Le SIDA, fléau cataclysmique, met en danger la survie
Publié : 20/12/2008 - 22:45
« Le SIDA, fléau cataclysmique, met en danger la survie même de notre civilisation ».


National Hebdo : Jean-Marie Le Pen, on a eu la surprise de ne pas vous voir paraître sur A2 à l'occasion de la grande émission médico-politico-spectaculaire consacrée au SIDA dans le cadre de la journée mondiale du 1er décembre. Pourquoi cette absence ?
Jean-Marie Le Pen : Je n'ai évidemment pas été invité. D'où le contraste entre le vacarme médiatique dont on entoura il y a deux ans les propos que j'étais le seul à tenir sur ce fléau. Propos que l'on m'a évidemment reprochés. Et le silence où je suis confiné aujourd'hui alors que tout le monde parle à tort et à travers. Je me demande si mes contradicteurs d'alors n'ont pas eu peur de se voir contraints de reconnaître que j'avais raison.
N.H. : Il est vrai que voilà deux ans, vos propos étaient dénoncés comme alarmistes alors qu'aujourd'hui on constate qu'ils étaient seulement lucides. Aviez-vous alors des informations dont les hommes au pouvoir ne disposaient pas ?
J.-M. L.P. : Je n'ai pas la science infuse, n'est-ce-pas ? Ce que l'on m'a reproché à l'époque, ce sont essentiellement les chiffres que je citais. Je ne les avais pourtant pas inventés. Ils étaient dans les revues spécialisées. Essentiellement des revues américaines. On m'a reproché de majorer le chiffre des malades, celui de ceux qu'on appelle par antiphrase des « porteurs sains », celui des séropositifs qui développent la maladie et que je situais à 75 % (alors qu'aujourd'hui on s'accorde à considérer qu'ils représentent probablement 100 %), celui du coût médical. Or, on entend à présent les sommités confirmer point par point ce que je déclarais voilà deux ans au grand scandale des mêmes sommités !
N.H. : N'avez-vous pas l'impression que l'on vous a reproché plus le fond que la forme? En somme, que vous avez fait «trop fort» ?
J.-M. L.P. : Ecoutez, un proverbe de marin breton dit : « Trop fort n'a jamais manqué », ce qui signifie qu'on ne risque rien à prendre trop de précautions. J'ai donc tenu un langage d'avertissement qui seul pouvait tirer de sa torpeur une population désinformée et anesthésiée. C'est volontairement que j'ai avancé des hypothèses non pas alarmistes mais lucides. On m'en a fait le reproche totalement injustifié. Un exemple : j'ai annoncé que le coût médical annuel d'un malade était de cinq cents mille à un million de francs. Madame Barzach a alors protesté que je disais n'importe quoi et qu'un malade coûtait au maximum deux mille cinq cents francs par jour. Ce qui multiplié par le nombre de jours dans l'année correspond au milieu exact de la fourchette que j'avais indiquée. Il est évident que le but n'était pas d'informer le public sur le SIDA, mais de les désinformer sur Le Pen. Le professeur Schwarzenberg a d'ailleurs reconnu récemment dans un article publié par Tonus, que si le gouvernement n'a pas agi plus tôt contre le SIDA, c'était pour ne pas reconnaître ainsi implicitement que Le Pen avait raison !
Toute cette affaire a été dominée par le mensonge. Elle demeure dominée par le mensonge comme celui qui consiste à faire du préservatif une panacée. Il y a à ce mensonge généralisé deux explications : ou l'on a eu peur de regarder la vérité en face, ou l'on a menti par complaisance pour les déviants (drogués et sodomites), dans les deux cas, c'est scandaleux.
N.H. : Vous pensez que le charivari provoqué par vos déclarations était destiné à les étouffer ?
J.-M. L.P. : Absolument. Le silence et le mensonge sont, en ce qui concerne cette maladie mortelle et contagieuse, une attitude stupide et criminelle. Je refuse d'en être le complice. C'est pourquoi j'ai averti les jeunes, tout spécialement les jeunes, qu'il y avait un grand danger non seulement à consommer de la drogue (ce que tout le monde disait) mais encore à pratiquer le vagabondage sexuel. Ce que tout le monde taisait. Comme si le libertinage suscité par la libéralisation des mœurs était une conquête de l'humanité. Une sorte de droit acquis comme diraient les syndicats.
