Communisme : le devoir de mémoire
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Critique de l'anarchisme.
(L'Etat et la Révolution, IV, 2).
Lénine, dans l'Etat et la Révolution, définit plus exactement encore la ligne de pensée marxiste. Allant plus loin que les « communistes de gauche », plus dédaigneux encore des lois et des nécessités de l'évolution historique, les anarchistes demandent la « suppression immédiate » de l'Etat. Lénine, invoquant l'autorité d'Engels, montre le caractère utopique de cette exigence, mais en soulignant aussitôt que le différend est d'ordre méthodologique; les communistes, eux aussi, estiment que l' Etat doit disparaître: mais il ne peut être aboli au premier jour de la Révolution. « Superstructure » d'une société soumise à la domination d'une classe, l'Etat « dépérira » lorsque cette domination aura été abattue, mais, pour l'abattre, le prolétariat doit s'emparer de I'Etat. Pour les « communistes de gauche » et les anarchistes, le prolétariat révolutionnaire doit abattre l'Etat. Pour les opportunistes, _ pour les socialistes de la II" Internationale, _ le prolétariat doit conquérir l'Etat. Pour Marx, Engels, Lénine, le prolétariat doit d'abord conquérir l'Etat, se servir de la puissance de l'Etat pour abattre la domination d'une classe, _ et assurer ainsi le point de départ du dépérissement de l'Etat vers sa disparition complète.
Engels, passe, des raisonnements généraux sur l'autorité, au problème de l'Etat:
«Si les autonomistes se bornaient à dire que l'organisation sociale de l'avenir ne tolérera l'autorité que dans les limites qui lui sont tracées inévitablement par les conditions même de la production, nous aurions pu nous entendre avec eux, mais ils sont aveugles pour tous les faits qui rendent indispensable l'autorité et ils partent en guerre contre le mot. Pourquoi les adversaires de l'autorité ne se bornent-ils pas à crier contre l'autorité politique, contre l'Etat? Tous les socialistes sont d'accord sur ce point que l'Etat et, avec lui, l'autorité politique, disparaîtront à la suite de la révolution sociale future, cela signifie que les fonctions publiques perdront leur caractère politique et se transformeront en simples fonctions administratives qui surveilleront les intérêts sociaux. Mais les adversaires de l'autorité demandent que l'Etat politique soit supprimé tout d'un coup, avant même que soient supprimées les conditions sociales qui l'ont créé. Ils réclament que le premier acte de la révolution sociale soit l'abolition de l'autorité. « Ces messieurs ont-ils jamais vu une révolution?
Une révolution est certainement la chose la plus autoritaire qui soit, un acte par lequel une partie de la population impose sa volonté à l'autre partie au moyen de baïonnettes, de fusils, de canons _ moyens autoritaires s'il en fût _ et le parti qui a triomphé doit maintenir son autorité par la crainte que ses armes inspirent aux réactionnaires. Est-ce que la Commune de Paris _ aurait pu se maintenir plus d'un jour, si elle ne s'était servie de l'autorité d'un peuple en armes contre la bourgeoisie ? Ne pouvons-nous pas, au contraire, la blâmer de ce qu'elle a trop peu usé de son autorité?
Ainsi donc, de deux choses l'une: ou bien les adversaires de l'autorité ne savent pas eux-mêmes ce qu'ils disent, et en ce cas ils ne créent que de la confusion, ou ils le savent, et dans ce cas ils trahissent la cause du prolétariat; de toutes manières, ils servent uniquement la réaction.»
Dans ce passage sont abordées des questions que nous devrons examiner en liaison avec la question des rapports de la politique et de l'économie lors du dépérissement de l'Etat (c'est à ce thème qu'est consacré le chapitre suivant), telles les questions de la transformation des fonctions publiques, des fonctions politiques en simples fonctions administratives; telle la question de l' « Etat politique ». Cette dernière expression, particulièrement susceptible de soulever des malentendus, fait allusion au processus de dépérissement de l'Etat; l'Etat dépérissant, à un certain degré de son dépérissement, peut être appelé un Etat non politique.
Ce qu'il y a de plus remarquable dans ce passage d'Engels, c'est encore la façon dont il pose la question contre les anarchistes. Les social-démocrates, qui se prétendent les disciples d'Engels, ont depuis 1873 Polémisé des millions de fois avec les anarchistes, mais, précisément, ils n'ont pas discuté comme les marxistes : peuvent et doivent le faire. L'idée de l'abolition de l'Etat est, chez les anarchistes, confuse et non révolutionnaire; voilà comment Engels a posé la question. Les anarchistes se refusent justement à voir la révolution dans sa naissance et dans son développement, dans ses tâches spécifiques à l'égard de la violence, de l'autorité, du pouvoir et de l'Etat.
Habituellement, la critique de l'anarchisme se réduit, pour les social-démocrates contemporains, à cette pure banalité petite-bourgeoise: « Nous admettons l'Etat, les anarchistes non! », Naturellement, une telle banalité ne peut manquer de repousser les ouvriers tant soit peu réfléchis et révolutionnaires. Engels tient un tout autre langage; il souligne que tous les socialistes reconnaissent la disparition de l'Etat comme une conséquence de la révolution socialiste. Ensuite, il pose concrètement la question de la révolution, question que précisément les social-démocrates opportunistes laissent d'ordinaire de côté, abandonnant pout ainsi dire aux anarchistes l'exclusivité de cette « étude ». En posant cette question, Engels prend le taureau par les cornes: la Commune n'aurait-elle pas dû se servir davantage du pouvoir révolutionnaire de l'Etat, c'est-à-dire du prolétariat armé, organisé en classe dominante?
Sources LA PENSÉE MARXISTE DE Thierry Maulnier
(L'Etat et la Révolution, IV, 2).
Lénine, dans l'Etat et la Révolution, définit plus exactement encore la ligne de pensée marxiste. Allant plus loin que les « communistes de gauche », plus dédaigneux encore des lois et des nécessités de l'évolution historique, les anarchistes demandent la « suppression immédiate » de l'Etat. Lénine, invoquant l'autorité d'Engels, montre le caractère utopique de cette exigence, mais en soulignant aussitôt que le différend est d'ordre méthodologique; les communistes, eux aussi, estiment que l' Etat doit disparaître: mais il ne peut être aboli au premier jour de la Révolution. « Superstructure » d'une société soumise à la domination d'une classe, l'Etat « dépérira » lorsque cette domination aura été abattue, mais, pour l'abattre, le prolétariat doit s'emparer de I'Etat. Pour les « communistes de gauche » et les anarchistes, le prolétariat révolutionnaire doit abattre l'Etat. Pour les opportunistes, _ pour les socialistes de la II" Internationale, _ le prolétariat doit conquérir l'Etat. Pour Marx, Engels, Lénine, le prolétariat doit d'abord conquérir l'Etat, se servir de la puissance de l'Etat pour abattre la domination d'une classe, _ et assurer ainsi le point de départ du dépérissement de l'Etat vers sa disparition complète.
Engels, passe, des raisonnements généraux sur l'autorité, au problème de l'Etat:
«Si les autonomistes se bornaient à dire que l'organisation sociale de l'avenir ne tolérera l'autorité que dans les limites qui lui sont tracées inévitablement par les conditions même de la production, nous aurions pu nous entendre avec eux, mais ils sont aveugles pour tous les faits qui rendent indispensable l'autorité et ils partent en guerre contre le mot. Pourquoi les adversaires de l'autorité ne se bornent-ils pas à crier contre l'autorité politique, contre l'Etat? Tous les socialistes sont d'accord sur ce point que l'Etat et, avec lui, l'autorité politique, disparaîtront à la suite de la révolution sociale future, cela signifie que les fonctions publiques perdront leur caractère politique et se transformeront en simples fonctions administratives qui surveilleront les intérêts sociaux. Mais les adversaires de l'autorité demandent que l'Etat politique soit supprimé tout d'un coup, avant même que soient supprimées les conditions sociales qui l'ont créé. Ils réclament que le premier acte de la révolution sociale soit l'abolition de l'autorité. « Ces messieurs ont-ils jamais vu une révolution?
Une révolution est certainement la chose la plus autoritaire qui soit, un acte par lequel une partie de la population impose sa volonté à l'autre partie au moyen de baïonnettes, de fusils, de canons _ moyens autoritaires s'il en fût _ et le parti qui a triomphé doit maintenir son autorité par la crainte que ses armes inspirent aux réactionnaires. Est-ce que la Commune de Paris _ aurait pu se maintenir plus d'un jour, si elle ne s'était servie de l'autorité d'un peuple en armes contre la bourgeoisie ? Ne pouvons-nous pas, au contraire, la blâmer de ce qu'elle a trop peu usé de son autorité?
Ainsi donc, de deux choses l'une: ou bien les adversaires de l'autorité ne savent pas eux-mêmes ce qu'ils disent, et en ce cas ils ne créent que de la confusion, ou ils le savent, et dans ce cas ils trahissent la cause du prolétariat; de toutes manières, ils servent uniquement la réaction.»
Dans ce passage sont abordées des questions que nous devrons examiner en liaison avec la question des rapports de la politique et de l'économie lors du dépérissement de l'Etat (c'est à ce thème qu'est consacré le chapitre suivant), telles les questions de la transformation des fonctions publiques, des fonctions politiques en simples fonctions administratives; telle la question de l' « Etat politique ». Cette dernière expression, particulièrement susceptible de soulever des malentendus, fait allusion au processus de dépérissement de l'Etat; l'Etat dépérissant, à un certain degré de son dépérissement, peut être appelé un Etat non politique.
Ce qu'il y a de plus remarquable dans ce passage d'Engels, c'est encore la façon dont il pose la question contre les anarchistes. Les social-démocrates, qui se prétendent les disciples d'Engels, ont depuis 1873 Polémisé des millions de fois avec les anarchistes, mais, précisément, ils n'ont pas discuté comme les marxistes : peuvent et doivent le faire. L'idée de l'abolition de l'Etat est, chez les anarchistes, confuse et non révolutionnaire; voilà comment Engels a posé la question. Les anarchistes se refusent justement à voir la révolution dans sa naissance et dans son développement, dans ses tâches spécifiques à l'égard de la violence, de l'autorité, du pouvoir et de l'Etat.
Habituellement, la critique de l'anarchisme se réduit, pour les social-démocrates contemporains, à cette pure banalité petite-bourgeoise: « Nous admettons l'Etat, les anarchistes non! », Naturellement, une telle banalité ne peut manquer de repousser les ouvriers tant soit peu réfléchis et révolutionnaires. Engels tient un tout autre langage; il souligne que tous les socialistes reconnaissent la disparition de l'Etat comme une conséquence de la révolution socialiste. Ensuite, il pose concrètement la question de la révolution, question que précisément les social-démocrates opportunistes laissent d'ordinaire de côté, abandonnant pout ainsi dire aux anarchistes l'exclusivité de cette « étude ». En posant cette question, Engels prend le taureau par les cornes: la Commune n'aurait-elle pas dû se servir davantage du pouvoir révolutionnaire de l'Etat, c'est-à-dire du prolétariat armé, organisé en classe dominante?
Sources LA PENSÉE MARXISTE DE Thierry Maulnier
Dernière édition par Pat le 24/04/2008 - 21:15, édité 1 fois.
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La transition du capitalisme au communisme.
L'expression« l'Etat dépérit » est très heureuse, car elle exprime en même temps la graduation de l'évolution dont il s'agit et sa spontanéité. Seule une habitude peut exercer une telle action et elle l'exercera certainement, car nous voyons déjà autour de nous avec quelle facilité les hommes s'habituent à observer les règles indispensables de la vie sociale, lorsqu'il n'y a pas d'exploitation, ni rien qui excite l'indignation, qui provoque la protestation et la révolte, qui nécessite la répression.
Ainsi donc, la société capitaliste ne nous offre qu'une démocratie tronquée, misérable, falsifiée, une démocratie uniquement pour les riches, pour la minorité. La dictature du prolétariat, période de transition vers le communisme, établira pour la première fois une démocratie, pour le peuple, pour la majorité, parallèlement à l'indispensable répression pour la minorité des exploiteurs. Seul le communisme est en mesure de réaliser une démocratie réellement complète, et plus elle sera complète; plus elle deviendra superflue et dépérira d'elle-même.
En d'autres termes, nous avons, en régime capitaliste, l'Etat au sens propre du mot, c'est-à-dire une machine spéciale destinée à l'action répressive d'une classe sur une autre; l'action répressive systématique sur une majorité d'exploités d'une minorité d'exploiteurs, nécessite une cruauté, une férocité extrêmes; des mers de sang à travers lesquelles l'humanité poursuit sa route dans l'esclavage, le servage et le salariat.
Ensuite, durant la transition du capitalisme au communisme, la répression est encore nécessaire, mais c'est une majorité d'exploités qui l'exerce contre une minorité d'exploiteurs. L'appareil spécial, la machine spéciale de répression, l'« Etat »,est encore nécessaire, mais c'est déjà un Etat transitoire, ce n'est plus l'Etat proprement dit, car la répression d'une minorité d'exploiteurs par la majorité des esclaves salariés d' hier est chose relativement facile, si simple et si naturelle, qu'elle coûtera à l'humanité beaucoup moins de sang que la répression des révoltes d'esclaves, de serfs et d'ouvriers salariés et qu'elle reviendra bien moins cher à l'humanité. Et elle est compatible avec l'extension de la démocratie à une si grande majorité de la population que la nécessité d'un appareil spécial de répression commence à disparaître. Les exploiteurs ne, sont naturellement pas en, mesure d'opprimer le peuple sans un appareil spécial, très compliqué, destiné à remplir cette tâche, mais le peuple peut contraindre les exploiteurs au moyen d'un appareil très simple, presque sans appareil spécial, par la simple organisation des masses armées (dont les Soviets de députés ouvriers et soldats nous offrent un exemple, noterons-nous par anticipation).
Le tableau que trace ici Lénine d'un « terrorisme idyllique », borné à l'extermination de la bourgeoisie, est, on le sait, démenti par la réalité. L'appareil répressif de l'Etat prolétarien s'exerce aussi et surtout sur les révolutionnaires eux-mêmes, et sur le prolétariat, voué dans des conditions de contrainte très dures à l'édification du socialisme. La révolution est suivie non d'un dépérissement, mais d'une hypertrophie de l'Etat.
Enfin, seul le communisme rend l'Etat complètement superflu, car il n'y a alors personne sur qui faire peser la répression, «personne» au sens de la classe, au sens de lutte systématique contre une partie déterminée de la population. Nous ne sommes pas des utopistes et nous ne nions aucunement la possibilité et le caractère inévitable de certains excès individuels, non plus que la nécessité de les réprimer. Mais, tout d'abord, il n'est pas besoin à cet effet d'un appareil spécial de répression; le peuple armé se chargera lui-même de cette besogne, aussi simplement, aussi facilement qu'une foule civilisée, même dans la société actuelle, sépare des gens qui se battent ou s'opposent à un acte de violence à l'égard d'une femme. Ensuite, nous savons que la cause fondamentale des excès qui constituent des infractions aux règles de la vie sociale, c'est l'exploitation des masses, leur indigence, leur misère. Cette cause principale écartée, les excès commenceront infailliblement à « dépérir » eux aussi. Nous ne savons ni avec quelle promptitude, ni avec quelle gradation, mais nous savons qu'ils dépériront. Et avec leur dépérissement dépérira également l'Etat, lui aussi ...
La première phase du communisme.
Lénine rappelle que, dans la Critique du programme de Gotha, Marx réfute la proposition de Lassalle, selon laquelle, en régime communiste, l'ouvrier recevra le produit intégral de son travail, et montre la nécessité de fonds de réserve, de fonds d'amortissement, de fonds destinés à l'amélioration et à l'élargissement, de l' outillage, etc... Lénine rappelle la formule de Marx: « Ce à quoi nous avons affaire ici... c'est à une société communiste, non pas telle qu'elle s'est développée sur les bases qui lui sont propres, mais au contraire, telle qu'elle vient de sortir de la société capitaliste; par conséquent une société qui, sous tous les rapports, économique, moral, intellectuel, porte encore l'empreinte de l' ancienne société des flancs de laquelle elle sort.»
La société capitaliste, après la révolution, survit donc et meurt lentement autour de la nouvelle société en formation. Lénine continue:
C'est cette société communiste qui vient de sortir des flancs du capitalisme et, porte dans tous les domaines l'empreinte de la vieille société que Marx nomme la « première » phase, la phase inférieure de la société communiste.
Les moyens de production ont, dès ce moment, cessé d'être la propriété privée d'individus. Ils appartiennent à la société tout entière. Chaque membre de la société, accomplissant une partie du travail socialement nécessaire, reçoit de la société un certificat constatant qu'il a effectué une certaine quantité de travail. Avec ce certificat, il reçoit dans les magasins publics d'objets de consommation, une quantité correspondante de produits. Défalcation faite de la quantité de travail versée au fonds social, chaque ouvrier reçoit de la société autant qu'il a donné. "
Ce serait là, pour ainsi dire, le règne de « l'égalité ».
Remarquons, en passant, que l' U. R. S. S. où persistent ces « survivances » de la société capitaliste que sont la monnaie et le salariat, n'est pas encore parvenue à la « phase inférieure » du communisme, telle que la définit Lénine.
Mais lorsque, ayant en vue cet ordre social (appelé ordinairement socialisme et que Marx définit comme la première phase du communisme), Lassalle dit qu'il y a là " juste répartition ",« droit égal de chacun au produit égal du travail », il se, trompe et Marx explique pourquoi.
Le « droit égal », dit Marx, nous l'avons en effet ici; mais. c'est encore le « droit bourgeois », lequel, comme tout droit, présuppose l'inégalité. Tout droit consiste dans l'application d'une règle unique à des gens différents, des gens qui, en effet, ne sont ni identiques ni égaux. Par suite, le « droit égal » équivaut à une violation de l'égalité et de la justice.
En effet, chacun reçoit pour une part égale de travail social effectué, une part égale de la production sociale (moins la déduction ci-dessus indiquée).
Or, les individus ne sont pas égaux : l'un est plus fort, l'autre plus faible; l'un est marié, l'autre non; l'un à plus d'enfants, l'autre en a moins, etc ...
A égalité de travail, conclut Marx, et, par conséquent, à l'égalité de participation au fonds social des consommations, l'un reçoit donc effectivement plus que l'autre, l'un est plus riche que l'autre, etc. Pour éviter toutes ces difficultés le droit devrait être, non pas égal, mais inégal
La justice et l'égalité, la première phase du communisme, ne peut donc pas encore les réaliser; des différences dans la richesse subsisteront et des différences injustes; mais ce qui sera impossible, c'est l'exploitation de l'homme par l'homme, car on ne pourra s'emparer, à titre de propriété privée, des moyens de production, des fabriques, des machines; de la terre, etc. En réduisant à néant la formule confuse et petite-bourgeoise de Lassalle sur l'« égalité » et la «justice» en général., Marx indique le cours du développement de la société communiste, obligée de détruire au début uniquement l' « injustice » qu'est l'appropriation des moyens de production par des individus, mais incapable de détruire d'emblée l'autre injustice, la répartition des objets de consommation « selon le travail » (et non selon les besoins).
Les économistes vulgaires, et parmi eux les professeurs bourgeois, « notre » Tougan y compris, reprochent continuellement aux socialistes d'oublier l'inégalité des hommes et de « rêver » la suppression de cette inégalité. Ce reproche, on le voit, ne fait que démontrer l'ignorance extrême de MM. les idéologues bourgeois.
Marx non seulement tient rigoureusement compte de l'inévitable inégalité des hommes, mais il tient compte également du fait que la seule transformation des moyens de production en propriété commune de la société tout entière (" socialisme" au sens habituel du mot), ne supprime pas les vices de la répartition et de l'inégalité du droit bourgeois qui continuent à régner tant que les produits sont répartis « selon le travail ».
Mais ce sont là, poursuit Marx, des défauts inévitables dans la première phase de la société communiste, telle qu'elle est sortie de la société capitaliste, après un long et douloureux enfantement. Le droit ne peut jamais être à un niveau plus élevé que l'état économique et que le degré de la civilisation sociale qui y correspond.
Cette dernière phrase de Marx, reprise par Lénine, est une nouvelle affirmation du principe fondamental du matérialisme dialectique. C'est de ce même utopisme que Trotsky se servira pour démontrer l'impossibilité d'établir un « droit » communiste dans la Russie stalinienne, insuffisamment évoluée économiquement et incapable de réaliser « l'abondance » des produits, condition essentielle du système socialiste de répartition.
Ainsi, dans la première phase de la société communiste (que l'on appelle habituellement socialisme), le « droit bourgeois est aboli non pas complètement, mais seulement en partie, seulement selon le degré atteint par la révolution économique, c'est-à-dire seulement en ce qui concerne la révolution économique, c'est-à-dire seulement en ce qui concerne les moyens de production. Le « droit bourgeois » en reconnaît la propriété aux individus. Le socialisme en fait une propriété commune. C'est dans cette mesure et dans cette mesure seulement que le droit bourgeois est aboli.
On reconnaît dans ces passages une application très claire de la méthode de Marx. La société communiste doit être conçue non pas synoptiquement, c'est-à-dire, idéalement, comme un système, un ensemble de réformes, mais comme un développement dans le temps; et ce développement ne saurait en aucun cas devancer la transformation économique lente qui en est la base.
Mais «le droit bourgeois» subsiste en qualité de régulateur (facteur déterminant) de la répartition des produits et du travail entre les membres de la société. « Qui ne travaille pas ne mange pas », ce principe socialiste est déjà réalisé: « à quantité égale de travail, quantité égale de produits », cet autre principe socialiste est déjà également réalisé. Cependant, cela n'est pas encore le communisme et cela n'abolit pas encore le « droit bourgeois », qui à des hommes égaux et pour une quantité inégale (inégale en fait) de travail, attribue une quantité égale de produits.
C'est là un « défaut », dit Marx, mais il est inévitable dans la première phase du communisme, car on ne peut, sans tomber dans l'utopie, penser qu'après avoir renversé le capitalisme, les hommes apprendront d'emblée à travailler pour la société sans normes juridiques d'aucune sorte, et les conditions économiques d'un tel changement, l'abolition du capitalisme ne les donne pas d'emblée.
Or, il n'y a d'autres normes que celles du « droit bourgeois ». Et c'est dans cette mesure que subsiste la nécessité d'un Etat qui tout en protégeant la propriété commune des moyens de production, protège également l'égalité du travail et l'égalité dans la répartition des produits.
L'Etat dépérit dans la mesure où il n'y a plus de capitalistes, plus de classes et où, par conséquent, il est impossible de réprimer une classe quelconque.
Mais l'Etat n'a pas encore entièrement dépéri car il reste à protéger le « droit bourgeois » qui consacre l'inégalité de fait. Pour que l'Etat dépérisse complètement, il faut le communisme intégral.
Il s'agit maintenant de dépasser la phase faussement égalitaire du communisme. Qu'on le remarque en passant, la critique que font Marx et Lénine à la répartition des produits sociaux d'être inégalitaire en fait ne porte pas sur la différence de qualité du travail effectué ou des besoins à satisfaire, mais sur la différence de quantité de travail et de besoins. Tel ouvrier abat plus de besogne en une heure que tel autre, tel ouvrier a plus d'enfants, tel autre un plus gros appétit. Dans la première phase du communisme, l'inégalité persiste, mais seule la durée du temps de travail est à la base de cette inégalité: conséquences normales d'une doctrine qui fait de la somme quantitative de travail manuel incorporé la mesure de la valeur des productions sociales. Il est à peine besoin d' ajouter que dans la pratique, on le voit par l'exemple soviétique, une inégalité qualitative s'ajoute,_ comme en régime capitaliste, à l'inégalité quantitative. Le travail de l'ingénieur n'est pas rémunéré, à temps de travail égal, comme celui de l'ouvrier.
Dans la deuxième phase du communisme, il est vrai, le calcul des rémunérations selon la quantité de travail disparaît. Le régime de production collective a fait naître, dans l' hypothèse marxiste, l'abondance générale des produits qui permet de les répartir «à chacun selon ses besoins ». A ce moment, il n'y a plus «rareté» des productions sociales, il n' y a donc plus compétition pour les obtenir, et l'intérêt personnel cesse d'être le mobile et l'excitant du travail de chacun.
La pensée marxiste
L'expression« l'Etat dépérit » est très heureuse, car elle exprime en même temps la graduation de l'évolution dont il s'agit et sa spontanéité. Seule une habitude peut exercer une telle action et elle l'exercera certainement, car nous voyons déjà autour de nous avec quelle facilité les hommes s'habituent à observer les règles indispensables de la vie sociale, lorsqu'il n'y a pas d'exploitation, ni rien qui excite l'indignation, qui provoque la protestation et la révolte, qui nécessite la répression.
Ainsi donc, la société capitaliste ne nous offre qu'une démocratie tronquée, misérable, falsifiée, une démocratie uniquement pour les riches, pour la minorité. La dictature du prolétariat, période de transition vers le communisme, établira pour la première fois une démocratie, pour le peuple, pour la majorité, parallèlement à l'indispensable répression pour la minorité des exploiteurs. Seul le communisme est en mesure de réaliser une démocratie réellement complète, et plus elle sera complète; plus elle deviendra superflue et dépérira d'elle-même.
En d'autres termes, nous avons, en régime capitaliste, l'Etat au sens propre du mot, c'est-à-dire une machine spéciale destinée à l'action répressive d'une classe sur une autre; l'action répressive systématique sur une majorité d'exploités d'une minorité d'exploiteurs, nécessite une cruauté, une férocité extrêmes; des mers de sang à travers lesquelles l'humanité poursuit sa route dans l'esclavage, le servage et le salariat.
Ensuite, durant la transition du capitalisme au communisme, la répression est encore nécessaire, mais c'est une majorité d'exploités qui l'exerce contre une minorité d'exploiteurs. L'appareil spécial, la machine spéciale de répression, l'« Etat »,est encore nécessaire, mais c'est déjà un Etat transitoire, ce n'est plus l'Etat proprement dit, car la répression d'une minorité d'exploiteurs par la majorité des esclaves salariés d' hier est chose relativement facile, si simple et si naturelle, qu'elle coûtera à l'humanité beaucoup moins de sang que la répression des révoltes d'esclaves, de serfs et d'ouvriers salariés et qu'elle reviendra bien moins cher à l'humanité. Et elle est compatible avec l'extension de la démocratie à une si grande majorité de la population que la nécessité d'un appareil spécial de répression commence à disparaître. Les exploiteurs ne, sont naturellement pas en, mesure d'opprimer le peuple sans un appareil spécial, très compliqué, destiné à remplir cette tâche, mais le peuple peut contraindre les exploiteurs au moyen d'un appareil très simple, presque sans appareil spécial, par la simple organisation des masses armées (dont les Soviets de députés ouvriers et soldats nous offrent un exemple, noterons-nous par anticipation).
Le tableau que trace ici Lénine d'un « terrorisme idyllique », borné à l'extermination de la bourgeoisie, est, on le sait, démenti par la réalité. L'appareil répressif de l'Etat prolétarien s'exerce aussi et surtout sur les révolutionnaires eux-mêmes, et sur le prolétariat, voué dans des conditions de contrainte très dures à l'édification du socialisme. La révolution est suivie non d'un dépérissement, mais d'une hypertrophie de l'Etat.
