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Paul-Marie Couteaux : « Le rassemblement national est à la f

Publié : 10/11/2011 - 14:38
par Pat
Paul-Marie Couteaux : « Le rassemblement national est à la fois nécessaire et possible »

Paul-Marie Couteaux, figure gaulliste du souverainisme, ancien député français au Parlement européen, est un des porte-parole de la campagne présidentielle de Marine Le Pen. Nous l’avons rencontré et il a eu la gentillesse de bien vouloir répondre à nos questions pour les lecteurs de NPInfo. Propos recueillis par François Vial.

1 / Paul-Marie Coûteaux, vous êtes une personnalité de premier plan sur l’échiquier politique français, vous avez une grande expérience des rouages de l’Etat, de la manière dont on conduit un pays et vous avez été longtemps député français au Parlement européen avec un engagement de tout premier ordre en faveur de la préservation de notre souveraineté nationale. Qu’est-ce qui vous a rapproché de Marine Le Pen ?

P-M C :Si j’étais audacieux et choisissais de vous répondre sur le mode sentimental, je transposerais ce que Montaigne dit de son amitié pour La Boétie : « Parce que c’était moi, parce que c’était elle »… J’ai en effet, depuis que je l’ai connue il y a dix ans, une grande admiration pour Marine le Pen, sa sincérité, sa droiture, son « caractère » -dont De Gaulle, en bon classique, faisait la principale vertu des Chefs, et des chefs d’Etat en particulier. J’aime aussi sa façon, que je découvre mieux ces jours-ci, de relier intuitivement chacun de ses combats, qui sont en fait très classiques, ce qui à mes yeux en fait toute la valeur, (la défense de la nation, de l’autorité de l’Etat, et de la singularité nécessaire des civilisations, dont la notre) à une conception du monde qui est, elle, très actuelle, explorant les voies du protectionnisme, s’inquiétant pour la liberté dans un univers à la Orwell où les techniques de communication servent les oligarchies au delà de l’acceptable, rappelant le rôle décisif des apprentissages fondamentaux dans un monde où l’acculturation des nouvelles générations, en Europe du moins, est consternante. A quoi s’ajoute son charisme, autre qualité essentielle, que n’ont pas toujours ceux qui ont pourtant de bonnes idées… Bref, j’ai confiance en elle. Ce sentiment de confiance fut spontané, et ne fut jamais pris en défaut, chose assez rare dans la galaxie politique….

Si je devais répondre sur un mode plus théorique, je dirais qu’il est au plus haut point intéressant qu’elle « parle au peuple » -je n’entends pas par le mot « peuple » l’ensemble indistinct des « petites gens », comme cela semble désormais de rigueur, mais l’unité des Français apparemment les plus différents : des nantis et des pauvres, des personnes jeunes comme de plus âgées, des ruraux et des urbains, des enragés déboussolés comme des « héritiers » -ce que l’on appelait naguère et que je persiste à appeler avec Renaud Camus, « la classe cultivée »; cette diversité, c’est ce peuple de France auquel pensait, ou rêvait, André Malraux aux temps du RPF proclamant que « le gaullisme, c’était le métro à six heures »… En tous les cas, je constate que le peuple, dans cette acception large, écoute ce que dit Marine le Pen (un signe : le fort taux d’audience des émissions télévisées auxquelles elle participe), cela peut-être parce qu’elle est résolument hors du système de pensée dominant, qu’elle a payé et paye encore le prix de cette opposition franche, une sorte de capacité insubmersible à la résistance, voire une pointe de sacerdoce -qui est dans l’éthique de tout responsable, mais qui est perdu de vue. Bref le peuple l’écoute, même parmi les réticents…

Point capital : on ne fait rien sans le peuple. Sans lui, sans un soutien puissant (ce qui nécessite pour nous, entre autres poins de stratégie, de dépasser la seule base du Front national et de toucher une large majorité de Français), sans sa participation de tous les jours, aucun « pouvoir », aussi bien orienté que serait le notre, n’a assez de légitimité pour agir à bonne échelle. La démocratie n’est pas seulement un mode de sélection des gouvernants, elle est aussi, et c’est le plus important, un moyen de gouverner -en s’appuyant sur l’indispensable force historique q’est le peuple, recourant périodiquement au référendum, élément clef de la Ve République. J’insiste sur ce point : le soutien populaire est aujourd’hui la seule source de Légitimité; or, il n’y pas de gouvernement sans une Légitimité forte face aux féodalités de tous poils. En bannissant le peuple, et jusqu’à ce mot même, en l’insultant sous le vocable de populisme quand il leur échappe, en le privant aussi d’une aristocratie (point rarement évoqué mais extrêmement grave), les grands oligarques veulent tuer toutes les chances d’une authentique volonté politique -qui les hante, et serait en effet catastrophique pour eux… Ils ne veulent pas du demos (du peuple), parce qu’ils ont peur du kratos (du pouvoir) qui en procède…

