Stanislas75000 a écrit :signez ma pétition anti mariage gay:
http://www.
[censure Dissident]A plus tard
PETITION AVAAZ QUI SE CACHE DERRIERE????
AVAAZ, cyber-actions et cybermanifs
Nous vivons des temps épiques où des forces titanesques sont au combat et exigent que nous prenions place dans la lutte. Porteurs d’une demande de changement radical des règles du jeu mondial au nom des 99 %, les OWS et autres Indignés affrontent avec détermination et courage les violences des gouvernements démocratiques d’Occident. Qu’ils soient ou non l’ultime espoir de faire dérailler l’Empire, les 99 % auraient tout intérêt à les soutenir puisque, cela devrait être assez évident pour tous, le combat des Indignés pour la démocratie réelle et contre la toute-puissance de l’argent est aussi le nôtre, aussi flou et controversable qu’il soit encore. Leur apporter notre soutien signifie les rejoindre. L’idéal, serait que ce soit dans la rue, en se déclarant Indigné(e) à leur côté. Mais si nous n’avons pas le cœur à cela, sommes-nous pour autant condamnés ? A défaut de la rue, ne pourrions-nous les rejoindre dans le cyberespace ? Quelles sont les offres sérieuses de cyber-actions actuelles ? C’est ce que nous allons examiner en portant une attention critique à cette organisation en vogue qu’est Avaaz, afin de mettre en avant l’intérêt que pourrait représenter de véritables cybermanifestations citoyennes, non seulement pour le soutien immédiat aux OWS mais aussi, à plus long terme, pour le renouveau démocratique que nous appelons tous de nos vœux.
Les cyber-actions, nous connaissons tous très bien. Pour l’essentiel, cela va consister en (a) l’utilisation d’e-mails pour interpeller des politiciens comme des hauts responsables quelconques, ou en b) des pétitions que l’on peut signer en ligne
On pourrait questionner ces formes d’action sous le rapport de la visibilité et de l’impact réel mais il ne faudrait pas oublier que les formes d’action traditionnelles se heurtent aux mêmes difficultés.
Car, plus que jamais, les médias ne véhiculent que ce qui leur convient. De sorte que même des manifestations monstres, comme il y en a eu il y a quelques années aux USA concernant la légalisation des drogues, peuvent être complètement passées sous silence.
De fait, c’est bien le problème que rencontrent actuellement les OWS et autres Indignés : ils n’ont qu’une médiocre visibilité médiatique.
C’est pour de toutes autres raisons que les Adbusters, initiateurs du mouvement OWS, ont adressé aux cyber-actions et à l’activisme internet en général (baptisé pour la circonstance « clicktivisme ») une critique très dure. Celle-ci visait avant tout la récupération des organisations de cyberaction par une forme de logique « audimat » aux effets désastreux.
Selon les Adbusters, ces organisations se sont laissées gagner par la logique et les techniques marketing qui sous couvert de démocratie contribueraient à la « domestication » des militants par a) l’avachissement inhérent au fait de croire que cliquer ici ou là constitue une forme suffisante d’action politique ou citoyenne et par b) l’affadissement de revendications soigneusement polies au travers de sondages d’opinion.
De fait, ce qui m’a incité à rédiger ce papier, c’est que j’ai reçu d’Avaaz un questionnaire destiné à définir son agenda 2012. Cette organisation de cyberactions est, en effet, engagée sur une multitude de fronts et se targue d’opérer « démocratiquement », en suivant les orientations de sa large base d’adhérents « de fait » — puisque signer une quelconque pétition d’Avaaz fait automatiquement de vous un adhérent.Pour ma part, j’ai participé depuis deux, trois ans à bon nombre de leurs actions, généralement basées sur une pétition en ligne avec une importante activité sur le terrain pour la mettre en valeur.
A première vue, avec plus de dix millions de membres, c’est un succès peu contestable. L’impact médiatique paraît aussi réel que la réussite des actions. On pourrait être tenté de suivre ce mouvement les yeux fermés en se demandant ce que les Adbusters peuvent bien y trouver à redire.
