Belle envolée de Marine Le Pen
Publié : 26/01/2011 - 18:17
le baromètre politique:
BVA Orange L’EXPRESS FRANCE INTER
Barometre du 18 janvier 2011
Présidentielle : Belle envolée de Marine Le Pen :
1 - Intentions de vote présidentielle : Si l'élection avait lieu dimanche prochain, Marine le Pen s'envolerait au premier tour, dépassant même en intentions de vote (17%) le score obtenu par son père en 2002.
Dans la foulée de son investiture triomphale à la tête du FN ce week-end Marine le Pen réalise une fantastique percée dans nos intentions de vote de premier tour, gagnant 6 points depuis notre dernière intention de vote de septembre 2010. Elle aura, il est vrai, bénéficié d'une incroyable couverture médiatique depuis la fin 2010 et profite sans doute aussi d'une Actu dominée par l'assassinat des deux Français au Niger.
Que ce soit dans une hypothèse d'intention de vote avec DSK ou avec Aubry, la nouvelle présidente du Front National réaliserait 17% des voix. C'est mieux que le score obtenu par son père à la Présidentielle de 2002 et, par conséquent, c'est le meilleur score jamais enregistré par un Le Pen, ou un candidat d'extrême-droite dans une intention de vote présidentielle.
Evidemment, un tel score ne manquera pas de raviver les souvenirs du 21 avril, déjà invoqués par les médias alors qu'elle n'était encore qu'à 12-13%.
A droite, la percée de Marine Le Pen chamboule le paysage : Si avec 27% des voix, dans l'hypothèse Aubry, Nicolas Sarkozy reste n°1 au premier tour et limite l'érosion de son socle électoral, la pléthorique offre centriste s'érode fortement. Ainsi, Villepin et Bayrou chutent à 5 et 6%, alors qu'ils étaient à 10% chacun en septembre dernier. C'est pire encore pour Borloo qui tombe lui aussi à 5% alors qu'il réalisait une percée à 6,5% en novembre dernier. Et encore, ce centre ou centre-droit souffrirait encore plus dans une hypothèse DSK plutôt qu'Aubry.
La présence du patron du FMI réduirait le score de ces trois-là à peau de chagrin : 5% pour Bayrou (-1 point par rapport à l'hypothèse Aubry), 3% pour Villepin (-2 points) et 2% (-3 points) pour Borloo !
Dans cette hypothèse DSK, les adversaires centristes de Nicolas Sarkozy ne seraient pas les seuls à souffrir; le Président lui aussi en pâtirait nettement, perdant même sa première place : il ne ferait plus que 25% contre 31% à DSK. A gauche, l'inquiétude concerne tous les protagonistes : certes, Martine Aubry se stabilise à 23%, bien dans l'étiage des 22 à 25% dans lequel elle se situe depuis septembre dernier; néanmoins elle est la première inquiétée, avant Nicolas Sarkozy, par la percée de Marine le Pen. Si celle-ci se poursuivait et surtout si Martine Aubry devait passer en dessous du seuil des 20% le danger serait bien tangible.
Pour les autres composantes de la gauche, 2011 réserve aussi quelques surprises : Eva Joly poursuit sa chute oscillant entre 5% et 6% alors qu'elle se situait à 10% en septembre 2010. A l'extrême-gauche, Nathalie Arthaud n'existe toujours pas dans l'opinion (0% contre 1% en septembre) tandis que Besancenot dépasse Jean-Luc Mélenchon. La porosité entre les deux électorats a toujours été forte, mais jouait ces derniers mois plutôt en faveur de l'ex-socialiste. La gauche de la gauche se maintient à 11-12% mais avec une inversion Mélenchon/Besancenot, le second se situant à 7% devant le premier à 4-5%. Prudence toutefois: la volatilité de cet électorat entre les deux candidats est maximale (un sondage Ifop réalisé au même moment donne un rapport inverse).
Le détail sociologique de ces intentions de vote de premier tour témoigne d'une France terriblement clivée : la France qui se lève tôt c'est-à-dire tous les Français en âge de travailler, et tout particulièrement les catégories populaires, mais aussi les classes moyennes (Français aux revenus moyens-supérieurs) rejettent totalement Nicolas Sarkozy et se répartissent essentiellement entre Martine Aubry (ou DSK) et Marine le Pen.
