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Publié : 01/12/2007 - 12:57
par Pat
suite et fin
... et couronnement de la pensee révolutionnaire
A ce titre il est le terme logique, le couronnement de toute la pensée révolutionnaire.
IL EST LA RÉVOLUTION PAR EXCELLENCE, sinon la forme suprême, présentement connue, de la Révolution.
Son prestige même tient à cela. Toute la civilisation moderne a travaillé et travaille encore pour lui. Là est le plus grand danger qu'il représente.
A quoi bon, après cela, s'en aller dire au marxiste: « Ton affaire ne tient pas » ? Dialogue de sourds ! Elle ne tient pas? Sans doute, mais seulement au regard de cette forme de pensée qu'il récuse et que la pensée moderne a commencé à saper bien avant qu'on ne parlât de lui. Or, cette pensée moderne, la récusons-nous comme nous le devrions? Ne sommes-nous donc pas plus incohérent que lui?
Son affaire ne tient pas? Mais il sait, lui, qu'elle tient, ou plutôt qu'elle est tenue, soutenue, préparée, justifiée par tout ce que les trois derniers siècles ont compté de plus célèbres penseurs et philosophes.
Son affaire ne tient pas? Mais, en fait, tout y a conduit et y conduit de ce que l'esprit moderne a conçu et conçoit encore.
Quelles leçons faudra-t-il que nous recevions pour nous décider à comprendre ce qu'est la Révolution, et comme il est vain d'en combattre les forces extrêmes si nous continuons à respecter les systèmes qui l'ont d'abord fait se glisser parmi nous?
Tant que nous ménagerons ces derniers, le marxisme ne manquera pas d'apparaître plus cohérent que nous.
Car il est vraiment le seul système cohérent dans l'incohérence, entendez : le seul système cohérent dès lors qu'on ne croit plus à l'intelligence, à l'ÊTRE, à la vérité (71 bis). Ce que d'autres (Kant, par exemple) posaient en principe, mais sans le développer en fait, le marxisme l'ordonne méthodiquement, ne craignant pas d'aller jusqu'au bout des conséquences.
Quoi d'étonnant à ce qu'un Lénine ait pensé qu'il ne peut y avoir qu'une contradiction vraiment irréductible : celle du catholicisme et du marxisme. Opposition entre la religion de Celui qui se dit l'Etre même, et le système dans lequel la notion d'être perd son sens (72).
Deux conséquences logiques de « l'esprit moderne » ...
L'Anarchie
... Dès qu'on refuse l'enseignement de cette Eglise qui, seule, continue à défendre l'objectivité de la connaissance intellectuelle et les justes capacités de la raison (73), deux attitudes restent logiquement possibles.
D'abord l'anarchie.
S'il n'y a pas de vérité, en effet, si le réel n'existe pas ou si ce réel est inconnaissable, si tout change, ou peut changer au gré du vouloir humain individuel ou collectif, s'il n'y a pas de bien et de mal, de beau et de laid, rien - absolument rien - ne peut légitimement..., rien ne doit déterminer (ou seulement tendre à déterminer) un comportement humain.
S'il n'y a pas de vérité, si le verbe « être » n'a réellement pas de sens, rien ne peut m'obliger à rien car il est matériellement impossible de savoir s'il est un ordre vrai, et donc un juste ordonnateur. Personne donc, n'a réellement le droit de me commander.
Rien n' EST que MOI, par la seule CONSCIENCE (74) que je possède de ce Moi.
« Ni Dieu ni maître ».
Moi seul!... Pratiquement, ce qui me plaît, mon caprice, mon plaisir.
Telle est la position de l'anarchiste.
On devine aisément à quoi elle tend et où elle aboutit.
On peut professer de tels principes. On ne peut pas les vivre absolument. Le résultat partiel, seul possible, est une déchéance morale et parfois physique, suffisamment évidente... Sinon: l'insociabilité pure et simple (75), l'impossibilité de donner un sens au moindre rapport humain.
On peut se dire anarchiste. On ne l'est jamais pleinement. On ne peut pas l'être, car il est pratiquement impossible d'être cohérent à ce degré .
... Ou le marxisme
Mais le marxisme n'est pas l'anarchie.
Il la déteste, même s'il lui arrive de recourir momentanément à son office destructeur (76).
L'anarchie est écartée et normalement combattue par le marxisme, parce qu'à ses yeux elle est essentiellement une impuissance, une stérilisation, une gaspilleuse de force.
Si,comme nous le citions plus haut. .. « rien n'étant vrai ni faux, bon ni mauvais, la règle (est) de se montrer efficace », on comprend qu'Albert Camus, dans l'ouvrage déjà cité (77), poursuive ainsi sa description du marxisme:
« Lénine ne croit qu'à la Révolution et à la vertu d'efficacité... La lutte contre la morale formelle inaugurée par Hegel et Marx se retrouve chez lui dans la critique des attitudes révolutionnaires inefficaces ... Si l'on prend les deux œuvres qui sont au début (78) et à la fin (79) de sa carrière d'agitateur, on est frappé de voir qu'il n'a cessé de lutter sans merci contre les formes sentimentales de l'action révolutionnaire. Il a voulu chasser la morale de la Révolution parce qu'il croyait, à juste titre, que le pouvoir révolutionnaire ne s'établit pas dans le respect des dix commandements ... Il a combattu, à la fois, le réformisme (80) coupable de détendre la force révolutionnaire et le terrorisme (anarchiste), attitude exemplaire et inefficace... »
Tel est le juste réflexe marxiste.
La lecture des œuvres d'un des derniers chefs de la Révolution (et non le moindre 1), Mao-Tse-toung, est fort instructive sur ce point. Beaucoup seront surpris d'y trouver (81) une critique sévère et fort pertinente, à l'occasion, de principes et de formules d'action peu goûtés de certains ennemis de la Révolution. Critique de l'égalitarisme et de l'ultra-démocratisme. Voire ... (et sur ce point beaucoup de contre-révolutionnaires auraient intérêt à méditer ces lignes-là) critique de ce que Mao appelle " l'aventurisme ", le « putchisme », « l'impétuosité révolutionnaire »; toutes les formes incohérentes, incoordonnées, impréparées, intempestives, du combat politique et social (82).
Un vrai marxiste a normalement horreur de cela !
Horreur de l'anarchie, comme telle, parce qu'elle disloque le faisceau toujours plus cohérent, toujours plus puissant de forces matérielles, qui est la raison d'être du marxisme.
A ce titre, ce dernier est organisateur, discipliné, disciplinaire, et ennemi de l'anarchie.
Conclusion
Dès lors qu'on a perdu le sens de l'ÊTRE, le sens de la vérité, mais qu'on a gardé un certain goût de la cohérence dynamique et qu'on se sent peu d'attrait pour le stérile repli sur soi ou l'intempestive agressivité de l'anarchiste, le marxisme ne peut pas ne pas être la grande tentation.
Il offre, si l'on peut dire, comme un ordre, ou plutôt une cohérence (83), dans ce refus de l'ÊTRE, dans cette non-croyance en une VÉRITÉ qui est un des caractères les plus évidents de notre temps.
Ainsi, le marxisme n'apparaît plus comme un principe, une cause; mais plutôt comme un résultat, une conséquence, un aboutissement: couronnement et synthèse de la subversion. Il réalise ce qui a été semé par toutes les puissances de désordre. Il est l'héritier principal de la Révolution (84) .
• La vérité de rien, la force de tout
Dynamique, mais sans référence à l'ÊTRE, telle est la civilisation moderne ! Et tel est le marxisme.
L'anarchie est croupissement ou exaspération inconsistante. Le marxisme, au contraire, est un culte du plus grand rendement, un culte de la toujours plus grande efficience matérielle.
Dès lors, qu'on ne croit plus au vrai ni au faux, au bien ni au mal, au beau ni au laid, le marxisme (contrairement à l'anarchie qui s'anéantit dans son individualisme forcené) présente la dangereuse séduction d'une interprétation « dynamique » de l'univers, une vision, prétendue complète, du monde.
Sa perversion, son caractère « intrinsèquement pervers » (85) tient àce que cette vision est radicalement faussée dans le principe même de son optique. Univers qui n'est plus vu, pensé, jugé en notions d'ÊTRE, en fonction de vérités à connaître, à respecter ou à servir, mais un univers vu, pensé, jugé en valeurs de FORCE, valeurs d'AcTION,valeurs d'EFFICIENCE, valeurs de MOUVEMENT, sans référence à une vérité quelconque. Univers où la notion d'être, la notion de vérité n'ont plus de sens, et où les notions de mouvement, de force, d'action, de transformation, de travail, apparaissent fondamentales, notions premières.
D'où cette observation: LE VRAI MARXISTE EST UN HOMME QUI NE CROIT A LA VÉRITÉ DE RIEN, MAIS QU'INTÉRESSENT UNIQUEMENT LA FORCE, LA TRANSFORMATION, LA MISE EN ŒUVRE DE TOUT .
• Le marxisme, inversion intellectuelle
C'est cette inversion intellectuelle, violence faite à la plus naturelle façon de penser et de considérer les choses, qui rend si difficile une juste compréhension du marxisme.
Et l'on pense à cette parole de l'Evangile: « La « lampe de ton corps, c'est l'œil. Si donc ton œil est sain, tout ton corps sera éclairé; mais si ton œil est en manvais état, tout ton corps sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien grandes seront les ténèbres ! » (86)
Optique radicalement vicieuse du marxisme, principe d'une lumière qui n'est que ténèbres.
Pour comprendre quel il est, une accoutumance est nécessaire. Une laborieuse étude, en effet, peut ne servir à rien si l'on ignore ce problème d'inversion visuelle, véritable clef du système. Combien n'ont rien compris, après s'être longtemps penchés cependant sur un grand nombre de documents, parce qu'ils les ont pensés, interprétés, critiqués, comme ayant une valeur « statique », une valeur d'ÊTRE, une valeur de VÉRITÉ, alors que leur véritable sens, leur véritable cohérence est d'un autre ordre: « dynamique », « DIAlLECTIQUE », mots qui pour beaucoup ne signifient rien ou presque.
Et c'est ce qui explique que nous ayons tenu à parler si longuement du marxisme avant même d'avoir donné sa définition philosophique. Pareille définition, en effet, risque d'être inutile si elle n'est pas précédée d'une sorte de préparation de l'esprit, d'accommodation dialectique de l'entendement.
C'est ce que nous avons essayé de faire. Désormais, le lecteur saisira mieux l'accentuation marxiste de formules ou termes auxquels il aurait eu tendance à donner le « sens commun », ce qui est l'erreur grossière, très fréquente pourtant, de la plupart de ceux qui se penchent sur le marxisme.
(71 bis) Le catholicisme: religion de l'être ! ... Ce qui ne veut pas dire, ainsi qu'on le verra plus loin, religion de l'immobilité, de l'intemporel, car c'est aussi la religion de l'histoire, la religion de l'événement de l'Incarnation, de sa préparation et de ses suites. En vérité la seule religion qui donne son sens à l'histoire.
(72) Cf. encore cette remarque d'Henri Lefèvre, dans son ouvrage: Le Marxisme, édit Bordas, « Seuls restent face à face, en France du moins, le christianisme (le catholicisme non contaminé par le libre examen individualiste protestant) et le marxisme. »
(73) Cf. notamment le Concile du Vatican, l'Encyclique Aeterni Patris, de Léon XIII; les textes de saint Pie X contre le modernisme ... Cf. l'Encyclique Humani Generis de Pie XII, la première encyclique de S. S. Jean XXIII, Ad Petri Cathedram.
(74) On comprend que le mot « conscience » soit le seul qui convienne ici. « Intelligence », en effet, ne saurait convenir, car une réelle intelligence de soi suppose une relative intelligence du monde extérieur, une relative intelligence des biens, des valeurs, des fins que l'ordre de ce monde impliquerait ou risquerait d'impliquer. Autant de choses qui prouveraient à l'anarchiste la fausseté de ses principes et de sa position par la mise en lumière de l'objectivité d'un monde extérieur. Seule cette objectivité permettrait à l'anarchiste de se penser INTELLIGEMMENT.
(75) On connaît le mot de Sartre: « l'Enfer, c'est les autres» (dans la pièce: Huis clos).
(76) Comme il advint, par exemple, au cours de la guerre d'Espagne, ou au début de la Révolution russe.
(77) L'Homme révolté, pp. 279, 280, 281.
(78) Que faire? - en 1902.
(79) L'Etat et la Révolution - en 1917.
(80) Il s'agit précisément de la réforme se proposant un but précis, objet même de cette réforme. « Pour le réformisme, la réforme est tout, a noté fort significativement Staline. Pour le révolutionnaire, au contraire c'est le travail révolutionnaire et non la réforme... C'est pourquoi... une réforme devient (pour lui) un instrument de renforcement de la Révolution, un point d'appui pour le développement continu du mouvement révolutionnaire ... » Des principes du léninisme, p. 100.
(81) Mao-Tsé-toung - Œuvres choisies, t. II, voir les pages 120 à 140, Editions Sociales, Paris,
(82) Nous avons montré, au début de notre étude « Pour une doctrine catholique de l'action politique et sociale » la leçon qu'on peut légitimement tirer de ces enseignements marxistes. Cf. Verbe, n°. 95 et 96.
(83) Le terme « cohérence » est préférable ici à celui d' « ordre ». Ce dernier, en effet, est trop riche en valeurs intellectuelles, trop objet d'intelligence, et, par là-même, trop statique, trop essentiellement métaphysique pour convenir au marxisme. Le mot « cohérence », plus flou, plus brut, s'adapte mieux, nous semble-t-il, au dynamisme anti-intellectualiste du marxisme.
(84) « Jules Monnerot explique le marxisme comme ce qui est venu combler le grand vide, la « fonction religieuse » inassouvie et qui demande à l'être. « TOUTES CHOSES ÉTANT ÉGALES, QU'EST-CE QUI COMPTE ENCORE? » Il en résulte un vide, mais il est intolérable, il faut tout faire pour en sortir ». (Jean de Fabrègues, La Révolution ou la Foi, p. 84, Desclées, éditeur, 1957).
Pour combler ce « vide intolérable » on ne trouvera plus que les valeurs d'action... et ce sera la dialectique marxiste-léniniste.
(85) Pie XI, Divini Redemptoris, 1937.
(86) Matih, V, l, 22.
90 ans de communisme : le cadavre pue encore
Publié : 01/12/2007 - 20:10
par Pat
1917-2007 : de Lénine à Poutine
DANS les années 70 de l'autre siècle, une chanson de Gilbert Bécaud connut un certain succès: "Nathalie". Nathalie était une guide de l'Intourist à Moscou. Donc obligatoirement affiliée au KGB. Ce que le chanteur ignorait peut-être mais, visitant Moscou, il vantait les charmes de son accompagnatrice qui « lui racontait en termes sobres/ La révolution d'Octobre ». A l'écouter maintenant (mais on ne l'entend plus guère), ce "tube" reste un magnifique exemple de désinformation.
Les temps ont changé ... Les illusions et les mensonges ont été balayés, on a maintenant tous les éléments en main pour comprendre et juger 1917 (et la suite) qui vit la Russie basculer dans le communisme.
LES CAUSES DE L'EFFONDREMENT DU TSARISME
Et, d'abord, pourquoi la victoire du bolchevisme ? Ce ne fut pas un simple changement de régime. Sans vouloir remonter le temps, le tsarisme avait déjà été fortement ébranlé par les événements de 1905, suite à sa défaite militaire face au Japon. Il avait ensuite perdu, avec l'assassinat du premier ministre Stolypine en 1911, le seul homme qui, en mêlant des réformes indispensables à une répression (qui paraît de nos jours bien modérée comparée à la suite), aurait pu sauver le régime. Enfin, il y eut la faute suprême du tsar Nicolas II qui, malgré les conseils de Raspoutine, engagea la Russie dans la Première Guerre mondiale. Ce qui entraîna, après des succès initiaux, des défaites massives et sanglantes, l'effondrement de l'économie - d'où l' impossibilité de ravitailler les grandes villes, dont Petrograd -, des mutineries, des manifestations, des révoltes.