Tout cela est tellement progressiste (contre la discrimination et la victimisation des femmes, des homosexuels), écologique (contre le réchauffement climatique, le nucléaire, les OGM, la chasse aux baleines ou aux dauphins, la destruction de la nature en Amazonie ou ailleurs), humanitaire (famine au Soudan, et dans le monde), pacifiste (contre les armes nucléaires, contre la guerre en Irak) droidelomiste (défense du Tibet, contre la torture), libertaire (sauver l’Internet en France et ailleurs, droit aux médecines douces, soutien à Wikileaks, arrêt de la guerre à la drogue), démocratique (soutien aux printemps arabes), de bonne politique (contre la corruption, en Inde, en France, en Angleterre, contre les lobbies de Bruxelles, ou ceux des médias) et même polémique (pour une enquête sur la guerre à la terreur de Bush, pour un soutien à la flottille d’aide à Gaza, pour la reconnaissance de la Palestine comme Etat à l’ONU, contre les colonisations en Palestine), etc. !
Néanmoins, il ne faut pas chercher bien loin pour commencer à se poser des questions. Nul besoin pour cela de scruter le pedigree des géniteurs, Res Publica et MoveOn (ce dernier étant soupçonné de financement par Georges Soros).
Non, il suffit d’ouvrir les oreilles et les yeux pour repérer un certain nombre d’indices qui, bien que fragiles et parcellaires, esquissent un portrait un peu moins lisse qu’attendu... :
1) Pour commencer, il faut entendre le témoignage d’un ancien collaborateur d’Avaaz dont les propos recoupent parfaitement les critiques des Adbusters : marketing, opacité de l’organisation et de son fonctionnement. Ses questions insistantes lui vaudront pour toute réponse l’idée que Avaaz « mène des campagnes opportunistes en fonction de l’air du temps et ne veut pas perdre du temps comme les organisations traditionnelles à réaliser des analyses poussées qui sont une perte de temps... »
2) Puis entendre ce que dit ce post d’un « citoyen engagé » au sujet du brillant CV du directeur exécutif ici en V.O : « Avaaz a été créé par Ricken Patel un anglo-canadien passé par la fondation Rockefeller, la fondation Bill Gates, consultant pour l’ONU — bref un agent du système mondial. A priori sûrement pas un révolutionnaire citoyen dans l’âme. La fondation Rockefeller apprend à manipuler des foules et nul doute que ce Ricken Patel en est devenu un expert. ». Dans le même registre, on pourra lire le forum du site cyberacteur.org.
3) Ensuite, il faut ouvrir les yeux sur l’étrange absence d’historicité des sites d’Avaaz. Vous pourrez constater qu’à partir de la page d’accueil, vous n’avez que l’actualité immédiate des actions, l’autocongratulation de première fraîcheur et l’appel aux dons ! Aucun plan du site, aucun outil de recherche et donc aucun accès aux anciennes pages qui permettraient de s’informer et de juger le plus objectivement possible de l’ensemble du répertoire des actions passées. Seuls des aperçus publicitaires très calibrés sont proposés dans la section « temps forts ». Pour qui veut recoller les morceaux, il faut s’appuyer, comme je le fais, sur ce que la mémoire collective d’Internet a à offrir. Les millions de membres d’Avaaz apparaissent donc délibérément cantonnés à la réaction immédiate à une actualité brûlante traitée à coup de date-butoirs et de délais comptabilisés en heures plutôt qu’en jour. Tout se passe comme si Avaaz tentait avant tout de susciter chez chacun un réflexe citoyen dans le plus mauvais sens du terme, c’est-à-dire, celui qui fait appel à la moelle épinière et pas au cerveau.
4) A l’instar du prix Nobel de la paix Obama, Avaaz se présente comme pacifiste afin de légitimer d’autant mieux ses appels à la guerre. L’invitation à soutenir la demande à l’ONU d’une zone d’exclusion aérienne en Lybie était un parfait exemple de rhétorique impériale faite de démonisation et de médiamensonges. Il est sûr qu’Avaaz n’a pas ici perdu de temps en « analyses poussées ». Le texte, véritable copié-collé made in Pentagone est assurément l’expression d’un « opportunisme » fonction de « l’air du temps ». C’est lui qui m’a mis la puce à l’oreille après m’avoir pris au piège.
5) Comme le même type de rhétorique est utilisé actuellement vis-à-vis de la Syrie, on pourrait se demander (dans un accès de fièvre complotiste induit par Thierry Meyssan et/ou Michel Collon) si la finalité d’Avaaz ne serait pas avant tout de susciter un large soutien populaire pour les coups tordus de l’Empire ? Est-ce que Avaaz n’aurait pas pour stratégie — comme le dit si bien non666 au sujet de Wikipedia en particulier et des médias en général — de nous mobiliser sur « 99% de choses sures et éprouvées pour pouvoir vendre le 1% de Version Officielle qui les arrange » ? Après avoir bâti la confiance de ses membres via un grand nombre de pétitions très consensuelles, Avaaz pourrait ensuite les amener à suivre plus aisément des actions aussi contestables que celles concernant la Libye ou la Syrie. Ce serait un détournement très fin mais très efficace de la démocratie participative.