Seulement voilà, l'ordre naturel qui est au-dessus de tout cela a ramené les rêveurs à la dure réalité. L'homme, qu'il le veuille ou non, est soumis aux lois naturelles, c'est-à-dire au fond à la loi divine. Il ne peut pas s'en affranchir sans courir de grands risques.
N.H. : Au fond, on a l'impression que le domaine de la morale est désormais interdit aux hommes politiques. Le seul sujet sur lequel on peut encore faire de la morale, c'est le racisme. Les autres sont tabous.
J.M. L.P. : Je crois que vous avez raison. Or, il n'y a pas de loi sans morale. Le législateur est amené à s'appuyer sur la morale qui se fonde sur la tradition et l'histoire des civilisations. Il y a une morale naturelle que même les peuples les moins évolués respectent. L'histoire montre que les peuples décadents qui ont voulu s'affranchir de la loi naturelle et donc de la morale naturelle, ont été sanctionnés par l'extinction.
Mais la première exigence morale de l'homme politique, c'est la vérité. Or, dans l'affaire du SIDA, les hommes politiques n'ont pas cessé de mentir.
Un exemple : on nous a présenté le préservatif comme une panacée. En ce moment même, on diffuse une campagne réalisée à grands frais pour nous informer que le « préservatif préserve de tout, même du ridicule ». Et dans le même temps, on apprend qu'il a fallu retirer quinze marques du marché parce qu'elles étaient inefficaces.
C'est le type même du mensonge criminel. Pendant des mois, madame Barzach a affirmé à des millions de jeunes que le préservatif était une sécurité absolue. Combien aujourd'hui qui l'ont écoutée, qui l'ont crue et qui, lui faisant confiance, ont pratiqué le libertinage avec un sentiment de sécurité fallacieuse fondé sur le recours à des préservatifs défectueux, combien sont aujourd'hui contaminés ? C'est-à-dire, pour beaucoup, condamnés à mort ?
Et si l'on continue de mentir en présentant le SIDA d'une façon minorée. En ne prenant compte, par exemple, que le nombre des sidaïques. Je sais qu'il y a une querelle sur l'appellation. Ne pouvant pas guérir le mal, on a changé le mot. Mais la maladie continue d'être mortelle, contagieuse, sans remède connu, sans remède envisageable à Court terme et en progression exponentielle. On ne prend donc en compte que les SIDAs déclarés.
Et même comme cela, la France est en tête des nations occidentales. Mais en outre, on masque l'existence de centaines de milliers de séropositifs qui s'ignorent et qui sont contagieux. D'ailleurs, même le chiffre des malades est minoré puisque de nombreux malades ou leurs familles ne déclarent en fait que la maladie qui s'est installée à la faveur du SIDA qui, comme vous le savez, est une déficience immunitaire. Au niveau mondial également, l'OMS ne donne que les chiffres communiqués par les états qui mentent pour des raisons politiques. Le Zaïre, par exemple, déclarait récemment zéro cas. Alors qu'on sait que c'est l'un des pays les plus contaminés du monde.
Il est vrai que si l'on regarde un crocodile en tenant la lorgnette par le mauvais bout, il ressemble à un lézard, Mais sa morsure reste celle d'un crocodile.
Il n'est pas de thérapeutique efficace à partir d'un diagnostic erroné.
N.H. : Vous dénoncez vigoureusement la politique menée par les gouvernements qui se sont succédé au Pouvoir en France depuis l'irruption de ce fléau. Mais auraient-ils pu faire quelque chose ?
J.-M. L.P. : Le SIDA est un fléau cataclysmique. En l'état actuel, il devrait provoquer une prise de conscience, une analyse aiguë et une mobilisation générale.
Comment se transmet-il ? On le sait : par la drague et les relations sexuelles (spécialement la sodomie hétéro ou homo-sexuelle) et par les transfusions sanguines.
Or. on n'a pas lutté contre la drogue et l'on ne lutte pas contre l'un des vecteurs les plus graves : la prostitution masculine.
Il existe en France des milliers de prostitués mâles ou femelles qui sont de véritables bombes à SIDA. La plupart sont des étrangers. On n'agit pas.
Le laxisme des mœurs est aggravé par l'abandon de la discipline traditionnelle qui encourageait à la fidélité. Ce libertinage généralisé aboutit à un mode de diffusion presque irrépressible de la maladie. C'est donc à chacun, à l'individu, au père de famille, aux hommes politiques et à l'Etat d'expliquer, chacun à son niveau, que ces comportements mettent en danger la vie des Français, celle de leurs enfants et la survie de leur pays. Il y a un devoir d'éducation et d'information.
