(GENERATION FA8) Entretien avec Bruno Gollnisch

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Pat
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(GENERATION FA8) Entretien avec Bruno Gollnisch

Messagepar Pat » 12/04/2010 - 15:40

Nous recevons cette semaine Bruno Gollnisch. Il est actuellement vice-président, membre du bureau exécutif du Front National et député européen. Voici son site personnel http://www.gollnisch2009/ que nous vous invitons à visiter.
Nous le remercions d’avoir répondu à nos questions
.


GENERATION FA8 : Bonjour. Tout d’abord serait-il possible que vous vous présentiez à nos lecteurs ne vous connaissant pas encore ? De même pourriez-vous nous décrire rapidement votre parcours politique ?
Je suis issu d’une famille originaire de l’Est de la France, ayant passé ma jeunesse à Paris, marié, (mon épouse est d’origine japonaise), père de trois enfants. Je suis un universitaire, ou du moins je l’étais jusqu’à ce que je sois suspendu de l’université. J’ai été Maître de conférence de droit (public, international, comparé), puis Professeur de langue et de civilisation japonaises à Lyon. J’ai aussi exercé la profession d’ avocat.
Je me suis engagé en politique quand j’étais étudiant, à la faculté de Nanterre, en réaction au saccage dont elle a été l’objet en 1968. J’ai rencontré à cette occasion des personnalités comme Jean-Pierre et Marie-France Stirbois, puis par eux Roger Holeindre, et plus tard Jean-Marie Le Pen, pour lequel je votais à l’époque. Après mes études, un passage pour un service militaire un peu prolongé dans la Marine, où je suis toujours officier de réserve, un séjour au Japon à l’Université de Kyôto, et le début de ma carrière professionnelle, j’ai rejoint officiellement Jean-Marie Le Pen et le Front National en 1983, à la demande de mes amis. J’étais alors le plus jeune doyen de faculté de France, ce qui donnait un caractère symbolique à ma dernière place sur la liste du FN aux élections européennes en 1984. J’ai participé ensuite, sous l’étiquette FN et dans les conditions difficiles d’alors, à tous les scrutins, comme responsable du Rhône. J’ai été élu député à l’Assemblée nationale de 1986 à 1988, au Parlement européen depuis 1989, au Conseil régional de Rhône-Alpes, où je préside le groupe FN, depuis 1986. Parallèlement, j’ai occupé successivement les fonctions de vice-président, secrétaire général puis délégué général au sein de l’appareil du mouvement. J’en suis aujourd’hui le vice-président exécutif en charge des relations internationales et du programme.

GENERATION FA8 : Mégret, Antony, Lang, etc. Serez-vous le prochain à partir ou resterez-vous toujours fidèle à Jean-Marie Le Pen et au Front National ?
Je suis sans équivoque candidat du Front National, dont le président est Jean-Marie Le Pen. Je lui suis resté fidèle au moment de la scission organisée par Bruno Mégret et j’ai participé activement à la contre-offensive, avec Bernard, Carl, Martine, Martial, et bien d’autres... J’ai eu l’occasion de le dire à plusieurs reprises : je regrette vivement cette séparation. J’aurais préféré conserver l’unité de notre mouvement politique, et je crois avoir tout tenté pour le faire. Mais je crois aussi qu’aux hommes de bonne volonté rien n’est impossible et que l’avenir reste ouvert, si j’en juge par la réconciliation intervenue avec nombre de ceux qui ont suivi Bruno Mégret.

GENERATION FA8 : Comprenez-vous les critiques parfois dures voire très violentes, destinées à votre camarade de combat Marine Le Pen ?
Marine a des qualités indéniables, que je lui reconnais volontiers. Et si, comme moi ou comme tout un chacun elle a des défauts, ce n’est pas à moi qu’il appartient de les commenter ;  je pense que le mouvement national se doit de mettre en avant toutes les personnalités de qualité qu’il compte en son sein, et qu’il convient de pratiquer entre nous une certaine indulgence. Cela vaut pour tout le monde. Les crispations et incompréhensions sont sans doute aggravées par le manque de véritable tradition de débat interne dans notre famille de pensée.