Les ouvriers voteraient Aubry à 31%, Le Pen à 28% et Sarkozy à ... 9% ! Les jeunes actifs de 25 à 34 ans voteraient Aubry à 27%, le Pen à 22% et Sarkozy à 18%. Les Français aux revenus moyens supérieurs voteraient Le Pen à 25%, Aubry à 23% et Sarkozy à 21%. Troisième dans chacune de ces catégories, le Président peut compter sur le soutien de près des ¾ (73%) de son électorat de 2007 et tout particulièrement sur celui des plus de 65 ans (37%), des cadres (36%) et des Français aux plus hauts revenus (33%) qui le placent tous très nettement en première position.
En tout cas, si Martine Aubry était son adversaire socialiste. S'il s'agissait de DSK, même ces catégories solides de soutien à Nicolas Sarkozy lui feraient défaut, à l'exception des seniors (35% des plus de 65 ans voteraient Sarkozy contre 28% DSK).
Ainsi, même les cadres (38% contre 32%) et les hauts revenus (33% contre 29%) lui préféreraient nettement dès le premier tour le candidat socialiste.
Sachant qu'il bénéficie aussi du soutien des sympathisants et électeurs de gauche (66% des électeurs de Royal en 2007) et qu'il séduit 12% des électeurs de Sarkozy et 48% de ceux de Bayrou en 2007, il n'est pas étonnant de voir le patron du FMI dominer nettement ce premier tour et bonifier de 8 points le score que réaliserait Martine Aubry si c'était elle qui portait les couleurs du PS.
2 - Au second tour, Nicolas Sarkozy serait balayé par Martine Aubry (57/43) et humilié par Dominique Strauss-Kahn (64/36). Le Président ne dispose d'aucune réserve de voix, le centre, comme l'extrême-droite lui préférant encore le candidat de gauche !
Le score impressionnant du patron du FMI au premier tour se traduirait par une invraisemblable domination au 2nd tour : avec 64% des voix, contre seulement 36% à Nicolas Sarkozy le résultat relèverait même de l'humiliation.
Evidemment une telle situation ne se produira pas et la campagne resserrera les écarts, DSK ne pouvant concilier longtemps les catégories sociologiques et politiques parfois très contraires qui le soutiennent aujourd'hui.
Pour Nicolas Sarkozy, le problème s'appelle plus que jamais réserves de voix.
Car s'il est humilié par DSK dans notre intention de vote de 2nd tour, son résultat serait à peine moins honteux face à Martine Aubry : la première secrétaire le balaierait avec 57% contre 43% des voix.
La première secrétaire récupérerait les trois-quarts des voix des électeurs écologistes et d'extrême-gauche, la moitié des électeurs de Bayrou (49%), Borloo (48%) et Villepin (48%) et un tiers de ceux de Marine le Pen.
Le Président, lui, ne récupérerait qu'un quart des électeurs de Bayrou, 45% de ceux ayant voté Borloo, 31% de ceux qui voteraient Villepin et 40% des électeurs de Marine le Pen.
Cette absence de réserves de voix serait encore plus forte face à un DSK qui disposerait d'encore meilleurs reports des candidats du centre-droit (69% des Bayrou-istes et 68% des Villepinistes) et même du FN (34% contre 24% à Sarkozy).
Incroyable tout de même de mesurer une telle domination de l'un ou l'autre candidat de gauche dans un rapport autour des 60/40 au second tour, alors qu'au premier tour, la droite est majoritaire dans l'hypothèse Aubry à 54% contre 40%, et à quasi-égalité dans l'hypothèse DSK avec un rapport 47/48.
Le rejet du Président explique évidemment en bonne partie cette situation.
3 - Ces mauvais reports s'expliquent : la cote de popularité du Président stagne toujours à 34%, 16 points en dessous de celle de son Premier ministre.
La popularité de Nicolas Sarkozy stagne dans notre baromètre à 34% de bonnes opinions contre 61% de mauvaises, alors que son Premier ministre, devenu " hyper " s'envole à 16 points de lui avec 50% de bonnes opinions contre 42% de mauvaises.
