Le Choc du mois: Quelle est votre analyse de l'échec de Jean-Marie Le Pen à la présidentielle ?
Bruno Gollnisch :Le facteur à mon avis le plus évident est que nous avons été victime d'une espèce d'effet Nicolas Hulot. Je m'explique : à partir du moment où les écologistes sont parvenus à imposer leurs thèmes à une grande partie de la classe politique, ce qui c'est traduit par le défilé d'un certain nombre de présidentiables chez Nicolas Hulot, l'électeur n'a plus vu la nécessité de voter pour les verts, et Mme Voynet a subi un désastre.
Nous n'en sommes évidemment pas là : nous n'avons connu qu'un revers. Mais notre défaite tactique est directement liée à notre victoire stratégique, c'est à dire à la reprise d'un certain nombre de nos thèmes, pas tous d'ailleurs et sans les solutions que nous proposons par Nicolas Sarkozy.
Nous nous sommes trouvés confrontés à une vraie concurrence à droite, ce qui n'était pas le cas avant avec Chirac.
Peut-être aurions-nous dû attaquer davantage Sarkozy encore que ce n'était pas très facile. A cause des parrainages, nous étions tributaires des maires divers droite. Jusqu'à quel point pouvions-nous attaquer frontalement Nicolas Sarkozy sans qu'ils en viennent à penser, selon une analyse erronée mais récurrente, que nous faisions « le jeu de la gauche »?
D'autre part, si la campagne officielle s'est déroulée à égalité de temps et de parole, la véritable campagne avait commencé un an avant le scrutin. Or durant toute cette précampagne notre accès aux médias a été très inférieur à celui accordé aux autres candidats, et notamment à ceux qui étaient présentés de façon tout à fait scandaleuse comme les deux principaux. Le peu de temps de parole dont nous disposions a été utilisé pour démonté la crédibilité de notre projet plutôt que pour critiquer nos adversaires. Cette stratégie avait sa légitimité; c'est à l'expérience qu'on s'aperçoit qu'elle n'a pas été payante.
N'oublions pas non plus qu'une partie de l'électorat de Jean-Marie Le Pen en 2002 était composée de déçus du chiraquisme, qui voulaient sanctionner un homme, Jacques Chirac, qui les avait trahis. Cet électorat a manifestement reflué sur la candidature de Nicolas Sarkozy, croyant, à mon sens à tort et avec une naïveté certaine, qu'il sera plus fidèle à ses engagements de campagne que Jacques Chirac.
Est-ce que la campagne n'a pas été aussi un peu confuse ?
Peut-être certains messages ont-ils été un peu brouillés. Je pense par exemple à l'union patriotique, où l'accueil qui a été fait fait à Bruno Mégret a été assez ambigu. On aurait pu dire qu'on ne voulait pas l'y inclure. Mais à partir du moment où Jean-Marie Le Pen l'avait accueilli chez lui, il n'était pas nécessaire, quelque souvenir pénible que l'on ait eu, de se montrer « plus royaliste que le roi ». Cela étant dit, je ne crois pas que cela ait eu une grande influence sur le plan électoral.
Sans doute n'a pas été comprise non plus la position de Jean-Marie Le Pen sur les origines étrangères de Nicolas Sarkozy.
Le Pen n'entendit pas dire que Sarkozy n'était pas qualifié pour être parlementaire, ni pour être ministre, mais que, compte tenu du fait que le président de la république incarne la nation, il n'était pas le mieux placé pour en être la représentation vivante tout en se prévalant de ses origines étrangères. Cela à pu être perçu comme contradictoire avec d'autres messages émis sur la dalle d'Argenteuil ou en d'autres occasions.
Au-delà du scrutin, comment faire pour que le FN atteigne les 20 à 25% à partir desquels il peut espérer constituer, autour de lui, un bloc majoritaire ?
Vaste problème...Nous continuons à être victime de la rhétorique du vote prétendu « utile », à tel point qu'une partie de l'électorat droitier qui ne voulait ni de Royal ni de Sarkozy a voté pour François Bayrou en pensant que celui-ci aurait plus de chances de l'emporter au second tour que Jean-Marie Le Pen, par conviction que le système ne nous laisserait jamais accéder au pouvoir.