Enfin, si je répondais de façon plus politique à votre question sur les raisons de mon soutien, je dirais qu’il est aussi motivé par ce que l’actuelle conjoncture électorale, et la personnalité de Marine rendent possible, la réunion des familles qui ont toujours considéré que la Nation était le seul acteur de la vie inter-nationale contre tous les rêves de « dépassement des nations » et de « gouvernance mondiale ». Vous me voyez venir : la réunion de ceux pour qui le seul cadre légitime de l’action politique est la Nation revient principalement à réconcilier les nationalistes et les gaullistes -ainis que la déclinaison moderne du gaullisme qu’est le souverainisme. Ces familles (je passe sur les « républicains de gauche », qui sont devenus des comparses, ou qui ne sont plus de gauche), l’histoire les a séparées sur des malentendus. Malentendus, car je ne pense pas que le nationalisme fût compatible avec ce que le Maréchal Pétain appela lui-même la collaboration avec l’Allemagne (elle, impérialiste justement, et pas du tout nationaliste, puisqu’elle ne respectait pas la souveraineté des nations), pas davantage que je crois le nationalisme compatible avec la colonisation, qui est aussi un impérialisme… J’espère que, les fixations et les passions qui ont empoisonné deux générations et fait tant de mal à la France sont à présent dépassées, et que la réconciliation est désormais possible en profondeur. Je m’y attache en tous cas, prenant la précaution d’instaurer des étapes intermédiaires : je crois ainsi nécessaire que le Front National, dont l’histoire (je ne parle pas de la plupart de ses thèmes actuels) fait encore hésiter nombre de gaullistes, de souverainistes et de républicains, accepte à ses côtés des partenaires et des passerelles, autrement dit que les familles apprennent à se connaître et à coopérer sans se confondre -ou beaucoup ne franchiront pas le pas, ce qui serait grand dommage à l’heure où le rassemblement national est à la fois nécessaire et possible. En somme, il faut une alliance. Cette alliance est un pari : je réussirai ou je ne réussirai pas ; la réponse sera intéressante…

2 / Vos contacts avec Marine Le Pen, en particulier, et avec le Front National en général ne sont pourtant pas nouveaux. En 2002, lors du second tour de la présidentielle, vous aviez déjà donné des signes favorables à un tel rapprochement ; depuis vous avez régulièrement croisé l’actuelle présidente du FN à de multiples occasions. Pourquoi avez-vous franchi le pas aujourd’hui, justement, et pas plus tôt ?

C’est une question importante pour moi, à laquelle j’aimerais répondre en détails. D’abord, je me suis toujours élevé contre la diabolisation du FN -par exemple à France-Culture, où j’ai longtemps été « producteur délégué », mais d’où j’ai été pour cette raison totalement écarté… J’ai donné des signes bien avant 2002, ayant toujours explicitement inclus les militants du FN dans le cercle des patriotes de droite comme de gauche qui sont à mon avis l’armée de réserve de la France -c’est d’ailleurs dans ce cadre, nommément l’Alliance pour la Souveraineté, que j’ai rencontré mon premier ami au Front National, Louis Aliot. J’en ai eu d’autres d’ailleurs, tel l’incomparable Jean-Claude Martinez, et je n’ai jamais cherché à cacher mes rencontres, à Strasbourg surtout, avec Jean-Marie le Pen, que je voyais souvent, avec lequel je déjeunais de temps en temps au parlement : ce n’était pas un secret. En 2001, lors d’un dîner avec lui en tête à tête, il m’a demandé d’entrer au FN; mais le RPF de Pasqua et Villiers était en capilotade, je n’avais pas de parti, mon ralliement n’eut été qu’individuel et donc que peu de poids -d’autant qu’il aurait été compris comme la quête d’une investiture aux élections européennes suivantes : politiquement nul.

