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PERSÉE ET ANDROMÈDE ou Le plus heureux des trois
Opéra en 2 actes de Nino d'après Jules Laforgue (Les Moralités Légendaires)
de Jacques Ibert (1890-1962)*
"Pauvre, ô pauvre monstre..." - Tiré de l’acte II de Persée & Andromède
http://www.abeilleinfo.com/son/classique/avie0008.ram
Persée et Andromède ou Le plus heureux des trois
Opéra en 2 actes de Nino d’après Les Moralités Légendaires de Jules Laforgue
La Ballade de la Geôle de Reading, pour orchestre
inspirée du récit de Oscar Wilde
(Il n'avait plus sa tunique écarlate - Cette nuit là, les corridors vides furent pleins de formes effrayantes - Le vent frais du matin commença à gémir)
Sarabande pour Dulcinée
Annick Massis, soprano (Andromède)
Philippe Rouillon, baryton-basse (Cathos, le Monstre)
Yann Beuron, ténor (Persée)
Mélanie Moussay, mezzo-soprano (Thétis)
Les Néréides (Ensemble vocal féminin du Conservatoire de Strasbourg, direction Catherine Bolzinger)
Orchestre Philharmonique de Strasbourg
Direction Jan Latham-Koenig
Enregistrement : Ville de Strasbourg Orchestre Philharmonique © 2002
* Par Gérard Michel
Jacques Ibert (1890-1962), compositeur français par excellence, a toujours placé ses œuvres sous le signe de la liberté : "Le mot système me fait horreur, disait-il, et je fais le pied de nez aux règles préconçues." Persée et Andromède est la parfaite illustration de cette affirmation.
Premier Grand Prix de Rome en 1919, Directeur de l'Académie de France à Rome (1937-1960) et de l'Opéra de Paris (1955-1956), Ibert a très rapidement connu une notoriété internationale grâce à ses toutes premières compositions, La Ballade de la Geôle de Reading (1920), les Histoires pour piano - dont le Petit Ane Blanc - (1922) et Escales pour grand orchestre (1922), où s'affirmaient déjà ses qualités essentielles : clarté de l'écriture, élégance du style, sûreté du métier qui s'accorde avec une sensibilité poétique raffinée et un amour des teintes aussi subtiles que chatoyantes. Les ouvrages ultérieurs, qu'il faudrait tous citer, n'ont fait que confirmer la nature exceptionnelle de l'auteur de ces premiers chefs-d'œuvre -qu'il s'agisse des concertos ou des symphonies, des grandes pages de musique instrumentale ou vocale, des divertissements ou des ballets tels Diane de Poitiers, Le Chevalier Errant ou La Licorne, ou encore des partitions lyriques.
Jacques Ibert a en effet composé six ouvrages lyriques, chacun se référant à un genre différent et bien particulier. A l'opéra Persée et Andromède (1921) précisément, succédèrent une farce Angélique (1926), un opéra-comique, Le Roi d'Yvetôt (1928), un opéra-bouffe Gonzague (1931), un drame musical, L'Aiglon (1937) et une opérette, Les petites Cardinal (1938), ces deux dernières œuvres en collaboration avec Arthur Honegger. La variété de ces ouvrages n'écarte pas cependant, au contraire, des données esthétiques communes qu'Ibert a lui-même définies : "Réaction contre le théâtre naturaliste ou vériste avec son cortège d'horreurs ; réaction contre l'absence de mélodies, airs, duos, ensembles des opéras modernes".
Persée et Andromède, le second des envois de Rome, fut créé à l'Opéra de Paris, alors dirigé par Jacques Rouché, le 15 mai 1929. Fanny Heddy Villabella et André Pernet, sous la direction de Busser, en étaient les interprètes. Le livret spirituel de Nino, inspiré des Moralités Légendaires de Laforgue, avait apporté au musicien de quoi donner libre cours à son ironie. Nul plus qu'Ibert n'était apte à saisir et à transcrire la fantaisie de Laforgue qui, dans ses Moralités, démythifie les grandes légendes antiques avec infiniment de malice et de causticité. Ici, ni Andromède, ni le monstrueux dragon, ni moins encore Persée ne sont épargnés. C'est ainsi qu'Ibert parvient, tout au long des deux actes de l'ouvrage, à faire un amalgame de l'opera seria et de l'opera buffa par la façon mordante et primesautière dont il conte musicalement une histoire somme toute assez tragique.
L'action
Acte I - Le jour bientôt va se lever sur l'île déserte ou Andromède, condamnée par l'Olympe, est confiée à la garde de Cathos, monstre hideux secrètement amoureux de sa prisonnière. Les néréides saluent l'aube naissante puis font appel aux Furies qui vont harceler le monstre pitoyable jusqu'à la venue de l'Aurore (Ballet). Enfin, un rayon de soleil réveille Andromède (Air : "Encore un jour d'automne…"). Puis la jeune fille, languissante et câline, essaye d'apitoyer Cathos (Duo : "Si tu voulais au moins…"). Tous deux jouent ensuite aux échecs, pour passer le temps (Ballade du Monstre : "Il était une fois…").
Acte II - Andromède, boudeuse mais coquette, se mire dans une flaque d'eau. Puis elle exhale sa plainte tourmentée, pleine d'inquiétude et d'espoir, d'amoureuse en mal d'amour (Air : "Bientôt mes yeux…"). Soudain elle croit apercevoir dans le ciel un grand oiseau de mer. C'est Persée, monté sur Pégase, qui vient la délivrer. Le héros, infatué de sa personne, se présente avec emphase à Andromède (Air : "Pour toi, j'ai traversé…"). Puis roucoule une sérénade (Air : "Si je vous aime…"). Cathos, furieux, jaloux, s'avance menaçant vers Persée. Celui-ci, ayant brandi en vain la tête de Méduse, sort son glaive et malgré les supplications d'Andromède, pourfend le monstre qui expire en avouant son amour pour la jeune fille. Cette dernière, bouleversée, refuse de suivre Persée qui, plus prétentieux que jamais, reprend les airs en se riant d'Andromède et en reprenant sa sérénade. Andromède, seule, laisse éclater ses sanglots (Air : "Pauvre, ô pauvre monstre…" - Extrait). Soudain de la carapace du monstre surgit un Prince, beau comme le jour. Il est bien le plus heureux des trois. Et c'est le duo d'amour final ("Andromède, merci...") que ponctue le chant lointain des Néréides.
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Jacques Ibert
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« Vae caecis ducentibus, vae caecis sequentibus !
[Malheur aux aveugles qui mènent ! Malheur aux aveugles qui suivent !] » Saint Augustin.
« On sait par quelle fatalité les grands talents sont, pour l’ordinaire, plus rivaux qu’amis ; ils croissent et brillent séparés, de peur de se faire ombrage : les moutons s’attroupent, et les lions s’isolent. » Comte A. de Rivarol.
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