Marine Le Pen était le 29 novembre l'invitée de SFM pour un débat sur le thème: " Existe-t-il·des passerelles entre la droite et l'extrême droite ? " en compagnie de l'homme de gauche René Monzat, politologue spécialiste" Front national" et de Jérôme Sainte-Marie, membre du pôle de l'institut de sondage BVA qui débuté l'émission en relevant que les émeutes du mois de novembre ont profité » à la droite nationale,
La vice-présidente du FN n'a pas eu grand mal à balayer dès le début de l'émission le lieu commun sur le soi-disant extrémisme du FN. Si tel était le cas, a-t-elle finement souligné, l'ensemble de la classe politicienne ne viendrait pas faire ses courses au « super-marché FN », dont le programme a été allègrement pillé ces derniers mois et ces dernières semaines.
Ce n'est en tout cas certainement pas être extrémiste que de dénoncer la politique d'immigration telle. qu'elle est organisée depuis trente ans par la classe politicienne, a-t-elle encore affirmé.
« Aujourd'hui ces messieurs de l'UMP de l'UDF, OU du PS ont du mal à crier au diable quand ils évoquent le Front national alors qu'ils reprennent nos idées» a poursuivi Marine Le Pen. Et ce, alors que, comme le soulignait Jérôme Sainte- Marie, différents sondages indiquent que le programme du Front sur les questions d'insécurité et d'immigration est plébiscité par un tiers, voire la moitié du corps électoral.
La politique d'immigration
La dirigeante frontiste n'a pas manqué de rétablir la vérité quand M. Monzat a affirmé que le programme du Front était entièrement centré sur l'idée que les malheurs de la France étaient de la faute des immigrés. Elle a réaffirmé que les nationaux combattaient non pas les immigrés mais la politique d'immigration qui, sans même parler des questions touchant à l'identité, a des conséquences directes sur la prospérité des Français. Notamment sur les logements sociaux, notre couverture sociale via la CMU, notre sécurité, l'Education nationale dans une France touchée par de graves problèmes économiques, sachant que plus de 9 immigrés sur 10 entrant sur le territoire national n'ont pas de contrat de travail.
Une situation qui est de la responsabilité des gouvernants qui n'ont pas été capables d'anticiper les incidences de la poursuite des flux migratoires. Or sur ce sujet, comme sur les sujets économiques et sociaux au cœur des préoccupations de nos compatriotes, les délocalisations ou les effets pervers de la mondialisation, le FN ayant été le premier à en parler et à analyser ces phénomènes il y a déjà quinze ans, a-t-elle souligné.
Deux modèles antagonistes
Marine Le Pen a pareillement pointé le double langage, les incohérences, les différences majeures entre le discours développé par Nicolas Sarkozy et le Front national. Elle a relevé que le président de l'UMP est contre l'idée de nation puisqu'il soutient l'européisme bruxellois, qu'il est le défenseur d'un« modèle anglo-saxon »aux antipodes de celui défendu par la droite nationale, populaire et sociale.
Le ministre de l'Intérieur défend ainsi« le communautarisme », la mise en place de «l'islam de France »,« le libéralisme sauvage »,« la discrimination positive »,« la libéralisation des services publics », tandis que son ami Pierre Bédier affIrme vouloir réserver des appartements aux familles polygames.
Un« modèle anglo-saxon contraire aux principes républicains défendus par le Front, soit les principes de laïcité, d'égalité, de solidarité nationale, la notion de services publics·qu'il s'agit certes d' améliorer. Nous sommes pour une économie de marché, a-t-elle encore indiqué, mais pas pour la loi de la jungle, économie de marché ne veut pas dire absence de protection », prenant l'exemple des frontières qui peuvent être « fermées, ouvertes, entrouvertes en fonction des intérêts de la population française ». Marine Le Pen qui a par ailleurs pointé la peur du FN qui est celle de M. Sarkozy, comme l'illustre le fait qu'il ait demandé à son homme lige, Manuel Aeschliman, de lancer l'idée d'un durcissement des conditions pour obtenir les signatures de maires ...
Le Front national est là et bien là
Les débatteurs évoquant Philippe de Villiers, Marine Le Pen a observé que celui-ci n'a pas les capacités de prendre la relève du Mouvement national, jouant uniquement le rôle que lui. a assigné le système, celui de rabatteur des "brebis égarées au FN".
La dirigeante frontiste a balayé une autre« idée toute faite »selon laquelle« le FN ne veut pas du pouvoir », soulignant que c'était bien là au contraire l'essence, la finalité de son combat politique. Enf'm, Marine Le Pen a souligné que l'électorat de la droite nationale était très divers, venant tout autant de la droite que de la gauche, observant que« les lignes ont beaucoup bougé, les Français (cherchant) une alternative »face à l'échec des politiciens de l'Etablissement. Le FN « que l'on a déjà enterré mille fois est là et bien là » a-t-elle ajouté.
Ce dont a convenu René Monzat qui a affirmé que le courant national ne disparaîtra pas avec le départ de Jean-Marie Le Pen, tandis que Jérôme Sainte-Marie indiquait que si l'élection présidentielle avait lieu demain, Jean-Marie Le Pen dépasserait la barre des 20 % au premier tour.
National Hebdo décembre 2005