UNE ATROCE GUERRE CIVILE
L'abdication du tsar était programmée. Pouvait lui succéder un régime républicain mais un fait changea tout. Ce fut, au printemps 1917, l'idée de génie des services allemands d'introduire Lénine en Russie pour y implanter le venin de la révolution. Le parti de Lénine n'avait pas les masses derrière lui. Mais il était composé de révolutionnaires professionnels, organisés, armés, bien commandés (par Trotski et autres) ayant noyauté les Soviets, formations spontanées. En novembre 1917, à Petrograd ils réussirent un "putsch" en balayant le gouvernement légal mais falot de Kerenski et en s'emparant du pouvoir. Profitant du chaos régnant, Lénine lança un programme démagogique satisfaisant le désir unanime des populations: la terre aux paysans, la liberté aux nationalités et surtout la paix immédiate avec l'Allemagne. Sa victoire fut complète lorsque, en janvier 1918, il fit disperser par la force l'Assemblée constituante élue régulièrement quelques semaines plus tôt mais où les bolcheviks étaient minoritaires.
Il lui restait à vaincre les réactions et oppositions armées qui, une fois les illusions dissipées, se développaient dans le pays. Ce fut la terrible guerre civile qui ravagea l'ex -empire russe de 1918 à 1921 et que, après Jean Bourdier et Marina Grey dans Les Armées Blanches (éd. Dualpha), raconte excellemment Dominique Venner dans Les Blancs et les Rouges (1), réédition enrichie et complétée d'un livre paru en 1997 et auquel je n'adresserai qu'une critique, visant plus l'éditeur que l'auteur: il n'y a pas une carte (il y en avait d'excellentes dans les manuels de Première) qui aurait permis de suivre sur le terrain les combats hélas mal coordonnés des Armées Blanches sous le commandement des généraux Denikine et Wrangel et de l'amiral Koltchak.
LE PREMIER TOTALITARISME DU XXe SIÈCLE
Dominique Venner, au-delà de sa sympathie pour ces forces qui auraient pu étouffer dans l' œuf le communisme naissant, après avoir décrit dans tous ses détails un conflit épouvantable qui fit au minimum dix millions de morts, tire dans le dernier chapitre des leçons critiques. Pas d'unité de commandement face à une armée rouge plus nombreuse dirigée de main de fer par Trotski et menant une « guerre totale », soutenue sur ses arrières par une police politique, la Tcheka, (créée par Lénine en décembre 1917) qui pratiquait une « terreur de masse ». Pas non plus pour les Blancs de chef et de programme politique (le tsar et sa famille ayant été assassinés sur l'ordre de Lénine) et la restauration de l'empire semblant impossible. Pas davantage de soutien extérieur, contrairement à ce que la propagande communiste nous serina durant de longues années mais de simples et brèves tentatives, les Alliés hésitant à s'engager dans une expédition internationale qui n'aurait pas été soutenue par les opinions publiques, pacifistes.
Peut-être, car l'histoire est complexe, aurait-on pu suivre le projet d'un général allemand, Hoffmann, qui conseillait de ne pas arrêter l'offensive des troupes allemandes en Russie, de ne pas signer la paix (Brest-Litovsk), d'aller jusqu'à Moscou. Suivi, ce plan (2) aurait inversé l'histoire.
Bref, Lénine et le parti bolchevik l'ont emporté. Mais, ce qui est encore plus lourd de conséquences qu'une victoire militaire c'est que, profitant des événements, ils réussirent à faire de la Russie « une table rase », écrasant au-delà des Blancs toutes les forces (rurales en particulier), se débarrassant par les incitations à l'émigration et à l'exil des cadres qui auraient pu leur résister. Exterminant le reste.
Les contemporains, sauf exceptions, n'ont pas compris ce qu'établit avec force détails le Dictionnaire du communisme (3) de Stéphane Courtois secondé par les meilleurs spécialistes. Le communisme léniniste est le premier totalitarisme du xxe siècle. Ses bases: une « unité idéologique, organisationnelle, stratégique ». Son projet: une révolution mondiale. Les temps ne sont pas si loin où, dans les manuels d'histoire français, on traitait sous le titre les « régimes totalitaires» l'Italie de Mussolini et l'Allemagne nationale socialiste; l'URSS de Lénine à Staline était étudiée à part, avec d'infinies nuances ... et une grande bienveillance.
UNE RÉVOLUTION JUIVE ?
Cette révolution mondiale, Lénine en rêva dès 1918 mais elle échoua en Allemagne (le spartakisme), en Pologne, dans les pays Baltes, en Finlande et surtout en Hongrie où avait sévi la dictature rouge de Bela Kun. Lénine en tira une conclusion provisoire : il mit fin par la NEP (Nouvelle Politique économique) au communisme de guerre, obtint la reconnaissance de son régime par les Occidentaux, utilisa habilement la compassion suscitée par l'horrible famine ravageant un pays dévasté, en ne refusant pas l'intervention humanitaire (déjà) des Etats-Unis qui, sous la direction du ministre Hoover, futur président, expédièrent des « secours massifs ».
Les Etats-Unis, il faut le rappeler, avaient déjà joué un certain rôle, notamment dans le financement des mouvements antitsaristes dont le mouvement bolchevik. C'est l'un des aspects de la chute du tsarisme qui est peu évoqué. Enférocés contre le régime impérial rendu responsable des persécutions antisémites (les pogroms), des banquiers juifs américains (Loeb, Schiff, Warburg ... ) avaient envoyé aux révolutionnaires des sommes considérables - que Lénine remboursa, d'après l'étude d'Aymeric Chauprade sur « Le grand jeu américain ».
Y eut -il dès 1917 une conjonction donnant naissance au 'judéo-bolchevisme" ? L'entrée "Juifs" du Dictionnaire du Communisme fait le point. Les juifs ne constituaient que 2 % des populations russes. Discriminés avant 1914, ils étaient plus nombreux dans les rangs des . SR (socialistes révolutionnaires) que chez les bolcheviks. Mais, sans doute reconnaissants à Lénine, d'ailleurs d'ascendance juive par l'un de ses grands-pères, d'avoir dès novembre 1917 supprimé leur statut et de les avoir émancipés, on les trouve rapidement "sur-représentés", et à des postes clés, dans le gouvernement bolchevik (Trotski, Kamenev, Zinoviev, Kaganovitch le bourreau de l'Ukraine, etc.) Ils sont une forte minorité dans le Comité Central des années 1920 du Parti Communiste de l'Union Soviétique (PCUS) et ils représentent dans les années 1930 le tiers du personnel du Komintern en raison de leur compétence en matière linguistique. A leur égard, la politique de Staline évolua. Création (qui fut un échec) d'une région autonome juive: le Birobidjan en 1934 ; apposition en 1932 du terme Juif sur leur passeport intérieur. Mais, « en raison de leur présence dans l'appareil d'Etat », ils furent visés lors de la Grande Terreur déclenchée en 1936-38 et ils auraient représenté en 1939« 16 % de la population du goulag ».
Conclusion? On l'empruntera à Dominique Venner: « Sans Lénine à Petrograd en 1917, pas de bolchevisme, pas d'URSS, pas de Staline et sans doute pas d'Hitler. »
VLADIMIR, EMULE DE JOSEPH
Les souvenirs de la guerre civile des années 1920 resurgissent lorsque, le 4 octobre 2005, les restes du général et dernier régent de Russie Denikine et de son épouse Xénia sont rapatriés des Etats-Unis et inhumés à Moscou dans le monastère Donskoï en présence de leur fùle, notre amie Marina Grey-Denikine (comtesse Chiappe à la ville) qui, deux jours plus tard, fut reçue au Kremlin par Vladimir Poutine en personne pour lequel la cérémonie marquait sa volonté de « réconciliation de la Russie avec son passé» (voir photo ci-dessous). Revenue en France Marina Grey s'éteignait le 16 novembre 2005.
Mais faut-il croire Poutine sur parole?
Comme le remarque Vladimir Federovski dans son livre Le Fantôme de Staline (4) qui part parfois dans tous les sens, « Staline, c'est ( ... ) un homme tragédie hors du temps, un Russe de tous les temps de la Russie. Comme Poutine. Quand le petit père des peuples parlait, il s'adressait à un "code mental" du pays qui unit la sainte Russie, vainqueur des Teutoniques et des Tartares, à l'URSS victorieuse des nazis, dans la religion de la puissance patriotique. Poutine a les mêmes codes ... Staline se considérait comme un grand Soviétique mais aussi comme l'héritier des tsars ( ... ) et sur ce plan, Poutine est presque pareil. » L'actuel maître du Kremlin a été formé par le KGB (qui a disparu mais au profit d'un clone, le FSB) où l'on enseignait le double ou triple langage, la dissimulation et en cas de besoin l'élimination des importuns. Comme l'opposant russe Litvinenko empoisonné (une très ancienne pratique !) à Londres ou la journaliste Anna Politkovskaïa assassinée à Moscou?
Ce qu'il Y a de plus inquiétant, c'est le retour de Staline dans le quotidien russe. Les témoignages abondent sur sa nouvelle popularité: statues, articles, fleurs et hommages. Poutine est de la partie, comme en témoignent ses propos du 22 juin 2007 à Novo-Ogarevo où il possède une résidence où il a reçu le mois dernier Nicolas Sarkozy. Concédant que, dans le passé de la Russie (communiste), « il y a eu de sombres pages» (comme celle de 1937), il corrige: mais « elles ne sont pas aussi nombreuses et moins terribles que celles inscrites dans l'histoire d'autres pays ». Tels, sous entendu, les Etats-Unis avec Hiroshima et le Vietnam. Et Poutine de conclure: «Nous n'autorisons personne à nous imposer un sentiment de culpabilité. »Le Staline qu'il salue, c'est le "généralissime" de 1941-45, celui de la guerre "patriotique" qui lui livra la moitié de l'Europe.
Le Généralissime est d'ailleurs le titre d'un livre d'un certain Vladimir Karpov qui connaît en Russie un grand succès et qu'a analysé la spécialiste Galia Ackerman dans le n° 30 (printemps 2007) d' Histoire et Liberté (4 avenue Benoît Frachon, 92023 Nanterre cedex). Staline y est montré comme le sauveur de la Russie contre Trotski qui, par ailleurs abominable personnage, n'aurait pas été le héros de la révolution ni le chef de l'Armée rouge encore célébré en Occident mais l'homme de main des banquiers sionistes français et américains ayant financé la révolution d'Octobre afin que la Russie tombât au pouvoir de la "juiverie". C'est Trotski le responsable du "génocide" qui a éliminé pendant la guerre civile les meilleurs de la nation russe et même les Cosaques et ce sont des trotskistes qui provoquèrent les millions de morts de la collectivisation en « sabotant la ligne modérée prônée par Staline ». Elucubrations? Peut-être, mais nombre de Russes y croient dur comme fer, et cela bien avant Poutine : en reportage en URSS lors de l'« année Lénine» (1970), Léonide Brejnev étant alors au pouvoir, Camille Galic y avait entendu le même discours.
Depuis qu'il a succédé à Boris Eltsine en 2000, accuse l'ancien diplomate Federovski qui s'est longtemps accommodé du régime communiste (il fut l'interprète de Brejnev), Poutine a implanté en Russie son système : « Contrôle croissant des media, développement du culte en faveur du président, espionnite aiguë. » Il a aussi mis la main sur l'économie (notamment le pétrole et le gaz) grâce à ses collaborateurs, ex-agents du KGB. Avec, comme d'habitude, le soutien de l'Eglise orthodoxe russe toujours aux ordres du pouvoir établi. L'orthodoxie est peut-être « le ciment national, même pour les athées », comme l'a plaidé le professeur Jean-Pierre Arrignon dans la NRH (2) mais elle sert avant tout la Russie « nouvelle citadelle assiégée» qui veut retrouver sa puissance mondiale.
Les législatives sont prévues le 2 décembre, la présidentielle l'an prochain. Les spécialistes en débattront et les analyseront. Sur le plan russe, Poutine a ses raisons. Les meilleures pour lui et son peuple. Mais nous ne sommes pas russes. Et nous ne voulons pas qu'une fois de plus, sur le passé et le présent de la Russie, on nous bourre le mou ...
Jean-Paul ANGELELLI. RIVAROL 23 novembre 2007
(1) Editions du Rocher, 525 pages, 22,5 €
(2) Lire le dossier« 1917, l'année fatale» de la Nouvelle Revue d'Histoire, n° de septembreoctobre 2007.
(3) 640 pages, 28 €. Editions Larousse. Dans cette série des "Dictionnaires", il vaut mieux éviter ceux sur« l'extrême droite» et la "décolonisation".
(4) 282 pages avec photos et annexes, 19,90 €. Editions du Rocher.
Publié : 03/12/2007 - 0:57
par Pat
Les listes noires du PCF
Le Parti communiste français a expérimenté, à son échelle, des méthodes politiques nouvelles: des listes noires de membres exclus.
Sous l'Occupation, cette violence est portée à son comble.
Le numéro d'ordre 89 inscrit sur la liste noire n° 2 publiée en décembre 1933 rend bien compte de l'esprit des documents établis par le Parti communiste français jusqu'à la Libération: «Exclu par la région orléanaise pour indélicatesse, escroquerie et attitude anticommuniste. Serait venu dans la région parisienne. Habiterait hôtel minier, chemin de Saint-Cloud à Meudon. Taille 1,65 m, très brun, boite fortement, jambe droite. Photo jointe. »
Entre 1933 et 1945, le PCF a ainsi publié 28 listes noires de «provocateurs, escrocs et traîtres chassés des organisations révolutionnaires de France ». A ces catégories on ajoute, selon les périodes, les qualificatifs «renégats », «trotskistes » ou « agents de la Gestapo ». Au total plus de 2300 noms de militants exclus.
Rédigées pour la plupart sous l'égide de Maurice Tréand, chargé de la commission des Cadres par le comité central, les listes noires sont des documents internes à l'appareil du parti, tirés à plusieurs centaines d'exemplaires, qui ont pour objectif d'informer les cadres communistes des ennemis potentiels infiltrés dans l'organisation ou des militants passés dans le camp adverse. Elles sont publiées en moyenne tous les six mois et donnent le nom, le prénom, la fonction dans le parti et parfois la photo, l'adresse du militant exclu. Il s'agit donc, jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, de signaler aux cadres des anciens miltants potentiellement « suspects ».
Les listes noires résultent de la stalinisation du mouvement communiste. En 1931, le PC a publié la brochure Une brochette d'agents provocateurs, dénonçant à la fois d'anciens communistes, des militants de gauche et des représentants de la puissance publique. L'opération aurait pu s'arrêter à ce stade. Mais, en 1932, Pierre Celor, secrétaire du parti, a été accusé par le comité exécutif de l'Internationale communiste d'être un policier infiltré.
Quelques mois plus tard, son nom est inscrit au milieu de 82 autres sur la première liste noire avec l'indication suivante: « Ex-membre du bureau politique. Exclu pour avoir dénoncé et livré à la police des camarades du PC. Pour avoir maintenu des provocateurs en fonction et les avoir soutenus. Exclu comme traître à la classe ouvrière. »
Durant les années 1930, sur les 1197 militants inscrits sur les listes noires, certains subissent parfois des insultes et quelques-uns souffrent d'intimidations physiques. Mais les listes noires viennent surtout montrer la volonté de contrôle du parti sur ses militants sur un plan tant politique que moral ou social.
Sous l'Occupation, le parti communiste est soumis à une répression sans précédent de Vichy comme des Allemands.