Enfin, seul le communisme rend l'Etat complètement superflu, car il n'y a alors personne sur qui faire peser la répression, «personne» au sens de la classe, au sens de lutte systématique contre une partie déterminée de la population. Nous ne sommes pas des utopistes et nous ne nions aucunement la possibilité et le caractère inévitable de certains excès individuels, non plus que la nécessité de les réprimer. Mais, tout d'abord, il n'est pas besoin à cet effet d'un appareil spécial de répression; le peuple armé se chargera lui-même de cette besogne, aussi simplement, aussi facilement qu'une foule civilisée, même dans la société actuelle, sépare des gens qui se battent ou s'opposent à un acte de violence à l'égard d'une femme. Ensuite, nous savons que la cause fondamentale des excès qui constituent des infractions aux règles de la vie sociale, c'est l'exploitation des masses, leur indigence, leur misère. Cette cause principale écartée, les excès commenceront infailliblement à « dépérir » eux aussi. Nous ne savons ni avec quelle promptitude, ni avec quelle gradation, mais nous savons qu'ils dépériront. Et avec leur dépérissement dépérira également l'Etat, lui aussi ...
La première phase du communisme.
Lénine rappelle que, dans la Critique du programme de Gotha, Marx réfute la proposition de Lassalle, selon laquelle, en régime communiste, l'ouvrier recevra le produit intégral de son travail, et montre la nécessité de fonds de réserve, de fonds d'amortissement, de fonds destinés à l'amélioration et à l'élargissement, de l' outillage, etc... Lénine rappelle la formule de Marx: « Ce à quoi nous avons affaire ici... c'est à une société communiste, non pas telle qu'elle s'est développée sur les bases qui lui sont propres, mais au contraire, telle qu'elle vient de sortir de la société capitaliste; par conséquent une société qui, sous tous les rapports, économique, moral, intellectuel, porte encore l'empreinte de l' ancienne société des flancs de laquelle elle sort.»
La société capitaliste, après la révolution, survit donc et meurt lentement autour de la nouvelle société en formation. Lénine continue:
C'est cette société communiste qui vient de sortir des flancs du capitalisme et, porte dans tous les domaines l'empreinte de la vieille société que Marx nomme la « première » phase, la phase inférieure de la société communiste.
Les moyens de production ont, dès ce moment, cessé d'être la propriété privée d'individus. Ils appartiennent à la société tout entière. Chaque membre de la société, accomplissant une partie du travail socialement nécessaire, reçoit de la société un certificat constatant qu'il a effectué une certaine quantité de travail. Avec ce certificat, il reçoit dans les magasins publics d'objets de consommation, une quantité correspondante de produits. Défalcation faite de la quantité de travail versée au fonds social, chaque ouvrier reçoit de la société autant qu'il a donné. "
Ce serait là, pour ainsi dire, le règne de « l'égalité ».
Remarquons, en passant, que l' U. R. S. S. où persistent ces « survivances » de la société capitaliste que sont la monnaie et le salariat, n'est pas encore parvenue à la « phase inférieure » du communisme, telle que la définit Lénine.
Mais lorsque, ayant en vue cet ordre social (appelé ordinairement socialisme et que Marx définit comme la première phase du communisme), Lassalle dit qu'il y a là " juste répartition ",« droit égal de chacun au produit égal du travail », il se, trompe et Marx explique pourquoi.
Le « droit égal », dit Marx, nous l'avons en effet ici; mais. c'est encore le « droit bourgeois », lequel, comme tout droit, présuppose l'inégalité. Tout droit consiste dans l'application d'une règle unique à des gens différents, des gens qui, en effet, ne sont ni identiques ni égaux. Par suite, le « droit égal » équivaut à une violation de l'égalité et de la justice.
En effet, chacun reçoit pour une part égale de travail social effectué, une part égale de la production sociale (moins la déduction ci-dessus indiquée).
Or, les individus ne sont pas égaux : l'un est plus fort, l'autre plus faible; l'un est marié, l'autre non; l'un à plus d'enfants, l'autre en a moins, etc ...
A égalité de travail, conclut Marx, et, par conséquent, à l'égalité de participation au fonds social des consommations, l'un reçoit donc effectivement plus que l'autre, l'un est plus riche que l'autre, etc. Pour éviter toutes ces difficultés le droit devrait être, non pas égal, mais inégal
La justice et l'égalité, la première phase du communisme, ne peut donc pas encore les réaliser; des différences dans la richesse subsisteront et des différences injustes; mais ce qui sera impossible, c'est l'exploitation de l'homme par l'homme, car on ne pourra s'emparer, à titre de propriété privée, des moyens de production, des fabriques, des machines; de la terre, etc. En réduisant à néant la formule confuse et petite-bourgeoise de Lassalle sur l'« égalité » et la «justice» en général., Marx indique le cours du développement de la société communiste, obligée de détruire au début uniquement l' « injustice » qu'est l'appropriation des moyens de production par des individus, mais incapable de détruire d'emblée l'autre injustice, la répartition des objets de consommation « selon le travail » (et non selon les besoins).
Les économistes vulgaires, et parmi eux les professeurs bourgeois, « notre » Tougan y compris, reprochent continuellement aux socialistes d'oublier l'inégalité des hommes et de « rêver » la suppression de cette inégalité. Ce reproche, on le voit, ne fait que démontrer l'ignorance extrême de MM. les idéologues bourgeois.
Marx non seulement tient rigoureusement compte de l'inévitable inégalité des hommes, mais il tient compte également du fait que la seule transformation des moyens de production en propriété commune de la société tout entière (" socialisme" au sens habituel du mot), ne supprime pas les vices de la répartition et de l'inégalité du droit bourgeois qui continuent à régner tant que les produits sont répartis « selon le travail ».
Mais ce sont là, poursuit Marx, des défauts inévitables dans la première phase de la société communiste, telle qu'elle est sortie de la société capitaliste, après un long et douloureux enfantement. Le droit ne peut jamais être à un niveau plus élevé que l'état économique et que le degré de la civilisation sociale qui y correspond.
Cette dernière phrase de Marx, reprise par Lénine, est une nouvelle affirmation du principe fondamental du matérialisme dialectique. C'est de ce même utopisme que Trotsky se servira pour démontrer l'impossibilité d'établir un « droit » communiste dans la Russie stalinienne, insuffisamment évoluée économiquement et incapable de réaliser « l'abondance » des produits, condition essentielle du système socialiste de répartition.
Ainsi, dans la première phase de la société communiste (que l'on appelle habituellement socialisme), le « droit bourgeois est aboli non pas complètement, mais seulement en partie, seulement selon le degré atteint par la révolution économique, c'est-à-dire seulement en ce qui concerne la révolution économique, c'est-à-dire seulement en ce qui concerne les moyens de production. Le « droit bourgeois » en reconnaît la propriété aux individus. Le socialisme en fait une propriété commune. C'est dans cette mesure et dans cette mesure seulement que le droit bourgeois est aboli.
On reconnaît dans ces passages une application très claire de la méthode de Marx. La société communiste doit être conçue non pas synoptiquement, c'est-à-dire, idéalement, comme un système, un ensemble de réformes, mais comme un développement dans le temps; et ce développement ne saurait en aucun cas devancer la transformation économique lente qui en est la base.
Mais «le droit bourgeois» subsiste en qualité de régulateur (facteur déterminant) de la répartition des produits et du travail entre les membres de la société. « Qui ne travaille pas ne mange pas », ce principe socialiste est déjà réalisé: « à quantité égale de travail, quantité égale de produits », cet autre principe socialiste est déjà également réalisé. Cependant, cela n'est pas encore le communisme et cela n'abolit pas encore le « droit bourgeois », qui à des hommes égaux et pour une quantité inégale (inégale en fait) de travail, attribue une quantité égale de produits.
C'est là un « défaut », dit Marx, mais il est inévitable dans la première phase du communisme, car on ne peut, sans tomber dans l'utopie, penser qu'après avoir renversé le capitalisme, les hommes apprendront d'emblée à travailler pour la société sans normes juridiques d'aucune sorte, et les conditions économiques d'un tel changement, l'abolition du capitalisme ne les donne pas d'emblée.
Or, il n'y a d'autres normes que celles du « droit bourgeois ». Et c'est dans cette mesure que subsiste la nécessité d'un Etat qui tout en protégeant la propriété commune des moyens de production, protège également l'égalité du travail et l'égalité dans la répartition des produits.
L'Etat dépérit dans la mesure où il n'y a plus de capitalistes, plus de classes et où, par conséquent, il est impossible de réprimer une classe quelconque.
Mais l'Etat n'a pas encore entièrement dépéri car il reste à protéger le « droit bourgeois » qui consacre l'inégalité de fait. Pour que l'Etat dépérisse complètement, il faut le communisme intégral.
Il s'agit maintenant de dépasser la phase faussement égalitaire du communisme. Qu'on le remarque en passant, la critique que font Marx et Lénine à la répartition des produits sociaux d'être inégalitaire en fait ne porte pas sur la différence de qualité du travail effectué ou des besoins à satisfaire, mais sur la différence de quantité de travail et de besoins. Tel ouvrier abat plus de besogne en une heure que tel autre, tel ouvrier a plus d'enfants, tel autre un plus gros appétit. Dans la première phase du communisme, l'inégalité persiste, mais seule la durée du temps de travail est à la base de cette inégalité: conséquences normales d'une doctrine qui fait de la somme quantitative de travail manuel incorporé la mesure de la valeur des productions sociales. Il est à peine besoin d' ajouter que dans la pratique, on le voit par l'exemple soviétique, une inégalité qualitative s'ajoute,_ comme en régime capitaliste, à l'inégalité quantitative. Le travail de l'ingénieur n'est pas rémunéré, à temps de travail égal, comme celui de l'ouvrier.
Dans la deuxième phase du communisme, il est vrai, le calcul des rémunérations selon la quantité de travail disparaît. Le régime de production collective a fait naître, dans l' hypothèse marxiste, l'abondance générale des produits qui permet de les répartir «à chacun selon ses besoins ». A ce moment, il n'y a plus «rareté» des productions sociales, il n' y a donc plus compétition pour les obtenir, et l'intérêt personnel cesse d'être le mobile et l'excitant du travail de chacun.
La pensée marxiste
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LA DERNIÈRE PHASE DU COMMUNISME
Marx avait écrit (Critique des programmes de Gotha, P'25):
Dans une phase supérieure de la société communiste, quand auront disparu l'asservissante subordination des individus à la division du travail et, avec elle, l'antagonisme entre le travail intellectuel et le travail manuel quand le travail sera devenu non seulement le moyen de vivre, mais même le premier besoin de l'existence; quand, avec le développement en tout sens des individus, les forces productrices iront s'accroissant, et que toutes les sources de la richesse collective jailliront avec abondance, alors seulement l'étroit horizon du droit bourgeois pourra être complètement dépassé et la société pourra écrire sur ses drapeaux: « De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins. » .
Lénine ajoute.
Ce n'est que maintenant que nous pouvons apprécier toute la justesse des remarques d'Engels, accablant de ses sarcasmes impitoyables cet absurde accouplement des mots " liberté " et " Etat ". Tant que l'Etat existe, il n'est pas de liberté; quand régnera la liberté, il n'y aura pas d'État.
La base économique du dépérissement complet de l'Etat, c'est le communisme arrivé à un degré de développement tel que tout antagonisme disparaît entre le travail intellectuel et le travail manuel, et que, par conséquent, disparaît l'une des sources principales de l'inégalité sociale contemporaine, source que la seule socialisation des moyens de production, la seule expropriation des capitalistes ne peut nullement tarir d'emblée.
Cette expropriation rendra possible un développement gigantesque des forces productives. Voyant combien, dès maintenant, le capitalisme entrave incroyablement ce développement... nous sommes en droit d'affirmer avec une certitude absolue, que l'expropriation des capitalistes aura infailliblement pour résultat un développement gigantesque des forces productrices de la société humaine. Mais quelle sera la rapidité de ce développement, quand aboutira-t-il à un abandon de la division du travail, à la suppression de l'antagonisme entre le travail intellectuel et le travail manuel et à la transformation du travail en «premier besoin de l'existence»? Cela, nous ne le savons pas et ne pouvons le savoir.
Aussi sommes-nous seulement endroit de parler du dépérissement inévitable de l'Etat, en soulignant la durée du processus de ce dépérissement, sa dépendance à l'égard du degré de rapidité dans le développement de la phase supérieure du communisme et devons-nous laisser complètement en suspens les questions des délais dans lesquels se produira ce dépérissement et des forces concrètes qu'il prendra, car nous n'avons pas de données qui nous permettent de trancher ces questions.
L'Etat pourra dépérir complètement lorsque la société aura réalisé le principe « De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins », c'est-à-dire lorsque les hommes se seront si bien habitués à observer les règles essentielles de la vie sociale et lorsque leur travail sera devenu si productif qu'ils travailleront volontairement selon leurs capacités ...
(On retrouve ici la croyance étonnamment naïve de Marx et de tout le socialisme dans la possibilité d'avènement d'une harmonie sociale naturelle et dans la toute-puissance de l'éducation.)
« L'horizon étroit du droit bourgeois» - avec ses calculs à la Phylode:. «N'aurais-je pas, par hasard, travaillé une demi-heure de plus qu'un autre? N'aurais-je pas touché un salaire moindre? » - cet horizon étroit sera alors dépassé, - La répartition des produits n'éxigera plus alors le rationnement par la société des produits reçus par chacun: chacun puisera librement « selon ses besoins ».
Au point de vue bourgeois, il est aisé de traiter un semblable régime féodal de «pure utopie» et de railler les socialistes qui promettent à chacun le droit de recevoir de la société, sans aucun contrôle de son travail, autant qu'il voudra de truffes, d'automobiles, de pianos, etc. ,C'est par des railleries de ce genre que se tirent d'affaire encore aujourd'hui la plupart des «savants» bourgeois qui ne font là que dévoiler leur ignorance et leur défense intéressée du capitalisme.
Leur ignorance, car il n'est venu à l'esprit d'aucun socialiste de « promettre» l'avènement de la phase supérieure du communisme: quant à la prévision de son avènement par les grands théoriciens du communisme, elle suppose une tout autre productivité du travail que celle d'aujourd'hui et la disparition du petit bourgeois d'aujourd'hui, capable, comme les boursiers de Pomialovski, de gaspiller stupidement les richesses publiques et d'exiger l'impossible.
Jusqu' à l'avènement de la phase « supérieure » du communisme, les socialistes réclament de la société et de l'Etat le contrôle le plus rigoureux des normes du travail et de la consommation; mais ce contrôle doit commencer par l'expropriation des capitalistes, par le contrôle des ouvriers sur les capitalistes et il doit être exercé, non pas par l'Etat des fonctionnaires, mais par l'Etat des ouvriers armés.
La défense intérèssée du capitalisme par les idéologues bourgeois et leurs satellites tels que Tsérételli, Tchernov et consorts consiste précisément à escamoter, par des discussions et des phrases sur l'avenir lointain, la question essentielle et actuelle de la politique d'aujourd'hui: l'expropriation des capitalistes, la transformation de tous les citoyens en travailleurs, employés d' un même grand «syndicat », l'Etat tout entier, et la complète subordination de tout le travail de ce syndicat à un Etat vraiment démocratique, à l'Etat des Soviets de députés ouvriers et soldats.
Au fond, lorsqu'un savant professeur, et après lui le philistin, et avec eux Tchernov et Tsérételli, parlent des utopies insensées, des promesses démagogiques des bolcheviks, de l'impossibilité d' « instituer» le socialisme, ils ont précisément en vue ce stade supérieur ou phase supérieure du communisme, que personne n'a jamais promise ni même eu dessein d'« instituer» car, d'une façon générale, il est impossible de l'instituer ».
L'espèce de dédain avec lequel parle ici Lénine, sinon de la « phase supérieure » du communisme, du moins de ceux qui prétendent l' « instituer» ou connaître la date de son apparition, est ici caractéristique. Il ne s'agit évidemment là pour Lénine que d'une éventualité éloignée et sans intérêt du point de vue politique, puisque, si elle se produit; elle se produira progressivement, naturellement, au fur et à mesure de l' évolution de la structure économique de la société.
LA PENSÉE MARXISTE
À suivre__________________________________________________
Marx avait écrit (Critique des programmes de Gotha, P'25):
Dans une phase supérieure de la société communiste, quand auront disparu l'asservissante subordination des individus à la division du travail et, avec elle, l'antagonisme entre le travail intellectuel et le travail manuel quand le travail sera devenu non seulement le moyen de vivre, mais même le premier besoin de l'existence; quand, avec le développement en tout sens des individus, les forces productrices iront s'accroissant, et que toutes les sources de la richesse collective jailliront avec abondance, alors seulement l'étroit horizon du droit bourgeois pourra être complètement dépassé et la société pourra écrire sur ses drapeaux: « De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins. » .
Lénine ajoute.
Ce n'est que maintenant que nous pouvons apprécier toute la justesse des remarques d'Engels, accablant de ses sarcasmes impitoyables cet absurde accouplement des mots " liberté " et " Etat ". Tant que l'Etat existe, il n'est pas de liberté; quand régnera la liberté, il n'y aura pas d'État.
La base économique du dépérissement complet de l'Etat, c'est le communisme arrivé à un degré de développement tel que tout antagonisme disparaît entre le travail intellectuel et le travail manuel, et que, par conséquent, disparaît l'une des sources principales de l'inégalité sociale contemporaine, source que la seule socialisation des moyens de production, la seule expropriation des capitalistes ne peut nullement tarir d'emblée.
Cette expropriation rendra possible un développement gigantesque des forces productives. Voyant combien, dès maintenant, le capitalisme entrave incroyablement ce développement... nous sommes en droit d'affirmer avec une certitude absolue, que l'expropriation des capitalistes aura infailliblement pour résultat un développement gigantesque des forces productrices de la société humaine. Mais quelle sera la rapidité de ce développement, quand aboutira-t-il à un abandon de la division du travail, à la suppression de l'antagonisme entre le travail intellectuel et le travail manuel et à la transformation du travail en «premier besoin de l'existence»? Cela, nous ne le savons pas et ne pouvons le savoir.
Aussi sommes-nous seulement endroit de parler du dépérissement inévitable de l'Etat, en soulignant la durée du processus de ce dépérissement, sa dépendance à l'égard du degré de rapidité dans le développement de la phase supérieure du communisme et devons-nous laisser complètement en suspens les questions des délais dans lesquels se produira ce dépérissement et des forces concrètes qu'il prendra, car nous n'avons pas de données qui nous permettent de trancher ces questions.
L'Etat pourra dépérir complètement lorsque la société aura réalisé le principe « De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins », c'est-à-dire lorsque les hommes se seront si bien habitués à observer les règles essentielles de la vie sociale et lorsque leur travail sera devenu si productif qu'ils travailleront volontairement selon leurs capacités ...
(On retrouve ici la croyance étonnamment naïve de Marx et de tout le socialisme dans la possibilité d'avènement d'une harmonie sociale naturelle et dans la toute-puissance de l'éducation.)
« L'horizon étroit du droit bourgeois» - avec ses calculs à la Phylode:. «N'aurais-je pas, par hasard, travaillé une demi-heure de plus qu'un autre? N'aurais-je pas touché un salaire moindre? » - cet horizon étroit sera alors dépassé, - La répartition des produits n'éxigera plus alors le rationnement par la société des produits reçus par chacun: chacun puisera librement « selon ses besoins ».
Au point de vue bourgeois, il est aisé de traiter un semblable régime féodal de «pure utopie» et de railler les socialistes qui promettent à chacun le droit de recevoir de la société, sans aucun contrôle de son travail, autant qu'il voudra de truffes, d'automobiles, de pianos, etc. ,C'est par des railleries de ce genre que se tirent d'affaire encore aujourd'hui la plupart des «savants» bourgeois qui ne font là que dévoiler leur ignorance et leur défense intéressée du capitalisme.
Leur ignorance, car il n'est venu à l'esprit d'aucun socialiste de « promettre» l'avènement de la phase supérieure du communisme: quant à la prévision de son avènement par les grands théoriciens du communisme, elle suppose une tout autre productivité du travail que celle d'aujourd'hui et la disparition du petit bourgeois d'aujourd'hui, capable, comme les boursiers de Pomialovski, de gaspiller stupidement les richesses publiques et d'exiger l'impossible.
Jusqu' à l'avènement de la phase « supérieure » du communisme, les socialistes réclament de la société et de l'Etat le contrôle le plus rigoureux des normes du travail et de la consommation; mais ce contrôle doit commencer par l'expropriation des capitalistes, par le contrôle des ouvriers sur les capitalistes et il doit être exercé, non pas par l'Etat des fonctionnaires, mais par l'Etat des ouvriers armés.
La défense intérèssée du capitalisme par les idéologues bourgeois et leurs satellites tels que Tsérételli, Tchernov et consorts consiste précisément à escamoter, par des discussions et des phrases sur l'avenir lointain, la question essentielle et actuelle de la politique d'aujourd'hui: l'expropriation des capitalistes, la transformation de tous les citoyens en travailleurs, employés d' un même grand «syndicat », l'Etat tout entier, et la complète subordination de tout le travail de ce syndicat à un Etat vraiment démocratique, à l'Etat des Soviets de députés ouvriers et soldats.
Au fond, lorsqu'un savant professeur, et après lui le philistin, et avec eux Tchernov et Tsérételli, parlent des utopies insensées, des promesses démagogiques des bolcheviks, de l'impossibilité d' « instituer» le socialisme, ils ont précisément en vue ce stade supérieur ou phase supérieure du communisme, que personne n'a jamais promise ni même eu dessein d'« instituer» car, d'une façon générale, il est impossible de l'instituer ».
L'espèce de dédain avec lequel parle ici Lénine, sinon de la « phase supérieure » du communisme, du moins de ceux qui prétendent l' « instituer» ou connaître la date de son apparition, est ici caractéristique. Il ne s'agit évidemment là pour Lénine que d'une éventualité éloignée et sans intérêt du point de vue politique, puisque, si elle se produit; elle se produira progressivement, naturellement, au fur et à mesure de l' évolution de la structure économique de la société.
LA PENSÉE MARXISTE
À suivre__________________________________________________
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SuiteSocialisme et Communisme.
Nous abordons ici la question " de la distinction scientifique entre le socialisme et le communisme". Au point de vue politique, la différence entre la première phase ou phase inférieure et la phase supérieure du communisme sera, le moment venu, certainement considérable, mais, actuellement; en régime capitaliste, il serait ridicule d'en faire cas et il ne peut y avoir que quelques anarchistes pour la mettre au premier plan (s'il subsiste encore parmi les anarchistes des gens à qui n'a rien appris la métamorphose... des Kropotleine, des Grave, des Cornélissen et autres «étoiles» de l'anarchisme social-chauvins ou en " anarchos des tranchées ", selon la formule de Gay, un des rares anarchistes qui aient gardé l'honneur et la conscience).
Mais, scientifiquement, la différence entre le socialisme et le communisme est claire. Ce qu'on appelle ; habituellement socialisme, Marx l'a appelé la «première» phase, ou phase inférieure, de la société communiste: Dans la mesure où les moyens de production deviennent propriété commune, le mot « Communisme » peut s'appliquer, à condition que l'on n'oublie pas que c'est là un communisme incomplet. Le grand mérite de l'exposé de Marx est d'appliquer également ici la dialectique matérialiste, la théorie de l'évolution, et de considérer le communisme comme. quelque chose quise développe depuis le capitalisme. Au lieu de s'en tenir à des définitions scolastiques, artificielles, imaginaires, à de stériles querelles de mots (qu'est-ce que le socialisme? Qu'est-ce que le communisme?) Marx analyse ce que l'on pourrait appeler les degrés de la maturité économique du communisme.
Dans sa première phase, à son premier degré, le communisme ne peut encore être économiquement complètement mûr, complètement affranchi des traditions ou des vestiges du capitalisme. De là ce phénomène intéressant qu'est le maintien, en régime communiste, dans toute sa première phase, de l'« étroit horizon du droit bourgeois ». Le droit bourgeois, en ce qui concerne la répartition des objets de consommation suppose nécessairement, un Etat bourgeois, car le droit n'est rien sans un appareil capable de contraindre à l'observation de ses règles. .
Il s'ensuit qu'en régime communiste, non seulement le droit bourgeois, mais aussi l'Etat bourgeois, sans bourgeoisie, subsistent pendant un certain temps.
Il semble que ce soit un paradoxe ou un pur jeu dialectique, ce que reprochent souvent au marxisme les gens qui n'ont jamais pris la peine à en étudier, si peu que ce soit, la substance extraordinairement profonde.
Mais en réalité, la vie nous montre à chaque pas, dans la nature et dans la société, des vestiges du passé subsistant dans le présent. Ce n'est pas arbitrairement que Marx a introduit dans le communisme une parcelle de «droit bourgeois»; il n'a fait que constater ce qui, économiquement et politiquement, est inévitable dans une société issus du sein du capitalisme.
La démocratie a une immense importance dans la lutte menée contre les capitalistes par la classe ouvrière pour son affranchissement. Or la démocratie n'est nullement une limite infranchissable, mais seulement une étape sur la route de la féodalité au capitalisme et du capitalisme au communisme.
Démocratie signifie égalité. On conçoit l'importance de la lutte du prolétariat pour l'égalité ainsi que celle du mot d'ordre même d'égalité, à condition de le comprendre comme il convient, dans le sens de la suppression des classes. Mais démocratie signifie seulement égalité formelle. Et dès que sera réalisée l'égalité de tous les membres de la société par rapport à la jouissance des moyens de production, c'est-à-dire l'égalité du travail, l'égalité du salaire, alors se dressera inévitablement devant l'humanité la question du progrès suivant, du passage de l'égalité formelle à l'égalité réelle, c'est-à-dire à la réalisation du principe: « De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins ». Par quelles étapes, par quelles mesures pratiques l'humanité marchera-t-elle vers ce but suprême, nous ne le savons pas et ne pouvons pas le savoir. Mais ce qui importe, c'est de voir l'immense mensonge de l'idée bourgeoise, que le socialisme est quelque chose de mort, de figé, de donné une fois pour toutes, alors qu'en réalité ce n'est qu'avec le socialisme que commencera un mouvement en avant rapide, véritable, un mouvement réellement de masse auquel participera la majorité de la population d'abord, ensuite la population tout entière, dans tous les domaines de la vie sociale et privée.
La démocratie est une des formes, une des variétés de l'Etat, Elle est, par conséquent, comme tout l'Etat, l'application organisée, systématique de la contrainte envers les hommes. Elle est cela, d'une part. Mais, d'autre part, elle signifie la reconnaissance formelle de l'égalité entre les citoyens, du droit égal de tous à déterminer la forme de l'Etat et à l'administrer. Il s'ensuit qu'à un certain degré de son développement, la démocratie, tout d'abord, unit contre le capitalisme la classe révolutionnaire, le prolétariat, et lui donne la possibilité de briser, de réduire en miettes, d'extirper de la surface de la terre la machine d'Etat bourgeoise, fût-elle républicaine, l'armée permanente, la police, le fonctionnarisme, et de les remplacer par une machine d'Etat plus démocratique, mais qui n'en reste pas moins une machine d'Etat sous forme de masses ouvrières armées, passant à la participation du peuple entier à la milice.