En réalité, je crois ce système beaucoup plus fragile qu'il n'y paraît, et je suis certain que la cause nationale a toutes ses chances sur le long terme. Mais cet argument du « vote utile » subsiste. On a déjà connu ça pendant un quart de siècle, de1958 à notre percée de 1984, percée qui a eu lieu parce que le scrutin était à la proportionnelle et qui a été confirmé en 1986, avec l'élection de 35 députés, parce que là aussi les législatives se déroulaient au scrutin proportionnel. Or le seul domaine où la droite au pouvoir a fait preuve de persévérance dans les réformes, ça a justement été dans les manipulations électorales : rétablissement du scrutin majoritaire aux législatives (Chirac en 1986); modification du scrutin régional par Raffarin et Sarkozy dans le but de faire disparaître le FN, avec pour résultats la défaite de l'UMP dans 22 régions sur 23 (et la victoire de Royale sur Raffarin en Poitou-Charentes!); découpage qui ne s'imposait absolument pas de la France en grandes circonscriptions aux européennes de 2004, toujours dans le même but.
N'y-a-t-il pas aussi un problème de crédibilité du FN ?
Honnêtement, cette campagne a été marquée par un effort important pour prouver la crédibilité de notre programme, même si l'on peut se demander si ça n'a pas été au prix d'un certain affadissement.
Prenons un exemple concret. Quand on dit qu'on veut supprimer l'impôt sur le revenu du travail, c'est clair, c'est percutant, c'est évidemment une réforme considérable, mais les gens n'y croient pas. Tandis que quand on dit que l'on plafonnera l'impôt sur le revenu par étapes et en quatre tranches, c'est peut-être plus crédible mais sûrement moins lisible.
La crédibilité du programme gouvernemental que nous avons présenté durant cette campagne, allégé par rapport à celui du FN, n'a pas été mis en cause. Ce qui reste encore à faire, c'est de montrer que nous disposons des gens capables de le mettre en oeuvre. Pas de les trouver: nous les avons. Mais de faire connaître notre équipe. Sans doute aurions-nous dû reprendre l'idée du pré-gouvernement, afin de prouver que nous disposons des cadres capables d'être ministres de l'Industrie, de l'Economie, des Finances, des Affaires étrangères, etc. A nous de les mettre désormais sur le devant de la scène politique.
L'entreprise de « dédiabolisation » doit-elle être stoppée ?
Nous ne devons même pas nous poser ce problème. Nous devons rester fermes et cohérents sur nos posions; si elles ne sont diabolisées tant mieux, si elles le sont, tant pis. Nous ne devons évidemment pas rechercher la diabolisation par des attitudes provocatrices, mais nous n'avons pas non plus à rechercher la dédiabolisation pour elle-même. En tout cas, nous n'avons pas à nous demander si telle position est diabolisée ou pas, mais seulement si elle est juste, conforme à la vérité et à l'intérêt national.
Etes-vous favorable à la tenue d'un congrès d'Epinay de la droite nationale ?
Je n'y suis pas hostile a priori, mais encore faudrait-il définir ce que l'on entend par là. Le préalable à un tel congrès est en tout cas la confiance que l'on peut avoir en ses éventuels partenaires. Or prenons le cas du mouvement pour la France. En dépit des déclarations solennelles et répétées de Philippe de Villiers à propos de son indépendance et du fait qu'il ne donnerait pas de consigne de vote en faveur de Sarkozy, il n'a pas tenu cette ligne que durant trois jours! Ayant obtenu ses parrainages, il a continué à essayer d'empêcher Jean-Marie Le Pen d'avoir les siens.
Plus qu'en adversaire, il s'est comporté en ennemi. Tant que ces pratiques perdureront, je ne vois pas comment on pourrait se réunir.
Je crois qu'un rassemblement se fera plus tard avec les déçus du sarkozysme comme avec les déçus du Mouvement démocrate, car je suis persuadé que la victoire tactique de François Bayrou va se transformer en défaite stratégique, et que beaucoup de ceux qui placent aujourd'hui leurs espoirs en Sarkozy et lui et finiront par se tourne vers nous.