La différence entre eux ?
Alors que Nicolas Sarkozy n'est plus soutenu que par un micro noyau dur UMP (RPR ?) et rejeté par les deux-tiers des sympathisants du centre-droit (65% NC et Modem confondus) et sept sympathisants du FN sur dix, François Fillon, lui, est soutenu par une proportion inverse de sympathisants du centre (65%) et par 40% (contre 55%) des sympathisants du FN.
Réciproquement, la popularité présidentielle est extraordinairement stéréotypée sociologiquement : les seniors (47%), les petits commerçants (42%), les cadres (36%), et, plus globalement, les Français aux plus hauts revenus (39%) sont encore d'importantes minorités à l'apprécier. Mais les ouvriers (21%), et plus généralement tous les Français en âge de travailler (30% auprès des 25-64 ans), et ceux qu'il appelait en 2007, la France qui se lève tôt (27% des revenus moyens supérieurs) sont aujourd'hui clairement en rupture avec le Président.
Tel n'est pas le cas de son Premier ministre, pourtant désormais en activité lui aussi : il domine de près de 20 points le Président auprès des ouvriers (40% contre 21%) et des Français aux revenus moyens supérieurs (48% contre 27%) et de 15 points auprès des Français en âge d'être actifs (45% contre 30% auprès des 25-64 ans).
C'est cet hyper-clivage entre un petit noyau très dur de soutien et une immense majorité de rejet qui explique la situation actuelle du Président dans les intentions de vote : relatif maintien à un bon niveau de premier tour mais effondrement au second quel que soit l'adversaire.
Le jour où l'entourage du Président le convaincra que ce problème d'arithmétique l'emporte nettement sur son obstination de dynamique de premier tour il parviendra sans doute à corriger cette situation et à remonter à la fois en termes de popularité et dans les intentions de vote de second tour. Il a le temps. Il a encore toute l'année 2011 pour faire cet aggiornamento indispensable à sa reconquête de l'Opinion.
GAEL SLIMAN - Directeur Général Adjoint de BVA
BVA Orange L’EXPRESS FRANCE INTER
Barometre du 18 janvier 2011
Présidentielle : Belle envolée de Marine Le Pen :
1 - Intentions de vote présidentielle : Si l'élection avait lieu dimanche prochain, Marine le Pen s'envolerait au premier tour, dépassant même en intentions de vote (17%) le score obtenu par son père en 2002.
Dans la foulée de son investiture triomphale à la tête du FN ce week-end Marine le Pen réalise une fantastique percée dans nos intentions de vote de premier tour, gagnant 6 points depuis notre dernière intention de vote de septembre 2010. Elle aura, il est vrai, bénéficié d'une incroyable couverture médiatique depuis la fin 2010 et profite sans doute aussi d'une Actu dominée par l'assassinat des deux Français au Niger.
Que ce soit dans une hypothèse d'intention de vote avec DSK ou avec Aubry, la nouvelle présidente du Front National réaliserait 17% des voix. C'est mieux que le score obtenu par son père à la Présidentielle de 2002 et, par conséquent, c'est le meilleur score jamais enregistré par un Le Pen, ou un candidat d'extrême-droite dans une intention de vote présidentielle.
Evidemment, un tel score ne manquera pas de raviver les souvenirs du 21 avril, déjà invoqués par les médias alors qu'elle n'était encore qu'à 12-13%.
A droite, la percée de Marine Le Pen chamboule le paysage : Si avec 27% des voix, dans l'hypothèse Aubry, Nicolas Sarkozy reste n°1 au premier tour et limite l'érosion de son socle électoral, la pléthorique offre centriste s'érode fortement. Ainsi, Villepin et Bayrou chutent à 5 et 6%, alors qu'ils étaient à 10% chacun en septembre dernier. C'est pire encore pour Borloo qui tombe lui aussi à 5% alors qu'il réalisait une percée à 6,5% en novembre dernier. Et encore, ce centre ou centre-droit souffrirait encore plus dans une hypothèse DSK plutôt qu'Aubry.