Ici «la quantité se change en qualité» : arrivée à ce degré, la démocratie sort du cadre de la société bourgeoise et c'est le commencement de sa transformation en socialisme. Si tous participent réellement à la gestion de l'Etat, le capitalisme ne peut plus se maintenir. Or, le développement du capitalisme à son tour crée les conditions nécessaires pour que réellement " tous puissent participer à la gestion de l'Etat ". Ces conditions sont, entre autres, l'instruction générale, réalisée déjà par une série de pays capitalistes les plus avancés, puis «l'éducation de la discipline» de millions d'ouvriers par l'appareil immense, complexe et socialisé que constituent la poste, les chemins de fer, les grandes usines, le gros commerce, les banques, etc ... etc ...
Avec de telles conditions économiques, il est tout à fait possible, après le renversement des capitalistes et des fonctionnaires, de les remplacer immédiatement du jour au lendemain, en ce qui concerne le contrôle de la production et de la répartition, en ce qui concerne le recensement du travail et des produits par les ouvriers armés, par le peuple armé tout entier: (Il ne faut pas confondre la question du contrôle et du recensement avec celle du personnel scientifiquement instruit, d'ingénieurs, agronomes, etc. : ces messieurs qui travaillent aujourd'hui sous les ordres des capitalistes, travailleront mieux encore sous les ordres des ouvriers armés,)
Recensement et contrôle, voilà l'essentiel pour l' «organisation », pour le fonctionnement régulier de la société communiste, dans sa première phase. Tous les citoyens se transforment en employés salariés de l'Etat que constituent les ouvriers armés. Tous les citoyens deviennent les employés et les ouvriers d'un seul « Syndicat » du peuple entier, de l'Etat. Il s'agit seulement d'obtenir qu'ils travaillent dans la même mesure, observent bien la même mesure de travail, et reçoivent dans la même mesure. Le recensement et le contrôle dans ces domaines ont été simplifiés à l'extrême par le capitalisme, qui les a réduits aux opérations les plus simples de surveillance et d'enregistrement, à la délivrance des reçus correspondants, toutes choses, accessibles à quiconque sait lire et écrire et connaît les quatre règles d'arithmétique 1.
1. Quand l'Etat réduit ses fonctions essentielles à l'enregistrement et au contrôle des travailleurs eux-mêmes, il cesse d'être l' " Etat politique ", et les " fonctions publiques " de politiques qu'elles étaient deviennent de simples fonctions administratives, (Voir plus haut, ch. IV, § 2,« La polémique d'Engels avec les anarchistes ".)
À suivre_______________________________________________________
Nous abordons ici la question " de la distinction scientifique entre le socialisme et le communisme". Au point de vue politique, la différence entre la première phase ou phase inférieure et la phase supérieure du communisme sera, le moment venu, certainement considérable, mais, actuellement; en régime capitaliste, il serait ridicule d'en faire cas et il ne peut y avoir que quelques anarchistes pour la mettre au premier plan (s'il subsiste encore parmi les anarchistes des gens à qui n'a rien appris la métamorphose... des Kropotleine, des Grave, des Cornélissen et autres «étoiles» de l'anarchisme social-chauvins ou en " anarchos des tranchées ", selon la formule de Gay, un des rares anarchistes qui aient gardé l'honneur et la conscience).
Mais, scientifiquement, la différence entre le socialisme et le communisme est claire. Ce qu'on appelle ; habituellement socialisme, Marx l'a appelé la «première» phase, ou phase inférieure, de la société communiste: Dans la mesure où les moyens de production deviennent propriété commune, le mot « Communisme » peut s'appliquer, à condition que l'on n'oublie pas que c'est là un communisme incomplet. Le grand mérite de l'exposé de Marx est d'appliquer également ici la dialectique matérialiste, la théorie de l'évolution, et de considérer le communisme comme. quelque chose quise développe depuis le capitalisme. Au lieu de s'en tenir à des définitions scolastiques, artificielles, imaginaires, à de stériles querelles de mots (qu'est-ce que le socialisme? Qu'est-ce que le communisme?) Marx analyse ce que l'on pourrait appeler les degrés de la maturité économique du communisme.
Dans sa première phase, à son premier degré, le communisme ne peut encore être économiquement complètement mûr, complètement affranchi des traditions ou des vestiges du capitalisme. De là ce phénomène intéressant qu'est le maintien, en régime communiste, dans toute sa première phase, de l'« étroit horizon du droit bourgeois ». Le droit bourgeois, en ce qui concerne la répartition des objets de consommation suppose nécessairement, un Etat bourgeois, car le droit n'est rien sans un appareil capable de contraindre à l'observation de ses règles. .
Il s'ensuit qu'en régime communiste, non seulement le droit bourgeois, mais aussi l'Etat bourgeois, sans bourgeoisie, subsistent pendant un certain temps.
Il semble que ce soit un paradoxe ou un pur jeu dialectique, ce que reprochent souvent au marxisme les gens qui n'ont jamais pris la peine à en étudier, si peu que ce soit, la substance extraordinairement profonde.
Mais en réalité, la vie nous montre à chaque pas, dans la nature et dans la société, des vestiges du passé subsistant dans le présent. Ce n'est pas arbitrairement que Marx a introduit dans le communisme une parcelle de «droit bourgeois»; il n'a fait que constater ce qui, économiquement et politiquement, est inévitable dans une société issus du sein du capitalisme.
La démocratie a une immense importance dans la lutte menée contre les capitalistes par la classe ouvrière pour son affranchissement. Or la démocratie n'est nullement une limite infranchissable, mais seulement une étape sur la route de la féodalité au capitalisme et du capitalisme au communisme.
Démocratie signifie égalité. On conçoit l'importance de la lutte du prolétariat pour l'égalité ainsi que celle du mot d'ordre même d'égalité, à condition de le comprendre comme il convient, dans le sens de la suppression des classes. Mais démocratie signifie seulement égalité formelle. Et dès que sera réalisée l'égalité de tous les membres de la société par rapport à la jouissance des moyens de production, c'est-à-dire l'égalité du travail, l'égalité du salaire, alors se dressera inévitablement devant l'humanité la question du progrès suivant, du passage de l'égalité formelle à l'égalité réelle, c'est-à-dire à la réalisation du principe: « De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins ». Par quelles étapes, par quelles mesures pratiques l'humanité marchera-t-elle vers ce but suprême, nous ne le savons pas et ne pouvons pas le savoir. Mais ce qui importe, c'est de voir l'immense mensonge de l'idée bourgeoise, que le socialisme est quelque chose de mort, de figé, de donné une fois pour toutes, alors qu'en réalité ce n'est qu'avec le socialisme que commencera un mouvement en avant rapide, véritable, un mouvement réellement de masse auquel participera la majorité de la population d'abord, ensuite la population tout entière, dans tous les domaines de la vie sociale et privée.
La démocratie est une des formes, une des variétés de l'Etat, Elle est, par conséquent, comme tout l'Etat, l'application organisée, systématique de la contrainte envers les hommes. Elle est cela, d'une part. Mais, d'autre part, elle signifie la reconnaissance formelle de l'égalité entre les citoyens, du droit égal de tous à déterminer la forme de l'Etat et à l'administrer. Il s'ensuit qu'à un certain degré de son développement, la démocratie, tout d'abord, unit contre le capitalisme la classe révolutionnaire, le prolétariat, et lui donne la possibilité de briser, de réduire en miettes, d'extirper de la surface de la terre la machine d'Etat bourgeoise, fût-elle républicaine, l'armée permanente, la police, le fonctionnarisme, et de les remplacer par une machine d'Etat plus démocratique, mais qui n'en reste pas moins une machine d'Etat sous forme de masses ouvrières armées, passant à la participation du peuple entier à la milice.
Ici «la quantité se change en qualité» : arrivée à ce degré, la démocratie sort du cadre de la société bourgeoise et c'est le commencement de sa transformation en socialisme. Si tous participent réellement à la gestion de l'Etat, le capitalisme ne peut plus se maintenir. Or, le développement du capitalisme à son tour crée les conditions nécessaires pour que réellement " tous puissent participer à la gestion de l'Etat ". Ces conditions sont, entre autres, l'instruction générale, réalisée déjà par une série de pays capitalistes les plus avancés, puis «l'éducation de la discipline» de millions d'ouvriers par l'appareil immense, complexe et socialisé que constituent la poste, les chemins de fer, les grandes usines, le gros commerce, les banques, etc ... etc ...
Avec de telles conditions économiques, il est tout à fait possible, après le renversement des capitalistes et des fonctionnaires, de les remplacer immédiatement du jour au lendemain, en ce qui concerne le contrôle de la production et de la répartition, en ce qui concerne le recensement du travail et des produits par les ouvriers armés, par le peuple armé tout entier: (Il ne faut pas confondre la question du contrôle et du recensement avec celle du personnel scientifiquement instruit, d'ingénieurs, agronomes, etc. : ces messieurs qui travaillent aujourd'hui sous les ordres des capitalistes, travailleront mieux encore sous les ordres des ouvriers armés,)
Recensement et contrôle, voilà l'essentiel pour l' «organisation », pour le fonctionnement régulier de la société communiste, dans sa première phase. Tous les citoyens se transforment en employés salariés de l'Etat que constituent les ouvriers armés. Tous les citoyens deviennent les employés et les ouvriers d'un seul « Syndicat » du peuple entier, de l'Etat. Il s'agit seulement d'obtenir qu'ils travaillent dans la même mesure, observent bien la même mesure de travail, et reçoivent dans la même mesure. Le recensement et le contrôle dans ces domaines ont été simplifiés à l'extrême par le capitalisme, qui les a réduits aux opérations les plus simples de surveillance et d'enregistrement, à la délivrance des reçus correspondants, toutes choses, accessibles à quiconque sait lire et écrire et connaît les quatre règles d'arithmétique 1.
1. Quand l'Etat réduit ses fonctions essentielles à l'enregistrement et au contrôle des travailleurs eux-mêmes, il cesse d'être l' " Etat politique ", et les " fonctions publiques " de politiques qu'elles étaient deviennent de simples fonctions administratives, (Voir plus haut, ch. IV, § 2,« La polémique d'Engels avec les anarchistes ".)
À suivre_______________________________________________________
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La dernière phase du....suite
Quand la majorité du Peuple opérera partout, elle-même ce recensement et ce contrôle des capitalistes (transformés alors en employés) et de messieurs les intellectuels qui auront encore conservé des habitudes capitalistes, ce contrôle deviendra vraiment universel, général, national et nul ne saura plus s'y soustraire; « impossible d'y échapper ».
Toute la société ne sera plus qu'un grand bureau et un grand atelier avec égalité de travail et égalité de salaire.
Mais cette discipline d'« atelier » que le prolétariat, après avoir vaincu les capitalistes et renversé les exploiteurs, étendra à toute la société, n'est nullement notre idéal ni notre but final, mais seulement un échelon nécessaire pour la réalisation du nettoyage radical de la société des vilenies et des ignominies de l'exploitation capitaliste et pour la marche ultérieure en avant .
A partir du moment où tous les membres de la société, ou du moins l'immense majorité d'entre eux, ont appris à gérer eux-mêmes l' État, ont pris l'affaire en mains, organisé leur contrôle sur l'infime minorité de capitalistes, sur les petits messieurs désireux de conserver leurs habitudes capitalistes et sur les ouvriers profondément corrompus par le capitalisme, dès ce moment la nécessité de toute administration en général commence à disparaître. Plus la démocratie est complète ; et plus proche est le jour où elle deviendra superflue. Plus l'« État» constitué par les ouvriers armés et qui n'est déjà plus « l'Etat au sens propre du mot », est démocratique, et plus promptement commence à dépérir tout État .
Voici la théorie du contrôle policier universel et de la «liquidation» des opposants par des moyens sommaires:
Quand tout le monde, en effet, aura appris à administrer et administrera réellement, en toute indépendance; la production sociale; quand tous procéderont en toute indépendance à l'enregistrement et au contrôle des parasites, des fils à papa, des coquins et autres « gardiens des traditions capitalistes », inévitablement il deviendra si incroyablement difficile d'échapper à ce recensement et à ce contrôle, exercés par le peuple entier, les tentatives dans ce sens deviendront une exception tellement rare, elles entraîneraient vraisemblablement un châtiment si prompt et si exemplaire (car les ouvriers armés sont des gens pratiques et non de petits intellectuels sentimentaux et ne permettront pas qu'on plaisante avec eux), que la nécessité d'observer les règles simples et fondamentales de toute société humaine passera très vite à l'état d' habitude.
La porte s'ouvrira alors toute grande qui permettra de passer de la première phase de la société communiste à sa phase supérieure et, par suite, au dépérissement complet de l'Etat.
Le dépérissement de l'Etat doit être précédé par la Révolution.
Les parole d'Engels sur le «dépérissement» de l'Etat jouissent d'une si large notoriété, elles sont si souvent citées, elles mettent si bien en relief ce qui fait le fond de la falsification habituelle du marxisme et sa transformation en opportunisme, qu'il est nécessaire de s'y arrêter en détail. Citons tout le raisonnement d'où elles sont tirées :
Le prolétariat s'empare de la puissance de l'Etat et transforme tout d'abord les moyens de production en propriété de l'Etat. Par là, il se détruit lui-même en tant que prolétariat, il abolit toutes les différences de classes et tous les antagonismes de classes, et de ce fait, aussi l'Etat en tant qu'Etat. La société, qui existait et existe, qui se meurt à travers les antagonismes de classes, avait besoin de l'Etat, c'est-à-dire d'une organisation de la classe exploiteuse à chaque époque en vue de maintenir ses conditions extérieures de production, en vue de maintenir par la force la classe exploitée dans les conditions d'oppression exigées par le mode de production existant (esclavage, servage, travail salarié). L'Etat était le représentant officiel de la société tout entière, sa synthèse en un corps visible, mais il ne l'était que dans la mesure où il était l'Etat de la classe qui elle-même représentait en son temps la société tout entière: Etat des citoyens propriétaires d'esclaves de l'antiquité, Etat de la noblesse au moyen âge. Etat de la bourgeoisie de nos jours; Mais en devenant enfin le représentant effectif de la société tout entière, il se rend lui-même superflu. Dès qu'il n'y a plus de classe sociale à maintenir opprimée, dès que sont supprimés en même temps que la souveraineté de classe et la lutte pour l'existence individuelle, fondée sur l'ancienne anarchie de la production, les collisions et les excès qui en résultaient, il n' y a plus rien à réprimer et un pouvoir spécial de répression, un Etat, cesse d'être nécessaire.
Le premier acte par lequel l'Etat se manifeste réellement comme représentant de la société tout entière, à savoir la prise de possession des moyens de production au nom de la société, est en même temps le dernier acte propre de l'Etat. L'intervention du pouvoir d'Etat dans les affaires sociales devient superflue sur un terrain après l'autre et s'endort ensuite lui-même. Au gouvernement des personnes se substitue l'administration des choses et la direction du processus de production. L'Etat n'est pas «aboli»; il dépérit. C'est de ce point de vue qu'il convient d'apprécier le mot d'ordre d'« Etat libre du peuple », tant dans son intérêt passager pour l'agitation que dans son insuffisance scientifique définitive; de ce point, de vue doit être appréciée également la revendication de ceux qu'on appelle les anarchistes, qui veulent que l'Etat soit aboli du jour au lendemain 1.
On peut dire, sans crainte de se tromper, que de tout ce raisonnement d'Engels, si remarquable par sa richesse de pensée, il n'est resté qu'une véritable acquisition de la pensée socialiste dans les Partis socialistes contemporains que cette formule, d'après laquelle l'Etat «dépérit», selon la théorie de Marx, contrairement à la doctrine anarchiste de l'« abolition» de l'Etat. Tronquer ainsi le marxisme, signifie le réduire à car, après une telle «interprétation »,il ne subsiste que la vague idée d'un changement lent, égal; soubresaut ni tempête, sans révolution. Le « dépérissement» de l'Etat, dans la conception courante, généralement répandue, populaire si l'on peut dire, aucun doute, l'effacement sinon la négation, de la révolution .
Et cependant, cette «interprétation» est la déformation la plus grossière du marxisme, avantageuse à la seule bourgeoisie,'déformation théoriquement basée sur l'oubli des principales circonstances et considérations; indiquée ne serait-ce que dans le raisonnement « conclusif» d'Engels que nous venons de citer en entier:
1°Au début même de son raisonnement, Engels qu'en s'emparant du pouvoir d'Etat, le prolétariat« par là même supprime l'Etat en tant qu'Etat ». «Il n'est pas d'usage» de réfléchir à ce que cela signifie. D'ordinaire, ou bien on l'ignore complètement, ou bien l'on y voit, de la part d'Engels, comme une sorte de« faiblesse hégélienne ». En fait, ces mots expriment succinctement l'expérience d'une des plus grandes révolutions prolétariennes, l'expérience de la Commune de Paris de 1871, dont nous parlerons plus longuement en son lieu. En fait, Engels parle ici de la «suppression» de l'Etat de la bourgeoisie par la révolution prolétarienne, tandis que les mots sur le dépérissement concernent ce qui subsiste de l'Etat prolétarien, après la révolution. socialiste. L'Etat bourgeois, selon Engels, ne «dépérit» pas; il est « détruit» par le prolétariat au cours de la révolution, c'est l'Etat ou demi-Etat prolétarien.
2° L'Etat est une « force spéciale de répression». Cette définition d'Engels, admirable et profonde au plus haut degré, est ici énoncée avec la plus entière clarté, Or, il en découle que cette «force spéciale de répression du prolétariat par la bourgeoisie, de millions de travailleurs par une poignée de riches, doit être remplacée par une «force spéciale de répression» ide la bourgeoisie par le prolétariat (dictature du prolétariat). Et c'est en cela que consiste la« suppression de l'Etat et tant qu'État ». Et c'est en cela que consiste l' « acte» de prise de possession des moyens de production au nom de la société . . !lest bien évident que ce remplacement d'une «force spéciale.» (celle .de la bourgeoisie) par une autre " force spéciale " (celle du prolétariat) ne peut se produire sous forme de «dépérissement ». .
3° . Ce «dépérissement» ou, pour parler .. avec plus de relief et de couleur, cet «assoupissement », Engels le rapporte d'une façon absolument claire et nette à l'époque qui suit la« prise de possession des moyens de production par l'Etat au nom de là société », c'est a-dire après la révolution socialiste. Nous savons tous que. la démocratie la plus complète est la forme politique de l'« État» dans cette période. Mais. il ne vient à)'idée d'aucun des opportunistes qui dénaturent impudemment le marxisme qu'il s'agit ici, par conséquent' chez Engels, de l'«assouplissement» et du «dépérissement!» de la démocratie. Cela paraît à première vue fort étrange; 'mais cela n'est «incompréhensible» que pour celui qui n'approfondit pas que la démocratie c'est aussi l'Etat et que, pat conséquent, elle disparaît également quand disparaît 'l'Etat. ''Seule la révolution peut «détruire» l'Etat bourgeois. L'Etat en général, c'est-à-dire la démocratie la plus complète, ne peut que « dépérir ».
4° En énonçant sa fameuse thèse: «l'Etat dépérit », Engels se hâte de préciser concrètement qu'elle est dirigée et contre les opportunistes et contre les anarchistes.
Bien plus ce qui vient en premier lieu, chez Engels, c'est précisément la conclusion de la thèse du «. dépérissement de l'Etat» qui est dirigée contre les opportunistes.
On peut parier que, sur 10.000 personnes qui ont lu à propos du «dépérissement» de l'Etat ou en ont entendu parler, 9;990 ignorent absolument ou ne se souviennent plus qu'Engels ne dirigeait pas les conclusions de sa thèse uniquement contre les anarchistes. Et sur les dix autres, il en est sûrement neuf qui ne savent ce qu'est l'« Etat populaire libre» et pourquoi, en attaquant ce mot d'ordre, Engels attaque les opportunistes. C'est ainsi qu'on écrit l'histoire. C'est ainsi qu'on frelate insensiblement la grande doctrine révolutionnaire et qu'on ravale au niveau de la vulgarité régnante.
La conclusion contre les anarchistes a été mille fois répétée, banalisée, elle s'est ancrée clans la tête sous la forme la plus simpliste, elle a acquis la force d'un préjugé. Quant à la conclusion contre les opportunistes" on l'a estompée et « oubliée »!
Àsuivre______________________________________________________________
Quand la majorité du Peuple opérera partout, elle-même ce recensement et ce contrôle des capitalistes (transformés alors en employés) et de messieurs les intellectuels qui auront encore conservé des habitudes capitalistes, ce contrôle deviendra vraiment universel, général, national et nul ne saura plus s'y soustraire; « impossible d'y échapper ».
Toute la société ne sera plus qu'un grand bureau et un grand atelier avec égalité de travail et égalité de salaire.
Mais cette discipline d'« atelier » que le prolétariat, après avoir vaincu les capitalistes et renversé les exploiteurs, étendra à toute la société, n'est nullement notre idéal ni notre but final, mais seulement un échelon nécessaire pour la réalisation du nettoyage radical de la société des vilenies et des ignominies de l'exploitation capitaliste et pour la marche ultérieure en avant .
A partir du moment où tous les membres de la société, ou du moins l'immense majorité d'entre eux, ont appris à gérer eux-mêmes l' État, ont pris l'affaire en mains, organisé leur contrôle sur l'infime minorité de capitalistes, sur les petits messieurs désireux de conserver leurs habitudes capitalistes et sur les ouvriers profondément corrompus par le capitalisme, dès ce moment la nécessité de toute administration en général commence à disparaître. Plus la démocratie est complète ; et plus proche est le jour où elle deviendra superflue. Plus l'« État» constitué par les ouvriers armés et qui n'est déjà plus « l'Etat au sens propre du mot », est démocratique, et plus promptement commence à dépérir tout État .
Voici la théorie du contrôle policier universel et de la «liquidation» des opposants par des moyens sommaires:
Quand tout le monde, en effet, aura appris à administrer et administrera réellement, en toute indépendance; la production sociale; quand tous procéderont en toute indépendance à l'enregistrement et au contrôle des parasites, des fils à papa, des coquins et autres « gardiens des traditions capitalistes », inévitablement il deviendra si incroyablement difficile d'échapper à ce recensement et à ce contrôle, exercés par le peuple entier, les tentatives dans ce sens deviendront une exception tellement rare, elles entraîneraient vraisemblablement un châtiment si prompt et si exemplaire (car les ouvriers armés sont des gens pratiques et non de petits intellectuels sentimentaux et ne permettront pas qu'on plaisante avec eux), que la nécessité d'observer les règles simples et fondamentales de toute société humaine passera très vite à l'état d' habitude.
La porte s'ouvrira alors toute grande qui permettra de passer de la première phase de la société communiste à sa phase supérieure et, par suite, au dépérissement complet de l'Etat.
Le dépérissement de l'Etat doit être précédé par la Révolution.
Les parole d'Engels sur le «dépérissement» de l'Etat jouissent d'une si large notoriété, elles sont si souvent citées, elles mettent si bien en relief ce qui fait le fond de la falsification habituelle du marxisme et sa transformation en opportunisme, qu'il est nécessaire de s'y arrêter en détail. Citons tout le raisonnement d'où elles sont tirées :
Le prolétariat s'empare de la puissance de l'Etat et transforme tout d'abord les moyens de production en propriété de l'Etat. Par là, il se détruit lui-même en tant que prolétariat, il abolit toutes les différences de classes et tous les antagonismes de classes, et de ce fait, aussi l'Etat en tant qu'Etat. La société, qui existait et existe, qui se meurt à travers les antagonismes de classes, avait besoin de l'Etat, c'est-à-dire d'une organisation de la classe exploiteuse à chaque époque en vue de maintenir ses conditions extérieures de production, en vue de maintenir par la force la classe exploitée dans les conditions d'oppression exigées par le mode de production existant (esclavage, servage, travail salarié). L'Etat était le représentant officiel de la société tout entière, sa synthèse en un corps visible, mais il ne l'était que dans la mesure où il était l'Etat de la classe qui elle-même représentait en son temps la société tout entière: Etat des citoyens propriétaires d'esclaves de l'antiquité, Etat de la noblesse au moyen âge. Etat de la bourgeoisie de nos jours; Mais en devenant enfin le représentant effectif de la société tout entière, il se rend lui-même superflu. Dès qu'il n'y a plus de classe sociale à maintenir opprimée, dès que sont supprimés en même temps que la souveraineté de classe et la lutte pour l'existence individuelle, fondée sur l'ancienne anarchie de la production, les collisions et les excès qui en résultaient, il n' y a plus rien à réprimer et un pouvoir spécial de répression, un Etat, cesse d'être nécessaire.
Le premier acte par lequel l'Etat se manifeste réellement comme représentant de la société tout entière, à savoir la prise de possession des moyens de production au nom de la société, est en même temps le dernier acte propre de l'Etat. L'intervention du pouvoir d'Etat dans les affaires sociales devient superflue sur un terrain après l'autre et s'endort ensuite lui-même. Au gouvernement des personnes se substitue l'administration des choses et la direction du processus de production. L'Etat n'est pas «aboli»; il dépérit. C'est de ce point de vue qu'il convient d'apprécier le mot d'ordre d'« Etat libre du peuple », tant dans son intérêt passager pour l'agitation que dans son insuffisance scientifique définitive; de ce point, de vue doit être appréciée également la revendication de ceux qu'on appelle les anarchistes, qui veulent que l'Etat soit aboli du jour au lendemain 1.
On peut dire, sans crainte de se tromper, que de tout ce raisonnement d'Engels, si remarquable par sa richesse de pensée, il n'est resté qu'une véritable acquisition de la pensée socialiste dans les Partis socialistes contemporains que cette formule, d'après laquelle l'Etat «dépérit», selon la théorie de Marx, contrairement à la doctrine anarchiste de l'« abolition» de l'Etat. Tronquer ainsi le marxisme, signifie le réduire à car, après une telle «interprétation »,il ne subsiste que la vague idée d'un changement lent, égal; soubresaut ni tempête, sans révolution. Le « dépérissement» de l'Etat, dans la conception courante, généralement répandue, populaire si l'on peut dire, aucun doute, l'effacement sinon la négation, de la révolution .
Et cependant, cette «interprétation» est la déformation la plus grossière du marxisme, avantageuse à la seule bourgeoisie,'déformation théoriquement basée sur l'oubli des principales circonstances et considérations; indiquée ne serait-ce que dans le raisonnement « conclusif» d'Engels que nous venons de citer en entier:
1°Au début même de son raisonnement, Engels qu'en s'emparant du pouvoir d'Etat, le prolétariat« par là même supprime l'Etat en tant qu'Etat ». «Il n'est pas d'usage» de réfléchir à ce que cela signifie. D'ordinaire, ou bien on l'ignore complètement, ou bien l'on y voit, de la part d'Engels, comme une sorte de« faiblesse hégélienne ». En fait, ces mots expriment succinctement l'expérience d'une des plus grandes révolutions prolétariennes, l'expérience de la Commune de Paris de 1871, dont nous parlerons plus longuement en son lieu. En fait, Engels parle ici de la «suppression» de l'Etat de la bourgeoisie par la révolution prolétarienne, tandis que les mots sur le dépérissement concernent ce qui subsiste de l'Etat prolétarien, après la révolution. socialiste. L'Etat bourgeois, selon Engels, ne «dépérit» pas; il est « détruit» par le prolétariat au cours de la révolution, c'est l'Etat ou demi-Etat prolétarien.