Le FN ne doit-il aussi trancher certains débats internes, je pense notamment à l'acceptation ou non de l'euro ?
En effet, mais il est difficile de donner une réponse simpliste à une question complexe. Je crois que la juste position consiste à vouloir que les dirigeants politiques récupèrent le pouvoir sur la Banque centrale européenne, et à n'envisager de sortir du dispositif monétaire et financier que si nous ne parvenons pas à infléchir la situation.
J'avais à l'époque mis en garde mes collègues au Parlement européen, en leur disant qu'une fois l'euro adopté, les gens ne seraient pas nécessairement partisans de son abandon. J'en est discuté avec Jean-Claude Martinez, qui avait, avant 2002, une position plus radicale. Il m'a semblé qu'il m'avait finalement donné raison entre les deux tours de cette présidentielle, estimant qu'il ne fallait envisager de sortir de la zone euro qu'en dernier ressort.
Qu'attendez-vous du prochain congrès du FN ?
Pour le moment, je ne suis pas informé de la tenue d'un congrès.
Voyons les choses autrement : souhaitez-vous la tenue prochaine d'un congrès ?
Je ne crois pas qu'il y ait une urgence particulière. A mon avis personnel, il vaudrait mieux ne pas interférer avec les échéances très importantes que seront les prochaines élections locales, qui requièrent une préparation considérable, à entreprendre aussitôt après les législatives.
Il n'y a pas d'urgence à opérer une rénovation ?
Beaucoup de choses ont déjà faites, mêmes si elles n'ont pas porté de résultat immédiats. Mais il ne faut pas pratiquer la politique de Gribouille: ce n'est pas parce que nous avons connu un insuccès électoral que cela condamne nos structures, nos convictions, notre programme.
Il faut bien sûr voir ce qu'on peut améliorer. A cet égard, je crois qu'il nous faut être beaucoup plus impliqués dans le combat local, en comprenant que l' élections présidentielle se gagne aussi par le bas. Aux élections municipales de l'an prochain, il faudra présenter beaucoup plus de listes et de candidats qu'en 2001, pour disposer de quatre à cinq fois plus d'élus locaux que nous devrons former, pas seulement à l'exercice de leurs compétences municipales, mais à la nécessaire connexion entre ce travail municipal et l'engagement national. De telle sorte qu'une fois élus, ils ne se laissent pas absorber par le système. Car l'essentiel, n'est pas la gestion du système, mais son remplacement.
Quel avenir pour Bruno Gollnisch au sein du FN ?
Il se trouve dans les mains de la providence, de nos militants et de nos électeurs.
Le jour venu, serez-vous candidat à la succession de Jean-Marie Le Pen ?
Oui, car je pense avoir les aptitudes requises pour cette fonction extrêmement difficile, et donc servire notre cause. Cesera aux adhérents d'en décider. Mais ne nous faisons pas d'illusions: on ne succèdera pas directement à Jean-Marie Le Pen,car Jean-Marie Le Pen à un charisme et une personnalité tout à fait hors du commun. Cela ne veut pas dire pour autant que son oeuvre politique ne sera pas pérenne; je ferais tout, et je suis certain qu'il fera tout lui-même, pour que son oeuvre politique lui survive.
A-t-il l'esprit d'organiser « l'après Le Pen »?
Jean-Marie sait très bien qu'aucun d'entre nous n'est éternel, et je sais qu'il réfléchit à l'avenir du mouvement, ce dont je compte m'entretenir avec lui.
Propos recueillis par Bruno Larebière Le Choc du Mois mai 2007
La diabolisation : un faux problème
Re: La diabolisation : un faux problème
Pat a écrit :Le Choc du mois: Quelle est votre analyse de l'échec de Jean-Marie Le Pen à la présidentielle ?