C'est dans ce contexte dramatique que Jacques Duclos, le numéro un du parti clandestin, demande de dresser une nouvelle liste noire, comme en témoigne cette lettre du 7 décembre 1942 adressée à un des responsables de la commission centrale des Cadres: « Notre ami Philibert [Pierre Brossard, alors responsable de la commission des Cadres] n'arrive pas à raccrocher Gaston [Venise Gosnat, son second]. Espérons qu'on finira par le trouver et ce serait utile car il a du travail sur la planche pour la préparation des listes noires. » La première des onze listes publiées sous l'Occupation paraît en janvier 1943 et compte 322 noms.
Ces listes, dans leur ensemble sont moins précises qu'avant guerre et elles font la part belle aux Parisiens (près de 80 % des militants inscrits). Les« donneurs », des communistes arrêtés qui ont parlé aux policiers, y sont particulièrement nombreux: 441 sur 1058 noms. Ces dénonciations exemplaires -le nom- i bre de « donneurs» étant en réalitél bien plus élevé - servent à véhiculer! la même consigne qu'avant guerre: face à la police, ordre est donné de se taire. A ceux qui, dans les rangs com-, munistes, invoquent la torture pour excuser les militants qui ont « craqué », la direction nationale rétorque qu'il « n'y a pas de place dans le parti pour de semblables manifestations de libéralisme pourri ».
Les militants ayant rompu à la suite du pacte germano-soviétique du 23 août 1939 et, parmi eux, ceux qui ont rejoint le Parti ouvrier et paysan français (POPF), fondé par d'anciens communistes et devenu pro-Vichy, figurent eux aussi en bonne place sur les listes noires.
Face aux « traîtres », le parti ne s'en tient plus à la seule exclusion. Avant même la parution des lis tes noires, ceux-ci deviennent une des cibles privilégiées des groupes armés communistes. Marcel Gitton, l'ancien numéro trois du parti et fondateur du POPF, est ainsi tué le 4 septembre 1941 par le détachement Valmy. Les« cadres spéciaux» qui composent ce bras armé de la commission des Cadres! portent des noms de villes comme pseudonymes. Ils forment un groupe à part que les policiers français appellent le « groupe punitif communo-terroriste » et les Allemands le « Parteijustiz ». Eux-mêmes se désignent, non sans fierté, comme «le Guépéou* du parti ».
A leur suite, les FTP (l'organisation de Résistance des Francs-Tireurs et partisans) poursuivent sans relâche, tout au long de l'Occupation, les «traîtres» au parti. Jean-Marie Clamamus, sénateurmaire communiste de Bobigny ayant rejoint le POPF et dont le nom figure sur la liste noire de janvier 1943, survit à quatre attentats, tandis que son fils, également inscrit sur liste noire, est sérieusement blessé le 28 avril 1942 avant d'être abattu par des FTP le 26 août 1944.
En région parisienne, 17 membres ou ex-membres du PC sont assassinés entre septembre 1941 et septembre 1944.
Les sanctions infligées aux « traîtres » paraissent d'autant plus légitimes aux militants que le parti n'a cessé d'exhiber l'acuité de son regard et la sûreté de son jugement. Fort de son infaillibilité autoproclamée, le parti ne peut être victime que de la faiblesse humaine, des fautes individuelles ou des agissements coupables commis par certains de ses membres.
Les listes noires possèdent une valeur éducative vis-à-vis des responsables communistes. Elles montrent aussi que le PCF, sans être au pouvoir, a réinvesti des moyens de persuasion à usage interne, héritage et conséquence de sa culture politique léniniste.
Sylvain Soulouque et Franck Liaigre • Doctorants L' HISTOIRE octobre 2007
Sylvain Boulouque, membre du comité de rédaction de la revue Communisme, achève un doctorat sur la Confédération générale du travail unitaire (1921-1936).
Franck Liaigre termine un doctorat sur les francs-tireurs et partisans et la lutte armée.
Ils font paraître ensemble aux éditions Calmann- Lévy en février 2008 Les Listes noires du Parti communiste, 1931-1945.
1. Celte histoire méconnue est retracée dans un livre tout juste paru de J.-M. Berlière et F. Liaigre, Liquider les traîtres. La face cachée du peF, 1941-1943, Robert Laffont, 2007.
Publié : 03/12/2007 - 1:05
par Pat
LEXIQUE
ANGKAR: « organisation ", noyau dirigeant du PC cambodgien, au Pouvoir de 1975 à 1976. Elle entretient, à travers l'image d'un pouvoir omniscient, caché, un climat de terreur.
BASES ROUGES : en Chine, premiers territoires contrôlés par le PC, à la fin des années 1920. Les atrocités qui y furent commises annonçaient celles du régime à venir.
DÉKOULAKISATION : le« koulak" est un paysan aisé que le régime soviétique s'est efforcé d'éliminer - c'est la « dékoulakisation ". Mais le mot a pu désigner tout « ennemi" du régime .
ENNEMI DU PEUPLE : déjà utilisée en France sous la Terreur, l'expression est introduite en URSS par le régime bolchevique, dès 1917, pour désigner toujours plus de catégories de la population.
GOULAG ; système concentrationnaire soviétique. Les premiers camps sont mis en place par Lénine en 1918 ; 1,8 million de personnes y ont trouvé la mort entre 1929 et 1953.
GRANDE TERREUR : lancée par Staline en juillet 1937, elle a conduit à l'exécution de 750000 personnes jugées « nuisibles ".
KHMERS ROUGES; les communistes cambodgiens menés par Pol Pot, au pouvoir de 1975 à 1979 et responsables de la disparition de 2 millions de gens.
PURGE : tous les partis communistes ont régulièrement épuré leurs cadres; exclusion, mais aussi, dans les régimes communistes, emprisonnement et exécution.
TCHEKA : police politique créée en 1917 par Lénine. Véritable État dans l'État, elle est l'ancêtre du Guépéou (1922), du NKVD (1934) et du KGB (1954).
Publié : 04/12/2007 - 15:39
par Pat
ENTRETIEN La France sous la censure rouge
Initiative.- Roland Gaucher, votre livre, Histoire secrète du parti communiste français, est paru depuis maintenant quatre mois. Pouvez-vous nous dire quel accueil il a trouvé auprès du public et de la critique?
Roland Gaucher.- Voilà deux choses bien différentes! Si vous voulez, parlons d'abord des lecteurs. Le résultat dépasse ce que je pouvais espérer. En dépit de son volume (700 pages) et de son prix (49 francs), l'Histoire secrète, après deux rééditions successives, atteint aujourd'hui quelque 20.000 exemplaires. En outre, un club du livre va le publier.
I.N.-- Donc succès. A quoi l'attribuez-vous ?
R.G.- D'abord aux tensions de la rentrée: la crise P.C.-P.S., le duel Ponia-Duclos, aujourd'hui l'éclipse de Marchais, ont été autant d'aiguillons. Sans parler des conditions de mon passage à « Ouvrez les guillements » à la T.V., le 21 octobre.
I.N.·-- Entre vous et Alain Duhamel du « Monde», ce fut certes une rude campagne.
. R.G.-- Oui, une sorte de pugilat verbal.
I.N.- « Le Monde» a écrit que vous aviez fait figure d'accusé.
R.G.- Je suis allé moi-même au-devant des accusations que deux cocos de service à « France-Culture » puis l'Humanité, en me traitant « d'hitlerien» le matin même de l'émission, avaient lancé contre moi.
I.N.- Avez-vous été surpris de cette attitude?
R.G.- Du tout. J'avais travaillé pendant cinq ans à mon livre. Je mesurais à quel point, par une écrasante accumulation de faits, de textes, de témoignages souvent inédits, il créait un danger pour le P.C.F. Je me disais aussi qu'ils avaient le choix entre deux tactiques: le boycott, ou l'insulte forcenée.
I.N.- à votre avis, en adoptant la deuxième méthode, quel objectif poursuivaient-ils?
R.G.- Me cueillir à froid, le matin même de l'émission, « m'agenouiller ». L'affreux anti-communiste cloué au pilori, au milieu de la bonne compagnie des Harris, Sédouy, Duhamel, Yvonne Marie-Chantal Baby, sous l' œil badin de Pivot, quel régal! Ces veaux ont du croire que j'allais « paniquer ». Échec total. Mais leur opération avait un second objectif.
I.N.- Lequel?
R.G.-- Intimider ceux qui seraient tentés de parler de moi. Là ils ont beaucoup mieux réussi. Déjà, l'émission « Ouvrez les guillemets » au lieu d'être une confrontation normale entre les thèses d'Harris et Sédouy et les miennes, s'est transformée en réquisitoire contre l'auteur Deux autres interviews prévues à la radio ont sauté, sous des prétextes peu convaincants.
A Domenech, rédacteur en chef du « Méridional» qui avait publié de larges extraits de mon livre, les cocos ont expédiés 20 types déchaînés qui ont envahi son bureau. Domenech en a vu d'autres. Il les a poliment éconduits. Mais c'est l'exception.
I.N.- Vous croyez?
R.G.-- Oui, la peur des communistes, jointe à une fieffée hypocrisie est largement répandue. Conséquence: on étouffe. Et là j'en viens au deuxième aspect de votre question: le comportement de la critique.
I.N.- Parlez-nous d'elle.
R.G.-- Exception faite de Duhamel qui a dû reconnaître, tout de même, que j'apportais beaucoup d'inédits, j'ai bénéficié, certes, d'excellents articles; Dominique Jamet ( L'Aurore), Gérard Badel (le Nouveau Journal), Claude Jacquemart (Valeurs actuelles, le Spectacle du Monde), Paul Dehème Arsenovic (La Tribune de Genève), Figuéras, Coston, etc. Je leur dois beaucoup. Mais tout un secteur important s'est transformé en banquise.
I.N.-· Par exemple?
R.G.- « Le Nouvel Obs », « L'Express », « Le Point », caractéristique : « L'Express» n'a pas soufflé mot de l'émission « Ouvrez les guillemets », où pourtant passent ses poulains Harris èt Sédouy : il aurait aussi fallu parler de moi! Silence. Mais la palme revient toutefois au « Figaro ».
I.N.- Pourquoi?
R.G.--- Ecoutez: ayant pris connaissance d'une critique élogieuse d'Harris et Sédouy, un lecteur écrit au « Figaro» : « et le livre de Gaucher? Est-il sur une « liste noire»? Noble réponse de Jean Martin-Chauffier: « liste noire? Ça n'existe pas. A preuve, nous préparons un article sur le livre de Gaucher ». J'espère que cette réponse vous paraît nette ...
I.N.- Elle l'est...
R.G.-- ... Mais fausse. Les semaines passent. Pas une ligne. Le lecteur têtu a réécrit. Re-réponse du Martin-Chauffier, à la demande, paraît-il de d'Ormesson soi-même. Et d'expliquer : « j'avais remis le livre à Claude Jannoud, seulement celui-ci l'a trouvé tellement médiocre, et d'un tel parti-pris, qu'il s'est refusé à en parler sans en dire tout le mal qu'il en pensait. »
I.N.-- Et pourquoi pas?
R.G.-· Eh ! Bien non. Martin-Chauffier, le cher ange, n'a pas voulu que je sois massacré par ce Jannoud. Il a décidé de ne rien publier. Dans « un esprit de sérénité» (sic). Voilà pourquoi le « Figaro» est muet. Par la faute de la sérénité. On se demande si Jean d'Ormesson est au courant de ces manigances.
I.N.- Vous n'exagérez pas un peu?
R.G.-- J'ai des lettres. Ecœuré par ma prose, le Jannoud aurait du jeter mon bouquin au panier. Pas du tout. Ce gros chafouin est venu m'interviewer une heure à « Minute ». Pourquoi ce dérangement inutile? Le comique de cette histoire, c'est que dans mon livre, je fais référence à une rubrique intitulée « Le Figaro révèle ce que l'Humanité refuse à ses lecteurs ». Michel Hamelet la dirigeait. En me traitant de médiocre et d'affreux partial, le pauvre Jannoud ne s'est même pas rendu compte qu'il assaisonnait son rédacteur en chef. Qui ne peut manquer d'en être ravI.
I.N. D'autres observations?
R.G.- Oui. A la T.V. je veux répondre à une lettre des enfants de Marcel Cachin, lue à l'émission précédente. Impossible. « Le Monde » refuse d'insérer ma réponse à une autre lettre de l'ex-prêtre ouvrier Henri Barreau. On devrait créer un ordre pour ces gens: celui de la censure occulte.
I.N.- Cette censure exercée par les intellectuels de gauche et dénoncée par Georges Suffert...
R.G.- A juste titre. Mais « Le Point », son journal, l'exerce à mes dépens. Notez que mon cas est loin d'être exceptionnel. La remarquable Sociologie de la révolution de Monnerot a été « silenciée» par " Le Monde " qui commente n'importe quel caca débondé par un poète poldève. Même boycott féroce pour Mon après-guerre de Brigneau, pour les livres de Rebatet. Le système est tellement entré dans les mœurs que certains petits cercles ou feuilles de droite, rancis dans l'aigreur, l'appliquent spontanément.
I.N.- Que pensez-vous du livre de vos concurrents Harris et Sédouy?
R.G.- Pivot, admiratif, le comparait à Voyage au centre de la Terre. Restons dans Jules Verne: je penserais plutôt à Cinq semaines en ballon.
I.N.- Parlant de votre chapitre sur les finances du P.C.F., Sédouy vous reprochait de faire à la fois les questions et les réponses.
R.G.- Ça ne risque pas de lui arriver. Lui, sur ce sujet, ne pose, ne se pose, l'innocent, aucune question. Raymond Aron, a bien montré que les deux compères parlaient de tout, sauf de l'essentiel.
I.N.- Si on vous proposait un débat avec eux, accepteriez-vous?
R.G.- Quand ils voudront. Ils ne voudront pas.
I.N.- Voyez-vous un autre débat possible?
R.G. Oui, avec les communistes. Celui-ci aura certainement lieu. Mais parce que j'ai chargé mes avocats, Yves-Frédéric Jaffré et Éric Delcroix d'assigner en diffamation « L'Humanité », « Le Monde» ainsi qu'Alain Guérin et Francis Crémieux de « France Culture ».
I.N.-· Où et quand cette rencontre?
R.G.- A la 17 ème chambre correctionnelle, le 29 mai.
initiative nationale mars 1975
Publié : 05/12/2007 - 19:04
par Pat
Le secret des succès communistes
La mort de Jacques Duclos méritait-elle tant d'attentions officielles, de salutations distinguées, de certificats de bonne conduite, de brevets de civisme voire de patriotisme? On peut en douter.
Certes, dans notre vieux pays, si profondément marqué par la civilisation chrétienne, la mort, comme une fête sainte, impose sa trève. Autour du lit funèbre les frères ennemis se réconcilient. Devant le tombeau de l'ennemi cessent les insultes et les défis. Cette minute de silence et de respect, à l'instant du grand voyage est même une des marques qui distingue nos mœurs des façons d'être et de faire des communistes. Chez eux, même tombé, l'adversaire reste chacal puant, la bête immonde dont on continue d'accabler la charogne. Ce sont eux qui ont pour habitude d'aller cracher sur les tombes.
Nous n'en demandions pas tant. Mais un demi siècle d'agitation anti-française, d'espionnage au profit de l'Union soviétique, de terrorisme, de lutte contre l'armée française, de sabotage économique, de pourrissement politique, de soutien inconditionnel à Staline, cela valait-il qu'on se découvre aussi religieusement sur le cortège?
Si je me permets de poser la question, et de la poser tout particulièrement à M. Poniatowski, c'est parce qu'elle nous met au cœur du problème N°1, à savoir : depuis la révolution d'octobre 1917, l'Internationale communiste nous a déclaré une guerre totale. Dans cette guerre, nous battons-nous? A regarder la marche du temps il paraît évident que nous nous battons peu et mal.