6) Un facteur supplémentaire à prendre en compte, c’est le caractère vague, informe et donc assez inefficace des actions qui visent directement l’Empire. On pourrait dès lors penser qu’elles sont là avant tout pour dédouaner Avaaz de tout soupçon de collusion. Les OWS ont ainsi été soutenus par une déclaration langue de bois qui n’engageait à rien et qui était donc un parfait support de projection pour toutes les personnes de bonne volonté. La pétition visait le million de participants. L’objectif n’a pas été atteint. Elle est à l’heure où j’écris enlisée à 810.315 avec environ une nouvelle signature par heure. Si, de manière fort improbable, cet apport se maintenait, le million de signataires sera atteint dans 22 ans. Wall Street peut dormir tranquille. Il fera chaud avant qu'Avaaz ne demande la fin du système des réserves fractionnaires et la pleine souveraineté populaire sur la création monétaire.
7) Même à partir du seul contenu auto-promotionnel du site on pourrait penser qu’Avaaz est une vitrine officielle de la CIA. On peut en effet y lire que a) les activistes libyens (que l’on sait liés à Al Qaida) ont été équipés en matériel de communication et soutenus par Avaaz et que b) les médias alignés (CNN, BBC, Al Jazeera etc.), tambours des guerres de l’Empire, ont été directement alimentés par l’intermédiaire d’Avaaz. Un e-mail promotionnel d’Avaaz, outre qu’il précise les sommes en million de dollars engagées, fait en particulier mention de maisons secrètes destinées à protéger des dizaines d’opposants syriens. Sérieusement, qui peut mettre en œuvre des planques comme cela à part la CIA ? La pétition contre la torture en Syrie est visiblement du même tonneau : « si nous agissons maintenant, nous pouvons faire du sacrifice de Manhal la goutte d'eau qui fait déborder le vase et qui force le monde entier à se retourner contre le régime d'Assad ». Tout est dit. En Syrie, un individu supposément torturé doit amener la chute du régime quand, en même temps, les U.S.A s’autorisent la torture comme bonne pratique anti-terroriste sans qu’Avaaz n’y trouve rien à redire.
Dans le contenu auto-promotionnel évoqué ci-dessus, Avaaz annonce 30.000 donateurs (pour donner du poids) alors que son appel aux dons en page d’accueil en mentionne seulement 10.000 (pour faire pauvres courageux qui ont besoin d’aide). Il en ressort une impression de communication tendancieuse, qui induit plus qu’elle n’informe véritablement. Dans ce registre « grosse ficelle », le meilleur c’est sans doute le fait que la pétition contre la torture en Syrie s’appuie prétendument sur un nouveau rapport « terrible » qu’Avaaz vient de « publier » mais qui est introuvable alors qu’il porte accusation de crimes contre l’humanité. On se croirait dans « Dark City » (ancêtre de Matrix), avec des décors qui semblent de plus en plus en carton pâte. Tout aussi significatif dans ce registre, c’est le fait que le texte des pétitions, outre son caractère vague, attrape-tout et inoffensif vis-à-vis de l’Empire, pourrait aussi changer en cours de route ou varier de l’e-mail d’appel à la page de signature sur le site comme cela semble avoir été le cas pour la pétition demandant un moratoire sur les OGM !
9) Enfin, si on se risque à une lecture symboliste, on doit observer que le logo d’Avaaz représente la Pangée, l’ancêtre unique de nos continents avant qu’ils ne se distancient les uns des autres avec la dérive des continents. Pangée veut dire « Toute la Terre ». Dans le contexte actuel de mondialisation et d’instauration d’un Nouvel Ordre Mondial cela n’est pas forcément innocent surtout si on observe que les couleurs d’Avaaz sont aussi celles d’Israël. Or, la capitale, Jérusalem est la ville dont Jacques Attali, qui n’est pas forcément le plus mal renseigné d’entre nous, disait (sur la très sérieuse chaîne TV du Sénat) qu’il était envisagé qu’elle devienne capitale planétaire d’un gouvernement mondial... !SUITE /
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