Mais il est vrai que je n’ai fait pendant longtemps que « donner des signes », comme vous dites. On peut penser que j’aurais dû aller plus vite, mais aujourd’hui je crois qu’il ne le fallait pas : en politique, tout est question de circonstances et, surtout, de ce que l’on représente, c’est à dire ce que l’on signifie au moment voulu. Ce n’est d’ailleurs pas en 2002 que j’ai hésité pour la première fois, mais en 1998, où je me suis engagé très loin dans la tentative de réconcilier les deux familles dont je parlais tout à l’heure. L’épisode ne fut pas public, je l’ai rarement raconté : un soir de mars 1998, tandis que je dînais chez Lipp, je reçois un coup de téléphone assez dramatique de mon amie Florence Kuntz, qui était alors une jeune conseillère régionale de Rhône-Alpes : elle n’en pouvait plus de recevoir les menaces de Philippe Séguin, alors président du RPR, qui l’appelait toutes les deux heures pour qu’elle n’apporte pas sa voix à Charles Millon, lequel avait passé un accord avec le groupe FN de Bruno Gollnish. Le même cas de figure se posait d’ailleurs dans plusieurs conseils régionaux, et il était significatif que beaucoup d’élus du RPR étaient prêts à accepter semblables alliances -cela vaut encore pour aujourd’hui… L’enjeu m’a paru assez important pour que j’aille aussitôt rue de Lille, à deux pas, où je trouvais en effet Philippe Séguin téléphonant furieusement à ces élus RPR en les menaçant d’exclusion s’ils franchissaient le pas; je lui fis valoir qu’il lui suffisait de ne rien faire, de laisser se conclure des accords dans quatre ou cinq régions pour que, le tabou étant levé dans les faits, et « à la base », commence enfin à se refermer le piège de Mitterrand séparant « les deux droites » -et que le RPR reprenne un peu de la couleur nationale, sociale et populaire qui lui manquait… La discussion fut épouvantable. Il n’avait à m’opposer qu’une chose : les journalistes, les socialistes, Jacques Chirac ne lui pardonneraient pas ! En fait, il avait peur -alors que, s’il avait osé braver ces interdits, il aurait été incontournable. Cette nuit-là, remontant à pieds le boulevard Saint-Germain, je songeais que la galaxie des néo-gaullistes était perdue (elle allait peu après se laisser absorber dans l’UMP), et que, pour ce qui était la reconstitution d’un parti national par la réconciliation de nos deux familles, les faux héritiers du Général avaient passé leur tour. Et je songeais à créer, avec mon ami Dupont-Aignan, un authentique parti gaulliste qui proposerait un partenariat au Front; c’était un jeune député RPR, je dirigeais alors la revue du RPR, notre initiative aurait eu un certain sens -mais il ne le voulut pas; Charles Pasqua et son club « Demain la France » proposait d’ailleurs une alternative intéressante -qui allait se traduire l’année suivante par la création, avec Philippe de Villiers du RPF, que j’ai rejoint.

En 2002, il y eut une nouvelle occasion, à laquelle vous faites allusion. Le 23 avril, au cours d’une réunion de l’Alliance pour la souveraineté, nous avions fait adopter, le Général Gallois, Francis Choiseul, Louis Alliot et moi une motion appelant à voter au second tour « Tout sauf Chirac » -soit voter Le Pen, soit voter blanc. Hélas, cela s’est noyé dans l’affreuse « quinzaine anti-le Pen » d’où s’avérait que, devant la dramatisation si bien mise en scène par le Système, les Français prendraient peur et que le second tour ne donnerait rien. Me rallier dans ces conditions eut été jeter ma carte à l’eau. Il y eut enfin une autre occasion lors des européennes de 2009 quand, désapprouvant l’alliance que M. de Villiers crut bon de conclure avec un milliardaire irlando-américain équivoque (l’opération « Libertas »), je rompis avec lui; Marine me proposa alors une tête de liste. J’ai de nouveau refusé, car la signification politique aurait une fois encore disparu devant l’interprétation, infamante pour moi, de ne vouloir que sauver mon siège parlementaire…