Et nous nous battons peu et mal parce que tout se passe comme si les classes dirigeantes et possédantes d'une société à laquelle le marxisme a déclaré depuis 1917 une guerre totale et sans merci refusaient de croire à la réalité de cette guerre, quelles que fussent les preuves aveuglantes de l'avance de l'ennemi et des victoires qu'il a remportées.
S'il en allait autrement, si le gouvernement avait conscience de la gravité du danger, si la majorité nationale (élue par un électorat à 95 % anti-communiste) croyait notre existence menacée par la dictature la plus sanglante et la plus implacable de l'histoire des hommes (Soljenitsyne dixit) on n'entendrait pas tant d'homélies autour du corps d'un des agents les plus pernicieux du bolchévisme français.
La télévision d'Etat a rappelé avec insistance que Jacques Duclos avait été à Verdun. Elle a oublié d'ajouter que cela ne l'a pas empêché de réclamer la mort de son chef, le maréchal Pétain. Elle n'a pas cru nécessaire d'informer les chers téléspectateurs que ce grand patriote n'avait pas été qu'à Verdun. Il avait également été à Szklarska Pouba, dans cette datcha polonaise, entourée de bouleaux et de policiers où en 1947 se créa le Kominform - c'est à dire l'organisation de l'internationale communiste adaptée aux réalités de l'après-guerre.
On a jeté un voile pudique et entouré d'une émouvante discrétion l'affaire des carnets de Duclos, ce cahier manuscrit saisi sur lui en 1952 et où il notait: « Nous travaillons à la défaite de l'Armée française au Vietnam, en Corée, en Tunisie ».
Et pour ne pas attrister davantage les camarades socialistes ni ajouter à leurs interrogations angoissées, on n'a pas cru devoir ressusciter les évènements de 1947 ... Cette séance dramatique à l'Assemblée où Duclos, l'index tendu vers le citoyen Ramadier (ex-premier ministre socialiste d'un gouvernement auquel les communistes avaient participé) criait: « Salaud! Chien couchant! »... Les grèves insurrectionnelles alors déclenchées trouvant leur expression la plus haute dans 97 sabotages de voies ferrées, avec comme conséquence finale la catastrophe du Paris-Lille: seize morts, trente blessés.
Ce bon papa gâteau de la sociale, avec son accent « ensoleillé où roulaient les cailloux des gaves pyrénéens» nul n'est venu raconter aux micros radio, ni aux écrans de la télé, qu'il avait été le chef des rabins, c'est à dire des correspondants agents de renseignements que le Parti communiste possède dans toute la France. Ni qu'il avait entretenu d'étroits rapports avec les espions soviétiques Bir (dit Fantomas), Strom, Trepper du « Rote Kapell ».
M. Marcel Jullian, le grand libéral, chez qui l'esprit souffle d'où qu'il vient, surtout s'il arrive de l'Est, il lui aurait suffi d'inviter notre ami Roland Gaucher, l'auteur de l'Histoire' secrète du Parti communiste (1) pour apprendre tout cela et le faire savoir aux téléspectateurs d'Antenne 2. Avec bien d'autres choses ...
Par exemple ...
Savez-vous que le débonnaire pépé Duclos fut l'un des chefs du MOI, un des organismes chargés des attentats - donc de l'exécution de tant d'otages innocents - Après 1941, évidemment. Car en 40, le grand résistant Duclos dénonçait dans les « Cahiers du bolchévisme» « les agents de de Gaulle qui veulent faire tuer des Français pour aider l'Angleterre dans sa lutte contre l'Allemagne».
Tandis qu'en 39, c'était pis encore: alors que son pays combattait le Reich, Duclos, le patriote Duclos, rencontrait clandestinement à Bruges des émissaires de Moscou alors allié à Berlin!
Tel fut l'homme dont les responsables de l'Etat bourgeois ont cru devoir saluer les mérites. Il fut un des grands valets de Staline. Un de ceux qui accepta, justifia, parfois réclama les purges, les procès truqués de l'inquisition rouge, toute la machinerie du Goulag. Or il est de bon ton de feindre devant celui-ci, et la dénonciation qu'en fit Soljenitsyne une réprobation horrifiée, que vienne à mourir un de ses complices et voici qu'on le porte en terre comme un preux chevalier.
Le temps d'un été et voici que les illusions s'envolent et les masquent tombent. Mitterrand, l'allié privilégié devient « sûr de lui et dominateur ». Les grèves que jusqu'alors les gauchistes excitaient, ce sont les communistes qui les durcissent. Malgré le peu d'enthousiasme des ouvriers, conscients d'être les victimes de la crise et de son exploitation politique, le nouveau slogan coco est « Il faut savoir ne pas finir une grève». L'appareil s'applique à saboter l'effort économique indispensable. Les affrontements physiques recommencent. Sur les ordres du P.C. l'antimilitarisme reprend avec constitution dans les casernes de soviets de soldats. Les lycéens sont mobilisés par des organisations communistes orthodoxes et non plus maoïstes ou trotskystes. Le parti de la main tendue redevient celui du poing dans la figure, comme au bon vieux temps des Gueules de vaches où l'on disait plaisamment: " Pour un œil deux yeux, pour une dent toute la gueule ".
Marchais le furieux ne cache plus ses objectifs: la destruction de la société capitaliste et libérale, la prise du pouvoir, la dictature du prolétariat. Il se réjouit que les Khmers rouges à Phnom Penh et les Nord-Vietnamiens dans le Sud aient montré au monde entier que l'Amérique était bien un tigre en papier, Il s'esclaffe quand dans le fracas des combats, quelques âmes candides s'interrogent sur la qualité du jury du prix Nobel: avait-il été bien inspiré en offrant à Le Duc Tho et Kissinger le prix de la Paix? Même si le résultat des élections portugaises n'est pas très bon, le secrétaire général du P.C. se console en songeant qu'en Pologne les communistes sont pratiquement inexistants et qu'ils gouvernent depuis 30 ans! A nouveau le communisme a le vent en poupe. Il repart à l'assaut, pour un nouveau bond en avant, partout en même temps, en Afrique (Ethiopie, Soudan, Mozambique, Angola, Tchad), en Asie Mineure (Aden, Golfe persique, Irak, Syrie), en Europe (Italie, Portugal, Grèce), en Amérique du Sud et même du Nord où la démocratie bafouille, cafouille, montre son impuissance et ses misères, partout oui, c'est la guerre, la guerre totale, philosophique, politique, économique, militaire, physique, un gigantesque corps à corps, implacable, au finish... ..
Il y a dans cette attitude des leaders de la majorité quelque chose qui échappe à l'analyse. Pourquoi agissent-ils ainsi? Par naïveté? (Ils en montrent si peu, dans leurs autres services, qu'on a peine à le croire). Par calcul, estimant qu'en cas de victoire marxiste on leur en saura gré demain de leur mesure d'aujourd'hui? (En ce cas, ils se font des illusions: l'histoire montrant que les révolutions n'épargnent jamais ceux qui les ont favorisés). Par lâcheté? Par faiblesse devant la mode intellectuelle et la puissance de l'appareil communiste? C'est possible. Mais il faut alors convenir que ces leaders de la majorité, même ceux que l'on trouve vilipendés à la une de « L'Humanité» sont les complices objectifs de l'agression et de la perversion marxiste, Ils sont les fourriers du malheurs. On n'invite pas des voleurs à sa table pour s'étonner ensuite que l'argenterie a disparu.
Je sais bien qu'il y a une autre explication. Il y a quelques mois encore elle courait la ville où la colportaient les esprits supérieurs, ceux qui ne croient qu'aux apparences et au superficiel. A en croire ces dragueurs de surface, le communisme avait changé de visage, d'âme, d'esprit, de méthodes, de techniques, de buts immédiats ou plus lointains. Les schismes (titiste, albanais, chinois), la disparition progressive des « chefs historiques », la complexité des problèmes posés par la société moderne, l'échec de l'économie socialiste, les possibilités offertes par le développement des techniques concourraient à modifier profondément la réalité communiste. La rose avait remplacé le couteau entre les dents. Désormais, on avait affaire à des démocrates conséquents, un peu plus musclés, certes, que les socialistes, mais pareillement respectueux des libertés républicaines. On pouvait dire: « Et Prague? Et Budapest? Et le mur de Berlin? Et l'affaire des juifs?» il avait suffi de l'opération « portes ouvertes» et que M. Marchais fasse chez Cardin l'emplette d'une cravatte pastel, pour que les lascars du style Alain de Sédouy (auteur d'une terrible « indomptable Hongrie»), se portent garants de la métamorphose. Comme dans Kafka, mais à rebours, le cancrelas était devenu Grégoire. Le bolcho ne ferait plus bobo.
Malheureusement pour les auteurs de feuilletons chez la portière, les faits sont têtus, comme disait le camarade Lénine.
Et c'est le moment que choisit le gouvernement français - où ni M. Chirac, ni M. Poniatowski, ni M. Lecanuet ne font pourtant figure d'alliés du communisme - pour pleurer le trépas du vieil agitprop et secouer l'encensoir autour du cercueil de cet implacable ennemi, responsable de tant de malheurs et de crimes, qu'il n'a mérité qu'une seule épitaphe sur son tombeau: « Ci-git Duclos qui n'aurait jamais dû mourir de sa belle mort ».
Dans cette démission et finalement cette connivence se trouve sans doute le secret des victoires du communisme, car il ne gagne, finalement, que parce qu'on empêche ceux qui y sont opposés de se battre contre lui.
(1) Un maître-livre, indispensable à tous les militants, Albin Michel ed.
François Brigneau : initiative nationale mai 1975
Publié : 06/12/2007 - 11:28
par Pat
La révolution communiste : Pierre Gaxotte
Après la révolution manquée de 1905, la grande occupation de Lénine à Genève et à Paris fut d'attendre que des circonstances favorables lui permissent de recommencer. Une guerre longue, sans victoires, faite de retraites sans gloire et d'offensives sans conséquences les lui fournit.
Le défaitisme fut le moteur de la révolution russe. Encore les mots d'ordre défaitistes ne réussirent-ils si bien dans le peuple que parce qu'ils couraient, depuis des mois, les classes aristocratiques et l'administration. La défaillance a commencé par en haut. La Russie fut abandonnée par son élite.
Au 1er janvier 1917, le parti communiste russe comptait 23.000 membres sur 120 millions d'habitants.
Le communisme est une stratégie pour prendre et garder le pouvoir. Il est politique, totalement, exclusivement politique. Le reste n'est que faux semblant, parade, attrape-nigaud.
Améliorer le sort de la classe ouvrière est le dernier souci des communistes. Au fond d'eux-mêmes, ils sont mêmes hostiles à cette amélioration qui, peut-être, leur ôterait des partisans et ils l'entravent de leur mieux en poussant aux catastrophes.
- Pourquoi se disent-ils parti ouvrier?
- Parce qu'ils ont choisi la classe ouvrière, comme instrument de leur révolution. - La raison de ce choix?
- Elle est double. A mesure que l'industrie s'étend, la classe ouvrière se grossit, tandis que le nombre des paysans diminue: enrégimenter la classe ouvrière, c'est donc mettre la main sur une armée qui recrute sans cesse de nouveaux effectifs. En second lieu, la classe ouvrière est la plus concentrée, donc la plus facile à émouvoir, à entraîner, à organiser.
Le marxisme repose sur trois ou quatre erreurs énormes et sur trois ou quatre prophéties que les faits ont démenties. Mais à qui l'a pratiqué et s'en est libéré (c'est le cas des chefs de la Russiê)',il. donne une excellente discipline: celle d'analyser avec soin la structure sociale du pays qui doit être attaqué, pour adapter à cette structure arguments, propagande, idéologie, action interne des cinquièmes colonnes. Cette analyse préparatoire explique pourquoi le communisme pénètre dans des pays, des groupes sociaux qu'une vue superficielle représentait comme imperméables.
Marx est infiniment plus nuancé, plus divers, que ses disciples ingénus ne le croient. Il est même plein de repentirs. « Ce qu'il y a de certain, disait-il à Lafargue, c'est que, moi je ne suis pas marxiste. » Et en 1890, Engels réagissait contre la vulgarisation dogmatique du matérialisme historique: « D'après la conception matérialiste de l'histoire, la production et la reproduction de la vie matérielle sont, e
n dernière instance, le moment déterminant dans l'histoire. Marx et moi n'avons jamais prétendu davantage. Lorsqu'on dénature cette proposition ainsi: le moment économique est le seul déterminant, on la transforme en une phrase vide de sens, abstraite, absurde. »
En dernière instance: il reste une belle marge. Et l'on doit encore discuter.
initiative nationale mai 1975
Publié : 06/12/2007 - 15:33
par Pat
Quand le communisme tue encore
Combien de rues ou d'avenues portent encore le nom de Lénine sans que cette apologie du dictateur qui aimait à répéter "pas de révolution sans bain de sang" ne choque nos âmes bien pensantes?
Dernier pays d'Europe occidentale infesté par la subversion marxiste, la France reste cette triste exception sur un continent qui a engagé depuis les années 90 sa décommunisation. Jamais un parti aussi peu influent électoralement (3,3 % à l'élection présidentielle de 2002) n'a autant pesé sur la société. Infiltré dans tous les rouages, ayant pris en otage l'Éducation nationale, la culture, l'économie, le communisme impose toujours sa détestable praxis sur une société, une classe politique qui semble envoûtée, fascinée et rétive à l'idée de voir disparaître une idéologie dont elle a par le passé partagé les folles utopies et cautionné les sanglantes pratiques.
Les complicités ...
Le communisme aurait dû depuis longtemps finir son criminel parcours dans les poubelles de l'histoire s'il n'y avait eu à chaque fois une main bienveillante pour le soutenir. On pense à Jacques Chirac, meilleur ami des derniers tyrans rouges de ce monde (le Chinois Ziang Zemin, le Zimbabwéen Mugabe), à cette droite courbe qui a toujours volé au secours du PC lorsqu'il était en difficulté, notamment contre des candidats du Front National, ou qui n'a jamais hésité à donner un coup de pouce financier à "L'Humanité". À ses ministres et élus UMP qui se pavanent à la fête du même nom (Xavier Bertrand, Hervé Novelli) où se côtoient défenseurs des clandestins et tout ce que ce pays peut compter de subversifs gauchistes. On pense également à cette étroite connivence entre le patronat - ce grand capital honni par les camarades mais qui sait leur venir en aide en injectant des fonds à l'instar de Bouygues ou TF1 dans le capital du journal communiste - et une idéologie qui se fondent aujourd'hui dans un conglomérat libéralo-marxiste dont l'ennemi commun reste les défenseurs des identités nationales.
Et c'est bien là, au cœur de cette mondialisation rampante, que se retrouvent les adversaires d'hier et se scelle l'union sacrée. Quelle serait l'audience de la fête de "L'Humanité" si elle ne bénéficiait pas de ce matraquage médiatique extraordinaire qui en fait un des événements politiques les plus médiatisés ? Quel serait l'avenir d'un Robert Hue, dynamité à l'élection présidentielle, si le ministre de l'Intérieur n'avait pas signé la déclaration d'utilité publique de la Fondation Gabriel Péri dont il vient d'être nommé président et dont la finalité demeure la promotion du communisme sous toutes ses 'formes ? Quelle serait l'influence des syndicats CGT et Sud au sein du monde du travail si l'État autorisait la création de syndicats réellement indépendants?
C'est bien parce que le PC s'est converti au mondialisme apatride et au concept d'une France pour tous, qu'il est digne d'appartenir aux formations détentrices des ''valeurs républicaines". Le prix politique à payer pour survivre et un pacte sordide et honteux pour la France, dernier pays où le communisme avec ses 200 millions de cadavres reste une idéologie respectable.
Éric Domard FDA octobre 2004 -
Ils ont osé le dire ...