C'est le seul moyen de mettre, non pas totalement à l'abri, car il y a des faux pas, mais à l'abri d'une contagion généralisée et exponentielle.
Et puis, il y a un devoir de solidarité avec les séropositifs qui doivent savoir. Ne serait-ce que pour mettre un terme à des comportements mortels. Un séropositif doit s'abstenir de relations sexuelles mais aussi de procréer. Il doit également éviter certains traitements, certains vaccins. Pour sa propre survie.
Les responsables de la situation actuelle sont les hommes politiques qui ont su, qui se sont tus et qui n'ont pas agi.
N.H. : Pouvait-on enrayer ce fléau ?
J.-M. L.P. : On sait quelle mobilisation scientifique est engagée aujourd'hui. Si on l'avait engagée plus tôt, on aurait gagné du temps. On serait aujourd'hui plus près de la solution Qu'on ne l'est. Ce temps se compte en vies. C'est donc un devoir absolu de ceux qui ont la responsabilité de leurs concitoyens d'organiser la lutte à outrance. Le SIDA aujourd'hui nous fait courir plus de risques qu'une guerre. Où est l'esprit de combat ? Où est la volonté de vaincre ? Où est la mobilisation ? On m'a reproché de faire peur. On me dit, en somme, ne criez pas au feu, les gens pourraient se tordre la cheville en dévalant l'escalier. Je réponds, il vaut mieux une cheville foulée que dix personnes carbonisées.
J'estime avoir fait mon devoir. Le silence où l'on me tient est la punition de celui qui dit la vérité. « Il a dit la vérité, chantait Béart, il doit être exécuté ». Le peuple français a droit à la vérité.
Il ne doit pas espérer un miracle, un vaccin prodigieux. Il doit changer de comportement. C'est la seule solution immédiate. Ne proposer que les préservatifs, c'est conseiller à un cancéreux du poumon de ne fumer que les filtres.
N.H. : Avez-vous l'impression que la prise de conscience est réelle ou simplement médiatique ?
J.-M. L.P. : Il faut évidemment informer. Mais le risque de ces opérations médiatiques spectaculaires, c'est la banalisation. Un soir, on mobilise autour d'un fléau qui menace le monde entier dans sa survie comme le SIDA. Le lendemain, on mobilise avec le même éclat autour d'une maladie qui ne concerne que trente mille personnes comme la myopathie. Ne croyez pas que je sois insensible à la tragédie des myopathes, loin de là. Je crois simplement qu'à force d'amalgame et de tintamarre télévisuel, on ramène tout à la politique-spectacle. Et surtout que l'on détruit toute conscience de la priorité des urgences. On m'a fait le grief de ne pas avoir de compassion. Les pleureuses funéraires n'ont jamais ressuscité personne. Je songe à ceux qui souffrent, mais je songe aussi, et c'est mon devoir d'homme politique, à ceux que la maladie menace si rien n'est fait. Le devoir de compassion pour les malades ne doit pas faire oublier le devoir de protection pour les bien portants.
Je voudrais, pour conclure, faire deux remarques.
La première d'ordre général, la seconde d'ordre particulier. La loi ne saurait suffire à protéger les sociétés si la morale est absente. Il en va de la santé comme de la sécurité. Si la morale ne protège pas les biens et les personnes, la loi ne pourra que sanctionner ceux qui s'attaquent aux biens et aux personnes. Si la morale ne dissuade pas la jeunesse d'encourir la maladie par un comportement amoureux aberrant, la Loi et la médecine ne pourront pas empêcher la sanction de ce comportement. Tout au plus, la médecine, mais ce n'est pas assuré, pourra-t-elle, peut-être un jour, réduire la gravité des conséquences de ces comportements.
D'autre part, en ce qui concerne la médiatisation de ce débat, je constate qu'au moment où l'on va célébrer les Droits de l'Homme à l'information, le président du Front National, l'homme politique qui a réuni sur son nom quatre millions et demi de suffrages il y a quelques mois, n'a été interrogé par personne. N'a été invité nulle part à s'exprimer sur un sujet qu'il a été le premier à porter sur le terrain du débat de société. Que personne n'ait songé, à part National Hebdo et Radio Courtoisie, à solliciter mon opinion sur ce sujet capital, montre bien que l'on a organisé l'exclusion, voire même la persécution, de ceux qui disent la vérité et qui veulent rendre la parole au peuple.