2° L'Etat est une « force spéciale de répression». Cette définition d'Engels, admirable et profonde au plus haut degré, est ici énoncée avec la plus entière clarté, Or, il en découle que cette «force spéciale de répression du prolétariat par la bourgeoisie, de millions de travailleurs par une poignée de riches, doit être remplacée par une «force spéciale de répression» ide la bourgeoisie par le prolétariat (dictature du prolétariat). Et c'est en cela que consiste la« suppression de l'Etat et tant qu'État ». Et c'est en cela que consiste l' « acte» de prise de possession des moyens de production au nom de la société . . !lest bien évident que ce remplacement d'une «force spéciale.» (celle .de la bourgeoisie) par une autre " force spéciale " (celle du prolétariat) ne peut se produire sous forme de «dépérissement ». .
3° . Ce «dépérissement» ou, pour parler .. avec plus de relief et de couleur, cet «assoupissement », Engels le rapporte d'une façon absolument claire et nette à l'époque qui suit la« prise de possession des moyens de production par l'Etat au nom de là société », c'est a-dire après la révolution socialiste. Nous savons tous que. la démocratie la plus complète est la forme politique de l'« État» dans cette période. Mais. il ne vient à)'idée d'aucun des opportunistes qui dénaturent impudemment le marxisme qu'il s'agit ici, par conséquent' chez Engels, de l'«assouplissement» et du «dépérissement!» de la démocratie. Cela paraît à première vue fort étrange; 'mais cela n'est «incompréhensible» que pour celui qui n'approfondit pas que la démocratie c'est aussi l'Etat et que, pat conséquent, elle disparaît également quand disparaît 'l'Etat. ''Seule la révolution peut «détruire» l'Etat bourgeois. L'Etat en général, c'est-à-dire la démocratie la plus complète, ne peut que « dépérir ».
4° En énonçant sa fameuse thèse: «l'Etat dépérit », Engels se hâte de préciser concrètement qu'elle est dirigée et contre les opportunistes et contre les anarchistes.
Bien plus ce qui vient en premier lieu, chez Engels, c'est précisément la conclusion de la thèse du «. dépérissement de l'Etat» qui est dirigée contre les opportunistes.
On peut parier que, sur 10.000 personnes qui ont lu à propos du «dépérissement» de l'Etat ou en ont entendu parler, 9;990 ignorent absolument ou ne se souviennent plus qu'Engels ne dirigeait pas les conclusions de sa thèse uniquement contre les anarchistes. Et sur les dix autres, il en est sûrement neuf qui ne savent ce qu'est l'« Etat populaire libre» et pourquoi, en attaquant ce mot d'ordre, Engels attaque les opportunistes. C'est ainsi qu'on écrit l'histoire. C'est ainsi qu'on frelate insensiblement la grande doctrine révolutionnaire et qu'on ravale au niveau de la vulgarité régnante.
La conclusion contre les anarchistes a été mille fois répétée, banalisée, elle s'est ancrée clans la tête sous la forme la plus simpliste, elle a acquis la force d'un préjugé. Quant à la conclusion contre les opportunistes" on l'a estompée et « oubliée »!
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Dernière édition par Pat le 24/04/2008 - 21:20, édité 1 fois.
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La première phase du communisme (fin)
Apologie de la violence.
L' «Etat populaire libre », telle était la principale revendication et la formule courante des social-démocrates allemands dans la période de 1870-1880. Ce mot d'ordre n'a aucun contenu politique en dehors d'une expression petite-bourgeoise et pompeuse de la notion de démocratie. Dans la mesure où l'on y faisait légalement allusion à la République démocratique, Engels était disposé à «justifier» «momentanément» ce mot d'ordre au point de vue de l'agitation. Mais ce mot d'ordre était opportuniste, car il exprimait non seulement une démocratie bourgeoise mal fardée, mais encore l'incompréhension de la critique socialiste de l'Etat en général. Nous sommes pour la République démocratique, celle-ci étant, sous le capitalisme, la meilleure forme de gouvernement pour le prolétariat, mais nous n'avons pas le droit d'oublier que l'esclavage salarié est le partage du peuple, même dans la République bourgeoise la plus démocratique. Ensuite, tout l'Etat est une «force spéciale de répression» de la classe opprimée. Par conséquent aucun État, quel qu'il soit, n'est ni libre, ni populaire. Marx et Engels l'ont maintes fois expliqué à leurs camarades de parti dans la période de 1870-1880.
5° Dans l'ouvrage d'Engels, d'où est tiré le raisonnement dont tous se souviennent sur le dépérissement de l'Etat, se trouve un raisonnement sur la signification de la révolution violente. L'appréciation historique de son rôle se transforme chez Engels en un véritable panégyrique de la révolution violente. Nul ne «s'en souvient »; il n'est pas de mode, dans les Partis socialistes contemporains, de parler de l'importance de cette idée et même d'y penser; dans la propagande et l'agitation quotidiennes parmi les masses, ces idées ne jouent aucun rôle. Elles sont pourtant indissolublement liées à l'idée du «dépérissement» de l'Etat, avec lequel elles forment un tout harmonieux.
Voici ce raisonnement d'Engels :
... Que la violence [« en plus du mal qu'elle cause »] joue encore un autre rôle dans l'histoire, un rôle révolutionnaire; qu'elle est, suivant le mot de Marx, l'accoucheuse de toute vieille société grosse d'une société nouvelle, l'instrument à l'aide duquel le mouvement social se fait place et brise les formes politiques mortes et figées: de tout cela, M. Dühring ne dit mot. Ce n'est qu'avec des soupirs et des gémissements qu'il veut bien admettre comme possible que la violence soit peut-être nécessaire pour détruire l'économie basée sur l'exploitation. Malheureusement! Car toute application de la violence, dit-il, démoralise toujours quiconque en fait usage. Et cela quand on sait quel grand essor moral et intellectuel a suivi toute révolution victorieuse! Et cela en Allemagne, où ce choc violent auquel le peuple pourrait être contraint aurait du moins l'avantage d'extirper la servilité qui a pénétré la conscience nationale par suite de l'humiliation de la guerre de Trente ans! Et c'est cet esprit de prédicant, sans élan, sans saveur et sans force, qui prétendrait s'imposer au parti le plus révolutionnaire que connaisse l' histoire.
Comment concilier dans une même doctrine ce panégyrique de la révolution violente, instamment répété par Engels aux social-démocrates allemands de 1878 jusqu'à 1894, c' est-à-dire jusqu'à sa mort, avec la théorie du «dépérissement» de l'Etat?
Habituellement on les concilie grâce à l'éclectisme en choisissant sans aucun principe ou sophistiquement, arbitrairement (ou pour plaire aux détenteurs du pouvoir), tantôt l'un tantôt l'autre de ces raisonnements, et 99 fois sur 100, sinon plus, c'est l'idée du "dépérissement " qu'on met justement au premier plan. L'éclectisme se substitue à la dialectique; c'est, en ce qui concerne le marxisme, la chose la plus coutumière, la plus répandue dans la littérature social-démocrate officielle de nos jours. Une substitution de ce genre n'est certes pas une nouveauté, on a pu l'observer même dans l'histoire de la philosophie grecque classique. Dans la falsification opportuniste du marxisme, la falsification éclectique de la dialectique trompe les masses avec le plus de facilité, leur donne une satisfaction apparente, feint de tenir compte de tous les aspects dû processus; de toutes les tendances de l'évolution, de toutes les influences contradictoires, etc., mais en réalité ne donne aucune notion entière et révolutionnaire du développement social.
Nous avons déjà dit, et nous démontrerons plus en détail par la suite, que la doctrine de Marx et d'Engels sur l'inéluctabilité de la révolution violente concerne l'État bourgeois. Celui-ci ne peut être remplacé par l'État prolétarien (dictature du prolétariat) par voie de« dépérissement », mais, en règle générale, uniquement par la révolution violente. La panégyrique que lui consacre Engels s'accorde pleinement avec les nombreuses déclarations de Marx (rappelons-nous la fin de Misère de la philosophie et le Manifeste communiste, proclamant fièrement et catégoriquement l'inévitabilité de la révolution violente; rappelons-nous la Critique du programme de Gotha en 1875, près de trente ans plus tard, où Marx flagelle impitoyablement l'opportunisme de ce programme). Ce panégyrique d'Engels n'est nullement l'effet d'un «emballement », ni de la déclamation, ni une boutade de polémique. La nécessité d'éduquer systématiquement les masses, précisément dans cette idée de la révolution violente, est à la base de toute la doctrine de Marx et d'Engels. La trahison de leur doctrine par les tendances social-chauvines et kautskistes est particulièrement mise en relief par l'oubli de cette propagande, de cette agitation.
Le remplacement de l'État bourgeois par l'État prolétariat est impossible sans révolution violente. L'abolition de l'Etat prolétarien, c'est-à-dire l'abolition de tout État, n'est possible que par voie de «dépérissement».
Marx et Engels ont développé cette théorie d'une façon détaillée et concrète, en étudiant spécialement chaque situation révolutionnaire, en analysant les leçons fournies par l'expérience particulière de chaque révolution. Nous passons à cette partie, incontestablement la plus importante de leur doctrine.
(L'État et la Révolution, l, 4).
LA PENSÉE MARXISTE
Apologie de la violence.
L' «Etat populaire libre », telle était la principale revendication et la formule courante des social-démocrates allemands dans la période de 1870-1880. Ce mot d'ordre n'a aucun contenu politique en dehors d'une expression petite-bourgeoise et pompeuse de la notion de démocratie. Dans la mesure où l'on y faisait légalement allusion à la République démocratique, Engels était disposé à «justifier» «momentanément» ce mot d'ordre au point de vue de l'agitation. Mais ce mot d'ordre était opportuniste, car il exprimait non seulement une démocratie bourgeoise mal fardée, mais encore l'incompréhension de la critique socialiste de l'Etat en général. Nous sommes pour la République démocratique, celle-ci étant, sous le capitalisme, la meilleure forme de gouvernement pour le prolétariat, mais nous n'avons pas le droit d'oublier que l'esclavage salarié est le partage du peuple, même dans la République bourgeoise la plus démocratique. Ensuite, tout l'Etat est une «force spéciale de répression» de la classe opprimée. Par conséquent aucun État, quel qu'il soit, n'est ni libre, ni populaire. Marx et Engels l'ont maintes fois expliqué à leurs camarades de parti dans la période de 1870-1880.
5° Dans l'ouvrage d'Engels, d'où est tiré le raisonnement dont tous se souviennent sur le dépérissement de l'Etat, se trouve un raisonnement sur la signification de la révolution violente. L'appréciation historique de son rôle se transforme chez Engels en un véritable panégyrique de la révolution violente. Nul ne «s'en souvient »; il n'est pas de mode, dans les Partis socialistes contemporains, de parler de l'importance de cette idée et même d'y penser; dans la propagande et l'agitation quotidiennes parmi les masses, ces idées ne jouent aucun rôle. Elles sont pourtant indissolublement liées à l'idée du «dépérissement» de l'Etat, avec lequel elles forment un tout harmonieux.
Voici ce raisonnement d'Engels :
... Que la violence [« en plus du mal qu'elle cause »] joue encore un autre rôle dans l'histoire, un rôle révolutionnaire; qu'elle est, suivant le mot de Marx, l'accoucheuse de toute vieille société grosse d'une société nouvelle, l'instrument à l'aide duquel le mouvement social se fait place et brise les formes politiques mortes et figées: de tout cela, M. Dühring ne dit mot. Ce n'est qu'avec des soupirs et des gémissements qu'il veut bien admettre comme possible que la violence soit peut-être nécessaire pour détruire l'économie basée sur l'exploitation. Malheureusement! Car toute application de la violence, dit-il, démoralise toujours quiconque en fait usage. Et cela quand on sait quel grand essor moral et intellectuel a suivi toute révolution victorieuse! Et cela en Allemagne, où ce choc violent auquel le peuple pourrait être contraint aurait du moins l'avantage d'extirper la servilité qui a pénétré la conscience nationale par suite de l'humiliation de la guerre de Trente ans! Et c'est cet esprit de prédicant, sans élan, sans saveur et sans force, qui prétendrait s'imposer au parti le plus révolutionnaire que connaisse l' histoire.
Comment concilier dans une même doctrine ce panégyrique de la révolution violente, instamment répété par Engels aux social-démocrates allemands de 1878 jusqu'à 1894, c' est-à-dire jusqu'à sa mort, avec la théorie du «dépérissement» de l'Etat?
Habituellement on les concilie grâce à l'éclectisme en choisissant sans aucun principe ou sophistiquement, arbitrairement (ou pour plaire aux détenteurs du pouvoir), tantôt l'un tantôt l'autre de ces raisonnements, et 99 fois sur 100, sinon plus, c'est l'idée du "dépérissement " qu'on met justement au premier plan. L'éclectisme se substitue à la dialectique; c'est, en ce qui concerne le marxisme, la chose la plus coutumière, la plus répandue dans la littérature social-démocrate officielle de nos jours. Une substitution de ce genre n'est certes pas une nouveauté, on a pu l'observer même dans l'histoire de la philosophie grecque classique. Dans la falsification opportuniste du marxisme, la falsification éclectique de la dialectique trompe les masses avec le plus de facilité, leur donne une satisfaction apparente, feint de tenir compte de tous les aspects dû processus; de toutes les tendances de l'évolution, de toutes les influences contradictoires, etc., mais en réalité ne donne aucune notion entière et révolutionnaire du développement social.
Nous avons déjà dit, et nous démontrerons plus en détail par la suite, que la doctrine de Marx et d'Engels sur l'inéluctabilité de la révolution violente concerne l'État bourgeois. Celui-ci ne peut être remplacé par l'État prolétarien (dictature du prolétariat) par voie de« dépérissement », mais, en règle générale, uniquement par la révolution violente. La panégyrique que lui consacre Engels s'accorde pleinement avec les nombreuses déclarations de Marx (rappelons-nous la fin de Misère de la philosophie et le Manifeste communiste, proclamant fièrement et catégoriquement l'inévitabilité de la révolution violente; rappelons-nous la Critique du programme de Gotha en 1875, près de trente ans plus tard, où Marx flagelle impitoyablement l'opportunisme de ce programme). Ce panégyrique d'Engels n'est nullement l'effet d'un «emballement », ni de la déclamation, ni une boutade de polémique. La nécessité d'éduquer systématiquement les masses, précisément dans cette idée de la révolution violente, est à la base de toute la doctrine de Marx et d'Engels. La trahison de leur doctrine par les tendances social-chauvines et kautskistes est particulièrement mise en relief par l'oubli de cette propagande, de cette agitation.
Le remplacement de l'État bourgeois par l'État prolétariat est impossible sans révolution violente. L'abolition de l'Etat prolétarien, c'est-à-dire l'abolition de tout État, n'est possible que par voie de «dépérissement».
Marx et Engels ont développé cette théorie d'une façon détaillée et concrète, en étudiant spécialement chaque situation révolutionnaire, en analysant les leçons fournies par l'expérience particulière de chaque révolution. Nous passons à cette partie, incontestablement la plus importante de leur doctrine.
(L'État et la Révolution, l, 4).
LA PENSÉE MARXISTE
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La « pratique » (ou « praxis ») marxiste
Dès lors, pour lui, les hiérarchies sociales, les façons de penser et de sentir, les valeurs morales, les catégories mentales ne représentent rien d'indépendant du temps. Il n'y a pas de principes moraux, pas de notions intellectuelles, pas de science politique, pas d'idéal de civilisation qui soient en dehors de l'histoire. Tout n'est qu'un aspect lié de tel ou tel « moment » de l'évolution, n'a de sens que par rapport à l'évolution universelle et perpétuelle.
En conséquence le langage du marxiste, même quand il semble affirmer ou nier à la façon du sens commun, procède d'un esprit très différent. Les mots peuvent être identiques, ils sont pris dans une tout autre signification.
Et, bien que le verbe « être », surtout, continue à animer grammaticalement chaque phrase, implicitement ou explicitement, cette « métaphysique interne « du langage » est, en fait, contredite par le tour même de la pensée.
Combien de fois les chefs marxistes se sont plaints de ce que leurs disciples tendaient à accorder un sens statique à des formules éminemment dialectiques.
« Esprit trop scolastique » ! Tel est un des reproches qui fut fait à Malenkov lui-même, lors de sa liquidation.
D'où ces réflexions de Liou-Chao-tchi (46) :
« Il y a deux groupes de marxistes. Tous deux travaillent sous le même drapeau et se croient authentiquement marxistes. Cependant... un abîme les sépare ... »
« (Combien) ... se bornent d'ordinaire à reconnaître extérieurement le marxisme, à le proclamer avec solennité ... Ils transforment les principes vivants et révolutionnaires du marxisme en formules mortes ... Ils font reposer son activité, non sur l'expérience, ni sur les enseignements du travail pratique, mais sur les citations de Marx... »
Autrement dit, les citations de Marx, elles-mêmes, ne suffisent pas à régler l'action révolutionnaire. Autrement dit, l'expérience et le travail pratique ne sont point, pour le marxiste, la simple application de ce que des citations de Marx pourraient indiquer. Si, pour le chrétien, la pratique et l'expérience consistent essentiellement dans la réalisation de ce que les maximes de la sagesse divine ou humaine peuvent conseiller, les choses sont beaucoup plus complexes pour le marxiste. Ce que Marx a dit n'est pas pour lui comme une parole d'évangile dont l'absolue vérité communiquerait à l'action qui tend à la réaliser loyalement, la vertu qu'on se propose d'atteindre. L'action révolutionnaire n'est pas pour lui une réalisation pratique de notions ou maximes réputées vraies, au sens traditionnel de ce mot. L'action marxiste, dit fort bien Liou-Chao-tchi, ne consiste pas à « faire reposer son activité ... sur des citations », fussent-elles de Marx, mais « sur l'expérience» elle-même, sur « les enseignements du travail pratique» (47).
Autrement dit: ce n'est pas une vérité (un ensemble de notions, citations ou maximes plus ou moins dogmatiques) qui est appelée à régler l'action révolutionnaire du marxiste. C'est la pratique elle-même qui doit commander à la pratique. C'est l'action elle-même qui est, et qui doit être, la seule règle de l'action.
Nous sommes à l'antipode de la conception chrétienne. Pour elle aussi l'action a son prix, et l'expérience et les réalisations pratiques, mais dans la mesure précisément où elles réalisent plus ou moins bien ce que les maximes d'une sagesse divine ou humaine désignent comme étant la vérité, le beau et le bien.
Or, c'est cela qui n'a pas de sens pour un marxiste, c'est cela qu'il appelle « métaphysique ». C'est cela qui lui fait horreur.
L'ambiguïté des formules employées provoque ici de nombreuses erreurs. Ambiguïté qui ne peut pas ne pas tenir à l'impossibilité de concevoir l'absurde. Car, est-il rien de plus absurde qu'une expérience qui n'est, à vrai dire, l'expérience de rien, une pratique dont la théorie ne veut être que la pratique elle-même. Que l'expérience, parfois, puisse contraindre à une révision, à une correction de la théorie que cette expérience se proposait précisément d'éprouver, à la bonne heure! Cela prouve que l'action, l'expérience, ont pour but de réaliser ce que l'esprit a vu ou a conçu comme désirable, beau ou vrai. Et, par là, on peut dire que l'esprit, l'intelligence ont toujours, plus ou moins, un rôle dogmatique par rapport à l'action.
Pour Lénine, au contraire, l'inversion est radicale. « La conception de la pratique de la vie doit être la conception fondamentale de la théorie de la connaissance » (48).
Et Mao-Tsé-toung... « Une des particularités du matérialisme dialectique, écrit-il (49), c'est son caractère pratique (50), l'accent mis sur le fait que la théorie dépend de la pratique, sur le fait que le fondement de la théorie c'est la pratique, et que la théorie à son tour, c'est la pratique ... Le CRITÈRE DE LA VÉRITÉ ne peut être que la PRATIQUE SOCIALE. Le point de vue de la pratique, c'est le point de vue premier, fondamental, de la théorie matérialiste dialectique de la connaissance. »
Pas de « doctrine » proprement dite ...
« Il en résulte, note M. Jean Daujat (51), que dans le marxisme la philosophie n'existe pas sans l'action, qu'elle se confond avec l'action elle-même, puis qu'elle n'affirme que ce que l'action lui fait affirmer, de sorte qu'il n'y a pas de philosophie sans action marxiste, que l'action révolutionnaire est de l'essence même de la philosophie parce que la philosophie n'a pas d'autre rôle que de réaliser l'action matérielle la plus puissante. Pour un communiste conscient de son marxisme, le communisme n'est pas une vérité - et c'est pourquoi il pourra sans cesse se contredire sans conversion ni hypocrisie, mais en vertu de son marxisme même, et en restant parfaitement communiste - le marxisme est une action. »
Dès lors, il est facile de comprendre qu'un tel système de pensée et de comportement n'est rien d'autre que la suppression ou le refus de toute proposition dogmatique, de toute affirmation d'un vrai, d'un beau ou d'un bien spéculativement perçus.
Suppression de toute donnée dogmatique, disons- nous, car si la théorie, en effet, « c'est la pratique » et la pratique « le fondement de la théorie », cela revient à enlever au mot théorie, au mot doctrine et à tout ce qui peut avoir un caractère dogmatique quelconque, la signification que le sens commun accordait jusqu'ici à de telles notions.
Si la pratique elle-même est vraiment la seule règle de la pratique, et l'action la seule règle de l'action, cela ne peut vouloir dire qu'une chose, et c'est qu'on refuse d'admettre quoi que ce soit au-delà et au-dessus des seules exigences, mouvantes et contradictoires, de l'action ou de la pratique envisagées .
... mais « un guide pour l'action »
Et pourtant, dira-t-on, les communistes n'ont-ils pas un grand souci de la formation idéologique?
Certes ! Mais précisément cette formation idéologique ne doit pas être conçue, ainsi que le notait Liou-Chao-tchi tout à l'heure, comme un enseignement de simples formules, voire de citations de Marx. Cette formation, tout idéologique qu'on la dise, est moins dogmatique que pratique. Dialectique, en un mot!
Commentant la formule célèbre de Marx et Engels : « Notre doctrine n'est pas un dogme, mais un guide « pour l'action », Lénine ajoute (52) : « Cette formule classique souligne avec force et de façon saisissante cet aspect du marxisme que L'ON PERD DE VUE A TOUT INSTANT. Dès lors, nous faisons du marxisme une chose unilatérale, difforme et morte; nous le vidons de sa quintessence, nous sapons ses bases théoriques fondamentales : la dialectique, la doctrine de l'évolution historique, multiforme et pleine de contradictions. »
Ainsi ont toujours parlé Marx et Engels. et partant, ils se moquaient, précise encore Lénine (53), « des formules apprises par cœur et répétées telles quelles, capables tout au plus d'indiquer les buts généraux nécessairement modifiables par le caractère concret économique et politique de chaque phase de ce processus historique ».
Le terme « doctrine » a donc pour le marxiste un sens très différent de celui que nous attachons à ce mot. Pour nous, ainsi que l'enseigne S.E. Monseigneur Guerry, la doctrine est l'ensemble harmonieux des principales vérités qui demeurent au-dessus de la mouvance perpétuelle des êtres et des choses, rappelant en toutes circonstances la hiérarchie des biens à sauvegarder ou à promouvoir.
Rien de plus anti-marxiste, donc, que ce dogmatisme à forte saveur métaphysique.
Aussi le mot: doctrine, bien qu'employé à l'occasion par d'authentiques communistes, n'a-t-il jamais été un de ceux dont les marxistes se servent avec prédilection; et c'est un fait que les termes: idéologie, théorie, dialectique. reviennent plus souvent sous leur plume ou sur leurs lèvres. Et c'est normal car ces mots permettent d'évoquer quelque chose de beaucoup plus fluent, de moins stable, de moins abstrait que ce qui se trouve invinciblement évoqué par le terme trop dogmatique de doctrine.
Il est vraiment trop à nous pour être bien à eux.
Le marxisme, totalitarisme de l'action matérielle et révolutionnaire
Essentiellement dialectique, autrement dit essentiellement conçue d'après cette idée que le « fondement de la théorie c'est la pratique », et que « la théorie, à son tour, c'est (encore) la pratique », il est normal que la notion de vérité perde, dans le marxisme, sa signification traditionnelle.
Au sens strict il n'y a plus de vérité, puisque ce que l'on continue à désigner de ce nom, il est explicitement entendu que la pratique seule le commande et l'ordonne: ce qui n'a jamais été conforme à une définition sérieuse de la vérité.
La pratique n'étant plus et ne pouvant plus être bornée ou dirigée que par les seules exigences de son propre développement il est clair que tout ne peut avoir, dans une telle perspective, qu'une valeur pratique, une valeur d'action.
Comme nous l'avons dit, l'univers, pour un marxiste, n'est plus et ne peut plus être vu ou pensé en valeurs de vérité, en valeurs d'être, mais en valeurs d'action, en valeurs pratiques.
Le marxiste s'applique donc toujours à savoir distinguer la force de tout, et à ne croire à la vérité de rien.
« Toute recherche de vérité, toute affirmation de doctrine, toute attitude contemplative sont impitoyablement rejetées. Il ne reste qu'à agir, qu'à se réaliser par l'action, en se mettant soi-même en œuvre dans la lutte et le conflit, qu'à exercer l'action transformatrice qui sculpte l'évolution perpétuelle de l'histoire. Pour Marx, l'homme n'est rien d'autre que l'action matérielle qu'il exerce (54). Nous tenons là l'essence même du marxisme qui est une philosophie de l'action matérielle pure, un totalitarisme de l'action matérielle ... Il en résulte que pour le marxisme l'homme existera d'autant plus et sera d'autant plus homme qu'il exercera une action matérielle plus puissante ... » (55).
L'action humaine sera donc, pour lui, une action révolutionnaire. L'homme sera d'autant plus homme qu'il agira pour transformer les choses matérielles, la société et lui-même. Aucun idéal fixe ne l'anime. Il ne cherche pas à connaître une vérité à laquelle il s'attacherait et qui commanderait à son action. Seuls l'intéressent : le bouleversement continu et radical de tout, y compris de lui-même, en vue d'une toujours plus grande et plus puissante action transformatrice: idéal même de la Révolution, dans le sens le plus total et le plus profond du mot.
Idéal de la Révolution continue et universelle, exprimé jadis par un des chefs de la Haute Vente (56) : « Donner le branle à tout ce qui aspire à remuer. » Idéal même de Marx et de Engels dans le « Manifeste » (57) : « Dans les différentes phases de la lutte entre prolétaires et bourgeois (les communistes) représentent toujours et partout les intérêts du mouvement intégral. »
(45) De la contradiction, p. 10.
(46) Pour être un bon communiste, p. 25 _ Editions Sociales, Paris 1955.
(47) Opus cil., p. 13-32.
(48) Matérialisme et empiricocriticisme, p. 123, Edit. Sociales, Paris.
(49) Œuvres choisies, T. l, pp. 349-350, Edit. Sociales, Paris.