Bruno Gollnisch :Le facteur à mon avis le plus évident est que nous avons été victime d'une espèce d'effet Nicolas Hulot. Je m'explique : à partir du moment où les écologistes sont parvenus à imposer leurs thèmes à une grande partie de la classe politique, ce qui c'est traduit par le défilé d'un certain nombre de présidentiables chez Nicolas Hulot, l'électeur n'a plus vu la nécessité de voter pour les verts, et Mme Voynet a subi un désastre.
Nous n'en sommes évidemment pas là : nous n'avons connu qu'un revers. Mais notre défaite tactique est directement liée à notre victoire stratégique, c'est à dire à la reprise d'un certain nombre de nos thèmes, pas tous d'ailleurs et sans les solutions que nous proposons par Nicolas Sarkozy.
Nous nous sommes trouvés confrontés à une vraie concurrence à droite, ce qui n'était pas le cas avant avec Chirac.
Peut-être aurions-nous dû attaquer davantage Sarkozy encore que ce n'était pas très facile. A cause des parrainages, nous étions tributaires des maires divers droite. Jusqu'à quel point pouvions-nous attaquer frontalement Nicolas Sarkozy sans qu'ils en viennent à penser, selon une analyse erronée mais récurrente, que nous faisions « le jeu de la gauche »?
D'autre part, si la campagne officielle s'est déroulée à égalité de temps et de parole, la véritable campagne avait commencé un an avant le scrutin. Or durant toute cette précampagne notre accès aux médias a été très inférieur à celui accordé aux autres candidats, et notamment à ceux qui étaient présentés de façon tout à fait scandaleuse comme les deux principaux. Le peu de temps de parole dont nous disposions a été utilisé pour démonté la crédibilité de notre projet plutôt que pour critiquer nos adversaires. Cette stratégie avait sa légitimité; c'est à l'expérience qu'on s'aperçoit qu'elle n'a pas été payante.
N'oublions pas non plus qu'une partie de l'électorat de Jean-Marie Le Pen en 2002 était composée de déçus du chiraquisme, qui voulaient sanctionner un homme, Jacques Chirac, qui les avait trahis. Cet électorat a manifestement reflué sur la candidature de Nicolas Sarkozy, croyant, à mon sens à tort et avec une naïveté certaine, qu'il sera plus fidèle à ses engagements de campagne que Jacques Chirac.
Est-ce que la campagne n'a pas été aussi un peu confuse ?
Peut-être certains messages ont-ils été un peu brouillés. Je pense par exemple à l'union patriotique, où l'accueil qui a été fait fait à Bruno Mégret a été assez ambigu. On aurait pu dire qu'on ne voulait pas l'y inclure. Mais à partir du moment où Jean-Marie Le Pen l'avait accueilli chez lui, il n'était pas nécessaire, quelque souvenir pénible que l'on ait eu, de se montrer « plus royaliste que le roi ». Cela étant dit, je ne crois pas que cela ait eu une grande influence sur le plan électoral.
Sans doute n'a pas été comprise non plus la position de Jean-Marie Le Pen sur les origines étrangères de Nicolas Sarkozy.
Le Pen n'entendit pas dire que Sarkozy n'était pas qualifié pour être parlementaire, ni pour être ministre, mais que, compte tenu du fait que le président de la république incarne la nation, il n'était pas le mieux placé pour en être la représentation vivante tout en se prévalant de ses origines étrangères. Cela à pu être perçu comme contradictoire avec d'autres messages émis sur la dalle d'Argenteuil ou en d'autres occasions.
Au-delà du scrutin, comment faire pour que le FN atteigne les 20 à 25% à partir desquels il peut espérer constituer, autour de lui, un bloc majoritaire ?
Vaste problème...Nous continuons à être victime de la rhétorique du vote prétendu « utile », à tel point qu'une partie de l'électorat droitier qui ne voulait ni de Royal ni de Sarkozy a voté pour François Bayrou en pensant que celui-ci aurait plus de chances de l'emporter au second tour que Jean-Marie Le Pen, par conviction que le système ne nous laisserait jamais accéder au pouvoir.
