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Législatives 2012 : déjà du rififi à Paname !

Publié : 07/03/2012 - 13:53
par Pat
Membres d’un gouvernement agonisant à la recherche d’un point de chute post-élection présidentielle, apparatchiks socialistes désireux de négocier un strapontin dans la France sauce hollandaise d’après mai 2012, écologistes maîtres-chanteurs incapables d’obtenir des sièges par eux-mêmes et qui se font offrir sur un plateau des circonscriptions en or par leurs alliés du PS, barons locaux mus par la crainte de perdre un mandat rémunérateur : tel est le plateau des responsables politiques qui se constitue, déjà, en prévision des prochaines élections législatives à Paris. On voudrait dégoûter les française de la chose publique que l’on ne s’y prendrait pas autrement…

A droite, tendance demi-molle : le Premier ministre Fillon, que d’aucuns voient mis en danger dans son fief de la Sarthe, a demandé et obtenu de l’UMP l’imperdable 2e circonscription… Au grand dam de Dame Rachida Dati, lasse de l’indifférence médiatique autour de son mandat de députée européenne et qui, en tant que maire du VIIe arrondissement, se considère comme la plus légitime. Déclarations à l’emporte-pièce, confidences fielleuses des proches, gros yeux des cadres UMP : rien n’y fait, et l’on devrait assister jusqu’au bout à l’opposition frontale entre celui que Sarkozy avait qualifié de collaborateur et l’ex meilleure amie du couple Nicolas – Cécilia… Ambiance.
Même partition, en moins médiatique, dans la 4e circonscription : la maire UMP du XVIIe arrondissement, Brigitte Kuster, affrontera en effet Bernard Debré dans un duel fratricide. A croire que les leçons de 2001 – la présence de 2 candidats de droite au 2nd tour des municipales avait permis à Bertrand Delanoë d’emporter la Mairie de Paris – n’ont pas été retenues, ce qui démontre l’incapacité de ces gens à se préoccuper d’autre chose que de leur carrière personnelle…

Du côté de la sinistre* gauche, et sur fond de rancœur des aubrystes défaits lors des primaires PS, le tableau n’est guère plus reluisant : le maire de la capitale veut faire une place à son adjoint Denis Baupin dans la 10e circonscription, ce qui pousserait de facto sur la touche l’actuel député socialiste Serge Blisko. Evidemment, au nom du respect de l’ancrage local et de ses bons et loyaux services, ce dernier refuse de s’en laisser compter, et pourrait bien partir seul à la bataille. Deuxième niveau de gag, ladite circonscription ayant été gelée à destination d’un écologiste, les candidats verts sont au nombre de 4 ! Baupin donc, Yves Contassot (trésorier de la campagne présidentielle), Eva Sas (trésorière du parti) et Nathalie Laville, seule sans-grade du quatuor d’affamés.
C’est que les écolos-verdâtres, inspirés par l’intransigeance affichée de leur candidate Gro Eva Farseth – épouse Joly –, sont sortis gagnants du stress-test qui les opposaient à leurs futurs alliés : après « l’instant norvégien » d’une candidature de témoignage, les dirigeants d’Europe écologie – Les verts enjoindront leurs sympathisants à voter au 2nd tour pour le candidat de gauche (comme si un suspense terrible régnait sur les intentions de vote des susdits). Ceci, après que le programme socialiste aura entériné le démantèlement ultra-rapide de la filière nucléaire (pas moins de 24 centrales en 5 ans !). Cerise sur le strudel, les écolos-cocos ont obtenu 60 circonscriptions gagnables en cas de vague rose, dont 30 gagnées d’avance en hypothèse basse. La priorité d’EELV est en effet de parvenir à créer un groupe parlementaire à l’Assemblée nationale (15 députés minimum sont nécessaires), et d’obtenir ainsi les conséquents avantages qui en découlent (fonds parlementaires, assistants, locaux, voitures avec chauffeurs, etc.). C’est beau, la conviction politique, à ce stade…

A Paris, la tambouille socialo-écolo a été tout spécialement mitonnée à l’intention de Cécile Duflot – présidente d’EELV : la 6e circonscription, à propos de laquelle un élu socialiste a affirmé qu’un « âne avec une pancarte PS serait élu », lui a été réservée, à elle qui est élue locale… dans le Val-de-Marne ! Hic : la députée sortante socialiste Danielle Hoffman-Rispal refuse de jouer les mulets, et risque donc bien de présenter une candidature dissidente contre le PS ! Du Shakespeare, on vous dit… Et encore la liste des désaccords n’est-elle pas exhaustive.
Autre argument avancé par les détracteurs de ces parachutages et ententes d’états-majors : les 3 députés socialistes sortants à qui il a été demandé de céder leur place se nomment Serge Blisko (10e circonscription), Tony Dreyfus (5e), Danielle Hoffman-Rispal (6e). Sans parler de Daniel Golberg (futur ex) député de Seine-Saint-Denis . Tous d’origine et / ou confession juive. Pour des partis prompts à voir dans chaque proposition ou déclaration des cadres frontistes des atteintes à la diversité ou un repli identitaire, la coïncidence prête à sourire...
Déjà rendus anxieux par le redécoupage électoral validé en 2010, qui impose une réduction du nombre de députés parisiens, de 21 à 18, les ténors de l’UMPS et de leurs affidés n’ont décidemment pas fini de se faire de la bile… A moins que les candidats Front national ne viennent mettre tout le monde d’accord !
http://chroniquespatriotes75.blogspot.com/
* En latin, sinistra signifie gauche.