Comment Saint Marc fut transporté jusqu'à Venise

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Cormont
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Comment Saint Marc fut transporté jusqu'à Venise

Messagepar Cormont » 13/07/2007 - 19:47

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En 828 après Jésus-Christ, 2 marchands vénitiens réussissent à dérober les reliques de Saint marc qui étaient conservées dans une église copte dédiée à l'Evangéliste, située sur le rivage de Marzarita à Alexandrie, et à les emporter à Venise.
Ils remettent ces reliques avec faste au doge Giustiniano Partecipazio. L'arrivée de ces reliques est d'une importance capitale pour Venise qui acquiert ainsi la protection d'un Saint Patron prestigieux. Il constitue un levier religieux qui va asseoir la suprématie de Venise sur les autres villes médiévales.
C'est son successeur Giovanni Partecipazio qui fera édifier une "capelle palatina", la future basilique San Marco, chapelle qui s'ouvrait directement sur un des côtés du palais ducal. Le récit ci-dessous, tiré du Livre de la Mer Noire et de la Méditerranée, raconte ces évènements.

"Dans la deuxième année du règne du doge Giustinianio, le corps de Saint Marc fut transféré d'Alexandrie d'Egypte à Venise. [...]
Les choses se passèrent ainsi. Le calife des Sarrasins voulait ériger un palais près de Babylone et décréta que l'on prit les pierres des églises chrétiennes et d'autres édifices d'Egypte pour construire sa somptueuse demeure. Il advint qu'au même moment, malgré l'interdiction promulguée quelques années auparavant, deux tribuns Bono de Malamocco et Rustico de Torcello, deux éminents personnages qui se dédiaient au négoce, accostèrent avec dix navires chargés de marchandises dans le port d'Alexandrie, où les avait poussés une forte tempête. Durant leur séjour en Egypte, ils allaient se recueillir dans l'église Saint-Marc où était conservé le corps du Saint. Un jour, ils trouvèrent deux ecclésiastiques grecs, le moine Staurakios et le prêtre Théodore, dans une profonde affliction. Cherchant à savoir la cause de leur tourment, ils apprirent que le décret du calife menaçait de détruire leur église. Ils suggérèrent qu'on leur confia le corps pour l'emporter à Venise, promettant que leur doge plein de reconnaissance ne manquerait pas de les combler de bienfaits.[...]
Les gardiens de l'église voyant le grand danger que courrait leur trésor donnèrent leur accord et fixèrent le jour pour l'enlèvement du corps. Les restes étaient enveloppés dans un suaire de soie, scellé de la tête jusqu'aux pieds. Ils amenèrent le corps du bienheureux Claude [...] et réussirent à le substituer à celui de saint Marc sans briser les sceaux. Une odeur pénétrant se répandit alors dans la ville et les habitants crurent à un miracle, craignat que le corps de l'évangéliste ,n'eut été dérobé. Ils se ruèrent vers l'église, ouvrirent le cercueil, et voyant que les sceaux étaient intacts, retournèrent chez eux dépités. Bono et Rustico emportèrent la caisse contenant le corps dans leur navire après avoir placé dessus des herbes et des morceaux de viande de porc; lorsque les douaniers sarrasins s'enquirent du contenu, ils furent horrifiés et se mirent à crier "khinzîr, khinzîr" et ils s'empressèrent d'autoriser l'embarquement.[...]
C'est ainsi qu'ils purent amener les reliques de saint Marc à Venise. Le doge, le clergé et toute la population vinrent accueillir le corps et le déposèrent dans la chapelle ducale en chantant des hymnes."
« Ce sont surtout la faiblesse intellectuelle et morale des chefs et leur ignorance qui mettent en danger notre civilisation. »
Alexis Carrel, L'Homme cet inconnu

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