Kreuzer a écrit :Attention Prodeo, je ne cherche pas à défendre Robert Spieler ou Alsace d'Abord dans cette affaire (avec qui j'ai eu des discussions assez animées il y a quelques années sur le forum l'Agora des Identitaires; ces derniers me reprochant à l'époque d'être un "agent du paquebot"

).
Ce monsieur semble de moins en moins défendable lorsqu'on lit ses interventions fort peu courtoises et sans grand fondement :
http://www.alsacedabord.org/article.php3?id_article=616Kreuzer a écrit :J'essaye simplement de dire que dans le fond, l'identité européenne est belle et bien une réalité et qu'on ne peut la nier. Lorsque je parle d'identité européenne, je fais bien entendu référence à des notions culturelles, ethniques, géographiques et religieuses et non pas à des notions politiques et administratives dont nous savons très bien que celles-ci ne débouchent sur rien de concret.
Je suis désolé de te dire que tu es victime d'une confusion. Il n'y a pas UNE identité européenne. La réalité fait apparaître sans doute possible des identités européennes que sont : l'identité allemande, l'identité anglaise, l'identité espagnole, l'identité française, l'identité italienne, etc. L'Europe est et restera longtemps une somme d'identités juxtaposées où l'un des caractères distinctifs le plus important est la langue. C'est pourquoi chaque nation est bien plus réelle que l'Europe qui n'en est qu'une vaste représentation assez floue et évolutive en fonction des pays qui viennent s'y rattacher. L'Europe est encore essentiellement une abstraction qui tente de donner une réalité à une somme d'unités qui n'est pas constante. Tant que l'on ne réalise pas très bien cela, tous les malentendus sont possibles.
Kreuzer a écrit :Pour en revenir au régionalisme version Spieler (mais il n'est pas le seul dans ce cas), celui-ci est compréhensible si l'on s'attache à faire une bonne analyse de l'histoire alsacienne. Le "défaut" de beaucoup d'entre nous (moi y compris il y a encore quelques années), c'est que en tant que francilien ou habitant d'une région sans patrimoine identitaire fort, on a le sentiment que le régionalisme est une menace.
Que je sache, le régionalisme Picard (l'un des miens) ou le régionalisme béarnais de Louis Alliot ne manque pas d'identité forte que personne ne songerait contester. Pourtant les Picards et les Béarnais vivent très bien leur particularité sans chercher à affaiblir la culture et la force politique française.
Kreuzer a écrit :Aujourd'hui ce qui fait la richesse du patrimone français, ce sont les identités régionales, celles des terroirs . D'ailleurs ces dernières années, l'identité régionale est revenue en force au sein de la droite nationale à commencer par plusieurs personnalités du FN: Patrick Binder en Alsace et Olivier Martinelli en Corse pour ne citer qu'eux.
Aujourd'hui, ce qui ferait la force et la richesse du patrimoine français, c'est que tous les jeunes gens qui sortent de l'école sachent parler et écrire correctement la langue nationale. Or, nous savons tous que ce n'est pas le cas. Il est donc très clair qu'avant de s'appesantir sur un micro problème régional, il est plus urgent d'agir efficacement contre l'appauvrissement de la langue française et toute la culture qui va avec. Monsieur Spieler semble ignorer ce grave aspect des choses. Pourtant, son combat ne devrait-il pas commencer par là ? Défendre avec un acharnement qui frise la pathologie, un particularisme régional, alors que le français est chaque jour menacé, m'apparaît comme une haute trahison.
D'autant que si les jeunes alsaciens apprennent l'alsacien avec la même méthode que le français, ils n'additionnent pas deux cultures, ils cumulent deux niveaux d'inculture.
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[Malheur aux aveugles qui mènent ! Malheur aux aveugles qui suivent !] » Saint Augustin.
« On sait par quelle fatalité les grands talents sont, pour l’ordinaire, plus rivaux qu’amis ; ils croissent et brillent séparés, de peur de se faire ombrage : les moutons s’attroupent, et les lions s’isolent. » Comte A. de Rivarol.