GENERATION FA8 : Alain Soral est venu au Front puis il en est parti. Quels enseignements tirez-vous de toute cette histoire ? Avait-il vraiment sa place au sein du Front National ? Si oui, laquelle ? Si non, pourquoi ?
Je regrette d’autant plus ce départ que, contre le sentiment de quelques-uns de mes amis, je trouvais le ralliement d’Alain Soral très positif. Certes, il pouvait subsister entre nous, ou entre tel ou tel, des divergences, voire même des affrontements, que j’aurais souhaité voir se transformer en confrontation pacifiée, comme les disputatio des penseurs à l’époque médiévale. Mais il faut voir ces questions dans une perspective dynamique. Je disais à mes amis que l’on n’a pas besoin d’être d’accord sur tout pour commencer à se rapprocher. Les analyses de Soral étaient intéressantes, son talent et son courage indéniables. Avec le recul cependant, on peut se demander si sa démarche n’aurait pas été plus pertinente, et n’aurait pas eu plus d’écho, si elle était restée extérieure au Front National. Je veux dire par là que nos discours se renforçaient mutuellement, en élargissant de plus l’audience qu’ils pouvaient avoir, tant qu’ils venaient de sources différentes : un intellectuel plutôt classé à gauche et un parti politique qualifié par les médias d’extrémiste de droite. Cela ne faisait pas obstacle à une collaboration entre Alain, puis l’association Egalité et Réconciliation qu’il a créée, et le FN. Et cela aurait peut-être permis à chacun de conserver et d’exprimer ses différences, parfois ses divergences, sans problèmes internes.

GENERATION FA8 : Beaucoup estiment que la succession de Jean-Marie Le Pen est déjà close et qu’il ne sert à rien de vouloir disputer à Marine un poste qui lui tend les bras. Que dites-vous aux personnes qui émettent cette idée ?
Que l’on perd à coup sûr les compétitions que l’on ne mène pas. Il est vraisemblable en effet que je serai candidat à la succession de Jean-Marie Le Pen, quand elle sera d’actualité, c’est-à-dire au prochain congrès. Marine a fait connaître sa volonté de l’être aussi. Elle comme moi avons un certain nombre d’arguments à faire valoir. Peut-être d’ailleurs ne serons-nous pas les seuls candidats ? En tous cas, si ceux qui seraient plutôt en faveur de ma candidature quittent le mouvement avant cette échéance, il est bien certain qu’ils ne la renforcent pas !

GENERATION FA8 : Dans votre combat politique et dans votre vie de tous les jours, quelle place accordez-vous à la religion catholique ? Etes-vous d’accord avec nous pour dire que la France naquit avec le baptême de Clovis et que cette cérémonie religieuse se trouve être constitutive de notre pays ?
Je suis pratiquant et j’essaye de me comporter au quotidien, autant que mes faiblesses bien humaines le permettent, conformément aux valeurs qui sont les miennes. Ceci étant dit, je n’ai jamais conditionné mon appui fraternel à d’autres militants au fait qu’ils partageaient ces convictions.
Le baptême de Clovis est bien sûr un événement fondateur de notre nation puisque c’est lui qui réalise l’alliance entre un peuple germanique dont nous tirons notre nom : les Francs, et le fond celtique et latinisé qu’est la population gallo-romaine. C’est de cela qu’est issue la nation française. D’autre part, même si le catholicisme déborde du cadre français, puisqu’il est par définition universel, il est évident que la civilisation française en est tributaire. Il n’est même pas besoin d’être croyant pour le reconnaître. C’est aussi évident que de constater que le Shintô et le bouddhisme ont profondément imprégné la culture japonaise. 

GENERATION FA8 : Actuellement l’identité, l’identité nationale sont des termes très en vogue. Pourriez-vous définir rapidement l’identité française ?
Au risque de me répéter, la France actuelle est le produit d’une alchimie très particulière issue de la fusion entre différents héritages  humains, principalement celtiques, latins et germaniques, culturels et spirituels (gréco-latin et chrétien bien sûr) sur un territoire d’une extraordinaire richesse et d’une grande variété, réunissant des peuples différents (basques, bretons, normands, bourguignons, alsaciens…) dans une même communauté historique et de destin. Cet espace, bordé par trois mers : du Nord, Atlantique et Méditerranée, a été marqué par l’aventure maritime. C’est aussi une vision du monde, une façon de vivre, des traditions…

GENERATION FA8 : Quel est votre personnage historique préféré ? Pourquoi ? Quel est celui que vous ne portez pas du tout dans votre cœur ? Pourquoi ?
Mon personnage historique préféré ? Mon côté « japonisant » me souffle : le shogun Tokugawa Ieyasu (unificateur du Japon). Et plus près de nous Saint-Paul, Jeanne d’Arc, Anne de Bretagne, Dugay-Trouin, Charette, Charles de Foucauld… Ceux que je déteste ? Ganelon, Carrier, le général Katz…
Mais en bon patriote, j’assume tout : les bonnes et les mauvaises actions, les gentils et les méchants personnages historiques. D’une manière ou d’une autre, ils font partie de notre patrimoine historique et culturel.