Propos recueillis par S. de B. National Hebdo Semaine du 8 au 14 décembre 1988


National Hebdo : Jean-Marie Le Pen, on a eu la surprise de ne pas vous voir paraître sur A2 à l'occasion de la grande émission médico-politico-spectaculaire consacrée au SIDA dans le cadre de la journée mondiale du 1er décembre. Pourquoi cette absence ?
Jean-Marie Le Pen : Je n'ai évidemment pas été invité. D'où le contraste entre le vacarme médiatique dont on entoura il y a deux ans les propos que j'étais le seul à tenir sur ce fléau. Propos que l'on m'a évidemment reprochés. Et le silence où je suis confiné aujourd'hui alors que tout le monde parle à tort et à travers. Je me demande si mes contradicteurs d'alors n'ont pas eu peur de se voir contraints de reconnaître que j'avais raison.
N.H. : Il est vrai que voilà deux ans, vos propos étaient dénoncés comme alarmistes alors qu'aujourd'hui on constate qu'ils étaient seulement lucides. Aviez-vous alors des informations dont les hommes au pouvoir ne disposaient pas ?
J.-M. L.P. : Je n'ai pas la science infuse, n'est-ce-pas ? Ce que l'on m'a reproché à l'époque, ce sont essentiellement les chiffres que je citais. Je ne les avais pourtant pas inventés. Ils étaient dans les revues spécialisées. Essentiellement des revues américaines. On m'a reproché de majorer le chiffre des malades, celui de ceux qu'on appelle par antiphrase des « porteurs sains », celui des séropositifs qui développent la maladie et que je situais à 75 % (alors qu'aujourd'hui on s'accorde à considérer qu'ils représentent probablement 100 %), celui du coût médical. Or, on entend à présent les sommités confirmer point par point ce que je déclarais voilà deux ans au grand scandale des mêmes sommités !
N.H. : N'avez-vous pas l'impression que l'on vous a reproché plus le fond que la forme? En somme, que vous avez fait «trop fort» ?
J.-M. L.P. : Ecoutez, un proverbe de marin breton dit : « Trop fort n'a jamais manqué », ce qui signifie qu'on ne risque rien à prendre trop de précautions. J'ai donc tenu un langage d'avertissement qui seul pouvait tirer de sa torpeur une population désinformée et anesthésiée. C'est volontairement que j'ai avancé des hypothèses non pas alarmistes mais lucides. On m'en a fait le reproche totalement injustifié. Un exemple : j'ai annoncé que le coût médical annuel d'un malade était de cinq cents mille à un million de francs. Madame Barzach a alors protesté que je disais n'importe quoi et qu'un malade coûtait au maximum deux mille cinq cents francs par jour. Ce qui multiplié par le nombre de jours dans l'année correspond au milieu exact de la fourchette que j'avais indiquée. Il est évident que le but n'était pas d'informer le public sur le SIDA, mais de les désinformer sur Le Pen. Le professeur Schwarzenberg a d'ailleurs reconnu récemment dans un article publié par Tonus, que si le gouvernement n'a pas agi plus tôt contre le SIDA, c'était pour ne pas reconnaître ainsi implicitement que Le Pen avait raison !
Toute cette affaire a été dominée par le mensonge. Elle demeure dominée par le mensonge comme celui qui consiste à faire du préservatif une panacée. Il y a à ce mensonge généralisé deux explications : ou l'on a eu peur de regarder la vérité en face, ou l'on a menti par complaisance pour les déviants (drogués et sodomites), dans les deux cas, c'est scandaleux.
N.H. : Vous pensez que le charivari provoqué par vos déclarations était destiné à les étouffer ?
J.-M. L.P. : Absolument. Le silence et le mensonge sont, en ce qui concerne cette maladie mortelle et contagieuse, une attitude stupide et criminelle. Je refuse d'en être le complice. C'est pourquoi j'ai averti les jeunes, tout spécialement les jeunes, qu'il y avait un grand danger non seulement à consommer de la drogue (ce que tout le monde disait) mais encore à pratiquer le vagabondage sexuel. Ce que tout le monde taisait. Comme si le libertinage suscité par la libéralisation des mœurs était une conquête de l'humanité. Une sorte de droit acquis comme diraient les syndicats.
Seulement voilà, l'ordre naturel qui est au-dessus de tout cela a ramené les rêveurs à la dure réalité. L'homme, qu'il le veuille ou non, est soumis aux lois naturelles, c'est-à-dire au fond à la loi divine. Il ne peut pas s'en affranchir sans courir de grands risques.