.. "Je conviens sans nulle difficulté que la politique de l'État soviétique est conduite par un homme extraordinaire ( ... ) Staline est un homme de génie" (
Léon Blum, président du Conseil, socialiste) .
.. " Le drapeau rouge est porteur d'une très grande espérance" (
Michel Rocard, RTL, 30/05/1969).
.. " Sans le parti communiste, le parti socialiste s'expose à être infidèle" (
Jean-Pierre Chevènement).
.. " Staline n'est-il pas l'homme qui aura le plus fait pour tous les enfants du monde ? Nul homme ne sait plus fortement témoigner de la valeur qu'il attache à la personne humaine" (
Maurice Thorez, secrétaire général du Parti communiste).
.. " Pour être franc, il ne m'avait pas donné alors l'impression qu'il était un tyran" (
Jacques Chirac, au sujet du dirigeant communiste roumain Nicolae Ceausescu).
.. "Je n'ai qu'un ennemi: le fascisme"
(Jacques Chirac) .
.. "Nous nous situons clairement dans le prolongement de Marx"
(Robert Hue).
... il a eu le courage de le dire
.. "Jamais sans doute, dans l'histoire de l'humanité, une escroquerie intellectuelle n'aura été aussi patente que celle du communisme. Profitant sans vergogne de la misère du monde, exploitant les illusions et les désenchantements, les angoisses et les détresses, quelques idéologues bourgeois dénués de scrupules firent de l'aspiration légitime des hommes à un monde meilleur l'outil de leur malheur. Ils voulaient croire à un paradis sur terre. Ils aboutirent à un calvaire, ne trouvant au bout de leur chemin de croix que la misère, la pauvreté, le doute, l'esclavage et finalement la mort"
(Jean-Marie Le Pen).
FDA octobre 2004 -
Publié : 08/12/2007 - 21:54
par Pat
Comment le PC profite des comités d'entreprise
Un Comité d'établissement dans une grande entreprise comme Renault, EDF-GDF ou Air France, à partir du moment où ce comité d' entreprise est aux mains de la C.G.T. qu'est-ce que c'est? C'est un fief, c'est une entreprise entièrement détournée de son objectif social à des fins politiques. C'est une base rouge, au même titre qu'une municipalité communiste.
Et c'est d'abord une considérable puissance financière.
Le château de la fée électricité
Prenons l'exemple du budget de la C.C.AS. (Caisse centrale des activités sociales) de l'E.D.F.-G.D.F. Savez-vous à combien s'élève son budget annuel? A plus de 420 millions (42 milliards anciens).
Savez-vous comment est prélevé tout cet argent? Sur votre note de gaz et d'électricité. Chaque fois que vous l'acquittez, dites-vous que, sur cette somme, 1 % est affecté à la C.C.AS. des cégétistes, ce qui équivaut à environ 7 % de la masse salariale.
Privilège exorbitant institué par le ministre communiste Marcel Paul le 22 juin 1946 et confirmé par un décret du 3 février 1953. Etonnez-vous après cela que le siège de la C.CAS. cégétiste soit situé dans une somptueuse maison de verre, tout à fait moderne, 17, place de l'Argonne, à deux pas d'une autre maison de verre, place du Colonel-Fabien: le siège du P.C.
Comparativement le budget annuel du Comité d'établissement Renault, est plus modeste. Il ne dépasse guère les neuf milliards d'anciens francs.
Avec cela, on emploie bien quand même 600 à 700 personnes presque toutes cégétistes, c'est-à-dire pratiquement communistes.
Une organisation tentaculaire
Ce sont donc des Cégétistes de Renault qui gèrent 23 centres de vacances pour enfants dans toute la France. Qui sélectionnent pour leurs bibliothèques 80 000 livres et 70 000 disques. Qui dans les activités de loisirs et culture touchent 7 000 adhérents, c'est-à-dire environ 30 000 personnes (conjoint et enfants ~ compris). Le même C.E. propose aux adultes 13 centres de vacances en hiver et 31 centres en été. Il groupe 36 sections sportives. Il englobe encore une mutuelle (la Matmut), un service juridique, des conseillers familiaux, un service photo, des réservations pour le théâtre ou autres spectacles; un club de jeunes, etc ...
La C.C.AS. déploie un éventail d'une ampleur au moins comparable, un club nautique, des camps de vacances, en particulier celui de Marina-Porticcio, bâti sur un terrain de huit hectares, acheté 3 millions de francs et qui peut accueillir en vacances 2 500 personnes, et quantité de maisons familiales, des hôtels (qui bénéficient d'un prix préférentiel pour le gaz et l'électricité), 28 stations françaises pour les vacances d'hiver, des lieux de séjour en Tchécoslovaquie et en Pologne.
Quand vous gérez tout cela, vous détenez Une puissance. Vous pouvez avantager certains, en défavoriser d'autres. Ainsi, à la C.C.AS., pour le, choix de lieux de vacances, à des tarifs défiant toute concurrence, les « cocos» sont en fait, sinon en droit, prioritaires, comme ils le sont pour les H.L.M. dans les municipalités communistes.
Et vous avez aussi le pouvoir, non négligeable, de guider des choix. De bâtir, dans l'entreprise, un univers subtilement, insidieusement, pré-communiste, d'exercer des influences idéologiques ou politiques.
Voyez par exemple ce qui se passe chez Renault. Avec le concours des permanents, une bibliothécaire sélectionne les livres. A lire Contacts, revue mensuelle du C.E. (novembre, 1977), on apprend qu'elle discute beaucoup avec les lecteurs et les conseille.
Rien que de très normal, à ceci près que l'orientation dans le choix des 80 000 volumes qui composent la bibliothèque se fera dans un sens politique, même sous forme détournée.
Vous trouverez Jean Ellenstein, ou « 20 années de luttes populaires dans le monde ». Pour les disques vous aurez le choix entre Léo Ferré, Jean Ferrat, le folklore russe et Yves Montand, du moins pour les chansons qui vont jusqu'à 1956. Après cette année (celle de la répression à Budapest et des scrupules de conscience de certains intellectuels), le camarade Yves Montand cesse d'être recommandable. Il a viré sa cuti.
Aidons-nous les uns les autres
Les communistes sont trop malins pour amortir la bibliothèque du C.E. avec les seuls ouvrages de leur parti. Mais une bonne part des commandes s'adresseront au C.D.L.P. (Centre de diffusion du livre et de la presse), filiale commerciale communiste. On atteint ainsi un triple objectif: avec l'argent des salariés et des contribuables, on procure des bénéfices à une entreprise de « l'appareil », on ouvre un marché à des auteurs communistes ou sympathisants. Enfin on diffuse une idéologie.
Dans ce même numéro de Contacts, on parle d'un débat sur le football. Rien de plus naturel. Mais le conférencier se nomme Roland Passevant, journaliste à l'Huma. Un hasard ...
Hasard aussi si un autre animateur se nomme Serge Reggiani, si l'exposition est celle d'un artisanat chilien, si un autre débat se déroule avec Marcel Caille, dirigeant cégétiste, auteur du livre «Les truands du patronat », ramassis de ragots, si un metteur en scène invité se nomme Roger Planchon, sympathisant du parti. Au C.E. la culture est à l'heure Marchais.
Au reste c'est Astruc, délégué F.O. à Boulogne-Billancourt, qui lors de la réunion du Comité d'établissement (4 janvier 1978) déclarait sans ambages que Contacts n'était rien d'autre qu'une feuille de propagande du P.C.
Et en effet, numéro après numéro, on a célébré la lutte des Viets contre l'impérialisme américain, l'anniversaire de l'indépendance algérienne, on a relaté très symboliquement, photos à l'appui, la réception au C.E., de Flins de Brejnev, et celle de Tarassov, ministre soviétique de l'industrie automobile à Boulogne-Billancourt. Aujourd'hui, on critique le plan Barre.
Meetings, violences, intimidations
Un pas de plus: en octobre et en novembre le C.E. de Boulogne-Billancourt a installé une permanence au département 38 de l'usine occupée par des travailleurs/pour la plupart immigrés/et théâtre de violences. On y distribue les disques, on organise des débats et des après-midi couscous avec orchestre. Christian Minier, le secrétaire (communiste) du Comité, signe une lettre qui permettra aux grévistes d'obtenir des secours de diverses municipalités rouges: Bagnolet, Arcueil, Montreuil,Trappes, Saint-Denis, etc ...
Meetings, discussions, agitation permanente, violences contre des agents de la maîtrise ... Au cours de cette grève du département 38, le C.E., en principe apolitique, ouvert à tous, a fonctionné comme une base subversive, détachant une patrouille sur un théâtre d'opérations (le département 38) pour appuyer les grévistes. Qui protesterait contre ces abus pourrait connaître quelques mécomptes.
Dernière touche à ce tableau: le C.E. offre des repas gratuits aux lock-outés, ainsi que des tickets repas à deux francs et des colis aux chômeurs techniques.
Retenez ces détails. Cette solidarité s'est en effet exercée alors que le déficit des cantines gérées par le C.E. s'élevait à un milliard 700 millions d'A.F. La situation était telle que la banque a refusé de cautionner le dé couvert. Les charges sociales n'ont pas été payées depuis des mois.
Un petit patron, un artisan seraient poursuivis. Les comitards, eux, s'en tirent fort bien.
En effet le P.D.G. de Renault, Vernier-Palliez, arrive à leur secours et comble le déficit. Avec quel argent? Pas le sien bien sûr. Celui de l'Etat, c'est-à-dire le vôtre.
En juin 1977, un bilan a en effet établi que le seul C.E. de Billancourt a reçu 32 244 568,64 francs (trois milliards deux cents millions d'AF.) de subventions pour remédier à une situation catastrophique. Dans la même période le total des subventions au Comité d'établissement pour toute la Régie s'est élevé à 92 278 698,81 francs (plus de neuf milliards d'AF.).
C'est ce qu'on appelle la gabegie.
Elle n'empêche nullement le C.E. de poursuivre son œuvre sous forme de secours aux grévistes en octobre et novembre 1977.
Le scandale des colis bidons
La situation est tellement scandaleuse que Degrelle, délégué de la C.G.C. du Comité d'établissement, déclare lors de la réunion du 4 janvier qu'il n'a pu exercer son droit de contrôle. En même temps, il demande qu'on lui communique la liste nominative des grévistes et lock-outés à qui, soi-disant ont été adressés des colis.
C'est clair, Degrelle doute que tous les colis aient bien été expédiés. Ce qui permettrait d'utiliser l'argent à d'autres fins.
Lesquelles? Un tract F.O. soulève un coin du voile. Relevant que le Comité emploie une pléiade de bureaucrates, bien payés, directeur financier, chef de service, inspecteur technique, acheteur principal, etc ... (coefficient 480 à 365), ce texte constate que le Comité est invité à régler des factures pour le syndicat C.G.T., pour la section P.C.F. de Billancourt, pour le stand bar, pour le stand arabe et même une facture de 100 kg de pommes de terre destinées non aux cantines déficitaires mais ... à la fête de l'Huma.
Bien chère Huma! Heureusement que le Comité d'établissement de Boulogne-Billancourt est là pour payer. Heureusement que les cuisiniers des dites cantines, et les autres gros bras de la C.G.T. sont payés pour distribuer des tracts, (au moins . un par jour), faire tourner les roneos du Comité, haranguer les travailleurs pour ladite fête, ou pour d'autres manifestations communistes.
Et heureusement qu'à l'E.D.F. G.D.F. pendant la même fête, les couteaux, assiettes, verres et autres ustensiles de cuisine disparaissent en grand nombre des cantines pour être utilisés dans différents stands de cette grande manifestation populaire.
Ce n'est pas nous qui le disons, c'est l'organe maoïste le Prolétaire (n° 13) qui connaît la musique et qui pour faire pièce aux communistes français mange le morceau.
La C.C.AS. emploie environ 900 personnes en majorité communistes.
Le C.E. de Renault (Boulogne-Billancourt) quelque 600. Tout ce personnel travaille en partie aux œuvres sociales, en partie aussi pour le compte du P.C. Il utilise les fonds des Comités, le matériel (téléphone, roneo, papier, voitures) à des fins de propagande politique.
Il place en outre les travailleurs qui ont affaire à ses argousins dans un environnement idéologique et politique qui les soumet à une pression constante.
Ce milieu ne sécrète pas toujours des violences physiques.
Mais, jour après jour, par la parole, par les livres, par le disque, par les spectacles offerts, par les conseils donnés, par les journaux diffusés, il conditionne tous ceux qui ont affaire à ces Comités. Il outrepasse ses droits et il réduit ceux qui en sont les victimes à une situation de non défense.
Ainsi commence la terreur.
« Les comités d'entreprise sont d'abord des instruments de la lutte des classes; ils ne sont qu'accessoirement des moyens de gérer les œuvres sociales. »
Krasucki
(Revue C.E.E. Informations n062, novembre 1975, page 6.)
innitiative nationale mars 1978
Publié : 08/12/2007 - 22:13
par Pat
Trostkysme et mondialisme, avatars contemporains du " communisme de marché"
Ce qui s'est effondré avec l'URSS en décembre 1991, est à l'évidence, un modèle territorialisé et impérialiste du marxisme, c'est en ce sens que Poutine ne saurait, malgré son ancienne appartenance au KGB être considéré comme marxiste. En revanche le trotskysme, véritable héritier de la pensée de Marx trouve aujourd'hui, malgré le discours des altermondialistes, une réalité certaine dans la mondialisation contemporaine.
On aura d'ailleurs remarqué qu'on n'entend plus guère les altermondialistes. Un silence éloquent! Fabien Desmeaux nous propose ici la genèse et les développements contemporains d'une idéologie encore active.
Dans L'idéologie allemande (1845 1846) consacrée principalement à la critique de la philosophie matérialiste de Feuerbach, Marx évoque le développement économique de l'Angleterre, le développement du commerce, des manufactures dans un seul pays, l'Angleterre, et ensuite celui de la grande industrie qui favorisa la concurrence universelle. La grande industrie établit les moyens de communication et le marché mondial moderne, selon Marx, et elle mit le commerce sous sa domination. Elle transforma tout capital en capital industriel et engendra de ce fait la circulation (perfectionnement du système monétaire) et la centralisation rapide des capitaux. C'est elle qui créa véritablement l'histoire mondiale dans la mesure où elle fit dépendre du monde entier chaque nation civilisée. Marx était un fervent partisan de la mondialisation économique et du système du libre échange. Marx s'est d'ailleurs prononcé nettement en faveur du maintien et du renforcement du régime libre-échangiste dans son fameux Discours sur le libre échange (1848). Le système protecteur est conservateur disait Marx dans ce Discours tandis que le système du libre échange est destructeur. Il dissout les anciennes nationalités et pousse à extrême l'antagonisme entre la bourgeoisie et le prolétariat. En un mot, selon Marx, le système "la liberté commerciale hâte la révolution sociale " (Discours joint à Misère de la philosophie, Paris, éditions sociales, 1971).