En réalité, je crois ce système beaucoup plus fragile qu'il n'y paraît, et je suis certain que la cause nationale a toutes ses chances sur le long terme. Mais cet argument du « vote utile » subsiste. On a déjà connu ça pendant un quart de siècle, de1958 à notre percée de 1984, percée qui a eu lieu parce que le scrutin était à la proportionnelle et qui a été confirmé en 1986, avec l'élection de 35 députés, parce que là aussi les législatives se déroulaient au scrutin proportionnel. Or le seul domaine où la droite au pouvoir a fait preuve de persévérance dans les réformes, ça a justement été dans les manipulations électorales : rétablissement du scrutin majoritaire aux législatives (Chirac en 1986); modification du scrutin régional par Raffarin et Sarkozy dans le but de faire disparaître le FN, avec pour résultats la défaite de l'UMP dans 22 régions sur 23 (et la victoire de Royale sur Raffarin en Poitou-Charentes!); découpage qui ne s'imposait absolument pas de la France en grandes circonscriptions aux européennes de 2004, toujours dans le même but.
N'y-a-t-il pas aussi un problème de crédibilité du FN ?
Honnêtement, cette campagne a été marquée par un effort important pour prouver la crédibilité de notre programme, même si l'on peut se demander si ça n'a pas été au prix d'un certain affadissement.
Prenons un exemple concret. Quand on dit qu'on veut supprimer l'impôt sur le revenu du travail, c'est clair, c'est percutant, c'est évidemment une réforme considérable, mais les gens n'y croient pas. Tandis que quand on dit que l'on plafonnera l'impôt sur le revenu par étapes et en quatre tranches, c'est peut-être plus crédible mais sûrement moins lisible.
La crédibilité du programme gouvernemental que nous avons présenté durant cette campagne, allégé par rapport à celui du FN, n'a pas été mis en cause. Ce qui reste encore à faire, c'est de montrer que nous disposons des gens capables de le mettre en oeuvre. Pas de les trouver: nous les avons. Mais de faire connaître notre équipe. Sans doute aurions-nous dû reprendre l'idée du pré-gouvernement, afin de prouver que nous disposons des cadres capables d'être ministres de l'Industrie, de l'Economie, des Finances, des Affaires étrangères, etc. A nous de les mettre désormais sur le devant de la scène politique.
L'entreprise de « dédiabolisation » doit-elle être stoppée ?
Nous ne devons même pas nous poser ce problème. Nous devons rester fermes et cohérents sur nos posions; si elles ne sont diabolisées tant mieux, si elles le sont, tant pis. Nous ne devons évidemment pas rechercher la diabolisation par des attitudes provocatrices, mais nous n'avons pas non plus à rechercher la dédiabolisation pour elle-même. En tout cas, nous n'avons pas à nous demander si telle position est diabolisée ou pas, mais seulement si elle est juste, conforme à la vérité et à l'intérêt national.
Etes-vous favorable à la tenue d'un congrès d'Epinay de la droite nationale ?
Je n'y suis pas hostile a priori, mais encore faudrait-il définir ce que l'on entend par là. Le préalable à un tel congrès est en tout cas la confiance que l'on peut avoir en ses éventuels partenaires. Or prenons le cas du mouvement pour la France. En dépit des déclarations solennelles et répétées de Philippe de Villiers à propos de son indépendance et du fait qu'il ne donnerait pas de consigne de vote en faveur de Sarkozy, il n'a pas tenu cette ligne que durant trois jours! Ayant obtenu ses parrainages, il a continué à essayer d'empêcher Jean-Marie Le Pen d'avoir les siens.
Plus qu'en adversaire, il s'est comporté en ennemi. Tant que ces pratiques perdureront, je ne vois pas comment on pourrait se réunir.
Je crois qu'un rassemblement se fera plus tard avec les déçus du sarkozysme comme avec les déçus du Mouvement démocrate, car je suis persuadé que la victoire tactique de François Bayrou va se transformer en défaite stratégique, et que beaucoup de ceux qui placent aujourd'hui leurs espoirs en Sarkozy et lui et finiront par se tourne vers nous.
Le FN ne doit-il aussi trancher certains débats internes, je pense notamment à l'acceptation ou non de l'euro ?
