travers toute la Pologne. Autant dire que le jeune prêtre était considéré comme un dangereux agitateur par les séides d'un régime à bout de souffle et qui commence à éprouver sa propre fragilité. Les événements se précipitent rapidement. À l'automne 1983, une liste de 69 « prêtres extrémistes » a été établie par le gouvernement du Général Jaruzelski et remise au cardinal Glemp, successeur de l'intrépide Mgr Wyszynski. Prière était faite au nouveau Primat de Pologne de faire taire ces gêneurs ensoutanés. Le Père Popieluszko figurait en bonne place sur cette liste, en compagnie, il est vrai, de deux évêques. MgrTokarczuk et Mgr Kraszewski, auxiliaire de Varsovie, et du confesseur de Lech Walesa, l'ineffable Père Jankowski.
Les 12 et 13 décembre 1983, l'Abbé Popieluszko subit deux jours de garde à vue. La police prétendait avoir découvert chez lui des armes et des explosifs, ainsi que des tracts du Syndicat interdit. La nuit suivant sa garde à vue, il échappe de justesse à un attentat, une grenade ayant explosé dans son vestibule après qu'un inconnu eut sonné à sa porte. Accusé d'« abus de sacerdoce », le jeune prêtre fut convoqué treize fois par la milice, durant les quatre premiers mois de l'année 1984. Il ne bougea pas d'un iota. Ses prêches étaient toujours repris sur des radios libres, émettant depuis l'extérieur de la Pologne. Le porte-parole du gouvernement communiste, Jerzy Urban, aujourd'hui reconverti dans la presse pornographique et anticléricale, qualifia Jerzy Popieluszko de « fanatique politique ». Il semblait que rien ne devait arrêter cette parole de liberté. Il faut organiser plus soigneusement l'élimination. Le vendredi 19 octobre à 22 heures, trois officiers de police arrêtèrent la voiture du Père Popieluszko en rase campagne, sous prétexte d'un contrôle d'alcootest. Son chauffeur parvint à s'enfuir, mais le prêtre resta entre leurs mains. À partir de là, on ne sait ce qui s'est passé avec certitude que par l'autopsie qui a été pratiquée sur son corps, retrouvé plus tard dans un lac artificiel formé par le barrage de Wloclawek, sur la Wisla à une centaine de kilomètres au nord de Varsovie. Le 27 octobre, le capitaine Grzegorz Piotrowski, identifié par le chauffeur, déclare : « C'est moi qui l'ai tué, de mes propres mains ». Il y eut procès à Torun contre les trois exécutants. Mais les commanditaires ne furent jamais retrouvés. Est-ce l'État communiste ? Est-ce une fraction dure de la police politique ? On ne le saura jamais. La peine des trois bourreaux condamnés à la perpétuité, fut bientôt réduite. Tous sont déjà sortis de prison. Mais la tombe du père Popieluszko, située à Varsovie près de l'église où il célébrait ses messes pour la patrie, est devenue un lieu de pèlerinage où se sont déjà rendus des millions de personnes qui le vénèrent comme témoin de la résistance morale et spirituelle de tout un peuple.
Claire Thomas monde et vie. 26 juin 2010
Jerzy Popieluszko n'est pas seulement un martyr. C'est le symbole du combat de l'Eglise catholique contre le totalitarisme. Il y avait près de 300 000 personnes à Varsovie le 8 juin dernier pour sa béatification par le cardinal Amato. Il y avait aussi sa maman, Marianna, et son ami Lech Walesa, le fondateur du syndicat Solidarnosc.
Quand on entre dans une église en Pologne, on trouve en général, accueillant le visiteur à la porte, un portrait du père Jerzy Popieluszko et une photo du père Maximilien Kolbe. Ce dernier a été assassiné par les nazis en 1941. Popieluszko, lui, ce sont les communistes qui l'ont torturé et tué en 1984. Tous deux expriment l'âme de la Pologne catholique et antitotalitaire.
Jerzy Popieluszko (1947-1984) est né à Okopy, petit village du nord-est de la Pologne dans une famille modeste de paysans. Parcours classique : enfant de chœur dans son village, il fait ses classes au lycée de Suchowola ; dès ses 18 ans, il entre au séminaire de Varsovie. Il sera ordonné prêtre en 1972. Détail prémonitoire : les images distribuées lors de sa première messe comportent la devise suivante : « Dieu m'envoie, pour prêcher l'Évangile et panser les plaies des cœurs blessés ».
C'est en août 1980 que le Cardinal Wyszynski, lui a demandé d'être l'aumônier des aciéries de la capitale. Pas d'autre solution pour ce jeune abbé plein de zèle que de se poser en ardent défenseur de l'idéal du nouveau Syndicat Solidarnosc. Lequel est issu des célèbres accords de Gdansk qui, le 31 août 1980, l'ont imposé aux caciques du communisme polonais, Jaruzelski et les autres, comme un syndicat chrétien, libre. Conformément à ses nouvelles fonctions, à 10h00, chaque dimanche, le Père célèbre la sainte messe pour les ouvriers de Gdansk. Il s'entretient régulièrement avec les animateurs du Syndicats qui deviennent ses amis. Il essaie de les former, en leur offrant des cours sur l'histoire de la Pologne, la littérature et la doctrine sociale de l'Eglise. Il n'hésite pas à leur proposer un apprentissage de la dynamique de groupe et de l'art de la négociation. Las ... Le 13 décembre 1981, poussé dans ses retranchements, le général Jaruzelski décrète l'état de siège. Le syndicat Solidarité est mis brutalement hors-la-loi. Qu'importe ! Le Père Popieluszko entend bien continuer son ministère auprès de ses animateurs. Alors, tous les mois, depuis cette date fatidique, il célèbre une « messe pour la patrie » dans la paroisse où il a été affecté, Saint-Stanislas-Kotska, en banlieue de Varsovie. Des milliers de personnes viennent entendre sa voix chaude. On se souvient encore de ses vibrantes homélies pour la justice sociale et le respect de la liberté et de la dignité de l'homme. Le texte de ses allocutions courageuses était enregistré par de nombreux militants sociaux-chrétiens de Solidarnosc. et diffusé par cassettes à travers toute la Pologne. Autant dire que le jeune prêtre était considéré comme un dangereux agitateur par les séides d'un régime à bout de souffle et qui commence à éprouver sa propre fragilité. Les événements se précipitent rapidement. À l'automne 1983, une liste de 69 « prêtres extrémistes » a été établie par le gouvernement du Général Jaruzelski et remise au cardinal Glemp, successeur de l'intrépide Mgr Wyszynski. Prière était faite au nouveau Primat de Pologne de faire taire ces gêneurs ensoutanés. Le Père Popieluszko figurait en bonne place sur cette liste, en compagnie, il est vrai, de deux évêques. MgrTokarczuk et Mgr Kraszewski, auxiliaire de Varsovie, et du confesseur de Lech Walesa, l'ineffable Père Jankowski.
Les 12 et 13 décembre 1983, l'Abbé Popieluszko subit deux jours de garde à vue. La police prétendait avoir découvert chez lui des armes et des explosifs, ainsi que des tracts du Syndicat interdit. La nuit suivant sa garde à vue, il échappe de justesse à un attentat, une grenade ayant explosé dans son vestibule après qu'un inconnu eut sonné à sa porte. Accusé d'« abus de sacerdoce », le jeune prêtre fut convoqué treize fois par la milice, durant les quatre premiers mois de l'année 1984. Il ne bougea pas d'un iota. Ses prêches étaient toujours repris sur des radios libres, émettant depuis l'extérieur de la Pologne. Le porte-parole du gouvernement communiste, Jerzy Urban, aujourd'hui reconverti dans la presse pornographique et anticléricale, qualifia Jerzy Popieluszko de « fanatique politique ». Il semblait que rien ne devait arrêter cette parole de liberté. Il faut organiser plus soigneusement l'élimination. Le vendredi 19 octobre à 22 heures, trois officiers de police arrêtèrent la voiture du Père Popieluszko en rase campagne, sous prétexte d'un contrôle d'alcootest. Son chauffeur parvint à s'enfuir, mais le prêtre resta entre leurs mains. À partir de là, on ne sait ce qui s'est passé avec certitude que par l'autopsie qui a été pratiquée sur son corps, retrouvé plus tard dans un lac artificiel formé par le barrage de Wloclawek, sur la Wisla à une centaine de kilomètres au nord de Varsovie. Le 27 octobre, le capitaine Grzegorz Piotrowski, identifié par le chauffeur, déclare : « C'est moi qui l'ai tué, de mes propres mains ». Il y eut procès à Torun contre les trois exécutants. Mais les commanditaires ne furent jamais retrouvés. Est-ce l'État communiste ? Est-ce une fraction dure de la police politique ? On ne le saura jamais. La peine des trois bourreaux condamnés à la perpétuité, fut bientôt réduite. Tous sont déjà sortis de prison. Mais la tombe du père Popieluszko, située à Varsovie près de l'église où il célébrait ses messes pour la patrie, est devenue un lieu de pèlerinage où se sont déjà rendus des millions de personnes qui le vénèrent comme témoin de la résistance morale et spirituelle de tout un peuple.
Claire Thomas monde et vie. 26 juin 2010
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Re: Communisme : le devoir de mémoire
Le communisme est-il mort avec la chute du mur de Berlin ?
Le 10 novembre 1989, l'invraisemblable se produisait : le mur de Berlin était démantelé. Les pays de l'Europe de l'Est hier opprimés, recouvraient leur liberté 40 ans après l'édification du rideau de fer. Cet événement historique et émouvant tournait la page de l'Union Soviétique sans pour autant mettre fin à l'utopie communiste qui aura assassiné à ce jour, plus de 100 millions de personnes, infligé pendant 70 ans dans plusieurs pays du monde la dictature politique la plus sanglante au service du système socio-économique le plus stupidement stérile et plongé des centaines de milliers d'hommes et de femmes dans une misère et des souffrances indicibles.
Pour autant et avec du recul, le communisme a-t-il disparu avec l'ouverture du mur de Berlin et l'effondrement du système soviétique ou a-t-il procédé à une simple mutation ?
Hélas, non ! Officiellement abjuré, seulement condamné du bout des lèvres et des plumes, il règne en maître sous ses formes les plus sournoises dans notre système prétendument démocratique. Il continue de pervertir l'enseignement, d'infester l'espace culturel, de terroriser l'univers médiatique. Tous ceux qui aujourd'hui les dirigent ont été, un moment ou à un autre, ou sont encore membres, sympathisants ou « compagnons de route » des différentes formes du communisme.
C'est cette complicité tacite qui les unit dans la haine de ceux qui ont combattu le communisme depuis toujours et qu'ils dénoncent calomnieusement comme «fascistes» : Nous, les combattants de la Patrie et de la liberté !
En cette période de souvenir, il est bon de rappeler quelques vérités afin que nul n'ignore ce qu'a été le communisme, les hommes qui l'ont servi, accompagné, chéri et cautionné politiquement et moralement. Les crimes du communisme ne peuvent rester impunis. Il est de l'honneur des nationaux de dénoncer le scandale qui consiste à considérer les communistes actuels comme totalement étrangers aux crimes directement liés à leur funeste idéologie. Nous ne devons plus accepter d'être sans cesse montrés du doigt par les complices idéologiques de cette folie criminelle.
Il n'y a pas plusieurs communismes comme essaient de nous le faire croire les manipulateurs médiatiques ou politiques qui tentent par ce biais de faire oublier leurs engagements passés, mais une idéologie communiste.
C'est un seul communisme qui fut incarné par une pluralité d'hommes de par le monde : Lénine, Staline, Trotsky, Brejnev, Mao, Hô Chi Minh, Pol Pot, Mengistu, Castro, mais aussi les traîtres à l'Europe que furent les chefs bolcheviques des pays asservis derrière le rideau de fer et en ce qui concerne la France, le déserteur Maurice Thorez, Jacques Duclos, Georges Marchais ou aujourd'hui le couple débonnaire Krivine-Laguiller et Robert Hue. Il n'y a qu'une idéologie communiste sanglante et criminelle.
Une idéologie sanglante ! L'idéologie n'est pas innocente dans les génocides perpétrés au nom du communisme. Staline, Mao ont tué, parce qu'ils défendaient d'abord une certaine conception de l'humanité. C'est le communisme qui est criminel par essence. C'est le communisme qui porte en lui les germes de la dictature, du totalitarisme et de l'assassinat programmé. Pour imposer leur pouvoir, les communistes, quels qu'ils soient et en tout lieu, ont toujours imposé un régime de terreur, héritier de celui mis en place par Robespierre et la Révolution française, avant d'ériger « le crime de masse comme système de gouvernement ». Les historiens sont formels, « aucune des expériences communistes, un moment populaires en Occident, n'a échappé à cette loi ».
Il ne faut pas hésiter à dire que le communisme du PCF est idéologiquement l'égal de celui des autres partis communistes. Il véhicule les mêmes mensonges, la même haine à l'égard de ses adversaires et il manipule de la même manière.
Pourquoi les crimes communistes ne font-ils pas l'actualité des rubriques historiques, ni celle des carnets judiciaires comme le font les crimes nationaux-socialistes allemands tout aussi abominables ?
Le devoir de mémoire s'exerce-t-il de façon sélective ou concerne-t-il toutes les victimes quelles que puissent être leur race, leur religion ou leurs idées ?
La notion de génocide a été établie par l'article 6c du tribunal de Nuremberg et a été précisée par la convention des Nations-Unies du 9 décembre 1948. Le nouveau Code Pénal français fait mention de crime « en raison de tout autre critère arbitraire ». Les crimes communistes répondent à cette définition.
Devrait en découler une jurisprudence sans équivoque concernant les criminels, les complices et tous ceux qui ont, par leurs écrits ou leurs actes, incité à la haine ou banalisé le génocide communiste. L'élargissement de la loi Gayssot aux crimes communistes devrait être un minimum démocratique pour notre pays, « symbole des Droits de l'Homme ».
- Le hic, c'est qu'aujourd'hui en France, il ya des communistes au gouvernement et qu'il s'est même trouvé un Premier Ministre, il est vrai ancien «trostsko», pour s'enorgueillir de leur présence dans son gouvernement !
- Le hic, c'est qu'aujourd'hui en France, des personnalités, des écrivains, des acteurs, des professeurs se vantent, toute honte bue, de leur passé d'ancien communiste, trotskiste, maoïste et même d'avoir participé à la guerre d'Algérie aux côtés du FLN sans risquer la moindre poursuite !
- Le hic, c'est qu'aujourd'hui en France, les communistes sont chouchoutés, protégés et peuvent se pavaner à la télévision, dans les manifestations publiques, sans soulever la moindre protestation ! C'est ainsi qu'ils peuvent impunément animer les milices de guerre civile de «Ras le Front» et du SCALP.
Et pourtant, si le nazisme a été une idéologie abominable et mortifère, le communisme le rejoint en tous points. Par les moyens de destruction mis en œuvre, par les plans d'éradication de certaines populations et par une haine farouche de tout ce qui est «autre», le communisme est le frère aîné du national-socialisme.
Entre les deux, il n'y a pas de différence de nature. Les nazis perpétraient leurs crimes au nom de la pureté de la race, les communistes au nom de la lutte des classes. Les nationaux-socialistes, leurs serviteurs, leurs complices ont été condamnés et châtiés pour leurs crimes et aujourd'hui encore, cinquante-quatre ans après la seconde guerre mondiale, certains doivent se justifier pour leurs comportements passés.
- Mais à ce jour, quel communiste a été jugé ?
- Quel «collabo» du communisme a été poursuivi pour complicité de crime ?
- Quel dignitaire du PCF a dû répondre des soutiens qu'il a apportés aux dictatures communistes, ou des avantages qu'il a reçus de celles-ci ?
Aucun, ni personne !
Il est vrai qu'en France, c'est une grande partie de l'intelligentsia et de l'établissement qui serait ainsi poursuivie.
Le communisme a muté en soi-disant antifascisme militant afin de mieux cacher sa filiation criminelle et son intention totalitaire. L'antifascisme est devenu pour les anciens compagnons de route de l'ordre rouge un véritable label qui leur a permis de cristalliser le combat politique sur un danger (le fascisme) qui n'existe pas en France. Le terrorisme intellectuel qu'ils font régner sur la vie politique suffit à démontrer leur pensée totalitaire et antidémocratique.
Il est de l'honneur des nationaux de répondre aux manipulateurs professionnels et de dénoncer un certain nombre de responsabilités dans des crimes restés jusqu'ici impunis et dans ce qu'il faut bien appeler un « révisionnisme rouge ».
C'est un devoir de justice pour toutes les victimes françaises du communisme et de ses avatars. Des soldats français suppliciés, torturés et assassinés par l'ignoble Boudarel et ses complices, à nos frères Pieds-noirs et Harkis lâchement abandonnés à la folie criminelle du FLN, la liste des victimes est bien trop longue pour ne pas contre-attaquer.
C'est aussi résister à l'idéologie perverse de l'antiracisme qui aujourd'hui en France restreint sans cesse les libertés d'opinion, de penser et d'agir. La droite molle en subissant les brimades de la gauche arrogante et en servant la pensée unique a déserté ce combat essentiel pour la sauvegarde de notre liberté et de notre identité.
La chute du mur de Berlin n'a été finalement qu'un épisode dans la lutte anti-communiste que nous menons. Poursuivons le combat pour la vérité, la liberté et la justice. Notre avenir en dépend !
par Jean-Marie Le Pen Président du FN Député européen
Français d'abord ! - 2' quinzaine novembre 1999
Le 10 novembre 1989, l'invraisemblable se produisait : le mur de Berlin était démantelé. Les pays de l'Europe de l'Est hier opprimés, recouvraient leur liberté 40 ans après l'édification du rideau de fer. Cet événement historique et émouvant tournait la page de l'Union Soviétique sans pour autant mettre fin à l'utopie communiste qui aura assassiné à ce jour, plus de 100 millions de personnes, infligé pendant 70 ans dans plusieurs pays du monde la dictature politique la plus sanglante au service du système socio-économique le plus stupidement stérile et plongé des centaines de milliers d'hommes et de femmes dans une misère et des souffrances indicibles.
Pour autant et avec du recul, le communisme a-t-il disparu avec l'ouverture du mur de Berlin et l'effondrement du système soviétique ou a-t-il procédé à une simple mutation ?
Hélas, non ! Officiellement abjuré, seulement condamné du bout des lèvres et des plumes, il règne en maître sous ses formes les plus sournoises dans notre système prétendument démocratique. Il continue de pervertir l'enseignement, d'infester l'espace culturel, de terroriser l'univers médiatique. Tous ceux qui aujourd'hui les dirigent ont été, un moment ou à un autre, ou sont encore membres, sympathisants ou « compagnons de route » des différentes formes du communisme.
C'est cette complicité tacite qui les unit dans la haine de ceux qui ont combattu le communisme depuis toujours et qu'ils dénoncent calomnieusement comme «fascistes» : Nous, les combattants de la Patrie et de la liberté !
En cette période de souvenir, il est bon de rappeler quelques vérités afin que nul n'ignore ce qu'a été le communisme, les hommes qui l'ont servi, accompagné, chéri et cautionné politiquement et moralement. Les crimes du communisme ne peuvent rester impunis. Il est de l'honneur des nationaux de dénoncer le scandale qui consiste à considérer les communistes actuels comme totalement étrangers aux crimes directement liés à leur funeste idéologie. Nous ne devons plus accepter d'être sans cesse montrés du doigt par les complices idéologiques de cette folie criminelle.
Il n'y a pas plusieurs communismes comme essaient de nous le faire croire les manipulateurs médiatiques ou politiques qui tentent par ce biais de faire oublier leurs engagements passés, mais une idéologie communiste.
C'est un seul communisme qui fut incarné par une pluralité d'hommes de par le monde : Lénine, Staline, Trotsky, Brejnev, Mao, Hô Chi Minh, Pol Pot, Mengistu, Castro, mais aussi les traîtres à l'Europe que furent les chefs bolcheviques des pays asservis derrière le rideau de fer et en ce qui concerne la France, le déserteur Maurice Thorez, Jacques Duclos, Georges Marchais ou aujourd'hui le couple débonnaire Krivine-Laguiller et Robert Hue. Il n'y a qu'une idéologie communiste sanglante et criminelle.
Une idéologie sanglante ! L'idéologie n'est pas innocente dans les génocides perpétrés au nom du communisme. Staline, Mao ont tué, parce qu'ils défendaient d'abord une certaine conception de l'humanité. C'est le communisme qui est criminel par essence. C'est le communisme qui porte en lui les germes de la dictature, du totalitarisme et de l'assassinat programmé. Pour imposer leur pouvoir, les communistes, quels qu'ils soient et en tout lieu, ont toujours imposé un régime de terreur, héritier de celui mis en place par Robespierre et la Révolution française, avant d'ériger « le crime de masse comme système de gouvernement ». Les historiens sont formels, « aucune des expériences communistes, un moment populaires en Occident, n'a échappé à cette loi ».
Il ne faut pas hésiter à dire que le communisme du PCF est idéologiquement l'égal de celui des autres partis communistes. Il véhicule les mêmes mensonges, la même haine à l'égard de ses adversaires et il manipule de la même manière.
Pourquoi les crimes communistes ne font-ils pas l'actualité des rubriques historiques, ni celle des carnets judiciaires comme le font les crimes nationaux-socialistes allemands tout aussi abominables ?
Le devoir de mémoire s'exerce-t-il de façon sélective ou concerne-t-il toutes les victimes quelles que puissent être leur race, leur religion ou leurs idées ?
La notion de génocide a été établie par l'article 6c du tribunal de Nuremberg et a été précisée par la convention des Nations-Unies du 9 décembre 1948. Le nouveau Code Pénal français fait mention de crime « en raison de tout autre critère arbitraire ». Les crimes communistes répondent à cette définition.
Devrait en découler une jurisprudence sans équivoque concernant les criminels, les complices et tous ceux qui ont, par leurs écrits ou leurs actes, incité à la haine ou banalisé le génocide communiste. L'élargissement de la loi Gayssot aux crimes communistes devrait être un minimum démocratique pour notre pays, « symbole des Droits de l'Homme ».
- Le hic, c'est qu'aujourd'hui en France, il ya des communistes au gouvernement et qu'il s'est même trouvé un Premier Ministre, il est vrai ancien «trostsko», pour s'enorgueillir de leur présence dans son gouvernement !
- Le hic, c'est qu'aujourd'hui en France, des personnalités, des écrivains, des acteurs, des professeurs se vantent, toute honte bue, de leur passé d'ancien communiste, trotskiste, maoïste et même d'avoir participé à la guerre d'Algérie aux côtés du FLN sans risquer la moindre poursuite !
- Le hic, c'est qu'aujourd'hui en France, les communistes sont chouchoutés, protégés et peuvent se pavaner à la télévision, dans les manifestations publiques, sans soulever la moindre protestation ! C'est ainsi qu'ils peuvent impunément animer les milices de guerre civile de «Ras le Front» et du SCALP.
Et pourtant, si le nazisme a été une idéologie abominable et mortifère, le communisme le rejoint en tous points. Par les moyens de destruction mis en œuvre, par les plans d'éradication de certaines populations et par une haine farouche de tout ce qui est «autre», le communisme est le frère aîné du national-socialisme.
Entre les deux, il n'y a pas de différence de nature. Les nazis perpétraient leurs crimes au nom de la pureté de la race, les communistes au nom de la lutte des classes. Les nationaux-socialistes, leurs serviteurs, leurs complices ont été condamnés et châtiés pour leurs crimes et aujourd'hui encore, cinquante-quatre ans après la seconde guerre mondiale, certains doivent se justifier pour leurs comportements passés.