Pas le moindre souci des travailleurs
Trotski est un disciple de Marx. Selon lui, la mondialisation libérale est une réalité économique et une nécessité historique qui correspondent au développement de l'ensemble des forces productives et des rapports de production depuis l'époque moderne. Dans la mesure où le capitalisme a créé le marché mondial, la di vision internationale du travail et les forces productives mondiales, il a préparé, selon Trotski dans La Révolution permanente, l'ensemble de l'économie mondiale à la reconstruction socialiste. La mondialisation du capitalisme est une étape nécessaire du processus historique. Le passage du capitalisme au socialisme n'est possible et sérieusement envisageable, selon Trotski, qu'à la suite de la mondialisation libérale poussée jusqu'à ses ultimes conséquences, c'est à dire l'extension du système du libre échange à toute la planète,
L'internationalisme marxiste de Trotski rejoint ici l'ultralibéralisme. Trotski n'a que du mépris pour les peuples et les nations historiques. Le sort des travailleurs français, allemands entre autres ne l'intéresse guère. Sa seule obsession c'est la révolution mondiale et le processus économique qui doit y conduire inexorablement. Pour Trotski les nations sont condamnées à disparaître ou à être complètement nivelées à cause de l'évolution du capitalisme, et cela ne l'effraye nullement puisque ce processus évolutif est conforme à la loi universelle du développement historique définie par Marx dans le Manifeste communiste. La thèse du socialisme dans un seul pays (la Russie en l'occurrence) défendue par Staline et son principal allié Boukharine est jugée rétrograde par Trotski parce qu'elle tient compte exclusivement de la Russie. Notons que Trotski n'est pas l'inventeur de la théorie de la révolution permanente. C'est Marx le premier qui a conçu cette doctrine dans l'Adresse du comité central de la ligue des communistes de mars 1850 (premier vol. œuvres politiques de Marx, éditions Gallimard, 1994) et Parvus, de son vrai nom Alexandre Lazarevitch Helphand (un juif russe né en 1867), lui a donné son allure générale, sa définition la plus complète. Trotski n'est qu'un simple répétiteur et vulgarisateur du marxisme, un compilateur besogneux des écrits de Marx. En tout cas, les trotskystes Alain Krivine, Arlette Laguiller, Olivier Besancenot et les principaux mouvements trotskystes (LCR, Lutte ouvrière, le syndicat SUD rail en position jusqu'au boutiste dans les grèves actuelles) n'ont jamais eu le moindre souci de l'avenir des travailleurs français et des classes populaires en France puisque la doctrine communiste de Trotski est internationaliste par essence et par vocation. L'internationalisme trotskyste en tant que messianisme révolutionnaire est un hyper mondialisme et constitue la négation pure et simple de l'Etat nation et des identités nationales et culturelles. Les nations comme seul rempart des classes laborieuses doivent disparaître au nom de l'internationalisme marxiste.
Des trotskystes tels que Olivier Besancenot falsifient et travestissent le contenu même de la doctrine de Trotski en se présentant habilement comme altermondialistes et en prétendant lutter contre la mondialisation libérale. En fait, ils participent sciemment et activement à une gigantesque entreprise de manipulation des foules.
Fabien Desmeaux monde et vie. 24 novembre 2007 .
Publié : 09/12/2007 - 8:28
par Mijanne
Ambition > Didier Le Reste, patron de la fédération des cheminots de la CGT, ambitionne de succéder à Marie-George Buffet à la tête du PC
Après cela on nous affirmera que la CGT n'est pas politisée!!!
Publié : 10/12/2007 - 5:16
par Danisiam
la bete bouge encore!
La secrétaire nationale du PCF, Marie-George Buffet, a affirmé, dimanche 9 décembre, en clôturant deux journées de débats des délégués communistes, qu'il fallait "écrire une nouvelle page du communisme" en "révolutionnant" le PCF. "Il faut écrire une nouvelle page du communisme, un communisme qui ne soit ni un doux rêve toujours remis à plus tard, ni un passé fait de crimes et de désillusions, mais bien un chemin pour le dépassement du capitalisme", a affirmé la secrétaire nationale du parti.
"Il faut révolutionner le PCF en allant au bout de la confrontation d'idées", en "travaillant toutes les pistes de manière ouverte", a-t-elle ajouté. Et de prévenir : "cette confrontation doit se faire dans l'unité et la fraternité".
"Les communistes ne sont pas à genoux".
A l'issue de deux jours de débat, les quelque 1.000 délégués communistes ont fixé dimanche le cadre de la rénovation de leur parti dans la perspective du congrès de fin 2008, en laissant ouvertes les différentes options, allant d'un maintien de l'identité communiste à son dépassement.
Marie-George Buffet a reconnu les positions très divergentes au sein de son parti ébranlé par des défaites électorales successives : "On prendra toutes les idées qui viennent, on ne marginalisera rien et on parviendra à des convergences". Selon elle, les débats ont montré "un fort attachement des communistes à leur parti", mais aussi leur volonté de le "métamorphoser" et "de poursuivre le combat communiste sur une visée et un projet complètement revisités". "Nous avons vocation à devenir un grand parti national porteur d'un projet pour la France", a-t-elle affirmé en ironisant sur ceux qui pensaient "participer aux obsèques du PCF". Avant de lancer : "Les communistes ne sont pas à genoux".
Perspectives et projets
Quant aux perspectives d'alliance, après l'expérience de l'union de la gauche et l'échec de rapprochement avec les antilibéraux, Mme Buffet a estimé qu'il faut "changer notre fusil d'épaule". Elle a appelé à la "constitution de fronts citoyens et populaires" avec d'autres forces sur des sujets précis comme par exemple l'Europe.
Dans l'immédiat, le PCF va lancer des campagnes sur "le pouvoir d'achat" et compte poursuivre la mobilisation pour un référendum sur le nouveau traité européen.
Publié : 10/12/2007 - 6:01
par Pat
PRÉSENT du 22 février 1984
Publié : 10/12/2007 - 6:35
par Pat
A PROPOS, DU "KARL MARX" de C.-J. GIGNOUX
LES VAGABONDAGES D'UN PARASITE
A l'actif du bilan marxiste, écrit M. C.-J. Gignoux, en tête du dernier chapitre de sa biographie de Marx, il faut d'abord porter la nécessité de l'établir. C'est un actif, c'est ce qui justifie le travail et les recherches de M. Gignoux, mais s'il est quelque chose que ce livre montre, c'est qu'il n'y a rien d'autre à l'actif de Marx.
" Il n'y a pas qu'une boutade, écrit-il, dans l'hypothèse que sans doute aujourd'hui plus personne ne s'occuperait de Marx ni du marxisme, si le communisme n'avait un besoin absolu qu'on s'en occupât et qu'on l'entretint en bonne forme : si le marxisme n'avait pas existé, il lui eût fallu l'inventer . Et s'il en est ainsi, il y a vraiment un comique grandiose dans cette sorte de snobisme intellectuel (à moins qu'II ne s'agisse simplement d'une naïve assurance contre l'avenir) qui de Saint-Germain-des-Prés à la Sorbonne anime tant de gens ou de groupements à se définir par rapport au marxisme. "
Voici, en peu de mots, la vérité, la seule vérité qui importe, sur Marx. M. Gignoux a le mérite de ne pas s'attarder à ce vain jeu de société, très à la mode chez les anticommunistes qui s'efforcent de « connaître le marxisme » qui consiste à se demander où sont les vrais héritiers de la pensée marxiste, où est « l'orthodoxie» marxiste. Il n'y a pas de vrais tenants du faux, il n'y a pas d'orthodoxie dans l'erreur ; c'est le propre, au contraire, de l'erreur d' être multiple, et d'être sous toutes ses formes également fausse, et par conséquent, également authentique.
Le livre de M. Thierry Maulnier, " La Pensée Marxiste ", ainsi que les ouvrages de M. Daujat et du Père Fillière ont rendu ce service, de montrer qu'il n'y a, dans aucun des divers aspects de la politique du communisme international, de trahison du marxisme, de séparation de la pensée du maître, dont on puisse espérer que les intentions aient changé et que si on doît condamner le marxisme, on puisse collaborer avec le communisme. Sous ce rapport, qui est important, la lecture de Marx, la présentation qu'en donne M. Thierry Maulnier éclairent l'action des communistes.
Mais il ne faudrait pas en conclure, comme le suggèrent ces auteurs,qu'il y ait une école marxiste, qui ait une continuité de doctrine, et que les communistes aient raison de se dire orthodoxes, et de dénoncer des déviations par rapport au marxisme. Certes, les écrits de Marx justifient pleinement toutes les positions, tout le comportement du communisme international, mais il n'est pas dit qu'ils ne puissent aussi bien justifier d'autres positions révolutionnaires, un autre comportement révolutionnaire. Si Marx admettait que les idées fussent le produit des luttes économiques, que les siennes fussent le produit de la lutte révolutionnaire du prolétariat, que les idées ne dussent pas être jugées sous le rapport de la vérité et de l'erreur, mais sous celui de l'efficacité subversive, cette seule position justifie pleinement l'usage que le communisme fait de Marx.
Ce n'est que vanité que de se demander si Marx vivant soutiendrait le communisme stalinien ou le dénoncerait comme une déviation : il le soutiendrait, s'il le dirigeait, et l'accuserait des pires vices et des pires forfaits s'il s'était fait en dehors de lui. Ce fut son attitude constante à l'égard de tous les mouvements révolutionnaires et c'est aussi la pratique constante du Bureau politique de Moscou. C'est en cela qu'il est parfaitement marxiste.
M. Gignoux a parfaitement démontré la mystification d'un Marx dont la pensée, sans fissures, sans idéaux, aurait enfanté le communisme contemporain ; il a en outre montré Marx tel qu'il fut Juif errant, Vagabond, parasite, pique-assiette, vivant aux dépens d'Engels, en bref, un assez piètre personnage, pleutre de surcroît, se cachant à chaque fois que ses camarades s'exposaient au danger.
Et pourtant, les communistes d'aujourd'hui sont d'authentiques marxistes. En effet, comme l'a écrit Jean-Richard Bloch, que cite M, Gignoux " le communisme est tel que seul un juif allemand, vivant en France, pouvait le concevoir."
ORION.:ASPECTS DE LA FRANCE
Publié : 10/12/2007 - 7:35
par Danisiam
et c'est toujours d'actualité... le paradis rouge
http://freethemnow.net/-French-.html
Publié : 13/12/2007 - 23:26
par Pat
LA RÉVOLUTION
(Manifeste communiste, par K. Marx et Fr. Engels.)
La grande industrie a créé le marché mondial, préparé par la découverte de l'Amérique. Le marché mondial accéléra prodigieusement le développement du commerce, de la navigation, des moyens de communication. Ce développement réagit à son tour sur la marche de l'industrie, et au fur et à mesure que l'industrie, le commerce, la navigation, les chemins de fer se développaient, la Bourgeoisie grandissait, décuplant ses capitaux et refoulant à l'arrière-plan les classes transmises par le moyen âge.
La Bourgeoisie, nous le voyons, est elle-même le produit d'un long développement et d'une série de révolutions dans les modes de production et de communication.
Chaque étape de l'évolution parcourue par la Bourgeoisie était accompagnée d'une politique correspondante: classe opprimée par le despotisme féodal, association armée se gouvernant elle-même dans la commune, ici, libre république municipale, là, tiers état taillable de la monarchie, puis, durant la période manufacturière, contrepoids de la noblesse dans les monarchies limitées ou absolues, pierre angulaire des grandes monarchies, la Bourgeoisie, depuis l'établissement de la grande industrie et du marché mondial, s'est finalement emparée du pouvoir politique exclusif dans l'état représentatif moderne. Le gouvernement moderne n'est qu'un comité administratif des communes affaires de la classe bourgeoise.
La Bourgeoisie a joué dans l'histoire un rôle essentiellement révolutionnaire.
Partout où elle a conquis le pouvoir, elle a foulé aux pieds les relations féodales, patriarcales et idylliques.
Tous les liens bariolés qui unissaient l'homme féodal à ses supérieurs naturels, elle les a brisés sans pitié, pour ne laisser subsister d'autre lien, entre l'homme et l'homme que le froid intérêt, le dur paiement au comptant. Elle a noyé l'extase religieuse, l'enthousiasme chevaleresque, la sentimentalité petite-bourgeoise, dans les eaux glacées du calcul égoïste. Elle a fait de la dignité personnelle une simple valeur d'échange; elle a substitué aux nombreuses libertés, si chèrement conquises, l'unique et impitoyable liberté du commerce. En un mot, à la place de l' exploitation voilée par des illusions religieuses et politiques, elle a mis une exploitation ouverte, éhontée, directe, brutale.
La Bourgeoisie a dépouillé de leur auréole toutes les professions qui passaient jusque-là pour vénérables et qu'on considérait avec un saint respect. Le médecin, le juriste, le prêtre, le poète, le savant,elle les a enrôlés parmi les travailleurs salariés.
La Bourgeoisie a déchiré le voile de sentimentalité qui recouvrait les relations de famille et les a réduites à n'être que de simples relations pécuniaires.
La Bourgeoisie a démontré comment la brutale manifestation de la force au moyen âge, si admirée de la réaction, trouva son complément naturel dans la plus crasse paresse. C'est elle qui, la première, a fait voir ce dont est capable l'activité humaine: elle a créé de tout autres merveilles que les pyramides d'Egypte, les aqueducs romains, les cathédrales gothiques, elle a conduit de tout autres expéditions que les invasions et les croisades.
La Bourgeoisie n'existe qu'à la condition de révolutionner sans cesse les instruments de travail, ce qui veut dire le mode de production, ce qui veut dire tous les rapports sociaux. Le maintien de l'ancien mode de production était, au contraire, pour toutes les classes industrielles antérieures, la condition première de leur existence. Ce bouleversement continuel de modes de production, ce constant ébranlement de tout le système social, cette agitation et cette insécurité perpétuelle, distinguent l'époque bourgeoise de toutes les précédentes.
Tous les rapports sociaux traditionnels et figés, avec leur cortège de croyances et d'idées anciennement vénérées se dissolvent, ceux qui les remplacent vieillissent avant d'avoir pu s'ossifier. Tout ce qui avait solidité et permanence s'envole comme fumée, tout ce qui était sacré est profané, et les hommes sont,enfin forcés d'envisager leurs conditions d'existence et leurs relations réciproques avec des yeux désabusés.
Poussée par le besoin de débouchés toujours nouveaux, la Bourgeoisie envahit le globe entier. Il lui faut pénétrer partout, s'établir partout, créer partout des moyens de communication. Par l'exploitation du marché mondial, la bourgeoisie donne un caractère cosmopolite à la production et à la consommation de tous les pays. Au désespoir des réactionnaires, elle a enlevé à l'industrie sa base nationale. Les vieilles industries nationales sont détruites ou sur le point de l'être. Elles sont supplantées par de nouvelles industries, dont l'introduction devient une question vitale pour toutes les nations civilisées, industries qui n'emploient plus de matières premières indigènes, mais des matières premières venues des régions les plus éloignées, et dont les produits se consomment non seulement dans le pays même, mais dans toutes les parties du globe. A la place des anciens besoins satisfaits par les produits nationaux, naissent de nouveaux besoins, réclamant pour leur satisfaction les produits des contrées et des climats les plus lointains. A la place de l'ancien isolement des provinces et des nations se suffisant à elles-mêmes, se développe un trafic universel, une interdépendance des nations. Et ce qui est vrai pour la production matérielle s'applique à: la production intellectuelle. Les œuvres d'une nation deviennent la propriété commune de toutes les nations. L'étroitesse et l'exclusivisme deviennent de jour en jour plus impossibles à une nation; et de toutes les littératures nationales et locales se forme une littérature universelle.
Le Manifeste ne prévoit pas la violente réaction que tes communautés organiques humaines, constituées en systèmes nationaux, opposeront à leur processus de dissociation par l'évolution économique dans les premières décades du X.X· siècle et qui donnera naissance, à l'ère des nationalismes (volonté de chaque nation de se suffire à elle-même, lutte contre le cosmopolitisme, tendances autarciques, « fascisme»). L'erreur même de la méthode (matérialisme) conduit ici à une grave erreur dans les prévisions historiques. Le Manifeste Communiste trace un tableau saisissant de l'évolution de la société au moment du libéralisme triomphant, au moment où les vieilles formes et les vieilles forces de la société n'opposent plus qu'une résistance négligeable à l'essor invincible des forces économiques. Mais, convaincus à juste titre de la puissance déterminante des faits économiques sur le processus même de l'histoire, croyant que les formes de la vie sociale, en chaque moment de l'histoire, finissent par se modeler sur les formes de production et d'échange, les théoriciens marxistes sont incapables d'imaginer que les modes libéraux de production et d'échange puissent se trouver un jour en contradiction avec d'autres modes également fondamentaux de la vie des sociétés. Leur beau système de prévision concernant le passage du libéralisme au communisme s'est trouvé bouleversé dans la mesure où, soumettant tout le développement de l' histoire à l'influence déterminante unique de la « production des données matérielles de l'existence », ils ne pouvaient prévoir les antagonismes futurs entre l'évolution libérale bourgeoise de l'économie vers le cosmopolitisme, l' internationalisme et finalement le communisme; et d'autres forces directrices de l'histoire, les modes déterminants non économiques du développement humain.