N.H. : Au fond, on a l'impression que le domaine de la morale est désormais interdit aux hommes politiques. Le seul sujet sur lequel on peut encore faire de la morale, c'est le racisme. Les autres sont tabous.
J.M. L.P. : Je crois que vous avez raison. Or, il n'y a pas de loi sans morale. Le législateur est amené à s'appuyer sur la morale qui se fonde sur la tradition et l'histoire des civilisations. Il y a une morale naturelle que même les peuples les moins évolués respectent. L'histoire montre que les peuples décadents qui ont voulu s'affranchir de la loi naturelle et donc de la morale naturelle, ont été sanctionnés par l'extinction.
Mais la première exigence morale de l'homme politique, c'est la vérité. Or, dans l'affaire du SIDA, les hommes politiques n'ont pas cessé de mentir.
Un exemple : on nous a présenté le préservatif comme une panacée. En ce moment même, on diffuse une campagne réalisée à grands frais pour nous informer que le « préservatif préserve de tout, même du ridicule ». Et dans le même temps, on apprend qu'il a fallu retirer quinze marques du marché parce qu'elles étaient inefficaces.
C'est le type même du mensonge criminel. Pendant des mois, madame Barzach a affirmé à des millions de jeunes que le préservatif était une sécurité absolue. Combien aujourd'hui qui l'ont écoutée, qui l'ont crue et qui, lui faisant confiance, ont pratiqué le libertinage avec un sentiment de sécurité fallacieuse fondé sur le recours à des préservatifs défectueux, combien sont aujourd'hui contaminés ? C'est-à-dire, pour beaucoup, condamnés à mort ?
Et si l'on continue de mentir en présentant le SIDA d'une façon minorée. En ne prenant compte, par exemple, que le nombre des sidaïques. Je sais qu'il y a une querelle sur l'appellation. Ne pouvant pas guérir le mal, on a changé le mot. Mais la maladie continue d'être mortelle, contagieuse, sans remède connu, sans remède envisageable à Court terme et en progression exponentielle. On ne prend donc en compte que les SIDAs déclarés.
Et même comme cela, la France est en tête des nations occidentales. Mais en outre, on masque l'existence de centaines de milliers de séropositifs qui s'ignorent et qui sont contagieux. D'ailleurs, même le chiffre des malades est minoré puisque de nombreux malades ou leurs familles ne déclarent en fait que la maladie qui s'est installée à la faveur du SIDA qui, comme vous le savez, est une déficience immunitaire. Au niveau mondial également, l'OMS ne donne que les chiffres communiqués par les états qui mentent pour des raisons politiques. Le Zaïre, par exemple, déclarait récemment zéro cas. Alors qu'on sait que c'est l'un des pays les plus contaminés du monde.
Il est vrai que si l'on regarde un crocodile en tenant la lorgnette par le mauvais bout, il ressemble à un lézard, Mais sa morsure reste celle d'un crocodile.
Il n'est pas de thérapeutique efficace à partir d'un diagnostic erroné.
N.H. : Vous dénoncez vigoureusement la politique menée par les gouvernements qui se sont succédé au Pouvoir en France depuis l'irruption de ce fléau. Mais auraient-ils pu faire quelque chose ?
J.-M. L.P. : Le SIDA est un fléau cataclysmique. En l'état actuel, il devrait provoquer une prise de conscience, une analyse aiguë et une mobilisation générale.
Comment se transmet-il ? On le sait : par la drague et les relations sexuelles (spécialement la sodomie hétéro ou homo-sexuelle) et par les transfusions sanguines.
Or. on n'a pas lutté contre la drogue et l'on ne lutte pas contre l'un des vecteurs les plus graves : la prostitution masculine.
Il existe en France des milliers de prostitués mâles ou femelles qui sont de véritables bombes à SIDA. La plupart sont des étrangers. On n'agit pas.
Le laxisme des mœurs est aggravé par l'abandon de la discipline traditionnelle qui encourageait à la fidélité. Ce libertinage généralisé aboutit à un mode de diffusion presque irrépressible de la maladie. C'est donc à chacun, à l'individu, au père de famille, aux hommes politiques et à l'Etat d'expliquer, chacun à son niveau, que ces comportements mettent en danger la vie des Français, celle de leurs enfants et la survie de leur pays. Il y a un devoir d'éducation et d'information.