(50) Nouvelle ambiguïté! Quel chrétien accepterait d'admettre que sa morale, sa religion ne sont pas, ne doivent pas être, éminemment pratiques elles aussi? La différence est radicale cependant sous l'apparente identité des formules. Car, pour le chrétien, cette « pratique » consiste essentiellement dans la réalisation, l'application de ce que les maximes du dogme ou de la morale proposent ou commandent. Ce n'est donc plus la pratique qui est le fondement de la théorie, mais la théorie, la vérité qui sont le fondement, la règle de la pratique. Et, par là-même, un tel comportement sera jugé «théorique» par un marxiste. A ses yeux, au contraire, le caractère pratique du marxisme tient à ce qu'il refuse de se laisser déterminer par un dogmatisme, une vérité quelconque spéculativement proposée. D'où la conclusion de Miao-Tsé-toung : «Le fondement de la théorie, c'est la pratique, et... la théorie à son tour, c'est (encore) la pratique ».
(51) Jean Daujat: Connaître le Communisme, p.25, Edit.«La Colombe ».
(52) Lénine: Karl Marx et sa doctrin,e, p. 79, Edit. Sociales, Paris.
(53) Œuvres, T. XXIV, Edit. russe, 1re Partie, pp. 26-37.
(54) Cf. K. Marx. « L'homme n'est pas un être abstrait, extérieur au monde réel. L'homme C'EST le monde de l'homme, l'Etat, la société ... L'essence humaine n'a pas de réalité véritable ... » (Critique de la philosophie du Droit de Hegel).
(55) J. Daujat, opus cit., p. 19.
(56) Secte maçonnique italienne du XIX· siècle, chargée surtout de corrompre le clergé. Elle constituait comme la tête du carbonarisme.
(57) Manifeste du Parti Communiste, partie II, début.
LE MARXISME LÉNINISME
Dès lors, pour lui, les hiérarchies sociales, les façons de penser et de sentir, les valeurs morales, les catégories mentales ne représentent rien d'indépendant du temps. Il n'y a pas de principes moraux, pas de notions intellectuelles, pas de science politique, pas d'idéal de civilisation qui soient en dehors de l'histoire. Tout n'est qu'un aspect lié de tel ou tel « moment » de l'évolution, n'a de sens que par rapport à l'évolution universelle et perpétuelle.
En conséquence le langage du marxiste, même quand il semble affirmer ou nier à la façon du sens commun, procède d'un esprit très différent. Les mots peuvent être identiques, ils sont pris dans une tout autre signification.
Et, bien que le verbe « être », surtout, continue à animer grammaticalement chaque phrase, implicitement ou explicitement, cette « métaphysique interne « du langage » est, en fait, contredite par le tour même de la pensée.
Combien de fois les chefs marxistes se sont plaints de ce que leurs disciples tendaient à accorder un sens statique à des formules éminemment dialectiques.
« Esprit trop scolastique » ! Tel est un des reproches qui fut fait à Malenkov lui-même, lors de sa liquidation.
D'où ces réflexions de Liou-Chao-tchi (46) :
« Il y a deux groupes de marxistes. Tous deux travaillent sous le même drapeau et se croient authentiquement marxistes. Cependant... un abîme les sépare ... »
« (Combien) ... se bornent d'ordinaire à reconnaître extérieurement le marxisme, à le proclamer avec solennité ... Ils transforment les principes vivants et révolutionnaires du marxisme en formules mortes ... Ils font reposer son activité, non sur l'expérience, ni sur les enseignements du travail pratique, mais sur les citations de Marx... »
Autrement dit, les citations de Marx, elles-mêmes, ne suffisent pas à régler l'action révolutionnaire. Autrement dit, l'expérience et le travail pratique ne sont point, pour le marxiste, la simple application de ce que des citations de Marx pourraient indiquer. Si, pour le chrétien, la pratique et l'expérience consistent essentiellement dans la réalisation de ce que les maximes de la sagesse divine ou humaine peuvent conseiller, les choses sont beaucoup plus complexes pour le marxiste. Ce que Marx a dit n'est pas pour lui comme une parole d'évangile dont l'absolue vérité communiquerait à l'action qui tend à la réaliser loyalement, la vertu qu'on se propose d'atteindre. L'action révolutionnaire n'est pas pour lui une réalisation pratique de notions ou maximes réputées vraies, au sens traditionnel de ce mot. L'action marxiste, dit fort bien Liou-Chao-tchi, ne consiste pas à « faire reposer son activité ... sur des citations », fussent-elles de Marx, mais « sur l'expérience» elle-même, sur « les enseignements du travail pratique» (47).
Autrement dit: ce n'est pas une vérité (un ensemble de notions, citations ou maximes plus ou moins dogmatiques) qui est appelée à régler l'action révolutionnaire du marxiste. C'est la pratique elle-même qui doit commander à la pratique. C'est l'action elle-même qui est, et qui doit être, la seule règle de l'action.
Nous sommes à l'antipode de la conception chrétienne. Pour elle aussi l'action a son prix, et l'expérience et les réalisations pratiques, mais dans la mesure précisément où elles réalisent plus ou moins bien ce que les maximes d'une sagesse divine ou humaine désignent comme étant la vérité, le beau et le bien.
Or, c'est cela qui n'a pas de sens pour un marxiste, c'est cela qu'il appelle « métaphysique ». C'est cela qui lui fait horreur.
L'ambiguïté des formules employées provoque ici de nombreuses erreurs. Ambiguïté qui ne peut pas ne pas tenir à l'impossibilité de concevoir l'absurde. Car, est-il rien de plus absurde qu'une expérience qui n'est, à vrai dire, l'expérience de rien, une pratique dont la théorie ne veut être que la pratique elle-même. Que l'expérience, parfois, puisse contraindre à une révision, à une correction de la théorie que cette expérience se proposait précisément d'éprouver, à la bonne heure! Cela prouve que l'action, l'expérience, ont pour but de réaliser ce que l'esprit a vu ou a conçu comme désirable, beau ou vrai. Et, par là, on peut dire que l'esprit, l'intelligence ont toujours, plus ou moins, un rôle dogmatique par rapport à l'action.
Pour Lénine, au contraire, l'inversion est radicale. « La conception de la pratique de la vie doit être la conception fondamentale de la théorie de la connaissance » (48).
Et Mao-Tsé-toung... « Une des particularités du matérialisme dialectique, écrit-il (49), c'est son caractère pratique (50), l'accent mis sur le fait que la théorie dépend de la pratique, sur le fait que le fondement de la théorie c'est la pratique, et que la théorie à son tour, c'est la pratique ... Le CRITÈRE DE LA VÉRITÉ ne peut être que la PRATIQUE SOCIALE. Le point de vue de la pratique, c'est le point de vue premier, fondamental, de la théorie matérialiste dialectique de la connaissance. »
Pas de « doctrine » proprement dite ...
« Il en résulte, note M. Jean Daujat (51), que dans le marxisme la philosophie n'existe pas sans l'action, qu'elle se confond avec l'action elle-même, puis qu'elle n'affirme que ce que l'action lui fait affirmer, de sorte qu'il n'y a pas de philosophie sans action marxiste, que l'action révolutionnaire est de l'essence même de la philosophie parce que la philosophie n'a pas d'autre rôle que de réaliser l'action matérielle la plus puissante. Pour un communiste conscient de son marxisme, le communisme n'est pas une vérité - et c'est pourquoi il pourra sans cesse se contredire sans conversion ni hypocrisie, mais en vertu de son marxisme même, et en restant parfaitement communiste - le marxisme est une action. »
Dès lors, il est facile de comprendre qu'un tel système de pensée et de comportement n'est rien d'autre que la suppression ou le refus de toute proposition dogmatique, de toute affirmation d'un vrai, d'un beau ou d'un bien spéculativement perçus.
Suppression de toute donnée dogmatique, disons- nous, car si la théorie, en effet, « c'est la pratique » et la pratique « le fondement de la théorie », cela revient à enlever au mot théorie, au mot doctrine et à tout ce qui peut avoir un caractère dogmatique quelconque, la signification que le sens commun accordait jusqu'ici à de telles notions.
Si la pratique elle-même est vraiment la seule règle de la pratique, et l'action la seule règle de l'action, cela ne peut vouloir dire qu'une chose, et c'est qu'on refuse d'admettre quoi que ce soit au-delà et au-dessus des seules exigences, mouvantes et contradictoires, de l'action ou de la pratique envisagées .
... mais « un guide pour l'action »
Et pourtant, dira-t-on, les communistes n'ont-ils pas un grand souci de la formation idéologique?
Certes ! Mais précisément cette formation idéologique ne doit pas être conçue, ainsi que le notait Liou-Chao-tchi tout à l'heure, comme un enseignement de simples formules, voire de citations de Marx. Cette formation, tout idéologique qu'on la dise, est moins dogmatique que pratique. Dialectique, en un mot!
Commentant la formule célèbre de Marx et Engels : « Notre doctrine n'est pas un dogme, mais un guide « pour l'action », Lénine ajoute (52) : « Cette formule classique souligne avec force et de façon saisissante cet aspect du marxisme que L'ON PERD DE VUE A TOUT INSTANT. Dès lors, nous faisons du marxisme une chose unilatérale, difforme et morte; nous le vidons de sa quintessence, nous sapons ses bases théoriques fondamentales : la dialectique, la doctrine de l'évolution historique, multiforme et pleine de contradictions. »
Ainsi ont toujours parlé Marx et Engels. et partant, ils se moquaient, précise encore Lénine (53), « des formules apprises par cœur et répétées telles quelles, capables tout au plus d'indiquer les buts généraux nécessairement modifiables par le caractère concret économique et politique de chaque phase de ce processus historique ».
Le terme « doctrine » a donc pour le marxiste un sens très différent de celui que nous attachons à ce mot. Pour nous, ainsi que l'enseigne S.E. Monseigneur Guerry, la doctrine est l'ensemble harmonieux des principales vérités qui demeurent au-dessus de la mouvance perpétuelle des êtres et des choses, rappelant en toutes circonstances la hiérarchie des biens à sauvegarder ou à promouvoir.
Rien de plus anti-marxiste, donc, que ce dogmatisme à forte saveur métaphysique.
Aussi le mot: doctrine, bien qu'employé à l'occasion par d'authentiques communistes, n'a-t-il jamais été un de ceux dont les marxistes se servent avec prédilection; et c'est un fait que les termes: idéologie, théorie, dialectique. reviennent plus souvent sous leur plume ou sur leurs lèvres. Et c'est normal car ces mots permettent d'évoquer quelque chose de beaucoup plus fluent, de moins stable, de moins abstrait que ce qui se trouve invinciblement évoqué par le terme trop dogmatique de doctrine.
Il est vraiment trop à nous pour être bien à eux.
Le marxisme, totalitarisme de l'action matérielle et révolutionnaire
Essentiellement dialectique, autrement dit essentiellement conçue d'après cette idée que le « fondement de la théorie c'est la pratique », et que « la théorie, à son tour, c'est (encore) la pratique », il est normal que la notion de vérité perde, dans le marxisme, sa signification traditionnelle.
Au sens strict il n'y a plus de vérité, puisque ce que l'on continue à désigner de ce nom, il est explicitement entendu que la pratique seule le commande et l'ordonne: ce qui n'a jamais été conforme à une définition sérieuse de la vérité.
La pratique n'étant plus et ne pouvant plus être bornée ou dirigée que par les seules exigences de son propre développement il est clair que tout ne peut avoir, dans une telle perspective, qu'une valeur pratique, une valeur d'action.
Comme nous l'avons dit, l'univers, pour un marxiste, n'est plus et ne peut plus être vu ou pensé en valeurs de vérité, en valeurs d'être, mais en valeurs d'action, en valeurs pratiques.
Le marxiste s'applique donc toujours à savoir distinguer la force de tout, et à ne croire à la vérité de rien.
« Toute recherche de vérité, toute affirmation de doctrine, toute attitude contemplative sont impitoyablement rejetées. Il ne reste qu'à agir, qu'à se réaliser par l'action, en se mettant soi-même en œuvre dans la lutte et le conflit, qu'à exercer l'action transformatrice qui sculpte l'évolution perpétuelle de l'histoire. Pour Marx, l'homme n'est rien d'autre que l'action matérielle qu'il exerce (54). Nous tenons là l'essence même du marxisme qui est une philosophie de l'action matérielle pure, un totalitarisme de l'action matérielle ... Il en résulte que pour le marxisme l'homme existera d'autant plus et sera d'autant plus homme qu'il exercera une action matérielle plus puissante ... » (55).
L'action humaine sera donc, pour lui, une action révolutionnaire. L'homme sera d'autant plus homme qu'il agira pour transformer les choses matérielles, la société et lui-même. Aucun idéal fixe ne l'anime. Il ne cherche pas à connaître une vérité à laquelle il s'attacherait et qui commanderait à son action. Seuls l'intéressent : le bouleversement continu et radical de tout, y compris de lui-même, en vue d'une toujours plus grande et plus puissante action transformatrice: idéal même de la Révolution, dans le sens le plus total et le plus profond du mot.
Idéal de la Révolution continue et universelle, exprimé jadis par un des chefs de la Haute Vente (56) : « Donner le branle à tout ce qui aspire à remuer. » Idéal même de Marx et de Engels dans le « Manifeste » (57) : « Dans les différentes phases de la lutte entre prolétaires et bourgeois (les communistes) représentent toujours et partout les intérêts du mouvement intégral. »
(45) De la contradiction, p. 10.
(46) Pour être un bon communiste, p. 25 _ Editions Sociales, Paris 1955.
(47) Opus cil., p. 13-32.
(48) Matérialisme et empiricocriticisme, p. 123, Edit. Sociales, Paris.
(49) Œuvres choisies, T. l, pp. 349-350, Edit. Sociales, Paris.
(50) Nouvelle ambiguïté! Quel chrétien accepterait d'admettre que sa morale, sa religion ne sont pas, ne doivent pas être, éminemment pratiques elles aussi? La différence est radicale cependant sous l'apparente identité des formules. Car, pour le chrétien, cette « pratique » consiste essentiellement dans la réalisation, l'application de ce que les maximes du dogme ou de la morale proposent ou commandent. Ce n'est donc plus la pratique qui est le fondement de la théorie, mais la théorie, la vérité qui sont le fondement, la règle de la pratique. Et, par là-même, un tel comportement sera jugé «théorique» par un marxiste. A ses yeux, au contraire, le caractère pratique du marxisme tient à ce qu'il refuse de se laisser déterminer par un dogmatisme, une vérité quelconque spéculativement proposée. D'où la conclusion de Miao-Tsé-toung : «Le fondement de la théorie, c'est la pratique, et... la théorie à son tour, c'est (encore) la pratique ».
(51) Jean Daujat: Connaître le Communisme, p.25, Edit.«La Colombe ».
(52) Lénine: Karl Marx et sa doctrin,e, p. 79, Edit. Sociales, Paris.
(53) Œuvres, T. XXIV, Edit. russe, 1re Partie, pp. 26-37.
(54) Cf. K. Marx. « L'homme n'est pas un être abstrait, extérieur au monde réel. L'homme C'EST le monde de l'homme, l'Etat, la société ... L'essence humaine n'a pas de réalité véritable ... » (Critique de la philosophie du Droit de Hegel).
(55) J. Daujat, opus cit., p. 19.
(56) Secte maçonnique italienne du XIX· siècle, chargée surtout de corrompre le clergé. Elle constituait comme la tête du carbonarisme.
(57) Manifeste du Parti Communiste, partie II, début.
LE MARXISME LÉNINISME
Dernière édition par Pat le 24/04/2008 - 21:23, édité 1 fois.
Extrait du une filme sur le communiste crime conte officers polonais en Katyn, 1940.
http://www.dailymotion.com/video/x4peq6 ... shortfilms
Kevin
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Kevin
"Les racines de l'apostasie moderne réside dans l'athéisme scientifique, le matérialisme dialectique, rationalisme, illuminisme, la laïcité et la franc-maçonnerie, qui est la mère de tous." - Pape Pie XII -
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Goulag : pour ne pas oublier !
Il y a peu de temps, dans les pages du très correct Figaro Magazine, Jean Sévillia s'écriait:
"Cette année, le monde occidental a dignement commémoré la libération des camps nazis. Pour qu'un travail équivalent soit effectué à propos des camps soviétiques, il faudrait que le phénomène soit identifié, analysé et reconnu ... Or, une incroyable chape de plomb de silence entoure l'existence des systèmes concentrationnaires marxistes ... "
Tenant compte de cette réalité, il convient de saluer le travail d'Anne Applebaum, jeune chercheuse américaine, éditorialiste au Washington
Post et historienne confirmée, qui s'est imposée comme la spécialiste incontournable de l'ex-URSS. Applebaum, dans la veine de l'inoubliable témoignage littéraire de Soljenitsyne avec son Archipel du Goulag, entreprend la relation globale du gigantesque univers concentrationnaire qui, de 1917 à la Glasnost, broya 18 millions d'individus et fit près de 5 millions de victimes.
S'appuyant sur les archives, les témoignages, des rencontres avec les survivants, l'historienne mène une étude minutieuse du goulag où régnèrent les exactions, les assassinats, la terreur, la mort omniprésente, la volonté de déshumanisation.
Et au-delà de la description de l'horreur, s'esquisse en filigrane la dénonciation de l'amnésie touchant aux crimes insoutenables du communisme, ce que l'historienne appelle "l'absence de sensibilité populaire à la tragédie du communisme européen".
Jean Sévillia évoque de son côté la complicité de la gauche française avec le communisme qui a conduit à minorer, quand ce n'est pas à nier, le caractère monstrueux du communisme. Et il conclut: "Hollywood ne s'est jamais emparé des camps sibériens: ceux-ci attendent leur Spielberg."
Le XX' siècle aurait été marqué par deux totalitarismes nés d'une même matrice. Chacun aura été construit sur la mise en place d'une politique d'extermination massive. Les crimes du nazisme sont connus et chacun peut en concevoir l'ampleur. Aujourd'hui, il convient de faire connaître les crimes tus ou oubliés: les 5 millions de morts des camps de la mort du communisme. Goulag sert à cela. Comme l'a si justement affirmé le Wall Street Journal: "Ce qu'Alexandre Soljenitsyne attendait, Anne Applebaum l'a fait."
Goulag, Anne Applebaum, Grasset, 27€.
FDA janvier 2006
Il y a peu de temps, dans les pages du très correct Figaro Magazine, Jean Sévillia s'écriait:
"Cette année, le monde occidental a dignement commémoré la libération des camps nazis. Pour qu'un travail équivalent soit effectué à propos des camps soviétiques, il faudrait que le phénomène soit identifié, analysé et reconnu ... Or, une incroyable chape de plomb de silence entoure l'existence des systèmes concentrationnaires marxistes ... "
Tenant compte de cette réalité, il convient de saluer le travail d'Anne Applebaum, jeune chercheuse américaine, éditorialiste au Washington
Post et historienne confirmée, qui s'est imposée comme la spécialiste incontournable de l'ex-URSS. Applebaum, dans la veine de l'inoubliable témoignage littéraire de Soljenitsyne avec son Archipel du Goulag, entreprend la relation globale du gigantesque univers concentrationnaire qui, de 1917 à la Glasnost, broya 18 millions d'individus et fit près de 5 millions de victimes.
S'appuyant sur les archives, les témoignages, des rencontres avec les survivants, l'historienne mène une étude minutieuse du goulag où régnèrent les exactions, les assassinats, la terreur, la mort omniprésente, la volonté de déshumanisation.
Et au-delà de la description de l'horreur, s'esquisse en filigrane la dénonciation de l'amnésie touchant aux crimes insoutenables du communisme, ce que l'historienne appelle "l'absence de sensibilité populaire à la tragédie du communisme européen".
Jean Sévillia évoque de son côté la complicité de la gauche française avec le communisme qui a conduit à minorer, quand ce n'est pas à nier, le caractère monstrueux du communisme. Et il conclut: "Hollywood ne s'est jamais emparé des camps sibériens: ceux-ci attendent leur Spielberg."
Le XX' siècle aurait été marqué par deux totalitarismes nés d'une même matrice. Chacun aura été construit sur la mise en place d'une politique d'extermination massive. Les crimes du nazisme sont connus et chacun peut en concevoir l'ampleur. Aujourd'hui, il convient de faire connaître les crimes tus ou oubliés: les 5 millions de morts des camps de la mort du communisme. Goulag sert à cela. Comme l'a si justement affirmé le Wall Street Journal: "Ce qu'Alexandre Soljenitsyne attendait, Anne Applebaum l'a fait."
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Le Capitalisme et le Communisme sont très liés dans une certaine mesure de toute façon. Le libre-échange que prône le Capitalisme, débouche sur la Mondialisation. Une recherche du profit par tous les moyens en exploitant l'homme pour satisfaire une certaine élite.
Le communisme veut une société sans Nation, c'est à dire sans frontières en réalité, ce qui débouche toujours sur la Mondialisation aussi.
Le communisme veut une société sans Nation, c'est à dire sans frontières en réalité, ce qui débouche toujours sur la Mondialisation aussi.
Tous ensemble avec le :
FRONT NATIONAL
http://www.dailymotion.com/Faucon_63/1
http://fr.youtube.com/profile_videos?user=Patriote63
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Le souvenir des manifestations anticommunistes réunit la Slovaquie
Il y a vingt ans, des milliers d’habitants de l’ex-Tchécoslovaquie défilaient dans les rues de Bratislava avec des bougies. Ils manifestaient pour demander le respect de la liberté de culte et des droits civiques. Il s’agissait alors de la première manifestation contre la dictature communiste.
A l’occasion de la commémoration de cet événement, l’opposition slovaque et le Smer (gauche) du Premier ministre Robert Fico, habituellement divisés sur l’histoire du pays, sont cette fois tombés d’accord : le Smer va soutenir sans réserve une déclaration du souvenir de l’opposition. Monika Todova commente cette harmonie momentanément retrouvée. “Si le Smer n’avait pas soutenu la proposition de l’opposition, le parti se serait discrédité. En approuvant la résistance contre le régime communiste, le parti n’est pas soupçonné de voir ce régime avec une certaine nostalgie, contrairement à ce que laissent parfois entendre les discours de ses plus hauts dirigeants.”
Source: Sme (Slovaquie)
Kevin
Il y a vingt ans, des milliers d’habitants de l’ex-Tchécoslovaquie défilaient dans les rues de Bratislava avec des bougies. Ils manifestaient pour demander le respect de la liberté de culte et des droits civiques. Il s’agissait alors de la première manifestation contre la dictature communiste.
A l’occasion de la commémoration de cet événement, l’opposition slovaque et le Smer (gauche) du Premier ministre Robert Fico, habituellement divisés sur l’histoire du pays, sont cette fois tombés d’accord : le Smer va soutenir sans réserve une déclaration du souvenir de l’opposition. Monika Todova commente cette harmonie momentanément retrouvée. “Si le Smer n’avait pas soutenu la proposition de l’opposition, le parti se serait discrédité. En approuvant la résistance contre le régime communiste, le parti n’est pas soupçonné de voir ce régime avec une certaine nostalgie, contrairement à ce que laissent parfois entendre les discours de ses plus hauts dirigeants.”
Source: Sme (Slovaquie)
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1947____À Varsovie, le gouvernement communiste décide la déportation d'environ 150 000 Ukrainiens du pays des Lemkys, du Sian et du Koln.
Avril 1990____Découverte à Schnachtenhagen dans l'ancienne Allemagne de l'Est d'un charnier soviétique où furent jetés les corps de 200 à 1000 anciens prisonniers allemands abattus sans jugement par le NKVD après 1945.
Avril 1990____Découverte à Schnachtenhagen dans l'ancienne Allemagne de l'Est d'un charnier soviétique où furent jetés les corps de 200 à 1000 anciens prisonniers allemands abattus sans jugement par le NKVD après 1945.
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LES VICTIMES DE STALINE
Il est difficile pour la période 1917-1924 de dénombrer les victimes du régime bolchevique en formation. Les guerres civiles (1918-1921) furent follement meurtrières : au moins 1,5 million de morts militaires et 1 million de civils. Auxquelles il faut ajouter les 5 millions de personnes mortes pendant la famine de 1921-1922.
Le nombre des victimes du régime communiste est plus facile à établir :
7 millions déportés (1929-1953)
7 millions morts de faim (6 millions en 1931-1933, 1 million en 1947)
1,8 million morts en camp (1929-1953)
1 million (fusillés (1929-1953) (dont 750 000 en 1937-1938)
LES VICTIMES DE MAO
Victimes de la réforme agraire (1946-1953) entre 2 à 5 millions
Répression dans les villes 1 à 3 million(s)
Victimes de la famine (1959-1961) 20 à 43 millions
Victimes de la révolution culturelle (1966-1971) 1 à 3 million(s)
Répression au Tibet 0,8
Morts dans les camps entre 0 à 20 millions
Je sais, il y a une grande variation ou fourchette mais personne n'a de chiffre précis.
Il est difficile pour la période 1917-1924 de dénombrer les victimes du régime bolchevique en formation. Les guerres civiles (1918-1921) furent follement meurtrières : au moins 1,5 million de morts militaires et 1 million de civils. Auxquelles il faut ajouter les 5 millions de personnes mortes pendant la famine de 1921-1922.
Le nombre des victimes du régime communiste est plus facile à établir :
7 millions déportés (1929-1953)
7 millions morts de faim (6 millions en 1931-1933, 1 million en 1947)
1,8 million morts en camp (1929-1953)
1 million (fusillés (1929-1953) (dont 750 000 en 1937-1938)
LES VICTIMES DE MAO
Victimes de la réforme agraire (1946-1953) entre 2 à 5 millions
Répression dans les villes 1 à 3 million(s)
Victimes de la famine (1959-1961) 20 à 43 millions
Victimes de la révolution culturelle (1966-1971) 1 à 3 million(s)
Répression au Tibet 0,8
Morts dans les camps entre 0 à 20 millions
Je sais, il y a une grande variation ou fourchette mais personne n'a de chiffre précis.
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Communisme
A quand un procès international ?
La tentative du député libéral suédois Goran Lindblad de dresser un bilan critique du communisme a fait long feu. Si les parlementaires du Conseil de l'Europe ont adopté une résolution condamnant les crimes commis par les régimes communistes, ils ont pris soin d'en dissocier l'idéologie au nom de laquelle ils ont pourtant été commis.
Il n'y aura pas de procès, ni de journée commémorative, pas de repentance officielle encore moins une lecture de l' histoire plus impartiale. Le communisme reste toujours une idéologie intouchable malgré les dizaines de millions de morts, les camps de concentration nord-coréens, le génocide cambodgien, les prisons tropicales cubaines, les centres de rééducation chinois, les milliers de victimes des guérillas marxistes sud-américaines, les charniers africains.
Le Conseil de l'Europe a trébuché sur la détermination acharnée des héritiers du marxisme, de ses porteurs de valises ou anciens compagnons de route, à disculper ce qu'ils considèrent toujours comme une utopie bienfaitrice pour l'Humanité.
Une idéologie criminogène
"L'urgente nécessité d'un débat public sur les crimes du communisme et de leur condamnation au niveau international" s'est heurtée à un dogme aussi bien politique qu'historique qui interdit toute critique du communisme et encore plus un quelconque procès qui viserait selon les communistes (argument immédiatement repris lors du débat parlementaire) à minimiser les crimes du nazisme en mettant en parallèle les deux totalitarismes.
Or si l'argumentation peut encore impressionner des parlementaires européens, elle ne résiste pas à une lecture objective de l' Histoire. Le nazisme est mort et enterré depuis 1945, ses dignitaires ont été jugés et condamnés lors d'un procès international, ceux qui avaient échappé à la justice expéditive de Nuremberg ont été impitoyablement traqués sous toutes les latitudes et exécutés pour certains vingt ans après les faits. Une dénazification systématique des rouages et de la société allemande a été scrupuleusement entreprise. Pas un seul régime totalitaire ne se réclame aujourd 'hui de l'idéologie nationale-socialiste!