Cependant, le Manifeste continue sa magnifique description de l'ère libérale:
Par le rapide perfectionnement des instruments de production et des moyens de communication, la Bourgeoisie entraîne dans le courant de la civilisation jusqu'aux nations les plus barbares. Le bon marché de ses produits est la grosse artillerie qui bat en brèche toutes les murailles de Chine et fait capituler les barbares le plus opiniâtrement hostiles à l'étranger. Sous peine de mort, elle force toutes les nations à adopter le mode bourgeois de production. Elle les force à introduire chez elles la soi-disant civilisation, c'est-à-dire à devenir bourgeoises. En un mot, elle se façonne un monde à son image.
L'ère libérale, par son cosmopolisme, prépare l'internationalisme; par sa centralisation économique, elle prépare la collectivisation.
La Bourgeoisie a soumis la campagne à la ville. Elle a créé d'énormes cités, elle a prodigieusement augmenté la population des villes aux dépens de celle des campagnes et, par là, elle a arraché une grande partie de la population à l'idiotisme de la vie des champs. De même qu'elle a subordonné la campagne à la ville, les nations barbares ou semi-barbares aux nations civilisées, elle a subordonné les pays de paysans aux pays de bourgeois, l'Orient à l'Occident. .
La Bourgeoisie supprime de plus en plus l'éparpillement des moyens de production, de la propriété et de la population, Elle a aggloméré la population, centralisé les moyens de production et concentré la propriété dans un petit nombre de mains. La conséquence fatale de ces changements a été la centralisation politique. Des provinces indépendantes, tout juste fédérées entre elles, ayant des intérêts, des lois, des gouvernements, des tarifs douaniers différents, ont été réunies en une seule nation, sous un seul gouvernement, une seule loi, un seul intérêt national de classe, derrière un seul cordon douanier.
La Bourgeoisie, depuis son avènement à peine séculaire, a créé des forces productives plus nombreuses et plus colossales que ne l'avaient fait toutes les générations passées prises ensemble. La soumission des forces de la nature, les machines, l'application de la chimie à l'industrie et à l'agriculture, la navigation à vapeur, les chemins de fer, les télégraphes électriques, le défrichement de continents entiers, la canalisation des fleuves, des populations entières sortant de terre comme par enchantement, quel siècle antérieur aurait soupçonné que de pareilles forces productives dormissent au sein du travail social?
Voici donc ce que nous avons vu : les moyens de production et d'échange, sur la base desquels s'est édifiée la bourgeoisie, furent créés à l'intérieur de la société féodale, A un certain degré du développement de ces moyens de production et d'échange, les conditions dans lesquelles la société féodale produisait et échangeait, l'organisation féodale de l'agriculture et de la manufacture, en un mot le régime féodal de propriété, cessèrent de correspondre aux forces productives en plein développement. Ils entravaient la Production au lieu de la seconder. Ils se transformèrent en autant de chaînes, Il fallait briser ces chaînes. On les brisa (1).
A la place s'éleva la libre concurrence, avec une constitution sociale et politique correspondante, avec la domination économique et politique de la classe bourgeoise.
Sous nos yeux il se produit un mouvement analogue. Les conditions bourgeoises de production et d'échange, le régime bourgeois de la propriété, toute cette société bourgeoise moderne, qui a fait surgir de si puissants moyens de production et d'échange, ressemble au magicien qui ne sait plus dominer les puissances infernales qu'il a évoquées, Depuis plusieurs décades, l'histoire de l'industrie et du commerce n'est autre chose que l'histoire de la révolte des forces productives modernes contre le régime de propriété qui conditionne l'existence de la Bourgeoisie et sa domination. Il suffit de mentionner les crises commerciales qui, par leur retour périodique, mettent de plus en plus en question l'existence de la société bourgeoise. Chaque crise détruit régulièrement non seulement une masse de produits déjà créés, mais encore une grande partie des forces productives elles-mêmes. Une épidémie qui à toute autre époque, eût semblé un paradoxe, s'abat sur la société, - l'épidémie de la surproduction. La société se trouve subitement rejetée dans un état de barbarie momentanée; on dirait qu'une famine, une guerre d'extermination lui coupe tous ses moyens de subsistance; l'industrie et le commerce semblent anéantis.
Et pourquoi? Parce que la société a trop de civilisation, trop de moyens de subsistance, trop d'industrie, trop de commerce, Les forces productives dont elle dispose ne favorisent plus le développement de la propriété bourgeoise, au contraire, elles sont devenues trop puissantes pour celle-ci qui leur oppose de ce fait un obstacle; et toutes les fois que les forces productives sociales s'affranchissent de cet obstacle, elles précipitent dans le désordre la société tout entière et menacent l'existence de la propriété bourgeoise. Le système bourgeois est devenu trop étroit pour contenir les richesses créées dans son sein _ Comment la Bourgeoisie surmontera-t-elle ces crises?
D'un côté, par la destruction forcée d'une masse de forces productives; de l'autre, par la conquête de nouveaux marchés et l'exploitation approfondie des anciens.
A quoi cela aboutit-il? A préparer des crises plus générales et plus formidables et à diminuer les moyens de les prévenir.
Les armes dont la Bourgeoisie s'est servie pour abattre la féodalité se retournent aujourd'hui contre la Bourgeoisie elle-même.
(1)Ce fut l'œuvre, en France et dans une grande partie de l'Europe,de la Révolution française et des guerres napoléoniennes (1789-1815)
La pensée marxiste à suivre
Publié : 14/12/2007 - 15:53
par MD12
Publié : 15/12/2007 - 3:11
par MD12
Publié : 17/12/2007 - 12:31
par MD12
Article Anglaise sur communisme par en journaliste Juive, M. Sever Plocker
Stalin's Jews
We mustn't forget that some of greatest murderers of modern times were Jewish
Sever Plocker
Here's a particularly forlorn historical date: Almost 90 years ago, between the 19th and 20th of December 1917, in the midst of the Bolshevik revolution and civil war, Lenin signed a decree calling for the establishment of The All-Russian Extraordinary Commission for Combating Counter-Revolution and Sabotage, also known as Cheka.
Within a short period of time, Cheka became the largest and cruelest state security organization. Its organizational structure was changed every few years, as were its names: From Cheka to GPU, later to NKVD, and later to KGB.
We cannot know with certainty the number of deaths Cheka was responsible for in its various manifestations, but the number is surely at least 20 million, including victims of the forced collectivization, the hunger, large purges, expulsions, banishments, executions, and mass death at Gulags.
Whole population strata were eliminated: Independent farmers, ethnic minorities, members of the bourgeoisie, senior officers, intellectuals, artists, labor movement activists, "opposition members" who were defined completely randomly, and countless members of the Communist party itself.
In his new, highly praised book "The War of the World, "Historian Niall Ferguson writes that no revolution in the history of mankind devoured its children with the same unrestrained appetite as did the Soviet revolution. In his book on the Stalinist purges, Tel Aviv University's Dr. Igal Halfin writes that Stalinist violence was unique in that it was directed internally.
Lenin, Stalin, and their successors could not have carried out their deeds without wide-scale cooperation of disciplined "terror officials," cruel interrogators, snitches, executioners, guards, judges, perverts, and many bleeding hearts who were members of the progressive Western Left and were deceived by the Soviet regime of horror and even provided it with a kosher certificate.
All these things are well-known to some extent or another, even though the former Soviet Union's archives have not yet been fully opened to the public. But who knows about this? Within Russia itself, very few people have been brought to justice for their crimes in the NKVD's and KGB's service. The Russian public discourse today completely ignores the question of "How could it have happened to us?" As opposed to Eastern European nations, the Russians did not settle the score with their Stalinist past.
And us, the Jews? An Israeli student finishes high school without ever hearing the name "Genrikh Yagoda," the greatest Jewish murderer of the 20th Century, the GPU's deputy commander and the founder and commander of the NKVD. Yagoda diligently implemented Stalin's collectivization orders and is responsible for the deaths of at least 10 million people. His Jewish deputies established and managed the Gulag system. After Stalin no longer viewed him favorably, Yagoda was demoted and executed, and was replaced as chief hangman in 1936 by Yezhov, the "bloodthirsty dwarf."
Yezhov was not Jewish but was blessed with an active Jewish wife. In his Book "Stalin: Court of the Red Star", Jewish historian Sebag Montefiore writes that during the darkest period of terror, when the Communist killing machine worked in full force, Stalin was surrounded by beautiful, young Jewish women.
Stalin's close associates and loyalists included member of the Central Committee and Politburo Lazar Kaganovich. Montefiore characterizes him as the "first Stalinist" and adds that those starving to death in Ukraine, an unparalleled tragedy in the history of human kind aside from the Nazi horrors and Mao's terror in China, did not move Kaganovich.
Many Jews sold their soul to the devil of the Communist revolution and have blood on their hands for eternity. We'll mention just one more: Leonid Reichman, head of the NKVD's special department and the organization's chief interrogator, who was a particularly cruel sadist.
In 1934, according to published statistics, 38.5 percent of those holding the most senior posts in the Soviet security apparatuses were of Jewish origin. They too, of course, were gradually eliminated in the next purges. In a fascinating lecture at a Tel Aviv University convention this week, Dr. Halfin described the waves of soviet terror as a "carnival of mass murder," "fantasy of purges", and "essianism of evil." Turns out that Jews too, when they become captivated by messianic ideology, can become great murderers, among the greatest known by modern history.
The Jews active in official communist terror apparatuses (In the Soviet Union and abroad) and who at times led them, did not do this, obviously, as Jews, but rather, as Stalinists, communists, and "Soviet people." Therefore, we find it easy to ignore their origin and "play dumb": What do we have to do with them? But let's not forget them. My own view is different. I find it unacceptable that a person will be considered a member of the Jewish people when he does great things, but not considered part of our people when he does amazingly despicable things.
Even if we deny it, we cannot escape the Jewishness of "our hangmen," who served the Red Terror with loyalty and dedication from its establishment. After all, others will always remind us of their origin.
Source -
http://www.ynetnews.com
Kevin
Publié : 17/12/2007 - 16:24
par Pat
LA RÉVOLUTION
(Manifeste communiste, par K.Marx et Fr.Engels) suite
Mais la Bourgeoisie n'a pas seulement forgé des armes qui la mettront à mort; elle a produit aussi les hommes qui manieront ces armes, - les ouvriers modernes, les prolétaires.
Avec le développement de la Bourgeoisie, c'est-a-dire du capital, se développe le Prolétariat, la classe des ouvriers modernes, qui ne vivent qu'à la condition de trouver du travail, et qui n'en trouvent que si leur travail accroît le capital; Ces ouvriers, contraints de se vendre au jour le jour, sont une marchandise, un article de commerce comme un autre; ils subissent, par conséquent toutes les vicissitudes de la concurrence, toutes les fluctuations du marché.
L'introduction des machines et la division du travail, en dépouillant la fonction de l'ouvrier de toute personnalité, lui ont fait perdre tout attrait. Le producteur devient un simple appendice de la machine; on n'exige de lui que l'opération la plus simple, la plus monotone, la plus vite apprise. Par conséquent, ce que coûte, aujourd'hui l'ouvrier se réduit à peu de chose près au coût de ce qu'il lui faut pour s'entretenir et perpétuer sa race. Or, le prix du travail, comme celui de toute marchandise, est égal à son coût de production. Donc, plus le travail devient répugnant, plus les salaires baissent. Bien plus, la somme de travail s'accroît, avec le développement du machinisme et de la divis.ion du travail, soit par l'augmentation du nombre d'heures ouvrables, soit par l'accéIération du mouvement des machines, et donc du travail exigé pour un temps donné.
L'industrie moderne a fait du petit atelier du maître patriarcal la grande fabrique du bourgeois capitaliste. Des masses d'ouvriers, entassés dans la fabrique, sont organisés militairement. Ils sont comme les simples soldats de l'industrie, placés sous la surveillance d'une hiérarchie complète d'officiers et de sous-officiers. Ils ne sont pas seulement les esclaves de la classe bourgeoise, de l'Etat bourgeois, mais encore journellement, à toute heure, les esclaves de la machine, du contremaître et surtout du bourgeois, maître de la fabrique, lui-même. Plus ce despotisme proclame ouvertement le profit comme son but unique, plus il devient mesquin, odieux, exaspérant.
Moins le travail exige d'habileté et de force, c'est-à-, dire plus l'industrie moderne progresse, et plus le. travail des hommes est supplanté par celui des femmes et des enfants. Les distinctions d'âge et de sexe n'ont plus d'importance sociale pour la classe ouvrière. II n'y a plus que des instruments de travail dont le prix varie selon l'âge et le sexe.
Une fois que l'ouvrier a subi l'exploitation du fabricant et qu'on lui a versé son salaire, il devient la proie d'autres éléments de la bourgeoisie: propriétaire, marchand au détail, prêteur sur gages, etc ...
Petits industriels, marchands et rentiers, artisans et paysans, tout l'échelon inférieur des classes de jadis, tombent dans le prolétariat; d'une part, parce que leurs faibles capitaux ne leur permettant pas d'employer les procédés de la grande industrie, ils succombent dans la concurrence qui les oppose aux grands capitalistes; d' autre part, parce que leur habileté technique est dépréciée par les nouveaux procédés de production. De sorte que le prolétariat se recrute dans toutes les classes de la population.
Cette « prolétarisation» d'une partie des classes intermédiaires, ce mécanisme de la chute d'un nombre de plus en plus grand de leurs membres dans les rangs de l'armée industrielle est fort bien analysé par le Manifeste. Toutefois, dans le fait, l'évolution de la societé n'a pas été aussi simple, et n'a pas abouti, comme Marx et Engels s' y attendaient, à la division franche de la société en deux grandes classes, la classe des "bourgeois ", des capitalistes, et la classe des prolétaires exploités ou de ceux que menaçait la prolétarisation, - classes divisées par un abîme de plus en plus grand. La concentration capitaliste a non seulement laissé subsister, bien qu'en les affaiblissant, des catégories puissantes de producteurs intermédiaires. Elle a fait naître, d'autre part, par une sorte de choc en retour des catégories nouvelles de producteurs. Non seulement, en effet, la concentration industrielle n'a pas eu pour corollaire la mainmise des sociétés de capitaux sur la propriété parcellaire agricole, et la masse des paysans propriétaires n'est pas tombée au rang de prolétaires agricoles salariés. Non seulement de nouveaux progrès techniques imprévisibles à l'époque de Marx, ont changé le caractère de l'évolution industrielle et diminué le nombre des prolétaires purs (ouvriers au travail rnachinal indifférencié) au profit de la semi-aristocratie des spécialistes. Non seulement le commerce de détail a continué à prospérer, mais encore sont nées, autour des grandes usines, créées par elles, de nouvelles catégories de travailleurs artisanaux. Le Manifeste poursuit dans ces termes:
Le Prolétariat passe par différentes phases d'évolution. Sa lutte contre la Bourgeoisie commence dès sa naissance.
La lutte est engagée d'abord par des ouvriers isolés, ensuite par les ouvriers d'une même fabrique, enfin par les ouvriers du même métier dans une même localité, contre le bourgeois qui, directement, les exploite. Ils ne se contentent pas de diriger leurs attaques contre le mode bourgeois de production, ils les dirigent contre les instruments de production eux-mêmes; ils détruisent les marchandises étrangères qui leur font concurrence, brisent les machines, brûlent les fabriques et s'efforcent de reconquérir la position perdue de l'artisan du moyen âge.