La présence du patron du FMI réduirait le score de ces trois-là à peau de chagrin : 5% pour Bayrou (-1 point par rapport à l'hypothèse Aubry), 3% pour Villepin (-2 points) et 2% (-3 points) pour Borloo !
Dans cette hypothèse DSK, les adversaires centristes de Nicolas Sarkozy ne seraient pas les seuls à souffrir; le Président lui aussi en pâtirait nettement, perdant même sa première place : il ne ferait plus que 25% contre 31% à DSK. A gauche, l'inquiétude concerne tous les protagonistes : certes, Martine Aubry se stabilise à 23%, bien dans l'étiage des 22 à 25% dans lequel elle se situe depuis septembre dernier; néanmoins elle est la première inquiétée, avant Nicolas Sarkozy, par la percée de Marine le Pen. Si celle-ci se poursuivait et surtout si Martine Aubry devait passer en dessous du seuil des 20% le danger serait bien tangible.
Pour les autres composantes de la gauche, 2011 réserve aussi quelques surprises : Eva Joly poursuit sa chute oscillant entre 5% et 6% alors qu'elle se situait à 10% en septembre 2010. A l'extrême-gauche, Nathalie Arthaud n'existe toujours pas dans l'opinion (0% contre 1% en septembre) tandis que Besancenot dépasse Jean-Luc Mélenchon. La porosité entre les deux électorats a toujours été forte, mais jouait ces derniers mois plutôt en faveur de l'ex-socialiste. La gauche de la gauche se maintient à 11-12% mais avec une inversion Mélenchon/Besancenot, le second se situant à 7% devant le premier à 4-5%. Prudence toutefois: la volatilité de cet électorat entre les deux candidats est maximale (un sondage Ifop réalisé au même moment donne un rapport inverse).
Le détail sociologique de ces intentions de vote de premier tour témoigne d'une France terriblement clivée : la France qui se lève tôt c'est-à-dire tous les Français en âge de travailler, et tout particulièrement les catégories populaires, mais aussi les classes moyennes (Français aux revenus moyens-supérieurs) rejettent totalement Nicolas Sarkozy et se répartissent essentiellement entre Martine Aubry (ou DSK) et Marine le Pen.
Les ouvriers voteraient Aubry à 31%, Le Pen à 28% et Sarkozy à ... 9% ! Les jeunes actifs de 25 à 34 ans voteraient Aubry à 27%, le Pen à 22% et Sarkozy à 18%. Les Français aux revenus moyens supérieurs voteraient Le Pen à 25%, Aubry à 23% et Sarkozy à 21%. Troisième dans chacune de ces catégories, le Président peut compter sur le soutien de près des ¾ (73%) de son électorat de 2007 et tout particulièrement sur celui des plus de 65 ans (37%), des cadres (36%) et des Français aux plus hauts revenus (33%) qui le placent tous très nettement en première position.
En tout cas, si Martine Aubry était son adversaire socialiste. S'il s'agissait de DSK, même ces catégories solides de soutien à Nicolas Sarkozy lui feraient défaut, à l'exception des seniors (35% des plus de 65 ans voteraient Sarkozy contre 28% DSK).
Ainsi, même les cadres (38% contre 32%) et les hauts revenus (33% contre 29%) lui préféreraient nettement dès le premier tour le candidat socialiste.
Sachant qu'il bénéficie aussi du soutien des sympathisants et électeurs de gauche (66% des électeurs de Royal en 2007) et qu'il séduit 12% des électeurs de Sarkozy et 48% de ceux de Bayrou en 2007, il n'est pas étonnant de voir le patron du FMI dominer nettement ce premier tour et bonifier de 8 points le score que réaliserait Martine Aubry si c'était elle qui portait les couleurs du PS.
2 - Au second tour, Nicolas Sarkozy serait balayé par Martine Aubry (57/43) et humilié par Dominique Strauss-Kahn (64/36). Le Président ne dispose d'aucune réserve de voix, le centre, comme l'extrême-droite lui préférant encore le candidat de gauche !
Le score impressionnant du patron du FMI au premier tour se traduirait par une invraisemblable domination au 2nd tour : avec 64% des voix, contre seulement 36% à Nicolas Sarkozy le résultat relèverait même de l'humiliation.