GENERATION FA8 : La démarche démocratique vous paraît-elle la meilleure pour prendre le pouvoir ? Il nous semble que la métapolitique est oubliée, voire mise de côté par le Front National. Pourquoi ? Ne faudrait-il pas aussi travailler ce domaine ?
Le Front National est un parti politique légaliste, et en tant que tel, sa démarche est démocratique. On ne peut prendre le pouvoir officiellement en France que par l’élection, même s’il est vrai que la victoire dans les esprits précède la victoire dans les urnes. Certes, le système est déloyal, les lobbies ont une puissance méconnue du grand public... Mais l’un des mérites de Jean-Marie Le Pen est d’avoir compris qu’il fallait que les nationaux acceptent d’aller à la rencontre de leurs compatriotes, plutôt que de se réfugier dans des utopies chimériques. 
Sur ce plan, notre existence même a énormément fait évoluer les mentalités depuis 25 ans. Notre participation à toutes les élections, à travers les tribunes et la notoriété qu’elle a apportées, a été un instrument de diffusion de nos idées et des principes qui sous-tendent notre action, même si le résultat (l’élection de Sarkozy) n’était pas vraiment celui que nous recherchions ! Nous sommes à l’origine du retour en force de certains concepts, notamment l’identité, le mérite, le patriotisme, le travail…
Contrairement à d’autres partis politiques, nous n’avons jamais oublié que toute démarche politique doit se fonder sur des principes et des valeurs, sans lesquelles un programme et un projet ne sont que des litanies de mesures techniques. Nous définissons et défendons ces principes et ces valeurs, nous réfléchissons sur leur actualité, leur modernité. Mais notre démarche s’inscrit clairement dans la participation à la vie politique. La réflexion « métapolitique » est utile mais elle ne peut, ni ne doit, être menée par nos seules structures. Les clubs ou enceintes de réflexion ont aussi leur rôle à jouer.

GENERATION FA8 : Les Français dans une large majorité sont endormis ou séduits par les idées modernes. Pourrons-nous réellement les réveiller ? Le combat pour la France ne les intéresse pas ou peu. Comment faire pour qu’ils comprennent l’importance de défendre notre magnifique pays ?
Je ne suis pas sûr que les Français soient endormis, je pense qu’ils sont désabusés. Ils s’indignent et réagissent sainement sur beaucoup de sujets et notamment sur toutes les déviances que le « politiquement correct » tente aujourd’hui de faire passer pour « modernes » : l’homoparentalité, le « droit » à l’euthanasie, la totale relativité des valeurs, etc… Ils sont également victimes de l’entreprise de dénigrement systématique de notre pays, de son histoire, de sa culture, de ses actions passées et présentes, complaisamment relayée par la classe politique et sa boulimie de repentance et de lois mémorielles.
De plus, le système électoral est verrouillé au profit des élites autoproclamées, de droite et de gauche, d’accord sur l’essentiel (la disparition de la nation dans un magma euro-mondialiste à dominante mercantile). Cette alternance politique en trompe l’œil - puisque quelle que soit la couleur officielle de ceux qui nous dirigent, la politique qu’ils mènent est la même - a un effet délétère sur l’engagement des Français dans la vie de la cité.
Mais les Français sont capables de réaction, comme l’a montré en 2005 le rejet massif de la Constitution européenne. Et je crois que de plus en plus, et notamment dans le contexte de crise gravissime que nous vivons, le rôle protecteur de la nation est une idée qui fait son chemin.
Propos recueillis en avril 2009
(Les réponses n’engagent que leurs auteurs et non notre organisation) http://www.generationfa8.com
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Que les hommes d'arme bataillent et que Dieu donne la victoire! (Jeanne d'Arc) Patriotiquement votre.

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benja
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Re: (GENERATION FA8) Entretien avec Bruno Gollnisch

Messagepar benja » 12/04/2010 - 16:43

:appaudir:

J'aime bien la dernière partie !
VIVE LE COCHON !
Je ne veux pas manger halal !

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wesker
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Re: (GENERATION FA8) Entretien avec Bruno Gollnisch

Messagepar wesker » 15/04/2010 - 22:30

Interview interessante.....Ce qui serait constructif en vue du Congrès prochain serait de permettre aux adherants de rencontrer les candidats à la présidence du mouvement et de leur poser eux même les questions qui les interessent en matière de perspectives, d'axes programmatiques à venir, de stratégie, de definition du périmètre national....


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