A ce moment, le prolétariat forme une masse disséminée dans le pays et émiettée par la concurrence. S'il arrive que les ouvriers se forment en masses compactes, ce n'est pas encore là le résultat de leur propre unité, mais de celle de la Bourgeoisie qui, pour atteindre ses fins politiques, doit mettre en branle le prolétariat tout entier, et qui possède encore le pouvoir de le faire.
Durant cette phase, les prolétaires ne combattent pas encore leurs propres ennemis, mais les ennemis de leurs ennemis, c'est-à-dire les résidus de la monarchie absolue propriétaires fonciers, bourgeois non industriels, petits bourgeois. Tout le mouvement historique est de la sorte concentré entre les mains de la bourgeoisie: toute victoire remportée dans ces conditions est une victoire de la bourgeoisie.
Or l'industrie, en se développant, non seulement grossit le nombre des prolétaires, mais les concentre en masses plus considérables; les prolétaires augmentent en force et prennent conscience de leur force. Les intérêt, les conditions d'existence des prolétaires s'égalisent ce plus en plus, à mesure que la machine efface toute différence dans le travail et réduit presque partout le salaire à un niveau pareillement inférieur. Par suite de la croissante concurrence des bourgeois entre eux et des crises commerciales qui en résultent, les salaires deviennent de plus en plus incertains; le perfectionnement constant de la machine rend la condition de l'ouvrier de plus en plus précaire; les collisions individuelles entre l'ouvrier et le bourgeois prennent de plus en plus le caractère de collisions entre deux classes. Les ouvriers commencent par se coaliser contre les bourgeois pour la défense de leurs salaires. Ils vont jusqu'à former des associations permanentes, en prévision de rébellions éventuelles. Çà et là, la lutte éclate en émeutes.
Ce tableau de l'évolution capitaliste n'a pas été confirmé en tous ses points par l' histoire récente. Le processus de l'égalisation des salaires ne s' est pas trouvé vérifié dans le siècle qui a suivi la publication du Manifeste, l'évolution industrielle dans sa nouvelle phase exigeant un nombre croissant de «cadres » et d' ouvriers supérieurs spécialisés et un nombre relativement moins grand de travailleurs "indifférenciés" prolétaires. En outre, le niveau moyen des salaires et les conditions de vie des travailleurs manuels ont évolué non dans le sens de l'abaissement, mais dans le sens d'une amélioration constante; et cela, non seulement par suite des succès ouvriers dans la lutte syndicale et les grèves, mais aussi parce que dans la recherche incessante des marchés nouveaux auxquels elle se trouvait astreinte par la loi même de son développement, l'économie capitaliste n'a pas pu négliger de susciter, par l'accroissement du niveau de vie moyen; un accroissement général des besoins dans la société moderne. Le Manifeste néglige ici que les masses de travailleurs industriels, pour le capitalisme, ne constituent pas seulement une force de travail, mais une force de consommation. Cependant, il y a eu différence de rythme entre l'accroissement des profits et de la puissance capitaliste et l'amélioration du niveau de vie des travailleurs manuels, et cette diminution relative de la masse des salaires dans la valeur générale de la production a suffi a créer, chez les travailleurs, la conscience d'une spoliation.
Parfois, les ouvriers triomphent; mais c'est un triomphe éphémère. Le véritable résultat de leurs luttes est moins le succès immédiat que la solidarité grandissante des travailleurs.
Dans cette phrase apparaît clairement la doctrine communiste de la lutte des classes : l'action syndicaliste, les grèves, etc ... n'ont pas tant pour but d'améliorer progressivement le sort des travailleurs et d'accroître leur part dans les valeurs produites, mais d'accroître leur "solidarité", non pas de faire l'économie de la révolution par des conquêtes, progressives, mais de forger l'instrument révolutionnaire. Du reste, le capitalisme lui-même travaille à forger cet instrument.
Cette solidarité est facilitée par l'accroissement des moyens de communication qui permettent aux ouvriers de localités différentes de prendre contact. Or, il suffit de cette prise de contact pour transformer les nombreuses luttes locales qui partout revêtent le même caractère, en une lutte nationale à direction centralisée en une lutte de classe. Mais toute lutte de classe est une lutte politique, et l'union que les bourgeois du moyen-âge mettaient des siècles à établir avec leurs chemins vicinaux, les prolétaires modernes l'établissent en quelques années grâce aux chemins de fer.
Cette organisation du Prolétariat en classe, et donc en parti politique, est sans cesse détruite par la concurrence que se font les ouvriers entre eux. Mais elle renaît toujours, et toujours plus forte, plus ferme, plus puissante. Elle profite des dissensions intestines des bourgeois pour les obliger à légaliser certains intérêts de la classe ouvrière: par exemple, le bill des dix heures en Angleterre.
En général, les collisions qui se produisent dans la vieille société favorisent de diverses manières le développement du Prolétariat. La Bourgeoisie vit dans un état de guerre perpétuel; d;abord contre l'aristocratie, puis contre ces fractions de la Bourgeoisie même dont les intérêts viennent en conflit avec le progrès de l'industrie et toujours, enfin, contre la Bourgeoisie de tous les pays étrangers. Dans toutes ces luttes, elle se voit forcée de faire appel au Prolétariat, de revendiquer son aide et de l'entraîner ainsi dans le mouvement politique. Si bien que la Bourgeoisie fournit aux prolétaires les rudiments de leur propre éducation politique, c'est-à-dire des armes contre elle-même.
De plus, ainsi que nous venons de le voir, des fonctions entières de la classe dominante sont, par la marche de l'industrie, précipitées dans le Prolétariat, ou sont menacées, tout au moins, dans leurs conditions d'existence. Elles aussi apportent au prolétariat de nombreux éléments de progrès.
Enfin, au moment, où la lutte des classes approche de l'heure décisive, le processus de dissolution de la classe régnante, de la vieille société tout entière, prend un caractère si violent et si âpre, qu'une petite fraction de la classe régnante s'en détache et se rallie à la classe révolutionnaire, à la classe qui porte en elle l'avenir. De même que, jadis, une partie de la noblesse passa à la Bourgeoisie, de nos jours une partie de la Bourgeoisie passe au Prolétariat, et notamment cette partie des idéologues bourgeois parvenus à l'intelligence théorique de l'ensemble du mouvement historique.
De toutes les classes qui, à l'heure présente, se trouvent face à face avec la Bourgeoisie, le Prolétariat seul est une classe vraiment révolutionnaire. Les autres classes périclitent et périssent avec la grande industrie; le Prolétariat, au contraire, en est le produit le plus spécial.
Les classes moyennes, petits, fabricants, détaillants, artisans, paysans, combattent la Bourgeoisie parce qu'elle est une menace pour leur existence en tant que classes moyennes. Elles 'ne sont donc pas révolutionnaires, mais conservatrices: elles demandent que l'histoire fasse machine en arrière. Si elles agissent révolutionnairement, c'est par crainte de tomber dans le Prolétariat; eHes défendent alors leurs intérêts futurs et non leurs intérêts actuels;' elles abandonnent leur propre point de vue pour se placer à celui, du Prolétariat.
La canaille des grandes villes, cette vermine passive, cette lie, des plus basses couches de la vieille société, peut se trouver enchaînée dans le mouvement par une révolution prolétarienne; cependant, ses conditions de vie la disposeront plutôt à se vendre à la réaction.
Les conditions d'existence de la vieille société sont déjà abolies dans les conditions d'existence du Prolétariat. Le Prolétariat est sans propriété, ses relations de famille n'ont rien de commun avec celles de la famille bourgeoise; le travail industriel moderne, qui implique l'asservissement de l'ouvrier par le Capital, aussi bien en Angleterre qu'en France, en Amérique qu'en Allemagne, dépouille le prolétariat de tout caractère national. Les lois, la morale, la religion, sont pour lui autant de préjugés bourgeois, derrière lesquels se cachent autant d'intérêts bourgeois.
Toutes les classes qui, dans le passé, s'emparaient du pouvoir, essayaient de consolider leur situation acquise en soumettant la société à leur propre mode d'appropriation. Les prolétaires ne peuvent s'emparer des forces productives sociales qu'en abolissant le mode d'appropriation qui était particulier à celles-ci et, par suite, tout mode d'appropriation en vigueur jusqu'à nos jours. Les prolétaires n'ont rien à sauvegarder qui leur appartienne, ils ont à détruire toute garantie privée, toute sécurité privée existante.
Tous les mouvements historiques ont été, jusqu'ici accomplis par des minorités ou au profit de minorités. Le mouvement prolétarien est le mouvement spontané de l'immense majorité au profit de l'immense majorité. Le Prolétariat, couche inférieure de la société actuelle ne peut se soulever, se redresser, sans faire sauter toutes les couches superposées qui constituent la société officielle.
La lutte du Prolétariat contre la Bourgeoisie, bien qu'elle ne soit pas, quant au fond, une lutte nationale, en revêt cependant, tout d'abord la forme. II va sans dire que le Prolétariat de chaque pays doit en finir, avant tout, avec sa propre Bourgeoisie.
En esquissant à grands traits les phases du développement prolétarien, nous avons retracé l'histoire de la guerre civile, plus ou moins latente, qui travaille la société jusqu'à l'heure où cette guerre éclate en révolution ouverte, et où le Prolétariat fondera sa domination par le renversement violent de la Bourgeoisie.
Toutes les sociétés antérieures, nous l'avons vu, on reposé sur l'antagonisme de classes oppressives et de classes opprimées. Mais, pour opprimer une classe, il faut, du moins, pouvoir lui garantir ses conditions d'existence, qui lui permettent de vivre dans la servitude. Le serf, en pleine féodalité, parvenait à devenir membre d'une commune, de même que le roturier (Kleinbürger) parvenait au rang de bourgeois, sous le joug de l'absolutisme féodal. L'ouvrier moderne, au contraire, loin de s'élever avec le progrès de l'industrie, descend toujours plus bas, au-dessous même des conditions de vie de sa propre classe. Le travailleur tombe dans la pauvreté, et le paupérisme s'accroît plus rapidement encore que la population et la richesse. Il est donc manifeste que la Bourgeoisie est incapable de remplir son rôle de classe dirigeante et d'imposer à la société, comme loi suprême, les conditions d'existence de sa classe. Elle ne peut plus régner, parce qu'elle ne peut plus assurer à son esclave même une existence compatible avec son esclavage, parce qu'elle est obligée de le laisser déchoir au point de devoir le nourrir au lieu de se faire nourrir par lui. La société ne peut plus vivre sous sa domination, ce qui revient à dire que l'existence de la Bourgeoisie est désormais incompatible avec celle de la société.
La condition essentielle d'existence et de suprématie pour la classe bourgeoise est l'accumulation de la richesse aux mains des particuliers, la formation et l'accroissement du capital; la condition d'existence du capital, c'est le salariat. Le salariat repose exclusivement sur la concurrence des ouvriers entre eux. Le progrès de l'industrie, dont la Bourgeoisie est l'agent involontaire et passif, remplace l'isolement des ouvriers, résultant de leur concurrence, par leur union révolutionnaire au moyen de l'association. Ainsi le développement de la grande industrie sape, sous les pieds de la Bourgeoisie, le terrain même sur lequel elle a établi son système de production et d' appropriation. Avant tout, la Bourgeoisie produit ses propres fossoyeurs. Sa chute et la victoire du Prolétariat sont également inévitables.
___________A suivre__________________________________________________________________________________________
Publié : 17/12/2007 - 16:48
par Pat
La dictature des minorités syndicales des chiffres et des preuves comment la C. G. T. et consort trompent les travailleurs
Le présent article ne peut être accusé de déformer tendancieusement la vérité.
Les chiffres sur lesquels il s'appuie sont ceux fournis par le bulletin mensuel édité par la C.G.T. : « LE DELEGUE du PERSONNEL" N° 313, (Janvier 1976, ce qui est une « coquille" ce bulletin venant de sortir en Janvier 1977).
Nous y lisons page 8 :
« Il n'est pas utile de redire ici les conséquences bénéfiques qu'aurait pour l'action et l'unité, une C.G.T. forte de trois millions d'adhérents (au lieu de 2.400.000) »
En passant, on voudra bien admettre que pour sa propagande, la C.G.T. ait « gonflé" ce dernier chiffre. Car dans sa prétention d'être la première confédération syndicale en France et afin de " parler au nom de la classe ouvrière ", il lui faut annoncer des effectifs nombreux ... qui en imposent !
Nous allons voir (toujours à travers les statistiques de la C.G.T.) ce qu'il en est réellement de cet « imposant" syndicat, qui plastronne par un bluff permanent qu'il entretient dans le pays.
En effet, nous lisons page 15 du « DELEGUE" :
« En France, actuellement, plus de 16 millions de salariés travaillent et élisent une fois par an leurs délégués du personnel... "
Alors, salariés, mes camarades, vous est-il difficile de calculer ce que représentent en pourcentage les adhérents de la .. puissante C.G.T." ?
15 % !!! Qu'est-ce que vous en dites? Par ses propres chiffres la C.G.T. avoue donc qu'elle ne représente seulement que 15 % des travailleurs salariés en France ! ... lesquels imposent au 85 % qui restent sa DICTATURE MINORITAIRE!
Et lorsque le camarade SEGUY parle haut et fort au nom de la classe ouvrière il y va un peu fort et de qui se moque-t-il... sinon de cette masse de travailleurs qui NE LE SUIVENT PAS.
Et que penser d'un gouvernement qui reçoit ce trublion comme un ministre... qui pour un OUI ou pour un NON arrête l'activité nationale au grè de sa fantaisie et de celle des fort-en-gueule qui l'entourent, ceci dans le seul but de détruire l'économie de la France et de saccager le potentiel de l'activité productrice nationale.
Il serait grand temps que les travailleurs de France ouvrent les yeux et se décident enfin à s'occuper de leurs intérêts véritables de salariés.
Si je dis ceci c'est parce qu'il est vital pour les travailleurs de réaliser qu'effectivement le syndicalisme leur est indispensable.
Mais, comme ils l'ont compris en étant approximativement 75 % (les statistiques prouvent que C.G.T., C.F.D.T., F.O., C.F.T.C., C.F.T. réunis atteignent à peine en effectifs globaux 25 % de l'ensemble de ces 16 millions de travailleurs dont fait mention la C.G.T.) à refuser de « s'acoquiner" à des syndicats politiques, il faut que ces 75 % de salariés comprennent à présent qu'ils doivent se battre pour la création d'un syndicalisme libre, indépendant, ayant pour seule mission la défense de leur emploi, de leur salaire, de leur profession.
Il faut que ce syndicalisme soit établi sur la base des professions et qu'il rejette toute ingérence des partis politiques; car si la politique ne peut être ignorée dans le contexte Capital-Travail, ce n'est pas une raison pour s'enchaîner à telle ou telle formation politique.
Seuls des professionnels peuvent défendre la profession et du même coup ceux qui œuvrent dans la profession.
Le rôle du syndicat doit être impérativement de protéger, aider le salarié, dans sa vie de travailleur.
Accepter que 15 % d'adhérents de la C.G.T. fassent la loi en France et puissent asphyxier sur un mot d'ordre d'un SEGUY, est une démission collective indigne des hommes et des femmes de ce pays qui, je crois, sont capables, s'ils le veulent, de se grouper pour défendre leur situation, leur emploi, sans être à la remorque d'une C.G.T ou autre C.F.D.T. MINORITAIRES qui NE LES REPRESENTENT PAS - les trahissent donc - et n'ont aucun droit de parler au nom des TRAVAILLEURS DE FRANCE.
Raymond MESURE. PRESENT février 1977
Publié : 19/12/2007 - 0:04
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