En effet, mais il est difficile de donner une réponse simpliste à une question complexe. Je crois que la juste position consiste à vouloir que les dirigeants politiques récupèrent le pouvoir sur la Banque centrale européenne, et à n'envisager de sortir du dispositif monétaire et financier que si nous ne parvenons pas à infléchir la situation.
J'avais à l'époque mis en garde mes collègues au Parlement européen, en leur disant qu'une fois l'euro adopté, les gens ne seraient pas nécessairement partisans de son abandon. J'en est discuté avec Jean-Claude Martinez, qui avait, avant 2002, une position plus radicale. Il m'a semblé qu'il m'avait finalement donné raison entre les deux tours de cette présidentielle, estimant qu'il ne fallait envisager de sortir de la zone euro qu'en dernier ressort.
Qu'attendez-vous du prochain congrès du FN ?
Pour le moment, je ne suis pas informé de la tenue d'un congrès.
Voyons les choses autrement : souhaitez-vous la tenue prochaine d'un congrès ?
Je ne crois pas qu'il y ait une urgence particulière. A mon avis personnel, il vaudrait mieux ne pas interférer avec les échéances très importantes que seront les prochaines élections locales, qui requièrent une préparation considérable, à entreprendre aussitôt après les législatives.
Il n'y a pas d'urgence à opérer une rénovation ?
Beaucoup de choses ont déjà faites, mêmes si elles n'ont pas porté de résultat immédiats. Mais il ne faut pas pratiquer la politique de Gribouille: ce n'est pas parce que nous avons connu un insuccès électoral que cela condamne nos structures, nos convictions, notre programme.
Il faut bien sûr voir ce qu'on peut améliorer. A cet égard, je crois qu'il nous faut être beaucoup plus impliqués dans le combat local, en comprenant que l' élections présidentielle se gagne aussi par le bas. Aux élections municipales de l'an prochain, il faudra présenter beaucoup plus de listes et de candidats qu'en 2001, pour disposer de quatre à cinq fois plus d'élus locaux que nous devrons former, pas seulement à l'exercice de leurs compétences municipales, mais à la nécessaire connexion entre ce travail municipal et l'engagement national. De telle sorte qu'une fois élus, ils ne se laissent pas absorber par le système. Car l'essentiel, n'est pas la gestion du système, mais son remplacement.
Quel avenir pour Bruno Gollnisch au sein du FN ?
Il se trouve dans les mains de la providence, de nos militants et de nos électeurs.
Le jour venu, serez-vous candidat à la succession de Jean-Marie Le Pen ?
Oui, car je pense avoir les aptitudes requises pour cette fonction extrêmement difficile, et donc servire notre cause. Cesera aux adhérents d'en décider. Mais ne nous faisons pas d'illusions: on ne succèdera pas directement à Jean-Marie Le Pen,car Jean-Marie Le Pen à un charisme et une personnalité tout à fait hors du commun. Cela ne veut pas dire pour autant que son oeuvre politique ne sera pas pérenne; je ferais tout, et je suis certain qu'il fera tout lui-même, pour que son oeuvre politique lui survive.
A-t-il l'esprit d'organiser « l'après Le Pen »?
Jean-Marie sait très bien qu'aucun d'entre nous n'est éternel, et je sais qu'il réfléchit à l'avenir du mouvement, ce dont je compte m'entretenir avec lui.
Propos recueillis par Bruno Larebière Le Choc du Mois mai 2007
Saluons la constance de Bruno et l'intelligence de ses analyses.
Errare humanum est, perseverare diabolicum.
"Ce qui doit tomber, il ne faut pas le retenir. Il faut encore le pousser." Nietzsche
"Le problème de la plupart des gens n'est pas qu'ils se fixent des objectifs trop hauts,
c'est qu'ils se fixent des objectifs trop bas et qu'ils les atteignent." Léonard de Vinci
"Ce qui doit tomber, il ne faut pas le retenir. Il faut encore le pousser." Nietzsche
"Le problème de la plupart des gens n'est pas qu'ils se fixent des objectifs trop hauts,
c'est qu'ils se fixent des objectifs trop bas et qu'ils les atteignent." Léonard de Vinci
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