Je raconte tout cela en détails pour bien marquer mon refus de faire quelque chose qui ne soit que d’ordre individuel. Si je souhaite vivement coopérer avec le Front National, ce n’est pas en rallié individuel, mais en tant que représentant d’un courant politique, ce qu’un journaliste de l’hebdomadaire Marianne appelait récemment le « gaullo-souverainisme » -gaullisme et souverainisme, c’est à peu près c’est la même chose, la souveraineté ayant toujours été le cœur de la problématique gaullienne. Je crois que nous pouvons établir un partenariat qui serait l’esquisse d’un large rassemblement national autour de Marine le Pen que nous sommes nombreux à souhaiter dans le pays, notamment au RIF, au MPF, à DLR aussi (je ne parle pas là de ces petites entités, mais du courant politique qu’elles représentent). J’en veux pour preuve le nombre de militants et de cadres de ces mouvements qui s’adressent ces jours-ci à moi et à mes amis, et que nous allons regrouper au sein d’une coordination qui soutiendra Marine et sera l’alliée du FN pour le législatives de juin. Cette alliance sera d’un grand profit pour le FN, montrant qu’est tournée la page de son isolement, qu’il peut se délivrer de sa vieille hantise d’assiégé -montrant aussi que Marine a des partenaires et peut constituer autour d’elle une véritable force de gouvernement -l’objectif étant bien de gouverner, n’est-ce pas ?

Pourquoi maintenant ? Les réponses données à votre première question l’expliquent : nous avons la bonne personne et le bon moment. Une sorte de bloc historique se renverse : d’abord à l’échelle planétaire (mise en cause de l’hégémonie américaine) mais aussi à l’échelle européenne, ou « l’Europunie » a lamentablement échoué); comme en politique intérieure (évaporation de l’UMP, épuisement du petit jeu UMPS), ainsi que, plus profondément, en matière culturelle; car les esprits ne vivent plus guère sur les croyances qui les ont dominés depuis mai 68; le progrès indéfini, notamment scientifique et technique n’est plus une perpétuelle promesse et devient une menace pour l’Humanité de l’homme; le progrès social sans limites, la libération radoteuse des mœurs, une défiance générale envers l’Etat et la Nation (ce gauchisme qui domine nos élites et qui est en fait un anarchisme), tous les paradigmes dits modernes ont échoué devant les réalités : l’endettement, la déréliction d’un nombre croissant de nos concitoyens, une sorte de décivilisation effrayante. Ce renversement ne fait que commencer, et nous retrouvons peu à peu des paradigmes plus classiques -ce que j’appellerais pour faire vite les fondamentaux de la Nature, de la nature humaine, de la nature politique (les Nations, les Etats), et de la Nature tout court. Jean-Claude Martinez lui a donné un autre nom, « la vie », qui n’est pas mal, mais plus difficile à comprendre. Bref, tous les cadres de la vieille politique cèdent. Il se passe quelque chose dans le pays ces temps-ci, non ? Je gage que, si nous savons être à la hauteur de l’Histoire (non de la politique, mais de l’Histoire) le « phénomène Marine » sera le fait majeur de la génération et que nous pourrions autour d’elle changer le cours des choses.

Je suis tout à fait disposé à remplir mon rôle dans cette circonstance; mais il faut jouer intelligemment et pour cela, comme toujours, rester soi-même.

3 / Dans Le Figaro du 11 septembre, Nicolas Dupont-Aignan explique que « certains, tel Paul-Marie Coûteaux, sont partis vers le FN et ont fait place à des anciens de l’UMP ou à de tout nouveaux venus » Est-ce à dire que votre rupture est consommée avec NDA ?

Comme Nicolas dit à peu près la même chose que nous, il faut bien sûr qu’il se démarque -en particulier de votre serviteur. L’autre jour, lors d’une émission sur Canal+, il a tenté de s’opposer à tout prix à ma terrible personne : non, nous n’avons pas écrit un livre ensemble, nous avons « polémiqué » -mais sur quoi, j’aimerais qu’il le dise. Non, il ne m’invite pas à ses Congrès -mais c’est pourtant ce qu’il a fait lors du dernier congrès de DLR, il y a moins d’un an; et, au début de cette année encore, nous avons organisé un colloque commun à l’Assemblée nationale, les « Etats-Généraux de l’Indépendance ». Non, nous n’avons pas mené de combats en commun -le RIF fut pourtant son allié en Ile-de-France lors des régionales de 2010, et notre mobilisation ne fut pas étrangère au score qu’il y obtint, soit 4,3 %, étiage qu’il n’avait jamais atteint…

Je ne sais pas trop ce qu’il dit d’autre encore, et je préfère ne pas le savoir. Car il n’y a pas de rupture de mon côté. Mes sentiments d’amitié, une certaine admiration perdurent. J’approuve en général ce qu’il dit ou écrit. J’aimerais que sa parole ne soit pas gâchée par un parcours solitaire, ou des propos qui pourraient compromettre l’avenir -je me garde de toute critique, et ne fais pas, moi, le compte de militants de DLR qui nous ont rejoints parce qu’ils soupçonnent que les voix que réunira sa candidature manquent à Marine, et fassent par ricochet le jeu de Nicolas Sarkozy. Ils ont raison d’ailleurs, tant il est fréquent en politique que l’on serve ce que l’on croit, ou prétend combattre…

