Interview Jean-Marie Le Pen à paraître dans Métro (jeudi 19 avril 2007)
Selon les sondages, il n’y aura pas de deuxième 21 avril. Se trompent-ils à nouveau ?
Il y aura un deuxième 21 avril et peut-être même un Jospin 2007. Nicolas Sarkozy est donné gagnant en toute certitude mais est-ce si sûr ? Il pédale à droite, pourtant, et il fait ce qu’il peut : il devient chrétien, tricolore, national, etc. A chaque discours, il en remet une couche, au cas où on n’aurait pas compris. Nicolas Sarkozy craint visiblement beaucoup ma candidature.
Pourquoi prenez-vous autant pour cible Nicolas Sarkozy ?
C’est le candidat sortant, il est en tête des sondages, son parti dispose de 364 députés. Je devrais cibler qui ? Laguiller, Besancenot ? Le problème de Nicolas Sarkozy, c’est qu’il a une telle opinion de lui-même que la moindre critique pour lui, c’est une insulte. Mais dire que le président de la République doit être quelqu’un d’intrinsèquement français, c’est une question de bonne éducation, de bon goût. Il se trouve que Sarkozy a trois grand-parents étrangers sur quatre. Il peut être Français, ministre et même premier ministre. Mais la fonction présidentielle a une dimension quasi-religieuse.
Vous avez parlé à son sujet de racaille politicienne. C’est un dérapage verbal ?
Non, je suis modéré dans mes propos : les affaires de la mairie de Paris, des lycées d’Ile-de-France, le Crédit Lyonnais, etc, pour lesquelles des ministres et même un premier ministre, tous des UMP d’ailleurs, sont passés en correctionnelle, ce n’est de pas la racaille, ça ? Nicolas Sarkozy est emblématique de la corruption morale des milieux dirigeants français.
Vous le traitez de racaille mais vous vous dites prêt à parler avec lui…
Mais voyons, un homme public, dans une démocratie, ça doit être prêt à parler avec tout le monde. Le fait que j’ai dit qu’on pouvait parler avec Sarkozy doit l’assurer d’une immunité de débat ? Une élection, c’est aussi un combat politique.
Certains trouvent Nicolas Sarkozy inquiétant. Et vous ?
Il a été diabolisé pour l’emploi de deux mots : racaille -alors que dans les quartiers on dit bien la caillera, et kärcher. C’est dérisoire. Mais on avait bien diabolisé Le Pen avec le détail, pourquoi pas Sarkozy avec le kärcher ? Dans ce sens-là, c’est un peu une victime. Il y a d’autres raisons de critiquer Nicolas Sarkozy.
Que pensez-vous de l’idée de créer un ministère de l’immigration et de l’identité nationale ?
C’est curieux que Nicolas Sarkozy ait cette idée après cinq ans de pratique de la responsabilité face à l’immigration, avec un bilan très négatif : les gouvernements français ont, depuis 30 ans, laissé entré pratiquement 10 millions d’étrangers et il en entre encore 400 000 par an. Ce phénomène, s’il continue, nous submergera. Il a déjà commencé à nous ruiner. La pression extérieure est telle qu’il sera impossible d’y résister si on ne s’y oppose pas. Pensons à des pays comme le Kosovo ou le Sri Lanka où les populations natives ont été évacuées par l’arrivée de populations étrangères. C’est une menace pour notre pays.
La question de l’immigration n’est-elle pas liée au développement des pays pauvres ?
Je suis partisan de la coopération mais je ne me crois pas obligé de le faire quand ces pays ont réclamé leur indépendance, c’est-à-dire le droit de s’assumer eux-mêmes. Philippe Douste-Blazy me disait l’autre jour qu’on ne peut rien faire, qu’il y a le métissage et le co-développement. Alors, j’attends le jour où on sera contraint par la loi de se marier avec des gens qui n’ont pas la même couleur. Le Conseil représentatif des associations noires de France (Cran) d’ailleurs va être très mécontent parce qu’eux pensent que black is beautiful et que, par conséquent, il n’y a aucune raison à les forcer à se marier avec des Blancs. Et avec 2500 milliards d’euros de dette, le co-développement, on va le financer comment ? Vous savez ce que c’est l’Afrique ? C’est 1 milliard d’hommes. Alors on va continuer à envoyer de l’argent aux gouvernements en question ?
Si vous étiez élu, est-ce que vous légiféreriez sur la peine de mort ?