- Mais à ce jour, quel communiste a été jugé ?
- Quel «collabo» du communisme a été poursuivi pour complicité de crime ?
- Quel dignitaire du PCF a dû répondre des soutiens qu'il a apportés aux dictatures communistes, ou des avantages qu'il a reçus de celles-ci ?
Aucun, ni personne !
Il est vrai qu'en France, c'est une grande partie de l'intelligentsia et de l'établissement qui serait ainsi poursuivie.
Le communisme a muté en soi-disant antifascisme militant afin de mieux cacher sa filiation criminelle et son intention totalitaire. L'antifascisme est devenu pour les anciens compagnons de route de l'ordre rouge un véritable label qui leur a permis de cristalliser le combat politique sur un danger (le fascisme) qui n'existe pas en France. Le terrorisme intellectuel qu'ils font régner sur la vie politique suffit à démontrer leur pensée totalitaire et antidémocratique.
Il est de l'honneur des nationaux de répondre aux manipulateurs professionnels et de dénoncer un certain nombre de responsabilités dans des crimes restés jusqu'ici impunis et dans ce qu'il faut bien appeler un « révisionnisme rouge ».
C'est un devoir de justice pour toutes les victimes françaises du communisme et de ses avatars. Des soldats français suppliciés, torturés et assassinés par l'ignoble Boudarel et ses complices, à nos frères Pieds-noirs et Harkis lâchement abandonnés à la folie criminelle du FLN, la liste des victimes est bien trop longue pour ne pas contre-attaquer.
C'est aussi résister à l'idéologie perverse de l'antiracisme qui aujourd'hui en France restreint sans cesse les libertés d'opinion, de penser et d'agir. La droite molle en subissant les brimades de la gauche arrogante et en servant la pensée unique a déserté ce combat essentiel pour la sauvegarde de notre liberté et de notre identité.
La chute du mur de Berlin n'a été finalement qu'un épisode dans la lutte anti-communiste que nous menons. Poursuivons le combat pour la vérité, la liberté et la justice. Notre avenir en dépend !
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Re: Communisme : le devoir de mémoire
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Merci Pat !
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"Quand le doigt montre la lune l'imbécile regarde le doigt"
. Les forçats du gosier : écouter . Le Petit Chaperon rouge : écouter
"Quand le doigt montre la lune l'imbécile regarde le doigt"
. Les forçats du gosier : écouter . Le Petit Chaperon rouge : écouter- Pat
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Re: Communisme : le devoir de mémoire
1789 - 1917 : une Révolution peut en cacher une autre
Maître d'œuvre du Livre noir du communisme, Stéphane Courtois ne pouvait pas être absent de celui consacré à la Révolution française. Il y démontre avec rigueur les similitudes entre la révolution de 1789 et celle de 1917. La filiation entre les deux événements est tellement saisissante qu'elle pourrait porter le titre célinien « D'une révolution l'autre ».
En février 1917, la révolution russe est inaugurée par le chant de La Marseillaise. Au cours des premiers mois, elle suit une pente démocratique et constitutionnaliste. Au mois d'août, le gouvernement de Kerenski connaît une phase purement républicaine. Tout se passe relativement dans le calme.
Au mois d'octobre, tout bascule. Comme en France en octobre 1791. Le 7 novembre, Lénine pousse ses camarades, aidés de la populace, à s'emparer du Palais d'hiver, où siège le gouvernement provisoire, rééditant ainsi l'attaque des Tuileries le 10 août 1792. Il instaure un double pouvoir, légal avec l'assemblée constituante en cours de formation, et révolutionnaire avec le soutien de la rue, plagiant ainsi les Jacobins et la commune de Paris de 1792. De même que le Comité de salut public avait instauré la dictature d'un groupe d'activistes - les Jacobins -, qui avait rapidement mené à la dictature d'un seul homme - Robespierre -, Lénine instaure le Conseil des commissaires du peuple, formé des seuls bolcheviks et placé sous son contrôle de plus en plus autocratique. Comme Robespierre avait abandonné la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 pour le règne de la Vertu, Lénine proclame la Déclaration des droits du peuple travailleur abolissant les droits de l'homme en Russie. À l'image des révolutionnaires français, Lénine instaure une « démocratie totalitaire » inaugurée par la dictature du Comité de salut public : loi des suspects, tribunal révolutionnaire et terreur.
Dès sa prise de pouvoir, Lénine assimile les cosaques du Don à la Vendée de 1793. Le 24 janvier 1919, il ordonne de «décosaquiser» : « erreur massive contre les riches cosaques qui devront être exterminés et physiquement liquidés jusqu'au dernier ». Ordre qui n'est pas sans rappeler celui de la Convention contre les Vendéens. En juillet 1918, Lénine met à mort le tsar, sa famille et ses parents. Comme en France, l'assassinat est un élément majeur du déclenchement de la guerre civile nationale.
À partir de 1919, Lénine lance l'internationale communiste qui appelle à la guerre civile internationale. On trouve là un écho lointain du décret voté en 1792 par la Convention : « La nation française déclare qu'elle traitera en ennemi le peuple qui, refusant la liberté et l'égalité, vaudrait traiter avec le prince et les castes privilégiées, s'engage à ne déposer les armes qu'après raffermissement de la souveraineté et l'indépendance du peuple sur le territoire duquel les troupes de la république sont entrées, qui aura établi les principes d'égalité, et établi un gouvernement libre et populaire. »
Au nom de ce principe, l'Armée rouge pénètre en Ukraine et en Géorgie pour y instaurer la soviétisation. Staline reste sur la même ligne. Il passe de la terreur ordinaire à la grande terreur de 1937-1938 comme Robespierre était passé des massacres de septembre à la grande terreur de juin-juillet 1794.
Stéphane Courtois va très loin dans l'analogie. Il compare le fameux rapport Khrouchtchev, présenté lors du XXe congrès du Parti communiste d'Union soviétique, à une manœuvre de la Révolution française. Le 24 février 1956, il dénonce ouvertement les crimes de Staline pour redorer le blason du communisme. De la même manière, la Convention, après la chute de Robespierre dont elle avait été complice, avait organisé le procès de Carrier, l'organisateur des noyades de Nantes. Le stalinisme mis en accusation pour sauver le communisme comme la terreur avait été condamnée pour sauver la Révolution.
Nous ajouterons une analogie complémentaire : comme la Révolution française, la Révolution russe est encore glorifiée de nos jours. Malgré les crimes qu'elles ont commis et le sang qu'elles ont répandu.
Le Choc du Mois Janvier 2008
Maître d'œuvre du Livre noir du communisme, Stéphane Courtois ne pouvait pas être absent de celui consacré à la Révolution française. Il y démontre avec rigueur les similitudes entre la révolution de 1789 et celle de 1917. La filiation entre les deux événements est tellement saisissante qu'elle pourrait porter le titre célinien « D'une révolution l'autre ».
En février 1917, la révolution russe est inaugurée par le chant de La Marseillaise. Au cours des premiers mois, elle suit une pente démocratique et constitutionnaliste. Au mois d'août, le gouvernement de Kerenski connaît une phase purement républicaine. Tout se passe relativement dans le calme.
Au mois d'octobre, tout bascule. Comme en France en octobre 1791. Le 7 novembre, Lénine pousse ses camarades, aidés de la populace, à s'emparer du Palais d'hiver, où siège le gouvernement provisoire, rééditant ainsi l'attaque des Tuileries le 10 août 1792. Il instaure un double pouvoir, légal avec l'assemblée constituante en cours de formation, et révolutionnaire avec le soutien de la rue, plagiant ainsi les Jacobins et la commune de Paris de 1792. De même que le Comité de salut public avait instauré la dictature d'un groupe d'activistes - les Jacobins -, qui avait rapidement mené à la dictature d'un seul homme - Robespierre -, Lénine instaure le Conseil des commissaires du peuple, formé des seuls bolcheviks et placé sous son contrôle de plus en plus autocratique. Comme Robespierre avait abandonné la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 pour le règne de la Vertu, Lénine proclame la Déclaration des droits du peuple travailleur abolissant les droits de l'homme en Russie. À l'image des révolutionnaires français, Lénine instaure une « démocratie totalitaire » inaugurée par la dictature du Comité de salut public : loi des suspects, tribunal révolutionnaire et terreur.
Dès sa prise de pouvoir, Lénine assimile les cosaques du Don à la Vendée de 1793. Le 24 janvier 1919, il ordonne de «décosaquiser» : « erreur massive contre les riches cosaques qui devront être exterminés et physiquement liquidés jusqu'au dernier ». Ordre qui n'est pas sans rappeler celui de la Convention contre les Vendéens. En juillet 1918, Lénine met à mort le tsar, sa famille et ses parents. Comme en France, l'assassinat est un élément majeur du déclenchement de la guerre civile nationale.
À partir de 1919, Lénine lance l'internationale communiste qui appelle à la guerre civile internationale. On trouve là un écho lointain du décret voté en 1792 par la Convention : « La nation française déclare qu'elle traitera en ennemi le peuple qui, refusant la liberté et l'égalité, vaudrait traiter avec le prince et les castes privilégiées, s'engage à ne déposer les armes qu'après raffermissement de la souveraineté et l'indépendance du peuple sur le territoire duquel les troupes de la république sont entrées, qui aura établi les principes d'égalité, et établi un gouvernement libre et populaire. »
Au nom de ce principe, l'Armée rouge pénètre en Ukraine et en Géorgie pour y instaurer la soviétisation. Staline reste sur la même ligne. Il passe de la terreur ordinaire à la grande terreur de 1937-1938 comme Robespierre était passé des massacres de septembre à la grande terreur de juin-juillet 1794.
Stéphane Courtois va très loin dans l'analogie. Il compare le fameux rapport Khrouchtchev, présenté lors du XXe congrès du Parti communiste d'Union soviétique, à une manœuvre de la Révolution française. Le 24 février 1956, il dénonce ouvertement les crimes de Staline pour redorer le blason du communisme. De la même manière, la Convention, après la chute de Robespierre dont elle avait été complice, avait organisé le procès de Carrier, l'organisateur des noyades de Nantes. Le stalinisme mis en accusation pour sauver le communisme comme la terreur avait été condamnée pour sauver la Révolution.
Nous ajouterons une analogie complémentaire : comme la Révolution française, la Révolution russe est encore glorifiée de nos jours. Malgré les crimes qu'elles ont commis et le sang qu'elles ont répandu.
Le Choc du Mois Janvier 2008
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Re: Communisme : le devoir de mémoire
17 avril 1975 Les Khmers rouges vident Phnom Penh de ses habitants
Le 17 avril 1975, Phnom Penh, capitale du Cambodge, est envahie par de longues cohortes d'adolescents maigres et hagards, tout de noir vêtus et lourdement armés.
Il s'agit de l'armée des communistes cambodgiens. Surnommés quelques années plus tôt «Khmers rouges» par le roi Norodom Sihanouk, ils ont vaincu les partisans pro-américains du général et Premier ministre Lon Nol au terme d'une guerre civile de cinq ans.
Le soir même, l'«Angkar» (l'Organisation) - le Parti communiste du Kampuchea (nouveau nom du pays) - décide de vider la ville de tous ses habitants.
C'est le début d'une orgie de massacres qui va se solder par la mort violente de 1.500.000 à 2.200.000 personnes en 44 mois, jusqu'à la chute du régime, le 7 janvier 1979. En d'autres termes, 20% à 30% des 7.500.000 Cambodgiens auront été victimes de la folie meurtrière des Khmers rouges.
Il faudra attendre 1997 pour que l'ONU y voit officiellement des «actes de génocide». Le secrétaire général du parti communiste, Pol Pot, mourra l'année suivante, avant d'avoir été jugé. Douch, directeur de la sinistre prison de Tuol Sleng, a été jugé en 2010 et condamné à 30 ans de prison. Khieu Samphan, ancien chef de l'État, attend d'être jugé en 2011…
Un pays fait pour le bonheur…
Héritier d'une très riche histoire dont témoignent les ruines d'Angkor, le Cambodge a échappé à l'annexion par l'un ou l'autre de ses redoutables voisins, le Siam et le Viêt-nam, grâce au protectorat français. Le 9 novembre 1953, il obtient tranquillement son indépendance avec pour roi constitutionnel le très souriant Norodom Sihanouk.
Mais le pays est très vite gangréné par la guerre qui s'installe dans le Viêt-nam voisin et met aux prises les Nord-Vietnamiens communistes et leurs alliés vietcongs d'un côté, les Sud-Vietnamiens pro-américains de l'autre.
Une poignée d'intellectuels cambodgiens issus de la bourgeoisie découvre le marxisme lors de ses études en France, dans les années 1950.
Parmi eux, un certain Saloth Sar, né en 1928. Fils d'un riche propriétaire foncier, il est élevé près du palais par une cousine de son père membre du ballet royal avant de recevoir une bourse d'études pour la France.
De retour dans son pays natal, il enseigne le français et communique à ses élèves sa passion pour Verlaine avant de rejoindre les maquis communistes. Se faisant désormais appelé Pol Pot, il deviendra secrétaire général du Parti («Frère Numéro 1») et Premier ministre du futur Kampuchea. À ce titre, il présidera à la mise en oeuvre du génocide !
Dans les années 60, le gouvernement cambodgien fait la chasse aux communistes, en lesquels il voit non sans raison des fauteurs de troubles et des complices de l'ennemi héréditaire vietnamien. Les communistes se réfugient dans la jungle du nord-est où ils installent des maquis inexpugnables en s'appuyant sur la misérable paysannerie du cru. Ils restent toutefois très peu nombreux, à peine 4.000 au total.
À la faveur d'un voyage en Chine populaire, en 1965, à la veille de la Révolution culturelle, Pol Pot, secrétaire général du Parti communiste ou Parti du peuple khmer (Prachéachon), se renforce dans sa haine de l'Occident et de la culture moderne et urbaine. Comme Mao Zedong, il voit dans la paysannerie pauvre le fer de lance de la révolution socialiste.
… et rattrapé par le malheur
Le sort du Cambodge bascule en 1969. Jusque-là, affichant sa neutralité, le prince Sihanouk avait tenté de maintenir son pays en-dehors du conflit voisin. Mais il ne pouvait empêcher les Nord-Vietnamiens et les vietcongs de transférer armes et munitions vers les maquis communistes du Sud-Vietnam en empruntant le port cambodgien de Sihanoukville et les pistes frontalières du nord-est.
Le 14 août 1969, sous la pression américaine, le prince appelle au poste de Premier ministre le général Lon Nol, favorable à la guerre contre les communistes… et sensible à la promesse d'une aide massive de Washington. Pressé d'en découdre, Lon Nol profite d'un déplacement de Sihanouk en Chine pour le déposer le 18 mars 1970. Il instaure la République et s'en proclame président.
Faute de mieux, Norodom Sihanouk prend à Pékin la tête d'un gouvernement de coalition en exil, avec les Khmers rouges. Dans le même temps, les Américains entament le bombardement des zones frontalières du Cambodge avec l'aval de Lon Nol.
De 1970 à 1973, sous la présidence de Richard Nixon, l'US Air Force va déverser sur le Cambodge plus de bombes que sur aucun autre pays au monde. Au total plusieurs centaines de milliers de tonnes. Les bombardements redoublent même d'intensité en février-avril 1973, alors que les Vietnamiens se sont retirés du jeu après les accords de Paris.
Ces bombardements indiscriminés, comme plus tôt au Viêt-nam, comme aujourd'hui en Afghanistan, font d'innombrables victimes parmi les populations civiles. Celles-ci, remplies de haine pour l'agresseur, se détournent du camp gouvernemental et rallient les communistes.
Très vite, les troupes gouvernementales, en dépit de leur armement sophistiqué, cèdent du terrain face aux Khmers rouges. Lon Nol n'attend pas le gong final pour s'enfuir et abandonner ses partisans. C'est ainsi que Phnom Penh tombe le 17 avril 1975, deux semaines avant Saigon.
L'horreur
Les dirigeants des Khmers rouges, au nombre de quelques dizaines seulement, n'ont connu pendant dix à quinze ans que les camps de la jungle. Ils ressentent aussi beaucoup de méfiance à l'égard des communistes vietnamiens qu'ils suspectent de vouloir annexer les provinces orientales du Cambodge, peuplées de colons vietnamiens.
Ils ont pu constater aussi combien le pouvoir était fragile en 1965, lors du massacre par le général Suharto de plusieurs centaines de milliers de communistes indonésiens. Ils ressentent cette fragilité avec d'autant plus d'acuité qu'ils sont très peu nombreux et craignent d'être submergés par les cadres de l'ancien régime qui viendraient à se rallier à eux.
C'est ainsi qu'ils prennent la décision folle de faire table rase. Opposant l'«ancien peuple» (les paysans khmers pauvres) au «nouveau peuple» (les habitants des villes et les cadres pro-occidentaux), ils décident de rééduquer ces derniers et si besoin de les exterminer.
Dans les heures qui suivent leur entrée à Phnom Penh, la capitale est vidée de ses habitants et des innombrables réfugiés qui avaient fui les bombardements des années précédentes. Au total 2 millions de personnes de tous âges. Il en va de même des autres villes du pays.
Les déportés sont dirigés vers des camps de travail et de rééducation et astreints à des tâches dures et humiliantes. La nourriture est souvent réduite à deux louches d'eau de cuisson de riz par personne et par jour. La mortalité dans les camps atteint très vite des sommets.
Les rebelles et les suspects sont jetés en prison et contraints à des aveux qui leur valent une exécution rapide, généralement d'un coup de pioche sur le crâne, car il n'est pas question de gaspiller des balles.
Dans son très remarquable ouvrage, Le siècle des génocides, l'historien Bernard Bruneteau souligne que les meurtres ciblent des catégories précises. Ainsi, 4 magistrats sur un total de 550 survivront au génocide. Sont anéantis les deux tiers des fonctionnaires et policiers, les quatre cinquièmes des officiers, la moitié des diplômés du supérieur etc. Globalement, les populations citadines sont exterminées à 40% et les populations des régions les plus rurales à 10 ou 15% «seulement»…
Le doute
La plupart des Occidentaux observent le drame avec incompréhension et beaucoup d'intellectuels manifestent une jubilation dont ils se repentiront plus tard.
Il est vrai qu'au même moment, la victoire des communistes au Sud-Vietnam entraîne un autre drame, moins meurtrier mais plus spectaculaire, celui des «boat-people», réfugiés sino-vietnamiens prêts à affronter les tempêtes et les pirates sur des bateaux de fortune pour échapper au nouveau régime…
En 1978, les Vietnamiens invoquent des raisons humanitaires pour envahir le Cambodge. Le 7 janvier 1979, ils entrent à Phnom Penh cependant que Pol Pot et les Khmers rouges reprennent le chemin de la clandestinité et des maquis. Le nouveau gouvernement cambodgien, vassal du Viêt-nam, compte dans ses rangs de nombreux Khmers rouges qui ont su retourner leur veste à temps.
Pour cette raison, les Vietnamiens n'ont pas envie d'en rajouter dans la dénonciation des horreurs commises par les Khmers rouges. Les Chinois, méfiants à l'égard du Viêt-nam réunifié, trop puissant à leur goût, veulent ménager les Khmers rouges qui continuent de se battre dans la jungle. Même chose pour les Occidentaux.
Il faut attendre le retrait unilatéral des forces vietnamiennes en 1989 pour que s'amorce une prise de conscience du génocide. Le 12 décembre 1997, l'Assemblée générale des Nations Unies fait enfin explicitement référence à des «actes de génocide» dans une résolution sur le Cambodge. La décision est importante : pour l'historien Bernard Bruneteau, elle signifie clairement que le concept de génocide n'est pas limité à une approche raciale ou religieuse. Il peut inclure comme au Cambodge ou pourquoi pas ? L'URSS une approche sociale.
André Larané http://www.herodote.net
Le 17 avril 1975, Phnom Penh, capitale du Cambodge, est envahie par de longues cohortes d'adolescents maigres et hagards, tout de noir vêtus et lourdement armés.
Il s'agit de l'armée des communistes cambodgiens. Surnommés quelques années plus tôt «Khmers rouges» par le roi Norodom Sihanouk, ils ont vaincu les partisans pro-américains du général et Premier ministre Lon Nol au terme d'une guerre civile de cinq ans.
Le soir même, l'«Angkar» (l'Organisation) - le Parti communiste du Kampuchea (nouveau nom du pays) - décide de vider la ville de tous ses habitants.
C'est le début d'une orgie de massacres qui va se solder par la mort violente de 1.500.000 à 2.200.000 personnes en 44 mois, jusqu'à la chute du régime, le 7 janvier 1979. En d'autres termes, 20% à 30% des 7.500.000 Cambodgiens auront été victimes de la folie meurtrière des Khmers rouges.
Il faudra attendre 1997 pour que l'ONU y voit officiellement des «actes de génocide». Le secrétaire général du parti communiste, Pol Pot, mourra l'année suivante, avant d'avoir été jugé. Douch, directeur de la sinistre prison de Tuol Sleng, a été jugé en 2010 et condamné à 30 ans de prison. Khieu Samphan, ancien chef de l'État, attend d'être jugé en 2011…
Un pays fait pour le bonheur…
Héritier d'une très riche histoire dont témoignent les ruines d'Angkor, le Cambodge a échappé à l'annexion par l'un ou l'autre de ses redoutables voisins, le Siam et le Viêt-nam, grâce au protectorat français. Le 9 novembre 1953, il obtient tranquillement son indépendance avec pour roi constitutionnel le très souriant Norodom Sihanouk.
Mais le pays est très vite gangréné par la guerre qui s'installe dans le Viêt-nam voisin et met aux prises les Nord-Vietnamiens communistes et leurs alliés vietcongs d'un côté, les Sud-Vietnamiens pro-américains de l'autre.
Une poignée d'intellectuels cambodgiens issus de la bourgeoisie découvre le marxisme lors de ses études en France, dans les années 1950.
Parmi eux, un certain Saloth Sar, né en 1928. Fils d'un riche propriétaire foncier, il est élevé près du palais par une cousine de son père membre du ballet royal avant de recevoir une bourse d'études pour la France.
De retour dans son pays natal, il enseigne le français et communique à ses élèves sa passion pour Verlaine avant de rejoindre les maquis communistes. Se faisant désormais appelé Pol Pot, il deviendra secrétaire général du Parti («Frère Numéro 1») et Premier ministre du futur Kampuchea. À ce titre, il présidera à la mise en oeuvre du génocide !
Dans les années 60, le gouvernement cambodgien fait la chasse aux communistes, en lesquels il voit non sans raison des fauteurs de troubles et des complices de l'ennemi héréditaire vietnamien. Les communistes se réfugient dans la jungle du nord-est où ils installent des maquis inexpugnables en s'appuyant sur la misérable paysannerie du cru. Ils restent toutefois très peu nombreux, à peine 4.000 au total.
À la faveur d'un voyage en Chine populaire, en 1965, à la veille de la Révolution culturelle, Pol Pot, secrétaire général du Parti communiste ou Parti du peuple khmer (Prachéachon), se renforce dans sa haine de l'Occident et de la culture moderne et urbaine. Comme Mao Zedong, il voit dans la paysannerie pauvre le fer de lance de la révolution socialiste.
