Lycéens, étudiants mais aussi jeunes travailleurs, tous adhérents du FNJ(Front National de la Jeunesse) ou du Front National, ont donné de leurs temps (et de leur sommeil !) pour aider les candidats aux cantonales et aux municipales à se faire connaître.
Quel a été le quotidien de ces jeunes militants? Pour en avoir un aperçu, National Hebdo a suivi une de ces équipes, en région parisienne.
C 'est la commune de Goussainville (95_Val d'Oise) où se présente Jean-Marc Sak, qui a été choisie cette nuit là.
Je me retrouve ainsi rapidement embarqué dans une camionnette, un seau de colle à mes pieds et un balai dans les mains, dont je présume que je ferai un usage plus intensif que celui de mon appareil photo et de mon carnet de notes, qui eux restent, inaccessibles, dans le fond de mon sac ...
Vaille que vaille, je me lance dans l'aventure. J'ignore alors que la soirée me réserve effectivement son lot d'événements tout à fait imprévus.
En effet, nous ne sommes pas les seuls à être en mouvement dans. les rues de Goussainville ce soir là, puisque d'une part, nous multiplions les rencontres avec des véhicules de police et des camions de CRS, dont la présence révèle la mise en placé d'un dispositif de sécurité assez conséquent, et que d'autre part, un véhicule civil, croyant très certainement s'adresser aux occupants d'une autre camionnette (du même type que la nôtre et que nous avions croisée un peu plus tôt), entreprend une série d'appels de phares suspects à notre intention, comme s'il y avait besoin de nous avertir. De quoi ? On en aura une idée lorsque, alors que nous circulons sur l'axe principal, un véhicule de police se met en travers de la rue pour nous stopper net. Des policiers sortent, flash-ball au poing, prêt à nous interpeller avant finalement de se rendre compte qu'il y a(une nouvelle fois) erreur sur le véhicule ... et ses occupants. ! La voiture de police redémarre en trombe; notre camionnette reprend elle aussi sa route. Finalement, après deux ou trois nouveaux collages, nous apercevons l'autre camionnette, cette fois-ci réellement interpellée par la police.
Policiers curieux
Cependant, c'est au cours du dernier collage de la soirée que survient l'événement le plus inattendu.
Alors que notre chauffeur vient de garer notre véhicule et que nous traversons la route qui nous sépare des panneaux électoraux, notre attention est attirée par les passages répétés d'un fourgon de CRS qui visiblement s'intéresse de près à nos activités. S'ajoute à cela l'arrivée soudaine d'une voiture banalisée, qui vient se garer juste derrière notre véhicule.
A son bord, trois jeunes hommes sortent brusquement du véhicule, et se dirigent de façon plutôt hostile en notre direction. Que veulent réellement ces inconnus ?
Malgré une tension palpable, un dialogue s'installe et, coup de théâtre, nous apprenons qu'il s'agit de policiers de la B.A.C. (Brigade Anti-Criminalité) qui, aussitôt la discussion engagée, ne cachent pas une certaine sympathie à notre égard. Après quelques échanges critiques à l'égard de la politique de sécurité menée par les pouvoirs publics, l'un d'entre eux repartira même avec des affiches FN, fièrement données par l'un des jeunes militants !
Il est environ 3 heures du matin lorsque nous quittons les lieux. Il est temps pour toute l'équipe de dormir quelques heures ...
A. TANMORNEL National Hebdo du 13 au 19 mars 2008



. Les forçats du gosier :