Si tout a été fait pour éradiquer toute résurgence d'une idéologie appartenant au passé, rien n'a encore été fait pour juger enfin la barbarie communiste qui près de vingt ans après la chute de la maison mère soviétique jouit toujours d'une incroyable impunité.
Or si on ne pouvait dissocier l'idéologie nationale-socialiste de ses inspirateurs et de ses exécutants, on ne peut en toute honnêteté agir différemment avec le communisme.
Les crimes commis par les différents régimes communistes l'ont été au nom d'une idéologie elle-même intrinsèquement criminogène et qui a toujours préconisé le meurtre de masse contre les classes déclarées "ennemies de la révolution".
L'indispensable procès
Le Conseil de l'Europe, dont on ne s'attendait malheureusement pas à ce qu'il mette fin à cinquante ans de mensonges historiques sur le rôle prétendument positif des partis communistes pendant la Seconde Guerre mondiale, s'est d'ailleurs empressé de souligner que "certains partis communistes européens ont travaillé à la réalisation de la démocratie" et rappelé qu'il n'était nullement question de "condamner les philosophes communistes". Or la disparition du totalitarisme national-socialiste a laissé place à un autre totalitarisme tout aussi brutal et criminel qui a étouffé pendant cinquante ans toute une partie de l'Europe, les "libérateurs" d'hier se muant instantanément en bourreaux implacables.
Au regard de l'Histoire, pas une seule expérience communiste où qu'elle ait été menée n'a pas été entachée de crimes menés à grande échelle et de violations des droits de l'homme. Une réalité implacable, certes systématiquement occultée par les faiseurs d'opinion, mais qui justifie à elle seule une condamnation unanime d'une idéologie qui reste et restera l'adversaire le plus acharné du genre humain.
Éric Domard : Français d' Abord! mars 2006
A quand un procès international ?
La tentative du député libéral suédois Goran Lindblad de dresser un bilan critique du communisme a fait long feu. Si les parlementaires du Conseil de l'Europe ont adopté une résolution condamnant les crimes commis par les régimes communistes, ils ont pris soin d'en dissocier l'idéologie au nom de laquelle ils ont pourtant été commis.
Il n'y aura pas de procès, ni de journée commémorative, pas de repentance officielle encore moins une lecture de l' histoire plus impartiale. Le communisme reste toujours une idéologie intouchable malgré les dizaines de millions de morts, les camps de concentration nord-coréens, le génocide cambodgien, les prisons tropicales cubaines, les centres de rééducation chinois, les milliers de victimes des guérillas marxistes sud-américaines, les charniers africains.
Le Conseil de l'Europe a trébuché sur la détermination acharnée des héritiers du marxisme, de ses porteurs de valises ou anciens compagnons de route, à disculper ce qu'ils considèrent toujours comme une utopie bienfaitrice pour l'Humanité.
Une idéologie criminogène
"L'urgente nécessité d'un débat public sur les crimes du communisme et de leur condamnation au niveau international" s'est heurtée à un dogme aussi bien politique qu'historique qui interdit toute critique du communisme et encore plus un quelconque procès qui viserait selon les communistes (argument immédiatement repris lors du débat parlementaire) à minimiser les crimes du nazisme en mettant en parallèle les deux totalitarismes.
Or si l'argumentation peut encore impressionner des parlementaires européens, elle ne résiste pas à une lecture objective de l' Histoire. Le nazisme est mort et enterré depuis 1945, ses dignitaires ont été jugés et condamnés lors d'un procès international, ceux qui avaient échappé à la justice expéditive de Nuremberg ont été impitoyablement traqués sous toutes les latitudes et exécutés pour certains vingt ans après les faits. Une dénazification systématique des rouages et de la société allemande a été scrupuleusement entreprise. Pas un seul régime totalitaire ne se réclame aujourd 'hui de l'idéologie nationale-socialiste!
Si tout a été fait pour éradiquer toute résurgence d'une idéologie appartenant au passé, rien n'a encore été fait pour juger enfin la barbarie communiste qui près de vingt ans après la chute de la maison mère soviétique jouit toujours d'une incroyable impunité.
Or si on ne pouvait dissocier l'idéologie nationale-socialiste de ses inspirateurs et de ses exécutants, on ne peut en toute honnêteté agir différemment avec le communisme.
Les crimes commis par les différents régimes communistes l'ont été au nom d'une idéologie elle-même intrinsèquement criminogène et qui a toujours préconisé le meurtre de masse contre les classes déclarées "ennemies de la révolution".
L'indispensable procès
Le Conseil de l'Europe, dont on ne s'attendait malheureusement pas à ce qu'il mette fin à cinquante ans de mensonges historiques sur le rôle prétendument positif des partis communistes pendant la Seconde Guerre mondiale, s'est d'ailleurs empressé de souligner que "certains partis communistes européens ont travaillé à la réalisation de la démocratie" et rappelé qu'il n'était nullement question de "condamner les philosophes communistes". Or la disparition du totalitarisme national-socialiste a laissé place à un autre totalitarisme tout aussi brutal et criminel qui a étouffé pendant cinquante ans toute une partie de l'Europe, les "libérateurs" d'hier se muant instantanément en bourreaux implacables.
Au regard de l'Histoire, pas une seule expérience communiste où qu'elle ait été menée n'a pas été entachée de crimes menés à grande échelle et de violations des droits de l'homme. Une réalité implacable, certes systématiquement occultée par les faiseurs d'opinion, mais qui justifie à elle seule une condamnation unanime d'une idéologie qui reste et restera l'adversaire le plus acharné du genre humain.
Éric Domard : Français d' Abord! mars 2006
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• Journaliste, traducteur et écrivain, Nicolas Tandler a plusieurs cordes à son arc. Remarquable connaisseur des dossiers et des problèmes économiques et sociaux; il est aussi un spécialiste des mouvements marxistes. C'est ainsi, qu'il y a presque vingt ans, l'auteur avait taillé des costumes sur mesure aux staliniens Georges Marchais et Henri Krasucki. la chute du mur de Berlin et du système soviétique avaient amené Tandler é s'éloigner de son thème de prédilection. Et pourtant ... Prés de 20 ans plus tard, le communisme continue de faire des ravages à travers la planète. L'Europe se révèle incapable de faire le procès nécessaire du communisme, de ses crimes et de sa politique d'anéantissement. Et si, comme le rappelait si justement le Saint-Père Jean-Paul Il, le communisme et le nazisme sont les deux idéologies nées d'une même matrice, il est effarant de voir que ceux qui condamnent avec violence le nazisme soixante après sa disparition, continuent de fermer les yeux sur les exactions d'un communisme toujours bien vivant. Est-il nécessaire de rappeler que la France subit toujours un PC dont l'influence électorale est inversement proportionnelle à l'influence électorale et qui ne s'est jamais repenti ! !
C'est pour toutes ces raisons que Nicolas Tandler a décidé de reprendre son salutaire travail de démystification des figures du communisme et en tout premier lieu de Vladimir Oulianov dit lénine. En 400 pages précises et documentées, l' auteur produit un véritable travail d'historien et nous fait découvrir tous les procédés et moyens que lénine mit en place pour arriver au pouvoir : terrorisme, compromissions avec la police politique, trahisons, escroqueries, crimes ... Dans "les secrets de lénine", Tandler démontre enfin que "à quelques mois près dans l'exécution d'une opération planifiée sur des années, la Première Guerre mondiale eût abouti à une tout autre issue".
Nicolas Tandler "Les secrets de Lénine" - Dualpha Editions (Collection Vérités pour l'Histoire dirigée par Philippe Randa).
(BP 58, 77522 Coulommiers Cedex, www.dualpha.com). 32 €, 400 pages.
FDA mars 2006
C'est pour toutes ces raisons que Nicolas Tandler a décidé de reprendre son salutaire travail de démystification des figures du communisme et en tout premier lieu de Vladimir Oulianov dit lénine. En 400 pages précises et documentées, l' auteur produit un véritable travail d'historien et nous fait découvrir tous les procédés et moyens que lénine mit en place pour arriver au pouvoir : terrorisme, compromissions avec la police politique, trahisons, escroqueries, crimes ... Dans "les secrets de lénine", Tandler démontre enfin que "à quelques mois près dans l'exécution d'une opération planifiée sur des années, la Première Guerre mondiale eût abouti à une tout autre issue".
Nicolas Tandler "Les secrets de Lénine" - Dualpha Editions (Collection Vérités pour l'Histoire dirigée par Philippe Randa).
(BP 58, 77522 Coulommiers Cedex, www.dualpha.com). 32 €, 400 pages.
FDA mars 2006
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La MNEF, c'est tout bénef...
Les trotskistes pris la main dans la poche
" Règlements de comptes dans une pouponnière du PS" : le 24 juin dernier, Le Canard enchaîné relayait les secousses internes qui agitaient alors la Mnef, l'incontournable Mutuelle "nationale" des étudiants de France, confrontée à la double curiosité de la Cour des Comptes et de l'Inspection générale des affaires sociales.
Ce qui intéressait à l'époque le très moralisateur hebdo du mercredi, c'était moins le sort des millions de francs détournés aux dépens des affiliés que les luttes internes opposant jospinistes et... jospinistes. Car, comme le confirmait dans Le Parisien Jean-Marie Le Guen, député PS de Paris - salarié de la Mnef de 1982 à 1997 ! -, la Mnef servait de "base de repli" au PS.
Ah ! La belle affaire que voilà: un hiérarque socialiste de premier rang qui avoue la mainmise de son parti sur une gigantesque pompe à fric (800 000 affiliés, près de 500 millions de francs de budget), c'est du jamais vu ...
L'étrange apathie de la droite
C'est surtout une aubaine merveilleuse pour une opposition parlementaire engluée dans ses propres divisions, Et bien non! Car si l'on comprend facilement que les vacances de ces messieurs dames du RPR et de l'UDF passaient avant la vérité sur la gestion partisane des intérêts étudiants, on aurait tout de même pu penser que la rentrée sonnerait l'heure de l'hallali. Même pas Même l'UNI, le syndicat de la droite virile et pasquaïenne - pardon pour le pléonasme - n'a pas bronché, craignant que, au-delà la Moef, ce soit tout le mutualisme étudiant qui trinque. Preuve que, parfois, le corporatisme rend aveugle.
C'est la presse de gauche, elle encore, qui relance l'affaire courant septembre, le Parquet de Paris ouvrant de son côté une information judiciaire sur le fonctionnement de la Mnef. Jusqu'à ce que soient annoncées la démission d'Olivier Spithakis, son directeur général, et la tenue d'élections pour le renouvellement de son assemblée générale.
C'est là que l'affaire prend toute sa saveur. En effet, quel est le premier candidat déclaré à la présidence de la mutuelle ? Tout simplement Pouria Amirshahi, président de l'Unef-Id, le premier syndicat étudiant politisé de France qui, dans Le Figaro, entend, s'il est élu, rendre "les pleins pouvoirs" aux étudiants. Décidément, ces gens-là n'ont aucune gêne à se f.. ... du monde !
Les convergences trotskistes de l'Unef-Id, du PS et de la Mnef
Pour comprendre l'exemplarité réelle de cette affaire, le mieux est encore de se pencher sur l'historique comparé de la Mne!" et de l'UNEF-Id.
- L'Unef (Union nationale des étudiants de France) est créée en 1907.
- En 1949, Jean-Marie Le Pen représente les étudiants de droit de Paris lors du congrès de l'Unef qui entérine la création de la Mnef.
- Pendant les années 60, en contrecoup des conflits liés à la décolonisation, l'Unef éclate entre, d'une part, les associations et cor'pos non gauchistes (branche "majo") et, d'antre part, les "minus" gauchistes.
- En 1971, l'Unef "mino" (qui a récupéré l'appellation "Unef') se scinde à son tour entre les communistes qui fondent l'Unef-SE (pour Solidarité étudiante) et les trotskistes.
- En 1980, la branche socialo-trotskiste fonde l' Unef-Id (pour Indépendante et démocratique !).
Et là, ouvrez bien vos mirettes:
- Le premier président de l'Unef-Id s'appelle Jean-Christophe Cambadélis. Jusqu'en 1992, il sera salarié d'officines associées à la Mnef.
- En 1982, un certain Marc Rozenblat lui succède qui, pendant des années, sera le courtier d'assurances de la Mnef.
- En 1986, c'est Philippe Darriulat qui s'y colle. Suivront Campinchi et Amirshahi.
Or, jusqu'en avril 1986, Cambadélis, Rozenblat et Darriulat sont membres du PCI, le Parti communiste internationaliste de Pierre Boussel-Lambert, le très secret et non moins historique dirigeant du trotskisme français. Le 29 septembre 1986, Cambadélis annonce que ses amis et lui - 400 cadres et militants du PCI, regroupés dans l'association Convergences socialistes, le suivent rejoignent le PS. Un ralliement préparé activement par ... Jean-Marie Le Guen, ancien adjoint de Cambadélis à l'Unef-Id et alors membre suppléant du comité directeur du PS.
La boucle est bouclée: PS, trotskistes-Iambertistes et Unef-Id, tout ce joli monde assure sa mainmise sur le syndicalisme étudiant et son juteux corollaire mutualiste.
Dès 1986, Chirac et Pasqua complices!
Mnef = Unef-Id = socialo-trotskistes, l'équation est simple. Depuis longtemps, mais sans en mesurer l'ampleur réelle, les étudiants nationaux le savaient. Personne ne prenait garde à leurs avertissements. Pourtant, dès 1983, la Cour des Comptes s'intéressait à la gestion de la Mnef.
Surtout, lors des auditions préalables aux rapports parlementaires relatifs aux manifestations étudiantes de 1986 - le retrait du projet Devaquet, la mort de Malik Oussekine -, les membres des commissions parlementaire et sénatoriale ont entendu la vérité sur les relations intimes entretenues eutre le PS, la Mnef, l'UnefId et la mouvance trotskiste de la bouche même des intéressés.
Philippe Darriulat, ainsi, ne cache pas qu'il est étudiant depuis 1978, membre de l'Unef-Id dès 1980 (il en est alors le Secrétaire général) et membre du PS. Daniel Cabieu, véritable cheville ouvrière de la grève puisque c'est de J'université de Caen dont il est l'agitateur en chef que part le mouvement, reconnaît, pour sa part être, tenez-vous bien! : "vacataire de la Mnef', "responsable de l'Unef-Id à Caen et sur le plan national" et "membre de la Ligue communiste révolutionnaire". N'en jetez plus, la Mnef est dite ...
Le véritable scandale dans l'affaire de la Mnef, ce n'est pas les magouilles des militants professionnels de l'ultragauche, mais bien le silence du gouvernement Chirac de 1986, dont Pasqua était alors le ministre de l'Intérieur, sur cette fantastique combine.
Non, décidément, nous n'avons rien de commun avec ces gens-là.
Guillaume Luyt, Président du Forum Étudiant Directeur national adjoint du FNJ

Les trotskistes pris la main dans la poche
" Règlements de comptes dans une pouponnière du PS" : le 24 juin dernier, Le Canard enchaîné relayait les secousses internes qui agitaient alors la Mnef, l'incontournable Mutuelle "nationale" des étudiants de France, confrontée à la double curiosité de la Cour des Comptes et de l'Inspection générale des affaires sociales.
Ce qui intéressait à l'époque le très moralisateur hebdo du mercredi, c'était moins le sort des millions de francs détournés aux dépens des affiliés que les luttes internes opposant jospinistes et... jospinistes. Car, comme le confirmait dans Le Parisien Jean-Marie Le Guen, député PS de Paris - salarié de la Mnef de 1982 à 1997 ! -, la Mnef servait de "base de repli" au PS.
Ah ! La belle affaire que voilà: un hiérarque socialiste de premier rang qui avoue la mainmise de son parti sur une gigantesque pompe à fric (800 000 affiliés, près de 500 millions de francs de budget), c'est du jamais vu ...
L'étrange apathie de la droite
C'est surtout une aubaine merveilleuse pour une opposition parlementaire engluée dans ses propres divisions, Et bien non! Car si l'on comprend facilement que les vacances de ces messieurs dames du RPR et de l'UDF passaient avant la vérité sur la gestion partisane des intérêts étudiants, on aurait tout de même pu penser que la rentrée sonnerait l'heure de l'hallali. Même pas Même l'UNI, le syndicat de la droite virile et pasquaïenne - pardon pour le pléonasme - n'a pas bronché, craignant que, au-delà la Moef, ce soit tout le mutualisme étudiant qui trinque. Preuve que, parfois, le corporatisme rend aveugle.
C'est la presse de gauche, elle encore, qui relance l'affaire courant septembre, le Parquet de Paris ouvrant de son côté une information judiciaire sur le fonctionnement de la Mnef. Jusqu'à ce que soient annoncées la démission d'Olivier Spithakis, son directeur général, et la tenue d'élections pour le renouvellement de son assemblée générale.
C'est là que l'affaire prend toute sa saveur. En effet, quel est le premier candidat déclaré à la présidence de la mutuelle ? Tout simplement Pouria Amirshahi, président de l'Unef-Id, le premier syndicat étudiant politisé de France qui, dans Le Figaro, entend, s'il est élu, rendre "les pleins pouvoirs" aux étudiants. Décidément, ces gens-là n'ont aucune gêne à se f.. ... du monde !
Les convergences trotskistes de l'Unef-Id, du PS et de la Mnef
Pour comprendre l'exemplarité réelle de cette affaire, le mieux est encore de se pencher sur l'historique comparé de la Mne!" et de l'UNEF-Id.
- L'Unef (Union nationale des étudiants de France) est créée en 1907.
- En 1949, Jean-Marie Le Pen représente les étudiants de droit de Paris lors du congrès de l'Unef qui entérine la création de la Mnef.
- Pendant les années 60, en contrecoup des conflits liés à la décolonisation, l'Unef éclate entre, d'une part, les associations et cor'pos non gauchistes (branche "majo") et, d'antre part, les "minus" gauchistes.
- En 1971, l'Unef "mino" (qui a récupéré l'appellation "Unef') se scinde à son tour entre les communistes qui fondent l'Unef-SE (pour Solidarité étudiante) et les trotskistes.
- En 1980, la branche socialo-trotskiste fonde l' Unef-Id (pour Indépendante et démocratique !).
Et là, ouvrez bien vos mirettes:
- Le premier président de l'Unef-Id s'appelle Jean-Christophe Cambadélis. Jusqu'en 1992, il sera salarié d'officines associées à la Mnef.
- En 1982, un certain Marc Rozenblat lui succède qui, pendant des années, sera le courtier d'assurances de la Mnef.
- En 1986, c'est Philippe Darriulat qui s'y colle. Suivront Campinchi et Amirshahi.
Or, jusqu'en avril 1986, Cambadélis, Rozenblat et Darriulat sont membres du PCI, le Parti communiste internationaliste de Pierre Boussel-Lambert, le très secret et non moins historique dirigeant du trotskisme français. Le 29 septembre 1986, Cambadélis annonce que ses amis et lui - 400 cadres et militants du PCI, regroupés dans l'association Convergences socialistes, le suivent rejoignent le PS. Un ralliement préparé activement par ... Jean-Marie Le Guen, ancien adjoint de Cambadélis à l'Unef-Id et alors membre suppléant du comité directeur du PS.
La boucle est bouclée: PS, trotskistes-Iambertistes et Unef-Id, tout ce joli monde assure sa mainmise sur le syndicalisme étudiant et son juteux corollaire mutualiste.
Dès 1986, Chirac et Pasqua complices!
Mnef = Unef-Id = socialo-trotskistes, l'équation est simple. Depuis longtemps, mais sans en mesurer l'ampleur réelle, les étudiants nationaux le savaient. Personne ne prenait garde à leurs avertissements. Pourtant, dès 1983, la Cour des Comptes s'intéressait à la gestion de la Mnef.
Surtout, lors des auditions préalables aux rapports parlementaires relatifs aux manifestations étudiantes de 1986 - le retrait du projet Devaquet, la mort de Malik Oussekine -, les membres des commissions parlementaire et sénatoriale ont entendu la vérité sur les relations intimes entretenues eutre le PS, la Mnef, l'UnefId et la mouvance trotskiste de la bouche même des intéressés.
Philippe Darriulat, ainsi, ne cache pas qu'il est étudiant depuis 1978, membre de l'Unef-Id dès 1980 (il en est alors le Secrétaire général) et membre du PS. Daniel Cabieu, véritable cheville ouvrière de la grève puisque c'est de J'université de Caen dont il est l'agitateur en chef que part le mouvement, reconnaît, pour sa part être, tenez-vous bien! : "vacataire de la Mnef', "responsable de l'Unef-Id à Caen et sur le plan national" et "membre de la Ligue communiste révolutionnaire". N'en jetez plus, la Mnef est dite ...
Le véritable scandale dans l'affaire de la Mnef, ce n'est pas les magouilles des militants professionnels de l'ultragauche, mais bien le silence du gouvernement Chirac de 1986, dont Pasqua était alors le ministre de l'Intérieur, sur cette fantastique combine.
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Cambodge : Le génocide communiste absous!
Déportation entière de la population de Phnom-Penh, asservissement des citadins, épuration impitoyable des éléments pro-royalistes, massacre des Cambodgiens jugés réfractaires au régime ... De 1975 à 1979, deux millions de personnes ont été sauvagement assassinées par le régime communiste de Pol Pot au Cambodge, soit un quart de la population khmère. Face à ce bilan terrifiant, Khieu Samphan, et Nuon Chea, deux des principaux génocidaires Khmers rouges ont exprimé de simples "regrets" ! Accueillis à bras ouverts par le Premier ministre Hun Sen, ancien dignitaire du régime cambodgien, ceux qui furent respectivement président du Kampuchéa démocratique et chef de la sécurité, participant à ce titre activement au génocide communiste planifié par Pol Pot (décédé en avril dernier), 5' apprêtent aujourd'hui à finir leurs jours tranquillement, dans une de ses luxueuses villas de la capitale cambodgienne. La justice, muselée par le pouvoir, n'engagera en effet aucune poursuite, et ce au nom de la "réconciliation nationale". Une raison jugée aujourd'hui parfaitement recevable par les chancelleries occidentales, qui, il y a encore quelques semaines, la refusaient au gouvernement chilien dans le cadre de l'affaire Pinochet, sans commune mesure avec le génocide cambodgien. Faut-il en conclure que les atrocités commises au nom du communisme ne peuvent être assimilées à des "crimes contre l'Humanité" et que leurs auteurs jouissent constamment d'une totale impunité en contrepartie d'une simple repentance orale? Le gouvernement français qui s'était empressé de réclamer l'extradition du général Pinochet et avait soutenu par la voix de Jacques Chirac et de Lionel Jospin les démarches judiciaires engagées par le gouvernement espagnol contre l'ancien président chilien, s'est montré jusqu'à présent très discret dans l'affaire cambodgienne. Ni protestations, ni condamnations. Une attitude guère surprenante de la part d'un gouvernement qui compte plusieurs ministres membres du Parti communiste, lequel fonna dans les années 60 au Quartier Latin et à la Cité universitaire les futurs cadres' et génocidaires du régime des Khmers rouges ....
Français d'abord!: janvier 1999·

Déportation entière de la population de Phnom-Penh, asservissement des citadins, épuration impitoyable des éléments pro-royalistes, massacre des Cambodgiens jugés réfractaires au régime ... De 1975 à 1979, deux millions de personnes ont été sauvagement assassinées par le régime communiste de Pol Pot au Cambodge, soit un quart de la population khmère. Face à ce bilan terrifiant, Khieu Samphan, et Nuon Chea, deux des principaux génocidaires Khmers rouges ont exprimé de simples "regrets" ! Accueillis à bras ouverts par le Premier ministre Hun Sen, ancien dignitaire du régime cambodgien, ceux qui furent respectivement président du Kampuchéa démocratique et chef de la sécurité, participant à ce titre activement au génocide communiste planifié par Pol Pot (décédé en avril dernier), 5' apprêtent aujourd'hui à finir leurs jours tranquillement, dans une de ses luxueuses villas de la capitale cambodgienne. La justice, muselée par le pouvoir, n'engagera en effet aucune poursuite, et ce au nom de la "réconciliation nationale". Une raison jugée aujourd'hui parfaitement recevable par les chancelleries occidentales, qui, il y a encore quelques semaines, la refusaient au gouvernement chilien dans le cadre de l'affaire Pinochet, sans commune mesure avec le génocide cambodgien. Faut-il en conclure que les atrocités commises au nom du communisme ne peuvent être assimilées à des "crimes contre l'Humanité" et que leurs auteurs jouissent constamment d'une totale impunité en contrepartie d'une simple repentance orale? Le gouvernement français qui s'était empressé de réclamer l'extradition du général Pinochet et avait soutenu par la voix de Jacques Chirac et de Lionel Jospin les démarches judiciaires engagées par le gouvernement espagnol contre l'ancien président chilien, s'est montré jusqu'à présent très discret dans l'affaire cambodgienne. Ni protestations, ni condamnations. Une attitude guère surprenante de la part d'un gouvernement qui compte plusieurs ministres membres du Parti communiste, lequel fonna dans les années 60 au Quartier Latin et à la Cité universitaire les futurs cadres' et génocidaires du régime des Khmers rouges ....
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Devoir de mémoire contre marxisation de l'enseignement
Lors de la commission permanente du conseil régional. de PIcardIe le 1er octobre, le président du groupe Front National, Michel Guiniot, a vivement réagi au contenu de "L'agenda de l'ado", distribué gratuitement dans les collèges et lycées picards à la demande des proviseurs. Un agenda, aussi incroyable (?) que cela puisse paraître, édité par un syndicat de médecins catalogués "à droite", l'Union régionale des médecins libéraux (URML). Un scandale mis à jour par la jeune conseillère régionale FN de la Somme, Catherine Chatelain.
"Aujourd'hui, a déclaré Michel Guiniot, il y a des trafiquants d'opinion à l'intérieur des établissements puisque l'objectif de la diffusion de cet agenda est bien l'embrigadement politique de nos enfants. Nous connaissons depuis longtemps la socialisation du système scolaire, aujourd'hui, nous avons droit à une tentative de marxisation des élèves."
Le responsable frontiste a ainsi constaté qu'il "suffit de tourner les pages de cet agenda pour s'apercevoir qu'il n'y a, pratiquement, que des références historiques à la grande œuvre du communisme international". Pointant alors les passages exaltant la geste sanglante du marxisme-léninisme, il a rappelé avec force détails les exactions et les millions de morts dont se sont rendus coupables les agents de la terreur rouge.
"Non, chers collègues, a conclu l'élu Frontiste, au nom des 100 millions de morts provoquées par l'idéologie communiste, vous ne pouvez transformer notre Conseil régional en usine à fabriquer des jeunes marxistes!"
Français d'Abord ! novembre 2004
Lors de la commission permanente du conseil régional. de PIcardIe le 1er octobre, le président du groupe Front National, Michel Guiniot, a vivement réagi au contenu de "L'agenda de l'ado", distribué gratuitement dans les collèges et lycées picards à la demande des proviseurs. Un agenda, aussi incroyable (?) que cela puisse paraître, édité par un syndicat de médecins catalogués "à droite", l'Union régionale des médecins libéraux (URML). Un scandale mis à jour par la jeune conseillère régionale FN de la Somme, Catherine Chatelain.