… et rattrapé par le malheur
Le sort du Cambodge bascule en 1969. Jusque-là, affichant sa neutralité, le prince Sihanouk avait tenté de maintenir son pays en-dehors du conflit voisin. Mais il ne pouvait empêcher les Nord-Vietnamiens et les vietcongs de transférer armes et munitions vers les maquis communistes du Sud-Vietnam en empruntant le port cambodgien de Sihanoukville et les pistes frontalières du nord-est.
Le 14 août 1969, sous la pression américaine, le prince appelle au poste de Premier ministre le général Lon Nol, favorable à la guerre contre les communistes… et sensible à la promesse d'une aide massive de Washington. Pressé d'en découdre, Lon Nol profite d'un déplacement de Sihanouk en Chine pour le déposer le 18 mars 1970. Il instaure la République et s'en proclame président.
Faute de mieux, Norodom Sihanouk prend à Pékin la tête d'un gouvernement de coalition en exil, avec les Khmers rouges. Dans le même temps, les Américains entament le bombardement des zones frontalières du Cambodge avec l'aval de Lon Nol.
De 1970 à 1973, sous la présidence de Richard Nixon, l'US Air Force va déverser sur le Cambodge plus de bombes que sur aucun autre pays au monde. Au total plusieurs centaines de milliers de tonnes. Les bombardements redoublent même d'intensité en février-avril 1973, alors que les Vietnamiens se sont retirés du jeu après les accords de Paris.
Ces bombardements indiscriminés, comme plus tôt au Viêt-nam, comme aujourd'hui en Afghanistan, font d'innombrables victimes parmi les populations civiles. Celles-ci, remplies de haine pour l'agresseur, se détournent du camp gouvernemental et rallient les communistes.
Très vite, les troupes gouvernementales, en dépit de leur armement sophistiqué, cèdent du terrain face aux Khmers rouges. Lon Nol n'attend pas le gong final pour s'enfuir et abandonner ses partisans. C'est ainsi que Phnom Penh tombe le 17 avril 1975, deux semaines avant Saigon.
L'horreur
Les dirigeants des Khmers rouges, au nombre de quelques dizaines seulement, n'ont connu pendant dix à quinze ans que les camps de la jungle. Ils ressentent aussi beaucoup de méfiance à l'égard des communistes vietnamiens qu'ils suspectent de vouloir annexer les provinces orientales du Cambodge, peuplées de colons vietnamiens.
Ils ont pu constater aussi combien le pouvoir était fragile en 1965, lors du massacre par le général Suharto de plusieurs centaines de milliers de communistes indonésiens. Ils ressentent cette fragilité avec d'autant plus d'acuité qu'ils sont très peu nombreux et craignent d'être submergés par les cadres de l'ancien régime qui viendraient à se rallier à eux.
C'est ainsi qu'ils prennent la décision folle de faire table rase. Opposant l'«ancien peuple» (les paysans khmers pauvres) au «nouveau peuple» (les habitants des villes et les cadres pro-occidentaux), ils décident de rééduquer ces derniers et si besoin de les exterminer.
Dans les heures qui suivent leur entrée à Phnom Penh, la capitale est vidée de ses habitants et des innombrables réfugiés qui avaient fui les bombardements des années précédentes. Au total 2 millions de personnes de tous âges. Il en va de même des autres villes du pays.
Les déportés sont dirigés vers des camps de travail et de rééducation et astreints à des tâches dures et humiliantes. La nourriture est souvent réduite à deux louches d'eau de cuisson de riz par personne et par jour. La mortalité dans les camps atteint très vite des sommets.
Les rebelles et les suspects sont jetés en prison et contraints à des aveux qui leur valent une exécution rapide, généralement d'un coup de pioche sur le crâne, car il n'est pas question de gaspiller des balles.
Dans son très remarquable ouvrage, Le siècle des génocides, l'historien Bernard Bruneteau souligne que les meurtres ciblent des catégories précises. Ainsi, 4 magistrats sur un total de 550 survivront au génocide. Sont anéantis les deux tiers des fonctionnaires et policiers, les quatre cinquièmes des officiers, la moitié des diplômés du supérieur etc. Globalement, les populations citadines sont exterminées à 40% et les populations des régions les plus rurales à 10 ou 15% «seulement»…
Le doute
La plupart des Occidentaux observent le drame avec incompréhension et beaucoup d'intellectuels manifestent une jubilation dont ils se repentiront plus tard.
Il est vrai qu'au même moment, la victoire des communistes au Sud-Vietnam entraîne un autre drame, moins meurtrier mais plus spectaculaire, celui des «boat-people», réfugiés sino-vietnamiens prêts à affronter les tempêtes et les pirates sur des bateaux de fortune pour échapper au nouveau régime…
En 1978, les Vietnamiens invoquent des raisons humanitaires pour envahir le Cambodge. Le 7 janvier 1979, ils entrent à Phnom Penh cependant que Pol Pot et les Khmers rouges reprennent le chemin de la clandestinité et des maquis. Le nouveau gouvernement cambodgien, vassal du Viêt-nam, compte dans ses rangs de nombreux Khmers rouges qui ont su retourner leur veste à temps.
Pour cette raison, les Vietnamiens n'ont pas envie d'en rajouter dans la dénonciation des horreurs commises par les Khmers rouges. Les Chinois, méfiants à l'égard du Viêt-nam réunifié, trop puissant à leur goût, veulent ménager les Khmers rouges qui continuent de se battre dans la jungle. Même chose pour les Occidentaux.
Il faut attendre le retrait unilatéral des forces vietnamiennes en 1989 pour que s'amorce une prise de conscience du génocide. Le 12 décembre 1997, l'Assemblée générale des Nations Unies fait enfin explicitement référence à des «actes de génocide» dans une résolution sur le Cambodge. La décision est importante : pour l'historien Bernard Bruneteau, elle signifie clairement que le concept de génocide n'est pas limité à une approche raciale ou religieuse. Il peut inclure comme au Cambodge ou pourquoi pas ? L'URSS une approche sociale.
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Re: Communisme : le devoir de mémoire
La double vie du Dr Fuchs qui livra à l'U.R.S.S., les secrets de la bombe atomique
Dans la guerre secrète de renseignements que se livrent les États-Unis et l'U.R.S.S. et dont la capture de l'avion U-2 au-dessus de la Russie a été l'épisode le plus spectaculaire, le cas du Dr Fuchs reste sans doute le plus tragique. En livrant les secrets de la bombe atomique qu'il pouvait connaître du fait de sa situation dans les laboratoires américains et anglais, ce savant allemand naturalisé anglais a fait perdre plus qu'une grande bataille aux Alliés. Tandis qu'il travaillait au Centre de recherches d'Harwell, les soupçons finirent par se porter sur lui.
La fin de 1948 approchait. Fuchs commençait à douter de l'U.R.S.S. en même temps qu'il prenait conscience de son attachement pour le centre atomique d'Harwell. Il lui répugnait de tromper les amis qu'il y comptait. Et c'est dans cet esprit qu'il résolut, non pas de rompre brutalement avec les Russes, mais de leur communiquer de moins en moins de renseignements.
Une pierre ou une balle
Fuchs s'est expliqué lui-même sur ce sujet :
« J'employai ma philosophie marxiste à diviser mon esprit en deux compartiments : l'un me laissant libre de me faire des amis, l'autre me rendant entièrement indépendant des influences environnantes de la société. Quand j'y repense maintenant, je crois que l'on ne peut mieux exprimer cela que sous le terme de schizophrénie contrôlée...
« Au lendemain de la guerre, je commençai à avoir des doutes sur la sagesse de la politique soviétique. Je gardais la conviction que ceux-ci, le gouvernement de Moscou et le parti, construisaient un monde nouveau, qu'un jour j'y aurais ma part et qu'alors je leur signalerais leurs erreurs. J'ai manqué un rendez-vous parce que j'étais malade ; puis, délibérément, je décidai de ne pas me rendre au suivant. »
Ainsi, en 1948, quelque dix ans trop tard, Fuchs éprouvait ses premiers scrupules envers ses amis. N'avait-il pas contracté une dette envers eux, même si cette dette devait se trouver en conflit avec sa conception d'un monde parfait ?
Il pensait aussi à tout le travail qui lui restait à accomplir. Enfin, on peut dans une certaine mesure, expliquer ses désirs de loyauté à l'égard de l'Angleterre, ne serait-ce que parce qu'il avait accepté son hospitalité.
Un incident, qui eut lieu au mois d'août 1948, alors qu'il tapait à la machine des informations destinées aux Russes, révèle l'état de tension nerveuse dans lequel il se trouvait. Un certain Mr S. Duke, de Harwell, avait assisté à une réunion de la Compagnie générale d'électricité, à Wembley, dans la banlieue londonienne, avec Fuchs et un ou deux collègues.
Lorsque la séance fut levée. Duke proposa de reconduire quelqu'un dans sa voiture. Fuchs accepta et s'installa devant, à côté de Duke. Comme ils arrivaient sur un pont, entre Gerard's Cross et Beaconsfield, sur la route d'Oxford, un objet vint heurter violemment le pare-brise, étoilant la vitre et la rendant opaque.
La visibilité étant nulle, Duke acheva de briser le pare-brise et freina. Blême de peur, Fuchs glissa de son siège sur le plancher de l'automobile.
Lorsque la voiture s'arrêta, Fuchs demeura accroupi et refusa de descendre avant l'arrivée d'autres automobilistes. Duke pensait qu'une balle d'un chasseur était venue ricocher sur le véhicule, à moins qu'il ne s'agit d'une pierre lancée par la fronde d'un gamin.
Ces explications ne rassurèrent pas Fuchs pour autant, et le voyage se poursuivit dans l'angoisse tandis que tombait une pluie torrentielle. Il paraissait inconcevable que quelqu'un ait voulu attenter à sa vie ce jour-là ! Il n'avait pas pris place dans sa propre voiture et c'est tout à fait par hasard qu'il avait accepté l'offre de son collègue ; en outre, il existait d'autre routes entre Harwell et Wembley. Mais, à dater de ce jour, il fut obsédé par l'idée d'un attentat et perdit ce qui jusqu'ici avait été l'une de ses principales qualités : la maîtrise de soi.
Il retomba malade, et ne put se présenter à l'un des rendez-vous londoniens avec l'émissaire soviétique. Mrs Skinner le soigna chez elle, à Harwell. II traversa alors une période de dépression, restant des journées sans manger ni boire, les yeux rivés aux murs de sa chambre.
Lorsqu'il se rétablit enfin, il était fermement décidé à rompre tout contact avec les Russes. Il n'avouerait pas, certes, mais il se consacrerait désormais entièrement à Harwell, à son travail, à ses amis ; les Soviets n'auraient qu'à se débrouiller sans lui.
Une enquête discrète
Fuchs eût peut-être pu passer son existence sans que sa trahison fût jamais découverte. Mais il était trop tard. Une enquête suivait son cours depuis l'été 1949. Et, le 23 septembre, le président Truman laissa entendre, dans une proclamation qu'il fit à Washington, que les traîtres ne sauraient dormir tranquilles pendant les mois qui allaient suivre : la première bombe atomique russe venait d'exploser.
Lorsque le gouvernement britannique créa un centre de recherches atomiques à Harwell, en 1946, un officier fut chargé spécialement du service de sécurité : le lieutenant-colonel Henry Arnold, qui arriva à Harwell quelques semaines après le retour de Fuchs des États-Unis. Dans l'un de ses premiers rapports au M.I.S. (1), Arnold attira l'attention sur la présence de Fuchs parmi le personnel et sur le fait qu'il était Allemand, naturalisé en temps de guerre.
Pendant cinq mois, une enquête discrète fut ouverte à l'insu de Fuchs sans récolter autre chose que le rapport de la Gestapo remis par le consul allemand de Bristol douze ans auparavant. C'était l'époque où Fuchs, revenu d'Amérique, n'avait pas encore pris contact avec le réseau d'espionnage russe. Si l'enquête avait commencé un mois ou deux plus tard, il aurait pu se faire prendre au moment où il rencontrait l'émissaire soviétique.
En 1949, au cours de l'été, des indices encore peu précis donnèrent à penser aux Américains que l'U.R.S.S. avait obtenu des renseignements sur la bombe A. Selon certaines informations le traître était un savant anglais.
Ces indications furent transmises à Londres par le F.B.I. (2) et, quoique Fuchs n'eut pas été le seul Britannique à faire partie du voyage aux États-Unis, l'enquête le concernant fut reprise aussitôt.
On devait procéder avec la plus grande discrétion, les preuves n'étant pas assez solides pour motiver son arrestation ; D'autre part, il ne fallait pas éveiller ses soupçons lorsqu'il ferait l'objet d'une étroite surveillance : il pourrait sentir le danger, alerter ses «contacts» et quitter le pays. Mais il se révélait urgent de l'interroger discrètement. Lui-même en donna l'occasion.
Fuchs demanda un jour conseil au lieutenant-colonel Arnold sur une affaire personnelle.
Il avait appris que le Dr Emil Fuchs, son père, qui vivait en zone américaine d'Allemagne, avait accepté un poste de professeur de théologie à l'université de Leipzig, en zone russe. Il craignait que la situation de savant à Harwell ne lui créât des ennuis. Devait-il donner sa démission ?
À cette question, Arnold répondit par une autre. Que ferait Fuchs si les Russes exerçaient une pression sur lui par l'entremise de son père ? Klaus Fuchs dit qu'il n'en savait rien...
Il était clair, pensait le lieutenant-colonel, que tant que durerait l'enquête, le savant devrait quitter Harwell sous un prétexte quelconque. On ne pouvait le laisser à ses travaux secrets tant qu'il serait soupçonné de trahison ; opération délicate, Fuchs se considérant comme l'un des pivots du centre atomique.
Sur ces entrefaites, des renseignements émanant du F.B.I. précisèrent les soupçons contre Fuchs qui, vers la fin décembre, fut soumis à un interrogatoire serré, officiellement motivé par le fait qu'il avait lui-même demandé conseil à Arnold à propos de la nomination de son père à Leipzig.
L'un des enquêteurs les plus habiles du Royaume-Uni, William James Skardon, fut chargé de mener cet interrogatoire délicat.
Scotland Yard interroge
Skardon avait déjà eu à s'occuper de traîtres. Il se rendit à Harwell le 21 décembre et eut une entrevue avec Fuchs dans le bureau d'Arnold. Celui-ci se retira et l'enquêteur engagea la conversation sur le père du savant.
Pendant plus d'une heure un quart, Fuchs parla de sa famille avec la plus grande franchise. Puis il révéla qu'en 1932, à Kiel, il avait donné son appui à un candidat communiste en l'absence d'un socialiste. C'est pour cette raison, expliqua-t-il, qu'il fut exclu du parti socialiste et entraîné dans le groupe communiste. Il rappela ensuite qu'il avait fait partie d'un comité pour la défense de la démocratie espagnole au temps de la guerre civile. Il évoqua ses années d'études avec le professeur Max Born, à Edimbourg, ses six mois d'internement au Canada, son voyage dans le Massachusetts, etc.
Skardon lui posa alors la question suivante :
- Êtes-vous entré en rapport avec un fonctionnaire russe ou un représentant du gouvernement soviétique pendant votre séjour à New-York ? Ne lui avez-vous pas donné de renseignements sur votre travail ?
Fuchs ouvrit la bouche de surprise, puis sourit imperceptiblement.
- Je ne crois pas, dit-il.
Skardon poursuivit :
- Je suis en possession d'informations précises selon lesquelles vous vous êtes rendu coupable d'espionnage au profit de l'Union Soviétique. Ainsi, lorsque vous vous trouviez à New-York, vous avez livré des renseignements concernant votre travail.
Fuchs secoua la tête, déclarant encore « qu'il ne croyait pas ». Skardon exprima alors l'opinion que, considérant la gravité du cas, la réponse lui paraissait plutôt ambiguë.
- Je ne comprends pas ; peut-être pourriez-vous me dire d'où provient ce témoignage ? Je n'ai rien fait de semblable, répliqua Fuchs.
À 13 h. 30 l'entrevue prit fin. Fuchs alla déjeuner seul.
Lorsque l'interrogatoire reprit, peu après 14 heures, Skardon confronta de nouveau Fuchs avec l'accusation d'espionnage que celui-ci persista à nier, déclarant qu'il n'existait aucune preuve. Mais, se voyant soupçonné, il sentait qu'il devait offrir sa démission de son poste à Harwell. Les deux hommes étaient demeurés en tout quatre heures ensemble, et Fuchs n'avait montré aucun signe de faiblesse. Skardon retourna à Londres.
Il n'avait gagné que peu de chose ; ce n'était pas suffisant pour arrêter Fuchs. La possibilité d'une erreur de personne subsistait. Si l'homme était coupable, il pourrait tenter de se donner la mort ou de s'enfuir d'Angleterre. Certains préconisaient l'arrestation immédiate. Skardon préférait attendre et prendre des risques.
En fait, il n'était pas encore sûr d'avoir affaire à un espion. D'autre part, si Fuchs était coupable, Skardon avait la conviction que celui-ci était en train de se débattre avec sa conscience et que, si on lui en laissait le temps, si on le manœuvrait avec habileté et prudence, il finirait par s'effondrer.
C'est pourquoi Skardon décida de laisser passer les vacances de Noël pour donner au Dr Fuchs le temps de la réflexion.
Fuchs cède : il dicte sa confession
Skardon se rendit de nouveau à Harwell le 30 décembre 1949. Fuchs persista dans ses dénégations. Une discussion sur ses déplacements aux États-Unis, en 1944, n'apporta rien de nouveau.
Le 10 janvier 1950, sir John Cockcroft, directeur du Centre de Harwell, fit remarquer à Fuchs qu'en considération du départ de son père pour la zone russe, il serait préférable pour tout le monde qu'il remît sa démission.
Trois jours plus tard, Skardon revenait à Harwell pour un nouvel entretien. Fuchs se rappelait-il l'adresse de son appartement de New- York en 1944 ? Il n'en était plus très sûr, mais il put situer approximativement l'endroit sur un plan : 77e rue Ouest, entre les avenues Colombus et Amsterdam.
Quand Skardon l'informa que le service de sécurité désirait hâter l'enquête sur l'intermède new-yorkais, Fuchs sembla se désintéresser de la question. Trois longs interrogatoires avaient ainsi conduit à une impasse.
Skardon avait insisté sur le fait que, une fois cette affaire réglée, on pourrait s'arranger pour qu'il poursuivît son travail. Mais la, tension devenait intolérable pour tous. Fuchs lui-même n'ignorait pas que, jusqu'à présent, le service de sécurité n'avait aucune idée de sa trahison.
Skardon se sentait cette fois sur un terrain un peu plus ferme. Les deux hommes, chasseur et gibier, pénétraient dans cet étrange monde de l'enquête criminelle. C'est la longue attente de l'araignée en quête de la mouche. La mouche sera prise, l'araignée atteindra sa proie, et ni l'une ni l'autre ne peut rien contre cette loi.
Cependant, Fuchs n'était pas encore tout à fait prêt à avouer. Il vaquait à ses occupations et ne se confiait à personne. Le dimanche 22 janvier, il déclara à Arnold qu'il aimerait revoir Skardon, ayant quelque chose à lui dire. Le 24, Skardon se présenta au domicile du savant et lui dit :
- Vous avez demandé à me voir ?
- Oui. c'est mon tour maintenant... répondit Fuchs.
Après ce demi-aveu, il n'ajouta plus rien, comme envahi soudain par l'angoisse. Il se lança dans une longue dissertation sur sa vie, revenant sans cesse sur des détails déjà évoqués. Au bout de deux heures, il était hagard, et Skardon lui dit :
- Vous m'avez raconté une longue histoire pour établir les motifs de vos actes, mais rien au sujet de ces actes mêmes.
- Vous n'arriverez jamais à me faire parler, souffla le savant.
- Très bien, répondit Skardon. Allons déjeuner !
Pour se rendre à Abingdon, ils prirent place dans la voiture de Fuchs, celui-ci conduisant comme un fou, prenant les virages à droite (3), frôlant les automobiles qu'ils dépassaient, traversant en trombe les rues populeuses d'Abington pour stopper enfin devant la porte de l'hôtel où ils devaient prendre leur repas.
Au cours du chemin de retour, en revanche, ils suivirent un camion roulant à peine à 20 km à l'heure, Fuchs n'osait pas le dépasser, Ils rentrèrent silencieusement à son domicile, et, dès qu'ils furent chez lui, Fuchs déclara qu'il était prêt à tout avouer.
- Quand cela a-t-il commencé ? demanda Skardon.
- Vers le milieu de 1942, répondit Fuchs, et jusqu'à l'année dernière.
Ce fut pour Skardon le premier choc qu'il éprouva cet après-midi-là ; il ne s'agissait plus de simples fuites de quelques rapports confidentiels, mais d'un acte de trahison comme il en existe peu.
Soulagé par sa confession, Fuchs parlait maintenant vite et d'abondance, relatant des faits incroyables.
Les paroles se succédaient à une telle cadence qu'il ne pouvait être question pour Skardon de prendre des notes. Enfin celui-ci interrompit Fuchs et lui demanda ce qu'il avait livré aux Russes. C'est alors qu'il reçut son second choc de la journée. Fuchs répondit que ce qu'il pensait avoir fait de pire avait été de faire connaître aux Russes les méthodes de fabrication de la bombe atomique.
Skardon avait hâte d'en finir, d'aller consulter ses supérieurs et d'obtenir les aveux par écrit. Mais l'autre continuait.
Il avait toujours foi dans le communisme, poursuivait-il, mais non en celui que la Russie mettait maintenant en pratique et qu'il fallait combattre. Il reconnaissait que l'Angleterre était le seul endroit où il pouvait vivre.
Qu'allaient penser de lui Henry Arnold et ses autres amis ?
Après avoir donné un ou deux renseignements supplémentaires et convenu avec Skardon qu'ils se rencontreraient de nouveau le 26 janvier, l'enquêteur repartit pour Londres, porteur du terrible rapport, tandis que l'espion, ayant soulagé son cœur, croyait encore que tout irait pour le mieux et qu'on le garderait à Harwell.
Ces illusions offraient certains avantages : il ne songerait probablement ni à s'enfuir ni à se donner la mort. Il était moins que jamais nécessaire maintenant de l'alarmer, de l'entourer de policiers ou de le tirer du monde imaginaire dans lequel il avait toujours vécu.
Pour ses amis, Klaus Fuchs travaillait toujours au Centre de recherches. En réalité il préparait à l'intention de Skardon, un compte rendu détaillé de son activité de traître, le lieutenant-colonel Arnold étant le seul, à Harwell, à connaître la vérité.
Lorsque Skardon revint, le 26 janvier, Fuchs lui déclara d'emblée qu'il avait hâte que la situation fût éclaircie le plus rapidement possible. Skardon proposa qu'il formulât ses aveux par écrit ou qu'il les dictât à une secrétaire ou encore à lui-même, Skardon.
Fuchs choisit cette dernière solution et ils convinrent de se revoir le lendemain, au ministère de la Guerre, à Londres.
Le savant se rendit dans la capitale sans aucune surveillance policière. Lorsque Skardon lui demanda s'il était prêt à faire une déclaration écrite, il répondit :
- Oui, je comprends parfaitement. J'aimerais en finir avec toute cette affaire.