Il est excellent que des membres ou cadres de l’UMP le rejoignent, comme il le dit : signe que cette « Union » se délite (voir les amicales qui se créent sur ses bords, prouvant qu’il n’a aucune unité) et qu’une bonne part de ses cadres et militants adhèrent au discours de NDA -lequel est, je le répète, en grand partie commun, même si Nicolas devrait faire un effort de courage, voir et dire les choses telles qu’elles sont sur l’immigration, et regarde en face les drames. Tôt ou tard, nombre de cadres et militants de l’UMP rejoindront Marine, parce qu’elle sera le pôle central de l’opposition au Système. Et même des élus, parce qu’ils y auront intérêt; comme NDA lui-même : son rôle sera alors immense, car il vaut beaucoup mieux que son poids électoral. Lui aussi pourrait jouer un grand rôle dans la réconciliation des familles politiques nationales : je n’aurais fait que jouer un rôle d’éclaireur qu’il relayerait efficacement.

4 / Quels sont les trois grands thèmes qui vous tiennent le plus à cœur et que vous souhaiteriez développer à l’occasion de cette campagne présidentielle aux côtés de Marine Le Pen ?

D’abord restaurer le cadre politique : la souveraineté de la nation vis à vis des hégémonies extérieures, (ce qui passe par exemple par la réhabilitation de la notion même de frontières) et la légitimité c’est à dire l’autorité de l’Etat vis à vis des féodalités intérieures. Sans ce cadre politique, pas de politique du tout, de quelque nature qu’elle soit -c’est ce que j’appelle le « préalable souverainiste », qui fut l’ouvre de tous les capétiens, et de ce que Jean Bodin, théoricien de la souveraineté, nommait au XVIe siècle le « Parti des politiques », parti dont nous sommes en définitive les héritiers. Je gage que la plupart des familles nationales peuvent fonder un accord sur ce préalable absolu, la souveraineté.

Ensuite, je voudrais que l’on traduise en politique ce que j’appelais précédemment le paradigme de la nouvelle génération, la Nature. Il faut jeter les base d’un autre monde, qui ne soit pas fondé sur la production et la consommation, voire la prédation (non seulement des ressources naturelles, mais aussi des civilisations…), qui ne réduise pas l’homme, à la production, au commerce et la consommation,, c’est à dire à la Marchandise -c’est la conception états-unienne de l’homme, qui est de loin, bien devant que n’importe quel mouvement religieux, la plus grande atteinte à notre identité. Cela passe par des politiques très différentes : une autre politique agricole, une autre politique de santé (plus naturelle et préventive), l’approfondissement de ce qui se nomme maladroitement l’économie de proximité, ou l’écologie, piste sérieuse mais imparfaitement pensée dans ses fondements (lesquels, par rapport à l’ordre actuel des choses, sont littéralement réactionnaires), ou la « démondialisation » (notamment la diminution des flux internationaux, énergétiques, économiques, financiers et naturellement migratoires, qui sont tous une folie), voire la décroissance -elle aussi mal nommée… C’est immense : mais de premiers pas sont rapidement possibles; par exemple un nouvel effort d’aménagement du territoire…

Enfin, ou peut-être d’abord, il faut restaurer l’Ecole (et l’Université), à commencer par les enseignements fondamentaux : la grammaire, la littérature, les codes de civilité, l’histoire surtout, et la géographie car c’est toute la civilisation française qui est en train de filer faute d’être transmise, et ceci serait peut-être irrémédiable. C’est une façon terrible de tuer un peuple que de le priver de sa mémoire -et de sa longue mémoire. De surcroît l’Histoire parle et parle infiniment : Bouvines, Nogaret souffletant le Pape à Agnani, Jeanne d’Arc, « Paris vaut bien une messe », Valmy, tout cela est éclairant sur le fameux couple légitimité/souveraineté, base de la politique française. Si il y a un urgence absolue, c’est bien la restauration des enseignements classiques, et de l’Histoire… J’ajouterais, parmi mis les urgences, le sauvetage de l’Université, notamment par la sélection dès l’entrée, et plus d’impartialité dans les nominations. Il y a d’ailleurs une autre urgence du même ordre, le rétablissement de l’impartialité du service public de la radio et de la télévision : aucune grande politique n’est possible, avec ce qu’elle suppose de soutien populaire, aussi longtemps que les médias, y compris les médias publics sont aux mains d’une poignée de journalistes qui sont en réalité des militants, obstinés à tourner en dérision toute forme de politique nationale quelle qu’elle soit -ce que de Gaulle appelait en référence au Faust de Goethe, « l’esprit qui nie tout ». En somme, l’urgence ici est simple : il faut restaurer l’intelligence française, tant mise à mal par la chape de plomb idéologique qui s’est abattue sur l’Université, les médias et l’Ecole.