"Aujourd'hui, a déclaré Michel Guiniot, il y a des trafiquants d'opinion à l'intérieur des établissements puisque l'objectif de la diffusion de cet agenda est bien l'embrigadement politique de nos enfants. Nous connaissons depuis longtemps la socialisation du système scolaire, aujourd'hui, nous avons droit à une tentative de marxisation des élèves."
Le responsable frontiste a ainsi constaté qu'il "suffit de tourner les pages de cet agenda pour s'apercevoir qu'il n'y a, pratiquement, que des références historiques à la grande œuvre du communisme international". Pointant alors les passages exaltant la geste sanglante du marxisme-léninisme, il a rappelé avec force détails les exactions et les millions de morts dont se sont rendus coupables les agents de la terreur rouge.
"Non, chers collègues, a conclu l'élu Frontiste, au nom des 100 millions de morts provoquées par l'idéologie communiste, vous ne pouvez transformer notre Conseil régional en usine à fabriquer des jeunes marxistes!"
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Re: Communisme:le devoir de mémoire
DES CRIMES DU PC NE FAISONS PAS TABLE RASE
Le livre noir du communisme (II)
« Du passé faisons table rase » : ce début de couplet de l'Internationale a toujours été appliqué par les communistes de tous poils, surtout à propos de leurs échecs et de leurs crimes, ,innombrables. En son temps, Le Livre Noir du Communisme, publié sous la direction de Stéphane Courtois, malgré son épaisseur, et en dépit de son caractère très méritoire, n'avait pas tout dit. Ce que proclame, avec honnêteté, la bande qui entoure le dernier-né fin 2002, réalisé sous la direction du même, Du passé faisons table rase, qui part à la recherche d'atrocités du communisme en Europe. A l'heure où Chirac, prisonnier de sa jeunesse marxiste, rend hommage sur hommage au PC "français", il est utile et nécessaire de se rafraîchir la mémoire au sujet d'une « utopie meurtrière » dont les crimes européens sont tout aussi monstrueux que les tueries asiatiques, africaines ou sud-américaines.
Seize historiens de plusieurs pays, dont un Français, Philippe Baillet, ont déterré les dossiers que les communistes et leurs ailiés souhaitaient oubliés à jamais, Le tabou qui interdisait de stigmatiser les horreurs marxistes a certes été ébranlé par la chute des bastions les plus importants du système, et d'abord à Moscou, mais son influence perverse et dangereuse subsiste, Quand on voit, comme le cite S Courtois une Arlette Laguillier, la trotskiste si sentimentale, aux pleurs si spontanés, dire à propos du Livre Noir, que ses auteurs étaient de « prétendus historiens », des « falsificateurs à l'œuvre », il ne suffit pas de hausser les épaules, car Chirac agit officiellement en accord avec Lutte Ouvrière, Et toute une campagne systématique, l'organe officieux Le Monde en tête, se sert de Hitler pour tenter d'effacer le caractère criminel du communisme, Le directeur du Monde en personne, Jean-Marie Colombani, se distingue avec une hypocrisie consommée, parlant d'« absence de méthode » lorsqu'on évoque les tueries communistes, et caressant l'idée d'un Livre noir du capitalisme, ce qui réserverait des surprises, car Colombani apprendrait alors, qu'il le veuille ou non, l'étroite collaboration entre les financiers mondiaux, d'une part, Lénine, Staline, Mao d'autres part. Face aux auxiliaires honteux des Tchékas, Securitate et Stasi, le devoir de vigilance et de mémoire s'impose, car l'occultation du passé préparera demain l'acceptation d'autres crimes de même inspiration.
L'ordinaire des tueurs rouges
Alexandre lakovlev, dirigeant du PC soviétique finissant, et qui fut un artisan de sa liquidation, donne dans cette œuvre collective une remarquable analyse des schémas d'assassinats, du point de vue des léninistes, copiés tous leurs successeurs, Il qualifie de manière pertinente le bolchevisme de « maladie sociale du XXe siècle », et il énumère les responsabilités qui furent d'emblée celles du communisme : le coup d'Etat, sanglant et illégal, d'« Octobre Rouge » ; le déclenchement de la plus terrible des guerres, la guerre civile (13 millions de morts en tout) ; la destruction de la paysannerie russe; l'anéantissement des Eglises chrétiennes et non chrétiennes exécution des prêtres, mise à bas des lieux de culte) ; liquidation des couches traditionnelles de la société (officiers, nobles, intellectuels, commerçants, industriels, etc,) instauration des exécutions administratives, sans jugement, généralisation de la torture, installation des camps de concentration où sont internés même des enfants, usage des gaz asphyxiants (vingt millions de morts) ; étouffement de toute liberté (interdiction de tous mouvements de pensée, de toute expression non contrôlée) ; représailles écoeurantes contre les prisonniers de guerre sovietiques rapatriés après 1945, alors que le PC était responsable de leur capture au cours du conflit; persécutions systématiques contre les scientifiques, les médecins, les écrivains, les artistes; pratique des proces racistes et de campagnes criminelles contre les « dissidents »; ruine économique et morale d'un pays immense; enfin, « instauration d'une dictature contre l'être humain, son honneur, sa dignité et sa liberté », Tout ceci fut rigoureusement imitée par les marxistes du monde entier.
Estonie, pays martyr
Quand on regarde un petit pays de un million d'habitants au début du siècle passé, l'Estonie, - le communisme dès décembre 1918 se déchaîne avec toutes ces caractéristiques léninistes. Voici des « échantillons » concernant la religion: un pasteur a les yeux crevés et périt sous la torture. En janvier 1919, dans la cave d'une Caisse d'Epargne, les rouges tuent dix-neuf personnes, dont un aumônier luthérien, un évêque orthodoxe, un archiprêtre, qui s'était opposé, une décennie plus tôt, à ce qu'on mette hors d'état de nuire des révolutionnaires. Les Soviétiques furent vaincus militairement et durent pour le moment arrêter leurs crimes, Mais ils se rattrapèrent sur les Estoniens vivant en URSS, en jetant près de 70 000 dans des camps de concentration où ils périrent par milliers. Les chefs du PC d'Estonie en exil furent abattus en 1937-1938. Début 1939, 2 360 Estoniens communistes étaient dans le goulag. Fin septembre 1939 l'Armée rouge de Staline occupe l'Estonie, qui n'oppose pas de résistance. En juin 1940, le pays est annexé à l'URSS. La terreur se déclenche, Des arrestations par milliers, des exécutions, des massacres purs et simples (78 personnes abattues dans des villas au printemps 1941). L'élite estonienne, traduite en justice, vit pleuvoir les condamnations à mort, perpétrées après minuit. Les déportations « familiales » se développèrent, plus de dix mille personnes, à quoi il faut ajouter 12 000 soldats estoniens « arrêtés ». Dans un pays de un million d'habitants. A partir de la guerre germano-soviétique, fin juin 1941, ces chiffres sont pulvérisés, et des méthodes sauvages de mise à mort remplacent les balles dans la nuque et les pelotons de fusilleurs, Les incendies de bâtiments sont la règle. A l'été 1941, 3 247 fermes sont détruites, ainsi que 19 mairies, 102 bâtiments coopératifs, 79 écoles, et beaucoup de maisons. Le tout sans la moindre utilité militaire. Le 8 juillet 1941, à la prison de Tartu, 192 détenus, parce que « bourgeois » sont massacrés, dont des écrivains, des artistes, des prêtres. Dans des îles côtières, le sadisme communiste battit tous les records: prisonniers ébouillantés, yeux arrachés, seins coupés aux femmes (95 cadavres sur une seule île). Au total, sur cette période, on n'a pu identifier que 2 199 assassinés.
Et la France ? ...
La suite fut de la même horreur ordinaire pendant la guerre, où Staline se servit comme de chair à canon des Estoniens sur son sol. Afin de se disculper de leurs premières vagues de crimes, les communistes tentèrent au procès de Nuremberg de charger au maximum les Allemands. Les recherches effectuées ont fait tomber les 125 000 victimes imputées au Reich à 6 600, En revanche, les communistes ajoutèrent à leur palmarès de 1918-1919 et de 1939-1941 celui de 1944-45, d'une ampleur sans précédent 75 000 arrestations dont au moins 35 % de fusillés, ou tués autrement, et des déportations eurent lieu encore en 1949. Arrêtons là cet unique exemple, sur un peuple de un million d'habitants.
De bien plus grands pays Roumanie, Hongrie, Grèce ... ont subi le déferlement des barbares.
Ce qui est arrivé chez eux aussi ne doit pas être oublié. Du passé ne faisons pas table rase. Reste un souhait : qu'un jour, le tableau des crimes du communisme en France soit établi de façon exhaustive. Car sur notre sol aussi, les disciples de Lénine ont sévi, tuant dans toutes les catégories (paysans, « bourgeois » ou ouvriers), toutes les opinions (gens de droite ou d'extrême gauche, gaullistes ou maréchalistes), assassinant des réfugiés accueillis par la France, A quand ce travail ?
Alexandre MARTIN National Hebdo du 16 au 23 janvier 2003
Du passé faisons table rase, sous la direction de Stéphane Courtois, éditions Robert Laffont, 576 Pages, 22,95 euros.
Le livre noir du communisme (II)
« Du passé faisons table rase » : ce début de couplet de l'Internationale a toujours été appliqué par les communistes de tous poils, surtout à propos de leurs échecs et de leurs crimes, ,innombrables. En son temps, Le Livre Noir du Communisme, publié sous la direction de Stéphane Courtois, malgré son épaisseur, et en dépit de son caractère très méritoire, n'avait pas tout dit. Ce que proclame, avec honnêteté, la bande qui entoure le dernier-né fin 2002, réalisé sous la direction du même, Du passé faisons table rase, qui part à la recherche d'atrocités du communisme en Europe. A l'heure où Chirac, prisonnier de sa jeunesse marxiste, rend hommage sur hommage au PC "français", il est utile et nécessaire de se rafraîchir la mémoire au sujet d'une « utopie meurtrière » dont les crimes européens sont tout aussi monstrueux que les tueries asiatiques, africaines ou sud-américaines.
Seize historiens de plusieurs pays, dont un Français, Philippe Baillet, ont déterré les dossiers que les communistes et leurs ailiés souhaitaient oubliés à jamais, Le tabou qui interdisait de stigmatiser les horreurs marxistes a certes été ébranlé par la chute des bastions les plus importants du système, et d'abord à Moscou, mais son influence perverse et dangereuse subsiste, Quand on voit, comme le cite S Courtois une Arlette Laguillier, la trotskiste si sentimentale, aux pleurs si spontanés, dire à propos du Livre Noir, que ses auteurs étaient de « prétendus historiens », des « falsificateurs à l'œuvre », il ne suffit pas de hausser les épaules, car Chirac agit officiellement en accord avec Lutte Ouvrière, Et toute une campagne systématique, l'organe officieux Le Monde en tête, se sert de Hitler pour tenter d'effacer le caractère criminel du communisme, Le directeur du Monde en personne, Jean-Marie Colombani, se distingue avec une hypocrisie consommée, parlant d'« absence de méthode » lorsqu'on évoque les tueries communistes, et caressant l'idée d'un Livre noir du capitalisme, ce qui réserverait des surprises, car Colombani apprendrait alors, qu'il le veuille ou non, l'étroite collaboration entre les financiers mondiaux, d'une part, Lénine, Staline, Mao d'autres part. Face aux auxiliaires honteux des Tchékas, Securitate et Stasi, le devoir de vigilance et de mémoire s'impose, car l'occultation du passé préparera demain l'acceptation d'autres crimes de même inspiration.
L'ordinaire des tueurs rouges
Alexandre lakovlev, dirigeant du PC soviétique finissant, et qui fut un artisan de sa liquidation, donne dans cette œuvre collective une remarquable analyse des schémas d'assassinats, du point de vue des léninistes, copiés tous leurs successeurs, Il qualifie de manière pertinente le bolchevisme de « maladie sociale du XXe siècle », et il énumère les responsabilités qui furent d'emblée celles du communisme : le coup d'Etat, sanglant et illégal, d'« Octobre Rouge » ; le déclenchement de la plus terrible des guerres, la guerre civile (13 millions de morts en tout) ; la destruction de la paysannerie russe; l'anéantissement des Eglises chrétiennes et non chrétiennes exécution des prêtres, mise à bas des lieux de culte) ; liquidation des couches traditionnelles de la société (officiers, nobles, intellectuels, commerçants, industriels, etc,) instauration des exécutions administratives, sans jugement, généralisation de la torture, installation des camps de concentration où sont internés même des enfants, usage des gaz asphyxiants (vingt millions de morts) ; étouffement de toute liberté (interdiction de tous mouvements de pensée, de toute expression non contrôlée) ; représailles écoeurantes contre les prisonniers de guerre sovietiques rapatriés après 1945, alors que le PC était responsable de leur capture au cours du conflit; persécutions systématiques contre les scientifiques, les médecins, les écrivains, les artistes; pratique des proces racistes et de campagnes criminelles contre les « dissidents »; ruine économique et morale d'un pays immense; enfin, « instauration d'une dictature contre l'être humain, son honneur, sa dignité et sa liberté », Tout ceci fut rigoureusement imitée par les marxistes du monde entier.
Estonie, pays martyr
Quand on regarde un petit pays de un million d'habitants au début du siècle passé, l'Estonie, - le communisme dès décembre 1918 se déchaîne avec toutes ces caractéristiques léninistes. Voici des « échantillons » concernant la religion: un pasteur a les yeux crevés et périt sous la torture. En janvier 1919, dans la cave d'une Caisse d'Epargne, les rouges tuent dix-neuf personnes, dont un aumônier luthérien, un évêque orthodoxe, un archiprêtre, qui s'était opposé, une décennie plus tôt, à ce qu'on mette hors d'état de nuire des révolutionnaires. Les Soviétiques furent vaincus militairement et durent pour le moment arrêter leurs crimes, Mais ils se rattrapèrent sur les Estoniens vivant en URSS, en jetant près de 70 000 dans des camps de concentration où ils périrent par milliers. Les chefs du PC d'Estonie en exil furent abattus en 1937-1938. Début 1939, 2 360 Estoniens communistes étaient dans le goulag. Fin septembre 1939 l'Armée rouge de Staline occupe l'Estonie, qui n'oppose pas de résistance. En juin 1940, le pays est annexé à l'URSS. La terreur se déclenche, Des arrestations par milliers, des exécutions, des massacres purs et simples (78 personnes abattues dans des villas au printemps 1941). L'élite estonienne, traduite en justice, vit pleuvoir les condamnations à mort, perpétrées après minuit. Les déportations « familiales » se développèrent, plus de dix mille personnes, à quoi il faut ajouter 12 000 soldats estoniens « arrêtés ». Dans un pays de un million d'habitants. A partir de la guerre germano-soviétique, fin juin 1941, ces chiffres sont pulvérisés, et des méthodes sauvages de mise à mort remplacent les balles dans la nuque et les pelotons de fusilleurs, Les incendies de bâtiments sont la règle. A l'été 1941, 3 247 fermes sont détruites, ainsi que 19 mairies, 102 bâtiments coopératifs, 79 écoles, et beaucoup de maisons. Le tout sans la moindre utilité militaire. Le 8 juillet 1941, à la prison de Tartu, 192 détenus, parce que « bourgeois » sont massacrés, dont des écrivains, des artistes, des prêtres. Dans des îles côtières, le sadisme communiste battit tous les records: prisonniers ébouillantés, yeux arrachés, seins coupés aux femmes (95 cadavres sur une seule île). Au total, sur cette période, on n'a pu identifier que 2 199 assassinés.
Et la France ? ...
La suite fut de la même horreur ordinaire pendant la guerre, où Staline se servit comme de chair à canon des Estoniens sur son sol. Afin de se disculper de leurs premières vagues de crimes, les communistes tentèrent au procès de Nuremberg de charger au maximum les Allemands. Les recherches effectuées ont fait tomber les 125 000 victimes imputées au Reich à 6 600, En revanche, les communistes ajoutèrent à leur palmarès de 1918-1919 et de 1939-1941 celui de 1944-45, d'une ampleur sans précédent 75 000 arrestations dont au moins 35 % de fusillés, ou tués autrement, et des déportations eurent lieu encore en 1949. Arrêtons là cet unique exemple, sur un peuple de un million d'habitants.
De bien plus grands pays Roumanie, Hongrie, Grèce ... ont subi le déferlement des barbares.
Ce qui est arrivé chez eux aussi ne doit pas être oublié. Du passé ne faisons pas table rase. Reste un souhait : qu'un jour, le tableau des crimes du communisme en France soit établi de façon exhaustive. Car sur notre sol aussi, les disciples de Lénine ont sévi, tuant dans toutes les catégories (paysans, « bourgeois » ou ouvriers), toutes les opinions (gens de droite ou d'extrême gauche, gaullistes ou maréchalistes), assassinant des réfugiés accueillis par la France, A quand ce travail ?
Alexandre MARTIN National Hebdo du 16 au 23 janvier 2003
Du passé faisons table rase, sous la direction de Stéphane Courtois, éditions Robert Laffont, 576 Pages, 22,95 euros.
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Re: Communisme:le devoir de mémoire
Le passé trouble du PC français
Août 1939-juin 1941, l'appel de Cachin : les attentats anti-allemands sont condamnés
Le 18 juin 1940 (mais oui, cela ne s'invente pas), Maurice Tréand, Denise Ginollin et Suzanne Schrod, envoyés spéciaux du PC clandestin puisque dissous officiellement par le gouvernement Daladier - se présentent chez le lieutenant Weber, munis de laissez-passer de la Propagandastaffel. Ce lieutenant allemand est chargé des affaires de presse dans la France occupée. Les envoyés spéciaux, tous membres du Comité central, viennent demander à cet organisme nazi de censure l'autorisation de faire reparaître L'Humanité. Par un autre circuit, certainement celui de Jean Catelas, lui aussi membre du Comité central clandestin, les Allemands ont reçu une demande de reparution signée Jacques Duclos.
Les Allemands semblent, a priori, disposés à accepter la reparution du journal, au vu des maquettes et de la ligne politique proposée. Mais la police française, la police de Vichy, arrête les envoyés spéciaux qui seront libérés sept jours plus tard sur ordre des services allemands.
A peine dehors, les communistes relancent les discussions. Celles-ci échouent car, à Vichy, Doriot s'agite comme un beau diable et obtient gain de cause. L'Humanité pro-allemande ne reparaîtra pas officiellement.
Le gouvernement du maréchal , Pétain a rendu, ce jour-là, involontairement un fieffé service aux hommes de Moscou !
Duclos pensait que les Allemands, maintenant alliés des Soviétiques, donneraient l'autorisation tant attendue. C'est une grande déception pour le parti clandestin.
Car la vérité jamais écrite par aucun « spécialiste » est que les communistes voulaient surtout mettre en place un autre gouvernement dirigé par eux avec l'accord de l'Allemagne nazie et l'aide de l'URSS.
La direction clandestine, bien cachée et bien nourrie dans une cave aménagée de banlieue (cave où elle « fera » toute la guerre ...) ne comprend pas!
Le PC, clandestin contre sont gré !
L'Humanité clandestine du 13 juillet 1940 ne publiait-elle pas encore: « Les conversations amicales entre travailleurs parisiens et soldats allemands se multiplient. Nous en sommes très heureux. Apprenons à nous connaître. »
Devant si peu de reconnaissance et de récompense de la part de l'occupant nazi, cette même direction, qui n'est, à l'époque, traquée que par la police française, donne une directive suicidaire. Elle exige que tous ses députés et tous ses responsables qui ne sont pas internés pour trahison - depuis la dissolution du 25 septembre 1939 - réintègrent leurs mairies et leurs permanences.
De leur côté, des centaines de députés et hauts cadres communistes arrêtés et internés par la République française restent emprisonnés sous la responsabilité de l'Etat français. Obéissant aux ordres, beaucoup de responsables communistes reprendront contact avec leurs électeurs ou avec leurs militants.
Pour que la trahison soit complète et dans l'espoir d'une prise de pouvoir à la botte des nazis alliés de Moscou, de sa prison, Marcel Cachin écrira même une lettre de vingt pages pour expliquer la politique du PCF et condamner les attentats contre les soldats allemands.
Cela permet aux nazis de le libérer et d'utiliser une partie de sa lettre pour faire une affiche « collaborationniste ». Lui aussi, mais il est vrai qu'il est très âgé, fera la guerre, planqué dans la cave d'un pavillon de banlieue. En août 1944, il reprendra sa place de directeur de L'Humanité, sans pour autant que cela ne fasse de vagues dans la rédaction ....
La dissolution du PCF par Daladier et l'emprisonnement de nombreux élus et cadres communistes a créé une situation difficile pour le parti. Clandestin, mais désirant ne plus l'être, il fait de la corde raide, espérant toujours une intervention favorable de Moscou.
Députés communistes, témoins à charge?
Le 19 décembre 1940, François Billoux, sur ordre de la direction clandestine du parti, écrivait au maréchal Pétain à Vichy et demandait, au nom de tous les députés communistes emprisonnés, de pouvoir se présenter comme témoin à charge au procès de Riom, pour y dénoncer la guerre faite à Hitler, les impérialistes anglais et leurs complices français, Blum en tête... ..
Et il terminait sa lettre par : « Veuillez agréer, Monsieur le Maréchal, l'assurance de ma haute considération. »
Là aussi, le refus circonstanciel de Vichy fut, pour la suite, une sacrée aubaine pour la légende communiste!
Durant des mois, toutes les actions anti-allemandes furent interdites par la direction clandestine du parti. Elles furent dénoncées comme provocatrices, y compris les inscriptions sur les murs. Des groupes OS (Organisation spéciale) et des groupes TP (Travail particulier) étaient chargés, aux ordres directs des politiques, de liquider les « provocateurs ». Furent abattus ainsi plusieurs responsables locaux qui avaient commencé la lutte contre l'occupant. Ce fut entre autres le cas de Désiré, jeune dirigeant de Seine-Maritime. Le « maquisard » Georges Guingouin, qui ne fit pas dans la dentelle par la suite, faillit subir le même sort en 1941.
Continuant sur sa lancée, la direction clandestine - rappelons qu'elle est clandestine du fait de la dissolution du PCF par le gouvernement légal, le 25 septembre 1939 pour haute trahison - continue à forger son utopie et publie en septembre 1940 ce communiqué qui en dit long:
« L'URSS de Lénine et de Staline, pays du socialisme et espoir des travailleurs du monde, est le rempart de la paix comme elle vient de le montrer, une fois de plus, en réglant pacifiquement avec la Roumanie la question de la Bessarabie et de la Bukovine du Nord. En défendant le pacte germano-soviétique, en août 1939, nous avons opposé à la politique des fauteurs de guerre, la politique stalinienne de paix et aujourd'hui, nous avons conscience de servir la cause de la paix et de l'indépendance de notre pays en demandant la conclusion d'un pacte d'amitié franco-soviétique. »
Le 4 octobre 1939, Thorez déserte et rejoint Moscou en traversant l'Allemagne nazie.
A la même époque, largement diffusé et surtout axé contre Vichy, mais pas contre les nazis, sur deux pages complètes, imprimé impeccablement, paraît l'appel intitulé Peuple de France qui se veut le programme d'un soi-disant « gouvernement du peuple au service du peuple » mais surtout au service des nazis pour complaire à Moscou et au génial petit père des peuples Joseph Staline qui avait officiellement félicité Hitler quand ses troupes étaient entrés dans Paris.
En juin 1941, quand l'Allemagne se retourna brusquement contre l'URSS les communistes dits Français firent un demi-tour à 180°, prêchèrent la résistance à mort contre les nazis qui étaient cependant les mêmes, quelques jours avant...
Alors, il fallut remettre de l'ordre à tous les échelons. Il fallait tenter d'effacer tout ce qui avait été fait et dit pendant les vingt-deux mois de lune de miel Hitler-Staline. Toute honte bue, les « historiens » du PC inventèrent totalement une imaginaire vie du PCF pendant ces mois fatidiques qui, sans Vichy, auraient été mortels pour le parti de M. Thorez ... M. Hue ne serait certainement pas là aujourd'hui...
A entendre ces messieurs, le général De Gaulle n' aurait pas été le seul à engager la résistance contre l'occupant. Le PCF aurait appelé aux armes dès le 10 juillet 1940. Pour prouver l'improuvable, un faux appel fut fabriqué de toutes pièces, ainsi que de faux numéros de L'Humanité clandestine.
Las! L'appel qui devait faire pièce à celui de De Gaulle ne collait pas très bien : même en mentant beaucoup et avec assurance, ce n'était pas très facile de falsifier à ce point l' Histoire ...
Un jour pourtant, il faudra que cette époque honteuse soit inscrite dans les livres d'Histoire de nos enfants. Et il serait bon, alors, qu'en première page soit reproduite cette déclaration ahurissante de L'Humanité clandestine du 15 mai 1940 (clandestine sous le gouvernement français), au moment même où les armées allemandes déferlaient sur la France: « Quand deux gangsters se battent entre eux, les honnêtes gens n'ont pas à secourir l'un d'entre eux sous prétexte que l'autre lui a porté un coup irrégulier. »
Si l'attaque de l'URSS par l'Allemagne nazie changea du tout au tout la conduite des communistes, ils eurent surtout l'impérative nécessité de tenter de camoufler leur conduite pendant près de deux années. Ils faussaient totalement l'histoire et à la libération, ils racontèrent «des histoires». Ils devinrent les plus grands menteurs et les seuls vrais révisionnistes.
Ils échouèrent en partie mais réussirent à intoxiquer assez « d'idiots utiles » pour que leur « légende utopique » surnage encore aujourd'hui.
Roger Holeindre National Hebdo du 9 au 15 décembre 1999

Août 1939-juin 1941, l'appel de Cachin : les attentats anti-allemands sont condamnés
Le 18 juin 1940 (mais oui, cela ne s'invente pas), Maurice Tréand, Denise Ginollin et Suzanne Schrod, envoyés spéciaux du PC clandestin puisque dissous officiellement par le gouvernement Daladier - se présentent chez le lieutenant Weber, munis de laissez-passer de la Propagandastaffel. Ce lieutenant allemand est chargé des affaires de presse dans la France occupée. Les envoyés spéciaux, tous membres du Comité central, viennent demander à cet organisme nazi de censure l'autorisation de faire reparaître L'Humanité. Par un autre circuit, certainement celui de Jean Catelas, lui aussi membre du Comité central clandestin, les Allemands ont reçu une demande de reparution signée Jacques Duclos.
Les Allemands semblent, a priori, disposés à accepter la reparution du journal, au vu des maquettes et de la ligne politique proposée. Mais la police française, la police de Vichy, arrête les envoyés spéciaux qui seront libérés sept jours plus tard sur ordre des services allemands.
A peine dehors, les communistes relancent les discussions. Celles-ci échouent car, à Vichy, Doriot s'agite comme un beau diable et obtient gain de cause. L'Humanité pro-allemande ne reparaîtra pas officiellement.
Le gouvernement du maréchal , Pétain a rendu, ce jour-là, involontairement un fieffé service aux hommes de Moscou !
Duclos pensait que les Allemands, maintenant alliés des Soviétiques, donneraient l'autorisation tant attendue. C'est une grande déception pour le parti clandestin.