Skardon écrivit à la main, sous sa dictée :
« Je suis chef adjoint du service scientifique du Centre de recherches sur l'énergie atomique de Harwell. Je suis né à Russelsheim (Allemagne) le 29 décembre 1911. Mon père était pasteur et mon enfance fut très heureuse. Je crois nécessaire de souligner que mon père agit toujours au mieux de ses convictions et qu'il nous conseilla de suivre la voie qui nous était tracée, même s'il la désapprouvait ... »
« Il me reste à réparer »
À la fin de sa «confession», Fuchs tint à faire cet acte de contrition :
« Je sais qu'il me reste maintenant à tenter de réparer le préjudice que j'ai causé ; tout d'abord de m'assurer que Harwell souffrira le moins possible de ma faute, et de sauver, pour mes amis, la meilleure part de mes relations avec eux. Ce souci domine maintenant ma pensée et il m'est difficile de concentrer mon esprit sur d'autres sujets.
« Je me rends compte, cependant, qu'il me faudra révéler l'étendue des informations que j'ai livrées (aux Russes) et contribuer, dans les limites dictées par ma conscience, à empêcher d'autres personnes de continuer à agir comme je l'ai fait.
« Depuis mon arrivée à Harwell, j'ai connu des Anglais de toute sorte et j'en suis arrivé à dénoter chez nombre d'entre eux une fermeté de caractère profondément ancrée qui leur permet de suivre une honnête ligne de conduite. Je ne sais pas d'où cela provient, ni s'ils le savent eux-mêmes ; mais le fait est là. Je viens de relire cette déclaration et la tiens pour vraie au mieux de ma connaissance. »
Et il signa : « Klaus Fuchs ».
Fuchs avait fait cependant une réserve qui montre bien dans quel monde imaginaire il vivait encore moralement ; il se refusait à confier à Skardon les détails techniques de la fabrication de la bombe atomique qu'il avait passés aux Russes parce que celui-ci n'était pas qualifié pour recueillir des informations de ce genre. Il accepta de les donner à une personne autorisée, Mr. Michael Perrin, un fonctionnaire de la « Section ministérielle d'énergie atomique ».
Rendez-vous avec Perrin fut pris pour le 30 janvier à Londres. Fuchs déclara qu'il aimerait se reposer et réfléchir durant le week-end. II répéta qu'il ne voulait pas perdre de temps à s'occuper de son avenir, puis repartit seul, par le train, pour Harwell.
Un étrange incident se produisit cette nuit-là. Informé que le bureau de Fuchs était éclairé, Arnold se servit de son passe-partout pour entrer dans une pièce située vis-à-vis du bureau, de l'autre côté d'un couloir. Le mur de façade de ces bureaux comporte une vitre près du plafond. En grimpant sur un buffet, il put voir, au-delà du couloir, ce qui, se passait dans la pièce du savant. Celui-ci s'y trouvait, assis à son bureau, examinant des papiers. Arnold l'observa un long moment. Au point où les choses en étaient, tout était possible. Fuchs pouvait essayer de se donner la mort ou de fuir le pays, ou encore être revenu dans son bureau pour détruire des documents. Arnold attendit.
L'homme qu'il surveillait lisait toujours tranquillement. Enfin, vers minuit et demi, Fuchs éteignit la lumière, donna un tour de clé à la porte de son bureau et rentra chez lui.
Après son départ, Arnold pénétra dans la pièce et s'aperçut que les papiers ne concernaient que des affaires courantes. La pièce ne devait plus recevoir de visite jusqu'au jour de la perquisition officielle, après l'arrestation de l'espion atomique.
Celui-ci prit un train de matin pour Londres, le lundi 30 janvier ; Skardon le conduisit au ministère de la Guerre où l'attendait Michael Perrin. En chemin, Fuchs déclara qu'il tenait pour certain que d'autres savants avaient également trahi pour le compte de l'Union soviétique.
Arrêté !
Au ministère de la Guerre où Skardon et le Dr Fuchs se rendirent le 30 janvier 1950, pour y rencontrer M. Michael Perrin, l'enquêteur suivit l'entretien en déclarant que Fuchs était prêt à tout révéler. Perrin répondit qu'il ne manquait pas de papier pour prendre des notes.
Après une courte interruption pour le déjeuner, les trois hommes se remirent au travail. Fuchs répéta ce qu'il avait déjà avancé concernant la collaboration avec les Russes d'autres savants occidentaux et, à titre d'exemple, il raconta comment, au début de ses activités de traître, avant son voyage aux États-Unis, les Russes lui avaient demandé des renseignements détaillés sur un procédé américain de séparation des isotopes 238 et 235 électromagnétiques (4). Or, à cette époque, aucun savant britannique n'en avait encore eu connaissance.
À 16 heures, Fuchs retourna seul à Harwell. Les autorités disposaient enfin d'éléments suffisants pour l'arrêter. Il fallait toutefois en informer auparavant le premier ministre, M. Attlee, puis on se mit en rapport avec le procureur général, Sir Bartley Shawcross, qui se trouvait quelque part au nord de l'Angleterre.
Celui-ci rentra à Londres, étudiant le dossier dans le train.
Enfin, le 2 février 1950, tout était prêt pour l'action. Plutôt que d'arrêter le coupable à Harwell, le service de sécurité préféra faire venir Fuchs à Londres. L'arrestation pourrait avoir lieu au bureau de Perrin à Shell-Mex House. Celui-ci téléphona le 2 février au matin :
- Pourriez-vous revenir ici cet après-midi ?
Fuchs accepta, ajoutant qu'il prendrait probablement le train qui arrive à Paddington vers 14 h. 30.
Il fut décidé que Léonard Burt, de Scotland Yard, se tiendrait dans la pièce de Perrin dès 14 h. 30 avec un mandat d'amener en poche. Perrin s'installa dans son bureau à l'heure dite et attendit.
A 15 heures, le secrétaire de Perrin téléphona que Fuchs venait d'arriver. Perrin donna des instructions afin que le savant n'eût accès à son bureau qu'après la venue de Burt et, un peu nerveux, appela de nouveau la Sécurité.
Finalement, à 15 h. 30, Burt apparut avec un inspecteur.
Ils firent appeler Fuchs, qui avait attendu tout ce temps dans la pièce voisine Perrin le présenta rapidement à Burt, puis s'esquiva. Burt lut l'inculpation et annonça à Fuchs qu'il se trouvait en état d'arrestation. Fuchs demanda alors à voir Perrin.
Quand Burt revint avec celui-ci, le prisonnier était livide. Regardant Perrin bien en face, il eut ce touchant « cri du cœur » :
- Vous pensez à l'effet que cela va produire à Harwell !
Les inspecteurs conduisirent Fuchs au poste de police de Bow Street où il comparut d'abord devant le principal magistrat, sir Laurence Dunne, le 3 février. L'affaire fut renvoyée à huitaine pour permettre à Fuchs de désigner ses avocats. Entre temps, il demeura à la prison de Brixton.
Au cours de la seconde audience, le 10 février à Bow Street, le lieutenant-colonel Arnold, Skardon et Perrin vinrent témoigner, et quelques extraits de la « confession écrite » furent lus.
Le maximum de la peine !
Le 1er mars, Fuchs se présenta devant le Lord Chief Justice, lord Goddard.
Le cas fut jugé en une heure et demie en présence du seul Skardon. Le principal avocat de Fuchs, Mr Derek Curtis-Bennett, lui ayant rendu visite dans sa cellule avant l'audience, lui déclara qu'il ne devait pas compter sur son acquittement ; il devait s'attendre au maximum de la peine.
- Oui, je sais : la mort.
- Non, quatorze ans, répondit l'avocat.
La peine capitale existe en Angleterre pour les cas de haute trahison, mais cette accusation ne peut être portée que contre un traître qui agit au profit de l'ennemi. Or Fuchs avait livré ses renseignements à un allié.
A l'issue des débats du tribunal, lord Goddard annonça à Fuchs qu'il le déclarait coupable et lui demanda s'il avait quelque chose à dire. Fuchs parla :
- My Lord, j'ai commis certains crimes pour lesquels je suis accusé et m'attends à être condamné. J'ai aussi commis d'autres délits qui ne sont pas considérés comme tels aux yeux de la loi - crimes contre mes amis, - et quand je luis demandai à mon défenseur de vous exposer certains faits, ce n'était pas dans l'espoir d'alléger ma condamnation mais afin de racheter ces autres crimes.
« J'ai été jugé équitablement et je tiens à vous en remercier ainsi que mon avocat et mes avoués. Je désire également remercier le gouvernement et le personnel de la prison de Brixton, pour les égards dont j'ai été l'objet. »
Lord Goddard prit à son tour la parole :
- Par sa conduite, Fuchs a compromis le droit d'asile accordé jusqu'ici par ce pays... En volant des secrets atomiques aux États-Unis, il aurait pu nuire aux bonnes relations entre ce pays et la grande république américaine avec laquelle Sa Majesté est alliée...
Puis, s'adressant à Fuchs :
- Votre crime, selon moi, est à peine différent de la haute trahison. Mais dans ce pays, nous observons la règle de la loi et, comme sur le plan technique il ne constitue pas une haute trahison, vous n'êtes jugé que pour ce délit.
Il condamna donc le Dr Klaus Fuchs à quatorze années d'emprisonnement, maximum légal.
- Mon devoir me commande de protéger les intérêts de ce pays, déclara lord Goddard, et comment puis-je être assuré qu'un homme dont la mentalité est exprimée dans les déclarations que vous avez écrites ne sera pas amené, par une curieuse tournure d'esprit, à trahir de nouveau des secrets de la plus haute importance pour ce pays ?
Fuchs quitta le banc des accusés sans mot et sans émotion apparente. Cette fois, personne ne s'avança pour protester contre le verdict.
Tout le problème de la sécurité britannique se trouvait en cause. Jusqu'à quel point était-elle compromise ? Combien d'autres Fuchs allaient et venaient dans les laboratoires britanniques et américains ?
Les événements se succédèrent rapidement. Le 3 mars 1950 le premier ministre Attlee vit sir Percy Sillitoe, chef du M.I.S. (5) à Downing Street et le dossier du cas fut envoyé au président Truman et au F.B.I.
Le 10 mars, le Comité de l'Énergie atomique se réunit à Washington. Il avait en sa possession des documents de première importance : les aveux de Fuchs formulés à Skardon et sa « confession technique » reçue par Perrin. Le Comité se montra, selon les propres termes de son président (le sénateur Mc Mahon), péniblement affecté. La chasse aux espions ayant eu des rapports avec Fuchs commença activement des deux côtés de l'Atlantique.
On questionna le prisonnier, on lui présenta des centaines de photographies. Il ne connaissait aucun de ses «contacts» par leurs vrais noms et ne se souvenait pas de leurs visages. C'est ainsi qu'il laissa passer, sans s'y arrêter, une photo de l'espion américain Harry Gold, se bornant À affirmer qu'il n'avait jamais vu cette tête auparavant. Et pourtant, il l'avait maintes fois rencontré à New-York et À Santa-Fé.
Les agents du F.B.I. s'intéressèrent plus particulièrement à Gold qui travaillait comme biochimiste à Philadelphie. Ils «filèrent» des centaines de suspects aux États-Unis ; ils interrogèrent Kristel, la sœur de Fuchs. Finalement, ils réussirent à obtenir les aveux de Gold.
De Gold, la filière mena à David Greenglass, puis au couple Julius et Ethel Rosenberg et à d'autres appartenant au réseau d'espionnage américain.
On sut bientôt, en Angleterre, que la plupart des «contacts» de Fuchs avaient déjà fui en zone soviétique d'Allemagne. Fuchs fut transféré de la prison de Brixton à celle de Stafford où il est demeuré jusqu'à sa récente libération.
par ALAN MOOREHEAD HISTORIA octobre 1960
(1) Service des renseignements de l'armée.
(2) Federal Bureau of Investigation (police politique américaine).
(3) On sait qu'en Grande-Bretagne, les véhicules roulent a gauche.
(4) C'est ce qu'on appelle le « spectrographe de masse ».
(5) Service des renseignements de l'armée (2e bureau britannique).
Dans la guerre secrète de renseignements que se livrent les États-Unis et l'U.R.S.S. et dont la capture de l'avion U-2 au-dessus de la Russie a été l'épisode le plus spectaculaire, le cas du Dr Fuchs reste sans doute le plus tragique. En livrant les secrets de la bombe atomique qu'il pouvait connaître du fait de sa situation dans les laboratoires américains et anglais, ce savant allemand naturalisé anglais a fait perdre plus qu'une grande bataille aux Alliés. Tandis qu'il travaillait au Centre de recherches d'Harwell, les soupçons finirent par se porter sur lui.
La fin de 1948 approchait. Fuchs commençait à douter de l'U.R.S.S. en même temps qu'il prenait conscience de son attachement pour le centre atomique d'Harwell. Il lui répugnait de tromper les amis qu'il y comptait. Et c'est dans cet esprit qu'il résolut, non pas de rompre brutalement avec les Russes, mais de leur communiquer de moins en moins de renseignements.
Une pierre ou une balle
Fuchs s'est expliqué lui-même sur ce sujet :
« J'employai ma philosophie marxiste à diviser mon esprit en deux compartiments : l'un me laissant libre de me faire des amis, l'autre me rendant entièrement indépendant des influences environnantes de la société. Quand j'y repense maintenant, je crois que l'on ne peut mieux exprimer cela que sous le terme de schizophrénie contrôlée...
« Au lendemain de la guerre, je commençai à avoir des doutes sur la sagesse de la politique soviétique. Je gardais la conviction que ceux-ci, le gouvernement de Moscou et le parti, construisaient un monde nouveau, qu'un jour j'y aurais ma part et qu'alors je leur signalerais leurs erreurs. J'ai manqué un rendez-vous parce que j'étais malade ; puis, délibérément, je décidai de ne pas me rendre au suivant. »
Ainsi, en 1948, quelque dix ans trop tard, Fuchs éprouvait ses premiers scrupules envers ses amis. N'avait-il pas contracté une dette envers eux, même si cette dette devait se trouver en conflit avec sa conception d'un monde parfait ?
Il pensait aussi à tout le travail qui lui restait à accomplir. Enfin, on peut dans une certaine mesure, expliquer ses désirs de loyauté à l'égard de l'Angleterre, ne serait-ce que parce qu'il avait accepté son hospitalité.
Un incident, qui eut lieu au mois d'août 1948, alors qu'il tapait à la machine des informations destinées aux Russes, révèle l'état de tension nerveuse dans lequel il se trouvait. Un certain Mr S. Duke, de Harwell, avait assisté à une réunion de la Compagnie générale d'électricité, à Wembley, dans la banlieue londonienne, avec Fuchs et un ou deux collègues.
Lorsque la séance fut levée. Duke proposa de reconduire quelqu'un dans sa voiture. Fuchs accepta et s'installa devant, à côté de Duke. Comme ils arrivaient sur un pont, entre Gerard's Cross et Beaconsfield, sur la route d'Oxford, un objet vint heurter violemment le pare-brise, étoilant la vitre et la rendant opaque.
La visibilité étant nulle, Duke acheva de briser le pare-brise et freina. Blême de peur, Fuchs glissa de son siège sur le plancher de l'automobile.
Lorsque la voiture s'arrêta, Fuchs demeura accroupi et refusa de descendre avant l'arrivée d'autres automobilistes. Duke pensait qu'une balle d'un chasseur était venue ricocher sur le véhicule, à moins qu'il ne s'agit d'une pierre lancée par la fronde d'un gamin.
Ces explications ne rassurèrent pas Fuchs pour autant, et le voyage se poursuivit dans l'angoisse tandis que tombait une pluie torrentielle. Il paraissait inconcevable que quelqu'un ait voulu attenter à sa vie ce jour-là ! Il n'avait pas pris place dans sa propre voiture et c'est tout à fait par hasard qu'il avait accepté l'offre de son collègue ; en outre, il existait d'autre routes entre Harwell et Wembley. Mais, à dater de ce jour, il fut obsédé par l'idée d'un attentat et perdit ce qui jusqu'ici avait été l'une de ses principales qualités : la maîtrise de soi.
Il retomba malade, et ne put se présenter à l'un des rendez-vous londoniens avec l'émissaire soviétique. Mrs Skinner le soigna chez elle, à Harwell. II traversa alors une période de dépression, restant des journées sans manger ni boire, les yeux rivés aux murs de sa chambre.
Lorsqu'il se rétablit enfin, il était fermement décidé à rompre tout contact avec les Russes. Il n'avouerait pas, certes, mais il se consacrerait désormais entièrement à Harwell, à son travail, à ses amis ; les Soviets n'auraient qu'à se débrouiller sans lui.
Une enquête discrète
Fuchs eût peut-être pu passer son existence sans que sa trahison fût jamais découverte. Mais il était trop tard. Une enquête suivait son cours depuis l'été 1949. Et, le 23 septembre, le président Truman laissa entendre, dans une proclamation qu'il fit à Washington, que les traîtres ne sauraient dormir tranquilles pendant les mois qui allaient suivre : la première bombe atomique russe venait d'exploser.
Lorsque le gouvernement britannique créa un centre de recherches atomiques à Harwell, en 1946, un officier fut chargé spécialement du service de sécurité : le lieutenant-colonel Henry Arnold, qui arriva à Harwell quelques semaines après le retour de Fuchs des États-Unis. Dans l'un de ses premiers rapports au M.I.S. (1), Arnold attira l'attention sur la présence de Fuchs parmi le personnel et sur le fait qu'il était Allemand, naturalisé en temps de guerre.
Pendant cinq mois, une enquête discrète fut ouverte à l'insu de Fuchs sans récolter autre chose que le rapport de la Gestapo remis par le consul allemand de Bristol douze ans auparavant. C'était l'époque où Fuchs, revenu d'Amérique, n'avait pas encore pris contact avec le réseau d'espionnage russe. Si l'enquête avait commencé un mois ou deux plus tard, il aurait pu se faire prendre au moment où il rencontrait l'émissaire soviétique.
En 1949, au cours de l'été, des indices encore peu précis donnèrent à penser aux Américains que l'U.R.S.S. avait obtenu des renseignements sur la bombe A. Selon certaines informations le traître était un savant anglais.
Ces indications furent transmises à Londres par le F.B.I. (2) et, quoique Fuchs n'eut pas été le seul Britannique à faire partie du voyage aux États-Unis, l'enquête le concernant fut reprise aussitôt.
On devait procéder avec la plus grande discrétion, les preuves n'étant pas assez solides pour motiver son arrestation ; D'autre part, il ne fallait pas éveiller ses soupçons lorsqu'il ferait l'objet d'une étroite surveillance : il pourrait sentir le danger, alerter ses «contacts» et quitter le pays. Mais il se révélait urgent de l'interroger discrètement. Lui-même en donna l'occasion.
Fuchs demanda un jour conseil au lieutenant-colonel Arnold sur une affaire personnelle.
Il avait appris que le Dr Emil Fuchs, son père, qui vivait en zone américaine d'Allemagne, avait accepté un poste de professeur de théologie à l'université de Leipzig, en zone russe. Il craignait que la situation de savant à Harwell ne lui créât des ennuis. Devait-il donner sa démission ?
À cette question, Arnold répondit par une autre. Que ferait Fuchs si les Russes exerçaient une pression sur lui par l'entremise de son père ? Klaus Fuchs dit qu'il n'en savait rien...
Il était clair, pensait le lieutenant-colonel, que tant que durerait l'enquête, le savant devrait quitter Harwell sous un prétexte quelconque. On ne pouvait le laisser à ses travaux secrets tant qu'il serait soupçonné de trahison ; opération délicate, Fuchs se considérant comme l'un des pivots du centre atomique.
Sur ces entrefaites, des renseignements émanant du F.B.I. précisèrent les soupçons contre Fuchs qui, vers la fin décembre, fut soumis à un interrogatoire serré, officiellement motivé par le fait qu'il avait lui-même demandé conseil à Arnold à propos de la nomination de son père à Leipzig.
L'un des enquêteurs les plus habiles du Royaume-Uni, William James Skardon, fut chargé de mener cet interrogatoire délicat.
Scotland Yard interroge
Skardon avait déjà eu à s'occuper de traîtres. Il se rendit à Harwell le 21 décembre et eut une entrevue avec Fuchs dans le bureau d'Arnold. Celui-ci se retira et l'enquêteur engagea la conversation sur le père du savant.
Pendant plus d'une heure un quart, Fuchs parla de sa famille avec la plus grande franchise. Puis il révéla qu'en 1932, à Kiel, il avait donné son appui à un candidat communiste en l'absence d'un socialiste. C'est pour cette raison, expliqua-t-il, qu'il fut exclu du parti socialiste et entraîné dans le groupe communiste. Il rappela ensuite qu'il avait fait partie d'un comité pour la défense de la démocratie espagnole au temps de la guerre civile. Il évoqua ses années d'études avec le professeur Max Born, à Edimbourg, ses six mois d'internement au Canada, son voyage dans le Massachusetts, etc.
Skardon lui posa alors la question suivante :
- Êtes-vous entré en rapport avec un fonctionnaire russe ou un représentant du gouvernement soviétique pendant votre séjour à New-York ? Ne lui avez-vous pas donné de renseignements sur votre travail ?
Fuchs ouvrit la bouche de surprise, puis sourit imperceptiblement.
- Je ne crois pas, dit-il.
Skardon poursuivit :
- Je suis en possession d'informations précises selon lesquelles vous vous êtes rendu coupable d'espionnage au profit de l'Union Soviétique. Ainsi, lorsque vous vous trouviez à New-York, vous avez livré des renseignements concernant votre travail.
Fuchs secoua la tête, déclarant encore « qu'il ne croyait pas ». Skardon exprima alors l'opinion que, considérant la gravité du cas, la réponse lui paraissait plutôt ambiguë.
- Je ne comprends pas ; peut-être pourriez-vous me dire d'où provient ce témoignage ? Je n'ai rien fait de semblable, répliqua Fuchs.
À 13 h. 30 l'entrevue prit fin. Fuchs alla déjeuner seul.
Lorsque l'interrogatoire reprit, peu après 14 heures, Skardon confronta de nouveau Fuchs avec l'accusation d'espionnage que celui-ci persista à nier, déclarant qu'il n'existait aucune preuve. Mais, se voyant soupçonné, il sentait qu'il devait offrir sa démission de son poste à Harwell. Les deux hommes étaient demeurés en tout quatre heures ensemble, et Fuchs n'avait montré aucun signe de faiblesse. Skardon retourna à Londres.
Il n'avait gagné que peu de chose ; ce n'était pas suffisant pour arrêter Fuchs. La possibilité d'une erreur de personne subsistait. Si l'homme était coupable, il pourrait tenter de se donner la mort ou de s'enfuir d'Angleterre. Certains préconisaient l'arrestation immédiate. Skardon préférait attendre et prendre des risques.
En fait, il n'était pas encore sûr d'avoir affaire à un espion. D'autre part, si Fuchs était coupable, Skardon avait la conviction que celui-ci était en train de se débattre avec sa conscience et que, si on lui en laissait le temps, si on le manœuvrait avec habileté et prudence, il finirait par s'effondrer.
C'est pourquoi Skardon décida de laisser passer les vacances de Noël pour donner au Dr Fuchs le temps de la réflexion.
Fuchs cède : il dicte sa confession
Skardon se rendit de nouveau à Harwell le 30 décembre 1949. Fuchs persista dans ses dénégations. Une discussion sur ses déplacements aux États-Unis, en 1944, n'apporta rien de nouveau.
Le 10 janvier 1950, sir John Cockcroft, directeur du Centre de Harwell, fit remarquer à Fuchs qu'en considération du départ de son père pour la zone russe, il serait préférable pour tout le monde qu'il remît sa démission.
Trois jours plus tard, Skardon revenait à Harwell pour un nouvel entretien. Fuchs se rappelait-il l'adresse de son appartement de New- York en 1944 ? Il n'en était plus très sûr, mais il put situer approximativement l'endroit sur un plan : 77e rue Ouest, entre les avenues Colombus et Amsterdam.