5 / Quel est votre souhait le plus cher pour les prochaines années, celui qui vous tient le plus à cœur ?

Pour la France : réapprendre à se vouloir un modèle aux yeux des autres nations du monde. La souveraineté des peuples, la sortie du « Tout commerce » (il faut sortir de l’OMC et dénoncer le principe même de l’ « Organisation commerciale du monde » : c’est le cœur même de la mission spirituelle de la France) et du « Tout financier », en modifiant le système financier qui est un immense prédateur -revenir à l’étalon-or, et au primat des banques nationales pour financer l’économie… Je crois au modèle français qui esquisserait un autre modèle de vie, moins prédateur et plus conforme à la nature des hommes et des choses, qui se ferait l’apôtre de la sauvegarde des langues et des civilisations qui font la diaprure et la beauté du monde. Je crois que, si elle sait retrouver la dissidence et l’audace, la France peut retrouver au rôle phare au cours du XXIe siècle où elle redeviendra, du moins en termes démographiques, la première puissance de l’Europe et sans doute celle qui aura les meilleurs relations avec le sud -en particulier l’Afrique, qui est l’un des espoirs du monde, à condition qu’elle garde ses jeunes et les éduque. Rien de tout cela ne se fera avec les équipes épuisées, stériles et frivoles qui prétendent « gouverner » la France depuis près de quarante ans,,et ne le font pas. Une politique que l’on puisse appeler une authentique « Politique de la France » suppose des élites entièrement neuves, de celles qui se forment en ce moment dans le creuset de notre rassemblement national. Le rétablissement se fera comme toujours au bord du précipice : pour la France, le choix est toujours le même : disparaître, ou être exemplaire…

Ce que je souhaite pour le monde : que les nations résistent aux Empires (l’empire américain comme l’empire chinois qui point partout plus que le bout du nez…), et que les valeurs de la connaissance, de la foi ou de la contemplation dont les civilisations sont les foyers prennent leur revanche sur l’invasion de la matière dans les cœurs et dans les têtes. Autrement dit, que l’humanité de l’homme résiste à l’univers dément de la techno-marchandise, et sauve ce que les civilisations ont de plus précieux, une chance donnée à chacun de connaître la plus grande part possible du monde visible -et, aussi, de communier avec l’invisible…

Ce que, pour finir, je souhaiterais pour moi : achever les livres que j’ai commencés, et poursuivre le programme de lecture que je me suis fixé en me retirant à la campagne; toutes choses que la politique m’empêche de mener à bien comme je le voudrais, c’est à dire dans le calme ; c’est aussi un moyen de dessiner quelques premiers traits pour le nouveau monde…

PMC

site : pmcouteaux.org

bloc-notes de campagne : www.paulmariecouteaux.blogspot.com

http://www.nationspresse.info/

Re: Paul-Marie Couteaux : « Le rassemblement national est à

Publié : 25/12/2011 - 18:57
par wesker
M. Couteaux entretient des liens humains de longues dates avec les responsables de notre mouvement et souhaite travailler, dans un esprit de partenariat à la réussite de la candidate nationale.

Rien de particulièrement choquant la dedans, toutes les initiatives sont bonnes dans la mesure où elles servent notre idéal et notre cause commune !

Re: Paul-Marie Couteaux : « Le rassemblement national est à

Publié : 30/12/2011 - 13:32
par wesker
Cet homme n'est pas un fin politique, d'où l'errance de ces rapprochements, en revanche, il semble attaché depuis longue date à la défense d'idées qui font de la nation le cadre à rétablir, il partage donc les grandes options que propose le mouvement de Marine Le Pen. De ce fait, en réponse à l'appel de la présidente du FN, il a sa place pour participer au projet de renouveau dans le cadre du soutien qu'il apporte à la candidate nationale.