Car la vérité jamais écrite par aucun « spécialiste » est que les communistes voulaient surtout mettre en place un autre gouvernement dirigé par eux avec l'accord de l'Allemagne nazie et l'aide de l'URSS.
La direction clandestine, bien cachée et bien nourrie dans une cave aménagée de banlieue (cave où elle « fera » toute la guerre ...) ne comprend pas!
Le PC, clandestin contre sont gré !
L'Humanité clandestine du 13 juillet 1940 ne publiait-elle pas encore: « Les conversations amicales entre travailleurs parisiens et soldats allemands se multiplient. Nous en sommes très heureux. Apprenons à nous connaître. »
Devant si peu de reconnaissance et de récompense de la part de l'occupant nazi, cette même direction, qui n'est, à l'époque, traquée que par la police française, donne une directive suicidaire. Elle exige que tous ses députés et tous ses responsables qui ne sont pas internés pour trahison - depuis la dissolution du 25 septembre 1939 - réintègrent leurs mairies et leurs permanences.
De leur côté, des centaines de députés et hauts cadres communistes arrêtés et internés par la République française restent emprisonnés sous la responsabilité de l'Etat français. Obéissant aux ordres, beaucoup de responsables communistes reprendront contact avec leurs électeurs ou avec leurs militants.
Pour que la trahison soit complète et dans l'espoir d'une prise de pouvoir à la botte des nazis alliés de Moscou, de sa prison, Marcel Cachin écrira même une lettre de vingt pages pour expliquer la politique du PCF et condamner les attentats contre les soldats allemands.
Cela permet aux nazis de le libérer et d'utiliser une partie de sa lettre pour faire une affiche « collaborationniste ». Lui aussi, mais il est vrai qu'il est très âgé, fera la guerre, planqué dans la cave d'un pavillon de banlieue. En août 1944, il reprendra sa place de directeur de L'Humanité, sans pour autant que cela ne fasse de vagues dans la rédaction ....
La dissolution du PCF par Daladier et l'emprisonnement de nombreux élus et cadres communistes a créé une situation difficile pour le parti. Clandestin, mais désirant ne plus l'être, il fait de la corde raide, espérant toujours une intervention favorable de Moscou.
Députés communistes, témoins à charge?
Le 19 décembre 1940, François Billoux, sur ordre de la direction clandestine du parti, écrivait au maréchal Pétain à Vichy et demandait, au nom de tous les députés communistes emprisonnés, de pouvoir se présenter comme témoin à charge au procès de Riom, pour y dénoncer la guerre faite à Hitler, les impérialistes anglais et leurs complices français, Blum en tête... ..
Et il terminait sa lettre par : « Veuillez agréer, Monsieur le Maréchal, l'assurance de ma haute considération. »
Là aussi, le refus circonstanciel de Vichy fut, pour la suite, une sacrée aubaine pour la légende communiste!
Durant des mois, toutes les actions anti-allemandes furent interdites par la direction clandestine du parti. Elles furent dénoncées comme provocatrices, y compris les inscriptions sur les murs. Des groupes OS (Organisation spéciale) et des groupes TP (Travail particulier) étaient chargés, aux ordres directs des politiques, de liquider les « provocateurs ». Furent abattus ainsi plusieurs responsables locaux qui avaient commencé la lutte contre l'occupant. Ce fut entre autres le cas de Désiré, jeune dirigeant de Seine-Maritime. Le « maquisard » Georges Guingouin, qui ne fit pas dans la dentelle par la suite, faillit subir le même sort en 1941.
Continuant sur sa lancée, la direction clandestine - rappelons qu'elle est clandestine du fait de la dissolution du PCF par le gouvernement légal, le 25 septembre 1939 pour haute trahison - continue à forger son utopie et publie en septembre 1940 ce communiqué qui en dit long:
« L'URSS de Lénine et de Staline, pays du socialisme et espoir des travailleurs du monde, est le rempart de la paix comme elle vient de le montrer, une fois de plus, en réglant pacifiquement avec la Roumanie la question de la Bessarabie et de la Bukovine du Nord. En défendant le pacte germano-soviétique, en août 1939, nous avons opposé à la politique des fauteurs de guerre, la politique stalinienne de paix et aujourd'hui, nous avons conscience de servir la cause de la paix et de l'indépendance de notre pays en demandant la conclusion d'un pacte d'amitié franco-soviétique. »
Le 4 octobre 1939, Thorez déserte et rejoint Moscou en traversant l'Allemagne nazie.
A la même époque, largement diffusé et surtout axé contre Vichy, mais pas contre les nazis, sur deux pages complètes, imprimé impeccablement, paraît l'appel intitulé Peuple de France qui se veut le programme d'un soi-disant « gouvernement du peuple au service du peuple » mais surtout au service des nazis pour complaire à Moscou et au génial petit père des peuples Joseph Staline qui avait officiellement félicité Hitler quand ses troupes étaient entrés dans Paris.
En juin 1941, quand l'Allemagne se retourna brusquement contre l'URSS les communistes dits Français firent un demi-tour à 180°, prêchèrent la résistance à mort contre les nazis qui étaient cependant les mêmes, quelques jours avant...
Alors, il fallut remettre de l'ordre à tous les échelons. Il fallait tenter d'effacer tout ce qui avait été fait et dit pendant les vingt-deux mois de lune de miel Hitler-Staline. Toute honte bue, les « historiens » du PC inventèrent totalement une imaginaire vie du PCF pendant ces mois fatidiques qui, sans Vichy, auraient été mortels pour le parti de M. Thorez ... M. Hue ne serait certainement pas là aujourd'hui...
A entendre ces messieurs, le général De Gaulle n' aurait pas été le seul à engager la résistance contre l'occupant. Le PCF aurait appelé aux armes dès le 10 juillet 1940. Pour prouver l'improuvable, un faux appel fut fabriqué de toutes pièces, ainsi que de faux numéros de L'Humanité clandestine.
Las! L'appel qui devait faire pièce à celui de De Gaulle ne collait pas très bien : même en mentant beaucoup et avec assurance, ce n'était pas très facile de falsifier à ce point l' Histoire ...
Un jour pourtant, il faudra que cette époque honteuse soit inscrite dans les livres d'Histoire de nos enfants. Et il serait bon, alors, qu'en première page soit reproduite cette déclaration ahurissante de L'Humanité clandestine du 15 mai 1940 (clandestine sous le gouvernement français), au moment même où les armées allemandes déferlaient sur la France: « Quand deux gangsters se battent entre eux, les honnêtes gens n'ont pas à secourir l'un d'entre eux sous prétexte que l'autre lui a porté un coup irrégulier. »
Si l'attaque de l'URSS par l'Allemagne nazie changea du tout au tout la conduite des communistes, ils eurent surtout l'impérative nécessité de tenter de camoufler leur conduite pendant près de deux années. Ils faussaient totalement l'histoire et à la libération, ils racontèrent «des histoires». Ils devinrent les plus grands menteurs et les seuls vrais révisionnistes.
Ils échouèrent en partie mais réussirent à intoxiquer assez « d'idiots utiles » pour que leur « légende utopique » surnage encore aujourd'hui.
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Re: Communisme:le devoir de mémoire
De Staline à Marchais et Hue
L'histoire réécrite et corrigée par les communistes
Les années dites de la libération furent, consacrées par les hommes de Moscou à une refonte complète de la réalité des années passées. Rien n'était trop «gros» . pour les «patriotes» qui n'avaient qu'une seule idée en tête, faire oublier leurs années de trahison et les dizaines de milliers de morts dont ils étaient responsables; soit du temps ou ils collaboraient, soit du temps de la résistance où ils n'obéirent que quand cela les arrangeaient aux ordres de Londres, déclenchant par-ci, par-là des attaques incertaines ou des assassinats qui n'avaient qu'un but: attirer les représailles des Allemands selon le cycle marxiste, action-répression... !
Le parti avait besoin de martyrs pour faire oublier ses turpitudes et pour cela il était prêt à tout avec un froid et cynique calcul politicard. Sa propagande, un modèle du genre, correspondait déjà à celle qu'emploient aujourd'hui les « Enfants de Goebbels et du KGB ».
Comme cela arrangeait aussi les « gaullistes » c'était la célébration continuelle de la Résistance ... de l'esprit de la Résistance dans un accord parfait de soit-disant union nationale puisqu'en fin de compte les Français se réveillaient tous résistants !
Les occupants allemands n'étaient présentés que comme des brutes sanguinaires mais parfois aussi, tant les exploits de ceux qui les avaient harcelés jour et nuit pendant cinq ans étaient fantastiques, comme de gros nigauds, obtus, ignares, et... complètement cons !
Vu que le nombre des résistants déclarés augmentait de jour en jour et que leurs exploits frisaient de plus en plus l'héroïsme pur et l'abnégation totale, certains, dans le bon peuple, commençaient à se demander comment « ces boches » avaient fait pour rester si longtemps chez nous !
Il fallait néanmoins de plus en plus de propagande car la terreur médiatique ne régnait pas encore et l'on parlait beaucoup dans les bistros, les auberges de village et le soir à la veillée, tradition paysanne que la télévision n'avait pas encore tuée. Parmi les millions de Français prisonniers, déportés, déportés du travail ou volontaires qui étaient rentrés, un grand nombre savaient exactement à quoi s'en tenir vis-à-vis des Russes.
Les journaux de l'époque faisaient quand même, à contre-cœur souvent, une petite place à des récits hallucinants où des hommes et des femmes racontaient leur « libération » par les hordes asiatiques ...
Nombreux furent ceux qui narraient ce que leur avaient appris des compagnons de misère russes sur la vie au paradis des Soviets.
Malgré l'obstruction verbale puis physique des communistes ceux qui voulurent savoir, surent.
Puis le silence tomba, pesant, menaçant. Comme par hasard, de nombreux témoins perdirent la mémoire.
Churchill, lui, n'hésitait pas à dire à haute et intelligible voix qu'en tuant Adolphe au lieu de Joseph ... on « avait tué le mauvais cochon » et dans une revue anglaise il écrivait :
« Depuis la révolution, la Russie n'a jamais su ce qu'était un syndicat libre et indépendant.
Ce sont les Soviétiques qui, les premiers au monde, ont mis au point les camps de concentration.
Pour arriver à leur fin les Soviets n'ont su que piller, saccager, tuer. De 1932 à 1933 en Ukraine ils firent périrent sciemment de faim cinq millions de paysans. Au temps des tsars il y avait dix exécutions annuelles. Avec les Soviels de 1918 à 1919, il y en eu 1 000 par mois. De 1937 à 1938 sous la terreur stalinienne 40 000 par mois ».
Mais le 5 mars 1953 une chape de plomb fige la planète entière ...
Staline est mort!
Alors là, c'est l'apothéose, le grandiloquent, le démesuré ...
Dans France Nouvelle, hebdomadaire du parti communiste français on peut lire sur toute la première page :
« Le cœur de Staline, l'illustre compagnon d'armes et le prestigieux continuateur de Lénine, le chef, l'ami et le frère de tous les travailleurs de tous les pays, a cessé de battre.
Mais le stalinisme vit, il est immortel.
Le nom sublime du maître génial du communisme mondial resplendira d'une flamboyante clarté à travers les siècles et sera toujours prononcé avec amour par l'humanité reconnaissante.
A Staline a tout jamais nous resterons fidèles.
Les communistes s'efforceront de mériter par leur dévouement inlassable à la cause sacrée de la classe ouvrière, du peuple, de la démocratie et du socialisme, de la souveraineté, de l'indépendance nationale el de la paix, le titre d'honneur de stalinien, gloire éternelle au grand Staline.
Sous le drapeau invincible de Staline nous ferons une France libre, forte et heureuse. »
Fermez le banc !
Bien sûr Maurice Thorez qui pleure à chaudes larmes y va de son couplet.
« Staline c'était le père des peuples ... Il incarnait tout ce qu'il y a de meilleur dans le prolétariat international, la confiance inébranlable dans la victoire du socialisme, un talent d'organisation (sic) qui savait unir la pensée à l'action, la vigilance révolutionnaire et la lutte implacable contre tous les ennemis du peuple ».
Pendant des semaines et des mois dans tous les pays du monde, aidés par tous les idiots utiles et les traîtres, les communistes encenseront le petit père des peuples, le guide génial et humain de la classe ouvrière alors que ses crimes sont en grande partie connus. Et ses crimes ne sont pas des crimes de guerre mais des crimes contre l'humanité car les millions d'hommes, de femmes et d'enfants qu'il a fait exterminer ne sont pas morts de la guerre contre les Allemands mais du seul fait qu'il avait donné ordre à ses troupes de répression de les tuer... de les exterminer!
Au moment même de sa mort il s'apprêtait à faire de même avec la communauté juive de Russie.
Mais déjà, au début de la guerre et pour affermir son entente avec Hitler il lui avait livré des dizaines de milliers de juifs polonais. Ceux qui avaient cru pouvoir se réfugier en territoire conquis par l'armée rouge furent ramenés manu militari par le sinistre NKVD à la Gestapo.
Par la suite il en sera de même des communistes allemands réfugiés en URSS : tous seront livrés à la frontière à la police allemande.
C'est pourquoi Markus Wolf, chet espion est-allemand et soviétique, pourra déclarer... « Staline a tué plus de communistes que Hitler ».
Il faudrait écrire l'équivalent de vingt bottins téléphoniques pour raconter en détail toutes les turpitudes des communistes français et de leurs valets. Dès 1957 ils savaient tout, officiellement, sur les crimes de Staline puisque le rapport Khrouchtchev fut remis à la délégation française au XXe congrès du parti communiste de l'URSS.
Cette délégation était conduite par le camarade Thorez, mais dès 1956, en réunions secrètes le comité central en avait débattu.
Les bandes magnétiques de ces séances récupérées par la direction du PCF, ont, comme de bien entendu ... disparues...
Ce n'est qu'en 1977 que Marchais contraint et forcé, reconnaîtra les faits. Quelque temps avant, il avait encore essayé de falsifier son passé de collabo et de travailleur volontaire dans les usines d'aviation du Reich, dès 1940.
Dans les années 70 il eut le toupet de faire publier sa biographie dans le Who's Who, en la payant bien sûr. « Marchais Georges, René, Louis, mécanicien ajusteur à la Société nouvelle de constructions aéronautiques du centre (SNECMA) déporté du travail en Allemagne (1942), évadé (1943) »
C'est-à-dire que Marchais travaillait dans les années 42/43 dans une société qui ne fut créée qu'en 1945 lors de la nationalisation des usines Gnôme et Rhône accusées de collaboration économique. Marchais travaillait librement, et grassement payé, dans une usine AGO, filiale du trust allemand AEG, qui était un des rouages essentiels de la machine de guerre allemande et ces usines, classées « Rüstung », n'envoyaient leurs ouvriers en Allemagne que s'ils étaient volontaires, de haute qualité, et avec des primes conséquentes.
Ce triste individu, aux pitreries affligeantes eu même le culot de déclarer: « Ceux qui ont, hier. livré leur âme à Hitler (sic) sont prêts aujourd'hui à brader la France à Reagan ».
Et tout cela sans aucune véritable réaction de la presse dite libre, indépendante, démocratique et républicaine ... Faudra-t-il rappeler encore et encore qu'entre 1950 et 1990 le PCF a reçu cinquante millions de dollars US de dons (archives du KGB). Rien que pour 1974, 2 250 000 dollars arrivent dans les services clandestins du PCF (archives du KGB). En 1988 pour les élections présidentielles, Georges Marchais en personne envoie Gaston Plissonnier à Moscou demander dix millions de francs lourds en plus de la dotation « normale» annuelle.
C'est le Politburo lui-même qui décide de l'attribution de cette somme supplémentaire ... et accorde gratuitement pour la propagande du PCF 1 300 tonnes de papier journal, livraisons étalées sur 1987 et 1988.
En 1989 le total du papier journal offert gratuitement est de 4 058 tonnes.
A cette époque, y avait encore en URSS (archives du KGB 1980) : 1 976 camps de concentration, 273 prisons pleines à rabord et 85 prisons psychiatriques.
Puis ce fut l'arrivée du « nain de jardin » tout neuf, tout beau, tout honnête, chevalier blanc du communisme rénové, sans peur et sans reproches ... qui réussit même à obtenir de M. Chirac, qui n'en rate pas une, que tout comme son beau-père, les volontaires marxistes des Brigades internationales, dont les exploits pendant la guerre civile espagnole ne sont plus à démontrer, obtiennent la carte du combattant. Ce qui fut fait ! Deux question pourtant se posent :
1) La guerre civile espagnole faisait rage avant la guerre de 1939 ... pourquoi donc ces hommes n'ont-ils pas combattu dans l'armée française de 1940 ? Où étaient-ils ?
2) Les Brigades internationales et les rouges d'Espagne étaient directement aux ordres de Staline.
S'ils avaient gagné : un gouvernement stalinien des plus purs aurait été installé à Madrid !
Qu'aurait fait ce gouvernement ? La réponse est claire, il aurait pactisé avec les forces hitlériennes et aurait ouvert le passage aux divisions blindées allemandes vers Gibraltar et le Maroc ...
Chose que Franco a toujours refusé à Hitler alors que ce dernier l'avait puissamment aidé dans son combat...!
Tonton Chirac ... pourquoi tu tousses ?
Roger Holeindre Naional Hebdo du 16 au 22 décembre 1999
L'histoire réécrite et corrigée par les communistes
Les années dites de la libération furent, consacrées par les hommes de Moscou à une refonte complète de la réalité des années passées. Rien n'était trop «gros» . pour les «patriotes» qui n'avaient qu'une seule idée en tête, faire oublier leurs années de trahison et les dizaines de milliers de morts dont ils étaient responsables; soit du temps ou ils collaboraient, soit du temps de la résistance où ils n'obéirent que quand cela les arrangeaient aux ordres de Londres, déclenchant par-ci, par-là des attaques incertaines ou des assassinats qui n'avaient qu'un but: attirer les représailles des Allemands selon le cycle marxiste, action-répression... !
Le parti avait besoin de martyrs pour faire oublier ses turpitudes et pour cela il était prêt à tout avec un froid et cynique calcul politicard. Sa propagande, un modèle du genre, correspondait déjà à celle qu'emploient aujourd'hui les « Enfants de Goebbels et du KGB ».
Comme cela arrangeait aussi les « gaullistes » c'était la célébration continuelle de la Résistance ... de l'esprit de la Résistance dans un accord parfait de soit-disant union nationale puisqu'en fin de compte les Français se réveillaient tous résistants !
Les occupants allemands n'étaient présentés que comme des brutes sanguinaires mais parfois aussi, tant les exploits de ceux qui les avaient harcelés jour et nuit pendant cinq ans étaient fantastiques, comme de gros nigauds, obtus, ignares, et... complètement cons !
Vu que le nombre des résistants déclarés augmentait de jour en jour et que leurs exploits frisaient de plus en plus l'héroïsme pur et l'abnégation totale, certains, dans le bon peuple, commençaient à se demander comment « ces boches » avaient fait pour rester si longtemps chez nous !
Il fallait néanmoins de plus en plus de propagande car la terreur médiatique ne régnait pas encore et l'on parlait beaucoup dans les bistros, les auberges de village et le soir à la veillée, tradition paysanne que la télévision n'avait pas encore tuée. Parmi les millions de Français prisonniers, déportés, déportés du travail ou volontaires qui étaient rentrés, un grand nombre savaient exactement à quoi s'en tenir vis-à-vis des Russes.
Les journaux de l'époque faisaient quand même, à contre-cœur souvent, une petite place à des récits hallucinants où des hommes et des femmes racontaient leur « libération » par les hordes asiatiques ...
Nombreux furent ceux qui narraient ce que leur avaient appris des compagnons de misère russes sur la vie au paradis des Soviets.
Malgré l'obstruction verbale puis physique des communistes ceux qui voulurent savoir, surent.
Puis le silence tomba, pesant, menaçant. Comme par hasard, de nombreux témoins perdirent la mémoire.
Churchill, lui, n'hésitait pas à dire à haute et intelligible voix qu'en tuant Adolphe au lieu de Joseph ... on « avait tué le mauvais cochon » et dans une revue anglaise il écrivait :
« Depuis la révolution, la Russie n'a jamais su ce qu'était un syndicat libre et indépendant.
Ce sont les Soviétiques qui, les premiers au monde, ont mis au point les camps de concentration.
Pour arriver à leur fin les Soviets n'ont su que piller, saccager, tuer. De 1932 à 1933 en Ukraine ils firent périrent sciemment de faim cinq millions de paysans. Au temps des tsars il y avait dix exécutions annuelles. Avec les Soviels de 1918 à 1919, il y en eu 1 000 par mois. De 1937 à 1938 sous la terreur stalinienne 40 000 par mois ».
Mais le 5 mars 1953 une chape de plomb fige la planète entière ...
Staline est mort!
Alors là, c'est l'apothéose, le grandiloquent, le démesuré ...
Dans France Nouvelle, hebdomadaire du parti communiste français on peut lire sur toute la première page :
« Le cœur de Staline, l'illustre compagnon d'armes et le prestigieux continuateur de Lénine, le chef, l'ami et le frère de tous les travailleurs de tous les pays, a cessé de battre.
Mais le stalinisme vit, il est immortel.
Le nom sublime du maître génial du communisme mondial resplendira d'une flamboyante clarté à travers les siècles et sera toujours prononcé avec amour par l'humanité reconnaissante.
A Staline a tout jamais nous resterons fidèles.
Les communistes s'efforceront de mériter par leur dévouement inlassable à la cause sacrée de la classe ouvrière, du peuple, de la démocratie et du socialisme, de la souveraineté, de l'indépendance nationale el de la paix, le titre d'honneur de stalinien, gloire éternelle au grand Staline.
Sous le drapeau invincible de Staline nous ferons une France libre, forte et heureuse. »
Fermez le banc !
Bien sûr Maurice Thorez qui pleure à chaudes larmes y va de son couplet.
« Staline c'était le père des peuples ... Il incarnait tout ce qu'il y a de meilleur dans le prolétariat international, la confiance inébranlable dans la victoire du socialisme, un talent d'organisation (sic) qui savait unir la pensée à l'action, la vigilance révolutionnaire et la lutte implacable contre tous les ennemis du peuple ».
Pendant des semaines et des mois dans tous les pays du monde, aidés par tous les idiots utiles et les traîtres, les communistes encenseront le petit père des peuples, le guide génial et humain de la classe ouvrière alors que ses crimes sont en grande partie connus. Et ses crimes ne sont pas des crimes de guerre mais des crimes contre l'humanité car les millions d'hommes, de femmes et d'enfants qu'il a fait exterminer ne sont pas morts de la guerre contre les Allemands mais du seul fait qu'il avait donné ordre à ses troupes de répression de les tuer... de les exterminer!
Au moment même de sa mort il s'apprêtait à faire de même avec la communauté juive de Russie.
Mais déjà, au début de la guerre et pour affermir son entente avec Hitler il lui avait livré des dizaines de milliers de juifs polonais. Ceux qui avaient cru pouvoir se réfugier en territoire conquis par l'armée rouge furent ramenés manu militari par le sinistre NKVD à la Gestapo.
Par la suite il en sera de même des communistes allemands réfugiés en URSS : tous seront livrés à la frontière à la police allemande.
C'est pourquoi Markus Wolf, chet espion est-allemand et soviétique, pourra déclarer... « Staline a tué plus de communistes que Hitler ».
Il faudrait écrire l'équivalent de vingt bottins téléphoniques pour raconter en détail toutes les turpitudes des communistes français et de leurs valets. Dès 1957 ils savaient tout, officiellement, sur les crimes de Staline puisque le rapport Khrouchtchev fut remis à la délégation française au XXe congrès du parti communiste de l'URSS.
Cette délégation était conduite par le camarade Thorez, mais dès 1956, en réunions secrètes le comité central en avait débattu.
Les bandes magnétiques de ces séances récupérées par la direction du PCF, ont, comme de bien entendu ... disparues...
Ce n'est qu'en 1977 que Marchais contraint et forcé, reconnaîtra les faits. Quelque temps avant, il avait encore essayé de falsifier son passé de collabo et de travailleur volontaire dans les usines d'aviation du Reich, dès 1940.
Dans les années 70 il eut le toupet de faire publier sa biographie dans le Who's Who, en la payant bien sûr. « Marchais Georges, René, Louis, mécanicien ajusteur à la Société nouvelle de constructions aéronautiques du centre (SNECMA) déporté du travail en Allemagne (1942), évadé (1943) »
C'est-à-dire que Marchais travaillait dans les années 42/43 dans une société qui ne fut créée qu'en 1945 lors de la nationalisation des usines Gnôme et Rhône accusées de collaboration économique. Marchais travaillait librement, et grassement payé, dans une usine AGO, filiale du trust allemand AEG, qui était un des rouages essentiels de la machine de guerre allemande et ces usines, classées « Rüstung », n'envoyaient leurs ouvriers en Allemagne que s'ils étaient volontaires, de haute qualité, et avec des primes conséquentes.
Ce triste individu, aux pitreries affligeantes eu même le culot de déclarer: « Ceux qui ont, hier. livré leur âme à Hitler (sic) sont prêts aujourd'hui à brader la France à Reagan ».
Et tout cela sans aucune véritable réaction de la presse dite libre, indépendante, démocratique et républicaine ... Faudra-t-il rappeler encore et encore qu'entre 1950 et 1990 le PCF a reçu cinquante millions de dollars US de dons (archives du KGB). Rien que pour 1974, 2 250 000 dollars arrivent dans les services clandestins du PCF (archives du KGB). En 1988 pour les élections présidentielles, Georges Marchais en personne envoie Gaston Plissonnier à Moscou demander dix millions de francs lourds en plus de la dotation « normale» annuelle.
C'est le Politburo lui-même qui décide de l'attribution de cette somme supplémentaire ... et accorde gratuitement pour la propagande du PCF 1 300 tonnes de papier journal, livraisons étalées sur 1987 et 1988.
En 1989 le total du papier journal offert gratuitement est de 4 058 tonnes.
A cette époque, y avait encore en URSS (archives du KGB 1980) : 1 976 camps de concentration, 273 prisons pleines à rabord et 85 prisons psychiatriques.
Puis ce fut l'arrivée du « nain de jardin » tout neuf, tout beau, tout honnête, chevalier blanc du communisme rénové, sans peur et sans reproches ... qui réussit même à obtenir de M. Chirac, qui n'en rate pas une, que tout comme son beau-père, les volontaires marxistes des Brigades internationales, dont les exploits pendant la guerre civile espagnole ne sont plus à démontrer, obtiennent la carte du combattant. Ce qui fut fait ! Deux question pourtant se posent :
1) La guerre civile espagnole faisait rage avant la guerre de 1939 ... pourquoi donc ces hommes n'ont-ils pas combattu dans l'armée française de 1940 ? Où étaient-ils ?
2) Les Brigades internationales et les rouges d'Espagne étaient directement aux ordres de Staline.
S'ils avaient gagné : un gouvernement stalinien des plus purs aurait été installé à Madrid !
Qu'aurait fait ce gouvernement ? La réponse est claire, il aurait pactisé avec les forces hitlériennes et aurait ouvert le passage aux divisions blindées allemandes vers Gibraltar et le Maroc ...
Chose que Franco a toujours refusé à Hitler alors que ce dernier l'avait puissamment aidé dans son combat...!
Tonton Chirac ... pourquoi tu tousses ?
Roger Holeindre Naional Hebdo du 16 au 22 décembre 1999
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