Quand Skardon l'informa que le service de sécurité désirait hâter l'enquête sur l'intermède new-yorkais, Fuchs sembla se désintéresser de la question. Trois longs interrogatoires avaient ainsi conduit à une impasse.
Skardon avait insisté sur le fait que, une fois cette affaire réglée, on pourrait s'arranger pour qu'il poursuivît son travail. Mais la, tension devenait intolérable pour tous. Fuchs lui-même n'ignorait pas que, jusqu'à présent, le service de sécurité n'avait aucune idée de sa trahison.
Skardon se sentait cette fois sur un terrain un peu plus ferme. Les deux hommes, chasseur et gibier, pénétraient dans cet étrange monde de l'enquête criminelle. C'est la longue attente de l'araignée en quête de la mouche. La mouche sera prise, l'araignée atteindra sa proie, et ni l'une ni l'autre ne peut rien contre cette loi.
Cependant, Fuchs n'était pas encore tout à fait prêt à avouer. Il vaquait à ses occupations et ne se confiait à personne. Le dimanche 22 janvier, il déclara à Arnold qu'il aimerait revoir Skardon, ayant quelque chose à lui dire. Le 24, Skardon se présenta au domicile du savant et lui dit :
- Vous avez demandé à me voir ?
- Oui. c'est mon tour maintenant... répondit Fuchs.
Après ce demi-aveu, il n'ajouta plus rien, comme envahi soudain par l'angoisse. Il se lança dans une longue dissertation sur sa vie, revenant sans cesse sur des détails déjà évoqués. Au bout de deux heures, il était hagard, et Skardon lui dit :
- Vous m'avez raconté une longue histoire pour établir les motifs de vos actes, mais rien au sujet de ces actes mêmes.
- Vous n'arriverez jamais à me faire parler, souffla le savant.
- Très bien, répondit Skardon. Allons déjeuner !
Pour se rendre à Abingdon, ils prirent place dans la voiture de Fuchs, celui-ci conduisant comme un fou, prenant les virages à droite (3), frôlant les automobiles qu'ils dépassaient, traversant en trombe les rues populeuses d'Abington pour stopper enfin devant la porte de l'hôtel où ils devaient prendre leur repas.
Au cours du chemin de retour, en revanche, ils suivirent un camion roulant à peine à 20 km à l'heure, Fuchs n'osait pas le dépasser, Ils rentrèrent silencieusement à son domicile, et, dès qu'ils furent chez lui, Fuchs déclara qu'il était prêt à tout avouer.
- Quand cela a-t-il commencé ? demanda Skardon.
- Vers le milieu de 1942, répondit Fuchs, et jusqu'à l'année dernière.
Ce fut pour Skardon le premier choc qu'il éprouva cet après-midi-là ; il ne s'agissait plus de simples fuites de quelques rapports confidentiels, mais d'un acte de trahison comme il en existe peu.
Soulagé par sa confession, Fuchs parlait maintenant vite et d'abondance, relatant des faits incroyables.
Les paroles se succédaient à une telle cadence qu'il ne pouvait être question pour Skardon de prendre des notes. Enfin celui-ci interrompit Fuchs et lui demanda ce qu'il avait livré aux Russes. C'est alors qu'il reçut son second choc de la journée. Fuchs répondit que ce qu'il pensait avoir fait de pire avait été de faire connaître aux Russes les méthodes de fabrication de la bombe atomique.
Skardon avait hâte d'en finir, d'aller consulter ses supérieurs et d'obtenir les aveux par écrit. Mais l'autre continuait.
Il avait toujours foi dans le communisme, poursuivait-il, mais non en celui que la Russie mettait maintenant en pratique et qu'il fallait combattre. Il reconnaissait que l'Angleterre était le seul endroit où il pouvait vivre.
Qu'allaient penser de lui Henry Arnold et ses autres amis ?
Après avoir donné un ou deux renseignements supplémentaires et convenu avec Skardon qu'ils se rencontreraient de nouveau le 26 janvier, l'enquêteur repartit pour Londres, porteur du terrible rapport, tandis que l'espion, ayant soulagé son cœur, croyait encore que tout irait pour le mieux et qu'on le garderait à Harwell.
Ces illusions offraient certains avantages : il ne songerait probablement ni à s'enfuir ni à se donner la mort. Il était moins que jamais nécessaire maintenant de l'alarmer, de l'entourer de policiers ou de le tirer du monde imaginaire dans lequel il avait toujours vécu.
Pour ses amis, Klaus Fuchs travaillait toujours au Centre de recherches. En réalité il préparait à l'intention de Skardon, un compte rendu détaillé de son activité de traître, le lieutenant-colonel Arnold étant le seul, à Harwell, à connaître la vérité.
Lorsque Skardon revint, le 26 janvier, Fuchs lui déclara d'emblée qu'il avait hâte que la situation fût éclaircie le plus rapidement possible. Skardon proposa qu'il formulât ses aveux par écrit ou qu'il les dictât à une secrétaire ou encore à lui-même, Skardon.
Fuchs choisit cette dernière solution et ils convinrent de se revoir le lendemain, au ministère de la Guerre, à Londres.
Le savant se rendit dans la capitale sans aucune surveillance policière. Lorsque Skardon lui demanda s'il était prêt à faire une déclaration écrite, il répondit :
- Oui, je comprends parfaitement. J'aimerais en finir avec toute cette affaire.
Skardon écrivit à la main, sous sa dictée :
« Je suis chef adjoint du service scientifique du Centre de recherches sur l'énergie atomique de Harwell. Je suis né à Russelsheim (Allemagne) le 29 décembre 1911. Mon père était pasteur et mon enfance fut très heureuse. Je crois nécessaire de souligner que mon père agit toujours au mieux de ses convictions et qu'il nous conseilla de suivre la voie qui nous était tracée, même s'il la désapprouvait ... »
« Il me reste à réparer »
À la fin de sa «confession», Fuchs tint à faire cet acte de contrition :
« Je sais qu'il me reste maintenant à tenter de réparer le préjudice que j'ai causé ; tout d'abord de m'assurer que Harwell souffrira le moins possible de ma faute, et de sauver, pour mes amis, la meilleure part de mes relations avec eux. Ce souci domine maintenant ma pensée et il m'est difficile de concentrer mon esprit sur d'autres sujets.
« Je me rends compte, cependant, qu'il me faudra révéler l'étendue des informations que j'ai livrées (aux Russes) et contribuer, dans les limites dictées par ma conscience, à empêcher d'autres personnes de continuer à agir comme je l'ai fait.
« Depuis mon arrivée à Harwell, j'ai connu des Anglais de toute sorte et j'en suis arrivé à dénoter chez nombre d'entre eux une fermeté de caractère profondément ancrée qui leur permet de suivre une honnête ligne de conduite. Je ne sais pas d'où cela provient, ni s'ils le savent eux-mêmes ; mais le fait est là. Je viens de relire cette déclaration et la tiens pour vraie au mieux de ma connaissance. »
Et il signa : « Klaus Fuchs ».
Fuchs avait fait cependant une réserve qui montre bien dans quel monde imaginaire il vivait encore moralement ; il se refusait à confier à Skardon les détails techniques de la fabrication de la bombe atomique qu'il avait passés aux Russes parce que celui-ci n'était pas qualifié pour recueillir des informations de ce genre. Il accepta de les donner à une personne autorisée, Mr. Michael Perrin, un fonctionnaire de la « Section ministérielle d'énergie atomique ».
Rendez-vous avec Perrin fut pris pour le 30 janvier à Londres. Fuchs déclara qu'il aimerait se reposer et réfléchir durant le week-end. II répéta qu'il ne voulait pas perdre de temps à s'occuper de son avenir, puis repartit seul, par le train, pour Harwell.
Un étrange incident se produisit cette nuit-là. Informé que le bureau de Fuchs était éclairé, Arnold se servit de son passe-partout pour entrer dans une pièce située vis-à-vis du bureau, de l'autre côté d'un couloir. Le mur de façade de ces bureaux comporte une vitre près du plafond. En grimpant sur un buffet, il put voir, au-delà du couloir, ce qui, se passait dans la pièce du savant. Celui-ci s'y trouvait, assis à son bureau, examinant des papiers. Arnold l'observa un long moment. Au point où les choses en étaient, tout était possible. Fuchs pouvait essayer de se donner la mort ou de fuir le pays, ou encore être revenu dans son bureau pour détruire des documents. Arnold attendit.
L'homme qu'il surveillait lisait toujours tranquillement. Enfin, vers minuit et demi, Fuchs éteignit la lumière, donna un tour de clé à la porte de son bureau et rentra chez lui.
Après son départ, Arnold pénétra dans la pièce et s'aperçut que les papiers ne concernaient que des affaires courantes. La pièce ne devait plus recevoir de visite jusqu'au jour de la perquisition officielle, après l'arrestation de l'espion atomique.
Celui-ci prit un train de matin pour Londres, le lundi 30 janvier ; Skardon le conduisit au ministère de la Guerre où l'attendait Michael Perrin. En chemin, Fuchs déclara qu'il tenait pour certain que d'autres savants avaient également trahi pour le compte de l'Union soviétique.
Arrêté !
Au ministère de la Guerre où Skardon et le Dr Fuchs se rendirent le 30 janvier 1950, pour y rencontrer M. Michael Perrin, l'enquêteur suivit l'entretien en déclarant que Fuchs était prêt à tout révéler. Perrin répondit qu'il ne manquait pas de papier pour prendre des notes.
Après une courte interruption pour le déjeuner, les trois hommes se remirent au travail. Fuchs répéta ce qu'il avait déjà avancé concernant la collaboration avec les Russes d'autres savants occidentaux et, à titre d'exemple, il raconta comment, au début de ses activités de traître, avant son voyage aux États-Unis, les Russes lui avaient demandé des renseignements détaillés sur un procédé américain de séparation des isotopes 238 et 235 électromagnétiques (4). Or, à cette époque, aucun savant britannique n'en avait encore eu connaissance.
À 16 heures, Fuchs retourna seul à Harwell. Les autorités disposaient enfin d'éléments suffisants pour l'arrêter. Il fallait toutefois en informer auparavant le premier ministre, M. Attlee, puis on se mit en rapport avec le procureur général, Sir Bartley Shawcross, qui se trouvait quelque part au nord de l'Angleterre.
Celui-ci rentra à Londres, étudiant le dossier dans le train.
Enfin, le 2 février 1950, tout était prêt pour l'action. Plutôt que d'arrêter le coupable à Harwell, le service de sécurité préféra faire venir Fuchs à Londres. L'arrestation pourrait avoir lieu au bureau de Perrin à Shell-Mex House. Celui-ci téléphona le 2 février au matin :
- Pourriez-vous revenir ici cet après-midi ?
Fuchs accepta, ajoutant qu'il prendrait probablement le train qui arrive à Paddington vers 14 h. 30.
Il fut décidé que Léonard Burt, de Scotland Yard, se tiendrait dans la pièce de Perrin dès 14 h. 30 avec un mandat d'amener en poche. Perrin s'installa dans son bureau à l'heure dite et attendit.
A 15 heures, le secrétaire de Perrin téléphona que Fuchs venait d'arriver. Perrin donna des instructions afin que le savant n'eût accès à son bureau qu'après la venue de Burt et, un peu nerveux, appela de nouveau la Sécurité.
Finalement, à 15 h. 30, Burt apparut avec un inspecteur.
Ils firent appeler Fuchs, qui avait attendu tout ce temps dans la pièce voisine Perrin le présenta rapidement à Burt, puis s'esquiva. Burt lut l'inculpation et annonça à Fuchs qu'il se trouvait en état d'arrestation. Fuchs demanda alors à voir Perrin.
Quand Burt revint avec celui-ci, le prisonnier était livide. Regardant Perrin bien en face, il eut ce touchant « cri du cœur » :
- Vous pensez à l'effet que cela va produire à Harwell !
Les inspecteurs conduisirent Fuchs au poste de police de Bow Street où il comparut d'abord devant le principal magistrat, sir Laurence Dunne, le 3 février. L'affaire fut renvoyée à huitaine pour permettre à Fuchs de désigner ses avocats. Entre temps, il demeura à la prison de Brixton.
Au cours de la seconde audience, le 10 février à Bow Street, le lieutenant-colonel Arnold, Skardon et Perrin vinrent témoigner, et quelques extraits de la « confession écrite » furent lus.
Le maximum de la peine !
Le 1er mars, Fuchs se présenta devant le Lord Chief Justice, lord Goddard.
Le cas fut jugé en une heure et demie en présence du seul Skardon. Le principal avocat de Fuchs, Mr Derek Curtis-Bennett, lui ayant rendu visite dans sa cellule avant l'audience, lui déclara qu'il ne devait pas compter sur son acquittement ; il devait s'attendre au maximum de la peine.
- Oui, je sais : la mort.
- Non, quatorze ans, répondit l'avocat.
La peine capitale existe en Angleterre pour les cas de haute trahison, mais cette accusation ne peut être portée que contre un traître qui agit au profit de l'ennemi. Or Fuchs avait livré ses renseignements à un allié.
A l'issue des débats du tribunal, lord Goddard annonça à Fuchs qu'il le déclarait coupable et lui demanda s'il avait quelque chose à dire. Fuchs parla :
- My Lord, j'ai commis certains crimes pour lesquels je suis accusé et m'attends à être condamné. J'ai aussi commis d'autres délits qui ne sont pas considérés comme tels aux yeux de la loi - crimes contre mes amis, - et quand je luis demandai à mon défenseur de vous exposer certains faits, ce n'était pas dans l'espoir d'alléger ma condamnation mais afin de racheter ces autres crimes.
« J'ai été jugé équitablement et je tiens à vous en remercier ainsi que mon avocat et mes avoués. Je désire également remercier le gouvernement et le personnel de la prison de Brixton, pour les égards dont j'ai été l'objet. »
Lord Goddard prit à son tour la parole :
- Par sa conduite, Fuchs a compromis le droit d'asile accordé jusqu'ici par ce pays... En volant des secrets atomiques aux États-Unis, il aurait pu nuire aux bonnes relations entre ce pays et la grande république américaine avec laquelle Sa Majesté est alliée...
Puis, s'adressant à Fuchs :
- Votre crime, selon moi, est à peine différent de la haute trahison. Mais dans ce pays, nous observons la règle de la loi et, comme sur le plan technique il ne constitue pas une haute trahison, vous n'êtes jugé que pour ce délit.
Il condamna donc le Dr Klaus Fuchs à quatorze années d'emprisonnement, maximum légal.
- Mon devoir me commande de protéger les intérêts de ce pays, déclara lord Goddard, et comment puis-je être assuré qu'un homme dont la mentalité est exprimée dans les déclarations que vous avez écrites ne sera pas amené, par une curieuse tournure d'esprit, à trahir de nouveau des secrets de la plus haute importance pour ce pays ?
Fuchs quitta le banc des accusés sans mot et sans émotion apparente. Cette fois, personne ne s'avança pour protester contre le verdict.
Tout le problème de la sécurité britannique se trouvait en cause. Jusqu'à quel point était-elle compromise ? Combien d'autres Fuchs allaient et venaient dans les laboratoires britanniques et américains ?
Les événements se succédèrent rapidement. Le 3 mars 1950 le premier ministre Attlee vit sir Percy Sillitoe, chef du M.I.S. (5) à Downing Street et le dossier du cas fut envoyé au président Truman et au F.B.I.
Le 10 mars, le Comité de l'Énergie atomique se réunit à Washington. Il avait en sa possession des documents de première importance : les aveux de Fuchs formulés à Skardon et sa « confession technique » reçue par Perrin. Le Comité se montra, selon les propres termes de son président (le sénateur Mc Mahon), péniblement affecté. La chasse aux espions ayant eu des rapports avec Fuchs commença activement des deux côtés de l'Atlantique.
On questionna le prisonnier, on lui présenta des centaines de photographies. Il ne connaissait aucun de ses «contacts» par leurs vrais noms et ne se souvenait pas de leurs visages. C'est ainsi qu'il laissa passer, sans s'y arrêter, une photo de l'espion américain Harry Gold, se bornant À affirmer qu'il n'avait jamais vu cette tête auparavant. Et pourtant, il l'avait maintes fois rencontré à New-York et À Santa-Fé.
Les agents du F.B.I. s'intéressèrent plus particulièrement à Gold qui travaillait comme biochimiste à Philadelphie. Ils «filèrent» des centaines de suspects aux États-Unis ; ils interrogèrent Kristel, la sœur de Fuchs. Finalement, ils réussirent à obtenir les aveux de Gold.
De Gold, la filière mena à David Greenglass, puis au couple Julius et Ethel Rosenberg et à d'autres appartenant au réseau d'espionnage américain.
On sut bientôt, en Angleterre, que la plupart des «contacts» de Fuchs avaient déjà fui en zone soviétique d'Allemagne. Fuchs fut transféré de la prison de Brixton à celle de Stafford où il est demeuré jusqu'à sa récente libération.
par ALAN MOOREHEAD HISTORIA octobre 1960
(1) Service des renseignements de l'armée.
(2) Federal Bureau of Investigation (police politique américaine).
(3) On sait qu'en Grande-Bretagne, les véhicules roulent a gauche.
(4) C'est ce qu'on appelle le « spectrographe de masse ».
(5) Service des renseignements de l'armée (2e bureau britannique).
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Re: Communisme : le devoir de mémoire
La complicité du communisme français
Les dirigeants communistes français sont passés maîtres dans l'art de faire oublier leurs complicités et leurs responsabilités. Certes, n'ayant pas directement exercé le pouvoir, ils n'ont pas comme leurs homologues de l'Est été directement impliqués dans l'engrenage de la répression et du crime de masse. Pourtant leur passé est entaché doublement : par leurs actions d'abord et ensuite par leur soutien inconditionnel et jamais renié au marxisme-léninisme, à l'Union soviétique hier, à Cuba et au Vietnam aujourd'hui...
Dirigé et financé par Moscou
L'histoire du Parti Communiste Français justifierait à elle seule l'interdiction du nom de ce parti sur la scène politique contemporaine. Créé en 1920 d'une scission du socialisme français voulue par Moscou, le PCF n'a jamais eu, jusqu'à une date récente, d'existence libre ou indépendante vis-à-vis du grand frère soviétique. Inféodé au Komintern, l'organisation communiste internationale, le PCF sera dirigé secrètement par Eugen Fried (1), envoyé spécial de Staline, tout au long des années 30 et dans les premières années de guerre. Thorez, Duclos, Frachon et Marty prennent la direction du parti après avoir fait allégeance personnelle auprès du « Guide suprême » Staline. Tous les dirigeants communistes français sont fichés à Moscou et invités à venir s'y former.
Le parti reçoit de l'argent de Moscou, notamment après 1934, et cette manne ne se tarira qu'avec Gorbatchev !
Complice d'Hitler
Jusqu'en 1934, le PCF accuse les socialistes français d'être des « sociaux-traîtres » et de faire le jeu du fascisme. Sur ordre de Staline, il s'engage ensuite dans une stratégie de Front Populaire, mais Moscou interdit la participation au gouvernement Blum. Ferme soutien des républicains espagnols, le PCF pousse à l'entrée en guerre de la France contre Franco. 1939 marque un virage à 1800 et l'engagement du PCF pour « la paix », jusqu'au pacte germano-soviétique d'août approuvé par Thorez et ses amis.
En octobre, le patron des communistes français déserte alors que la guerre est déclarée à l'Allemagne de Hitler. Il gagne l'URSS où il va passer toute la guerre. Dans ses messages diffusés en France durant la drôle de guerre, il fustige les Finlandais, Polonais, Baltes et Ukrainiens qui résistent à l'invasion soviétique permise par Hitler en traitant ces patriotes de «provocateurs», « vendus aux banquiers de Londres » (2). Le 15 juin 1940, alors que la France est occupée par les Allemands, Fried, Jacques Duclos et Maurice Tréand discutent à la Kommandantur de Paris pour obtenir la reparution de «L'Humanité» (3) quand dans le même temps le ministre russe Molotov félicite Hitler pour sa victoire totale en France ! Le fameux parti de la résistance ne fera rien contre les nazis avant le mois de juillet 1941... et encore le fera t-il alors dans le seul but de venir au secours de l'Union soviétique envahie.
Les ombres de la résistance communiste
Des communistes ont rejoint avec conviction le combat contre l'occupant. Mais leurs chefs poursuivaient des buts plus cyniques. La stratégie de l'assassinat de soldats allemands dans la rue déclenchant la répression aveugle de l'occupant sur les populations civiles était voulue par le PC pour entraîner un processus de terreur. La multiplication des maquis communistes non contrôlés, parfois remplis de véritables gangsters, visait à prendre de vitesse les autres maquis gaullistes ou nationalistes, car le but était la prise insurrectionnelle du pouvoir à la Libération. Certaines dénonciations de résistants concurrents n'ont jamais été élucidées, de même que la coexistence conflictuelle de maquis comme dans les Glières (4). À la Libération, répondant au mot d'ordre « Pas de quartier ! » lancé depuis Moscou par Thorez, le PCF prend une place de premier plan dans l'épuration qui, au-delà des collaborateurs, vise pour lui dans de nombreuses régions à éliminer les élites d'avant-guerre et les notables nationaux, mais aussi quelques responsables de la résistance non communiste. Des exactions innombrables seront alors commises notamment par le maquis FTP du criminel Guingoin en Limousin (5), mais aussi en Ardèche, dans le Gard avec les FTP de Boulestin, en Corrèze, dans la Creuse ou la Savoie, enfin dans la région toulousaine et en Dordogne où les maquis communistes s'appuient sur les troupes de choc exilées après la guerre d'Espagne.
Le PCF au pouvoir
Thorez revient d'exil en triomphateur, obtient pour les communistes des ministères dans le gouvernement De Gaulle et accède même durant l'année 46 à la vice-présidence du Conseil ! Le PCF investit tous les rouages du pouvoir. Il rassemble aux élections de novembre 28% des suffrages. Mais le début de la guerre d'Indochine et la guerre froide le font une nouvelle fois changer de stratégie et choisir l'épreuve de force avec ses anciens partenaires. Les sabotages dans les usines d'armement, ainsi que les actions de soutien au Vietminh se multiplient. Des communistes s'engagent avec Ho Chi Minh pour faire la guerre à leurs compatriotes du corps expéditionnaire français. Dans le même temps des grèves insurrectionnelles, exigées par le Kominform, éclatent en France. Le but est de faire tomber la IVe république. Le 2 décembre 1947, à la suite du sabotage par des communistes d'une voie ferrée, l'express Paris-Lille déraille faisant 16 morts et 30 blessés (6).
Au service ininterrompu de l'URSS
Stalinien jusqu'à la mort de Staline(7) et même au-delà, le PCF n'a, à la différence des autres PC ouest-européens jamais remis en cause sa soumission à Moscou. Ainsi sera t-il amené à justifier la répression à Budapest en 1956, celle de Prague en 1968 ou encore l'invasion de l'Afghanistan en 1979 et la «normalisation» polonaise de 1981...
À cette époque, Georges Marchais se fait photographier avec son ami Ceaucescu, et déclare que le bilan de l'URSS est « globalement positif ».
Jusqu'à une date récente, la « Fête de l'Humanité » abritait des stands consacrés à tous les régimes communistes de la planète (8) et on y trouve encore ceux vantant les régimes cubain ou vietnamien et l'an dernier un stand à la gloire d'Erich Honecker, le bourreau de la RDA.