Oui. Elle doit exister. Il ne faut pas forcément la généraliser, mais un certain nombre de crimes particulièrement abjects méritent la peine de mort. J’ai plus de considération pour les victimes qui, elles, ont été condamnées à mort et pour leurs familles contraintes à une douleur perpétuelle et quotidienne. Le devoir de l’Etat, c’est de protéger les innocents. Notre société est particulièrement indulgente envers le crime. En France, il y a 68000 détenus pour 50000 places. En 2002 j’avais déjà demandé la construction de 100 000 places supplémentaires. Mais on n’en parle pas car on n’aborde pas les questions qui fâchent. C’est comme la question de la Défense et de la diplomatie. Peu de gens savent que Sarkozy s’est déclaré prêt à faire la guerre aux côtés des Etats-Unis et d’Israël si ces derniers attaquaient l’Iran. Moi je pense que la France doit user de son influence, ou de ce qu’il lui en reste, pour aboutir à une intermédiation et éviter le conflit.
La percée de François Bayrou n’est-elle pas le signe d’un désir de rassemblement ?
On saura ce que Bayrou a fait en tant que candidat dimanche soir. Jusqu’à présent, c’est le résultat de la manipulation des sondeurs qui ont fait passer un candidat de 6 à 25 points en un mois. Ça ne vous a pas choqués, ça ? D’ailleurs, monsieur Bayrou n’est pas le chevalier blanc qui incarnerait le désir de paix des Français. Il appartient à l’UDF, le parti de Monsieur Giscard d’Estaing, de Monsieur Barre, de Monsieur Lecanuet. C’est un chef politique qui essaie de passer pour un censeur des mœurs politiques dont il est en fait l’incarnation. Il a d’ailleurs été cinq ans ministre de l’Education nationale, un poste où il s’est révélé particulièrement nul.
La France présidente, le slogan de Ségolène Royal, vous en pensez quoi ?
Il y a quatre ans déjà, j’avais dit que Ségolène Royal serait la prochaine candidate. Après avoir fait la retraite à 60 ans dans un pays où l’espérance de vie a augmenté de 15 ans en cinquante ans puis les 35 h dans un pays où l’on travaille le moins parmi les pays développés, je ne vois pas qui, au Parti socialiste, pouvait être candidat. Plusieurs, remarquez, pensaient pouvoir l’être. Ils ne poussent d’ailleurs pas formidablement Madame Royal vers le succès. Je trouve sa campagne faiblarde. Cela dit, il paraît que c’est une dure dans les relations privées.
Si vous êtes au second tour, qui préféreriez-vous affronter ?
Je n’ai aucune préférence. Pour moi, ils sont interchangeables. Ce sont des représentants du système. Il y a le social-capitalisme et le libéral-capitalisme. Je déterminerai ma campagne en fonction du candidat qui me fera face. A l’indice de performance, je suis déjà de loin de meilleur. L’indice de performance, c’est la différence entre le résultat et les moyens employés pour l’atteindre. J’ai dix fois moins de moyens que Nicolas Sarkozy engagés dans la campagne.
Si vous étiez élu, quelles seraient vos premières mesures ?
Un audit, déjà. Parce que j’arrive dans la jungle, là : les chiffres de la décadence française sont truqués, qu’il s’agisse des chiffres de la délinquance, du chômage, de la dette, des systèmes sociaux, du nombre de fonctionnaires. Ensuite, il faut décréter l’immigration zéro pendant un temps donné. Les sans-papiers qui sont déjà là seront soumis à la règle de la préférence nationale. Et le message sera donné à tous les étrangers : ils peuvent résider en France à une condition, qu’ils assument eux-mêmes leur propre subsistance. Ils doivent payer leur loyer, assurer la scolarité de leurs enfants, leurs soins médicaux, leur aide sociale : c’est leur problème. La France ne le fera plus, elle n’en a pas les moyens. Je refuse de cautionner la prétendue générosité des bobos qui n’ont jamais vu d’immigré que ceux qui vident leurs poubelles.
Après cette élection, que ferez-vous ?
Si je suis élu, j’irai à Bregançon prendre quelques jours de repos. Le 14 juillet, j’offrirai aux Français un grand buffet qui irait de l’Etoile à la Concorde, suivi par une soirée bacchique.
Et si vous ne gagnez pas ?
Je finirai dans une caisse en bois, comme vous, sans que vous puissiez dire que j’y finirai avant vous.
Interview Jean-Marie Le Pen à paraître dans Métro
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