Ce fut, samedi et dimanche au Bourget, le grand retour des BBR. Et l'envol de la campagne présidentielle de Jean-Marie Le Pen. Le président du Front national a manifestement impressionné les journalistes par sa forme physique et intellectuelle, lui permettant d'effectuer l'harassante visite des stands avec une imperturbable bonne humeur, dans un feu d'artifice de bons mots et de chansons, multipliant les accolades et les / poignées de main. La conséquence est que le premier effet de cette fête des Bleu Blanc Rouge 2005 est de mettre une sourdine aux sempiternels commentaires sur l'âge du capitaine. En soi, cela relève plutôt de l'anecdote, mais c'est d'une réelle portée politique.
D'une part, on a vu tout à coup vaciller l'affirmation médiatique péremptoire selon laquelle Philippe de Villiers était en train de récupérer l'électorat, voire même les cadres du Front national. Le Pen étant là, et bien là, tel qu'en lui-même, percutant et sûr de son impact, face à une foule enthousiaste, le vicomte reprenait ipso facto sa fonction de copie pâlichonne, d'autant moins convaincante qu'il tente davantage d'imiter Le Pen.
La véritable politique
D'autre part, dans la mesure où ce faux sujet (récurrent jusqu'à l'obsession dans les conférences de presse) est évacué, on peut enfin passer aux choses sérieuses. A la politique. La vraie. Pas celle des petites phrases et des bruits de couloir, mais celle qui traite de l'avenir de la France et des Français. Celle qui établit un diagnostic lucide de la décadence accélérée et propose la voie du redressement, l'échéance 2007 étant l'occasion d'effectuer la« rupture indispensable à la renaissance française ».
Ce fut le thème du discours de Jean-Marie Le Pen, retransmis par LCI : une grande première. De nombreux téléspectateurs ont pu ainsi, pour une fois, passer le mur de la désinformation, de la caricature et de la diabolisation, et juger sur pièces de son discours véritable, si loin des politicailleries habituelles :« Je vais dire le projet que nous faisons pour la France comme un rêve suffisamment grand pour ne pas le perdre de vue pendant que nous le poursuivons. »
Le projet est de rétablir la vie, la vigueur, l'identité, la liberté et la grandeur de la France. Pour cela il faut d'abord établir le vrai constat de la situation. En profondeur. Les catastrophes naturelles sont symboliques des catastrophes humaines. Le Pen décrit le tsunami économique de la mondialisation, un raz de marée migratoire (et l'irruption du monde islamique), et les séismes qu'on refuse de voir : la destruction de la paysannerie qui est la destruction des fondations de la civilisation,« la culture de mort qui fait de l'argent sur les vivants », la régression vers un Jurassic Park où surgissent des « monstres froids » (fonds de pension et multinationales) qui« sont en train de s'emparer des États-nations, de la souveraineté des peuples et de l'idée républicaine elle-même ».
Face à cela, les dirigeants politiques ne font rien, et les citoyens ont fini par déserter les urnes. « Il ne s'agit pas pour s'arracher à un désastre inéluctable de promettre des réformes d'un système politiquement, intellectuellement et moralement corrompu, il faut une véritable révolution, un changement radical que seuls peuvent initier et conduire ceux qui n'ont pas été responsables du désastre annoncé. »
C'est pourquoi Jean-Marie Le Pen demande aux Français« de se donner le premier moyen de redressement politique, économique, social, culturel, intellectuel et moral, en élisant un président national, respectueux des règles morales de notre civilisation chrétienne et humaniste et des principes démocratiques de la République française ».
On comprend alors ce propos qui a interloqué les journalistes lors de la conférence de presse tenue à l'ouverture des BBR : « Mon objectif est au-delà même des choses humaines. » Car le débat se situe sur un tout autre plan que celui de la cuisine politicienne et des recettes socio-économiques. Au moment de la campagne du référendum sur la Constitution européenne, Jean-Marie Le Pen avait dit de même :« Nous ne nous déterminons pas à partir de critères matérialistes, mais selon une vision spirituelle la nation et de la patrie. »
C' est ce qui le distingue radicalement de ses concurrents. Ainsi est-il le seul à dire et répéter, à chaque référendum européen, à chaque trahison du "Congrès", que ni les représentants du peuple, ni le peuple lui-même, ne peuvent disposer de la souveraineté de la patrie. Ils n' ont tout simplement pas le droit de brader un héritage dont ils ne sont pas les propriétaires mais les usufruitiers. Or cet héritage est autant spirituel que matériel. C'est tout le sens, bien sûr, du défilé annuel en l 'honneur de Jeanne d'arc et des travailleurs français, dont les commentateurs n'ont jamais voulu percevoir le sens, malgré les discours explicites de Jean-Marie Le Pen.
Il existe des lois supérieures aux lois humaines, auxquelles les humains doivent se conformer s'ils veulent une cité vivante et harmonieuse, comme l'enseigne Antigone pour tous les siècles et toutes les cultures. Et le social lui-même, le sort des travailleurs, dépend de la vision que l'on a de la cité. Le social est intimement lié au national, et cela a été un enseignement très clair du Non au récent référendum, comme l'ont montré les analystes, au grand déplaisir des socialistes et des communistes.
L'imposture socialiste
C'est pourquoi Jean-Marie Le Pen a longuement et précisément dénoncé l'imposture socialiste. Le mur communiste de Berlin est tombé, il est temps que tombe le mur socialiste du mensonge : les socialistes ne sont pas les défenseurs des travailleurs et des plus faibles, car, mus par une idéologie mondialiste et cosmopolite, ils ne défendent pas le cadre national (avec tout ce que cela comporte, « au-delà même des choses humaines »), qui seul permet une solidarité authentique.
Comme l'a montré de façon éloquente la directive Bolkestein devenue symbole de la contestation de la Constitution européenne, le Non au référendum fut un Non à la fois social et national. Et ce n' est pas un hasard si le Front national fut le premier à dénoncer cette directive, bien avant que ne réagissent les politiciens de l'Établissement.
En réalité, par-delà le cloaque des politiciens sans politique, il n'y a que deux camps en présence : celui de la gauche collectiviste et internationaliste, et celui de la droite nationale, sociale et populaire.« Le deuxième tour de la prochaine élection doit permettre au peuple français de choisir clairement entre l'archéo-marxisme et le patriotisme salvateur. »
Y.D.National Hebdo octobre 2005. daoudal@fr.oleane.com
(2005) Présence de Le Pen
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