Robert Hue tente aujourd'hui de faire oublier tout cela, mais il se réclame du léninisme, refuse d'envisager l'abandon du terme de Parti Communiste et se trouve soutenu par l'irréductible veuve de Thorez.
Nouveaux oripeaux pour vieilles méthodes
Le PCF et ses courroies de transmission n'ont pas renoncé à utiliser l'intimidation, les dénonciations (9), l'hégémonie quand il font interdire les syndicats patriotes, sans parler de la fraude électorale, le terrorisme intellectuel quand ils accusent de fascisme et de racisme tous ceux qui leur résistent, voire la violence (10) avec les groupuscules qu'ils manipulent tels le SCALP (Section Carrément Anti Le Pen) ou Ras l' Front.
Notes :
(1) comme l'a révélé l'examen des archives soviétiques. Cf Historia décembre 1996
(2) Cf A. Rossi, Les Communistes français pendant la drôle de guerre, Editions Iles d'Or; 1951
(3) Cf Historia, Révélations des archives soviétiques, décembre 96
(4) Cf P. Vial, Le Sang des Glières, Presses de la cité,
(5) Cf Robert Aron, Histoire de l'Epuration, 1968
Dominique Venner, Histoire critique de la Résistance, Editions Pygmalion,
(6) Cf Stéphane Courtois dans Le Figaro, 13 novembre 97
(7) L'épisode du Procès Kravchenko, transfuge soviétique insulté par le PCF et les intellectuels communistes pour avoir révélé le goulag en 1947, est significatif Cf Le Monde, 24 novembre 97
(8) La Corée du Nord y était représentée jusqu'en 1991, trois ans après la chute du mur de Berlin...
(9) En décembre dernier, le maire communiste de Montreuil fait pression sur la direction nationale du Crédit mutuel pour faire licencier le directeur local de la banque dont il a appris les sympathies pour le FN. Cf Français d'Abord, n°269. Une bibliothécaire communiste du Val d'Oise entend purger la bibliothèque des livres de droite et le Salon du Livre antifasciste de Gardanne veut faire sortir des bibliothèques les livres de la collection scoute « Signe de piste » signés de Serge Dalens et les contes pour enfants de Pierre Gripari, auteurs jugés trop patriotes...
(10) 14 septembre 1996, le service d'ordre du PC tabasse et torture une nuit durant des communistes «dissidents» présents à la « Fête de l'Huma », Cf Le Parisien et Combat syndicaliste, octobre 96, La même semaine des colleurs d'affiches du FN sont grièvement blessés à Gardanne,
D.B. Français d'abord! 12e quinzaine janvier 1998
Les dirigeants communistes français sont passés maîtres dans l'art de faire oublier leurs complicités et leurs responsabilités. Certes, n'ayant pas directement exercé le pouvoir, ils n'ont pas comme leurs homologues de l'Est été directement impliqués dans l'engrenage de la répression et du crime de masse. Pourtant leur passé est entaché doublement : par leurs actions d'abord et ensuite par leur soutien inconditionnel et jamais renié au marxisme-léninisme, à l'Union soviétique hier, à Cuba et au Vietnam aujourd'hui...
Dirigé et financé par Moscou
L'histoire du Parti Communiste Français justifierait à elle seule l'interdiction du nom de ce parti sur la scène politique contemporaine. Créé en 1920 d'une scission du socialisme français voulue par Moscou, le PCF n'a jamais eu, jusqu'à une date récente, d'existence libre ou indépendante vis-à-vis du grand frère soviétique. Inféodé au Komintern, l'organisation communiste internationale, le PCF sera dirigé secrètement par Eugen Fried (1), envoyé spécial de Staline, tout au long des années 30 et dans les premières années de guerre. Thorez, Duclos, Frachon et Marty prennent la direction du parti après avoir fait allégeance personnelle auprès du « Guide suprême » Staline. Tous les dirigeants communistes français sont fichés à Moscou et invités à venir s'y former.
Le parti reçoit de l'argent de Moscou, notamment après 1934, et cette manne ne se tarira qu'avec Gorbatchev !
Complice d'Hitler
Jusqu'en 1934, le PCF accuse les socialistes français d'être des « sociaux-traîtres » et de faire le jeu du fascisme. Sur ordre de Staline, il s'engage ensuite dans une stratégie de Front Populaire, mais Moscou interdit la participation au gouvernement Blum. Ferme soutien des républicains espagnols, le PCF pousse à l'entrée en guerre de la France contre Franco. 1939 marque un virage à 1800 et l'engagement du PCF pour « la paix », jusqu'au pacte germano-soviétique d'août approuvé par Thorez et ses amis.
En octobre, le patron des communistes français déserte alors que la guerre est déclarée à l'Allemagne de Hitler. Il gagne l'URSS où il va passer toute la guerre. Dans ses messages diffusés en France durant la drôle de guerre, il fustige les Finlandais, Polonais, Baltes et Ukrainiens qui résistent à l'invasion soviétique permise par Hitler en traitant ces patriotes de «provocateurs», « vendus aux banquiers de Londres » (2). Le 15 juin 1940, alors que la France est occupée par les Allemands, Fried, Jacques Duclos et Maurice Tréand discutent à la Kommandantur de Paris pour obtenir la reparution de «L'Humanité» (3) quand dans le même temps le ministre russe Molotov félicite Hitler pour sa victoire totale en France ! Le fameux parti de la résistance ne fera rien contre les nazis avant le mois de juillet 1941... et encore le fera t-il alors dans le seul but de venir au secours de l'Union soviétique envahie.
Les ombres de la résistance communiste
Des communistes ont rejoint avec conviction le combat contre l'occupant. Mais leurs chefs poursuivaient des buts plus cyniques. La stratégie de l'assassinat de soldats allemands dans la rue déclenchant la répression aveugle de l'occupant sur les populations civiles était voulue par le PC pour entraîner un processus de terreur. La multiplication des maquis communistes non contrôlés, parfois remplis de véritables gangsters, visait à prendre de vitesse les autres maquis gaullistes ou nationalistes, car le but était la prise insurrectionnelle du pouvoir à la Libération. Certaines dénonciations de résistants concurrents n'ont jamais été élucidées, de même que la coexistence conflictuelle de maquis comme dans les Glières (4). À la Libération, répondant au mot d'ordre « Pas de quartier ! » lancé depuis Moscou par Thorez, le PCF prend une place de premier plan dans l'épuration qui, au-delà des collaborateurs, vise pour lui dans de nombreuses régions à éliminer les élites d'avant-guerre et les notables nationaux, mais aussi quelques responsables de la résistance non communiste. Des exactions innombrables seront alors commises notamment par le maquis FTP du criminel Guingoin en Limousin (5), mais aussi en Ardèche, dans le Gard avec les FTP de Boulestin, en Corrèze, dans la Creuse ou la Savoie, enfin dans la région toulousaine et en Dordogne où les maquis communistes s'appuient sur les troupes de choc exilées après la guerre d'Espagne.
Le PCF au pouvoir
Thorez revient d'exil en triomphateur, obtient pour les communistes des ministères dans le gouvernement De Gaulle et accède même durant l'année 46 à la vice-présidence du Conseil ! Le PCF investit tous les rouages du pouvoir. Il rassemble aux élections de novembre 28% des suffrages. Mais le début de la guerre d'Indochine et la guerre froide le font une nouvelle fois changer de stratégie et choisir l'épreuve de force avec ses anciens partenaires. Les sabotages dans les usines d'armement, ainsi que les actions de soutien au Vietminh se multiplient. Des communistes s'engagent avec Ho Chi Minh pour faire la guerre à leurs compatriotes du corps expéditionnaire français. Dans le même temps des grèves insurrectionnelles, exigées par le Kominform, éclatent en France. Le but est de faire tomber la IVe république. Le 2 décembre 1947, à la suite du sabotage par des communistes d'une voie ferrée, l'express Paris-Lille déraille faisant 16 morts et 30 blessés (6).
Au service ininterrompu de l'URSS
Stalinien jusqu'à la mort de Staline(7) et même au-delà, le PCF n'a, à la différence des autres PC ouest-européens jamais remis en cause sa soumission à Moscou. Ainsi sera t-il amené à justifier la répression à Budapest en 1956, celle de Prague en 1968 ou encore l'invasion de l'Afghanistan en 1979 et la «normalisation» polonaise de 1981...
À cette époque, Georges Marchais se fait photographier avec son ami Ceaucescu, et déclare que le bilan de l'URSS est « globalement positif ».
Jusqu'à une date récente, la « Fête de l'Humanité » abritait des stands consacrés à tous les régimes communistes de la planète (8) et on y trouve encore ceux vantant les régimes cubain ou vietnamien et l'an dernier un stand à la gloire d'Erich Honecker, le bourreau de la RDA.
Robert Hue tente aujourd'hui de faire oublier tout cela, mais il se réclame du léninisme, refuse d'envisager l'abandon du terme de Parti Communiste et se trouve soutenu par l'irréductible veuve de Thorez.
Nouveaux oripeaux pour vieilles méthodes
Le PCF et ses courroies de transmission n'ont pas renoncé à utiliser l'intimidation, les dénonciations (9), l'hégémonie quand il font interdire les syndicats patriotes, sans parler de la fraude électorale, le terrorisme intellectuel quand ils accusent de fascisme et de racisme tous ceux qui leur résistent, voire la violence (10) avec les groupuscules qu'ils manipulent tels le SCALP (Section Carrément Anti Le Pen) ou Ras l' Front.
Notes :
(1) comme l'a révélé l'examen des archives soviétiques. Cf Historia décembre 1996
(2) Cf A. Rossi, Les Communistes français pendant la drôle de guerre, Editions Iles d'Or; 1951
(3) Cf Historia, Révélations des archives soviétiques, décembre 96
(4) Cf P. Vial, Le Sang des Glières, Presses de la cité,
(5) Cf Robert Aron, Histoire de l'Epuration, 1968
Dominique Venner, Histoire critique de la Résistance, Editions Pygmalion,
(6) Cf Stéphane Courtois dans Le Figaro, 13 novembre 97
(7) L'épisode du Procès Kravchenko, transfuge soviétique insulté par le PCF et les intellectuels communistes pour avoir révélé le goulag en 1947, est significatif Cf Le Monde, 24 novembre 97
(8) La Corée du Nord y était représentée jusqu'en 1991, trois ans après la chute du mur de Berlin...
(9) En décembre dernier, le maire communiste de Montreuil fait pression sur la direction nationale du Crédit mutuel pour faire licencier le directeur local de la banque dont il a appris les sympathies pour le FN. Cf Français d'Abord, n°269. Une bibliothécaire communiste du Val d'Oise entend purger la bibliothèque des livres de droite et le Salon du Livre antifasciste de Gardanne veut faire sortir des bibliothèques les livres de la collection scoute « Signe de piste » signés de Serge Dalens et les contes pour enfants de Pierre Gripari, auteurs jugés trop patriotes...
(10) 14 septembre 1996, le service d'ordre du PC tabasse et torture une nuit durant des communistes «dissidents» présents à la « Fête de l'Huma », Cf Le Parisien et Combat syndicaliste, octobre 96, La même semaine des colleurs d'affiches du FN sont grièvement blessés à Gardanne,
D.B. Français d'abord! 12e quinzaine janvier 1998
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Re: Communisme : le devoir de mémoire
trotski et les grévistes
« La meilleure place pour un gréviste, ce moustique jaune et nuisible,c’est le CAMP DE CONCENTRATION. »
Trotski, “Pravda”, 12 février 1920
Pour saluer la grève du 7 septembre 2010, et la gauche qui la fomente, ci-dessous le texte le plus dur contre Trotski que j’aie jamais lu. Le plus étonnant, c’est qu’il se trouve depuis 2004 sur le site des amis de… “Lutte ouvrière” !
Evidemment suivi de criailleries…
Patrick Gofman
trotskiste guéri depuis 1979
***
Lev Davidovitch Bronstein est né le 26 octobre 1879 à Lanovka en Ukraine.
Il est le fils d’un fermier juif ukrainien. Ses parents l’envoyèrent à Odessa à 9 ans, chez son oncle pour qu’il le fasse scolariser.
Il fait des études en mathématiques et en droit.
En 1898, il est arrêté pour son activité révolutionnaire puis déporté en Sibérie en 1900.
Il s’évade et rejoint Lénine (Vladimir Ilitch Oulianov) à Londres.
Membre du Parti Ouvrier Social-Démocrate Russe, il adhère en 1903 à la fraction Menchévique (opposée aux bolchéviques de Lénine).
Pendant la révolution de 1905, il préside le Soviet de Saint-Petersbourg. Il est arrêté mais s’échappe et s’exile à Vienne en 1907.
Mai 1917, il revient en Russie, délaisse les Menchéviques pour rallier les Bolchéviques (août 1917) et participe à l’organisation de la révolution d’Octobre.
A ceux qui protestaient contre le putsch bolchévique d’octobre 1917, voici ce que Trotski a répondu, le 25 octobre 1917, au palais Smolny : « Vous êtes de lamentables isolés, vous êtes des banqueroutiers, rendez-vous là où votre classe est désormais : dans la poubelle de l’Histoire. »
Autre signe de son grand coeur, son intervention du 13 décembre 1917 devant le comité exécutif des soviets : « Dans moins d’un mois, la terreur va prendre des formes très violentes, à l’instar de ce qui s’est passé lors de la Grande Révolution Française. Ce ne sera plus seulement la prison, mais la guillotine, cette remarquable invention de la Grande Révolution Française, qui a pour avantage reconnu celui de raccourcir un homme d’une tête, qui sera prête pour nos ennemis ». Là, Trotski , l’intello sanguinaire, faisait dans l’humour noir, mais on a du mal à sourire lorsqu’on pense aux dizaines de millions de sacrifiés sur l’autel du bolchévisme !
1917-1925 : Commissaire du Peuple à la guerre où il crée l’Armée Rouge.
1918-1920 : Chef de l’Armée Rouge pendant la guerre civile (des millions de macchabées).
29 avril 1918 : « Notre parti est pour la guerre civile. La guerre civile, c’est la lutte pour le pain. Vive la guerre civile ! » L. Trotski
1919-1920 : LE CONCEPT DE LA MILITARISATION DU TRAVAIL : Trotski est à l’origine du concept de “militarisation du travail”, théorie qu’il développa devant le IXe congrès du PCUS (mars 1920). Pour Trotski, l’homme est naturellement porté par la paresse. Dans un régime capitaliste, l’ouvrier doit travailler pour survivre, la loi du marché l’empêchant de se relâcher. Mais dans un régime socialiste, « l’utilisation de ressources de travail remplace le marché ». C’est l’état qui doit alors orienter, affecter et encadrer le travailleur. Le travailleur doit donc obéir « comme un soldat » à l’Etat ouvrier qui est censé défendre les intérêts du prolétariat. Sur ces principes, s’établit alors la militarisation du travail dont les bases, qui ne peuvent que réjouir Arlette et ses amis, sont :
- INTERDICTION DES GREVES (considérées comme des désertions) ;
- RENFORCEMENT DE LA DISCIPLINE ET DES POUVOIRS DE LA DIRECTION ;
- SUBORDINATION COMPLETE DES SYNDICATS ;
- INTERDICTION DE QUITTER SON POSTE DE TRAVAIL ;
- SANCTIONS SEVERES CONTRE L’ABSENTEISME ET LES RETARDS.
Pourtant, en 1920, les ouvriers crèvent de faim, pour pouvoir nourrir, eux, et leurs familles, ils sont bien souvent obligés de s’absenter de leur poste de travail pour s’approvisionner.
Mais le concept trotskiste de militarisation du travail DOIT s’appliquer. Devant la dureté du système, les ouvriers débrayent, font grève, manifestent. Trotski est outré devant de tels actes de “sabotage” ; il lance, le 12 février 1920, dans la Pravda (journal qu’il a créé) : « La meilleure place pour un gréviste, ce moustique jaune et nuisible, c’est le CAMP DE CONCENTRATION. »
Dès lors, dans toute la Russie, des dizaines de milliers de “saboteurs” (grévistes et même leurs familles) sont arrêtés, déportés, enfermés dans des “camps de concentration” ou fusillés, à moins qu’ils n’acceptent, si la possibilité leur est donné, comme à TOULA en juin 1920, de s’humilier en signant des papiers abjects, du style : « Je, soussigné, chien puant et criminel, me repens devant le tribunal révolutionnaire et l’Armée rouge, confesse mes fautes et promet de travailler consciencieusement. »
1919-1922 : LA CHASSE AUX “VERTS” : Les Verts, rien à voir avec le parti de Mamère, sont les paysans, ni rouges (communistes), ni blancs (tsaristes) dont le seul objectif était de survivre à la famine en cultivant leurs petites exploitations. Mais voilà les bolcheviques qui arrivent avec leur armée rouge, cette armée en guenilles, création de Trotski, qui sèment la terreur partout où ils passent, et qui feraient passer Attila et ses Huns pour Sainte Blandine et les sept nains. Ils obligent les paysans à s’enrôler dans l’armée, les obligeant à laisser tomber leurs champs que l’état, évidemment s’empresse de garder pour lui ! Si ils ne sont pas capables de gonfler les effectifs de la horde sanglante (trop vieux, etc.), ils subissent des réquisitions inimaginables, les obligeant à donner du grain à l’Etat bien plus qu’ils en avaient produit.
Ces ingrats de verts, incapable de comprendre que l’avenir radieux du Paradis socialiste ne peut se faire qu’avec leur sacrifice, résistèrent en refusant la conscription et les réquisitions (notamment en Ukraine). Mal leur en prit ! Les vampires au pouvoir, Trotski (et son Armée rouge), Dzerjinski (et sa bande de soudards tchékistes), Lénine (et sa syphilis) se mirent à les fusiller (pas méchamment, c’est juste pour l’exemple). Les verts prirent alors les armes, enfin, ce qu’ils avaient sous la main, et luttèrent contre les rouges. La colère du commissaire du peuple à la guerre ne tarda pas à se manifester. Il déclara : « Ces masses bestiales ne peuvent être matées que par la force ! Il faut un BALAI DE FER pour nettoyer l’Ukraine de ses bandes de bandits ! ». L’opération de toilettage dura jusqu’en 1922, avec force charniers de paysans, tués sans distinctions de sexe ou d’âge… L’humanité venait d’oublier vingt siècles de civilisation.
1918-1922 : LE SYSTEME DES OTAGES : Dans sa lutte contre la “vermine blanche”, les “chiens puants” de grévistes et les “masses bestiales” de verts, Trotski et son compère Lénine mirent au point une tactique efficace : Les Otages. Si quelqu’un refusait telle où telle corvée, on emprisonnait toute sa famille, et s’il refusait toujours, on fusillait tout le monde. Otages familiaux, certes, mais aussi otages à l’échelon des villages : un village refusait d’appliquer certains oukases, on prenait les femmes et les enfants du village pour mettre au pas ces insupportables empêcheurs de tourner en rond.
Petit exemple : le 15 février 1919, aux tchékas locales, pour que le déblayage de la neige sur les voies soit plus rapide : « Prenez des otages parmi les paysans […], si le déblayage n’est pas fait, les otages seront passés par les armes. » (Dekrety sovietskoï vlasti, Moscou, 1968).
Edifiant non ?
http://www.france-courtoise.info
« La meilleure place pour un gréviste, ce moustique jaune et nuisible,c’est le CAMP DE CONCENTRATION. »
Trotski, “Pravda”, 12 février 1920
Pour saluer la grève du 7 septembre 2010, et la gauche qui la fomente, ci-dessous le texte le plus dur contre Trotski que j’aie jamais lu. Le plus étonnant, c’est qu’il se trouve depuis 2004 sur le site des amis de… “Lutte ouvrière” !
Evidemment suivi de criailleries…
Patrick Gofman
trotskiste guéri depuis 1979
***
Lev Davidovitch Bronstein est né le 26 octobre 1879 à Lanovka en Ukraine.
Il est le fils d’un fermier juif ukrainien. Ses parents l’envoyèrent à Odessa à 9 ans, chez son oncle pour qu’il le fasse scolariser.
Il fait des études en mathématiques et en droit.
En 1898, il est arrêté pour son activité révolutionnaire puis déporté en Sibérie en 1900.
Il s’évade et rejoint Lénine (Vladimir Ilitch Oulianov) à Londres.
Membre du Parti Ouvrier Social-Démocrate Russe, il adhère en 1903 à la fraction Menchévique (opposée aux bolchéviques de Lénine).
Pendant la révolution de 1905, il préside le Soviet de Saint-Petersbourg. Il est arrêté mais s’échappe et s’exile à Vienne en 1907.
Mai 1917, il revient en Russie, délaisse les Menchéviques pour rallier les Bolchéviques (août 1917) et participe à l’organisation de la révolution d’Octobre.
A ceux qui protestaient contre le putsch bolchévique d’octobre 1917, voici ce que Trotski a répondu, le 25 octobre 1917, au palais Smolny : « Vous êtes de lamentables isolés, vous êtes des banqueroutiers, rendez-vous là où votre classe est désormais : dans la poubelle de l’Histoire. »
Autre signe de son grand coeur, son intervention du 13 décembre 1917 devant le comité exécutif des soviets : « Dans moins d’un mois, la terreur va prendre des formes très violentes, à l’instar de ce qui s’est passé lors de la Grande Révolution Française. Ce ne sera plus seulement la prison, mais la guillotine, cette remarquable invention de la Grande Révolution Française, qui a pour avantage reconnu celui de raccourcir un homme d’une tête, qui sera prête pour nos ennemis ». Là, Trotski , l’intello sanguinaire, faisait dans l’humour noir, mais on a du mal à sourire lorsqu’on pense aux dizaines de millions de sacrifiés sur l’autel du bolchévisme !
1917-1925 : Commissaire du Peuple à la guerre où il crée l’Armée Rouge.
1918-1920 : Chef de l’Armée Rouge pendant la guerre civile (des millions de macchabées).
29 avril 1918 : « Notre parti est pour la guerre civile. La guerre civile, c’est la lutte pour le pain. Vive la guerre civile ! » L. Trotski
1919-1920 : LE CONCEPT DE LA MILITARISATION DU TRAVAIL : Trotski est à l’origine du concept de “militarisation du travail”, théorie qu’il développa devant le IXe congrès du PCUS (mars 1920). Pour Trotski, l’homme est naturellement porté par la paresse. Dans un régime capitaliste, l’ouvrier doit travailler pour survivre, la loi du marché l’empêchant de se relâcher. Mais dans un régime socialiste, « l’utilisation de ressources de travail remplace le marché ». C’est l’état qui doit alors orienter, affecter et encadrer le travailleur. Le travailleur doit donc obéir « comme un soldat » à l’Etat ouvrier qui est censé défendre les intérêts du prolétariat. Sur ces principes, s’établit alors la militarisation du travail dont les bases, qui ne peuvent que réjouir Arlette et ses amis, sont :
- INTERDICTION DES GREVES (considérées comme des désertions) ;
- RENFORCEMENT DE LA DISCIPLINE ET DES POUVOIRS DE LA DIRECTION ;
- SUBORDINATION COMPLETE DES SYNDICATS ;
- INTERDICTION DE QUITTER SON POSTE DE TRAVAIL ;
- SANCTIONS SEVERES CONTRE L’ABSENTEISME ET LES RETARDS.
Pourtant, en 1920, les ouvriers crèvent de faim, pour pouvoir nourrir, eux, et leurs familles, ils sont bien souvent obligés de s’absenter de leur poste de travail pour s’approvisionner.