Evidemment une telle situation ne se produira pas et la campagne resserrera les écarts, DSK ne pouvant concilier longtemps les catégories sociologiques et politiques parfois très contraires qui le soutiennent aujourd'hui.
Pour Nicolas Sarkozy, le problème s'appelle plus que jamais réserves de voix.
Car s'il est humilié par DSK dans notre intention de vote de 2nd tour, son résultat serait à peine moins honteux face à Martine Aubry : la première secrétaire le balaierait avec 57% contre 43% des voix.
La première secrétaire récupérerait les trois-quarts des voix des électeurs écologistes et d'extrême-gauche, la moitié des électeurs de Bayrou (49%), Borloo (48%) et Villepin (48%) et un tiers de ceux de Marine le Pen.
Le Président, lui, ne récupérerait qu'un quart des électeurs de Bayrou, 45% de ceux ayant voté Borloo, 31% de ceux qui voteraient Villepin et 40% des électeurs de Marine le Pen.
Cette absence de réserves de voix serait encore plus forte face à un DSK qui disposerait d'encore meilleurs reports des candidats du centre-droit (69% des Bayrou-istes et 68% des Villepinistes) et même du FN (34% contre 24% à Sarkozy).
Incroyable tout de même de mesurer une telle domination de l'un ou l'autre candidat de gauche dans un rapport autour des 60/40 au second tour, alors qu'au premier tour, la droite est majoritaire dans l'hypothèse Aubry à 54% contre 40%, et à quasi-égalité dans l'hypothèse DSK avec un rapport 47/48.
Le rejet du Président explique évidemment en bonne partie cette situation.
3 - Ces mauvais reports s'expliquent : la cote de popularité du Président stagne toujours à 34%, 16 points en dessous de celle de son Premier ministre.
La popularité de Nicolas Sarkozy stagne dans notre baromètre à 34% de bonnes opinions contre 61% de mauvaises, alors que son Premier ministre, devenu " hyper " s'envole à 16 points de lui avec 50% de bonnes opinions contre 42% de mauvaises.
La différence entre eux ?
Alors que Nicolas Sarkozy n'est plus soutenu que par un micro noyau dur UMP (RPR ?) et rejeté par les deux-tiers des sympathisants du centre-droit (65% NC et Modem confondus) et sept sympathisants du FN sur dix, François Fillon, lui, est soutenu par une proportion inverse de sympathisants du centre (65%) et par 40% (contre 55%) des sympathisants du FN.
Réciproquement, la popularité présidentielle est extraordinairement stéréotypée sociologiquement : les seniors (47%), les petits commerçants (42%), les cadres (36%), et, plus globalement, les Français aux plus hauts revenus (39%) sont encore d'importantes minorités à l'apprécier. Mais les ouvriers (21%), et plus généralement tous les Français en âge de travailler (30% auprès des 25-64 ans), et ceux qu'il appelait en 2007, la France qui se lève tôt (27% des revenus moyens supérieurs) sont aujourd'hui clairement en rupture avec le Président.
Tel n'est pas le cas de son Premier ministre, pourtant désormais en activité lui aussi : il domine de près de 20 points le Président auprès des ouvriers (40% contre 21%) et des Français aux revenus moyens supérieurs (48% contre 27%) et de 15 points auprès des Français en âge d'être actifs (45% contre 30% auprès des 25-64 ans).
C'est cet hyper-clivage entre un petit noyau très dur de soutien et une immense majorité de rejet qui explique la situation actuelle du Président dans les intentions de vote : relatif maintien à un bon niveau de premier tour mais effondrement au second quel que soit l'adversaire.
Le jour où l'entourage du Président le convaincra que ce problème d'arithmétique l'emporte nettement sur son obstination de dynamique de premier tour il parviendra sans doute à corriger cette situation et à remonter à la fois en termes de popularité et dans les intentions de vote de second tour. Il a le temps. Il a encore toute l'année 2011 pour faire cet aggiornamento indispensable à sa reconquête de l'Opinion.
GAEL SLIMAN - Directeur Général Adjoint de BVA