C'est le seul moyen de mettre, non pas totalement à l'abri, car il y a des faux pas, mais à l'abri d'une contagion généralisée et exponentielle.
Et puis, il y a un devoir de solidarité avec les séropositifs qui doivent savoir. Ne serait-ce que pour mettre un terme à des comportements mortels. Un séropositif doit s'abstenir de relations sexuelles mais aussi de procréer. Il doit également éviter certains traitements, certains vaccins. Pour sa propre survie.
Les responsables de la situation actuelle sont les hommes politiques qui ont su, qui se sont tus et qui n'ont pas agi.
N.H. : Pouvait-on enrayer ce fléau ?
J.-M. L.P. : On sait quelle mobilisation scientifique est engagée aujourd'hui. Si on l'avait engagée plus tôt, on aurait gagné du temps. On serait aujourd'hui plus près de la solution Qu'on ne l'est. Ce temps se compte en vies. C'est donc un devoir absolu de ceux qui ont la responsabilité de leurs concitoyens d'organiser la lutte à outrance. Le SIDA aujourd'hui nous fait courir plus de risques qu'une guerre. Où est l'esprit de combat ? Où est la volonté de vaincre ? Où est la mobilisation ? On m'a reproché de faire peur. On me dit, en somme, ne criez pas au feu, les gens pourraient se tordre la cheville en dévalant l'escalier. Je réponds, il vaut mieux une cheville foulée que dix personnes carbonisées.
J'estime avoir fait mon devoir. Le silence où l'on me tient est la punition de celui qui dit la vérité. « Il a dit la vérité, chantait Béart, il doit être exécuté ». Le peuple français a droit à la vérité.
Il ne doit pas espérer un miracle, un vaccin prodigieux. Il doit changer de comportement. C'est la seule solution immédiate. Ne proposer que les préservatifs, c'est conseiller à un cancéreux du poumon de ne fumer que les filtres.
N.H. : Avez-vous l'impression que la prise de conscience est réelle ou simplement médiatique ?
J.-M. L.P. : Il faut évidemment informer. Mais le risque de ces opérations médiatiques spectaculaires, c'est la banalisation. Un soir, on mobilise autour d'un fléau qui menace le monde entier dans sa survie comme le SIDA. Le lendemain, on mobilise avec le même éclat autour d'une maladie qui ne concerne que trente mille personnes comme la myopathie. Ne croyez pas que je sois insensible à la tragédie des myopathes, loin de là. Je crois simplement qu'à force d'amalgame et de tintamarre télévisuel, on ramène tout à la politique-spectacle. Et surtout que l'on détruit toute conscience de la priorité des urgences. On m'a fait le grief de ne pas avoir de compassion. Les pleureuses funéraires n'ont jamais ressuscité personne. Je songe à ceux qui souffrent, mais je songe aussi, et c'est mon devoir d'homme politique, à ceux que la maladie menace si rien n'est fait. Le devoir de compassion pour les malades ne doit pas faire oublier le devoir de protection pour les bien portants.
Je voudrais, pour conclure, faire deux remarques.
La première d'ordre général, la seconde d'ordre particulier. La loi ne saurait suffire à protéger les sociétés si la morale est absente. Il en va de la santé comme de la sécurité. Si la morale ne protège pas les biens et les personnes, la loi ne pourra que sanctionner ceux qui s'attaquent aux biens et aux personnes. Si la morale ne dissuade pas la jeunesse d'encourir la maladie par un comportement amoureux aberrant, la Loi et la médecine ne pourront pas empêcher la sanction de ce comportement. Tout au plus, la médecine, mais ce n'est pas assuré, pourra-t-elle, peut-être un jour, réduire la gravité des conséquences de ces comportements.
D'autre part, en ce qui concerne la médiatisation de ce débat, je constate qu'au moment où l'on va célébrer les Droits de l'Homme à l'information, le président du Front National, l'homme politique qui a réuni sur son nom quatre millions et demi de suffrages il y a quelques mois, n'a été interrogé par personne. N'a été invité nulle part à s'exprimer sur un sujet qu'il a été le premier à porter sur le terrain du débat de société. Que personne n'ait songé, à part National Hebdo et Radio Courtoisie, à solliciter mon opinion sur ce sujet capital, montre bien que l'on a organisé l'exclusion, voire même la persécution, de ceux qui disent la vérité et qui veulent rendre la parole au peuple.
Propos recueillis par S. de B. National Hebdo Semaine du 8 au 14 décembre 1988