Mais le concept trotskiste de militarisation du travail DOIT s’appliquer. Devant la dureté du système, les ouvriers débrayent, font grève, manifestent. Trotski est outré devant de tels actes de “sabotage” ; il lance, le 12 février 1920, dans la Pravda (journal qu’il a créé) : « La meilleure place pour un gréviste, ce moustique jaune et nuisible, c’est le CAMP DE CONCENTRATION. »
Dès lors, dans toute la Russie, des dizaines de milliers de “saboteurs” (grévistes et même leurs familles) sont arrêtés, déportés, enfermés dans des “camps de concentration” ou fusillés, à moins qu’ils n’acceptent, si la possibilité leur est donné, comme à TOULA en juin 1920, de s’humilier en signant des papiers abjects, du style : « Je, soussigné, chien puant et criminel, me repens devant le tribunal révolutionnaire et l’Armée rouge, confesse mes fautes et promet de travailler consciencieusement. »
1919-1922 : LA CHASSE AUX “VERTS” : Les Verts, rien à voir avec le parti de Mamère, sont les paysans, ni rouges (communistes), ni blancs (tsaristes) dont le seul objectif était de survivre à la famine en cultivant leurs petites exploitations. Mais voilà les bolcheviques qui arrivent avec leur armée rouge, cette armée en guenilles, création de Trotski, qui sèment la terreur partout où ils passent, et qui feraient passer Attila et ses Huns pour Sainte Blandine et les sept nains. Ils obligent les paysans à s’enrôler dans l’armée, les obligeant à laisser tomber leurs champs que l’état, évidemment s’empresse de garder pour lui ! Si ils ne sont pas capables de gonfler les effectifs de la horde sanglante (trop vieux, etc.), ils subissent des réquisitions inimaginables, les obligeant à donner du grain à l’Etat bien plus qu’ils en avaient produit.
Ces ingrats de verts, incapable de comprendre que l’avenir radieux du Paradis socialiste ne peut se faire qu’avec leur sacrifice, résistèrent en refusant la conscription et les réquisitions (notamment en Ukraine). Mal leur en prit ! Les vampires au pouvoir, Trotski (et son Armée rouge), Dzerjinski (et sa bande de soudards tchékistes), Lénine (et sa syphilis) se mirent à les fusiller (pas méchamment, c’est juste pour l’exemple). Les verts prirent alors les armes, enfin, ce qu’ils avaient sous la main, et luttèrent contre les rouges. La colère du commissaire du peuple à la guerre ne tarda pas à se manifester. Il déclara : « Ces masses bestiales ne peuvent être matées que par la force ! Il faut un BALAI DE FER pour nettoyer l’Ukraine de ses bandes de bandits ! ». L’opération de toilettage dura jusqu’en 1922, avec force charniers de paysans, tués sans distinctions de sexe ou d’âge… L’humanité venait d’oublier vingt siècles de civilisation.
1918-1922 : LE SYSTEME DES OTAGES : Dans sa lutte contre la “vermine blanche”, les “chiens puants” de grévistes et les “masses bestiales” de verts, Trotski et son compère Lénine mirent au point une tactique efficace : Les Otages. Si quelqu’un refusait telle où telle corvée, on emprisonnait toute sa famille, et s’il refusait toujours, on fusillait tout le monde. Otages familiaux, certes, mais aussi otages à l’échelon des villages : un village refusait d’appliquer certains oukases, on prenait les femmes et les enfants du village pour mettre au pas ces insupportables empêcheurs de tourner en rond.
Petit exemple : le 15 février 1919, aux tchékas locales, pour que le déblayage de la neige sur les voies soit plus rapide : « Prenez des otages parmi les paysans […], si le déblayage n’est pas fait, les otages seront passés par les armes. » (Dekrety sovietskoï vlasti, Moscou, 1968).
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Re: Communisme : le devoir de mémoire
Hé bien, ça laisse rêveur... 

Errare humanum est, perseverare diabolicum.
"Ce qui doit tomber, il ne faut pas le retenir. Il faut encore le pousser." Nietzsche
"Le problème de la plupart des gens n'est pas qu'ils se fixent des objectifs trop hauts,
c'est qu'ils se fixent des objectifs trop bas et qu'ils les atteignent." Léonard de Vinci
"Ce qui doit tomber, il ne faut pas le retenir. Il faut encore le pousser." Nietzsche
"Le problème de la plupart des gens n'est pas qu'ils se fixent des objectifs trop hauts,
c'est qu'ils se fixent des objectifs trop bas et qu'ils les atteignent." Léonard de Vinci
Re: Communisme : le devoir de mémoire
J'ai placé ce lien dans mes favoris et le partagerais à la première occasion avec le syndicat FO (majoritaire dans mon service). Quelle bande d'enclumes ! 
"Condamner l'Immigration de Remplacement ( et ses conséquences) sans jamais dénoncer les Responsables de cette Immigration c'est faire preuve d'inintelligence et de lâcheté !"
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Re: Communisme : le devoir de mémoire
Rencontre avec Staline par le maréchal Juin
Après la Libération, de Gaulle était sollicité par le parti communiste français de faire rentrer en France Maurice Thorez, le véritable chef de ce parti, qui avait trouvé asile en Russie. De Gaulle, toutefois, ne voulait rien entendre, estimant que Thorez n'était qu'un déserteur qui avait quitté la France en pleine guerre pour se réfugier en Russie bien que celle-ci fût demeurée l'alliée de l'Allemagne.
Or, cette obstination cadrait mal avec le désir qu'il avait depuis un certain temps de rendre visite à Moscou au maréchal Staline pour faire pièce aux Alliés anglo-saxons qui affectaient de le considérer, lui et son gouvernement, comme quantité négligeable ou presque, parce que toujours tenu par eux comme provisoire, nonobstant la participation française à la lutte commune qui se pouvait mesurer à l'effort remarquable fourni par ses forces régulières et ses résistants intérieurs ainsi que par l'utilisation intensive par les armées alliées des ressources de notre équipement national.
Pour rencontrer Staline
Or une nouvelle conférence des trois grands Alliés anglo-saxons et russe pointait à l'horizon. Ce devait être celle de Yalta, en février 1945, qui devait donner lieu à bien des concessions au profit des Russes, funestes pour l'Occident (1).
Aucune invitation n'ayant encore été adressée à de Gaulle, qui aurait pu cependant y faire entendre un point de vue français inspiré d'une meilleure connaissance des données géographiques et historiques de l'Europe, il en concevait une telle amertume que ce sentiment avait encore renforcé son désir de rencontrer Staline, ne fût-ce que pour s'en expliquer avec ce dernier, avant la conférence, et à propos d'un pacte d'amitié à conclure.
Et c'est alors que, pour ne pas arriver à Moscou les mains vides, il avait accepté, bien qu'il lui en coûtât, d'autoriser Thorez à rentrer en France. Ce geste politique devait cependant être profitable à notre pays en ce sens que Thorez était un homme avec lequel il était possible d'avoir des contacts humains, une discussion sur des points où pouvait intervenir la raison.
Instruit en Russie même par les indicibles souffrances endurées par tout un peuple tendu à l'extrême vers la seule défense de sa patrie, il avait conscience, et d'accord en cela avec Staline, que ce n'était pas le moment de déclencher en France, au moment de sa libération et en présence de nos Alliés, un mouvement révolutionnaire semblable à celui qui devait éclater en Grèce et qui fut d'ailleurs voué à l'échec.
Aussi, ayant repris en France les rênes du parti communiste, fit-il porter de préférence les efforts de ce parti sur son accession au pouvoir exécutif, sans effrayer personne avec l'épouvantail des milices patriotiques, bientôt appelées à perdre leur cohésion, sinon à disparaître.
Ce voyage en Russie du général fut entrepris au début de décembre peu avant que ne se déclenchât l'offensive de Rundstedt dans les Ardennes belges. Il était accompagné de son directeur de cabinet Gaston Palewski et de M. Bidault, ministre des Affaires étrangères, entouré d'une équipe d'experts dont M. Dejean, directeur des Affaires politiques, et M. Hervé Alphand. M. Bogomolov, ambassadeur de l'U.R.S.S., à Paris, était également du voyage, ainsi que moi-même en tant qu'expert militaire.
En raison des hostilités qui se poursuivaient en Europe, l'itinéraire, pour gagner Moscou, ne pouvait qu'emprunter le rebord sud de la Méditerranée avec escales à Tunis et au Caire. Après quoi, via Habania en Irak on gagnerait Téhéran en Iran où le gouvernement soviétique devait faire savoir les conditions de notre acheminement sur Moscou.
Courte halte à Tunis devant permettre d'aller saluer au passage Son Altesse le bey Si Lamine, puis atterrissage au Caire où de Gaulle et sa suite furent accueillis par M, Lecuyer, notre ministre plénipotentiaire, dans sa charmante résidence des bords du Nil.
À l'issue du premier dîner à la Légation, comme je logeais au «Shepherd» avec M. Bogomolov et que la nuit était fort belle, chaude à souhait, éclairée par la pleine lune, nous décidâmes tous deux de rentrer tranquillement à pied, et en devisant, par les ponts majestueux du Nil.
L'ambassadeur Bogomolov, qui avait déjà pris contact avec son homologue du Caire, était assez préoccupé de l'état social de l'Egypte encore tenue en laisse par les Anglais. Il mit la conversation sur ce sujet en me développant la situation misérable des fellahs du delta par rapport au grand nombre de pachas privilégiés qui vivaient à leurs dépens.
- Oui, les 200 familles, lui dis-je, connaissant cette situation aussi bien que lui-même.
Ce à quoi il ajouta :
- II y a vraiment beaucoup à faire dans ce pays, donnant ainsi à entendre que la politique de l'U.R.S.S. saurait s'en occuper un jour.
Nous repartîmes le lendemain soir pour l'escale d'Habania ; nous y arrivâmes au petit jour pour atteindre en fin d'après-midi Téhéran où nous fûmes reçus par M. Laffont, chef de notre Légation, que j'avais bien connu à Tunis.
À partir de Téhéran, de Gaulle avait pensé qu'il pourrait continuer son voyage jusqu'à Moscou sur son propre avion, mais le gouvernement soviétique lui fit savoir que ce serait impossible, vu le temps affreux qui régnait sur toute la Russie ; qu'en conséquence, il serait pris en charge, avec tous les membres de sa suite, par un avion russe pour la traversée de la Caspienne jusqu'à Bakou d'où un train spécial le conduirait à Moscou.
À Bakou, cité morne et grise sous un ciel de suie, où le pétrole suintait de toutes parts, polluant jusqu'aux eaux de la Caspienne, nous fûmes les hôtes du gouvernement de la République socialiste soviétique de l'Azerbaïdjan qui, dès le premier soir, nous conduisit à l'Opéra.
On y donnait une pièce remarquablement orchestrée sur un épisode des luttes anciennes du Caucase, où les premiers chanteurs et danseurs de la République, de l'Azerbaïdjan se dépensaient à plaisir. C'est du moins ce que voulut bien m'expliquer M. Bogomolov qui m'avoua que, n'étant pas lui-même de l'Azerbaïdjan et n'en comprenant pas la langue, il ne pouvait pas m'en dire davantage.
Nous prîmes place, le jour suivant, dans un train spécial qui, s'il n'était pas rapide, avait au moins l'avantage d'être confortablement aménagé et chauffé.
Deux grands Wagons comportaient chacun toute une série de spacieuses cabines individuelles pour le personnel de la suite du chef de l'État français, et un immense « living-room » formant salon et salle à manger où l'on pouvait tout à loisir travailler et se sustenter car un buffet froid y était dressé en permanence en dehors des heures des repas, et quel buffet ! Où le caviar se pouvait prendre à la louche, sans parler des boissons les plus variées allant de la traditionnelle vodka au champagne de Crimée en passant par toute la gamme des vins de Géorgie.
De Gaulle s'était installé dans l'un de ces wagons avec MM. Bogomolov, Palewski, Dejean, Hervé Alphand et Christian Fauchet, alors attaché à notre ambassade de Moscou, et venu en précurseur à Bakou, cependant qu'avec M. Bidault, son chef de cabinet, le chef du Protocole des Affaires étrangères du Kremlin et le général Koutousof, sous-chef d'état-major, envoyés également de Moscou pour accueillir de Gaulle sur la terre russe, nous logions dans le second wagon.
Le voyage promettait d'être long car, outre que le programme comportait, après avoir longé tout le versant nord du Caucase, un détour par Stalingrad, la cité héroïque qu'on tenait à montrer à de Gaulle, la vitesse de notre train ne paraissait pas pouvoir dépasser 30 kilomètres à l'heure, et sur un immense trajet offrant de nombreux arrêts.
Voyage qui, sans le confort et l'agréable compagnie, nous eût semblé mortel, notre vue ne pouvant se repaître que de paysages d'une désolation infinie, un univers de boue et de neige, ne montrant aux nombreux arrêts marqués par des destructions, que des visages fermés de pauvres gens, tant bien que mal défendus contre le froid et accomplissant tout de même leurs occupations quotidiennes. Douloureuse image de la Russie en guerre.
Le détour par Stalingrad fut cependant un dérivatif intéressant, chacun ayant en pensée les affreux carnages auxquels avait donné lieu la défense de la cité.
Les opérations de Stalingrad avaient marqué, en effet, le tournant de la lutte en Russie soviétique et représentaient dans cette guerre, pour nous Français, l'équivalent de ce qu'avait été Verdun dans la guerre précédente.
Même résonance, même héroïsme et mêmes sacrifices. Vision lugubre toutefois, dans un froid noir que l'aspect fantomatique de cette ville sur les bords d'un fleuve sinistre, la Volga, où l'on avait voulu tuer jusqu'aux pierres.
Et cependant, cette ville respirait encore et même se ranimait. Des hommes, des femmes, vêtus, pour se protéger du froid, de matelassures couturées comme d'énormes ceintures de sauvetage, s'évertuaient dans leurs usines éventrées, en plein vent, à reconstruire des tracteurs.
On nous montra aussi, au cours d'un banquet populaire aussi plantureux que la table d'un boyard de l'ancienne Russie, et auquel on les avait conviés individuellement, d'humbles ouvriers et ouvrières qui, au cours de la défense de Stalingrad, s'étaient désespérément battus, image cette fois bien émouvante de la Russie héroïque.
Une petite taille, un air de gitan
Puis on était reparti pour gagner Moscou où nous débarquâmes à l'aube d'une pâle et froide matinée. Il faisait 20° au dessous de zéro et un blizzard incisif soufflait dans les rues, soulevant une poussière de neige.
Nous nous rendîmes d'abord à l'ambassade de France tenue par M. Garreau, où de Gaulle devait séjourner - une ambassade qui n'était imposante que par son grand escalier d'entrée où l'on eût aimé voir jouer Boris Godounov, mais assez misérable dans le fond, faute de ressources. M. Garreau, lui-même, en était réduit pour ses réceptions, et c'était normal, à solliciter et à se faire accorder des bons de distribution pour nourrir ses hôtes.
J'étais personnellement mieux partagé parce que logeant au Métropole, « hôtel intourist », avec quelques autres membres de la suite, et où je ne manquais absolument de rien.
Le premier déjeuner où de Gaulle devait rencontrer le maréchal Staline eut lieu dans un local des Affaires étrangères, à l'initiative de M. Molotov.
Le maréchal Staline qui nous y accueillit en tenue militaire, et auquel je fus présenté après M. Bidault, me surprit par sa petite taille et un air de gitan répandu sur sa physionomie, air dont je n'avais pas eu jusque-là l'impression en regardant ses effigies. Nous convînmes avec Palewski qu'il y avait en lui à la fois du Laval et du Briand. Il était, au demeurant, fort courtois et même jovial.
Il ne parla guère au déjeuner, où l'habitude veut que l'on ne porte que des toasts, mais au café et au cognac, servis dans une pièce à côté, et où je fus entraîné derrière de Gaulle avec Bidault, Dejean et Palewski, il fallut bien, à un moment donné, que le dialogue s'amorçât.
Froid et impassible, de Gaulle ne disait rien, attendant que son hôte ouvrît le feu et cette attitude gênait quelque peu Staline. II se décida tout de même à rompre la glace et, se tournant vers son interprète, il lui souffla en désignant de Gaulle :
Dis-lui que je lui ai renvoyé Thorez.
Mais de Gaulle s'étant contenté de lever les bras au ciel sans rien dire, Staline, de nouveau embarrassé, hésita avant d'enchaîner, puis d'une façon qui ne laissa pas de surprendre l'auditoire, se retournant encore une fois vers son interprète :
- Demande-lui donc quand il va le faire fusiller ?
À quoi de Gaulle voulut bien répondre qu'il faisait la France, avec tous les Français, ce qui enchanta Staline.
- Bravo, s'écria-t-il, pendant la guerre, Thorez a été très bien en Russie.
L'objet de la rencontre à Moscou, je le répète, consistait essentiellement à renouer des relations d'amitié avec la Russie soviétique et à les sanctionner par un pacte de vingt ans, rédigé en termes vagues, n'ayant pour but, en vérité, que d'impressionner nos partenaires anglo-saxons.
Mais il demeurait entendu que l'élaboration de ce pacte s'accompagnerait d'échanges de vues politiques sur l'organisation d'après-guerre, sur l'occupation de l'Allemagne notamment, dont de Gaulle tenait à préciser son point de vue au sujet de la zone d'occupation réservée aux forces françaises.
De son côté, Staline tenait absolument à faire reconnaître par de Gaulle le comité politique polonais de Lwow qu'il avait contribué à constituer. Cela devait être un sérieux point d'accrochage pendant toute la durée du séjour à Moscou. Staline revenait sans cesse à la charge pour que de Gaulle reçût les membres de ce gouvernement, et de Gaulle ne cachait pas « qu'ils lui sortaient par les yeux », dans le doute où il était, qu'ils représentassent effectivement le peuple polonais.
Discussions militaires
Sur le chapitre de nos forces militaires - c'était mon rayon -, après avoir recueilli les éloges de tout le monde sur l'action menée en Lithuanie par notre groupe de choc « Normandie-Niémen », dont deux as devaient recevoir, au cours de notre passage, la plus haute distinction militaire de l'Union Soviétique, celle réservée aux héros soviétiques, la seule que portât Staline, les conversations portèrent surtout sur nos disponibilités futures.
- Vingt divisions, avait dit de Gaulle, au grand maximum.
Ce qui avait fait rire Staline lequel se souvenait du nombre important de grandes unités que nous avions mobilisées au cours de la première guerre mondiale et même au début de celle-ci.
- La France devrait avoir 80 divisions, ajoutait-il.
Hélas ! nous étions à ce moment bien loin du compte, et pour cause.
J'eus, à ce sujet, et par l'entremise du général Petit, notre attaché militaire à Moscou, des conversations plus poussées avec le général Antonov, major-général des armées en l'absence du chef d'état-major général retenu sur le front. La France, à cet égard, était tombée bien bas ; tout ou presque y était à refaire.
Détail piquant, le lendemain de notre arrivée à Moscou, s'était présenté à l'ambassade française un officier général de haute stature, et tout flambant neuf dans un uniforme impeccable et de fraîche date. Il portait ostensiblement au col notre cravate de la Légion d'honneur et disait être le lieutenant général comte Ignatieff, jadis attaché militaire de la Russie à Paris avant la guerre de 1914, et détaché en mission auprès du grand quartier général du général Joffre pendant les premiers mois de la guerre.
Il exhibait, à l'appui de son dire, un ouvrage en français sur ce grand quartier où il figurait parmi les groupes d'officiers de liaison des armées alliées.
Je me rappelais vaguement cet officier général qui avait épousé la Pavlowa, notre première danseuse de l'Opéra, avait végété quelque temps à Paris après la révolution russe, puis avait un jour disparu. On racontait même qu'il avait été mêlé à une affaire de créance sur la Russie évoquée dans la pièce Tovaritch.
Comme je lui demandais les raisons de sa métamorphose, il me répondit que, dénué de ressources, il avait fini par rentrer en Russie où les Soviets avaient été extrêmement gentils pour lui. On l'avait nommé lieutenant-général moyennant quoi il avait un logement, un ordonnance, et des rations qui lui permettaient de vivre.
- Mais à quoi vous emploie-t-on ? lui demandai-je.
- Eh bien, mon cher, vous me croirez, si vous voulez, je suis en quelque sorte un professeur de belles manières, pour l'armée bien entendu. Je visite les écoles enseignant aux élèves officiers les règles du savoir-vivre auxquelles doit se conformer tout officier digne de ce nom.
Il avait l'air content de son sort, m'assurant même qu'il allait parfois voir de temps à autre ses anciennes propriétés du temps des tsars ; il pouvait constater que les paysans n'y donnaient pas l'impression d'être plus malheureux que de son temps.
J'étais cependant sceptique, ne pouvant écarter de moi la pensée qu'on avait dû le sortir de son ombre uniquement pour lui faire jouer, en raison de son passé au service du tsar, un rôle louche de liaison auprès des Français.
Nous demeurâmes un peu plus d'une semaine à Moscou et les occupations furent variées, en dehors de quelques entretiens officiels, cocktails, réceptions, visite du Kremlin, du métro, de musées, d'écoles et d'usines, une en particulier d'avions Yak, fort bien présentée par ses ingénieurs.
Le soir, je me rendais le plus souvent à l'Opéra pour y admirer les ballets et la gracieuse Ivanova, première danseuse de l'Union soviétique, qu'on rencontrait d'ailleurs assez souvent dans les réceptions officielles, étant mise protocolairement sur le même rang que l'eût été chez nous le premier président de la Cour de cassation.
J'aimais qu'en pleine guerre le gouvernement soviétique eût ainsi maintenu ces spectacles où s'affichait sur scène, pour l'unique plaisir des spectateurs (gens du peuple et soldats), le seul luxe que pouvait alors fournir la Russie.
Mais j'aimais surtout observer ce peuple, dont je pressentais les souffrances indicibles, et cependant unanimement tendu de toute sa volonté et de toutes ses forces vers sa victoire, sans jamais faire entendre le moindre murmure : chacun balayant régulièrement la neige devant sa maison et même la chaussée la desservant afin que la place fût toujours nette.
Suprême avantage de l'organisation soviétique dans les temps durs de la guerre que cette unité résultant d'une idéologie où l'individu est placé perinde ac cadaver entre les mains de l'Etat, abstraction faite de toutes ses libertés, et seulement ramené à l'espérance par l'annonce des victoires russes se succédant à un rythme rapide, et célébrées la nuit sur la Place Rouge par des coups de canon et des embrasements.
De Gaulle brusque la dernière soirée
La veille du départ du général et de sa suite, et alors que le pacte n'avait pas encore été signé, Staline offrit au Kremlin un grand dîner où l'on s'attendait au moins à des discours y faisant allusion. On n'y entendit que des toasts prononcés, par Staline, rendant évidemment hommage à tous, les alliés occidentaux, mais plus étoffés de commentaires pour l'armée russe que pour ses invités.
Tous les grands chefs russes présents, la plupart des chefs des grands services de l'armée y passèrent : état-major, artillerie, blindés, ravitaillement, aviation eurent leur couplet et, le toast terminé, Staline se portait au-devant de celui qui en était l'objet pour boire ensemble à la mode russe : les bras entrecroisés cependant que les coupes montaient aux lèvres.
Seul, le maréchal Vorochilov, qui était mon voisin et ne paraissait pas jouir à cette époque d'une bonne santé - - il ne buvait que de l'eau - fut privé de toast et en parut très affecté. Il a connu pour son bonheur, depuis la mort de Staline, une véritable résurrection en même temps qu'un singulier retour de fortune.
Le dîner fini, tous les convives furent invités à passer dans une salle voisine, aménagée pour des projections, et un film se déroula sur l'écran, qui n'était autre qu'un vieux documentaire sur la renaissance de l'armée russe, au temps où Vorochilov la commandait encore, c'est-à-dire avant qu'elle n'eût connu ses premiers revers en Finlande.
Le film achevé et la lumière s'étant faite dans la salle, on eut la surprise de voir de Gaulle se lever, prendre soudainement congé de Staline en prétextant son départ prévu dans quelques heures et le remercier de l'accueil qu'il lui avait réservé.
Ce fut une consternation générale. Personne n'y comprenait rien, car le pacte n'était toujours pas signé et tandis que Staline essayait de faire comprendre qu'un autre film plus drôle allait suivre, de Gaulle, me faisant signe, se dirigea vers la sortie pour regagner l'ambassade de France, mais non sans avoir discrètement fait savoir à Bidault qu'il devait en finir avec Molotov, et le plus vite possible, avant le départ (2).
Effectivement, on vint le chercher à l'ambassade pour signer le pacte entre chien et loup. Les conversations avaient repris entre les plénipotentiaires et avaient finalement abouti à un accord mitigé sur la reconnaissance du Comité politique polonais de Lwow auprès duquel de Gaulle avait consenti à détacher un simple chargé d'affaires, Christian Fouchet, attaché à notre ambassade de Moscou.
Staline, ayant retrouvé son humeur joviale, ne s'était pas couché et, dans l'attente, avait tenu joyeusement compagnie à tous ceux qui étaient restés au Kremlin.
Le chargé d'affaires britanniques, sir John Balfour, qui avait à cœur de renseigner exactement et au plus vite le Foreign Office du tour pris par les négociations franco-russes, et qui se trouvait au dîner, avait cru sérieusement que tout était rompu, et s'en était allé en même temps que de Gaulle pour rédiger sa dépêche. J'imagine qu'il dût être profondément mortifié le lendemain matin en apprenant que le pacte avait été signé avant le jour et que de Gaulle avait quitté Moscou.
(1) Raison pour laquelle Chester Wilmot, l'auteur du remarquable ouvrage sur la fin de la guerre : La lutte pour l'Europe (Fayard) a intitulé le chapitre concernant la conférence de Yalta : Stalin's Greatest Victory (La plus grande victoire de Staline).
(2) Voir Historia n° 157 Ma visite à Staline, par Charles de Gaulle.
Historia N° 170 janvier 1961
Après la Libération, de Gaulle était sollicité par le parti communiste français de faire rentrer en France Maurice Thorez, le véritable chef de ce parti, qui avait trouvé asile en Russie. De Gaulle, toutefois, ne voulait rien entendre, estimant que Thorez n'était qu'un déserteur qui avait quitté la France en pleine guerre pour se réfugier en Russie bien que celle-ci fût demeurée l'alliée de l'Allemagne.
Or, cette obstination cadrait mal avec le désir qu'il avait depuis un certain temps de rendre visite à Moscou au maréchal Staline pour faire pièce aux Alliés anglo-saxons qui affectaient de le considérer, lui et son gouvernement, comme quantité négligeable ou presque, parce que toujours tenu par eux comme provisoire, nonobstant la participation française à la lutte commune qui se pouvait mesurer à l'effort remarquable fourni par ses forces régulières et ses résistants intérieurs ainsi que par l'utilisation intensive par les armées alliées des ressources de notre équipement national.
Pour rencontrer Staline
Or une nouvelle conférence des trois grands Alliés anglo-saxons et russe pointait à l'horizon. Ce devait être celle de Yalta, en février 1945, qui devait donner lieu à bien des concessions au profit des Russes, funestes pour l'Occident (1).
Aucune invitation n'ayant encore été adressée à de Gaulle, qui aurait pu cependant y faire entendre un point de vue français inspiré d'une meilleure connaissance des données géographiques et historiques de l'Europe, il en concevait une telle amertume que ce sentiment avait encore renforcé son désir de rencontrer Staline, ne fût-ce que pour s'en expliquer avec ce dernier, avant la conférence, et à propos d'un pacte d'amitié à conclure.
Et c'est alors que, pour ne pas arriver à Moscou les mains vides, il avait accepté, bien qu'il lui en coûtât, d'autoriser Thorez à rentrer en France. Ce geste politique devait cependant être profitable à notre pays en ce sens que Thorez était un homme avec lequel il était possible d'avoir des contacts humains, une discussion sur des points où pouvait intervenir la raison.
Instruit en Russie même par les indicibles souffrances endurées par tout un peuple tendu à l'extrême vers la seule défense de sa patrie, il avait conscience, et d'accord en cela avec Staline, que ce n'était pas le moment de déclencher en France, au moment de sa libération et en présence de nos Alliés, un mouvement révolutionnaire semblable à celui qui devait éclater en Grèce et qui fut d'ailleurs voué à l'échec.
Aussi, ayant repris en France les rênes du parti communiste, fit-il porter de préférence les efforts de ce parti sur son accession au pouvoir exécutif, sans effrayer personne avec l'épouvantail des milices patriotiques, bientôt appelées à perdre leur cohésion, sinon à disparaître.
Ce voyage en Russie du général fut entrepris au début de décembre peu avant que ne se déclenchât l'offensive de Rundstedt dans les Ardennes belges. Il était accompagné de son directeur de cabinet Gaston Palewski et de M. Bidault, ministre des Affaires étrangères, entouré d'une équipe d'experts dont M. Dejean, directeur des Affaires politiques, et M. Hervé Alphand. M. Bogomolov, ambassadeur de l'U.R.S.S., à Paris, était également du voyage, ainsi que moi-même en tant qu'expert militaire.
En raison des hostilités qui se poursuivaient en Europe, l'itinéraire, pour gagner Moscou, ne pouvait qu'emprunter le rebord sud de la Méditerranée avec escales à Tunis et au Caire. Après quoi, via Habania en Irak on gagnerait Téhéran en Iran où le gouvernement soviétique devait faire savoir les conditions de notre acheminement sur Moscou.
Courte halte à Tunis devant permettre d'aller saluer au passage Son Altesse le bey Si Lamine, puis atterrissage au Caire où de Gaulle et sa suite furent accueillis par M, Lecuyer, notre ministre plénipotentiaire, dans sa charmante résidence des bords du Nil.
À l'issue du premier dîner à la Légation, comme je logeais au «Shepherd» avec M. Bogomolov et que la nuit était fort belle, chaude à souhait, éclairée par la pleine lune, nous décidâmes tous deux de rentrer tranquillement à pied, et en devisant, par les ponts majestueux du Nil.
L'ambassadeur Bogomolov, qui avait déjà pris contact avec son homologue du Caire, était assez préoccupé de l'état social de l'Egypte encore tenue en laisse par les Anglais. Il mit la conversation sur ce sujet en me développant la situation misérable des fellahs du delta par rapport au grand nombre de pachas privilégiés qui vivaient à leurs dépens.
- Oui, les 200 familles, lui dis-je, connaissant cette situation aussi bien que lui-même.
Ce à quoi il ajouta :
- II y a vraiment beaucoup à faire dans ce pays, donnant ainsi à entendre que la politique de l'U.R.S.S. saurait s'en occuper un jour.
Nous repartîmes le lendemain soir pour l'escale d'Habania ; nous y arrivâmes au petit jour pour atteindre en fin d'après-midi Téhéran où nous fûmes reçus par M. Laffont, chef de notre Légation, que j'avais bien connu à Tunis.
À partir de Téhéran, de Gaulle avait pensé qu'il pourrait continuer son voyage jusqu'à Moscou sur son propre avion, mais le gouvernement soviétique lui fit savoir que ce serait impossible, vu le temps affreux qui régnait sur toute la Russie ; qu'en conséquence, il serait pris en charge, avec tous les membres de sa suite, par un avion russe pour la traversée de la Caspienne jusqu'à Bakou d'où un train spécial le conduirait à Moscou.
À Bakou, cité morne et grise sous un ciel de suie, où le pétrole suintait de toutes parts, polluant jusqu'aux eaux de la Caspienne, nous fûmes les hôtes du gouvernement de la République socialiste soviétique de l'Azerbaïdjan qui, dès le premier soir, nous conduisit à l'Opéra.
On y donnait une pièce remarquablement orchestrée sur un épisode des luttes anciennes du Caucase, où les premiers chanteurs et danseurs de la République, de l'Azerbaïdjan se dépensaient à plaisir. C'est du moins ce que voulut bien m'expliquer M. Bogomolov qui m'avoua que, n'étant pas lui-même de l'Azerbaïdjan et n'en comprenant pas la langue, il ne pouvait pas m'en dire davantage.
Nous prîmes place, le jour suivant, dans un train spécial qui, s'il n'était pas rapide, avait au moins l'avantage d'être confortablement aménagé et chauffé.
Deux grands Wagons comportaient chacun toute une série de spacieuses cabines individuelles pour le personnel de la suite du chef de l'État français, et un immense « living-room » formant salon et salle à manger où l'on pouvait tout à loisir travailler et se sustenter car un buffet froid y était dressé en permanence en dehors des heures des repas, et quel buffet ! Où le caviar se pouvait prendre à la louche, sans parler des boissons les plus variées allant de la traditionnelle vodka au champagne de Crimée en passant par toute la gamme des vins de Géorgie.
De Gaulle s'était installé dans l'un de ces wagons avec MM. Bogomolov, Palewski, Dejean, Hervé Alphand et Christian Fauchet, alors attaché à notre ambassade de Moscou, et venu en précurseur à Bakou, cependant qu'avec M. Bidault, son chef de cabinet, le chef du Protocole des Affaires étrangères du Kremlin et le général Koutousof, sous-chef d'état-major, envoyés également de Moscou pour accueillir de Gaulle sur la terre russe, nous logions dans le second wagon.
Le voyage promettait d'être long car, outre que le programme comportait, après avoir longé tout le versant nord du Caucase, un détour par Stalingrad, la cité héroïque qu'on tenait à montrer à de Gaulle, la vitesse de notre train ne paraissait pas pouvoir dépasser 30 kilomètres à l'heure, et sur un immense trajet offrant de nombreux arrêts.
Voyage qui, sans le confort et l'agréable compagnie, nous eût semblé mortel, notre vue ne pouvant se repaître que de paysages d'une désolation infinie, un univers de boue et de neige, ne montrant aux nombreux arrêts marqués par des destructions, que des visages fermés de pauvres gens, tant bien que mal défendus contre le froid et accomplissant tout de même leurs occupations quotidiennes. Douloureuse image de la Russie en guerre.
Le détour par Stalingrad fut cependant un dérivatif intéressant, chacun ayant en pensée les affreux carnages auxquels avait donné lieu la défense de la cité.
Les opérations de Stalingrad avaient marqué, en effet, le tournant de la lutte en Russie soviétique et représentaient dans cette guerre, pour nous Français, l'équivalent de ce qu'avait été Verdun dans la guerre précédente.
Même résonance, même héroïsme et mêmes sacrifices. Vision lugubre toutefois, dans un froid noir que l'aspect fantomatique de cette ville sur les bords d'un fleuve sinistre, la Volga, où l'on avait voulu tuer jusqu'aux pierres.
Et cependant, cette ville respirait encore et même se ranimait. Des hommes, des femmes, vêtus, pour se protéger du froid, de matelassures couturées comme d'énormes ceintures de sauvetage, s'évertuaient dans leurs usines éventrées, en plein vent, à reconstruire des tracteurs.
On nous montra aussi, au cours d'un banquet populaire aussi plantureux que la table d'un boyard de l'ancienne Russie, et auquel on les avait conviés individuellement, d'humbles ouvriers et ouvrières qui, au cours de la défense de Stalingrad, s'étaient désespérément battus, image cette fois bien émouvante de la Russie héroïque.
Une petite taille, un air de gitan
Puis on était reparti pour gagner Moscou où nous débarquâmes à l'aube d'une pâle et froide matinée. Il faisait 20° au dessous de zéro et un blizzard incisif soufflait dans les rues, soulevant une poussière de neige.
Nous nous rendîmes d'abord à l'ambassade de France tenue par M. Garreau, où de Gaulle devait séjourner - une ambassade qui n'était imposante que par son grand escalier d'entrée où l'on eût aimé voir jouer Boris Godounov, mais assez misérable dans le fond, faute de ressources. M. Garreau, lui-même, en était réduit pour ses réceptions, et c'était normal, à solliciter et à se faire accorder des bons de distribution pour nourrir ses hôtes.
J'étais personnellement mieux partagé parce que logeant au Métropole, « hôtel intourist », avec quelques autres membres de la suite, et où je ne manquais absolument de rien.
Le premier déjeuner où de Gaulle devait rencontrer le maréchal Staline eut lieu dans un local des Affaires étrangères, à l'initiative de M. Molotov.
Le maréchal Staline qui nous y accueillit en tenue militaire, et auquel je fus présenté après M. Bidault, me surprit par sa petite taille et un air de gitan répandu sur sa physionomie, air dont je n'avais pas eu jusque-là l'impression en regardant ses effigies. Nous convînmes avec Palewski qu'il y avait en lui à la fois du Laval et du Briand. Il était, au demeurant, fort courtois et même jovial.
Il ne parla guère au déjeuner, où l'habitude veut que l'on ne porte que des toasts, mais au café et au cognac, servis dans une pièce à côté, et où je fus entraîné derrière de Gaulle avec Bidault, Dejean et Palewski, il fallut bien, à un moment donné, que le dialogue s'amorçât.
Froid et impassible, de Gaulle ne disait rien, attendant que son hôte ouvrît le feu et cette attitude gênait quelque peu Staline. II se décida tout de même à rompre la glace et, se tournant vers son interprète, il lui souffla en désignant de Gaulle :
Dis-lui que je lui ai renvoyé Thorez.
Mais de Gaulle s'étant contenté de lever les bras au ciel sans rien dire, Staline, de nouveau embarrassé, hésita avant d'enchaîner, puis d'une façon qui ne laissa pas de surprendre l'auditoire, se retournant encore une fois vers son interprète :
- Demande-lui donc quand il va le faire fusiller ?
À quoi de Gaulle voulut bien répondre qu'il faisait la France, avec tous les Français, ce qui enchanta Staline.
- Bravo, s'écria-t-il, pendant la guerre, Thorez a été très bien en Russie.
L'objet de la rencontre à Moscou, je le répète, consistait essentiellement à renouer des relations d'amitié avec la Russie soviétique et à les sanctionner par un pacte de vingt ans, rédigé en termes vagues, n'ayant pour but, en vérité, que d'impressionner nos partenaires anglo-saxons.
Mais il demeurait entendu que l'élaboration de ce pacte s'accompagnerait d'échanges de vues politiques sur l'organisation d'après-guerre, sur l'occupation de l'Allemagne notamment, dont de Gaulle tenait à préciser son point de vue au sujet de la zone d'occupation réservée aux forces françaises.
De son côté, Staline tenait absolument à faire reconnaître par de Gaulle le comité politique polonais de Lwow qu'il avait contribué à constituer. Cela devait être un sérieux point d'accrochage pendant toute la durée du séjour à Moscou. Staline revenait sans cesse à la charge pour que de Gaulle reçût les membres de ce gouvernement, et de Gaulle ne cachait pas « qu'ils lui sortaient par les yeux », dans le doute où il était, qu'ils représentassent effectivement le peuple polonais.
Discussions militaires
Sur le chapitre de nos forces militaires - c'était mon rayon -, après avoir recueilli les éloges de tout le monde sur l'action menée en Lithuanie par notre groupe de choc « Normandie-Niémen », dont deux as devaient recevoir, au cours de notre passage, la plus haute distinction militaire de l'Union Soviétique, celle réservée aux héros soviétiques, la seule que portât Staline, les conversations portèrent surtout sur nos disponibilités futures.
- Vingt divisions, avait dit de Gaulle, au grand maximum.
Ce qui avait fait rire Staline lequel se souvenait du nombre important de grandes unités que nous avions mobilisées au cours de la première guerre mondiale et même au début de celle-ci.
- La France devrait avoir 80 divisions, ajoutait-il.
Hélas ! nous étions à ce moment bien loin du compte, et pour cause.
J'eus, à ce sujet, et par l'entremise du général Petit, notre attaché militaire à Moscou, des conversations plus poussées avec le général Antonov, major-général des armées en l'absence du chef d'état-major général retenu sur le front. La France, à cet égard, était tombée bien bas ; tout ou presque y était à refaire.
Détail piquant, le lendemain de notre arrivée à Moscou, s'était présenté à l'ambassade française un officier général de haute stature, et tout flambant neuf dans un uniforme impeccable et de fraîche date. Il portait ostensiblement au col notre cravate de la Légion d'honneur et disait être le lieutenant général comte Ignatieff, jadis attaché militaire de la Russie à Paris avant la guerre de 1914, et détaché en mission auprès du grand quartier général du général Joffre pendant les premiers mois de la guerre.
Il exhibait, à l'appui de son dire, un ouvrage en français sur ce grand quartier où il figurait parmi les groupes d'officiers de liaison des armées alliées.
Je me rappelais vaguement cet officier général qui avait épousé la Pavlowa, notre première danseuse de l'Opéra, avait végété quelque temps à Paris après la révolution russe, puis avait un jour disparu. On racontait même qu'il avait été mêlé à une affaire de créance sur la Russie évoquée dans la pièce Tovaritch.
Comme je lui demandais les raisons de sa métamorphose, il me répondit que, dénué de ressources, il avait fini par rentrer en Russie où les Soviets avaient été extrêmement gentils pour lui. On l'avait nommé lieutenant-général moyennant quoi il avait un logement, un ordonnance, et des rations qui lui permettaient de vivre.
- Mais à quoi vous emploie-t-on ? lui demandai-je.
- Eh bien, mon cher, vous me croirez, si vous voulez, je suis en quelque sorte un professeur de belles manières, pour l'armée bien entendu. Je visite les écoles enseignant aux élèves officiers les règles du savoir-vivre auxquelles doit se conformer tout officier digne de ce nom.
Il avait l'air content de son sort, m'assurant même qu'il allait parfois voir de temps à autre ses anciennes propriétés du temps des tsars ; il pouvait constater que les paysans n'y donnaient pas l'impression d'être plus malheureux que de son temps.
J'étais cependant sceptique, ne pouvant écarter de moi la pensée qu'on avait dû le sortir de son ombre uniquement pour lui faire jouer, en raison de son passé au service du tsar, un rôle louche de liaison auprès des Français.
Nous demeurâmes un peu plus d'une semaine à Moscou et les occupations furent variées, en dehors de quelques entretiens officiels, cocktails, réceptions, visite du Kremlin, du métro, de musées, d'écoles et d'usines, une en particulier d'avions Yak, fort bien présentée par ses ingénieurs.
Le soir, je me rendais le plus souvent à l'Opéra pour y admirer les ballets et la gracieuse Ivanova, première danseuse de l'Union soviétique, qu'on rencontrait d'ailleurs assez souvent dans les réceptions officielles, étant mise protocolairement sur le même rang que l'eût été chez nous le premier président de la Cour de cassation.
J'aimais qu'en pleine guerre le gouvernement soviétique eût ainsi maintenu ces spectacles où s'affichait sur scène, pour l'unique plaisir des spectateurs (gens du peuple et soldats), le seul luxe que pouvait alors fournir la Russie.
Mais j'aimais surtout observer ce peuple, dont je pressentais les souffrances indicibles, et cependant unanimement tendu de toute sa volonté et de toutes ses forces vers sa victoire, sans jamais faire entendre le moindre murmure : chacun balayant régulièrement la neige devant sa maison et même la chaussée la desservant afin que la place fût toujours nette.
Suprême avantage de l'organisation soviétique dans les temps durs de la guerre que cette unité résultant d'une idéologie où l'individu est placé perinde ac cadaver entre les mains de l'Etat, abstraction faite de toutes ses libertés, et seulement ramené à l'espérance par l'annonce des victoires russes se succédant à un rythme rapide, et célébrées la nuit sur la Place Rouge par des coups de canon et des embrasements.
De Gaulle brusque la dernière soirée
La veille du départ du général et de sa suite, et alors que le pacte n'avait pas encore été signé, Staline offrit au Kremlin un grand dîner où l'on s'attendait au moins à des discours y faisant allusion. On n'y entendit que des toasts prononcés, par Staline, rendant évidemment hommage à tous, les alliés occidentaux, mais plus étoffés de commentaires pour l'armée russe que pour ses invités.
Tous les grands chefs russes présents, la plupart des chefs des grands services de l'armée y passèrent : état-major, artillerie, blindés, ravitaillement, aviation eurent leur couplet et, le toast terminé, Staline se portait au-devant de celui qui en était l'objet pour boire ensemble à la mode russe : les bras entrecroisés cependant que les coupes montaient aux lèvres.
Seul, le maréchal Vorochilov, qui était mon voisin et ne paraissait pas jouir à cette époque d'une bonne santé - - il ne buvait que de l'eau - fut privé de toast et en parut très affecté. Il a connu pour son bonheur, depuis la mort de Staline, une véritable résurrection en même temps qu'un singulier retour de fortune.
Le dîner fini, tous les convives furent invités à passer dans une salle voisine, aménagée pour des projections, et un film se déroula sur l'écran, qui n'était autre qu'un vieux documentaire sur la renaissance de l'armée russe, au temps où Vorochilov la commandait encore, c'est-à-dire avant qu'elle n'eût connu ses premiers revers en Finlande.
Le film achevé et la lumière s'étant faite dans la salle, on eut la surprise de voir de Gaulle se lever, prendre soudainement congé de Staline en prétextant son départ prévu dans quelques heures et le remercier de l'accueil qu'il lui avait réservé.
Ce fut une consternation générale. Personne n'y comprenait rien, car le pacte n'était toujours pas signé et tandis que Staline essayait de faire comprendre qu'un autre film plus drôle allait suivre, de Gaulle, me faisant signe, se dirigea vers la sortie pour regagner l'ambassade de France, mais non sans avoir discrètement fait savoir à Bidault qu'il devait en finir avec Molotov, et le plus vite possible, avant le départ (2).
Effectivement, on vint le chercher à l'ambassade pour signer le pacte entre chien et loup. Les conversations avaient repris entre les plénipotentiaires et avaient finalement abouti à un accord mitigé sur la reconnaissance du Comité politique polonais de Lwow auprès duquel de Gaulle avait consenti à détacher un simple chargé d'affaires, Christian Fouchet, attaché à notre ambassade de Moscou.
Staline, ayant retrouvé son humeur joviale, ne s'était pas couché et, dans l'attente, avait tenu joyeusement compagnie à tous ceux qui étaient restés au Kremlin.
Le chargé d'affaires britanniques, sir John Balfour, qui avait à cœur de renseigner exactement et au plus vite le Foreign Office du tour pris par les négociations franco-russes, et qui se trouvait au dîner, avait cru sérieusement que tout était rompu, et s'en était allé en même temps que de Gaulle pour rédiger sa dépêche. J'imagine qu'il dût être profondément mortifié le lendemain matin en apprenant que le pacte avait été signé avant le jour et que de Gaulle avait quitté Moscou.
(1) Raison pour laquelle Chester Wilmot, l'auteur du remarquable ouvrage sur la fin de la guerre : La lutte pour l'Europe (Fayard) a intitulé le chapitre concernant la conférence de Yalta : Stalin's Greatest Victory (La plus grande victoire de Staline).
(2) Voir Historia n° 157 Ma visite à Staline, par Charles de Gaulle.
Historia N° 170 janvier 1961
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